Abel Igono, un nouveau séminariste sur le Haut-Lac

Après un voyage de 5’900 km depuis le Nigeria, Abel est arrivé début août pour poursuivre sa formation auprès des Spiritains suisses. Voici quelques lignes pour faire connaissance avec cet homme discret et souriant. 

Photo et questions posées par Vanessa Gonzalez

Parle-moi de ta famille et de la naissance de ta vocation.
Ma vocation est née et a été nourrie au sein de ma famille. Je suis le troisième d’une famille de cinq enfants. Ma famille a toujours été un pilier dans ma vie. Ma mère est décédée en 2007, ce qui a été un moment profondément douloureux pour nous, mais cela a aussi renforcé ma foi et approfondi mon désir de servir Dieu. L’amour de ma mère et son exemple de persévérance restent pour moi une source d’inspiration.

Quel genre de prêtre veux-tu être ? 
J’aspire à être un prêtre profondément engagé à servir les autres, en particulier auprès des marginalisés, des orphelins, des veuves, des malades, des jeunes et des personnes âgées.

Mon modèle est notre Seigneur Jésus-Christ, dont la vie et le ministère illustrent l’amour, le service et le sacrifice parfait. L’exemple de Jésus qui prend soin des nécessiteux, guérit les malades et fait preuve de compassion envers tous, en particulier les plus vulnérables, est le fondement de la façon dont je souhaite vivre ma vocation sacerdotale.

Je m’inspire aussi de saint Oscar Romero, archevêque de San Salvador. Son engagement en faveur de la justice, son profond amour pour les pauvres et sa position courageuse contre l’injustice me touchent profondément. 

En suivant ces exemples, j’espère être un prêtre qui fournit une direction spirituelle tout en défendant et soutenant activement ceux qui souffrent. 

Quelle est ta prière préférée ? 
Une de mes prières préférées est la « Prière de saint François » : 

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé 
qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Quel est le moment le plus drôle que tu as vécu depuis ton arrivée en Suisse ? 
Cela s’est produit à l’aéroport de Genève. Après un long voyage, j’avais un besoin urgent d’aller aux toilettes. Avec mon français limité, j’ai essayé de demander la direction des toilettes. En anglais, nous utilisons le mot « restroom » pour « toilettes », mais ma prononciation de « restroom » devait ressembler à la prononciation française de « restaurant ».

A ma grande surprise, on m’a gentiment guidé, mais je me suis retrouvé à l’entrée d’un restaurant au lieu des toilettes ! Nous nous sommes rapidement rendu compte de la méprise et nous en avons bien ri. Même si c’était un peu embarrassant sur le moment, c’était un rappel amusant des barrières linguistiques que je dois franchir.

Alors, ces cours de français ? Facile ?
Apprendre le français n’est vraiment pas facile pour moi, mais c’est une partie cruciale de ma formation ici en Suisse. Chaque jour, j’assiste aux cours et je m’entraîne. Je suis encouragé par les progrès que je fais et le soutien que je reçois autour de moi.

N’hésitez pas à aller serrer la main d’Abel et lui faire pratiquer son français !

Que ferait saint Bernard aujourd’hui?

Par François Lamon | Photo : Marion Perraudin

Lors du pèlerinage du secteur de Martigny à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, une question a été posée pour approfondir notre mission de chrétien : « Que ferait saint Bernard aujourd’hui ? »

Dans les années 1050, il ne s’est pas contenté de venir en aide aux nécessiteux. Poussé par une charité prévenante, il a fait construire un hospice pour venir en aide aux voyageurs en danger qui franchissaient le col. Il répondait à un besoin réel, vital.

Aujourd’hui quel est le plus grand besoin vital chez nous en Europe ? Le sens de Dieu ! Quel passage devons-nous franchir ? Celui de passer de l’humain au divin ! Je vois trois cols comme au Grand-Saint-Bernard…

• Le col de Fenêtre qui fait passer du visible à l’invisible. Voir la création avec les yeux et admirer, avec le cœur, la bonté du Créateur tout en rendant grâce. Respecter la nature par amour de Dieu qui nous offre tant de beauté. Au sommet de la création, voir un frère, une sœur et y reconnaître le Christ. 

• Le col des Bastions qui fait passer du superficiel à l’essentiel. Ne pas rechercher le paraître mais découvrir « le sens du ciel » : la vérité de notre être, fait pour aimer et vivre dans la paix du cœur.

• Le col des Chevaux qui fait passer de l’éphémère à l’éternel. La vie sur terre est éphémère, nous sommes sur un col. Jésus ressuscité est le passage, « la Pâque » qui nous conduit sur l’autre versant, celui du bonheur éternel qui dépasse toute imagination.

L’amour seul demeure, parce que Dieu est Amour. Ainsi les actes, si petits soient-ils, accomplis par amour, ici et maintenant, deviennent des instants d’éternité. 

Eveil à la foi en famille

En famille dans la chapelle de semaine à Vouvry.
Thérèse et Sarah, les animatrices.

Par Nicolette Micheli | Photos : M. Doan

La première rencontre du groupe Eveil à la foi a eu lieu dans la chapelle de semaine de Vouvry. De jeunes enfants entourés de leur maman et papa, ainsi que du pasteur Didier Wirth et de Christophe Allet y ont participé. Et j’y ai été gentiment invitée.

Après le partage d’un bon goûter, le groupe rejoint la chapelle dans le calme, entonne le chant du « bonjour » et se met à l’écoute. « Devinez ce que j’ai dans ma poche ? lance Thérèse au groupe d’enfants assis en rond devant elle. Les réponses fusent : – Un bonbon ? – Un mouchoir ?… – Une allumette ? Bravo ! Tu as trouvé ! » Ainsi, le thème du jour est lancé par les deux animatrices. Tous écoutent attentivement le verset de la Bible : « Dieu dit, que la lumière soit et la lumière fut ! »

Thérèse, maman de trois enfants… et bientôt quatre… anime les rencontres depuis cinq ans. Son mari les accompagne. Sarah l’a rejointe depuis quelque temps. L’une est catholique, l’autre protestante. Les rencontres revêtent donc un aspect œcuménique, pasteur, curé et agent pastoral y participant selon leur disponibilité. Ces deux familles forment un noyau certes restreint, mais fidèle et motivé. Faire découvrir aux enfants et à leurs parents l’amour de Dieu, leur apprendre à prier en famille, entretenir leur relation à Dieu : voilà des valeurs qu’elles tiennent à développer en vivant  ces rencontres parents / enfants, dans un échange fraternel au sein d’un groupe soudé et amical.

Une nouvelle aventure a commencé en septembre. Elle se déroulera durant neuf rencontres sur le thème : A la découverte de la Création. Le programme « Patacell’ » a été choisi après avoir été testé une année dans leurs familles respectives. Ludique, créatif et participatif, il a plein d’atouts pour aider les enfants de 0 à 7 ans à découvrir Dieu à travers la Création, leur apprendre à s’émerveiller et à respecter leur environnement. Très structuré, il contribue à travers chants, versets gestués, expériences concrètes, bricolages, à ancrer la Parole de Dieu.

Les petits sont heureux ! Ils ont été captivés par la flamme de la bougie brillant dans le noir, ont senti sa douce chaleur, ont soufflé chacun leur allumette en répétant : « Merci Seigneur pour la lumière. » Avant de partir, ils ont peint des rais de lumière sur un cercle de carton noir, première étape d’une guirlande qui représentera les sept jours de la Création et résumera en un visuel coloré le parcours de cette année d’éveil à la foi.

Le jeune homme riche

Il faut se mettre un peu de biais devant ce texte pour ne pas avoir la vue troublée par l’impression « vu et connu », depuis l’interpellation « bon maître » jusqu’au fameux chameau et son impossible voyage ! Se décaler et laisser émerger deux questions : « Que dois-je faire ? » et « Mais alors qui ? »

Par Françoise Besson | Photo : pexels.com

Que dois-je faire ? – Ce jeune homme riche est pieux, ce dernier qualificatif devrait presque faire partie de sa présentation, car dans le dialogue se révèle quelqu’un qui suit la Loi de façon rigoureuse. Pas de mise en doute sur sa parole toute simple, dépourvue d’orgueil, lorsqu’il dit : « Tout cela, je le fais depuis ma jeunesse. »

Il est également une personne privilégiée : né homme dans une société où les femmes ont peu de droits et de marge de manœuvre, jeune, c’est-à-dire en pleine possession de ses moyens avec l’avenir devant soi, et riche, n’ayant pas de souci du quotidien dans une société où la précarité semble très présente. 

Et c’est là que le dialogue nous surprend : cet homme respectueux de la Loi, qui a tout ce que l’on pourrait souhaiter avoir, est tourmenté par une question. Marc dit qu’il accourt et qu’il tombe à genoux. Ce jeune homme est pris dans une urgence et une nécessité d’avoir une réponse que seul un Maître comme Jésus peut donner : que dois-je faire pour avoir la Vie éternelle ?

Il me semble qu’il y a là quelque chose d’admirable : chez ce jeune homme, le fait d’avoir tous les atouts en main, et de suivre la Loi à la lettre n’a pas encombré dans son cœur l’espace du plus grand que lui. L’ici et maintenant qui risquerait de le satisfaire n’a pas étouffé « l’au-delà de l’homme ». Ce jeune homme, notre frère, semble avoir gardé vivante en lui, la soif de ce qu’il nomme « la vie éternelle »… Puissions-nous lui ressembler et garder en nous bien vivantes, voire dérangeantes, les questions qui nous tiennent en alerte. 

Mais alors qui ? – Et puis, il y a les apôtres et leur question surprenante : « Mais alors qui ? » Pourquoi ces hommes qui ne sont pas riches et pour la majeure partie d’entre eux, ne l’ont jamais été, pourquoi donc ces hommes se posent-ils cette question : « Mais alors qui pourra entrer dans le Royaume des cieux ? » Ils ont tout quitté, ils vivent comme des itinérants, avec un maître qui se contente de peu. On pourrait dès lors penser que la réflexion de Jésus ne leur pose aucun problème, au contraire, car ce nouvel ordre des choses est en leur faveur : eux qui ne possèdent rien ou si peu, entreront plus facilement que les riches dans le Royaume… Alors ? Se considéraient-ils comme riches, avec leur tunique, leur bâton et les quelques pièces qui leur serviront à acheter la nourriture du lendemain ou à faire l’aumône ? 

A la suite du jeune homme, dans notre monde si malmené, osons poser la question troublante du manque : qu’est-ce qui nous manque, au quotidien, pour que le Royaume advienne, pour que la part éternelle de la Vie prenne racine et grandisse en nous ?

A Lourdes avec 53 ados de Suisse romande dont 10 jeunes de notre région sur 26 Valaisans

Au premier rang – car tout est organisé autour d’eux – « nos » malades, en bleu les brancardiers, en blanc les infirmières, en mauve les ados, avec une casquette orange les enfants et familles, de toutes les couleurs mais avec un foulard rouge autour du cou, les Jeunes de Lourdes, les membres de la chorale, les pèlerins, les aumôniers dont notre évêque Jean-Marie.

Par Christophe Allet | Photos : SNDL / Durand, Christophe Allet

Une semaine vraiment pas comme les autres !

Près de 1000 km parcourus de nuit, en car, un campement sous tente dans le « village des jeunes » du sanctuaire, une semaine de vie communautaire, de rencontres avec les pèlerins malades, de célébrations, de vie dans un lieu où viennent se recueillir près de 6 millions de visiteurs par année !

Embarqué il y a une quinzaine d’années par l’abbé Jérôme, j’y suis retourné régulièrement en été. D’abord avec mes enfants, puis par amitié pour mes collègues de l’animation et surtout pour les fruits de cette aventure pour les ados qui s’y risquent !

Parole aux jeunes de notre secteur :

Ce que j’ai le plus apprécié à Lourdes c’est…

Les malades, venir les aider à manger ou juste être avec eux et discuter c’était vraiment cool et aussi les processions. Matthieu 

ça m’a touchée de voir comment ces malades étaient heureux, nous souriaient, nous parlaient gentiment. Mélissa M.

Le geste de l’eau et pousser les malades. Roxane

La complicité entre les jeunes et l’ambiance dans le camp. Mélissa B.

La vie de Bernadette m’a fasciné, c’est quand même fou ce qu’elle a vécu grâce à la Sainte Vierge. Melvin

L’expérience du rafting sur le Gave le premier jour 😃. Sohan, Mélissa M.

«Ce qui m’a marqué à Lourdes : le temps passé avec les malades !» Sohan 12 ans, 1er pélé 

Ce que j’ai découvert pour ma relation à Dieu… 

Dieu t’aidera toujours et ne pourra t’abandonner même dans les pires situations. Notre mère Marie nous aimera toujours comme elle aime Bernadette : nous sommes ses enfants. Matthieu

J’ai une connexion plus forte avec Dieu à Lourdes, pas parce que Marie est apparue là-bas, mais parce qu’on prie ensemble et qu’on est rassemblés pour la même chose. Mélissa B.

J’ai découvert la grotte ça m’a fait du bien. Roxane

Dieu m’a aidé à avoir un peu plus de patience et Marie m’a protégé car j’étais loin de ma maman. Sohan

Bernadette m’aide à aimer Marie. Melvin

Lourdes a été une magnifique expérience. Roxane

Même des choses qu’on pourrait croire que ça ne pourrait pas arriver parce que c’est impossible… eh bien, ça peut arriver comme sur Bernadette ! Personne ne la croyait mais finalement elle avait vraiment vu Marie. A Lourdes, il y a des personnes qui « se mettent » dans la religion catholique, même certains athées qui ne le sont plus, grâce à ce qui s’est passé là ! Melissa M.

L’organisation était top, je me réjouis de revenir l’année prochaine. Melvin

P.S. : un clin d’œil plein de gratitude pour Bernadette et Monique, deux aînées de notre secteur du Haut-Lac qui sont venues pour la deuxième année préparer à manger pour ce petit troupeau !

Melvin, Sohan, Mélissa B., Mélissa M. et Matthieu après la rencontre festive de clôture avec tout le pèlerinage.

Bienheureux Maurice Tornay, martyr de la Mission du Tibet

Le 11 août 1949, Maurice Tornay était assassiné en haine de la foi près du Col du Choula, dans la province du Yunnan, à la frontière entre la Chine et le Tibet. Pour la Fondation qui perpétue sa mémoire, 75 ans, c’est l’occasion d’un jubilé !

Par Les amis de la Fondation Maurice Tornay | Photo : DR

Septième enfant d’une famille de paysans, Maurice Tornay est né le 31 août 1910 à la Rosière. Il a entendu très tôt l’appel de Dieu à devenir prêtre. Fidèle dès l’adolescence à la confession et à la communion ainsi qu’à la récitation du chapelet, cet enfant doué manifeste cependant un caractère affirmé et difficile. A 21 ans, après des études au collège de Saint-Maurice, il entre chez les chanoines du Grand-Saint-Bernard, pour, écrit-il « correspondre à [s]a vocation qui est de quitter le monde et de [se] dévouer complètement au service des âmes, afin de les conduire à Dieu et de [se] sauver [lui]-même ».

L’appel de la mission. – A la fin des années 20, la Société des Missions étrangères de Paris (MEP) cherche des renforts et sollicite l’appui des chanoines du Grand-Saint-Bernard. Ils pourront ainsi mettre à profit leur expérience de la haute montagne et ériger des hospices au passage des cols les plus difficiles. Les premiers chanoines partent en 1933. Ils seront rejoints, en 1936, par les chanoines Cyrille Lattion et Nestor Rouiller, ainsi que par le jeune Maurice Tornay. Maurice est encore séminariste quand il quitte l’Europe. De 1936 à 1938, il doit achever sa formation et apprendre le chinois et le tibétain. Il est ordonné prêtre le 24 avril 1938. Jusqu’en 1945, il est chargé du probatoire de Houa-Loupa, un « petit séminaire » où l’on dispense un enseignement chrétien à des enfants chinois ou tibétains. 

Yerkalo, le temps des persécutions. – En 1945, le père Emile Burdin, curé de la paroisse de Yerkalo décède. Il faut lui trouver un successeur capable de relever le défi d’un poste à grande valeur symbolique, puisque le seul à être implanté sur le territoire tibétain. C’est aussi le plus exposé de la mission : à l’isolement – le confrère le plus proche est à huit jours de marche – s’ajoutent les persécutions ourdies par les lamas. C’est Maurice qui est choisi. Comme ses prédécesseurs, il sera rapidement en butte aux persécutions auxquelles il résiste avec courage et détermination. Chassé par la force, en janvier 1946, il tentera en vain de réintégrer sa paroisse où, comme il l’écrit : « De vieux chrétiens attendent anxieusement une dernière absolution, une dernière communion. Qui la leur donnera ? »

En désespoir de cause, il tente le voyage de Lhassa, capitale tibétaine, pour rencontrer le Dalaï-Lama. Conscient du danger, mais prêt à mourir pour ses paroissiens, il se met en route, mêlé à une caravane de marchands chinois, le 10 juillet 1949. Démasqué après 17 jours de marche et contraint de revenir sur ses pas, il tombe dans une embuscade tendue par les lamas et meurt assassiné avec son serviteur Docy, le 11 août 1949.

Il est d’abord enterré dans les jardins de la mission. Vingt-huit ans plus tard, les chrétiens de Yerkalo, qui le considèrent comme leur martyr et n’ont pas cessé de le vénérer, récupèrent ses restes et ceux de Docy. Tous deux reposent désormais dans le cimetière de ce qui fut l’un des postes les plus difficiles de la mission du Tibet. Considéré par l’Eglise comme martyr, Maurice Tornay a été élevé au rang de Bienheureux par Jean-Paul II le 16 mai 1993.

Grande fête du Jubilé Maurice Tornay

Dimanche 20 octobre 2024 à Orsières : 9h, procession de la gare d’Orsières à la salle de gym de la Proz, avec le clergé, les chorales, les fanfares, les scouts et les fidèles. 10h, messe chantée (150 à 200 chanteurs) sous la direction du compositeur Damien Luy. Fête populaire sur place.

Aux périphéries des églises

Texte et photo par Pierre Moser

Aller vers les périphéries, facile. Belle profondeur de la part du pape François. Qui n’a pourtant pas fait l’unanimité parmi nous. Comment ? Quitter nos églises ? Déserter nos paroisses ? Là où Dieu se trouve ? Je sais, je caricature, mais seulement un peu. Le fait est que ces populations me dérangent… J’ai donc de la peine à rejoindre ces périphéries, surtout celles d’à-côté. Ou alors celles du bout du monde, celles dont je ne vois pas la misère, et qui sont tellement plus exotiques. Je caricature toujours ? Est-ce que je préfère construire un puits au milieu du Sahel ou nourrir une femme de ménage d’ici ? Et puis, les ONG s’en chargent très bien à ma place.

Que ces organisations soient plus efficaces que moi, cela se confirme tous les jours. Mais la charité est-elle le seul message ? Il est vrai que parler d’incarnation, de salut, de résurrection à des ventres vides ne passe pas forcément. C’est donc à l’Eglise d’endosser cette mission, qu’elle a reçue du Christ, en complément de la charité : Allez, de toutes les nations faites des disciples (Mt 28 : 19). Mais y suis-je préparé ?

De nos jours, les formations incluant un tant soit peu de religion disparaissent sous les coups de boutoir du politiquement correct. Plus rien à l’école, très peu dans nos familles. Et nos églises ? Ce sont pourtant de vraies bandes dessinées de KT : vitraux de l’histoire des Saints, chemin de croix, statues de la Sainte Famille. J’entends vos murmures : les textes sont souvent en latin. Et alors ? A la grande époque des cathédrales, seuls quelques lettrés pouvaient les déchiffrer. Et ce n’est pas à eux que ces bandes dessinées étaient destinées. Le latin n’était donc pas un obstacle.

Je dois en fait apprendre à refaire parler les images… Mais moi qui fréquente cette église au moins une fois par semaine, de quoi je me souviens ? Suis-je en mesure de décrire ce que je côtoie si souvent ? Cette formation ne me serait-elle pas aussi nécessaire ? Bref, transformer les murs de l’église, bâtiment, en centre de formation de la périphérie ne serait-ce pas une bonne idée ?

Un temps de jubilés pour un renouveau

Par Simon Roduit
llustration: DR

Les occasions de jubilés se succèdent dans notre région : le centenaire de saint Bernard, patron des habitants des Alpes, se clôturera le 15 septembre par une messe solennelle à Martigny-Ville, les 75 ans du martyre du bienheureux Maurice Tornay seront célébrés le 20 octobre à Orsières.

Dans le même élan, le pape François ouvrira à Noël de cette année une porte sainte à Rome pour le Jubilé de 2025. En préparation à ce grand événement d’ampleur mondiale ayant pour thème l’espérance, le Saint-Père nous propose de vivre en 2024 une année consacrée à la prière, car « la prière ouvre la porte à l’espérance 1 ». Chargés parfois d’une morosité qui semble planer sur notre monde tel un brouillard qui peine à se déchirer, les chrétiens ont cette vocation d’être la lumière du monde : porter un regard d’espérance sur le mystère de la mort, sur le travail comme lieu de sanctification, sur la possibilité de salut pour tout être humain et pour notre monde. Mais pour bien rendre compte de l’espérance qui est en nous, il est fondamental de se ressourcer en Dieu.

Je me réjouis de voir combien notre paroisse est portée par différents groupes de prières : des enfants adorateurs jusqu’aux groupes de prière charismatique, en passant par les messes matinales de semaine… La prière est vraiment le poumon de notre Eglise de Martigny et lorsque, dans un cœur à cœur avec son Créateur, un chrétien s’approche de Dieu, toute la communauté en bénéficie. Combien il est important dans notre monde trop pressé et en perte de repères d’y reposer des temps de prière, dans nos familles avant les repas ou le soir, ensemble lors de situations difficiles ou dans le quotidien.

Que le Seigneur nous accorde la grâce, par ces jubilés, d’être renouvelés dans l’espérance et dans la prière, à l’image de ce magazine qui adopte un nouveau design pour mieux transmettre la bonne nouvelle du Christ.

L’abbé André rentre au Togo avec un beau projet pastoral

Un prêtre qui a marqué son court passage parmi nous.

Fin septembre, notre « vicaire dominical », l’abbé André, master de théologie en poche, prendra congé de notre paroisse et s’en retournera dans son pays, le Togo. Pour y exercer son ministère de prêtre, mais aussi pour y conduire un impressionnant projet agro-pastoral. 

Par Claude Jenny
Photo: Francis Roulin

Le départ de l’abbé André est évidemment dommageable pour notre paroisse, tant ce prêtre a su, en quelques mois, se faire apprécier par de nombreux fidèles. Sa bonne humeur, son sens du contact, ses cérémonies animées, sa joie de chanter : c’est un morceau d’Afrique qu’il nous a offert durant sa présence dans nos communautés. S’il relève qu’il s’est senti bien accueilli et a trouvé des assemblées répondantes durant les cérémonies, il se dit néanmoins frappé par la tristesse des gens : « Chez nous, les gens n’ont rien mais sont joyeux ! Ici, les habitants ne manquent de rien, mais sont tristes ! » a-t-il constaté. Cherchez l’erreur…

Des prêtres d’action

Ses études en théologie terminées, l’abbé André a hâte de rentrer chez lui, où il poursuivra son ministère de prêtre. Mais l’abbé André n’est pas du genre à s’enfermer dans sa cure ! C’est un homme d’action !

Il fait partie de cette poignée de prêtres africains qui ont décidé qu’il leur appartenait aussi de changer un tant soit peu le cours de la vie des plus défavorisés de leur communauté régionale. L’abbé Antoine a créé un centre de formation pour les filles mères « God-is-love St-Laurent Estavayer ». L’abbé André va se focaliser sur la terre nourricière. « Je dois partir, rentrer chez moi, car le devoir m’appelle » nous disait-il récemment. « La pauvreté n’est pas une fatalité. Il faut travailler de ses doigts parce que la réussite est au bout de l’effort. »

Des prêtres engagés

Prier, c’est bien, mais c’est difficile lorsque l’on a le ventre qui crie famine. « Je veux offrir à des individus vulnérables, particulièrement des jeunes, la possibilité de cultiver des champs qui leur procureront non seulement une activité, mais aussi des ressources alimentaires » explique le promoteur de ce projet agro-pastoral que l’abbé André a appelé « La joie de l’Espérance ».

Avec l’argent qu’il a gagné ici lors des remplacements qu’il a effectués dans plusieurs paroisses, il a déjà acquis plusieurs hectares pour cultiver du maïs, du manioc et des haricots, et compte encore étendre son projet dès qu’il aura les fonds nécessaires. Il veut aussi permettre à quelques jeunes de suivre une formation en agriculture pour qu’ils soient par la suite les conducteurs de ce projet.

Un engagement formidable de la part de ce prêtre. Il utilise ses dernières semaines ici pour présenter son projet et trouver des financements. Souhaitons-lui plein succès dans cette entreprise pastorale originale !

Pour en savoir plus…

Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet agro-pastoral « La joie de l’Espérance », l’abbé André a rédigé un document détaillé et se tient à disposition des personnes intéressées pour en parler. Adresse mail : helleandre815@gmail.com ou tél. 076 643 47 25. L’abbé André sera encore parmi nous durant tout le mois de septembre et rentrera au Togo fin septembre / début octobre. 

Des femmes au cœur de mère

Une croix, une bougie, une bible et un panier.

Une trentaine de groupes de Prière des Mères existent à Genève. Ce temps de prière et de partage commun, importé du Royaume-Unis, permet « d’abandonner » ses enfants entre les mains de Dieu. L’Abandon n’étant de loin pas instinctif pour une mère, ces groupes permettent d’apprendre comment le pratiquer.

Livret de prière sur lequel se basent toutes les rencontres.

Par Myriam Bettens 
Photos : Pastorale des famillles de Genève, Prière des Mères

Chaque mardi midi, à la Chapelle de la cure de Notre-Dame, la pastorale des familles de Genève organise un temps de prière « pour nos enfants et tous les enfants du monde ». Cette rencontre s’inscrit dans le mouvement de La Prière des Mères, présent à ce jour dans plus de cent-vingt pays et fait partie de l’un des trente groupes se réunissant sur le canton.

La Prière des Mères est née en Angleterre en 1995 sous l’impulsion de Veronica Williams. Ce mouvement n’a pas d’étiquette confessionnelle et se veut œcuménique. Il a d’ailleurs reçu la bénédiction des Eglises. Sa fondatrice, touchée par les problèmes auxquels sont confrontés les jeunes et par l’angoisse des parents face à de telles situations, s’est sentie appelée à prier de façon particulière pour les enfants. La spiritualité de La Prière des Mères repose sur la certitude que « Dieu nous aime, la totale confiance en Lui et en son action dans nos vies ». Mais cette confiance demande aussi un abandon complet. Or, cette posture n’étant pas naturelle pour une mère, ces groupes permettent d’apprendre comment le pratiquer en étant portées par la prière des autres femmes. Les réunions sont généralement hebdomadaires et la confidentialité demeure la règle de base, car durant la réunion une mère peut être amenée à parler de façon très personnelle, pour partager peines ou angoisses. Elle ne doit donc pas craindre que ses confidences soient répétées à l’extérieur.

Cette prière se déroule toujours selon un canevas bien établi et détaillé dans un livret d’une trentaine de pages. La rencontre débute par l’invocation de l’Esprit Saint, puis la demande de pardon, de protection, la prière de louange, de remerciement, d’unité, la lecture d’un passage de la Bible et enfin, la prière d’Abandon. Ce moment constitue le point d’orgue de la rencontre où chaque mère vient déposer au pied de la Croix ses enfants
préalablement inscrits sur un rond de papier. Ce geste, accompli en prière silencieuse, « place chaque enfant, en toute confiance, dans les bras de Jésus » et résume à lui seul l’essence de ce mouvement conçu pour toutes les femmes ayant un cœur de mère.

Du côté genevois, le premier groupe a démarré en 2000 à l’initiative d’Irène de Escoriaza et Christine Delalande, aujourd’hui coordinatrice de la Prière des Mères pour la Suisse. Par la suite, les deux femmes ont organisé la venue de Veronica Williams à Genève pour une conférence publique à la paroisse Saint-Paul. Depuis lors, le mouvement a aussi pris pied dans le canton. Outre les rencontres hebdomadaires, qui réunissent entre deux et huit femmes, le mouvement propose régulièrement des messes à l’intention de la fondatrice et des rassemblements de prières pour remettre à Dieu tous les enfants du monde.

Envie de consacrer un temps hebdomadaire de prière à vos enfants ?

Un groupe se réunit chaque mardi de 12h15 à 13h (hors vacances scolaires), à la chapelle de la cure de Notre-Dame, 3 rue Argand, 1201 Genève, à 2 min de la gare Cornavin. Renseignements auprès de Marie Montavont – marie.montavont@cath-ge.ch ou Christine Delalande, coordinatrice des groupes de Prière des Mères à Genève – mothersprayers.geneve@gmail.com

Une survivante

Zsuzsana Molnar est une artiste d’origine hongroise née à Lausanne en 1967. Elle a un fils et vit à Martigny depuis 2020. Pleine de force et de douceur, elle a traversé une existence semée d’embûches. En 2016, elle reçoit un mystérieux appel intérieur qui l’enjoint de peindre…

Propos recueillis par Pascal Tornay
Photo : DR

Que diriez-vous de votre trajectoire de vie ?

Plutôt lugubre ! Depuis petite, la relation entre mes parents et moi a été un échec. Ils manquaient terriblement d’amour, de compréhension. Mon père, devenu alcoolique après un naufrage professionnel, était brutal. Ma mère était perdue au milieu de tout ça. Et moi, entre l’école, la violence, j’ai été trop vite adulte dans ce monde de « grands ».

Qu’est-ce qui vous a permis de traverser ces épreuves et de rester vivante ?

Je crois que je vivais avec une « Présence » qui faisait en sorte qu’une personne se trouve au bon moment au bon endroit à chaque fois qu’une épreuve arrivait pour que je puisse me vêtir, manger, me loger… J’ai élevé seule mon fils, comme j’ai pu, malgré les menaces de mort et d’enlèvement que je recevais de mon ex-mari. Il fallait que je trouve la force de continuer. J’ai tout fait pour protéger mon fils.

Comment avez-vous commencé à peindre ?

A cette époque, je n’étais pas forcément pratiquante. En relisant le fil des événements, je suis convaincue qu’une force que je peux appeler « Dieu » était à mes côtés. Une nuit dans mon sommeil, une voix m’a dit clairement et avec douceur : « Achète des toiles et des pinceaux et peins ! » Je me suis demandé si j’étais devenue folle : j’avais bien entendu mais je ne comprenais pas, car je n’avais jamais peint de ma vie !

Quel est votre rapport avec la foi ? avec Dieu ?

Avec le recul, je constate en moi la présence d’une sensation de bien-être. Je vis comme un tressaillement à chaque fois que je mentionne un verset biblique, quand j’entends un témoignage ou quand je vois un tableau. Vous pensez peut-être que je suis privilégiée ! Pas du tout. Avec toutes les opérations chirurgicales ratées (pourquoi ?) que j’ai dû subir et face à ces cicatrices que je porte sur et dans mon corps, je vis avec beaucoup de colères… Je n’ai pas été sauvée pour autant !

Vos tableaux sont finement colorés, suggestifs et ancrés dans des paroles bibliques. Comment choisissez-vous vos sujets ?

Il y a cette flamme ! Je ne choisis pas mes sujets. Ça vient de Lui ! A chaque fois, c’est une surprise qu’il me fait. C’est un appel à vivre une aventure spirituelle. C’est un acte qui se réalise en relation avec Lui.

Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur actuellement ?

La joie que je peux apporter aux autres. Pour moi, c’est aussi une guérison, une recherche d’amitié, de partage, une volonté de me sentir vivante. J’aimerais tellement enlever cette blessure en moi et être libérée… Je suis heureuse de pouvoir exposer mes tableaux ! Pourvu qu’ils révèlent des choses dans les cœurs de ceux qui les verront.

Exposition Couleurs de Vie

Jusqu’au 30 septembre 2024 à la Maison de la Visitation. Ouvert mardi et dimanche de 11h30 à 15h30. Réservation et vente des tableaux auprès du secrétariat de la paroisse au 027 722 22 82 ou secretariat@paroissemartigny.ch

A Yaoundé, le nouveau défi des sœurs de la charité

Sœur Anne-Cécile Moullet à la maternité, peu avant son récent décès.

La communauté des sœurs de la charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret, dans laquelle a œuvré durant 24 ans Sœur Anne-Cécile Moullet – décédée au début de l’été – se situe dans un quartier populaire de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Une action soutenue par plusieurs paroisses de la Broye.

Par Claire Moullet
Photos : LDD 

Depuis son implantation en 1998, elle accueille chaque année des sœurs étudiantes d’Afrique centrale, fruit de la présence des Sœurs pendant 12 ans, pour une formation à l’école de santé, dans l’éducation ou la pastorale. Elle apporte un accompagnement spirituel aux étudiantes ou volontaires par des cours de credo, d’initiation à la prière et de connaissance de soi. Les familles défavorisées bénéficient d’une prise en charge d’enfants souffrant de malnutrition ou non scolarisés. 

Des bénévoles venant de Suisse sont reçus pour des stages ou différents services au centre hospitalier Sainte Jeanne-Antide à Galagala, à 1000 km de Yaoundé. Cet hôpital avec maternité a vu le jour grâce aux dons versés par nos paroisses et aux actions mises sur pied en relation avec une sœur valaisanne et Sœur Anne-Cécile. Le charisme préconisé par la fondatrice est donc vécu : l’enseignement, la pastorale et la santé. Cette maison de formation a toujours été dépendante sur le plan économique. 

Elevage de poissons et jardin potager

Mais vu la diminution des aides, la difficulté à trouver des bourses, l’âge avancé des sœurs expatriées qui apportaient une aide substantielle, une réflexion a été orientée sur la prise en charge et l’autonomie financière de la communauté. Ainsi a été mis en place un élevage de poissons et un jardin potager. En plus de la consommation et de la vente du poisson, l’eau fertile vidangée régulièrement sert à arroser le jardin et les arbres fruitiers. Et les étudiantes et les sœurs ont l’occasion d’exercer une activité manuelle ! Sœur Anne-Cécile est l’auteure de cette initiative avec l’aide d’amis et ce projet porte beaucoup de fruits. Quand Dieu appelle et qu’on l’entend, il donne tout ce qu’il faut ! (citation de sainte Jeanne-Antide).

Pour vous, qui suis-je?

Jésus pose cette question, abrupte et intime, à ses disciples (Cf Mc 8, 29). Dans ce texte, nous avons la réponse de Pierre : elle nous est familière, trop peut-être… Mais qu’en est-il des autres disciples ? De nous aujourd’hui ?

Par Françoise Besson | Photos : Marion Perraudin

Une question risquée – En lisant ce passage autrement qu’un texte d’évangile, c’est-à-dire en mettant un peu à l’arrière l’archi-connu, je me rends compte que cette question est tout à fait inhabituelle, plutôt intime, et rarement posée à un groupe. Qui parmi nous a déjà posé cette question à quelqu’un ? Et parmi ceux-là, qui l’a posée à un groupe ? Le risque est grand de s’entendre dire des mots qu’on n’attendait pas, des qualificatifs qu’on ne s’attribuerait pas, voire qu’on ne souhaiterait pas… Le risque est grand car cette question peut vraiment faire trembler sur ses bases une relation…

Une seule réponse dans les évangiles – Les évangiles de Marc, Luc et Matthieu, chez qui ce passage est commun, n’apportent à cette question que la réponse de Pierre, considérée peut-être comme « la bonne réponse » : « Tu es le Christ. » Mais les autres disciples, qu’ont-ils dit ? Comme j’aurais aimé entendre leur réponse, à eux qui avaient tout laissé pour le suivre, eux qui avançaient en pleine confiance sur ces chemins où tout était nouveau avec le Maître, eux qui devaient ressentir jusqu’au fond de leur cœur, combien ils étaient aimés… 

Des réponses autour de moi – Cette question, je l’ai posée autour de moi, à des personnes familières qui parlent volontiers de leur foi, à d’autres qui se considèrent comme « hors Eglise », et même à des inconnues visitant une église. Ces réponses, dans leur diversité, dessinent autour de Jésus un faisceau de relations possibles, de chemins de foi (voir ci-dessous à gauche). 

Et vous ? – Ce « Et vous ? », adressé aux proches de Jésus, je vous invite à l’entendre très tendrement à l’intérieur de vous, comme un « Et toi, que dis-tu ? Pour toi, qui suis-je ? » de cette réponse, silencieuse et intérieure, dépendent nombre de nos décisions, de nos choix de vie, de nos cheminements… 

Le prêtre célèbre l’Eucharistie au nom du « Christ-Tête », selon la théologie catholique. Ici, lors de la première communion à Charrat en 2023.

Pour moi, Jésus c’est :

• Le Fils de Dieu.
• Un homme proche de Dieu.
• Quelqu’un qui a fait du bien toute sa vie.
• Le leader de l’Evangile.
• Un pont aimant.
• Les malades que je vais rencontrer cet après-midi.
• Toi, toute personne, un clochard croisé à la gare.
• Le cœur de ma vie.
• Celui qui m’aide à vivre.
• Celui avec qui je parle au-dedans de moi.

(merci à ceux qui ont répondu à ma question)

Et pour Nadia ?

Jésus, c’est quelqu’un à qui je peux me confier, à qui je peux demander de l’aide, instamment. Quelqu’un qui sait ce qui m’arrive en toutes circonstances, qui m’aide dans les grandes et les petites difficultés, qui me pardonne quand j’ai blessé quelqu’un. 

Quelqu’un qui m’entend et me répond, c’est un ami qui m’accompagne à chaque minute. Jésus, c’est mon frère qui m’aime, mon seul amour, mon ami fidèle, mon sauveur miséricordieux.

Une permanence de Caritas à disposition à Estavayer

Désireuse d’élargir son champ d’activités en couvrant tout le canton, l’organisation Caritas a ouvert une permanence à Estavayer. Une extension qui va dans le sens du « mariage » de l’action diaconale avec le service « Solidarités » de l’Eglise fribourgeoise.

La permanence se tient pour l’instant à la rue du Musée 11.

Texte et photos par Claude Jenny

Depuis la fin du printemps, Caritas a ouvert une permanence à disposition de tout un chacun deux mercredis matin par mois, le premier et le troisième. Une assistante sociale, en l’occurrence Christel Musy, est à disposition durant toute la matinée, de 8h30 à 11h30, et sans rendez-vous, pour apporter un soutien à toutes les personnes qui traversent des difficultés afin de les aiguiller vers les divers organismes de soutien. Jusqu’à maintenant, les personnes de la région qui souhaitent recourir aux services de Caritas devaient se rendre à Fribourg. 

Une Broyarde vous reçoit

« Lorsqu’une personne se trouve en difficulté, ou qu’elle ne sait pas ce à quoi elle a droit dans le cadre des diverses aides sociales, il est important d’avoir un interlocuteur à qui causer. Elle peut donc venir me voir. Nous sommes là pour  apporter une aide administrative et conseiller » explique Christel Musy. Cette Broyarde œuvre dans diverses permanences de Caritas et notamment à Estavayer. « Pour l’instant, nous n’avons pas été beaucoup sollicités mais il faut déjà que la population sache que Caritas se montre désormais plus active via ses permanences régionales » ajoute-t-elle. 

Une ouverture qui réjouit Nicole Monnard, responsable du dicastère de la diaconie au sein de l’Equipe pastorale de la paroisse catholique. Des liens étroits existent d’ailleurs désormais entre Caritas – organisation catholique – et l’Eglise fribourgeoise, et plus particulièrement son service « Solidarités ». Les deux organismes sont dirigés par la même personne, Pascal Bregnard et sont appelés à se compléter dans l’accompagnement des personnes en situation de précarité. 

La permanence d’Estavayer – les premiers et troisièmes mercredis matin du mois – se situe pour l’instant au rez-de-chaussée de la rue du Musée 11 dans la maison qui abrite déjà de nombreux autres organismes. Les contacts qui existent tant avec l’Eglise catholique qu’avec sa sœur réformée permettront peut-être de trouver un lieu d’accueil mieux adapté.

La sélection multimédia de la rentrée de Simon Roduit

La Bibliothèque du Vicaire (devenu curé) est une grande ressource pour tous les âges et les différentes phases de la vie. Celle-ci est constamment actualisée et de nouveaux ouvrages font leur apparition régulièrement. 

Par Christelle Gaist
Photos : DR

La Bibliothèque du Vicaire est une vraie mine d’or. Notre curé Simon Roduit a choisi pour nous quelques œuvres pour cette rentrée 2024. Au programme : vies de saints, témoignage de pèlerinage, éclairage sur les Ecritures. Cette sélection est une invitation à nourrir nos esprits cet automne.

Pour les plus poétiques, la bande-dessinée « La Terre et tous ses habitants » par Gabrielle Blanc sera un vrai ravissement. La vie illustrée du Bienheureux Pier Giorgio Frassati sera quant à elle une inspiration pour la jeunesse. Décédé à 24 ans, il sera normalement canonisé en 2025. La jolie bande-dessinée « Saint Bernard des Alpes » d’Ariane Jaquet sera tout indiquée pour présenter ce saint incontournable aux petits enfants. Nous fêtons cette année le centenaire de sa proclamation en tant que patron des alpinistes et des habitants de la montagne. Le récit d’aventure de Milos Cernak sur son périple à vélo aux JMJ de Lisbonne viendra enchanter les esprits voyageurs. De la même façon, il sera possible de découvrir la vie palpitante du Bienheureux Maurice Tornay dans l’ouvrage « Courir pour Dieu ». Les 75 ans de son martyre ont été célébrés dimanche 11 août dernier. Les âmes en quête de divertissement apprécieront le roman « Le Canard en Judée » d’Hugues Lefèvre. Enfin, le film « Je m’appelle Bernadette » fera peut-être tomber les appréhensions des esprits les plus cartésiens.

La sélection multimédia de la rentrée

La Terre et tous ses habitants, Gabrielle Blanc, 2015
Pier Giorgio Frassati, toujours plus haut, M.&O. Malcurat, Marco Greselin, 2024
Saint Bernard des Alpes, Ariane Jaquet, 2023
En mode Vamos ! Milos Cernak, 2024
Courir pour Dieu, Claire Marquis-Oggier, Jacques Darbellay, 1999
Le Canard en Judée, Hugues Lefèvre, 2019
Je m’appelle Bernadette, Jean Sagols, 2012

Où se trouve la bibliothèque ?

La Bibliothèque du Vicaire se situe dans la salle de droite à l’entrée du Prieuré (Rue de l’Hôtel de Ville 5, 1920 Martigny). 

Quand est-elle accessible ?

Elle est accessible pendant les heures d’ouverture du secrétariat (Lu-Ve, 9-11h, 14-16h). En dehors de celles-ci, il vous faudra sonner pour qu’une bonne âme vous ouvre. 

Attention ! Toute consultation de la Bibliothèque vous expose au très grand risque de ne pas repartir les mains vides. 

C’est la rentrée!

Par L’abbé Jean-Michel Moix
Photo : DR

Peut-être que durant cet été, certains parmi vous ont suivi avec attention différents événements sportifs, avec par exemple en football, l’Euro 2024, en cyclisme, le Tour de France ou encore  les JO de Paris. Sur le plan politique, la France a fait parler également d’elle avec une dissolution inattendue de l’Assemblée nationale, qui continue d’occasionner un « méli-mélo » institutionnel… quant aux Etats-Unis, on a frôlé la guerre civile si la tentative d’assassinat contre D. Trump avait réussi… ; pendant ce temps, dans le silence assourdissant de nos médias, les habitants de Gaza continuent de mourir sous les bombes… Au niveau plus local, le Valais a souffert des intempéries à la fin juin, avec le débordement notamment du Rhône à la hauteur de Sierre, l’arrêt forcé des usines d’Alcan et de Novelis et des dommages qu’on se refuse encore à chiffrer…

Quant à vous, chers paroissiens de nos paroisses du Haut-Lac, de Collombey-Muraz et de Monthey-Choëx, peut-être avez-vous eu l’occasion de participer à des messes dans les alpages ou des chapelles de montagne du côté de l’alpage de Recon, de Taney, de Miex, de Chalavornaire, ou encore de Chalet-Neuf, des Giettes, des messes qui vous ont « ressourcés », qui vous ont recentrés sur « l’Essentiel », sur notre Créateur, sur notre Père du Ciel, sur notre Sauveur, Jésus-Christ. 

A présent, les grandes vacances d’été se sont terminées. Les écoliers ont repris le chemin de l’école. Nos conseils de communauté se sont réunis pour planifier les différents rendez-vous de la nouvelle année pastorale. Tout est sur les « rails ». Tout ? Non, pas tout à fait. Car il reste encore à prier Dieu, qu’il vienne bénir nos projets pastoraux, qu’il vienne nous remplir de son Esprit-Saint, qu’il vienne tourner nos cœurs vers Lui, car sans Lui, sans le secours de sa grâce, nous ne pouvons rien faire, notre apostolat sera stérile. (Jn 15,5) 

Alors au travail ! Prions ! 

Intergénérationnel, vraiment ?

Par Thierry Schelling
Photo : FLICKR

« Vous comprenez, mon Père, mes enfants n’y voient que des vieux, à la messe. On préfère venir chez vous ! » Aveu assumé de parents lorsque je leur demande innocemment d’où ils viennent… 

Ça me donne à réfléchir. Et donne d’autant plus de sens à prendre soin des « célébrations pour familles » afin que les petits, moyens, jeunes ados, puissent communier… à leurs contemporains. Sans compter que bruits, tétées inopinées et balades intempestives à deux ou quatre pattes dérangent les aînés… qui se plaignent de ne plus en voir, des bambins, à la messe ! On nage en plein paradoxe.

Alors, nos paroisses, des « Eglises pour les vieux » ? C’est comme ça. Mais c’est aussi prendre soin des aînés que de maintenir des messes le dimanche matin, même si le regroupement de communautés les invite à se déplacer de quelques kilomètres… non sans maugréer. Esprit de communauté ou confort perso avant tout ?

Cependant, catéchumènes et jeunes avec ou sans parents fréquentent nos « messes en familles » même la semaine (eh oui, il fallait oser !) : un franc succès en pleine expansion… dans certaines régions. Y sont invités les aînés, pratiquants habitués qui – sans surprise – boudent l’affaire… « Trop brouhaha » (parole d’un octogénaire). L’intergénérationnel « sauvera le monde », vraiment ?

Fête paroissiale 2024 à Martigny-Ville

Photo : Marion Perraudin

Dès 8h30 : petit-déjeuner offert à la salle Notre-Dame des Champs

9h30 : témoignages à l’église avec animation du groupe Essen’ciel

10h : messe avec présentation du Conseil de communauté pour la nouvelle période de quatre ans

11h15 : bénédiction du carillon. Puis apéritif et services des repas : divers stands seront à votre disposition

Au cours de l’après-midi, différentes animations sont prévues : exposition « Trésor Saint-Bernard » (Notre-Dame des Champs), jeux et ping-pong, visite du clocher et du carillon (toutes les 20 minutes), librairie, visite des vestiges archéologiques sous l’église, animations musicales notamment avec Léon Sarrasin et groupe folklorique portugais.

Notez aussi que les responsables de la catéchèse tiendront un stand dès après la messe pour vous permettre d’obtenir des informations à ce sujet et d’inscrire vos enfants (6-12 ans).

L’abbé Etienne Raboud

Nous partons à la découverte d’un « homme de Dieu », l’abbé Etienne Raboud, originaire de Choëx. Petite rétrospective avec l’abbé Jérôme Hauswirth, originaire également de Choëx !

Portrait de l’abbé Etienne Raboud.

Par l’abbé Jérôme Hauswirth
Photos : DR

Le jour de ma première messe à Choëx, en 2006, Clotilde s’est approchée et m’a dit : « La dernière fois qu’il y a eu une première messe à Choëx, c’était en 1941. Le 6 juillet.  J’y étais. Et le nom du prêtre était Etienne. C’était mon oncle ! » Je réalisais alors que j’arrivais 65 ans après lui. L’occasion de faire mémoire de ce Choëland à nous 😊. 

Le chanoine du Grand-Saint-Bernard Etienne Raboud est né à Choëx, au Feuvet, le 18 septembre 1910. Il est le 7e enfant de Jules Raboud et de Cécile Berra. Son grand frère, Rémy, fut prêtre à la Valsainte puis devint chartreux en Italie. En 1934 il franchit les portes de la Maison du Grand- Saint-Bernard pour la première fois. Le 29 août 1935 il émit profession religieuse. Il fut ordonné prêtre le 29 juin 1941. Il assura plusieurs ministères dans la Communauté, comme économe à l’Hospice du Simplon, curé de Trient durant 12 ans (il dira que ce furent ses meilleurs souvenirs, parce que de nombreuses relations d’amitié furent durablement établies !), aumônier du collège Champittet durant 10 ans et recteur de Martigny-Combe et enfin aumônier de l’hôpital de Martigny jusqu’en 1986. Après un temps de retraite à la Maison du Saint-Bernard, il fut accueilli pour ses sept dernières années au Foyer Louise Bron où son visage, paraît-il, rayonnait de la joie et de la paix du Christ. Il est mort paisiblement le 8 avril 2002.

Sa famille qui l’a aimé garde le souvenir d’un homme généreux, profondément humain, avec de l’humour et un esprit ouvert et tolérant, avec au fond du cœur… un don très pur pour l’émerveillement !

Dans le même sens, l’ancien prévôt, Mgr Benoît Vouilloz – que j’ai rencontré pour l’occasion – soulignait qu’Etienne était un homme très sympathique, avec une piété très profonde et sincère… et pas du tout ostentatoire. Il avait beaucoup d’humour. Au risque parfois de chahuter un peu les confrères… Mais toujours en Dieu… bienveillant. Son visage était pétri de douceur et d’humilité, rayonnant d’une sérénité intérieure. Au village de Trient, on racontait que pour trouver Monsieur le curé, il ne fallait pas sonner à la cure, mais plus directement aller à l’église. C’est là qu’on le trouvait la plupart du temps. En prière. En Dieu.

Et un confrère d’ajouter : « Il avait du bon sens. Il était perspicace. Voyant l’intérieur des choses. L’essentiel. »

Et on peut encore ajouter que physiquement c’était un colosse ! Avec de puissantes mains, capables de manier la hache et de fendre le bois avec facilité comme de cimenter une croix plantée sur une haute montagne. 

Enfin, à l’occasion il savait se montrer critique. D’un Président de Commune beau parleur il disait : « C’est un opportuniste 100 % ! »

Je donne le mot de la fin au prédicateur de son homélie funèbre : « Chez notre frère Etienne, rien de contraint, de crispé ni de volontaire. Au contraire ; il avait la simplicité de celui qui, bien conscient de ses défauts et de ses fautes, demeure confiant dans la certitude d’être aimé du Père et appelé au bonheur sans fin. »

Merci Etienne pour ta vie de prêtre tout donné. Prie pour nous comme nous prions pour toi. Et au plaisir de mieux te connaître… de l’autre côté 😊.

Première messe en l’église de Choëx le 6 juillet 1941.

Vers une Eglise de retraités?

L’allongement de l’espérance de vie a changé le visage de la population.

Souvent, nos assemblées dominicales ou de semaines sont suivies en majorité par des personnes vieillissantes. Ce phénomène se voit aussi au niveau de l’organisation des paroisses. Allons-nous vers une Eglise de retraités?

Par Calixte Dubosson | Photos : Flickr, Pxhere, DR

Le XXe siècle a été le théâtre de plusieurs révolutions démographiques. Le premier constat est celui de la baisse de la mortalité à la naissance ainsi qu’une baisse générale de la fertilité. Mais le fait le plus marquant est celui de l’allongement de l’espérance de vie, qui a totalement changé le visage de la population en Suisse. Ceux qui bénéficient de la retraite sont de plus en plus nombreux et il est de plus en plus courant que certains ou certaines atteignent l’âge plus que respectable de 100 ans. Avant de parler des conséquences de cette évolution, parlons d’abord du sens et de la valeur de la vieillesse.

Les bienfaits de la retraite

Ceux qui touchent leur retraite sont souvent libérés des soucis de la rémunération, des contraintes liées à la pression des échéances et de la hiérarchie, de la compétition et de l’exigence de performance. Ils sont incités à se réengager dans la société, selon leurs convictions, leurs charismes et les appels de leur foi. Ils perçoivent mieux leur authentique aspiration à « être » plutôt qu’à « faire ». Bref, ils peuvent faire des choix, libres et ouverts, sur l’utilisation et la gestion de leur temps. Ainsi, leur existence s’ouvre sur une période plus apaisée et sur la possibilité de comportements plus naturellement bienveillants, modestes, gratuits et notamment à l’écoute attentive de ceux que la vie place sur leur chemin. Evoquons aussi d’autres valeurs que les Ecritures soulignent.

Les aînés dans la Bible

Ouvrons donc la Bible pour mieux comprendre le sens et la valeur de la vieillesse. Le livre du Lévitique s’exprime ainsi : « Tu te lèveras devant ceux qui ont des cheveux blancs, tu honoreras la personne du vieillard, c’est ainsi que tu révéreras ton Dieu. Je suis l’Eternel. » (Lv 19.32) Plusieurs aînés entourent la naissance de Jésus : Zacharie et Elisabeth avancés en âge donnèrent naissance à Jean-Baptiste, le précurseur. Siméon « vivait dans l’attente du salut d’Israël ». Anne, la prophétesse âgée de 84 ans, « ne quittait jamais le Temple où elle servait Dieu nuit et jour par le jeûne et la prière » (Lc 1.37). Voilà qui démontre clairement que les personnes âgées ne sont ni au chômage, ni exclues du ministère ! Il n’y a pas d’âge limite pour le service du Seigneur.

Les personnes âgées représentent une part essentielle du « public » chrétien actuel.

Les aînés dans l’Eglise

Et en Eglise, qu’en est-il ? D’une manière positive, la sagesse des aînés, leur spiritualité propre, leur témoignage montrant avec simplicité le plus souvent qu’il est possible de tenir dans la foi une vie entière, d’aborder sa propre fin de vie dans un état d’esprit apaisé et confiant, voilà autant de traits qui sont authentiquement et spécifiquement associés à l’édification du corps ecclésial et à son rayonnement au sein du monde actuel. A ces considérations d’allure spirituelle, il est normal d’adjoindre des constatations de bon sens. Les personnes âgées représentent une part essentielle du « public » chrétien actuel. Que deviendraient nos célébrations dominicales si, par hypothèse absurde, on en retirait impérativement tous les fidèles de plus de 60 ans ? Qui resterait-il dans nos grandes nefs ? Le même raisonnement par l’absurde pourrait être aussi appliqué à nos services ecclésiaux, au plus local, mais aussi sur le plan régional voire diocésain. Que deviendrait l’Eglise sans tous ces bénévoles qui la font voir, qui la font vivre ? Et parmi ces généreuses âmes, quelle est la proportion des personnes retraitées et généreuses de leur temps libre ? 

Témoignages

Il est temps de donner la parole à ces aînés engagés dans la pastorale. Sara, dans la septantaine, s’occupe de la décoration florale de son église. Elle témoigne : « Dans ce service d’Eglise qu’est la « décoration florale », ce qui rend cette activité valorisante c’est qu’elle permet à la fleuriste de mettre en valeur les textes de la liturgie tout en aidant la communauté paroissiale à prier. Cette tâche est variée et laisse de la place à l’imagination grâce à la richesse des temps liturgiques : comment exprimer la joie, la douleur, l’espérance ? Le choix des fleurs et de leur couleur, les végétaux et les accessoires qui les mettent en valeur donnent à la composition florale une place de choix dans la liturgie qui contribue à la beauté de la célébration. Nous devons avant tout rechercher la simplicité pour donner au bouquet le vrai sens de la louange, c’est ce qui nous différencie des fleuristes professionnelles. » 

Viviane, préretraitée, participe à la vie de sa paroisse comme chanteuse dans sa chorale, lectrice et présidente du conseil de communauté. Elle nous explique le pourquoi de son investissement : « Ma soif de connaître Dieu m’a conduite sur le chemin des notes de musique et des accords de dièses et de bémols liturgiques. Ma foi a fait de grands pas en m’engageant à la lecture de la parole jusqu’à porter ma paroisse avec fierté en acceptant d’en devenir présidente du conseil de communauté. Une source d’enrichissement, de prières, de partages et de rencontres. »

Où sont les jeunes ?

Les retraités sont conscients qu’ils ne sont pas éternels. J’avais, en son temps, surpris un septuagénaire qui faisait partie du comité d’organisation de la patronale de son village interpeller un adulte dans la quarantaine. Il lui faisait remarquer que la moyenne d’âge de ce comité frisait la soixantaine. Il devenait donc urgent
de penser à la relève. Et c’est là le problème fondamental. Il ne touche pas seulement les paroisses, mais aussi l’ensemble de la société. Pour preuve, la difficulté de trouver des candidats pour les élections communales en Valais. Un parti a même mis une annonce dans un journal en promettant aux intéressés un temps de travail rémunéré de 15 % ! D’autre part, les municipalités valaisannes, inquiètes quant au renouvellement de leurs autorités communales,
ont lancé dans tout le canton, une campagne de recrutement intitulée « Prends ta place ! ». 

La civilisation des loisirs

Comment en est-on arrivé là ? La réponse ne serait-elle pas dans l’avènement d’une société dite de consommation ? La dernière voiture, le dernier smartphone, le dernier parfum d’une grande marque, la dernière veste de telle boutique à la mode, la société de consommation envahit nos chaumières depuis des décennies. Notre société moderne semble s’accomplir dans cette soif effrénée de produire et de consommer et ce, pour le soi-disant grand bonheur de tous !

Il faut ajouter aussi l’émergence d’une autre société, celle du divertissement. Il est bien difficile de faire le tour de toutes les possibilités de loisirs qui sont offertes chaque semaine, en vue du week-end, par les offices du tourisme, de la culture et du sport. On croule sous la panoplie des manifestations de tout genre qui invitent à promouvoir le bien-être et le plaisir de chacun. « Prenez soin de vous », cette expression moderne servie à foison lors des fins d’émission ou de reportage TV montre bien que l’on s’éloigne de l’idéal chrétien qui est de donner sa vie pour que l’autre vive ! 

Enfin, en ce qui concerne notre Eglise qui est en passe de devenir une Eglise de retraités, il est important de souligner que si le monde change, l’Eglise aussi. Les jeunes chrétiens préfèrent un engagement à l’image du flash photographique. Ils sont d’accord de se réunir par millions lors des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) mais ils ne vont pas pour autant s’engager dans un conseil de paroisse qui exige un suivi sur le long terme.

L’avenir appartient à Dieu et il se pourrait bien que ceux et celles qui sont étouffés par cette civilisation des loisirs découvrent qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ; que la générosité et le don de soi sont des valeurs qui épanouissent, rendent heureux, les autres et soi-même.

Les jeunes chrétiens sont d’accord de se réunir par millions lors des JMJ mais ne s’engageront pas pour autant dans un conseil de paroisse.

Vie montante

Le Mouvement chrétien des retraités (MCR) est un mouvement d’action catholique créé à l’initiative de laïcs retraités et au service des retraités. 

La retraite est une période d’une trentaine d’années environ. 

La mission du MCR est d’aider les retraités à bien vivre cette étape. La retraite peut être un temps d’enrichissement, d’approfondissement personnels et d’engagement au service des paroisses. Il en existe dans tous les cantons romands. 

Pour plus d’informations consultez le site : www.mcr-viemontante.ch

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