Le dernier week-end de septembre a eu lieu dans notre paroisse une double cérémonie des confirmations : à Murist le samedi et à Estavayer-le-Lac le dimanche. L’officiant a été l’abbé Philippe Matthey, curé-modérateur de l’UP des Rives de l’Aire à Genève. Nous publions les photos des deux groupes de confirmands prises à l’issue des cérémonies. Nous avons également demandé à Cédric Chanez, qui a conduit le parcours de préparation des confirmands, de s’exprimer ci-dessous (cjy).
Une préparation centrée sur les dons de l’Esprit Saint
Notre-Dame des Marches, grand lieu de pèlerinage pour les Fribourgeois. C’est là que s’est achevée la préparation à la confirmation 2024 pour les 58 jeunes qui ont reçu ce beau sacrement.
Par Cédric Chanez, responsable du Parcours de confirmation | Photo : LDD
Cette petite chapelle au cœur de la verte Gruyère a vu de nombreuses grâces reçues au travers de la dévotion et de l’attachement à Marie. Nous y avons vécu notre dernière journée de préparation dans la prière autour des sept dons de l’Esprit Saint.
Que vous dire sur ce groupe de jeunes confirmés et sur cette année de préparation ? Malgré la grandeur du groupe, nous avons pu vivre ensemble des moments de foi et de partage, remplis d’une humanité au regard tourné vers Dieu. L’un des temps forts de ce parcours fut sans aucun doute le week-end de retraite au Simplon.
Avec « Gabidou »
C’est Casimir Gabioud, agent pastoral valaisan et clown, alias « Gabidou », qui nous a guidés durant son spectacle sur les chemins compliqués de la transmission de la foi. La confirmation, c’est devenir pleinement disciples du Christ, et ainsi témoigner de ce que le Christ change dans nos vies et change dans la vie de chaque être humain, aimé de Dieu !
Beaucoup d’entre nous peuvent penser qu’il y a eu beaucoup de jeunes confirmés cette année, mais la moyenne d’âge ne baisse pas beaucoup à la messe du dimanche. Je nous souhaite de savoir reconnaître en chacun de ces jeunes l’action de l’Esprit, là où ils se trouvent et là où ils vont : Dieu agit par des chemins de formes différentes, mais nous pouvons avoir la certitude qu’Il agit, d’autant plus après avoir rempli de si nombreux cœurs de son Esprit.
A titre de conclusion, je me permets de reprendre l’un des énoncés de foi qui a été rédigé par les confirmands : « Ce parcours de préparation à la confirmation nous a montré l’Esprit Saint qui sera pleinement en nous grâce au sacrement que nous recevrons. Grâce à Jésus, à son Père et à l’Esprit Saint, nous recevrons la Vie éternelle par la Résurrection. Dieu est présent dans nos vies, Il veille sur nous et nous guérit. »
A l’hospice du Simplon, week-end de préparation avec la participation du clown « Gabidou ».
« Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Matthieu 6 : 12
La mort d’un être cher laisse souvent une histoire inachevée, une conversation interrompue à jamais. Lorsque les réponses nous échappent, il ne nous reste qu’une seule voie : celle du pardon. Pardonner à ceux qui sont partis, se pardonner à soi-même, mais aussi à ceux qui restent et qui, parfois, sans le vouloir, ravivent nos blessures et notre douleur.
Le pardon est un acte de libération, une manière de se défaire des chaînes de la rancœur et de la souffrance. Il ne s’agit pas d’oublier, mais de trouver la paix intérieure en acceptant ce qui ne peut être changé. En cette période de la Toussaint, réfléchissons à la puissance du pardon et à la paix qu’il peut apporter à nos cœurs meurtris. Pardonner, c’est aussi se donner la chance de guérir et de continuer à avancer, malgré les épreuves. Le pardon peut sembler être un cadeau pour les autres, mais il l’est surtout pour nous. Décidons de ne pas permettre aux autres de nous voler notre joie et surmontons le mal par le bien, ainsi le bien deviendra si grand, que nous rayonnerons de l’amour du Christ.
Notre exemple
Comme le rappelle Paulo Coelho dans « L’Alchimiste » : « c’est notre exemple qui change le monde, pas nos opinions ».
En tant que chrétiens, le pardon est au cœur de notre foi. Dieu nous enjoint de pardonner, car sans cela, notre foi perd de sa force. Le non-pardon est comme une tache spirituelle, une souillure que seule l’eau de la parole peut purifier. Il engendre souffrance, dépression et lourdeur. Dieu se préoccupe de notre chagrin et nous devons lui demander de nous libérer de cette douleur. Le non-pardon entrave notre relation avec Dieu et bloque nos bénédictions. Il nous empêche d’aimer pleinement et de marcher dans la charité, nous éloignant ainsi du Christ.
La charité pardonne
Jésus nous appelle à la charité et la charité pardonne. Le non-pardon ouvre une porte au mal, comme le rappelle Ephésiens 4 : 26 : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez point. » Nous devons résoudre nos conflits et ne pas laisser la colère s’installer, car elle est un péché. La douceur nous fait du bien et ferme la porte au mal. Pardonner, c’est choisir une vie plus heureuse et sereine, en se souvenant que Dieu nous a pardonné bien plus que tout le mal que les autres pourraient nous faire. Pourquoi ne pas pardonner alors que Dieu nous pardonne tout et a insufflé son souffle en nous ? En cultivant la paix et en évitant les conflits, nous recevons des bénédictions et vivons une vie plus douce et épanouie.
La fête de l’Assomption se situe au cœur de l’été durant la période des vacances d’été, plus précisément le 15 août. Cette fête liturgique commémore la fin de la vie terrestre de la Vierge Marie et nous aimons la célébrer dans un lieu marial si le temps le permet.
Pour la paroisse Saint-Laurent, ces célébrations ont eu lieu à Notre Dame des Mâs, à Notre-Dame des Flots, à l’extérieur de l’église de Murist et à l’oratoire de Montet. Depuis la restauration de cet oratoire, les paroissiens apprécient de se retrouver dans ce lieu dédié à Notre Dame du Sacré-Cœur pour vivre un chapelet et / ou pour prier.
Cette magnifique célébration a été présidée par notre curé modérateur l’abbé Darius qui a accueilli les paroissiens qui apprécient les messes où nous sortons de nos murs, pour nous rendre dans cette magnifique cathédrale qu’est la nature. Le Conseil de communauté met tout son cœur pour que chacun se sente bien. Cette année, le frère de Nadié Lemarié nous a mis en communion avec la Terre Sainte en nous proposant une prière.
Merci à toutes les personnes qui œuvrent au maintien de ce lieu marial, au Conseil de communauté qui prépare cette fête avec beaucoup de joie et qui la prolonge par un magnifique moment de convivialité.
… devant l’église de Murist
Texte et photos par Gérard Dévaud
A Murist, c’est sur le parvis de l’église que plus de 60 fidèles de tous âges sont venus prier et célébrer la solennité de l’Assomption. Dans la moiteur d’une belle soirée estivale, l’abbé Nazaire a présidé cette célébration animée par le chœur de Murist et leurs amis du chœur de Châbles-Font-Cheyres. Et comme de coutume, tout le monde s’est retrouvé à l’issue de la messe autour d’un verre de l’amitié pour un moment fraternel bien apprécié.
… et à Notre-Dame des Mâs
Photo : Raphaël Roulin
La célébration à Notre-Dame des Mâs a été présidée par l’abbé Darius, venu faire un remplacement estival dans notre paroisse alors que celle de Notre-Dame des Flots a été célébrée par l’abbé Nazaire, venue faire un remplacement estival dans notre paroisse.
Une météo favorable a permis un déroulement normal de la fête de la Saint-Laurent, patron de notre paroisse mais aussi de la Confrérie des pêcheurs d’Estavayer. Messe en plein air sur la place Nova Friburgo, bénédiction des bateaux et dégustation de friture ont vu cette fête se dérouler selon le protocole, même si aucun nouveau membre de la Confrérie des pêcheurs n’a été assermenté cette année. Reflets en images (cjy).
La bannière de la Confrérie des pêcheurs.
L’arrivée du prêtre, l’abbé Darius, aumônier de la Confrérie des pêcheurs, sur la place Nova Friburgo.
La célébration en plein air face au lac a été suivie par une belle assistance.
Les pêcheurs défilent.
La bénédiction des bateaux par l’aumônier de la confrérie.
Comme le veut la tradition, la friture de poissons est servie à tous les participants.
Samedi 12 octobre, l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur de notre paroisse, a été installé officiellement comme doyen de la Broye. Une cérémonie habituelle pour une telle nomination. C’est le nouveau vicaire général du diocèse LGF, l’abbé Jean-Claude Dunand – dont c’était la première visite dans notre région – qui a présidé cette célébration. Nous avons profité de demander à l’abbé Darius de s’exprimer sur sa conception du rôle de doyen (lire ci-contre).
Par Claude Jenny Photos : Georges Losey
C’est à une célébration très solennelle qu’une petite assemblée a assisté en la collégiale d’Estavayer. Si la température de l’église était glaciale, la chaleur était par contre au rendez-vous dans les cœurs. Chanteuses et chanteurs du chœur mixte et organiste se sont mis à l’unisson pour interpréter des œuvres d’allégresse en ce jour festif pour l’abbé Darius et pour tous ses confrères venus du décanat de la Broye, mais aussi d’autres régions du canton, concélébrer avec l’abbé Dunand, représentant de l’évêque retenu par une autre obligation. Sa représentante de la Maison diocécaine pour le Fribourg francophone. Céline Ruffieux, a également dû renoncer au dernier moment à se déplacer à Estavayer et avait désigné un « ambassadeur » en la personne de l’abbé Claude Deschenaux, curé-modérateur de l’UP Notre-Dame de compassion, à Bulle et doyen de la Gruyère.
Un doyen, ça se déplace !
Le vicaire général insista sur la nécessité pour un doyen ne pas être immobile car, dit-il, « ce service n’est que déplacement, car pour vivre son ministère dans le Christ, il incombe d’être constamment « en déplacement » et de créer dans son for intérieur un vide qui permette véritablement d’accueillir le Seigneur ». Il invita aussi tout un chacun à ne pas douter, alors que l’Eglise catholique est en questionnements et donna des pistes pour répondre à la question : « Comment cheminer ensemble, comment nous déplacer, dans une Eglise qui souffre ? »
Au nom de Céline Ruffieux, l’abbé Deschenaux retraça le parcours accompli par l’abbé Darius au travers des divers ministères qu’il a exercés dans plusieurs régions du canton et qui fit qu’il occupa déjà ailleurs la fonction de doyen. Dans son message, la représentante de l’évêque releva aussi que l’abbé Darius avait notamment pour qualité d’être un homme de partage. Vint ensuite la profession baptismale solennelle que l’abbé Darius prononça en réponse aux questions du vicaire général et la signature d’une charte ainsi que la lecture de la lettre de nomination de l’évêque par l’abbé Deschenaux.
Dans son intervention, le nouveau doyen de la Broye évoqua quelques souvenirs de sa vie de jeune prêtre puis dit, avec la fougue qui le caractérise, que « c’est avec vous, les communautés de ce décanat, que j’entends remplir ce service supplémentaire ». Alexandre Duc apporta le salut du Conseil de paroisse. La bénédiction finale mit un terme à une célébration que l’abbé Dunand a conduite avec une belle ardeur communicative.
Un rôle de rassembleur et de médiateur
Propos recueillis par Claude Jenny
Que représente pour vous cette désignation comme doyen de la Broye ? L’abbé Darius : C’est avant tout un appel à un service de plus. Un service qui s’inscrit dans l’obéissance initiale de mon engagement sacerdotal.
Comment allez-vous exercer cette charge ? Dans quel esprit ? Et en quoi consiste-t-elle ? Je l’ai déjà commencée le 1er septembre dernier en regroupant des données nécessaires pour me rendre plus proche des agents pastoraux : prêtres, diacres et laïcs et, par ce fait aussi de fidèles de notre région. J’ai participé à la conférence des doyens du canton (celle-ci aura un rythme mensuel). J’ai eu également le plaisir de réunir à ma table les curés modérateurs, à savoir ceux des Unités pastorales Saint-Barnabé et Notre-Dame de Tours. J’organiserai les rencontres décanales, comme un lieu d’échange, de réflexion, de halte spirituelle. Ces formes de collaboration devraient me permettre de devenir un peu plus rassembleur et médiateur, ainsi que conseiller aux instances diocésaines.
Concrètement, quels sont les sujets – dossiers – thèmes que vous allez travailler en commun dans les trois régions de la Broye ? La vie est dynamique et elle nous invite sans cesse à l’ouverture, aux nouveautés, au progrès… Et quand on parle de la pastorale, où nous sommes des collaborateurs de Dieu, il ne manque pas de place pour l’imprévisible et l’inouï. Nous approfondirons sûrement, avec passion, les aspects pastoraux qui nous sont communs et nous tiennent à cœur.
L’abbé Dunand, vicaire général, a présidé la cérémonie d’installation de l’abbé Darius comme doyen de la Broye.
L’abbé Claude Deschenaux, doyen de la Gruyère, a été le porte-voix de Céline Ruffieux, représentante de l’évêque pour la région francophone du canton, empêchée de prendre part à cette installation.
L’abbé Dunand et l’abbé Deschenaux au moment de la profession baptismale de l’abbé Darius.
Une partie des confrères de l’abbé Darius qui sont venus coprésider cette célébration.
Sans doute le croiserez-vous dans les rues d’Estavayer : Fernando a été engagé, conjointement par la paroisse et Caritas, pour fonctionner comme aumônier en diaconie, partiellement à Estavayer. Et s’il a un nom bien de chez nous, il a aussi un accent sud-américain bien marqué !
Texte et photo par Claude Jenny
Il a effectivement un nom broyard – Chuard – mais n’a jamais vécu dans la Broye ! Il a débarqué dans le coin, avec femme et enfant, il y a quelques mois seulement et vit désormais à la cure de Font. Mais son passé est argentin. Pays où il est né, a fait ses études, a failli devenir prêtre et a travaillé comme travailleur social, en tant qu’aumônier de prison principalement. Une trajectoire atypique pour cet homme de 39 ans au contact aisé et sympathique et qui va œuvrer désormais à Estavayer, mais aussi à Fribourg et dans une autre localité fribourgeoise.
Engagé par Caritas à 80% et l’Eglise catholique fribourgeoise (20%), il fonctionnera comme aumônier en diaconie, les deux organismes ayant quasiment fusionné voici deux ans. « Nous voulions quitter l’Argentine car nous souhaitons pouvoir nous engager professionnellement en Eglise, ce qui n’était pas possible là-bas. » explique-t-il notamment pour justifier cette arrivée en Suisse, où il était déjà venu une dizaine de fois, mais seulement en vacances !
Dans le giron du Padre Carron
D’une ville de 8 millions d’habitants, Santa Fe de la Vera Cruz, il doit se retrouver dans la tranquille bourgade d’Estavayer ! Ce qui ne le désarçonne aucunement ! « Lorsque j’aurai découvert la région, je suis convaincu qu’il y aura moyen de me rendre utile ici » dit cet homme jovial habité d’une foi qui l’a toujours porté. Rentré au séminaire en Argentine, il se destinait à la prêtrise. Mais renonça au bout d’un an avec l’intention de rejoindre la Compagnie de Jésus. Mais il rencontra surtout Chloé, la Broyarde venue comme d’autres aider le padre Gabriel Carron, prêtre valaisan bien connu qui a mené de multiples actions en faveur des déshérités de la société argentine, et notamment les prisonniers. Chloé et Fernando se sont rencontrés dans la maison de l’abbé Carron et vécurent en Argentine jusqu’à leur décision de venir en Suisse avec leur petit Théo (2 ans). « Nous voulons donner du sens à notre vie en travaillant en Eglise » dit celui qui a épousé une réformée et qui connaît bien les deux Eglises. « Je vais avec la même joie intérieure à la messe et au culte » dit-il en rigolant, mais en ajoutant, très sérieusement, que pour lui « la messe est une nourriture dont il a grandement besoin ».
Vers l’ouverture d’une permanence
« Son rôle est encore à définir dans le détail, mais il œuvrera en diaconie » confie Nicole Monnard, « Mme Diaconie » de la paroisse Saint-Laurent Estavayer. Il fera le lien avec les organismes locaux qui œuvrent contre la précarité, représentera la paroisse au sein du groupe local de l’ACAT, etc. « Nous envisageons aussi, avec la paroisse réformée, d’ouvrir une permanence œcuménique à Estavayer où tout un chacun / e pourrait venir dialoguer en cas de problème » explique Nicole Monnard. Fernando ne s’inquiète pas : il trouvera de quoi s’occuper ! « Ici, la détresse n’est guère matérielle. Tout le monde mange à sa faim. Mais il y a certainement d’autres besoins – notamment spirituels – où l’Eglise peut être active » se réjouit ce désormais Broyard mais dont le joli accent ne cache pas ses origines !
« Fernando Chuard travaillera grosso modo à 40% à Estavayer, autant dans un autre lieu et aussi à 20% en ville de Fribourg » explique Pascal Bregnard, à la fois directeur de Caritas et responsable du pôle Solidarités de l’Eglise fribourgeoise. « La diaconie fait partie de l’ADN de Caritas et ce travail en commun avec l’Eglise fribourgeoise porte ses fruits et nous avons la volonté d’avoir une présence dans toutes les régions du canton, d’où l’engagement d’aumôniers en diaconie » explique le responsable. Ils sont déjà au nombre de sept à œuvrer dans une telle fonction dans l’ensemble du canton. Notamment en ville de Fribourg où ils se chargent notamment de la pastorale de rue ou encore de l’accueil à la maison Sainte Elisabeth.
Le nouvel aumônier va, parallèlement à son travail, entreprendre des études avec une université dominicaine pour suivre une formation plus poussée en théologie.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Dieu a tant aimé le monde Jean-Marc Aveline
Ces pages expriment l’intime conviction que voici : aux prises avec les bouleversements de notre époque, rongée de l’intérieur par de multiples crises qui l’obligent à un redoutable, mais salutaire travail de conversion, l’Eglise doit une nouvelle fois, soixante ans après la tenue du concile Vatican II, approfondir sa compréhension de la mission que Dieu a voulu lui confier. Il nous faut apprendre à conjuguer l’urgence et la patience. L’urgence d’une charité qui sans cesse nous presse et la patience d’une fraternité qui lentement se tisse. Le cardinal Aveline nous offre avec cet ouvrage une petite théologie de la mission, qui fait la part belle au dialogue, à la rencontre, à la patience et à l’émerveillement.
Culture et christianisme présente les interrogations spirituelles de quelques écrivains, artistes et savants qui ont affronté la question de Dieu au cœur de leur œuvre et de leur vie. Il introduit aussi à la lecture de la Bible, appréhendée comme une œuvre littéraire à part entière. Grâce à une iconographie soignée, à des mises en lien entre la Bible et l’art profane, ce manuel ouvre à une intelligence chrétienne de la culture, dans un esprit de dialogue et loin de toute attitude partisane.
Les chiens, grands absents de la Bible ? Plus maintenant ! Le discret compagnon de voyage du jeune Tobie est sans doute le chien scripturaire le mieux connu. Mais il ne veut plus se contenter des deux versets qui l’évoquent en passant. Il va se promener, multipliant les rencontres au passage : Adam et Eve, Abel, Noé, Isaac et Joseph, jusqu’au jour où, avec les bergers, il voit resplendir la nuit de Bethléem. Il entendra enfin un jeune rabbi raconter la parabole du pauvre Lazare auquel seuls les chiens tiennent compagnie. Par les mots inoubliables de Jésus, les voici baptisés amis fidèles et bons des pauvres hommes ! Un parcours singulier à travers la Bible, écrit d’une patte tendre et poétique.
Belles histoires de saints et de miracles eucharistiques Blanche Rivière
A la messe, le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang de Jésus. Quel grand miracle ! Avec saint Tarcisius, le saint curé d’Ars, Mère Teresa, Carlo Acutis et d’autres saints, voici vingt belles histoires de miracles pour découvrir le sacrement de l’Eucharistie et son mystère, à travers les siècles. Un album pour mieux vivre la communion.
Après un voyage de 5’900 km depuis le Nigeria, Abel est arrivé début août pour poursuivre sa formation auprès des Spiritains suisses.Voici quelques lignes pour faire connaissance avec cet homme discret et souriant.
Photo et questions posées par Vanessa Gonzalez
Parle-moi de ta famille et de la naissance de ta vocation. Ma vocation est née et a été nourrie au sein de ma famille. Je suis le troisième d’une famille de cinq enfants. Ma famille a toujours été un pilier dans ma vie. Ma mère est décédée en 2007, ce qui a été un moment profondément douloureux pour nous, mais cela a aussi renforcé ma foi et approfondi mon désir de servir Dieu. L’amour de ma mère et son exemple de persévérance restent pour moi une source d’inspiration.
Quel genre de prêtre veux-tu être ? J’aspire à être un prêtre profondément engagé à servir les autres, en particulier auprès des marginalisés, des orphelins, des veuves, des malades, des jeunes et des personnes âgées.
Mon modèle est notre Seigneur Jésus-Christ, dont la vie et le ministère illustrent l’amour, le service et le sacrifice parfait. L’exemple de Jésus qui prend soin des nécessiteux, guérit les malades et fait preuve de compassion envers tous, en particulier les plus vulnérables, est le fondement de la façon dont je souhaite vivre ma vocation sacerdotale.
Je m’inspire aussi de saint Oscar Romero, archevêque de San Salvador. Son engagement en faveur de la justice, son profond amour pour les pauvres et sa position courageuse contre l’injustice me touchent profondément.
En suivant ces exemples, j’espère être un prêtre qui fournit une direction spirituelle tout en défendant et soutenant activement ceux qui souffrent.
Quelle est ta prière préférée ? Une de mes prières préférées est la « Prière de saint François » :
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, Là où est la haine, que je mette l’amour. Là où est l’offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l’union. Là où est l’erreur, que je mette la vérité. Là où est le doute, que je mette la foi. Là où est le désespoir, que je mette l’espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière. Là où est la tristesse, que je mette la joie. ô Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.
Quel est le moment le plus drôle que tu as vécu depuis ton arrivée en Suisse ? Cela s’est produit à l’aéroport de Genève. Après un long voyage, j’avais un besoin urgent d’aller aux toilettes. Avec mon français limité, j’ai essayé de demander la direction des toilettes. En anglais, nous utilisons le mot « restroom » pour « toilettes », mais ma prononciation de « restroom » devait ressembler à la prononciation française de « restaurant ».
A ma grande surprise, on m’a gentiment guidé, mais je me suis retrouvé à l’entrée d’un restaurant au lieu des toilettes ! Nous nous sommes rapidement rendu compte de la méprise et nous en avons bien ri. Même si c’était un peu embarrassant sur le moment, c’était un rappel amusant des barrières linguistiques que je dois franchir.
Alors, ces cours de français ? Facile ? Apprendre le français n’est vraiment pas facile pour moi, mais c’est une partie cruciale de ma formation ici en Suisse. Chaque jour, j’assiste aux cours et je m’entraîne. Je suis encouragé par les progrès que je fais et le soutien que je reçois autour de moi.
N’hésitez pas à aller serrer la main d’Abel et lui faire pratiquer son français !
Lors du pèlerinage du secteur de Martigny à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, une question a été posée pour approfondir notre mission de chrétien : « Que ferait saint Bernard aujourd’hui ? »
Dans les années 1050, il ne s’est pas contenté de venir en aide aux nécessiteux. Poussé par une charité prévenante, il a fait construire un hospice pour venir en aide aux voyageurs en danger qui franchissaient le col. Il répondait à un besoin réel, vital.
Aujourd’hui quel est le plus grand besoin vital chez nous en Europe ? Le sens de Dieu ! Quel passage devons-nous franchir ? Celui de passer de l’humain au divin ! Je vois trois cols comme au Grand-Saint-Bernard…
• Le col de Fenêtre qui fait passer du visible à l’invisible. Voir la création avec les yeux et admirer, avec le cœur, la bonté du Créateur tout en rendant grâce. Respecter la nature par amour de Dieu qui nous offre tant de beauté. Au sommet de la création, voir un frère, une sœur et y reconnaître le Christ.
• Le col des Bastions qui fait passer du superficiel à l’essentiel. Ne pas rechercher le paraître mais découvrir « le sens du ciel » : la vérité de notre être, fait pour aimer et vivre dans la paix du cœur.
• Le col des Chevaux qui fait passer de l’éphémère à l’éternel. La vie sur terre est éphémère, nous sommes sur un col. Jésus ressuscité est le passage, « la Pâque » qui nous conduit sur l’autre versant, celui du bonheur éternel qui dépasse toute imagination.
L’amour seul demeure, parce que Dieu est Amour. Ainsi les actes, si petits soient-ils, accomplis par amour, ici et maintenant, deviennent des instants d’éternité.
La première rencontre du groupe Eveil à la foi a eu lieu dans la chapelle de semaine de Vouvry. De jeunes enfants entourés de leur maman et papa, ainsi que du pasteur Didier Wirth et de Christophe Allet y ont participé. Et j’y ai été gentiment invitée.
Après le partage d’un bon goûter, le groupe rejoint la chapelle dans le calme, entonne le chant du « bonjour » et se met à l’écoute. « Devinez ce que j’ai dans ma poche ? lance Thérèse au groupe d’enfants assis en rond devant elle. Les réponses fusent : – Un bonbon ? – Un mouchoir ?… – Une allumette ? Bravo ! Tu as trouvé ! » Ainsi, le thème du jour est lancé par les deux animatrices. Tous écoutent attentivement le verset de la Bible : « Dieu dit, que la lumière soit et la lumière fut ! »
Thérèse, maman de trois enfants… et bientôt quatre… anime les rencontres depuis cinq ans. Son mari les accompagne. Sarah l’a rejointe depuis quelque temps. L’une est catholique, l’autre protestante. Les rencontres revêtent donc un aspect œcuménique, pasteur, curé et agent pastoral y participant selon leur disponibilité. Ces deux familles forment un noyau certes restreint, mais fidèle et motivé. Faire découvrir aux enfants et à leurs parents l’amour de Dieu, leur apprendre à prier en famille, entretenir leur relation à Dieu : voilà des valeurs qu’elles tiennent à développer en vivant ces rencontres parents / enfants, dans un échange fraternel au sein d’un groupe soudé et amical.
Une nouvelle aventure a commencé en septembre. Elle se déroulera durant neuf rencontres sur le thème : A la découverte de la Création. Le programme « Patacell’ » a été choisi après avoir été testé une année dans leurs familles respectives. Ludique, créatif et participatif, il a plein d’atouts pour aider les enfants de 0 à 7 ans à découvrir Dieu à travers la Création, leur apprendre à s’émerveiller et à respecter leur environnement. Très structuré, il contribue à travers chants, versets gestués, expériences concrètes, bricolages, à ancrer la Parole de Dieu.
Les petits sont heureux ! Ils ont été captivés par la flamme de la bougie brillant dans le noir, ont senti sa douce chaleur, ont soufflé chacun leur allumette en répétant : « Merci Seigneur pour la lumière. » Avant de partir, ils ont peint des rais de lumière sur un cercle de carton noir, première étape d’une guirlande qui représentera les sept jours de la Création et résumera en un visuel coloré le parcours de cette année d’éveil à la foi.
Il faut se mettre un peu de biais devant ce texte pour ne pas avoir la vue troublée par l’impression « vu et connu », depuis l’interpellation « bon maître » jusqu’au fameux chameau et son impossible voyage ! Se décaler et laisser émerger deux questions : « Que dois-je faire ? » et « Mais alors qui ? »
Par Françoise Besson | Photo : pexels.com
Que dois-je faire ? – Ce jeune homme riche est pieux, ce dernier qualificatif devrait presque faire partie de sa présentation, car dans le dialogue se révèle quelqu’un qui suit la Loi de façon rigoureuse. Pas de mise en doute sur sa parole toute simple, dépourvue d’orgueil, lorsqu’il dit : « Tout cela, je le fais depuis ma jeunesse. »
Il est également une personne privilégiée : né homme dans une société où les femmes ont peu de droits et de marge de manœuvre, jeune, c’est-à-dire en pleine possession de ses moyens avec l’avenir devant soi, et riche, n’ayant pas de souci du quotidien dans une société où la précarité semble très présente.
Et c’est là que le dialogue nous surprend : cet homme respectueux de la Loi, qui a tout ce que l’on pourrait souhaiter avoir, est tourmenté par une question. Marc dit qu’il accourt et qu’il tombe à genoux. Ce jeune homme est pris dans une urgence et une nécessité d’avoir une réponse que seul un Maître comme Jésus peut donner : que dois-je faire pour avoir la Vie éternelle ?
Il me semble qu’il y a là quelque chose d’admirable : chez ce jeune homme, le fait d’avoir tous les atouts en main, et de suivre la Loi à la lettre n’a pas encombré dans son cœur l’espace du plus grand que lui. L’ici et maintenant qui risquerait de le satisfaire n’a pas étouffé « l’au-delà de l’homme ». Ce jeune homme, notre frère, semble avoir gardé vivante en lui, la soif de ce qu’il nomme « la vie éternelle »… Puissions-nous lui ressembler et garder en nous bien vivantes, voire dérangeantes, les questions qui nous tiennent en alerte.
Mais alors qui ? – Et puis, il y a les apôtres et leur question surprenante : « Mais alors qui ? » Pourquoi ces hommes qui ne sont pas riches et pour la majeure partie d’entre eux, ne l’ont jamais été, pourquoi donc ces hommes se posent-ils cette question : « Mais alors qui pourra entrer dans le Royaume des cieux ? » Ils ont tout quitté, ils vivent comme des itinérants, avec un maître qui se contente de peu. On pourrait dès lors penser que la réflexion de Jésus ne leur pose aucun problème, au contraire, car ce nouvel ordre des choses est en leur faveur : eux qui ne possèdent rien ou si peu, entreront plus facilement que les riches dans le Royaume… Alors ? Se considéraient-ils comme riches, avec leur tunique, leur bâton et les quelques pièces qui leur serviront à acheter la nourriture du lendemain ou à faire l’aumône ?
A la suite du jeune homme, dans notre monde si malmené, osons poser la question troublante du manque : qu’est-ce qui nous manque, au quotidien, pour que le Royaume advienne, pour que la part éternelle de la Vie prenne racine et grandisse en nous ?
Au premier rang – car tout est organisé autour d’eux – « nos » malades, en bleu les brancardiers, en blanc les infirmières, en mauve les ados, avec une casquette orange les enfants et familles, de toutes les couleurs mais avec un foulard rouge autour du cou, les Jeunes de Lourdes, les membres de la chorale, les pèlerins, les aumôniers dont notre évêque Jean-Marie.
Près de 1000 km parcourus de nuit, en car, un campement sous tente dans le « village des jeunes » du sanctuaire, une semaine de vie communautaire, de rencontres avec les pèlerins malades, de célébrations, de vie dans un lieu où viennent se recueillir près de 6 millions de visiteurs par année !
Embarqué il y a une quinzaine d’années par l’abbé Jérôme, j’y suis retourné régulièrement en été. D’abord avec mes enfants, puis par amitié pour mes collègues de l’animation et surtout pour les fruits de cette aventure pour les ados qui s’y risquent !
Parole aux jeunes de notre secteur :
Ce que j’ai le plus apprécié à Lourdes c’est…
Les malades, venir les aider à manger ou juste être avec eux et discuter c’était vraiment cool et aussi les processions. Matthieu
ça m’a touchée de voir comment ces malades étaient heureux, nous souriaient, nous parlaient gentiment. Mélissa M.
Le geste de l’eau et pousser les malades. Roxane
La complicité entre les jeunes et l’ambiance dans le camp. Mélissa B.
La vie de Bernadette m’a fasciné, c’est quand même fou ce qu’elle a vécu grâce à la Sainte Vierge. Melvin
L’expérience du rafting sur le Gave le premier jour 😃. Sohan, Mélissa M.
«Ce qui m’a marqué à Lourdes : le temps passé avec les malades !» Sohan 12 ans, 1er pélé
Ce que j’ai découvert pour ma relation à Dieu…
Dieu t’aidera toujours et ne pourra t’abandonner même dans les pires situations. Notre mère Marie nous aimera toujours comme elle aime Bernadette : nous sommes ses enfants. Matthieu
J’ai une connexion plus forte avec Dieu à Lourdes, pas parce que Marie est apparue là-bas, mais parce qu’on prie ensemble et qu’on est rassemblés pour la même chose. Mélissa B.
J’ai découvert la grotte ça m’a fait du bien. Roxane
Dieu m’a aidé à avoir un peu plus de patience et Marie m’a protégé car j’étais loin de ma maman. Sohan
Bernadette m’aide à aimer Marie. Melvin
Lourdes a été une magnifique expérience. Roxane
Même des choses qu’on pourrait croire que ça ne pourrait pas arriver parce que c’est impossible… eh bien, ça peut arriver comme sur Bernadette ! Personne ne la croyait mais finalement elle avait vraiment vu Marie. A Lourdes, il y a des personnes qui « se mettent » dans la religion catholique, même certains athées qui ne le sont plus, grâce à ce qui s’est passé là ! Melissa M.
L’organisation était top, je me réjouis de revenir l’année prochaine. Melvin
P.S. : un clin d’œil plein de gratitude pour Bernadette et Monique, deux aînées de notre secteur du Haut-Lac qui sont venues pour la deuxième année préparer à manger pour ce petit troupeau !
Melvin, Sohan, Mélissa B., Mélissa M. et Matthieu après la rencontre festive de clôture avec tout le pèlerinage.
Le 11 août 1949, Maurice Tornay était assassiné en haine de la foi près du Col du Choula, dans la province du Yunnan, à la frontière entre la Chine et le Tibet. Pour la Fondation qui perpétue sa mémoire, 75 ans, c’est l’occasion d’un jubilé !
Par Les amis de la Fondation Maurice Tornay | Photo : DR
Septième enfant d’une famille de paysans, Maurice Tornay est né le 31 août 1910 à la Rosière. Il a entendu très tôt l’appel de Dieu à devenir prêtre. Fidèle dès l’adolescence à la confession et à la communion ainsi qu’à la récitation du chapelet, cet enfant doué manifeste cependant un caractère affirmé et difficile. A 21 ans, après des études au collège de Saint-Maurice, il entre chez les chanoines du Grand-Saint-Bernard, pour, écrit-il « correspondre à [s]a vocation qui est de quitter le monde et de [se] dévouer complètement au service des âmes, afin de les conduire à Dieu et de [se] sauver [lui]-même ».
L’appel de la mission. – A la fin des années 20, la Société des Missions étrangères de Paris (MEP) cherche des renforts et sollicite l’appui des chanoines du Grand-Saint-Bernard. Ils pourront ainsi mettre à profit leur expérience de la haute montagne et ériger des hospices au passage des cols les plus difficiles. Les premiers chanoines partent en 1933. Ils seront rejoints, en 1936, par les chanoines Cyrille Lattion et Nestor Rouiller, ainsi que par le jeune Maurice Tornay. Maurice est encore séminariste quand il quitte l’Europe. De 1936 à 1938, il doit achever sa formation et apprendre le chinois et le tibétain. Il est ordonné prêtre le 24 avril 1938. Jusqu’en 1945, il est chargé du probatoire de Houa-Loupa, un « petit séminaire » où l’on dispense un enseignement chrétien à des enfants chinois ou tibétains.
Yerkalo, le temps des persécutions. – En 1945, le père Emile Burdin, curé de la paroisse de Yerkalo décède. Il faut lui trouver un successeur capable de relever le défi d’un poste à grande valeur symbolique, puisque le seul à être implanté sur le territoire tibétain. C’est aussi le plus exposé de la mission : à l’isolement – le confrère le plus proche est à huit jours de marche – s’ajoutent les persécutions ourdies par les lamas. C’est Maurice qui est choisi. Comme ses prédécesseurs, il sera rapidement en butte aux persécutions auxquelles il résiste avec courage et détermination. Chassé par la force, en janvier 1946, il tentera en vain de réintégrer sa paroisse où, comme il l’écrit : « De vieux chrétiens attendent anxieusement une dernière absolution, une dernière communion. Qui la leur donnera ? »
En désespoir de cause, il tente le voyage de Lhassa, capitale tibétaine, pour rencontrer le Dalaï-Lama. Conscient du danger, mais prêt à mourir pour ses paroissiens, il se met en route, mêlé à une caravane de marchands chinois, le 10 juillet 1949. Démasqué après 17 jours de marche et contraint de revenir sur ses pas, il tombe dans une embuscade tendue par les lamas et meurt assassiné avec son serviteur Docy, le 11 août 1949.
Il est d’abord enterré dans les jardins de la mission. Vingt-huit ans plus tard, les chrétiens de Yerkalo, qui le considèrent comme leur martyr et n’ont pas cessé de le vénérer, récupèrent ses restes et ceux de Docy. Tous deux reposent désormais dans le cimetière de ce qui fut l’un des postes les plus difficiles de la mission du Tibet. Considéré par l’Eglise comme martyr, Maurice Tornay a été élevé au rang de Bienheureux par Jean-Paul II le 16 mai 1993.
Grande fête du Jubilé Maurice Tornay
Dimanche 20 octobre 2024 à Orsières : 9h, procession de la gare d’Orsières à la salle de gym de la Proz, avec le clergé, les chorales, les fanfares, les scouts et les fidèles. 10h, messe chantée (150 à 200 chanteurs) sous la direction du compositeur Damien Luy. Fête populaire sur place.
Aller vers les périphéries, facile. Belle profondeur de la part du pape François. Qui n’a pourtant pas fait l’unanimité parmi nous. Comment ? Quitter nos églises ? Déserter nos paroisses ? Là où Dieu se trouve ? Je sais, je caricature, mais seulement un peu. Le fait est que ces populations me dérangent… J’ai donc de la peine à rejoindre ces périphéries, surtout celles d’à-côté. Ou alors celles du bout du monde, celles dont je ne vois pas la misère, et qui sont tellement plus exotiques. Je caricature toujours ? Est-ce que je préfère construire un puits au milieu du Sahel ou nourrir une femme de ménage d’ici ? Et puis, les ONG s’en chargent très bien à ma place.
Que ces organisations soient plus efficaces que moi, cela se confirme tous les jours. Mais la charité est-elle le seul message ? Il est vrai que parler d’incarnation, de salut, de résurrection à des ventres vides ne passe pas forcément. C’est donc à l’Eglise d’endosser cette mission, qu’elle a reçue du Christ, en complément de la charité : Allez, de toutes les nations faites des disciples (Mt 28 : 19). Mais y suis-je préparé ?
De nos jours, les formations incluant un tant soit peu de religion disparaissent sous les coups de boutoir du politiquement correct. Plus rien à l’école, très peu dans nos familles. Et nos églises ? Ce sont pourtant de vraies bandes dessinées de KT : vitraux de l’histoire des Saints, chemin de croix, statues de la Sainte Famille. J’entends vos murmures : les textes sont souvent en latin. Et alors ? A la grande époque des cathédrales, seuls quelques lettrés pouvaient les déchiffrer. Et ce n’est pas à eux que ces bandes dessinées étaient destinées. Le latin n’était donc pas un obstacle.
Je dois en fait apprendre à refaire parler les images… Mais moi qui fréquente cette église au moins une fois par semaine, de quoi je me souviens ? Suis-je en mesure de décrire ce que je côtoie si souvent ? Cette formation ne me serait-elle pas aussi nécessaire ? Bref, transformer les murs de l’église, bâtiment, en centre de formation de la périphérie ne serait-ce pas une bonne idée ?
Les prisons congolaises sont malfamées : mouroir, violations des droits de l’homme, malnutrition, tortures… Mais parfois, la vie chrétienne découverte à la Prison centrale de Bukavu redonne espoir et sourire à certains détenus. Alfred Munkegere, catéchiste et membre de l’aumônerie avec l’abbé Adrien Cishugi, témoigne de sa rencontre avec le détenu Munyaka Ndjale.
Par Alfred Mukengere, catéchiste de l’aumônerie à la prison centrale de Bukavu | Photos : José Mittaz
Un samedi de mars à 13h30. La cour centrale de la prison de Bukavu est moins remplie que d’habitude. Beaucoup de détenus sont dans leurs cellules à la sieste. Lorsque nous demandons à voir Ndjale, les agents de l’ordre – des détenus ayant reçu cette fonction – partent à sa recherche, mais en vain : il n’est ni dans sa cellule, ni dans la cour. C’est finalement vers les douches que les agents le trouveront. La cinquantaine, teint noir, avec une calvitie et une dent arrachée, l’ancien chef rebelle des groupes armés Maï-Maï arrive mouillé, en singlet, culotte et babouches : « J’étais au boulot et je n’ai pas eu le temps de me changer », s’excuse-t-il en arrivant. Depuis deux ans, Munyaka Ndjale a fait le choix de soigner et laver les détenus atteints par une maladie cutanée qui crée des démangeaisons et des plaies sur tout le corps : le Kiguci, plus connue sous le nom de la variole du singe (Mpox).
« La vie carcérale est difficile. Mais cela dépend comment tu la vis. Après mon baptême en 2020 ici à la prison, je ne suis pas devenu lecteur, garde paix ou choriste, mais j’ai opté pour le ministère de la Caritas. C’est là que j’ai trouvé ma vocation. Je me charge de soigner et de laver tous les détenus qui souffrent du Kiguci. Moi je suis kada (commandant), et le premier kada (commandement), c’est l’offrande. Je préfère partager ma vie pour une cause commune, que de la vivre pour un bonheur personnel. »
Avant son baptême, Ndjale était un opposant farouche à la vie chrétienne. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) était son premier ennemi. Pour lui, tous les chrétiens étaient des personnes dénuées de patriotisme. Et c’est finalement en prison, après six ans d’incarcération, qu’il découvre ce que signifie être chrétien.
« Moi-même, je te le dis, je n’avais jamais eu envie de devenir chrétien. Chaque fois que j’entendais parler des chrétiens, je les pourchassais ; certains mouraient, d’autres se cassaient les pieds dans la fuite. Ceux qui étaient pris captifs, je les tabassais comme si l’Etat n’existait pas. Ici en prison, durant les six premières années, j’étais un opposant farouche à l’abbé Adrien. Je dois avouer que Satan m’enchaînait. Je ne savais plus où j’en étais. Mais Dieu m’a envoyé son travailleur : l’abbé Adrien. Il a commencé par m’apprendre des choses, puis je suis allé à la catéchèse chez Alfred et finalement j’ai cru. Je crois que c’est Dieu lui-même qui est venu dans ma vie. »
Inimaginable ! Un an après son baptême, Ndjale a été sollicité par des détenus catéchumènes pour devenir leur parrain. Cet ancien recruteur et chef rebelle Maï-Maï devient parrain pour les catéchumènes. Mais comment est-ce possible ?
« Je suis fier d’être devenu parrain de baptême, alors que j’avais commis tant de crimes dans ma vie : j’ai beaucoup versé le sang, j’ai volé les choses d’autrui, j’ai violé des femmes. Mais curieusement, Dieu lui-même a envoyé des détenus catéchumènes vers moi et ils m’ont choisi comme parrain. Je considère que c’est un message de Dieu pour moi : il veut que je sois celui qui porte la bonne nouvelle aux autres, un signe pour les autres. »
Le baptême a changé la vie de Ndjale : il a choisi d’apprendre à être libre, même en prison.
« Depuis que je suis chrétien, je me sens libre. Même si je meurs maintenant, je dois aller au Ciel. Avant je n’étais pas libre, tout le temps préoccupé par le fait de ne pas enfreindre les conditions pour survivre. Mais aujourd’hui, je vis sous la protection du Seigneur, Sauveur de ma vie. Ici en prison, deux choses me font souffrir : je mange mal et je dors mal. Mais intérieurement, je me sens libre, fier et heureux.
Outre la liberté, la vie chrétienne m’a fait deux grâces : la sagesse et la valeur de l’homme. Avant, je ne pouvais pas accepter que quelqu’un me touche dans l’œil sans que je ne morde son doigt. Mais aujourd’hui, quand on le fait, je me tais. Incroyable ! Souvent j’en ris et je me demande si c’est moi ou si c’est une autre personne ! Mais j’en suis fier. La vie chrétienne m’a aussi appris la valeur de la personne humaine, quels que soient son origine, son ethnie, sa race, sa forme. »
A la fin de son incarcération, Ndjale souhaite continuer à vivre de l’Evangile et à le partager, par-delà les frontières ethniques et les lignes qu’il considérait comme ennemies.
« Si Dieu peut écouter ma demande, je le supplie de faire de moi la personne qui ira évangéliser mes frères Babembe et Rwandais qui sont à la maison, afin qu’ils sachent qui est Dieu. Parce que verser le sang n’a aucun intérêt. En reconnaissant qui est Dieu, nous aurons la paix. Une fois j’ai lu sur un calendrier ici à la chapelle : « Baptisés et envoyés ». Depuis ce jour, j’ai compris que je deviendrai missionnaire. »
La catéchèse pour les adultes est une des activités de l’Aumônerie catholique de la prison centrale de Bukavu. Elle est organisée chaque mercredi pour les catéchumènes qui se préparent à recevoir les sacrements ainsi que chaque samedi pour toute la communauté chrétienne de la Prison.
A l’heure où vous recevez ce témoignage, Munyaka Ndjale vient d’être libéré de prison. Pour lui, une nouvelle vie commence.
Le catéchiste Alfred remet la Bible et un chapelet à chaque nouveau baptisé.Les baptêmes ont été célébrés lors de la veillée pascale dans la cour centrale de la prison, sous une pluie diluvienne.
Invitation
A l’occasion du Mois de la Mission Universelle qui est centré cette année sur la solidarité avec les chrétiens de la République Démocratique du Congo, la paroisse de Martigny vous invite à une soirée missionnaire proposée en collaboration avec l’association Amis de Bukavu dont le site vous propose des manières concrètes de soutenir des projets au service de la vie (www.amisdebukavu.com) :
vendredi 11 octobre à 19h30 à Notre-Dame-des-Champs.
Cette soirée sera animée par l’abbé Adrien Cishugi, aumônier de la prison centrale de Bukavu, et le chanoine José Mittaz. Soyez les bienvenus à cette soirée de témoignage et de partage avec la présentation d’un nouveau film sur la vie chrétienne à l’intérieur de la prison de Bukavu.
Au fond, ce que nous transmet le Christ au travers de son message n’est-il pas essentiellement une proposition de son Père et notre Père, d’aimer et de se laisser aimer ?
Ce message a été considérablement alourdi et compliqué par ceux qui ont rapporté les faits et les paroles de Jésus en tentant de les articuler avec le judaïsme et son prophétisme. Ainsi a-t-on attribué au Dieu dont Il nous parle des comportements et des exigences envers nous qui ont masqué le sens profond de ce qu’Il nous propose.
Ce Dieu immense, créateur d’un Univers qu’Il habite et anime avec une générosité sans limites, est la source de l’Amour et de tout ce qu’il génère de beau, de bon, d’harmonieux. Après avoir été durant des millénaires interprété en termes humains, lorsque « les temps furent accomplis » et que l’évolution humaine permettait enfin de le comprendre en Esprit et en Vérité, Il s’est incarné dans Celui en qui « Il a mis tout son Amour », Jésus le Christ, afin que cet Amour nous soit annoncé, expliqué et puisse pénétrer nos vies.
Cet Amour, qui éclaire, colore et fait vraiment vivre toute chose, ne s’impose jamais ! Il est une proposition (« je me tiens à la porte et je frappe et SI quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte j’entrerai chez lui »). On ne peut forcer qui que ce soit à aimer, seule la Grâce peut inspirer ce sentiment, que l’on soit croyant ou non…
Nous avons été élevés avec tout un catalogue de conduites à tenir si nous voulons être « sauvés », avec en prime la contribution du sacrifice du Christ pour racheter notre péché existentiel ou les péchés de nos vies.
Or le seul péché qui ne peut être remis, nous dit le Christ, est celui contre l’Esprit, soit le fait de refuser l’Amour ; ce faisant nous nous mettons hors-jeu de cette histoire d’Amour qu’est la vie en Dieu et nous nous punissons nous-mêmes ! En fait, Dieu n’y est pour rien : nous ne faisons que refuser sa proposition !
Dans la mesure où nous l’acceptons, la vie prend une autre tournure : l’Amour transforme notre visage, nos pensées et nos actions comme ceux de l’autre et tout prend une coloration différente.
Le discernement qui s’en inspire n’est-il pas de voir et de comprendre, au travers du prisme de l’Amour, les faits de la vie quotidienne et les comportements d’autrui comme de nous-mêmes et de tenter de penser et d’agir dans cette perspective ?
Alors accueillons cette proposition de Vie telle que le Christ nous l’a enseignée en tentant de la comprendre et de la vivre dans son sens originel, avec l’aide de Son Esprit !
L’église Sant’Eusebio et la chapelle de Ronchamp de Le Corbusier mélangent les formes arrondies et angulaires en partant de l’intérieur : les rondeurs se veulent dans les deux cas une évocation de l’harmonie de la nature tandis que les formes angulaires répondent à une vision classique d’un bâtiment.
Par Pierre Guillemin | Photos : DR
L’architecture sacrée c’est la conception et la construction de bâtiments destinés au culte religieux ou aux pratiques spirituelles. Elle englobe une grande diversité de styles, de formes et de symboles, influencée par la culture, la religion, l’époque et la géographie.
Dans le cas de l’architecture chrétienne, les bâtiments du Haut Moyen-Age, (chapelles, églises, cathédrales, basiliques) ont été le plus souvent construits sur les ruines de temples antiques reconnaissant le lieu sacré de la construction à travers les âges. La cathédrale de Lausanne en est un parfait exemple.
Le bâtiment exprime une théologie. Les chrétiens signifient leur foi et leur espérance par la manière dont ils organisent l’espace de leur maison commune, l’espace du bâtiment où ils se rassemblent pour célébrer le culte divin.
Le symbolisme de l’architecture chrétienne est très codé comme la croix, les dômes (qui représentent le ciel), les vitraux, les sculptures qui racontent la Bible et les Evangiles et sont toujours présents. Nous pouvons les admirer aussi bien dans l’église Sant’Eusebio du VIIe siècle à Pavie que dans la chapelle de Ronchamp du XXe siècle du très célèbre architecte suisse Le Corbusier.
Le 16 août, nous nous sommes retrouvés Place de Rome, prêts au départ pour deux jours à l’hospice du Grand-Saint-Bernard dans le cadre d’une démarche jubilaire proposée par la paroisse.
Par le Diacre René Pillet, Luc et Mélanie Darbellay et Marion Perraudin & Co Photos : Marion Perraudin
Le chanoine Joseph Yang nous accompagnait dans le car. Le pèlerinage a débuté à l’alpage de La Pierre avec une prière devant la Croix, posée le 15 juin. Après le pique-nique, Simon nous propose de prier le chapelet. Le prieur de l’hospice Jean-Michel et notre curé François nous accueillent. Les jeunes et les ados nous y rejoignent. Après l’écoute de quatre témoignages suivis d’un moment de partage, nous préparons la veillée en petits groupes. Le lendemain, nous accueillons pour la messe le deuxième groupe de pèlerins. L’homélie de François nous a invités à passer trois cols : le passage de l’humain au divin, du superficiel à l’essentiel et de l’éphémère à l’éternel. Puis nous avons partagé un repas convivial. Notre journée s’est conclue par une célébration et le passage de la porte sainte, spécialement édifiée pour cette année jubilaire « Saint Bernard ». Ce premier pèlerinage paroissial intergénérationnel a été un temps fort.
Nous avons eu la chance de vivre quelques jours de camp à l’Hospice du Grand-Saint-Bernard avec les jeunes du groupe « En quête de foi ». Ce fut l’occasion de nous laisser guider par saint Bernard et sa devise « Hic Christus adoratur et pascitur »(Ici le Christ est adoré et nourri). Le verbe « pascitur » a deux significations : « est nourrit » et « nourrit ». Le Christ est à la fois nourri à travers de tous ceux qui sont accueillis à l’hospice et « nourrit » les fidèles en se donnant lors de l’Eucharistie. En résumé la mission de saint Bernard est bâtie autour de quatre piliers : la montagne, la prédication, le service et l’accueil. Nous avons aussi l’occasion de rendre service, lors de la liturgie, par le chant, les lectures, la prière et de bien d’autres façons. Saint Bernard nous invite tous à proclamer la Parole que nous avons reçue durant ces quelques jours de camp. Un autre aspect marquant fut le passage de la porte sainte, placée dans l’église de l’Hospice. Grâce au pape François, nous avons l’occasion de recevoir l’indulgence plénière jusqu’au 15 septembre en la passant. Une occasion de « faire le ménage en profondeur et de recevoir la Miséricorde de notre Seigneur ». Le groupe de jeunes « En quête de foi ».
« Nous avons eu la chance de faire ce pèlerinage en famille, moment de ressourcement et de grâce entre la fin des vacances d’été des enfants et la nouvelle année scolaire. Le mélange intergénérationnel et la belle cohésion entre les divers groupes nous ont permis de vivre de très beaux moments de partage, de prières, de convivialité et de fraternité. Finalement une expérience très enrichissante tant spirituelle qu’humaine ! Deo gratias ! » Famille Darbellay
Dessin de Laetitia Darbellay.
« Merci à chacune et chacun pour ces deux magnifiques journées qui nous ont permis de resserrer les liens entre nous et de marcher ensemble dans la joie et l’espérance. » Diacre René
Grimpe et rappel sensationnel Découverte insolite de l’hospice
Sortie vivifiante sous la pluie Témoignages inspirants
Baignade et paddle sur le lac Entrain, joie et rires assurés Rencontre avec le Christ lors d’une veillée Nouvelles ambitions pour les BCBG Assomption à la pointe des Lacerandes Rencontre conviviale avec les paroissiens Démarche sanctifiante pour l’âme et l’esprit par le passage de la porte sainte. Le groupe de jeunes BCBG
Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photos : DR
Chère Lectrice, cher Lecteur,
La mission de l’Eglise se vit en continu, fidèle à l’envoi que le Christ nous adresse (Mt 28, 19-20) ! Pourtant, l’Eglise rythme le temps en années liturgiques, avec des moments particuliers.
Avec nos collègues prêtres et laïques, nous ancrons notre mission dans une année dite pastorale démarrée par une rentrée qui a eu lieu, en 2024, à fin août, dans la lignée de la rentrée scolaire. Le fil rouge proposé pour cheminer pour ces prochains mois est celui de l’espérance, en lien avec le jubilé 2025 dont le thème choisi par le Pape est « Pèlerins d’espérance ».
Notre monde a tant besoin d’espérance ! Cultiver et témoigner d’une saine, voire osons, d’une sainte espérance est un trésor que l’on est invité à offrir à nos réalités chahutées, pour ne pas dire constamment bouleversées.
Mais qu’est-ce que l’espérance ? L’Eglise nous la présente comme une vertu théologale, soit ayant Dieu pour objet, alors que les vertus, terme qui tend à devenir désuet sous nos latitudes, sont des dispositions fermes au bien, au beau et au bon. Vous le savez, la foi et la charité viennent compléter le trio des vertus théologales.
Il est bon de revenir sans cesse à l’espérance et j’aurais l’occasion d’évoquer ce thème prochainement encore.
Comment témoigner de l’espérance ? Pour l’heure, je vous laisse avec l’une des citations inspirantes travaillées lors de la rentrée pastorale dans l’atelier préparé par nos collègues de la formation (Pastorale des Chemins) et extraite de la bulle d’indiction du Jubilé ordinaire de l’année 2025 publiée par le pape François, le 9 mai 2024 et dont le titre en français est « l’Espérance ne déçoit pas » : « C’est en effet l’Esprit Saint qui, par sa présence permanente sur le chemin de l’Eglise, irradie la lumière de l’espérance sur les croyants : Il la maintient allumée comme une torche qui ne s’éteint jamais pour donner soutien et vigueur à notre vie. » (Spes non confundit n° 3).
Vue de l’ancienne basilique Saint-Pierre et du Palais apostolique à Rome, par Martin Van Heemskekr. Ce dessin permet de comprendre la genèse de la construction du Vatican.
Si l’on demande à un enfant de dessiner une église, il y a de fortes chances qu’il dessine un bâtiment un peu allongé avec une toiture inclinée et un clocher. Pourtant, l’architecture des églises n’a cessé d’évoluer au cours de l’histoire. De la domus ecclesiae à la diversité des constructions contemporaines, est-ce toujours la même motivation qui guide les choix ?
Par Amandine Beffa | Photos : Jean-Claude Gadmer, Flickr
Jusqu’à une période relativement récente dans l’histoire, nous manquons de traces écrites permettant de comprendre avec assurance comment les édifices étaient construits et parfois même ce à quoi ils ressemblaient. Ainsi que l’explique Gérald Deuber : « Les témoins matériels sont en revanche nombreux, illustrant à travers les transformations et les aménagements divers des monuments une évolution des modèles, des techniques et des goûts […] »1 Plus que les livres, ce sont donc les pierres qui nous racontent l’histoire des églises.
Après l’Ascension, les disciples de Jésus continuent à fréquenter le Temple de Jérusalem ou les synagogues locales. Ils se rassemblent, en plus, dans la demeure d’un riche fidèle pour la fraction du pain.
La destruction du Temple en 70, impose aux chrétiens de développer des lieux dédiés uniquement au culte. Les vestiges les plus anciens de maison-église (~250) se trouvent en Syrie, à Doura Europos. Une pièce comprend un banc de pierre et une petite estrade. Il n’y a toutefois pas trace d’autel.
Lorsque le christianisme devient religion de l’Empire en 380, les églises de maisons disparaissent au profit des basiliques, des édifices inspirés de l’architecture civile. Le chœur est situé à l’ouest. Le prêtre célèbre face au peuple, il regarde en direction de l’est. La basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome, est une excellente illustration de ce style.
En soi, l’architecture chrétienne aurait pu en rester là, le bâtiment répondant aux besoins. Cependant, « avec le temps […], les transformations sociales et politiques et les évolutions artistiques, le lieu de culte ne s’en [tient] pas à ces formes originelles […] au contraire, l’union du christianisme et de l’architecture se [renouvelle] à chaque époque pour des résultats différents ».2
Les vestiges des églises du VIe au VIIIe siècle sont assez rares. Genève fait exception (voir encadré en page 3).
Aux alentours du XIe siècle, les conditions sont réunies en Europe pour l’émergence d’un nouveau style. Jean-Michel Leniaud explique que « l’époque se caractérise notamment par la grande qualité des matériaux employés : on ouvre des carrières, on fabrique des outils pour la taille de la pierre, on appareille avec un tel soin que l’épaisseur des joints est très mince »3.
Le goût et la nécessité
Les églises sont reconstruites par goût et non par nécessité. On passe des charpentes en bois à des voûtes en pierre, ce qui ne va pas sans difficulté : « Il faut donc utiliser des matériaux et inventer des procédés techniques qui permettent de concilier l’objectif visé avec les limites imposées par la matière. »4
L’architecture romane ne va pas sans quelques difficultés. Elle fait reposer les poussées sur le mur de l’édifice qui est impérativement très épais. Le résultat est un manque de luminosité et des constructions qui demandent énormément de matériaux.
L’art gothique apporte la solution à ces problèmes en déplaçant les poussées sur les piliers. Jean-Michel Leniaud précise : « On a constaté aussi que les constructeurs du Moyen Age utilisaient largement le fer pour stabiliser leurs constructions […]. On en est donc récemment venu à penser que la stabilité des édifices gothiques découlait moins du principe de contrebutement de la croisée d’ogives par l’arc-boutant que de l’utilisation d’armatures métalliques. »5
L’imprimerie s’en mêle
A partir de cette époque, il n’y a plus de réelles évolutions dans l’architecture pendant plusieurs siècles.
Fin XVe à mi XVIe, le développement de l’imprimerie (1450) permet de rédiger des traités d’architecture et de les partager. Désormais, on connaît presque toujours le nom de l’architecte qui gagne en notoriété.
Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, saint Charles Borromée écrit un traité sur la construction des églises, les Instruciones fabricae. Il y indique par exemple : « […] il importe de séparer clairement ce qui est appelé le « Saint Temple » des constructions mitoyennes […] elles risquent d’engendrer de graves abus […]susceptibles de porter atteinte au caractère sacré du culte. »6
Au XIXe siècle, l’apport des matériaux industriels permet de nombreuses innovations. Certains éléments sont désormais préfabriqués dans les usines, ce qui change radicalement la façon de penser un chantier d’église. Les charpentes métalliques remplacent le bois qui nécessitait un travail titanesque, comme en témoigne la restauration de la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Pour l’église Saint-Jean-Baptiste de Mogno au Tessin, Mario Botta a travaillé sur la relation entre l’édifice et la nature.
La nef et le chœur
Le XXe siècle connaît une explosion de styles. Les églises ne sont plus nécessairement rectangulaires. C’est par exemple le cas de l’église Saint-Jean-Baptiste de Mogno, au Tessin. Mario Botta travaille sur la relation entre l’édifice et la nature. Au contraire de Charles Borromée qui souhaitait nettement distinguer l’église de son environnement, il joue avec la lumière et le lien avec le paysage.
Laissons à Jean-Michel Leniaud les mots de conclusion : « Contrairement à ce qu’on pourrait penser et même à ce qu’on a dit à certaines époques […], il n’existe pas de plan type pour les églises […]. Une seule donnée s’impose : une église est faite d’une nef et d’un chœur. »7 L’église du Sacré-Cœur, à Genève, le contredit toutefois puisqu’il n’y a pas à proprement parler de nef. Le chœur est situé au milieu de l’assemblée et il n’y a plus de différence de niveau.
1 DEUBER Gérard, La cathédrale Saint-Pierre de Genève, Guides de monuments suisses, SHAS, Berne 2002, p. 15. 2 Ibid, p. 33. 3 Ibid, p. 165. 4 Ibid, p. 119. 5 LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, SCEREN-CNDP, Paris 2007, p. 124. 6 Cité par LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, p. 62. 7 Ibid, p. 118.
Genève, un condensé d’évolution
Les fouilles archéologiques de la cathédrale Saint-Pierre de Genève sont d’une rare richesse. Elles illustrent des siècles d’évolutions architecturales.
Une première cathédrale est construite vers 350-375.
Un deuxième édifice est ensuite ajouté à la fin du IVe siècle. La fonction précise des cathédrales doubles ne fait pas consensus. Certains avancent que la cathédrale nord pouvait servir aux célébrations alors que l’autre aurait plutôt servi à l’enseignement de ceux qui demandent le baptême.
Une troisième cathédrale est construite vers le VIe siècle et les deux premières ne sont plus utilisées.
Au tournant du IXe et du Xe siècle, la façade de la cathédrale principale est déplacée à l’ouest et le chœur est déplacé à l’est. C’est à cette période que les prêtres commencent à célébrer dos au peuple (ils continuent ainsi à célébrer face à l’est).
A la période romane, la multiplicité de bâtiments fait place à une unique cathédrale.
Fin XIIe, début XIIIe, Genève connaît une période de prospérité. Une cathédrale gothique est construite à partir des fondations antérieures. Fait rare, le chantier ne commence pas avec le chœur à l’est, mais avec la façade, à l’ouest.
La cathédrale devient protestante en 1536. Elle cesse alors d’être modifiée au gré des évolutions liturgiques et artistiques catholiques.
Les fouilles de la cathédrale de Genève.
Bibliographie
BONNET Charles, Genève aux premiers temps chrétiens, Fondation des Clés de Saint-Pierre, Genève 1986.
DEUBER Gérard, La cathédrale Saint-Pierre de Genève, Guides de monuments suisses, SHAS, Berne 2002.
LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, SCEREN-CNDP, Paris 2007.
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