Jeux, jeunes et humour – octobre 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi appeler l’Esprit lors de la consécration ?*
C’est une invocation nommée épiclèse. Dans la liturgie eucharistique, il y en a deux. La première est l’appel de l’Esprit sur le pain et le vin pour qu’ils deviennent Corps et Sang du Christ ; la deuxième est l’appel de l’Esprit sur la communauté afin qu’elle soit sanctifiée par la communion au Corps et au Sang du Christ.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Deux fiancés se présentent chez M. le Curé pour se préparer au mariage. Il leur demande s’ils ont apporté tous les papiers requis : certificat de baptême et de confirmation. « Oui, les voilà », répondent les fiancés. Le curé leur pose une première question : « Avez-vous la foi ? » La fiancée regarde dans le dossier qui contient tous les documents puis regarde son amoureux et lui lance d’un air navré : « Je t’avais bien dit qu’on oublierait quelque chose ! »

Par Calixte Dubosson

Monthey: une nouvelle crypte plain-pied pour tous !

Chapelle du Pont.

Par l’abbé Jérôme Hauswirth, curé de Monthey
Photos : J.-M. Moix

Face au manque objectif de salles funéraires sur le secteur de Monthey et après une interpellation politique officielle sur les Communes de Monthey et Collombey-Muraz en 2022, il a été décidé d’augmenter la capacité des salles funéraires de Monthey. En effet, il n’est plus possible de continuer avec seulement deux emplacements pour une ville de 20’000 habitants !

Dès lors, dans un premier temps, il a été décidé de réaffecter la très belle et très solennelle Chapelle du Pont comme chapelle funéraire. Cela ne coûte rien et surtout cela ajoute une place ! L’usage récent a montré l’excellence de ce choix pragmatique.

Ensuite la Paroisse de Monthey s’est manifestée comme partenaire du nouveau projet en mettant à disposition le rez-de-chaussée de la cure de Monthey, où se trouve actuellement les deux cryptes. L’idée était de repenser les volumes et l’entier de l’espace suite à la motion politique. Après une étude très professionnelle, un devis de 3,5 millions a été présenté… puis rejeté ! 

La Commune a alors décidé de financer la Paroisse à hauteur de Fr. 300’000.–, montant forfaitaire pour une nouvelle salle à la cure et le rafraîchissement des deux anciennes. Pour la Paroisse, il s’agit donc d’un projet quasiment subventionné à 100 %. 

Après réflexions, nous avons décidé : 
• de faire une nouvelle crypte dans l’ancienne buanderie de la cure (salle actuellement utilisée) ; 
• de faire un accès plain-pied, par l’extérieur du côté de l’Avenue de France, pour les personnes à mobilité réduite ;
• d’orner les trois salles par de belles pièces d’étoffe (rideaux en velours violet, voilage en soie, etc.) ;
• de changer les fenêtres vétustes par des fenêtres modernes (isolation thermique et phonique). 

Le Canton, par son Service du Patrimoine en la personne d’Eric Bonnerfält, collabore activement avec la Paroisse et nous avons avec eux finalisé un projet respectueux et des besoins actuels et de l’histoire du bâtiment. 

Voilà. Nous essayons de faire au mieux, pour le bien de tous. En effet, ces salles funéraires ne sont pas réservées aux seuls catholiques, mais sont au service de toute famille endeuillée 😊.

Cure de Monthey.

Ouvrir des chemins ensemble

Depuis l’automne 2022, le Jura pastoral a changé de modèle de gouvernance en nommant à sa tête une théologienne et un diacre. Après presque deux ans en tant que représentants de l’évêque, retour d’impressions avec Marie-Andrée Beuret et Didier Berret.

Par Myriam Bettens
Photos : Jura Pastoral (pôle communication)

Quel bilan pouvez-vous dresser après deux ans d’exercice ?
Marie-Andrée Beuret : Question un peu abrupte… La phase de transition qui se passe au niveau de la société dans laquelle on se trouve se manifeste aussi dans l’Eglise. Je ressens très fort cet état instable qui se manifeste partout. Il y a beaucoup de choses pour lesquelles nous sommes directement interpelés, mais nous devons les penser ensemble. Certains espéreraient presque que nous décidions à leur place. Or, ce n’est sain(t), ni avec N ni avec T ! Il y a une grosse question en lien avec les responsabilités et la manière de les porter ensemble. Chacun est responsable pour soi en tant qu’individu, mais nous avons des responsabilités communes et il n’est pas possible de repasser aux autres cette part-là. D’où le défi de rechercher des chemins ensemble.
Didier Berret : Partager cette responsabilité est bon et même nécessaire pour ne pas porter les choses seul. Pouvoir partager avec quelqu’un qui a un autre point de vue pour prendre les décisions est essentiel, à la fois pour les raisons qu’elle vient d’évoquer, et aussi parce que s’il faut dessiner des lignes directrices pour l’avenir d’une Eglise, personne ne sait exactement où l’on va. J’ai appris à donner aux évènements l’importance qu’ils ont et à ne pas se laisser submerger par des choses qui ne nous concernent pas directement. Finalement, il importe de se redire que Jésus ce n’est pas nous (rires).

Quel a été l’écho de la base concernant ce nouveau modèle de gouvernance ?
D. B. : Certains sont perturbés par le fait que cela ne soit plus un prêtre. Majoritairement, les échos sont positifs. Beaucoup de personnes me disent : « enfin ! »
M.-A. B. : Je partage aussi cette impression. A l’usage, il pourrait être intéressant d’imaginer une équipe pastorale pour un vicariat ou une région diocésaine.

Exporter le « label » de théologien en pastorale 1 ailleurs en Romandie permettrait-il de nommer plus de laïcs et de femmes à des postes à responsabilités ?
M.-A. B. : Il est important d’avoir des équipes diversifiées, quel que soit le modèle, avec une complémentarité de personnes, de ministères et de formations. Par contre, le danger serait de s’ouvrir aux laïques et aux femmes seulement parce qu’il n’y a plus de prêtres, de se servir des théologiens en pastorale comme des bouche-trous. De plus, si l’on reste dans le modèle actuel, on court le risque de maintenir les communautés dans un système de service où les baptisés se retirent au profit des professionnels. Et à partir du moment où l’on a uniquement des professionnels face à la communauté des baptisés, qui n’est pas « professionnelle », il se forme une espèce de limite. Le risque serait de simplement remplacer le prêtre qui était mis sur un piédestal par une autre figure. Le problème n’est pas celui de la personne qu’on y met, mais bien le piédestal !

1 Un « label » d’appellation d’origine pastorale (AOP) pour le Jura. Début août 2020, le Jura pastoral (partie francophone du diocèse de Bâle) a institué le titre de « théologien en pastorale » pour ses agents pastoraux dotés d’un diplôme universitaire en théologie. Fruit d’une longue réflexion diocésaine, ce changement permet de reconnaitre le statut et le travail des agents pastoraux que le terme « assistant » rendait parfois ambigu.

Bio express

Marie-Andrée Beuret

Marie-Andrée Beuret est une théologienne en pastorale, née en 1972. Elle a achevé une formation en théologie à Fribourg et à Lucerne (1999-2004) et un doctorat à Lucerne (2007). Elle a été instituée au service permanent du diocèse de Bâle en juin 2009. Elle est aussi membre de l’équipe de l’espace pastoral Ajoie-Clos du Doubs.

Didier Berret

Didier Berret est né le 9 mars 1966. Marié et père de cinq enfants, il a mené des études en théologie à Fribourg et à Jérusalem (Dormition) de 1985 à 1990, puis institué assistant pastoral en juin 1991. Ordonné diacre en juillet 2000, il a été responsable de communauté durant dix ans pour l’Unité pastorale des Franches-Montagnes (Saignelégier).

Les deux Jurassiens ont été installés comme délégués épiscopaux de l’évêque de Bâle, Mgr Felix Gmür, pour le Jura pastoral, le 1er septembre 2022, lors d’une célébration eucharistique à l’église Saint-Marcel de Delémont.

Interview avec le nouveau vicaire du secteur de Monthey: l’abbé Martin Filipponi

Texte et photo par l’abbé Martin Filipponi (Questions posées par l’abbé J.-M. Moix)

Cher monsieur l’abbé, pouvez-vous commencer par vous présenter en quelques mots ?
Avec plaisir. Je m’appelle Martin Filipponi et j’ai 45 ans. J’ai grandi à Gampel, dans le Haut-Valais. Après l’école obligatoire et l’école de commerce, j’ai suivi une formation d’infirmier et j’ai travaillé dans un service médical de l’hôpital de Brigue, où l’on s’occupait de patients en soins palliatifs et en oncologie. Après avoir longuement réfléchi et prié, je me suis mis en route pour devenir prêtre. Les études de base ont eu lieu au Séminaire de Coire ainsi qu’à l’abbaye cistercienne de Heiligenkreuz en Autriche. 

Quand avez-vous été ordonné prêtre ?
C’était un samedi, le 13 mai 2017, il y a donc sept ans, le jour même du centenaire des apparitions de Notre Dame à Fatima, j’ai été ordonné prêtre en la cathédrale de Coire avec deux autres confrères. J’ai ensuite travaillé comme vicaire à Davos, puis j’ai pu obtenir une licence canonique en spiritualité chrétienne à Heiligenkreuz près de Vienne et servir comme « Père spirituel » au séminaire de Heiligenkreuz. Ce fut une période riche en enseignements et une expérience positive.

Puis vous avez souhaité revenir dans votre Valais natal pour exercer votre ministère sacerdotal. Suite aux contacts que vous avez noués avec le diocèse de Sion, on vous a demandé de venir à Monthey. Vous venez d’y terminer une année de stage. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu votre année de stage 2023-2024 ? 
Au début, c’était déjà un défi, car il fallait apprivoiser une culture différente et se perfectionner en langue française. Petit à petit, les choses ont avancé. Je me suis senti à l’aise dans la communauté du monastère, avec trois sœurs et trois confrères prêtres. Sous la direction du curé Jérôme Hauswirth, j’ai été progressivement initié au ministère pastoral, en dispensant ainsi les sacrements en français, en étant présent pour les gens ou encore en visitant les personnes âgées ou malades. Et puis, lors de soirées de louange avec les jeunes, j’ai pu faire quelques catéchèses.

Avez-vous des projets pastoraux que vous aimeriez lancer ou développer à l’avenir ? 
Il s’agit d’abord de grandir dans mon ministère de prêtre, de vicaire, de connaître toujours mieux les gens et d’observer le quotidien des paroissiens. En principe, on dit qu’il faut bien répartir son temps : avoir du temps avec Dieu et du temps pour les gens, en unissant la prière à l’activité pastorale. La tâche du prêtre est de (re)lier les hommes à Dieu : créer des lieux et des possibilités pour que l’homme puisse faire l’expérience de Dieu. Pour cela, il existe de nombreux moyens. Aussi, je demande au Seigneur qu’il me montre les méthodes et les chemins appropriés pour transmettre la beauté de la foi.

Vous venez donc d’être nommé vicaire pour les paroisses du secteur de Monthey,  en étant spécialement le prêtre référent pour la paroisse de Choëx. Avez-vous encore un commentaire, un souhait ou une prière ?
Oui. Je souhaite aux paroissiens du secteur de Monthey et spécialement aux « Choëlands » beaucoup de joie, avant tout, la paix dans les familles et dans nos propres cœurs, pour qu’ensemble, avec l’aide de Dieu et en tenant la main de Marie, nous puissions traverser la vie dans la joie et la confiance.

Contact du vicaire Martin Filipponi

Mail : filipponimartin@gmail.com
Téléphone : 024 471 22 31

Mise au tombeau, Cathédrale Saint-Nicolas, Fribourg

Cette mise au tombeau est composée de 13 statues à taille humaine. Elle est attribuée à Maître Mossu.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Les 100 ans de l’élévation de la collégiale de Fribourg au rang de cathédrale sont une excellente occasion de (re)découvrir les œuvres qu’elle accueille. Parmi celles-ci se trouve une rare mise au tombeau, composée de 13 statues à taille humaine, attribuée à Maître Mossu.

Le thème est populaire dès le XVe siècle, en particulier en Suisse, en Belgique, en Allemagne et en France. Il s’agit ici d’une des premières réalisations (~1430).

Jésus est déposé sur la pierre du tombeau par Nicodème (à gauche) et Joseph d’Arimathie (à droite). L’Evangile (Jn 19, 38-42) raconte que c’est Joseph qui a demandé le corps à Pilate et que Nicodème a apporté les onguents nécessaires aux rites. Tous deux sont des notables juifs, devenus disciples en secret.

A l’arrière-plan, nous reconnaissons la Vierge Marie, Mater dolorosa, mère de douleur. Pliée en deux, les bras tombant vers le sol, elle est soutenue par Jean, identifiable à ses traits juvéniles et son absence de barbe.

Deux femmes les encadrent, probablement celles mentionnées par les évangélistes au pied de la croix.

Deux anges portent les instruments de la Passion. Celui à notre gauche tient la colonne et les fouets, celui à notre droite présente la croix et les clous (Jn 19). La femme qui est à côté de ce dernier est Marie Madeleine. Comme souvent, elle est représentée non voilée, avec une belle chevelure. Elle a entre les mains un flacon, peut-être celui du parfum qu’elle avait versé sur les pieds du Christ (Lc 7, 36-50).

La douleur des traits des personnages est particulièrement marquée, même pour les anges. Les mouvements des mains et l’inclinaison des têtes accentuent les émotions. Tous sont richement vêtus selon les codes du XVe siècle. 

Au premier plan, les soldats chargés de veiller sur le tombeau pour que personne ne puisse voler le corps (Mt 27, 62-66) sont endormis. Certaines photos plus anciennes les placent à l’entrée de la chapelle, comme pour garder son entrée.

Le thème des vitraux de Manessier (1974) est la nuit du Vendredi saint. Le choix des couleurs peut surprendre, mais il nous entraîne dans les profondeurs de cette nuit si particulière.

Une odeur de menthes

Chandolin, Edmond Bille, 1901. Peint ici par le beau-père de Chappaz, le village de Chandolin, en particulier le chalet des Bille, fut un des asiles du poète.

Les Maquereaux des cimes blanches (1976). S’il est un titre de Chappaz qui retient l’attention, c’est bien celui-ci. Il faut cependant veiller à ne pas faire trop vite du poète valaisan un écrivain engagé. Sa dénonciation se situe toujours déjà au-delà de l’action politique, faisant signe vers un autre monde : « Le royaume ! percevez le royaume ! »

Par Benjamin Mercerat | Photo : Association Edmond Bille

Qu’est-ce que les écologistes actuels pourraient trouver dans l’œuvre de Chappaz qui les satisfasse ? Au final, peu de choses. Car la défense de la nature relève chez cet auteur d’une préservation plus générale de la tradition et de l’être humain dans son ensemble, comme il s’en explique bien dans La Haine du passé, texte introductif de 1984 publié à l’occasion d’une réédition des Maquereaux des cimes blanches. S’il y a une écologie dans la pensée de Chappaz, c’est une écologie intégrale, qui accorde autant d’importance à la préservation de la liturgie et de toute vie humaine (de la fécondation à l’ultime souffle) qu’à celle de la nature.

Les étudiants du Collège de l’Abbaye de Saint-Maurice qui inscrivirent sur la falaise un magnifique « Vive Chappaz ! » à la suite des attaques en réaction à l’ouvrage publiées par « Le Nouvelliste » avaient-ils lu le texte ? ou ne faisaient-ils que réagir, courageusement, à un lynchage ? Ce qui est certain, c’est que l’auteur nous incite
à lire son texte avant tout comme un poème, plus que comme une intervention politique. 

– Vive la révolution ! – Ah ! non, je refuse de tourner en rond. – Alors ? – La catastrophe naturelle. » Nulle solution n’est envisagée à ce problème qui dépasse l’action humaine. Le terme « révolution » est désamorcé par la coloration que lui donne son sens étymologique, celui définissant le mouvement des astres. Cette catastrophe attendue comme seule possibilité de prise de conscience, le narrateur la nomme également une « catastrophe-renaissance ». La question n’est pas de savoir comment agir politiquement, mais comment se préserver et comment préparer les consciences à renaître.

Il s’agit pour le poète, perdu dans ce Valais de bois de son enfance devenu un Luna Park touristique, de vivre dans un asile. Asile bien concret qu’il trouve dans ses demeures, celles du Châble et des Vernys ; asile symbolique de la poésie. Un des premiers textes de l’œuvre, qui dit tout de cette situation, est intitulé « L’extrême-onction avant l’orage – Ecrit dans un asile ». Cette splendide prose commence par une phrase interrogeant le statut du poète : « Croyez-vous que je puisse lancer une malédiction à partir d’une odeur de menthes ? » La grâce d’un parfum, la gratuité de la nature préservée, voilà ce au nom de quoi l’on devrait maudire la modernité ; et le poète d’enfoncer le clou quelques paragraphes plus loin : « Une grive pour moi vaut dix mille chômeurs » ; « Je préfère une anémone à un pont sur le Rhône ».

Mais, à la différence de l’assurance qui caractérise les discours politiques, le poète reste pétri par l’incertitude, n’exprimant au fond que l’espoir d’une réconciliation générale : « L’asile est-il sûr ? Je frotte une touffe de menthes sur le museau des foules. De saveur en saveur nous irons vers le royaume. »

Bibliographie : 

• Maurice Chappaz, Les Maquereaux des cimes blanches, précédé de La Haine du passé, éditions ZOE, Genève, 1984.

Avec chœur et humour

Par Nicolas Maury
Photo : Jean-Caude Gadmer

Pour qui se contente d’en rester aux apparences, son franc-parler peut surprendre. Exemple :  « Puisse le Christ illuminer les cœurs, pour que l’Evangile écrase toutes les idéologies, et en premier lieu celles qui prétendent le servir, alors qu’elles ne font en réalité que s’en servir », lance Frédéric Monnin, avant de briser la carapace et, par un rire sonore, montrer qu’il est surtout doté d’un sens de l’humour décapant.

Au sein de la paroisse Saint-Paul à Cologny, le Jurassien d’origine coiffe de multiples casquettes. La première consiste à faire en sorte que les prêtres et les Conseils puissent s’appuyer sur un secrétariat performant. « La cure est en quelque sorte aussi une maison de famille, un lieu de rencontre et parfois un numéro d’urgence. Il n’est pas rare que nos voix soient les premières à répondre à des personnes en manque d’écoute. »

Dans un tout autre registre, Frédéric Monnin est aussi directeur de la chorale paroissiale. « C’est pour cette fonction que le regretté frère Jean-Daniel m’avait engagé en septembre 2003. » Et d’avouer : « J’ai eu deux périodes dans ma vie de chef de chœur. D’abord celle d’un jeune pro voulant montrer ce qu’il sait. Puis j’ai retenu les leçons de mon vieux maître. Si je hausse parfois encore le ton, je préfère de loin user de méthodes plus douces. » Avec une préférence pour l’humour et la métaphore, mais toujours avec le souci de la fonction que doit remplir la musique dans le cadre liturgique. « Il m’arrive encore de m’emporter, non pas à l’encontre de mes choristes, mais contre ceux qui – je n’ai pas peur du terme – font œuvre de sabotage. Heureusement, ce n’est pas le cas à Saint-Paul. »

Quand on lui demande de décrire son cadre de travail, Frédéric se fait presque lyrique : « La paroisse vit au rythme de la communauté des Prêcheurs. Je suis très heureux de pouvoir travailler dans les vignes du Seigneur avec les frères du couvent dominicain. Chacun et chacune est conscient de travailler pour une cause plus grande : l’Evangile. »

Evoluant, comme il le dit, au milieu des périphéries d’un Genève laïque, le « Kappelmeister » lève un sourcil : « Le Christ nous dit : vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde. Lorsqu’on garde cela à l’esprit, on vit beaucoup mieux certains côtés pénibles du laïcisme, devenu religion d’Etat dans notre canton. »

Frédéric Monnin
• Né le 14 janvier 1974 à Bure (JU).
• Maturité littéraire à Porrentruy en 1992.
• Etudes en Sciences politiques et Lettres à Genève.
• Etudes musicales à l’Ecole jurassienne et Conservatoire de musique de Delémont (piano et orgue) de 1980 à 1992.
• Conservatoire de musique de Genève : diplôme de direction chorale en 2003.
• Depuis 2003, secrétaire et Maître de Chapelle à Saint-Paul (à Cologny).

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

150 ans de notre église

Le 6 octobre prochain, la paroisse de Collombey sera en fête pour le triple jubilé de son église.

Par Valentin Roduit

Jeune de 150 ans, l’église résonnera d’un concert d’orgue et les particularités architecturales que sont ses vitraux et son clocher seront mises en évidence.

Les murs chanteront en réponse au chœur mixte et joueront de la musique en écho à la fanfare.

Fêter le jubilé d’une église, c’est l’occasion de se réjouir avec tous ceux qui y ont vécu de beaux moments. Les anciens desservants de Collombey seront bien représentés, ainsi que tous ceux qui ont été baptisés ou mariés.

« Au moment où l’on ferme des églises dans quelques contrées de la Suisse et où certains esprits voudraient les voir toutes disparaître, ne comprenant pas qu’elles sont l’école des peuples dans lesquelles ils viennent apprendre à tenir une conduite morale et honorable, on ne doit pas laisser passer sous silence les sacrifices que vient de s’imposer la petite paroisse de Collombey pour construire sa nouvelle église » écrivait la Gazette du Valais le 15 novembre 1874. « C’est un monument qui fait honneur à son architecte, à la piété et au bon goût des habitants de cette paroisse, au dévouement et à l’intelligence des magistrats qui ont coopéré à cette belle œuvre… »

Soyons-en fiers et venons fêter ensemble ce triple jubilé !

Les réseaux de neurones

Par Pierre Guillemin | Photo : Pixabay

Les réseaux de neurones sont une des techniques d’Intelligence Artificielle. Leur conception et fonctionnement répondent aux tentatives de simulation du fonctionnement du cerveau humain.

Contrairement aux idées communément admises, les principes de l’intelligence artificielle sont anciens : c’est en 1943 que Mc Culloch (neurophysiologiste) et Pitts (logicien) ont proposé les premières notions de neurone formel. Ce concept fut ensuite mis en réseau avec une couche d’entrée et une de sortie par Franck Rosenblatt en 1959 pour simuler le fonctionnement rétinien et dans le but de reconnaître des formes. C’est l’origine du « perceptron » qui se veut la traduction mathématique d’un neurone artificiel ; le réseau de neurones est constitué d’un assemblage de perceptrons. Il effectue des calculs pour détecter des caractéristiques ou des tendances dans les données d’entrée. Le perceptron reçoit ainsi de multiples signaux d’entrée : si la somme des signaux excède un certain seuil, un signal est produit ou au contraire aucun résultat n’est émis. C’est ce principe qui permet de « décider », voire de « prédire ». 

Ces dernières années, la puissance des ordinateurs a permis aux réseaux de neurones de se développer extrêmement rapidement leur assurant une couverture médiatique très importante. Les succès obtenus par ces réseaux en matière de reconnaissance d’images (médecine, satellites), de reconnaissance faciale, en traitement du signal (ondes sonores, électromagnétiques), en traitement du langage naturel, en jeux de société (go, échecs) ont suscité un engouement incroyable et des interrogations légitimes.

Le succès technique d’un réseau de neurones réside dans la phase « d’apprentissage » qui va conditionner son succès final pour les tâches qu’il est censé traiter. La phase d’apprentissage consiste à injecter au réseau des données connues engendrant des réponses par le réseau qui seront comparées aux réponses souhaitées (connues). C’est donc un processus itératif qui, petit à petit, va affiner les réponses du système. 

Pour nous, humains, c’est un défi dans la mesure où (pas encore heureusement !) la machine devient, sur certaines tâches, plus experte que nous. Mais il manque encore à ces systèmes d’intelligence artificielle cette notion d’imagination, d’invention qui nous est propre.

Marie et le Rosaire

Notre Dame du Rosaire.

Le mois d’octobre est appelé aussi « Mois du Rosaire », depuis que le pape Léon XIII, à la fin du XIXe siècle, a voulu encourager cette dévotion mariale par plusieurs écrits ou lettres. Alors, avec l’abbé Martin Filipponi, nous voulons nous interroger : quels sont les bienfaits qui découlent de la méditation des différents mystères du chapelet, de l’invocation confiante de Marie, de la récitation humble et répétitive des « Je vous salue Marie » ?

Par l’abbé Martin Filipponi | Photos : DR

Marie nous conduit à Jésus

En écrivant ce texte, ces mots de saint Bernard me sont revenus à l’esprit : « De Marie jamais assez ! » (De Maria nunquam satis) Nous ne parlerons jamais assez de Marie, car c’est elle qui nous conduit à Jésus. Si nous apprenons à la connaître et à l’aimer, elle ne manquera pas de nous présenter  à son Fils, le Sauveur du monde, Jésus-Christ. Si nous tenons la main de Marie, nous sommes assurés qu’un jour nous atteindrons notre but : le ciel !

Tenons la main de Marie ! 

L’une des caractéristiques de la dévotion mariale, est que là où Marie est priée et vénérée, un printemps spirituel, un véritable élan de foi, une espérance surnaturelle, un amour fervent de Dieu et une joie profonde se répandent. Malgré tout, Marie ne nous épargne pas la croix que chacun d’entre nous porte dans sa vie. Mais les fidèles font l’expérience « en tenant la main » de Marie, d’une confiance intérieure, d’une allégresse, d’une sérénité paisible dans la confiance en la présence guérissante de Dieu. C’est cette atmosphère spirituelle qui émane des lieux de culte marial (Lourdes, Fatima, Guadalupe et bien d’autres) que nous sommes amenés à expérimenter également chez nous, en Suisse, en Valais, à Monthey et dans nos familles. Un des moyens pour y parvenir est la prière du Rosaire.

Avec Marie, méditons la vie de Jésus ! 

Le mois d’octobre est le mois du Rosaire. Et le 7 octobre, nous célébrons justement Notre Dame  du Rosaire. Avec la prière du Rosaire, nous contemplons la vie de Jésus. L’Eglise propose à notre méditation quatre chapelets ou quatre Mystères du Rosaire : avec les mystères joyeux, nous contemplons l’Incarnation de Jésus. Avec les mystères lumineux nous méditons sur la vie et l’œuvre publiques de Jésus. Avec les mystères douloureux c’est la passion et la mort du Seigneur qui sont mis en lumière. Et avec les mystères  glorieux, nous nous remémorons la résurrection du Seigneur. On peut dire que le chapelet est une prière méditative et biblique. C’est une succession de « Notre Père » et de « Je vous salue Marie ». Le chapelet est composé de 50 « Je vous salue Marie » et est divisé en cinq dizaines.

Que disons-nous lorsque nous récitons un « Je vous salue Marie » ? 

Il est intéressant de noter que les paroles du « Je vous salue Marie » proviennent de Dieu lui-même, par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. C’est lui qui salue Marie : « Je te salue, Comblée-de-grâce, … » (Lc 1, 29) Il est suivi d’une deuxième parole biblique, prononcée par Elisabeth, remplie de l’Esprit Saint : « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est beni. » (Lc 1, 42) Elle est suivie de notre prière à Marie : « Sainte Marie, priez pour nous, pécheurs. » De cette manière, nous demandons à la Mère de Dieu de nous aider, de nous soutenir et de prier pour nous.

Le Rosaire ne peut pas être argumenté théologiquement. Il a plutôt une efficacité propre dans la pratique, qu’il s’agit d’expérimenter. Grâce au Rosaire, nous recevons de l’aide, grâce à lui, il y a beaucoup d’exaucements de prières, on se sent bien en le faisant et on fait l’expérience de la proximité de Dieu. Je souhaite à chacun de nous de faire cette expérience de la proximité de Dieu. 

Le chapelet et la Bible.

 

Décors peints, chœur de l’église Saint-Jean-Baptiste, Corsier (Genève)

Jean-Louis Gampert propose une interprétation contemporaine d’un thème traditionnel.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Quel est le point commun entre les églises Saint-Paul à Cologny, Saint-Charles-Borromée à Avusy et Saint-Jean-Baptiste à Corsier ?
Ces trois édifices du canton de Genève accueillent un monumental décor peint dans leur abside.

Si la Déesis (= intercession, en grec) est une thématique artistique répandue dans le monde byzantin, c’est moins le cas du côté de l’Occident catholique. Dans la composition traditionnelle, saint Jean-Baptiste et la Vierge Marie entourent le Christ ressuscité qui tient un livre entre ses mains. Avec les saints et les apôtres, ils intercèdent pour le salut de l’humanité. 

Jean-Louis Gampert est, avec Cingria, un des membres fondateurs du Groupe Saint-Luc. Il a notamment étudié auprès de Maurice Denis. Comme ses illustres compagnons, il propose une interprétation contemporaine d’un thème traditionnel. 

Dans la partie haute de l’abside, le Christ trône dans les nuées. A notre gauche, mains jointes, Marie intercède. Légèrement plus bas, probablement pour indiquer une différence de dignité par rapport à la Mère de Dieu, Jean-Baptiste, à genoux, regarde dans notre direction.

Dans la partie basse, à notre gauche, nous reconnaissons : saint André, avec la croix caractéristique de son martyre ; saint Pierre, avec les clefs et la tiare que lui tend un angelot. A leurs pieds, saint Jean, jeune et imberbe avec un aigle. La jeune et belle femme aux cheveux lâchés est Marie-Madeleine. Une femme tient un grand livre, c’est Anne qui instruit Marie. Joseph tient le rameau fleuri qui, selon le protoévangile de Jacques, a permis de l’identifier comme époux de Marie.

A notre droite, depuis le centre : saint François de Sales, évêque de Genève et saint Maurice, vêtu comme un soldat romain. Un ange lui apporte la palme des martyrs et la couronne de laurier, rappelant ce qui s’est passé lorsque le bourreau a levé son épée. Le curé d’Ars est reconnaissable avec sa coupe de cheveux si caractéristique. A l’extrême droite, on trouve saint François d’Assise en bure. Devant, sainte Thérèse d’Avila avec le crucifix, combattant le démon qui souhaite l’attirer en Enfer et sainte Thérèse de Lisieux tenant les images de la Sainte Face.

Catéchèse: jonglerie pour remplir toutes les cases !

Après une certaine stabilité au sein de l’équipe des catéchistes, la rentrée scolaire 2024-2025 s’annonce plus compliquée car 22 plages horaires n’ont plus de catéchistes. Que faire ? Pour moi, l’essentiel est de garder l’espérance.

Par Marianne Berset, responsable de la catéchèse 
Photo : LDD

Le 11 juin dernier, au cours d’un souper au centre de rencontre des Focolari, nous avons dû prendre congé de plusieurs catéchistes qui ont mis tout leur cœur à la transmission de la foi aux enfants de la paroisse durant de nombreuses années. 

Remerciements aux partantes…

Merci à Mmes Madeleine Fauth, Chantal Rosset et Martine Hayoz pour toutes ces années au service de l’annonce de la Parole de Dieu aux enfants ainsi qu’à Mariola Varé. Ensemble, elles représentent sûrement une centaine d’années de catéchèse… Merci aussi à Isabel et Nadié, du Centre de rencontre des Focolari, pour leur engagement qu’elles vont continuer dans le monde. Meilleurs vœux à chacune d’elles pour l’avenir. Nous avons aussi trois catéchistes qui prennent une pause pour des raisons privées ou professionnelles.

… et bienvenue aux nouvelles

Avec 22 plages horaires vides en ce début d’été, il fallait mettre sa confiance dans le Seigneur, se rappeler sans cesse que le Seigneur est à nos côtés et chercher des solutions. La première a été trouvée avec une augmentation du temps de travail de Laura Johner qui vient de terminer sa formation Emmaüs, puis avec l’arrivée de trois nouvelles catéchistes : Mmes Fatima Sulzmann, Laurence Pochon et Gloria Lambiel et enfin à la solidarité des catéchistes qui ont accepté plusieurs plages horaires. 

Grâce à cette magnifique équipe, les enfants de la paroisse auront la chance de découvrir Jésus, de cheminer avec Lui et de sentir sa Présence. De tout cœur merci à toute l’équipe des catéchistes pour leur engagement précieux.

Parfait, une année à Paris

Parfait en compagnie de ses confrères étudiants et formateurs.

Parfait a passé ses vacances au Bénin. Après quatre ans de stage en Europe, il a retrouvé avec joie sa famille, ses amis et sa paroisse. Aujourd’hui, il nous partage son vécu sur sa première année de formation à Paris.

Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : DR

Je suis arrivé à Paris en août 2023. J’habite à la Maison Mère des Spiritains, dans le cinquième arrondissement. C’est un beau quartier, proche du Panthéon, et des grandes Ecoles de Paris. On peut y visiter des églises, des bibliothèques et des parcs mythiques comme le Jardin du Luxembourg. J’ai aussi découvert la célèbre rue Mouffetard avec ses cafés, ses restaurants, ses magasins où règne une joyeuse ambiance qui attire de nombreux touristes. 

Mes études

Dans notre communauté de formation, nous étions sept étudiants spiritains d’Afrique et d’Asie encadrés par trois formateurs. Nous nous déplacions à bicyclette pour suivre les cours donnés par les jésuites à la Faculté Loyola. J’avais déjà fait une année de théologie à l’Université de Fribourg. Mais ici, les méthodes d’enseignement m’ont surpris, puis j’ai apprécié leur efficacité. D’ailleurs les résultats ont été concluants puisque mon bilan de fin d’année a été très positif. Une année d’études qui donne envie de poursuivre et d’approfondir la réflexion théologique et la connaissance de la Bible.

Activités pastorales

Temps d’études, temps de prières, temps de célébrations en communauté et aussi, temps d’activités pastorales tous les week-ends avec les jeunes de l’aumônerie de la Paroisse Saint-Médard. J’ai eu du plaisir à enseigner la catéchèse aux ados et aux enfants ainsi qu’à accompagner les servants de messe, comme je le faisais dans les paroisses du Haut-Lac. On m’a aussi confié des responsabilités dans le mouvement « Amos – Volontariat International catholique » qui prépare des jeunes à partir quelques temps en Afrique ou en Asie pour découvrir la vie de l’Eglise dans d’autres régions du monde.

Loisirs et découvertes

Quelques sorties communautaires nous ont permis de prendre des pauses bienvenues et de découvrir de nouvelles régions. A Amiens nous avons visité le premier noviciat de la Congrégation ainsi que la célèbre Cathédrale Notre-Dame, la plus vaste de style gothique du monde, où nous avons vénéré les reliques de saint Jean- Baptiste. A Saverne, en Alsace, nous nous sommes recueillis sur la tombe des parents du second fondateur de notre Congrégation : le Père Libermann, un juif converti. Nous avons aussi visité la synagogue où il a prié durant son enfance. La sortie avec les paroissiens de Saint Médard nous a d’abord conduits à Pontmain, lieu d’apparition de la Vierge, puis, à Saint-Malo, cité corsaire, où se trouve, sur un îlot, la tombe de l’écrivain Chateaubriand. La découverte d’un des joyaux de la France, le Mont-Saint-Michel, m’a fortement impressionné ! Ce fut l’un des moments les plus heureux de cette année, car je rêvais depuis longtemps de visiter cette région !

Un grand merci à Dieu et à tous ceux qui m’ont permis de vivre cette année d’études et de vie spiritaine et paroissiale. Ainsi j’ai grandi pour mieux servir l’Eglise de demain.

Parfait et deux ados de sa paroisse au Bénin.

Un ADN d’art et de foi

Texte et photo par Nicolas Maury

« Ma foi n’est pas extérieure à qui je suis. Elle implique toute ma vie et fait partie de mon ADN », affirme Roger Gaspoz. Un ADN dont la seconde moitié est l’art. « J’ai dessiné et sculpté depuis ma plus tendre enfance : des animaux dans des écorces de mélèze tout d’abord, puis des personnages dans la pierre et le bronze », raconte le Valaisan qui en tire un bel enseignement : « Quand je peux travailler pour l’Eglise, je rends à Dieu les talents qu’Il me donne, je bosse pour Lui. » 

Ses créations se retrouvent partout en Romandie et au-delà : la statue de saint Amé à Notre-Dame du Scex (Saint-Maurice) la crypte de Muraz, les quatre évangélistes de Venthône, un reliquaire au Carmel à Develier, un portrait de Marguerite Bays à Siviriez, un autre peint pour le pape François, etc. « Un jour un peintre a dit : on entre en peinture comme on entre en religion. Dans mon travail j’allie les deux. »

Roger Gaspoz dévoile un de ses projets en cours : une statue de Mgr Schwery qui prendra place dans l’église de Saint-Léonard. « Je privilégie un format grandeur nature pour que chacun puisse s’identifier à quelqu’un de vrai. » Désignant la maquette, le sculpteur détaille : « La main tendue et ouverte accueille celui qui se présente à l’entrée de l’église et l’invite à lire la Bible sur laquelle est posée l’autre main. L’homme d’Eglise veut en partager le message. Tout est dans la symbolique. »

L’artiste s’intéresse à la personnalité de son modèle. « Dans le cas présent, j’ai eu la chance de connaître Mgr Schwery. Cela facilite les choses. Pour saint Amé, les images que j’avais prises d’un capucin en oraison m’ont inspiré sa posture méditative. J’ai travaillé le visage du saint à partir de celui d’un éducateur des Rives du Rhône dont les traits me parlaient. »

Peintre, sculpteur, verrier, psychopédagogue… les cordes de l’arc de Roger Gaspoz sont multiples. Toutes lui permettent de viser le même but : « Refléter les mouvements d’une âme sur une toile ou dans l’inertie de la pierre m’a toujours fasciné. J’ai un grand désir de le partager. Chaque œuvre doit donner l’impression qu’une force venue du dedans pousse les lignes vers l’extérieur. Ça lui donne toute sa plénitude et sa force. »

Roger Gaspoz
• Né en 1968, il vit à La Luette (VS).
• Maturité à Sion, Beaux-Arts à Lausanne et à Sion, brevet d’enseignement secondaire à l’Université de Berne.
• Ancien enseignant au CO d’Euseigne et à l’Ecole Normale de Sion.
• Artiste à temps plein depuis 2000.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Saint Léger, patron de l’église de Lully

La communauté de Lully fête son saint patron, Léger, le 2 octobre.

Par Gérard Dévaud | Photo : LDD

Issu d’une vieille famille franque de la région de Poitiers, apparentée aux nobles burgondes, bon évêque d’Autun à partir de 663, il est mêlé de très près aux luttes entre la Burgondie (Centre et Est de la France) et la Neustrie (Nord de la France). Contre la tendance centralisatrice de la Neustrie, il défend les usages et l’autonomie de la Bourgogne. Mais Ebroïn, le maître du palais de Neustrie assiégera Autun. Pour épargner la famine à sa ville, saint Léger se livre. Il a les yeux brûlés et la langue coupée. Un synode convoqué par Ebroïn le déclare « prêtre indigne » et il est interné chez des religieuses. Deux ans après, en 679, il sera assassiné dans une forêt non loin de Fécamp. 

Un autre synode le réhabilitera et lui donnera le titre de martyr. Bien que sa mise à mort fut politique et non religieuse, son refus de la violence en fait un exemple pour la chrétienté et sa défense des droits de l’Eglise comptait dans les luttes de pouvoir en cette époque aux pouvoirs instables. Il est ainsi béatifié en 681 et devint le saint patron de nombreuses églises et paroisses, particulièrement en France et en Belgique, mais aussi à Lucerne, Grimentz et Lully.

Les messes de plein air

A la chapelle de Taney, le 14 juillet

Par le Père Patrice Gasser | Photos : DR

En été, les prêtres ont la joie de travailler davantage que durant l’année, avec d’autres agents pastoraux, ils ont la joie de descendre près du lac ou monter sur les hauteurs pour célébrer dans les plus belles des cathédrales : les jumelles, le col du vent (1850 m.), Recon, Miex, Taney, avec ou sans baptême, Chalavornaire, la Jorette, ou la Barge près du canal. 

C’est une belle occasion de célébrer dans les beautés naturelles de nos lacs et de nos montagnes ; et nos assemblées y sont très diversifiées. Certains aiment grimper là-haut pour avoir des eucharisties un peu différentes ; d’autres préfèrent la tranquillité de nos églises ; mais c’est vrai que le vert de nos prairies, une guitare, une musique norvégienne, une brise légère dans la chaleur, un rayon de soleil après la brume, ça change tout et ça nous rappelle ce Dieu qui continue à nous aimer et à se donner à nous tels que nous sommes. 

Où que ce soit, c’est toujours une grâce de rencontrer le créateur de nos vies et de lui rendre grâce pour ses dons qui ont traversé nos vies ; et souvent, un petit verre en conclusion, avec un gâteau salé, redonne de l’énergie pour s’en retourner chez soi. Merci Seigneur pour les messes d’été ! Ton peuple y grandit dans la foi…

Voici en images le reflet de quelques messes célébrées cet été dans les hauteurs ou en plein air.

Etienne Klein

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Dans son émission radiophonique sur France Culture intitulée « La Conversation scientifique » (précédemment « Sciences en question »), Etienne Klein, ingénieur, physicien, docteur en philosophie des sciences, directeur du laboratoire de recherche sur les sciences de la matière du Commissariat à l’Energie Atomique, nous fait part de ses questions sur la physique et de ses relations avec nos vies matérielles et spirituelles. Ses chroniques radiophoniques récentes : « L’autre temps des femmes », « Ne pensons-nous qu’avec nos têtes ? », « Naissance, vie et mort des glaciers », « Quels sont les ressorts de nos croyances ? » sont très révélatrices de sa pensée et de ses questionnements.

Interrogé à propos du célèbre livre « Dieu, la science, les preuves » de M.-Y. Bolloré et O. Bannassies publié en 2021, il répond : « Prétendre prouver scientifiquement l’existence de Dieu, c’est faire preuve d’une certaine naïveté. D’abord à l’égard de l’idée de Dieu, car si celui-ci devenait l’aboutissement d’une démarche scientifique, c’est-à-dire s’il était le résultat positif d’une enquête rationnelle menée par la communauté des chercheurs, son prestige se verrait sérieusement rabougri : il n’aurait plus que le statut d’une connaissance. »

Ne pas confondre les registres

Ces propos sont éclairés par Alain Viret (théologien formateur du Centre Catholique Romand de Formation en Eglise, aujourd’hui à la retraite) qui nous rappelle : « Les découvertes de l’existence du Big Bang initial restent des modèles se heurtant de toute façon à une limite qui est actuellement celle du mur de Planck (nous en parlerons dans une prochaine chronique) empêchant de remonter jusqu’à l’instant initial. Confondre les deux registres de pensée de la science et de la foi est aussi absurde que de les opposer. Dieu ne peut se réduire à une équation ou à une cause première. Le respecter est un premier pas vers une connaissance juste et vraie de l’Etre. »

Rappelons-nous de ce qu’écrivait Galilée : « L’intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on va au ciel et non comment va le ciel. »

La Bible au quotidien: changeons nos pensées!

Par Nathalie Angellini-Traeger
Photo : LDD

En cette saison de rentrée scolaire, période souvent associée au renouveau, à l’espoir, mais aussi au stress et à la culpabilité de ne jamais faire ou n’être pas assez bien, j’ai à coeur de partager avec vous quelques versets de Philippiens 4 :

4 « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. 

5 Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. 

6 Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. 

7 Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ. 

8 Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées. 

9 Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous. »

12 « Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. 

13 Je puis tout par celui qui me fortifie. » 

Vivre dans le mécontentement, en pensant à tout ce qui ne va pas, ne va pas changer notre vie pour le meilleur. Pour vivre une vie épanouie, nous devons changer nos pensées. Une manière de penser renouvelée est essentielle pour changer et la Bible nous donne de nombreux passages avec ce qui devrait occuper nos pensées.

Nous le savons tous, le combat se passe dans les pires moments, alors, lorsque vous vous levez chaque matin, saisissez une vérité positive des Ecritures et concentrez-vous dessus. Laissez la Parole de Dieu grandir en vous et transformer votre esprit. Fixez vos pensées sur des choses positives et jouissez des changements divins que cela va produire en vous.

Alors en cette rentrée, demandons au Christ de nous aider à penser qu’à ce qui est vrai, honorable, rempli d’amour, pur, bon, plein de grâce et vertueux, à toutes choses qui viennent de lui. Soyons pleinement comblés par le Saint-Esprit qui nous aide à vivre selon les pensées du Christ.

C’est quoi, mon Eglise?

Faire Eglise hors église. Confirmands dans la cathédrale de Mère Nature.

Par Laurent Ciesielski 
Photo : Astrid Belperroud

Le dernier week-end de juin : deux messes, la première, célébrée pour notre unité pastorale, où sur la photo dominent les têtes blanches. La deuxième, à Saint-Paul, au cours de laquelle l’évêque administre le sacrement de confirmation, sur la photo une église bondée et de nombreux visages jeunes, de jeunes gens qui déclarent leur : me voici.

Deux situations différentes, la même Eglise, la même Cène du Seigneur. Le même moment où se réalise notre salut. Au cours du repas, Jésus prit le pain et le donna à ses disciples. N’oublions pas que le moment le plus important pour un chrétien se passe lors d’un repas, dans un acte ordinaire comme manger. Nous rajeunirons l’Eglise si nous écoutons Jésus et à sa demande nous passons sur l’autre rive, si nous sommes prêts aux changements, à la nouveauté, à l’inconnu, avec une pleine confiance en Jésus, qui nous demande de changer d’orientation, de direction. Plus de paroisse, ma préférée, petite, avec mon curé, mais une unité pastorale plus grande, ouverte. Il faut monter dans le bateau et partir, découvrir du nouveau, en ayant confiance, à la demande de Jésus.

Parfois, à la messe, nous sommes une petite poignée de fidèles. Mais juste à côté, près de la grotte de Notre-Dame, quelqu’un veille en permanence, quelqu’un passe et s’arrête pour prier. Et ils sont de tout âge, vieux et jeunes, enfants avec leurs parents. Peut-être que l’Eglise n’est pas uniquement présente dans la sacristie mais aussi dans d’autres endroits, qu’il faudrait reconnaître comme de nouveaux lieux de rencontre : sur un bateau amarré aux Eaux-Vives, lors d’une expédition en montagne, en jouant à des jeux lors des soirées d’automne, en écoutant vraiment les jeunes qui posent des questions, même si je n’ai pas toutes les réponses.

Il ne faut pas s’inquiéter à l’avance, Jésus est avec nous sur le bateau, qui semble couler à cause de la tempête, mais c’est Lui qui peut ordonner au vent et à la mer : « Silence, tais-toi ! Pourquoi avez-vous peur, n’avez-vous pas de foi ? » Il est difficile de rajeunir l’Eglise sans foi.

Et encore une chose : nous sommes tous baptisés, donc chacune et chacun de nous est appelé à la mission sacerdotale, prophétique et royale. Peut-être vaut-il la peine de se demander si je réalise bien cette mission, en m’engageant dans la vie sociale, sans attendre et se plaindre qu’il n’y a pas de prêtre, et que dans l’église il n’y a que des têtes blanches…

La médaille de saint Christophe

L’Essentiel décrypte ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Cap ce mois-ci sur la médaille de saint Christophe. Patron des voyageurs, son nom signifie le « porte Christ ». Sa médaille nous invite à porter notre croix avec humilité et courage.

Par Pascal Ortelli | Photos: DR, Musée byzantin et chrétien d’Athènes

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