Pèlerins d’espérance

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photos : DR

Chère Lectrice, cher Lecteur,

La mission de l’Eglise se vit en continu, fidèle à l’envoi que le Christ nous adresse (Mt 28, 19-20) ! Pourtant, l’Eglise rythme le temps en années liturgiques, avec des moments particuliers. 

Avec nos collègues prêtres et laïques, nous ancrons notre mission dans une année dite pastorale démarrée par une rentrée qui a eu lieu, en 2024, à fin août, dans la lignée de la rentrée scolaire. Le fil rouge proposé pour cheminer pour ces prochains mois est celui de l’espérance, en lien avec le jubilé 2025 dont le thème choisi par le Pape est « Pèlerins d’espérance ». 

Notre monde a tant besoin d’espérance ! Cultiver et témoigner d’une saine, voire osons, d’une sainte espérance est un trésor que l’on est invité à offrir à nos réalités chahutées, pour ne pas dire constamment bouleversées. 

Mais qu’est-ce que l’espérance ? L’Eglise nous la présente comme une vertu théologale, soit ayant Dieu pour objet, alors que les vertus, terme qui tend à devenir désuet sous nos latitudes, sont des dispositions fermes au bien, au beau et au bon. Vous le savez, la foi et la charité viennent compléter le trio des vertus théologales.

Il est bon de revenir sans cesse à l’espérance et j’aurais l’occasion d’évoquer ce thème prochainement encore.

Comment témoigner de l’espérance ? Pour l’heure, je vous laisse avec l’une des citations inspirantes travaillées lors de la rentrée pastorale dans l’atelier préparé par nos collègues de la formation (Pastorale des Chemins) et extraite de la bulle d’indiction du Jubilé ordinaire de l’année 2025 publiée par le pape François, le 9 mai 2024 et dont le titre en français est « l’Espérance ne déçoit pas » : « C’est en effet l’Esprit Saint qui, par sa présence permanente sur le chemin de l’Eglise, irradie la lumière de l’espérance sur les croyants : Il la maintient allumée comme une torche qui ne s’éteint jamais pour donner soutien et vigueur à notre vie. » (Spes non confundit n° 3).

Ainsi soit-il.

L’architecture chrétienne au cours des âges

Vue de l’ancienne basilique Saint-Pierre et du Palais apostolique à Rome, par Martin Van Heemskekr. Ce dessin permet de comprendre la genèse de la construction du Vatican.

Si l’on demande à un enfant de dessiner une église, il y a de fortes chances qu’il dessine un bâtiment un peu allongé avec une toiture inclinée et un clocher. Pourtant, l’architecture des églises n’a cessé d’évoluer au cours de l’histoire. De la domus ecclesiae à la diversité des constructions contemporaines, est-ce toujours la même motivation qui guide les choix ?

Par Amandine Beffa | Photos : Jean-Claude Gadmer, Flickr

Jusqu’à une période relativement récente dans l’histoire, nous manquons de traces écrites permettant de comprendre avec assurance comment les édifices étaient construits et parfois même ce à quoi ils ressemblaient. Ainsi que l’explique Gérald Deuber : « Les témoins matériels sont en revanche nombreux, illustrant à travers les transformations et les aménagements divers des monuments une évolution des modèles, des techniques et des goûts […] »1  Plus que les livres, ce sont donc les pierres qui nous racontent l’histoire des églises.

Après l’Ascension, les disciples de Jésus continuent à fréquenter le Temple de Jérusalem ou les synagogues locales. Ils se rassemblent, en plus, dans la demeure d’un riche fidèle pour la fraction du pain.

La destruction du Temple en 70, impose aux chrétiens de développer des lieux dédiés uniquement au culte. Les vestiges les plus anciens de maison-église (~250) se trouvent en Syrie, à Doura Europos. Une pièce comprend un banc de pierre et une petite estrade. Il n’y a toutefois pas trace d’autel.

Lorsque le christianisme devient religion de l’Empire en 380, les églises de maisons disparaissent au profit des basiliques, des édifices inspirés de l’architecture civile. Le chœur est situé à l’ouest. Le prêtre célèbre face au peuple, il regarde en direction de l’est. La basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome, est une excellente illustration de ce style.

En soi, l’architecture chrétienne aurait pu en rester là, le bâtiment répondant aux besoins. Cependant, « avec le temps […], les transformations sociales et politiques et les évolutions artistiques, le lieu de culte ne s’en [tient] pas à ces formes originelles […] au contraire, l’union du christianisme et de l’architecture se [renouvelle] à chaque époque pour des résultats différents ».2 

Les vestiges des églises du VIe au VIIIe siècle sont assez rares. Genève fait exception (voir encadré en page 3).

Aux alentours du XIe siècle, les conditions sont réunies en Europe pour l’émergence d’un nouveau style. Jean-Michel Leniaud explique que « l’époque se caractérise notamment par la grande qualité des matériaux employés : on ouvre des carrières, on fabrique des outils pour la taille de la pierre, on appareille avec un tel soin que l’épaisseur des joints est très mince »3.

Le goût et la nécessité

Les églises sont reconstruites par goût et non par nécessité. On passe des charpentes en bois à des voûtes en pierre, ce qui ne va pas sans difficulté : « Il faut donc utiliser des matériaux et inventer des procédés techniques qui permettent de concilier l’objectif visé avec les limites imposées par la matière. »4 

L’architecture romane ne va pas sans quelques difficultés. Elle fait reposer les poussées sur le mur de l’édifice qui est impérativement très épais. Le résultat est un manque de luminosité et des constructions qui demandent énormément de matériaux.

L’art gothique apporte la solution à ces problèmes en déplaçant les poussées sur les piliers. Jean-Michel Leniaud précise : « On a constaté aussi que les constructeurs du Moyen Age utilisaient largement le fer pour stabiliser leurs constructions […]. On en est donc récemment venu à penser que la stabilité des édifices gothiques découlait moins du principe de contrebutement de la croisée d’ogives par l’arc-boutant que de l’utilisation d’armatures métalliques. »5 

L’imprimerie s’en mêle

A partir de cette époque, il n’y a plus de réelles évolutions dans l’architecture pendant plusieurs siècles.

Fin XVe à mi XVIe, le développement de l’imprimerie (1450) permet de rédiger des traités d’architecture et de les partager. Désormais, on connaît presque toujours le nom de l’architecte qui gagne en notoriété. 

Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, saint Charles Borromée écrit un traité sur la construction des églises, les Instruciones fabricae. Il y indique par exemple : « […] il importe de séparer clairement ce qui est appelé le « Saint Temple » des constructions mitoyennes […] elles risquent d’engendrer de graves abus […]susceptibles de porter atteinte au caractère sacré du culte. »6 

Au XIXe siècle, l’apport des matériaux industriels permet de nombreuses innovations. Certains éléments sont désormais préfabriqués dans les usines, ce qui change radicalement la façon de penser un chantier d’église. Les charpentes métalliques remplacent le bois qui nécessitait un travail titanesque, comme en témoigne la restauration de la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pour l’église Saint-Jean-Baptiste de Mogno au Tessin, Mario Botta a travaillé sur la relation entre l’édifice et la nature.

La nef et le chœur

Le XXe siècle connaît une explosion de styles. Les églises ne sont plus nécessairement rectangulaires. C’est par exemple le cas de l’église Saint-Jean-Baptiste de Mogno, au Tessin. Mario Botta travaille sur la relation entre l’édifice et la nature. Au contraire de Charles Borromée qui souhaitait nettement distinguer l’église de son environnement, il joue avec la lumière et le lien avec le paysage.

Laissons à Jean-Michel Leniaud les mots de conclusion : « Contrairement à ce qu’on pourrait penser et même à ce qu’on a dit à certaines époques […], il n’existe pas de plan type pour les églises […]. Une seule donnée s’impose : une église est faite d’une nef et d’un chœur. »7 L’église du Sacré-Cœur, à Genève, le contredit toutefois puisqu’il n’y a pas à proprement parler de nef. Le chœur est situé au milieu de l’assemblée et il n’y a plus de différence de niveau.

1 DEUBER Gérard, La cathédrale Saint-Pierre de Genève, Guides de monuments suisses, SHAS, Berne 2002, p. 15.
2 Ibid, p. 33.
3 Ibid, p. 165.
4 Ibid, p. 119.
5 LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, SCEREN-CNDP, Paris 2007, p. 124.
6 Cité par LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, p. 62.
7 Ibid, p. 118.

Genève, un condensé d’évolution

Les fouilles archéologiques de la cathédrale Saint-Pierre de Genève sont d’une rare richesse. Elles illustrent des siècles d’évolutions architecturales. 

Une première cathédrale est construite vers 350-375.

Un deuxième édifice est ensuite ajouté à la fin du IVe siècle. La fonction précise des cathédrales doubles ne fait pas consensus. Certains avancent que la cathédrale nord pouvait servir aux célébrations alors que l’autre aurait plutôt servi à l’enseignement de ceux qui demandent le baptême. 

Une troisième cathédrale est construite vers le VIe siècle et les deux premières ne sont plus utilisées. 

Au tournant du IXe et du Xe siècle, la façade de la cathédrale principale est déplacée à l’ouest et le chœur est déplacé à l’est. C’est à cette période que les prêtres commencent à célébrer dos au peuple (ils continuent ainsi à célébrer face à l’est).

A la période romane, la multiplicité de bâtiments fait place à une unique cathédrale.

Fin XIIe, début XIIIe, Genève connaît une période de prospérité. Une cathédrale gothique est construite à partir des fondations antérieures. Fait rare, le chantier ne commence pas avec le chœur à l’est, mais avec la façade, à l’ouest.

La cathédrale devient protestante en 1536. Elle cesse alors d’être modifiée au gré des évolutions liturgiques et artistiques catholiques.

Les fouilles de la cathédrale de Genève.

Bibliographie

BONNET Charles, Genève aux premiers temps chrétiens, Fondation des Clés de Saint-Pierre, Genève 1986.

BUTTICAZ Simon, Comment l’Eglise est-elle née ? Labor et fides, Genève 2021.

DEUBER Gérard, La cathédrale Saint-Pierre de Genève, Guides de monuments suisses, SHAS, Berne 2002.

LENIAUD Jean-Michel, Vingt siècles d’architecture religieuse en France, SCEREN-CNDP, Paris 2007.

Etre baptisé ou confirmé? C’est possible à tout âge!

Photo : Marion Perraudin

Il est possible d’être baptisé ou confirmé à tout âge. Pour les enfants en âge scolaire, les jeunes et les adultes, un chemin de préparation adapté à chacun est proposé, de novembre à Pâques en collaboration avec le Service diocésain du catéchuménat.

En bref… le catéchuménat, c’est le nom de ce temps de mûrissement et de réflexion qui précède le baptême. Durant ce temps, plusieurs rencontres et célébrations sont prévues, et notamment l’Appel décisif qui a lieu en présence de l’évêque et de toutes les personnes concernées durant le carême à la cathédrale de Sion. 

Les rencontres sont conçues pour être vécues avec tous les membres de la famille et avec d’autres familles.

Le baptême comme la confirmation sont donnés en vue d’une mission : à chacun et chacune de découvrir laquelle…

–> Obtenez des informations détaillées via le le lien ci-après: https://paroissemartigny.ch/home/vision-liturgie/bapteme-en-age-de-scolarite-8-15-ans/
ou auprès de Pascal Tornay, diacre au 078 709 07 41 – pascaltornay@netplus.ch

Nous restons à votre écoute…

Gagner ou perdre ensemble

Le jeu de société Koinobia, imaginé, développé et illustré par des frères de la Communauté de Taizé, vient de sortir. Stratégique, simple, voire même déroutant, ce jeu de plateau vous plongera dans la vie des communautés monastiques fondées au IVe siècle, en Egypte.

Par Myriam Bettens 
Photos : Communauté de Taizé

Suivant les intuitions du jeune Pacôme, quelques hommes et femmes décident d’habiter ensemble au bord du Nil. La petite communauté s’installe dans un village abandonné, qui, peu à peu, reprend vie. D’autres se mettent alors à faire la même chose. Nous sommes au IVe siècle, en Egypte. Les premières koinobia se forment : des communautés dans lesquelles les personnes ont tout quitté pour vivre l’Evangile ensemble. 

Joyeuse aventure ou désastre assuré ? C’est la question à laquelle se propose de répondre le jeu de société imaginé par des frères de Taizé en plongeant dans la vie des communautés monastiques fondées par Abba Pacôme, en Egypte. Le jeu s’inspire de la vie de ces communautés monastiques et contient de nombreux détails historiques connus sur les Koinobia – terme signifiant « lieux de vie commune » en grec ancien – ainsi que des éléments spécifiques à ce genre de vie : ce qu’est un Abba ou une Amma, la place de ses décisions, quelques règles communes, le conseil de communauté, etc. 

Koinobia est un jeu coopératif au cours duquel les joueurs gagnent ou perdent ensemble. Doté d’une mécanique assez simple, il n’en demeure pas moins stratégique, car plusieurs niveaux de difficulté sont possibles. Cela permet donc d’intégrer de jeunes joueurs, comme de plus expérimentés. De plus, le descriptif du jeu propose une règle de base, mais celle-ci peut être déclinée en dix autres variantes supplémentaires. Chacune d’elles correspondant à un des villages fondés du vivant de Pacôme. Ces règles alternatives sont autant de petits scénarios qui donnent une nouvelle dynamique au jeu. Plusieurs d’entre elles sont relatives à des questionnements qui ont occupé les communautés monastiques au cours du temps : la collégialité, l’alternance de mandat, l’invariabilité des structures, la consultation de tous les membres, etc.

Aucun prérequis n’est nécessaire pour entrer dans l’imaginaire du jeu. Chacun peut s’y essayer, même s’il n’a pas la moindre idée de ce qu’est la vie monastique, car l’observateur avisé décèlera dans ce jeu toutes les tensions propres à n’importe quelle vie communautaire. Entre le collectif et l’individu ; le souci de soi ou celui des autres ; la recherche du bien commun ; le partage des ressources ; la position de celui qui a des responsabilités : Koinobia sera donc particulièrement bien indiqué pour les personnes qui ont l’habitude de coopérer. Groupe d’amis ou de jeunes, collègues de travail, membre d’une même famille, colocataires… A vous de jouer !

Un jeu à emporter partout

Conçu pour être peu encombrant (15,7 x 12,5 x 7 cm), il se glisse facilement dans un sac. Les règles du jeu sont disponibles en neuf langues (français, anglais, allemand, espagnol, portugais, néerlandais, italien, polonais, catalan). Recommandé pour 3 à 6 joueurs, à partir de 8 ans. Les parties durent entre 20 et 40 minutes. Disponible sur le Taizé shop à l’adresse : https://shop.taize.fr/fr/ sous la rubrique « Autres », au prix de 28,50 €.

Pierres de l’édifice spirituel (1 Pierre 2, 4-10)

Par François-Xavier Amherdt
Photo : catt.ch / denis pellegrini

Il est heureux et normal que les formes architecturales évoluent au long des siècles, au gré des changements culturels et sociétaux. Mais ce qui compte avant tout, c’est que l’assemblée à chaque époque se sente à l’aise dans les édifices successifs et se trouve ainsi conduite à louer le Seigneur de tout son cœur. Quand le style du lieu est ancien, les fidèles se voient comme portés par la tradition de celles et ceux qui les ont précédés.

« Peuple rassemblé »

Le bâtiment de célébration est important pour la communauté ecclésiale, puisque le terme « Ekklesia – Eglise » signifie « peuple rassemblé » et appelé du milieu des hommes pour représenter la totalité des êtres devant Dieu. L’église accueille l’Eglise et permet à celle-ci de se constituer. 

La première épître de saint Pierre le bien nommé présente le Christ comme la pierre vivante, rejetée par les chefs du peuple et vouée à l’élimination, mais pourtant choisie par le Père et infiniment précieuse pour réaliser le dessein divin.

Ainsi donc, construire une église, c’est offrir aux baptisé(e)s la possibilité de se laisser bâtir en tant que pierres vivantes autour du Ressuscité, en vue d’un édifice spirituel que la lettre appelle « sacerdoce royal, nation sainte, peuple acquis arraché aux ténèbres afin de proclamer les louanges du Créateur et du Rédempteur dans la lumière de sa miséricorde ».

Ouverture à la Transendance

Que le genre humain déploie donc toute sa créativité artistique, son inventivité esthétique et son savoir-faire technique afin que les lieux liturgiques soient caractérisés par la beauté ouverte à la Transcendance et reflètent les traits culturels ambiants les plus appropriés ! Rien n’est trop somptueux pour essayer de dire Dieu et de saisir sa présence.

Comme la musique, la peinture ou la sculpture, l’architecture change avec le temps parce que la spiritualité chrétienne s’incarne dans la manière dont les époques saisissent leur rapport avec l’indicible et l’insaisissable.

La confiance d’un enfant

Lors du Camp des servants de messe à Bourg-Saint-Pierre.

Texte et photo par Marion Perraudin

Sur les chemins de la foi,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Mettons-nous à l’école de Marie,
A sa suite osons redire :
« Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole »

Aux carrefours de nos rencontres, 
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Entrons dans la joie de Marie,
Avec elle, dans l’action de grâce, disons :
« Magnificat »

Aux chemins de la vie,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Laissons-nous trouver par Marie,
Elle nous cherche et nous apporte les grâces de son Fils,
« Vois comme nous avons souffert en te cherchant »

A l’aurore de nos journées,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Levons nos yeux vers Marie,
Ecoutons-la nous dire :
« Faites tout ce qu’Il vous dira »

Aux cœurs de nos souffrances,
Avec la confiance d’un enfant, qui attend tout de sa mère,
Abandonnons-nous à la compassion de Marie,
Confions-lui nos difficultés, elle les présentera à son Fils.
« Ils n’ont plus de vin ».

Edifier le triomphe

Jules II ordonnant les travaux de la Basilique Saint-Pierre à Bramante, Michel Ange et Raphaël, vu par Horace Vernet.

Par Thierry Schelling | Photo : DR

« La magnificence des sanctuaires » et la « solennité du service de Dieu », ce sont les deux motivations pour le pape Jules II d’avoir entrepris la construction de la Basilique Saint-Pierre dont il posa la première pierre le 18 avril 1506. 

Il écrit dans ce qui sera sa dernière bulle papale, le 19 février 1513 (il meurt deux jours plus tard) : « Lorsque j’étais cardinal, j’ai restauré ou fait construire des églises et des couvents spécialement à Rome […] ; devenu Pape, nous avons continué ce qui constitue le devoir de notre office envers la chrétienté… à l’image du sage Salomon qui érigea le Temple de Jérusalem. »

A quel prix ?

Par trois fois, Jules II lança des décrets auprès des fortunes européennes pour les solliciter dans le financement de cette basilique, au prorata de leur besoin d’indulgences… ce qui déclencha l’ire de Martin Luther ! Les principes de « La Doctrine sociale de l’Eglise » n’existaient évidemment pas…

La Sagrada Famiglia

Dans sa belle homélie du 7 novembre 2010, Benoît XVI, consacrant l’édifice de Gaudí à Barcelone, décrit cette entreprise architecturale de la façon suivante : « Gaudí a voulu unir l’inspiration qui lui venait des trois grands livres dont il se nourrissait comme homme, comme croyant et comme architecte : le livre de la nature, le livre de la Sainte Ecriture et le livre de la Liturgie. » Mais cette fois, le Pape souligne la conséquence morale liée à une telle entreprise « géniale » : « Nous ne pouvons pas nous contenter de ces progrès. Ils doivent toujours être accompagnés des progrès moraux, comme l’attention, la protection et l’aide à la famille… »

Sculpter la pierre pour élever l’âme

Et de conclure : « Au cœur du monde, sous le regard de Dieu et devant les hommes, dans un acte de foi humble et joyeux, nous avons élevé une imposante masse de matière, fruit de la nature et d’un incalculable effort de l’intelligence humaine qui a construit cette œuvre d’art. Elle est un signe visible du Dieu invisible, à la gloire duquel s’élancent ces tours, flèches qui indiquent l’absolu de la lumière et de celui qui est la Lumière, la Grandeur et la Beauté mêmes. » C’est bellement dit.

Où portons-nous notre regard?

Par l’abbé Jean-Michel Moix
Photo : DR

Avec ce numéro d’octobre, nous portons notre regard sur des personnes qui s’engagent dans la vie paroissiale avec l’abbé Martin Filipponi (qui vient d’être nommé vicaire pour le secteur de Monthey et prêtre référent pour la paroisse de Choëx, voir article p. 7) ou avec Abel (nouveau stagiaire en la communauté des spiritains pour le Haut-Lac, voir article p. 13) ou encore sur des personnes « méritantes » avec Solange Lugon-Moulin (médaillée « Saint-Théodule » pour la paroisse de Choëx, voir article p. 5).

Notre regard se porte aussi sur des événements d’Eglise qui viennent de se dérouler : avec le Théocamp (ayant réuni plus d’une vingtaine de jeunes servant(e)s de messe, du 12 au 15 août, au monastère de Collombey, (voir article p. 12) ou avec le pèlerinage de juillet à Lourdes (vécu par un certain nombre de jeunes de notre région, voir article pp. 14-15).

Notre regard se porte encore sur nos vénérables édifices religieux ou églises, consacrés au culte divin, avec un dossier qui analyse l’évolution de l’architecture de nos églises (voir article pp. 16-17) et avec une commémoration, celle des 150 ans de l’église paroissiale de Collombey, le 6 octobre prochain (voir article p. 9).

Enfin, en ce mois d’octobre appelé aussi traditionnellement mois du rosaire (avec la fête de Notre Dame du Rosaire, le 7 octobre), nous voulons élever notre regard, nous voulons regarder ou plutôt contempler Marie, la sainte Mère de Dieu, que Jésus nous a donnée par ailleurs pour notre sainte Mère du Ciel ! (voir prière p. 2, voir article p. 11). Aimons plus encore à l’invoquer, à la prier avec foi et confiance de façon à vitaliser ce lien qui nous unit à elle, de façon qu’elle puisse exercer sur nous, sur notre monde, sa maternité spirituelle, elle qui est la dépositaire et la dispensatrice des grâces divines, elle qui est encore notre avocate toute-puissante sur le cœur de son divin Fils, Jésus !

Plus vite, plus haut, plus fort… vraiment ?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Fabienne Gapany, représentante de l’évêque pour la catéchèse et le catéchuménat du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche. 

Par Fabienne Gapany, représentante de l’évêque pour la catéchèse et le catéchuménat du diocèse de LGF
Photo : DR

Ecrire une « carte blanche » au cœur de l’été (délais éditoriaux obligent) est un exercice quelque peu ardu. La liesse olympique a convoqué le souvenir de saint Paul, champion de la métaphore sportive : effort, ténacité, endurance… en vue d’« une couronne qui ne se fane pas ». (1 Co 9, 25)

En ce 13 août, l’évangile (Mt 18, 1-5.10.12-14) s’invite comme partenaire de réflexion. La question que les disciples y posent est olympique : qui est le plus grand dans le royaume des Cieux ? Jésus répond en mettant au centre celui qui n’a aucune chance de médaille : un « petit enfant ». Il ajoute qu’il faut se garder d’en mépriser un seul, de ces petits, car leurs anges voient sans cesse la face de Dieu. Une injonction morale ? Ou une manière d’être au monde pour que nous puissions en saisir la logique ? Marcel Aymé disait : « Le mépris me fait l’effet d’un bandeau qu’on s’applique sur la conscience pour se dispenser de comprendre. »1

Jésus mettant « un enfant au milieu d’un groupe de « grands » »2 propose une image saisissante de la catéchèse (qui, faut-il le rappeler ? concerne aussi bien les adultes que les enfants) : le petit n’a pas à devenir grand, il est pour le grand le modèle à suivre. Notre Dieu est vraiment celui qui « renverse les puissants de leur trône et élève les humbles » ! (Lc 1, 52)

Le Christ nous révèle, en écho à David et d’autres personnages de l’Ancien Testament, que les grandeurs humaines sont à la merci du petit qui marche avec Dieu. La performance, la puissance, le pouvoir… nous fascinent ? Nous y mettons nos espoirs ? « Un enfant au milieu d’un groupe de « grands » » nous rappelle qu’avec Jésus « un nouveau régime » du « messianisme » […] remet en cause les habitudes, les pouvoirs établis ; il cherche de nouvelles manières de vivre ensemble et fait advenir des partenaires improbables. Il n’est pas d’abord un programme, mais s’apparente peut-être au jeu. Il réclame un certain esprit d’enfance et se pense d’abord « sans concept ». » Une bien belle définition de la catéchèse, en somme…

1 Marcel AYMÉ, Les tiroirs de l’inconnu (Folio, 1960, p. 166).
2 Philippe LEFEBVRE, David et Goliath entre Bible et Iliade. Comment passer à un monde nouveau.In « Ecritures », Bulletin de l’Association Biblique Catholique Suisse Romande, n° 2/2024, p. 33. L’auteur relit dans ce passage d’évangile une scène biblique inaugurale : « David, appelé « le petit »(1 S16, 11), reçoit l’onction « au milieu de ses frères » (1 S16, 13). »

Une nouvelle médaillée en la Patronale de Choëx le dimanche 13 octobre

Comme il est de tradition, lors de la Patronale, la paroisse de Choëx remettra à Solange Lugon-Moulin la médaille « Saint Théodule ». Celle-ci honore les choristes qui ont exercé 25 ans d’activité. « Un bail » comme le dit la principale intéressée. Rencontre avec Solange, choriste et coprésidente de l’Echo du Coteau.

Texte et photo par Sandrine Mayoraz

La musique, elle en écoute, petite, chez ses parents à Orsières. Du folklorique à la radio ou sur les disques. Pas de solfège, ni de musique, c’est bien plus tard, qu’elle rencontrera l’art choral ! D’Orsières, elle a suivi la Dranse jusqu’à Martigny ; à l’école, elle intègre pour deux ans le chœur des jeunes. C’est sa première expérience de chorale.

Par Amour, elle descend encore le Rhône jusqu’à Monthey. Elle s’y marie avec Roger ; ensemble ils montent vivre sur le Coteau et ensemble ils rejoignent les rangs de l’Echo du Coteau. Elle s’en souvient : « C’était la Toussaint 1999, une chorale ad hoc était mise sur pied pour la cérémonie au cimetière de la Bercla. C’est là qu’on m’a dit de venir chanter à l’Echo du Coteau. » En 2002, elle s’investit dans le comité, puis devient coprésidente avec Guy Perrin, après le mandat de Sonia Matti. 

Des cellules qui dansent !

Depuis 1999, chaque semaine, Solange prend le chemin de la répétition pour rejoindre les soprani. Elle apprécie les chants profanes, tant la variété française qu’anglo-saxonne, et le répertoire religieux lors des messes. Oh bien sûr, comme tout le monde, certains soirs d’hiver, ça lui coûte de sortir au froid, mais une fois la porte de la salle de répétition poussée, « toutes les cellules du corps dansent de joie ! ». Cette émotion, elle aime la partager au public et aux assemblées qui les écoutent lors de messes ou de concerts.

L’une des expériences les plus marquantes reste l’atelier « classique » de la Fête de chant à Brigue qui lui a permis d’être initiée à un répertoire inhabituel, exigeant, inattendu aussi… C’était un challenge de chanter ces pièces célèbres. Un investissement supplémentaire lors cette saison mais qui en vaut la chandelle : la représentation avec les quelque 200 chanteurs est un souvenir poignant. La vibration humaine est incomparable ; cette émotion, aucun micro ne peut la donner.

25 ans, un bail : quelques changements

Ce qui change en 25 ans ? « Les costumes » répond-elle du tac au tac. Elle ne regrette pas la jupe gris souris assortie de son chemisier rose saumon. La présidente est satisfaite de leur tenue actuelle, pratique et simple. Les directeurs aussi ont changé, cinq se sont succédé, chacun apportant ses compétences techniques et artistiques pour faire progresser les choristes. Sa passion de la musique, Solange l’a transmise à ses enfants, tous trois sont engagés dans des fanfares.

La saison musicale reprend, avec la chorale de Monthey ; les deux sociétés se sont rapprochées pour s’enrichir mutuellement. Musique d’avenir !

Des assemblées intergénérationnelles (Joël 2,16; 3,1)

Comme toutes les générations, les personnes atteintes dans leur santé reçoivent l’Esprit par le sacrement des malades.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

« Réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre ! » (Joël 2, 16) Lorsque Joël, l’un des « douze petits prophètes », appelle le peuple à la pénitence, il s’adresse à la totalité des générations sans exception, non seulement aux personnes âgées et adultes, mais également aux tout-petits !

C’est l’invitation qui retentit au début de chaque Carême, au mercredi des Cendres : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. » (Joël 2, 12-13)

Pour une telle conversion, il est indispensable que la totalité des membres de la communauté se serrent les coudes et procèdent aux démarches de réconciliation nécessaires. Sinon, les conflits et les incompréhensions demeureront. 

Pour ce faire, au terme du temps pascal, à la fête de la Pentecôte, retentit un autre oracle dans le même livre prophétique, avec la promesse du don de Dieu en plénitude : « Je répandrai mon esprit sur tout être de chair, vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes je répandrai mon esprit en ces jours-là. Je ferai des prodiges au ciel et sur la terre. » (Joël 3, 1-3a) 

Or les temps sont accomplis, l’heure de grâce est advenue par la mort et la résurrection de Jésus-Christ. L’Esprit Saint est donné avec largesse aux bébés lors des baptêmes, aux enfants dans le pardon et l’eucharistie, aux adolescents et jeunes à la confirmation, aux conjoints à l’occasion des épousailles, aux diacres, prêtres et évêques par le signe de l’ordination. Et également aux vieillards et aux personnes atteintes dans leur intégrité physique et psychique, grâce au sacrement de l’onction des malades.

Impossible donc de faire des compartiments au sein de l’Eglise. Les retraités ont besoin du dynamisme juvénile, les petits portent leurs parents et grands-parents. C’est le même Esprit qui unit absolument tous les membres du corps, quel que soit leur âge (cf. 1 Corinthiens 12, 4-11).

La paroisse de Martigny à l’écoute des jeunes

Jeunes de la Montée vers Pâques avant le chemin de croix du Vendredi saint.

Etre à l’écoute des jeunes, un souhait souvent entendu dans notre Eglise ! Mais le constat est souvent le même : les forces manquent et les jeunes aussi… A la paroisse de Martigny, une pastorale à leur intention se révèle fort dynamique ! Immersion dans une soirée organisée à leur intention, comme celles qui ont lieu chaque dernier samedi du mois. Mais avant, un petit peu d’histoire s’impose…

Par Michel Abbet | Photos : Marion Perraudin, Simon Roduit et Michel Abbet

Au moment où le séminariste Simon Roduit effectue son stage dans la paroisse du coude du Rhône, il parcourt les différentes églises du lieu, au Bourg, à la Croix ou en ville et rencontre des jeunes « isolés », assistant à la messe au milieu de têtes grisonnantes… Il les aborde avec cette question : qu’est-ce que la paroisse pourrait faire pour toi ? Les réponses sont pour lui autant de pistes à suivre et de projets à concrétiser. Devenu prêtre et nommé vicaire de Martigny, il se met immédiatement à la tâche pour créer et renouer des liens avec des jeunes de la Ville et des paroisses avoisinantes. Assez rapidement, trois axes se dessinent :

A. Echanger ! Un des souhaits des jeunes était de pouvoir discuter entre eux de questions existentielles. En réponse à cette demande, « En quête de foi » a vu le jour, et la difficulté d’écrire (en un ou deux mots) agit comme un premier questionnement et un joli petit clin d’œil. Chaque 15 jours, le vendredi soir, une vingtaine de jeunes se retrouvent pour échanger sur un thème donné, préparé par l’un d’eux selon deux critères. « Que dit la Bible sur ce thème ? Et que dit l’Eglise à travers son catéchisme ? » Après avoir pris connaissance de ces positions, les jeunes discutent librement et confrontent la position de l’Eglise avec leur opinion personnelle. La présence du prêtre à ces réunions est perçue comme un « plus », mais elle n’est pas systématique, nous explique Charlotte Favre, responsable d’« En quête de foi ».

B. Chanter. Autre vœu des jeunes, pouvoir être actifs lors des messes en chantant ensemble. Un chœur d’adolescents a été formé au Bourg, dans un premier temps sous la responsabilité du prêtre. « Ce que je souhaite, dit Simon Roduit, ce sont des structures pas trop lourdes, ouvertes et le plus rapidement possible autonomes. »  Chose faite pour le chœur des jeunes du Bourg ! Celui-ci, composé de jeunes de 13 à 17 ans très motivés, est désormais dirigé par Laurie Moulin et anime une messe par mois. « J’avais du souci au moment de reprendre la direction, dit-elle, car je pensais que les jeunes allaient arrêter si Simon ne participait plus. Mais la transition s’est bien passée, les jeunes sont toujours présents et l’ambiance est très sympathique. »

C. Se rencontrer. Autre désir souvent évoqué, surtout par les garçons, créer des activités où les jeunes peuvent se rencontrer en toute décontraction. Comment accéder à cette aspiration tout en conservant la foi comme signe de ralliement ? Une des réponses a été d’organiser un pèlerinage à vélo. Les JMJ en 2023 ont permis de concrétiser ce « rêve » et le magnifique pèlerinage à vélo de Saint-Jacques-de-Compostelle à Lisbonne reste un souvenir absolument inoubliable. Arno Giroud, un des responsables de l’organisation, se souvient avec enthousiasme de ces moments vécus entre jeunes de la région et des échanges enrichissants avec les jeunes du monde entier qui partagent la même foi. L’expérience a été si positive qu’un deuxième pèlerinage se prépare. Il conduira les cyclistes à Rome pour le jubilé des jeunes de l’année sainte en 2025.

Les rencontres des derniers samedis du mois

17h : les jeunes arrivent à l’église. Il reste une heure avant le début de la messe. Après une prière commune, place à l’organisation.

Un groupe de jeunes rejoint le chœur. Une heure ne sera pas de trop pour répéter ensemble et préparer ainsi l’animation musicale de l’office divin. 

Un autre groupe se dirige vers la salle de Notre-Dame des Champs. Simon le rejoint et propose les différentes activités liées à la messe. En un tour de main, tout est réglé et chacun a choisi l’option qui lui convient : lecture, intentions de messe à rédiger ou messe à servir. Les autres s’occuperont de préparer le repas et la salle pour la soirée qui suit la messe.

18h : la messe commence. Dans les bancs, on remarque que toutes les générations sont représentées, de l’enfance à l’âge avancé. La présence active des jeunes dynamise l’office et leurs chants apportent fraîcheur et gaieté. La sortie de l’office est chaleureuse et plusieurs personnes en profitent pour faire causette entre elles ou avec le prêtre et le diacre. De leur côté, les jeunes sont déjà à table. Quelques minutes leur suffisent pour tout ratiboiser, dans une ambiance des plus détendues. On a l’impression qu’ils se connaissent bien, qu’une belle amitié voire davantage pour certains les lie. Puis Simon arrive : journée des médias oblige, un quiz a été préparé et les jeunes sont invités à se mettre en groupe, histoire de parler dans la bonne humeur des connaissances religieuses. La soirée se poursuit avec l’annonce des futures activités proposées spécialement aux jeunes et se termine officiellement, à 22h, par une prière commune à l’Eglise. 

22h30 : certains évoquent la période des examens pour prendre congé, remettant certainement au mois de juin les prolongations qui peuvent durer jusqu’au petit matin… D’autres rejoignent la salle de Notre-Dame des Champs pour poursuivre leur rencontre. Parmi eux, des Entremontants, ce qui réjouit particulièrement le chanoine Simon…

Renseignements 

Sur le site : https://paroissemartigny.ch, rubrique « Jeunes Martigny » ou sur la page Instagram « paroissemartigny ».

Pèlerinage-voyage de nos amis les Bretons en Valais du 1er au 6 juillet 2024

Accueil à l’entrée de l’abbatiale de Saint-Maurice.

Par Jean-Michel Moix | Photos : Bernard Le Ho

Du lundi soir 1er juillet au samedi matin 6 juillet, 49 pèlerins-voyageurs, originaires de la Bretagne en France, plus précisément de la région de Sainte Anne d’Auray, ont séjourné chez nous en Valais. Hébergés au monastère de Collombey ainsi que dans des familles de Muraz et de Collombey, sous la direction de l’abbé Simon « le Breton », nos amis bretons ont visité des hauts lieux spirituels de notre diocèse avec l’abbaye de Saint-Maurice, la cathédrale de Sion, la basilique de Valère, l’hospice du Grand-Saint-Bernard. Ils ont pris connaissance de la vie de nos « anciens » avec par exemple la visite du musée multi sites d’Hérémence (dans le Val d’Hérens) ; ils se sont aussi rendus au barrage de la Grande Dixence ou sur la Riviera, avec la visite du château de Chillon. Des journées bien remplies, se concluant le soir par des repas partagés avec les paroissiens de Collombey-Muraz à la Charmaie ou au Monastère de Collombey où les uns découvrent la raclette valaisanne et où les autres goûtent à la crêpe bretonne.

Voici un petit aperçu de ces visites et rencontres.

«Ne m’abandonne pas»

Par Thierry Schelling
Photo : vatican.media

Depuis 2021, le pape François a instauré la fête des aïeux, en plein mois de juillet (à la fête de Joachim et Anne, les prétendus 1 grands-parents de Jésus), afin de rappeler l’importance cruciale pour la famille et l’Eglise de prendre soin des aînés, dont il développe, au cours de son « Message », les joies et les affres.

Après Amoris Laetitia

Cette exhortation du Pape sur la vie matrimoniale et familiale a été à l’origine de l’instauration d’un dimanche « pour les aînés » : avec ceux « de la Parole » (3e de janvier), « des Enfants » (4e de mai), et « des Jeunes » (initialement, aux Rameaux, devenu les JMJ) ou des liens avec le judaïsme (Dies judaicus, le 3e de Carême), Rome souhaite inclure tout le monde dans la ronde des dimanches… Dans ses messages, après « Porter du fruit dans la vieillesse » (2e journée, en 2022), « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge » (3e journée), le Pape a opté pour la 4e édition pour : « Ne m’abandonne pas dans ma vieillesse », autrement dit, la solitude de la personne âgée…

« Réseau et sagesse »

Le Pape relève ces deux forces de la personne aînée à faire fructifier pour tous, société comme familles, paroisses comme communautés religieuses. En effet, un.e retraité.e a « un réseau de connaissances, tant personnelles qu’intellectuelles », qui ne peut qu’être bénéfique pour tous – encore faut-il prendre le temps de s’en imprégner. Quant à la sacrosainte sagesse due à l’âge, le Pape n’insiste pas tant sur un moralisme bon enfant qu’enseigneraient nos grands-parents, mais bien sur le fait qu’ils sont une « source de conseils et de propositions » née de leur capacité d’écoute, dont toutes les générations devraient profiter.

Mais on ne peut également s’empêcher de voir, dans cette démarche pastorale vis-à-vis des aînés, comme un vadémécum de l’octogénaire pontife à son Eglise…

1 Seule une source apocryphe les cite comme tels.

Qu’allons-nous vivre?

Par Marianne Berset, animatrice pastorale 
Photo : LDD

Après ce temps de vacances, l’heure est venue de la rentrée pastorale !

Qu’allons-nous vivre ? Quelle vision pastorale pour cette année ? Voilà certainement les questions que l’on peut se poser !

Premièrement, la meilleure chose est celle de se tourner vers le Seigneur en se rappelant le slogan qui nous accompagnera encore cette année.

« Jésus, ma soif et ma source. »

Oui, Jésus est là, il est la Source d’où jaillit une eau vive qui ne s’arrête jamais. Elle nous irrigue et nous permet de nous ressourcer pour garder l’espérance dans tous les moments à vivre. Sans Lui, tous nos projets pastoraux sont voués à l’échec car la fécondité de notre vie et de nos projets dépend de notre enracinement en Lui. 

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire » dit Jésus. Jn 15, 5

Il nous donne la soif d’aimer et la force d’avancer pour affronter tous les défis qui vont s’offrir à nous. Pour cela, apprenons à lire dans les évènements de la journée, les clins d’œil que Dieu nous fait. Les relectures nous montreront combien Il est présent au cœur de la vie.

Aujourd’hui, nous, les chrétiens, nous devons oser dire notre enracinement dans la foi, appeler ceux que nous rencontrons, accueillir de nouvelles personnes pour une mission bien sûr toujours dans la bienveillance pour créer des communautés qui se rassemblent, qui échangent, qui partagent.

Ainsi, entrons dans la nouvelle année pastorale ensemble et retrouvons-nous tous à Bussy le 22 septembre prochain, à 9h30, pour vivre la messe d’envoi et confier cette année à Notre Seigneur. Surtout maintenons cette envie de nous retrouver chaque dimanche, même si la messe n’a pas lieu dans notre communauté. Nous pouvons aussi resserrer les liens entre nous, en vivant le pèlerinage à Paray-le-Monial qui aura lieu du 19 au 20 octobre prochain ou encore en participant à un événement qui sera proposé en 2025 pour l’Année Sainte.

Maintenant, demandons au Seigneur de nous donner la grâce dont nous avons besoin pour rester dans sa joie et témoigner de sa présence dans tout ce que nous vivrons. 

Belle rentrée !

Catholicisme du Haut-Rhône

Huile de Gérard de Palézieux, peintre établi à Veyras, ami de Maurice Chappaz, partageant son attrait pour les paysages valaisans.

Dans Testament du Haut-Rhône, le grand poète valaisan Maurice Chappaz (1916-2009) signale la fin d’une civilisation à la fois paysanne et catholique. Car, dans sa pensée, une foi authentique est difficilement dissociable d’un lien fort avec la nature.

Par Benjamin Mercerat
Photo : avec l’aimable autorisation de M. René Mounir, pour la « Galerie Mounir »

Ce grand poème en prose, composé de dix chapitres, est comme le chant du cygne d’une civilisation valaisanne traditionnelle vouée à disparaître. A l’image de son maître et ami Gustave Roud relatant la fin d’un monde, Chappaz regrette l’arrivée de la modernité industrielle, la transformation du paysan en ouvrier d’usine, le remplacement du « Valais de bois » par le « Valais de l’alumine et de l’acier ». Mais, à la différence de Roud, Chappaz associe cela à une perte du sacré, des sacrements, allant jusqu’à affirmer : « Nous avons reçu le don de croire. Sur les autels obscurs un linge blanc recouvre les mets du mystère, mais la racine de Jessé s’épuise en nous et la voix des veilleurs n’a plus de sève. »

Parallèlement, le poète constate un étiolement liturgique. Dans sa pensée, dans sa poésie, cohabitation enchantée avec la nature et témoignages du rite catholique sont indissociables ; et c’est ce qu’il a pu expérimenter, particulièrement au contact des petits villages haut-valaisans. Il s’en explique dans un texte qu’il rédige en parallèle à Testament du Haut-Rhône, « La religion de la terre ». Dans cette lettre adressée à des intellectuels de la revue Rencontre, il témoigne de la réalité vécue par les paysans catholiques du Vieux-Pays : leur vie et leur foi sont comparées à celles des Athéniens du Siècle d’Or : « Nous passons du monde sacré au monde profane, d’un règne paysan au règne actuel encore de la petite bourgeoisie, le pire ennemi de toute grandeur sacrée. Le Hasard remplace la Destinée, le roman policier de notre existence fait suite au drame antique. » 

Cette idée, le poète l’exprime différemment dans le Testament, mobilisant à la fois la référence à la Grèce et une expression liée à la Terre promise des Hébreux : « Nous étions de petits maîtres apolliniens mais les souffles de la Destinée nous ont brisés, renversés et ainsi se sont brisés les villages de l’anémone, les vases d’où coulent le lait et le miel. » Le christianisme de Chappaz semble en effet devoir autant puiser dans le paganisme grec que dans le judaïsme, d’où une certaine ambivalence de sa poésie, oscillant entre panthéisme et lien avec un Dieu transcendant.

La tonalité générale du poème est élégiaque ; l’avenir est noir pour le poète. La parution du chef-d’œuvre, mûri pendant dix ans, correspond d’ailleurs à une période difficile pour l’auteur. Chappaz reprendra pied, non pas en se réfugiant dans un passé rêvé et en refusant le monde, mais en affrontant la modernité dans ce qu’elle a de plus concret : il s’engage comme aide-géomètre sur le chantier du barrage de la Grande Dixence : « On me proposait le divan, j’ai choisi la Dixence. » Là il expérimente la camaraderie, exprime une charité, un amour de ses prochains qu’il a en quelque sorte nourri de son deuil, de sa souffrance. Ainsi est-il envers et contre tout « disciple de l’homme de douleur », pour reprendre une expression du Testament.

Bibliographie : 

• Maurice Chappaz, Testament du Haut-Rhône, suivi de Les Maquereaux des cimes blanches, éditions ZOE, Genève, 2016.

• Maurice Chappaz, Journal intime d’un pays, Editions de la Revue Conférence, Paris, 2011.

• Benjamin Mercerat, François Zay, Testament du Haut-Rhône de Maurice Chappaz, coll. « Le Cippe », Infolio, Gollion, 2023.

Une Eglise de retraités? Quelle chance pour le bénévolat!

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève
Photo: DR

Une récente étude1 menée par les Universités de Lausanne, Genève, Neuchâtel et la Haute école et Ecole supérieure de travail social Valais-Wallis rend compte du bénévolat des seniors. Bonne nouvelle : leur engagement est ample, vaste et apporte pléthore de compétences, entre savoir-être et savoir-faire ! Allant de divers milieux associatifs au proche-aidant (notamment la garde des petits-enfants), force est de constater que leurs apports effectifs au fonctionnement de la société est vital, avec quasi 50 % des 65-74 ans engagés dans des tâches et activités réalisées gratuitement.

En plus de leur travail au service du bien commun, ce bénévolat participe à leur bien-être, la notion de plaisir étant une donnée forte de leur investissement. Offrir une prestation de qualité et avoir la possibilité d’une gestion du temps et de l’agenda plus adaptée à cette période de la vie sont aussi des facteurs aidants. 

Sommes-nous attentifs à ces paramètres lorsque nous sollicitons nos aînés pour un engagement auprès de nos communautés ?

Leur permet-on de prendre conscience des richesses en termes de connaissances et de capacités qu’ils ont à nous offrir et leur offrons-nous une image valorisante de leur engagement ?

Sommes-nous créatifs, en permettant, par exemple, des duos avec des personnes plus jeunes, afin de mutualiser disponibilité, compétences, énergie, transmission et engendrement ? 

Sommes-nous à l’œuvre pour favoriser une Eglise intergénérationnelle, inclusive, qui s’enrichit des diversités ? 

Laissons-nous inspirer par la prophétesse Anne (Luc, 2, 36-38), qui du haut de ses 84 ans est remplie de zèle à la vue de Jésus, annonçant à qui voulait l’entendre les louanges de Dieu et la naissance de l’Enfant, elle qui servait Dieu jour et nuit à quelques pas du temple !

Bien souvent, lors de messes ou de rencontres paroissiales, le nombre de têtes blanches dépasse nettement celui des têtes blondes. Pourtant l’Esprit Saint est toujours à l’œuvre et nourrit notre confiance et notre agir pour faire fructifier les richesses de nos communautés.

Alors oui, laissons-nous nous inspirer par la prophétesse Anne, par nos prêtres en âge de retraite si nombreux à poursuivre leur engagement, par les retraités rendant d’innombrables services et remplissant d’importantes missions ! Osons solliciter davantage nos aînés, non pas comme des bénéficiaires, mais comme des acteurs clés de nos pastorales !

1 https://www.unil.ch/ceg/vivra

Réflexion pour la rentrée

« Le monde meurt de faim et de soif de Dieu »

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur | Dessin : LDD

Ouvrant l’année pastorale 2023-2024, nous avons mis à nos yeux et dans nos cœurs le slogan : « Jésus, ma soif et ma source ». Le dimanche 22 septembre prochain, à 9h30, nous allons de nouveau inviter tous les paroissiens à une eucharistie (à Bussy) pour démarrer solennellement une nouvelle année pastorale. Notre fil rouge restera le même pour permettre à tous de continuer l’exercice de mettre le Christ au centre de notre vie et de puiser en lui nos forces d’aimer, d’espérer et de persévérer dans la foi.

Qui est-il pour moi ? Comment est-ce que je réponds à son appel ? Il m’interpelle, me questionne ; il me dérange, il m’invite à agir, à changer mon regard, ma conduite…

Nous avons avant tout soif de la vie, mais pas n’importe laquelle… belle, heureuse, riche en bonnes découvertes et merveilleuses rencontres… La vraie vie n’existe pas sans amour. Dieu est amour, l’amour absolu, la source de l’amour. Nous existons grâce à son amour ; nous avons soif de Dieu.

Dans la rencontre de Jésus avec une Samaritaine (J 4, 1-42), c’est l’amour qui est en cause. Tous les deux ont soif d’eau, mais le Christ sait que cette femme a des problèmes avec les partenaires d’une vraie communion de vie. Elle en est à son sixième homme qui ne peut pas être son mari (son milieu ne tolère que trois mariages successifs). La soif de la Samaritaine est avant tout spirituelle.

Elle découvre que ce Juif qui lui parle est exceptionnel, il est « un prophète ». Cela la dirige vers la vraie question de l’amour absolu. Un tel amour exige l’adoration. « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. » Ils adorent aussi son envoyé, le Messie, le Fils de Dieu.

Révisons nos relations affectives, nos relations avec Dieu : l’adoration de Celui qui est au-dessus de tout. Ouvrons-nous à ceux qui sont différents, qui ne nous comprennent pas, qui s’opposent à nous… 

Quand la Samaritaine a ressenti qu’une source a jailli en elle, elle a couru vers son village pour inviter ses proches : Venez voir quelqu’un qui m’a aimée vraiment ! Faisons de même ! Le monde meurt de faim et de soif de Dieu. N’oublions pas qu’au « menu » du festin eucharistique, il y a toujours la vraie nourriture et la vraie boisson.

Rendez-vous pour une messe unique de la rentrée pastorale le dimanche 22 septembre à 9h30 à l’église de Bussy. Messe animée par l’ensemble des chorales de la paroisse, suivie d’un apéritif.

La foi vécue au quotidien par des personnes «retraitées»

Le thème central de ce numéro de septembre (pp. 16-17) aborde le fait que nos assemblées des messes dominicales (par exemple) soient en grande majorité composées par des « retraités », par des personnes du 3e âge. Nous avons donc voulu aller à la rencontre de l’une ou l’autre de ces personnes dites retraitées, en leur posant la question : « Pourquoi, selon vous, est-ce important de croire ? De prier ? D’aller à la messe le dimanche ? » etc.

Photo: DR

Une paroissienne de Choëx 

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz

Le dimanche c’est le jour de Dieu. La semaine, je regarde à la télé, mais le dimanche, c’est important pour moi d’aller à l’église et de recevoir l’hostie. C’est recevoir le corps et le sang du Christ et le Christ habite alors en moi ! C’est un moment plus intense.

Et en plus, j’y vais aussi pour les paroissiens, pour être ensemble un moment pendant le temps de la messe. Etre en communion, c’est quelque chose d’incroyablement beau. J’ai de la peine à finir la rencontre comme ça. Souvent on s’invite pour prolonger le dimanche autour d’un dîner.

Marie-Céline, une paroissienne de Monthey 

Propos recueillis par Sandrine Mayoraz

J’aime prier à la messe plutôt que d’autres prières ou dans d’autres lieux. Il y a de nombreux moments. Pendant la lecture, par exemple, je me dis : « C’est une parole pour aujourd’hui et j’écoute ce que saint Paul a à me dire. » Au moment de l’offrande, je viens avec mes joies et mes soucis. Je confie toute ma famille. J’aime aussi qu’on pense à nos défunts, à ceux qui sont passés sur l’autre rive, je les vois comme des bienheureux dans les bras de Dieu. 

Le Notre Père, c’est la prière que Jésus nous a laissée. C’est important de le mettre en pratique et de réfléchir à chaque mot qui est prié. Puis, la communion, c’est magnifique de partager le pain avec tous. Tout comme la paix qu’on se donne avant, suivant à côté de qui tu es… (silence)

A Monthey, cela m’a toujours impressionnée la peinture sur le tabernacle avec Marie qui tient son Fils au pied de la croix. Je me demande ce qu’elle a pu ressentir, quelle était cette foi qui l’animait à ce moment de sa vie.

A la messe, il y a aussi les gens autour de moi qui prient comme moi. Ils ont ce même besoin, je pense, de sentir la présence de Dieu et de savoir que Dieu nous écoute. Bien sûr, chez moi aussi, Dieu est là. Mais chez moi, il n’y a pas cette sensation d’être entourée et de prier ensemble. Quelle chance d’avoir autant de messes par paroisse ! Dans d’autres pays ce n’est pas comme ça. Je ressors de la messe réconfortée et je m’aperçois que cela me fait du bien et j’y retourne chaque semaine.

Une fille de neuf ans

Propos recueillis par Nicolette Micheli

J’ai reçu la première communion cette année. J’attendais ce moment avec impatience ! Depuis mes trois ans, j’accompagne mes grands-parents à la messe le dimanche. Je pose beaucoup de questions. Ma grand-mère me répond et me parle de Dieu, de Jésus et des personnages de la Bible : ça m’intéresse beaucoup. J’ai demandé à maman d’être baptisée et j’ai reçu le baptême à huit ans. Pendant la messe, j’ai chanté deux chants de Sœur Agathe, car je l’aime beaucoup. Je l’ai rencontrée cette année au Festival des familles… c’était super ! Le dimanche, j’aime servir la messe et chanter. Parfois, je peux lire le psaume quand je me suis bien entraînée.

Agnès et Bernard 

Propos recueillis par J.-Michel Moix 

D’emblée, ils me montrent chez eux un crucifix de la chambre de madame, crucifix qui leur a été offert, 65 ans plus tôt, au jour de leur mariage ! Puis sur leur terrasse ils me désignent une croix, à peine discernable à l’œil nu, croix qui se découpe dans le ciel bleu au sommet d’une crête, croix installée par le passé par des habitants de Muraz, la croix de Bellevue ! Agnès évoque dans ses souvenirs l’époque où résidant à Muraz, elle se rendait à pied, chaque dimanche, à la chapelle d’Illarsaz, pour la messe dominicale où elle chantait à la chorale, trajet qui lui prenait bien une heure de temps. Et chaque soir, me confie Agnès, le couple obéit à un rituel : celui de prier en commun un « Notre Père » et un « Je vous salue Marie » ! Preuve, s’il le fallait encore, que la foi occupe une place importante pour eux. 

Par ailleurs, si la mémoire d’Agnès se montre un petit peu défaillante, elle ne manque pas d’humour : en se signant, elle me dit, voici le signe de croix du fainéant : « Mon Dieu, (la main sur le front) comment remplir celui-là (la main sur l’estomac), sans fatiguer ces deux-là (ces deux bras, en portant successivement la main à ses épaules) ? 

Autre petite anecdote : les initiales d’Agnès sont A. A. et les initiales de Bernard sont B. B. Ainsi lorsque lui s’est marié à elle, il a fait une B.A. (une bonne affaire) et elle, elle a fait une B.A. (une bonne action) ! 

Simone

Propos recueillis par J.-Michel Moix 

En quoi la messe (dominicale) est importante pour vous ? 
La messe nous aide à vivre la semaine qui suit (Simone confie cependant que lorsque des enfants font les lectures à la messe du dimanche, ça l’ennuie, car elle est malentendante, et malgré ses appareils elle a de la peine à comprendre les paroles). 

A la messe nous apportons nos difficultés. D’autres fois, je ne parviens pas toujours à bien prier. Et je si ne viens pas (à la messe du dimanche, pour diverses raisons), je la regarde à la télé. Mais là, je suis frustrée de ne pas pouvoir communier.

On me demande pourquoi je souris quand je reçois la communion… parce que c’est une joie. Il n’y a pas plus beau que d’aller prendre le corps du Christ.

Comment vivez-vous la prière au quotidien ? 
La prière c’est important. Si je n’avais pas eu la prière (dans les moments difficiles), qu’est-ce que j’aurais fait ? 

Le matin, en prenant le petit-déjeuner, je remercie le Seigneur de pouvoir manger… C’est surtout le soir que je prie, je remercie le Seigneur de la journée.

Je parle au Seigneur comme je vous parle. Je l’ai aussi « engueulé » lorsque mon mari était malade…

Par contre j’ai de la peine avec la Vierge et le chapelet. Je ne sais pas pourquoi. Quand je suis allée à Lourdes, je priais le chapelet. Durant le « Covid », je priais aussi le chapelet sur la chaîne KTO. Je m’adresse le plus souvent au « bon Dieu » ou au « Seigneur ».

Au cours de ma jeunesse (sur Lyon) ce qui m’a soutenue dans la foi, c’était de participer au patronage de la paroisse (les jeudi et dimanche après-midi, de 13h30 à 17h), on y apprenait à faire de la couture, on avait des partages d’évangile, on jouait, on prenait un goûter… ; c’était aussi des rencontres, une fois par semaine, de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) ; c’était encore, dans le cadre du Prado, de s’occuper de jeunes en difficultés.

Une grand-maman

Propos recueillis par Nicolette Micheli

Pourquoi je vais à la messe ?

Mais parce qu’Il m’attend. « II » c’est Jésus et j’ai rendez-vous avec Lui le dimanche à la messe.

Si vous avez un ami, vous passez du temps avec lui, vous l’appelez, vous lui rendez visite. Dans la prière, à la maison ou à l’église vous Lui parlez comme un ami parle à son ami. Je sais que je peux tout Lui dire, tout Lui confier, tout Lui demander. Et il me répond à travers les lectures du jour, Il m’interpelle, m’offre un programme pour resserrer nos liens, plus encore, Il se donne en nourriture dans l’hostie. Dans ce face à face, notre amitié grandit et je peux déceler sur son visage le bonheur que je Lui donne quand je Lui dis combien je L’aime. Voilà pourquoi dimanche prochain, j’irai à la messe parce que j’ai un nouveau rendez-vous comblant. De rendez-vous en rendez-vous jusqu’à la rencontre définitive le jour de ma mort.

Jeux, jeunes et humour – septembre 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

A la fin du chant du Sanctus, que signifie Hosanna ? *
Après l’offertoire, un dialogue se noue entre le prêtre et les fidèles pour introduire la préface. Elle se compose de trois parties : la reconnaissance de la louange au Père par la médiation du Fils, les motifs particuliers d’action de grâce et l’introduction au Sanctus qui se termine par : « Hosanna au plus haut des cieux. » Ces paroles ont été prononcées par la foule qui a accueilli Jésus comme le Messie le jour des Rameaux… avant de le crucifier ! Hosanna (« donne le salut ») signifie donc une acclamation de joie ou de victoire.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Cette histoire se passe dans l’armée suisse. Un jour, un lieutenant-colonel rassemble sa troupe et informe ses soldats en ces termes, avec un léger accent d’Outre-Sarine : « Messieurs, nous allons organiser un exercice d’envergure pour simuler une grande attaque avec tout ce que cela comporte. Tout le monde sera mobilisé et chacun devra se tenir prêt pour cette manœuvre exceptionnelle. Donc, demain matin, on attaque la Russie !
Y a-t-il des questions ? » Un bon petit soldat originaire du Gros-de-Vaud lève la main et dit : « Qu’est-ce qu’on fait demain après-midi ? »

Par Calixte Dubosson

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp