En avril, a eu lieu la dernière rencontre d’année d’Eveil à la foi. Les tout-petits ont fêté Pâques et ont rejoint la communauté paroissiale à la messe. Ils lui ont présenté le fruit de leur année. Ce fut aussi l’occasion pour la paroisse de remercier Elisabete Francisco pour son engagement.
Par Sandrine Mayoraz et Marta Zaremba | Photos : Sandrine Mayoraz
Eveil à la foi, pour les petits
Pendant cette année pastorale, une trentaine d’enfants et leurs parents se sont rencontrés pour les temps forts de l’année : la Fête paroissiale, l’Avent, Noël, les Rameaux et Pâques. En collaboration avec l’équipe diocésaine, l’équipe d’animation initie les tout-petits aux gestes et aux lieux de la prière et de la foi, un moment partagé avec toute la famille. Nous espérons que les enfants vont profiter de cette amitié avec Jésus avec l’aide de leurs parents et de leur entourage.
Et pour leurs parents aussi
Pour les parents, l’Eveil de la foi est aussi un temps précieux. Avec nos enfants, nous redécouvrons chaque fois des choses qui sembleraient basiques et simples, mais qui sont en effet de grande importance et grande profondeur pour les personnes de tout âge. Nous profitons avec nos enfants du témoignage et de l’expérience d’Elisabete, animatrice, ainsi que de sa simplicité dans les échanges et de son accueil.
Merci Elisabete
La paroisse trouve ici l’occasion de remercier Elisabete Francisco pour l’engagement qu’elle a exercé avec fiabilité, enthousiasme et cœur. Dès son arrivée à Monthey, en 2016, Elisabete a frappé à notre porte avec le désir de mettre ses compétences à disposition de la paroisse. Elle a toujours donné du temps pour partager sa foi, elle a enseigné la catéchèse dans sa paroisse au Portugal. Avec sa petite qui était encore un bébé, elle a rejoint l’Eveil à la foi de Monthey. Puis, elle a pris la responsabilité de l’équipe. Elisabete a toujours été chaleureuse et charismatique. Elle a réussi, grâce à ses nombreux talents, à transmettre à nos plus petits la joie de la foi, à leur apprendre comment créer les liens et découvrir Jésus-Christ dans notre vie. Après ces années d’engagement, Elisabete se retire. Nous lui souhaitons une belle suite dans ses projets en Eglise et en famille.
Merci Elisabete pour ton engagement à l’Eveil à la foi.
« Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? » Is 43, 18-19
Mardi 7 mai dernier, plus de 400 agents pastoraux prêtres et laïcs de tout notre diocèse se sont retrouvés à Genève autour de notre évêque, Mgr Charles Morerod.
Partant du constat que, tout comme notre monde qui ne cesse d’évoluer, l’Eglise doit également opérer un changement dans sa forme et sa manière afin de rejoindre au mieux les attentes du peuple de Dieu.
Après un état des lieux de notre diocèse par notre évêque ainsi que par ses représentant(e)s des régions diocésaines, Mme Marie-Christine Carayol, spécialiste de la coopération au service de la mission de l’Eglise, a présenté les enjeux du changement. C’est ainsi qu’elle a parlé de déni, de fuites (petits ajustements qui ne résolvent rien), de crise… mais aussi d’évolution (prise de conscience nous permettant une ouverture à une nouvelle manière de penser et à un développement de nouvelles pratiques débouchant sur un changement durable) ainsi que d’équilibre et de stabilité.
C’est dans cette optique que tous les participants ont réfléchi ensemble, à la lumière de la Parole et en petits groupes, à des pistes concrètes pour continuer d’être ferments de Vie dans notre société, pour que, comme dit Mgr Morerod, on puisse dire que « l’Eglise, c’est l’Evangile qui continue ».
Puis, pour terminer la journée, chaque participant a eu l’occasion de s’exprimer et poser des questions aux intervenants et à notre évêque. Journée riche qui nous prépare à la suite du processus qui se déroulera l’an prochain.
Une grande journée diocésaine a été organisée le lundi de Pentecôte (20 mai) pour tous les servants francophones de messe de notre diocèse. Elle a rassemblé une centaine de servants à Martigny. Rodéric Pungier, servant de messe à Choëx, nous partage ses impressions.
Par Rodéric Pungier, 12 ans Photos : DR
Nous commençons cette journée avec les servants de messe de Monthey, Choëx, Collombey et Muraz en prenant le train à la gare CFF de Monthey. Arrivés à la gare de Martigny, nous avons marché jusqu’à l’église de Martigny Bourg.
Les organisateurs nous ont expliqué le déroulement de la journée. Répartis en sept groupes pour 150 servants de messe, nous avons « customisé » nos t-shirts blancs en les bombant. C’était la première étape du grand jeu. Ce dernier était une course d’orientation religieuse, qui était vraiment bien encadrée, intéressante et amusante.
Nous avons pique-niqué dehors, puis des ateliers étaient organisés :
– visite du clocher de l’église ;
– recherche/découverte des chapelets dans un parc ;
– saut à la corde…
Nous avons bien rigolé, c’était très sympa.
Enfin, nous nous sommes préparés pour servir la messe et avons fait une procession incroyable de 150 servants de messe ! Une dinguerie ! Nous avons dû quitter la messe un peu avant la fin pour vite prendre notre train en direction de Monthey et clore cette joyeuse journée !
J’ai beaucoup aimé l’ambiance et cette belle organisation. Merci à tous les accompagnants et à tous les bénévoles qui ont donné du temps pour cette journée merveilleuse !
Les servants de messe du secteur de Monthey.
Durant le « Quiz » / jeu de piste.
A l’église de Martigny, à l’écoute des explications.
Les servants de messe se retrouvent au Théocamp ! (du 12 au 15 août, au monastère de Collombey, cette année. Voir encart ci-dessous).
Tous les 3 ans, notre paroisse remercie les nombreux grands servants de messe et jeunes sacristains en leur permettant de vivre un pèlerinage particulier. Cette année, ce pèlerinage a conduit nos jeunes voyageurs durant le week-end de la Pentecôte au Mont-Saint-Michel et à Notre-Dame de Lisieux.Nous avons la joie de partager avec vous quelques témoignages de ces jeunes.
Propos recueillis par les accompagnants : Nathalie Angelini, Matthieu Angelini, Adey Sancho, Marianne Berset, l’abbé Bernard et Gérard Dévaud Photos : Matthieu Angelini
« Ce week-end était merveilleux, vraiment ! Merci énormément à la paroisse et à toutes les personnes grâce à qui ce voyage a été possible. Nous avons marché sur les pas de pèlerins et ceux des soldats qui ont sauvé la France. La marche en direction du Mont-Saint-Michel s’est passée sans problème avec une guide de très bonne humeur qui nous rendait attentifs à tout l’environnement. Avec ces paysages à perte de vue, les bâtiments en pierre, ces vestiges de l’époque, comme les véhicules à Gold Beach. Encore une chose : la basilique de Lisieux, c’était un endroit que je ne connaissais pas, mais j’y retournerai, c’était tellement impressionnant. En bref, ce voyage était incroyable, alors juste merci ! »
« Quelques mots pour remercier la communauté et notre Conseil de paroisse pour les magnifiques moments de partages, de joie et d’amitié que nous avons vécus lors de ce pèlerinage. »
« J’ai beaucoup rigolé avec les potes… »
« Plein de nouvelles expériences et de rencontres tout en se rapprochant de Dieu. Ce voyage restera gravé, un grand merci. »
« Très sympathique pèlerinage, bonne équipe et bonne ambiance. »
« L’histoire de sainte Thérèse est très belle et ses textes sont touchants. »
« J’ai adoré découvrir différents endroits magnifiques pour prier… »
« En plus, le temps était avec nous, merci pour tout. »
« Merci pour ce super voyage qui m’a fait rencontrer de superbes personnes. »
« Un grand merci à la paroisse pour ce pèlerinage rempli de plein d’émotions tant au niveau spirituel qu’historique. Ce fut une bénédiction d’accompagner ces jeunes. Un week-end plein d’amour et de communion qui nous a bouleversés, nous les accompagnants. »
« C’était une aventure incroyable pour notre première expérience de pèlerinage que vous nous avez donné la possibilité de faire. Nous vous remercions du fond du cœur. »
« C’était un rêve d’y aller… »
« Une redécouverte de notre foi, de notre histoire, sur les pas des vaillants soldats qui ont combattu pour la liberté : un moment merveilleux et émotionnel, alors un seul mot : merci ! »
« Merci, vous êtes la famille ! »
« De très bons souvenirs et des activités intéressantes et enrichissantes. »
L’eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne ».
Par l’abbé Paul Martone Photo: flickr
« Nous ne pouvons pas vivre sans l’eucharistie. » C’est ce qu’ont répondu vers 304 les 50 chrétiens d’Abitina (en Tunisie) lorsqu’ils ont été arrêtés alors qu’ils célébraient l’eucharistie pendant la persécution des chrétiens africains.
Les temps ont changé ! Les chrétiens d’aujourd’hui vivent très bien sans l’eucharistie, alors que celle-ci est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne ». C’est par sa célébration que l’Eglise devient Eglise. Nous sommes l’Eglise parce que nous recevons et devenons le corps du Christ. Un chrétien qui pense pouvoir vivre sans l’eucharistie est comme quelqu’un qui s’assied à côté d’une source et meurt de soif.
Je pense que toutes les tentatives de rendre la célébration des messes plus attrayante, avec de nouvelles musiques et de nouveaux textes, tombent à l’eau si nous oublions ce qu’est la messe : la rencontre personnelle avec Jésus ressuscité. « Nous ne pouvons pas vivre sans l’eucharistie », nous ne pouvons pas non plus vivre aujourd’hui sans la rencontre avec le Christ qui nous fortifie dans notre quotidien et nous aide à mettre concrètement en pratique notre amour pour nos prochains.
Lors de la messe de la Pentecôte, Aline Jacquier du service diocésain de la jeunesse, est venue pour remettre le diplôme de Jeunes Bénévoles (niveau 1) à sept adolescents de nos paroisses. Durant l’année, ils ont mis les qualités que Dieu leur a données au service des enfants et de nos communautés.
Cette citation de Mère Teresa est au cœur de l’identité des JB.
Par Sandrine Mayoraz Photos : François-Xavier Mayoraz, DR
En novembre, de retour de leur week-end de formation, ils en parlaient dans les lignes de votre magazine paroissial : « J’ai découvert plein de personnes très gentilles qui sont JB comme nous dans d’autres paroisses du Valais. J’ai aussi approfondi mes savoirs : garder le calme, gérer un petit groupe ou planifier une activité. » A la suite du week-end, ils ont choisi de donner leurs mains, leur temps et leur énergie dans un engagement au sein de nos paroisses. Rosanna, Rafaela et Mathilde accompagnent les enfants à la catéchèse le samedi et pour les célébrations des sacrements. Leana anime une fois par mois une équipe MADEP. Timéo, Justine et Stella se sont engagés dans des projets communs, avec l’intention particulière de tisser des liens dans la communauté, notamment par la soupe de Carême.
Ceci est réalisé grâce à des adultes qui leur laissent une place et qui les soutiennent dans leurs premières expériences ecclésiales. Merci à chacun pour son engagement et pour bâtir une communauté vivante. Que l’Esprit-Saint continue d’aviver votre foi et vous donne la Joie.
Leana nous partage son expérience de JB1 :
« Je m’appelle Leana et j’ai bientôt 16 ans. Je suis en première année de CFC de fleuriste à Monthey. Je fais partie de groupes Relais Monthey-Choëx depuis bientôt sept ans. J’ai fait le week-end JB 1 en 2022 et depuis septembre 2023, je m’occupe aussi avec Sandrine d’un groupe MADEP. J’aime trop être avec des plus petits et les accompagner comme on l’a fait pour moi. Car au cours de mes sept ans j’ai participé trois fois au camp de la Montée vers Pâques et cela m’a beaucoup fait évoluer dans ma foi et dans ma vie en général. Je trouve important de créer la relève. Cela me fait plaisir de voir des plus jeunes avec la foi et de la motivation.
Mon but est de créer un groupe uni avec qui ils pourront toujours s’amuser et partager de bons moments, dans lequel ils évolueront. Je me suis déjà occupée de l’organisation d’une de nos rencontres après Pâques. Le but était de faire une mosaïque géante dehors de ce qu’ils voulaient. Ils ont directement pensé à la croix de Jésus. C’était beau de voir comment ils s’organisaient ensemble pour le faire et ils ont très bien réussi. »
Saint Théodule fut probablement un missionnaire venu d’Orient et le premier évêque du Valais à la fin du IVe siècle. Sous la direction de saint Ambroise, il va christianiser les régions alpines alors intégrées à l’empire romain. De ce fait, il devient évêque d’Octodure (aujourd’hui Martigny). Sa participation au concile d’Aquilée en 381 ainsi qu’une lettre du synode de Milan attestent de sa mission. Il défend la foi catholique et œuvre pour développer le culte des martyrs (saint Maurice et ses compagnons). A la suite de miracles qui lui sont attribués, il est nommé saint patron des vignerons.
A Aumont
Jusqu’au milieu du XIIIe siècle, l’Eglise de Sion possède un vaste patrimoine dans le diocèse de Lausanne, elle le vend entre 1244 et 1295 tant à la Savoie qu’à l’Eglise de Lausanne et à la famille des seigneurs d’Oron. La chapelle Saint-Théodule d’Aumont, mentionnée en 1442, fut rebâtie de 1824 à 1826.
Le chœur de l’église a été restauré en 1954, sous la direction de MM. Rosset et Matthey. L’autel a été refait avec une table en grès que surmonte un grand retable de M. Paul Monnier. Au centre, l’artiste a représenté saint Théodule à Sion dans la cité épiscopale de ses successeurs, dominée par l’église de Valère. Saint Théodule, la crosse à la main gauche, montre une maison en flammes, tandis qu’une femme éplorée et des soldats romains sont terrassés au milieu des vestiges du paganisme vaincu. De l’autre côté, Monnier a groupé des chrétiens qui implorent leur Evêque et qui ainsi s’oppose à la stupeur des païens de l’autre volet.
« Sommet de la foi chrétienne » selon le Catéchisme de l’Eglise catholique, la messe, depuis le Concile Vatican II, doit permettre, en y participant plus activement, d’en vivre le fruit dans son quotidien – la « messe après la messe ». Et pourtant, au gré des réorganisations paroissiales dans plusieurs de nos diocèses helvétiques, la messe devient parfois cheval de bataille de résistants mécontents du chamboulement. Partage.
Par Thierry Schelling | Photos: flickr, pxhere, dr
« Non, je n’irai pas à l’église d’à côté, ce n’est pas mon église ! » Constat d’une fidèle désabusée qui écrit au curé qu’elle trouve « scandaleux » et « incompréhensible » que les prêtres ne veuillent plus célébrer l’indispensable eucharistie pour les gens ! Elle aurait dû rajouter « à côté de chez moi »…
On nage en plein paradoxe : les contingences liées à la messe (lieu, horaire) changent ; du coup des fidèles contrariés rouspètent contre ces « réductions de prestations » ; ces modifications entraînent effectivement une certaine désaffection alors que d’aucuns rejoignent d’autres églises quand même ! Mais pour certains, c’est niet. Ce comportement par trop « clientéliste » n’interroge-t-il pas sur les raisons qui poussent à aller à la messe ?
Moins pour mieux
A l’heure de la réorganisation des paroisses et après les quasi vingt ans d’expérience pastorale en Unités dans le diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, il est vrai, le nombre diminuant de prêtres entraîne la diminution des célébrations « localo-locales » en faveur de regroupements nécessitant parfois quelques déplacements ; à l’invitation explicite de Charles Morerod : « J’encourage vivement le discernement régional de possibles regroupements de paroisses et de célébrations », explique-t-il dans sa Lettre pastorale de 2024. Il en appelle à la mobilité douce qui touche tous les habitants des villes et villages du fait de la régulière relocalisation des mille et un lieux de vie (magasins, cinémas, centres sportifs, etc.) : « Nous devons tenir compte de l’évolution à la fois de l’Eglise et de toute notre société […] pour que plus de monde ait l’occasion de participer à des célébrations joyeuses » et sous-entendu, plus touffues !
A l’heure de la réorganisation des paroisses, les regroupements remplacent les messes « localo-locales ».
Mgr Morerod encourage les possibles regroupements de paroisses.
Lors d’une magnifique messe des familles dans une église à 250 places en banlieue genevoise semi-urbaine, un feedback d’un paroissien chevronné sonna haut et clair : « Il y avait presque trop de monde ce soir ! » On a regroupé familles et communauté locale – certes, petite et vieillissante mais très dévouée… à sa paroisse ! – et voilà le retour. De quoi déconcerter : était-ce parce qu’il voyait sa place prise par d’autres ?
La messe, « pousse-fesses » ?
En croisant deux paroissiennes dans le parking de la chapelle, après la messe de semaine (dix personnes), le prêtre entend ce rapide échange : « Oh, contente de te voir, ce matin ! » – « Oui, je suis venue, je n’avais rien d’autre à faire ! » La messe, occupation des aînés désœuvrés, isolés des leurs – affairés, scolarisés – et qui se motivent pour se lever le matin ? La messe, un « pousse-fesses » pour matinées grisâtres ou par ennui dû à la sénescence ?
Des religieuses qui venaient à une messe de semaine que le curé a annoncé vouloir supprimer – son horaire était très impropre à la vie pastorale (réunions, visites…) – se sont fendues d’un courrier pour lui dire combien elles regrettaient cette « injuste décision », tout en avouant qu’elles y venaient « exprès à l’horaire peu pratique pour nous, mais pour qu’il y ait quelqu’un » ! C’est le serpent qui se mord la queue…
Des confrères racontent que, célébrant un dimanche soir à 18h après un week-end chargé (messes, baptême, visites), ils n’ont même pas la consolation d’être salués poliment à la fin de la messe, car les fidèles courent vers leur véhicule pour rentrer au plus vite : « Il se fait tard… » Motivant pour un prêtre ? Non.
Donc, pas étonnant que les équipes pastorales s’interrogent : à quoi bon maintenir une « messounette » dans ces conditions, alors qu’en diminuant et en regroupant, certes, on célèbre moins, mais en plus grand nombre. Ce qui exprime mieux l’ekklesia, l’Eglise locale, plus qualitativement et plus visiblement ?
L’église de Gland : une architecture post-Vatican II…
Habitude, quand tu nous tiens !
« Changer, c’est humain et changer souvent, c’est devenir parfait » (Cardinal Henry Newman) ! Les « bonnes vieilles habitudes » dans certains domaines de la vie quotidienne sont tenaces. Or, l’annonce du Message du Christ et le service d’autrui qui en découle, qui sont les deux fondements de l’Eglise 1, ont toujours subi des changements : messe du latin au vernaculaire ; ministères ouverts aux laïcs/laïques, jusqu’à la représentation de l’évêque par la nomination de femmes (pour Genève et les deux Fribourg !) ; messes « ciblant » familles, jeunes, EMS, etc. Sans parler, dans certaines parties en Europe, de la reconversion de temples et d’églises en d’autres lieux de rencontres humaines (cinémas, restaurants, théâtres…), quand on ne construit pas tout neuf comme à Gland (VD) 2 mais selon une architecture dévoilant la vision d’Eglise d’aujourd’hui !
Néanmoins, on peut comprendre que pour certains paroissiens coutumiers, ces changements soient synonymes de chambardement de leur vision du monde et de l’Eglise ; parfois même, la catégorie du « pratiquant non croyant » trahit son vide intérieur par sa propension à râler, semer la zizanie, entretenir la rumeur : loin d’être juste de la malveillance, ce sont aussi des signes d’un trépas d’une idée d’Eglise, évanescente, qui fait place à une Eglise autrement.
Communier ou consommer ?
Une communauté chrétienne – au contraire d’un agglomérat de consommateurs – ne devrait-elle pas se caractériser par la solidarité et le dialogue – quitte à être d’accord de ne pas être d’accord – portant ensemble le souci commun, y compris vis-à-vis du prêtre, au travers de l’inéluctable changement ?
Des comportements (exprimés ou reçus par courrier) qui expliquent que « parce que le prêtre est noir, je change d’église », ou « parce que l’horaire est modifié, je change d’église », révèlent que « trop de messes tuent la messe » ! L’esprit n’y est plus ; le consumérisme règne… Or, l’eucharistie, Parole et pain partagés, distille en nous la vie de Dieu, dont la souplesse et l’entraide ne sont-elles pas des fruits, des attitudes clefs, spécialement en ces temps-ci ? « Nous sommes à un changement d’époque, pas dans une époque de changement », rappelle le pape François. A bon entendeur.
1 On parle de la Mission et de la Diaconie. 2 Et dans une architecture définitivement post-Vatican II !
Le prêtre, « machine à messe » !
Le Droit canon régule la vie ordinaire de l’Eglise catholique romaine. A propos de la messe, il est « recommandé » au prêtre de la célébrer chaque jour (can. 904) – mais donc pas obligé ; il est exigé du prêtre qu’il ne dise qu’une messe par jour (can. 905) sauf là où l’évêque aurait autorisé jusqu’à trois messes : « s’il y a pénurie de prêtres » – ce qui est le cas dans nos diocèses suisses – « pour une juste cause » – dimanches et grandes fêtes par exemple – ou « lorsque la nécessité pastorale l’exige », comme quand il y a foule aux confirmations.
Le canon 920, par contre, déclare que le fidèle qui a fait sa première des communions, « est tenu de recevoir la Sainte Communion […] au moins une fois par an [idéalement] au temps pascal ». Un article ignoré, me semble-t-il, de qui assène sa volonté de communier même le lundi, jour de congé habituel du clergé… Est-ce que le modèle monastique hérité du Concile de Trente – célibat obligatoire pour les prêtres séculiers, prière obligatoire du bréviaire pour les clercs, messe dominicale obligatoire pour tous – doit encore inspirer la vie paroissiale du XXIe siècle ? La pratique prouve que l’on s’en éloigne irrémédiablement…
Depuis 24 ans, Mario Giacomino est le diacre de la paroisse protestante. Initiateur de plusieurs projets communs aux paroisses catholiques et protestante de Monthey, il est bien connu dans nos paroisses. Avant son départ à la retraite, il répond à quelques-unes de nos questions.
Propos recueillis par Sandrine Mayoraz | Photo : DR
D’origine italienne, Mario est venu en Suisse pour suivre son épouse. Après des études de théologie, il continue sa formation diaconale en Suisse. Consacré au ministère diaconal en 1988 par l’Eglise évangélique vaudoise, en janvier 1990, il répond à un appel de la Paroisse protestante de Monthey qui cherchait un diacre pour porter l’animation auprès de la jeunesse. Chez les protestants, le diacre exerce un métier différent de celui du pasteur. En principe, il n’a pas la responsabilité globale de la paroisse, on lui confie un secteur d’activité et / ou des mandats qui le placent, volontairement, dans les « marges » pour qu’il tisse des liens avec ceux et celles qui vivent l’Eglise de façon plus éloignée.
Mario, tu as ouvert de nombreux chantiers pour répondre aux besoins sociaux. Peux-tu nous en partager quelques-uns ? En 1997, avec l’Association d’entraide et Chômage et la Paroisse catholique, j’ai été à l’origine des Repas Communautaires de Monthey, la première œuvre diaconale commune à nos deux paroisses. Dans cette même perspective d’ouverture œcuménique, avec des personnes partageant les mêmes valeurs, j’ai pu apporter ma contribution à la création des Tables du Rhône, accompagner la destinée du Groupe œcuménique d’accueil des Réfugiés (GOAR) et la reprise du magnifique travail des Colis du Cœur par une nouvelle association.
Plusieurs projets ont été menés avec la paroisse catholique, quels regards poses-tu sur ces collaborations ? Quels mission, message commun, portons-nous ? Dans mon ministère de diacre, j’ai l’occasion de travailler avec des dizaines de personnes de confessions différentes. Lorsqu’on me demande leur confession, je dois sourire, esquiver la question et avouer que je n’en sais rien. Mon ministère a été marqué par le désir profond d’un accueil inconditionnel. Dans chaque nouveau visage, j’ai envie de retrouver le visage du Christ. Dès mon arrivée à Monthey, j’ai pu rapidement constater que les différences confessionnelles étaient des richesses et non des obstacles. Des amitiés se sont tissées, j’ai pu vivre des moments de complicité, partager des rêves et des réalisations communes. Pendant le ministère de l’Abbé Roduit, on m’a confié qu’on me décrivait, en rigolant, comme le diacre protestant de la paroisse catholique ! Cela sonnait à mes oreilles comme un compliment.
Un dernier mot avant la retraite ? Au moment de prendre ma retraite, je suis heureux de constater que, tant sur le plan local que cantonal, nos deux Eglises travaillent ensemble dans de nombreux projets et réalisations diaconales. Nos autorités respectives s’apprécient et encouragent les initiatives œcuméniques par exemple dans les aumôneries communes. Dans une société dans laquelle l’église n’est plus au milieu du village, il devient indispensable d’être, ensemble, les messagers du Dieu d’amour, en paroles et en actes. Cela est à mes yeux la condition pour ne pas devenir invisibles et inaudibles.
Merci Mario pour ton engagement auprès de la population montheysanne et pour les liens précieux que tu as su tisser entre nos paroisses. Que Dieu continue de faire fructifier ce que Tu as semé et qu’Il te bénisse !
Le samedi 8 juin, une foule immense s’est retrouvée au Centre de formation des Focolari pour entourer de leur présence les permanents et les étudiants qui s’apprêtent à quitter Montet pour une mission au cœur du monde.
Par Marianne Berset Photos : Georges Losey
Pour vivre cet après-midi de convivialité et de remerciements, de nombreuses personnalités de la commune, des églises locales, œcuméniques et interreligieuses sont venues apporter un message de soutien et de reconnaissance entrecoupé de danse, chant et musique.
Une brève vidéo a présenté la naissance du mouvement en 1943 jusqu’à la création du centre Focolari en 1981. Chiara Lubich a voulu que ce lieu soit un espace de formation, de prière, de travail et de temps libre où les personnes sont des hommes et des femmes de dialogue. Aujourd’hui, après ces 43 ans, le centre est bien accueilli et apprécié par les habitants. En septembre 2023, le centre a annoncé sa fermeture face à la diminution des vocations de la vie consacrée, à la nouvelle réalité sociale et surtout au souhait de rester au milieu des hommes.
«Bon vent à vous car l’Esprit souffle toujours dans la bonne direction.» Céline Ruffieux
Les Focolari ont voulu que cette journée ne soit pas vécue dans la tristesse mais plutôt en mettant du sens à une vie nouvelle en adressant des remerciements à la commune de Montet, au canton et à tous ceux qui ont vécu une expérience.
Le Syndic sortant de Montet, Cédric Péclard, dira que Montet rayonne à travers toute la planète et que son souhait est de garder le contact avec eux. Pour marquer ces 43 ans de présence, le « dé de la paix » a été déplacé sur la place devant la maison communale. Pour Céline Ruffieux, représentante de l’évêque, ce sont de nombreux visages qui ont vécu la spiritualité de l’unité où l’être compte. « La joie de l’Evangile est vécue de jour en jour ». Elle remplit le cœur de ceux qui rencontrent Jésus.
De plus, le mouvement se veut rassurant en rappelant que les Focolari continuent d’exister en Suisse alémanique, italienne et francophone.
«Plus de 3500 personnes ont fait l’expérience de Dieu.» Carlo
Une expérience qui a porté ses fruits
Mme Margareth Karram, présidente du mouvement des Focolari, a relevé : « Nous vivons une étape importante. Nous devons nous réorganiser en étant à l’écoute de l’Esprit Saint en donnant plus, là où c’est nécessaire. L’Esprit Saint se fait sentir en étant concret pour l’humanité vers un monde en paix. Le mouvement, c’est une famille humaine de 480 foyers dans 40 pays avec 12 langues et différentes religions. Une communauté de personnes qui s’engagent sérieusement pour la paix. Le pape François va au-delà du dialogue dans l’harmonie et la diversité. Le plan de Dieu, c’est d’élaguer l’arbre ou encore la Parole de Jean qui dit que « si le grain ne meurt pas il ne porte pas de fruits ». Je suis certaine de témoigner d’un patrimoine qui ne mourra jamais. L’authentique réalité d’une famille où il est possible de vivre ensemble l’amour réciproque. La véritable essence, c’est la Présence de Dieu qui réunit en son nom ».
« Aimer, tout est là », c’est le chemin. Ce chemin ne s’est jamais arrêté. Une expérience qui a porté ses fruits. Regardons vers l’avenir, vers d’autres lieux, d’autres pays et d’autres communautés où vous emporterez la précieuse expérience que vous avez vécue ici.
Plus de quatre décennies de présence à Montet.
Une famille est venue témoigner en cette journée de l’« au revoir ».
Le Psaume 8, déposé par les astronautes américains lors de leur arrivée sur la Lune, est puissamment « cosmique ». Il chante à la fois l’immensité de l’Univers créé par Dieu, le ciel, la lune et les étoiles, les milliards de galaxies, face auxquelles l’être humain se sent tout petit. Celui-ci ne peut donc pas se prévaloir d’une quelconque « domination » absolue ni exercer une exploitation éhontée sur la création, puisque tout lui a été remis par le Créateur. Il n’en est que l’humble bénéficiaire. Le recours à des textes scripturaires – comme au chapitre premier de la Genèse – pour légitimer le « pouvoir » des hommes sur la création passe donc à côté des Ecritures saintes !
Grandeur de la personne
En même temps, le chant psalmique vante la grandeur de la personne humaine, clamée et illustrée par la bouche des tout-petits. Car le Seigneur la façonne à son image, il la couronne de gloire et de beauté, il lui confie l’œuvre de ses mains et de ses doigts. Chaque homme et femme est donc établi comme cocréateur et chargé de poursuivre le labeur divin jusqu’à la consommation des siècles et à l’accomplissement du Royaume.
En harmonie
La Trinité « se souvient » des mortels, elle vient visiter les filles d’Eve et les fils d’Adam, elle les modèle selon sa ressemblance. Elle leur remet les animaux de la terre, du ciel et de l’eau, pour qu’ils évoluent en harmonie tous ensemble. Ainsi, astrophysique et foi se conjuguent-elles pour essayer de saisir l’insaisissable. La première essaie d’approcher de manière scientifique le déploiement du cosmos sans percer les secrets de l’infiniment grand et petit. La seconde exprime grâce à la Révélation la signification ultime, telle qu’instaurée par celui qui ne cesse d’œuvrer à la poursuite de l’expansion de la création. Jusqu’à ce qu’adviennent la terre et les cieux nouveaux (Apocalypse 21, 1). Qu’advienne le dialogue et la conciliation entre science, raison et foi !
L’été, temps de repos et de vacances, Prenons le temps des rencontres fraternelles, Dans la simplicité d’un cœur qui sait aimer Que notre vie devienne le jardin où fleurissent les fruits de la joie. Pour l’offrir comme le pain de la joie.
L’été, temps de repos et de vacances, Prenons le temps des rencontres nouvelles, Dans la simplicité d’un cœur qui accueille l’aujourd’hui pour le partager, Que notre vie devienne le terreau d’une nouvelle évangélisation. Pour la donner comme le pain de l’espérance.
L’été, temps de repos et de vacances, Prenons le temps de la rencontre intérieure, Dans la simplicité d’un cœur ouvert à l’inattendu, Que notre vie s’enrichisse de nos moments de prière et de méditation. Pour la nourrir du pain de la vie.
L’été, temps de repos et de vacances, Prenons le temps de la rencontre avec notre Dieu trinitaire. Dans la simplicité d’un cœur qui accueille son amour. Pour que notre vie témoigne de sa présence.
Papa de trois enfants, Frédéric Fays est un homme croyant et pratiquant. Selon lui, les enfants ne nous appartiennent pas. C’est ainsi qu’il leur a toujours laissé le choix dans leur vie et leurs loisirs, tout en les conseillant, y compris en ce qui concerne la foi. « Si tu veux la liberté pour toi, dit-il, il faut la laisser aux autres ! »
Texte et photo par Gérard Dévaud
C’est dans cette dynamique qu’il y a quelques années, un de ses fils, Roméo, a vécu le cheminement du catéchuménat et a demandé le baptême. Et l’an dernier, Naomi, sa dernière fille, a également souhaité vivre cette grande étape vers le baptême. Et c’est le samedi 27 avril dernier qu’elle a reçu ce sacrement, librement, et dans la joie !
Lorsque Naomi lui a émis son désir d’être baptisée, ce fut une grande joie pour lui, car c’était son désir à elle. Et quel bonheur pour lui, de la voir si épanouie, si investie le jour de son baptême !
Frédéric aime la religion « sans contrainte ». Il est habité d’une foi qui le soutient dans les épreuves et qui l’accompagne tout au long de sa vie. Même si parfois il ne pense pas à Dieu, il ne manque pas de le remercier régulièrement. Dieu est source d’Amour pour lui et son désir le plus fort, c’est être heureux en remplaçant la peur par l’amour. Mais l’essentiel pour lui, c’est de pouvoir partager et vivre cette conviction, car : « Quand tu rends les autres heureux, tu es réellement heureux ! »
Comme des millions de téléspectateurs à travers le monde, le pape Paul VI regardait en direct à la TV les premiers pas de l’homme sur la lune en 1969.
Par Thierry Schelling | Photo : Vatican media
Paul VI était devant sa TV ce lundi 21 juillet 1969 alors que le premier alunissage était retransmis en direct : « Honneur à vous, hommes qui êtes artisans de la grande entreprise spatiale ! Honneur à tous ceux qui ont rendu possible le plus audacieux des vols ! » Il recevra Armstrong, Aldrin et Collins quelques mois plus tard, admiratif, au Vatican.
Rencontre sur la Lune…
Plein d’enthousiasme, le Pape déclara : « L’homme, cette créature de Dieu, plus encore que la Lune mystérieuse, au centre de cette entreprise, se révèle. Il se révèle géant. Il se révèle divin, non en soi, mais dans son principe et son destin. Honneur à l’homme, honneur à sa dignité, à son esprit, à sa vie. » (Angélus du 13 juillet 1969)
Mais le Vatican observe les astres depuis le… XVIe siècle déjà ! Dans le cadre de la réforme du calendrier, le pape Grégoire XIII fait installer un observatoire dans les Jardins du Vatican, y invitant astrologues et scientifiques au cours des quatre prochains siècles, pour y étudier le firmament…
Atterrissage à Castel Gandolfo
La pollution et la sur-illumination de la Ville de Rome, en pleine expansion au cours du XXe siècle empêchent la netteté des travaux… et obligent au déménagement dans la résidence d’été du Pape, sur les hauteurs du Lac Albano et en campagne. Depuis lors, des Jésuites – comme à ses débuts – entretiennent l’ouvrage de découverte des cieux et, à l’invitation du pape François en 2023, ouvrent leurs portes pour des visites guidées des lieux et de leurs recherches… De quoi voyager dans la lune au frais du Saint-Siège !
Nous voici rendus au mois de juin, et bientôt l’année scolaire touche à son terme, alors que les fêtes après Pâques (Pentecôte, Fête-Dieu) sont derrière nous et que les grandes vacances d’été se profilent.
En ce numéro de L’Essentiel, vous découvrez notamment les premiers communiants de nos paroisses : p. 7 sur Monthey et Choëx, p. 9 sur Collombey et Muraz, p. 13 sur le Haut-Lac. Puisse leur première communion être suivie de nombreuses autres et saintes communions !
En ce magazine, nous faisons aussi un retour sur les 40 heures d’adoration, initiative lancée par l’abbé Valentin Roduit, et qui s’est déroulée du 2 au 4 mai en la chapelle du Monastère de Collombey (p. 10). Puisse cette première expérience d’adoration eucharistique – qui est une bénédiction pour nos paroisses – se renouveler à l’avenir à Collombey ou dans son voisinage !
Ce mois de juin sera marqué entre autres événements par l’anniversaire de l’association « Les Colis du Cœur » qui fêtera, le 8 juin, à la salle de la Gare à Monthey, ses 30 ans de fondation. C’est l’occasion de nous rappeler qu’un réseau d’entraide et de solidarité répond à une nécessité face à la pauvreté ou à la précarité croissante de nombre de personnes.
Et puis nous vous présentons une petite rétrospective de la présence des sœurs de Saint-Joseph dans le Chablais valaisan, en particulier sur Monthey (pp. 4-6). Arrivées en 1878, les sœurs de Saint-Joseph prendront en effet congé de nos paroisses, le dimanche 23 juin, en la messe de 10h30 à Monthey.
Si certaines communautés ferment des maisons, d’autres se développent ou sont renouvelées par de nouveaux membres. C’est le cas en la cure de Vouvry qui accueille des stagiaires spiritains. Nous ferons le point avec le Père Patrice Gasser (p. 12).
Chers lecteurs de notre journal interparoissial L’Essentiel, permettez-moi, avec toute l’équipe de rédaction, de vous souhaiter un bel été ! Que Jésus vous bénisse !
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF, est l’auteur de cette carte blanche.
Par Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF Photos : cath.ch, DR
Grâce au progrès scientifique très rapide des derniers siècles, nous connaissons de mieux en mieux l’Univers, y compris nous-mêmes. Dans ce numéro, on parle d’astrophysique : elle nous permet non seulement de mieux connaître les étoiles et galaxies que l’on voyait depuis longtemps, mais aussi par exemple les trous noirs. Nous prenons conscience de notre extrême petitesse, sans d’ailleurs en tirer une grande modestie collective.
Il n’est pas toujours facile pour les croyants de mettre ces connaissances scientifiques en lien avec leur foi. Certes ils sont généralement heureux des progrès de la médecine, mais l’histoire du monde, de la vie, l’évolution demande un sérieux approfondissement de notre lecture des textes bibliques. Ce que la psychologie nous apprend de nous-mêmes requiert un effort identique dans le domaine moral.
Ce qui nous guide, c’est notre foi en un Dieu bon et créateur. C’est lui qui a fait cet Univers que nous découvrons, c’est aussi lui qui nous donne la capacité et la joie d’y comprendre quelque chose. Avoir peur du savoir, c’est douter des dons que Dieu nous fait.
Je reste marqué par ce qu’une mère m’a dit de sa fille, qui avait alors 8 ans. Le neveu de la femme en question était venu passer le week-end et la famille avait emmené à la messe ce garçon de 10 ans. A la sortie de la messe, le neveu dit : « Moi, je n’ai pas besoin d’aller à l’église, parce que je suis Dieu ! » Et sa cousine de lui répondre du tac au tac : « Regarde ces montagnes, c’est toi qui les as faites ? » Je vois dans cette géniale réplique comme un écho du Psaume 8 : « Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte. A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? »
Les Sœurs de Saint-Joseph sont sur leur départ. En raison de leur âge, du manque de relève et de circonstances imprévues, le Conseil Général de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy a pris la décision de fermer la dernière maison à Monthey en été 2024. Retour sur leur présence, à Monthey et dans le Chablais depuis 1878, avec Sœur Claude.
Par Sœur Claude | Photos : Centenaire Saint-Joseph/Monthey 1878, Jean-Michel Moix, DR
De 1650, date de notre fondation au Puy en Velay (FR), jusqu’à nos jours, les Sœurs de Saint-Joseph sont appelées, par leur charisme, à aller de préférence vers les plus démunis et les plus délaissés. C’était bien le cas au XVIIe siècle, lorsque des jeunes traînaient dans la rue, sans instruction, des malades et vieillards languissaient, faute de soins ; combien de pauvres attendaient une aumône ! Et des prisonniers, une écoute ! L’Etat, à cette époque, n’avait pas encore pris en charge ces catégories de la société. Par la ferveur de quelques femmes, doublée d’ingéniosité, écoles, hôtels-Dieu, hospices, se multiplièrent peu à peu dans la région du Puy et au-delà. Si les structures sociales ont évolué au cours du temps, les situations de détresse n’en demeurent pas moins actuelles sous d’autres formes. Nos Sœurs en Inde et en Afrique en témoignent auprès des nombreux pauvres de leur population, des sidéens, des tribus défavorisées…
Mais remontons le cours de notre histoire ici à Monthey. Dernier maillon de notre longue chaîne d’histoire en Suisse, nous repassons, non sans émotion, mais avec gratitude, les étapes parcourues par nos devancières. Venues de Bourg en 1836 pour prendre en mains l’éducation des jeunes Montheysannes, puis de Champagnole en 1857, des Sœurs de Saint-Joseph ont balisé de loin notre chemin. Pour répondre aux besoins du temps, une Ecole libre fut créée, mais il manquait des enseignantes. Les autorités civiles et religieuses de Monthey, par l’intermédiaire de M. Cyprien Barlatey et de Mgr Bagnoud, s’adressèrent alors à la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy pour obtenir des Religieuses.
Arrivées à Monthey le 28 octobre 1878, les Sœurs s’installèrent à la ruelle des Anges dans la Maison Breisacher, où elles ouvrirent une Ecole de degré primaire. Celle-ci ne comptait au début que six élèves. Trois mois après l’ouverture, le nombre passait à 65. L’institution, bien qu’à l’étroit, y demeura cependant vingt-cinq ans. Par la suite, il devint peu à peu inconcevable d’enseigner dans un bâtiment sans cour, ni jardin. C’est pourquoi, en 1902, on entreprit des travaux de construction d’une nouvelle école sur les terrains actuels au Cotterg. Les élèves s’y installèrent à la fin décembre 1903. Venues pour enseigner aux filles du degré primaire, les Sœurs de Saint-Joseph recueillirent, en 1904, les élèves de deux pensionnats français et créèrent une école ménagère, qui deviendra officielle en 1951. En 1908 déjà, on ajoute un nouveau bâtiment appelé « l’Externat », qui abrita des classes primaires durant des décennies. Beaucoup s’en souviennent encore. D’ailleurs, il a simplement changé de nom. Comme le Pensionnat français venait de retourner en Haute Savoie en 1940, les sœurs accentuèrent leur effort au service de la région et du pays en inaugurant un enseignement commercial reconnu par le canton en 1954 et par la Confédération en 1977. Une grande nouveauté modifia le visage de l’Ecole en 1976 par l’accueil de la mixité.
Puis, le grand mouvement qui bouscula les structures de l’Ecole Valaisanne remit en question les choix de l’Institution. L’Ecole Secondaire devint officielle, les classes primaires, communales. Et conjointement, la diminution du nombre de religieuses força le destin, de part et d’autre. ll fallut quitter l’enseignement au degré primaire en 1978, l’Ecole supérieure de Commerce en 2001, alors qu’elle était en pleine voie de développement par l’introduction de la Maturité professionnelle et de la nouvelle section EDD préparant aux domaines de la santé et du service social.
Les bâtiments, eux, restent toujours au service de la jeunesse, témoins d’un passé constructif. Et cela nous réconforte et nous réjouit. Restent aussi témoins d’une présence active des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey : l’Hôpital, devenu aujourd’hui une clinique de réadaptation, et l’EMS les « Tilleuls » où Sœur Bénédicte accompagna nombre de Résidents jusqu’à leur dernier souffle et, à trois semaines près, jusqu’à sa mort en 1999.
La diversité des activités au service de la communauté régionale a conduit les Sœurs de Saint-Joseph au « Préventorium » de Val-d’Illiez, à Champéry et Aigle dans l’enseignement primaire, à La Tour-de-Peilz pour l’accueil d’hôtes en repos. Au terme de cette longue histoire, le petit noyau resté à Monthey s’est rendu disponible aux besoins de la Paroisse, des jeunes en attente d’un appui scolaire, des personnes âgées aux Tilleuls et à domicile, des Réfugiés…
Un manque de relève, l’avancée en âge, des circonstances imprévues de logement, ont déterminé le Conseil Général de notre Congrégation à prendre une décision douloureuse, mais certainement réaliste : la fermeture de notre communauté religieuse de Monthey, la seule restante en Suisse.
Après 146 ans de présence dans le Chablais valaisan, nous quitterons le territoire helvétique pour nous rendre en France voisine dans le Diocèse d’Annecy, où se situent notre Maison Mère et quelques communautés. Tant de liens tissés avec une population devenue pour nous comme une seconde famille, tant de visages rencontrés dans nos écoles, à l’hôpital, aux Tilleuls, dans la Paroisse… demeurent pour nous un trésor vivant. Tout ce passé, nous l’emportons dans notre mémoire et plus encore dans notre cœur. Et si des traces de notre passage subsistent dans l’histoire chablaisienne, qu’elles rappellent aux uns et aux autres ce qui réunit au-delà du temps !
Façade sud des bâtiments scolaires de Monthey, vers 1910.
Cours secondaire en 1949.
Leçon de dactylographie en 1949.
Classe enfantine 1959-1960.
Classe de couture. Ecole ménagère, vers 1920.
Chalet de la Providence à Morgins en 1927, servant de maison de repos aux sœurs et extraite d’une ancienne photographie.
Présentation des trois Sœurs
La communauté des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey compte actuellementtrois membres en cette année 2024, de gauche à droite : Sœur Marie-Louise, Sœur Marie-Odile, Sœur Claude.
Sœur Marie-Odile Originaire de Rumilly, elle a rejoint la communauté de Monthey en août 2022. Elle dit avec joie avoir découvert le visage de l’œcuménisme. Auparavant, elle a enseigné la culture générale et l’économie ménagère, puis elle a travaillé à l’accueil d’un collège (pour les élèves de 11 à 15 ans) et au secrétariat pour les Sœurs de la Province.
Sœur Claude Originaire de Vouvry, elle arrive à Monthey dans les années 1960. Par sa formation à l’enseignement, elle exerce d’abord son activité professionnelle à l’Ecole Secondaire du Pensionnat Saint-Joseph, puis au Cycle d’Orientation de Monthey. Elle est ensuite appelée à prendre la Direction de l’Ecole supérieure de Commerce jusqu’à sa retraite en septembre 2001. Depuis, elle se rend disponible à des services en Paroisse et dans la localité.
Sœur Marie-Louise Elle est originaire de Thônes, à 20 kilomètres d’Annecy. Elle est venue prendre sa « retraite » à Monthey en juin 2021. Précédemment, elle a enseigné les mathématiques et l’économie, puis a séjourné en Afrique, au Sénégal ; sa nomination à l’Economat général de la Congrégation l’a rappelée à Annecy, où elle demeura jusqu’à sa retraite.
Messe d’Adieu et d’Action de grâce
Présentes à Monthey et dans le Chablais valaisan depuis 1878, les Sœurs de Saint-Joseph prendront officiellement congé des Montheysans et Chablaisiens en la messe du dimanche 23 juin, célébrée en l’église paroissiale de Monthey à 10h30.
Par Isabel Laranjeira et Philippe Ehrenzeller Photo : DR
« Celui qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. » (1 Jn 4, 8)
La première lettre de Jean s’adresse aux chrétiens d’une communauté d’Asie mineure pour les encourager à rétablir la communion entre eux car ils sont divisés par des doctrines différentes.
L’auteur les exhorte à garder à l’esprit ce qui a été proclamé « depuis le début » de la prédication chrétienne. Il répète ce que les premiers disciples ont vu, entendu et touché de leurs propres mains en vivant avec le Seigneur, afin que cette communauté puisse, elle aussi, être en communion avec eux et donc aussi avec Jésus et le Père 1.
Pour rappeler l’essence de la révélation reçue, l’auteur souligne qu’en Jésus, Dieu nous a d’abord aimés, assumant jusqu’au bout l’existence humaine avec toutes ses limites et ses faiblesses. Sur la croix, Jésus a partagé et vécu dans sa chair notre séparation d’avec le Père. En se donnant tout entier, il l’a guérie par un amour sans limites ni conditions. Il nous a montré ce qu’est l’amour par ses paroles et par sa vie.
Par l’exemple de Jésus, nous comprenons que l’amour véritable implique le courage, l’effort et le risque d’être confronté à l’adversité et à la souffrance.
Comment vivre cet amour qui vient de Dieu ?…
Santa se rend souvent dans une résidence pour personnes âgées, une maison d’inspiration chrétienne. Un jour, avec Roberta, elle rencontre Aldo, un homme riche et très cultivé. Aldo regarde les deux jeunes femmes d’un air sombre : « Pourquoi venez-vous ici ? Que nous voulez-vous ? Laissez-nous mourir en paix ! » Santa garde son sang-froid et lui dit : « Nous sommes ici pour vous, pour passer quelques heures ensemble, pour faire connaissance, pour devenir amis ». […]
Elles reviennent ensuite plusieurs fois. Roberta raconte : « Au début, cet homme était particulièrement fermé, très abattu. Il ne croyait pas en Dieu. Santa était la seule à pouvoir pénétrer un peu dans son cœur, avec beaucoup de délicatesse, en l’écoutant pendant des heures. » Elle priait pour lui et, un jour, elle lui offrit un livret de prières, qu’il accepta. « Plus tard, Santa apprit qu’Aldo était mort en disant son nom. La douleur provoquée par l’annonce de sa mort fut atténuée par le fait qu’il était parti paisiblement, en tenant dans ses mains ce livret qu’elle lui avait offert quelque temps auparavant. » 2
1 Cf. 1 Jn 1 : 1-3 2 P. Lubrano, Un volo sempre più alto. La vita di Santa Scorese, Città Nuova, Rome 2003, pp. 83-84, 107
Pourquoi avant la proclamation de l’Evangile traçons-nous trois croix ? * En traçant une croix avec notre pouce sur le front, la bouche et le cœur, nous demandons au Seigneur que sa Parole vienne toucher notre intelligence, qu’il nous donne la force de la répandre à notre tour et de la conserver au plus profond de nous à l’instar de Marie qui « gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 51).
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
M. le Curé avait lancé un appel : il cherchait un tronc d’arbre pour faire sculpter la statue d’un saint. Une paysanne avait dit à son mari : « Il n’y a qu’à lui donner notre noyer, il n’a jamais donné aucune noix. » Quelque temps plus tard, alors que la statue du saint trônait fièrement dans l’église, la paysanne vint prier le saint pour lui demander de guérir sa vache malade. Malheureusement, au lieu de guérir, la vache finit par crever. Levant la tête vers la statue du saint, elle lui dit : « Tu ne valais rien en noyer, tu ne vaux pas mieux en saint ! »
Par Calixte Dubosson
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