L’homme est né avec l’espérance. Il est habité par un intense désir de bonheur, de joie et d’achèvement. Il y a toutes sortes d’attentes. Mais derrière toutes ses attentes partielles que sont l’argent, le prestige, la prospérité, la santé, l’amitié, il y a une attente fondamentale, une unique espérance : celle d’être aimé pour vivre. Tout comme derrière toutes nos peurs passagères, il y a une seule angoisse : celle de ne jamais être aimé et de mourir.
Ce que l’homme cherche, c’est comme disait Rimbaud, « changer la vie », c’est-à-dire transformer des conditions d’existences jugées inhumaines. La Bible est une longue histoire de libération. Elle nous dit comment des hommes, contraints par leur histoire à rechercher une libération, ont découvert et accueilli la puissance libératrice du Christ ressuscité.
C’est pourquoi ce qui définit l’espérance chrétienne ce n’est pas seulement une manière de penser. C’est le contenu d’un message historiquement connu : l’amour de Dieu est plus fort que la mort. L’espérance chrétienne est l’affirmation d’une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu’il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps. « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons pas atteindre. » (Benoît XVI)
L’espérance est notre condition chrétienne par rapport à l’avenir parce que : « Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2) Elle est l’anticipation des biens du monde à venir, promis et donnés par le Seigneur. « Sauvés dans l’espérance » dit saint Paul aux Romains et à nous aussi.
L’aujourd’hui s’ouvre sur l’horizon de l’éternité et l’éternité se met à dresser sa tente dans l’aujourd’hui. Grâce à l’espérance, le temps devient une heure de grâce, une marche jusqu’à voir Dieu pour un bonheur sans fin.
En ce mois de mai ou mois de Marie, nous avons voulu aller à la rencontre de personnes qui vivent une relation « forte » avec Marie. Merci à Michel Derivaz et Delfa Nevistic de nous partager leur témoignage à ce sujet.
Propos recueillis par Nicolette Micheli et Stéphanie Reumont | Photos : Nicolette Micheli, Stéphanie Reumont
Témoignage de Michel Derivaz, « un enfant de Marie »
« Très jeune j’ai senti que Marie me protégeait. J’en ai eu plusieurs fois l’intime conviction. » Michel, fidèle sacristain de Port-Valais, nous en donne une preuve étonnante. « A cinq ans, je suis tombé d’une hauteur de cinq mètres. Comme je me suis relevé sans problème, tous ont crié au miracle ! Mon corps était couvert de « bleus », mais la médaille miraculeuse que je portais m’avait sauvé ! »
Michel est né dans une famille engagée en paroisse. A son baptême, il a été consacré à la Vierge. Dès sa communion, il aimait prolonger sa prière devant le tabernacle. « J’ai été un fervent servant de messe, sans comprendre un mot de latin ! J’ai encore le missel de mon grand-père avec ses pages jaunies. A la naissance de mon quatrième frère, ma mère est décédée. J’avais 16 ans. Ce fut un drame, mais j’ai fait confiance à Marie. Elle m’a accompagné pour continuer à vivre dans la sérénité et la foi.
Je garde encore un souvenir ému de mon premier pèlerinage à Lourdes où j’accompagnais un malade. Depuis, comme ma grand-mère, je prie chaque jour le chapelet. Marie a toujours été ma confidente et quand mon couple a éclaté, elle m’a aidé à accepter le déchirement de la séparation. »
Michel s’est engagé dans le Mouvement Sacerdotal Marial fondé sur le message de Marie à Fatima. Chaque mardi, à la chapelle du home Les Tilleuls, prêtre et fidèles se retrouvent en Cénacle, pour vivre un temps de prière : messe (à 9h30) suivie du chapelet (dès 10h) et méditation d’un message de la Vierge sur les évènements actuels.
Interview de Delfa Nevistic : « Marie me met la joie dans le cœur »
Delfa vient de Croatie, elle vient d’une famille croyante, surtout sa maman qui lui a beaucoup appris. Elle est arrivée en Suisse à 23 ans, après son mariage ; jeune maman, Delfa n’est pas vraiment pratiquante.
A quel moment as-tu ressenti la présence de la Vierge ? Les enfants ont grandi et je me suis retrouvée seule à la maison, j’ai commencé à me confier à la Vierge en priant le chapelet ; j’ai prié de plus en plus souvent, en prenant le temps de réfléchir à chaque mot. Et un jour, j’ai ressenti quelque chose de profond qui m’a bouleversée et je me suis mise à pleurer. La Vierge a mis dans mon cœur ces mots : « Je suis là. »
Depuis, je perçois souvent des signes de la Vierge. J’ai ouvert mon cœur à notre maman du Ciel et c’est un sentiment d’Amour et de protection qui m’habite maintenant, c’est merveilleux.
Dans ma maison en Croatie, j’ai construit un autel en son honneur, parce que j’ai le sentiment que c’est la Vierge Marie qui me l’a demandé.
De Lourdes à Medjugorje Je suis allée trois fois à Lourdes et très souvent à Medjugorje (en Bosnie-Herzégovine, proche de sa Croatie natale).
C’est incroyable cette sensation… Quand on chante Marie, on sait qu’Elle est là. On a envie d’embrasser tout le monde ! Marie crée des liens entre les gens !
De mère en fille, une relation privilégiée avec Marie Après le décès de ma maman, j’ai retrouvé son journal intime.
J’étais bouleversée quand j’ai découvert que ma maman aussi avait une relation particulière avec la Vierge. Elle y a décrit toutes ces nuits qu’elle a passées avec la Vierge à ses côtés et que sa chambre était si illuminée qu’elle pensait parfois que c’était le jour !
Eliane et Marcel Comby sont bien connus des fidèles de la paroisse de Martigny… et pourtant, ils ne font rien pour l’être… Merci à eux de m’avoir reçue et de nous permettre de faire plus ample connaissance.
Propos recueillis par Françoise Besson Photos : DR
Marcel : le carillonneur des rogations
« Dans les petits villages, on avait une tradition religieuse très ancrée. On allait à la messe ; on priait en famille, le soir. A l’école, on avait un très gentil vicaire, le chanoine Paul Simon-Vermot 1. Il venait tous les mardis matin pour le cours de religion, la messe et, une fois par mois, pour la confession – où on disait toujours la même chose…
Une des seules fois où j’ai fait un trajet sur un deux-roues, c’était avec lui, avec sa Vespa. Il m’a emmené de Vens jusqu’au col des Planches parce que j’avais de la peine à marcher. Avec lui, on avait un contact très familier. Ce n’était pas un curé « au-dessus » des autres… J’ai aussi été longtemps servant de messe à Vens et je me souviens bien du temps des rogations.
Les autres du village descendaient à Vollèges pour le début de la procession. Ils avaient de grands drapeaux, des étendards ! C’était très solennel. Moi j’attendais à Vens et quand je les voyais arriver sur la crête, en bas du bistrot, je commençais à sonner la cloche : j’étais le « carillonneur des rogations »… Après la messe ce jour-là, pour le repas, on invitait dans les familles les personnes venues des autres villages. C’était très festif !
Je n’ai pas eu d’interruption dans ma foi, mais le chemin a évolué, avec le droit de penser… Avant on ne se posait pas la question si on allait à la messe le dimanche ou pas, on y allait et c’était tout. C’était une obligation.
Eliane : pèlerinage à Lourdes, en remerciement
Je viens aussi d’une famille très religieuse. Mais on n’avait pas les mêmes liens avec le curé. J’habitais au fond de la vallée d’Hérens, à La Luette et le prêtre vivait à Saint-Martin. Il venait tous les lundis nous faire le catéchisme, mais il était tellement sévère ! Si on avait ri à la messe du dimanche, on se retrouvait le lundi à genoux derrière le fourneau de l’école ! Ce prêtre est resté plus de 40 ans dans la paroisse. Quand j’ai voulu me marier, il ne voulait pas entendre parler d’un mariage en dehors de Saint-Martin ou encore que j’épouse quelqu’un d’une autre vallée !
Je suis très attachée à Lourdes où j’ai fait de nombreux pèlerinages. La première fois que je suis allée à Lourdes, j’avais 16 ans… Plus jeune, j’avais eu une péritonite et je suis restée cinq jours dans le coma. J’ai passé cinq semaines à l’hôpital. Mes parents avaient fait la promesse d’un voyage à Lourdes (si je guérissais) et quand j’ai eu 16 ans, j’ai enfin fait ce voyage.
Par la suite, je suis allée quelques fois avec les jeunes, puis comme hospitalière avec les malades. C’est là que j’ai rencontré Marcel… Ensuite, on a continué à faire ces pèlerinages des années durant.
Pour moi, Marie est très importante. Elle l’a toujours été… Mon papa y était très attaché. Il chantait beaucoup de chants à Marie. A côté du village, il y a une petite grotte à Marie, aux mois de mai et d’octobre, on faisait le chapelet tous les soirs. Quand on était ados, c’était intéressant d’y aller car on pouvait sortir ! Actuellement, c’est encore ma sœur qui s’occupe de fleurir la grotte avec une autre personne du village. Cette grotte reste un lieu de prière…
Marcel : la figure du Berger, et Marie, bien sûr
J’ai un psaume qui me touche chaque fois que je l’entends, c’est le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Les images de ce psaume me rattachent à quelque chose de familier, les prés d’herbe fraîche, le troupeau… C’est proche de nous. Comme Eliane, je suis très attaché à Marie. C’est un peu grâce à elle qu’on s’est rencontré. C’est notre maman, c’est plus facile de lui parler !
Eliane
J’aime beaucoup le pape François. Je lis toujours les mots, les messages qu’il met sur Facebook. Parfois, il en met plusieurs par jours. Je le fais depuis trois ou quatre ans. Je ne vais pas tellement sur internet, mais j’aime lire ses mots. Ce sont des paroles qui nous font réfléchir. Ça s’appelle « Notre Dame des internautes ».
Le Père Adrien et l’association « Amis de Bukavu »
Depuis 1996, le Père Adrien 2 vient chez nous chaque deux ans. On a eu envie d’apporter notre aide, plus particulièrement en lien avec son ministère en milieu carcéral. Au début, la situation était très difficile en Rép. dém. du Congo, en guerre ouverte avec le Rwanda. Les gens étaient démunis, la population manquait de tout. En juin 2000, on a envoyé un premier container avec des produits de première nécessité, des vêtements. Vingt containers ont été envoyés jusqu’en 2013. Maintenant la situation est différente. Si on leur envoie un peu d’argent, ils trouvent la marchandise sur place. Ça permet aussi de faire travailler les gens de là-bas. Le but de cette association, c’est de soutenir des petits projets à travers le relai du Père Adrien. Par exemple, il est aumônier d’une prison qui compte plus de 2000 personnes détenues et qui ne sont pas assez nourries. Cette année, il nous a dit : « Il faudrait pouvoir leur offrir un repas avec de la viande pour Noël. » Alors nous avons financé l’achat de deux vaches : ils les ont abattues et ont ainsi pu faire un repas de fête ! Les prisonniers ont été enchantés…
1 Né le 27 novembre 1924, le chanoine Simon-Vermot, chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, d’origine neuchâteloisefêtera ses 100 ans cette année 2 Le Père Adrien Tshishugi est un prêtre congolais de l’archidiocèse de Bukavu dans l’est de la Rép. dém. du Congo. Il est actif dans les milieux carcéraux et notamment aumônier de la prison centrale de Bukavu où il est de notoriété publique qu’il y règne une misère effroyable.
L’association « Association Amis de Bukavu » a été constituée en avril 2001. Son siège est à Martigny. Selon ses statuts, l’association a pour but de récolter et de distribuer du matériel ainsi que des fonds, à titre d’aide humanitaire, à destination des habitants de la région Idjwi-Bukavu. Web :https://amisdebukavu.com
Le Père Adrien Cishugi, aumônier de prisons en Rép. dém. du Congo.
Des vaches, offertes en nourriture à Noël, qui ont fait le bonheur de centaines de personnes détenues et le plus souvent mal nourries.
Sens de la fête : la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement, c’est la célébration de la Présence réelle et permanente de Jésus en personne, dans l’Eucharistie, dans l’hostie consacrée exposée dans un ostensoir.
Par Stéphanie Reumont | Photos : Raphaël Guérin (Vionnaz), J. Lujan et Christophe Allet (Vouvry)
Comme chaque année en cette période, soit 60 jours après Pâques et dix jours après la Pentecôte, les cantons catholiques suisses célèbrent avec solennité la Fête-Dieu.
Que ce soit pour des raisons de traditions locales ou pour des convictions spirituelles profondes, la Fête-Dieu rassemble !
Les villages sont fleuris, la procession traverse la commune, vers le premier reposoir. Derrière la fanfare et la parade, suivent les servants de messe, puis soutenu par quatre hommes, le dais sous lequel s’abrite le prêtre tenant en main l’ostensoir avec le Saint Sacrement.
Des plus jeunes aux plus âgés, des croyants au moins croyants, des plus investis aux plus curieux… Quelles qu’en soient les raisons, le Christ nous appelle !
Pourquoi y a-t-il des militaires lors de la Fête-Dieu ?
Dans nos contrées catholiques, tout était lié ! Tous défilaient derrière le Saint-Sacrement : autorités religieuses, politiques et militaires, sociétés locales, enfants des écoles avec leurs enseignants et toute la population. Le service militaire faisant partie de nos institutions, la parade en est un témoin fidèle.
Dans notre canton, la Fête-Dieu a largement survécu aux grandes mutations actuelles, peut-être parce qu’elle est un témoin de notre passé et parce qu’elle ne se passe pas uniquement dans l’église. Elle est devenue un événement culturel villageois.
Rencontre avec des passionnés de la parade
Vionnaz : Raphaël Guérin, 8 ans de parade (Vionnaz)
Un de ces reposoirs où s’arrête la procession pour un temps d’adoration.
La Fête-Dieu, je la vis depuis que je suis tout petit ! Les gens jouaient le jeu et lors de la procession, tous les balcons et les parterres du village étaient fleuris. Tout le village ou presque était là et cette fête annuelle permettait de se retrouver !
C’était vraiment la fête avec des reposoirs magnifiques. Avec le temps, certaines choses se sont perdues (à cause du manque de monde) et la plupart des nouveaux habitants savent qu’ils ont congé mais ne savent plus ce que c’est que cette Fête-Dieu.
En tant que coprésident de la parade, j’ai à cœur de retrouver nos Fête-Dieu d’antan, demandant par exemple aux villageois s’ils souhaitent préparer des reposoirs par quartier.
J’ai trouvé un nouveau slogan pour la parade 2024 « Pour que cette tradition soit d’exception, viens camarade à la parade ! », en espérant motiver ainsi beaucoup de nouveaux paradeurs cette année !
Journée type d’un paradeur à Vionnaz :
Rendez-vous à 8h30 pour le café puis à 9h réveil des tambours et prise de drapeau à la commune. Montée à l’église et célébration (parade debout, haie d’honneur) puis départ procession dans le village. Fin de la procession, remise du drapeau par le nouveau porte-drapeau puis repos.
18h30, assemblée et souper.
Bienvenue à tous (hommes/femmes), dès 18 ans. La parade fournit les habits, les tambours et les armes.
Contact : Raphaël au 079 285 54 11.
La parade unit les générations.
Vouvry : Guy Vannay, 55 ans de parade (Vouvry)
La Fête-Dieu est une journée de partage et de rencontre primordiale pour la communauté de Vouvry. Ça remonte à l’enfance, j’y suis venu comme servant de messe, puis apôtre, puis croisé. Je m’étais toujours dit qu’après mon service je participerai à la parade. La parade doit donc être digne et crédible, nous ne sommes pas là pour faire du folklore. J’en suis l’intendant. Depuis 1985 je tiens le registre où j’y consigne les signatures des militaires présents, des photos, les statistiques de fidélité, les missions spéciales comme porte-drapeau. Personnellement je suis très fier d’accompagner le Saint Sacrement.
Vouvry : Olivier Andenmatten, cinq ans de parade (Vouvry)
J’ai découvert cette fête en arrivant à Vouvry. Venu d’abord pour accompagner mes enfants, je me suis dit qu’il fallait aussi prendre ma place. Comme j’ai toujours passé de bons moments à l’armée, j’y retrouve cet esprit de camaraderie. Ça m’a permis de m’intégrer ! J’apprécie le sérieux de la procession.
Nous vivons cette fête en famille mais chacun avec un engagement différent.
J’aime cette tradition qui traverse le temps. La cultiver, c’est garder la mémoire de nos anciens et amener ce patrimoine aux générations suivantes.
Grâce à l’Eglise, cet événement religieux rassemble des communautés bien plus larges que la paroisse !
Journée type d’un paradeur de Vouvry
A Vouvry, la Fête-Dieu mobilise de 8h45 à 21h30 une trentaine de militaires avec trois générations d’uniformes. A la messe du matin chacun reçoit une bénédiction du célébrant. Le repas de midi est en famille. De retour pour les vêpres, la milice vit ensuite son assemblée annuelle suivie d’une assiette dans un établissement du village avant de revenir pour la prière du soir. Ils concluent la partie officielle avec le discours du commandant suivi traditionnellement de trois chants a capella dont « Marignan » avec la fanfare.
Contact : Olivier au 079 455 83 15 (uniforme à disposition au besoin).
Les militaires témoignent de l’amour de notre patrie et de nos traditions. Accueil « au garde à vous » du Saint-Sacrement et de toute la communauté.
Une tradition pour témoigner aujourd’hui ?
« Nous avons besoin d’élargir nos cœurs. Nous devons sortir de la petite chambre de notre ego et entrer dans la vaste étendue de l’émerveillement et de l’adoration. L’Eglise aussi doit être une grande pièce. Pas un cercle petit et fermé, mais une communauté aux bras grands ouverts, accueillante pour tous ; l’Eucharistie veut nourrir ceux qui sont fatigués et affamés sur le chemin ! Une Eglise des purs et des parfaits est une pièce où il n’y a de place pour personne ; l’Eglise aux portes ouvertes, qui rassemble et célèbre autour du Christ, est au contraire une grande salle où tous – tous, justes et pécheurs – peuvent entrer. » Pape François
En marge de la Table ronde organisée le 18 avril dernier à Sion à l’OSEO par le Forum alimentaire du Valais romand et pour laquelle je récolte des témoignages, je rencontre Audrey 1, une femme de 46 ans qui, malgré son travail, ne parvient pas à boucler ses fins de mois.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR
Audrey est maman « solo » d’une petite fille de 4 ans. Elle travaille comme secrétaire médicale. Elle fréquente régulièrement l’Epicerie solidaire de Massongex que tiennent Chantal et Théophile Carthoblaz. Elle a accepté de parler de sa situation. 2
« Depuis 2 ans, ma vie a basculé. Le père de ma fille a quitté la Suisse et m’a tout laissé sur les bras, y compris des dettes. Je vis une véritable guerre pour survivre tout en travaillant quasiment à plein temps. C’est une misère, explique Audrey, pleine de larmes. Plus jeune, alors au chômage, j’avais aimé donner un coup de main aux Colis du Cœur. Mais là, comme bénéficiaire, la culpabilité et la fierté sont tellement grandes qu’aller frapper à la porte d’une association, c’était non ! Je me disais : je bosse, donc jamais ils ne m’accepteront. Pourtant, de fil en aiguille, j’y ai été. J’y ai trouvé bon accueil et chaleur humaine. Ces bénévoles sont des anges. Ce n’est pas la première fois que des anges se trouvent sur mon chemin, glisse Audrey alors que les larmes perlent encore sur ses joues…
Vous savez, je me bats pour ma fille. Je lui dis : « Tu sais, je ne peux pas t’acheter ceci, cela… » Elle sent que notre situation est compliquée, mais elle a droit à une vie de petite fille… Je ne lui montre pas ma souffrance. Personne n’est au courant de cette galère sauf mes proches, avoue Audrey. Un jour, ma fille m’a dessiné un « cœur d’arc-en-ciel » et me l’a donné en me disant : « Tiens Maman, prends ça au travail et quand tu seras triste, ça va t’aider. » Elle est incroyable !
Il me faut prendre soin de moi, mais c’est difficile lorsqu’on est pressé de toute part par des propos blessants et… par les factures. Le pire, ce sont les imprévus, comme les pannes de voiture. C’est la cata. Il y a tant de monde dans ces situations, continue Audrey. Ça fait mal au cœur. Une vie qui bascule, ça peut arriver à tout le monde : une maladie, une séparation, une perte d’emploi et c’est la descente infernale. Pour ma part, j’ai des valeurs et je veux me battre jusqu’au bout… J’essaie de garder mon âme d’enfant, mais l’avenir me fait peur… »
1 Prénom d’emprunt 2 Sous l’égide du Service diocésain de diaconie, le FAVr est une plateforme regroupant les associations de distribution alimentaire comme les Tables du Rhône, les Cartons et Colis du Cœur et les épiceries solidaires comme celle de l’OSEO ou de Massongex.
Une épicerie solidaire à Massongex
« Ouverte en 2021 alors que certains disaient : « ça ne sert à rien, il n’y a pas de situation de précarité au village », les demandes ont eu tôt fait de prendre l’ascenseur », explique Théophile Carthoblaz. « Tant qu’on peut, on sert tout un chacun, sans distinction d’origine ou de domicile », enchérit Chantal, son épouse. « On a passé de 30 à 60 familles servies. Les locaux sont mis à disposition par l’Administration communale et l’Epicerie tourne grâce à des dons en nature et en espèce, ainsi que la participation généreuse de quelques bénévoles. »
Grâce à une équipe motivée, les paroissiens du secteur ont vécu à Vionnaz une belle entrée dans le Triduum pascal, avec une messe KT festive suivie de la Nuit de l’Adoration. En plein air, ils ont pu s’unir au Christ sur son chemin de souffrances, à Vionnaz ou aux Evouettes, et vénérer la croix à Vouvry. Durant la Vigile pascale, ils ont accueilli dans la joie Daniel et Adrien au Bouveret.
Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Arnaud Mbadinga
La lumineuse cérémonie de la Vigile pascale avait été préparée dans l’après-midi par l’équipe pastorale avec Stéphanie Besse, Virginie Maret et le Père Patrice. Christophe et Vanessa ont animé la rencontre. La famille Raboud y a participé ainsi que Chloé, son amie Laura et Adrien le futur confirmé.
Autel richement fleuri par Francis, lectures dialoguées avec projections d’images ou théâtralisées, flammes du feu nouveau activées grâce à Pierre, Michel et Marco, servantes de messe encadrées par Arnaud et Andréa avec le Père Joseph, sans oublier le Chœur, dirigé par Antoine, qui a entraîné l’assemblée dans la joie de Pâques ! Le Père Patrice a baptisé Daniel tout sourire et l’a confirmé ainsi qu’Adrien. Toute la Communauté leur a fait une ovation pour les féliciter et les accueillir ! Apéro pour tous par Jocelyne et Pierre ! Quelle joie ! Alléluia !
Lors de la messe de la veillée pascale, le Samedi saint au soir, au Bouveret, deux jeunes hommes ont vécu, chacun pour sa part, un événement hors du commun : Daniel Remondino a été baptisé et confirmé et Adrien Stéfanec a été confirmé. Voici, en quelques mots, leurs témoignages de cheminement dans la foi.
Témoignage de Daniel
Baptême de Daniel.
Cela fait maintenant plusieurs mois que j’ai entrepris mon parcours pour intégrer cette grande famille qu’est l’Eglise catholique. J’ai toujours eu l’impression, en allant à l’église, de ne pas mériter ma place : c’était plutôt comme si l’on m’avait invité à participer à la messe. Depuis que j’ai reçu le baptême en ce Samedi saint, tout est devenu d’un seul coup, vraiment très concret. A l’instant où le père Patrice m’a versé l’eau sur la tête, j’ai eu l’impression d’avoir accompli énormément de choses. J’ai ressenti une énorme joie et ne pouvais plus m’empêcher de sourire. Quand on m’a appelé ensuite pour recevoir l’hostie, j’ai ressenti au fond de moi comme une acceptation à intégrer cette grande famille. Mais je sais que mon parcours n’est pas encore fini, car il me reste encore beaucoup de choses à apprendre sur cette religion qu’il me tarde de découvrir.
Témoignage d’Adrien
Confirmation d’Adrien (avec onction du saint chrême).
Maintenant je suis un croyant qui vient d’être confirmé. Je m’appelle Adrien, j’ai 25 ans et je suis d’origine croate et slovaque. Tout petit, j’ai été baptisé, puis j’ai fait ma première communion à Vouvry. Ma vie professionnelle fut très instable. J’ai vécu une relation amoureuse très toxique. Durant la pandémie, mon père a été gravement malade et j’ai eu beaucoup de souci.
A cette époque, j’ignorais l’importance de la foi en Dieu : ce n’était pas une priorité pour moi. Mais les temps étaient si durs que je me suis donné une chance en commençant à prier petit à petit. Une amie de mes parents m’a aidé dans mon cheminement vers la foi car elle est croyante et elle m’a beaucoup appris.
Plus tard j’ai connu d’énormes difficultés pour abandonner ma relation toxique et j’en ai beaucoup souffert. Le jour où cela s’est arrêté, ce fut le déclic. Ma vie a changé. Pour ne pas sombrer dans la dépression, je me suis tourné vers Dieu et j’ai découvert tout ce que nous apporte son amour. Puis j’ai aussi découvert qui est vraiment Jésus et ce qu’il a fait pour nous. Alors, c’est devenu de plus en plus important pour moi de prier et de communiquer régulièrement avec notre Créateur. Ensuite j’ai ressenti le besoin de faire ma confirmation comme geste de reconnaissance pour l’amour que j’ai reçu de Dieu, pour rendre ma foi plus solide et la partager autour de moi.
Le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent et Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui leur tient à c(h)œur ? Regards croisés.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : Marion Perraudin, DR
Voici le troisième et dernier volet de notre triptyque « musique et liturgie ». Ce mois-ci, nous laissons la parole à Doris Sauthier, chantre et directrice du Chœur des Familles et Edmond Voeffray, organiste titulaire des orgues de Martigny.
Comment le chant habite-t-il votre vie ? Doris : Le chant m’a habitée depuis mon enfance. Il m’a dévoilé ses différentes facettes et m’a fait apprécié toutes ses couleurs : profane, religieuse, classique, moderne. Quel que soit le groupe vocal, les notes de musique égrenées me vont toujours droit au cœur et me rendent plus humaine. Edmond : En tant que musicien professionnel, je vois chaque instant de ma vie habité par la musique. Travail personnel, enseignement, liturgies, concerts, administration, spéculation ou recherche occupent corps et esprit presque totalement.
Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? Doris : Que la liturgie soit simple et belle et puisse rejoindre toutes les sensibilités. Pour certains, le silence dit Dieu, pour d’autres, c’est la musique ou le chant. Selon les générations, la musique chantée ou jouée sera méditative ou explosive, mais surtout porteuse de sens. Edmond : Que la musique favorise la vie d’une célébration. En ce sens, j’essaie de m’opposer à l’usage de musique enregistrée où un des acteurs de l’interaction interprète / auditeur est absent.
Qu’est-ce qui vous agace ? Doris : Qu’une personne mette son talent à disposition et que des remarques fusent… Trop haut, trop long, trop fort, pas assez ceci, cela… en oubliant qu’il n’est pas si simple de prêter sa voix, de se « dévoiler ». Edmond : L’envahissement du lieu sacré par la technologie. Après une longue journée devant un ordinateur, on peut désirer autre chose lors du service divin que de voir une publicité Microsoft projetée par erreur sur le buffet d’orgue ou entendre le bruit ridicule signalant la connexion de la sono…
Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ? Doris : J’aime beaucoup les chants à Marie. Ils occupent une place privilégiée dans ma vie. Elle m’a accompagnée dans toutes les périodes décisives. Edmond : Dans l’absolu, celle que, après un long travail, je maîtrise au mieux. Ceux qui ont chanté de la polyphonie vocale connaisse le plaisir de pouvoir tenir son registre, alors imaginez la volupté de pouvoir mener seul les « quatre registres » en les habitant pleinement !
Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ? Doris : A travers le chant et la musique, je me rapproche toujours plus de L’Essentiel (!). Il me remet en question sur ma façon d’être et d’agir. Il m’invite toujours plus à entrer en relation. Edmond : Contrairement à beaucoup d’autres religions, le catholicisme n’a pas développé de réticence excessive à l’utilisation de l’art musical même purement instrumental. L’Eglise a ainsi pris à son service les artistes. Loin de se laisser impressionner par les crises iconoclastes de la Réforme, l’Eglise a continué à miser sur le pouvoir des arts d’élever la spiritualité des fidèles et cela en dépit de certains textes de la Bible ou de certains Pères. Ainsi, pratiquer la musique dans des lieux tels que l’église de Martigny-Ville ou la cathédrale de Sion m’apporte des émotions toujours renouvelées.
Doris Sauthier dirige le Chœur des Familles, ici lors de la fête paroissiale en septembre 2018.
En écho au thème proposé par les Editions Saint-Augustin, trois parents s’expriment sur leur deuil suite aux fausses couches. Tous ont gardé une place pour leur enfant dans leur cœur de parents et dans leur famille.
Propos recueillis par Sandrine Mayoraz | Photo : DR
Fausse couche, vrai bébé ?
Dans les années 90, on ne parlait pas du fœtus comme d’un enfant. Moi, je le considère comme un enfant. Après l’intervention, en salle de réveil, deux mondes se côtoient : j’ai perdu mon cinquième bébé et je pleure. La femme à côté s’étonne de mes larmes : elle vient d’avorter de son troisième. Je me suis sentie jugée et vraiment déséquilibrée ou anormale. Mes trois fausses couches ont été physiquement violentes, toujours avec une hospitalisation. C’est un deuil. Un vrai. « Se dire, c’est fini, il n’y a plus de bébé », c’est une première étape. Ni échographie, ni prénom, ni corps – on ne connaissait pas le sexe – je garde leur souvenir dans ma mémoire.
Mes enfants ont chacun leur place dans la fratrie. C’est important que ceux qui n’ont pas grandi font partie de la famille. Je ne supporte pas qu’on sous-entende que ce ne sont pas des enfants : ils ont été désirés, attendus – peu de temps mais attendus vraiment – et ils sont aimés. Je n’ai aucun doute sur le fait que Dieu les a accueillis auprès de lui.
Un jour, chez ma gynécologue, j’annonce que c’est mon sixième, puis je me reprends : j’ai quatre enfants à la maison. Et l’assistante m’a dit : « Oui, vous avez raison, c’est votre sixième enfant. » J’étais légitimée dans mon cœur de maman, j’avais enfin le droit de parler de mes bébés partis trop vite. Leur vie, si courte fut-elle, a enfin de la valeur.
Un deuil sans corps
Enceinte, je connaissais les statistiques sur les fausses couches. Pour moi, il n’y a qu’une seule statistique : 100 % de mon bébé est mort. Une copine m’a dit : « Tu peux en parler à ma sœur, elle l’a aussi vécu. » J’ai eu l’impression qu’un monde s’ouvrait à moi : tant de femmes ont connu cette douleur. Et moi, est-ce que j’étais une maman ? Ces échanges sans tabou m’ont aidée et soutenue.
Dans l’Eglise, on a des mots : la communion des saints, la vie éternelle. On reconnaît la vie dès sa conception, mais on n’a pas de rite pour ce deuil-là. J’ai eu besoin d’un geste. Alors j’ai acheté 13 fleurs pour les 13 semaines où j’ai porté cet enfant. Après une prière, je les ai jetées dans une rivière et je les ai regardées partir. Après ce rituel, j’ai retrouvé le sommeil. J’ai pu envisager sereinement une autre grossesse.
Papa concerné aussi
La première chose difficile, c’est l’annonce de la gynécologue. C’était à quelques jours de l’annonce officielle à la famille, c’était le premier petit-enfant de mes parents. On dit souvent que pour les pères, tant que le bébé n’est pas là, ce n’est pas concret. En fait, c’est faux : pour moi, j’avais déjà des projets, des idées de prénoms, un avenir avec ce bébé. Il y a déjà une présence remplissante. Le deuil que j’ai eu est perçu comme un fait divers par la plupart, alors que le deuil de la mère est reconnu de plus en plus.
Nous lui avons donné un prénom, nos enfants et nos proches le connaissent. J’ai écrit à mon bébé une lettre que j’ai lue durant une cérémonie d’adieu. Mon message a été particulièrement difficile à dire à travers les larmes, mais c’était un soulagement et un apaisement. Verbaliser marque l’absence, l’adieu, mais paradoxalement atteste de son existence et de son passage dans nos vies.
« Partis avant d’avoir aimé, avant même d’avoir eu la vie, pour exister » chante Pierre Bachelet. La réalité des grossesses non arrivées à terme est un phénomène douloureux qui peut creuser de profondes cicatrices chez celles et ceux qui doivent le vivre. « Nous vous avions tant imaginés, dessinés avec nos sourires, nos espoirs et nos soupirs… nous nous réjouissions de vous tenir dans nos bras. »
Toutes ces vies qui se sont éteintes avant d’éclore, que sont-elles devenues ? Où faut-il les chercher maintenant ? Sur les gouttes de rosée ? Sur les ailes du vent ? Qui saura nous le dire ? En attendant, nous devons apprendre à aimer toute vie : celle qu’il y a dans l’herbe qui pousse, dans la fleur qui s’épanouit, dans l’oiseau qui chante.
Ces petits êtres si désirés, si attendus, où sont-ils maintenant ? Notre foi en Dieu nous permet de croire qu’ils ont traversé la vie sans que rien ni personne ne les arrête et qu’ils ont continué sur leur élan : ils ne sont plus dans la mort, ils n’y reposent pas. Ils l’ont traversée puisque la mort n’est qu’un instant. Dès maintenant, ils vivent sans fin. Ils sont à jamais reliés à ceux qui les ont aimés dès le moment de leur conception. Leur envol n’est pas une absence, plutôt une flamme qui diminue d’intensité à nos regards, mais sans jamais s’étouffer.
Lorsque vous lirez ces quelques lignes, je serai probablement de retour de mon pèlerinage en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle. Appelée à me mettre en marche, je suis partie du Puy-en-Velay à la mi-mars et je me suis mise à avaler les kilomètres de la Via Podiensis.
Un besoin de poésie – Je nourrissais cette envie de fouler la Via Podiensis depuis quelques années. A la fin de l’hiver, j’ai fait mon sac et j’ai commencé à marcher depuis le Puy-en-Velay. A cette période de l’année, les pèlerins se font encore très rares sur le chemin. Les paysages magnifiques se succèdent et les églises romanes qui les ponctuent me ravissent. Je marche parfois des heures, toute seule, sans côtoyer d’autres randonneurs. Chaque rencontre devient alors un événement. Je croise un paysan avec le visage aussi marqué que son champ. Il m’invite à boire un café. Lui non plus n’a pas interagi avec grand monde ces derniers mois.
Les rencontres chrétiennes – La vraie charité chrétienne se loge surtout dans les actes que les pèlerins posent entre eux. Nous partageons les mêmes galères physiques et logistiques. Les aléas de la météo nous cueillent tous équitablement. Quand l’un manque de quelque chose, l’autre pourvoit tout naturellement. Nous formons un vrai corps actif, une communauté mobile et avançons tous à notre rythme vers un but commun. Nous veillons au bien des autres, car nous nous sommes rencontrés dans le cœur. La beauté de ce chemin y prend sa source.
La légèreté de l’être – Au fur et à mesure du voyage, le sac semble s’alléger. Le corps s’habitue et la tête se vide. Il n’y a plus que les oiseaux à écouter. Je m’agite un peu car j’ai dû mal à simplement être et faire confiance. Le pèlerinage met l’emphase sur des problématiques déjà bien présentes dans nos vies et que nous nous efforçons de mettre sous le tapis. Pour ma part, c’est une Foi que je devais venir muscler, par cet effort physique et mental.
Si vous avez moins de temps et que vous souhaitez tout de même faire oraison, je ne peux que vous recommander chaudement les pèlerinages alpins organisés par l’Hospice du Grand-Saint-Bernard durant l’été.
Ce mois de mai va célébrer la collision des mères et des médias. Ce choc n’est pas nouveau. Il n’y a qu’à voir la place que certains objets prennent dans lesdits médias : avortement, inégalités sociales, AVS, pour n’en citer que quelques-uns. Mais ceux-là, ce sont ceux dont tout le monde parle.
Je voudrais apporter plus d’éclairage sur les souffrances dont on parle un peu moins, pour ne pas dire pas assez : infertilité, fausses couches et les interminables procédures d’adoption entourées d’un silence assourdissant. Ne sont-elles pas aussi, ces détresses, des cris des « Mater Dolorosa » ?
Je crois, moi, que l’éclairage de ces douleurs vient de leur exposition, ou non, aux médias. Surtout de l’audience que ces « informateurs » peuvent en attendre. Le danger, en invoquant des sujets qui font appel aux convictions, c’est qu’il ne peut y avoir de consensus… donc, soit je suis un immonde rétrograde, soit je suis un assassin. Valeurs contre libertés, c’est la porte ouverte à tous les clivages, aux intégrismes de tous bords. Pas de débats, pas d’échanges, pas de compromis : quelle pauvreté…
A celles qui revendiquent de pouvoir gérer leur corps, je répondrais que la liberté totale n’existe pas : on peut choisir de mourir, on ne peut pas choisir de naitre, comme on ne choisit pas d’être stérile. La liberté dont vous rêvez ne se trouve pas dans le droit de faire n’importe quoi. Cette liberté s’arrête où commence celle des autres. C’est peut-être une lapalissade, mais qui devrait trouver un écho encore plus fort chez nous, chrétiens. Le pape François va même plus loin : la liberté est dans le service. Ses paroles sont les prolongements ultimes de ce fameux adage.
Les arguments des défenseurs de la vie « à tout prix », ils sont connus de tous et toutes. Admirables sur le fond, ces valeurs ne peuvent et ne doivent pas être imposées. Car imposer c’est déjà juger, juger c’est contrôler et parfois même punir. Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas de m’opposer à ces valeurs chrétiennes, il s’agit juste de les hiérarchiser : aimer avant de légiférer, servir avant d’ordonner. Pour éviter de répéter les haines de l’Histoire… Pour oser un nouveau chemin plus… apaisé. Bonne lecture.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud, est l’auteur de cette carte blanche.
Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud Photos : cath.ch, DR
Le 1er février dernier, nous avons fait mémoire du dramatique appel de l’abbé Pierre adressé sur les ondes en 1954 à la suite du décès d’une femme sans logement en France. Cette réalité demeure actuelle aussi en Suisse romande.
Cet évènement m’a amené à reprendre un livre de l’abbé Pierre « La Fraternité »1. Il est paru en 1979 à l’occasion des 50 ans de la fondation d’Emmaüs. Quelle vision prophétique émerge des propos de l’abbé ! Elle est simple et profonde. Il dénonce des situations de misère et d’injustice. Il annonce un horizon nouveau en comptant sur l’engagement de tous. L’abbé Pierre nous invite à un choix radical. « Ces deux voies sont très claires : moi sans les autres ou moi avec les autres. Etre heureux sans les autres ou être heureux avec les autres. Etre suffisant ou être communiant. »
Un double écho a résonné en moi… du côté de la vie de Jésus et de l’appel du pape François à travers son encyclique « Tous frères ». Avons-nous pris conscience que Jésus nous invite à devenir des sœurs et des frères ? Simplement considérer toute personne comme une sœur ou un frère amène une transformation radicale en soi et dans la relation. C’est un long apprentissage vers la Vie. Les histoires des douze fils de Jacob et des douze apôtres nous indiquent les écueils à surmonter, le temps nécessaire, les changements à vivre sous la conduite de l’Esprit Saint.
Au centre de son texte, le pape François nous offre une relecture d’une parabole connue, mais « adoucie »… Il l’intitule « un étranger sur le chemin » et non le « bon samaritain » ! Si nous souffrons, qu’attendons-nous de celui qui s’approche ? Choisissons-nous d’ouvrir les yeux et notre cœur pour permettre à celui qui souffre de trouver sa place dans la fraternité universelle ? Cette fraternité n’est-elle pas la grande voie pour œuvrer à la paix, témoigner de l’espérance, œuvrer au devenir d’une Eglise synodale et vivre sa vocation baptismale ?
Par l’abbé Bernard Alassani Photo : André Bise | Dessin : Bernadette Lopez
Plusieurs fêtes se déroulent durant la période pascale. Nous avons entre autres la Pentecôte qui termine le temps pascal. D’origine grec, la Pentecôte signifie « cinquante ». Elle se fête cinquante jours après Pâques.
C’est une fête religieuse qui permet de commémorer la descente de l’Esprit Saint parmi les apôtres, la réalisation de la promesse de Jésus faite à ses disciples « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 12) ou « quand viendra, le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15, 26-27).
La Pentecôte représente le couronnement du temps pascal, qui dure sept semaines et commence le Vendredi saint.
L’événement de la Pentecôte ne peut être compris qu’en lien avec Pâques et l’Ascension. Jésus est mort pour le salut du monde (le Vendredi saint), ressuscité le jour de Pâques, et monté au ciel vers le Père (à l’Ascension).
La Pentecôte a son origine dans le peuple juif. Bien avant Jésus-Christ, de nombreux croyants venaient en pèlerinage vers le temple de Jérusalem. Ils venaient remercier Dieu pour tous ses dons : la terre, la loi de l’alliance et les promesses des prophètes.
Lors de la fête de la Pentecôte, les apôtres découvrent que Dieu donne aussi Jésus comme sauveur et l’Esprit Saint comme source de vie nouvelle. Comme promesse fait par le Christ ressuscité : l’Esprit Saint. L’union des cœurs dans la charité et l’unité des esprits dans la vérité. Trois signes manifestent sa présence : les langues de feu, le vent, la colombe.
Souvenez-vous, en automne 2015, avec l’arrivée de requérants d’asile venant de Syrie, notre évêque, Mgr Jean-Marie Lovey, lance un appel à la solidarité des Eglises et des mouvements citoyens. Un groupe de bénévoles, issus des paroisses catholiques et protestante de Monthey, se met à l’œuvre et prend le nom de GOAR. Jacqueline Rigamonti coordonne les diverses facettes de l’engagement : cours de français, contacts avec l’office de l’asile, suivi des bénévoles, accompagnements des familles.
Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR
Cette situation de 2015 donne une visibilité, légitime et démocratise en quelque sorte ces actes d’accueil qui sont déjà réalisés de manière spontanée et informelle. En effet, à Monthey, le groupe Réfugié-Rencontre existe depuis 1996, fondé sous l’intuition du Curé Othon Mabillard. Cela fait donc plus de 30 ans que « Madame Jacqueline » – comme l’appellent ses amis étrangers – œuvre pour l’accueil aux réfugiés.
Vocation à l’autre
Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Jacqueline Rigamonti est sensible aux gens d’ailleurs. « Je n’ai jamais eu peur de l’autre, j’avais une idée positive au départ, explique-t-elle, cela n’empêche pas d’être lucide. » Diverses expériences nourrissent son enclin naturel à l’autre : un Père spiritain qui venait montrer des diapos, son métier qui l’a conduite à enseigner à la Vila Beata, école pour jeunes filles étrangères, à exercer du bénévolat au magasin du monde ou à la mise en route de la bibliothèque interculturelle de Monthey.
Elle a reçu une éducation religieuse plutôt formatée – il n’existait rien d’autre à l’époque – mais a rencontré des chrétiens qui ont ancré le message biblique dans des valeurs telles que la justice, le sens des autres ou la générosité. Ainsi, l’accueil fait partie de son ADN chrétien. Impensable pour elle, de se dire chrétienne sans répondre à cette Parole : « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. » (Mt 25, 35)
Au cœur de la mission : la rencontre
Jacqueline insuffle cet esprit dans le groupe, en répondant aux besoins humains et relationnels des personnes immigrées. « Le plus important c’est le contact régulier, la présence gratuite et l’amitié offerte », insiste Jacqueline, comme un écho à la parole : « Traitez l’étranger comme s’il était l’un des vôtres. Tu l’aimeras comme toi-même : car vous avez été vous-mêmes étrangers en Egypte. » Lv 19, 34 Petit à petit, le GOAR organise une aide aux devoirs, des lundis récréatifs durant l’été, des espaces de rencontres et par-dessus tout, le soutien aux familles. Mais rien n’est plus précieux que ce contact personnel et amical !
Merci !
Durant ces (presque) 30 ans d’engagement, Jacqueline bénéficie du soutien et de l’aide de son époux, Flaviano. « Il connait toutes les personnes que j’ai accompagnées », dit-elle en regardant les souvenirs défiler sur son téléphone. Aujourd’hui, elle passe le flambeau, avec le souhait que le GOAR grandisse avec d’autres. On ne remplace pas « Madame Jacqueline », mais plusieurs lui succèdent avec une répartition des responsabilités. Nous les remercions de poursuivre leur précieux engagement.
Les paroisses de Monthey-Choëx trouvent ici une occasion de remercier sincèrement Jacqueline Rigamonti. Merci Jacqueline pour ta fidélité dans l’engagement et ton audace. Merci d’avoir déployé au sein du groupe Réfugiés-Rencontres et du GOAR tes idées, ton temps sans compter et tes valeurs humaines et spirituelles. Merci d’être une témoin du Christ qui va à la rencontre de chacun.
Pourquoi la prière d’ouverture s’appelle « collecte » ? * La prière d’ouverture qui change à chaque messe prend place après le Kyrie ou le Gloria. Normalement, un temps de silence la précède pour permettre à chacun de prier personnellement dans son cœur, avant que le prêtre ne rassemble ces prières et prie au nom de tous. Voilà pourquoi, elle porte le nom de « collecte », parce qu’elle collecte et réunit les diverses demandes des fidèles en une seule prière que le prêtre présente à Dieu au nom de la communauté.
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
Deux religieux avaient obtenu la permission de leur Abbé de participer à une noce familiale. Ils revinrent au couvent en ayant légèrement abusé de la dive bouteille. Comme il était déjà tard et que nos deux compères, visiblement éméchés, voulaient éviter à tout prix de croiser leur Abbé dans les couloirs, l’un des deux dit à l’autre : – Va devant, fais quelques pas et je verrai si tu marches droit ! Après cela, le marcheur revient vers son confrère et lui demande le résultat du test. Celui-ci répondit : – Oui, tu marches droit, mais qui était donc celui qui marchait avec toi ?
De lui, on peut d’emblée dire qu’il a la foi chevillée au corps ! Elle le fait vibrer. Colin Mosengo, jeune père de famille de Vuissens, vient d’accepter un double engagement paroissial. Rencontre à Lausanne où il se rend quotidiennement pour son travail.
Texte et photo par Claude Jenny
Récemment, Colin Mosengo a suivi la formation pour devenir auxiliaire de l’eucharistie, qu’il ira porter le dimanche à l’hôpital d’Estavayer. « Je me réjouis de vivre cette mission au service des autres » dit-il. Il a aussi été désigné pour remplacer Jacques Monnard comme représentant de notre paroisse au sein du Conseil pastoral cantonal, un organe qui va reprendre son rôle de liant au niveau de toute la communauté catholique fribourgeoise.
Ce Staviacois a toujours trempé dans le bain catholique, notamment par sa maman qui a été membre du Conseil de communauté du chef-lieu. Formé au travail social, bachelor en poche, il a œuvré d’abord dans l’accompagnement de personnes marginales. Puis il a bifurqué professionnellement. Si son activité est aujourd’hui de traquer ceux qui font du mal aux autres, il inscrit ce parcours professionnel dans une démarche qui n’est pas incompatible avec son engagement de chrétien. « Il faut faire face à une certaine perversion du mal dans la société et la personne qui est dans la faute doit d’abord le reconnaître, pour pouvoir éventuellement être pardonnée par la suite. Je peux agir de diverses manières envers les autres, mais aussi dans un but de faire de la prévention, d’œuvrer dans la bienveillance et la recherche du « bien vivre ensemble ».
Son métier, il le pratique une médaille de la Vierge autour de son cou et avec une icône qui illumine son bureau. Lorsqu’il n’est pas au cœur d’un monde dur professionnellement, il aime aller se ressourcer. Entrer dans une église, vivre un temps d’adoration. « J’aime les sacrements, et particulièrement celui du pardon car si Dieu nous pardonne nos fautes, c’est pour que nous sachions aussi le faire. »
Ne pas quitter le bateau !
Dans cette Eglise bien secouée, Colin Mosengo se dit content que l’abcès soit en train d’être crevé car, dit-il, « on peut pardonner mais on ne peut pas cacher ce que l’on a fait de mal. Il faut donc que la vérité éclate au grand jour. Il faut passer par ce « nettoyage interne » ». Mais, s’empresse-t-il de préciser, il ne faut pas quitter le bateau ! « Bien au contraire ! Il faut rester à bord parce qu’un renouveau est possible. L’Eglise doit garder ses traditions et notamment toutes ses richesses liées aux sacrements. Mais elle peut aussi évoluer sans rien enlever à la puissance d’amour du Christ. L’Eglise appartient au peuple de Dieu. Pas à la hiérarchie. Il faut donc oser demander. J’aimerais que notre Eglise retrouve davantage de joie et que ses cérémonies soient davantage des manifestations de joie partagée. »
Colin Mosengo est un témoin engagé. On le sent habité d’une ferme volonté de vouloir faire avancer le bateau. Un rôle de pilote qu’il accomplissait aussi lorsqu’il était aux commandes de la vedette de la Société de sauvetage d’Estavayer !
Les enfants de 4H de Collombey et de Muraz, inscrits au parcours de préparation au sacrement du Pardon, ont bénéficié pour la première fois de ce beau et grand sacrement le 2 février (à Collombey) et le 9 février (à Muraz). C’est l’occasion, sous forme d’une interview, de faire le point sur ce sacrement, avec les catéchistes engagées dans cette préparation.
Propos recueillis par Antonella Cimino et Béatrice Lucciarini | Photos : Jean-Michel Moix, Simone Lattion
Qu’est-ce que je trouve de beau ou de grand dans ce sacrement du Pardon ? Antonella : Ce que je trouve de beau et de grand c’est cette guérison ; le sacrement du Pardon guérit l’âme et le cœur ; cette tristesse et ce poids qui étaient présents, s’envolent pour laisser place à la paix. Béatrice : Pour moi, le sacrement du Pardon est le sacrement de l’Amour de Dieu. Il nous aide à vivre avec Lui et avec les autres. Il nous permet de mettre sa Parole dans notre vie.
En quoi, le sacrement du Pardon aide-t-il l’enfant à grandir dans la foi (chrétienne) ? Antonella : Il permet de se réconcilier avec Dieu, avec les autres ainsi qu’avec soi-même. Les enfants comprennent que ce sacrement est utile pour grandir dans la foi, ils peuvent le demander à chaque fois qu’ils veulent réparer le fil d’amitié qui a été cassé entre Dieu et les autres. Béatrice : Discuter de sa vie, sous l’angle de la foi, avec un prêtre aide l’enfant à grandir.
Lors de la préparation des enfants à ce sacrement, quel message entendez-vous faire passer ? Antonella : Le message est que l’Amour de Dieu est sans limite. Son pardon nous transforme véritablement. Qu’il est bon de vivre dans le respect, le partage, la générosité, la vérité, l’amour… lorsque nous sommes pardonnés et que nous-mêmes nous pardonnons, nous nous rapprochons encore plus de l’autre, de Dieu. Béatrice : Le plus important est l’amour de Dieu. « Dieu t’aime très fort, plus que tu ne peux l’imaginer. Il veut que tu sois heureux. Il aime pardonner. » Cependant, je trouve très important que les enfants découvrent l’importance du pardon dans leur vie de tous les jours avec les autres : en famille, avec les copains, avec les adultes qu’ils côtoient. Et ceci indépendamment de toute conception chrétienne. Sans pardon, la vie « communautaire » est très difficile, voire impossible.
Pour quelles raisons, selon vous, le sacrement du Pardon est-il aujourd’hui délaissé voire oublié ? Antonella : Le sacrement du Pardon nous met dans l’humilité devant Dieu qui nous aime malgré toutes nos faiblesses ; cette rencontre est essentielle. Peut-être que certains ne voient pas leurs péchés donc ils n’éprouvent pas le besoin de se confesser. Béatrice : Notre société individualiste ne voit pas l’« utilité » du sacrement du Pardon et du dialogue avec le prêtre. Nos contemporains ont de la difficulté à se reconnaître pécheurs.
Qu’est-ce que ce sacrement nous dit sur Dieu, sur nous-mêmes ? Antonella : Le psaume 147, 3 nous dit : « Dieu est celui qui guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures. » Il le fait à travers le sacrement de la réconciliation. C’est seulement si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur et avec nos frères que nous pouvons être vraiment en paix. Béatrice : Il nous révèle ce que nous dit l’Evangile de Jésus : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à moi ne marchera pas dans les ténèbres ; mais il aura la lumière qui conduit à la vie. » (Jean 8, 12)
Messe paroissiale de la « Fête du Pardon » à Collombey en remerciement pour le don sacramentel du Pardon de Dieu.
L’intelligence artificielle (IA) grignote chaque jour un peu plus d’espace dans nos vies. Porteuse de promesses dans certains domaines tels que la recherche médicale, elle ne cesse de générer craintes et mises en garde, et ce, jusqu’au Vatican. Eclairage avec Ezekiel Kwetchi Takam, dont les travaux explorent les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle.
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer
Pour le chercheur, le futur nous appartient.
Cette année, les débats du Forum économique mondial (WEF) portaient sur l’intelligence artificielle et sa régulation. L’IA est considérée comme l’un des principaux risques de la prochaine décennie. Qu’en pensez-vous ? L’intelligence artificielle est bien l’un des plus grands dangers de la prochaine décennie, mais pas pour les raisons apocalyptiques et extinctionnistes auxquelles nous pensons. Ce discours-là est essentiellement articulé autour d’un questionnement existentiel de l’intelligence artificielle, alors que les enjeux concrets se déploient déjà. Elle est dangereuse, non pas parce qu’elle anéantirait la civilisation humaine suivant un schéma de science-fiction, mais en raison de ses impacts écologiques, économiques et humains. Prenons l’écologie. L’énergie nécessaire à la puissance de calcul pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle populaire aujourd’hui représentera 14 % des émissions totales de CO2 en 2040.
L’ONU souhaite la création d’un pacte mondial pour le numérique, or il existe aujourd’hui au moins sept cents politiques d’encadrement de l’intelligence artificielle avec des priorités et des systèmes de valeurs différentes. On s’en sort comment ? L’existence d’une pluralité de chartes éthiques n’est pas véritablement un problème, à condition qu’il existe une réelle redistribution de ses chartes dans les différentes régions du monde. En d’autres termes, il faudra que toutes les régions du monde puissent produire des chartes qui s’inscrivent dans leur réalité socioculturelle. L’initiative de l’ONU serait alors fructueuse, d’une part, si elle se libère de cette naïveté de croire qu’elle pourra produire un pacte mondial et d’autre part en capabilisant toutes les régions du globe afin qu’elles puissent penser des réflexions éthiques sur l’intelligence artificielle et les partager sur une plateforme gérée par l’ONU où ces différentes visions pourraient entrer en dialogue.
OpenAI [développeur de ChatGPT] vient de révéler le démarrage d’une collaboration avec le département américain de la défense. Les sept péchés capitaux rapportent apparemment plus que le développement d’une IA « éthique » ? Absolument et c’est très révélateur de cette idéologie accélérationniste et technocapitaliste qui sous-tend le développement des intelligences artificielles. Au sein de OpenAI, deux visions du futur de l’intelligence artificielle se confrontent. Ceux qui souhaitent la ralentir, car elle pourrait poser de grands défis à l’avenir et ceux qui la considèrent comme une possible solution à tous les maux de l’humanité. Le CEO, Sam Altman, semble faire partie de cette catégorie. Certes, dans ce discours, on peut ressentir une certaine tonalité altruiste, mais au fond c’est une idéologie qui s’inscrit simplement dans un capitalisme néolibéral.
A l’occasion de la journée mondiale de la paix, le Pape a exhorté à un développement éthique de l’intelligence artificielle. Est-ce un vœu pieux de sa part ? Je trouve cette réflexion du Pape très pointue d’un point de vue conceptuel et très riche au niveau propositionnel. Ce n’est pas la première initiative du Pape en ce sens. Le Vatican a toujours été très précurseur dans les réflexions autour de l’éthique de l’intelligence artificielle. Déjà en 2020, l’Académie pontificale pour la vie avait publié L’appel de Rome pour une éthique de l’IA, entérinée par plusieurs entreprises dans le domaine dont IBM et Microsoft. Ce n’est donc pour moi pas un vœu pieux, car dans notre société, le futur nous appartient, il est le résultat de notre volonté. Le plus important est d’avoir des volontés réalistes, innovantes et disruptives et cet appel s’inscrit dans ce dynamisme-là. L’essentiel serait maintenant de savoir si nous avons la volonté de porter ce dessein à son stade de réalisation et là, c’est un choix qui nous appartient.
Bio express
Ezekiel Kwetchi Takam est né en 1998 à Bertoua (au Cameroun). Il est doctorant en éthique théologique à l’Université de Genève. Ses travaux explorent, sous une perspective théologique, les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle. Outre ses recherches, il propose conférences et accompagnement des entreprises souhaitant répondre éthiquement aux problématiques posées par ces nouvelles formes d’intelligence.
Le jeudi 25 avril prochain, à 19h30, au centre des Focolari, à Montet, aura lieu l’habituelle assemblée paroissiale de printemps destinée à présenter les comptes de fonctionnement de l’année dernière ainsi que les comptes d’investissement également de 2023.
Un « point pastoral » figure également à l’ordre du jour et l’assemblée – selon une habitude désormais – pourra entendre une présentation d’une confrérie active sur le territoire paroissial. Ce sera au tour de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel de se faire connaître par l’intermédiaire de son président André Butty.
Cette assemblée est publique et donc ouverte à tous les membres de la paroisse (cjy)
• Fête paroissiale le 22 septembre à Bussy
Une date à réserver dans l’agenda : le dimanche 22 septembre ! Comme l’année dernière, une fête paroissiale – avec une messe unique pour toute la paroisse pour le démarrage de la nouvelle année pastorale – aura lieu cette année à l’église de Bussy. L’occasion, comme l’année dernière à Cheyres, de vivre une célébration commune à toutes les communautés et de passer un moment convivial. (cjy)
• Appel décisif pour 15 enfants de notre paroisse
Samedi 24 février, plus de 130 enfants de tout le canton, dont 15 de notre paroisse, ont vécu l’appel décisif en vue de leur prochain baptême en avril. Cette étape importante a été célébrée à l’église Saint-Pierre de Fribourg en présence de plusieurs prêtres, des parents et futurs parrains et marraines de ces enfants. (gd / photo LDD)
• Rendez-vous lacustre le 11 août pour la Saint-Laurent
Fêter la Saint-Laurent est une tradition bien vivante à Estavayer que la Confrérie des pêcheurs s’emploie à conserver avec ferveur en intronisant les nouveaux membres à l’occasion d’une messe en plein air sur la place Nova Friburgo, suivie de la bénédiction des embarcations et d’une partie conviviale avec friture, etc. Saint Laurent étant le saint patron de notre paroisse, l’équipe pastorale vous donne rendez-vous le dimanche 11 août pour cette unique messe au bord du lac en cas de beau temps et à la collégiale si le temps est maussade. (gd / photo Georges Losey)
« Le truc le plus fou que je fais dans ma vie ! » C’est la manière dont en parle Olivier, un adorateur des 40 heures de Savièse, qui se lève la nuit une fois par mois pour aller passer une heure seul dans l’église avec le Saint-Sacrement.
Texte et photos par Valentin Roduit
Pourquoi 40 heures ? 40 ans, c’est la traversée du désert par les hébreux ; 40 jours, c’est le déluge au temps de Noé et le temps que Jésus passe au désert. C’est aussi notre Carême, temps pour se préparer à la grande fête de Pâques ; 40 heures, c’est un temps de prière que peut donner une communauté au Christ pour en recevoir de belles grâces. La tradition a commencé il y a 450 ans à Milan, introduite et popularisée par saint Philippe Neri à Rome. L’idée était : 40 heures de prière avant le début du Carême, en réparation du mal commis à carnaval.
40 heures de prière à la suite, c’est beaucoup ! La tradition veut que les croyants se relaient en présence du Saint-Sacrement exposé. La petite tradition rejoint la grande, puisque les sœurs du Monastère des Bernardines ont proposé longtemps une nuit d’adoration tous les premiers vendredis du mois. A Collombey, nous adorons tous les vendredis de 20h à 21h. Une adoration prolongée permettra que chacun passe un temps privilégié avec le Seigneur, relié aux autres adorateurs.
A quelle date, ces 40 heures ? Cette année, les 40 heures démarrent à Collombey, du jeudi 2 au samedi 4 mai 2024, pile à mi-chemin entre Pâques et la Fête-Dieu. Ce temps privilégié de prière nous permettra de reconnaître la présence du ressuscité dans l’Eucharistie. Ce sera aussi le week-end des premières communions, nous pourrons porter spécialement les enfants qui recevront pour la première fois le Seigneur le dimanche 5 mai à Collombey ou le jeudi 9 mai à Muraz.
40 heures, ça demande 40 personnes ? Un temps de prière seul avec le bon Dieu, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Les 40 heures existent déjà dans d’autres paroisses. Chacun s’engage pour une heure et les adorateurs forment une chaîne humaine. Un « Je vous salue Marie » prié ensemble permet de passer le relais entre les adorateurs. Un livret d’intentions permettra de confier ce qu’on a sur le cœur aux autres adorateurs.
Comment faire pour participer aux 40 heures ? Seul, à deux ou en famille, inscrivez-vous pour venir prier une heure dans la belle chapelle du Monastère de Collombey. Dans un premier temps, vous pouvez sélectionner une tranche de journée, puis nous attribuerons les horaires. N’importe quelle heure du jour ou de la nuit entre le jeudi soir 19h et le samedi 11h. A vous de jouer : Est-ce que vous pensez que ce sera plus difficile de trouver des adorateurs pour le jour ou la nuit ?
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