Frédéric Fays: un papa habité d’une foi heureuse

Frédéric Fays et sa fille Naomi à la sortie du baptême.

Papa de trois enfants, Frédéric Fays est un homme croyant et pratiquant. Selon lui, les enfants ne nous appartiennent pas. C’est ainsi qu’il leur a toujours laissé le choix dans leur vie et leurs loisirs, tout en les conseillant, y compris en ce qui concerne la foi. « Si tu veux la liberté pour toi, dit-il, il faut la laisser aux autres ! »

Texte et photo par Gérard Dévaud 

C’est dans cette dynamique qu’il y a quelques années, un de ses fils, Roméo, a vécu le cheminement du catéchuménat et a demandé le baptême. Et l’an dernier, Naomi, sa dernière fille, a également souhaité vivre cette grande étape vers le baptême. Et c’est le samedi 27 avril dernier qu’elle a reçu ce sacrement, librement, et dans la joie !

Lorsque Naomi lui a émis son désir d’être baptisée, ce fut une grande joie pour lui, car c’était son désir à elle. Et quel bonheur pour lui, de la voir si épanouie, si investie le jour de son baptême ! 

Frédéric aime la religion « sans contrainte ». Il est habité d’une foi qui le soutient dans les épreuves et qui l’accompagne tout au long de sa vie. Même si parfois il ne pense pas à Dieu, il ne manque pas de le remercier régulièrement. Dieu est source d’Amour pour lui et son désir le plus fort, c’est être heureux en remplaçant la peur par l’amour. Mais l’essentiel pour lui, c’est de pouvoir partager et vivre cette conviction, car : « Quand tu rends les autres heureux, tu es réellement heureux ! »

«Le plus audacieux des vols!»

Comme des millions de téléspectateurs à travers le monde, le pape Paul VI regardait en direct à la TV les premiers pas de l’homme sur la lune en 1969.

Par Thierry Schelling | Photo : Vatican media

Paul VI était devant sa TV ce lundi 21 juillet 1969 alors que le premier alunissage était retransmis en direct : « Honneur à vous, hommes qui êtes artisans de la grande entreprise spatiale ! Honneur à tous ceux qui ont rendu possible le plus audacieux des vols ! » Il recevra Armstrong, Aldrin et Collins quelques mois plus tard, admiratif, au Vatican. 

Rencontre sur la Lune…

Plein d’enthousiasme, le Pape déclara : « L’homme, cette créature de Dieu, plus encore que la Lune mystérieuse, au centre de cette entreprise, se révèle. Il se révèle géant. Il se révèle divin, non en soi, mais dans son principe et son destin. Honneur à l’homme, honneur à sa dignité, à son esprit, à sa vie. » (Angélus du 13 juillet 1969)

Mais le Vatican observe les astres depuis le… XVIe siècle déjà ! Dans le cadre de la réforme du calendrier, le pape Grégoire XIII fait installer un observatoire dans les Jardins du Vatican, y invitant astrologues et scientifiques au cours des quatre prochains siècles, pour y étudier le firmament…

Atterrissage à Castel Gandolfo

La pollution et la sur-illumination de la Ville de Rome, en pleine expansion au cours du XXe siècle empêchent la netteté des travaux… et obligent au déménagement dans la résidence d’été du Pape, sur les hauteurs du Lac Albano et en campagne. Depuis lors, des Jésuites – comme à ses débuts – entretiennent l’ouvrage de découverte des cieux et, à l’invitation du pape François en 2023, ouvrent leurs portes pour des visites guidées des lieux et de leurs recherches… De quoi voyager dans la lune au frais du Saint-Siège !

Nous voici à l’été!

Par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo : DR

Nous voici rendus au mois de juin, et bientôt l’année scolaire touche à son terme, alors que les fêtes après Pâques (Pentecôte, Fête-Dieu) sont derrière nous et que les grandes vacances d’été se profilent.

En ce numéro de L’Essentiel, vous découvrez notamment les premiers communiants de nos paroisses : p. 7 sur Monthey et Choëx, p. 9 sur Collombey et Muraz, p. 13 sur le Haut-Lac. Puisse leur première communion être suivie de nombreuses autres et saintes communions ! 

En ce magazine, nous faisons aussi un retour sur les 40 heures d’adoration, initiative lancée par l’abbé Valentin Roduit, et qui s’est déroulée du 2 au 4 mai en la chapelle du Monastère de Collombey (p. 10). Puisse cette première expérience d’adoration eucharistique – qui est une bénédiction pour nos paroisses – se renouveler à l’avenir à Collombey ou dans son voisinage ! 

Ce mois de juin sera marqué entre autres événements par l’anniversaire de l’association « Les Colis du Cœur » qui fêtera, le 8 juin, à la salle de la Gare à Monthey, ses 30 ans de fondation. C’est l’occasion de nous rappeler qu’un réseau d’entraide et de solidarité répond à une nécessité face à la pauvreté ou à la précarité croissante de nombre de personnes.

Et puis nous vous présentons une petite rétrospective de la présence des sœurs de Saint-Joseph dans le Chablais valaisan, en particulier sur Monthey (pp. 4-6). Arrivées en 1878, les sœurs de Saint-Joseph prendront en effet congé de nos paroisses, le dimanche 23 juin, en la messe de 10h30 à Monthey. 

Si certaines communautés ferment des maisons, d’autres se développent ou sont renouvelées par de nouveaux membres. C’est le cas en la cure de Vouvry qui accueille des stagiaires spiritains. Nous ferons le point avec le Père Patrice Gasser (p. 12).

Chers lecteurs de notre journal interparoissial L’Essentiel, permettez-moi, avec toute l’équipe de rédaction, de vous souhaiter un bel été ! Que Jésus vous bénisse !

Reflets illustrés du Triduum pascal à la collégiale

En images, quelques reflets des célébrations du Triduum pascal, le Jeudi saint, le Vendredi saint et le Samedi saint.

Ne pas avoir peur du savoir

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Mgr Charles Morerod, évêque du diocèse de LGF
Photos  : cath.ch, DR

Grâce au progrès scientifique très rapide des derniers siècles, nous connaissons de mieux en mieux l’Univers, y compris nous-mêmes. Dans ce numéro, on parle d’astrophysique : elle nous permet non seulement de mieux connaître les étoiles et galaxies que l’on voyait depuis longtemps, mais aussi par exemple les trous noirs. Nous prenons conscience de notre extrême petitesse, sans d’ailleurs en tirer une grande modestie collective.

Il n’est pas toujours facile pour les croyants de mettre ces connaissances scientifiques en lien avec leur foi. Certes ils sont généralement heureux des progrès de la médecine, mais l’histoire du monde, de la vie, l’évolution demande un sérieux approfondissement de notre lecture des textes bibliques. Ce que la psychologie nous apprend de nous-mêmes requiert un effort identique dans le domaine moral.

Ce qui nous guide, c’est notre foi en un Dieu bon et créateur. C’est lui qui a fait cet Univers que nous découvrons, c’est aussi lui qui nous donne la capacité et la joie d’y comprendre quelque chose. Avoir peur du savoir, c’est douter des dons que Dieu nous fait.

Je reste marqué par ce qu’une mère m’a dit de sa fille, qui avait alors 8 ans. Le neveu de la femme en question était venu passer le week-end et la famille avait emmené à la messe ce garçon de 10 ans. A la sortie de la messe, le neveu dit : « Moi, je n’ai pas besoin d’aller à l’église, parce que je suis Dieu ! » Et sa cousine de lui répondre du tac au tac : « Regarde ces montagnes, c’est toi qui les as faites ? » Je vois dans cette géniale réplique comme un écho du Psaume 8 : « Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte. A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? »

Les Sœurs de Saint-Joseph à Monthey

Les Sœurs de Saint-Joseph sont sur leur départ. En raison de leur âge, du manque de relève et de circonstances imprévues, le Conseil Général de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy a pris la décision de fermer la dernière maison à Monthey en été 2024. Retour sur leur présence, à Monthey et dans le Chablais depuis 1878, avec Sœur Claude.

Par Sœur Claude | Photos : Centenaire Saint-Joseph/Monthey 1878, Jean-Michel Moix, DR

De 1650, date de notre fondation au Puy en Velay (FR), jusqu’à nos jours, les Sœurs de Saint-Joseph sont appelées, par leur charisme, à aller de préférence vers les plus démunis et les plus délaissés. C’était bien le cas au XVIIe siècle, lorsque des jeunes traînaient dans la rue, sans instruction, des malades et vieillards languissaient, faute de soins ; combien de pauvres attendaient une aumône ! Et des prisonniers, une écoute ! L’Etat, à cette époque, n’avait pas encore pris en charge ces catégories de la société. Par la ferveur de quelques femmes, doublée d’ingéniosité, écoles, hôtels-Dieu, hospices, se multiplièrent peu à peu dans la région du Puy et au-delà. Si les structures sociales ont évolué au cours du temps, les situations de détresse n’en demeurent pas moins actuelles sous d’autres formes. Nos Sœurs en Inde et en Afrique en témoignent auprès des nombreux pauvres de leur population, des sidéens, des tribus défavorisées…

Mais remontons le cours de notre histoire ici à Monthey. Dernier maillon de notre longue chaîne d’histoire en Suisse, nous repassons, non sans émotion, mais avec gratitude, les étapes parcourues par nos devancières. Venues de Bourg en 1836 pour prendre en mains l’éducation des jeunes Montheysannes, puis de Champagnole en 1857, des Sœurs de Saint-Joseph ont balisé de loin notre chemin. Pour répondre aux besoins du temps, une Ecole libre fut créée, mais il manquait des enseignantes. Les autorités civiles et religieuses de Monthey, par l’intermédiaire de M. Cyprien Barlatey et de Mgr Bagnoud, s’adressèrent alors à la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph d’Annecy pour obtenir des Religieuses.

Arrivées à Monthey le 28 octobre 1878, les Sœurs s’installèrent à la ruelle des Anges dans la Maison Breisacher, où elles ouvrirent une Ecole de degré primaire. Celle-ci ne comptait au début que six élèves. Trois mois après l’ouverture, le nombre passait à 65. L’institution, bien qu’à l’étroit, y demeura cependant vingt-cinq ans. Par la suite, il devint peu à peu inconcevable d’enseigner dans un bâtiment sans cour, ni jardin. C’est pourquoi, en 1902, on entreprit des travaux de construction d’une nouvelle école sur les terrains actuels au Cotterg. Les élèves s’y installèrent à la fin décembre 1903. Venues pour enseigner aux filles du degré primaire, les Sœurs de Saint-Joseph recueillirent, en 1904, les élèves de deux pensionnats français et créèrent une école ménagère, qui deviendra officielle en 1951. En 1908 déjà, on ajoute un nouveau bâtiment appelé « l’Externat », qui abrita des classes primaires durant des décennies. Beaucoup s’en souviennent encore. D’ailleurs, il a simplement changé de nom. Comme le Pensionnat français venait de retourner en Haute Savoie en 1940, les sœurs accentuèrent leur effort au service de la région et du pays en inaugurant un enseignement commercial reconnu par le canton en 1954 et par la Confédération en 1977. Une grande nouveauté modifia le visage de l’Ecole en 1976 par l’accueil de la mixité. 

Puis, le grand mouvement qui bouscula les structures de l’Ecole Valaisanne remit en question  les choix de l’Institution. L’Ecole Secondaire devint officielle, les classes primaires, communales. Et conjointement, la diminution du nombre de religieuses força le destin, de part et d’autre. ll fallut quitter l’enseignement au degré primaire en 1978, l’Ecole supérieure de Commerce en 2001, alors qu’elle était en pleine voie de développement par l’introduction de la Maturité professionnelle et de la nouvelle section EDD préparant aux domaines de la santé et du service social.

Les bâtiments, eux, restent toujours au service de la jeunesse, témoins d’un passé  constructif. Et cela nous réconforte et nous réjouit. Restent aussi témoins d’une présence active des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey : l’Hôpital, devenu aujourd’hui une clinique de réadaptation, et l’EMS les « Tilleuls » où Sœur Bénédicte accompagna nombre de Résidents jusqu’à leur dernier souffle et, à trois semaines près, jusqu’à sa mort en 1999. 

La diversité des activités au service de la communauté régionale a conduit les Sœurs de Saint-Joseph au « Préventorium » de Val-d’Illiez, à Champéry et Aigle dans l’enseignement primaire, à La Tour-de-Peilz pour l’accueil d’hôtes en repos. Au terme de cette longue histoire, le petit noyau resté à Monthey s’est rendu disponible aux besoins de la Paroisse, des jeunes en attente d’un appui scolaire, des personnes âgées aux Tilleuls et à domicile,  des Réfugiés…

Un manque de relève, l’avancée en âge, des circonstances imprévues de logement, ont déterminé le Conseil Général de notre Congrégation à prendre une décision douloureuse, mais certainement réaliste : la fermeture de notre communauté religieuse de Monthey, la seule restante en Suisse.

Après 146 ans de présence dans le Chablais valaisan, nous quitterons le territoire helvétique pour nous rendre en France voisine dans le Diocèse d’Annecy, où se situent notre Maison Mère et quelques communautés. Tant de liens tissés avec une population devenue pour nous comme une seconde famille, tant de visages rencontrés dans nos écoles, à l’hôpital, aux Tilleuls, dans la Paroisse… demeurent pour nous un trésor vivant. Tout ce passé, nous l’emportons dans notre mémoire et plus encore dans notre cœur. Et si des traces de notre passage subsistent dans l’histoire chablaisienne, qu’elles rappellent aux uns et aux autres ce qui réunit au-delà du temps !

Présentation des trois Sœurs

La communauté des Sœurs de Saint-Joseph à Monthey compte actuellement trois membres en cette année 2024, de gauche à droite : Sœur Marie-Louise, Sœur Marie-Odile, Sœur Claude.

Sœur Marie-Odile
Originaire de Rumilly, elle a rejoint la communauté de Monthey en août 2022. Elle dit avec joie avoir découvert le visage de l’œcuménisme. Auparavant, elle a enseigné la culture générale et l’économie ménagère, puis elle a travaillé à l’accueil d’un collège (pour les élèves de 11 à 15 ans) et au secrétariat pour les Sœurs de la Province.

Sœur Claude
Originaire de Vouvry, elle arrive à Monthey dans les années 1960. Par sa formation à l’enseignement, elle exerce d’abord son activité professionnelle à l’Ecole Secondaire du Pensionnat Saint-Joseph, puis au Cycle d’Orientation de Monthey. Elle est ensuite appelée à prendre la Direction de l’Ecole supérieure de Commerce jusqu’à sa retraite en septembre 2001. Depuis, elle se rend disponible à des services en Paroisse et dans la localité. 

Sœur Marie-Louise
Elle est originaire de Thônes, à 20 kilomètres d’Annecy. Elle est venue prendre sa « retraite » à Monthey en juin 2021. Précédemment, elle a enseigné les mathématiques et l’économie, puis a séjourné en Afrique, au Sénégal ; sa nomination à l’Economat général de la Congrégation l’a rappelée à Annecy, où elle demeura jusqu’à sa retraite.

Messe d’Adieu et d’Action de grâce

Présentes à Monthey et dans le Chablais valaisan depuis 1878, les Sœurs de Saint-Joseph prendront officiellement congé des Montheysans et Chablaisiens en la messe du dimanche 23 juin, célébrée en l’église paroissiale de Monthey à 10h30. 

La Bible au quotidien : la première lettre de Jean

Par Isabel Laranjeira et Philippe Ehrenzeller 
Photo : DR

« Celui qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. » (1 Jn 4, 8)

La première lettre de Jean s’adresse aux chrétiens d’une communauté d’Asie mineure pour les encourager à rétablir la communion entre eux car ils sont divisés par des doctrines différentes. 

L’auteur les exhorte à garder à l’esprit ce qui a été proclamé « depuis le début » de la prédication chrétienne. Il répète ce que les premiers disciples ont vu, entendu et touché de leurs propres mains en vivant avec le Seigneur, afin que cette communauté puisse, elle aussi, être en communion avec eux et donc aussi avec Jésus et le Père 1.

Pour rappeler l’essence de la révélation reçue, l’auteur souligne qu’en Jésus, Dieu nous a d’abord aimés, assumant jusqu’au bout l’existence humaine avec toutes ses limites et ses faiblesses. Sur la croix, Jésus a partagé et vécu dans sa chair notre séparation d’avec le Père. En se donnant tout entier, il l’a guérie par un amour sans limites ni conditions. Il nous a montré ce qu’est l’amour par ses paroles et par sa vie.

Par l’exemple de Jésus, nous comprenons que l’amour véritable implique le courage, l’effort et le risque d’être confronté à l’adversité et à la souffrance.

Comment vivre cet amour qui vient de Dieu ?…

Santa se rend souvent dans une résidence pour personnes âgées, une maison d’inspiration chrétienne. Un jour, avec Roberta, elle rencontre Aldo, un homme riche et très cultivé. Aldo regarde les deux jeunes femmes d’un air sombre : « Pourquoi venez-vous ici ? Que nous voulez-vous ? Laissez-nous mourir en paix ! » Santa garde son sang-froid et lui dit : « Nous sommes ici pour vous, pour passer quelques heures ensemble, pour faire connaissance, pour devenir amis ». […]

Elles reviennent ensuite plusieurs fois. Roberta raconte : « Au début, cet homme était particulièrement fermé, très abattu. Il ne croyait pas en Dieu. Santa était la seule à pouvoir pénétrer un peu dans son cœur, avec beaucoup de délicatesse, en l’écoutant pendant des heures. » Elle priait pour lui et, un jour, elle lui offrit un livret de prières, qu’il accepta. « Plus tard, Santa apprit qu’Aldo était mort en disant son nom. La douleur provoquée par l’annonce de sa mort fut atténuée par le fait qu’il était parti paisiblement, en tenant dans ses mains ce livret qu’elle lui avait offert quelque temps auparavant. » 2  

1 Cf. 1 Jn 1 : 1-3  
2 P. Lubrano, Un volo sempre più alto. La vita di Santa Scorese, Città Nuova, Rome 2003, pp. 83-84, 107

Jeux, jeunes et humour – juin 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi avant la proclamation de l’Evangile traçons-nous trois croix ? *
En traçant une croix avec notre pouce sur le front, la bouche et le cœur, nous demandons au Seigneur que sa Parole vienne toucher notre intelligence, qu’il nous donne la force de la répandre à notre tour et de la conserver au plus profond de nous à l’instar de Marie qui « gardait dans son cœur tous ces événements » (Lc 2, 51).

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

M. le Curé avait lancé un appel : il cherchait un tronc d’arbre pour faire sculpter la statue d’un saint. Une paysanne avait dit à son mari : « Il n’y a qu’à lui donner notre noyer, il n’a jamais donné aucune noix. » Quelque temps plus tard, alors que la statue du saint trônait fièrement dans l’église, la paysanne vint prier le saint pour lui demander de guérir sa vache malade. Malheureusement, au lieu de guérir, la vache finit par crever. Levant la tête vers la statue du saint, elle lui dit : « Tu ne valais rien en noyer, tu ne vaux pas mieux en saint ! »

Par Calixte Dubosson

Bien plus qu’une remise c’est un envoi!

Pierre-Yves Maillard a remis les diplômes aux JB3. De gauche à droite : Estelle, Aude, Thomas, Chloé. Devant : Joy, Ludivine et Laëtitia. Et Melissa en communion depuis Madrid (en médaillon).

Le dimanche 14 avril 2024 a eu lieu la remise des diplômes Jeunes Bénévoles 3 (JB3), volée 2. Parmi les diplômés, trois ont mené leur projet dans nos paroisses. Sébastien Gauye, JB3 diplômé en 2022, a assisté à la remise de diplôme. Il nous partage son regard sur les nouveaux lauréats.

Par Sébastien Gauye
Photos : François-Xavier Mayoraz

Durant deux ans, huit jeunes adultes ont suivi le parcours de formation de Jeune Bénévole en Eglise (JB3). Celle-ci approfondit la dimension théologique, biblique ainsi que le cadre légal et sécuritaire. En parallèle à ces six journées « théoriques », chaque JB mène un projet personnel en Eglise. Dans cette démarche « pratique », il est accompagné par un référent sur le terrain. 

Dans ce singulier chemin, s’illustre aussi la rencontre des uns et des autres en Christ notamment au travers de temps de prières, de moments plus fraternels ou conviviaux. Jésus nous dit : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » (Mt 18, 20) Parmi nos jeunes diplômés, le Seigneur a dû facilement trouver sa place… 

Avant la remise officielle du diplôme, chaque jeune a présenté son projet personnel à l’assemblée en y intégrant des éléments marquants de son parcours. Au travers de cette formation JB3, chacun y a trouvé de quoi nourrir et faire grandir sa foi. Nos jeunes missionnaires et bénévoles en Eglise sont désormais prêts à offrir leurs dons reçus et mûrement cultivés. Ils se confient à vos prières. 

Cette rencontre s’est clôturée par un temps de prière (spirituelle) suivi de son pendant spiritueux. Vous l’aurez peut-être remarqué, tout ne fait que commencer pour ces jeunes engagés… JB3 et envoyés : une jeunesse formée et en mission d’Eglise !

Merci à tous ceux qui ont guidé ces jeunes. Sans eux, cette aventure ne pourrait exister.

Trois jeunes chez nous :

Joy Monnet 
Au départ, je ne voulais pas suivre cette formation car j’avais beaucoup avec mon entreprise. Mais… étant directrice de la chorale « EnJoy », le projet JB3 prenait tout son sens. En effet, s’engager en tant que Jeunes Bénévoles dans les paroisses nécessite quelques notions théologiques, bibliques. J’ai pu approfondir quelques sujets sur la Foi et sur ma passion du chant délaissée depuis la fin de mes études. Ce projet m’a tellement apporté. Je me suis découvert d’autres charismes et il m’a permis d’apporter un autre regard sur Dieu et sur la Vie.
Un merci particulier à EnJoy Chorale, d’avoir animé notre messe de remise de diplôme.
Petit coup de pub, le chant c’est la Vie, nous recrutons… Viens nous rejoindre une fois par mois pour une répétition, une messe et un moment convivial entre jeunes.

Estelle Schmuck
La formation JB3 fut pour moi une expérience très enrichissante, car j’ai pu mettre en pratique une majorité des choses que j’ai vues durant les journées de cours. Mon projet était de reprendre le groupe Relais de Collombey-Muraz. J’ai proposé aux jeunes une rencontre par mois dont une fenêtre de l’Avent avec la participation de EnJoy Chorale.

Melissa Lopez Albalat
Durant ces 18 mois en Suisse, Melissa a accompagné les confirmands de Monthey puis fondé un nouveau groupe MADEP. Elle est rentrée à Madrid en mars 2024.
« Des JB je retiens l’envie de tous les jeunes de changer l’Eglise pour faire une nouvelle Eglise qui a envie d’aimer, d’aider et qui a toujours les bras ouverts (comme le Christ dans la croix) pour accueillir tout le monde. C’est notre mission. »

L’eucharistie: sacrifice et repas, source et sommet

Il y a quelque temps, j’ai vu dans un journal une illustration représentant la Cène – dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il s’agissait précisément de l’œuvre de Leonardo da Vinci (1452-1519).

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur | Photo : DR

Juste au-dessous de celle-ci, on a placé une photo semblable où le Christ et ses apôtres ont été remplacés par de jeunes femmes – mannequins de mode. L’une d’entre elles serrant dans ses bras le corps d’un homme à moitié nu.

J’avais déjà vu, par exemple, la Joconde avec une moustache ou utilisée pour une publicité pour de la glace, du café ou de la pizza… mais là (la Cène)… Il y a davantage que la profanation d’une œuvre d’art ! Cette image symbolise, pour les chrétiens, l’instauration de l’eucharistie par laquelle l’homme n’arrête pas d’entrer en communion avec Dieu et avec ses frères et sœurs.

Nous vivons une période où les nouveaux initiés s’approchent pour la première fois de la table du Seigneur. Nous les préparons et accompagnons – ainsi que leurs parents / familles – à une vie eucharistique, à une pratique régulière pour se nourrir du Corps du Christ. 

Deux dimensions associées

La célébration eucharistique est un mystère pascal où deux dimensions sont associées : le sacrifice et le repas. Nous passons avec Jésus du dernier repas, par la Croix, à la Résurrection et nous sommes orientés vers son retour.

L’eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne (Lumen Gentium 11). Nous sommes appelés à ne pas dissocier l’eucharistie de notre vie, de la vie du monde et de notre relation aux autres.

Source…

Elle est source parce que nous y rencontrons le Christ ressuscité, le même qui prend l’initiative de rencontrer ses disciples sur le chemin de leur vie. Le Seigneur nous transforme et nous envoie en mission pour L’annoncer, en paroles et en actes, là où nous vivons.

… et sommet

L’eucharistie est sommet parce que nous y apportons tout ce que nous vivons. Nous nous associons à l’offrande de la vie du Christ ; nous lui présentons la vie du monde et de nos frères et sœurs. C’est Lui-même qui nous rassemble à sa table et comble toutes nos faims.

Réinventer l’hospitalité urbaine

Juliette Salzmann.

La cohésion sociale d’une ville est en partie déterminée par la place laissée à la diversité religieuse. Le projet ReligioCités du Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC) explore les formes de solidarités qui constituent « l’hospitalité urbaine ». Entretien avec Juliette Salzmann, collaboratrice scientifique au CIC.

Par Myriam Bettens
Photos : J. Salzmann

Pourquoi le lien entre urbanité et religiosité a-t-il été négligé par les collectivités publiques et la recherche scientifique durant si longtemps ?
Les recherches ont longtemps considéré le religieux en ville à travers le prisme de la sécularisation, thèse menant à concevoir la ville comme un espace neutre du point de vue religieux. Or, cette neutralité confessionnelle de l’espace public n’existe pas vraiment. C’est précisément en milieu urbain que se trouve la plus grande diversité religieuse. A partir des années soixante, on assiste à une pluralisation croissante des croyances et pratiques en Suisse. Ce phénomène s’accompagne d’une privatisation et d’une individualisation de celles-ci, ce qui explique, en partie, la moindre considération de ces questions par les collectivités publiques.

De quelle(s) manière(s) le milieu urbain et la pratique religieuse s’influencent-ils mutuellement ?
L’accès à l’espace est l’une des conditions premières du déploiement de la pratique religieuse. Les Eglises historiques sont souvent propriétaires de leurs lieux de culte, ce qui n’est que rarement le cas des autres communautés plus minoritaires qui mobilisent alors des stratégies d’occupation de l’espace. Par exemple, elles investissent des espaces initialement prévus comme locaux d’habitation, commerciaux, industriels ou recourent à la sous-location de lieux de culte de communautés établies. Certaines communautés développent des projets immobiliers, ce qui permet de générer des revenus. Ce faisant, les communautés façonnent le milieu urbain autant qu’elles doivent s’y adapter, en ce sens, villes et pratiques religieuses sont intimement liées. De plus, les lieux de culte sont fondamentalement en interaction avec leur environnement direct. 

Dans l’idée d’hospitalité urbaine, comment l’environnement urbain accueille-t-il les pratiques religieuses ?
C’est un accueil ambigu, car bien que la plus grande partie de la diversité religieuse se concentre dans les zones urbaines, de nombreuses communautés ont des difficultés à accéder à l’espace pour établir un lieu de culte. Cet accès dépend de la volonté des communautés établies de partager le leur, du bon vouloir des régies immobilières, des prix très élevés du marché immobilier et de certains préjugés à l’encontre de communautés pouvant aussi constituer un frein supplémentaire. Par ailleurs, les lieux de culte jouent aussi un rôle dans l’hospitalité, dans la mesure où ils constituent de véritables lieux de vie. Les activités séculières se déployant autour de communautés religieuses nourrissent des formes de solidarité et participent à alimenter la vie des quartiers. 

Quel est l’impact d’une loi sur la laïcité de l’Etat, comme c’est le cas à Genève ?
Nous avons peu de recul sur les effets de cette nouvelle loi puisque son règlement d’application n’est entré en vigueur qu’en juin 2020. Mais elle souligne l’ambiguïté du processus de sécularisation. D’une part, en la considérant comme une donnée aboutie, et d’autre part, légiférer est le signe d’une volonté de l’affirmer comme une nécessité politique. Or, la compréhension de cette loi et du principe de laïcité n’est pas uniforme et cela conduit à générer un « tabou » autour des questions religieuses et spirituelles par peur d’enfreindre ce principe. Dès lors, la prise en considération du religieux dans la sphère publique dépend fortement des sensibilités, des convictions et des bonnes volontés individuelles.

Le café ouvert au public de l’Espace Lumen aux Pâquis à Genève, le 6 avril 2023.

Bio express

Juliette Salzmann est collaboratrice scientifique au Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC). Elle est titulaire d’un bachelor et d’un master en sciences des religions de l’Université de Lausanne et collabore sur le projet ReligioCités : Religions et vie urbaine à Genève avec une équipe de chercheuses et chercheurs.

Le projet ReligioCités du Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC)

Ce projet analyse le rôle du religieux et des solidarités locales à l’échelle de plusieurs quartiers genevois. Il encourage les échanges entre les communautés religieuses, le monde associatif et les habitants afin de favoriser la cohésion sociale. Ce projet est mené par le Centre intercantonal d’informations sur les croyances (CIC), une fondation privée d’utilité publique avec pour mission d’améliorer la connaissance de la diversité religieuse en Suisse à travers la sensibilisation et la formation. Plus d’informations sur www.cic-info.ch

Première communion solennelle sur Collombey et sur Muraz

Par Jean-Michel Moix | Photos : Aurélie Fernandez (Collombey), Bastien Clerc (Muraz)

En ce premier dimanche du mois de mai, le 5 mai, 19 enfants ont fait leur « première communion ». Les voici, accompagnés par l’abbé Valentin Roduit : Branco Silva Kylian, Cutrino Esteban, Delacroix Romain, Marra Ndongbou Océanne, Mulisanze Teta Keyla, Pinho Neves Leticia, Ribeiro Gomes Diana, Branco dos Santos Diana, Santos de Sousa Kateline, Tissière Elsa, Fernandez Samuel, Hoffmann Tania, Nobile Julie, Pochon Jules, Ricci Mattia David, Savary Elisa, Vargas Valente Leila, Costa Silva Leonor, Leite Pereira Iris.

Du côté de Muraz, 13 enfants ont fait leur « première communion » en ce jeudi de l’Ascension, 9 mai. Les voici, accompagnés par l’abbé Jean-Michel Moix : Baouth Alicia, Bruttin Loïc, Chablais Luca Gabriel, Chervaz Natan, Dos Santos Tony, Lattion Elsa, Lattion Adélie, Mathieu Théo, Parvex Kélian, Ramos Pereira Devon, Ribeiro Pinto Margarida, Udressy Jérémy, Vizzino Luca.

Quatre célébrations des premières communions dans la paroisse

Plusieurs dizaines d’enfants de notre paroisse ont vécu la célébration de la première communion en avril et en mai. Nous publions dans ces pages les « photos de famille » des quatre groupes d’enfants qui ont cheminé vers la vie eucharistique.

Photos : Guillaume Grandgirard (Estavayer, Cugy et Bussy), Marc Ducrest (Murist)

Dimanche 21 avril à Murist

Bise Nolan, Bobela Léon, Bosson Maxime, Carrard Grégoire, Dubois Léa, Majeux Aya, Taccoz Noa, Arijon Mayla, Corminboeuf Tom, Di Meo Benjamin, Grognuz Baptiste, Piotou Malia, Baeriswyl Elsa, Urech Théo, Vallat Martin, Buffat Luc, Currat Théa, Eisenhut Kyle, Emery Kelya, Juriens Alicia, Ménétrey Camille, Pereira Fernandes Leana, Pinho Lopes Livia, Alvarez Louise, Juan Magalhaes Sequeira.

Dimanche 28 avril à Bussy

Bernasqué Elaia, Duc Benjamin, Etienne Adrien, Gitteau Lilian, Berchier Emilien, Cuche Enora, Dafflon Colin, Liniger Chloé, Pizzolante Fabrizio, Vadi Matteo.

Dimanche 5 mai à Cugy

Bersier Emline, Dubey Chloé, Francisco Mathias, Jauquier Benjamin, Jauquier Florian, Marcelino Gaïa, Bajrami Toni, Volery Coralie, Tinguely Niels, Fehlmann Lisa, Bottinelli Louan, Thévoz Lucie, Leu Natalia, Thürler Enora, Marchand Jules, Python Elodie. 

Jeudi 9 mai (Ascension) à Estavayer

Amstutz Adèle, Barbey Hugo, Bloechle Raphaël, Brasey Yanis, Buchs Sohan, Carrard Louane, Espin Enora, Fernandes Almeida Vitoria, Galantine Claire, Giacomotti Emmy, Henchoz Lukas, Hirt Mélissa, Leroux Romain, Ménétrey Loïse, Michaud Mathieu, Michel Luna, Miéville Olivia, Minder Joey, Oliveira Borges Kaïly, Pellet Robin, Périsset Félicien, Rey Julia, Semedo Kelya, Sousa Dias Lara, Torche Lena, Rios Garcia Esteban, Fasel Chloé, Egger Shana, Egger Stacy.

En librairie – mai 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le deuil invisible
Jessica Brazeau

Le deuil d’un enfant à naître est très complexe à vivre. En effet, comment faire le deuil d’un être que l’on a peu connu, voire pas du tout ? Comment traverser cette expérience douloureuse, en tant que mère ou père, alors que l’entourage peut avoir tendance à la dédramatiser, à la sous-estimer ? Coécrit par la psychologue Lory Zephyr et la journaliste Jessika Brazeau, cet ouvrage rassemble une foule d’informations et de ressources précieuses, des réflexions ainsi que plusieurs témoignages touchants pour aider les mamans et les papas à ne plus se sentir seuls dans cette épreuve. Un livre tout en douceur pour soutenir les peines et guider pas à pas toutes les familles sur le chemin de l’acceptation.

Editions de l’Homme

Acheter pour 31.00 CHF

Des vies transformées
Père Geoffroy de Lestrange

Qui aurait pu imaginer que le chanteur Vianney logerait avec des sans-abri ? Ce livre raconte comment l’appel du Christ a bouleversé la vie d’une vingtaine de témoins ou de saints. Curieux comme Djibril Cissé, décomplexé comme Gad Elmaleh ou tout simplement chrétiens engagés, ils ont été touchés intérieurement, ont vécu un réveil dans la foi ou ont dépassé leurs préjugés sur l’Eglise. Chaque lecteur pourra, à la suite de ces témoins, se laisser inspirer et bousculer par l’expérience concrète du salut que Dieu apporte dans les moments de découragement, de doute, de difficulté ou de tiédeur. Un ouvrage qui renouvelle notre foi.

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 24.10 CHF

Journal intime de la Vierge Marie
Sophie Chauveau

La jeune Marie apprend qu’elle attend un enfant. Pendant huit mois, elle tient un journal dans lequel elle note scrupuleusement les émotions et les sensations qui l’agitent avant cette naissance si particulière. Ses questionnements, ses rêves et ses peurs sont semblables à ceux que partagent nombre de futures mères. A travers un récit dominé par la joie, Sophie Chauveau donne à voir une Marie forte et instruite et nous dévoile, au-delà du mythe, des aspects méconnus de l’histoire qui changera la face du monde

Editions Folio

Acheter pour 16.20 CHF

Pier Giorgio Frassati
M. & O. Malcurat – Marco Greselin

Lorsque Pier Giorgio Frassati meurt à l’âge de 24 ans, le 4 juillet 1925, des gens de toutes conditions se pressent devant la maison familiale, à Turin, pour lui rendre hommage. Emporté par une poliomyélite contractée en visitant un malade, ce jeune étudiant italien, sportif, membre du tiers ordre dominicain, rayonnait d’une charité brûlante, puisée dans une foi ardente. Béatifié en 1990 par Jean-Paul II qui le donne en modèle aux jeunes, Pier Giorgio Frassati est proclamé patron des montagnards, des sportifs et des Journées mondiales de la Jeunesse. Sa vie tout entière racontée ici en BD était guidée par sa devise : Verso l’alto, vers le haut.

Editions Plein vent

Acheter pour 24.70 CHF

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Pèlerinage d’été des jeunes à Lourdes

A l’occasion du 150e pèlerinage de Lourdes, deux jeunes ont témoigné sur cette aventure à laquelle elles ont participé plus d’une fois.

Propos recueillis par Estelle Schmuck | Photos : DR

J’ai vécu mon premier pèlerinage avec les jeunes de Lourdes en été 2021. Cette année-là, les Jeunes de l’Accueil, un groupe constitué de personnes en situation de handicap, ne pouvaient se rendre à Lourdes à cause du Covid. La décision avait donc été prise pour les Jeunes et les Ados de Lourdes de rester en Suisse. Le but était de rester en Suisse pour aller visiter les personnes avec qui nous allions habituellement à Lourdes directement dans leur lieu de résidence. Nous nous sommes donc déplacés chaque jour et avons vécu des moments de célébrations et de rencontres forts en partages, en amitié et en rires. J’y ai rencontré des personnes formidables, des jeunes pleins de vie et prêts à donner de leur temps pour vivre une expérience forte. L’année suivante, nous sommes retournés à Lourdes. Là-bas, l’expérience était plus forte encore. En effet, le sanctuaire est un lieu magnifique. Les différents temps vécus m’ont permis d’approfondir ma foi ainsi que mon lien avec les autres jeunes. A Lourdes, quelqu’un a dit que c’était « le monde à l’endroit ». C’est le cas. Là-bas, le handicap disparaît pour ne laisser que l’amitié et la joie. Nous avons célébré, chanté, prié, ri, joué, partagé et plus encore. Il est difficile de vraiment décrire les sentiments qui naissent. Ce sont des émotions qui sont de vrais coups de « boost » pour le reste de l’année, qui gonflent le cœur et qui donnent de l’énergie pour avancer une fois de retour en Suisse. Marion Salgat

Ma première année à Lourdes s’est passée avec le groupe des ados de Lourdes. Une semaine au camping rythmée par des chants, des célébrations et des temps de partage avec les malades de l’Accueil. Ce fut pour moi une grande découverte, car c’était le premier camp que je faisais aussi longtemps et aussi loin de chez moi. Là-bas, j’y ai découvert des jeunes avec des parcours de vie divers mais unis autour d’une même chose, leur croyance et leur envie d’aider. C’est pour cela que j’y suis retournée plus tard avec le groupe des jeunes. Avec les jeunes, nous accompagnions principalement les personnes en situation de handicap qui composent le groupe des jeunes de l’Accueil. J’ai pu y découvrir des jeunes qui, peut importe ce que la vie leur avait réservé, croyait toujours en un futur meilleur. Pour la plupart des pèlerins, c’est un peu comme une gifle au début de les voir sourire et être heureux car cela nous remet en perspective tout ce que l’on vit dans notre quotidien. De plus, Lourdes est devenue pour la plupart des jeunes un lieu où nous donnons sans compter car c’est avant tout une semaine dédiée aux malades et jeunes de l’Accueil car la majorité de ces personnes attendent cette semaine toute l’année. Finalement, ce qui pour moi est le plus beau, c’est que toutes ces personnes qui sont généralement « cachées » dans notre quotidien car elles ne répondent pas aux normes édictées par la société soit par leur âge, leur capacité… sont une fois dans l’année, au centre de tout. Estelle Schmuck

L’espérance

« Dieu l’unique espérance pour l’humanité… » Chemin de croix du Vendredi saint 2024 avec les familles.

Par François Lamon 
Photo : Marion Perraudin

L’homme est né avec l’espérance. Il est habité par un intense désir de bonheur, de joie et d’achèvement. Il y a toutes sortes d’attentes. Mais derrière toutes ses attentes partielles que sont l’argent, le prestige, la prospérité, la santé, l’amitié, il y a une attente fondamentale, une unique espérance : celle d’être aimé pour vivre. Tout comme derrière toutes nos peurs passagères, il y a une seule angoisse : celle de ne jamais être aimé et de mourir. 

Ce que l’homme cherche, c’est comme disait Rimbaud, « changer la vie », c’est-à-dire transformer des conditions d’existences jugées inhumaines. La Bible est une longue histoire de libération. Elle nous dit comment des hommes, contraints par leur histoire à rechercher une libération, ont découvert et accueilli la puissance libératrice du Christ ressuscité. 

C’est pourquoi ce qui définit l’espérance chrétienne ce n’est pas seulement une manière de penser. C’est le contenu d’un message historiquement connu : l’amour de Dieu est plus fort que la mort. L’espérance chrétienne est l’affirmation d’une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu’il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps. « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons pas atteindre. » (Benoît XVI)

L’espérance est notre condition chrétienne par rapport à l’avenir parce que : « Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2) Elle est l’anticipation des biens du monde à venir, promis et donnés par le Seigneur. « Sauvés dans l’espérance » dit saint Paul aux Romains et à nous aussi.  

L’aujourd’hui s’ouvre sur l’horizon de l’éternité et l’éternité se met à dresser sa tente dans l’aujourd’hui. Grâce à l’espérance, le temps devient une heure de grâce, une marche jusqu’à voir Dieu pour un bonheur sans fin.

Vivre en enfant de Marie

En ce mois de mai ou mois de Marie, nous avons voulu aller à la rencontre de personnes qui vivent une relation « forte » avec Marie. Merci à Michel Derivaz et Delfa Nevistic de nous partager leur témoignage à ce sujet.

Propos recueillis par Nicolette Micheli et Stéphanie Reumont | Photos : Nicolette Micheli, Stéphanie Reumont

Témoignage de Michel Derivaz, « un enfant de Marie »

« Très jeune j’ai senti que Marie me protégeait. J’en ai eu plusieurs fois l’intime conviction. » Michel, fidèle sacristain de Port-Valais, nous en donne une preuve étonnante. « A cinq ans, je suis tombé d’une hauteur de cinq mètres. Comme je me suis relevé sans problème, tous ont crié au miracle ! Mon corps était couvert de « bleus », mais la médaille miraculeuse que je portais m’avait sauvé ! »

Michel est né dans une famille engagée en paroisse. A son baptême, il a été consacré à la Vierge. Dès sa communion, il aimait prolonger sa prière devant le tabernacle. « J’ai été un fervent servant de messe, sans comprendre un mot de latin ! J’ai encore le missel de mon grand-père avec ses pages jaunies. A la naissance de mon quatrième frère, ma mère est décédée. J’avais 16 ans. Ce fut un drame, mais j’ai fait confiance à Marie. Elle m’a accompagné pour continuer à vivre dans la sérénité et la foi. 

Je garde encore un souvenir ému de mon premier pèlerinage à Lourdes où j’accompagnais un malade. Depuis, comme ma grand-mère, je prie chaque jour le chapelet. Marie a toujours été ma confidente et quand mon couple a éclaté, elle m’a aidé à accepter le déchirement de la séparation. »

Michel s’est engagé dans le Mouvement Sacerdotal Marial fondé sur le message de Marie à Fatima. Chaque mardi, à la chapelle du home Les Tilleuls, prêtre et fidèles se retrouvent en Cénacle, pour vivre un temps de prière : messe (à 9h30) suivie du chapelet (dès 10h) et méditation d’un message de la Vierge sur les évènements actuels.

Interview de Delfa Nevistic : « Marie me met la joie dans le cœur »

Delfa vient de Croatie, elle vient d’une famille croyante, surtout sa maman qui lui a beaucoup appris. Elle est arrivée en Suisse à 23 ans, après son mariage ; jeune maman, Delfa n’est pas vraiment pratiquante.

A quel moment as-tu ressenti la présence de la Vierge ?
Les enfants ont grandi et je me suis retrouvée seule à la maison, j’ai commencé à me confier à la Vierge en priant le chapelet ; j’ai prié de plus en plus souvent, en prenant le temps de réfléchir à chaque mot. Et un jour, j’ai ressenti quelque chose de profond qui m’a bouleversée et je me suis mise à pleurer. La Vierge a mis dans mon cœur ces mots : « Je suis là. »

Depuis, je perçois souvent des signes de la Vierge. J’ai ouvert mon cœur à notre maman du Ciel et c’est un sentiment d’Amour et de protection qui m’habite maintenant, c’est merveilleux.

Dans ma maison en Croatie, j’ai construit un autel en son honneur, parce que j’ai le sentiment que c’est la Vierge Marie qui me l’a demandé.

De Lourdes à Medjugorje
Je suis allée trois fois à Lourdes et très souvent à Medjugorje (en Bosnie-Herzégovine, proche de sa Croatie natale).

C’est incroyable cette sensation… Quand on chante Marie, on sait qu’Elle est là. On a envie d’embrasser tout le monde ! Marie crée des liens entre les gens ! 

De mère en fille, une relation privilégiée avec Marie
Après le décès de ma maman, j’ai retrouvé son journal intime. 

J’étais bouleversée quand j’ai découvert que ma maman aussi avait une relation particulière avec la Vierge. Elle y a décrit toutes ces nuits qu’elle a passées avec la Vierge à ses côtés et que sa chambre était si illuminée qu’elle pensait parfois que c’était le jour !

Eliane et Marcel

Eliane et Marcel Comby, mariés depuis 41 années, à leur domicile de Martigny.

Eliane et Marcel Comby sont bien connus des fidèles de la paroisse de Martigny… et pourtant, ils ne font rien pour l’être… Merci à eux de m’avoir reçue et de nous permettre de faire plus ample connaissance. 

Propos recueillis par Françoise Besson 
Photos : DR

Marcel : le carillonneur des rogations

« Dans les petits villages, on avait une tradition religieuse très ancrée. On allait à la messe ; on priait en famille, le soir. A l’école, on avait un très gentil vicaire, le chanoine Paul Simon-Vermot 1. Il venait tous les mardis matin pour le cours de religion, la messe et, une fois par mois, pour la confession – où on disait toujours la même chose… 

Une des seules fois où j’ai fait un trajet sur un deux-roues, c’était avec lui, avec sa Vespa. Il m’a emmené de Vens jusqu’au col des Planches parce que j’avais de la peine à marcher. Avec lui, on avait un contact très familier. Ce n’était pas un curé « au-dessus » des autres… J’ai aussi été longtemps servant de messe à Vens et je me souviens bien du temps des rogations. 

Les autres du village descendaient à Vollèges pour le début de la procession. Ils avaient de grands drapeaux, des étendards ! C’était très solennel. Moi j’attendais à Vens et quand je les voyais arriver sur la crête, en bas du bistrot, je commençais à sonner la cloche : j’étais le « carillonneur des rogations »… Après la messe ce jour-là, pour le repas, on invitait dans les familles les personnes venues des autres villages. C’était très festif !

Je n’ai pas eu d’interruption dans ma foi, mais le chemin a évolué, avec le droit de penser… Avant on ne se posait pas la question si on allait à la messe le dimanche ou pas, on y allait et c’était tout. C’était une obligation. 

Eliane : pèlerinage à Lourdes, en remerciement

Je viens aussi d’une famille très religieuse. Mais on n’avait pas les mêmes liens avec le curé. J’habitais au fond de la vallée d’Hérens, à La Luette et le prêtre vivait à Saint-Martin. Il venait tous les lundis nous faire le catéchisme, mais il était tellement sévère ! Si on avait ri à la messe du dimanche, on se retrouvait le lundi à genoux derrière le fourneau de l’école ! Ce prêtre est resté plus de 40 ans dans la paroisse. Quand j’ai voulu me marier, il ne voulait pas entendre parler d’un mariage en dehors de Saint-Martin ou encore que j’épouse quelqu’un d’une autre vallée ! 

Je suis très attachée à Lourdes où j’ai fait de nombreux pèlerinages. La première fois que je suis allée à Lourdes, j’avais 16 ans… Plus jeune, j’avais eu une péritonite et je suis restée cinq jours dans le coma. J’ai passé cinq semaines à l’hôpital. Mes parents avaient fait la promesse d’un voyage à Lourdes (si je guérissais) et quand j’ai eu 16 ans, j’ai enfin fait ce voyage. 

Par la suite, je suis allée quelques fois avec les jeunes, puis comme hospitalière avec les malades. C’est là que j’ai rencontré Marcel… Ensuite, on a continué à faire ces pèlerinages des années durant. 

Pour moi, Marie est très importante. Elle l’a toujours été… Mon papa y était très attaché. Il chantait beaucoup de chants à Marie. A côté du village, il y a une petite grotte à Marie, aux mois de mai et d’octobre, on faisait le chapelet tous les soirs. Quand on était ados, c’était intéressant d’y aller car on pouvait sortir ! Actuellement, c’est encore ma sœur qui s’occupe de fleurir la grotte avec une autre personne du village. Cette grotte reste un lieu de prière…

Marcel : la figure du Berger, et Marie, bien sûr

J’ai un psaume qui me touche chaque fois que je l’entends, c’est le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Les images de ce psaume me rattachent à quelque chose de familier, les prés d’herbe fraîche, le troupeau… C’est proche de nous. Comme Eliane, je suis très attaché à Marie. C’est un peu grâce à elle qu’on s’est rencontré. C’est notre maman, c’est plus facile de lui parler !

Eliane

J’aime beaucoup le pape François. Je lis toujours les mots, les messages qu’il met sur Facebook. Parfois, il en met plusieurs par jours. Je le fais depuis trois ou quatre ans. Je ne vais pas tellement sur internet, mais j’aime lire ses mots. Ce sont des paroles qui nous font réfléchir. Ça s’appelle « Notre Dame des internautes ». 

Le Père Adrien et l’association « Amis de Bukavu »

Depuis 1996, le Père Adrien 2 vient chez nous chaque deux ans. On a eu envie d’apporter notre aide, plus particulièrement en lien avec son ministère en milieu carcéral. Au début, la situation était très difficile en Rép. dém. du Congo, en guerre ouverte avec le Rwanda. Les gens étaient démunis, la population manquait de tout. En juin 2000, on a envoyé un premier container avec des produits de première nécessité, des vêtements. Vingt containers ont été envoyés jusqu’en 2013. Maintenant la situation est différente. Si on leur envoie un peu d’argent, ils trouvent la marchandise sur place. Ça permet aussi de faire travailler les gens de là-bas. Le but de cette association, c’est de soutenir des petits projets à travers le relai du Père Adrien. Par exemple, il est aumônier d’une prison qui compte plus de 2000 personnes détenues et qui ne sont pas assez nourries. Cette année, il nous a dit : « Il faudrait pouvoir leur offrir un repas avec de la viande pour Noël. » Alors nous avons financé l’achat de deux vaches : ils les ont abattues et ont ainsi pu faire un repas de fête ! Les prisonniers ont été enchantés…

1 Né le 27 novembre 1924, le chanoine Simon-Vermot, chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, d’origine neuchâteloise fêtera ses 100 ans cette année
2 Le Père Adrien Tshishugi est un prêtre congolais de l’archidiocèse de Bukavu dans l’est de la Rép. dém. du Congo. Il est actif dans les milieux carcéraux et notamment aumônier de la prison centrale de Bukavu où il est de notoriété publique qu’il y règne une misère effroyable.

L’association « Association Amis de Bukavu » a été constituée en avril 2001. Son siège est à Martigny. Selon ses statuts, l’association a pour but de récolter et de distribuer du matériel ainsi que des fonds, à titre d’aide humanitaire, à destination des habitants de la région Idjwi-Bukavu.
Web : https://amisdebukavu.com

Tradition de chez nous: les militaires de la Fête-Dieu

Sens de la fête : la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement, c’est la célébration de la Présence réelle et permanente de Jésus en personne, dans l’Eucharistie, dans l’hostie consacrée exposée dans un ostensoir.

Par Stéphanie Reumont | Photos : Raphaël Guérin (Vionnaz), J. Lujan et Christophe Allet (Vouvry)

Comme chaque année en cette période, soit 60 jours après Pâques et dix jours après la Pentecôte, les cantons catholiques suisses célèbrent avec solennité la Fête-Dieu.

Que ce soit pour des raisons de traditions locales ou pour des convictions spirituelles profondes, la Fête-Dieu rassemble !

Les villages sont fleuris, la procession traverse la commune, vers le premier reposoir. Derrière la fanfare et la parade, suivent les servants de messe, puis soutenu par quatre hommes, le dais sous lequel s’abrite le prêtre tenant en main l’ostensoir avec le Saint Sacrement. 

Des plus jeunes aux plus âgés, des croyants au moins croyants, des plus investis aux plus curieux… Quelles qu’en soient les raisons, le Christ nous appelle !

Pourquoi y a-t-il des militaires lors de la Fête-Dieu ?

Dans nos contrées catholiques, tout était lié ! Tous défilaient derrière le Saint-Sacrement : autorités religieuses, politiques et militaires, sociétés locales, enfants des écoles avec leurs enseignants et toute la population. Le service militaire faisant partie de nos institutions, la parade en est un témoin fidèle.

Dans notre canton, la Fête-Dieu a largement survécu aux grandes mutations actuelles, peut-être parce qu’elle est un témoin de notre passé et parce qu’elle ne se passe pas uniquement dans l’église. Elle est devenue un événement culturel villageois.

Rencontre avec des passionnés de la parade

Vionnaz : Raphaël Guérin, 8 ans de parade (Vionnaz)

Un de ces reposoirs où s’arrête la procession pour un temps d’adoration.

La Fête-Dieu, je la vis depuis que je suis tout petit ! Les gens jouaient le jeu et lors de la procession, tous les balcons et les parterres du village étaient fleuris. Tout le village ou presque était là et cette fête annuelle permettait de se retrouver !

C’était vraiment la fête avec des reposoirs magnifiques. Avec le temps, certaines choses se sont perdues (à cause du manque de monde) et la plupart des nouveaux habitants savent qu’ils ont congé mais ne savent plus ce que c’est que cette Fête-Dieu.

En tant que coprésident de la parade, j’ai à cœur de retrouver nos Fête-Dieu d’antan, demandant par exemple aux villageois s’ils souhaitent préparer des
reposoirs par quartier. 

J’ai trouvé un nouveau slogan pour la parade 2024 « Pour que cette tradition soit d’exception, viens camarade à la parade ! », en espérant motiver ainsi beaucoup de nouveaux paradeurs cette année ! 

Journée type d’un paradeur à Vionnaz :

Rendez-vous à 8h30 pour le café puis à 9h réveil des tambours et prise de drapeau à la commune. Montée à l’église et célébration (parade debout, haie d’honneur) puis départ procession dans le village. Fin de la procession, remise du drapeau par le nouveau porte-drapeau puis repos.

18h30, assemblée et souper.

Bienvenue à tous (hommes/femmes), dès 18 ans. La parade fournit les habits, les tambours et les armes.

Contact : Raphaël au 079 285 54 11.

La parade unit les générations.

Vouvry : Guy Vannay, 55 ans de parade (Vouvry)

La Fête-Dieu est une journée de partage et de rencontre primordiale pour la communauté de Vouvry. Ça remonte à l’enfance, j’y suis venu comme servant de messe, puis apôtre, puis croisé. Je m’étais toujours dit qu’après mon service je participerai à la parade. La parade doit donc être digne et crédible, nous ne sommes pas là pour faire du folklore. J’en suis l’intendant. Depuis 1985 je tiens le registre où j’y consigne les signatures des militaires présents, des photos, les statistiques de fidélité, les missions spéciales comme porte-drapeau. Personnellement je suis très fier d’accompagner le Saint Sacrement.

Vouvry : Olivier Andenmatten, cinq ans de parade (Vouvry)

J’ai découvert cette fête en arrivant à Vouvry. Venu d’abord pour accompagner mes enfants, je me suis dit qu’il fallait aussi prendre ma place. Comme j’ai toujours passé de bons moments à l’armée, j’y retrouve cet esprit de camaraderie. Ça m’a permis de m’intégrer ! J’apprécie le sérieux de la procession. 

Nous vivons cette fête en famille mais chacun avec un engagement différent.

J’aime cette tradition qui traverse le temps. La cultiver, c’est garder la mémoire de nos anciens et amener ce patrimoine aux générations suivantes. 

Grâce à l’Eglise, cet événement religieux rassemble des communautés bien plus larges que la paroisse ! 

Journée type d’un paradeur de Vouvry

A Vouvry, la Fête-Dieu mobilise de 8h45 à 21h30 une trentaine de militaires avec trois générations d’uniformes. A la messe du matin chacun reçoit une bénédiction du célébrant. Le repas de midi est en famille. De retour pour les vêpres, la milice vit ensuite son assemblée annuelle suivie d’une assiette dans un établissement du village avant de revenir pour la prière du soir. Ils concluent la partie officielle avec le discours du commandant suivi traditionnellement de trois chants a capella dont « Marignan » avec la fanfare. 

Contact : Olivier au 079 455 83 15 (uniforme à disposition au besoin).

Les militaires témoignent de l’amour de notre patrie et de nos traditions.
Accueil « au garde à vous » du Saint-Sacrement et de toute la communauté.

Une tradition pour témoigner aujourd’hui ?

« Nous avons besoin d’élargir nos cœurs. Nous devons sortir de la petite chambre de notre ego et entrer dans la vaste étendue de l’émerveillement et de l’adoration. L’Eglise aussi doit être une grande pièce. Pas un cercle petit et fermé, mais une communauté aux bras grands ouverts, accueillante pour tous ; l’Eucharistie veut nourrir ceux qui sont fatigués et affamés sur le chemin ! Une Eglise des purs et des parfaits est une pièce où il n’y a de place pour personne ; l’Eglise aux portes ouvertes, qui rassemble et célèbre autour du Christ, est au contraire une grande salle où tous – tous, justes et pécheurs – peuvent entrer. » Pape François

Des anges sur mon chemin…

Théophile et Chantal Carthoblaz, responsables de l’Epicerie solidaire de Massongex.

En marge de la Table ronde organisée le 18 avril dernier à Sion à l’OSEO par le Forum alimentaire du Valais romand et pour laquelle je récolte des témoignages, je rencontre Audrey 1, une femme de 46 ans qui, malgré son travail, ne parvient pas à boucler ses fins de mois.

Propos recueillis par Pascal Tornay
Photos : DR

Audrey est maman « solo » d’une petite fille de 4 ans. Elle travaille comme secrétaire médicale. Elle fréquente régulièrement l’Epicerie solidaire de Massongex que tiennent Chantal et Théophile Carthoblaz. Elle a accepté de parler de sa situation. 2

« Depuis 2 ans, ma vie a basculé. Le père de ma fille a quitté la Suisse et m’a tout laissé sur les bras, y compris des dettes. Je vis une véritable guerre pour survivre tout en travaillant quasiment à plein temps. C’est une misère, explique Audrey, pleine de larmes. Plus jeune, alors au chômage, j’avais aimé donner un coup de main aux Colis du Cœur. Mais là, comme bénéficiaire, la culpabilité et la fierté sont tellement grandes qu’aller frapper à la porte d’une association, c’était non ! Je me disais : je bosse, donc jamais ils ne m’accepteront. Pourtant, de fil en aiguille, j’y ai été. J’y ai trouvé bon accueil et chaleur humaine. Ces bénévoles sont des anges. Ce n’est pas la première fois que des anges se trouvent sur mon chemin, glisse Audrey alors que les larmes perlent encore sur ses joues…

Vous savez, je me bats pour ma fille. Je lui dis : «  Tu sais, je ne peux pas t’acheter ceci, cela…  » Elle sent que notre situation est compliquée, mais elle a droit à une vie de petite fille… Je ne lui montre pas ma souffrance. Personne n’est au courant de cette galère sauf mes proches, avoue Audrey. Un jour, ma fille m’a dessiné un «  cœur d’arc-en-ciel  » et me l’a donné en me disant : «  Tiens Maman, prends ça au travail et quand tu seras triste, ça va t’aider.  » Elle est incroyable !

Il me faut prendre soin de moi, mais c’est difficile lorsqu’on est pressé de toute part par des propos blessants et… par les factures. Le pire, ce sont les imprévus, comme les pannes de voiture. C’est la cata. Il y a tant de monde dans ces situations, continue Audrey. Ça fait mal au cœur. Une vie qui bascule, ça peut arriver à tout le monde : une maladie, une séparation, une perte d’emploi et c’est la descente infernale. Pour ma part, j’ai des valeurs et je veux me battre jusqu’au bout… J’essaie de garder mon âme d’enfant, mais l’avenir me fait peur… »

1 Prénom d’emprunt
2 Sous l’égide du Service diocésain de diaconie, le FAVr est une plateforme regroupant les associations de distribution alimentaire comme les Tables du Rhône, les Cartons et Colis du Cœur et les épiceries solidaires comme celle de l’OSEO ou de Massongex.

Une épicerie solidaire à Massongex

« Ouverte en 2021 alors que certains disaient : «  ça ne sert à rien, il n’y a pas de situation de précarité au village  », les demandes ont eu tôt fait de prendre l’ascenseur », explique Théophile Carthoblaz. « Tant qu’on peut, on sert tout un chacun, sans distinction d’origine ou de domicile », enchérit Chantal, son épouse. « On a passé de 30 à 60 familles servies. Les locaux sont mis à disposition par l’Administration communale et l’Epicerie tourne grâce à des dons en nature et en espèce, ainsi que la participation généreuse de quelques bénévoles. »

Informations complémentaires : https://www.massongex.ch/vivre-ensemble/sante-social/epicerie-solidaire/

Dessin de la fille d’Audrey, 4 ans, pour encourager sa maman.
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