Voilà bientôt deux mille ans que cet évènement, fondamental dans l’histoire de l’humanité dont il changera le cours, est célébré de façons très diverses selon les différentes cultures populaires, les sensibilités religieuses ou la foi des uns ou des autres.
Parmi nous, malgré la diminution considérable des fidèles, beaucoup continuent à commémorer la Résurrection du Christ dont ils proclament la signification essentielle, passablement occultée par les coutumes qui se sont greffées au cours des siècles.
Puissent-ils éprouver la même joie intense que les amis de Jésus lorsqu’ils ont compris qu’il était vivant et l’ont reconnu, ou tout simplement connu tel qu’il était vraiment : Fils de Dieu que la mort ne pouvait faire disparaître, révélant au contraire son immortalité !
Une joie enthousiaste (dans son sens profond : d’inspiration divine !), car cette Résurrection, fondement de notre foi chrétienne, est une introduction à une vie spirituelle qui dépasse nos limites mortelles et une promesse de faire de nous des vivants dans l’éternité ! Et qui surtout nous prouve, après la Passion dramatique que Jésus a subie avec courage et détermination malgré ses souffrances, que nous pouvons avoir une confiance totale en Lui !
Il nous a promis qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps et Il a continué jusqu’à nos jours à se manifester de diverses façons, que ce soit à Paul de Tarse, à François d’Assise ou à tant d’autres, en se faisant connaître ou reconnaître comme lors de sa Résurrection afin que la Foi en Lui vive et éclaire le monde.
Réjouissons-nous donc de cet évènement exceptionnel qui nourrit notre Espérance d’une vie dans un Royaume de Paix et d’harmonie, ici et maintenant et pour l’Eternité !
Et témoignons-en, notamment à travers la messe dominicale : n’est-elle pas célébration du Christ vivant ? Puissions-nous en faire une manifestation joyeuse de la certitude que Pâques a forgée en nous et que l’Eglise est chargée d’annoncer !
Marie Mère de Dieu pleure la mort de son fils Jésus au Golgotha. Elle est restée jusqu’au bout, avec sa sœur Marie, la femme de Cléophas, avec Marie de Magdala et avec Jean : Stabat Mater, chantent Pergolesi et bien d’autres compositeurs, en des accents si poignants.
La voyant, le Christ lui confie comme « fils de substitution » le disciple qu’il aimait : « Femme, voici ton fils. » Il la remet à Jean : « Voici ta mère », pour que celui-ci la prenne chez lui (19, 26-27).
La Vierge pleure également avec toutes ces femmes qui perdent leur enfant dans leur ventre, elle qui a porté le Fils de Dieu en son sein. Combien de mamans font des fausses couches, dont on parle si peu, hélas, et dont on fait « comme si de rien n’était ». Alors que ce sont des êtres humains à part entière !
Jésus-Christ s’identifie à chacun de ces bébés, qui sont tissés à son image. Toutes ces pertes constituent de véritables deuils. Je trouve extrêmement dommageable que le Rituel actuel des funérailles de l’Eglise catholique-romaine ne comporte pas de séquence pour les fausses couches, les enfants décédés avant terme ou mort-nés.
Combien cela peut consoler et soulager de nommer le petit, de l’inscrire dans le livre d’or de la famille, de vivre une célébration d’obsèques pour lui. Pour l’avoir pratiqué à plusieurs reprises, je puis vraiment attester du bienfait que cela procure ?
Le Magistère ecclésial qui prône tant le respect de l’existence humaine dès sa conception – à juste titre d’ailleurs – ne devrait-il pas relever davantage ces situations et leur octroyer l’accompagnement pastoral, spirituel et liturgique qu’elles réclament ?
La Mater Dolorosa pourrait servir de figure protectrice pour les mères si profondément affectées. A la paroisse de Savièse, nous disposons d’une chapelle dédiée à Notre Dame des Corbelins, c’est-à-dire les « corbeilles » où les familles en pleurs apportaient leurs enfants mort-nés. Sa fête patronale est célébrée le 8 septembre, à la Nativité de la Vierge.
Des motifs colorés retrouvés sous les plâtres ont été restaurés.
Par la CoCom et le CoGest de la paroisse de Bovernier Photos : Gérard Puippe
Après plus d’une année de travaux en profondeur, nous nous réjouissons de vivre ensemble l’inauguration de l’église de Bovernier, qui aura lieu le jour de la Fête-Dieu, jeudi 30 mai 2024. Vous êtes toutes et tous les bienvenus à cette fête qui réjouira toute notre communauté.
Nos comptes ne sont pas encore équilibrés et, si vous souhaitez nous aider à le faire, envoyez votre soutien à l’aide des coordonnées bancaires ci-dessous.
Au plaisir de vous rencontrer dans notre église fraîchement rénovée.
Pour vos dons : Banque Raiffeisen Entremont, IBAN : CH56 8080 8008 9688 3870 4 En faveur de : Rénovation de l’église de Bovernier, Rue de l’église, 1932 Bovernier
On ne les voit pas ou on ne veut pas les voir. Ils sont parmi nous, mais à l’écart. Des « semblables » dont l’identité n’est constituée que de leur différence. Ces (in)visibles étaient au cœur de deux soirées témoignages organisées dans le cadre du projet Salomon 2024. Celui-ci explore durant une année la thématique de Salomon et de son jugement, ainsi que les divers sujets éthiques, théologiques et spirituels qui s’y rapportent.
Dessin du flyer de la soirée témoignage réalisé par Oscar, un immigrant colombien qui a souhaité, par cette réalisation, « rendre la pareille » à ceux qui l’ont soutenu à son arrivée en Suisse.
Par Myriam Bettens Photo : Oscar
« Je dois rendre gloire à Dieu, car c’est grâce à Lui si je me trouve ce soir devant vous ». Vêtu d’un pull à capuche blanc, d’un jean et de tennis bleues, la voix mal assurée de Jean-Yves contraste avec sa stature. Et pour cause, avant de se trouver face à la petite assemblée venue écouter son témoignage au Temple de la Servette, le jeune homme a connu quinze ans d’invisibilité. « En 2008, j’ai rencontré le Diable », poursuit-il. Pour lui, le diable, c’est la drogue. Une spirale infernale commence alors pour Jean-Yves, entre internements psychiatriques et incarcération. Il est alors en prison et s’adresse à Dieu « en Lui demandant de redevenir visible ». Aujourd’hui, dit-il, « je peux m’asseoir à la même table que ceux qui m’ont enfermé, invisibilisé » et il tente d’en aider d’autres à retrouver le chemin de la visibilité.
« Cette soirée thématique s’inscrit autour du récit du roi Salomon et de sa justice », indique Alexandre Winter, pasteur réformé et modérateur de la rencontre. Interpelés par les organisateurs du projet Salomon 2024, l’Espace Pâquis, l’Aumônerie Œcuménique des prisons et l’Aumônerie Genevoise Œcuménique auprès des Requérants d’asile et des Réfugiés (AGORA) se sont unis pour réfléchir à la manière de témoigner de ce que peut signifier d’être aujourd’hui (in)visible, (in)audible et (in)juste. Ils ont donc choisi de donner la parole et de porter la voix de personnes prisonnières, requérantes d’asile ou sans statut officiel.
Entre intermèdes musicaux et témoignages, d’autres intervenants se relaient au micro. Une lectrice présente, par exemple, l’histoire du jugement de Salomon du point de vue de sa mère, Bethsabée. « Salomon a demandé à Dieu l’entendement et le discernement pour gouverner avec droiture son peuple. Il est garant de la paix auprès de ses sujets, même ceux qui semblent invisibles. » Luis Velasquez, quant à lui, côtoie une autre forme d’invisibilité à l’Espace Pâquis, dont les locaux se trouvent au Temple de la Servette. Chaque jour, l’association accueille environ deux cents personnes ayant toutes des demandes en lien avec la précarité ou l’immigration, que cela soit pour des leçons de français, une aide à la rédaction de courriers officiels ou des cours d’informatique. D’ailleurs, ce soir-là, il traduit les propos d’Oscar, immigrant colombien et artiste tatoueur qui a réalisé le dessin de l’affiche de l’événement. « Nous serons les bâtisseurs d’une histoire fantastique », conclut sobrement Oscar.
Le projet Salomon 2024 : question de justice
L’histoire de Salomon et le récit biblique de son jugement « interpelle les pouvoirs de tous les temps, la manière de l’exercer et les risques d’en abuser. Il interpelle aussi la justice, son rôle et sa possibilité de révéler la vérité. En ce sens, ce personnage d’un autre temps questionne notre rapport au pouvoir et à la justice, le rôle de l’autorité et toutes les questions en lien avec la quête de la vérité », indiquent les organisateurs du projet.
Au cœur de la démarche, la pièce de théâtre CRI ! Le Jugement de Salomon sera présentée à l’automne 2024 et les thématiques qui lui sont liées seront abordées dans des ateliers variés jusqu’à la présentation de la pièce. Plus d’informations sur salomon2024.ch
Extrait du Stabat Mater dans un manuscrit du XVe siècle, tercets 11-16.
… pour la récitation du Stabat Mater dolorosa, dixit Innocent XI. Cette hymne déployant les émotions incommensurables d’une mère, Marie, devant son fils agonisant a connu un parcours des plus mouvementés pour entrer dans le canon des prières officielles de Rome : en effet, les pontifes l’ont tantôt interdite, réhabilitée ou modifiée.
Ses vingt strophes ont mis du temps à mûrir, ayant une origine dans une théologie du XIIIe siècle où un certain dolorisme était encensé religieusement pour consoler et encourager la vie rude des fidèles, peut-être.
… puis interdite…
Ecrit par un Pape ou un Franciscain (origines incertaines donc), ce chant religieux a fait office de tube, notamment dans les campagnes, jusqu’au XVIe siècle, avec même des traductions en allemand, en français et en… néerlandais ! C’est à Cologne qu’il devient l’hymne de la nouvelle fête de la Compassion de la Vierge Marie (1423) et qu’il y est ensuite interdit (1538). Interdiction reprise par… le Concile de Trente et son ouvrage liturgique par excellence, le Missel Romain selon Pie V !
… puis repermise…
Benoît XIII change le nom de la fête de la Compassion de la Vierge Marie en Fête de Notre-Dame des Douleurs, en latin Beata Maria Virgo Perdolens ou… Mater dolorosa, une fête portée par l’Ordre des Servites autorisé à répandre l’hymne comme « chant fédérateur », qui a été enrichie d’un paragraphe écrit par le même pape Benoît : « Quel est l’homme qui ne pleurerait s’il voyait la Mère du Christ dans un si grand supplice ? »
… et finalement facultative !
Même si Innocent XI lui attribue cent jours d’indulgence (1681), repris par Pie IX (1876), le Concile Vatican II remet tout en perspective : elle devient facultative… C’était sans compter le monde de la musique qui s’en est emparé à toutes les périodes de son histoire : baroque (Scarlatti, Vivaldi) classique (Haydn), romantique (Rossini, Schubert, Verdi), contemporaine (Poulenc, Pärt, Hersant). Comme quoi, même une hymne peut rebondir !
Tel le souffle d’une brise douce et légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle créateur de l’Esprit de Vie, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Déverse sur nous les rayons de son amour, Pour que grandissent et fleurissent la paix et la charité.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle de force de l’Esprit de Pentecôte, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Nous réveille de nos torpeurs et de nos peurs, Pour faire de nous des témoins du Christ Vivant ayant un cœur brûlant.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle d’amour de l’Esprit promis par Jésus, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Nous ouvre à des gestes et à des paroles de pardon.
Tel le souffle de la brise légère, Qui, au matin du printemps, caresse les sillons de la terre, En attente de semences nouvelles, promesses de fruits en devenir Le souffle de joie de l’Esprit de Pentecôte, Dans la chambre haute de nos cénacles intérieurs, Réveille en nos vies un chant de louange et de merci à la gloire de notre Dieu.
Viens Esprit Saint souffler sur notre terre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Viens Esprit Saint nous donner la douceur et nous pourrons tendre la main au lieu de juger et de condamner. Viens Esprit Saint nous donner la joie et nous pourrons distribuer la fête à ceux qui ont perdu l’espoir. Viens Esprit Saint faire danser dans les cœurs des vivants le feu de l’amour de Dieu.
La dernière des messes en familles, à Vandœuvres, conclue par une excellente soupe de Carême, appréciée par petits et grands. Un temps convivial et très bien organisé par Sabrina, Conchita, Anna et les « mains dans l’ombre ». Dans notre UP La Seymaz, nous aurons OSÉ une nouveauté cette année pastorale 2023-2024 : des Messes en familles en SEMAINE, pour rejoindre les petites communautés de Choulex, Vandœuvres, Puplinge et même Presinge. Au grand dam de certain.e.s qui nous ont partagé leur scepticisme. Comme quoi, s’il faut s’écouter pour s’entendre, on n’est pas obligé d’obéir au « on a toujours fait comme ça » : innover fait partie de la PASTORALE, on appelle cela la créativité responsable. Avec une dose de confiance en l’Esprit Saint qui ne nous fait jamais défaut !
Un grand merci à Sabrina et Andrea qui ont réussi à fidéliser les enfants présents à chanter à chaque célébration leur répertoire : des chants connus s’entonnent plus facilement ! Bravo pour ce chœur en marche qui anime nos liturgies en familles et merci aux parents d’avoir « jouer le jeu » de venir dans les horaires proposés.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.
Par Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF Photos : cath.ch, pxhere
Ce mois de mai est consacré à la Vierge Marie. C’est vers elle que je me tourne en pensant à toutes les mamans et particulièrement à toutes celles qui ne peuvent pas mener à bout leur grossesse.
Il y a les mamans dont la grossesse n’arrive pas à terme pour une cause pathologique ou traumatique et celles qui interrompent volontairement leur grossesse. Ce sont deux situations bien différentes. Les mamans qui souhaitent mettre au monde un bébé et dont la grossesse se termine trop tôt sont marquées dans leur chair et dans leur cœur. Même si la grossesse en est au tout début, elles ont à vivre un deuil. Et l’entourage a de la peine à les comprendre. Ce dont elles ont besoin, c’est d’une écoute attentive.
L’actualité me pousse à me tourner vers l’interruption volontaire de la grossesse.
Dans un certain nombre de pays dits « développés », la vie de ces fœtus ne compte pas et l’IVG devient inscrite dans les lois. Est-ce cela le développement ? La France est malheureusement fière d’être le premier pays à inscrire la liberté d’avorter dans sa Constitution. J’aime me représenter lorsque j’étais un tout petit fœtus dans le ventre de ma mère ! Et j’aurais pu tout simplement « disparaitre »…
Ne pas juger
La question grave que je me pose : comment en est-on arrivé à banaliser cet acte qui tue un bébé à naître ? Je suis sage-femme (et pas toujours « femme sage »…) et j’ai toujours été impressionnée à la vue de tout petits fœtus. En les regardant, je voyais déjà ces êtres en devenir. Comment peut-on dire que ce ne sont pas des créatures vivantes ? Comme sage-femme, je suis choquée de la réflexion des femmes qui veulent être libres de faire ce qu’elles veulent de leur corps.
Si les mamans qui sont victimes d’une fausse couche ont un deuil à faire, celles qui ont décidé d’interrompre leur grossesse restent souvent marquées par leur acte. Elles ont aussi besoin d’écoute. Surtout, ne les jugeons pas. Que Marie accompagne les unes et les autres !
Prière composée et proposée par l’abbé Jean-Michel Moix | Photo : J.-M. Moix
Ô Marie, vous êtes le chef-d’œuvre de Dieu !
Vous êtes ce que Dieu a fait de plus grand, de plus saint, de plus pur, de plus humble.
Béni soit votre sainte et immaculée conception dans le sein de votre mère, sainte Anne.
Béni soit votre naissance qui a ravi de joie les anges.
Béni soit le jour de l’Annonciation, où vous êtes devenue la sainte Mère du Fils unique de Dieu, de Jésus, notre Sauveur et notre Dieu.
Béni soit le jour où votre divin Fils s’immolant pour nous sur la croix, vous donne à Jean comme Mère, et en lui à chacun de nous !
Merci, Ô Marie, d’étendre votre sollicitude maternelle à nous, pauvres pécheurs.
A la chapelle de la rue du Bac, à Paris, en 1830, vous vous êtes manifestée à Sœur Catherine Labouré, vous lui avez demandé de faire frapper une médaille avec l’invocation qui vous tient tant à cœur :
« Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! »
A Lourdes, en 1858, vous êtes apparue à une pauvre enfant de 14 ans, Bernadette, qui ne savait ni lire ni écrire et vous lui avez révélé votre nom : « Je suis l’Immaculée Conception. » Vous avez fait de Bernadette votre messagère, nous invitant à prier et à faire pénitence !
Ô Marie, en ce mois de mai qui vous est consacré, ravivez en nous un grand désir de vous prier, de vous invoquer avec foi, avec confiance, avec ferveur et persévérance, Ô vous, notre sainte Mère du ciel, Ô vous qui connaissez mieux que quiconque notre misère et nos épreuves, Ô vous qui êtes investie de la toute-puissance divine pour nous venir en aide et pour nous faire Miséricorde. Amen !
Quand il explique qu’à l’armée, il avait « beaucoup de nouilles sur l’épaule » et qu’il a fait carrière dans la police genevoise, nombre d’éléments deviennent clairs. Notamment la manière qu’il a, durant la discussion, de plier méticuleusement chaque bout de papier à sa portée. « Je suis un peu carré, sourit Hervé Devillaz. Par exemple, quand je célèbre un enterrement, tout est réglé en amont. J’arrive dans l’église, je salue le corps, je fais une prière et j’y vais. Si tout est bien planifié, rien ne coince. »
Dans la paroisse de Bernex, le Valaisan d’origine porte de multiples casquettes : sacristain, officiant pour les funérailles, directeur de chorale et musicien. « Je suis arrivé ici en 1979. Au départ, j’allais surtout à l’église à Perly. L’abbé Kaelin, qui y officiait, connaissait mon père. De temps en temps, je venais aussi à Bernex. Comme je joue de la guitare depuis mes 13 ans, j’ai intégré la chorale « La-midoré » que je dirige aujourd’hui. Freddy – le papa de notre pianiste – était sacristain. Je lui donnais parfois un coup de main. Il m’a tout appris. J’ai repris la fonction à son décès, dans les années 90. »
Au sein de l’UP Champagne, Hervé Devillaz a côtoyé bon nombre du curés. « J’ai toujours été proche d’eux. » Et de citer Pierre Farine, devenu évêque en 1996, et Charles Christophi. « Quand j’ai pris ma retraite, il m’a proposé de suivre la formation pour célébrer des enterrements. Ayant souvent été confronté à des levées de corps, je n’ai aucun souci pour discuter avec les gens dans des situations difficiles, tout en faisant preuve d’empathie. »
Le sacerdoce du bénévolat
Mais c’est quand il parle de musique que les yeux du Genevois d’adoption s’illuminent. « En 1992, lors d’un concert à Monthey, j’ai découvert la flûte de pan. J’ai trouvé le son tellement beau que je m’en suis acheté une avec ma solde de capitaine. J’ai eu de la chance d’apprendre cet instrument avec Zamfir et Syrinx. A l’église, je programme l’accompagnement sur ma playlist et je joue. »
Comme il le définit lui-même, son sacerdoce, c’est le bénévolat. « Je suis un laïque à disposition. Le hic, c’est que personne n’est éternel. Alors je cherche à motiver les gens autour de moi pour reprendre le flambeau. Ce n’est pas forcément facile, mais je continue d’essayer ! La clef, c’est de tout faire à travers une approche chrétienne. »
Hervé Devillaz, né en Valais en 1954. Arrivé à Bernex en 1979. Sacristain depuis 30 ans.
Le 12 mai prochain, ce sera la traditionnelle « fête des mamans ». A cette occasion, et pour leur rendre hommage à toutes, nous publions dans cette page et dans la suivante, trois témoignages personnels. Merci aux trois personnes pour leurs contributions.
« Une fête de l’amour que j’apprécie»
Liliana en compagnie de sa maman et de ses frères.
Par Liliana Pochon | Photo : Michaël Pochon
C’est bientôt le temps de la fête des mamans. Voici mon témoignage de ce que représente dans notre famille cette belle fête. Chaque année, au joli mois de mai, un dimanche qui nous met dans la joie et réchauffe les cœurs, cela nous réunit et c’est une belle occasion de dire : merci !
Lorsque nous sommes scolarisés jusqu’à la fin de la primaire, rien de plus facile, on se laisse guider ! Merci aux professeurs ! Entre dessins, peintures, bricolages, poèmes, tout est prêt. Mais lorsque nous passons au secondaire, la mission cadeau se corse ! Soit la mission tombe à l’eau (flemme, pas d’argent, pas d’idée, pas le temps) soit au contraire, on continue les traditions qui nous tiennent à cœur. Pour ma part, je tiens à lui dire merci ce jour-là. Cela fait du bien de rendre heureux ceux qui vous sont chers. Après tout, nous n’en n’avons qu’une, autant en prendre soin.
Pour la petite anecdote, mon papa m’a raconté que lorsqu’il était petit, le 1er mai, jour férié pour les écoliers fribourgeois, ils allaient chanter dans les maisons du quartier, les gens leur donnaient un p’tit sous et avec l’argent récolté, ils allaient acheter un p’tit cadeau pour la fête des mamans. Alors effectivement, ils étaient bien organisés ! Mais étant en 2e année de CO, je n’ai plus cette possibilité, alors je m’organise autrement !
Pour la beauté de cette fête, je vous partage un poème que j’avais pris d’un poète, sans le savoir, que ma maman elle-même avait partagé à sa maman (belle coïncidence qui l’avait beaucoup émue).
Le voici :
Il y a plus de fleurs Pour ma mère, en mon cœur, Que dans tous les vergers ;
Plus de merles rieurs Pour ma mère, en mon cœur, Que dans le monde entier ;
Et bien plus de baisers Pour ma mère, en mon cœur, Qu’on en pourrait donner.
Maurice Carême
Amour, amitié, confidence, bienveillance, autant de valeurs qui se transmettent et se partagent avec sa maman, ainsi je vous souhaite à vous, les mamans, une bonne fête des mamans entourées de l’amour de vos enfants.
« Une fête vraiment nécessaire »
Par Anne Kamoo
Pourquoi est-il important de fêter la fête des mères ? Selon moi, c’est tellement évident.
Toutes ces femmes qui donnent la vie, qui éduquent leurs enfants, qui les soignent, qui les aiment, partageant leurs joies et leurs peines…
Quelle chance ai-je d’avoir une telle maman ? De simples mots ne suffisent pas pour la remercier de tout ce qu’elle m’apporte. Elle est un pilier dans ma vie, un soutien émotionnel et elle me guide dans mon quotidien. C’est pourquoi célébrer l’amour d’une mère au moins une fois dans l’année est vraiment nécessaire.
C’est chaque jour la fête des mamans !
Elodie en compagnie de ses enfants.
Par Elodie Mota
Qu’est-ce que la fête des mères ?
Nos mamans sont une partie intégrante de nos vies, elles se consacrent nuit et jour à leurs enfants, à soigner les petits bobos, à faire des câlins, à les remplir d’amour, à sécher leurs larmes.
Une fois dans l’année, elles sont mises à l’honneur, afin de les remercier, de leur montrer qu’elles sont importantes dans nos vies. La fête des mères tourne autour de ces femmes merveilleuses et si attentionnées. Une mère est prête à tous les sacrifices pour que ses enfants soient heureux. Elle consacre sa vie afin que ses enfants deviennent des hommes et des femmes respectables. Alors pourquoi n’avoir qu’un jour dans l’année pour lui dire merci ?
Nos mères donnent absolument tout pour nous, leurs enfants. N’attendons pas un jour spécial pour les mettre sur un piédestal, faisons-le chaque jour.
A toutes ces femmes guerrières, aimantes, soignantes, combatives, une joyeuse fête des mères !
C’est très important de fêter les mamans!
Par Matylda (8 ans)
La fête des mamans, c’est quelque chose où on donne des cadeaux à sa maman et on profite d’être avec sa maman. C’est très important de passer du temps avec elle. Elle doit aussi être contente de ce que l’on fait. Pour moi, ma maman est une personne que je peux croire.
Tout simplement offrir de l’amour
Par Gabriela (10 ans)
La fête des mamans, pour moi, c’est comme l’anniversaire de notre maman. Des fois, on peut lui offrir des cadeaux ou des fois on peut la remercier pour ce qu’elle fait. On peut aussi passer du temps avec elle. On peut l’aider dans ses tâches ménagères. Mais tout ce que l’on fait, ça revient à la même chose : on veut tout simplement lui offrir de l’amour !
Vivant en communauté, les sœurs bernardines du monastère de Collombey cherchent Dieu dans la prière, la simplicité, le silence, le travail et l’accueil des personnes qui viennent à elles. En ce début du mois de février, nous partons à la rencontre de Sœur Elisabeth qui nous parle de cette vie de prière et de silence.
Propos recueillis par Yasmina Pot Photo : Abbé Valentin Roduit
En grimpant l’escalier jusqu’au monastère, on entend de moins en moins de bruit. On est à la fois loin de la plaine et tout proche d’elle. Les dernières marches longent l’hôtellerie et son jardinet. Puis c’est l’arrivée à la porte d’entrée. Sœur Elisabeth nous accueille au parloir en souriant.
Sœur Elisabeth, on le comprend en arrivant ici, la beauté du monastère et de la nature qui l’entoure est propice à une vie de prière. Oui, c’est un environnement calme qui nous permet d’être attentives au Seigneur dans la prière et le silence.
Parlez-nous de l’importance du silence dans votre vie monastique. Le silence est observé pendant presque toute la journée. Heureusement, sinon dans les grandes communautés, il y en aurait du bruit ! Pour notre vie de prière, le silence sert à rester avec le Seigneur, à se rapprocher de Lui. On est à l’église sept fois dans la journée, pour les différents offices. Si on avait beaucoup parlé pendant le jour, à la messe on « mijoterait » ce qu’on a entendu au lieu d’écouter la Parole et prier. On peut aussi rappeler que le silence permet de ne pas pécher par la parole. Pendant nos heures de travail, on parle peu parce qu’on est séparées. Bien sûr, si on a quelque chose à demander on peut le faire. Avec le silence on parle à Dieu plutôt qu’aux gens. J’aime tout particulièrement l’oraison du soir, ce temps de recueillement silencieux à la fin de la journée, c’est un moment spécial. On parle à Dieu, on peut Lui confier ses joies et ses peines, et en sortant on se dit : « Tiens ! ça va mieux. »
Quels sont les souvenirs de vos premières années au monastère ? Lorsque je suis entrée au monastère en 1951, à l’âge de 17 ½ ans, nous étions 21 sœurs. Aujourd’hui nous ne sommes plus que trois. Il y avait deux moments de récréation d’une demi-heure par jour : après le dîner et après le souper. Là on pouvait parler. Vu notre nombre, le respect du silence était beaucoup plus strict que maintenant. Si on nous entendait beaucoup parler, on nous reprenait. Le grand silence se faisait à partir de l’office des complies, à la tombée du jour.
Rappelez-nous ce qu’est le grand silence. Le grand silence commence à partir de 20h, à peu près. Nous nous levons à 4h30 du matin pour l’office de 5h. Jusqu’à la fin de la messe du matin, à 9h, on n’entend plus parler. Les prêtres vivant ici font eux aussi silence. Et si on a quelque chose à dire, on le fait à voix basse.
Notre entretien avec sœur Elisabeth touche à sa fin. Mère Gilberte, prieure du monastère, se joint à nous. Elle nous parle aussi du grand silence : « Pour moi ce sont les plus belles heures. Cette prière de la nuit, ces moments où la nature est en silence. Et maintenant avec l’hiver c’est encore beaucoup plus frappant. Cela apporte la paix, l’harmonie ; l’harmonie avec soi-même en premier et avec les autres. Le grand silence c’est un peu comme un puits dont on tire nos ressources pour la journée. Ces heures du matin on ne les retrouve plus après, ce n’est plus le même silence. »
L’agriculture moderne s’est profondément industrialisée, elle n’est plus une activité de subsistance, mais une activité de production, de rentabilité, d’exploitation des sols et des ressources végétales, animales et humaines.
Pourtant, l’agriculture nous rappelle sans cesse notre lien à Dieu : en créant l’Univers, il nous donne la responsabilité de l’entretenir et de l’aimer. La dernière exhortation apostolique du Pape François Laudate Deum, qui complète son encyclique Laudato Si’ publiée en juin 2015, insiste sur le rôle de l’Homme dans le changement climatique actuel et ses conséquences sur les mondes végétaux et animaux et donc sur notre mode de production agricole.
Quelle façon de produire ?
Il ne s’agit pas de condamner la production agricole en tant que telle, mais de nous interroger sur notre façon de produire ce dont nous avons besoin d’abord pour subsister, ce qui n’exclut pas de bénéficier de produits d’excellente qualité gustative et nourrissants (n’est-ce pas la fonction première de l’agriculture ?).
Lieu de coexistence
L’Europe, et la Suisse n’y échappe pas, est actuellement traversée par de nombreux mouvements de protestations d’agriculteurs qui dénoncent les incertitudes croissantes, la précarité, l’isolement et le désespoir de personnes écrasées par les dettes ; qui dénoncent également la perte de sens d’un métier pourtant indispensable à la société, dont l’un des marqueurs est le nombre croissant de suicides.
Des initiatives chrétiennes se mettent en place pour répondre à ce grand défi auquel fait face l’agriculture. Parmi elles, citons « L’aumônerie pour le monde du travail et agricole » à Lausanne, qui, en étroite collaboration avec l’Eglise évangélique réformée vaudoise, apporte soutien, aide et conseils à tous les acteurs du monde du travail et agricole.
Le fil directeur pour protéger la Nature et donc l’agriculture est, comme le rappelle le pape François, le respect de « la maison commune » c’est-à-dire de la Terre non pas comme simple théâtre de l’existence humaine, mais comme lieu de coexistence et de cohabitation porté par Dieu.
Un groupe de la paroisse a vécu une nouvelle fois l’expérience d’une semaine de jeûne en Carême. Sa coordinatrice, Nathalie Kamoo, nous livre ci-contre le sens de cette démarche.
Cette démarche de jeûne est ouverte à tous. Le soutien du groupe, la progressivité de la descente (6 jours de lente diminution de prise de nourriture), le soutien spirituel pendant la semaine de jeûne proprement dite, ainsi que la réintroduction progressive des aliments (durant 6 jours également), tout cela permet à la grande majorité des personnes de suivre le jeûne même si elles sont en activité professionnelle.
Par Nathalie Kamoo Photo : Georges Losey
Lors des réunions de la semaine de jeûne – cette année du 6 mars au 13 mars – nous partageons d’abord sur les intentions que nous donnons pour ce jeûne.
Elles peuvent être multiples : comme la gratitude, une demande particulière à Dieu, une amélioration physique, etc. Dans un deuxième temps, nous échangeons sur notre ressenti, les points positifs mais aussi sur les désagréments. Nous terminons par un temps spirituel animé pour nous ouvrir à Dieu et aux autres. Pendant les réunions nous constatons souvent que « sans le groupe, ce serait beaucoup plus difficile ! ».
Le jeûne associe donc la dimension corporelle, la dimension spirituelle et la dimension solidaire. On peut y trouver un chemin d’intériorité, un élargissement de son horizon, une nouvelle relation avec les autres et avec la Création.
Trois dimensions
Dimension du corps : Le jeûne est une invitation à renoncer volontairement à toute nourriture solide, à passer d’une alimentation extérieure à une alimentation intérieure, à lâcher du lest, à prendre du temps pour soi. Il conduit à une révision parfois salutaire de ses habitudes de vie. Le jeûne permet un retour sur soi-même, une transformation de ses besoins physiques, intellectuels, de ses peurs et ses espérances. Il apporte un profond sentiment de bien-être général qui encourage à renouveler l’expérience.
Dimension spirituelle : La dimension spirituelle qui se révèle durant le jeûne ouvre un passage à un état de conscience supérieure auquel aspirent toutes les grandes religions. Le jeûne donne un accès privilégié au silence intérieur qui peut croître. Un sentiment d’harmonie, menant à la paix est éprouvé tout comme une rencontre avec une « joie divine ». De par son action libératrice, purificatrice, le jeûne est un moyen d’intensifier le cheminement spirituel et de se nourrir de la Parole.
Dimension sociale : Cette dimension fait référence à la capacité accrue de la personne qui jeûne à s’ouvrir aux besoins de son prochain. La dynamique du groupe est un des facteurs clés du succès de la démarche. Très vite, les membres du groupe vivent des relations fraternelles, spontanées et authentiques. La bienveillance et le soutien mutuel se développent. Le jeûne permet à notre corps de vivre le manque et la faim qu’éprouvent des millions de personnes à travers le monde. Nos semaines de jeûne proposent aussi de poser un acte de solidarité envers ces personnes en soutenant des projets proposés par l’EPER et Action de Carême, pour une vie digne pour toutes et tous.
Si cela vous intéresse de suivre une semaine de jeûne, le site de l’EPER et d’Action de Carême (https://materiel.voir-et-agir.ch/groupes-de-jeune) vous donnera les indications utiles : vous pourrez y trouver un groupe en fonction de votre localité ou en fonction de la période à laquelle chaque groupe choisit de vivre ce temps.
En ce numéro d’avril de L’Essentiel, il y est beaucoup question du « silence », le silence dans la vie monastique avec Sœur Elisabeth (p. 10), le silence dans la liturgie de la messe (p. 15), sans oublier l’éclairage romand sur le silence (pp.16-17). Ici, nous avons voulu donner place à des témoignages personnels sur le silence, sur ses bienfaits, sur sa valeur dans nos vies…
Propos recueillis par l’équipe de rédaction de L’Essentiel | Photo : unsplash.com
C’est quoi le silence ? Où vis-tu le silence ?
« C’est comme une prière. A la catéchèse, Béatrice nous a dit que Dieu était dans le silence. (Cf. Elie au mont Horeb ndlr) A la messe des fois, il y a du silence. Des fois, car souvent on dit des choses. Mais quand le prêtre dit « prions encore » après il y a du silence. » Un enfant, 7 ans
« Quand on fait un travail, la maîtresse demande de faire silence. C’est le contraire du vacarme. Je crois que c’est pour s’entraîner pour l’école des grands. Moi, je sais bien faire silence. Ce n’est pas souvent qu’on a du silence dans la classe. » Un écolier, 6 ans
« Je trouve le silence à la montagne. Ça demande des efforts ! Mais on n’obtient rien qui vaille la peine sans effort. » Isabelle
Le silence offre souvent une respiration bienvenue, un repos attendu. Pour ne pas nous isoler dans une solitude pesante, le silence a besoin de répondre à une vie relationnelle riche. Il devient garant de la qualité de celle-ci. Il nous donne le goût du calme, de la douceur. Il nous met à l’écoute. A l’opposé du silence du tombeau, il a besoin de la branche qui balance dans le vent, de ce banc à l’orée d’un bois, de cette Parole relue en toute intimité. Le silence s’invite dans nos vies. Hospices, couvents, etc. : des lieux fraternels pour un premier pas vers une mise en harmonie de nos vies. Yves
« Il y a bientôt 40 ans, j’ai vécu une première retraite de six jours dans un Foyer de Charité en France. En dehors des entretiens spirituels donnés par le prédicateur et en dehors des messes et célébrations, ces retraites se déroulent dans le silence. Pas d’échanges durant les repas, pas non plus entre retraitants (ou le strict minimum), pas non plus de lectures de journaux ou autres. Au fil des jours, notre esprit gagne en intériorité, notre prière devient plus fervente, notre faim de la Parole de Dieu devient plus vive, notre recherche de la Présence de Dieu devient plus intense. Au terme de la retraite, nous nous retrouvons intérieurement changés, transformés, bonifiés. Nous regagnons notre domicile avec le sentiment qu’on l’avait quitté non pas une semaine plus tôt, mais trois semaines plus tôt. Ces fruits, ces bienfaits de la retraite, ne sont-ils pas liés, en partie du moins, à l’effort du silence vécu au cours de ces 6 jours ? ! » Un prêtre, 57 ans
Regard ce mois-ci sur la médaille de saint Padre Pio. Sa vie est marquée par des douleurs surhumaines qu’il supportait avec l’aide de la grâce de Dieu, raison pour laquelle il apporte réconfort dans nos épreuves physiques, mentales ou spirituelles.
Une bonne douzaine de soupes de Carême ont eu lieu durant le mois de mars. Les dernières seront servies le Vendredi saint (à Cheyres, Cugy, Montet, Nuvilly, Rueyres-les-Prés et Seiry). Voici quelques reflets illustrés des deux soupes de Carême qui ont eu lieu au début du Carême à Vuissens et Font. (cjy)
Photos : André Bise (Font) et Gérard Dévaud (Vuissens)
Avec cet article s’ouvre une nouvelle rubrique littéraire, dont la rédaction a été confiée à M. Benjamin Mercerat. Enseignant de français et écrivain, il aborde ici l’œuvre d’un écrivain et poète suisse romand bien connu : Charles Ferdinand Ramuz.
Par Benjamin Mercerat | Photo : Centre des littératures en Suisse romande (UNIL)
C. F. Ramuz : ce nom déclenche généralement des réminiscences de lecture scolaire, voire réveille le préjugé voulant qu’il s’agit là d’un auteur rustique ne sachant pas sa syntaxe – par ignorance – ou faisant comme s’il ne la savait pas – par préciosité. Ramuz et le Valais : La Grande peur dans la montagne, bien sûr ; Farinet, évidemment ; si ces romans ne déméritent pas, on a tendance à oublier que plus du tiers de ses 22 romans sont situés en Valais, ainsi que de nombreuses nouvelles.
Faisons nos premiers pas sur les traces de Ramuz en Valais avec une de ces nouvelles. Publiée dans le recueil Nouvelles et morceaux en 1910, on gagne à y lire, par-delà sa simplicité apparente, une parabole décrivant la pensée de l’auteur, cet agnostique étonnamment religieux.
« Le Pauvre vannier », c’est Anselme, artisan vieillissant supplanté par un jeune concurrent, délaissé par les villageois. Il prend alors, tel un pèlerin, sa cape et son bâton d’épine, et marche « droit devant lui dans la montagne », décidé à s’y abandonner. Or, épuisé, la montagne s’ouvre à lui, lui donnant accès au Paradis. Tout humble, il n’arrive à croire qu’il est accepté parmi les « élus ». Dans cet Au-delà, chacun retrouve sa maison, mais toute neuve ; et chacun reçoit sa nourriture quotidienne. L’activité principale du village, c’est la Louange. La première chose qu’aperçoit Anselme est une grande procession autour de l’église, emmenée par l’Evêque.
Cependant, Anselme commence à s’ennuyer de son travail de vannier ! Au point de demander à l’Evêque de faire un aller-retour sur terre pour s’y procurer de l’osier afin de se remettre à l’ouvrage. Ce dernier, ainsi que les villageois et les anges, tentent de l’en dissuader, mais rien n’y fait. Le pauvre vannier est retrouvé mort par des bergers, quelques jours après sa fuite du village.
Dans cette nouvelle, Ramuz témoigne de sa métaphysique agnostique : pour ce grand artisan du roman, c’est le Travail qui sauve, à défaut d’un Dieu pouvant être reconnu. Or, situé dans un cadre catholique, qui est celui que Ramuz a connu lors de ses séjours valaisans, où il assistait à la Messe avec intérêt, le tragique de cette conception se fait probant : en exprimant la fin d’Anselme, l’auteur exprime peut-être ce qu’il pressent au fond de lui : ce n’est pas notre propre Volonté qui nous sauve, notre propre mérite, autonome ; mais c’est notre mérite en tant qu’il participe à la grâce divine, comme l’établit le Catéchisme de l’Eglise catholique.
Bibliographie :
C. F. Ramuz, Nouvelles et morceaux (1910) in Œuvres complètes, éditions Rencontre, 1967. Robert Marclay, Ramuz et le Valais, Payot, 1950.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
La prière du coeur Frère Jean
Comme l’amour, la prière du cœur ne s’apprend pas, elle se vit joyeusement dans un cœur à cœur. Elle est le signe d’une rencontre, celle de l’homme avec Dieu. La prière est un art, le plus beau des arts, un art de vivre ! Elle est un engagement, un acte de dévotion, comme une goutte de lumière qui nous pénètre et nous transfigure, un état d’émerveillement face à l’infini. Le Frère Jean, moine orthodoxe français, nous propose, en dix chapitres, un chemin à parcourir pour incarner la réalité de la prière où Dieu est présent même si nous ne sommes pas toujours présents à Dieu.
Raphaël Engel travaille à Genève comme journaliste aux magazines de la RTS. En 2021 est diffusé A deux pas de l’infini, reportage qu’il réalise pour l’émission « Passe-moi les Jumelles » et qui propose une immersion auprès des moines-paysans de l’abbaye cistercienne de Hauterive, près de Fribourg. Le livre qu’il publie s’inscrit dans la continuité de ce reportage, sous la forme d’un récit de voyage relaté en 18 journées marquantes passées auprès des moines de Hauterive. Le journaliste y poursuit sa réflexion personnelle entamée lors de la rencontre avec ces 15 « chercheurs de Dieu ».
Habiter le silence dans la liturgie Pascal Desthieux
Dans ce livre, l’auteur focalise son attention sur un aspect méconnu de la réforme liturgique : l’observation du silence comme forme de participation active des fidèles. Pourquoi du silence dans la liturgie, quel type de silence, comment la Bible ou l’enseignement de l’Eglise parlent-ils de ce silence, autant de points qui font l’objet de sa présentation. Le silence a toute sa place dans la messe de Vatican II. Il favorise la participation active de tous et implique toute la personne. Il contribue au bon déroulement de la liturgie, permettant de passer sans précipitation d’un rite à l’autre. Plus encore, il favorise un climat d’intériorité qui s’enrichit de la prière de chaque participant. Le silence liturgique aide à rencontrer Dieu, à se tenir éveillé en sa présence, à créer un espace pour accueillir sa parole et lui répondre, grâce à l’Esprit Saint. Discrète, la place qu’occupe le silence dans toute liturgie est essentielle.
Le trésor de la petite église Sophie de Mullenheim – Tania Rex
« Un rayon de soleil traverse les vitraux et illumine la petite église. – Un trésor ! s’émerveille Lou. Où est-il ? – C’est à vous de le trouver. Mais je peux vous guider un peu. Lou et Tom se regardent en silence. Un trésor, c’est fabuleux, non ? »
Une belle histoire à lire en famille pour rencontrer et aimer Celui qui fait battre le cœur des églises.
Prévue initialement dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, la conférence donnée le 6 mars dernier, au centre des Focolari à Montet par le pasteur Martin Hoegger, a débuté par une réflexion sur la parabole du bon samaritain – thème 2024.
Par Nicole Monnard Photo : Pierre Bondallaz
Dans ce récit (Lc 10, 23-38), un spécialiste de la loi interroge Jésus sur la manière d’obtenir la vie éternelle. Jésus le renvoie aux Ecritures. Le légiste cite immédiatement le double commandement de l’amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même » mais il interroge encore Jésus : « Qui est mon prochain ? » Nous connaissons la suite, Jésus raconte l’histoire de cet homme attaqué, dépouillé, roué de coups et laissé à moitié mort au bord du chemin. Marchant sur cette route, un prêtre puis un lévite font sciemment un détour afin d’éviter le blessé.
C’est finalement un étranger qui, pris de pitié, s’approche du malheureux.
On peut associer le Christ à celui qui prend soin, qui témoigne compassion et miséricorde pour cet être blessé. Il donne (temps, argent…) et promet (le surplus) à son retour. Oui, Dieu donne toujours en plénitude ! L’auberge est la représentation de l’Eglise : qui accueille, veille et attend le retour de son Sauveur.
Un enrichissement mutuel
L’unité chrétienne est fondée sur cette double loi de l’amour, s’il n’y a pas d’abord l’accueil et le respect de l’autre, il ne peut y avoir réellement unité ecclésiale. En hébreu, Natan signifie « donner ». Ce mot lisible de gauche à droite ou inversement (palindrome), nous parle d’un échange des dons : un enrichissement mutuel.
Les chrétiens de toutes confessions peuvent-ils mettre en évidence leur foi commune et accueillir comme un cadeau la manière différente dont les autres vivent et expriment leur propre foi ? Pouvons-nous apprendre les uns des autres ? Osons-nous vivre un « œcuménisme des mains blessées » en étant prêts à montrer les uns aux autres nos blessures respectives sachant que nous ne pouvons pas nous guérir ou nous sauver nous-mêmes ? (P. Murray)
Martin Hoegger nous a partagé avec enthousiasme divers engagements vécus : Forum Chrétien mondial et romand, JC2033 : jubilé œcuménique, le chemin d’Emmaüs : pèlerinage œcuménique, Ensemble en chemin (60 mouvements et communautés chrétiennes réunies) dont nous lisons ensemble la charte, comme une prière et une envie de faire grandir en nous et autour de nous l’Unité relationnelle et ecclésiale.
Travailler ensemble
« Jésus, nous disons « oui » à ton commandement et aujourd’hui, nous voulons renouveler notre pacte d’amour réciproque. Aimons-nous les uns les autres comme tu nous as aimés. Nous te demandons que l’Esprit Saint renforce notre amour et que tu sois au milieu de nous, comme tu l’as promis. Œuvre en nous et à travers nous quand nous travaillons ensemble pour ton royaume. Amen ! »
Martin Hoegger est un pasteur retraité de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV). Il a exercé son ministère en diverses paroisses. Il a aussi exercé, pendant plus de 15 ans, un ministère d’accompagnement spirituel dans la Communauté de Saint Loup. Cofondateur de la Communauté des Eglises chrétiennes dans le Canton de Vaud (CECCV) en 2003, il en a été son président puis son secrétaire exécutif pendant dix ans, en tant que responsable de l’œcuménisme de l’EERV. Pour en savoir plus sur ses activités et ses publications : https://martin.hoegger.org/index.php/qui-suis-je
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