Naissance d’un parcours Alpha-jeunes à Vouvry

Christophe Allet présente ce nouveau parcours, mis en place à Vouvry pour un groupe de catéchumènes.

Le parcours Alpha-jeunes actuel se déroule à raison d’environ une rencontre par mois à la cure de Vouvry. Il est né d’une situation inédite : en quelques mois, huit ados du secteur se sont présentés avec une demande de baptême ou de poursuite d’un parcours des sacrements arrêté il y a quelques années ! Deux jeunes filles de Collombey ont aussi rejoint ce groupe. En complément d’un accompagnement personnel par le père Patrice Gasser, il nous semblait intéressant de proposer aussi une démarche communautaire. Ce parcours inclut un repas convivial, une vidéo sur un thème de foi adapté aux 14-20 ans et un échange très ouvert. Il correspond tout à fait à un tel cheminement. 

Dès qu’une plage commune mensuelle a été trouvée (ce qui n’est pas la moindre des difficultés), cette aventure a pu commencer. Nous avons la joie d’accompagner ces jeunes en tandem avec Vanessa. Nous en sommes à la 9e rencontre sur 12 dont 2 ou 3 se dérouleront sur une journée. Ce parcours enrichissant va se terminer dans quelques mois.

Un prochain parcours pourrait démarrer dès qu’un groupe de 4-5 jeunes motivés trouvera un moment commun pour se réunir autour du partage, de la Bible, de l’amitié, sous le regard de Dieu.

Pour en savoir plus, consulter https://fr.alphalive.ch/

Témoignage de Lou-Anne

Lou-Anne, 14 ans, participe aux soirées Alpha-jeunes. Son témoignage est émouvant.

J’ai fait mes parcours KT (pardon, communion et confirmation) et j’ai appris à découvrir et à connaître un peu plus  Dieu. J’ai décidé de Lui parler en priant et plus je priais, plus j’avais besoin de prier, plus je me sentais connectée à Lui, plus je Le sentais proche de moi jusqu’à ce qu’Il fasse partie de moi. Aujourd’hui, je ne peux plus m’endormir sans Lui parler.

Il y a plus de deux mois, j’ai dû me faire opérer et j’avais très peur devant cette grosse opération. Alors je priais Dieu pour lui dire de me protéger, de me rassurer. Quelques jours avant mon opération, je pleurais beaucoup et je priais… et j’ai ressenti comme une chaleur qui m’a entourée… je me suis sentie rassurée, j’ai séché mes larmes. Je crois bien que Dieu est venu me dire : « Ne t’inquiète pas, je suis là avec Toi. » Je crois qu’ll est avec moi tout le temps : quand je suis heureuse, quand j’ai peur, quand je suis triste. Il est là pour tout le monde, Il nous tend les bras et Il attend qu’on décide d’aller vers Lui pour qu’Il puisse faire partie de notre vie tout entière.

Grâce à cette opération, j’ai découvert qu’on est tous frères et sœurs. Quand je parlais de mes peurs à certaines personnes chrétiennes, elles m’ont toutes dit : « Ne t’inquiète pas, je vais prier pour Toi. » ça me faisait du bien d’entendre ça et je me suis dit que j’avais beaucoup de chance de faire partie de la famille des chrétiens, parce qu’on est là les uns pour les autres. C’est ça la communauté chrétienne ! Il faut diffuser l’Amour de Jésus autour de nous.

Les auxiliaires de l’Eucharistie formés à bonne école!

Rappel des objets liturgiques en présence des auxiliaires « chevronnés ».

Nombreuses et nombreux sont les bénévoles de notre paroisse qui vivent ce beau ministère d’auxiliaire de l’Eucharistie soit à la messe ou en apportant le Corps du Christ chez les malades à la maison, à l’hôpital ou au home. Une journée de formation a eu lieu en février à Estavayer.

Par Georges Dévaud | Photos: Georges Losey et Gérard Dévaud

Le samedi 10 février, une trentaine de personnes venant de plusieurs UP (dont 13 de notre paroisse) ont vécu une journée de formation en vue de devenir auxiliaire de l’Eucharistie. Cette formation, animée par le père Jean Bosco Devaux du CRPL (Centre romand de pastorale liturgique)et des membres de l’équipe pastorale, leur a permis de (re)découvrir la beauté et la grandeur de ce sacrement, mais également l’importance de l’attitude à adopter. 

Le père Jean Bosco, entre temps d’échanges et apport théologique, a rappelé le sens de la liturgie eucharistique comme louange et action de grâces. Ce fut aussi l’occasion d’accueillir, l’après-midi, les auxiliaires déjà en fonction pour une partie plus pratique avec la découverte des objets liturgiques, et d’autres éléments d’ordre très pratique.

Les personnes formées recevront prochainement un mandat officiel de notre évêque et elles seront présentées lors d’une messe dominicale dans leur communauté.

Merci à toutes ces personnes qui s’engagent au nom de leur foi au service des autres et beaucoup de plaisir dans ce ministère qui leur est confié !

«Partager à ses frères et sœurs le Corps du Christ constitue pour tout chrétien appelé et formé à ce ministère, qu’il soit religieux ou laïc, homme ou femme, une raison supplémentaire de vivre selon la foi et d’exprimer celle-ci dans l’acte même de son ministère.»

Livret Pain de Vie, éditions Bayard

Un geste fraternel apprécié

De nombreux ministres de la communion, envoyés depuis 40-30 ans ou moins, ont pu se pencher sur leur fidèle engagement le 10 février.

Une occasion de se souvenir d’un appel, le plus souvent de leur prêtre, pour une mission forte et belle au service de leur paroisse et de leurs frères malades, à domicile ou à l’hôpital. Un engagement et un geste fraternel envers ces membres de la communauté. Un souci aussi pour distinguer les besoins de leur entourage et leur offrir le Corps du Christ.

Chacune et chacun pourrait relater les moments exceptionnels partagés avec les personnes âgées. Des rencontres pleines de confiance, demandant écoute et ne tenant pas compte du temps… Des hospitalisés faisant part de leurs soucis, mais démontrant une immense foi et leur reconnaissance pour ce cadeau de l’Eucharistie.

A chaque fois, les engagés reçoivent bien plus qu’ils n’apportent : l’amitié, les témoignages de courage, les exemples de croyants, la joie de servir. Comme l’a dit une participante, ce rappel en lien avec les gestes sacralisés et partagés avec les nouveaux bénévoles fait du bien.

Des jeunes répondent à l’appel de Dieu

Lou-Anne (ayant suivi le parcours Alpha-jeunes) et Tessa (catéchumène).

En chemin vers le baptême avec des catéchumènes

Mot d’introduction par le Père Patrice Gasser

Jésus-Christ continue à parler aux êtres humains, comme Il l’a fait il y a 2000 ans ; parfois il s’impose aux sens de la personne qu’Il appelle, sa présence se fait sensible et change tout ; d’autres fois, il murmure doucement mais de façon tenace à leur cœur. Ces personnes vont alors chercher auprès de l’Eglise des moyens pour rencontrer ce juif de Nazareth qui a donné sa vie pour sauver tous les hommes. 

Dans les différents secteurs, des équipes se sont mises en marche et se sont structurées pour accompagner ces personnes et leur donner les moyens de cheminer et de grandir dans la foi : la Bible, les partages autour des modules Alphalive, les rencontres personnelles, le Youcat (abrégé du catéchisme de l’Eglise catholique), la prière (seule ou commune), les pèlerinages, les activités liturgiques (chants, lecture de la parole de Dieu, service de l’autel), tout cela va nourrir la foi des personnes qui s’engagent. L’important est qu’elles se sentent épaulées dans la démarche qui vous est présentée ici. 

« A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » Benoit XVI, Dieu est amour

Rencontre avec cinq jeunes catéchumènes. Ils nous parlent, avec générosité de leur chemin vers Dieu. Des moments de partage très ouverts et sympathiques avec chacune des adolescentes de 14-15 ans et un jeune adulte de 23 ans. Pour la plupart, leurs parents catholiques se sont éloignés de la pratique religieuse. On ne parle que très peu, ou pas du tout, de religion en famille.

Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Stéphanie Reumont, cathéchumènes par Christophe Allet

Dans un environnement plutôt laïque, comment a surgi chez ces jeunes cet élan pour connaître Dieu et entrer dans l’Eglise Catholique ?

A travers l’amitié… Dieu appelle.

Tessa, très à l’aise explique : « J’ai toujours été intéressée par les cours de religion et j’avais de bonnes notes ! Mon amie Lou-Anne, très croyante, m’explique ce qu’elle vit avec Dieu et répond à mes questions. On va souvent à la messe ensemble. J’aime l’ambiance calme, les prières, les chants : je m’y sens bien. J’échange aussi avec des copines chrétiennes et on se soutient dans les difficultés. J’ai fait de belles rencontres durant le Théo-Camp l’été dernier. J’ai aimé prier durant la nuit de l’adoration, c’était apaisant. Je parle aussi avec mon grand-père qui est pasteur. Il craint que je me laisse trop influencer par mes copines. Je le rassure car mon choix est réfléchi et personnel. J’apprends encore beaucoup grâce au parcours Alpha. »

Selma est en classe préprofessionnelle. Elle aimerait devenir infirmière dans les ambulances. « Je dois encore beaucoup étudier mais j’espère réussir. Quand mon grand-père est décédé, j’ai commencé  à me poser des questions sur la vie, la mort. Depuis ce jour, je porte toujours une croix et je prie avant de dormir. Je cherche parfois des prières sur Internet. Je préfère prier toute seule. Ça me fait du bien de croire en un Dieu qui m’écoute et en qui j’ai confiance. J’ai une amie chrétienne avec qui j’échange sur sa religion et qui répond à mes questions. Un jour, elle m’a proposé d’aller ensemble à la messe au Bouveret dans une chapelle près du lac. J’ai aimé prier devant ce beau paysage. Mon amie est heureuse que je sois baptisée et de devenir ma marraine. »

Ces adolescentes ont toutes découvert Dieu grâce à leurs amies. Daniel, un adulte de 23 ans, a un cheminement différent : 

« Quand j’étais enfant, j’accompagnais ma mère à la messe, je priais avec elle. Peu à peu, j’ai cessé ma pratique religieuse. Il y a plus d’un an, j’ai arrêté mes études, contre l’avis de ma mère et j’ai vécu une situation difficile… Toutes mes recherches de travail ont été vouées à l’échec. J’étais découragé. Alors, j’ai commencé à prier Jésus, à lui confier mes soucis et à lui demander de l’aide. Voilà que je suis engagé sans problème dans une entreprise de carrelage. J’apprends vite, on me fait confiance, je deviens plus autonome et ça me plaît. J’y vois l’aide de Dieu. Je retourne à l’église avec mon amie catholique qui encourage ma démarche. Je passe un week-end à l’hospice du Simplon. Le Père Patrice nous apprend à prier, à lire la Bible, à chanter ensemble : c’est super. Je rejoins le Chœur des Jeunes du Bouveret. Chanter durant la messe de Minuit m’a réjoui. Pour l’instant, je me sens comme un invité le dimanche à la messe, mais je désire faire partie plus concrètement de cette communauté chaleureuse. Ma mère est heureuse que j’aie choisi son frère comme parrain.

Nora aime la culture religieuse et prie régulièrement depuis longtemps. « Parfois je m’aide avec des livres de prières ou je lis la Bible. J’ai accompagné plusieurs fois mes grands-mères à la messe et j’allumais des bougies. L’an passé, ma copine m’a invitée à sa première communion. En la voyant je me suis demandé : pourquoi pas moi ? Au fond j’en avais envie. Je progresse grâce au groupa Alpha. Mes grands-mères sont heureuses et ma tante aussi, car je l’ai choisie comme marraine », dit-elle avec un beau sourire.

Kloé est en première année du collège. « J’ai plus de travail qu’au C.O., dit-elle toute souriante, mais ça va bien ! Avec ma meilleure amie, on échange sur tout. Il y a trois ans, elle m’a parlé de sa foi. Pour moi, c’était une découverte et cela m’a vraiment intéressée. Depuis ce jour, je cherche à en apprendre davantage sur la religion catholique. Je lis la Bible et je prends du temps pour parler avec Dieu. Le groupe Alpha me donne l’opportunité d’approfondir ma foi et aussi de m’enrichir des expériences et des réflexions des autres. Mes questions, je les pose aussi à l’ami de ma mère qui a étudié la théologie. »

Des catéchumènes soutenus par leurs proches
Tous apprécient le soutien que leur apportent leurs familles et leurs amis. Nora nous confie : « Mes parents m’écoutent et respectent mon choix. J’ai de la chance, car certains camarades voudraient être baptisés, mais leurs parents ne le veulent pas, tandis que d’autres n’en ont pas envie et leurs parents les y obligent !… »
Tous ces catéchumènes désirent approfondir leur foi et la vivre au quotidien. Ils ont pris conscience que le Baptême n’est pas l’affaire d’un moment, mais le cheminement de toute une vie. Merci à tous ces jeunes pour leur témoignage. Les paroissiens se réjouissent de les accueillir avec leur fraîcheur et leur enthousiasme !

Quelques catéchumènes autour du Père Patrice Gasser.

Belle rencontre œcuménique

Chaque année, les ministres de la paroisse réformée et l’équipe pastorale de la paroisse catholique Saint-Laurent, accompagnés de quelques membres de leur Conseil de paroisse, se retrouvent pour partager une soirée.

Par Marianne Berset | Photo : Georges Losey

Cette rencontre a débuté par une présentation de la collégiale par Francis de Vevey qui nous a aidés à découvrir ses merveilleuses richesses. Dans son exposé, il a veillé à prendre soin de nos sœurs et frères réformés en faisant émerger tout ce qui les rejoint. En partant des prophètes aux disciples, en poursuivant par la biographie de Claude d’Estavayer du XVe siècle, évêque de Belley, pour arriver au groupe des Dombes qui est un groupe de dialogue œcuménique fondé en 1937 dont fait partie le chanoine Claude Ducarroz, bien connu dans la Broye.

Nous avons poursuivi en partageant un temps de prière et un repas. Ce chaleureux moment de convivialité nous a permis d’apprendre à nous connaître, étant donné que quatre nouveaux pasteurs ont rejoint l’équipe des ministres à la paroisse réformée. De plus, chacun de nous a évoqué sa mission et mentionné le lien qui le relie à l’œcuménisme. 

Un échange porteur qui ne peut que nous aider à vivre et collaborer plus harmonieusement dans cette Broye où on côtoie beaucoup de couples mixtes.

Le baiser de paix

Par Pierre Chatelanat 
Photo : Françoise Albert

Chaque messe est l’occasion d’éprouver combien le baiser de paix est important et un moment fort de la célébration !

Ceci tout particulièrement depuis les comportements hérités de la période du Covid, au cours de laquelle les relations physiques entre les individus ont changé, minimisant les contacts physiques et favorisant ceux du regard.

Auparavant il s’agissait de serrer la main de ses voisins immédiats avec parfois des réticences liées à des soucis d’hygiène, en cherchant la meilleure façon de faire ce geste selon qu’il s’adressait à une frêle personne âgée ou à un athlète, à des timides ou des extravertis…

Depuis la pandémie l’espace du baiser de paix, désormais essentiellement transmis par le regard, s’est considérablement élargi à tout un banc et à plusieurs rangées, beaucoup recherchant le contact loin de leur place et pendant un long moment !

Et, libérés des préoccupations techniques du contact physique, les fidèles peuvent désormais se concentrer sur ce regard échangé, qui est essentiel dans le rapport créé.

Et quelle richesse dans cet échange ! Un moment incomparable de rencontre fraternelle dans L’Essentiel, au cours duquel est ressentie la totale égalité avec l’autre, quels que soient son origine ethnique, sa condition ou son genre ! Un avant-goût du Royaume annoncé !

Il suffit de contempler les visages radieux de la plupart de ceux qui ont échangé ce signe de communion dans le Christ, rendu vivant parmi nous, pour se persuader de l’importance de ce baiser de paix et de se réjouir de son récent renouveau !

Plusieurs projets au Togo

Le tour de la solidarité
Nous vous proposons une nouvelle rubrique présentant les œuvres soutenues par notre paroisse, que ce soit par des quêtes ou par des dons. Pour commencer la série, partons du côté du Togo, la terre natale de nos abbés Bernard et André, où nous soutenons actuellement trois projets. Les responsables de ces projets remercient chaleureusement toutes les personnes qui les soutiennent.

Texte et photos par Gérard Dévaud

1. Le Centre God-is-love Saint-Laurent Estavayer

Ce centre, créé par l’abbé Antoine Kankoe, accueille à Anfoin, à 60 km de la capitale Lomé, 18 jeunes filles-mères et leurs enfants. Ces filles profitent d’un encadrement et surtout de solides formations sur 3 ans dans la coiffure ou la couture.

La première équipe va terminer sa formation cet été et les filles vont ainsi recevoir un diplôme leur permettant de voler de leurs propres ailes. Une nouvelle volée prendra le relais dès cet automne dans le centre.

Actuellement, grâce au soutien de nos paroissiens, une future boulangerie est en cours de construction. L’abbé Antoine projette d’y installer un four et d’engager un boulanger professionnel pour former les filles à ce métier.

Une partie des filles du centre avec leur enfant, les éducateurs, l’équipe de Direction, l’abbé Antoine (au centre du dernier rang, et la délégation suisse lors de la visite du 17 février 2023.
Les fondations du bâtiment de la future boulangerie.

2. Le Moyen Séminaire Comboni à Vogan

Ce Moyen Séminaire accueille des jeunes du diocèse d’Aneho qui s’intéressent à la prêtrise. Notre paroisse soutient ce centre depuis quelques années et a déjà permis l’aménagement d’un dortoir et offert du matériel didactique ainsi que des livres pour la bibliothèque. Grâce aux quêtes réalisées chez nous, le centre a pu construire la première étape d’un grand dortoir pour l’accueil de ces jeunes.

Actuellement, avec l’argent encore à disposition, ils aménagent de nouveaux sanitaires bien nécessaires.

Le nouveau dortoir. Un deuxième étage de dortoirs est prévu.

3. Le Village « Espérance et Paix » de Sœur Odile

Sœur Odile (à droite en rouge) a fondé il y a 18 ans un centre d’accueil pour enfants et jeunes handicapés moteurs cérébraux. Actuellement, 28 jeunes y sont accueillis et reçoivent une formation scolaire ou professionnelle.

Au retour de leur pèlerinage au Togo en 2022, les jeunes servants de messe, très touchés par l’œuvre de Sœur Odile, ont vendu de l’artisanat. Grâce à cet argent et aux quêtes faites dans nos communautés, le centre a pu acheter des tables et des chaises pour l’école, ainsi que des panneaux solaires pour l’alimentation en électricité du centre.

Sœur Odile et des enfants du centre devant les panneaux solaires.

Une proposition… pour faire travailler son cerveau!

Par Myriam Bettens | Photo : Unige

Foi et neurosciences, dialogue sur l’homme vivant

Les sciences du vivant, dans leurs développements actuels, bouleversent les perspectives sur l’homme qui ne peut se réduire à une machine, aussi sophistiquée soit-elle. Elles apportent leur contribution à des questions majeures autrefois réservées au philosophe, comme celles du libre arbitre et de la conscience.

Comment vivre encore pleinement à l’heure de l’intelligence artificielle et des algorithmes qui semblent conditionner notre liberté ? Quelles résonnances entre l’Evangile et les sciences du vivant pour penser à la fois la complexité et la fragilité du vivant ?

Journée thématique proposée par le Centre catholique romand de formations en Eglise (CCRFE), le mercredi 13 mars 2024, de 9h à 16h30, à l’Espace Maurice Zundel (EMZ), Boulevard de Grancy 19, Lausanne. Tarif : Fr. 75.–, inscriptions au 026 322 82 15 ou à secretariat@ccrfe.ch

Les catholiques, la guerre et la paix à l’époque contemporaine

L’évolution récente de la politique internationale a ramené le sujet de la guerre, ainsi que la relation entre la religion et la guerre, à l’attention du grand public. Le cours vise à encadrer historiquement les positions prises à l’époque contemporaine sur la guerre et la paix par divers acteurs (institutionnels et non institutionnels) d’appartenance catholique.

Conférences publiques proposées par la faculté de théologie de Genève, dans le cadre de l’enseignement de théologie catholique, à Uni Dufour, salle U259, à 18h30.

Lundi 11 mars 2024 : La « guerre juste » dans la culture catholique entre la Révolution française et le Concile Vatican II.

Lundi 8 avril 2024 : Prier pour la victoire, prier pour la paix. Les catholiques dans les guerres pour la nation

Lundi 22 avril 2024 : Le magistère pontifical face aux guerres contemporaines.

Lundi 6 mai 2024 : Les catholiques et le pacifisme

Renseignements auprès de Baptiste.Werly@unige.ch

Vuissens : 30 ans au service de l’animation musicale

Dimanche 21 janvier dernier, c’était doublement la fête à l’église de Vuissens : en plus de célébrer la fête patronale de Saint-Vincent, la communauté a chaleureusement remercié Mme Monique Noël qui a animé les messes dominicales pendant 30 ans !

Par Gérard Dévaud
Photo : André Bise

Avec la regrettée Marie-Thérèse Emery, Monique Noël a accepté, il y a 30 ans, la proposition de l’abbé Crausaz d’assurer l’animation des chants lors des messes dominicales. A l’époque, Vuissens avait une messe chaque week-end. C’est donc en alternance avec Marie-Thérèse, et quelques fois avec elle, que Monique a assuré ce magnifique engagement.

Même si depuis quelques années il n’y a plus qu’une messe dominicale par mois, Monique n’a cessé de préparer avec soin le choix des chants. Combien de célébrations animées, de prêtres accueillis, de partitions étudiées, d’heures de réflexions et de préparation, de mélodies entonnées ? Dieu seul le sait !

Et comme il parait que chanter c’est prier deux fois, quel magnifique ministère au nom de sa foi elle a offert à sa communauté !

Monique Noël ne va pas pour autant laisser tomber sa chère communauté de Vuissens, vu qu’elle va continuer la décoration florale et le service de sacristie.

Encore mille mercis chère Monique et bonne semi-retraite musicale !

Le journalisme revisite la Bible

Olivier Abel entouré de Geneviève de Simonet-Cornet (à droite) et Alexandre Winter (à gauche).

Dans son nouvel essai, La blessure et la grâce, Gabriel Ringlet convoque les créateurs d’imaginaires afin de revisiter les textes bibliques au travers de l’art ou de l’actualité. De passage à Genève, il est venu partager cette démarche de « journalisme de la parabole » qu’il affectionne tant lors de la dernière rencontre Un auteur, un livre au Temple de la Madeleine.

Texte et photos par Myriam Bettens

« Je ne sais pas si c’est parce que les gens vous connaissent ou à cause du titre de votre livre que les gens sont venus en nombre aujourd’hui », s’interroge un auditeur. « Pour ma part, c’est le titre qui m’a surpris. Habituellement on lie la grâce avec le péché et non avec la blessure », poursuit-il à l’intention de l’auteur. Ecrivain, journaliste et théologien belge, le Père Gabriel Ringlet était invité à présenter son dernier ouvrage, La blessure et la grâce, lors de la traditionnelle rencontre mensuelle Un auteur, un livre, organisée par les églises catholique et réformées genevoises.

Amoureux des mots et de l’Evangile, Gabriel Ringlet est convaincu qu’il est possible de faire goûter les textes bibliques en empruntant d’autres chemins. C’est ce qu’il fait dans son dernier ouvrage à travers soixante textes très courts, dont l’amorce est issue d’un film, d’une chanson, ou de l’actualité. L’auteur pratique d’ailleurs cette démarche de « journalisme de la parabole » depuis longtemps. Pour lui, l’Evangile doit en permanence être revisité par les enjeux contemporains. « J’envoyais des articles aux journaux bien avant mes douze ans », glisse-t-il en souriant. 

Il parfait cette vocation après des études de lettres, de philosophie puis de théologie, lorsque son évêque, à la veille de son ordination sacerdotale, lui propose de collaborer au quotidien La Wallonie. Le journal anticlérical cherchait un jeune prêtre pour commenter les retombées du Concile Vatican II. Gabriel Ringlet conservera également cette liberté de pensée et de ton que relève Alexandre Winter lors des échanges avec le public. En effet, le prêtre belge est aussi connu pour ses prises de position avant-gardiste sur la laïcité, l’avortement, la fécondation in vitro, la pédophilie dans l’Eglise ou le mariage des prêtres. 

Comme pour confirmer les propos du pasteur réformé et co-modérateur de la rencontre, l’auteur ouvre son ouvrage par un commentaire du livre des Lamentations. Un texte de protestation contre Dieu, d’une incroyable audace. L’auteur de ce texte biblique s’en prend violemment à Dieu avant de réaliser, comme dans un basculement, que les tendresses de Celui-ci ne sont jamais finies, mais se renouvellent chaque matin. Une grâce, en somme. Loin d’idéaliser la blessure pour autant, il reprend l’image de la grâce chez les Indiens hindouistes, qui la comparent à une onde. « Elle nous rejoint, nous habite. Comment donc être dans la bonne longueur d’onde pour recevoir cette grâce », interroge le prêtre belge. 

Les revisites de l’auteur mettent en avant ceux qui approchent la blessure, l’apaisent, « en ne calfeutrant pas ce qui doit saigner ». Tout comme Jésus, ils font preuve d’une tendresse toujours renouvelée. Il termine ce journalisme de la parabole par « une formidable réécriture des Béatitudes », selon les termes de Geneviève de Simonet-Cornet, journaliste et co-modératrice de la matinée. Dans cette version, les contemplatifs, les fraternels, les féminins et même les hérétiques sont les « heureux » de ce texte des Béatitudes. Ils « osent une foi qui n’est pas encore dite ». Ils élargissent l’espace de la grâce, comme l’exhorte le Père Ringlet.

L’auteur, Gabriel Ringlet, est entouré de la journaliste Geneviève de Simone-Cornet (à gauche) et du pasteur réformé Alexandre Winter (à droite).

Etre témoin

Par l’abbé Paul Martone
Photo : DR

La signification du mot grec « mártys » est « témoignage ». Un martyr (martýrion) est donc quelqu’un qui témoigne, même si cela lui vaut d’être rejeté, ridiculisé, voire tué.

Sommes-nous conscients que chacun d’entre nous devrait être un martyr ? Un homme ou une femme qui devrait témoigner de sa foi et de la sienne. « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande de rendre compte de l’espérance qui vous anime », écrivait saint Pierre il y a 2000 ans. Cette exigence vaut également pour nous, hommes et femmes d’aujourd’hui !

De nos jours, il n’est pas facile de rendre des comptes, de témoigner de notre foi. Nous préférons reléguer notre foi dans le coin le plus reculé et le plus intime de notre cœur, où nous croyons certes en Dieu et où nous le prions également. Mais malheureusement, nombreux sont ceux qui hésitent aujourd’hui à partager cette foi avec leur entourage. Ce faisant, nous nous privons, ainsi que nos compagnons chrétiens, de l’aide et du renforcement mutuel qui nous permettraient de devenir toujours plus courageux, d’affirmer notre foi et de la vivre. L’apôtre Pierre nous montre comment : « avec modestie et respect », sans rien imaginer ni vouloir contester la foi de ceux qui pensent différemment et les exclure.

Nouvelle Constitution cantonale: l’heure du vote!

Depuis le début des travaux de l’Assemblée constituante, les Eglises reconnues en Valais (catholique et réformée) ont entretenu de nombreux contacts et pris position sur les sujets qui les concernent. Elles ont tenu à le faire d’une seule voix, dans un esprit œcuménique et proactif, contribuant ainsi à cette importante réflexion citoyenne pour l’avenir de notre canton.

Par Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion 
Photos : DR, Commune Crans-Montana

De façon particulière, les Eglises se sont prononcées sur les questions relatives aux droits fondamentaux de la personne, aux relations Eglises-Etat, ainsi qu’au préambule. Elles se montrent reconnaissantes de l’accueil réservé à leurs réflexions, et satisfaites d’un bon nombre de points qui ont été retenus dans le texte soumis au vote. Elles saluent ainsi la manière dont sont envisagés leurs rapports avec l’Etat, leur permettant de mettre en œuvre leur mission propre et de poursuivre le service rendu à l’ensemble de la population valaisanne. Elles relèvent également l’importance de la reconnaissance par l’Etat de la dimension spirituelle de tout être humain, et bien sûr la liberté de conscience et de religion explicitement rappelée.

«L’Eglise doit inspirer des engagements qui peuvent être portés par des chrétiens de différentes sensibilités politiques et investis dans divers domaines.»

Les Eglises ne se prononcent en revanche pas sur les aspects plus politiques du projet. Concernant l’énoncé de certains droits fondamentaux, elles renvoient à ce que chacun connaît des principes présidant à leur conception de la famille, de la fin de vie ou de l’enseignement, et appellent chacun à former son opinion en conscience.

A l’approche de la votation populaire du 3 mars, les Eglises ont considéré qu’il ne leur revenait pas de formuler une consigne explicite de vote. D’une part en effet, nous ne sommes plus à une époque où un journal pouvait imprimer le bulletin de vote avec « OUI » ou « NON » à l’intention de ses lecteurs. D’autre part, on sait que des chrétiens peuvent s’engager dans différents partis politiques, et c’est très bien ainsi. 

L’Eglise ne doit pas être « un parti politique à côté des autres » ; elle doit au contraire inspirer des engagements qui peuvent être portés par des chrétiens de différentes sensibilités politiques et investis dans divers domaines. Or, une Constitution cantonale est par définition un texte qui recouvre une multitude d’objets, qui ne peuvent faire l’unanimité entre tous les fidèles. Il est donc normal que les Eglises reconnaissent et cultivent cette liberté d’opinion, tout en mentionnant ce dont elles sont satisfaites dans le texte proposé et en invitant chacun à voter en conscience.

Les martyrs d’hier et d’aujourd’hui

Le Colisée ne fut le théâtre du sacrifice que d’une minorité des premiers martyrs.

2025, année sainte. Le saviez-vous ? Rome se prépare à recevoir les pèlerins du monde entier. Mais c’est aussi l’occasion pour mettre à jour… le Martyrologe, ce catalogue des chrétiennes et des chrétiens qui ont été tués parce que croyants, justement, in odium fidei selon la formule latine qui accompagne le décret de reconnaissance de leur martyre – en haine de la foi. Parce que le martyre chrétien est très… moderne !

Le Martyrologe romain, catalogue des chrétiens tués parce que croyants.

Par Thierry Schelling | Photos : AED, DR, cath.ch/Berset

Une récente recherche a recensé 550 martyrs du XXe siècle. En effet, une commission attachée au Dicastère pour la Cause des Saints travaille d’arrache-pied pour accueillir des cinq continents les noms, circonstances et dates de ces « nouveaux martyrs », en écho aux « anciens » ayant été déjà listés dans le Martyrologe romain (dernière édition, 2001, revue et corrigée en 2005). Pour rendre tangible la réalité « prophétisée » par le Christ : « Heureux si l’on vous persécute à cause de moi. » (8e Béatitude, cf Mt. 5, 11)

Car celle ou celui qui meurt parce que disciple du Christ acquiert un statut de sainte ou de saint illico presto : pas besoin de miracles, de visions, de génie théologique ou pastoral. Juste être victime sans vouloir chercher à l’être constitue la condition sine qua non du martyre.

Historique

Sonne-t-il un peu dépassé, ce mot de « martyr » (sans e pour la personne, et avec e pour ce qui est subi) ? Des siècles durant, on a prétendu que le Colisée avait été l’écrin de sang des premiers martyrs de Rome morts par décrets impériaux. Plus objectivement, ils n’étaient qu’une minorité à finir sous les crocs de félins et autres ursidés pour amuser la galerie1 !

Des siècles de domination pontificale ont retourné l’épée contre les bourreaux, qui du coup se faisaient assassiner parce qu’hérétiques ou schismatiques ou païens… Les Révolutions – française, industrielle, marxiste… – du XXe siècle ont rempli l’archive des victimes in odium fidei, en haine de la foi.

Sanctuaire romain

Lors du Jubilé de l’Année 2000, le pape Jean-Paul II décide que l’église de Saint-Barthélemy sur l’Ile Tibérine (là où un coude du Tibre s’élargit entre les quartiers du Trastevere et du Colosseo) sera le sanctuaire des martyrs du XXe siècle : de fait, qui y pénètre voyage sur les cinq continents, nichés dans les absides, où objets, photographies, écrits, prières ayant appartenu à des martyrs, sont exposés alors qu’un retable rassemble les visages des concernés en une gigantesque fresque de bienheureux morts pour le Christ. « Emouvante visite », m’a confié un confrère récemment, « j’y ai versé des larmes devant le pathétique feutré de ces reliques ».

Actualité

C’est un fait : il y a encore des pays où être chrétien implique de craindre pour sa vie chaque jour. Le rapport publié tous les deux ans par l’AED 2 sur la liberté religieuse, relève que les chrétiens sont martyrisés dans 28 pays d’Afrique et d’Asie principalement. Nigeria, Pakistan – pour ne citer qu’eux – sont des « exemples » de persécution oppressante provocant presque la réaction des discriminés… qui ainsi « justifient » leur emprisonnement, voire leur assassinat, « pour troubles à l’ordre public », pourrait-on ironiser.

L’Europe et les Amériques ne sont pas en reste : un vieux prêtre français assassiné aux cris de « Allahou akbar » en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray (Normandie) ; un évêque nicaraguayen emprisonné en 2022 par le gouvernement de son pays qui a décidé de purger ses rangs des leaders catholiques. Et on ne parle que du clergé.

Sens du martyr(e)

Du grec martus, témoin légal (tribunal) ou d’un événement historique, le martyr est aussi celle ou celui qui supporte la torture et la mort au nom de sa foi dont elle ou il témoigne jusqu’au dernier souffle. Y est associée la notion de violence : persécution, supplices, emprisonnement et assassinat. Mais aujourd’hui, le sens du mot pourrait-il inclure bien plus largement que la classique victime parce que chrétienne ?

Dans le registre de « morts à cause de leur foi et/ou convictions », on a, par exemple, Martin Luther King, assassiné en 1968, ou Nelson Mandela, emprisonné pendant plus de 27 ans. Ont-ils subi ces actes parce que chrétiens, ou parce que défendant des convictions au nom de leur foi chrétienne ? Personne ne remet en cause la légitimité de leur combat pour les Droits humains et spécialement pour les populations africaines et afro-américaines. 

Dans la catégorie « endurant une oppression de la part d’un bourreau », il y a pléthore de femmes et d’enfants réduits à l’esclavage que des chrétiens tentent de faire libérer 3. Vraiment « ressuscités » après leur calvaire, cette renaissance après un enfer peut s’apparenter à un martyre aboutissant à une nouvelle vie, réellement.

Nouvelle catégorie

D’ailleurs, le 11 juillet 2017, le Pape François signe une lettre apostolique, Maiorem hac dilectionem4, mettant en exergue une nouvelle voie de sainteté (et donc de possible canonisation) : la libre acceptation d’une « mort certaine et à court terme », par charité pour les autres. 

Voie médiane entre le martyre et les vertus héroïques, elle se caractérise par le fait que la mort n’est dans ce cas ni donnée par un persécuteur ni advenue par haine de la foi. Un Maximilian Kolbe en est un exemple, ou les personnes atteintes de maladies fatales (Chiara Corbella-Petrillo, Carlo Acutis, Chiara Badano, etc.) qui décident d’offrir leur souffrance en oblation pour les autres. 

C’est revaloriser la vie humaine offerte par amour d’autrui que de remettre sur le devant de la dévotion aux saintes et saints les exemples de don de soi dans un abandon croissant : courageux défenseurs des 30 articles de la Déclaration des droits humains, inlassables dénonciateurs du dérèglement climatique et de l’environnement, patients proches aidants de parents qui dépérissent inexorablement… 

Dans le fond, c’est le seul commandement que le Christ a exigé de ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

1 La Rome pontificale a eu tendance à s’approprier l’histoire de tous les monuments de la Ville Eternelle pour y établir une certaine hégémonie.
2 Acronyme pour Aide à l’Eglise en Détresse, cf. aide-eglise-en-detresse.ch/
3 Cf. csi-suisse.ch
4 Les trois premiers mots du document, que l’on peut traduire par « Cet amour plus grand ».

Maximilian Kolbe (Pologne) et Carlo Acutis (Italie) ont accepté librement « une mort certaine à court terme ». Le Père Hamel (France), lui, a été assassiné en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray.
Martyre de saint André, peint sur la voute de l’abside de la basilique qui porte son nom à Mantoue.
L’AED commémore chaque année les martyrs à travers « la nuit des témoins ». 

Les Rameaux, une tradition bien vivante

Elle est émouvante cette tradition de ramener chez soi, au début de la semaine sainte, ce rameau vert béni au cours de la messe. Il viendra remplacer le rameau sec, et un peu poussiéreux, qui ornait un crucifix dans la maison. Ce signe particulier est rassurant. On se sent peut-être protégé. Il donne place dans le quotidien à un rite communautaire, à une représentation du sacré.

Par Françoise Besson | Photos : DR

Cette tradition des Rameaux débute au 6e siècle en Orient. Elle prend de multiples formes. J’ai appris, à l’occasion de la rédaction de cet article, qu’au sud de la France, on le décore de friandises et qu’on l’offre aux enfants à la fin de la messe (voir www.cath.ch).

Ce rameau, vous le savez, symbolise le geste de la foule qui en a recouvert la route devant Jésus, monté sur son âne, à l’entrée de Jérusalem. Ainsi faisait-on pour les personnalités de haut rang, leur évitant probablement d’être incommodées par la poussière du chemin. 

Sur un plan théologique, Daniel Marguerat * et José Antonio Pagola ** s’accordent sur le fait que cette manière exceptionnelle d’entrer à Jérusalem a bien eu lieu. Jésus, sur son âne, s’est avancé au milieu d’une foule de sympathisants et de disciples qui ont recouvert la voie de branches et de vêtements, au son des acclamations : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Et ils se rejoignent également pour relativiser l’ampleur du triomphe : il y aurait, en effet, une forte exagération, venue avec la tradition. Si les allers et retours de Jésus et ses disciples entre les villages et Jérusalem étaient fréquents, il y eut une fois un cortège exceptionnel, mais il n’aurait pas pour autant mobilisé toute la ville. Pagola qualifie même l’entrée de Jésus d’« anti-triomphale », annonçant à sa manière un « anti-royaume », non violent… Le théologien avance l’hypothèse que cet épisode aurait été peu apprécié des Romains qui auraient pu y voir une parodie provocatrice : raison suffisante pour éliminer le fauteur de troubles. 

Entre un monarque et Jésus, la monture marque la différence. L’âne est l’animal du quotidien, du service sans plainte, du transport sur toutes les routes de l’époque. L’épisode souligne une fois de plus la méprise des humains, les contemporains de Jésus l’acclament comme le « roi d’Israël » (voir Jn, 12, 13) mais le Royaume annoncé n’est pas de ce monde, il est « intérieur ». Jésus ne renversera pas le pouvoir de l’occupant, mais les convictions les plus fortes – comme celles de Paul. Il n’a pas d’armée pour combattre, mais une Parole nouvelle sur un Dieu père ! Il n’a pas d’armée à ses côtés, mais un groupe de disciples vite dispersés quand le danger sera manifeste…

Aujourd’hui, comme il y a 2000 ans, nous pouvons le reconnaître ce Royaume, dans tous les gestes qui relèvent, dans toutes les paroles qui apaisent, dans la vie qui reprend après l’hiver…  Et dans ce Royaume déjà là, une main familière vient détacher le rameau sec et le remplacer par un rameau vert : bénédiction toute nouvelle au cœur de nos vies.  

Bibliographie
* Marguerat Daniel, Vie et destin de Jésus de Nazareth, Editions du Seuil, Paris, 2019, 416 p. 
** Pagola José Antonio, Jésus, une approche historique, coll. Lire la Bible, Editions du Cerf, Paris, 2012, 544 p.

Laver dans le sang

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Le voyant de l’Apocalypse découvre une foule immense de témoins, vêtus de robes blanches, que nul ne peut dénombrer. Ils proviennent de toute nation, race, peuple et langue – ces quatre termes pour désigner la totalité terrestre. Les rachetés agitent des palmes de triomphe, comme lors de la fête des Tabernacles, geste repris au dimanche des Rameaux (cf. Matthieu 21, 9-11).

Les élus chantent le salut réalisé par le Dieu Roi de l’univers et par son Fils livré et relevé d’entre les morts. Ce sont alors 7 mots (4 + 3) qu’expriment les anges, les vieillards et les quatre vivants pour célébrer la divinité du Seigneur de tous les siècles : « louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force », le chiffre 4 de l’humanité plus le nombre 3 de la divinité.

« Ces gens habillés du blanc de la vie, qui sont-ils et d’où viennent-ils ? », demande l’un des vieillards assis auprès du Trône de l’Ancien des jours. « Ils viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leurs habits dans le sang de l’Agneau », répond-il lui-même à sa propre question, car Jean de Patmos le renvoie à la connaissance céleste qu’il ne possède pas : « Monseigneur, c’est toi qui le sais », lui dit le rédacteur du livre.

Il s’agit donc, pour ceux qui ont traversé la mort au nom de l’Agneau, de servir le Seigneur dans son temple nuit et jour et de se laisser guider par l’Agneau devenu leur pasteur vers les sources de la vie (cf. Isaïe 40, 10). Le passage par le martyre, celui du témoignage ou du don de nos vies, nous associe donc au Ressuscité de Pâques, à l’Agneau égorgé et sauveur. C’est dans le sang qu’il nous faut laver nos vêtements baptismaux. C’est le paradoxe de la résurrection lumineuse que symbolise le blanc, traversant les ténèbres du sang du Golgotha. C’est ce que continuent de vivre les martyrs de la vérité, de la justice et de la foi, aujourd’hui encore, tous ceux qui livrent leur existence pour leurs frères.

Face à toi-même?

A l’occasion du centenaire de la proclamation de saint Bernard comme patron des alpinistes et des habitants de la montagne, la Congrégation du Grand-Saint-Bernard présente un spectacle jalonné de témoignages qui raconte la vie d’hommes et de femmes ayant une attache particulière avec la montagne.

Benjamin Bender.

Par Benjamin Bender | Photos : DR, Pierre Daenlike

L’air est-il différent en montagne ? Les sommets sont-ils des lieux particulièrement dangereux ? Pourquoi tout quitter pour vivre à 3’000 mètres d’altitude, coupé du monde ? La montagne permet-elle de s’élever spirituellement ? Comment se fait-il que malgré les accidents malheureux qui arrivent chaque année, l’homme continue de vouloir se dépasser en montagne ? Quel regard portons-nous sur ce paysage qui nous est si familier ?

Le spectacle Face à toi-même, créé spécialement pour le jubilé, raconte la vie d’hommes et de femmes ayant une attache particulière avec la montagne. Cinq témoignages qui s’entremêlent et se répondent. Des expériences de vie parfois très différentes, des avis divergents, pourtant, ce lien toujours si fort et présent qui persiste avec la montagne.

Sur le plateau quinze comédiens, huit chanteurs et cinq musiciens tenteront de nous faire voyager à travers ces récits de vie bruts et parfois bouleversants. Si la cordée nous permet d’atteindre des sommets, les interprètes essayeront de sonder notre lien si profond avec la montagne.

Une œuvre musicale inédite, composée par la musicienne Laurine Moulin, permettra aux spectateurs d’entendre un octuor vocal accompagné d’un quintet de cuivres issus des fanfares et chœurs de la région dans un décor réalisé par les scouts d’Europe.

La mise en scène est signée par le comédien martignerain Benjamin Bender et Aline Bonvin. 

–> Réservation en ligne (https://tickeo.ch/spectacles.php?sid=32) ou par téléphone auprès des offices du Tourisme d’Orsières, Val de Bagnes ou Martigny

«Plus nombreux à notre époque!»

Par Thierry Schelling | Photo : DR

A l’audience du mercredi 19 avril 2023, le pape François est revenu non pas sur la figure d’un ou d’une sainte en particulier, mais « vers la colonne des martyrs ». Ce ne sont pas « des héros » mais des « fruits mûrs et excellents de la vigne du Seigneur » ; et le Pape de rappeler que « ces femmes et ces hommes de tout âge, culture, nation sont plus nombreux à notre époque qu’aux premiers siècles ».

Pardonner

Une caractéristique des martyrs, relève le Pape, outre le fait qu’ils donnent leur vie jusqu’à l’effusion de leur sang, est qu’« ils pardonnent toujours à leurs bourreaux ». C’est mettre en pratique le cœur du Notre Père, en écho à la prière d’Etienne, premier des martyrs (cf. Actes 7, 60) : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à qui nous a offensés. » Et de renchérir : « Les martyrs prient pour leurs bourreaux. »

Yémen…

Pour illustrer ses propos, le Pape revient sur l’exemple des Sœurs Missionnaires de la Charité au Yémen – pays oublié par l’actualité depuis des années – où sont mortes, assassinées, des religieuses de Mère Teresa. Et pourtant, leurs successeurs y demeurent, s’occupant notamment des handicapés. Et de citer « Sœur Aletta, Sœur Zelia, Sœur Michael, Sœur Anselme, Sœur Marguerite, Sœur Reginette et Sœur Judith… ce sont les martyrs de notre temps. » 

Il note qu’avec ces religieuses catholiques, des musulmans ont également été tués : « C’est émouvant de voir comment le témoignage du sang peut unir des personnes de religions différentes. »

Et de conclure : « On ne doit jamais tuer au nom de Dieu, car pour Lui nous sommes tous frères et sœurs. Mais ensemble, nous pouvons donner notre vie pour les autres. »

Des roses qui font triplement plaisir

Comme chaque année dans le secteur de Martigny, la vente des roses aura lieu après les messes des samedi 16 et dimche 17 mars 2024. 

Chaque rose fait triplement plaisir :
1. La collecte annuelle permet d’assurer la poursuite des projets d’Action de Carême en matière de sécurité alimentaire dans les pays du Sud.
2. Les roses Max Havelaar vendues sont issues du commerce équitable. Cette prime « Fair Trade » est reversée directement aux collaboratrices et aux collaborateurs qui travaillent à l’exploitation des roses. 
3. Enfin, si vous l’offrez, elle renforcera votre relation avec la personne à qui vous la destinez !

Je vais à Lourdes pour la 100e fois!

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet
de son choix. Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion
Photo : cath.ch/Bernard Hallet

Qui peut en dire autant ? Lourdes révélerait sa force et sa grâce au nombre de visites que lui font les pèlerins ? Qui ne s’est jamais surpris en train de calculer ses bonnes actions ? Le calcul est une discipline précieuse, certes, et dans de nombreuses activités humaines il s’agit de calculer de façon juste, avisée. Comme le montre l’Evangile qui invite celui qui veut construire une tour, de commencer par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout (Lc. 14, 28). Mais le pèlerinage ne fonctionne pas sur ce registre. 

Il s’agit encore moins, comme dans le second exemple de ce même Evangile, de se positionner en conquérant qui calculerait ses forces d’affrontement pour partir à Lourdes au pas de charge ! C’est plutôt le dernier verset de cette péricope qui est la clé de compréhension du pèlerinage : Donc, celui parmi vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple (Lc 14, 33).

«Allez dire aux prêtres que l’on vienne ici en procession.»

Lourdes est un lieu de pèlerinage. Si, par défaut, on n’y allait pas en pèlerin, par grâce on pourrait en revenir tel ! Précisément, c’est une des grâces du pèlerinage que d’inviter au dépouillement, à la simplification.

Depuis 100 ans, l’Eglise de Suisse romande se rend en pèlerinage de printemps à Lourdes. 100 ans d’expérience qui ont mis notre Eglise en marche, selon des moyens de locomotion variés : à pied, à dos de cheval, à vélo, à moto, en voiture, en car, en train, en avion, peu importe. L’expérience du dépouillement est renouvelable. 

Le pèlerin n’a pas à se demander s’il va arriver au bout du chemin, si ses compagnons de route, de table ou de chambre seront à son goût, si les célébrations seront belles et priantes. Sinon, c’est qu’il est en train de calculer. Il lui est proposé de renoncer à ses biens pour laisser la démarche creuser elle-même le sillon de la grâce dans un cœur tout disponible. Ce chemin-là, même repris pour la 100e fois, est toujours neuf s’il est vécu ensemble, dans la joie et la simplicité partagées.

Vers les hauteurs avec saint Bernard

Chaque année, une dizaine de Camps Voc’ sont proposés aux jeunes de Suisse romande. Pendant une semaine, de manière adaptée aux âges concernés, des temps de réflexion et de prière sont proposés en alternance avec des moments de détente, de sport ou de musique pour accompagner une réflexion sur le sens de la vie et l’appel à prendre place dans l’Eglise et dans le monde. Un thème annuel est choisi pour tous les camps. Il sera consacré cette année à la figure de saint Bernard.

Par le Comité des Camps Voc’ Suisse romande | Photo : DR

Une jeune engagée dans l’animation d’un camp et la coordination au sein du comité des camps Voc’ sur le plan romand témoigne :

« Les Camps Voc’ m’ont vraiment accompagnée durant toutes ces années tellement importantes de nos vies où l’on se construit en tant qu’individu : ils m’ont portée dans ma vie de foi, l’ont nourrie et ont largement contribué à faire de moi qui je suis aujourd’hui. Je m’y suis engagée, à Tamié, d’abord et avant tout pour l’équipe d’animation. Le lieu est aussi très beau, très priant, très apaisant et j’y passe toujours une magnifique semaine de Camp. Je suis animatrice pour les jeunes, mais aussi pour moi, parce que cela me fait du bien !

Pour le comité des camps c’est un peu différent : même si l’équipe est très chouette, on y va moins pour nous-mêmes. Mais vu tout ce que j’ai pu vivre grâce aux camps, je trouvais important que des gens continuent à s’engager pour permettre à d’autres jeunes d’avoir la même chance que nous. »

Inscrivez-vous ! Les inscriptions sont ouvertes et les renseignements concernant tous les Camps Voc’ 2024 se trouvent sur le site : www.vocations.ch/camps-voc.

Jeux, jeunes et humour – mars 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi est-il préférable de chanter le « Gloire à Dieu » plutôt que de le réciter ?*
Il s’agit d’une hymne très ancienne qui reprend les paroles des anges dans la nuit de Noël et se chante uniquement les dimanches (sauf en Avent et en Carême) et les jours de fête. Certes, la chanter n’ajoute rien à la gloire de Dieu, mais cela permet de mettre notre cœur en fête et de donner le ton à toute la messe qui n’est pas une célébration triste. On y vient en effet pour louer Dieu, le chanter, le glorifier, le remercier, l’acclamer et le célébrer.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Un professeur invite à dîner un ami qu’il n’avait plus revu depuis longtemps. 
Tout au long du repas, notre prof s’adresse à sa femme avec des mots d’amoureux :
« Ma biche, mon chou à la crème, mon petit oiseau des îles, ma douce colombe, ma chère moitié ! » 
Profitant que Madame a rejoint la cuisine, l’ami lui demande depuis combien de temps ils sont mariés.
– 38 ans !
– 38 ans de mariage et tu lui parles comme un amoureux au début de sa vie sentimentale, c’est incroyable ! 
– Tais-toi, tais-toi, répond le mari, j’ai oublié son nom !

Par Calixte Dubosson

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