Seize enfants catéchumènes baptisés ce printemps

Reflets de la célébration du 27 avril à Aumont.

Par Gérard Dévaud 
Photos : Antonella Reggiani-La Faci

Après un cheminement de presque neuf mois ponctué de rencontres, de temps forts et de célébrations, seize enfants en âge de scolarité ont reçu le sacrement du baptême ces dernières semaines dans notre paroisse. La plupart ont vécu ce grand moment tant attendu lors d’une célébration pleine de joie à l’église d’Aumont, le samedi 27 avril, et les plus grands ont reçu la grâce du baptême lors de la célébration de leur première communion. Les sourires et l’émotion dans les yeux de ces enfants reflétaient la joie qu’ils avaient de devenir enfants bien-aimés de Dieu par le baptême. Nos prières et nos vœux accompagnent ces jeunes et leurs familles. 

Ont reçu le baptême :

• le 7 avril à la collégiale d’Estavayer : Ninah Abriel

• le 21 avril à Bussy : Benjamin Duc

• le 27 avril à Aumont : Elise Bondallaz, Méline Carrard, Mayline Ekambi-Ekambi, Naomi Fays, Lilou Galabru, Lionel Kamgang Tekamgue, Roussel Kamgang Ngompsi, James M’Essome, Tess Sandoz-di-Bragard

• le 5 mai à Cugy : Lisa Fehlmann, Adriana Francisco, Mathias Francisco

• le 9 mai à Estavayer : Olivia Miéville, Chloé Fasel

Premier pardon et premières communions à Sainte-Thérèse: des premières de cœur!

Les vitraux réalisés par les enfants pendant leur retraite de première communion.

Par Ludivine Perret-Gentil, coordinatrice de la catéchèse
Photos: Carmelo Azzarello (studioregard.ch)

Chacun de nous garde un souvenir de sa première communion ; pour certains, il s’agit de la retraite, pour d’autres de la cérémonie, de l’émotion au moment de prendre l’hostie, pour d’autres encore de l’aube qu’ils ont revêtue ou de la fête en famille organisée à cette occasion. Les seize enfants qui ont communié pour la première fois samedi 4 mai à l’église Sainte-Thérèse garderont eux aussi un souvenir particulier de ce moment important de leur vie de jeune catholique. Certes, les communiants éprouvaient un peu d’anxiété à l’approche du jour J mais aussi une grande fierté, celle de se présenter en aube à leur famille, de lire devant l’assemblée et surtout de rejoindre le curé Thierry Fouet autour de l’autel pour prendre part au repas du Seigneur.

Marie-Caroline et moi avons accompagné ces enfants depuis septembre au rythme d’une heure par semaine. Nous avons vu leur foi évoluer au fil des rencontres, des discussions et des interrogations qui en ont découlé, et croyez-moi les enfants n’ont pas leur langue dans leur poche quand il s’agit de poser des questions ! Nous avons ainsi pu échanger sur la nature de l’hostie, de sa fabrication à ce qu’elle devient au moment de la consécration, sur la symbolique de la messe et du partage, sur l’amitié de Jésus avec ses disciples jusqu’à son sacrifice, ce tout en expliquant le calendrier liturgique et ses fêtes.

Pour entrer pleinement dans la première communion, les enfants ont fait une retraite de deux jours dans les locaux paroissiaux, une expérience en commun qui a renforcé davantage la préparation de cette célébration. Encadrés par les catéchistes, les enfants ont alterné divers ateliers variés comme la confection d’un vitrail, l’explication de la symbolique du pain et du vin, une marche d’Emmaüs dans le parc Bertrand, le chant avec Steve Dunn, la visite de l’orgue avec Humberto Salvagnin, celle de la sacristie et la préparation d’un pain en forme de grappe de raisin qui a été partagé lors d’une célébration avec leurs parents. Un grand merci à l’abbé Thierry Fouet et à tous ceux qui nous ont aidés lors de cette retraite riche en spiritualité. 

Cette année, la croix de première communion qui a été offerte aux enfants vient d’une association qui permet à des habitants de Bethléem d’avoir un travail. De par la nature du bois d’olivier d’où elles sont issues, ces jolies croix sont toutes différentes car chaque enfant est unique mais également identique par le rameau de paix qui y est gravé, tout un symbole en ces temps perturbés. 

Quant aux enfants qui feront leur première communion l’an prochain, ils ont célébré samedi 20 avril la fête de leur premier pardon qu’ils avaient préparé avec Gwénola, Joumana et Virginia. Entourés de leurs parents, de leurs frère et sœurs et de leurs grands-parents, ils ont reçu dans la confiance le pardon du Père.

Toutes les catéchistes souhaitent à ces enfants un chemin de foi lumineux et prometteur.

La célébration dans l’église de Sainte-Thérèse.

Théories et Dieu qui rit

Par Nicolas Maury
Photo : DR

Au commencement était le verbe. Avec minuscule s’entend. Celui qui, par nature, permet de susciter le débat. 

« Toute science vient de Dieu », soutient ainsi gaillardement Origène. Par-delà l’espace-temps, tout en gravité, Stephen Hawking lui rétorque : « Il n’est pas nécessaire d’invoquer Dieu pour activer l’Univers. » 

Au milieu, tout un tas de prises de position sur les rapports entre Dieu et la science.

J’aime particulièrement celle de Francis Bacon : « Un peu de foi éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène. » Jean Rostand n’est pas mal non plus : « La science fait de nous des dieux, avant même que nous soyons dignes d’être des hommes. »

En somme, des théories à remplir des bibliothèques… dont celles qu’évoque si bien Jorge Luis Borges, qui, comme par hasard, s’invite aussi dans la discussion : « Dieu pousse le joueur et lui la dame. Quel dieu derrière Dieu tisse la trame ? »

Moi j’en conclus qu’Einstein avait raison : Dieu ne joue pas aux dés. J’ai aussi dans l’idée qu’il doit bien se marrer de nous voir tant babéliser sur des choses qui nous dépassent.

Albert Anker, ce père de famille

L’exposition « Anker et l’enfance » se visite encore jusqu’au 30 juin 2024 à la Fondation Gianadda. Le musée nous accueille dans une ambiance empreinte d’amour familial et de tendresse. Les œuvres présentées nous font voyager dans la Suisse de la fin du 19e siècle.

Par Christelle Gaist 
Photos : DR

Albert Anker (1831-1910) fait des études de théologie avant de partir à Paris pour se former à la peinture. Il finit par exceller dans cette discipline. Ses compositions sont savamment orchestrées. Son dessin et sa couleur sont dignes des grands maîtres desquels le peintre a observé les œuvres lors de son séjour dans la capitale française. Anker n’est pas un rebelle, il s’en tient aux enseignements académiques et s’inscrit dans la tradition picturale. 

En 1883, Vincent Van Gogh écrit d’ailleurs ces quelques lignes à son sujet : « Anker est-il encore vivant ? Je pense souvent à ses œuvres, je trouve qu’elles sont conçues avec tellement d’habileté et de finesse. Il est vraiment d’un autre temps. » De retour en Suisse, Anker met à contribution son savoir-faire et nous illustre de précieux moments d’histoire. Le tableau Famille de réfugiés protestants, réalisé en 1886, en est un bon exemple. Ce père veillant sur sa femme et son enfant nous rappelle la Sainte Famille.

Les enfants sont omniprésents dans le travail d’Anker. En effet, ils sont dessinés sur 500 des 796 peintures et études à l’huile inventoriées de l’artiste. Cette exposition thématique nous fait entrer dans le quotidien d’écoliers et de jeunes enfants gardés par leurs grands-parents. Son regard paternel prend le dessus dans ses compositions. Le peintre fait mémoire de moments d’apprentissage cruciaux pour le développement de ces jeunes êtres. Ce père s’investit corps et âme dans l’éducation de sa propre progéniture, prunelle de ses yeux. L’un des tableaux les plus touchants de l’exposition est celui de son fils Ruedi sur son lit de mort. Nous imaginons la difficulté avec laquelle Anker a tracé les contours de cet être cher.

Les aquarelles et les dessins méritent d’être mentionnés et dévoilent un pan supplémentaire du talent de l’artiste. Moins lisses que les peintures, ils nous plongent encore plus immédiatement dans la contemplation des figures d’Anker. Cette exposition est une escapade temporelle vers une Suisse qui vient de rendre l’école obligatoire. Nous sommes invités à découvrir des enfants à travers le regard d’un père attentif et aimant.

Source : Catalogue de l’exposition « Anker et l’enfance », Fondation Pierre Gianadda, 2024.

Une célébration œcuménique aura lieu dans le cadre de cette exposition à la Fondation Gianadda dimanche 16 juin 2024 à 18h30. Elle sera co-présidée par la pasteure Roselyne Righetti et le diacre Pascal Tornay et animée par Le Petit Chœur de Filles de la Schola de Sion. La quête sera en faveur de la Pastorale de la rue œcuménique de Martigny.

Exposition à visiter jusqu’au 30 juin.
Albert Anker, Famille de réfugiés protestants, huile sur toile, 1886

Une dernière invitation des Focolari

Le centre de Montet des Mouvement des Focolari à Montet va fermer ses portes dans quelques semaines. Pour offrir un dernier temps de rencontre à tout un chacun, ses responsables proposent un après-midi de convivialité et de rencontre le samedi 8 juin prochain de 14h à 18h sur le site de Montet. Des responsables du mouvement seront présents. Invitation à tous. Fin avril, rien n’était encore décidé concernant l’utilisation du centre de Montet. « Nous cherchons à vendre, une commission s’est mise au travail et nous espérons trouver un acheteur » nous a déclaré un des responsables du mouvement.

Astrophysique et religion

Jean 8, 23 : « Et il leur dit : vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. » Quel est ce monde dont nous parle le Christ ? Lorsque les scientifiques veulent comprendre l’Univers, se rapprochent-ils de ces mondes d’en bas et d’en haut ?

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

Astrophysique et astronomie, quelle différence ?

L’astrophysique est une branche de l’astronomie. L’objectif est de comprendre les objets de l’Univers (étoiles, planètes, galaxies, composition de l’espace intersidéral) grâce à des moyens issus de la physique. Ainsi, des études portant sur le spectre lumineux ou électromagnétique, densité, composition chimique de ces mêmes objets célestes formeront les axes d’investigation des scientifiques. 

L’astronomie est la science de l’observation des corps célestes : leurs mouvements, leurs origines, leurs états (naissance, vie, mort des étoiles par exemple) et aussi leurs propriétés physiques et chimiques incluant les résultats de l’astrophysique.

Représentation d’Eratosthène à Alexandrie, qui a calculé la circonférence de la Terre avec une précision étonnante.

La plus ancienne des sciences

L’archéologie a montré que, déjà à l’âge de bronze, les premières civilisations observaient le ciel, repéraient certaines constellations, admettaient le cycle des saisons, identifiaient les équinoxes et les solstices.

Dès le IIIe siècle av. J.-C., Aristarque de Samos (310 av. J.-C. – 230 av. J.-C.) élabore la théorie héliocentrique de l’Univers (les planètes tournent autour du soleil) mais cette idée fut déclarée hérétique en contredisant la vision géocentrique (pensée d’Aristote) de l’Univers liée à la distinction entre une Terre centre du monde jugée imparfaite et un monde extérieur synonyme de perfection qui s’articule autour de notre planète. 

La question de la forme de la Terre et donc des planètes par extrapolation est résolue dès l’Antiquité, même si le refus de l’évidence dura jusqu’à la fin du Moyen-Age. Rappelons que les voyages de Christophe Colomb, de Magellan à la fin du XVe et au début du XVIe siècle ont pour but de (re)démontrer que la Terre est une sphère (qui n’est d’ailleurs pas parfaite !). Il semblerait que Thalès de Milet (de -625 à -547) ait été le premier à s’être réellement posé la question de la forme de la Terre. Mauvaise pioche toutefois puisqu’il supposait une Terre en forme de disque plat sur une vaste étendue d’eau. C’est ensuite Pythagore (de -580 à -495) et Platon (de -428 à -348) qui lui (re)donnent une forme sphérique jugée plus rationnelle. Et enfin Aristote (de -384 à -322) qui en apporte quelques premières preuves observationnelles comme la forme arrondie de l’ombre de la Terre sur la Lune lors des éclipses. Un fait qui ne paraît alors pas réellement choquer son monde.

Il ne faudra d’ailleurs ensuite pas attendre bien longtemps avant qu’Eratosthène (de -276 à -194) n’en calcule la circonférence. Il avait remarqué qu’à midi, le jour du solstice d’été, il n’y avait aucune ombre du côté d’Assouan. En mesurant l’ombre d’un bâton planté à Alexandrie au même moment et en connaissant la distance qui sépare les deux cités, il déduit la circonférence de la Terre avec une précision assez étonnante : 39’375 kilomètres contre quelque 40’000 kilomètres pour les estimations actuelles.

Observer, étudier, comprendre

En cherchant à mieux décrire l’Univers, les astronomes et les astrophysiciens se sont souvent trouvés dans une situation difficile, vitale parfois, face à une vision religieuse de cet Univers. Cependant, l’Eglise n’a jamais fermé la porte à l’exploration scientifique bien au contraire : citons les travaux de Boèce (début du VIe siècle), de saint Bède le Vénérable (VIIIe) qui établit les règles scientifiques pour le calcul des dates des fêtes et le calcul du temps (calculs liés à l’observation de la course des planètes, la Lune en particulier) ou de Gerbert d’Aurillac (pape Sylvestre II). D’un point de vue philosophique, l’opposition de l’Eglise est davantage liée à son rôle au sein de l’humanité plutôt qu’à la négation systématique du fait scientifique. Certes, Copernic et Galilée sont les exemples les plus célèbres de cette contradiction entre l’observation objective de l’Univers et la croyance issue d’une lecture littérale des textes religieux. Mais, parallèlement, le pape Grégoire XIII crée en 1578 l’Observatoire du Vatican et en confie la gestion aux Jésuites astronomes et mathématiciens du Collège Romain avec pour premier objectif la réforme du calendrier qui aboutira en 1582 au calendrier grégorien à la suite des travaux de Christopher Clavius.

Mais l’observation ne suffit pas à élaborer une vision scientifique : il faut développer la ou les théories pour que l’observation ne soit plus considérée comme le résultat d’un hasard, mais comme le résultat de lois, de développements mathématiques et finalement obtenir une relation de cause à effet. C’est Isaac Newton qui, en formulant la loi de l’attraction des corps (la loi de la gravitation) associée à ses lois du mouvement, permet finalement de donner une explication théorique au mouvement des planètes. 

Et maintenant ?

En étudiant l’Univers, plus les scientifiques avancent dans leurs recherches, leurs observations, leurs théories, plus de questions se posent. En particulier, comment pouvons-nous comprendre la naissance de l’Univers (si tant est qu’il y ait eu naissance) et son évolution ? 

Parmi ces questions, celle de la matière noire occupe une place très importante dans les recherches modernes. En effet, dans le cadre de la théorie de la gravitation d’Einstein, un des paramètres fondamentaux est la matière, incluant la matière noire, qui jouerait un rôle essentiel dans la création des grandes structures (le squelette de l’Univers). Cette matière noire expliquerait pourquoi notre Univers se compose de galaxies, d’amas de galaxies, mais aussi de vides immenses. Mais, si on ne la détectait pas, il faudrait alors revoir la théorie de la gravitation d’Einstein. Pour comprendre le concept de matière noire, il faut la définir par rapport à la matière ordinaire et à l’antimatière :

• La matière ordinaire compose tout ce qui nous entoure, comme les atomes de notre corps, les étoiles ou les planètes. Selon ses propriétés, de charge électrique, de masse, et bien d’autres se rapportant à sa nature quantique, elle peut interagir avec les quatre interactions fondamentales (voir encadré).

• La matière noire est une matière hypothétique qui ressentirait la gravitation et n’interagirait que par interaction faible avec la matière ordinaire.

• L’antimatière : à chaque particule correspond une antiparticule. Leurs propriétés sont quasiment identiques. Une particule et son antiparticule ont la même masse, mais des charges électriques opposées.

La question qui se pose est de savoir quelle est la place de la Terre dans ce vaste champ d’investigation. Elle est unique puisque nous y vivons, mais est-elle unique parmi les autres planètes de l’Univers ? Comment s’exprime alors la volonté de Dieu, Créateur de l’Univers ? 

Jean 8, 23 : « Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. »

Le pape Sylvestre II fut un astronome reconnu. Dans sa correspondance, il explique notamment comment construire une sphère armillaire.

Les quatre interactions fondamentales

• La gravitation : gravité, pesanteur, système solaire, galaxie…

• L’interaction faible : processus radioactifs qui transforment un proton en neutron et réciproquement.

• L’interaction forte : force qui, entre autres, lie les protons et neutrons qui composent les noyaux des atomes.

• L’interaction électromagnétique: électricité, magnétisme, cohésion des atomes et des molécules.

Semaine sainte 2024 en images

Montée vers Pâques avec le groupe de jeunes.

Le Triduum pascal, c’est-à-dire les jours de la commémoration de la Passion et de la Résurrection du Christ sont toujours très intenses, des expériences fortes pour les grands et les petits, surtout lorsqu’on les vit « de l’intérieur »… Voici quelques images prises sur le vif prises par Marion Perraudin.

Saint Jean-Baptiste, patron du village de Montbrelloz

La statue de saint Jean-Baptiste à l’église de Montbrelloz.

Par l’abbé Bernard Alassani
Photo : Raphaël Roulin

Saint Jean-Baptiste est, pour les chrétiens, le dernier des prophètes d’Israël. Il est celui qui annonce et qui prépare la venue du Christ, le Messie attendu pour la fin des temps. Fils de Zacharie et d’Elisabeth, une parente de la Vierge Marie et cousin de Jésus, Jean-Baptiste est né et fêté le 24 juin (six mois avant la naissance de Jésus). 

L’annonce de sa conception un peu miraculeuse mais qui n’égale pas celle de Jésus, que Zacharie son père n’a pas crue ce qui lui a valu de devenir sourd jusqu’à la naissance de son fils. Huit jours après sa naissance il reçoit le nom de Jean et la langue de son père se délia et il bénit le Seigneur. Précurseur du Christ, il a annoncé à tout le peuple un baptême de conversion ; il est la voix qui crie dans le désert : « Préparez les voies du Seigneur. » Jean le Baptiste est le premier à montrer Jésus comme l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde après qu’il l’ait baptisé dans le Jourdain. Témoin de la vérité, il fut décapité sur l’ordre d’Hérode Antipas, à la demande d’Hérodiade et de sa fille Salomé selon les évangiles synoptiques. Son martyre est fêté le 29 août.

Médiateur divin?

Placé sous l’égide de la communication, le dimanche des médias (26 mai) invite à réfléchir aux enjeux d’une communication en harmonie avec l’enseignement de l’Eglise et respectueuse de la dignité humaine. Entretien avec Monseigneur Josef Stübi, responsable du dicastère des médias pour la Suisse.

Par Myriam Bettens
Photos: Jean-Claude Gadmer

A l’occasion du dimanche des médias, quels seraient vos souhaits ou recommandations à leur égard ?
Qu’ils continuent à percevoir et à accomplir leur mission comme un service à la communauté humaine, qu’ils ne « surutilisent » pas leur liberté rédactionnelle et journalistique tout en restant conscients des exigences éthiques des médias. Les médias, c’est-à-dire les professionnels des médias, portent une très grande responsabilité dans notre société démocratique, mais aussi dans le cadre du processus synodal qui est en cours dans notre Eglise à l’échelle mondiale.

Que pensez-vous du traitement réservé à la religion dans les médias en général (ceux n’étant pas spécialistes du fait religieux) ?
Les religions font de temps en temps l’objet d’articles dans les médias. Toutefois, j’aimerais parfois que les reportages soient un peu plus fondés et différenciés. Mais je ne veux pas en faire le reproche aux journalistes. Ils sont sous pression et doivent constamment fournir des informations, même sur des sujets pour lesquels ils n’ont pas les connaissances nécessaires. Il y a quelques années, ces connaissances étaient encore présentes dans certaines rédactions. Il y avait par exemple aussi des experts sur les religions et les églises. De ce point de vue, les églises et les religions sont également concernées, car dans la mesure du possible, elles doivent aussi mettre ces connaissances à disposition.

Vous avez été récemment choisi en tant qu’évêque des médias pour la Suisse. En quoi ce mandat consiste-t-il ?
Je n’ai pas reçu de cahier des charges (rires). J’ai une grande liberté dans l’organisation de cette tâche et je peux fixer moi-même les priorités. Il s’agit en grande partie de réseautage. Je me considère comme une personne de contact entre la Conférence des évêques et les médias ecclésiastiques. Il est important de connaître les journalistes ecclésiastiques et de les écouter, eux et leurs préoccupations. C’est aussi pour cette raison que j’ai invité les rédactrices et rédacteurs de bulletins paroissiaux de Suisse alémanique à une rencontre, à Soleure, l’automne dernier. Dans le contexte des défis médiatiques actuels dans le milieu ecclésial, cette rencontre a été une bonne chose pour moi et, je pense aussi, pour les journalistes présents. Le souhait exprimé de poursuivre sur cette voie sera bientôt suivi d’une rencontre thématique.

La frontière entre journalisme et communication est mince. Quelle posture les médias catholiques doivent-ils prendre vis-à-vis de l’Eglise pour conserver leur indépendance journalistique ?
Je vois effectivement un besoin de clarification, car des attitudes très différentes s’affrontent. D’une part, on peut se demander si les médias de l’Eglise sont encore ecclésiastiques, mais d’autre part, ils ne sont pas non plus des « rapporteurs de cour ». Au vu des comptes rendus de certains journalistes catholiques, on pourrait plutôt conclure à la première hypothèse. A l’inverse, on ne peut pas non plus exiger de ces journalistes qu’ils fassent les yeux doux aux évêques et aux instances de droit public ecclésiastique. Personnellement, je considère le journalisme et la communication comme deux choses différentes, mais néanmoins essentielles dans le réseau de communication de l’Eglise.

Le droit à la critique, quitte à fâcher ou déplaire, doit rester un pilier de l’indépendance journalistique. Approuvez-vous cela ?
Je suis tout à fait d’accord avec cela. Je voudrais toutefois ajouter que cela doit toujours se faire avec le respect qui s’impose.

Bio express

Josef Stübi est originaire de Lucerne.

Monseigneur Josef Stübi est né le 26 mars 1961 à Lucerne. Après avoir obtenu sa maturité à Immensee, il a étudié la philosophie et la théologie à Lucerne et à Munich, puis a été ordonné diacre et prêtre en 1988. Le pape François a installé le curé et chanoine Josef Stübi en qualité de nouvel évêque auxiliaire dans le diocèse de Bâle le 20 décembre 2022. Sa consécration épiscopale a eu lieu le 26 février 2023 à Soleure. Il a été nommé, dans un premier temps, responsable du dicastère des médias pour la Suisse allemande en mars 2023. Depuis, sa responsabilité a été étendue au reste de la Suisse.

Enfants et jeunes sont montés vers Pâques

Atelier créatif sur les lectures de la Vigile Pascale.

Jeudi, 16h, la cloche des écoles sonne ! Vite, c’est l’heure pour une quarantaine d’enfants et une vingtaine de jeunes plus motivés que jamais de se préparer pour leur Montée vers Pâques. Pendant quatre jours, ils se réunissent pour cheminer ensemble vers Pâques ! Au programme, jeux, prière, amitié ! 

Par Lucie Jacquemettaz et Céline Sallin | Photos : Aloïs Morel, Mauro Cortese

Du côté des enfants

Jeudi saint 28 mars, une belle célébration autour du dernier repas de Jésus nous rassemble. Mime, prières et chants viennent ajouter de la ferveur à ce moment. Vendredi, après avoir partagé la soupe de Carême concoctée par les confirmands, nous nous tournons vers le chemin de croix. Les enfants l’ont préparé en ouvrant grand leur cœur afin de rédiger des intentions de prières pour le monde entier. Ils ont tant d’idées qu’il est impossible de les arrêter ! Arrive déjà le samedi… c’est le jour des confessions et de la décoration de l’église. Des croix fabriquées avec beaucoup d’application ornent les bancs. Le soir, les plus grands participent activement à la Veillée pascale en prêtant leur voix pour des lectures. C’est déjà dimanche ! L’ambiance est à la fête lorsque parents et enfants se retrouvent pour déguster un déjeuner canadien… et se lancer dans une chasse aux œufs mémorable avant de rejoindre l’église pour le grand moment de la messe de Pâques ! 

La joie est communicative lorsque les enfants chantent ensemble de tout leur cœur. Chacun repart rempli de gratitude pour ces moments partagés au son des cloches qui sonnent à toute volée !

Du côté des jeunes

Quel est le moment fort de ta journée du vendredi ?
« Quand on est retourné à l’église après le chemin de croix, quand Florian – l’animateur – lisait, on s’agenouillait à chaque fois et c’était facile à comprendre, facile d’écouter et méditatif. » Florian

Et ta journée du samedi ?
« Après la prière du matin, on a accueilli les plus grands de la MVP Kids. On a essayé de les motiver à venir l’année prochaine, c’était trop bien. Ensemble, on a fabriqué un symbole – par exemple la paix – qu’on aimerait retrouver après s’être confessé. L’après-midi nous avons lu les textes de la Veillée Pascale avec une des sœurs du monastère pour essayer de les comprendre et représenter ce qu’on avait lu sur une pièce de puzzle. » Claire
« J’ai beaucoup aimé participer à la Veillée Pascale, d’habitude elle est longue mais là on ne sent pas le temps passer parce qu’on participe, on anime en chantant. Et vu qu’on était un groupe soudé et qu’on était tous ensemble c’était génial et beau. » Staicy

Quel est pour toi le moment le plus marquant de la MVP ?
« C’est la confession, on peut dire tout ce qu’on a fait de mal, il n’y a pas de jugement et Dieu nous pardonne. » June

En somme, la MVP des jeunes c’est…
« Un chouette moment à passer dans la foi tous ensemble dans un endroit superbe. J’ai bien aimé me réveiller à 4h pour aller prier les vigiles avec les sœurs et entendre les oiseaux chanter, c’est quelque chose d’unique à vivre. » Staicy
« C’est du partage jeune et c’est chouette à vivre une fois. » Flavie

Statue de la Vierge à l’Enfant, chapelle Sainte-Croix, Blonay

La chevelure bouclée ainsi que le front haut sont des marqueurs de l’époque.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Quel est le rapport entre une statue du XVIe siècle et un compositeur néo-classique défenseur de l’avant-garde ?

La réponse se trouve à Blonay.

Sous ses apparences de chapelle ancienne, l’église Sainte-Croix date en réalité des années 1960. En quelques années, le nombre d’habitants catholiques ayant fortement augmenté, un lieu de culte était nécessaire. Il était toutefois impératif que l’église ne dénote pas avec le château, ce qui explique son style, à une époque où l’architecture était plus audacieuse.

En 1968, une statue de la Vierge à l’Enfant rejoint le chœur. Elle a été offerte par Gertrud Hindemith (décédée en 1967).

L’épouse du compositeur allemand Paul Hindemith est chrétienne, mais ses racines juives lui imposent de fuir la guerre. Le couple se réfugie en Valais, puis aux Etats-Unis. Il ne rentre en Europe qu’en 1953 et s’installe alors à Blonay.

Toute l’Europe ne connaît pas simultanément les mêmes courants artistiques. Alors qu’en Italie la Renaissance entraîne la réalisation d’œuvres d’une finesse sans pareille depuis le XIVe siècle, la France et notamment la Champagne proposent encore des sculptures de style gothique au XVIe siècle.

La chevelure dorée et légèrement bouclée ainsi que le front haut sont des marqueurs de l’époque. Les émotions ne sont pas l’affection ou la joie d’une mère. On lui trouverait presque quelque chose de triste, ce qui est très fréquent à la période gothique.

L’Enfant porte une grande grappe de raisin (disproportionnée par rapport à sa taille à lui). Cet attribut est fréquent dès le XIVe siècle. Le fruit évoque bien évidemment l’Eucharistie. On pourrait mentionner que dans l’Evangile selon saint Jean, c’est Marie qui – d’une certaine manière – provoque le premier miracle lors du mariage à Cana. Alors que les mariés n’ont plus de vin, c’est elle qui invite son Fils à faire quelque chose.

En regardant la photo – ou la statue – de près, on remarque les traces de polychromie. Elles nous rappellent les couleurs chatoyantes qui recouvraient les statues alors.

Le roman catholique d’un agnostique

Le règne de l’Esprit malin. Tel est le titre d’un roman que Ramuz écrit entre 1914 et 1917. Le travail sur ce roman accompagne donc « l’apocalypse » de la Première Guerre mondiale ; c’est le récit d’une catastrophe touchant un village valaisan dans lequel on reconnaît Lens.

Par Benjamin Mercerat | Photos : DR

C. F. Ramuz, poète hanté par l’Absolu, n’en est pas pour autant enfermé dans sa tour d’ivoire. La prégnance de l’Absolu dans l’homme, il la trouve dans le lien social, la communauté, dont l’idéal qu’il s’en fait n’est pas étranger à la Communion des Saints. Or Ramuz, comme il l’écrit dans son Journal, se considère comme un « chrétien sans Christ ».

Dans Le règne de l’Esprit malin est décrite l’action du diable sur une communauté. Le malin, comme dans les légendes, a pris les traits d’un certain Branchu, cordonnier qui arrive au village au début du récit. Son talent et ses prix le font rapidement accepter par la population ; mais une série de malheurs coïncide avec son installation. Des bêtes meurent, des enfants tombent malades ; Lude se révolte contre sa condition et décide d’aller déplacer les bornes limitant ses champs : il fuit ensuite son foyer, laissant sa femme et sa fille Marie. 

Or l’emprise de Branchu augmente : il ramène à la vie la vieille Marguerite ; mais d’autre part il jette de mauvais sorts aux jeunes femmes. Il faut que son action cesse. Au moment où il doit être cloué au mur par la foule en colère, un rire effrayant sort de sa bouche et tous s’enfuient. Le diable, même s’il peut faire croire à certains qu’il est le Christ, s’en différencie fondamentalement en ceci qu’il rejette la Passion.

Branchu réunit à l’auberge communale les habitants peu scrupuleux, leur offre tout ce qu’il est souhaitable d’avoir comme biens de ce monde. Le curé du lieu a fui, on le retrouvera pendu. D’où viendra le salut ? Au début de la crise, la jeune Marie Lude, son père ayant fui après son forfait, a quitté le village avec sa mère. Y revenant pour faire paître sa chèvre, elle est appelée par une voix qui semble être celle de son père. Elle s’approche et constate la désolation des lieux ; les derniers résistants lui intiment de ne pas approcher de l’auberge. Alors que Branchu sort pour se confronter à elle, elle fait le signe libérateur, le signe de la croix. Le village est sauvé.

Ce qui frappe ici d’un point de vue chrétien, c’est l’absence de toute médiation christique. Si le signe de croix est efficace, c’est parce que le Christ a accepté ce supplice pour nous sauver ; or le Christ n’est à aucun moment présenté comme le Sauveur. C’est sur la jeune fille que se reporte en quelque sorte toute la vertu salvifique ; et cela annonce le roman suivant de Ramuz : La Guérison des maladies, dans lequel une jeune fille alitée prend sur elle tous les maux d’une communauté, qu’elle finit par sauver par sa mort. Là encore, dans ce récit inspiré par la vie de sainte Lydwine de Schiedam que Ramuz transpose dans son système de pensée, le Christ n’a guère de réalité spirituelle.

Bibliographie : 

C. F. Ramuz, Le règne de l’Esprit malin (1917) in Œuvres complètes, tome 2, éditions Rencontre, 1967.

« Vue de Lens, mulet blanc », Albert Muret, Association « Les Amis de Muret ». C’est grâce au peintre Muret que Ramuz a découvert Lens.

«Une religieuse en liberté»

Texte et photo par Nicolas Maury

Assise devant son bureau de Saint-Maurice, Emmanuelle Bessi avoue d’emblée : « Je suis bavarde. Très bavarde même. » Puis, levant un sourcil en même temps que ses mains, elle commente : « Je suis née comme ça. » 

Faut-il y voir une relation de cause à effet ? En janvier 2022, elle est la première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion… voire en Suisse. « Et peut-être même en Francophonie ! Le journal La Croix m’avait même interviewée à l’époque. » 

Cette mission, elle en dessine rapidement les contours. « Cela ne consiste pas seulement à aller lire à la messe. A l’origine, le Lectorat et l’Acolytat étaient les premiers pas que faisaient les futurs prêtres avant d’être ordonnés dans leur ministère. Cela implique de transmettre la parole de Dieu, par l’écrit, par l’oral, mais aussi dans la vie de tous les jours. »

Catholique en terre vaudoise

Née au Togo – « mes parents y travaillaient pour une ONG » – en 1973 d’un père d’origine italienne et d’une mère valaisanne, Emmanuelle revient en Suisse à l’âge de 14 mois. « Mes grands-parents m’ont fait grandir dans la foi. Toute petite déjà, je ne dépassais guère de l’ambon, j’allais lire à Saint-Guérin à Sion. Alors que j’avais à peine trois ans, je demandais de m’expliquer ce qu’est la Trinité. J’ai sans doute traumatisé mes catéchistes, rigole-t-elle franchement. Puis, nous avons déménagé juste en-dessus d’Ollon. Une catholique en terre vaudoise… »

Une soif d’absolu

De manière naturelle, la recherche des réponses à ses questions l’a conduite à faire des études de théologie. « J’ai toujours eu une soif d’absolu. A Huémoz, je racontais que je voulais devenir religieuse. Mes copines d’école se tordaient de rire… » Mais la vocation était là. « J’ai voulu entrer à l’Abbaye de la Maigrauge, mais des problèmes de santé m’en ont empêchée. C’est alors que j’ai découvert la vocation de Vierge consacrée. Je me suis dit que ça correspondait parfaitement à mon style de vie. Une religieuse en liberté en quelque sorte ! » 

Ce qui lui permet aujourd’hui de donner des cours d’histoire de l’Eglise en Ardèche, mais aussi de travailler, à temps partiel, pour la congrégation des Sœurs de Saint-Augustin à Saint-Maurice. « J’y organise et reconditionne les archives. J’aimerais poursuivre cette tâche et montrer tout ça aux Sœurs d’Afrique, basées au Togo. » Une manière de boucler la boucle ? « Peut-être un nouveau départ… »

Emmanuelle Bessi 
• Née au Togo en 1973.
• En janvier 2022, première femme laïque à avoir été instituée au ministère du Lectorat dans le diocèse de Sion, voire en Suisse.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Première communion de Candice

Candice Udressy.

Candice Udressy a fait sa première communion lors de la récente veillée pascale à Collombey. Aux côtés des trois nouveaux baptisés, elle portait aussi fièrement son vêtement blanc en rappel du baptême. Suite à sa première communion, nous l’avons revue à la messe et lui avons posé quelques questions.

Propos recueillis par Valentin Roduit
Photo : Jade Dransart

Candice, tu as fait ta première communion à Pâques cette année, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as fait ce choix ?
Mon choix de faire ma première communion était purement personnel. Hormis le baptême à ma naissance, mes parents ne m’ont pas vraiment éduquée religieusement et ne m’ont jamais forcée à rien. Je recevais des signes de Dieu mais j’étais souvent réticente à son appel. 

Est-ce que tu as eu des témoins sur ton chemin de foi, des amis qui t’ont aidée à mieux connaître Dieu ?
Je fréquentais une amie chrétienne avec qui j’ai fait ma première prière. Elle m’a beaucoup aidée et c’est notamment grâce à elle que j’ai assisté à ma première messe. Depuis je m’efforce de suivre l’enseignement puissant de Jésus-Christ. 

Qu’est-ce que tu trouves de plus parlant dans le message de Jésus pour nous ?
Ce que je trouve le plus beau dans la religion c’est le sacrifice de Dieu pour nous: il a envoyé son Fils unique non pas pour nous juger mais pour nous sauver.

Qu’est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui ont des doutes au sujet de la foi ?
Je pense que suivre Jésus n’est pas toujours facile. Soyez convaincu qu’il est parmi nous tous ! Lisez la parole et priez sans cesse. Que le Seigneur nous fortifie dans nos chemins de foi !

Mathématiques chrétiennes

Par Pierre Guillemin
Photo : DR

La question du lien des mathématiques et de la foi est ancienne : les mathématiques nous fournissent les outils nécessaires à la compréhension de notre Univers. Citons trois réflexions sur le sujet qui, sans être exhaustives, nous éclairent sur cette interrogation des mathématiciens eux-mêmes.

Lorsque Galilée publie « L’Essayeur » (Il Saggiatore) en 1623, il nous livre sa vision des mathématiques et de leurs liens avec la Création de l’Univers : « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant les yeux (je dis l’Univers), mais on ne peut le comprendre si, d’abord, on ne s’exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. II est écrit dans une langue mathématique et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d’autres figures géométriques, sans lesquels il est impossible humainement d’en saisir le moindre mot ; sans ces moyens, on risque de s’égarer dans un labyrinthe obscur. »

Albert Einstein déclare : « N’importe qui de sérieusement impliqué dans la poursuite de la science devient convaincu qu’un esprit est manifeste dans les lois de l’Univers. Un esprit largement supérieur à celui d’un homme et en face duquel nous, avec nos modestes pouvoirs, devons nous sentir humbles. »

Laurent Lafforgue, mathématicien contemporain lauréat de la médaille Fields en 2002, mais aussi fervent catholique, nous donne sa vision des mathématiques et en particulier leurs liens avec la foi. « Avec le langage auquel elles sont intimement liées, les mathématiques font partie du propre de l’Homme, de ce dont Dieu l’a rendu capable, seul parmi ses créatures. Ceci ne doit pas manquer d’interroger les croyants que nous sommes. Il est écrit que l’Homme est créé à l’image de Dieu et aussi que tout ce qui existe a existé par le Verbe, parole éternelle de Dieu. Donc, le désir de connaître Dieu ne peut ignorer les mathématiques. […] Je me dis à la réflexion qu’il existe, pour caractériser l’activité du mathématicien […], un mot plus juste et beaucoup plus profond […], un mot pleinement biblique aussi, un mathématicien est un serviteur. […] Il est, selon le mot du Christ, un « serviteur inutile » : […] ce qu’il fait, un autre aurait pu le faire à sa place. »

Deux nouveaux auxiliaires de l’Eucharistie

Patricia Granger et Thierry Fournier.

Patricia Granger et Thierry Fournier ont reçu récemment leur mandat d’auxiliaire de l’Eucharistie, respectivement à Collombey (le samedi 23 mars, lors de la messe du Dimanche des Rameaux) et à Muraz (le dimanche de Pâques, 31 mars). Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui a motivé leur démarche ? … en voici un petit compte-rendu, sous forme d’une interview.

Propos recueillis par l’abbé Jean-Michel Moix | Photos : J.-M. Moix, Patricia Granger

Chère Patricia, cher Thierry, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 
Patricia : Je suis arrivée à Collombey en 2017, la foi faisait déjà partie de ma vie. C’est naturellement que j’ai commencé à participer à la vie de la paroisse. 
Thierry : J’ai 46 ans, je suis marié depuis 18 ans avec Carolina. Sur le plan professionnel, je travaille depuis 23 ans à la banque Raiffeisen de Monthey. 
Pendant mon temps libre, je m’adonne essentiellement à la lecture et au cinéma ; j’aime également écouter de la musique classique et baroque avec un penchant certain pour les œuvres de Bach.
Je sers la paroisse de Muraz en tant que lecteur, mais j’ai également fait partie du conseil de gestion de la paroisse de Muraz pendant huit ans, dont quatre en tant que secrétaire.

Comment en êtes-vous venus à devenir auxiliaire de l’Eucharistie ? 
P. : Je suis devenue auxiliaire de l’Eucharistie en réponse à l’appel du Père Valentin. Mais cela prend d’abord sens dans mon chemin de foi. L’Eucharistie est pour moi une manifestation de l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous : elle est cette présence mystérieuse souvent cachée, mais bien réelle de Jésus dans la vie des hommes et des femmes. Donner l’Eucharistie, c’est comme créer un pont entre notre vie humaine et l’infini de Dieu.
T. : Si j’en suis venu à devenir auxiliaire de l’Eucharistie, c’est parce que l’abbé Valentin Roduit me l’a proposé un soir après la Lectio divina. J’ai accepté car c’est, à mes yeux, le plus beau service que peut rendre un chrétien laïc pour ses frères en Dieu, puisqu’il s’agit de commémorer et d’actualiser chaque dimanche la rédemption offerte par le sacrifice salvifique et définitif du Christ.

Qu’est-ce que vous admirez ou qu’est-ce qui vous fascine dans le mystère de l’Eucharistie ? Avez-vous une parole, une scène de l’évangile ou une anecdote qui vous vient en mémoire ? 
P. : Un texte biblique qui me touche beaucoup est « les pèlerins d’Emmaüs » (Luc 24). Fatigués, blasés, déçus, ces deux hommes acceptent de marcher avec Jésus sur leur chemin de tristesse, ils acceptent de se laisser enseigner par Lui, ils ouvrent leur porte à cet étranger qui se fait connaître à la fraction du Pain. 
Et ce fut la JOIE.
T. : En outre, ce qui me fascine dans le mystère de l’Eucharistie, c’est la nécessité constante que je ressens de me laisser transformer et guérir de mes péchés par la présence réelle du Christ. Je m’émerveille aussi que nous soyons tous aimés par un Dieu compatissant qui ne nous laisse pas seul face à nos misères au point de s’être incarné et d’avoir partagé nos pires souffrances. 
Enfin, l’obéissance jusqu’à la mort du Christ est une extraordinaire et salutaire leçon d’humilité et d’abnégation qui permet de remettre constamment en question ma manière d’agir envers les autres, surtout de nos jours où la société prône constamment un développement personnel qui nous enferme dans un individualisme pernicieux.
J’aime beaucoup le chapitre 1 de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens et plus particulièrement le verset 21 : « Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. »

Une remarque, un commentaire ou une prière à rajouter ? 
P. : J’espère, je souhaite que mon service d’auxiliaire de l’Eucharistie apporte cette Joie à ceux qui la recevront.

En ce mois de Marie

Statue de Marie, église de Monthey.
Vitrail de Notre Dame de Lourdes, église de Vionnaz.

Texte et photos par Jean-Michel Moix 

Le mois de mai est traditionnellement appelé aussi le « Mois de Marie ». En ce mois de mai, les fleurs s’épanouissent et rivalisent de couleurs chatoyantes, en diffusant leurs parfums subtils et odoriférants. Marie n’est-elle pas comparée justement à la « reine des fleurs », à une rose (« Rose mystique » dans les litanies) dont la beauté spirituelle avec ses vertus cultivées à l’excellence, a ravi le cœur de Dieu ? N’est-elle pas encore le « lys des vallées » dont la blancheur, c’est-à-dire la pureté sans tache, la virginité consacrée, a fait comme entrouvrir le ciel au-dessus d’elle, au jour de l’Annonciation ?! 

Et si nous contemplons Marie dans la foi, avec son cœur maternel rempli de sollicitudes à l’égard de chacun de nous, ne sommes-nous pas enclins à lui exprimer notre gratitude, notre confiance, notre hommage, notre louange, bref notre prière en lui adressant quelques « fleurs » ; c’est ainsi que la piété populaire se plaît à fleurir les statues ou les oratoires consacrés à Notre Dame. Plus encore, l’enfant de Marie (que nous sommes tous !) aime à lui parler, à la prier avec les paroles inspirées du ciel : avec la salutation de l’ange Gabriel au jour de l’Annonciation (Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous), avec les compliments que lui adresse Elisabeth au jour de sa visitation auprès d’elle (Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de votre sein – Jésus). Et par ailleurs en considérant notre indigence, notre état de pécheur, notre misère spirituelle, on aime l’implorer avec confiance (sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort).

Il était ainsi d’usage au Moyen-Age de lui tresser une couronne de fleurs, ce qui lui formait comme un « chapeau ou un chapel », ce qui a donné le mot  français de « chapelet ». Ainsi chaque Ave Maria (ou « Je vous salue Marie ») est comme une fleur que l’on offre à Marie. Et soyons assurés que Marie, en retour, enrichira notre bouquet de fleurs en y joignant sa propre prière pour le présenter à son divin Fils, Jésus, et obtenir ainsi du Cœur de Jésus, grâce et bienfaits ! 

En ce mois de mai, sachons renouveler notre dévotion mariale. 
– Pourquoi ne pas lui « consacrer » notre journée en récitant le matin, la prière de l’Angélus ?
– Pourquoi ne pas orner de fleurs un oratoire marial ou une statue de Marie ? Et surtout pourquoi ne pas lui offrir en même temps un beau bouquet de fleurs, composé de quelques « Je vous salue Marie » fervents et confiants ?!

Prière de l’Angélus

L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie. / Et elle conçut du Saint-Esprit.
     Je vous salue Marie…

Voici la servante du Seigneur. / Qu’il me soit fait selon votre sainte parole.
     Je vous salue Marie…

Et le Verbe en elle s’est fait chair. / Et il a habité parmi nous.
     Je vous salue Marie…

Nous te prions Seigneur de répandre ta grâce en notre âme, 
afin qu’ayant connu par la voix de l’Ange l’Incarnation de ton Fils, 
nous arrivions un jour par mes mérites de sa passion et de sa croix, 
jusqu’à la gloire de la résurrection, par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

Demande de Notre Dame aux trois enfants à Fatima, le 13 mai 1917

Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

En librairie – mai 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le deuil invisible
Jessica Brazeau

Le deuil d’un enfant à naître est très complexe à vivre. En effet, comment faire le deuil d’un être que l’on a peu connu, voire pas du tout ? Comment traverser cette expérience douloureuse, en tant que mère ou père, alors que l’entourage peut avoir tendance à la dédramatiser, à la sous-estimer ? Coécrit par la psychologue Lory Zephyr et la journaliste Jessika Brazeau, cet ouvrage rassemble une foule d’informations et de ressources précieuses, des réflexions ainsi que plusieurs témoignages touchants pour aider les mamans et les papas à ne plus se sentir seuls dans cette épreuve. Un livre tout en douceur pour soutenir les peines et guider pas à pas toutes les familles sur le chemin de l’acceptation.

Editions de l’Homme

Acheter pour 31.00 CHF

Des vies transformées
Père Geoffroy de Lestrange

Qui aurait pu imaginer que le chanteur Vianney logerait avec des sans-abri ? Ce livre raconte comment l’appel du Christ a bouleversé la vie d’une vingtaine de témoins ou de saints. Curieux comme Djibril Cissé, décomplexé comme Gad Elmaleh ou tout simplement chrétiens engagés, ils ont été touchés intérieurement, ont vécu un réveil dans la foi ou ont dépassé leurs préjugés sur l’Eglise. Chaque lecteur pourra, à la suite de ces témoins, se laisser inspirer et bousculer par l’expérience concrète du salut que Dieu apporte dans les moments de découragement, de doute, de difficulté ou de tiédeur. Un ouvrage qui renouvelle notre foi.

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 24.10 CHF

Journal intime de la Vierge Marie
Sophie Chauveau

La jeune Marie apprend qu’elle attend un enfant. Pendant huit mois, elle tient un journal dans lequel elle note scrupuleusement les émotions et les sensations qui l’agitent avant cette naissance si particulière. Ses questionnements, ses rêves et ses peurs sont semblables à ceux que partagent nombre de futures mères. A travers un récit dominé par la joie, Sophie Chauveau donne à voir une Marie forte et instruite et nous dévoile, au-delà du mythe, des aspects méconnus de l’histoire qui changera la face du monde

Editions Folio

Acheter pour 16.20 CHF

Pier Giorgio Frassati
M. & O. Malcurat – Marco Greselin

Lorsque Pier Giorgio Frassati meurt à l’âge de 24 ans, le 4 juillet 1925, des gens de toutes conditions se pressent devant la maison familiale, à Turin, pour lui rendre hommage. Emporté par une poliomyélite contractée en visitant un malade, ce jeune étudiant italien, sportif, membre du tiers ordre dominicain, rayonnait d’une charité brûlante, puisée dans une foi ardente. Béatifié en 1990 par Jean-Paul II qui le donne en modèle aux jeunes, Pier Giorgio Frassati est proclamé patron des montagnards, des sportifs et des Journées mondiales de la Jeunesse. Sa vie tout entière racontée ici en BD était guidée par sa devise : Verso l’alto, vers le haut.

Editions Plein vent

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Pèlerinage d’été des jeunes à Lourdes

A l’occasion du 150e pèlerinage de Lourdes, deux jeunes ont témoigné sur cette aventure à laquelle elles ont participé plus d’une fois.

Propos recueillis par Estelle Schmuck | Photos : DR

J’ai vécu mon premier pèlerinage avec les jeunes de Lourdes en été 2021. Cette année-là, les Jeunes de l’Accueil, un groupe constitué de personnes en situation de handicap, ne pouvaient se rendre à Lourdes à cause du Covid. La décision avait donc été prise pour les Jeunes et les Ados de Lourdes de rester en Suisse. Le but était de rester en Suisse pour aller visiter les personnes avec qui nous allions habituellement à Lourdes directement dans leur lieu de résidence. Nous nous sommes donc déplacés chaque jour et avons vécu des moments de célébrations et de rencontres forts en partages, en amitié et en rires. J’y ai rencontré des personnes formidables, des jeunes pleins de vie et prêts à donner de leur temps pour vivre une expérience forte. L’année suivante, nous sommes retournés à Lourdes. Là-bas, l’expérience était plus forte encore. En effet, le sanctuaire est un lieu magnifique. Les différents temps vécus m’ont permis d’approfondir ma foi ainsi que mon lien avec les autres jeunes. A Lourdes, quelqu’un a dit que c’était « le monde à l’endroit ». C’est le cas. Là-bas, le handicap disparaît pour ne laisser que l’amitié et la joie. Nous avons célébré, chanté, prié, ri, joué, partagé et plus encore. Il est difficile de vraiment décrire les sentiments qui naissent. Ce sont des émotions qui sont de vrais coups de « boost » pour le reste de l’année, qui gonflent le cœur et qui donnent de l’énergie pour avancer une fois de retour en Suisse. Marion Salgat

Ma première année à Lourdes s’est passée avec le groupe des ados de Lourdes. Une semaine au camping rythmée par des chants, des célébrations et des temps de partage avec les malades de l’Accueil. Ce fut pour moi une grande découverte, car c’était le premier camp que je faisais aussi longtemps et aussi loin de chez moi. Là-bas, j’y ai découvert des jeunes avec des parcours de vie divers mais unis autour d’une même chose, leur croyance et leur envie d’aider. C’est pour cela que j’y suis retournée plus tard avec le groupe des jeunes. Avec les jeunes, nous accompagnions principalement les personnes en situation de handicap qui composent le groupe des jeunes de l’Accueil. J’ai pu y découvrir des jeunes qui, peut importe ce que la vie leur avait réservé, croyait toujours en un futur meilleur. Pour la plupart des pèlerins, c’est un peu comme une gifle au début de les voir sourire et être heureux car cela nous remet en perspective tout ce que l’on vit dans notre quotidien. De plus, Lourdes est devenue pour la plupart des jeunes un lieu où nous donnons sans compter car c’est avant tout une semaine dédiée aux malades et jeunes de l’Accueil car la majorité de ces personnes attendent cette semaine toute l’année. Finalement, ce qui pour moi est le plus beau, c’est que toutes ces personnes qui sont généralement « cachées » dans notre quotidien car elles ne répondent pas aux normes édictées par la société soit par leur âge, leur capacité… sont une fois dans l’année, au centre de tout. Estelle Schmuck

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