Ici et là la bonne soupe de Carême!

Par Marie-Christine Mota | Photos : Georges Losey

Dès le 18 février, et durant tout le mois du temps pascal, les soupes de Carême seront à nouveau au rendez-vous dans toutes les communautés de la paroisse, selon le tableau ci-dessous. 

Votre contribution à la soupe de Carême sera intégralement versée à une action concrète choisie par notre équipe pastorale, en l’occurrence l’un des projet sera Haïti, pour le projet « Reboiser pour se prémunir contre les ouragans et les sécheresses ».

Toutes les soupes organisées à la paroisse ont lieu dès 11h30.

Soyez les bienvenu(e)s !

Pour de plus amples informations : https://actiondecareme.ch/projets

Les soupes de Carême dans la paroisse

Estavayer-le-LacVendredi 1er marsSalle de la Prillaz
FontSamedi 2 marsSalle paroissiale
Estavayer-le-LacVendredi 8 marsSalle de la Prillaz
AumontDimanche 10 marsSalle communale
MuristDimanche 10 marsSalle des sociétés
Estavayer-le-LacVendredi 15 marsSalle de la Prillaz
MorensSamedi 16 marsAbri PC
Estavayer-le-LacVendredi 22 marsSalle de la Prillaz
ChâblesSamedi 23 marsBuvette communale
ChâtillonSamedi 23 marsSalle communale
CheyresVendredi saint 29 marsSalle des Etourneaux
CugyVendredi saint 29 marsSalle polyvalente
MontetVendredi saint 29 marsSalle communale
NuvillyVendredi saint 29 marsBrocafé
Rueyres-les-PrésVendredi saint 29 marsSalle communale
SeiryVendredi saint 29 marsSalle communale
La préparation de l’une des soupes à Estavayer, l’année dernière.

Prière à saint Joseph (pouvant servir de neuvaine pour préparer sa fête du 19 mars)

Statue monumentale de Saint-Joseph-de-Bon-Espoir d’Espaly / Le Puy-en-Velay (22 mètres de haut).

Prière et photo proposée par Jean-Michel Moix 

En ce mois de mars, l’Eglise nous invite à prier spécialement saint Joseph que nous fêtons solennellement le 19 mars.

Saint Joseph, père nourricier si fidèle de l’Enfant divin, époux virginal de la Mère de Dieu, protecteur puissant de la Sainte Eglise, nous venons vers vous pour nous recommander à votre protection spéciale. Vous n’avez rien cherché en ce monde, sinon la gloire de Dieu et le bien du prochain. Tout donné au Sauveur, c’était votre joie de prier, de travailler, de vous sacrifier, de souffrir, de mourir pour Lui. Vous étiez inconnu en ce monde, et cependant connu de Jésus. Ses regards reposaient avec complaisance sur votre vie simple et cachée en Lui. 

Saint Joseph, vous avez déjà aidé tant d’hommes. Nous venons vers vous avec une grande confiance. Vous voyez dans la lumière de Dieu ce qui nous manque, vous connaissez nos soucis, nos difficultés, nos peines. Nous recommandons à votre sollicitude paternelle cette affaire particulière… Nous la mettons entre vos mains qui ont sauvé Jésus-Enfant. Mais avant tout implorez pour nous la grâce de ne jamais nous séparer de Jésus par le péché mortel, de Le connaître et de L’aimer toujours plus, ainsi que sa sainte Mère, de vivre toujours en présence de Dieu, de tout faire pour sa gloire et le bien des âmes, et d’arriver un jour à la vision bienheureuse de Dieu pour Le louer éternellement avec vous. Ainsi soit-il.

(extrait du livre, Saint Joseph, Epoux de Marie, Traditions Monastiques, 2006, pp. 226-227)

En chemin vers Pâques

Texte et photo par Sandrine Mayoraz

Chers lecteurs, chères familles,

Nous voilà déjà dans un Carême bien entamé ! Cette année, Pâques est tôt. Les congés scolaires sont concentrés sur le printemps et le mois de mars nous offre déjà des fériés.

La Saint-Joseph nous rappelle que le Fils de Dieu a grandi, lui aussi, dans une famille. Il a bénéficié de l’Amour d’un père terrestre qui lui a transmis son origine, ses traditions, son goût du travail. Comme il a veillé sur l’Enfant Jésus, Joseph garde et protège chacune de nos familles. 

Notre pape François a dit qu’« en choisissant une famille qui fait « l’expérience de la souffrance », Jésus dit à nos familles : « Si vous vous trouvez en difficulté, je sais ce que vous ressentez, je l’ai vécu : ma mère, mon père et moi-même en avons fait l’expérience ; dites-le aussi à votre famille : vous n’êtes pas seuls ! »1

En écho aux fêtes pascales qui approchent, ces paroles prennent une autre profondeur : la souffrance, Jésus l’a connue jusqu’à la mort. C’est cette expérience que nous sommes appelés à méditer et à vivre à la fin du mois, à Pâques. C’est là, la bonne nouvelle du Christianisme : Jésus est venu habiter notre vie tout entière, avec ses joies et ses peines. Il nous promet que la Vie vainc la mort. Ainsi, Pâques est pour chacun et pour nos familles une source d’Espérance et de Joie.

Dans ce numéro, vous allez découvrir l’actualité des paroisses sous l’angle familial :
– Des témoignages d’enfants et de jeunes sur leur vie de foi ou leur engagement ; 
– Des couples au retour de Lyon ;
– Des invitations de la Garde pontificale, pour le festival des familles au Labyrinthe aventure ; 
– Et bien sûr, les célébrations de la Semaine Sainte adaptées à chaque génération.

Bonne lecture et beau chemin vers Pâques ! 

1 Pape Francois, Angélus, 31 décembre 2023.

Une célébration lumineuse: rencontre de jeunes servants de messe

Par Lola Pires | Photos : Erika Meninas

Le vendredi 2 février, en la Maison des Jeunes à Monthey, la fête de la Chandeleur a réuni avec éclat les servants de messe de Monthey, Choëx, Collombey et Muraz. Ils sont venus célébrer la lumière et la spiritualité au sein de notre communauté. Dans un esprit de fraternité, ces jeunes se sont rassemblés pour vivre une expérience enrichissante au service de leur foi.

La rencontre a débuté avec une crêpe-party, où les rires et la camaraderie ont créé une atmosphère joyeuse, puis elle s’est poursuivie par des jeux pour finalement se conclure par une chaleureuse prière à l’église de Monthey, chacun portant fièrement sa lumière symbolique. Les jeunes servants de messe ont démontré une dévotion exemplaire, contribuant à la solennité de la cérémonie.

En résumé, ces jeunes, porteurs de lumière, ont illuminé non seulement l’église, mais aussi les cœurs de tous ceux qui ont eu la chance de partager cette journée avec eux.

Prière à la lueur des chandelles.

Escapade lyonnaise en couple

A la sortie de la messe à Lyon Centre.

S’offrir une parenthèse loin du quotidien pour se centrer sur notre vie de couple n’est jamais facile. Grâce à notre curé Jérôme, des couples sont partis à Lyon pour un week-end. Accompagnés par leurs ambassadeurs, les Riat, et l’abbé David Roduit, ils reviennent sur ce séjour.

Par Sandrine et François-Xavier Mayoraz | Photo : DR

Une journée pour notre couple

« Premier signe de réussite : tous les couples sont rentrés ensemble ! » lance-t-on avec humour. Tout est minutieusement organisé à l’avance et le couple Riat s’est occupé des détails sur place. Ainsi, la tête et le cœur sont libres pour vivre l’instant présent et les tracas sont restés en Suisse. Le samedi, à la maison Familya1, nous sommes guidés vers des thématiques essentielles à notre vie de couple par des topos suivis d’échanges à deux. Nous avons rigolé, réfléchi et pris le temps de se regarder dans les yeux au sens propre et figuré. Le discours positif fait du bien : une crise est un chemin de croissance et la vie à deux peut être source d’épanouissement personnel. Entendre d’autres couples apporte une sorte de réconfort et démystifie certaines croyances sur le bonheur à deux. C’était une riche journée. 

Comme des coqs en pâte

L’hôtel au cœur de Lyon, le souper à bord de L’Hermès (bateau restaurant) ajoutent de la magie et du romantisme. Sans oublier la bonne compagnie et l’amitié des autres couples ! La messe du dimanche dans la fameuse église Sainte-Blandine apporte la touche spirituelle pour finaliser le séjour. « En partant nous savions que nous nous aimions, en rentrant on s’aime encore plus » résume-t-on. Quant à l’abbé David, il rentre motivé à prévoir quelque chose pour les couples de sa paroisse (Saint-Léonard / Uvrier). Nous sommes reconnaissants envers les paroisses de nous avoir offert cette escapade lyonnaise et adressons un merci particulier à Patrick et Christiane Riat.

1 https://www.familya-lyon.fr

Tel Dieu…

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur

Dieu, ici un prisonnier si humanisé
qu’il est encore en train de devenir
A l’humanité, il donne un devoir de silence
chaque jour

Fragile comme les signes sur le sable du temple
réalisés en geste du pardon
qui se déguisent en vêtement blanc
chaque jour

Il est poussé sur le chemin infini
nourri par la crudité du désert
avant la passion épuisée
chaque jour

Marchant sur les eaux empilées
inondé dans le sang et la sueur
crucifié dans les cœurs par la haine
chaque jour

Humain comme un sourire de l’enfant 
comme amour de la mère
relèvement de par terre
chaque jour

Dans le mystère et la perplexité de nuit 
en confiance confiée contre tout
chaque jour, de l’aube renforcée
ma résurrection !

Ce poème, choisi par l’abbé Darius, en guise d’éditorial pascal, est extrait du livre « Doux désert – Journal de la Terre sainte »  qu’il a publié en 2010 aux Editions du Parvis.

Rencontre avec Loris Follonier, ancien garde suisse

En défilé au bord du lac léman.

Le dimanche 10 mars prochain, la Lemania sera présente à Monthey

Propos recueillis par Valentin Roduit | Photos : Loris Follonier

Bonjour Loris. Peux-tu nous dire qui est cette « Lemania » qui sera présente à Monthey le 10 mars prochain ?
Oui ! La Lemania est l’association qui regroupe les anciens gardes suisses pontificaux qui habitent dans les cantons de Genève, de Vaud et du Valais romand. Cette association a été fondée en 1979. D’autres associations sœurs existent dans les autres cantons suisses et il existe même une association fédérale, pour toute la Suisse. Le but de ces associations est toujours le même : permettre aux gardes qui ont terminé leur service à Rome et qui rentrent chez eux de garder et de soigner les liens qu’ils ont tissés. Ils permettent aussi de faire connaître la Garde, en défilant lors de la Fête-Dieu ou des grandes fêtes paroissiales. Enfin, ils soutiennent les gardes actifs lorsque ceux-ci viennent en Suisse, comme c’est le cas pour le salon des métiers de Martigny, par exemple, en préparant le matériel nécessaire sur le stand.

Et le 10 mars, alors, que se passera-t-il ?
Comme toutes les associations, nous devons nous réunir une fois par année pour approuver les comptes, admettre les nouveaux membres et prendre des décisions pour nos activités à venir. Puisque nous sommes étalés sur trois cantons différents, nous tournons chaque année pour la tenue de cette assemblée générale. Mais la journée commencera bien avant l’assemblée : tout d’abord, nous organiserons une présentation pour les jeunes du secteur. Ensuite, les anciens gardes enfileront leurs uniformes pour se rendre en défilant à la messe paroissiale. A la fin de la messe, nous partagerons l’apéritif avec les paroissiens. Ce n’est que dans la deuxième partie de la journée que nous nous retrouverons « entre nous » pour le repas et, enfin, pour l’assemblée générale !

Donc il y a une partie consacrée à faire de la publicité pour la Garde Suisse Pontificale ?
Oui, c’est ce que nous faisons avant la messe. Cette présentation est ouverte à tous les adolescents qui se posent la question de devenir garde suisse et qui ont besoin d’en savoir plus avant de prendre une décision. Les jeunes présents pourront nous laisser leurs coordonnées afin qu’on les accompagne dans toutes les étapes du recrutement, peu importe l’âge qu’ils ont. Et s’ils sont absents le jour en question, ils peuvent toujours nous contacter par mail à promotion.lemania@gmail.com !

Dimanche 10 mars : « Raclette de Solidarité »

Après la messe solennelle, aura lieu le repas de solidarité. Cette année, nous partagerons avec convivialité une bonne raclette, issue d’une fromagerie locale. La raclette est offerte, les boissons sont payantes. Un chapeau à la sortie permettra de récolter des bénéfices qui seront versés en faveur de l’action de Carême. Au cours du repas, Sofia Racioppi, coordinatrice de la campagne œcuménique de Carême, viendra nous présenter un projet au Sénégal pour défendre le droit à l’alimentation. Bienvenue à tous.

9h Rencontre avec les gardes et les jeunes à la Maison des Jeunes.
Défilé des gardes

10h30 Messe solennelle animée par la chorale de Monthey.
Apéritif sur le parvis animé par l’Harmonie

12h Raclette de la solidarité à la Maison des jeunes.

Les membres de l’association présents lors de l’AG 2023 à Rolle.

Un œcuménisme bien vécu dans la Broye

Dans notre Broye, partagée entre les cantons de Fribourg et Vaud, la question de l’œcuménisme est une réalité bien présente et vécue au quotidien.

Par Gérard Dévaud
Photos : Georges Losey

Nombreuses sont les familles mixtes et il n’est pas rare de rencontrer des réformés dans nos célébrations, et vice-versa. L’Eveil à la foi, la catéchèse à l’école enfantine et de nombreuses activités sont vécues de manière œcuménique.

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens (du 18 au 25 janvier) permet de rendre visibles tous ces liens tissés au long de l’année et de se rassembler autour de la Parole pour une prière commune.

Cette année, différents rendez-vous étaient proposés durant cette semaine dans toute la Broye autour de l’évangile du bon Samaritain (Luc 10, 25-37). Tout aurait dû démarrer avec la conférence du pasteur Hoegger, reportée au 6 mars chez les Focolari. Après une prière à Avenches, il y eut une grande célébration à l’abbatiale de Payerne. A noter la remarquable prestation de Benoît Zimmermann, organiste, qui a composé et interprété une pièce spécialement pour l’occasion sur le thème de cette année.

Célébration à la collégiale

Et enfin, le dimanche 28 janvier, en prolongation de cette de semaine de l’unité et pour montrer que l’œcuménisme ne s’arrête pas à ces 7 jours, une célébration a rassemblé un grand nombre de fidèles à la collégiale d’Estavayer. Aux côtés de nos prêtres et de la pasteure, plusieurs délégués des communautés catholique et réformée nous ont permis de méditer et prier à partir du célèbre hymne à l’amour développé par saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens (chapitre 13) et de l’évangile de Luc. Le climat invitait à la prière, grâce à la bonne cohésion de l’équipe d’animation, des chants soutenus par Philippe Marchello à l’orgue. A la fin de la célébration, les enfants – qui s’étaient retrouvés pour vivre une animation autour du thème de l’amour – ont rejoint l’assemblée avec une farandole de cœurs : tout un symbole ! 

Après l’envoi en mission : partager un message de paix et d’espérance à l’aide d’un marque-page, les nombreux participants se sont rassemblés sur le parvis de l’église pour un temps de convivialité et de fraternité autour d’un apéritif.

L’abbé Darius accueille la pasteure Thünde Lamboley à la collégiale.

Enfants et jeunes, montez vers Pâques!

Serons-nous encore plus nombreux cette année?

Du 28 au 31 mars 2024, en plus des célébrations paroissiales, deux Montées vers Pâques (MVP) sont organisées dans le secteur pour soutenir la foi des jeunes et enfants : un camp pour les ados au Monastère des Bernardines et des activités en journées à Monthey pour les enfants (3H-8H). Certains témoignent de leur expérience et invitent d’autres à se mettre en chemin pour vivre ensemble le Triduum Pascal.

Propos recueillis par Céline Sallin et Sandrine Mayoraz | Photo : DR

La MVP des jeunes c’est quoi ?
« Un camp pour se rapprocher, parler de Dieu, s’amuser et il faut y aller pour faire des connaissances, sortir de sa zone de confort et vivre de drôles d’expériences. Comme la fois où les animateurs m’ont réveillé à 3h du mat pour aller prier puis retourner me coucher. En plus, le lieu où on vit le camp, le monastère des Bernardines est super calme, cool, un peu froid mais super et c’est une expérience super chouette de rentrer un peu dans le quotidien des sœurs. » Camron, 14 ans

Et la MVP Kids ? 
« C’est trois jours de la Résurrection de Jésus, un temps de prière et de partage. On répète les étapes que Jésus a faites avec ses Apôtres. » Giorgia, 11 ans
« Pâques est la plus grande fête chrétienne de l’année et on a envie de se réunir pour cela. C’est un cheminement avec Jésus et ses amis du dernier repas jusqu’au déjeuner de Pâques. » Aloïs, 18 ans, animateur de la MvP Kids 

Pourquoi y aller ? 
« Pour découvrir plein de nouvelles personnes et créer des amitiés. Parler avec d’autres qui croient et échanger sur ce que l’on sait. Aussi découvrir d’autres endroits et surtout passer la mort et la résurrection de Jésus ensemble, c’est entre autres pour cela qu’il faut venir. » Léana, 15 ans
« Pour Vivre de l’intérieur l’étonnant mystère de Pâques. Rien n’est démodé, 2024 a son lot de soucis et Jésus les a connus aussi. Nous le suivons vers la joie de la Résurrection. » Mary-Lou, animatrice à la MvP Kids

Qu’est-ce que la MVP t’apporte ?
« La MVP agrandit ma foi car d’autres jeunes croient aussi, c’est réconfortant de se rendre compte qu’on n’est pas seul et on peut vivre des célébrations ou moments particuliers de foi qu’on ne vivrait pas ailleurs. » Timéa, 14 ans
« La joie de vivre une fête importante en mémoire de Jésus qui est mort sur la croix et ressuscité. » Nicole, 9 ans

Quelle est l’activité que tu attends avec impatience ?
« Alors j’aimerais trop que les anim’s organisent une soirée jeux et loup garou car ça met toujours une trop bonne ambiance dans le camp. » Timéa, 14 ans
« J’ai bien apprécié de faire la nappe d’autel pour le grand jour et la chasse aux œufs. » Giorgia, 11 ans

Merci aux animateurs et aux participants pour leur témoignage. Bienvenue à ceux qui veulent tenter l’aventure d’une MVP. 
Pour t’inscrire à MVP Jeunes: https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSf0M2iPa2rvYjBFognaNMOl98Ybw6-mLGAQ3uFdolkx4qtrmg/viewform

«Je fais mon boulot avec le cœur»

Texte et photo par Nicolas Maury

« C’est mon dizainier », explique Jean-Luc Uldry, lorsqu’on lui demande ce qu’il porte au poignet droit. « Il est composé de grains de chapelet et d’une croix. J’aime bien l’avoir sur moi et m’en sers parfois pour prier. »

Natif de Le Châtelard-près-Romont, le Fribourgeois est sacristain à Bulle depuis 2016, s’occupant principalement de l’église Saint-Pierre-aux-Liens. Sa profession ne doit rien au hasard : « J’ai grandi dans une famille pratiquante et fus longtemps servant de messe. J’ai toujours été attiré par l’Eglise. » Membre du conseil de paroisse de Le Châtelard pendant 22 ans, il a suivi pendant deux ans une formation pour le diaconat permanent. « Puis, j’ai eu une appréhension. Les gens me demandaient déjà de célébrer, entre autres, des baptêmes. Je me suis dit : « Oulahhh, je rentre dans un grand truc ! » Mon souci, c’est que je n’ai pas fait de théologie. Alors j’ai décidé que ce n’était pas pour moi. » 

Il voit alors passer une annonce, « celle mettant au concours mon poste actuel. Comme j’étais déjà sacristain à Le Châtelard, mais que les messes n’y étaient célébrées qu’une fois par mois, j’ai postulé. Ça a passé direct ! »

Ses tâches sont multiples. « Je prépare tout ce qui touche à la liturgie, avec les servants de messe – une cinquantaine à Bulle –, les lecteurs, le chef de chœur, l’organiste, les prêtres. Cela implique aussi de s’occuper des habits et des objets de culte. Je suis aussi concierge. » 

Jean-Luc Uldry, surnommé Ministre, coiffe encore une autre casquette, celle de président de l’association des sacristains du diocèse de LGF (117 membres). « Nous avons récemment fêté nos 90 ans. A travers cette association, je fais connaître mon métier et partage les joies qu’il procure. Lors des assemblées, nous prenons un temps pour la formation : les attitudes du corps pendant la messe, préparer le missel et le lectionnaire, entretenir les objets liturgiques… Je me mets volontiers à disposition des UP pour mieux faire connaître l’association ! »

Privilégier les contacts

Dans tous les cas, il privilégie les contacts humains. « Mon agenda est bien rempli, mais je fais mon boulot avec le cœur. Souvent, avant ou après la messe, les gens viennent discuter. » Et de raconter : « Il y a quelques semaines, une jeune servante de messe vient me dire que ses deux cousines sont dans les bancs. Je vais les saluer, nous discutons un peu et je leur demande si elles aimeraient faire comme leur cousine. L’une dit oui, l’autre non. Un moment avant la célébration, toutes les deux viennent me dire qu’elles veulent servir la messe. J’ai trouvé magnifique la manière dont ça c’est passé. »

Jean-Luc Uldry, Né le 30 juillet 1967. Habite Le Châtelard. Sacristain-concierge à Bulle. Sacristain à Le Châtelard. Président de l’association des sacristains du diocèse de LGF.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

L’amoureux de la Nature

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Jean-Marie Pelt est un humaniste amoureux de la Nature. Sa soif de la comprendre le pousse à l’étudier sans relâche. Pour lui, « la Nature est un besoin pour l’homme ».

Surtout, il questionne l’humanité dans sa relation avec elle. En contemplant la Nature et ses richesses, en contemplant l’homme au milieu de ce fascinant jardin, il rencontre Dieu : « Mon âme est un jardin que Dieu a dessiné. » Deux de ses livres nous donnent les clés de sa foi : Le jardin de l’âme et Dieu de l’univers, science et foi.

L’observation de la Nature est pour lui une formidable occasion d’ouverture au mystère et à la beauté de la Vie, don de Dieu : « La Nature, c’est l’ouverture vers ce qui est plus grand que nous. Ce n’est pas nous qui avons fait la Nature. » Il nous interroge : « Comment se fait-il que tout le monde soit mobilisé pour la protection de la Nature et que ça n’avance pratiquement pas ? C’est parce que nous n’avons pas acquis l’idée que nous faisons partie de la Nature par notre corps. Cette sensibilité qui devrait être au cœur de chacun n’est pas là. »

En étudiant la relation et la coopération entre les plantes, il s’interroge sur la relation et la coopération entre les êtres humains. Dans son livre Dieu de l’univers, science et foi, il questionne : « En lieu et place d’un monde de compétition sans compassion ni miséricorde, dur et cruel aux faibles, saurons-nous enfin construire un monde réconcilié et convivial ? »

Sa foi chrétienne est tout entière résumée dans sa réflexion, suite à sa lecture de l’encyclique Laudato Si du pape François : « C’est enfin la reconnaissance que la Nature fait partie de la Création, qu’il faut en prendre soin. Et non pas l’exploiter. C’est un tournant dans la théologie de la Création avec des références que je trouve très belles à François d’Assise, à Thérèse de Lisieux, à Bartholomée 1er et même à la sobriété heureuse, si chère à mon ami Pierre Rabhi. C’est un appel à toute la famille humaine pour que les enfants qui sont en train de naître puissent grandir sur une planète vivable. »

En librairie – mars 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Fioretti d’espoir
Bénédicte Delelis

Comment regarder et traverser avec espérance les drames de notre époque, les scandales dans l’Eglise, les difficultés de nos vies ? Puisant la matière de sa réflexion dans un florilège d’anecdotes savoureuses et de touchantes rencontres, Bénédicte Delelis nous entraîne résolument sur la voie de « la grande espérance ». « A travers les visages contemplés, les récits quotidiens racontés, un ange malicieux et organisé semble avoir œuvré pour s’écrier de la part de Dieu : « Tenez bon ! Ne vous découragez pas ! » » De fait, c’est le cœur brûlant d’une flamme nouvelle que l’on referme ce livre, les yeux tournés vers « la réponse unique que Dieu offre à toutes nos questions, à toutes nos prières » : le visage du Christ.

Editions Mame

Acheter pour 25.30 CHF

L’icône des martyrs
Michel Quenot

Nombreux mais méconnus, les personnages lumineux qui ont donné un témoignage de leur foi, des premiers siècles de la chrétienté à nos jours, nous interpellent. Sans trop de détails, cette approche chaleureuse fait revivre hommes, femmes et enfants au courage exemplaire fondé dans la conviction. Avec le sens pédagogique et pastoral qu’on lui connaît, l’auteur rend ces personnages présents et contemporains au travers d’un recours à une iconographie éloquente, pour finalement montrer la voie du témoignage aujourd’hui.

Editions Saint-Augustin

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Paolo, la présence de l’absent
René Guitton

Depuis juillet 2013, on est sans nouvelles du prêtre jésuite italien Paolo Dall’Oglio, qui a réhabilité dans les années 1980 le monastère Mar Moussa al-Habachi, dans le désert syrien, pour en faire un haut lieu d’hospitalité et de dialogue. Expulsé de son pays d’adoption en 2012, il y retourne clandestinement au bout d’un an. Il est enlevé peu de temps après à Rakka dans des circonstances troubles. Le mystère autour de sa disparition reste entier. Pris entre les sentiments confus de révolte, de découragement et d’espoir, René Guitton rend ici hommage à un ami très cher, mais aussi, à travers lui, à ceux qui hurlent en silence leurs souffrances, leurs douleurs physiques et morales.

Editions DBB

Acheter pour 21.20 CHF

L’Abbé Pierre, une vie pour les autres
Abdel de Bruxelles – Vincent Cuvellier

Henri Grouès naît à Lyon en 1912. Eduqué dans une famille catholique tournée vers les autres, il est sensibilisé dès l’enfance à l’entraide et au partage. Se faisant d’abord appeler « Frère Philippe », Henri adopte après la Seconde Guerre mondiale un nom qui va rester dans toutes les mémoires : celui de l’Abbé Pierre. Réunissant des compagnons pour fonder Emmaüs, il mène dès lors une lutte acharnée contre le mal-logement. A l’hiver 1954, il lance son célèbre appel à la radio, et tout au long de sa vie l’Abbé Pierre a créé des communautés, en France et à travers le monde, afin de venir en aide aux personnes démunies. Cette BD résume bien la vie de cette personnalité hors du commun.

Editions Casterman

Acheter pour 24.80 CHF

Pour commander

Au milieu du Carême

Par Joseph Jingen Yang | Photos : Marion Perraudin

Nous sommes au milieu du Carême, ce temps de préparation à la fête de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ. 

Le Carême est un temps de conversion, de renouvellement, de partage et de prière. C’est un temps où nous sommes invités à nous rapprocher de Dieu et de nos frères et sœurs, en faisant des gestes concrets de solidarité, de pardon et de charité.

Le Carême est aussi un temps de jeûne, où nous nous privons volontairement de quelque chose qui nous fait plaisir, pour nous libérer de nos attachements et nous ouvrir davantage à Dieu et aux autres. Le jeûne n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour nous aider à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour. (Voyez la proposition de cheminement en groupe à ce sujet en page 9.)

Le Carême est enfin un temps de joie, où nous découvrons la présence de Dieu dans nos vies, dans nos cœurs, dans notre monde. Le Carême n’est pas une période triste, mais une occasion de vivre plus pleinement notre baptême, notre appartenance à la famille de Dieu.

Au milieu du Carême, je nous invite à faire le point sur notre chemin spirituel, à remercier Dieu pour ses bienfaits, à lui demander pardon pour nos fautes, à lui offrir nos intentions, à lui exprimer notre confiance et notre amour. Je nous invite aussi à regarder autour de nous, à être attentifs aux besoins de nos proches, de nos voisins, de nos frères et sœurs en humanité. Je nous invite enfin à témoigner de notre foi, de notre espérance et de notre charité, par nos paroles et par nos actes.

Que le Seigneur nous accompagne et nous bénisse tout au long de ce Carême !

Un pacte pour grandir dans la foi

Les confirmés à la sortie de la célébration, dimanche 28 janvier 2024.

Dimanche 28 janvier dernier, 27 jeunes des communautés de la Ville et du Bourg ont été confirmés à l’église de Martigny-Ville par notre évêque Mgr Jean-Marie Lovey. Retour sur ce qui a été vécu dans le groupe.

Par L’équipe des catéchistes
Photos : Marion Perraudin

Afin de mieux comprendre ce sacrement et pouvoir expérimenter avec leurs pairs ce que « faire Eglise » signifie, nous avons privilégié des journées à VIVRE, plutôt que des explications. C’est ainsi que nous avons vécu une première journée sous le thème du « Père ». La pluie du matin n’arrêtant pas les pèlerins, nous sommes allés jusqu’au Guercet pour découvrir la création à travers des activités ludiques et des moments de réflexion.

Une deuxième journée a été consacrée au « Fils ». Notre catéchèse est partie du baptême de Jésus et a été la base de notre questionnement sur notre propre baptême et la mission qui en découle pour chacun de nous. Nous avons aussi expérimenté combien il était parfois difficile d’aller vers l’autre. Nous avons enfin partagé un moment de rencontre et le goûter avec le groupe « Foi et Lumière » *.

Puis, deux semaines avant la célébration, c’est sous le thème de l’Esprit Saint que notre retraite s’est articulée. Tous les confirmands étaient accompagnés de leur parrain ou marraine ou encore d’un membre de leur famille pour vivre un week-end à Bourg-Saint-Pierre. Là aussi, pas facile de s’extraire de son quotidien, de tout lâcher – son confort et surtout son Natel… pour suivre Jésus.

La Maison Saint-Pierre étant un logement pour les groupes et pas un hôtel, chacun a donc dû accomplir certaines tâches : mettre la table, laver la vaisselle ou nettoyer les dortoirs et les toilettes. Se mettre au service des autres : n’est-ce pas ce que Jésus lui-même nous a enseigné ?

Le week-end a été bien rempli par les temps de prière, les ateliers liés à l’Esprit Saint, les discussions en binôme et bien sûr les moments de jeux ! Les confirmands et leur accompagnant ont pu vivre de beaux moments d’échange. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas aussi bien parlé avec ma maman », a confié un jeune. Tout cela a abouti à un pacte qui devait sceller les attentes réciproques et, peut-être, les aider à grandir dans leur chemin de foi. Grâce à l’Esprit Saint qui est descendu sur eux en ce radieux dimanche de janvier, et doté du don qu’ils ont demandé plus particulièrement dans le secret de leur cœur, nous souhaitons à tous ces jeunes confirmés de continuer à témoigner avec joie de leur foi. 

* Le groupe « Foi et Lumière » est constitué d’une vingtaine d’adultes en situation de handicap mental. Ils se rencontrent une fois par mois à la salle N.-D. des Champs pour échanger sur la foi et partager un moment convivial.

Line et Erine surveillant la cuisson des spaghettis lors de la retraite à Bourg-Saint-Pierre.
Qualité et fruit de l’Esprit Saint décelés par les parrains et marraines de chaque confirmand.

«Si je chante, c’est pour Toi!»

La Voix des Champs lors de la fête de son centenaire en 2022.

On sait que le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Et Dieu sait si c’est un levier pour soulever les cœurs jusque vers Lui… Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent, Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui les tient, qu’est-ce qui les pousse ? Regards croisés.

Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR, MJ Delaloye

Ce mois-ci, nous avons donné la parole à Bernadette et Laurent. Bernadette Alimovic est chantre animatrice et présidente du chœur La Voix des Champs, de Charrat, tandis que Laurent Bourgeois dirige le chœur Antonia, de Bovernier. Dans le prochain numéro, vous retrouverez deux autres amis du chant et de la musique liturgique…

Comment le chant habite-t-il votre vie ?
Bernadette : Ma vie est une musique aux multiples couleurs : toute une palette de sentiments. Dès le matin, je chante le plus souvent intérieurement pour ne pas déranger les habitants de l’immeuble.
Laurent : Le chant a toujours habité ma vie. Mon père a dirigé l’Antonia durant 25 ans et j’ai pris sa relève il y a bientôt 40 ans. J’en suis membre depuis l’âge de 8 ans. A l’époque, nous étions 42 membres. Mais plus que 17 aujourd’hui…

Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? 
Bernadette : Le chant parle au cœur ou à l’âme. Je suis donc heureuse de partager cela avec les fidèles afin de rendre la liturgie plus vivante. Pour moi, le chant donne une profondeur à nos célébrations.
Laurent : Mon engagement me tient beaucoup à cœur. Nos parents étaient de fervents catholiques et ils nous ont éduqués dans le giron de l’Eglise depuis tout petit. J’ai été tour à tour servant de messe, lecteur puis chantre. Petits, nous avons participé plusieurs fois au pèlerinage à Einsiedeln avec mes parents qui y étaient fidèles. Dans ce cadre, avec un de mes frères, il nous est arrivé de servir à la messe que Mgr Schwery célébrait !

Qu’est-ce qui vous agace ? 
Bernadette : Avant de choisir les pièces à interpréter, je prends connaissance des lectures, du psaume et de l’Evangile du jour. Pas toujours facile de comprendre l’entier du message et ça peut m’agacer. Patience, car alors, écouter plus attentivement l’homélie devient un plaisir. A relever la très intéressante diversité de celle-ci grâce au tournus des prêtres.
Laurent : Je mentionnerai ici les événements scandaleux qui sont sortis dans la presse dernièrement et qui mettent à mal l’Eglise catholique en particulier.

Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ?
Bernadette : Je n’ai pas de préférence. Je suis juste émerveillée par la diversité des compositions et des compositeurs : une vraie richesse. Une pièce simple présentant un beau texte qui s’harmonise avec la musique me parle déjà beaucoup. Si la musique fait vibrer la corde sensible, elle sera adoptée.
Laurent : Il y a tellement de beaux chants liturgiques… J’avoue avoir des préférences pour certains chants à « Marie ».

Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ?
Bernadette : Saint Augustin disait que « Chanter c’est prier deux fois ». Deux fois, je ne sais pas, mais pour sûr le chant est une prière. Le beau nous relie au créateur, difficile de ne pas croire et la musique liturgique nous élève et nous relie aussi. Lorsque l’animatrice que je suis entend les fidèles joindre leur voix à la mienne, je suis comblée.
Laurent : Ce qui me plait surtout, c’est de transmettre de l’émotion, de la joie et du plaisir à tous les fidèles qui nous écoutent lorsque nous animons les célébrations, car comme dit le dicton « Chanter, c’est prier deux fois ».

Le chœur Antonia lors de l’inauguration de la nouvelle croix en 2021.

Etre un signe d’espérance

L’invitation de Dieu pour chacun de ses enfants, est d’être un signe qui indique le chemin, comme les disciples de Jésus l’ont été pour la génération de leur temps.

Par Olivier Taramarcaz | Photos : DR

Lors d’un périple de 90 jours sur les hauts-plateaux de Norvège, je me suis retrouvé un jour devant un rare poteau indicateur. Un point crucial. Là, je devais trouver des précisions pour continuer mon chemin. Les panneaux avaient tous été arrachés. Le poteau n’indiquait dès lors aucune direction. Ce jour-là, j’ai été interpellé par ce passage de la Bible : « Ils ont établi pour signes leurs signes, pour emblèmes leurs emblèmes. Nous ne voyons plus nos signes. » (Ps 74, 4) Comme chrétien marchant dans les pas de Jésus, qu’est-ce que ma vie indique comme direction ? Quel signe je suis pour les autres ? Au début de ma vie chrétienne, plusieurs ouvrages m’ont nourri, devenant des bornes, des poteaux indicateurs, reflétant l’amour de Dieu répandu comme un parfum.

Les paroles que tu m’as données – « Les paroles que tu m’as données »1 d’Odette de Benoît (1899-1953), fondatrice de l’Institut Emmaüs, a été une profonde source d’ancrage spirituel. En plongeant dans cet ouvrage, j’ai été bouleversé, comme traversé par la présence de Dieu. Je me suis senti invité à passer des devantures à l’aventure de la vie. Il recueille des notes consignées dans des carnets, reflétant sa vie d’intimité avec son Seigneur. Le titre est tiré d’un passage de la Bible : « Les paroles que tu m’as données » (Jn 17, 8), suivi de cette note en frontispice : « Non pas celles que l’on obtient à force d’étude, d’attention, de réflexion, mais les paroles que tu donnes, qui jaillissent au fond de l’âme, qui sont esprit et vie et désaltèrent vraiment. » Ces petites notes discrètes, écrites au quotidien, comme des semences de vie, ont germé dans mon cœur. J’ai commencé alors à tenir un journal personnel, que j’aborde davantage sous la forme d’un carnet poétique, mettant en mots les pas de ma vie avec Christ.

Porter la vie comme un parfum – « Le Sadhou Sundar Singh. Un témoin du Christ»2 m’accompagne depuis mon adolescence.  Ce récit raconte la transformation du jeune indien sikh, visité par Jésus-Christ. Il engage alors sa vie à partager l’Evangile en Inde, dans l’Himalaya, au Tibet. Il a exprimé cette pensée : « Il faut beaucoup de temps, en botanique, pour étudier la structure d’une fleur et ses divers organes, mais il ne faut qu’un instant pour en sentir l’odeur » (1944, 88). La vie du Sadhou Sundar Singh (1889-1929) a été un puissant encouragement à laisser respirer le parfum de la présence de Dieu, répandu dans mon cœur, soit à le partager : « Nous sommes en effet pour Dieu le parfum de Christ. » (2 Co 2, 14-15) La vie qui vient de Dieu se reçoit comme une semence dans la terre, comme de l’eau qui désaltère, comme un courant d’air frais qui change l’air ambiant. 

Etre une source pour d’autres – J’ai compris, par ces deux témoignages, que Dieu m’appelle aussi à vivre mon histoire dans un cœur à cœur avec Lui. En prolongement de ces lectures, un texte retient mon attention : « Vous êtes manifestés comme une lettre de Christ. » (2 Co 3, 3) Cette lettre n’est pas destinée à rester scellée, à l’image du poteau indicateur, en Norvège, qui n’indiquait rien. L’apôtre Paul écrit : « Il a mis en nous la parole de réconciliation. » (2 Co 5, 19) A l’instar d’Odette de Benoît et du Sadhou Sundar Singh, chacun de nous est appelé à se tourner vers le Messie, à mettre en pratique la Parole, à partager la Bonne Nouvelle de la réconciliation, à « être une source pour d’autres » (Jn 4, 14).  

Bibliographie
1 Odette de Benoît, Les paroles que tu m’as données, Emmaüs, Vennes-sur-Lausanne, 1956.
2 Alice van Berchem, le Sadhou Sundar Singh. Un témoin du Christ, Emmaüs, [1944], Emmaüs, St-Légier, 2013.

Etre témoin

Par l’abbé Paul Martone
Photo : DR

La signification du mot grec « mártys » est « témoignage ». Un martyr (martýrion) est donc quelqu’un qui témoigne, même si cela lui vaut d’être rejeté, ridiculisé, voire tué.

Sommes-nous conscients que chacun d’entre nous devrait être un martyr ? Un homme ou une femme qui devrait témoigner de sa foi et de la sienne. « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande de rendre compte de l’espérance qui vous anime », écrivait saint Pierre il y a 2000 ans. Cette exigence vaut également pour nous, hommes et femmes d’aujourd’hui !

De nos jours, il n’est pas facile de rendre des comptes, de témoigner de notre foi. Nous préférons reléguer notre foi dans le coin le plus reculé et le plus intime de notre cœur, où nous croyons certes en Dieu et où nous le prions également. Mais malheureusement, nombreux sont ceux qui hésitent aujourd’hui à partager cette foi avec leur entourage. Ce faisant, nous nous privons, ainsi que nos compagnons chrétiens, de l’aide et du renforcement mutuel qui nous permettraient de devenir toujours plus courageux, d’affirmer notre foi et de la vivre. L’apôtre Pierre nous montre comment : « avec modestie et respect », sans rien imaginer ni vouloir contester la foi de ceux qui pensent différemment et les exclure.

Nouvelle Constitution cantonale: l’heure du vote!

Depuis le début des travaux de l’Assemblée constituante, les Eglises reconnues en Valais (catholique et réformée) ont entretenu de nombreux contacts et pris position sur les sujets qui les concernent. Elles ont tenu à le faire d’une seule voix, dans un esprit œcuménique et proactif, contribuant ainsi à cette importante réflexion citoyenne pour l’avenir de notre canton.

Par Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion 
Photos : DR, Commune Crans-Montana

De façon particulière, les Eglises se sont prononcées sur les questions relatives aux droits fondamentaux de la personne, aux relations Eglises-Etat, ainsi qu’au préambule. Elles se montrent reconnaissantes de l’accueil réservé à leurs réflexions, et satisfaites d’un bon nombre de points qui ont été retenus dans le texte soumis au vote. Elles saluent ainsi la manière dont sont envisagés leurs rapports avec l’Etat, leur permettant de mettre en œuvre leur mission propre et de poursuivre le service rendu à l’ensemble de la population valaisanne. Elles relèvent également l’importance de la reconnaissance par l’Etat de la dimension spirituelle de tout être humain, et bien sûr la liberté de conscience et de religion explicitement rappelée.

«L’Eglise doit inspirer des engagements qui peuvent être portés par des chrétiens de différentes sensibilités politiques et investis dans divers domaines.»

Les Eglises ne se prononcent en revanche pas sur les aspects plus politiques du projet. Concernant l’énoncé de certains droits fondamentaux, elles renvoient à ce que chacun connaît des principes présidant à leur conception de la famille, de la fin de vie ou de l’enseignement, et appellent chacun à former son opinion en conscience.

A l’approche de la votation populaire du 3 mars, les Eglises ont considéré qu’il ne leur revenait pas de formuler une consigne explicite de vote. D’une part en effet, nous ne sommes plus à une époque où un journal pouvait imprimer le bulletin de vote avec « OUI » ou « NON » à l’intention de ses lecteurs. D’autre part, on sait que des chrétiens peuvent s’engager dans différents partis politiques, et c’est très bien ainsi. 

L’Eglise ne doit pas être « un parti politique à côté des autres » ; elle doit au contraire inspirer des engagements qui peuvent être portés par des chrétiens de différentes sensibilités politiques et investis dans divers domaines. Or, une Constitution cantonale est par définition un texte qui recouvre une multitude d’objets, qui ne peuvent faire l’unanimité entre tous les fidèles. Il est donc normal que les Eglises reconnaissent et cultivent cette liberté d’opinion, tout en mentionnant ce dont elles sont satisfaites dans le texte proposé et en invitant chacun à voter en conscience.

Les martyrs d’hier et d’aujourd’hui

Le Colisée ne fut le théâtre du sacrifice que d’une minorité des premiers martyrs.

2025, année sainte. Le saviez-vous ? Rome se prépare à recevoir les pèlerins du monde entier. Mais c’est aussi l’occasion pour mettre à jour… le Martyrologe, ce catalogue des chrétiennes et des chrétiens qui ont été tués parce que croyants, justement, in odium fidei selon la formule latine qui accompagne le décret de reconnaissance de leur martyre – en haine de la foi. Parce que le martyre chrétien est très… moderne !

Le Martyrologe romain, catalogue des chrétiens tués parce que croyants.

Par Thierry Schelling | Photos : AED, DR, cath.ch/Berset

Une récente recherche a recensé 550 martyrs du XXe siècle. En effet, une commission attachée au Dicastère pour la Cause des Saints travaille d’arrache-pied pour accueillir des cinq continents les noms, circonstances et dates de ces « nouveaux martyrs », en écho aux « anciens » ayant été déjà listés dans le Martyrologe romain (dernière édition, 2001, revue et corrigée en 2005). Pour rendre tangible la réalité « prophétisée » par le Christ : « Heureux si l’on vous persécute à cause de moi. » (8e Béatitude, cf Mt. 5, 11)

Car celle ou celui qui meurt parce que disciple du Christ acquiert un statut de sainte ou de saint illico presto : pas besoin de miracles, de visions, de génie théologique ou pastoral. Juste être victime sans vouloir chercher à l’être constitue la condition sine qua non du martyre.

Historique

Sonne-t-il un peu dépassé, ce mot de « martyr » (sans e pour la personne, et avec e pour ce qui est subi) ? Des siècles durant, on a prétendu que le Colisée avait été l’écrin de sang des premiers martyrs de Rome morts par décrets impériaux. Plus objectivement, ils n’étaient qu’une minorité à finir sous les crocs de félins et autres ursidés pour amuser la galerie1 !

Des siècles de domination pontificale ont retourné l’épée contre les bourreaux, qui du coup se faisaient assassiner parce qu’hérétiques ou schismatiques ou païens… Les Révolutions – française, industrielle, marxiste… – du XXe siècle ont rempli l’archive des victimes in odium fidei, en haine de la foi.

Sanctuaire romain

Lors du Jubilé de l’Année 2000, le pape Jean-Paul II décide que l’église de Saint-Barthélemy sur l’Ile Tibérine (là où un coude du Tibre s’élargit entre les quartiers du Trastevere et du Colosseo) sera le sanctuaire des martyrs du XXe siècle : de fait, qui y pénètre voyage sur les cinq continents, nichés dans les absides, où objets, photographies, écrits, prières ayant appartenu à des martyrs, sont exposés alors qu’un retable rassemble les visages des concernés en une gigantesque fresque de bienheureux morts pour le Christ. « Emouvante visite », m’a confié un confrère récemment, « j’y ai versé des larmes devant le pathétique feutré de ces reliques ».

Actualité

C’est un fait : il y a encore des pays où être chrétien implique de craindre pour sa vie chaque jour. Le rapport publié tous les deux ans par l’AED 2 sur la liberté religieuse, relève que les chrétiens sont martyrisés dans 28 pays d’Afrique et d’Asie principalement. Nigeria, Pakistan – pour ne citer qu’eux – sont des « exemples » de persécution oppressante provocant presque la réaction des discriminés… qui ainsi « justifient » leur emprisonnement, voire leur assassinat, « pour troubles à l’ordre public », pourrait-on ironiser.

L’Europe et les Amériques ne sont pas en reste : un vieux prêtre français assassiné aux cris de « Allahou akbar » en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray (Normandie) ; un évêque nicaraguayen emprisonné en 2022 par le gouvernement de son pays qui a décidé de purger ses rangs des leaders catholiques. Et on ne parle que du clergé.

Sens du martyr(e)

Du grec martus, témoin légal (tribunal) ou d’un événement historique, le martyr est aussi celle ou celui qui supporte la torture et la mort au nom de sa foi dont elle ou il témoigne jusqu’au dernier souffle. Y est associée la notion de violence : persécution, supplices, emprisonnement et assassinat. Mais aujourd’hui, le sens du mot pourrait-il inclure bien plus largement que la classique victime parce que chrétienne ?

Dans le registre de « morts à cause de leur foi et/ou convictions », on a, par exemple, Martin Luther King, assassiné en 1968, ou Nelson Mandela, emprisonné pendant plus de 27 ans. Ont-ils subi ces actes parce que chrétiens, ou parce que défendant des convictions au nom de leur foi chrétienne ? Personne ne remet en cause la légitimité de leur combat pour les Droits humains et spécialement pour les populations africaines et afro-américaines. 

Dans la catégorie « endurant une oppression de la part d’un bourreau », il y a pléthore de femmes et d’enfants réduits à l’esclavage que des chrétiens tentent de faire libérer 3. Vraiment « ressuscités » après leur calvaire, cette renaissance après un enfer peut s’apparenter à un martyre aboutissant à une nouvelle vie, réellement.

Nouvelle catégorie

D’ailleurs, le 11 juillet 2017, le Pape François signe une lettre apostolique, Maiorem hac dilectionem4, mettant en exergue une nouvelle voie de sainteté (et donc de possible canonisation) : la libre acceptation d’une « mort certaine et à court terme », par charité pour les autres. 

Voie médiane entre le martyre et les vertus héroïques, elle se caractérise par le fait que la mort n’est dans ce cas ni donnée par un persécuteur ni advenue par haine de la foi. Un Maximilian Kolbe en est un exemple, ou les personnes atteintes de maladies fatales (Chiara Corbella-Petrillo, Carlo Acutis, Chiara Badano, etc.) qui décident d’offrir leur souffrance en oblation pour les autres. 

C’est revaloriser la vie humaine offerte par amour d’autrui que de remettre sur le devant de la dévotion aux saintes et saints les exemples de don de soi dans un abandon croissant : courageux défenseurs des 30 articles de la Déclaration des droits humains, inlassables dénonciateurs du dérèglement climatique et de l’environnement, patients proches aidants de parents qui dépérissent inexorablement… 

Dans le fond, c’est le seul commandement que le Christ a exigé de ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

1 La Rome pontificale a eu tendance à s’approprier l’histoire de tous les monuments de la Ville Eternelle pour y établir une certaine hégémonie.
2 Acronyme pour Aide à l’Eglise en Détresse, cf. aide-eglise-en-detresse.ch/
3 Cf. csi-suisse.ch
4 Les trois premiers mots du document, que l’on peut traduire par « Cet amour plus grand ».

Maximilian Kolbe (Pologne) et Carlo Acutis (Italie) ont accepté librement « une mort certaine à court terme ». Le Père Hamel (France), lui, a été assassiné en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray.
Martyre de saint André, peint sur la voute de l’abside de la basilique qui porte son nom à Mantoue.
L’AED commémore chaque année les martyrs à travers « la nuit des témoins ». 
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