Athée souhaits

L’existence de Dieu sera-t-elle un jour confirmée par la science ? Qui sait…

Vous aussi, cela vous fait tousser de lire que les athées sont en voie de disparition alors qu’on parle sans arrêt d’une baisse du sentiment religieux? Paradoxalement, cette classe « d’incroyants » est bien en voie d’extinction selon certaines recherches. Faut-il alors créer un biotope protégé pour la préserver?

Par Myriam Bettens | Photos : DR

« La religion est l’opium du peuple. Aujourd’hui, je dirais plutôt la Ritaline des masses », écrit tout de go Thierry Stegmüller lors d’un échange de SMS. Il fait encore partie de ces 4 % de la population suisse se qualifiant d’athées. « Sommes-nous en voie de disparition ? », répond-il en écho, tout en ponctuant sa réponse d’un rire. L’enseignant au Gymnase de Bienne n’y croit pas : « De la part des croyants, nous avons tout de suite une étiquette. Or, cela dépend où est-ce que nous plaçons le curseur. Les gens que je rencontre ne se disent pas athées, mais le sont de fait. »  Une observation que confirme Thierry Dewier, président de l’Association suisse de la Libre Pensée. « Après une semaine au Salon du livre de Genève à discuter avec de nombreux visiteurs, j’ai remarqué que ces personnes se disent par exemple catholiques, mais ne croient à aucun des dogmes du catholicisme. La religion n’est plus qu’une marque culturelle. » Tout comme son homonyme, il soutient que tout est question de définition. « Très peu de gens affirment être persuadés que Dieu n’existe pas. Ils préfèrent dire qu’ils ne savent pas et souvent, ils ne veulent pas non plus savoir. »

Pourcentages d’athées et d’agnostiques dans le monde.

De l’athéisme à l’indifférence

« Il y a aujourd’hui une indifférence du religieux », pointe Christophe Monnot, maître de conférence en sociologie des religions à l’Université de Strasbourg. « On voit actuellement en Europe que lorsqu’une génération se désaffilie [ndlr., quitte officiellement une Eglise], la génération suivante va plus loin en termes de « non-religion ». » Même si la Suisse semble encore relativement préservée, Thierry Dewier souligne que le renouvellement constant des croyances engendrera une mutation de la société et peut-être même des dogmes. « Ce qu’il se passe en Europe constitue probablement l’embryon de ce qu’il va se produire à l’échelle mondiale. » Ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur selon les derniers chiffres de l’Office de la statistique suisse (OFS) et « la catégorie des « sans-religion » retient de plus en plus l’attention des chercheurs, à la mesure de l’importance que ces personnes occupent dans les statistiques sur les affiliations religieuses », relève Jean-François Mayer, directeur de l’Institut Religioscope. « En Suisse, dans les années septante, on ne recensait que quelques pourcents de non-affiliés. Aujourd’hui, ils représentent un tiers de la population », développe Christophe Monnot.

Chrétiens, vraiment ?

« Il y a maintenant tellement de personnes qui sont dans la non-croyance que les limites de ce que l’on considère comme l’athéisme peuvent se reconfigurer. Les critères employés pour le définir correspondent à une certaine classe de personnes, alors que l’on constate que dans la population, beaucoup en sont malgré tout très proches. » Pour Thierry Dewier, « toute notre société se rattache fortement aux valeurs humanistes, sans pour autant le reconnaitre ». Il va même plus loin : « La population tient peut-être même plus de la libre-pensée qu’elle ne le pense. » Christophe Monnot explique que la compréhension de la religion est devenue beaucoup plus sectorisée. « Ce n’est plus une religion globale et sociale, mais de l’ordre du bien spirituel privé. Il entre dès lors en compétition avec d’autres biens ou propositions. » Le choix est devenu possible. « Avant, la tradition familiale primait en matière de religion. Ce qui relevait auparavant de l’inné ne l’est plus aujourd’hui. » Thierry Stegmüller abonde dans le même sens, il temporise toutefois : « Ce qui finalement me dérange n’est pas la religion, mais ce que les gens font de leur foi. » En effet, la remise en question de l’utilité de la religion dans la société risque de « pousser les Eglises à devenir plus confessantes et donc en marge », argue Christophe Monnot. Il ne faut donc pas tout jeter, car « l’histoire et la dimension sociale des Eglises démontrent qu’elles ne répondent pas qu’en termes de biens spirituels. C’est un ensemble de facteurs favorisant la cohésion sociale ». Néanmoins, le processus d’effacement du religieux déjà bien entamé ne s’effectuera pas sans tensions sociales.

Analphabétisme religieux

« Nous allons inévitablement vers une rupture entre les religieux et les athées, car ces derniers n’ont presque pas d’enfants, alors que les croyants en ont plus. Au niveau mondial, les croyants seront donc beaucoup plus nombreux. Alors que les athées seront en minorité de population, mais constitueront le groupe dominant dans les pays occidentaux. Le clivage entre ces deux pôles ne peut que s’accentuer. » Le problème principal étant l’analphabétisme (a)religieux : « Les athées ne comprendront pas ce que les religieux entendent sur certaines choses et les religieux auront du mal à dialoguer avec les athées parce qu’ils auront l’impression qu’on leur sert des concepts erronés. » Pour reprendre les mots du philosophe allemand Jürgen Habermas, les religieux et les laïcs doivent entrer dans le langage de l’autre pour maintenir un espace public serein.

De Dieu aux « A-dieux »

Etre « sans Dieu » n’est pas nouveau. Cette occurrence retrouvée dans la Lettre aux Ephésiens en atteste.

Pour certains, Il est l’Alpha et l’Oméga. Pour d’autres, cet alpha, ou ce « A » n’est que la particule signifiant la privation, voire plus intimement la négation. Petit lexique pour s’y retrouver dans cet univers où Dieu ne fait pas loi.

Athéisme : doctrine ou attitude fondée sur la négation d’un Dieu personnel et vivant.

Agnosticisme : doctrine ou attitude philosophique qui considère l’absolu inaccessible à l’intelligence humaine.

Ignosticisme : position philosophique qui considère qu’une définition cohérente d’une doctrine théologique doit être posée avant toute discussion sur la nature ou l’existence de ce concept. Le « I » initial provenant du latin ignoro (ignorer, ne pas savoir).

Areligiosité : attitude de celui qui est étranger à toute préoccupation religieuse.

Irréligiosité : attitude de celui qui conteste ou défie la religion. Employé à tort pour qualifier une personne sans religion.

Voltairianisme : scepticisme en matière religieuse, esprit de dérision exercé à l’encontre des Eglises, notamment chrétiennes.

Libre-pensée : revendication de l’autonomie de la conscience humaine contre les règles qui prétendent la limiter.

Humanisme : attitude philosophique qui tient l’homme pour la valeur suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d’épanouir librement son humanité, ses facultés proprement humaines.

Naturalisme : doctrine philosophique qui considère la nature comme principe unique, à l’exclusion de toute intervention divine ou idéale.

Déisme : doctrine selon laquelle la raison peut accéder à la connaissance de l’existence de Dieu, mais ne peut déterminer ses attributs.

Le prévôt, c’est quoi?

Par Jean-Pierre Voutaz, prévôt | Photo: Yves Crettaz / Rhône FM

Le 19 avril 2023, les chanoines du Grand-Saint-Bernard m’ont élu prévôt. Le mot prévôt, équivalent au terme père-abbé, vient du latin prae-positus, celui qui est posé devant les autres. En ornithologie, ça pourrait correspondre à des canards en sortie : la maman est posée devant les petits. Elle leur donne le rythme et assure leur sécurité. Avec les oiseaux en vol, le prévôt pourrait être le premier qui ouvre la formation triangulaire dans le ciel puis se déplace pour permettre à chacun de prendre la plénitude de sa place pour voler en liberté, prudence et joie, et arriver tous ensemble à destination. Nous sommes essentiellement des prêtres vivant en communauté avec un frère, un oblat, trois femmes consacrées. Concrètement nous partageons par petites communautés le toit, les prières en commun plusieurs fois par jour, les repas. Notre appel personnel au bonheur passe par une vie en communauté avec ses joies et ses difficultés, comme en famille.

Nous faisons les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Pour notre argent, les salaires arrivent sur un compte commun. Pour les dépenses qui me semblent utiles, je discute avec un supérieur de maison afin de déterminer ce qui nous semble judicieux tout en restant sobres. Le but c’est d’aller au ciel et de le manifester. La chasteté c’est pour nous le modèle de vie concret de Jésus sur terre en l’aimant lui, le grand amour de notre vie, et en aidant d’autres à découvrir l’amour de Papa du ciel pour eux. Le défi de la chasteté c’est de grandir ensemble en liberté en assumant une vraie paternité et fraternité. La chasteté navigue entre deux récifs d’un côté les fans club qui nous mettent au centre et masquent le Christ jusqu’à des cas d’abus de différents types, et à l’autre extrême l’effacement de soi par peur des excès possibles. L’obéissance c’est se mettre à disposition pour vivre, accueillir un lieu, des collaborateurs et une mission que je n’ai pas choisis en paroisse ou en hospice, et y consentir de tout mon cœur. Des dons et talents se révèlent progressivement en collaborant avec ceux qui sont là. C’est quelque chose de la fécondité de l’Eglise qui se dévoile. C’est comme ça que j’ai découvert que j’avais un peu d’humour, dans les sermons. Au début ça m’a choqué, moi qui pensais être sérieux.

Comme prévôt, c’est à moi de prendre soin de mes confrères et du peuple de Dieu qui nous est confié en proposant des communautés de vie et de ministère qui prennent soin d’eux, de vous et de moi. Merci de vos prières.

Sortie des servants de messe et des lecteurs de Collombey et Muraz, samedi 6 mai 2023

Pour la sortie récréative des lecteurs et servants de messe, cette année, nous sommes allés au Parc Aventure à Aigle. Cette journée était synonyme de joie et de bonne humeur. Elle a permis de faire de nouvelles rencontres et de profiter d’une après-midi au soleil et au cœur de la nature.

Pendant que les autres prennent la photo, Loris finit le parcours difficile.

Par l’abbé Valentin Roduit, Ana Rita D’Erasmo, Samantha Matmati
Photos : abbé Valentin Roduit, Antonella Cimino

Voici quelques ressentis sur cette journée :

Soraya : « Ça m’a plu, je me suis bien amusée. La « big tyrolienne » est ce que j’ai préféré. »

Emelyne : « C’était super cool. J’ai pu rencontrer d’autres personnes. »

Alyson : « Oui, c’était cool. J’ai bien aimé le parcours bleu (ndlr, difficile), j’ai moins peur du vide maintenant. »

Samantha : « La sortie m’a plu. J’ai bien profité, j’ai pu parler avec d’autres personnes. »

Ana : « C’était amusant, divertissant. J’ai pu faire des rencontres avec d’autres personnes et ça changeait de ce que l’on fait d’habitude. » 

Cette journée a plu à tout le monde, petits et grands tout en incluant l’Esprit-Saint.

Remerciements aux organisateurs.

Samantha et Ana, nos deux journalistes ad hoc, en pleine action dans le parc.

Les jeunes de nos paroisses sont les bienvenus dans nos groupes de lecteurs et servants de messe. Ils sont « de service » en moyenne une fois par mois, ils sont bienvenus à toutes les autres messes et ils bénéficient de temps de formation et de sorties récréatives ou culinaires.

Et bien sûr, tous sont invités au Théocamp et aux activités de la paroisse comme les pèlerinages et repas festifs. Joignons la convivialité au service du Seigneur, Il se réjouit de nous voir rigoler !

Un orage va faire trembler la collégiale!

On souhaite évidemment que Phoebus soit au rendez-vous pour le Festival des Roses des 17 et 18 juin à Estavayer. Demeure que la météo annonce avec certitude un « orage » pour le dimanche sur le coup de 11h! Un événement musical signé par Philippe Marchello.

Par Claude Jenny | Photos: Georges Losey

Pour marquer ses trois décennies aux claviers de l’orgue de la collégiale (lire ce magazine de mars 2023), l’organiste du lieu a décidé de jouer pour la première fois depuis… 13 ans une œuvre magistrale pour orgue solo : « L’Orage », pièce spectaculaire du compositeur Jacques Vogt qui est très rarement jouée. Philippe Marchello a déjà interprétée deux fois – la dernière en 2010 – cette « fête champêtre » et a décidé de récidiver pour marquer son jubilé.

La partition de « L’Orage ».

L’événement est agendé au dimanche 18 juin, juste après la messe dominicale, soit sur le coup de 11h. Cette pièce est impressionnante puisque l’organiste arrive à simuler toutes les composantes d’un orage. D’abord un temps calme sur des notes d’un Lyoba bien fribourgeois, puis l’orage s’annonce, éclate et en jouant des claviers et du pédalier, l’artiste parvient à rendre vivants souffles de vent, éclairs et coups de tonnerre. Une véritable tempête musicale qui va faire trembler la collégiale durant un quart d’heure, après quoi le calme reviendra sur le cœur de la ville.

En vidéo sur grand écran

L’événement sera filmé à la tribune et retransmis en vidéo sur grand écran dans l’église, ce qui permettra d’apprécier toute la gestuelle que doit accomplir l’organiste pour rester fidèle à la partition du compositeur bâlois, qui a été organiste titulaire de la cathédrale de Fribourg et qui épata des célébrités – notamment Franz Liszt et George Sand – en l’interprétant sur le grand orgue de Moser. Voici ce qu’a dit George Sand à l’époque : « L’organiste de la cathédrale fit tant des pieds et des mains, et du coude, et du poignet et je crois, des genoux que nous eûmes un orage complet, pluie, vent, grêle, cris lointains, chiens en détresse, prière du voyageur, désastre dans le chalet, piaulement d’enfants épouvantés, clochettes de vaches perdues, fracas de la foudre, craquement des sapins, dévastation des pommes de terre »…

Le facteur d’orgue est aussi à l’origine de l’orgue staviacois, même s’il a subi une rénovation boîteuse en 1992. « J’aime cette œuvre qui appartient au patrimoine fribourgeois. Ce n’est pas une pièce très difficile, malgré son côté spectaculaire, mais qui nécessite un orgue d’une taille certaine pour rendre tout l’effet du crescendo de la partition, une petite part d’improvisation étant d’ailleurs possible avant que l’œuvre se termine sur l’air du traditionnel « Grand Dieu nous te bénissons ». »

Philippe Marchello prévoit encore d’autres rendez-vous à l’automne pour marquer son jubilé. Rendez-vous le dimanche 18 juin à 11h pour un premier acte… orageux à ne pas manquer !

Deux messes chantées

La messe dominicale du 18 juin à la collégiale sera la dernière de l’année pastorale chantée par le chœur mixte Saint-Laurent qui interprétera pour l’occasion une messe du compositeur Bernard Chenaux. 

Le dimanche suivant, le 25 juin, ce sera la chorale « Clé de vie » qui animera la célébration dominicale à la collégiale.

Athées ou chercheurs de Dieu ?

Par François-Xavier Amherdt | Photo: DR

Cela peut nous rassurer et nous donner élan : même le grand prédicateur Paul connaît un échec cuisant dans sa prédication sur le Christ ressuscité d’entre les morts, à l’aréopage d’Athènes (voir le passionnant épisode en Actes 17, 16-34). Cela veut dire que nous aussi, dans notre pastorale « en sortie », nous pouvons affronter des réticences sans que nous nous en culpabilisions. Nous semons et proposons, les personnes croisées disposent, en totale liberté.

Mais sur l’agora centrale de la capitale hellène, l’apôtre des nations a-t-il rencontré des athées ? Les philosophes qui l’ont abordé étaient-ils opposés à toute conviction religieuse ? Ne se reconnaissaient-ils pas plutôt d’une forme de polythéisme, selon un « panthéon très humain » ? Paul d’ailleurs commence par leur parler du Dieu universel et créateur en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être, de la race duquel nous sommes (Actes 17, 28), plutôt que des idoles semblables à de l’or, de l’argent ou de la pierre taillée (v. 29). Et il en arrive à les interpeller à propos de « l’autel au dieu inconnu » qu’il a rencontré dans la cité et dont il est venu annoncer le vrai visage, en Jésus-Christ Sauveur.

Retour du paganisme

De nos jours aussi, nous constatons que les athées au sens strict sont relativement peu nombreux, alors que nous assistons à un retour du paganisme et du poly-théisme qui redivinise la nature, les astres, l’homme augmenté, les stars du sport et du show-business, les dictateurs et les gourous. C’est donc une prédication à la saint Paul qu’il nous convient de déployer, nous efforçant de répondre à la quête spirituelle authentique des gens et sachant montrer combien Jésus-Christ répond aux interrogations existentielles et fondamentales de l’humanité.

C’est à une nouvelle forme d’« apologétique » positive que nous sommes conviés, capable de donner envie aux « athées, païens et idolâtres » que nous sommes tous de s’ouvrir à la vie dont le Dieu biblique veut nous combler. Cela implique de nous laisser nous-mêmes évangéliser par ceux avec qui nous échangeons.

65 ans, l’heure d’un choix crucial…

Ce message, reçu de notre curé Jean-Pascal Genoud, le 17 janvier 2023 par WhatsApp, est le dernier d’une petite série qu’il avait envoyée, un peu comme des clins Dieu, à quelques proches et amis. Il l’avait intitulé ainsi: «65 ans: l’heure d’un choix crucial entre les bras fermés de Morphée ou les mains ouvertes du Ressuscité!» En voici la teneur…

Par Jean-Pascal Genoud | Photos : Marion Perraudin

Minuit et demi, ce 17 janvier 2023. Je revêts mon pyjama en jouant plus ou moins habilement entre les tubes de la sonde nasogastrique et ceux de la pompe anti-douleurs. Je m’assoupis quelque peu et suis réveillé, comme souvent ces dernières nuits, par le retour d’une intense douleur dans le bas-ventre. A force, on m’a appris à ne pas tarder. Je sonne donc l’infirmière qui me donne un comprimé de Buscopan, un médicament spécialement conçu pour maîtriser les crampes intestinales. Je l’informe que, pour laisser le temps nécessaire au médicament de faire son effet, je sors me fumer une clope devant l’entrée principale de l’hôpital. L’agente Securitas qui surveille l’entrée toutes les nuits n’est pas surprise de me voir faire ce pèlerinage nocturne. Elle a l’habitude de mes allers et venues. 

A mon retour, je passe devant la chapelle. C’est fou comme ce genre de maladie incurable dont je souffre vous donne des accès de piété totalement inhabituel ! J’avise un coussin confortable que je dérobe à l’espace méditation pour le placer sur le banc devant le tabernacle. […] Après un temps d’action de grâce pour 65 ans de vie palpitante, je tombe dans les bras de Morphée.

Mon infirmière est occupée à répondre à différents appels dans l’unité des soins palliatifs dont elle a la garde cette nuit. Après une heure, pensant que j’étais rentré dans ma chambre, elle vient contrôler et ne peut que constater mon absence. Elle se fait du souci. Constate que j’ai laissé mon portable sur place et se résout à appeler l’agente Securitas qui l’informe que je n’ai pas fait très long dehors et que je suis rentré dans l’hôpital. Pas étonnant : dehors il neige et fait près de zéro degré. S’ensuit une battue dans les dédales des corridors.

Il est 3h30 quand j’entends résonner la grosse voix italienne de la Securitas : « Il y a quelqu’un ? » Je sors violemment hébété d’une phase de sommeil paradoxal, me demandant où je suis. J’étais en train de faire un cauchemar. Nous étions très nombreux dans une grande aula en pan incliné. Notre prévôt, debout tout devant, demande qui veut bien lire un passage des Actes des Apôtres, prévu dans les lectures du jour. Comme j’ai un missel en poche – C’est étonnant de voir comment ce genre de maladie m’a réservé des accès de piété parfaitement inhabituels ! – Dans le récit de la Pentecôte, arrivant la longue énumération des différents peuples de pèlerins juifs rassemblés pour l’occasion, pour ménager l’auditoire, je choisis de simplifier et d’en omettre un grand nombre. Le prévôt, visiblement fâché par la liberté que je prenais par rapport à la littéralité du texte sacré, s’exclame à l’adresse de tous : « Ce n’est pas tout à fait la Parole de Dieu qui vous a été lue. » Et je vois le sourire de l’agente Securitas, soulagée de m’avoir enfin trouvé. Je perçois aussi le regard amusé de l’infirmière de nuit qui l’accompagne. Celle-ci me dit : « Vous avez au moins prié pour nous ? » « J’ai eu tout le temps de prier pour le monde entier », dis-je ! Et on me reconduit en chambre. L’infirmière Ophélie me fait un gentil reproche pour lui avoir provoqué une grande frayeur. Sur quoi elle m’offre un bon café bien fort et j’obtiens de sa part la grâce de pouvoir repartir brièvement pour une dernière clope d’action de grâce…

La Parole de Dieu de ce jour, de la lettre aux Hébreux (6, 15.19.20) : « C’est par sa persévérance qu’Abraham a obtenu ce que Dieu avait promis… Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme. Elle entre au-delà du rideau, dans le sanctuaire où Jésus est entré pour nous en précurseur. » 

La pensée du jour que m’envoie ma sœur Françoise à l’occasion de mon anniversaire, une citation du musicien Olivier Messiaen (dans « La musique de l’invisible », ndlr) : « Entendre sur cette terre le son de l’invisible est une joie extraodinaire. »

Enfin, de l’hymne que propose la revue Magnificat pour ce 17 janvier : « Dieu ma joie, tu as fait de ma pauvreté ta demeure de silence où tout être peut adorer le secret de ta présence. »

Bien à vous, Jean-Pascal

Jean-Pascal dans diverses postures homilétiques…

Franchir la centaine en chantant!

J’ai rencontré Lucienne chez elle autour d’un café en pensant qu’en 30 minutes le tour serait joué. Deux heures plus tard, j’étais toujours à écouter le récit passionnant de sa vie, à apprendre de sa sagesse et de sa foi qui, sans doute, lui a permis de traverser un siècle dans la sérénité, entourée de sa famille. 

Texte et photos par Vanessa Gonzalez

Lucienne Bressoud est née à Vionnaz le 9 mars 1923 et n’a jamais quitté son village. Elle a été fêtée par ses trois garçons, ses sept petits-enfants, ses cinq arrière-petits-enfants, tous ses proches ainsi que les autorités de Vionnaz, le 12 mars, à la maison de paroisse. 

Lucienne a eu une vie dure, mais simple aux côtés de son mari, Juste : un homme bon et chaleureux, parti trop tôt à l’âge de 67 ans. Elle apprécie la lecture, la cuisine qu’elle fait toujours pour elle et surtout jardiner. Mais attention, Lucienne me précise : « Pas désherber les patates ou les vignes. Ce n’était pas ce que j’aimais le mieux, mais fallait le faire… »

Lucienne concocte chaque année pour l’anniversaire de ses petits-enfants une tourte de Linz. Elle passe du temps dans sa cuisine en se réjouissant de leur visite où ils vont pouvoir récupérer leur gâteau. 

Catholique depuis toujours, Lucienne s’est engagée dans deux mouvements catholiques : la Jeunesse Agricole Féminine et ensuite la Ligue des dames. Elle a aussi fait partie des personnes qui ont mis en route le goûter des aînés à Vionnaz. 

« Je n’ai jamais pensé que j’arriverais à 100 ans. Plus tu avances dans la vie, plus tu te rends compte qu’il faut vivre aujourd’hui parce que demain ne nous appartient pas. Parfois, je suis dans mon lit, je confie ma vie au Seigneur puis je me dis : « Va savoir… demain matin, tu n’es peut-être plus là ! » »

Et quand je demande à Lucienne comment elle a acquis cette philosophie de vie, elle me répond sans hésitation que c’est grâce à sa foi. Dans les moments difficiles, elle s’est raccrochée à la prière en « appelant le bon Dieu et tous les Saints du Paradis à son secours ». Elle demande tous les jours à l’Esprit Saint de l’aider.

Lucienne est connue à Vionnaz pour être une femme dévouée à sa famille. En outre, elle est membre de la gym « Les 4 Fontaines » et du chœur d’animation liturgique de la paroisse. Elle a aussi fait partie, pendant plus de 35 ans, du Chœur de nos 20 ans à Monthey. Elle a tellement aimé chanter toutes les chansons du passé aux résidents des EMS des alentours. 

« Ma passion, c’est le chant. J’ai toujours entendu ma maman chanter autour de moi. Quand je travaillais aux Pierres Fines à tailler les rubis, on chantait pendant le travail. Le patron aimait bien, comme ça on ne blaguait pas avec la voisine ! »

Retenons en conclusion le conseil d’une centenaire : « Croire que Dieu est là et qu’Il nous aime. Il faut avoir confiance en Dieu, mais ce n’est pas parce qu’on prie qu’on obtient tout, Dieu n’est pas un distributeur automatique ! »

 Lucienne bénie lors de la messe « special Ghana ».

La confiance de l’espérance

Texte et photo par Isabelle Roulin

« Athée souhaits », voici le thème de la rubrique centrale. Comme j’ai l’esprit taquin, un peu d’humour pour commencer. En effet, si quelqu’un lit les deux premiers mots de cet article à haute voix, il ne s’agit pas d’une référence à la religion, mais d’une réponse possible à quelqu’un qui a éternué. 😉 Vive la complexité de notre langue française !

Plus sérieusement, que veut dire le mot « athée » ? Se dit d’une personne qui ne croit en aucun pouvoir divin ; contrairement à un agnostique qui refuse de se prononcer et qui émet des doutes sur une existence divine. En résumé : l’athée ne croit pas alors que l’agnostique dit : je ne sais pas.

Si, d’après les statistiques, les athées sont en voie de disparition, je peux constater dans mes connaissances que le nombre des agnostiques augmente. Par contre, il est une catégorie non répertoriée qui, à mon sens, mériterait que l’on s’y arrête. Il s’agit de celle qui correspond à toutes les personnes qui ne se laissent enfermer dans aucune catégorie existante. Elles ont soif de spiritualité, croient en quelque chose ou quelqu’un de plus grand mais qu’elles refusent de nommer ou d’enfermer dans un quelconque dogme ou religion. Ces personnes admettent ne pas savoir mais vivent dans la confiance que la vie ne s’arrêtera pas à la mort. 

J’ai pu lire et entendre plusieurs témoignages de personnes ayant fait une expérience de mort imminente (EMI) ou ayant vécu le phénomène de décorporation qui démontrent que la vie ne s’arrête pas avec notre enveloppe charnelle quand le cœur cesse de battre. 

Pour ceux qui le souhaitent, vous trouverez de nombreuses vidéos abordant le thème de la mort sur le site internet de Christophe Fauré, psychiatre français. 
Son site : https://christophefaure.com/ 

Etre chrétien, c’est avoir la confiance de l’espérance et je vous la souhaite à vous toutes et tous qui me lisez.

«Mieux athée que mauvais catholique!»

« Le scandale, c’est dire une chose et en faire une autre… tellement de catholiques sont ainsi ! »

Par Thierry Schelling | Photo: vatican.news

« Mieux athée que mauvais catholique !» Ça, c’est dit ! Et de la part du Pape, qui plus est ! Si ses détracteurs se tapent le front de désespoir, les lecteurs attentifs de l’Evangile reconnaîtront la raison d’une telle affirmation.

Hypocrisie

En effet, François expliquait lors de son homélie du matin (février 2017) qu’on entendait souvent dire : « Je suis très catholique, je vais toujours à la messe, j’appartiens à telle ou telle association… mais sa vie n’est pas chrétienne : les employés sont sous-payés, on ment et vole les gens, on recycle l’argent sale… » bref, tant d’occasions pour trahir ses bonnes intentions. « Le scandale, reprend le Pape, c’est dire une chose et en faire une autre… tellement de catholiques sont ainsi ! »

Et donc, l’athée est peut-être plus cohérent que le catholique hypocrite ! Car celui-ci scandalise tout un chacun, qui le fait préférer se dire athée plutôt que catholique. CQFD.

Respect de la conscience

Dès son élection, s’adressant aux médias, il avait conclu l’entretien ainsi : « Puisque beaucoup d’entre vous n’appartiennent pas à l’Eglise catholique ou ne sont pas croyants, j’adresse de tout cœur ma bénédiction en silence, respectant la conscience de chacun… » Geste inédit pour un pontife, mais très… Vatican II et sa déclaration en faveur du dialogue interreligieux Nostra Aetate !

Dialogue plutôt que diatribe

Ne pas oublier que dès 1965, le pape Paul VI avait confié aux jésuites le maintien de liens et du dialogue avec l’athéisme d’alors… et Jean-Paul II intensifiera la lutte contre l’athéisme pratique avec sa culture caractéristique du déchet, lutte reprise par François en rappelant l’ignorance crasse de bien des catholiques du trésor inestimable que représente la doctrine sociale de l’Eglise. Ce compendium se conclut notamment par ceci : « Celui qui croit se conformer à la vertu surnaturelle de l’amour sans tenir compte du fondement naturel qui y correspond et qui inclut les devoirs de justice, se trompe lui-même. »

Jubilé de saint Bernard

Statue de saint Bernard sur le col grandement éponyme, qui montre au pèlerins perdus la direction de l’hospice.

Le 15 juin 2023, en la fête de saint Bernard, la congrégation du Grand-Saint-Bernard ouvrira une année festive qui marquera le centenaire de la proclamation de saint Bernard comme patron des alpinistes et des habitants de la montagne, ainsi que les 900 ans de sa canonisation. Des événements sont prévus tout au long de l’année: spectacles, pèlerinages, colloque, etc. Chacun y trouvera de quoi se réjouir.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photo: Pecold

Simon Roduit, expliquez-nous ce qui a présidé, en 1923, à ce que saint Bernard soit nommé patron des alpinistes et des habitants de la montagne ?
Dans une lettre apostolique du 10 août 1923, le pape Pie XI « donne saint Bernard de Menthon comme patron céleste non seulement aux habitants des Alpes ou à ses visiteurs, mais à tous ceux qui entreprennent l’ascension des montagnes ». Pie XI explique avoir lui-même connu la joie de « reprendre de nouvelles forces en escaladant les cimes » alors que son esprit était fatigué par les études durant ses jeunes années. Il mentionne aussi avoir vécu personnellement l’accueil des chanoines à l’hospice. Cette lettre est adressée à l’évêque d’Annecy qui est à l’origine de cette heureuse initiative. Pourquoi ? Parce qu’ils fêtaient alors le milllénaire de la naissance du saint, placée selon la légende, en 923 au château de Menthon, au bord du lac d’Annecy. Nous savons à présent qu’il est né plus tard, à l’orée du onzième siècle. 1923 était aussi le jubilé des 800 ans de sa canonisation par l’évêque de Novare. Ces anniversaires montrent combien saint Bernard n’est pas l’apanage d’une congrégation, mais appartient au trésor de toute l’Eglise.

Qui sait-on réellement de saint Bernard ?
De sa vie, nous savons peu de choses, sinon qu’étant archidiacre d’Aoste, il a fondé des hospices sur les deux cols qui portent désormais son nom et qu’il a mené une vie de prédicateur. Il a laissé un exemple de charité, particulièrement avec l’œuvre de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, qui est aujourd’hui encore un lieu où le Christ est adoré et nourri, selon la devise laissée par le saint fondateur aux chanoines.

Les deux aspects de ce jubilé nous rapprochent de ce saint : les 900 ans de sa canonisation sont l’occasion pour nous d’imiter sa charité et son inventivité. Les 100 ans de sa proclamation comme patron des habitants des Alpes et des alpinistes sont l’occasion de nous mettre sous sa protection. Par sa beauté, la montagne nous permet de nous tourner vers le Père dans un acte de contemplation. Par le péril qu’elle peut causer, elle nous invite à nous tourner vers le ciel pour demander, par son intercession, la protection divine.

Quelle est la signification profonde d’un jubilé ?
Dans le livre du Lévitique la manière de fêter un jubilé, chaque 50 ans, une année « sabbatique » : un temps particulièrement consacré au Seigneur. On y laisse la nature se reposer du travail de l’homme. On remet les dettes afin que les terres reviennent à leurs propriétaires. C’est une année de fête durant laquelle tous réjouissent. Depuis 1300, le jubilé est devenu une fête célébrée dans toute l’Eglise chaque 25 ans. Le pape François a déjà annoncé le prochain jubilé ordinaire en 2025 sur le thème « Pèlerins de l’espérance ». Durant un jubilé chrétien, les fidèles sont invités à se réjouir en lien à une thématique particulière, et à se mettre en marche, comme pèlerins, vers Rome ou un autre sanctuaire.

Quels objectifs avez-vous en organisant toute une année de festivités dans ce cadre ?
Durant cette année jubilaire, divers événements sont organisés pour nous aider à nous réjouir d’avoir saint Bernard comme patron des Alpes, et une démarche de pèlerinage est proposée à l’hospice. L’objectif principal c’est faire connaître et prier saint Bernard, mais aussi à inviter les fidèles à continuer son œuvre de prédication et de charité dans les milieux de la montagne et les paroisses des Alpes, en devenant comme saint Bernard des missionnaires joyeux par une charité et un accueil inconditionnel du prochain.

Prière à saint Bernard

Seigneur, tu nous as donné saint Bernard comme patron des alpinistes et des habitants de la montagne. Par son intercession protège-nous dans toutes nos ascensions. Après avoir joui de la beauté de la nature, que nous retournions à notre tâche plus sereins et plus forts dans le service de Dieu et de nos frères. Tandis que nous nous efforçons de marcher sur ses traces ici-bas, accorde-nous d’atteindre le véritable Sommet qui et le Christ.

Amen.

Le jubilé

Retrouvez le programme des festivités, qui dureront du 15 juin 2023 au 28 août 2024, sur le site internet –> centenairesaintbernard.ch

Fêtes des guides, exposition, démarches jubilaires, spectacles, manifestations alpines, colloques, célébrations… Un programme varié de découvertes et rencontres durant toute l’année !

Bénévoles: notre église vit grâce à vous!

Le Père Innocent au Bouveret entouré de Serge l’organiste, Anselme et Francis, bénévoles dévoués.

S.O.S. Les paroisses ont besoin de bénévoles ! Osez l’aventure !

Le bénévolat : un travail souvent dans l’ombre, qui a besoin d’être reconnu. Mais cette participation indispensable à la vie de nos paroisses est fragile et il faut, comme une plante, songer à la nourrir et à l’arroser.

Par Nicolette Micheli | Photos : Vanessa Gonzalez, Nicolette Micheli, Michel Delgado

Il paraît que la Suisse est championne du bénévolat ! On le rencontre partout : dans le sport, l’école, la politique, le social, l’humanitaire, l’hôpital… et dans l’église aussi. 

Saint Paul utilise l’image du corps pour rappeler combien une communauté, si elle veut être vivante, a besoin de la diversité des talents de tous ses membres. Certaines personnes s’engagent régulièrement en pleine lumière, mais la plupart préfèrent rester dans l’ombre, comme le sel dans les aliments ou le levain dans la pâte. Sans leur implication, un ingrédient important manquerait ! Grâce aux apports de chacun, la communauté paroissiale se fortifie. Les bénévoles partagent tout autant que les salariés, une mission commune : transmettre la Bonne Nouvelle, porter le souci des plus faibles, célébrer et prier ensemble.

Toutes les générations sont représentées. Depuis les enfants qui servent la messe jusqu’aux nombreux retraités qui offrent leur temps libre, en passant par les actifs engagés. Pensons à tous ces bénévoles que l’on rencontre : les membres des Cocoms, des Cogests, les fleuristes, les lecteurs, les créateurs de crèches, les chanteurs, les organisateurs de lotos, d’apéros, et de nombreuses autres manifestations religieuses ainsi qu’à ceux qui collaborent à l’Essentiel… D’autres bénévoles oeuvrent aussi, plus discrètement, plus ponctuellement, au service des paroisses : la liste est longue. Ils n’en sont pas moins précieux et indispensables au bon fonctionnement de notre Eglise.

Que chacun de vous, bénévoles de la plaine, bénévoles de la montagne soit ici remercié. Dans la diversité de vos visages et de vos engagements, vous rendez nos églises plus accueillantes, nos communautés plus fraternelles et notre « Maison Commune » plus vivante !

Une bénévole témoigne 

Florianne, présidente du Cocom de Vionnaz répond à nos questions.

Tes motivations ?
Je désire me mettre au service du Seigneur et de la communauté paroissiale. Cela correspond à mes valeurs chrétiennes.

Que t’apporte cet  engagement ?
En premier, beaucoup de joie ! Et aussi un enrichissement humain et spirituel. Cela génère des échanges d’une grande diversité : soit entre les générations, soit entre des cultures différentes, soit en expériences de vie.

J’éprouve aussi un fort sentiment d’appartenance à une communauté de personnes qui partagent des valeurs communes.

Un souhait peut-être ?
Dans l’idéal : que chacun soit acteur et apporte sa pierre pour construire une Eglise solidaire, vivante et missionnaire.

Les athées, une espèce en voie de disparition?

Par l’abbé Daniel Reynard, curé | Photo: Raphael Delaloye

La proportion d’individus sans affiliation religieuse pourrait se réduire de 35% d’ici à 2050. Mais pas sûr que les athées périclitent sans résistance.

Les libres-penseurs sont de plus en plus menacés par le retour du religieux. Quand on sait que les croyants font plus d’enfants, il est légitime de s’interroger sur la survie, à terme, des athées. Vont-ils péricliter sans résistance ou bien s’organiser en communauté transnationale pour faire entendre leur voix ?

J’ose dire ici que nous avons besoin des athées, ils nous font avancer. Ils nous empêchent de tourner en rond, ils nous remettent en question, nous obligent sans cesse à nous remettre à l’établi de la foi pour nous confronter au monde, à la vie, alors dans ce sens merci.

Si quelqu’un dit : « J’ai rencontré Dieu, Il existe, fuyez. »

Si quelqu’un dit : « Je n’ai pas rencontré Dieu, Il n’existe pas, fuyez également. »

Dans les 2 cas, ils ne le font pas dans une optique spirituelle, religieuse ou métaphysique, mais dans un but politique au sens large.

Sortons du débat primaire et réducteur de « Dieu existe » ou « Dieu n’existe pas » pour entrer dans la foi qui est du domaine de l’expérience personnelle, d’une rencontre car la foi transcende ce débat pour ou contre.

Celui qui a besoin de nier Dieu devrait se poser des questions sur lui-même tout comme celui qui cherche absolument à convaincre que Dieu existe.

Je crois que nous sommes tous des chercheurs de l’au-delà, d’un monde meilleur. Dans ce sens, on n’est jamais aussi athée qu’on le croit ni aussi croyant qu’on le prétend.

Alors sachez que Jésus entend votre questionnement, Il est vivant et veut venir à votre rencontre, car Il sait que vous avez besoin d’une rencontre personnelle. Il se peut que vous doutiez, que vous soyez dans un temps de déception ou de découragement, que la présence de Dieu vous semble si lointaine. Jésus vous donnera ce rendez-vous que vous attendez. Cherchez-Le et répondez-Lui comme Thomas l’a fait : mon Seigneur et mon Dieu.

Le sens de la couleur blanche

L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion
Photo: cath.ch/Bernard Hallet

«Regardez les champs déjà blanchissent pour la moisson.» (Jn 4, 35)

Donner « carte blanche » à quelqu’un relève manifestement d’une totale confiance remise à la liberté du récipiendaire. Aussi, je remercie les éditions de L’Essentiel de cet espace qui m’est offert, au risque de devoir connaître et assumer l’inquiétude devant la page blanche ! 

Je me propose donc de livrer ici quelques propos inspirés de ce que peut signifier le blanc dans notre vie diocésaine, personnelle, communautaire, bref, dans notre vie chrétienne.

Une prédication vivante

Au cours de la dernière grande veillée pascale, en la cathédrale de Sion, seize catéchumènes adultes ont été revêtus par leurs parrains et marraines du vêtement blanc des nouveaux baptisés. 

Disposés, après leur baptême, en couronne dans le chœur de la cathédrale, ils devenaient une prédication vivante aux yeux de toute l’assemblée ; leur simple présence proclamait à la manière de saint Pierre : « Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait spirituel et pur afin que par lui vous croissiez pour le salut. » (1P 2, 2) Gratitude à l’égard des nouveaux baptisés adultes, témoins de l’œuvre de l’Esprit dans notre Eglise ! 

De la blancheur du baptême à celle du matin de Pâques, c’est le même éclat qui, en nous sautant aux yeux, devrait nous bouleverser autant que les femmes venues au tombeau. L’éclat de l’ange qui avait l’aspect de l’éclair et dont la robe était blanche comme neige. (Mt 28, 3) Gratitude à l’égard de ces tout petits que j’ai suivis en séance de Godly Play et qui savent s’émerveiller de la beauté des anges vêtus de blanc ! (Jn 20, 12)

Un modèle de vie

A l’écart, sur une haute montagne, les vêtements de Jésus devinrent resplendissants, d’une blancheur telle qu’aucun foulon sur terre ne peut blanchir de la sorte. (Mc 9, 3) Ce texte de la Transfiguration a été donné aux consacrés comme modèle de leur vie. Je rends grâce pour le paysage de nos montagnes où Dieu se dévoile à nos yeux. Et gratitude envers les personnes qui luttent non seulement contre l’érosion des glaciers, mais d’abord contre celle de la vie religieuse dans le diocèse. 

Face à toi-même

Dans le cadre du Jubilé, la Congrégation du Saint Bernard a demandé à Benjamin Bender, comédien et musicien martignerain connu pour son engagement chrétien et pour sa foi, de créer et de présenter un spectacle autour de la spiritualité de la montagne. Il est accompagné d’Aline Bonvin qui cosigne la mise en scène et de Laurine Moulin qui composera la musique du spectacle.

La coloc M.C. : plus qu’un spectacle, une aventure humaine.

Propos recueillis par Pascal Tornay
Photos: Jules Joris

Benjamin, vous êtes en train de préparer un spectacle autour de la spiritualité à la montagne, pourquoi un spectacle ? 
L’année passée, j’ai eu la joie de mettre en scène « la coloc M.C. » avec les DJP, ç’a été un très beau parcours et un très beau spectacle. Des membres de la congrégation du Grand-Saint-Bernard m’ont alors proposé de remettre le tablier de service et de monter un nouveau projet pour le jubilé. Pour moi, ces spectacles sont l’occasion de m’exprimer dans l’Eglise à travers mon art mais surtout de proposer un chemin de découverte, de partage, d’amitié (et de travail !) à des jeunes. Participer à un spectacle est un véritable engagement. Nos jeunes ont besoin de recevoir de vraies responsabilités dans un cadre bienveillant pour s’épanouir !  

Pouvez-vous nous donner un avant-goût de ce que vous comptez présenter, sans nous en donner toutes les clés ?
« Face à toi-même» raconte la vie d’hommes et de femmes ayant une attache particulière avec la montagne. Cinq témoignages qui s’entremêlent et se répondent. Des expériences de vie parfois très différentes, des avis divergents, pourtant, ce lien toujours si fort et présent qui persiste avec la montagne. 

Sur le plateau quinze jeunes comédien·nes, huit chanteur·euses et cinq musicien·nes tenteront de nous faire voyager à travers ces récits de vie bruts et parfois bouleversants. Si la cordée nous permet d’atteindre des sommets, les interprètes essayeront de sonder notre lien si profond avec la montagne. 

Quelle a été votre base de travail ? 
Pour poser des questions aux personnes que nous avons rencontrées, nous nous sommes inspirés de la prière du pèlerin de la montagne de Gratien Volluz. Nous aborderons donc des thèmes comme la verticalité, la mort, la migration, l’élévation, mais aussi la vie en fond de vallée, l’attrait à la montagne, etc. 

Qui retrouvera-t-on sur scène ?
Nous retrouverons celles et ceux qui veulent bien s’y trouver ! J’appelle tous les jeunes du Valais romand, peu importe leur rapport au théâtre, à me contacter. Nous ne montons pas un spectacle dramatique dans lequel un jeu d’acteur de haute qualité est demandé. Nous allons travailler sur l’appropriation de la parole de l’autre et sa restitution. Dès lors, il vous suffit de savoir parler pour entrer dans ce projet ! 

Les scouts d’Europe ont été mandatés pour créer un décor naturel afin d’avoir un impact écologique réduit et de montrer ce que l’homme, lorsqu’il connait la nature et qu’il la respecte, est capable de construire. 

Informations pratiques

Si tu as entre 16 et 25 ans et que tu es tenté par l’aventure, contacte sans attendre Benjamin au 079 900 71 40. N’aie pas peur ! 

Vous pouvez d’ores et déjà réserver le samedi 9 mars 2024 à 20h et le dimanche 10 mars 2024 à 17h à l’Espace Saint-Marc. 

Les informations pour les réservations suivront en temps voulu. 

Premières communions sur les Paroisses du Haut-Lac

Photos: Jérémie Gonzalez, Jean-Sébastien Allet, Stéphanie Reumont

Au cours du mois de mai écoulé, une trentaine d’enfants des paroisses de Vionnaz, Revereulaz, Vouvry et Port-Valais ont reçu leur première des communions avec Jésus !

Ils s’y sont préparés depuis des mois, à travers plusieurs rencontres catéchétiques et messes des familles ! 

Ils ont appris à ouvrir leur cœur à l’Amour de Dieu, à écouter sa Parole et croire que Jésus est vraiment présent dans ce petit bout de pain.

La présence de Jésus dans la communion, ce n’est pas un Mystère qu’on peut démontrer mathématiquement, c’est un acte de foi, un acte de confiance.

Paroisse de Vouvry – 14 mai à l’église de Vouvry

Abaterusso Aurora, Goncalves Gomes Liam Antonio, Monteiro Keyla Gabriella, Pignat Liv, Sarrasin Clem, Togni Martin, Tornay Mélissa, Andrade Mafalda, Cabral Emy.

Paroisse de Vionnaz – 18 mai à l’église de Vionnaz

Paroisse du Bouveret – 21 mai à l’église du Bouveret

Bussien Marie, Cachat Adrien, Gehrig Tyfenn, Henzen Thomas, Raemy Loïse, Tamborini Pauline, Cravotta Olivia.

Athée souhaits

Par Stéphane Vergère | Photo : Raphaël Delaloye

Après un temps pascal riche en célébrations, suivi des premières communions, voici venu le temps de rendre grâces à l’occasion de la Fête-Dieu et d’apprécier encore les événements vécus et d’approfondir notre foi… que ce soit durant ce mois de juin ou alors durant la pause estivale qui pointe à l’horizon.

C’est selon et à tes souhaits !

Car même s’il nous arrive de prendre le large, n’oublions pas que LUI veille constamment dans un coin de notre barque. Et IL attend patiemment qu’on veuille bien l’inviter, qu’on LUI fasse une petite place en nous et qu’on LUI fasse confiance. 

Alors comment ne pas s’inspirer de ce petit récit très éclairant ?

«À tes souhaits ?»

Un maître voyageait avec son disciple qui était chargé de s’occuper du chameau. Un soir, tellement fatigué, le disciple n’attacha pas l’animal et dit à Dieu dans sa prière d’en prendre grand soin. Or le lendemain matin, le chameau avait disparu ! « Où est le chameau ? » demanda le maître. Je ne sais pas, répondit le disciple. « Tu dois le demander à Dieu ! Hier soir j’étais si fatigué que je lui ai confié notre chameau. Ce n’est donc pas ma faute s’il s’est enfui ou s’il a été volé. » Le maître lui répondit : « Oui, c’est bien de faire confiance à Dieu de tout ton cœur, mais d’abord attache ton chameau. Car Dieu n’a pas d’autres mains que les tiennes. »

L’Ascension de Jésus au Ciel et l’envoi de l’Esprit Saint à la Pentecôte sont le prélude d’une présence fidèle et aimante à nos côtés. Mais notre Père compte aussi sur nos mains pour que son Règne vienne…

Sur ce, il ne dépend que de nous pour qu’advienne le meilleur et qu’évolue notre foi jour après jour jusqu’à nous laisser rejoindre par LUI. 

D’ores et déjà BEL ÉTÉ et… à vos souhaits !

Une à une

Par François-Xavier Amherdt | Photo : Pxhere

« Le berger appelle ses brebis une à une et il les mène au dehors. Elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. » (Jean 10, 3-4)

Le discours du « beau » Pasteur, (selon le grec) dans le 4e évangile, constitue le texte de référence lors du 4e dimanche de Pâques chaque année liturgique, où nous prions spécialement pour les « vocations » religieuses, sacerdotales, diaconales et laïques. Jésus berger n’a qu’une préoccupation : celle de toucher le cœur de chaque être humain, car le Père les lui a tous confiés, de nous permettre de déployer nos potentialités dans l’Esprit et ainsi de cheminer à sa suite vers le véritable bonheur. Car mettre nos pas dans les siens nous conduit vers notre épanouissement selon la volonté divine.

Un appel sans exception

Y a-t-il une baisse des vocations, en Europe notamment ? Pas du côté de Dieu en tout cas, qui continue inlassablement d’appeler chacun(e) sans exception, de manière parfois inattendue. Ce qui manque, c’est la possible « re-connaissance » de sa voix : elle est brouillée par les multiples contre-témoignages ecclésiaux, elle est perdue dans le brouhaha de l’indifférence, elle disparaît face aux sirènes technologiques et consuméristes, elle ne trouve plus place au milieu du concert des néo-paganismes de toutes sortes, elle est étouffée par les idéologies et les autocrates, elle paraît trop humble face aux défis postmodernes…

Le loup dans la bergerie

Il revient donc à chaque disciple-missionnaire que nous sommes tous et toutes de la faire retentir. Les mercenaires pullulent. Ils ne chassent pas le loup, mais le laissent entrer dans la bergerie et s’enfuient. Répondre à notre vocation, c’est ainsi nous laisser connaître en profondeur par le Christ, comme il connaît le Père (v. 15) et aller jusqu’à donner comme lui notre vie pour ceux que nous aimons.

Les enclos sont nombreux, les pâturages abondent. Prions donc le Maître du troupeau d’envoyer des gardes pour ses moutons, brebis, agneaux et boucs (Matthieu 9, 37-38), partout à travers le monde, y compris dans nos contrées.

Sonia Pierroz, plus de dix ans au service des enfants

Le cœur de Jésus et les mercis, église de Charrat, Carême 2023.

Sonia est sage-femme. Le don, la générosité et le partage font partie intégrante de son métier. Ces valeurs, elle les transpose dans son activité de catéchiste auprès des enfants du secteur de Charrat avec un plus: la native de Bourgogne a «un p’tit côté artiste».

Propos recueillis par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR

Sonia Pierroz, dans quelles circonstances avez-vous commencé votre activité auprès des enfants ?
J’ai accompagné mes enfants tout en m’impliquant dans leur parcours. C’est Marlyse Volluz, avec qui j’ai travaillé plusieurs années, qui m’a proposé d’en faire plus. Désormais, depuis son départ, Bernadette Delaloye Alimovic a pris le relais et c’est elle qui fait surtout chanter les enfants ! Nous nous complétons.

Quelles sont vos références dans le domaine, les personnes qui vous inspirent ? 
D’abord celles qui m’ont précédée, chacune ayant laissé sa touche personnelle. Il y a aussi des lectures ainsi que des formations dont certaines très inspirantes : par exemple, les bibliodrames de Monique Dorsaz ou encore Agnès Charlemagne qui pratique une démarche inspirée de Maria Montessori en tentant de découvrir comment l’esprit est à l’œuvre (voir encadré) en chacun des enfants. J’ai également apprécié la formation dispensée par Marie-Christine Tingaud sur les mandalas selon la pédagogie Marie Pré*, mais je ne l’ai pas encore expérimentée en ateliers.

Vos ateliers, justement, sont à la fois axés sur la parole et sur l’utilisation des mains. Vous parlez d’un aspect brico-créatif. Quel est le fil rouge de votre démarche ?
Le départ, c’est la parole de chacun. Le principe est identique dans le créatif : si un enfant créé une fleur, chaque fleur sera respectée, telle qu’elle est, sans retouches. Il y a donc une grande liberté de parole et d’écriture. Après avoir introduit un thème, on part des enfants et pas l’inverse ; on les aide à découvrir par eux-mêmes tout comme ils sont capables de transformer une feuille blanche avec des crayons de couleurs. Parfois, il y a aussi des moments de silence durant lesquels l’esprit travaille ou, au contraire, se repose !

Et les parents ? Ils participent à vos réunions ?
A Charrat, pour la catéchèse, ils sont reçus une fois en 3H dans les rencontres de Sophie Forré. Les histoires de l’Evangile sont contées avec une actualisation afin de faire des liens pour les jeunes dans leur vie de tous les jours. D’une manière générale, nous tentons toujours d’inclure les sacrements dans les temps forts de l’année et de la vie de la communauté. Les enfants laissent une trace par le biais de textes, de dessins, dans le carnet de route. Dans les ateliers, nous incluons aussi les parents lors de l’actualisation d’un thème, par exemple la joie, en lien avec les réflexions des enfants ou dans les moments de bricolage, pourvu qu’ils se sentent à l’aise ! Nous avons aussi des rencontres uniquement pour les parents dans la préparation à la communion par exemple.

Et l’inspiration pour l’aspect création, d’où vous vient-elle ?
Cela dépend. Par exemple, l’Action de Carême nous transmet des œuvres d’artistes, les tentures de Carême qui constituent notre point de départ. Cette année, nous avons proposé le thème de la gratitude pour cheminer vers Pâques, un très beau thème. Notre œuvre collective représente le cœur de Jésus, au centre de la croix, et des extraits de sa parole, cœur vers lequel convergent les mercis des enfants et de tout un chacun. Le départ est toujours la Parole de Dieu puis nous nous inspirons de la nature, des formes, des couleurs, des symboles que les thèmes travaillés suggèrent. Les jeunes animatrices des ateliers ont aussi beaucoup d’idées !

Avec vous, l’église change souvent de déco ! Vos réalisations plaisent-elles à tous ? 
En général, nous avons des retours positifs mais, j’en suis consciente, certaines personnes n’apprécient pas. Elles voient l’église comme un lieu sacré, intouchable. Pour moi, ces ateliers permettent de rendre les enfants visibles en tout temps. Les familles y sont sensibles et je crois que, dans l’ensemble, cela apporte beaucoup de joie en ce lieu.

Pour aller plus loin…

Charlemagne Agnès, « Comment parler de spiritualité avec les adolescents », Editions Salvator, Paris, 2017.
Charlemagne Agnès, « Je t’écoute : Petit guide pour transmettre la Foi entre les générations », Editions CRER Bayard, Saint-Barthélemy-d’Anjou, 2020.

Page illustrée du carnet d’un des enfants qui se prépare à la communion.

Jubilaires de mariage: jubilez, car voici un exemple

Lisse, lumineux et immuable comme l’ivoire, c’est ainsi que l’on peut présenter le mariage de Gilberte et Jean-Paul Kurmann. Ils vont fêter cet automne leurs noces d’ivoire, c’est-à-dire 62 ans de mariage.

Par Hugo Moesch | Photo : DR

Leur mariage fait partie des temps révolus puisqu’il a eu lieu à Sion, ce 7 octobre 1961 à la Chapelle de l’Evêché où ils ont échangé leur promesse sous les chants du Chœur du Sacré Cœur. Gilberte Fauth est issue d’une famille de huit enfants et Jean-Paul Kurmann membre d’une fratrie de trois.

Il est venu à Monthey en mai 1962 déjà pour s’associer à Bernard Cretton en un bureau d’architecture qui se révélera profitable. La paroisse montheysanne était menée en ces temps-là par le curé Louis Bonvin dont les anciens se souviennent pour avoir fait élever la chapelle du Closillon. Notre couple, heureux d’avoir œuvré de manière à atteindre la retraite simultanément, souligne les impulsions qui leur ont été données au cours des retraites à Bex au Foyer de Charité Dents-du-Midi. 

Jusqu’à l’année dernière, encore, Jean-Paul a veillé à organiser une présence à l’église en après-midi pour que les visiteurs puissent avoir le réconfort d’une présence humaine. Cette présence au long cours, c’est comme si nous étions spectateurs d’un marathon : pour une course, on applaudit quelques minutes, mais eux méritent que nos applaudissements retentissent encore pendant des années.

Prière proposée par Jean-Michel Moix : par Michel Hubaut, extrait du livre « Veillez et priez », Ephèse Diffusion, J.-P. Dufour, 1999

Seigneur, Toi qui nous as créés homme et femme

Seigneur, Toi qui nous as créés à ton image et ressemblance, homme et femme, mystérieux mélange de terre animée de ton souffle divin, viens habiter la respiration de notre amour.

Que chacune de nos aspirations soit accueil et que chacune de nos expirations soit don, au rythme de ton propre amour.

Seigneur, Toi la source jaillissante de tout amour humain, accorde-nous la grâce de devenir, l’un pour l’autre, un signe de ton invisible Présence, un appel à aimer sans retour, un sacrement, un chemin qui conduit vers ton Royaume de vie éternelle.

Seigneur, donne-nous assez de foi pour bâtir la maison de notre amour, pierre par pierre, sur le Roc du Christ.

Garde-nous des lézardes qui la menaceraient de ruine.

Apprends-nous à bâtir une maison qui ferme ses volets aux mauvais vents de l’usure du temps et ouvre ses portes à tous ceux qui ont besoin de réchauffer leur cœur à la vive flamme de notre bonheur.

Seigneur, apprends-nous à tisser le manteau de notre amour, avec les mailles de la fidélité, du pardon et de la patience, de la vérité, de la joie et de la souffrance.

Aide-nous à ne laisser filer aucune petite maille source d’une irrémédiable déchirure.

Seigneur, quand viendront les heures de tempête, donne-nous la force de jeter vers Toi l’ancre de la prière afin de pouvoir atteindre, ensemble, et pour toujours, la rive de ton éternité.

Seigneur, que la gratuité et la fécondité de notre amour chantent ton Alliance avec la terre et célèbrent les noces du Christ et du peuple de Dieu.

« Contre l’hypocrisie de la médiocrité »

Par Thierry Schelling | Photo : Grégory Roth/cath.ch

« Quand on me dit qu’il y a une congrégation qui attire beaucoup de vocations, je l’avoue, cela me préoccupe », déclarait François au symposium des religieux et religieuses en 2017, car « je m’interroge sur ce qu’il s’y passe ».

De quoi être clair quant à la « crise » des vocations religieuses en Europe notamment : pas le nombre, mais la qualité, condamnant fermement la « traite des novices » : ces congrégations qui, face à la chute des postulants autochtones, partent dans des pays du Sud recruter des jeunes qui n’avaient pas vraiment de vocation religieuse. C’est aussi une forme d’abus !

Qualité !

Il a mis en garde contre « l’hypocrisie de la médiocrité, de ceux qui veulent entrer au séminaire, car ils se sentent incapables de se débrouiller par eux-mêmes dans le monde ». Une hypocrisie qui est « une peste », a-t-il encore asséné.

Réalisme

« Le jour où il n’y aura plus assez de vocations sacerdotales pour tout le monde, le jour où… le jour où ce jour viendra, avons-nous préparé les laïcs, avons-nous préparé les gens à continuer le travail pastoral dans l’Eglise ? », interroge François avec lucidité. D’ailleurs, à prier pour les vocations depuis tant et tant d’années, Dieu a répondu au vu du nombre de femmes et d’hommes qui s’engagent en Eglise, en théologie, en pastorale spécialisée et plus seulement comme catéchistes 1 !

Le pape François élargit la notion de vocation : « Un proverbe de l’Extrême-Orient dit : « l’homme sage regarde l’œuf et voit l’aigle ; il regarde la graine et voit un grand arbre ; il regarde un pécheur et voit un saint ». C’est ainsi que Dieu nous regarde : en chacun de nous, il voit des potentialités, parfois inconnues de nous-mêmes et tout au long de notre vie, il travaille sans relâche pour que nous puissions les mettre au service du bien commun. C’est ainsi que naît la vocation… »

Il y a donc plus que de l’espoir…

1 400 laïcs et 235 prêtres pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, à titre d’exemple de la réponse de Dieu à nos prières !

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