Vocation autrement ?

Par Jean-François Bobillier | Photo : Myicahel Tamburini/Pexels

Selon son étymologie, le mot « vocation » fait référence à l’« appel ». Face à ce que l’on nomme la crise des vocations, je me questionne : sommes-nous vraiment en situation d’une baisse des appels de Dieu adressés aux femmes et aux hommes de notre temps ? 

A chacun d’y répondre, mais nul besoin d’entreprendre une étude sociologique poussée pour percevoir en nous et chez nos contemporains une immense soif de sens, d’absolu, de bonheur, d’amour. L’homme est-il donc assoiffé mais incapable de percevoir la Source, autrement dit d’identifier l’auteur de l’appel ? En toute sincérité je n’y crois pas. 

Je suis très impressionné par la capacité qu’ont les personnes rencontrées, notamment à l’hôpital, à dire quelque chose de Celui que je nomme Dieu. Récemment, goûtant aux paroles d’une grande et profonde sagesse prononcées par une petite dame toute fragile, je ne pus m’empêcher de lui poser la question : « D’où cela vous vient-il ? » – « C’est la vie qui me l’a appris » me répondit-elle.

Je cite, en écho, ces paroles de Maurice Zundel : « Dieu ne se démontre pas, Il est la Vie et, dès que l’homme est attentif à sa propre vie, il se heurte à cette Présence merveilleuse, invisible, qui le dépasse infiniment. » Aujourd’hui, les cœurs humains habités de cette « Présence » seraient-ils moins nombreux ? N’y a-t-il pas en réalité abondance de vocations ? Et ne cherchons-nous pas trop à démontrer Dieu ?

A l’écoute de cette parole de Simone Weil : « Chaque être crie en silence pour être lu autrement », je m’interroge encore : les appels ressentis doivent-ils être écoutés, de notre part, autrement ? Sommes-nous encouragés à répondre à ce cri, à cette soif, autrement ? L’accès à la Source peut-il se dessiner autrement ? En somme, l’Eglise est-elle appelée à vivre sa vocation autrement ?

Les Rogations, une pratique désuète?

Par Jean-Michel Moix, Marc Mariaux | Photo : DR

Pourquoi parler des Rogations ? 
Parce que récemment, j’ai lu un article d’un journal français « Valeurs actuelles » qui a attiré mon attention. Voici ce qu’on pouvait y lire en titre et en introduction de l’article (publié le 20 mars 2023) : 

Perpignan : après une procession contre la sécheresse, il se met miraculeusement à pleuvoir.

Une procession religieuse organisée à Perpignan (Pyrénées-Orientales) samedi 18 mars 2023 pour invoquer saint Gaudéric, patron des agriculteurs et faire tomber la pluie, a vu ses prières exaucées. Des trombes d’eau se sont abattues sur la ville quelques heures plus tard.

Qu’est-ce donc que les Rogations ? 
Le mot « rogation » (venant du latin) a le même sens que le mot « litanies » (tiré du grec) ; ils signifient : prières, supplications, invocations.

En quoi consistent les Rogations ? 
Elles consistent durant les trois jours qui précèdent la fête de l’Ascension (lundi, mardi et mercredi) à prier, à supplier Dieu par des processions publiques, à travers champs et prés, afin d’obtenir de Dieu divers bienfaits : la protection contre différents fléaux (contre des maladies qui s’attaquent à la vigne ou aux arbres fruitiers, contre le ravage que des bêtes sauvages peuvent causer aux cultures, contre les orages violents, le gel ou la grêle, etc.) ainsi que la clémence du temps, des récoltes abondantes, etc. Au cours du trajet, à travers monts et vaux, l’on a coutume d’invoquer Dieu, de le prier car Il est le Souverain Roi du ciel et de la terre ; c’est Lui qui a créé notre monde, mais qui encore le conserve dans l’existence et le gouverne par ce qu’on appelle la divine Providence. On y prie en particulier la litanie des saints ou encore le chapelet. Et le prêtre s’arrête de temps en temps pour bénir avec l’eau bénite les régions traversées. Et une fois qu’on est arrivé à destination (auprès d’une croix, d’un oratoire ou d’une chapelle) une messe est souvent célébrée.

Est-ce une pratique dépassée ? 
Non, si l’on croit, si l’on reconnaît, qu’en dernier ressort, les dangers qui menacent par exemple nos campagnes peuvent être évités avec l’aide de Dieu, les bienfaits agricoles que nous attendons, peuvent être obtenus également de Dieu, lui qui est à la source de toute grâce et de toute bénédiction !

Anciennement, comment se passaient les Rogations sur Muraz ?

(merci à Laurette Granger pour ces indications !)

Le lundi matin, de bonne heure, avec les enfants des écoles, et sous la conduite par exemple du curé Défago ou du curé Margelisch, on se rendait en procession jusqu’à la chapelle d’Illarsaz. Le mardi l’on se rendait vers le Torrent du Pessot par la rue Saint Jean (du côté de Collombey). Et le mercredi l’on se rendait au village à la chapelle de Notre-Dame des Neiges. 

Et comment les Rogations se déroulaient-elles sur Vouvry ?

Par Marc Mariaux

Voilà en quelques mots mes souvenirs des processions des Rogations. 

Il y avait trois processions :

–> Le lundi : Pré Saint-Denis. Cette croix se situait à mi-distance entre le village et l’Avançon direction Vionnaz. Son parcours longeait la lisière de la forêt pour aboutir vers la route cantonale.

–> Le mardi : la croix du Bourg-Dernier dans le village et la croix de Proz située à mi-distance entre le Fossau et la Porte du Scex. Son parcours se faisait sur la route cantonale, elle fut abandonnée au milieu des années 60 car trop dangereuse à cause de la circulation.

–> Le mercredi : montée à Miex par la vieille route de Miex avec messe à la chapelle.

Les processions étaient destinées à toute la population et les enfants des écoles participaient par classe accompagnés de leur maître ou maîtresse. Des gonfanons étaient portés par des adultes.

Les deux premières processions se faisaient le soir et celle de Miex le matin aboutissait à la chapelle pour la messe. Les enfants mangeaient leur pique-nique et redescendaient ensuite au village et retour à la maison.

Les enfants de la petite école des filles cueillaient préalablement des fleurs destinées à embellir les croix.

Il y avait encore une autre procession, qui n’avait rien à voir avec les Rogations, c’est la procession de Saint-Marc le 25 avril.

Descente de croix, Collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption, Romont

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Parmi les œuvres extraordinaires de la Collégiale de Romont se trouve un décor peint du XVIIe siècle. Il représente une descente de croix qui nous invite à méditer cet « entre temps » entre la mort et la Résurrection.

La composition de l’œuvre épouse l’architecture. Le mouvement nous entraîne dans la partie haute, sous l’arc brisé, en passant de l’obscurité à la lumière. 

Dans les parties basses, les anges portent les instruments du supplice, ou Arma Christi. A la droite du visiteur, les clous et la lance (Jean 19, 23. 34). A la gauche du visiteur, la colonne sur laquelle Jésus a été attaché et le fouet (Jean 19, 1). Ces objets mettent en évidence deux temps de la Passion : d’un côté la mort et de l’autre les outrages survenus pendant les étapes du procès. 

Le second registre fait place à de nombreux personnages. Tout à droite, sainte Véronique présente le Voile de la Sainte-Face. Elle fait le lien entre la condamnation et la crucifixion. En effet, si l’épisode n’est pas attesté dans la Bible, la tradition tient que Véronique a essuyé le visage du Christ alors qu’Il portait la croix.

Aux pieds de Jésus se trouve Marie-Madeleine. Sa chevelure est particulièrement soignée. Avec elle, plusieurs des femmes représentées tiennent des mouchoirs. Elles rappellent la parole du Seigneur : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. »(Luc 23, 28) Laissons-nous interroger par cette interpellation : quelles sont nos émotions devant la croix ? Sommes-nous à la place de Marie-Madeleine qui ne voit que le corps de celui qui n’est plus ? Sommes-nous comme le personnage tout à gauche (probablement le donateur) qui est certes à genoux, mais loin de la scène et loin de la lumière ? Ou sommes-nous comme Marie qui n’a pas peur de s’approcher de la réalité de la Passion. Elle porte le corps de son Fils, ne faisant pas l’économie de la mort. Mais, elle est dans la lumière.

Et là est peut-être l’apport le plus intéressant de l’œuvre. La partie la plus lumineuse est celle où se trouve la croix. L’obscurité qui a recouvert la terre (Matthieu 27, 45) se dissipe pour faire place à la Victoire. Une victoire déjà là et pas encore.

Soirée des bonnes nouvelles : renaissance

Après trois années perturbées, la soirée des bonnes nouvelles renaît. Le mercredi 8 février dernier, au rectorat de l’église du Bourg, une quarantaine de personnes se sont rencontrées et ont médité une parole de vie éditée par le Mouvement des Focolari: «Apprenez à faire le bien, recherchez la justice.»

Texte et photo par Florian Boisset

Dans notre marche quotidienne, nous avons toujours quelque chose à comprendre, à améliorer et nous pouvons recommencer en cas d’erreur. Pratiquer la justice nous aide à apprendre à faire le bien.

Dans un deuxième temps nous avons reçu le témoignage d’un responsable de l’institution « Terre des Hommes » qui, par son engagement, contribue à aider les enfants dans quarante pays dans le monde, à guérir de leur maladie. Terre des Hommes à Massongex accueille des enfants de ces pays pour un séjour de convalescence à la suite d’une opération chirurgicale dans notre pays.

Terre des Hommes est particulièrement active au Burkina Faso où la majorité des enfants souffrent de la faim ou de malnutrition. Un responsable local a écrit dans le Journal Courage ce témoignage : « Nous travaillons avec fierté à rendre leur dignité aux personnes déplacées. Lorsque nous prenons en charge un malade et que nous le retrouvons quelque temps après, il nous témoigne de la reconnaissance parce que nous l’avons aidé à aller mieux. Je tire une profonde satisfaction de notre engagement. »

La prochaine soirée des bonnes nouvelles aura lieu le 26 avril à 19h30 au rectorat de l’église du Bourg avec le thème « Contemplation et action ». Bienvenue à chacune et chacun !

A la rencontre d’une catéchumène

Lors de la messe de la Veillée pascale (cette année c’est le Samedi saint au soir, 8 avril), la liturgie invite les fidèles à renouveler leurs promesses de baptême. En outre, depuis les premiers siècles de son histoire, l’Eglise y voit un moment privilégié pour conférer le baptême. C’est ainsi que nous avons voulu donner la parole à Noémie : en tant que catéchumène, elle se prépare à recevoir le baptême, le samedi de l’octave de Pâques, en l’église de Reveurelaz.

Propos recueillis par François-Xavier Mayoraz | Photo : Noémie

Qui es-tu ?
Je m’appelle Noémie et je suis maman d’une adorable et magnifique princesse de quelques mois.

Pourquoi souhaites-tu être baptisée ?
Je demande le baptême pour diverses raisons. 

Je ressens un besoin de renouveau, un besoin d’appartenance, de sentir ma place au sein d’un groupe. Un besoin de me sentir aimée, peu importe mes choix de vie. Un besoin d’écoute sans que l’on puisse me juger. Le besoin d’un nouveau départ… Le baptême saura m’apporter tout cela.

Ta fille recevra le baptême au cours de la même célébration. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
C’est pour moi un événement divin. Partager cet instant d’amour ensemble est magique. C’est justement un départ à nous. Une aventure dans laquelle nous sommes unies et où je pourrais l’accompagner, sans être dans l’ignorance.

Concrètement, comment se déroule le catéchuménat sur nos paroisses ?

Par F.-X. Mayoraz

« Les adultes qui demandent le baptême (et qu’on appelle des catéchumènes) participent à cinq soirées de préparation, au cours desquelles les différents mystères de la vie chrétienne sont abordés. Les jeunes se regroupent également entre eux avec des préparations plus adaptées. Les enfants ont une préparation moins dense, étant donné qu’ils s’inscrivent par la suite dans un cheminement sacramentel avec les préparations aux autres sacrements : pardon, communion et confirmation. »

De Prague à Wislikofen

Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec la Vaudoise Malika Schaeffer. 

Malika Schaeffer.

Par Malika Schaeffer
Photos : cath.ch / Bernard Hallet, DR

Depuis près de deux ans, les catholiques du monde entier sont appelés par le pape François à vivre une démarche synodale, c’est-à-dire à cheminer ensemble (le mot « synode » vient du grec synodos signifiant « le chemin commun ») pour découvrir et discerner ce que Dieu attend de l’Eglise du IIIe millénaire. Un projet à la fois ambitieux, stimulant et porteur d’espérance dans une société dans laquelle les questions religieuses suscitent bien souvent des réactions contrastées. 

Ce « chemin commun », j’ai eu la chance de l’expérimenter de manière concrète comme déléguée en ligne et en compagnie de dix autres délégués suisses dans un ancien couvent bénédictin à Wislikofen (AG) et dans le cadre de l’étape continentale du Synode. Cette étape a réuni à Prague, du 5 au 9 février dernier, 39 régions d’Europe, 150 participants (dont 3 Suisses !) et plus de 500 délégués en ligne pour échanger et débattre autour de l’avenir de l’Eglise. 

Ce condensé d’expérience synodale s’est révélé être un apprentissage intense d’écoute et de décentrement. Derrière mon écran, je me suis en effet trouvée devant une Europe mosaïque, dans laquelle notre Eglise présente une grande diversité d’idées et de mentalités. Toutes vivent cependant une prise de conscience profonde et bouleversante de leurs fragilités, notamment celles liées aux abus. 

En compagnie des autres participants, je vis chaque jour et en direct un déplacement salutaire, émouvant et parfois révoltant. L’Esprit Saint est invité et plane au centre des réflexions, car un consensus se dégage : il est nécessaire que l’Eglise reconnaisse rapidement la vocation et la dignité de tous les baptisés et de tous les charismes. Sans craindre de se briser, l’Eglise devra désormais avoir le courage de vivre avec une série de tensions nécessaires et inévitables dans notre monde sécularisé pour, telle une fine équilibriste, « être dans le monde sans être du monde ».

Dans le jardin avec Lui

Texte et photo par Marion Perraudin

Dans le jardin de l’angoisse avec Lui,
Il faut descendre dans la nuit,
Avec Lui dans le silence,
Dans le jardin des souffrances,
Malgré le poids de la fatigue,
Posons notre regard sur Lui, veillons et prions avec Lui.

Dans le jardin de l’angoisse avec Lui,
Il faut descendre dans la nuit,
S’agenouiller avec Lui,
Dans le jardin des ténèbres et de l’aridité
Il nous enseigne à faire la volonté,
Du Père de Miséricorde, d’Amour et de Tendresse.

Dans le jardin de l’angoisse avec Lui,
Il faut descendre dans la nuit,
Pour accueillir la promesse du Salut
Dans le jardin des larmes et du désarroi,
Levons les yeux vers ses bras étendus sur le bois du supplice
Pour entrer dans l’attente de l’Aube nouvelle.

Dans le jardin du matin nouveau,
Il faut descendre à l’aurore,
Pour attendre la Lumière sans déclin,
Qui a vaincu toute mort,
Dans le jardin de la joie 
Il nous attend pour nous donner sa Vie.

Dans le jardin du renouveau et de l’allégresse,
Par cette aube nouvelle, 
Elevons nos cœurs et nos mains,
Le Christ nous rejoint pour nous faire revivre.
Dans le jardin de nos aujourd’hui,
Portons la Lumière du Christ Ressuscité, 
Pour faire de chaque matin l’aube nouvelle du matin de Pâques.

Oui, la Lumière a vaincu les ténèbres
Oui, la Vie a vaincu la mort
Alléluia, Christ est Vivant.

La Veillée pascale : quatre symboles pour la Vie

Au cœur de la nuit, la Veillée pascale fête, honore, célèbre le passage de la mort à La Vie ! C’est une longue messe et pourtant si belle si nous la vivons intensément au rythme des quatre symboles, comme quatre étapes, comme quatre passages. 

Par Sandrine Mayoraz

Ce que Dieu a fait pour l’Humanité cette nuit est… incommensurable, inimaginable, indicible. C’est un mystère. Tellement difficile à saisir pour notre esprit humain, que l’Eglise nous a donné quatre symboles pour nous aider à passer de la mort à la Vie.

Le feu

Dehors, tard, dans la nuit noire, les gens arrivent, s’amassent autour d’un feu. Le prêtre allume le Cierge pascal. La nuit n’est plus « nuit ». Fragile, la Lumière est là. Elle se transmet. Chacun allume sa bougie au grand Cierge Pascal, qui signifie que Jésus, le Christ est notre Lumière. Nous marchons à Sa Suite. Dieu nous fait passer de la nuit à la Lumière. 

La Parole de Dieu

Nous ouvrons le grand livre de la Bible et prenons pied dans la famille de tous ceux à qui Dieu se révèle. C’est long… Elle raconte le passage du néant à la création, de l’esclavage à la liberté du peuple hébreu, les prophètes qui ont annoncé la venue du Messie. Au fil des pages, Dieu parle, Dieu agit, Dieu fait alliance, Dieu aime, Dieu sauve ! Accomplissement des Ecritures, Celui que nous avons cherché est ressuscité : « Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. » (Mt 28)

L’eau

Puis, vient le moment de faire le lien entre la Résurrection du Christ et notre propre baptême. Le prêtre nous asperge d’eau bénite pour que nous nous souvenions de notre baptême, de ce passage à une vie renouvelée avec Dieu. Ainsi, la Veillée pascale est la nuit privilégiée pour les baptêmes : cinq adultes de nos secteurs sont baptisés à la Cathédrale de Sion, tandis que deux adolescentes et dix enfants scolarisés seront baptisés dans nos paroisses. 

L’eucharistie

Comme l’aboutissement de tout ce qui a précédé : nous rendons grâce au Père qui a ressuscité Jésus. Nous vivons le passage mystérieux du pain et du vin qui deviennent le Corps et le Sang de Jésus Christ. Il se donne à nous en nourriture pour qu’en le recevant nous vivions de Sa vie !

Ces quatre symboles sont des indicateurs de la grandeur de ce que Dieu Trinité a réalisé par Amour pour l’Humanité et pour chacun personnellement. Non seulement Dieu est Lumière mais il veut que nous soyons Lumière. Ce que Dieu a, il nous le donne, il nous l’offre par Amour. Sa Vie, Jésus nous l’a donnée pour que nous vivions de cette Vie en plénitude. Incroyable ? et pourtant véridique. Un mystère à contempler avec gratitude. 

A tes crayons ! Colorie les quatre symboles de la Veillée pascale.

Les végétaux connectés

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Cicéron montre que le terme religio (religion) vient de legere (« cueillir, ramasser ») ou encore religere (« recueillir, récolter »). Nature et religion sont donc liées et ne sont rien sans le vivant : les dernières recherches scientifiques sur les végétaux nous indiquent qu’ils possèdent un langage, une communication, qui en fait des êtres vivants à part entière faisant partie intégrante du monde religieux.

Quels sont les éléments principaux du langage des plantes ?

Les couleurs et les formes

Nous savons que les fleurs violettes ou bleues attirent plus facilement les abeilles, car celles-ci perçoivent très bien les couleurs dans cette partie du « spectre visible ». Les fleurs blanches en revanche sont plus visibles la nuit et attirent les papillons de nuit. 

La chimie

Les plantes envoient et reçoivent des signaux souvent au moyen de composés organiques. Il s’agit d’informations destinées à les protéger, elles ou leurs congénères, ou à permettre leur reproduction. Dans le sol, les poils fins des racines des plantes peuvent par exemple reconnaître les signaux chimiques d’autres plantes. Les racines de certaines plantes cessent de croître dans la direction de leurs congénères. Des arbres et d’autres plantes vivent en symbiose avec les champignons : les champignons rendent les aliments difficilement disponibles dans le sol accessibles pour la plante, qui en retour produit dans ses feuilles des composés organiques qu’elle met à disposition des champignons comme nourriture via ses racines. Ce réseau relie même des plantes entre elles. Par exemple, les haricots peuvent avertir leurs congénères s’ils sont attaqués par des pucerons, via le réseau de racines et de filaments de champignons, afin que les haricots sains puissent produire aussi les substances de défense correspondantes.

Les sons

Les racines font des sons en émettant des bruits dans la fréquence des ultrasons. La question que se posent les scientifiques est de comprendre comment les autres végétaux peuvent capter ces signaux sonores. Une telle découverte nous permettra d’enrichir notre approche de la communication entre les êtres vivants en incluant les végétaux. 

Retrouvons le dialogue avec les végétaux : les végétaux nous donnent une leçon d’humilité, nous rappelant que l’être humain n’est pas le sommet du monde vivant, mais une composante de la vie. Comme saint François d’Assise, nous disons : « Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur, notre mère la Terre, qui nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »

Dieu ne se moque pas de l’homme, Il le ressuscite !

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur

Ayant notre origine en Dieu, nous les humains, nous avons – lors de toute notre vie – une faim de Lui. Notre nostalgie du Créateur ne peut être comblée que par Lui-même.

La résurrection du Christ, et en Lui la nôtre, est une preuve que Dieu ne s’est pas moqué de l’homme en le créant comme un être ayant faim de plénitude de la vie. La résurrection est une réponse définitive de Dieu à notre faim, à notre nostalgie de Lui. Là se trouve également une réponse à la question : qui est l’homme ?

Il est une merveille ! Il est unique, créé par Amour. Grâce à sa liberté, il peut entrer en relation avec son Créateur, mais il peut aussi gâcher sa vie, aller vers la mort. Chaque matin, nous recevons des nouvelles chances, de sanctifier ou détruire les instants de notre vie.

Croyant à la résurrection, nous croyons en nous-mêmes, créatures venant de l’Eternel, de l’Immortel. Chacun de nos pas, ainsi que nos œuvres, nos efforts, nos gestes et sourires reçoivent une valeur infinie.

Croyant à la résurrection, j’apaise ma faim de Dieu et je me dirige droit vers une communion définitive avec Lui.

Grâce à la résurrection du Christ, ma vie brille de la lumière de l’espérance : Mon Maitre m’assure que je vivrai à jamais, comme Lui, car je suis aimé !

Joyeuses et fructueuses fêtes de Pâques, chères paroissiennes et chers paroissiens !

On leur dit merci ! Des servants de messe témoignent

Avec Cay et Mats

Propos retranscrits par une maman (Isabel) | Photo : Nicolette Micheli

Avec Cay, Mats et Nola.

Depuis août 2022, Cay (une fille) et Mats (un garçon), des jumeaux d’une dizaine d’années, servent la messe dans les paroisses du Haut-Lac. On les rencontre aussi bien à Vionnaz qu’à Vouvry, au Bouveret qu’à Port-Valais. Leur maman les a interrogés. Ils nous parlent avec spontanéité et fraîcheur de leur récent engagement.

Pourquoi as-tu décidé de devenir servant.e de messe ?
Cay : parce que je trouve que c’est plus intéressant de participer à la messe en haut des marches que de rester assise dans les bancs.
Mats : j’ai toujours été curieux de regarder derrière les coulisses et j’ai voulu mieux comprendre ce qui se passe autour de la préparation d’une messe.

Est-ce que tu as eu des modèles chez tes amis ou dans ta famille ?
C. : j’ai quelques cousins et cousines et mon parrain en Allemagne qui ont été servants de messe. Ma mère n’avait pas le droit de le faire à l’époque, les filles n’étaient pas admises dans les années 80.
M. : mes deux grands-pères étaient déjà servants de messe et j’ai aussi des amis en Allemagne qui le sont.

Quel est le moment de la messe que tu préfères ?
C. : j’aime bien la partie de la Sainte communion et la préparation qui précède.
M. : j’aime beaucoup souhaiter la paix du Christ aux gens en passant dans les bancs.

Selon toi, que devrait-on changer dans la messe ?
C. : la musique et les chants pourraient être un peu plus dynamiques et modernes. L’homélie est toujours difficile à suivre. Le message n’est parfois pas clair pour moi.
M. : ce serait sympa de pouvoir participer encore plus pendant la messe. Parfois on est juste debout ou assis à ne rien faire.

Quels mots te viennent spontanément à l’esprit quand tu penses à « servant de messe » ?
C. : l’hostie… et le chocolat à la fin.
M. : les clochettes… et l’apéro à la fin.

Avec Lucas

Propos recueillis par Nicolette | Photo : Caroline Andenmatten

Avec Lucas (portant la croix) à droite de la photo.

« Suite à ma première communion, j’ai décidé de m’engager en tant que servant de messe à la paroisse du Haut-Lac. Cette expérience m’a permis de servir Dieu, d’apporter mon aide aux prêtres et de participer à des moments clés de la vie de la paroisse : comme la messe du 200e de l’église de Vouvry avec Mgr Lovey et la Fête-Dieu. J’ai participé à l’adoubement des servants de messe ou encore à la confirmation des plus jeunes. Chaque année, il y a la soupe de carême préparée par les enfants de chœur, la veillée du Jeudi saint. J’ai apprécié les rencontres avec les servants d’autres paroisses, le Théocamp à Revereulaz, les moments de partage ou de jeux avec les autres servants. 

Lucas est un jeune ado. Il sert fidèlement la messe depuis plusieurs années à Vouvry. Il nous partage ses réflexions sur son riche parcours et aussi le plaisir qu’il a eu lors des rencontres avec des servants d’autres paroisses, lors des sorties annuelles et des camps d’été.

A l’occasion de cet article, je remercie toutes les personnes qui nous accompagnent durant l’année dans ces moments de partage et aussi les personnes qui m’ont fait grandir au cours de tous mes parcours : pardon, première communion et confirmation. »

Un symbole de réunification

C’est un pays meurtri par près de 60 ans de guerre civile que le pape François a visité lors de son voyage apostolique, en 2017. Lors d’une rencontre de prière, il a exhorté la Colombie à la réconciliation et a honoré la mémoire de Pedro Maria Ramirez Ramos. Ce prêtre, mort à cause de sa foi, fait partie des huit millions de victimes du conflit.

Portrait de Pedro Maria Ramirez Ramos lors de la célébration de béatification.

Par Myriam Bettens | Photo : Citizenship Word

Pedro Maria Ramirez Ramos n’avait que 49 ans. Le 10 avril 1948, il est trainé sur la place centrale de la ville d’Armero, où il dirige une paroisse. Les insultes des insurgés fusent. Ils ne veulent pas seulement tuer le prêtre, mais réclament pour lui une mort douloureuse et spectaculaire. 

Fosse anonyme

Après avoir été lynché, son corps frappé à coups de machette a été laissé sur place jusque tard dans la nuit. Il a ensuite été dépouillé de ses attributs religieux et traîné à l’entrée du cimetière, dans une fosse anonyme : les fidèles ayant été empêchés de lui offrir une sépulture chrétienne.

Le crime du père Ramirez ? Alors que de violents affrontements font rage entre conservateurs et libéraux, déclenchés par la mort du dirigeant libéral Jorge Eliecer Gaitan à Bogota, des émeutes éclatent à Armero. 

Le prêtre est pris à parti par les partisans de Gaitan qui accusent l’Eglise de soutenir les conservateurs aux dépens des libéraux. Le maire de la ville lui avait conseillé de fuir pour préserver sa vie. Pedro Maria Ramirez Ramos refuse d’abandonner ses fidèles et les religieuses d’Armero à leur sort. Il paie ce choix de sa vie et pourtant il pardonne. Avant que ses bourreaux ne l’achèvent, des témoins l’entendent dire : « Père, pardonne-leur… tout pour le Christ. »

Une foi vécue avec « héroïsme »

Les restes de sa dépouille, exhumés un mois plus tard par sa famille, sont aujourd’hui au cimetière de La Plata, son village natal, à environ 400 km d’Armero et devenu un important lieu de pèlerinage. 

En le béatifiant lors de la visite apostolique du pape François, en 2017, l’Eglise a reconnu une foi vécue avec « héroïsme » et une mort en « haine de la foi ». Le pontife a également exhorté à la réconciliation nationale après plus de soixante ans de guerre civile.

Un parcours confirmation pour se mettre en marche…

Au début septembre 2022, un nouveau départ pour le parcours de la confirmation a été proposé à tous nos jeunes de la paroisse. Ils sont 40 jeunes à avoir demandé de suivre ce chemin. La confirmation est agendée au samedi 23 septembre prochain à 15h à Cugy et à 17h à Estavayer. Notre vicaire général, l’abbé Bernard Sonney, leur donnera ce sacrement.

Par Jean-Pierre Cantin, diacre | Photo : Pierre Donzallaz

Pour pouvoir accompagner ce groupe, nous sommes trois personnes adultes, Mélanie Dutoit, l’abbé Bernard et moi-même, diacre. Mais en plus, cette année nous avons le bonheur d’avoir aussi trois jeunes qui viennent nous épauler. Ces jeunes prennent le temps de la découverte pour devenir animatrices et animateur de groupe. C’est pour cela que nous devons les accompagner, les aider et leur proposer une formation ad hoc. Cette aspect jeunesse nous permet aussi d’avoir un regard différent sur le déroulement des animations de groupes lors des rencontres. Un tout grand merci à eux pour cet engagement !

Une rencontre, une retraite, des journées Cross Fire

Mais avant la grande journée, nous vivrons diverses rencontres pour qu’ils puissent découvrir ce que signifie ce sacrement. Par exemple, une rencontre avec leur marraine et leur parrain, pour faire connaissance autrement, une retraite de confirmation de deux jours pour prier et préparer la confirmation. Il y a aussi des journées Cross Fire. Ce sont des moments plus spécifiques pour eux. En effet, ces rencontres permettent aux jeunes de la Broye de se retrouver pour vivre leur chemin de découverte du sacrement avec une version plus animée, musique, chant et divertissements.

« Faire » sans natel !

Voilà en quelques lignes ce que nous proposons à nos jeunes de la paroisse. Le but étant la découverte d’un Dieu vivant qui nous parle à travers sa parole. C’est pour cela aussi que nous avons beaucoup d’activités très différentes. Les jeunes, vous le savez, ont besoin de « faire des choses », de rencontrer les autres autrement qu’avec des natel ! 

Alors merci de prier pour chacune et chacun l’Esprit Saint, de penser à ceux et celles qui se forment parce qu’ils ont choisi le Christ comme compagnon de vie !

Heureux de servir la messe

«A quoi sert un servant de messe?» Un jeune va nous expliquer son service tout au long de la messe.

Par Nicolette Micheli, en faisant parler un jeune servant de messe
Photos : Vanessa Gonzalez, Stéphanie Reumont

On est trois servants. On se prépare dans la sacristie. Le prêtre nous accueille avec joie. On met l’aube blanche, rappel de notre baptême, et on enfile la croix, signe du chrétien. Moi, j’ai pris celle avec un cordon rouge, car je suis servant depuis quelque temps, tandis que les deux filles ont un cordon blanc car elles viennent de commencer. On se regroupe au fond de l’église. 

La messe commence par une procession. Quand c’est une grande fête, un servant porte la croix, un autre l’encensoir, un autre le livre. Aujourd’hui, c’est un jour « normal ». On avance dans l’allée, les mains jointes pour la prière. Le prêtre est le dernier. On s’incline devant l’autel parce que c’est un endroit sacré, il représente le Christ au milieu de nous. On a la chance d’être dans le chœur, tout près du prêtre.

Au début, on ne bouge pas beaucoup : on prie, on chante, on écoute les lectures, on ne comprend pas tout… Mais on doit rester calme pour aider les personnes à bien écouter et ne pas les distraire.

Le prêtre va lire l’Evangile. On est debout, prêt à écouter Jésus lui-même qui nous parle. Comme sa Parole est lumière pour notre vie, on entoure le prêtre avec des cierges. Puis, on les range et on s’assied. Le prêtre nous aide à comprendre la Parole. Il nous dit comment mieux vivre en chrétien. On écoute, on réfléchit en silence.

Tous debout pour dire notre foi dans le « Credo ». C’est une prière très ancienne. On dit qu’on croit en Dieu, le Père, le Fils et l’Esprit qui agit dans le cœur de tous. Après, on prie pour toutes les personnes ici et partout.

Le prêtre prépare l’autel avec les objets liturgiques et les offrandes qu’on lui apporte : le calice et la grande hostie sur un plateau, puis la burette pleine de vin qu’il verse dans le calice, puis l’eau. Il n’en met qu’une goutte qui représente nos vies unies à celle du Christ. Puis le prêtre chuchote une prière : « Purifie-moi ! » pendant qu’on lui verse de l’eau sur les mains et qu’il les essuie à un linge.

Le prêtre offre le pain et le vin et après le chant « Saint le Seigneur » on se met à genoux devant l’autel. Le prêtre reprend les gestes et les paroles de Jésus pendant son dernier repas. Lorsqu’il élève le Corps et le Sang du Christ, on agite chaque fois la sonnette et aussi lorsqu’il se redresse après avoir adoré Jésus présent parmi nous.

Après la prière du Notre Père, le prêtre nous donne la paix du Christ et on va la partager avec les autres. Puis, dès qu’on a communié, on reprend les cierges, pour honorer Jésus présent dans l’hostie et on entoure celui qui donne la communion.

La messe va finir. On présente de l’eau pour purifier le calice, on range les objets. Le prêtre dit « Allez dans la Paix » :  ça veut dire qu’on est envoyé en mission.

On rentre heureux à la sacristie, on range l’aube et on reçoit un chocolat. On sert le prêtre, l’assemblée et surtout Jésus qu’on apprend à mieux aimer. Les gens trouvent que la messe est plus belle quand on est là et comme on fait plein de choses, elle nous paraît moins longue…

Notre devise : fidèle serviteur, toujours et partout !

En librairie – avril 2023

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Vivre avec nos morts
Delphine Horvilleur

« Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis… » A travers ses expériences d’accompagnement des familles de défunts et par le recours aux rites et légendes du judaïsme, D. Horvilleur nous livre une réflexion sur la fin de vie, au-delà des croyances et des religions. Un petit livre précieux à s’offrir à soi ou à une personne chère.

Editions Livre de Poche

Acheter pour 12.80 CHF

La vie après la mort
Max Huot de Longchamp 

« Aller au ciel » : voilà qui résume l’espérance de beaucoup de chrétiens. Depuis deux mille ans, la question de l’au-delà trouve bien des réponses dans la Tradition. Vingt siècles de sainteté ont fourni des milliers de pages traitant ces questions qui se posent à tout homme venant en ce monde, et auxquelles la lumière de Pâques et la foi en Jésus-Christ apportent une solution inédite pour le monde. Le Père Max Huot de Longchamp nous livre ici les plus beaux textes des grands auteurs spirituels sur la vie après la mort.

Editions Artège

Acheter pour 26.20 CHF

Visitation(s)
Raphaël Buyse – Chantal Lavoillotte

Avec pour toile de fond l’évangile de la Visitation, Chantal Lavoillotte et Raphaël Buyse rendent compte de leur mission : accompagner des personnes marquées par la maladie, la fragilité ou la vieillesse. A ces récits sur le quotidien d’une aide chrétienne en milieu hospitalier répondent divers témoignages de malades ou de professionnels de la santé. Ils font apparaître au fil des pages, tel un fin murmure, cette présence mystérieuse du Christ qui ne s’impose pas mais qui, discrètement, vient encourager, fortifier, relever.

Editions Salvator

Acheter pour 24.60 CHF

Pour te parler de la mortet de la résurrection
Sophie Furlaud – Charlotte Roederer

Comment parler de la vie, de la mort et de la Résurrection aux petits ? Comment leur parler de ces grands mystères de la vie et de la foi chrétienne ? Voici un livret, très proche des sensations et émotions des enfants, qui aidera les parents à aborder avec douceur et tact, l’espérance d’une vie après la mort.

Editions Bayard Jeunesse

Acheter pour 16.90 CHF

Pour commander

Quand les catéchistes innovent pour cheminer avec les enfants

Quatre des catéchistes paroissiales en séance de travail. De gauche à droite, Céline Marmy, Marianne Berset, Nathalie Kamoo et Mireille Duc.

Depuis très longtemps, les catéchistes de la paroisse cheminent avec des groupes d’enfants vers la vie eucharistique. Cette route a évolué au fil des années car le contexte dans lequel nous vivons a changé. Eclairage.

Par Marianne Berset, responsable de la catéchèse au niveau paroissial
Photos : Georges Losey

Pendant très longtemps, seuls les enfants vivaient une retraite en plus de la catéchèse qui leur était transmise en classe. Aujourd’hui, les enfants que nous rencontrons chaque semaine ont beaucoup de joie il me semble à vivre les rencontres de catéchèse. Chance ou douleur ? Voici la question que je me pose… Oui chance… car ils découvrent Jésus-Christ qui donne sa Vie pour nous, la force de son Esprit Saint pour aider à avancer dans la vie ainsi que Sa Présence quotidienne. Mais aussi douleur, car nous savons que nous ne les voyons pas dans nos eucharisties. Personnellement, je pense que cela ne nous appartient pas car nous ne savons pas à quel moment le Seigneur va les rejoindre ou plutôt comment Il touche leur cœur…

Accompagner aussi les parents

Notre but à nous, catéchistes, c’est de prendre les enfants où ils en sont sur leur chemin de vie et de faire un bout de route avec eux, en se rappelant que les parents sont les premiers éducateurs de la foi de leur enfant. Depuis un an, nous vivons des rencontres personnelles avec les parents des premiers communiants, ceux-ci nous accueillent volontiers et découvrent que le cheminement n’est pas si astreignant et ainsi les soutient mieux dans cette démarche.

Une préparation maison

Pour nos rencontres, mais aussi pour le cheminement vers la vie eucharistique, le Service cantonal de la catéchèse nous transmet des documents à partager avec les familles. Ils sont très bien préparés mais cette année, j’ai souhaité faire un pas de plus avec les catéchistes, car je me suis rendu compte qu’elles avaient besoin de s’approprier les rencontres pour pouvoir transmettre ce qui les habite. Ainsi tout en restant dans la ligne proposée par le canton, nous prenons beaucoup plus de temps entre nous, pour prier, pour préparer les temps forts. De ce fait, ceux-ci deviennent leur temps fort, les enracinent aussi plus dans la foi et leur permettent d’être des témoins qui parlent avec le cœur.

Deux voix suivies

Cette manière de cheminer, j’ai eu la chance de la vivre lorsque mes enfants étaient petits et cela m’a apporté beaucoup de motivation, de joie et l’envie d’aller à la Source. Le fait de s’approprier les rencontres procure aux catéchistes une autre dynamique. Cette année, ce sont les disciples d’Emmaüs et le bienheureux Carlo Acutis qui nous aident à avancer sur la route. L’approfondissement donne envie à chacun et chacune de s’enraciner toujours plus profondément. Nathalie Kamoo, catéchiste à Estavayer, s’est rendue à Assise sur les pas de Carlo Acutis pour s’imprégner de ce Bienheureux. 

Merci aux catéchistes qui se donnent sans compter pour soutenir ces enfants, ces familles dans ce cheminement vers la vie eucharistique et faire un petit bout de route avec eux.

Berceuse de la Mère de Dieu

En ce numéro de Pâques Spéciale famille, nous vous proposons un poème de Marie Noël, de son vrai nom Marie Rouget. Cette «Berceuse de la Mère de Dieu» exprime tout à la fois l’émerveillement d’une mère, l’humilité, la joie d’avoir donné la vie et la douleur…

Proposé par Yasmina Pot | Photo : Jean-Michel Moix

Poème par Marie Noël (1883-1967)

Mon Dieu qui dormez, faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
J’adore en mes mains et berce, étonnée,
La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas. 
Vierge que je suis, en cet humble état
Quelle joie en fleur de moi serait née ?
Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée.

Que rendrai-je à Vous, moi sur qui tombe
Votre grâce ? Ô Dieu, je souris tout bas, 
car j’avais aussi, petite et bornée, 
J’avais une grâce et Vous l’ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas
Pour parler aux gens perdus d’ici-bas…
Ta bouche de lait vers mon sein tournée, 
Ô mon Fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De main, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas
Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las…
Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
Ô mon Fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas…
Ta chair au printemps de moi façonnée, 
Ô mon Fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, Vous n’en aviez pas
Pour sauver le monde… ô douleur, là-bas,
Ta mort d’homme, un soir, noire, abandonnée,
Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

Mort… tellement nôtre !

Par Frédéric Monnin

« La mort n’est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté. »

Je l’avoue, à chaque fois que j’entends ce texte, au demeurant fort bien écrit, souvent lu lors de cérémonies funèbres, je m’étonne… Mettons d’emblée les choses au clair : ce texte n’est pas né de la plume de Charles Péguy, et encore moins de celle de saint Augustin. Auraient-ils osé, l’un comme l’autre, prétendre que la mort n’est rien, alors que depuis 2000 ans, chaque messe qui fut, qui est et qui sera célébrée, atteste que le Christ a, par son sacrifice sur la croix, vaincu ce prétendu « rien » ?

Vous en conviendrez avec moi : si la mort n’est rien, alors pourquoi tant de larmes, de cris, de souffrances… ? Si la mort n’était rien, celle du Fils aurait-elle meurtri le cœur du Père au point que la terre, alors plongée dans les ténèbres, tremblât, et que se déchirât le rideau du Temple ? (cf. Mt 27, 51)

Oui, la mort est quelque chose ! Mais la tendance est à sa négation, ou tout du moins son occultation. Et quand enfin l’on se rend compte qu’elle est inéluctable, on exhibe tel un trophée ce fruit fameux de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, en prétendant juger que telle ou telle mort est digne ou pas, selon que l’on aura souverainement décidé quel jour et à quelle heure elle devra intervenir. Au risque de blesser certaines sensibilités, le seul souverain en la matière, du moins à en croire ce Jésus dont nous nous disons les témoins, c’est Dieu le Père. Ce même Père à qui nous disons chaque dimanche, les bras levés au ciel : « Que ta volonté soit faite ! »

En ces temps où nous faisons mémoire plus intensément de ce glorieux matin qui consacra la victoire de la Vie, prenons le temps de redécouvrir le sens profond du baptême : il nous a plongés dans la mort et la résurrection du Christ, il nous a fait mourir à nous-mêmes pour en renaître enfants d’un même Père, et frère de Jésus qui, à l’heure de sa mort, savait qu’il s’en relèverait. Ne nous a-t-il pas promis qu’il en serait de même pour nous ?

 

Au service de la paroisse depuis trente-deux ans!

La décoration florale de l’église de Montbrelloz est un plaisir pour cette femme dont l’engagement est exemplaire.

Cela fait déjà 32 ans que l’engagement paroissial de Maria Plancherel a commencé. En 1991, elle est arrivée au Conseil de paroisse de Montbrelloz. Elle en fut la présidente pendant 8 ans. Dès 2018, après la fusion de la grande paroisse, elle continua son engagement au sein du Conseil de communauté de Notre-Dame des Flots.

Par Bernadette von Niederhäusern | Photos : Raphaël Roulin

Dès 2019, elle devient sacristine de Mont-brelloz. Maria Plancherel a pris très à cœur cette responsabilité en venant en avance pour préparer minutieusement les cérémonies. « Pour moi, c’est important d’éviter le stress de dernière minute afin de gérer les imprévus sereinement. Cela me permet d’avoir le temps d’accueillir le prêtre et les divers acteurs de la célébration » confie-t-elle.

Sacristine mais aussi…

Mais Maria Plancherel a encore d’autres activités ! Accompagnée de Marie-Claire  – la sacristine de Rueyres-les-Prés – , elles animent  toutes les deux, le lundi matin, le chapelet au home « Les Mouettes ». Elle se dévoue aussi pour la décoration de l’église. Elle confectionne des arrangements en recourant la plupart du temps aux fleurs de son jardin. Et son service continue en tant que lectrice et auxiliaire de communion. 

« Cela me rend plus proche de Dieu »

« La variété de ces activités me plaît beaucoup. Cela m’enrichit d’être en contact avec les gens car j’aime être au service de la communauté et ça me donne beaucoup de joie. Cela me rend aussi plus proche de Dieu. Certaines activités, dans le silence de l’église, m’invitent à prier pour la paix, l’Eglise, etc. Je me confie aussi à saint Joseph, le patron des familles. Il est précieux pour moi. Il m’a beaucoup soutenue dans mes difficultés » explique-t-elle.

Elle ajoute : « Je suis reconnaissante envers Dieu de m’avoir rendue capable de remplir ces diverses tâches. En effet, il m’a accordé sa confiance en me choisissant pour ces services. » 

Merci pour son engagement et son enthousiasme ! 

Un écran TV pour l’église de Monthey

Cela ne vous aura pas échappé, un immense écran TV est désormais fièrement suspendu au mur latéral droit de la nef de l’église de Monthey. Après Muraz et Collombey, la remontée du Rhône se poursuit, voilà désormais le chef-lieu des églises paroissiales qui a elle aussi comme son air d’édifice 2.0 😊 Rencontre avec le curé Jérôme Hauswirth pour mieux comprendre ces changements.

Interview réalisée par Valentin Roduit | Photos : Jérôme Hauswirth, DR

Jérôme, pourquoi mettre une TV dans l’église ?
Il y a quelques années, nous avions fait l’expérience d’afficher les chants par un beamer portable à Collombey. Ce fut très apprécié par les paroissiens, mais c’était lourd ! Il fallait tout installer et démonter avant et après chaque célébration. Avec la pose de ce matériel fixe, nous sommes beaucoup plus confortables, tant en termes de qualité d’image que d’économie de temps de préparation. Il suffit désormais de tout préparer à domicile et par une simple clef USB ou son portable, on peut tout gérer très facilement. Cela va permettre d’afficher les chants ou de passer une vidéo. Cela correspondait clairement à une attente.

Oui, mais le prêtre ne peut pas à la fois célébrer la messe et gérer l’image projetée…
De fait, je compte sur les grands servants de messes pour assurer ce nouveau service.

Peut-on afficher autre chose que des images fixes ?
Oui, l’avantage de ces nouvelles installations est qu’elles permettent non seulement de regarder un power-point (une série d’images) mais plus encore de visionner des vidéos, avec un son qui sort directement des haut-parleurs de l’église ! On peut aussi utiliser la TV pour mettre en évidence une affiche en début de messe.

Et que pensez-vous projeter ?
En l’état, je pense d’abord à la liste des chants de la messe et aussi des vidéos réalisées par l’assistant pastoral F.-X. Mayoraz. Ce sont de très beaux montages, mettant en avant des jeunes de notre région et qui témoignent de leur foi. Mais à terme aussi de courts enseignements, des messages vidéo de notre évêque ou du Pape. Et pour les grandes occasions où l’affluence est plus large que d’habitude, nous projetterons aussi les réponses de la messe, pour permettre que tout le monde se sente à l’aise.

Et combien coûtent ces installations ?
C’est à la fois beaucoup et très peu. La gigantesque télévision de plus de 2 mètres de diagonale revient avec toute l’installation à près de Fr. 7’000.–. Autant dire que si les prix n’avaient pas autant baissé ces dernières années, jamais l’acquisition d’une telle TV n’aurait été dans nos possibilités. 

Merci et au plaisir de voir ces nouvelles technologies à l’œuvre !

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