Chaque année, à Pâques et en été, c’est plus de 200 enfants et jeunes qui vivent une semaine entre pairs pour approfondir leur foi, réfléchir aux grandes orientations de leur vie, rencontrer Dieu au travers d’un thème spécialement conçu pour les camps, exprimer leurs talents et partager des activités avec d’autres jeunes chrétiens.
Vous en avez certainement déjà entendu parler, les Camps Voc’ sont ancrés dans le paysage romand depuis plus de 40 ans. Et ils savent se renouveler d’année en année ! Le but de ces camps est d’inviter les enfants à ouvrir leurs yeux et leurs oreilles à l’appel particulier que Dieu leur fait. Pour cela, nous sommes tout d’abord sensibles à la représentation des diverses vocations et états de vie dans nos équipes : laïc, prêtre, religieuse, jeune, famille… nous essayons de montrer aux participant·e·s que toute personne est appelée à se donner, d’une manière ou d’une autre, au travers d’un état de vie mais aussi d’un métier choisi ou d’une activité bénévole offerte. Nos équipes offrent un vrai témoignage de la diversité de l’Eglise.
Puis, c’est au travers d’activités ludiques – indispensables pour vivre une vraie semaine de camp – ainsi que des temps de prières, de partages, que nous sensibilisons vos enfants à la vie chrétienne dans notre société. Jeux de pistes, Cluedos géants, veillées et messes se côtoient, tout comme dans notre vie d’adulte chrétien·nes en 2023.
N’hésitez pas à contacter les responsables de camp pour en savoir plus sur ces fabuleuses semaines consacrées au 9-20 ans ou à vous rendre sur www.vocations.ch
Les spiritains sont des religieux, prêtres ou frères, membres d’un institut missionnaire : la Congrégation du Saint-Esprit sous la protection du Cœur Immaculé de Marie.
Cet institut est né il y a 320 ans, dans le quartier latin à Paris, de l’initiative d’un jeune avocat et séminariste Claude Poullart des Places, en vue de former des prêtres qui se destinaient à servir dans des missions éloignées, délaissées ou en manque de pasteurs !
La congrégation du Saint-Esprit fut revivifiée en 1848, par la fusion avec la société du Saint-Cœur de Marie, formée par un prêtre converti du judaïsme, le Père François Libermann.
Les spiritains vivent en communauté fraternelle, accueillante et priante. Frères ou prêtres, ils partent en mission dans le monde entier, surtout là où l’Eglise trouve difficilement des ouvriers. Il y a aussi des laïcs qui se joignent à la mission spiritaine tout en gardant leur état de vie. Ce sont les Associés spiritains.
La présence spiritaine en Suisse a commencé les premières années du XXe siècle, lorsqu’en 1901, la loi qui vise la suppression des congrégations religieuses fut promulguée en France. Les spiritains ont trouvé un pays de refuge en Suisse avec la fondation des trois premières communautés, d’abord à Fribourg avec l’ouverture en 1906 du Séminaire des Missions. Quelques années plus tard s’ouvrira la « Villa Notre-Dame » à Montana et puis « l’Ecole des Missions » au Bouveret.
Aujourd’hui les spiritains en Suisse œuvrent uniquement en Suisse romande : dans le Diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, avec une communauté apostolique à Genève et deux communautés à Fribourg (au Botzet 8 et à Marly) et dans le diocèse de Sion, il y a une communauté régionale à Erde et la communauté de Vouvry. Il y a aussi la communauté de l’Ecole des Missions au Bouveret située dans le diocèse d’Annecy !
Brève présentation du Père Joseph Akuamoah-Boateng
A la rencontre de la communauté des spiritains de Vouvry
Texte et Photo par Joseph Akuamoah-Boateng
Je suis Joseph Akuamoah-Boateng, originaire du Ghana, une ancienne colonie britannique en Afrique de l’Ouest. Je suis né le 22 juillet 1979 à Akomadan-Ashanti, d’une fratrie de trois enfants. Je suis entré chez les spiritains en 2002 après le collège. J’ai fait mon premier engagement en 2004 après le noviciat, puis des études philosophiques avec licence à Ejisu, Ghana en 2007. La même année j’ai commencé deux ans de stage apostolique en la République Islamique de Mauritanie.
En septembre 2009, j’ai commencé les études théologiques à Ngoya, Cameroun. Je suis ordonné prêtre le 17 août 2013 à Accra, Ghana et affecté au Bénin.
En 2015, je suis rappelé au pays pour une formation en sciences d’éducation (Master) et pour un ministère comme vicaire pendant trois ans.
Je suis entré au Séminaire comme formateur et chargé de vocation spiritaine en 2018, d’où je suis réaffecté en Suisse depuis l’automne 2021 comme vicaire des paroisses du Haut-Lac.
Bienvenue en Suisse, Arnaud !
A la rencontre de la communauté des spiritains de Vouvry
Rencontre avec Arnaud, jeune stagiaire du Gabon, qui a rejoint la communauté spiritaine de Vouvry. Il retrace son parcours qui l’a mené de l’Afrique jusqu’à nous.
Texte et propos recueillis par Nicolette Micheli | Photo : Gervaise Imhof
« Très jeune, j’ai senti grandir en moi le désir de devenir prêtre, nous dévoile Arnaud avec calme et assurance. Après ma communion, j’ai rejoint le groupe des servants de messe. On se retrouvait une soixantaine chaque samedi. J’ai évolué dans le groupe : de responsable, je suis devenu formateur. On admirait les prêtres et plusieurs d’entre nous avaient le projet d’être un jour comme eux ! » On sent déjà, chez Arnaud, une vie très ancrée en Dieu et un engagement mûrement réfléchi pour le faire connaître.
Bénédiction pour une famille éprouvée
Tout un parcours l’a conduit à se retrouver parmi nous aujourd’hui. Arnaud est né en 1994 à Lambaréné, une ville du Gabon devenue célèbre grâce au Docteur Schweitzer, un Alsacien qui y a créé un hôpital gratuit, au siècle passé. Il est le cinquième d’une famille de six enfants. Son père est entrepreneur et sa mère infirmière. Il a neuf ans quand sa mère meurt subitement : toute la famille est sous le choc. Désormais, c’est sa sœur aînée, ingénieure dans une ville voisine qui l’accueille chez elle. « J’étais bon élève, j’aimais le sport et surtout le foot. Un jour, ma sœur m’a demandé d’arrêter le club pour me consacrer entièrement à mes études. J’ai obéi, avec regret, avoue-t-il dans un léger soupir. Comme j’avais bien réussi mon bac, je pouvais bénéficier d’une bourse. Ma sœur me voyait déjà dans une école d’ingénieur en France. Mais mon choix initial s’était toujours renforcé. Finalement, chacun l’a accepté. Tous étaient fiers de moi, car avoir un prêtre dans la famille, c’est une bénédiction ! »
Accueilli chez les spiritains
Arnaud choisit d’entrer chez les spiritains, une congrégation dont il admire l’esprit missionnaire. Durant quatre ans, il vit dans une cure comme aspirant-spiritain et suit une formation de catéchiste. Puis, après un an de postulat, il entre au Grand Séminaire International Spiritain de Libreville, où il partage la vie de 80 séminaristes. Durant trois ans, il étudie la philosophie à l’université et obtient sa licence. « J’avais de brillants professeurs qui, à travers la philosophie, m’ont ouvert l’esprit. » Il en parle encore avec enthousiasme !
Il est envoyé un an au Cameroun, pour le noviciat. En prononçant ses premiers vœux, il entre officiellement chez les spiritains. De retour au Gabon, dans la Maison Libermann, il fonctionne comme économe. « J’apprends que je dois partir pour un stage en Suisse. J’aurais préféré rester dans mon pays, confie-t-il avec un sourire plein de nostalgie. Mais, pour un spiritain, c’est important d’avoir une autre idée de la mission et d’enrichir son expérience. »
Arnaud accompagne les prêtres dans leur pastorale, s’implique dans le groupe d’enfants qui préparent leur communion, suit les servants de messe. Durant son temps libre, il découvre avec plaisir les ouvrages de l’abbé Joël Pralong. D’un naturel timide et réservé, on le découvre pourtant très à l’aise dans la prédication où il a l’art de toucher les cœurs : un vrai charisme ! Son projet immédiat : obtenir le permis de conduire… suisse ! Bonne chance !
Portrait d’Anne Pak-Agi. Elle est l’une des cent-trois martyrs de Corée.
Parmi les martyrs, nombreux sont ceux qui ont dû tourner le dos à leur famille et couper les liens avec elle pour suivre le Seigneur. La Coréenne Anne Pak-Agi était l’une d’entre eux.
Par Myriam Bettens | Photo : cbck
« Avez-vous encore beaucoup de vies à vivre ? », ont demandé les geôliers à Anne Pak-Agi face à son apparente insensibilité de cœur. En effet, son mari et son fils avaient été libérés alors qu’elle continuait à croupir en prison. « Il suffit d’un mot pour que vous fassiez de même. » Ce « mot » devait prendre la forme d’une apostasie et la Coréenne en rejette l’idée même : « J’ai décidé de garder ma foi et de mourir pour elle. » Une foi alors réprimée dans la Corée du XVIIIe siècle.
En 1836, elle est arrêtée en même temps que son mari et son fils aîné. Son époux avait alors de nombreux alliés à la cour. Ces derniers les incitent à apostasier pour éviter l’emprisonnement et la peine capitale. Après de multiples tortures, son mari et son fils cèdent. Anne Pak-Agi, quant à elle, reste ferme dans sa foi. Le juge alterne douceur et sévérité pour la faire ployer, en vain. Des morceaux de sa chair sont méthodiquement retirés, jusqu’à mettre ses os à nu, mais elle campe sur ses positions.
Ses proches lui rendent visite chaque jour et la supplient d’apostasier pour recouvrer sa liberté, au lieu de quoi celle-ci leur répond : « Pour quelques jours de votre vie, vous exposerez-vous à la mort éternelle ? Au lieu de me demander de transgresser, vous devriez m’exhorter à rester ferme. Revenez plutôt à Dieu et enviez mon bonheur. »
Après trois ans de prison, Anne Pak-Agi a été condamnée à mort par décapitation. Le 24 mai 1839, « pour avoir lu des livres erronés et porté des images diaboliques », elle a été emmenée à l’extérieur des murs de la ville avec huit autres catholiques afin d’y être exécutée. Anne Pak-Agi a été canonisée le 6 mai 1984 sur la place Yoido, à Séoul, par le pape Jean-Paul II.
C’est à la salle Saint-Joseph qu’on a pu déguster cette année à trois reprises une bonne soupe de Carême organisée et mitonnée par la communauté locale emmenée par Françoise Richon, la nouvelle responsable du Conseil de Communauté. Un grand merci d’avoir donné à tous l’occasion d’être rassemblés autour de ce simple repas si haut en convivialité.
Pour l’édition du 24 mars dernier, les enfants de 5H et 6H étaient conviés à participer à une matinée catéchétique en lien avec le thème « Que fais-je des biens qui me sont confiés ? » qui fait écho à la parabole que Jésus raconte au sujet de l’homme riche mais insensé qui amasse des biens pour lui-même et non en vue du Royaume (Lc 12, 15-21). Durant cette matinée caté, qui a aussi été proposée à Martigny-Ville et au Bourg, les enfants ont notamment apporté Fr. 5.– en soutien aux projets menés par Action de Carême au Laos et ont confectionné eux-mêmes la soupe de Carême qu’ils allaient partager à midi. Voilà de bien bonnes expériences…
Nicole Berera s’occupe de mettre la dernière main à la soupe dont les ingrédients ont été apportés et préparés par les enfants.
Groupe d’enfants animé par Véronique Ançay et Stéphanie Fracheboud sur le thème de notre rapport aux biens et au gaspillage.
Le groupe local de bénévoles qui a œuvré en coulisse pour offrir ces moments de partage en Carême.
La matinée de réflexion se terminait au cours d’une petite célébration à l’église.
Trois soupes de Carême ont été organisées à la salle Saint-Joseph. Des temps de joyeuse convivialité.
Par le Chanoine Philippe Aymon | Photo : Wikimedia Commons
Lors d’une rencontre avec trois pasteurs.es des paroisses réformées de Suisse romande, ces derniers.res partageaient leur souci du manque de relève pour le corps pastoral protestant. J’ai alors fait la proposition suivante : « Il faut peut-être autoriser le mariage des pasteurs.es ? » Mais c’était déjà fait…
J’espère que la question chez nous n’est pas celle du célibat. Dans une société où plus de la moitié des mariages finissent en divorce, sans parler des unions libres qui précèdent le mariage officiel, ne cherche-t-on pas à refiler aux prêtres et religieux « un truc qui ne marche pas » ?
Mais, comme la question est posée, il est possible que le problème ne soit pas les vocations, mais l’Europe. Que reste-t-il de la foi et de l’espérance chrétienne dans ce vieux continent marqué par le confort et la dénatalité ? Dans une société où la spiritualité n’a de valeur que comme quête d’un bien-être supplémentaire, où Dieu est une idée et plus une présence, qui aurait l’idée saugrenue d’embrasser une vocation religieuse ?
De plus, la question des vocations est le « marronnier » de l’Eglise : elle revient régulièrement et lui donne l’occasion de se regarder le nombril, au lieu de regarder la réalité. Elle compte les sorties d’Eglise et refuse de regarder ceux qui y sont sans plus y être. Comment peut-on attraper la vocation quand un enfant arrive à la confirmation, s’il y arrive, en ayant participé à une quinzaine de cours de catéchèse et un peu moins de messes ? La vocation est une rencontre avec le Christ, pas la réception d’un sacrement !
Le problème n’est pas Dieu qui oublie d’appeler ou un manque de générosité du côté de ceux qui devraient répondre. Le problème c’est notre pastorale incohérente, sociologique et vide d’une véritable rencontre avec le Christ.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Au nom de Dieu, je vous le demande Pape François
Pour les dix ans de son pontificat, le pape François confie son espérance pour le monde de demain, à travers dix voies majeures qui pourraient rendre le monde meilleur. Considérons le monde comme une maison commune, décidons des moyens concrets pour une humanité plus juste qui rejettera les abus, reconnaîtra la dignité de tous les individus, valorisera les femmes, n’utilisera plus jamais le nom de Dieu pour faire la guerre. Tout le réalisme du pape François jaillit de ces lignes où il manifeste sa conscience aiguë des problèmes que traversent les croyants comme les non-croyants. Un message passionnant et inspirant pour tous, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Eglise.
Toute personne possède le potentiel de se réaliser pleinement. Découvrir sa vocation personnelle, c’est retrouver le caractère absolument unique que Dieu nous a donné en nous appelant par notre nom. Herbert Alphonso, jésuite d’origine indienne, a accompagné un grand nombre de personnes dans la découverte de ce qu’il appelle leur « vocation personnelle ». Par sa grande expérience de l’accompagnement spirituel et sa connaissance profonde des exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, le père Alphonso nous ouvre les portes de la connaissance profonde de soi. Guide spirituel, cet ouvrage nous envoie vers Dieu pour nous ouvrir à nous-mêmes.
Père de famille d’une quarantaine d’années parti pour une simple épopée familiale avec sa femme et ses trois enfants, Stéphane Roux découvre à la faveur de cette année sabbatique une vie nouvelle en lui. Il comprend peu à peu que cette rupture se mue en cheminement spirituel. Ce temps au désert est aussi l’occasion d’une réflexion sur la société actuelle, sur le monde du travail et, plus largement, sur l’usage de notre liberté. Récit d’un changement de vie ? Plutôt celui d’un pas de côté pour ralentir, se laisser transformer par la vie, par les autres et par Dieu.
Un manga pour découvrir une sainte qui choisit la pauvreté par amour du Christ. Née dans une famille de seigneurs italiens, Claire était destinée à une existence noble et riche. Mais, à l’exemple de son ami, saint François, elle choisit de renoncer à tout pour fonder la première communauté de sœurs vivant vraiment dans la pauvreté : les Clarisses. Sa jeunesse dorée dans les rues d’Assise et Pérouse, sa rencontre avec François d’Assise et son choix radical de la pauvreté : le destin d’une jeune fille au caractère bien trempé nous est livré ici dans une BD à mettre dans les mains de tous les enfants.
Au souffle nouveau de l’Esprit, A l’image de Marie au jour de l’Annonciation, Osons le oui à l’inattendu de Dieu. Au souffle nouveau de la Pentecôte, Laissons la Parole grandir en nous Pour la porter dans nos aujourd’hui.
Au souffle nouveau de l’Esprit, A l’image de Marie au jour de la Visitation, Redisons avec elle MAGNIFICAT. Au souffle nouveau de la Pentecôte, Faisons de notre vie un chant de louanges et de mercis Résonnant dans chacune de nos rencontres.
Au souffle nouveau de l’Esprit, A l’image de Marie au jour des noces de Cana, Devenons dociles à la Parole de son Fils. Au souffle nouveau de la Pentecôte, Ajustons-nous à l’Esprit de Dieu Dans chacune de nos activités.
Au souffle nouveau de l’Esprit, A l’image de Marie au jour de la Pentecôte, Accueillons le feu de l’Esprit de Dieu. Au souffle nouveau de la Pentecôte, Devenons témoins du Christ Vivant Dans nos lieux de vie.
Viens Seigneur Esprit Saint, conduire nos pas sur les chemins de ce monde. Viens Seigneur Esprit Saint, allumer en nous le feu brûlant de l’amour. Viens Seigneur Esprit Saint, nous apprendre la docilité du cœur.
Par Boleslaw Bieniek, curé des paroisses d’Anniviers | Photo : LDD
Aujourd’hui l’Eglise catholique surtout en Europe est confrontée à une grave crise du clergé et à une encore plus grave crise du christianisme. Des études sociologiques nous montrent que de nombreuses raisons ont abouti à ces deux crises. Je suis convaincu que le plus gros problème est l’identité fondamentale de la vocation sacerdotale et par conséquence son rôle dans la société moderne marquée par Chronos et même à l’intérieur de l’Eglise. Le même problème touche nos baptisés, qui sont sacramentalisés mais pas du tout évangélisés. La conséquence est la naissance au centre de l’Eglise d’un groupe appelé par les sociologues NONS. Ce sont des personnes indifférentes, découragées par la religion et en manque de confiance envers l’Eglise institutionnelle. Pour le bien de l’Eglise, je pense qu’il faut réorienter notre modèle pastoral de la paroisse territoriale vers la paroisse personnelle, comme un centre pour la vie spirituelle et sacramentelle où on prie, on cherche et on trouve le sens de la vie. Pour cela, il faudrait adapter la formation des futurs prêtres pour qu’ils deviennent des compagnons de route (à l’image du Christ sur le chemin d’Emmaüs), des conseillers spirituels, des ministres de l’eucharistie, des bergers et des confesseurs.
Les laïcs pourraient réveiller l’Eglise traditionnelle de sa sieste en se voyant confier un plus grand espace dans la pastorale et ainsi devenir le pont solide entre la société moderne et une Eglise vue comme une communauté dans laquelle on peut trouver le ressourcement spirituel et la vie sacramentelle. Pour moi, l’image de l’Eglise comme une maison où tout le monde se sent très en sécurité et où on trouve les réponses aux questions existentielles, morales, théologiques et philosophiques est à mettre en pratique.
La crise actuelle est une sorte de carrefour avec la possibilité d’une grande ouverture qui aboutira sûrement dans la douleur à une nouvelle forme de christianisme mature. Le Christianisme secoué, réveillé, touché par cette mauvaise passe pourra agir comme un médecin blessé, qui guérira le monde dont il fait partie et c’est une chance réelle pour l’avenir avec la forte conviction que : l’amour et la réconciliation sont les seules forces qui unissent sans détruire. La réforme de l’Eglise devrait être basée surtout sur la théologie spirituelle et avoir ses racines dans l’Evangile, où on trouve une proposition de vie en harmonie avec soi-même, avec la nature et avec Dieu.
Cette crise c’est aussi un Kairos, ce qui signifie la Chance, pour la société moderne marquée par Chronos (le matérialisme) qui cherche un solide point de repère afin de construire un bon avenir. Kairos, c’est aussi la chance pour l’Eglise de semer de bons grains pour transformer la société de consommation en société « Fratelli Tutti » (tous frères). Kairos, c’est enfin la chance pour ceux qui sont appelés à devenir prêtres de soigner dans l’« Hôpital de campagne » tous les blessés quelles que soient leurs blessures en étant des Bons Bergers de l’Evangile.
Parler de la mort est peu plaisant. Tellement peu qu’elle a été reléguée en marge et confiée à des personnes qui savent s’en occuper sans trop faire de bruit. Le Covid l’a ramenée sur le devant de la scène et avec fracas. Ne serait-il pas temps de lui redonner sa place au sein de notre société. Au sein de la vie ?
Par Myriam Bettens | Photos : Flickr, Pxabay, DR
La mort est abstraite. Elle incarne l’altérité radicale, l’expérience qu’il n’est jamais possible de vivre à la première personne. Pourtant, que la mort puisse difficilement se penser ne signifie pas que l’Homme en soit réduit à son ignorance. Elle est au contraire sa marque distinctive : l’humain est le seul animal qui sait qu’il va mourir. Il y a là une irréductible singularité et une unicité de l’expérience humaine. Or, dans une société obsédée par le besoin de maîtrise, « se retrouver face à la mort, c’est accepter l’échec », glisse Rachel Wicht. L’aumônière aux HUG, maintenant retraitée, poursuit : « Dans un hôpital, tout est fait pour que tu ne croises jamais la mort. » Un paradoxe d’autant plus flagrant au vu de la dernière pandémie. Philosophe et éthicien, Stève Bobillier nuance néanmoins cette trompeuse contradiction : « Elle est restée virtuelle, immatérielle. Nous nous trouvions dans une sorte d’administration de la mort pour protéger la société. » Une manière de l’intellectualiser pour mieux la gommer ? Rachel Wicht et Stève Bobillier s’accordent à dire que le tabou entourant la mort persiste encore fortement et que, même présenté comme un mécanisme de protection légitime, il est plus délétère qu’autre chose.
C’est le passage à trépas que les gens redoutent le plus, comme le montre cette sculpture de Rodin intitulée « le Cri ».
De vie à trépas
« Nous avons une bonne représentation de ce procédé avec les enfants. Croyant les protéger, nous enrobons le tragique de la mort avec des métaphores qui produisent l’effet contraire de celui recherché », affirme Franziska Bobillier. La psychologue donne notamment l’exemple d’enfants terrorisés par le fait de devoir dormir, car on leur avait expliqué que « grand-maman s’était endormie pour toujours ». D’où la nécessité « d’impliquer l’enfant dans le processus de deuil tout en restant le plus clair et factuel possible ». Qu’est-ce qui finalement angoisse nos contemporains au travers de ce blasphème suprême qu’est la mort ? Rachel Wicht indique que c’est le passage de vie à trépas que les gens redoutent le plus et que de nombreuses « légendes » entourent ce moment, lui donnant un caractère encore plus effrayant. « Le mourant va-t-il hurler ou se redresser d’un coup au moment du trépas, sont certaines des questions qu’on m’a posées. » Pour sa part, Stève Bobillier pointe en premier lieu les acceptions du terme et le vocabulaire utilisé pour la qualifier. « Le français reste en définitive très vague sur ce qu’est la mort. On sait difficilement la définir. » Insaisissable par le vocabulaire et la pensée, la mort se soustrait, encore une fois, à notre maîtrise.
Un deuil soumis à résultats
Son confrère Thierry Collaud, éthicien et médecin, se demande si le tabou de la mort n’est pas en fin de compte un refus du tragique. « La société a tendance à vouloir effacer les manifestations de chagrin et de douleur, car finalement notre souffrance dérange les autres. » De là à dire qu’il faudrait mourir sans faire de bruit, il n’y a qu’un pas. Rachel Wicht acquiesce : « Aujourd’hui, la perte d’un proche ne « nécessite » que trois jours de congé. Implicitement, cela signifie qu’on peut être triste, mais pas trop longtemps. » Experte des questions de deuil, Franziska Bobillier parle même d’une obligation de résultats. « On ressort systématiquement le schéma des étapes du deuil, comme des échelons à gravir pour nécessairement aller mieux. Or, l’ordre des étapes n’a pas pu être confirmé par les études scientifiques. Le processus est fait d’innombrables allers-retours qui prennent du temps. » Cela souligne aussi la propension de nos sociétés à faire disparaitre les difficultés et « il est urgent qu’elles réapprennent à vivre avec des échecs et des recommencements, car c’est bien cela que la mort nous enseigne : à vivre « malgré » », développe Thierry Collaud. En outre, ce qui freine l’acceptation pleine et entière de notre finitude réside peut-être « dans le désir originel d’immortalité de l’être humain », précise Fiorenza Gamba, chercheuse dans le domaine de la Digital Death (mort numérique, ndlr.) à l’Université de Genève. De ce point de vue, la toile répond à une part de cette attente. En effet, « notre double numérique » continue d’exister, même après le décès.
Le désir d’immortalité freine l’acceptation pleine et entière de notre finitude.
Un cimetière dans la poche
« Nous avons un cimetière dans la poche » lance Stève Bobillier avec un geste éloquent à son smartphone. En effet, « dans cinquante ans et avec la croissance actuelle, Facebook comptera plus de comptes utilisateurs de morts que de vivants ». Pour Stéphane Koch, spécialiste des questions numériques, « notre relation à la mort a énormément évolué. Les réseaux sociaux sont devenus les médiums privilégiés pour annoncer un décès, mais aussi pour perpétuer la mémoire des défunts par des pseudos anniversaires. C’est comme si le rituel ne prend jamais fin ». A cela, Fiorenza Gamba réplique que le Net a ouvert « un espace incroyable pour inventer des manières différentes et personnelles de ritualiser la mort ». Dans ces sphères numériques, les endeuillés peuvent partager leur chagrin et « vivre ce deuil à leur rythme ». Par ailleurs, même si le numérique nous laisse effleurer l’idée d’immortalité et rend la frontière entre monde des vivants et des morts de plus en plus poreuse, Thierry Collaud se demande si, en définitive, la mort ne se laissera jamais apprivoiser.
Eternité numérique
« Il y a une vraie réflexion à mener de son vivant concernant la trace que l’on désire laisser sur le Net », pointe Stéphane Koch. Malgré le décès, l’empreinte numérique continue d’exister. C’est pourquoi le consultant conseille de se pencher sur ces questions de son vivant, par des dispositions testamentaires. Il note aussi la possibilité de se tourner vers des services tiers, tels que tooyoo.ch, permettant de gérer les questions liées aux réseaux sociaux, comptes e-mail et nettoyage des référencements sur les moteurs de recherche après le décès. Au sujet de la « mort numérique » et ses implications, la fondation TA-SWISS publiera en septembre 2023 les résultats d’une vaste étude sur « l’influence des technologies numériques dans la prévoyance funéraire, la gestion des données numériques d’un-e défunt-e et le travail de deuil. Elle tirera des conclusions et, si possible, des recommandations à l’intention des parlementaires, des juristes, des professionnels du domaine funéraire et de la population sur la manière d’aborder cette question ». A suivre sur www.ta-swiss.ch/fr/mort-a-l-ere-numerique
Malgré le décès, l’empreinte numérique continue d’exister.
C’est en septembre 2021 que le Conseil de Fondation de la Maison Cana-Myriam s’adresse à la Maison de la Diaconie et de la Solidarité pour faire revivre la magnifique bâtisse occupée jusqu’en 2017 par la communauté Cana-Myriam à Muraz (Collombey). En étroite collaboration avec les membres du Conseil de fondation, une équipe de projet se met alors en route. Sa mission ? Discerner ce qui pourrait être le dessein de Dieu pour ce lieu hors du commun et mûrir un projet stimulant et viable.
Par Joëlle Carron, déléguée épiscopale à la diaconie | Photo : DR
Laudato Si’ – Consacrée aux questions environnementales et sociales, à l’écologie intégrale et à la sauvegarde de notre maison commune, la Terre, l’encyclique Laudato Si’ publiée en 2015 par le pape François nous invite à une approche globale intégrant écologie et développement humain. La situation paisible de la maison, en pleine nature tout en étant à quelques pas du village de Muraz, et le grand terrain qui l’entoure incitent très naturellement à mettre en valeur la beauté de la propriété en la mettant au service des impulsions de Laudato Si’.
Une maison d’Eglise, au service de tous – Dès août 2021, l’équipe de la Maison de la Diaconie se rend disponible pour permettre le redémarrage de la maison. Très vite, les premiers habitants prennent leurs quartiers dans l’aile droite de la propriété. Rassemblant six jeunes adultes, étudiants ou déjà dans la vie active, la coloc’ est une présence permanente, qui ouvre volontiers ses portes aux gens du village ou de la région. Ainsi tous sont invités à rejoindre Cana le mardi soir, pour la messe de 19h et/ou le souper qui suit.
L’espace intermédiaire entre les deux ailes de la maison est rafraîchi avec soin, courant 2022, par des bénévoles. En février 2023, tout est prêt pour accueillir, un samedi par mois, une petite buvette, une friperie et des ateliers, sous la responsabilité de Corine Rebord et Fiorella Bürki, toutes les deux en charge de l’animation spirituelle à l’hôpital de Malévoz. Leur idée ? Proposer un accueil, une écoute, un lieu bienfaisant face à la solitude ou la maladie psychique. L’inauguration a eu lieu le 25 février dernier. Les extérieurs sont également mis en valeur, grâce à l’association Terra Durabilis. En automne 2022, la rosace existante est remise à neuf, avec ses herbes aromatiques et médicinales. Un magnifique jardin communautaire en permaculture est en création.
En parallèle, l’équipe de projet et le Conseil de Fondation travaillent sur les plans de rénovation de l’aile gauche de la maison. Elle accueillera dès le printemps 2024 un projet de logement pour femmes en difficulté psychique, financière ou sociale, donnant suite à la tradition d’accueil chère à l’ancienne communauté Cana-Myriam.
Touche par touche, Cana reprend progressivement vie et se fait belle. La maison se veut ouverte sur l’extérieur, en lien avec la paroisse, le village, la région.
Le deuxième week-end de mars se sont tenues, dans plusieurs localités de la paroisse, les premières soupes de Carême selon un déroulement normal post-covid. Estavayer, Lully et Aumont ont servi les premières soupes. A Estavayer, la fréquentation a été moyenne aux dires de l’équipe organisatrice, sûrement en raison de conditions météo peu favorables. Par contre, à Aumont, la soupe de la communauté des Montets, servie après la messe dominicale, a connu une belle fréquentation. Reflets en images de deux de ces actions de Carême, à Estavayer vendredi 10 mars et à Aumont dimanche 12 mars. D’autres soupes seront servies jusqu’à la veille de Pâques (voir ci-dessous). (cjy)
Photos : Georges Losey, Pierre Bondallaz
A Estavayer
A Aumont
Encore quelques soupes…
Quelques soupes de Carême seront encore servies le vendredi 7 avril aux lieux suivants : • Les Montets – dès 11h30 à la salle communale ; • Murist – dès 11h30 à la salle du Skater Hockey ; • Nuvilly – dès 11h30 au Broccafé ; • Rueyres-les Prés – dès 11h30 à la salle communale ; • Seiry – dès 11h30 à la salle communale ; • Cheyres – dès 11h30 à la salle communale • Cugy – dès 11h30 à la grande salle.
Ce n’est un secret pour personne : Jésus a accepté sa destinée et est mort sur la croix, bras ouverts, accueillant sans différence tous les pécheurs de l’humanité. Sa mort est un symbole d’amour, de rédemption et de sacrifice pour tous les chrétiens. En offrant sa vie, Jésus nous montre un exemple d’amour inconditionnel, révélant ainsi l’amour infini de Dieu pour l’humanité.
Mais, 2000 ans plus tard, que pouvons-nous tirer d’un tel acte ? Il s’agit d’une invitation à la réflexion, à l’introspection et à l’action. Nous sommes toutes et tous appelés à l’amour et au sacrifice pour les autres, actes que nous faisons sans nous en rendre compte au quotidien : sacrifier nos besoins personnels pour subvenir à ceux des membres de notre famille ou de notre communauté, se « tuer à la tâche » pour pouvoir payer nos factures ou donner à ceux qui sont dans le besoin, prendre de son temps pour s’inquiéter de son voisin… Le message reste intact au fil des années : vivre en aimant les autres comme nous-mêmes, à lutter contre l’injustice et à travailler pour la paix et la réconciliation dans le monde. La mort de Jésus est un symbole puissant de l’amour et de la compassion que nous devrions toutes et tous cultiver les uns envers les autres.
En fin de compte, Jésus, « mortellement nôtre », nous rappelle que nous ne sommes pas seul·e·s et que nous avons un chemin à suivre dans la vie, en nous inspirant de son exemple d’amour et de sacrifice pour chercher à vivre de manière plus authentique et alignée avec nos valeurs… En méditant sur ce message, nous pouvons trouver un sens plus profond à notre existence et être inspiré·e·s à vivre de manière plus aimante et plus authentique.
Le Christ a accompli sa trajectoire d’humanité jusqu’au bout. Dans la mort et dans l’amour.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR
« Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. » (Romains 14, 8) Que voilà une parole qui contraste avec nos farouches revendications d’autonomie et d’indépendance, comme si l’être humain pouvait se couper de son Créateur et s’autogérer sans en référer à la Transcendance ! Sans cette interpellation de Paul aux Romains, nous tombons dans le « transhumanisme ».
D’abord, sous le regard de Dieu, vie et mort sont inséparables. Nous savons que nous mourrons inéluctablement, mais c’est afin de rejoindre le Christ Vivant. Si Jésus est mort et ressuscité, c’est pour nous faire vivre en plénitude : « Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. » (Jean 10, 10) Tout dépend de Jésus-Christ. Lui seul a accompli sa trajectoire d’humanité jusqu’au bout, dans l’amour. Lui appartenir dans la mort, vivre les derniers temps de notre existence terrestre en nous « lâchant » sur son cœur et en le laissant disposer de notre souffle, c’est nous livrer à cette seigneurie d’amour qui nous veut vivants. Dans la toute-faiblesse de notre mortalité, nous expérimentons ainsi la toute-puissance de notre seul Maître.
Il nous a donné l’être, au premier moment de notre conception, il est là pour accueillir notre dernier souffle, à l’heure que nous ne choisissons pas. Toute notre vie dépend du Dieu Sauveur. Elle est un cadeau dont nous ne disposons pas. Et cela est très libérateur ! « Mourir dans la dignité », c’est nous abandonner dans les bras du Père, avec le moins de souffrance possible, en toute confiance.
En outre, « Nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même. » (Romains 14, 7) Ni notre existence ni notre trépas ne peuvent être cachés. Ce que nous expérimentons de beau ou de rude a des incidences sur la communauté à laquelle nous appartenons. Sinon, nous dépéririons. Car dans le Seigneur, notre existence et notre décès concernent aussi nos proches et nos amis. Pâques, c’est partager notre vie et notre mort, sans retenue.
Le sierrois Christophe Rosay ne pouvait pas manquer le spectacle sur la vie de Charles de Foucauld présenté à l’église du Bourg le 8 janvier dernier. En effet, l’Assekrem, où a vécu de Foucauld, a été le théâtre d’un bouleversement détonnant dans sa vie. C’est à cheval sur sa moto, en 1979, au cours d’une folle aventure qui le mènera dans le massif du Hoggar, dans cette Algérie si chère au Père de Foucauld, qu’il va découvrir le mystère de Dieu.
Par Christophe Rosay | Photos : Gérard Brondy, DR
On est en juillet 1979, j’ai 21 ans. Au moment du départ pour le raid Paris-Tamanrasset – 12’500 km à moto sur des terres très inhospitalières – la crainte de l’inconnu me fait prendre un petit livre bleu, le Nouveau Testament, que je retrouve perdu au fond d’un tiroir et que je glisse dans la poche de ma veste comme un grigri. Il y sera encore dans le Hoggar lors de la terrible montée au col de l’Assekrem, là où le Père Charles de Foucauld s’était réfugié pour méditer sur l’humanité.
A 2’900 m. d’altitude, mes amis et moi, nous sommes les maîtres du monde en regardant le soleil à l’horizon sur le sable ocre du Tanezrouft. Un des nôtres trouve dommage de n’avoir pas songé à emporter ce fameux traité de sagesse que le religieux français a écrit à cet endroit. C’est alors que je sors le Nouveau Testament et le passe à un équipier qui se met à lire à haute voix : « Pendant le jour le soleil ne te frappera point, Ni la lune pendant la nuit. L’Eternel te gardera de tout mal, Il gardera ton âme ; L’Eternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à jamais. » C’est la fin du Psaume 121 (Ps 121, 6-8, Bible Segond). En silence on se regarde, pétrifiés. Je comprends que Dieu est là. Il venait de nous parler : « Le soleil ne te frappera pas » et « Je garderai ton départ et ton arrivée ». Je n’étais plus fatigué. Je n’avais plus de douleur. J’étais juste bien. Nous, les durs, défaits par la fatigue, poussés aux limites du possible, la paume des mains couverte de bandages protégeant la chair que les cloques dues aux vibrations de la tôle ondulée ont mise à vif… On se passe une mini-bible comme si Gutenberg venait de l’imprimer !
Durant les jours suivants, cette expérience spirituelle va être mon réconfort dans un désert hostile et sur des pistes qui interdisent le moindre relâchement. Arrivée d’étape à Timimoun dans une chaleur surnaturelle et une poussière de sable qui me brûle les yeux. Je me réfugie à l’hotel. Là, soudain, l’ennemi invisible : le « coup de bang ». C’est une déshydratation foudroyante engendrée par le déséquilibre du sel. La sueur entraînant hors du corps l’eau et le sel, celui-là même qui doit retenir l’eau vitale pour notre corps. Moins de sel donc plus de perte d’eau : ceci augmentant la soif. La boisson à son tour provoquant la transpiration engendrant l’évacuation du sel restant. Ce processus devient irréversible et mortel en quelques heures. Mais le Seigneur a tenu sa promesse : « L’Eternel te gardera de tout mal […] jusqu’à ton arrivée. »
Le début de la nuit se passe au bain-marie dans la baignoire puis à dormir enroulé dans les draps mouillés à intervalles réguliers. Bien gardé par un membre de notre équipe médicale me faisant avaler de grands verres d’eau avec des pastilles de sel. Un homme formidable et dévoué qui m’a dit avec son accent provençal : « Oooh, t’as pris une Bible : tu es un bon croyant toi ! Je ne pense pas que ton Dieu va te laisser crever ici, mais c’est aussi à toi de te battre pour lui montrer que t’as envie de vivre, hein ! » Déçu et résigné, j’ai quand même bu autant d’eau qu’il y avait de pastilles de sel en rappelant à Dieu le Psaume 121… Le lendemain à 8h, j’étais sur ma moto. Alors, j’ai dit : « Si à l’Assekrem tu me fais passer pour un contemplatif, je te comprends. Mais me sortir en une nuit d’un coup de chaleur mortel, seul toi peut faire une chose pareille. » Le retour auprès des miens s’est passé dans les larmes de joie et le bonheur de retrouver les toutes petites choses si simples qu’on oublie même qu’elles existent. C’est en repensant à cette épreuve que je puise la force de toujours regarder vers l’avant en cherchant à aligner mes trois balises comme le pilote dans le désert : être vrai avec les autres, sincère avec moi-même, cohérent avec la Parole de Dieu.
Les décisions que j’ai prises sans les avoir préalablement fait passer par ces balises m’ont toutes entraîné dans des situations sans issue. Avec le recul, je trouve que la vie est similaire à un rallye, avec ses étapes, les guides incertains qui nous égarent de la bonne piste, les casses mécaniques, les accidents, les découragements, les désespoirs, mais aussi l’entraide, le dépassement de soi et l’obligation de continuer quoi qu’il advienne. L’exploit sportif m’a ouvert la porte à d’autres rallyes et souvent amené des verres sur la table du bistrot. Je paraissais toujours le même, mais c’est à l’intérieur que j’avais changé.
A mon retour de cette folle aventure, il me semblait futile de parler de nos petits problèmes de confort par manque de vraies difficultés existentielles. Je sentais de l’envie mais aussi de la jalousie et quelquefois même de la haine. Un jour, j’ai décidé de ne plus en parler aussi largement. J’évitais ainsi les questions et les incompréhensions. Le commerce dans le sang, je décide de prendre la gérance d’un garage s’ouvrant tout près de chez moi. A cette période de ma vie, des copains et amis m’entourent mais le vide en moi s’agrandit. Le projet de reprendre un garage à mon nom se profile tandis que celui de fonder une famille s’éloigne. Au fond de moi-même, je me sais dans l’erreur et je me sens profondément malheureux. La perception des événements et des gens est différente, les codes sociaux intégrés jusque-là n’ouvrent plus les mêmes portes et font fuir les amis. Je vis en oubliant de me confier à Dieu, de suivre sa balise qui brille au loin. Je n’ai pas rejeté Dieu, mais je ne m’en occupe plus, voilà tout. Sans en être conscient, ma porte est restée ouverte, comme si les voleurs et pilleurs d’âmes n’existaient pas. Combien de personnes qui m’étaient chères, ont œuvré à un vide spirituel ? Combien de fois j’ai entendu : « Si tu écoutes ces sornettes, tu ne fais plus rien. » Ou alors : « Ça, tu gardes pour le dimanche… » Pourtant, il ne nous vient pas à l’idée de surfer sur internet sans antivirus. Pour remplir ce vide, il me fallait un nouveau challenge. Le projet Dakar…
L’Assekrem est le haut plateau situé dans les montagnes du Hoggar, dans le sud de l’Algérie.La moto avec laquelle Christophe Rosay a voyagé en 1979.
De très nombreux paroissiens et nombreux visiteurs connaissent le sanctuaire de Notre-Dame de Bonnefontaine, niché dans son écrin de verdure. Ils y viennent pour prier ou simplement la saluer et goûter un moment de paix. La gestion de ce sanctuaire est en train de changer de main. Eclairage.
Notre-Dame de Bonnefontaine : un lieu pieux cher à de nombreuses personnes.
Par Denyse Chanez et Claire Moullet | Photos : LDD
Depuis 1636, date d’une mention écrite, combien de fidèles ou passants ont-ils fréquenté ce sanctuaire ? Autrefois, la statue était posée sur une colonne en chêne, tenant un sceptre dans sa main droite et de l’autre l’enfant-Jésus. Un simple toit soutenu par quatre piliers constituait un abri. Et ce n’est qu’en 1959 que le sanctuaire actuel voit le jour avec sa coupole adossée à la paroi rocheuse et sa statue au cœur immaculé.
Le souvenir du jubilé de 2009
En 2009 s’est déroulé le jubilé du cinquantenaire les 3 et 4 octobre : office du samedi avec un petit « son et lumière » et messe solennelle le dimanche avec tous ceux qui avaient répondu à un dépliant diffusé dans tous les ménages pour rappeler que nous avons un « mini-Lourdes » dans la région. Cette fête est encore bien vivante dans le cœur des enfants, du chœur-mixte et la pose d’une pièce demi-cylindre, mémorial de ce jubilé.
Des bénévoles très engagés
Bonnefontaine ne pourrait vivre sans l’engagement de bénévoles connus et parfois inconnus. Jusqu’à maintenant, une équipe fait vivre ce joyau grâce à un entretien impeccable au rythme des saisons et des événements. Jean-Claude Monney et Claude Delley ont consacré une grande partie de leur vie à ce service, tout comme Madeleine Monney et Gertrude Ducrest, âmes des traditionnels pèlerinages de mai et d’octobre et la décoration avec amour du lieu et des fleurs. Claudine Balestra, trésorière des dons reçus, complète cette équipe dont les membres aspirent à une retraite bien méritée après tant d’années de dévouement.
Gestion désormais paroissiale
Depuis le 1er février dernier, la gestion du sanctuaire a été reprise avec bienveillance par la paroisse Saint-Laurent-Estavayer, qui n’a pas manqué de remercier, féliciter et relever la longévité de ces ouvriers de la première heure par une rencontre amicale et festive.
D’autres bonnes volontés et services de notre commune contribueront certainement au maintien de ce sanctuaire qui ne demande qu’à vivre par ses pèlerinages, rencontres ou autres célébrations d’ici ou d’ailleurs.
Appel
Les personnes intéressées pour un service à Bonnefontaine peuvent s’adresser à Denyse Chanez (079 229 87 19) et Claire Moullet (079 312 54 15).
Souvent dans les homélies et les célébrations de funérailles, je parle de la mort comme d’un passage. Un passage qui implique qu’il y ait un avant, un pendant et un après. Ces mots n’ont pas pour but de dédramatiser la mort, même Jésus était triste à la mort de son ami Lazare. D’ailleurs, la mort est un mystère que de simples mots ne peuvent appréhender totalement. Mais pour nous en approcher, nous sommes invités chaque année à suivre le Christ à travers le mystère Pascal et c’est pour nous l’occasion d’essayer de donner un sens à la mort, ou tout du moins, d’avancer dans la compréhension de ce mystère.
Antoine de Saint-Exupéry écrivait dans « Terre des hommes » que ce qui donne un sens à la vie, donne un sens à la mort. Et la littérature regorge de livres traitant la mort sous cet angle : « Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix. »
Avant, pendant et après… et sur ce chemin, il ne faut pas se le cacher, il y a la peur, la peur de l’inconnu, la peur de devoir vivre ce passage seul. Mais si nous avons foi en Dieu et en ceux qui nous entourent, et avec qui nous partageons notre vie, nous ne sommes pas seuls pour franchir ce passage vers l’après et rappelons-nous que comme le dit si bien ce chant : « Il restera de nous ce que nous avons donné… »
En effet, pour ceux qui sont appelés à laisser partir ceux qu’ils ont aimés, ce moment est certes vécu comme une absence, un vide, mais il serait beau de le voir plutôt comme une « différence de présence » qui se vit dans les souvenirs et les valeurs transmises. Alors appliquons-nous à bien vivre ici et maintenant pour qu’au moment de « passer les ravins de la mort », nous soyons heureux et en paix en voyant Celui qui nous guide et nous conduit dans l’avenir qui nous est promis. Bonne montée vers Pâques à tous.
« Je suis devant la porte obscure de la mort », disait Benoît XVI au début de l’année 2022, qui s’acheva sur son trépas. Réalisme d’un nonagénaire, souligné par son successeur, François, qui présida, fait rarissime, ses obsèques 1.
Et d’exposer, selon le rituel prévu, mais allégé (car Benoît n’était plus Pontifex regnans), le corps de Ratzinger au vu et au su des pèlerins venus se recueillir. Ou s’interloquer sur cette « exposition macabre », comme l’a titré un journal. C’est vrai, sous nos occidentales latitudes, on est peu habitué à voir des cadavres, même embellis : des os (ossuaires, etc.), oui ; des corps entiers qui ne sont pas des momies, moins…
De fait, « la culture contemporaine du bien-être semble vouloir évacuer la réalité de la mort et de notre finitude ; notre foi chrétienne ne nous dispense pas de la peur de la mort, mais elle nous aide à l’affronter. Et la vraie lumière qui éclaire le mystère de la mort, c’est la résurrection du Christ. » (février 2022) Tout est dit et François de rajouter : « On n’a jamais vu un camion de déménageurs derrière un corbillard ! […] Accumulons plutôt la charité et le sens du partage. »
« Méditer sur sa mort est un exercice des plus enrichissants », assure-t-il. Un exercice propre (mais pas exclusivement) à la Compagnie de Jésus. S’habituer à l’inéluctable permet de « mourir en paix » selon l’expression. « Quelle sagesse dans cette demande », souligne le Pape. Et de rappeler que le « Je vous salue, Marie » se conclut par « Priez pour nous… aujourd’hui et à l’heure de notre mort. » Ou de se tourner vers saint Joseph appelé jadis « patron d’une bonne mort ».
En effet, Benoît XV s’y référa dans son motu proprio Bonum sane de juillet 1920. Cherchait-il à panser les incommensurables plaies laissées en Europe (notamment) par la Première Guerre mondiale et ses 40 millions de morts ? Tant faire se peut…
1 Pie VII avait présidé en 1802 les obsèques de son prédécesseur Pie VI, mort en exil, mais certes, pas « pape émérite »…
Elle s’appelle Janine. Quand je la rencontre, elle a 90 ans passés. Elle ne ressemble pas à une grand-mère classique, mais à un troll, un lutin, un djinn… Janine, elle est un peu d’ici, un peu d’ailleurs… Rencontre.
Par Françoise Besson | Photo : Pexels
Elle aime le jaune et le mauve, les matières douces, le velours, le mohair et, quand je ferme les yeux, c’est comme ça que je la revois : en pyjama de velours mauve, sa grande jaquette en laine fermée jusqu’au menton, s’appuyant sur son rollator à l’entrée de sa chambre. Elle est tellement fatiguée, Janine. Elle porte le poids d’une vie…
Elle est très cultivée. Elle s’intéresse encore à ce qui se passe dans le monde, au Moyen-Orient, en Israël particulièrement. Sur sa table basse, elle garde, ouvert, un grand livre de photos sur le Yémen : un drame humain dévaste cette région. Elle s’est rendu compte que certaines soignantes ne connaissaient pas l’existence de ce pays. En passant chez elle, elles l’apprendront… Janine est citoyenne du monde, active, militante encore…
C’est l’angoisse
Mais proche d’elle, pas grand monde justement… Pas d’enfant, pas de sœur ni de frère, pas de neveu ni de nièce, plus de mari, ce compagnon avec qui elle partageait tout. Un beau-fils comme « proche répondant », un homme de 70 ans passés, très préoccupé par sa santé et le placement en EMS de sa propre mère, première femme du mari de Janine.
Elle n’a ni cancer ni sclérose en plaques. Elle pèse 40 kg avec sa jaquette et son pyjama. Elle se préoccupe de ce qu’elle mange, elle marche tous les jours dans les couloirs de l’EMS un quart d’heure au moins : la perspective d’une vie quotidienne en chaise roulante la terrifie. Sa maladie à elle, sa croix quotidienne – elle qui n’a pas la foi – c’est l’angoisse… Une angoisse pathologique, dévastatrice, ingérable qui l’envahit dès le réveil : pouvoir se lever ou non, attendre – mais combien de temps ? – le premier anxiolytique, aller aux toilettes et être sûre d’y avoir fait tout ce qu’il fallait faire pour être à peu près tranquille une heure ou deux… Et ainsi de suite. Les sujets d’angoisse sont innombrables et cette sensation, intolérable.
Quand Janine commence à parler d’Exit, les soignantes n’y croient qu’à moitié. En la voyant aller et venir, demander une énième fois un ajustement du traitement ; en la regardant composer avec soin ses menus pour digérer le mieux possible, elles se disent que le projet est théorique, un sujet de discussion, tout au plus.
Enfin le grand jour
Puis Janine commence ses démarches, le chemin est semé d’embûches, avec ce premier choc : le psychiatre qui doit remplir un formulaire sur sa patiente la déclare « sans capacité de discernement ». C’est l’humiliation pour cette femme si vivante dans la réflexion, si vigilante d’esprit. Mais cela ne l’arrêtera pas. Il y aura contre-expertise et avis favorable. Enfin, un médecin d’Exit lui rend visite. Il est très ennuyé car Janine ne rentre pas « dans les clous ». Sa maladie n’est pas létale à terme, ni à proprement parlé invalidante… Mais dans la rencontre, il comprend. Il saisit dans les propos de Janine le pénible et lent déroulement des heures, du lever au coucher, la gorge serrée, l’oppression qui entrave le souffle… S’il fallait évaluer la qualité de vie, elle serait proche du niveau zéro. Dès lors, les choses iront très vite. Quand Janine m’appelle pour la dernière fois, elle me dit : « Demain, c’est le grand jour. » Elle est calme et demande au personnel dont elle a tant réclamé la présence, de la laisser seule. Ses dernières heures seront à elle, savoureuses parce que dernières, justement…
Une amitié indéfectible
Elle s’appelait Janine et, en cheminant avec elle, en l’écoutant, en saisissant quelque chose de ce quotidien douloureux sans amélioration possible, j’ai laissé de côté beaucoup de convictions et quelques certitudes… Notre amitié est indéfectible. Je sens encore dans mes bras ce petit corps de moineau, tout en os sous les couches de laine. J’entends sa voix un peu éraillée et mon cœur chavire au souvenir de son sourire et de ses yeux brillants d’affection. En rédigeant ces lignes pour vous, je retrouve tout cela, comme autant de cristaux ramassés au fil des mois sur ce chemin d’accompagnement.
Le Triduum pascal, tout ou partie, sera célébré dans plusieurs églises de la paroisse et notamment intégralement à la collégiale (voir l’horaire en page 8). Et également au monastère des dominicaines. Les moniales ont l’habitude d’inviter un religieux pour la circonstance qui, outre les célébrations, apporte des temps supplémentaires d’enrichissement et de partage à l’occasion de conférences qui sont agendées durant le temps pascal.
Cette année, les sœurs ont convié l’abbé Marc Donzé à animer ce Triduum pascal. Un prêtre bien connu et très apprécié. C’est ainsi que, en plus de présider les célébrations, il donnera deux conférences : le Vendredi saint à 11h et le Samedi saint à 11h également.
Nous publions ci-dessous l’affiche du programme du Triduum pascal au monastère.
Si en lisant pour la première fois le titre de ce numéro – « Mortellement vôtre » –, ce sont les visages de Roger Moore et de Tony Curtis qui me sont venus à l’esprit – associés aux personnages de Lord Brett Sinclair et de Daniel Wilde (dit « Danny ») dans la série des années 70 « Amicalement vôtre » –, j’ai très vite recentré mes réflexions sur la mort, car c’est bien de cette thématique dont il est question dans la présente édition de notre magazine paroissial.
Je me suis d’abord focalisé sur l’expression complète utilisée pour ce titre avec ce « vôtre » qui m’avait fait dévier du sujet (cf. 1er paragraphe). Je ne suis pas allé très loin sur cette voie en me disant « Oui, bien sûr, ce « mortellement vôtre », cela fait allusion à Jésus qui a donné sa vie pour nous ». Mais comment développer cela ?
J’ai finalement décidé de partager avec vous deux aspects de « la mort » qui ont animé mes réflexions lors de la rédaction de cet édito : la célébration de la fête de la Toussaint et une expérience personnelle.
La fête de la Toussaint
Je reste impressionné, année après année, par la célébration de la fête de la Toussaint en tant qu’évènement rassembleur pour de nombreuses familles. L’église est quasi remplie ce jour-là et au moment de se rendre au cimetière, l’assemblée prend encore de l’ampleur. Je suis fasciné par ces liens qui se manifestent à cette occasion. Si l’on est avant tout en famille, on prend cette occasion pour partager tout particulièrement avec les autres familles « voisines de cimetière ». Je ressens à chaque fois un sentiment général de bienveillance encore plus fort qu’habituellement. Les familles qui ont perdu un être cher durant l’année peuvent alors se sentir membres à part entière d’une communauté solidaire.
Peur de la mort ?
Quelques mois avant la mort d’un de mes oncles qui se savait condamné du fait de sa maladie (Edgar Challandes, qui habitait Fontaines, dans le canton de Neuchâtel, décédé en 2000), je me suis retrouvé seul avec lui dans le salon familial. A bien y repenser, je crois que c’est la seule et unique fois où j’ai eu une conversation sérieuse, seul à seul avec lui. Je me souviens parfaitement lui avoir demandé : « Tonton Edgar, est-ce que ça te fait peur de savoir que tu vas bientôt mourir ? » Il a réfléchi quelques instants et m’a répondu, avec son humour habituel : « Non, ça ne me fait pas peur. Il paraît juste que ça fait un peu bizarre la première fois ! »…
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