De Bramois à Rome

Les pèlerins dans la basilique Saint-Pierre.

Pèlerinage paroissial à Rome de la paroisse de Bramois – Carnet de voyage

Texte et photos par Jean-Paul Micheloud

18.02. Départ de Sion. Tout le monde se retrouve en gare de Sion pour embarquer dans le train en direction de Rome. En tout 33 personnes dont 8 enfants. L’ambiance est bonne et nous faisons connaissance en prenant place dans le train. Tout le monde est présent pour le voyage.

Cheminement sans souci jusqu’à Milan où le train arrive à l’heure. Un petit miracle… Nous faisons une pause en attendant notre correspondance. La deuxième partie de notre périple se passe bien et notre train fait des pointes de vitesse à presque 300 à l’heure.

Nous arrivons à Rome à 14h50 comme prévu. La température est agréable (environs 15 degrés). Un car nous conduit à notre pension, la casa di Accoglienza Tabor. Nous prenons possession de nos chambres et tout de suite nous partons pour la visite de la caserne des gardes du Pape. Florent et Martin nous accueillent et nous font visiter les lieux. Leurs explications sont précises et passionnées. Après des détails sur les couleurs des uniformes et leur évolution, nous pouvons visiter l’armurerie où d’anciens costumes entourent les armures et les fusils parfaitement entretenus. On a même l’occasion de voir les différentes manières de saluer les autorités religieuses et de tenir une hallebarde entre nos mains. Les gardes suisses bénéficient maintenant d’une cantine pour prendre tous leurs repas durant le service. Rejoints par Baptiste, ils vont enfiler leurs costumes et reviennent vers nous pour quelques photos. Après un apéro offert dans leur cantine nous partons souper à la Casa Bonus Pastor. Fatigués mais heureux, nous rentrons nous reposer. La pension est très sécurisée, signe qu’il peut y avoir des brigandages dans la région. Il est interdit de quitter sa chambre après minuit par exemple et tout le monde doit être rentré à cette heure sous peine de devoir passer la nuit dehors.

19.02. Le dimanche commence par un déjeuner et ensuite nous partons célébrer la messe dans la chapelle des gardes du Pape. Nous sommes droit dessous la fenêtre où le Pape célèbre l’Angélus. Certains partent sur la place Saint-Pierre pour voir le Pape en direct. Après un dîner à la même adresse qu’hier soir, la fin de journée est libre pour tout le monde.

20.02. Après une messe à la chapelle de la pension, nous partons pour Castel Gandolfo. Après environ 50 minutes de car, nous arrivons à la résidence secondaire des papes en exercice, le pape François y va rarement mais ses prédécesseurs venaient régulièrement s’y reposer. Nous avons la chance de pouvoir visiter le palais apostolique, les appartements du Pape et les jardins du domaine. Le bâtiment regorge de portraits de différents papes et un appareil auditif nous permet d’en savoir plus sur certains des 266 papes qui ont gouverné l’église. La surface du domaine est de 50 hectares et bien plus grande que la Cité du Vatican à Rome. Dans les jardins aussi nous bénéficions d’une aide auditive en français. Le mois de février n’est pas le meilleur mois pour profiter des beautés de ces jardins, en effet les rosiers sont taillés et il n’y a que certains arbres qui ont conservé leurs feuilles. On mange dans le village et on déguste diverses sortes de pizzas. 

Après le dîner, nous visitons les catacombes (cimetières communaux) de Saint Calixte, Geoffrey notre guide nous raconte plein d’anecdotes concernant ce site… et qu’il connaissait bien le Cardinal Schwery ! C’était le cimetière officiel de l’église de Rome au IIIe siècle. Un demi-million de chrétiens sont enterrés ici dont des dizaines de martyrs et 16 papes. Les premières inscriptions se faisaient en grec qui était la langue officielle de l’Eglise en ce temps-là. 

Le site est situé sur de la roche de type tuf ce qui permet de creuser plus profond lors d’un nouveau décès. Un trou de la taille du mort était creusé dans la paroi, on enduisait le cadavre de chaux, on l’insérait dans la cavité, on scellait une pierre en marbre avec des inscriptions pour étancher la tombe et on plaçait une lampe à huile pour que les proches puissent se recueillir devant.

21.02. On se lève de bonne heure, après un rapide déjeuner on rassemble nos valises et on part pour la messe à la basilique Saint-Pierre à 7h30. Nous avons la matinée pour visiter plus en détail cette superbe bâtisse et faire les achats qui nous intéressent. Après un pique-nique dans les jardins de la pension, nous prenons le car en direction de la gare Rome Termini. Le départ de Rome est prévu à 13h50, après une rapide escale à Milan (16h58-17h20) nous arrivons à Sion à 19h50.

Ici s’achève notre périple paroissial au Vatican…

Jeux, jeunes et humour – avril 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Qu’est-ce que l’octave de Pâques ?
Comme dans l’Eglise on aime bien faire la fête, un seul jour pour commémorer l’inouï de la Résurrection du Seigneur est bien trop peu. On prolonge ainsi la fête toute la semaine, appelée « octave », après le dimanche de Pâques et on continue de porter les habits liturgiques blancs durant les 50 jours du Temps pascal jusqu’à la Pentecôte.

par Pascal Ortelli

Humour

Deux grands-mères parlaient ensemble de leurs petits-enfants.

L’une dit : 
– Chaque année, j’envoie à chacun de mes petits-enfants une carte avec un généreux chèque dedans. Pourtant, je n’entends plus parler d’eux, pas même un merci ou une visite.

L’autre dit : 
– Je fais la même chose que toi, mais dès la semaine suivante, ils viennent tous me rendre visite et me remercier.
– Vraiment ? dit la première, comment c’est possible, comment fais-tu ?
– Quand je leur envoie le chèque, je ne le signe pas !

par Calixte Dubosson

Bakhita, l’esclave noire devenue sainte

Entrée du musée consacré à Bakhita à Schio, province de Vicence, Vénétie.

Joséphine Bakhita est injustement méconnue. Saisie par son portrait et une note biographique dans une église de Touraine, Véronique Olmi se lance dans des recherches au résultat plutôt maigre. Injustice à réparer, se dit-elle, face à cette destinée hors normes. Son roman, moult fois primé, raconte l’incroyable odyssée d’une femme ayant survécu à tout.

Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR

Couverture du livre de Véronique Olmi.

Son temps d’écriture ne fut pas solitaire car la romancière, se disant pleine, envahie par ce sujet, en parlait beaucoup tant il est impossible de garder pour soi les émotions suscitées par cette trajectoire. Arrachée à sept ans à son village du Darfour par des marchands d’esclaves à la fin du XIXe siècle, la fillette endurera tant de souffrances qu’elle en oubliera jusqu’à son nom. 

« Je ne lâche pas ta main. » – Tout n’est plus que désolation à Olgassa, village de la tribu nubienne des Dadjo : corps mutilés, animaux errants, oiseaux muets, cases défoncées. Dans une précédente « razzia », Kishmet, l’aînée de Bakhita, avait été enlevée. A nouveau, les villageois n’ont rien pu faire. « Contre les fusils et la poudre, leurs flèches et leurs arcs n’ont servi qu’à signaler leur présence impuissante. » Commence alors une vie d’esclave faite d’humiliations et de violences durant laquelle la fillette rencontre Binah, enfant martyre elle aussi, avec qui elle tente de fuir sans succès. Les fillettes ont une devise, « je ne lâche pas ta main », mais Binah ne sera pas sauvée. Vendue et revendue par des marchands d’esclaves qui la baptise « Bakhita », traduction – quelle ironie – de « la chanceuse », l’enfant d’Olgassa marchera des centaines de kilomètres sous un soleil de plomb, enchaînée, fouettée, affamée. Elle appartiendra notamment à un riche arabe et à un général turc sans jamais revoir ni sa sœur ni Binah.

Arrive une trêve – Le Consul d’Italie à Khartoum, Calisto Lignani, est son premier « sauveur ». Elle a 14 ans. Il fait son acquisition, lui donne le prénom de Joséphine et la traite plus humainement. Dans sa maison, elle ne vit plus nue, peut se laver, se nourrir. Suite à un conflit colonial, le Signore doit quitter le pays et, à Gênes, il la transfère à la famille Michieli, propriétaire d’un hôtel à Suakin au Soudan. Bientôt, la présence de Madame Michieli est requise dans l’établissement. Elle confie alors sa fille Alice et Bakhita aux sœurs canossiennes de Venise. Au retour de sa maîtresse, elle refuse de quitter l’Institut des catéchistes. L’affaire est tranchée par un tribunal et, en 1889, le procureur accorde la liberté de choix à Bakhita car l’esclavage est illégal en Italie. La jeune femme a alors 20 ans. Elle est baptisée en 1890 par l’Archevêque de Venise et prononce ses vœux en 1896 à Vérone. 

Le « miracle » de Schio – Déplacée sur Schio, province de Vicence, elle s’occupe de l’intendance, des bonnes œuvres et prépare les sœurs en partance pour le continent noir. En Italie, où sa couleur, par ignorance, fait souvent peur, tout n’est pas si simple mais Bakhita est une âme forte malgré les tourments de la nuit qui la ramènent à ses souffrances d’enfant dont elle taira la plupart. Surnommée « la Madre Moretta » ou « la Petite Mère Noire » (les enfants lui jetaient de l’eau pour voir si la couleur partait…), elle écrit son histoire, encouragée par sa supérieure. Durant la deuxième Guerre Mondiale, alors que les bombes pleuvent sur Schio, l’histoire retiendra que la ville s’en est bien tirée grâce, pense-t-on, à la Madre Moretta, considérée désormais comme sa protectrice. Lorsque le ciel terrorisait les enfants, elle les rassurait avec une petite histoire « et les enfants regardaient sans répondre cette vieille dame ridée, tordue et noire, qui avait l’air si pauvre et si puissante ».

Ladite vieille dame décède suite à une longue maladie à l’âge supposé de 78 ans en 1947. Béatifiée en 1992, elle est canonisée par Jean-Paul II en 2000. Il semblerait que Benoît XVI avait une affection profonde pour cette fille d’Afrique à l’humanité préservée.

Une rencontre privilégiée – La biographie de Véronique Olmi est une longue lecture. Pourtant, il est difficile de la lâcher car on ne veut pas abandonner Bakhita. On aimerait aussi qu’elle ait retrouvé son prénom. Lisez l’histoire de Bakhita car, à coup sûr, il demeurera quelque chose d’elle en vous. La biographe, à qui on demandait une raison de lire son ouvrage, répondit : « Bakhita est une personne qui ne s’oublie pas. Lire son histoire, même romancée, c’est la rencontrer et la rencontrer est un privilège1. »

1 Franceinfo culture, 13 septembre 2017.

Entrons dans la joie de Pâques!

Par Maryline Hohenauer | Photo : DR

Au matin de Pâques la joie remplace la peur et la tristesse du Vendredi saint. Tout comme la nature qui renaît après avoir vécu l’hiver, la Vie gagne sur la Mort ! Youpi ! Alléluia ! Christ est ressuscité ! Il est vivant, comme il l’avait promis. 

Le pape François dans son encyclique « la Joie de l’Evangile » nous avertit : « Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. » Alors que toute notre joie d’être chrétien prend sa source en la résurrection du Christ ! Imaginez une seule seconde que l’histoire se termine le Vendredi saint, au mont Golgotha. Jésus aurait été pour nous un héros, un martyr et c’est tout. Mais il est tellement plus que cela : il est ressuscité ! Il nous l’avait annoncé ! 

Gardons au cœur la gratitude de se savoir sauvés par la mort et la résurrection de Jésus, et partageons cette joie autour de nous ! Célébrons la joie de Pâques et, à la suite du Christ, partons en mission : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » (Jn 19, 21) Cette joie doit être annoncée et proclamée. 

Alors après l’avoir célébrée en famille, à la messe du dimanche de Pâques, décorez vos maisons, rassemblez-vous autour d’un bon repas, dansez, chantez, poussez des cris de joie ; louez Dieu ! 

Christ est ressuscité !

Alléluia ! Alléluia !

Les Vendredis saints de nos vies

Mgr Morerod constate, en examinant la vie des saints, qu’ils ont presque tous eu « des nuits de la foi ».

Lorsqu’il n’y a plus que le vide dans notre existence comme dans le tombeau du matin de Pâques, nous touchons peut-être là le vrai mystère de la Résurrection…celui d’une présence qui pourtant soutient encore et fait avancer. Avec l’humour qui le caractérise, Mgr Charles Morerod nous parle de l’espérance radicale que porte Pâques.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

En tant que croyant, que représente Pâques pour vous ?
En tant qu’évêque, je suis aussi croyant (rires). C’est la Résurrection du Christ… qui implique également la nôtre. Il n’est pas venu ni n’est mort pour Lui-même, mais pour que nous puissions vivre et soyons avec Lui éternellement. Cela parce qu’Il nous aime.

Comment, entre un papa protestant et une maman catholique, se vivaient les fêtes de Pâques de votre enfance ?
Nous n’y mettions pas tellement l’accent. A vrai dire, je n’en ai pas de souvenir particulier. J’allais certainement à la messe le jour de Pâques, mais comme avant d’avoir vingt ans, j’ignorais que la Semaine sainte existait, cela me paraissait un dimanche comme les autres. Si ce n’est que je savais que c’était Pâques.

Nous savons ce que Pâques signifie. Or, la vie comporte aussi son lot de « petites Pâques », entendez par là de « petites morts et de résurrections ». Quelle serait une des Pâques de votre vie ?
Oh… j’espère qu’il y en a plus d’une ! Je reste marqué par ce que je pourrais qualifier de petit Vendredi saint. Je marchais sur un trottoir à Fribourg et j’ai vu que celui-ci se terminait. Je m’apprêtais à en descendre et assez curieusement je me suis dit : « Non pas maintenant. » Une fraction de seconde après, une grosse moto a passé à toute vitesse à côté de moi. Là, j’ai pensé : « Tiens, ma vie continue. »

Et de petites Pâques en tant que telles ?
Vu que c’était une non-mort, on peut la comprendre comme une forme de résurrection… L’expérience d’avoir accepté ma vocation, ça m’a obligé à vivre autrement. J’ai vraiment eu l’impression d’une irruption de Dieu dans ma vie… mais pas de manière telle que j’aurais dû commencer par être « à peu près mort » (rires). J’observe aussi des Pâques chez d’autres. Des personnes dont la vie reprend. Cela arrive par exemple lorsque les gens se confessent. Tout d’un coup, un poids se lève de leurs épaules et c’est très frappant.

En bonne protestante, je ne vais pas très régulièrement me confesser…
Vous le regretterez, certainement plus tard, (ndlr. Mgr Morerod est pris d’un fou rire communicatif). En attendant, profitez bien de la vie ! (rires)

Le tombeau vide du matin de Pâques peut aussi représenter, pour le croyant, cette tension entre présence et absence de Dieu…
Oui, absolument. Il y a des moments où on s’interroge et c’est normal dans le dialogue avec Dieu de lui dire : « Tu respectes notre liberté, c’est très bien, mais est-ce que Tu ne pourrais pas, parfois, la respecter un peu moins ? » (sourires)

Lorsqu’on Le laisse causer, est-Il plus bavard ?
Pas nécessairement. On voit dans la vie des saints qu’ils ont presque tous eu « des nuits de la foi ». Ces périodes parfois très longues marquées par l’impression que Dieu n’existe pas ou en tout cas n’est pas là. Ils interprètent ce silence en termes de : « Il veut voir si c’est Lui que nous aimons ou seulement ce qu’Il nous donne. »

Beaucoup de croyants préféreraient éliminer le Vendredi saint et ne voir que le côté festif et heureux de la Résurrection. D’ailleurs, dans plusieurs cantons, ce n’est pas un jour férié…
Oui, mais ce n’est pas l’Evangile. Il y a aussi des Vendredis saints dans l’existence humaine. Alors, une foi dont on aurait éliminé le Vendredi saint, qu’est-ce qu’elle a à dire à des gens qui se trouvent eux-mêmes dans ce Vendredi saint ? La foi donne une espérance radicale, même si on ne voit pas toujours très bien où on va. Si l’on croit que Dieu est présent, cela change la donne et ça, c’est aussi une expérience de Pâques. Cela ne veut pas dire qu’être croyant rend la vie facile.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Certainement Pâques ça… (rires)

Découvrons notre église paroissiale (suite)

Après la contemplation du Christ crucifié de Boular présenté récemment dans nos colonnes, approchons-nous du maître-autel, de style baroque de la fin du XVIIe siècle.

Marcel Comby avec Fabienne Seydoux | Photos : DR

Il présentait à l’origine un aspect principalement bicolore : noir et gris, pour imiter vraisemblablement la pierre de Saint-Triphon (matériau utilisé pour les portails) avec d’importantes parties dorées. Son aspect actuel date de 1931, lorsque le retable a été entièrement repeint. 

En raison de sa dimension et de sa richesse décorative, il attire spontanément le regard du visiteur qui entre dans cette église. Il est constitué de trois éléments de mobilier. D’abord l’autel principal (on le dit « principal » par opposition aux deux autels latéraux qui se trouvent de part et d’autre du chœur). Deuxième élément juste au-dessus, le tabernacle se présente comme une petite armoire où sont conservées les hosties consacrées. Une petite lumière rouge brille en permanence, elle indique la présence du Christ dans le « Pain de Vie ». Le tabernacle est couronné par la représentation du Christ comme Agneau vainqueur, qui porte les emblèmes de sa victoire sur la mort. Troisième élément, le retable. Il s’agit d’une méditation sur le mystère du Christ. Nous voyons au centre le tableau de la Visitation du peintre biennois Théophile Robert (1879-1954) qui, en 1933, a remplacé celui peint vers 1680-1690. Il évoque la très belle scène de la « Visitation » que nous rapporte l’Evangile selon saint Luc : Marie, enceinte de Jésus, rend visite à sa vieille cousine Elisabeth, enceinte elle aussi, de Jean le Baptiste. Elisabeth salue en Marie, la « Mère de son Seigneur ».

Il est bon de se souvenir que cette église a de tout temps été dédiée à la Vierge Marie. D’abord, elle s’appelait Sainte Marie d’Octodure, puis en 1420, Notre-Dame-des-Champs, en référence à la modeste agglomération rurale qui l’entourait à l’époque, et ce, jusqu’en 1575, où elle prit définitivement le nom de « Notre-Dame de la Visitation ».

De part et d’autre du maître-autel, se trouvent deux statues. D’un côté, Charlemagne, qui en raison d’une légende aurait confié le comté du Valais au premier évêque du Valais, saint Théodule ; mais en réalité Charlemagne a vécu bien après Théodule et cette légende a perduré pendant des siècles pour renforcer la légitimité de la donation du comté du Valais à l’évêché.

De l’autre, saint Maurice, en référence à saint Théodule, premier évêque du lieu, dans les années 380 parce qu’il a beaucoup fait pour développer le culte de saint Maurice.

Dans sa partie supérieure, le maître-autel représente les trois personnes de la Trinité. Immédiatement, au-dessus du tableau central, le Fils enfant porte une sphère qui symbolise le monde qu’il bénit. Au-dessus de lui, la colombe symbolise l’Esprit Saint et tout en haut, Dieu le Père avec sa coiffe triangulaire.

Dernière pièce remarquable l’antependium. Pour vous la présenter, voici un article du bulletin paroissial d’août 1934 : « Le 8 juillet, jour de la fête paroissiale, les paroissiens ont eu la joie de constater que l’église s’est enrichie d’un magnifique antependium, c’est-à-dire, devant d’autel, œuvre d’art et de patience due au dessin d’un paroissien, M. André Closuit, artiste de talent, et aux mains expertes de sa sœur, Mlle Laurence Closuit. Cette broderie, remarquable par la richesse et l’harmonie des tons et la finesse de l’exécution, parachève heureusement la splendeur du maître-autel. »

Rejoins la Montée vers Pâques Kids !

Hey les enfants. Que faites-vous à Pâques ? Il y a un super programme pour le début de tes vacances de Pâques. On te propose de participer à la première Montée vers Pâques Kids à Monthey. Trois jours avec les copains et Jésus. Ça te dit ?

Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR

La Montée vers Pâques (MvP) ce sont les trois jours qui précèdent la fête de Pâques. L’Eglise commémore les derniers jours de la vie de Jésus et sa Résurrection. C’est une traversée de la mort à la Vie.

La particularité de la MvP Kids c’est qu’elle rassemble des enfants pour suivre Jésus tous ensemble. Jour après jour, on découvre les événements de la vie de Jésus avec des activités et des célébrations adaptées à leur âge, en alternant bien évidemment avec des moments ludiques et conviviaux. On chante, on joue, on prie, on goûte, on écoute des histoires de la Bible, on partage, on bricole.

A la MvP, on relit l’histoire de la vie de Jésus et on la relie avec notre propre vie. Dans ces événements si intenses, Dieu a un message pour chacun, aujourd’hui. 

Pour qui ? 
Pour les enfants de 3H à 8H. Et quel défi d’avoir une activité avec des enfants de tout âge ! Ça promet d’être animé 😃. Tant mieux, car l’équipe d’animation est bien motivée. On est convaincu qu’ensemble, c’est toujours plus dynamique et qu’on a tous à apprendre des uns et des autres. Pour partager sa foi, il n’y a pas d’âge.

Et enfin, un aperçu du programme (du Jeudi saint 6 avril au Dimanche de Pâques 9 avril).

Les quatre jours forment une unité. En cas d’empêchement c’est possible de s’inscrire pour l’un ou l’autre jour seulement.

Jeudi de 16h30 à 19h 
Pour notre premier soir ensemble, on goûte, on joue, on fait connaissance. On commence avec le dernier repas de Jésus avec ses disciples.

Vendredi de 9h à 16h
C’est le jour de la mort de Jésus… On prépare et anime le chemin de croix.

Samedi de 9h à 12h
C’est l’attente… 
Pour patienter, on va entre autres décorer des œufs et apprendre plein de choses sur les symboles de la Résurrection. 

Samedi soir de 18h à 23h
En bonus, pour les plus grands (7H et 8H), on passe la soirée ensemble et nous célébrons la Résurrection de Jésus à la Veillée pascale. On rejoint pour cette messe les paroissiens de Monthey ainsi que les jeunes.

Dimanche de 9h à 12h
C’est la joie de Pâques qui éclate ! Nous nous rassemblons avec les familles pour un déjeuner festif, une chasse aux œufs et la belle messe de Pâques où nous chantons « Alléluia, Jésus est Vivant » !

Nous nous réjouissons de partager cette première édition avec tous les enfants qui oseront tenter l’aventure ! Bienvenue.

Inscription sur le bulletin ci-dessous.

Contact : Sandrine Mayoraz 079 739 24 22

Descente de croix, Collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption, Romont

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Parmi les œuvres extraordinaires de la Collégiale de Romont se trouve un décor peint du XVIIe siècle. Il représente une descente de croix qui nous invite à méditer cet « entre temps » entre la mort et la Résurrection.

La composition de l’œuvre épouse l’architecture. Le mouvement nous entraîne dans la partie haute, sous l’arc brisé, en passant de l’obscurité à la lumière. 

Dans les parties basses, les anges portent les instruments du supplice, ou Arma Christi. A la droite du visiteur, les clous et la lance (Jean 19, 23. 34). A la gauche du visiteur, la colonne sur laquelle Jésus a été attaché et le fouet (Jean 19, 1). Ces objets mettent en évidence deux temps de la Passion : d’un côté la mort et de l’autre les outrages survenus pendant les étapes du procès. 

Le second registre fait place à de nombreux personnages. Tout à droite, sainte Véronique présente le Voile de la Sainte-Face. Elle fait le lien entre la condamnation et la crucifixion. En effet, si l’épisode n’est pas attesté dans la Bible, la tradition tient que Véronique a essuyé le visage du Christ alors qu’Il portait la croix.

Aux pieds de Jésus se trouve Marie-Madeleine. Sa chevelure est particulièrement soignée. Avec elle, plusieurs des femmes représentées tiennent des mouchoirs. Elles rappellent la parole du Seigneur : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. »(Luc 23, 28) Laissons-nous interroger par cette interpellation : quelles sont nos émotions devant la croix ? Sommes-nous à la place de Marie-Madeleine qui ne voit que le corps de celui qui n’est plus ? Sommes-nous comme le personnage tout à gauche (probablement le donateur) qui est certes à genoux, mais loin de la scène et loin de la lumière ? Ou sommes-nous comme Marie qui n’a pas peur de s’approcher de la réalité de la Passion. Elle porte le corps de son Fils, ne faisant pas l’économie de la mort. Mais, elle est dans la lumière.

Et là est peut-être l’apport le plus intéressant de l’œuvre. La partie la plus lumineuse est celle où se trouve la croix. L’obscurité qui a recouvert la terre (Matthieu 27, 45) se dissipe pour faire place à la Victoire. Une victoire déjà là et pas encore.

Soirée des bonnes nouvelles : renaissance

Après trois années perturbées, la soirée des bonnes nouvelles renaît. Le mercredi 8 février dernier, au rectorat de l’église du Bourg, une quarantaine de personnes se sont rencontrées et ont médité une parole de vie éditée par le Mouvement des Focolari: «Apprenez à faire le bien, recherchez la justice.»

Texte et photo par Florian Boisset

Dans notre marche quotidienne, nous avons toujours quelque chose à comprendre, à améliorer et nous pouvons recommencer en cas d’erreur. Pratiquer la justice nous aide à apprendre à faire le bien.

Dans un deuxième temps nous avons reçu le témoignage d’un responsable de l’institution « Terre des Hommes » qui, par son engagement, contribue à aider les enfants dans quarante pays dans le monde, à guérir de leur maladie. Terre des Hommes à Massongex accueille des enfants de ces pays pour un séjour de convalescence à la suite d’une opération chirurgicale dans notre pays.

Terre des Hommes est particulièrement active au Burkina Faso où la majorité des enfants souffrent de la faim ou de malnutrition. Un responsable local a écrit dans le Journal Courage ce témoignage : « Nous travaillons avec fierté à rendre leur dignité aux personnes déplacées. Lorsque nous prenons en charge un malade et que nous le retrouvons quelque temps après, il nous témoigne de la reconnaissance parce que nous l’avons aidé à aller mieux. Je tire une profonde satisfaction de notre engagement. »

La prochaine soirée des bonnes nouvelles aura lieu le 26 avril à 19h30 au rectorat de l’église du Bourg avec le thème « Contemplation et action ». Bienvenue à chacune et chacun !

A la rencontre d’une catéchumène

Lors de la messe de la Veillée pascale (cette année c’est le Samedi saint au soir, 8 avril), la liturgie invite les fidèles à renouveler leurs promesses de baptême. En outre, depuis les premiers siècles de son histoire, l’Eglise y voit un moment privilégié pour conférer le baptême. C’est ainsi que nous avons voulu donner la parole à Noémie : en tant que catéchumène, elle se prépare à recevoir le baptême, le samedi de l’octave de Pâques, en l’église de Reveurelaz.

Propos recueillis par François-Xavier Mayoraz | Photo : Noémie

Qui es-tu ?
Je m’appelle Noémie et je suis maman d’une adorable et magnifique princesse de quelques mois.

Pourquoi souhaites-tu être baptisée ?
Je demande le baptême pour diverses raisons. 

Je ressens un besoin de renouveau, un besoin d’appartenance, de sentir ma place au sein d’un groupe. Un besoin de me sentir aimée, peu importe mes choix de vie. Un besoin d’écoute sans que l’on puisse me juger. Le besoin d’un nouveau départ… Le baptême saura m’apporter tout cela.

Ta fille recevra le baptême au cours de la même célébration. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
C’est pour moi un événement divin. Partager cet instant d’amour ensemble est magique. C’est justement un départ à nous. Une aventure dans laquelle nous sommes unies et où je pourrais l’accompagner, sans être dans l’ignorance.

Concrètement, comment se déroule le catéchuménat sur nos paroisses ?

Par F.-X. Mayoraz

« Les adultes qui demandent le baptême (et qu’on appelle des catéchumènes) participent à cinq soirées de préparation, au cours desquelles les différents mystères de la vie chrétienne sont abordés. Les jeunes se regroupent également entre eux avec des préparations plus adaptées. Les enfants ont une préparation moins dense, étant donné qu’ils s’inscrivent par la suite dans un cheminement sacramentel avec les préparations aux autres sacrements : pardon, communion et confirmation. »

De Prague à Wislikofen

Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Rencontre avec la Vaudoise Malika Schaeffer. 

Malika Schaeffer.

Par Malika Schaeffer
Photos : cath.ch / Bernard Hallet, DR

Depuis près de deux ans, les catholiques du monde entier sont appelés par le pape François à vivre une démarche synodale, c’est-à-dire à cheminer ensemble (le mot « synode » vient du grec synodos signifiant « le chemin commun ») pour découvrir et discerner ce que Dieu attend de l’Eglise du IIIe millénaire. Un projet à la fois ambitieux, stimulant et porteur d’espérance dans une société dans laquelle les questions religieuses suscitent bien souvent des réactions contrastées. 

Ce « chemin commun », j’ai eu la chance de l’expérimenter de manière concrète comme déléguée en ligne et en compagnie de dix autres délégués suisses dans un ancien couvent bénédictin à Wislikofen (AG) et dans le cadre de l’étape continentale du Synode. Cette étape a réuni à Prague, du 5 au 9 février dernier, 39 régions d’Europe, 150 participants (dont 3 Suisses !) et plus de 500 délégués en ligne pour échanger et débattre autour de l’avenir de l’Eglise. 

Ce condensé d’expérience synodale s’est révélé être un apprentissage intense d’écoute et de décentrement. Derrière mon écran, je me suis en effet trouvée devant une Europe mosaïque, dans laquelle notre Eglise présente une grande diversité d’idées et de mentalités. Toutes vivent cependant une prise de conscience profonde et bouleversante de leurs fragilités, notamment celles liées aux abus. 

En compagnie des autres participants, je vis chaque jour et en direct un déplacement salutaire, émouvant et parfois révoltant. L’Esprit Saint est invité et plane au centre des réflexions, car un consensus se dégage : il est nécessaire que l’Eglise reconnaisse rapidement la vocation et la dignité de tous les baptisés et de tous les charismes. Sans craindre de se briser, l’Eglise devra désormais avoir le courage de vivre avec une série de tensions nécessaires et inévitables dans notre monde sécularisé pour, telle une fine équilibriste, « être dans le monde sans être du monde ».

Dans le jardin avec Lui

Texte et photo par Marion Perraudin

Dans le jardin de l’angoisse avec Lui,
Il faut descendre dans la nuit,
Avec Lui dans le silence,
Dans le jardin des souffrances,
Malgré le poids de la fatigue,
Posons notre regard sur Lui, veillons et prions avec Lui.

Dans le jardin de l’angoisse avec Lui,
Il faut descendre dans la nuit,
S’agenouiller avec Lui,
Dans le jardin des ténèbres et de l’aridité
Il nous enseigne à faire la volonté,
Du Père de Miséricorde, d’Amour et de Tendresse.

Dans le jardin de l’angoisse avec Lui,
Il faut descendre dans la nuit,
Pour accueillir la promesse du Salut
Dans le jardin des larmes et du désarroi,
Levons les yeux vers ses bras étendus sur le bois du supplice
Pour entrer dans l’attente de l’Aube nouvelle.

Dans le jardin du matin nouveau,
Il faut descendre à l’aurore,
Pour attendre la Lumière sans déclin,
Qui a vaincu toute mort,
Dans le jardin de la joie 
Il nous attend pour nous donner sa Vie.

Dans le jardin du renouveau et de l’allégresse,
Par cette aube nouvelle, 
Elevons nos cœurs et nos mains,
Le Christ nous rejoint pour nous faire revivre.
Dans le jardin de nos aujourd’hui,
Portons la Lumière du Christ Ressuscité, 
Pour faire de chaque matin l’aube nouvelle du matin de Pâques.

Oui, la Lumière a vaincu les ténèbres
Oui, la Vie a vaincu la mort
Alléluia, Christ est Vivant.

La Veillée pascale : quatre symboles pour la Vie

Au cœur de la nuit, la Veillée pascale fête, honore, célèbre le passage de la mort à La Vie ! C’est une longue messe et pourtant si belle si nous la vivons intensément au rythme des quatre symboles, comme quatre étapes, comme quatre passages. 

Par Sandrine Mayoraz

Ce que Dieu a fait pour l’Humanité cette nuit est… incommensurable, inimaginable, indicible. C’est un mystère. Tellement difficile à saisir pour notre esprit humain, que l’Eglise nous a donné quatre symboles pour nous aider à passer de la mort à la Vie.

Le feu

Dehors, tard, dans la nuit noire, les gens arrivent, s’amassent autour d’un feu. Le prêtre allume le Cierge pascal. La nuit n’est plus « nuit ». Fragile, la Lumière est là. Elle se transmet. Chacun allume sa bougie au grand Cierge Pascal, qui signifie que Jésus, le Christ est notre Lumière. Nous marchons à Sa Suite. Dieu nous fait passer de la nuit à la Lumière. 

La Parole de Dieu

Nous ouvrons le grand livre de la Bible et prenons pied dans la famille de tous ceux à qui Dieu se révèle. C’est long… Elle raconte le passage du néant à la création, de l’esclavage à la liberté du peuple hébreu, les prophètes qui ont annoncé la venue du Messie. Au fil des pages, Dieu parle, Dieu agit, Dieu fait alliance, Dieu aime, Dieu sauve ! Accomplissement des Ecritures, Celui que nous avons cherché est ressuscité : « Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. » (Mt 28)

L’eau

Puis, vient le moment de faire le lien entre la Résurrection du Christ et notre propre baptême. Le prêtre nous asperge d’eau bénite pour que nous nous souvenions de notre baptême, de ce passage à une vie renouvelée avec Dieu. Ainsi, la Veillée pascale est la nuit privilégiée pour les baptêmes : cinq adultes de nos secteurs sont baptisés à la Cathédrale de Sion, tandis que deux adolescentes et dix enfants scolarisés seront baptisés dans nos paroisses. 

L’eucharistie

Comme l’aboutissement de tout ce qui a précédé : nous rendons grâce au Père qui a ressuscité Jésus. Nous vivons le passage mystérieux du pain et du vin qui deviennent le Corps et le Sang de Jésus Christ. Il se donne à nous en nourriture pour qu’en le recevant nous vivions de Sa vie !

Ces quatre symboles sont des indicateurs de la grandeur de ce que Dieu Trinité a réalisé par Amour pour l’Humanité et pour chacun personnellement. Non seulement Dieu est Lumière mais il veut que nous soyons Lumière. Ce que Dieu a, il nous le donne, il nous l’offre par Amour. Sa Vie, Jésus nous l’a donnée pour que nous vivions de cette Vie en plénitude. Incroyable ? et pourtant véridique. Un mystère à contempler avec gratitude. 

A tes crayons ! Colorie les quatre symboles de la Veillée pascale.

Les végétaux connectés

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Cicéron montre que le terme religio (religion) vient de legere (« cueillir, ramasser ») ou encore religere (« recueillir, récolter »). Nature et religion sont donc liées et ne sont rien sans le vivant : les dernières recherches scientifiques sur les végétaux nous indiquent qu’ils possèdent un langage, une communication, qui en fait des êtres vivants à part entière faisant partie intégrante du monde religieux.

Quels sont les éléments principaux du langage des plantes ?

Les couleurs et les formes

Nous savons que les fleurs violettes ou bleues attirent plus facilement les abeilles, car celles-ci perçoivent très bien les couleurs dans cette partie du « spectre visible ». Les fleurs blanches en revanche sont plus visibles la nuit et attirent les papillons de nuit. 

La chimie

Les plantes envoient et reçoivent des signaux souvent au moyen de composés organiques. Il s’agit d’informations destinées à les protéger, elles ou leurs congénères, ou à permettre leur reproduction. Dans le sol, les poils fins des racines des plantes peuvent par exemple reconnaître les signaux chimiques d’autres plantes. Les racines de certaines plantes cessent de croître dans la direction de leurs congénères. Des arbres et d’autres plantes vivent en symbiose avec les champignons : les champignons rendent les aliments difficilement disponibles dans le sol accessibles pour la plante, qui en retour produit dans ses feuilles des composés organiques qu’elle met à disposition des champignons comme nourriture via ses racines. Ce réseau relie même des plantes entre elles. Par exemple, les haricots peuvent avertir leurs congénères s’ils sont attaqués par des pucerons, via le réseau de racines et de filaments de champignons, afin que les haricots sains puissent produire aussi les substances de défense correspondantes.

Les sons

Les racines font des sons en émettant des bruits dans la fréquence des ultrasons. La question que se posent les scientifiques est de comprendre comment les autres végétaux peuvent capter ces signaux sonores. Une telle découverte nous permettra d’enrichir notre approche de la communication entre les êtres vivants en incluant les végétaux. 

Retrouvons le dialogue avec les végétaux : les végétaux nous donnent une leçon d’humilité, nous rappelant que l’être humain n’est pas le sommet du monde vivant, mais une composante de la vie. Comme saint François d’Assise, nous disons : « Loué sois-Tu, mon Seigneur, pour sœur, notre mère la Terre, qui nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »

Dieu ne se moque pas de l’homme, Il le ressuscite !

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur

Ayant notre origine en Dieu, nous les humains, nous avons – lors de toute notre vie – une faim de Lui. Notre nostalgie du Créateur ne peut être comblée que par Lui-même.

La résurrection du Christ, et en Lui la nôtre, est une preuve que Dieu ne s’est pas moqué de l’homme en le créant comme un être ayant faim de plénitude de la vie. La résurrection est une réponse définitive de Dieu à notre faim, à notre nostalgie de Lui. Là se trouve également une réponse à la question : qui est l’homme ?

Il est une merveille ! Il est unique, créé par Amour. Grâce à sa liberté, il peut entrer en relation avec son Créateur, mais il peut aussi gâcher sa vie, aller vers la mort. Chaque matin, nous recevons des nouvelles chances, de sanctifier ou détruire les instants de notre vie.

Croyant à la résurrection, nous croyons en nous-mêmes, créatures venant de l’Eternel, de l’Immortel. Chacun de nos pas, ainsi que nos œuvres, nos efforts, nos gestes et sourires reçoivent une valeur infinie.

Croyant à la résurrection, j’apaise ma faim de Dieu et je me dirige droit vers une communion définitive avec Lui.

Grâce à la résurrection du Christ, ma vie brille de la lumière de l’espérance : Mon Maitre m’assure que je vivrai à jamais, comme Lui, car je suis aimé !

Joyeuses et fructueuses fêtes de Pâques, chères paroissiennes et chers paroissiens !

On leur dit merci ! Des servants de messe témoignent

Avec Cay et Mats

Propos retranscrits par une maman (Isabel) | Photo : Nicolette Micheli

Avec Cay, Mats et Nola.

Depuis août 2022, Cay (une fille) et Mats (un garçon), des jumeaux d’une dizaine d’années, servent la messe dans les paroisses du Haut-Lac. On les rencontre aussi bien à Vionnaz qu’à Vouvry, au Bouveret qu’à Port-Valais. Leur maman les a interrogés. Ils nous parlent avec spontanéité et fraîcheur de leur récent engagement.

Pourquoi as-tu décidé de devenir servant.e de messe ?
Cay : parce que je trouve que c’est plus intéressant de participer à la messe en haut des marches que de rester assise dans les bancs.
Mats : j’ai toujours été curieux de regarder derrière les coulisses et j’ai voulu mieux comprendre ce qui se passe autour de la préparation d’une messe.

Est-ce que tu as eu des modèles chez tes amis ou dans ta famille ?
C. : j’ai quelques cousins et cousines et mon parrain en Allemagne qui ont été servants de messe. Ma mère n’avait pas le droit de le faire à l’époque, les filles n’étaient pas admises dans les années 80.
M. : mes deux grands-pères étaient déjà servants de messe et j’ai aussi des amis en Allemagne qui le sont.

Quel est le moment de la messe que tu préfères ?
C. : j’aime bien la partie de la Sainte communion et la préparation qui précède.
M. : j’aime beaucoup souhaiter la paix du Christ aux gens en passant dans les bancs.

Selon toi, que devrait-on changer dans la messe ?
C. : la musique et les chants pourraient être un peu plus dynamiques et modernes. L’homélie est toujours difficile à suivre. Le message n’est parfois pas clair pour moi.
M. : ce serait sympa de pouvoir participer encore plus pendant la messe. Parfois on est juste debout ou assis à ne rien faire.

Quels mots te viennent spontanément à l’esprit quand tu penses à « servant de messe » ?
C. : l’hostie… et le chocolat à la fin.
M. : les clochettes… et l’apéro à la fin.

Avec Lucas

Propos recueillis par Nicolette | Photo : Caroline Andenmatten

Avec Lucas (portant la croix) à droite de la photo.

« Suite à ma première communion, j’ai décidé de m’engager en tant que servant de messe à la paroisse du Haut-Lac. Cette expérience m’a permis de servir Dieu, d’apporter mon aide aux prêtres et de participer à des moments clés de la vie de la paroisse : comme la messe du 200e de l’église de Vouvry avec Mgr Lovey et la Fête-Dieu. J’ai participé à l’adoubement des servants de messe ou encore à la confirmation des plus jeunes. Chaque année, il y a la soupe de carême préparée par les enfants de chœur, la veillée du Jeudi saint. J’ai apprécié les rencontres avec les servants d’autres paroisses, le Théocamp à Revereulaz, les moments de partage ou de jeux avec les autres servants. 

Lucas est un jeune ado. Il sert fidèlement la messe depuis plusieurs années à Vouvry. Il nous partage ses réflexions sur son riche parcours et aussi le plaisir qu’il a eu lors des rencontres avec des servants d’autres paroisses, lors des sorties annuelles et des camps d’été.

A l’occasion de cet article, je remercie toutes les personnes qui nous accompagnent durant l’année dans ces moments de partage et aussi les personnes qui m’ont fait grandir au cours de tous mes parcours : pardon, première communion et confirmation. »

Statue du Christ-Roi, Lens, Valais

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

La Solennité du Christ Roi de l’Univers nous rappelle
que sa royauté n’est pas de ce monde.

La tradition des statues monumentales du Christ est bien connue, en particulier grâce à son plus illustre représentant, le Christ Rédempteur de Rio. Lens y participe, en accueillant une statue haute de 30 mètres, érigée en 1935 pour les 1900 ans de la mort de Jésus. 

Ici, le Christ est représenté portant la croix dans sa main gauche et le bras droit levé. Il ne fait pas l’économie de la Passion, mais la mort est vaincue et là réside notre espérance.

Les chemins qui permettent de rejoindre la base de l’œuvre sont très symboliques. Il est possible de choisir entre un sentier escarpé bordé des stations du chemin de croix et un itinéraire plus doux qui passe par un oratoire consacré à Notre-Dame de Lourdes. Les métaphores sont belles, une voie plus difficile, qui nous fait monter avec le Christ qui a souffert ; une voie plus douce, avec la Vierge Marie qui nous guide et nous accompagne. 

Si la Solennité du Christ-Roi de l’Univers nous rappelle que sa royauté n’est pas de ce monde (Jean 18), elle souligne aussi que ses souffrances sont bien réelles. Jésus n’en a pas fait l’économie, mais, « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Selon les années liturgiques, les textes que nous lisons ce dimanche-là sont ceux de la Passion. Jésus crucifié ne descend pas à l’invitation des moqueurs, mais écoute et accueille celui qui a été condamné avec Lui (Lc 23, 35-43).

Monter voir la statue du Christ-Roi de Lens, c’est à la fois reconnaître la Gloire de Dieu et dire : « Jésus, souviens-Toi de moi quand Tu viendras dans ton Royaume. » (Luc 23, 42)

Connaissez-vous opłatek?

Par Anne-Marie Colandréa | Photos : Divers

Opłatek (qui se prononce : ɔˈpwatɛk) est une vieille tradition catholique de l’est-européen qui se pratique en période de Noël. Elle demeure incontournable pour toutes les familles et communautés polonaises répandues dans le monde. 

Ainsi, à la paroisse Sainte-Thérèse, chaque année à la mi-janvier, nous pouvons voir la communauté sœur des familles polonaises s’activer dans les locaux paroissiaux. 

Pour l’occasion, se dresse également le décor d’une crèche vivante. Celles et ceux qui resteront à la suite de la messe en langue polonaise, verront des enfants devenus petits moutons, bergers, rois mages, personnages de la vie quotidienne. Ils viennent à tour de rôle présenter leurs vœux, leurs cadeaux et leurs chants à un poupon bercé dans les bras d’une toute jeune Marie aux côtés d’un Joseph non moins enfantin. C’est un émerveillement face à l’enfance qui nous porte à se remémorer le miracle de la naissance de l’Enfant-Jésus. 

Mais connaissons-nous le sens de cette tradition ? Opłatek est du pain azyme béni par le prêtre, le plus souvent de forme rectangulaire, gravé d’un délicat dessin (telle une broderie représentant le Christ ou encore la Vierge Marie et son enfant, etc.). C’est l’offrande que l’on s’échange en famille, entre amis et qui représente le partage, la joie, le pardon, la paix, et autant de vœux que l’on se souhaite avant Noël ou comme ici à l’aube d’une nouvelle année. 

Et comme tout geste familial et convivial, la communauté paroissiale polonaise se retrouve autour d’agapes où chaque famille apporte son plat préféré alors que d’autres expriment leurs talents en direct dans la cuisine paroissiale. 

Un délice des sens, la satisfaction de la fête qui ouvrent les cœurs. C’est aussi le temps des retrouvailles, de l’accueil des nouveaux venus, geste essentiel pour la vie d’une communauté et tout spécialement pour ceux et celles qui vivent loin de leurs terres d’origines. Une invitation à choyer nos traditions religieuses respectives et à communiquer entre communautés.

Cana-Myriam – La Rochette

Joëlle Carron.

Que devient la Maison «Cana-Myriam», appelée également «La Rochette» et sise à la sortie de Muraz en direction de Vionnaz? En voici un aperçu avec Joëlle Carron: elle est au cœur du projet socio-pastoral qui se met progressivement en place.

Par Joëlle Carron | Photos : « Coloc Cana », DR

C’est en septembre 2021 que le Conseil de fondation s’adresse à la Maison de la Diaconie et de la Solidarité1 pour faire revivre la magnifique maison de La Rochette, occupée jusqu’en 2017 par la communauté Cana-Myriam. En étroite collaboration avec les membres du Conseil de fondation (Pierre-André Lattion, Gilles Vuille, François Bressoud et Yves Tabin – à qui Alexis Turin succède fin 2022), une équipe de projet se met alors en route. Sa mission ? Discerner ce qui pourrait être le dessein de Dieu pour ce lieu hors du commun et mûrir un projet stimulant et viable.

Laudato Si

Consacrée aux questions environnementales et sociales, à l’écologie intégrale et à la sauvegarde de notre maison commune, la Terre, l’encylique Laudato Si publiée en 2015 par le pape François, nous invite à une approche globale intégrant écologie et développement humain. La situation paisible de la maison, en pleine nature tout en étant à quelques pas du village de Muraz, et le grand terrain qui l’entoure, incitent très naturellement à mettre en valeur la beauté de la propriété en la mettant au service des impulsions de Laudato Si. 

Une maison d’Eglise, au service de tous

Dès août 2021, l’équipe de la Maison de la Diaconie se rend disponible plusieurs jours par semaine pour permettre le redémarrage de la maison. Très vite, les premiers habitants prennent leurs quartiers dans l’aile droite de La Rochette. Rassemblant six jeunes adultes, étudiants ou déjà dans la vie active, la coloc’ est une présence permanente, qui ouvre volontiers ses portes aux gens du village ou de la région. Ainsi tous sont invités à rejoindre La Rochette le mardi soir, pour la messe de 19h et/ou le souper qui suit. 

L’espace intermédiaire entre les deux ailes de la maison est courant 2022 rafraîchi avec soin par des bénévoles. En janvier 2023, tout est prêt pour accueillir, un samedi par mois, une petite buvette, une friperie et des ateliers, sous la responsabilité de Corine Rebord et Fiorella Bürki, toutes les deux en charge de l’animation spirituelle à l’hôpital de Malévoz. Leur idée ? Proposer un accueil, une écoute, un lieu bienfaisant face à la solitude ou la maladie psychique.

Les extérieurs sont également mis en valeur, grâce à l’association Terra Durabilis. En automne 2022, la rosace existante est remise à neuf, avec ses herbes aromatiques et médicinales. Un magnifique jardin communautaire en permaculture est en création. 

En parallèle, l’équipe de projet et le Conseil de Fondation travaillent sur les plans de rénovation de l’aile gauche de la maison. Elle accueillera dès le printemps 2024 un projet de logement pour femmes en difficulté psychique, financière ou sociale, donnant suite à la tradition d’accueil chère à l’ancienne communauté Cana-Myriam.

Touche par touche, la propriété de La Rochette reprend progressivement vie et se fait belle. La maison se veut ouverte sur l’extérieur, en lien avec la paroisse et le village. Bienvenue !

1 La Maison de la Diaconie est le pôle de compétences des Eglises catholique et réformée en Valais pour la solidarité et le service des plus pauvres.

Bible et archéologie

Par l’abbé David Roduit
Photo : Pixabay

C’est le week-end du dimanche de la Parole institué par le pape François que je rédige cet éditorial qui porte sur mon expérience du rapport entre Bible et archéologie.

Je ne peux pas du tout me réclamer de compétences archéologiques, même si, dit avec humour, j’aime creuser les choses, aller en profondeur et ai d’ailleurs toujours été intéressé par l’histoire.

En fait, je voudrais revenir avec vous sur un ou deux souvenirs de mes années d’études au séminaire et à l’université.

Un premier souvenir se passe lors d’une retraite d’Avent au Simplon où le prédicateur jésuite avait évoqué le livre des archéologues Israël Finkelstein et Neil Asher Sibermann, la Bible dévoilée. L’historicité de la conquête cananéenne après l’Exode, comme expliquée dans les Ecritures, était clairement relativisée. J’avais été troublé par ces affirmations, à l’instar d’autres critiques produites par les sciences historiques sur ce qui me semblait gravé dans le marbre de la Bible et de mes certitudes… à défaut de l’être dans les pierres découvertes (ou non) par les archéologues…

A contrario, mes études me permirent de suivre un cours de traduction du Grand Rouleau d’Isaïe, un des manuscrits bibliques découverts à Qumrân en 1947. Alors que dans l’imaginaire de beaucoup les manuscrits de la Mer Morte sentaient le mystère et peut-être un peu le soufre, j’ai été très rassuré de ce que j’y découvrais et apprenais. Si tout est moins simple que l’on se représente au premier abord, la fiabilité de notre texte biblique actuel est très largement confirmée. D’autres cours m’ont appris la vraisemblabilité historique de telle ou telle pratique ou coutume décrite dans les Ecritures saintes. Il est également devenu quasi impossible de mettre en doute l’historicité de la personne de Jésus, comme on avait pu le faire dans des universités au XIXe siècle.

Il ne me fallait donc pas être effrayé des résultats des découvertes historiques, même si elles avaient dans un premier temps ébranlé ma foi. Je devais par contre affiner ma lecture de la Bible, en connaissant mieux les différents genres littéraires utilisés (récits d’origine ou récits mythiques, épopées, évangiles…). La non-historicité de certains faits racontés dans la Bible me permit de mieux comprendre que c’est un message de foi qu’elle désirait transmettre, l’expérience de Dieu d’un peuple. Certains événements ont ainsi été relus dans une perspective croyante et amplifiés théologiquement.

C’est ce sens qui vient me rejoindre aujourd’hui et qui me fait vivre !

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