La Bible en fête

La foi tragique n’est pas une obligation, ni même une option. Pourtant, à voir certains chrétiens, la joie ne semble pas aller de soi, alors que la Bible appelle constamment à la fête. Sylvain Detoc (op.) expose comment se réconcilier avec la vertu de fête.

Pour le dominicain, la fête est l’expression de la joie à travers tous nos appareils de rites.

Par Myriam Bettens | Photos : M. Bettens, DR

La fête ne devrait-elle pas être une option pour le chrétien ?
Je l’ai souligné d’entrée de jeu, c’est même un commandement ! Vu le nombre de fois où la Bible nous invite à célébrer Dieu à travers la fête et à accueillir dans la réjouissance la vie avec Lui, cela démontre que ce n’est pas une proposition accessoire que l’on peut ressortir selon notre humeur. La festivité est vraiment dans le flux de la Révélation et elle court des premières aux dernières pages de la Bible. La caisse de résonance existentielle de cette réalité se trouve pour le chrétien dans la liturgie.

Pourtant, les passages invitant à la fête sont souvent sur le mode impératif. Est-ce à dire que l’humain n’est pas « programmé » pour ça ?
Cela donne en tout cas le sentiment que cette festivité risque de ne pas être spontanée, qu’il va falloir fournir un effort. Ce constat est inattendu, même un peu paradoxal pour nous. S’il y a quelque chose de spontané, c’est bien la fête ? Eh bien, non ! On peut la comparer au commandement de l’amour, car au-delà des sentiments et des impressions immédiates, le vrai amour suppose que nous l’alimentions, le mettions en mouvement. La fête c’est pareil, à un moment donné, on doit y mettre du sien et entrer dans cette dynamique.

D’ailleurs, dans l’anthropologie divine, la fête structure l’espace et le temps des hommes. Celle-ci a donc bien une fonction primordiale…
Il y a de toute évidence un élément structurant de la société, avec des temps de retenue et d’autres qui correspondent à la manifestation de quelque chose qui déborde. Prenez les noces de Cana, les exégètes estiment que Jésus aurait produit six cents litres de vin ! Une quantité complètement démesurée par rapport aux besoins. La fête, dans la Bible, n’est pas teintée de retenue, mais l’expression de l’amour exorbitant, hyperbolique de Dieu. Malheureusement, la théologie, surtout latine, est encore très marquée par l’ombre portée de la doctrine de saint Augustin ou plutôt ce qu’on en a fait, c’est-à-dire l’augustinisme : en ne relevant trop souvent que les accents pessimistes d’une nature humaine blessée par le péché et l’impossibilité que beaucoup soient sauvés.

Les chrétiens ont bien du mal à entrer dans ce commandement biblique et lui préfèrent trop souvent une foi tragique…
Le sujet qui fâche ! (rires). Effectivement, il y a comme une toile de fond tragique dans le christianisme. On peut invoquer plusieurs facteurs. Il y a des verrous culturels, auxquels je ne crois pas trop et d’autres psychologiques. Mais le verrou principal me semble être théologique, en étant persuadés qu’il faut purifier la foi des scories qui n’appartiennent pas à la Révélation biblique. Or, la toile de fond de cette Révélation n’est pas tragique. Au contraire, elle nous parle de la bonté de Dieu, de cet amour absolu et éternel, qui appelle à exister. C’est extrêmement intéressant, car cela signifie que les créatures ont été produites par cet amour. Elles n’en sont donc pas le stimulus puisqu’elles n’existaient pas ! C’est plutôt l’amour de Dieu qui a fait surgir cette existence.

Comment se réconcilie-t-on avec la vraie fête, celle à laquelle Dieu nous invite ?
La fête est l’expression de la joie à travers tous nos appareils de rites et d’usages locaux. L’Evangile appelle à un dépassement de la fête naturelle vers une festivité surnaturelle, mais ce « débordement » ne peut avoir lieu que quand l’homme blessé par le péché se découvre aimé de Dieu et pardonné. Il y a là un haut lieu évangélique de la fête.

Bio express

Sylvain Detoc est né à Rennes, en 1979. Il a effectué un doctorat en littérature et quatre années d’enseignement à la Sorbonne. Il est entré chez les dominicains en 2008, puis a été ordonné prêtre à Toulouse en 2015. Il étudie et enseigne la patristique à l’Université catholique de Lyon durant deux ans (2018-2020) avant de revenir à Toulouse pour terminer sa thèse de théologie (2022). Sylvain Detoc enseigne la doctrine des Pères de l’Eglise à l’Institut catholique de Toulouse et à l’Angelicum, à Rome. Il est l’auteur de La gloire des bons à rien et Déjà brillent les lumières de la fête. 

Calice et crucifix de Jean-Pierre Coutaz

La croix, la montagne et le calice selon Jean-Pierre Coutaz.

Par Amandine Beffa | Photos : Jean-Claude Gadmer, DR

L’exposition Entre terre et ciel, organisée à l’abbaye de Saint-Maurice, est l’occasion de (re)découvrir une partie de l’œuvre de Jean-Pierre Coutaz 1.

L’artiste valaisan a participé à la décoration de plusieurs églises en Suisse romande, faisant appel à des techniques variées. Son travail s’inspire profondément de sa région.

Le cloître de l’abbaye propose un cheminement entre terre et ciel, à travers la thématique de la montagne. Le trésor, quant à lui, accueille trois œuvres religieuses : un calice, une station de chemin de croix et un Christ. Les trois objets sont à la fois très contemporains et très ancrés dans le terroir. 

Il est dit de Jean-Pierre Coutaz qu’il « puise son inspiration dans des vignes désaffectées dont les pieds noueux et tordus de douleur expriment, on ne peut plus naturellement, les souffrances endurées par le Christ dans sa montée au Calvaire ». 

Arrêtons-nous en particulier sur le Christ. Ce qui frappe dès le départ, c’est l’absence de croix. Le Christ n’est pas en croix, il est croix. 

Il n’a pas de visage, son corps est tordu, il a de très grands bras. La collaboration entre l’artiste et la nature donne un résultat très brut. 

Un des chants du Serviteur souffrant résonne dans nos oreilles à la contemplation de cette œuvre : « De même que les foules ont été horrifiées à son sujet – à ce point détruite, son apparence n’était plus celle d’un homme […]. Devant Lui, celui-là végétait comme un rejeton, comme une racine sortant d’une terre aride ; il n’avait ni aspect, ni prestance tels que nous le remarquions, ni apparence telle que nous le recherchions. »

Il était méprisé, laissé de côté par les hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, tel celui devant qui l’on cache son visage ; oui, méprisé, nous ne l’estimions nullement. 

En fait, ce sont nos souffrances qu’il a portées, ce sont nos douleurs qu’il a supportées […] et dans ses plaies se trouvait notre guérison. » 2

1 Entre terre et ciel, abbaye de Saint-Maurice, jusqu’au 2 novembre.
2 Es 52, 14-53, 5, traduction œcuménique de la Bible.


Pour le Royaume (Matthieu 19, 10-12)

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Tout état de vie bénéficie de la grâce du Seigneur : que nous soyons célibataires, en couple ou mariés. Pourvu que cela soit pour le Royaume. Il y a d’ailleurs des diacres permanents (et des prêtres dans les Eglises orientales), mariés ou célibataires, qui restent dans la situation où ils se trouvent au moment de leur ordination. Ainsi, le célibat n’est pas « supérieur » aux yeux de Dieu et de l’Eglise par rapport à l’état matrimonial.

Quand Jésus parle du couple et du divorce, il ajoute des réflexions sur les « eunuques » en distinguant ceux qui sont nés ainsi dès le sein de leur mère (sans pouvoir avoir donc de descendance), ceux qui le sont devenus par l’action de l’homme (comme dans les harems orientaux ou pour garder une voix de falsetto, d’enfant) et ceux qui le choisissent pour signifier le don total d’eux-mêmes dans le célibat consacré au sein de la vie religieuse ou presbytérale (Matthieu 19, 10-12). Ce qui compte donc pour le Christ, c’est de vivre sa situation de vie au mieux, en cherchant à accomplir la volonté du Père et en œuvrant pour la venue de son Règne.

Qu’en est-il dès lors des « célibataires malgré eux(elles) » et des veufs et veuves supportant mal leur solitude ? Faut-il constituer des groupes de partage et de rencontre, y compris en Eglise, pour les aider à trouver l’âme sœur et à (re)constituer un couple ? « Il n’est pas bon que l’homme (ou la femme) soit seul(e) », dit le Créateur, qui ensuite amène à Adam une répondante qui lui correspond, parce qu’elle est « l’os de ses os et la chair de sa chair » et qu’elle s’appelle « la Vivante » (Eve) (Genèse 2, 23).

A part les célibataires heureux(ses) de l’être parce que l’ayant choisi et les consacrés, tous ceux et celles qui « subissent » cet état sont donc invités à tisser des relations et pourquoi pas, à bâtir un amour qui comble leur cœur. Tout est une question alors, évidemment, de discernement : mieux vaut rester seul(e) dans un « cadre supportable » que de vouloir à tout prix se risquer dans un engagement hasardeux et de connaître ensuite une existence pénible, voire une rupture.

Les sites dits « de rencontres » peuvent conduire parfois au bonheur, mais ils sont encombrés de personnes dont l’équilibre affectif et psychique ne leur permet pas de rendre heureux(se) un(e) partenaire. Confiance et prudence donc.

«La der» pour deux piliers de la vie paroissiale

Textes et photos par Claude Jenny

La veille du week-end pascal s’est déroulée à Cugy l’assemblée paroissiale annuelle réunissant 50 personnes qui ont avalisé à l’unanimité les comptes de l’année dernière. Une assemblée particulière puisque ce fut « la der » pour le président Alexandre Duc (photo ci-contre) et également pour Christiane Volery, membre du Conseil (lire en pages 14 et 15 les articles les concernant). Ils ont été remerciés et fêtés.

Une paroisse franche de toute dette !

Cette assemblée, dite des comptes, a permis au responsable du dicastère des finances, Alexandre Bersier, de présenter et de commenter de manière détaillée les comptes de la paroisse pour le dernier exercice. Des comptes qui font apparaître une situation saine, car si le bénéficie est maigrichon, une coquette somme a été affectée à la réserve et, a relevé le « ministre des finances », « la paroisse est désormais exempte de toute dette puisque nous avons remboursé la dernière hypothèque ». 

L’exercice boucle avec un petit bénéfice de 6600 fr. mais une somme de presque 2 millions (1,97 million) a été attribuée aux réserves en vue des dépenses futures pour certaines rénovations. C’est d’ailleurs aussi sur les réserves qu’un montant de 1,545 million a été prélevé durant l’exercice pour financer les travaux de rénovations payés en 2024. Le résultat de l’exercice est donc largement positif, de l’ordre de 425’000 fr. avant investissements. Sur l’ensemble des comptes de fonctionnement, les écarts par rapport aux budgets ont été peu nombreux et aisément explicables. Le bilan est lui aussi dans la ligne du précédent.

Une situation saine, qui a fait dire à Alexandre Bersier que la paroisse dispose de liquidités pour assurer le présent et les dépenses prévisibles. Il n’a pas caché que la situation pourrait se détériorer à l’avenir avec la baisse des rentrées liées à l’impôt ecclésiastique, tout en s’étonnant que, avec le boom immobilier que connaît la région, les revenus destinés à la paroisse ne prennent pas l’ascenseur ! Mais il y a un décalage forcé entre les déclarations des nouveaux habitants et les rentrées effectives. 

Tout en relevant qu’il importait de ne rien amputer à tout ce qui touche à l’activité pastorale – ce qu’il appelle notre « corps de métier » – Alexandre Bersier en appelle à une gestion encore plus rigoureuse de la manne paroissiale en professionnalisant encore davantage la gouvernance, en provoquant des synergies et en communiquant mieux. 

Le responsable des finances a relevé et remercié le précieux travail effectué par son « assistante » en la personne de Séverine Rey-Pillonel, responsable de la trésorerie au sein de l’équipe administrative de la paroisse. Il a salué l’excellence de son travail et l’efficace collaboration avec elle pour assurer un suivi régulier de la santé financière de la paroisse.

Alexandre Bersier et, à gauche, la trésorière Séverine Rey-Pillonel.

Investissements achevés et en cours

Le président Alexandre Duc a donné toute une série d’informations sur les investissements réalisés l’année dernière et sur ceux qui sont actuellement en cours.

En 2024, ils ont porté sur l’entretien de l’église de Cugy et la rénovation intérieure de la cure, à Estavayer sur des travaux à la collégiale (sacristie et façade) et à Lully sur des travaux de drainage. Les budgets ont été tenus. S’agissant des travaux en cours, ils portent sur la rénovation de la cure de Forel, la rénovation intérieure de l’église de Rueyres, l’entretien de la toiture de l’église de Nuvilly et la fin des travaux à l’église de Seiry.

Election complémentaire : une élection tacite

Une double élection complémentaire au Conseil de paroisse était agendée à juin dernier avec dépôt des listes avant le 12 mai à midi. Alexandre Bersier a annoncé à la récente assemblée paroissiale qu’une « Liste pour une paroisse dynamique et attrayante », et comprenant 2 noms avait d’ores et déjà été déposée. Aucune autre liste n’ayant été déposées dans le délai, cette double élection est donc tacite. Les deux nouveaux élus sont Mario Cantillo, comptable, de Granges-de-Vesin et Cédric Martin, inspecteur de sinistres, de Châtillon. 

Un nouveau document pour présenter la paroisse

Alexandre Bersier a dévoilé, lors de la dernière assemblée paroissiale, un document intitulé « Rapport d’activité 2024 ». En fait, il s’agit davantage d’une plaquette de présentation de la paroisse au travers de ses diverses activités et actrices et acteurs. Au niveau chiffre, il donne une version résumée des comptes et du bilan 2024 ainsi que l’état des investissements. 

Ce document est consultable sur le site internet de la paroisse (www.paroisse-st-laurent-estavayer.ch) et en version papier au secrétariat paroissial.

La paroisse, un partenaire économique important

Le responsable des finances l’a martelé à plusieurs reprises durant la dernière assemblée : une paroisse, ça pèse lourd pour l’économie régionale ! Ainsi, Alexandre Bersier l’a résumé en trois volets dans le document « Rapport d’activité 2024 » :

– en tant qu’employeur, la paroisse a versé 985’000 fr. de salaires annuels en moyenne sur 5 ans ;

– en tant que propriétaire immobilier, elle a consacré en moyenne 860’000 fr. par an pour les investissements et les frais d’entretien ;

– en tant que bienfaiteur, elle a versé en moyenne 90’000 fr. de dons aux sociétés locales.

Un nouveau slogan pastoral

La paroisse adoptera un nouveau slogan pastoral, a annoncé l’abbé Darius. Il sera diffusé dès la rentrée de septembre et portera sur le thème de l’espérance.

Parmi les chantiers à venir….

Le train paroissial ne s’arrête jamais… Même s’il ne saurait être comparé à une entreprise, par certains aspects, il exige une gestion rigoureuse.

Parmi les chantiers à venir, Alexandre Bersier a notamment cité un plan d’investissement affiné pour les prochaines années, l’élaboration d’un projet complet pour l’archivage des documents de toutes les communautés de la paroisse, un inventaire de toutes les croix éparpillées sur tout le territoire paroissial et le lancement cet automne d’une nouvelle application Mychurch – en collaboration avec Saint-Augustin SA – qui offrira toutes les informations en permanence via son smartphone. Une liste non exhaustive !

Tous à Aumont le 21 septembre !

Une date à noter dans l’agenda : le dimanche 21 septembre ! L’habitude de prévoir un dimanche communautaire à l’occasion de la rentrée pastorale d’automne, avec une seule messe pour toute la paroisse, sera reconduite cette année. Après Cheyres en 2023 et Bussy en 2024, c’est la communauté d’Aumont qui accueillera cette année ce rendez-vous pastoral. Et comme à Cheyres, la messe dominicale se déroulera dans la grande salle communale et non à l’église. Une partie festive prolongera la célébration.

Célibat!

Le pape François bénissant des séminaristes français en décembre 2023 lors d’une audience à Rome.
RIP pape François 1936-2025.

Par Thierry Schelling
Photos : Antoine Mekary / I.Media, DR

On en parle de moins en moins, mais quand on l’évoque, c’est celui des prêtres en priorité : le célibat ! En décembre 2023, s’adressant aux 600 séminaristes français en visite à Rome, François l’avait rappelé : « Personne n’a le droit de changer la nature du sacerdoce et personne ne la changera jamais. » Mieux : « Le célibat est au cœur du sacerdoce, une exigence qui n’est pas d’abord théologique mais mystique. »

Certes. Un phrasé radical : car « sacerdoce » désigne d’abord le don à chaque baptisé d’être « prêtre, prophète et roi » (rituel du baptême) ; les hommes préparés comme préposés au sacrement sont des presbytres, vocation spécifique. Ensuite, est-ce un déni de l’existence de milliers de prêtres mariés dans les rites orientaux catholiques (byzantin, arménien, copte…) ou pire, une considération de Second class pour ces prêtres mariés ? Enfin, quand on appuie sur le clou avec autant de « fin de non-retour », c’est bien qu’on ressent les failles indubitables dans le système. La crise des abus n’a-t-elle pas aussi enseigné la maigreur de la maturité affective de bien des membres du clergé… célibataire ?

Célibat ?

Or, le même François avait parlé de ce célibat des prêtres comme « d’une prescription temporaire » et ce, en mars… 2023 ! Il avait dit réfléchir, dès 2017, à l’optionnalité du célibat pour le clergé, notamment en accueillant les viri probati – réclamés depuis bientôt… 60 ans ! – avant de se rétracter, semble-t-il. Le chantier est-il trop grand ? Après les finances, la Curie et le Synode, réformer cette discipline ecclésiastique pouvait effectivement être un lourd fardeau à accompagner à 88 ans…

Célibataires…

Mais quid de la majorité des célibataires catholiques qui sont des fidèles de paroisse, bénévoles ou même engagés – et qui ne sont pas mariés ? Aucun discours à leur égard ; seuls ne semblent exister que ces célibataires consacrés : laïcs, laïques, religieuses et religieux, moines et moniales… Il serait temps d’en parler, non ?

Merci à Christiane Volery pour 35 ans de dévouement

Au moment de quitter le Conseil de paroisse, Christiane Volery, d’Aumont, peut légitimement dire qu’elle a beaucoup donné pour la vie paroissiale ! Beaucoup, c’est… 35 ans ! Davantage qu’un tiers de siècle ! Rencontre avec une bénévole de choc qui dit ne rien regretter d’un engagement d’aussi longue durée !

Texte et photo par Claude Jenny

« Je suis contente de ce que j’ai fait » dit celle qui, en 1990, est entrée comme membre du Conseil de sa paroisse d’Aumont-Granges-Vesin. Dix-huit ans plus tard, en 2008, ce sera la fusion avec Montet-Frasses et la création de la paroisse de Les Montets. En 2018, elle rejoint le conseil de la nouvelle paroisse fusionnée telle qu’aujourd’hui, comme représentante du secteur sud et en tant que responsable des bâtiments de sa région (les églises et cures d’Aumont, Montet, Cugy et Nuvilly). 

« J’ai aimé cette activité »

Que de rénovations supervisées, que de séances de chantiers ! « En tant que femme, j’ai dû m’imposer face à certains maîtres d’état » confie-t-elle tout en soulignant qu’elle a aimé cette activité de conseillère paroissiale et qu’elle a… beaucoup appris ! Elle s’apprête à mettre un point final à son dernier chantier à l’église de Nuvilly. Elle a aussi siégé au Conseil de direction de l’unité pastorale qui a précédé la fusion et elle a aussi fonctionné comme lectrice, animatrice de veillées et on en oublie ! 

Bien sûr, la fusion avec la création de la nouvelle paroisse a été un moment clef de son long périple de conseillère paroissiale ! Christiane Volery a œuvré avec moult présidents de paroisse et curés. Elle ne cache pas qu’elle vit avec peine la diminution du nombre de prêtres, car nombre de paroissiens constatent que les liens se sont de ce fait distendus avec le clergé. Qu’il est loin le temps où il y avait un prêtre par village !

Christiane Volery dit se réjouir de ne plus devoir « séancer » sur autant de soirées durant l’année ! « J’aurai davantage de temps pour moi, pour mes petits-enfants, pour m’occuper de mon jardin. » Elle continuera par contre à s’occuper de la comptabilité de l’exploitation de son fils.

« Vivre dans un esprit de communauté »

« J’aime les chiffres » dit-elle. Elle en aura vu défiler des budgets et des comptes en 35 ans ! Mais, ce qu’elle a surtout apprécié, c’est tout simplement de « se mettre au service des autres ». Ou ce qu’elle appelle « vivre dans un esprit de communauté ». Elle se plaît à relever la bonne entente qui a régné dans le conseil de la nouvelle paroisse. « Ce ne fut pas un exercice aisé mais nous avons tous tiré à la même corde et en étant à l’écoute des uns et des autres. »

C’est peu dire qu’elle a pris une part importante dans le fonctionnement de l’Eglise dans la région. Le merci qu’elle mérite prend tout son sens !

Le nouveau Pape, un lion

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. L’abbé Paul Martone, porte-parole de l’Evêque de Sion pour la partie germanophone du diocèse, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par l’abbé Paul Martone | Photos : Vatican Media, DR

Comme beaucoup d’autres, j’avais spéculé avant le conclave sur l’identité du nouveau Pape. Le 8 mai, lorsqu’il est apparu sur la loggia de la basilique Saint-Pierre de Rome, j’ai dû me rendre à l’évidence : tous mes pronostics étaient faux. Je n’avais pas du tout pensé au cardinal Robert Francis Prevost. Une fois de plus, le proverbe s’est avéré juste : l’homme pense et Dieu dirige ! Oui, je crois que de nombreux prophètes, qui pensaient connaître avec précision le résultat du conclave, ont appris que Dieu joue effectivement un rôle important dans l’élection d’un Pape : Il montre aux cardinaux qui Il a choisi. Parce que je crois cela, je peux aussi avoir confiance dans le fait que Léon XIV sera un bon Pape. 

Lors de sa première apparition en tant que Pape nouvellement élu, le Saint-Père a déjà esquissé son programme. Il a souligné l’importance d’une Eglise synodale, ouverte au dialogue, qui se caractérise par la paix, l’amour du prochain et la proximité avec ceux qui souffrent. Il a donc également appelé à la paix et à aller de l’avant ensemble.

De nombreux souhaits sont adressés au nouveau Saint-Père par tous les pays du monde. La liste des souhaits est longue et le nouveau Pape ne pourra pas tous les satisfaire. Il y a un souhait qu’il a lui-même défini il y a quelques années, celui de voir les qualités d’un évêque se réaliser : « En premier lieu, il doit être catholique : le risque existe parfois que l’évêque se concentre uniquement sur la dimension locale. Mais un évêque doit avoir une vision beaucoup plus large de l’Eglise et de la réalité et faire l’expérience de l’universalité de l’Eglise. » Puisse-t-il être ce que son nom de Pape, Leo (lion), exprime : un lion qui s’engage de toutes ses forces pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ – non seulement aux extrémités de la terre, mais aussi en Europe, qui était aux yeux de François une mère stérile. Mais en Europe aussi, il y a une faim, une faim de spiritualité, de religion, et finalement de Dieu. Une faim que seule la Bonne Nouvelle du Christ peut vraiment combler. Alors, Saint-Père : Avanti !

Merci à Alexandre Duc pour 18 ans de présidence!

S’il n’est pas fâché de rendre sa « casquette présidentielle », le fait est que l’homme a l’habit de la fonction et le bon caractère pour l’occuper ! Durant 18 ans, il aura présidé diverses entités paroissiales, dans un esprit pragmatique mais consensuel. Rencontre avec Alexandre Duc à l’heure où il quitte la présidence du Conseil de paroisse.

Texte et photo par Claude Jenny

Sollicité à venir dans le comité d’organisation des Céciliennes de 2007 à Lully, cet enfant de ce village a vite été appelé à entrer dans le Conseil de paroisse de Lully-Bollion-Châtillon et à le présider durant 10 ans. Pour prendre aussi la présidence du comité de gestion de l’UP régionale, puis du comité qui a préparé la fusion interparoissiale et, tout naturellement, à être le président du Conseil de la nouvelle paroisse. Aujourd’hui, il aspire à souffler en s’en allant à mi-législature. Après 18 années présidentielles ! 

Rétroactivement, la bonne formule

La fusion a bien évidemment été le chantier majeur de son règne présidentiel : « Si nous sommes parvenus à convaincre des bienfaits de la fusion, c’est parce que nous avons voué un soin particulier à bien informer les divers Conseils de paroisse concernés et le fait que le premier conseil de la nouvelle paroisse, avec ses 12 membres, a permis à chaque ancienne paroisse d’être représentée dans le nouvel organe. Ce choix a été heureux » dit-il en regardant dans le rétroviseur. Aujourd’hui, pour l’actuelle deuxième législature, le conseil fonctionne à 9 membres et peut-être comptera-t-il encore moins de membres par la suite, prédit le président sortant. 

Le maître de nombreux chantiers

S’il voit nombre d’effets positifs à la fusion, notamment en termes de gestion financière, le démarrage, se souvient-il, a été complexe puisqu’il a fallu notamment faire l’inventaire de tous les chantiers en cours ou à venir dans les diverses paroisses. Beaucoup a été accompli depuis la création de la nouvelle paroisse et Alexandre Duc a veillé avec soin à ce que tous les chantiers soient conduits avec soin et menés à terme. Un domaine dans lequel il a excellé avec l’aide de ses collègues du conseil et il salue l’initiative de lancer un plan d’investissements pour les prochaines années.

Un conseil qui a beaucoup siégé !

« Je suis content d’avoir le sentiment d’avoir été à l’écoute de chaque membre du conseil, raison pour laquelle je ne termine jamais une séance sans faire un tour de table » pour que chacune et chacun puisse s’exprimer » relève-t-il, lui qui aura été un président précurseur puisque « son » conseil est composé d’une majorité de femmes, « ce qui n’a jamais été un problème » s’empresse-t-il de préciser. Un conseil qui a beaucoup siégé en raison de la masse des sujets à l’ordre du jour, avec un rythme d’une séance toutes les deux semaines. Ce qui est beaucoup ! « Nous n’avions pas le choix ! » relève le président sortant. 

Ce double départ à mi-législature permettra un renouveau partiel du conseil, ce qui apportera une composition plus jeune se réjouit Alexandre Duc qui s’en va avec le sentiment justifié du devoir accompli, méritant  un grand merci de toute la communauté paroissiale.

Du tac au tac…

Un souvenir majeur : la messe de lancement de la nouvelle paroisse en décembre 2018 dans une collégiale pleine et avec la soupe du chalet servie à la sortie.

Un souvenir malheureux : le départ de l’abbé Jean Glasson alors que le projet de fusion était en route. Et, d’une manière générale, « ces nombreux changements de curés modérateurs que nous avons vécus ces dernières années ». 

Une constante : le souci de la paroisse de travailler à 90% avec des entreprises de la région pour tous les travaux sur les bâtiments paroissiaux.

Une inquiétude : la raréfaction des nouveaux servants de messe.

Un constat heureux : la pastorale n’a aucunement souffert de la création de la nouvelle paroisse et l’implication plus grande des laïcs est une évolution heureuse et indispensable. Le fait que le nombre de messes a diminué est totalement étranger à la fusion, alors qu’il entend parfois dire le contraire ! 

Un espoir : que les relations avec la région diocésaine s’intensifient à travers divers groupes de travail qui ont été interrompus à cause du COVID mais qui n’ont pas redémarré depuis.

Jeux, jeunes et humour – juin 2025

Mot de la Bible

Un travail de bénédictin
Un travail intellectuel et / ou minutieux

Cette expression fait référence aux ouvrages d’érudition écrits par les moines bénédictins de Saint-Maur aux XVIIe et XVIIIe siècles. On pense en effet, à tort, spontanément aux moines du Moyen Age qui ont, pendant des siècles, recopié et enluminé une quantité incroyable de manuscrits dans leur scriptorium. Ils étaient eux aussi bénédictins et leur travail a permis aux grandes œuvres de l’Antiquité de parvenir jusqu’à nous. Mais, visiblement, leur œuvre n’était pas assez minutieuse ou pas assez connue pour mériter une expression !

Par Véronique Benz

Humour

Un homme arrive au commissariat et demande à parler au cambrioleur arrêté qui s’est introduit chez lui la semaine précédente.

– C’est impossible, dit le policier, il est en garde à vue.

– Mais j’ai juste une petite chose à lui demander.

– N’insistez pas Monsieur, c’est strictement interdit.

– Dommage, je voulais juste savoir comment il a fait pour rentrer dans notre maison à 2h du matin sans réveiller ma femme. Moi ça fait quinze ans que j’essaie…

Par Calixte Dubosson

Journée festive pour les servants de messe

L’heure est aux jeux.

Le 5 avril dernier, les servants et servantes de messe se sont réunis pour une journée festive organisée par les responsables des différentes communautés de la Paroisse Saint-Laurent Estavayer.

Par Marianne Berset
Photos : Fabianna Cruz

L’objectif était de favoriser l’échange, le partage et la collaboration, tout en découvrant les objets liturgiques utilisés lors des eucharisties. Par le jeu, la musique, le sport et la collaboration, ils ont tissé des liens et réalisé qu’ils ne sont pas seuls dans leur mission à la paroisse. La matinée s’est conclue par un repas offert par la paroisse. Un beau moment à encourager et à renouveler… Un merci particulier aux responsables pour leur engagement, à la paroisse pour le repas et à la commune de Lully pour la mise à disposition de la salle communale.

La Bible est claire!

Parole humaine et divine, la Bible fait autorité en matière de foi et de pratique. Mais, soyons honnêtes, nous ne débordons pas d’enthousiasme lorsqu’il s’agit d’aborder certains passages « difficiles » des Ecritures. Qu’ils soient inaudibles, décapants, dérangeants, le frère Pierre de Marolles a proposé un cycle de conférences pour « affronter » ce type de textes.

La Bible est un monde à explorer.

Par Myriam Bettens
Photos : Jean-Claude Gadmer

Qu’entend-on par « textes difficiles » ?
J’ai dû me poser cette question suite à la demande d’un paroissien d’étudier les « textes difficiles » de la Bible. Voulait-il parler des textes dont l’exégèse est plus « technique », que les spécialistes de la Bible ont l’habitude de traiter ? Il m’a semblé qu’il s’agissait plutôt des passages choquants dont on a du mal à reconnaître comme parole de Dieu, car leur lecture remet en question notre compréhension de Dieu et notre foi. 

Qu’est-ce que ces difficultés produisent sur la lecture (ou la non-lecture) du texte ?
Justement, la tendance serait de ne pas lire ces passages-là pour ne pas les affronter, car on a du mal à y voir une parole de Dieu. Il y a aussi cette tentation de dire que ce Dieu qui demande de massacrer la population de certaines villes, commande de mettre à mort les adultères ou s’énerve, n’est pas le Dieu de Jésus, mais celui de l’Ancien Testament. Or, Jésus lui-même n’a jamais renié la moindre ligne de cette loi. Bien plus, il se revendique de ce Dieu-là comme étant son père. On ne peut pas simplement se limiter aux passages sympas de la Bible, parce que les autres nous dérangent.

Où se situent généralement les obstacles ?
Beaucoup de ces textes expriment une forme de violence dont on peut trouver l’origine en Dieu. Il y a donc véritablement une question d’image de Dieu. Ces passages présentent un visage de Dieu qui n’est pas celui que nous croyions connaître. Il y a aussi des questions de contextes, au sens où nos mentalités modernes et très égalitaires ne sont plus à l’aise avec certains discours. 

Calvin affirmait que la Bible est claire. Ses contradicteurs lui rétorquaient que si l’Ecriture était si claire, pourquoi passer tant de temps à la commenter…
Justement, en préparant ces conférences, je ne voulais pas tomber dans le travers du professeur qui explique pourquoi, en fin de compte, ces textes ne sont pas si difficiles à comprendre. Il était plutôt question de reconnaitre leurs difficultés, le fait qu’ils peuvent être choquants, tout en montrant que d’autres avant nous se sont battus avec ces texte et qu’ils ont trouvé cela fécond. Parcourir l’histoire de la réception est, à mon sens, une manière intéressante d’aborder ces passages. Cette méthode ne cherche pas à établir « la » seule bonne explication du texte, mais elle explore les différentes « stratégies » qui ont été élaborées au cours des siècles pour mieux comprendre ces textes.

Quelles sont les clés pour aborder les passages difficiles, avec le bon esprit ?
A l’école des Pères de l’Eglise, ce qui me semble être une belle clé, pour nous chrétiens, c’est de faire des ponts entre l’un ou l’autre texte de l’Ecriture. Les passages difficiles sont souvent repris ailleurs dans la Bible. En d’autres termes, cela signifie que si un texte est difficile, il nous faut persévérer et lire davantage, car la Bible est un monde à explorer ! 

Personne ne lit la Bible d’une manière neutre. Nous l’abordons avec les notions qui nous habitent. Est-ce que la lecture du texte peut évoluer… avec le lecteur ?
J’irai même plus loin, une lecture neutre de la Bible serait extrêmement triste ! Non seulement, j’espère que la lecture de la Bible transforme la vie de ceux qui la lisent, mais comme le dit le philosophe Paul Ricœur, le texte n’existe pas en dehors de sa Communauté interprétative qui le transmet. Donc chaque lecteur de la Bible fait, d’une certaine manière, grandir la Bible.

Bio express

Né à Versailles en 1987, Pierre de Marolles a obtenu un master en théologie à l’Université de Fribourg. Il a été ordonné prêtre en 2017. Depuis 2019, Frère Pierre a entamé une thèse de doctorat sur le livre de l’Apocalypse en cotutelle entre l’Université de Genève et l’Université catholique de Louvain-la-Neuve en Belgique. Il est aujourd’hui prieur du couvent des dominicains de Genève.

La rencontre 

Par Marie Pellet | Photo : DR

Un vaste sujet, qui me fascine et qui n’est pas si éloigné de notre unicité humaine. 

J’ai eu l’occasion de lire récemment quelques écrits du pape François dans sa dernière lettre encyclique de 2024. Il explique que l’intelligence, l’âme et le cœur forment l’unité de l’homme. 

Il écrit : « C’est ainsi que nous voyons depuis l’antiquité l’importance de considérer l’être humain non pas comme une somme de diverses facultés, mais comme un ensemble âme-corps avec un centre unificateur qui donne à tout ce que vit la personne un sens et une orientation. »

Aujourd’hui nous vivons à l’ère de l’Intelligence Artificielle où Intelligence, Rationalité et Logique sont mises en avant, mais qui peuvent aussi être dissociées de l’âme et du cœur. L’IA ne pourra pas décrire ce qui se passe dans notre cœur. Nous accordons de l’importance à l’intelligence mais devons redécouvrir l’importance du cœur. 

Aller à la rencontre de l’autre, que ce soit au travers de ses écrits, de ses faits et gestes, de ses paroles et de ses regards; toutes ces marques d’authenticité reflètent l’âme et le cœur. 

La rencontre se produit lorsqu’on se dévoile et ouvre son cœur à l’autre afin de donner la clarté de notre être et de notre essence. Nous ne cachons rien à personne mais ouvrons notre cœur à l’autre en vérité. Même dans des rencontres qui ne durent que quelques minutes, je pense qu’il faut montrer qui on est vraiment. Ces quelques minutes sont tout aussi essentielles. 

Prenons l’exemple de Jésus dont la vie était nourrie de rencontres avec les gens. Elles duraient soit plusieurs années (par exemple avec ses disciples) soit quelques minutes (par exemple avec un passant). Mais chacune était un moment de vérité, de part et d’autre des échanges. 

En somme, je pense qu’une rencontre doit ou devrait être un moment de paix intérieure. 

Le pape François invite à « redécouvrir le cœur comme lieu de la vérité intérieure et de la rencontre authentique avec soi-même, les autres et Dieu. Le cœur permet d’unifier une existence morcelée et d’échapper au narcissisme et à l’individualisme ».

Ce thème de la rencontre me fascine. J’ai de fait créé un groupe de rencontres pour célibataires chrétiens de 30 à 45 ans, qui se rencontrent à la paroisse Saint-Joseph. Avec l’accompagnement du curé Thierry Schelling, nous échangeons autour de la Parole de Dieu et de la convivialité.

Vitrail de saint Nicolas de Flüe, Alexandre Cingria, Basilique Notre-Dame de Lausanne

Dans la partie centrale du vitrail, le saint est entouré d’hommes aux atours médiévaux.

Par Amandine Beffa | Photo: Jean-Claude Gadmer

Le vitrail réalisé par Alexandre Cingria, pour ce qui était alors l’église Notre-Dame de l’Assomption, est composé de sept parties. Il présente des aspects de la vie de saint Nicolas de Flüe.

Avant son appel, Nicolas était marié et père de famille. Cette première partie de sa vie est symbolisée par la zone située en bas à gauche de la rose. La ferme représentée dans les tons rouges évoque la maison familiale du saint. Comme en réponse, en bas à droite, se trouve la chapelle de l’ermitage. Il n’est pas anecdotique que Cingria ait choisi de faire figurer ces deux lieux, Flüe et le Ranft. En effet, ces deux maisons font partie d’une même mission confiée par Dieu à Nicolas.

Dans la partie centrale du vitrail, le saint est entouré d’hommes aux atours médiévaux. Le personnage à droite, coiffé d’un chapeau à la plume imposante, semble prêt à dégainer son épée. Nicolas se tient les mains élevées, comme pour appeler au calme ou pour prier. L’épisode rappelle la Diète de Stans en 1481. Intervenant par courrier, le saint avait alors permis d’éviter une guerre entre les confédérés.

Les parties en haut à gauche et en haut à droite évoquent des scènes contemporaines à la période de création de l’œuvre. Le vitrail date de 1941. Cingria a représenté des militaires ainsi que la population, tous en prière, tournés vers Nicolas de Flüe. Dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale, tous se tournent vers le saint pour qu’il intercède pour la paix. 

Tout en haut du vitrail, le Christ est représenté en gloire, couronné. Une épée et un casque médiéval (à droite) ainsi qu’un crâne et un fusil sont représentés. 

Tout en bas, la dépouille de Nicolas est déposée dans une châsse. Juste au-dessous est inscrit en latin : « ALTARE NICOLA DE FLU PATRIAE PATRIS », autel du Bienheureux Nicolas de Flüe, patron de la patrie (il n’a été canonisé qu’en 1947). Le saint est aujourd’hui patron principal de la Suisse.

Dans le rétro!

Par Thierry Schelling | Photos : DR

« Du monde dans les églises ! », s’étonnent des journalistes, tant le Mercredi des Cendres qu’aux Rameaux ou même à Pâques ! Et chacun y va de son analyse… Bien sûr que cette affluence contredit leur ritournelle sempiternelle : « Les églises se vident », et ce, depuis…des décennies ! Il semblerait donc que non. Du moins cette année…

C’est louper le « comment ça marche » de la foi chrétienne que de s’époumonner dans un sens ou dans un autre : plus de monde dans les églises et les temples a de multiples raisons qui s’entrecroisent. Ce n’est pas juste ce que diront les « modernistes » ou les « traditionnalistes ». Ce n’est pas juste des causes mathématiques, sociologiques, existentielles. Ce n’est pas non plus parce que tel ou tel curé sait y faire (attention à ne pas devenir gourou !). C’est un peu de tout cela mais… et Dieu dans tout ça ?

Pour accompagner nombre d’adultes qui demandent le baptême (et souvent communion et confirmation avec), je suis enthousiaste de voir la variété des parcours de ces appelé.e.s : pas un pareil à l’autre ; leur tranche d’âge est à peu près leur seul point commun. On ne peut du coup plus les « ranger » dans des tiroirs : « Toi, tu feras deux ans de préparation ! » Non. Ce n’est plus le modèle scolaire qui détermine la catéchèse désormais : finies les « leçons de catéchisme », bye bye les catéchistes « maîtresses d’école » (avec discipline, quiz et récompense !), adieu les « examens d’aptitude » qu’étaient, souvent, les retraites… Certes, derrière tout ça, il y avait le souci légitime que les concerné.e.s soient prêt.e.s. Et l’évolution d’un enfant est différente en la matière que celle d’un adulte… Quoique.

Mais à la question : que signifie être prêt ?, souvent, la réponse est de l’ordre du savoir. Parce qu’ils savent faire le signe de croix, parce qu’ils savent le Notre Père… Mais alors, pour reprendre les Actes des Apôtres, à l’épisode de l’eunuque éthiopien qui, lisant Isaïe (même pas un Evangile…), rencontrant un témoin – l’apôtre Philippe – et échangeant avec lui qui lui explique deux-trois trucs, une fois ce « savoir minimum » assuré, que s’est-il passé ? Deux ans d’attente ? Non. « Il y a de l’eau, puis-je être baptisé ? – Et Philippe le baptisa. » Point barre. C’est probablement APRÈS la réception du sacrement que l’eunuque est devenu témoin et donc a continué à nourrir sa foi – parce que Dieu Lui aussi s’était désormais engagé ad vitam æternam, de par le sacrement reçu, auprès de ce cheminant… Dieu a agi de Son côté aussi car après le baptême, la soif a été encore plus grande mais désormais, la source était en lui !

Nous sommes à un changement d’époque dans la manière de catéchiser, pour ne pas dire d’évangéliser. En cela, et feu le pape François et notre évêque Charles Morerod le répètent exponentiellement. Il n’y a qu’à lire les « Orientations diocésaines » de Lausanne-Genève-Fribourg pour se rendre compte du virage que nous prenons. Et ce, grâce à une écoute et un accueil des cheminants eux-mêmes, une attention à qui demande un sacrement qui respecte son cadre de vie, son rythme de vie, ses disponibilités de temps et mentales – tout comme fait Dieu, justement !

Peut-être que ce début d’année 2025 accentue le désir d’aller de l’avant vers l’appartenance à une communauté clairement définie – l’Eglise catholique-romaine, l’Eglise protestante de Genève… Mais pas que. Dieu appelle toute l’année et pas en septembre pour commencer les programmes modelés sur l’année scolaire ; Dieu appelle chacune et chacun là où elle ou il se trouve en chemin. Dans l’Evangile, les disciples d’Emmaüs cheminaient tout dépités, une femme prise en flagrant adultère se retrouve à la croisée des chemins de vie ou de mort, les disciples sont envoyés deux par deux « sans sac, ni sandale, ni bourse, ni manteau », à la merci de la générosité du tout-venant… et chacun, chacune, expérimente à un moment donné le Christ source de vie, de résurrection, de joie ! Oui, les appels de Dieu sont aussi variés que les parcours de vie sont variés et aussi nombreux que les étoiles du ciel… 

Et Dieu peut connaître chaque personne au plus intime d’elle-même, de lui-même, et y susciter un désir. Et peut-être devenons-nous plus attentifs à entendre et accueillir cette diversité, désormais selon un procédé « à la carte » – rencontre en tête-à-tête – et cadencé par de grands rassemblements réguliers qui peaufinent littéralement le chemin de Dieu vers l’Homme et de l’Homme vers Dieu. 

Vingt ans de catéchèse ou quarante ans de presbytérat ne font pas de la catéchiste ou du prêtre une personne plus prête à recevoir le Corps du Christ – ce serait tomber dans l’élitisme de la secte ! Ou alors la pratique anesthésie l’incroyable : Dieu se met à nos pieds pour être aimé ; Dieu se met à mon service pour me faire grandir – c’est le sens du lavement des pieds du Jeudi saint.

Car c’est aussi de cela qu’il s’agit : ces foules dans nos lieux de culte, certes, sont bigarrées… Il y a les habitués qui ne distinguent peut-être plus trop leur gauche de leur droite et pratiquent, tout simplement (mais ont-ils tous encore la foi ?) ; il y a des « réflexifs » : oh, Noël et Pâques, on y va, c’est teeeeeeeellement important pour notre famille (et le reste de l’année, soit 363 jours ?) ; il y a des anxieux : la fin du monde, le péché originel, Trump, Poutine, ma voisine Fatima… ; et il y a les « mystiques », celles et ceux qui, initiés aux mystères de l’Amour de Dieu en Jésus par l’Esprit, révèlent à autrui ce qui se vit dans leur intime et leur vie publique. En fait, Dieu appelle vraiment tout à chacun.e dans son quotidien tel qu’il est et là où la personne se trouve ; à nous les témoins de l’Evangile de les rejoindre dans leur chariot (cf. histoire de l’eunuque éthiopien des Actes) pour nous aussi nous laisser évangéliser !

Nikola Tesla (1856-1943)

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

A la fin du XIXe siècle, l’électricité était considérée comme un « jus occulte » qui « coulait comme par magie ». Ses utilisations restaient très limitées et seules de très grandes bobines étaient utilisées à l’époque pour produire du courant continu alimenté par des batteries.

Trois scientifiques se distinguent alors dans leurs recherches autour du phénomène électrique. Thomas Edison, Guglielmo Marconi et Nikola Tesla. Ce dernier, bien que n’ayant pas achevé ses études d’ingénieur (ce qui lui vaudra de nombreuses critiques de la part de la communauté scientifique), se distingue par ses intuitions géniales (qui conduiront au dépôt de plus de 300 brevets) comme la mise en œuvre du courant alternatif ou la transmission sans fil.

Elevé dans la religion chrétienne orthodoxe, Nikola Tesla attribue ses idées géniales à la puissance de l’Esprit. Il dit : « Le don de force mentale vient de Dieu, de l’Etre divin, et lorsque nous accordons notre esprit à cette vérité, nous sommes en harmonie avec cette Grande Puissance. Ma mère m’a appris à chercher toute la vérité dans la Bible. » Gravement atteint par le choléra dans son enfance, il déclare : « Je suis convaincu que mon sauvetage n’était pas un hasard, mais l’œuvre d’une puissance divine. L’effort d’un inventeur est essentiellement salvateur. Qu’il rassemble des forces, améliore des appareils ou crée de nouvelles commodités, cela contribue à la sécurité de notre existence. »

Ainsi, l’œuvre de Nikola Tesla s’inscrit dans une longue quête de la compréhension de l’énergie de l’univers qu’il attribue aux phénomènes électriques et électromagnétiques. Il fonctionne suivant ses intuitions générant critiques, rejets, jalousie jusqu’à le décrire de savant fou. Les critiques ne sont pas toujours infondées : Nikola Tesla n’était pas d’accord avec la démarche scientifique consistant à représenter les expériences scientifiques et les théories associées par des modèles mathématiques. Nikola Tesla, bien qu’il appréciât sincèrement son travail, n’était pas convaincu par la théorie de la relativité d’Einstein. Pourtant, ce même Einstein dira de lui, en réponse à la question qui lui était posée : « Qu’est-ce que ça fait d’être l’homme le plus intelligent de la planète ? », « Je ne sais pas.
Il faut le demander à Nikola Tesla ! »

Nikola Tesla est un mystique scientifique cherchant les moyens de comprendre l’Univers et la Création par la maîtrise de l’énergie. Son œuvre, incroyablement féconde, fait écho à Maurice Zundel déclarant : « Des techniques raffinées, aux mains de savants de premier ordre, ouvrirent la voie aux plus étonnantes découvertes et firent germer les hypothèses les plus imprévues. »

Sous les pavés… la vie!

Fruit de l’impulsion donnée par le jubilé du cinquantenaire de l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT). Le livre Changer de regards. Balises Œcuméniques, d’Anne Deshusses-Raemy, propose de fixer son regard sur la vie qui demeure, malgré les pierres d’achoppement au dialogue œcuménique. Entretien.

Par Myriam Bettens | Photos : Mathias Deshusses

« Arrêtons de nous dire : C’est fichu ! », lance d’emblée Anne Deshusses-Raemy lorsqu’on aborde avec elle les motivations qui l’ont poussée à l’écriture du livre : Changer de regards. Balises Œcuméniques (Ed. Saint-Augustin et Ouvertures). L’ouvrage, disponible depuis la mi-mai en librairies est le fruit d’une réflexion menée avec l’équipe enseignante de l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT), à l’occasion du jubilé (2023) de l’association. « Nous ne voulions pas nous complaire dans l’autosatisfaction de ce qui avait été fait ces cinquante dernières années ». Malgré « l’élan extraordinaire impulsé par Vatican II, les gens s’essoufflent et pointent l’immobilisme apparent de l’œcuménisme aujourd’hui ». 

Des pistes pour construire ensemble

Car, en effet, des pierres d’achoppement au dialogue œcuménique subsistent « que seules les institutions peuvent résoudre ». Le livre choisit d’en nommer quatre : l’Eucharistie, la question des ministères, la place des femmes et les débats éthiques concernant, entre autres, le début de la vie, la sexualité ou encore le mariage. 

Toutefois, le souhait premier de l’ouvrage n’est pas de faire un état des lieux de l’œcuménisme actuel, mais bien de « donner des balises, afin d’ouvrir des perspectives en vue de continuer à construire ensemble tout en confrontant les points de vue ». Ces pistes de réflexion s’articulent toutes autour de verbes et donc d’actions « réalistes et réalisables ». Anne Deshusses-Raemy parle, notamment, de « dépasser l’idolâtrie, car l’Eglise, le livre Bible et les institutions peuvent devenir des idoles », ou encore de « s’atteler à travailler ensemble sur une vraie anthropologie chrétienne ». 

De la vie à faire fructifier

Pour illustrer son propos, elle désigne la photo de couverture du livre. « On y voit un chemin avec des rails qui conduisent quelque part, les cailloux du ballast de ces voies de chemin de fer et un coquelicot qui pousse là, au milieu de toute cette aridité. Arrêtons de ne regarder que les pierres, mais attardons-nous plutôt sur la vie qui pousse. C’est cette vie-là que nous devons faire fructifier. » Comme un clin d’œil supplémentaire, Anne Deshusses-Raemy cite la Trinité. « Il n’y a pas plus différent que le Père, le Fils et l’Esprit. Pourtant, il n’y a pas plus uni qu’eux ! »

Partir au vent

Dès la rentrée 2025, l’Atelier Œcuménique de Théologie (AOT) proposera une nouvelle formule de formation flexible et progressive. L’AOT offrira désormais une formation par modules permettant à chacun de construire son propre parcours de formation, selon ses disponibilités, compétences et centres d’intérêt. Les modalités de formation changent, mais l’ADN de l’AOT demeure ! La formation conservera toujours son caractère œcuménique et la dynamique participative et interactive des sessions est également maintenue. Chacun pourra composer son propre parcours, en déterminer le rythme et la durée. Au menu, du contenu pour découvrir la Bible et son histoire, la théologie, l’œcuménisme ou encore des modules sur les enjeux éthiques ou la sensibilisation au dialogue interreligieux. Des travaux de recherche individuels, notamment dans le cadre des ateliers, permettront aux participants d’affiner un intérêt ou une intuition personnelle. 

Plus d’informations et inscriptions sur aotge.ch

La communication et l’événementiel dans l’Eglise

« Il faut faire l’expérience de Dieu. Certaines personnes la font en allant à la messe, tandis que d’autres ont besoin d’un événement, d’une adoration ou d’un pèlerinage. C’est pour cela que je me mets au service de l’Eglise », souligne Yves Crettaz, créateur de l’Agence Imani.

Par Véronique Benz | Photos : DR

Assis à une table, son sac à dos et sa casquette à côté de lui sur le banc, Yves Crettaz est décontracté. Il sirote un thé tout en parlant à bâtons rompus de l’Eglise et de la communication. 

Le jeune homme de 30 ans aime le sport, mais surtout l’Eglise. « Je m’intéresse à tout ce qui touche à l’avenir de l’Eglise dans la société actuelle : la jeunesse, les nouvelles technologies et l’événementiel », avoue Yves Crettaz. Après avoir fait plusieurs expériences comme journaliste notamment dans le milieu de l’Eglise (RTS religion, KTO et les messes à Canal 9), il accomplit son stage de journaliste RP à Rhône FM.

« J’ai aimé mon travail de journaliste, mais ce que j’apprécie le plus c’est la communication en général, les réseaux sociaux, l’événementiel et le marketing. Je suis un peu touche-à-tout », reconnaît Yves. Estimant que la communication et l’événementiel fait parfois défaut dans l’Eglise, Yves Crettaz quitte son job et fonde l’Agence Imani. « Il y a beaucoup de belles choses qui se font, il y a le public cible, mais il manque parfois un organisateur au milieu qui fait le lien entre les deux. » Un des buts de l’agence Imani est de faire le lien entre les activités et le public. « C’est élaborer des événements, proposer quelque chose en ligne sur les réseaux, faire un flyer, etc. »

Imani signifie « foi » en swahili, langue africaine. « J’ai choisi ce nom pour mon agence, car la foi en Afrique est extrêmement vivante, dynamique et joyeuse. » Le jeune entrepreneur constate qu’il y a énormément d’événements en Eglise et qu’il faut les communiquer. « Dans l’Eglise nous avons le plus beau des produits, le Christ, mais nous ne savons pas toujours le vendre. »

Pour Yves Crettaz les plus grands défis sont les difficultés de relations humaines qu’il y a au sein de l’Eglise. « Dans certaines paroisses il y a beaucoup de conflits de ressources humaines. Parfois nous pensons plus à critiquer le prêtre, l’agent pastoral ou la grand-maman qui chante de manière décalée plutôt que d’accueillir la joie de l’Evangile. »

Cependant, Yves Crettaz croit en l’avenir des paroisses et de l’Eglise. « Il y a un énorme potentiel de développement et un large retour à la spiritualité », relève-t-il. Il soutient que l’Eglise catholique doit être présente pour réagir à ces demandes. « L’Eglise a des réponses, mais il faut les rendre audibles. » 

Yves Crettaz a participé à trois JMJ. « Les JMJ à Madrid ont sans doute été pour moi un événement déclencheur. J’y ai découvert l’importance de la communication, du rassemblement et de la joie ! Mon engagement donne du sens à mon travail et à ma foi ! » 

L’Agence Imani

Basée en Valais, Imani est destinée aux paroisses et organisations catholiques de Suisse romande. Elle est spécialisée dans le domaine de la communication, de l’événementiel et de l’innovation.
Plus d’infos sur agenceimani.ch
Instagram : instagram.com/agence.imani

Un souvenir marquant de votre enfance
Les temps de prière avec papa et maman le soir. Mes parents nous ont éduqués dans la foi catholique tout en nous laissant libres. 

Votre moment préféré de la journée
Le soir lorsque je rentre à la maison, que je retrouve mon épouse et que nous nous racontons nos journées autour du souper.

Votre principal trait de caractère
Je suis quelqu’un d’entreprenant. Je n’ai pas peur. Lorsque j’ai décidé de quitter mon boulot pour lancer mon entreprise, je n’ai pas réfléchi longtemps. Je me suis dit vas-y lance-toi !

Votre livre préféré
Je ne suis pas un grand lecteur. En ce moment un livre me passionne : « l’Eglise a besoin de créatifs », d’Amarù Cazenave.

Une personne qui vous inspire
Mon évêque, Mgr Lovey. J’ai eu l’occasion de le côtoyer et j’ai découvert une bonne et sainte personne. Il porte la charge du diocèse et recherche la vérité dans tout ce qu’il fait.

Une citation biblique qui vous anime
Le thème des JMJ 2013 à Rio de Janeiro : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples.  C’est un peu le leitmotiv d’Imani.

Yves Crettaz

• Yves est né en 1995. Il est originaire du Val d’Anniviers.

• Il fait une école de commerce, puis travaille aux service marketing & communication du Nouvelliste. 

• Il suit une formation de journaliste à Rhône FM et devient journaliste RP.

• En 2024, il lance l’Agence Imani, spécialisée en événementiel et en communication.

• Marié, il vit à Bramois.

L’infini de Dieu, l’infini de l’homme

Par Claude Amstutz | Photo: paroisse Sainte-Thérèse

Le célibat et le mariage ne cessent d’alimenter des discussions animées au cours des siècles. Si, pour saint Augustin (354-430) le mariage est bon en lui-même ; ce qui est mal dans le mariage, c’est uniquement ce qui vient de la concupiscence, il est affirmé au Concile de Trente (1543-1565) que le célibat et la virginité sont supérieurs au mariage. 

Au fil des temps la perception religieuse a – Dieu merci – évolué, sans oublier, bien tardivement, qu’être célibataire, prêtre ou laïc, est un don de la Grâce, comme l’est l’appel au mariage. Et Jésus Lui-même n’a pas exigé de tous ses disciples le renoncement radical à la vie de famille, bien qu’il ait exigé de tous la première place dans leur cœur.

Ces deux états de vie nous persuadent que, avec Dieu premier servi, le célibat ainsi que la vie à deux, choisis ou non, sont un engagement qui peut conduire à l’épanouissement le plus jubilatoire qui soit sur terre, prédisposé par la patience et la bonté. 

Certes, l’homme seul peut éprouver parfois douloureusement la solitude sous toutes ses formes, mais sa disponibilité, grande, ne lui permet-elle pas aussi de se consacrer davantage à des amitiés rares, services et projets en milieu professionnel ou associatif, voire au cœur de l’Eglise ?

Dans le mariage, au contraire, le souci du conjoint ou de la conjointe, des enfants de surcroît, ne peut-il exposer en certaines circonstances, au manque de temps pour soi, s’ajoutant à d’autres engagements ou contraintes du travail et de la vie dite ordinaire ? 

Que ce soit exprimé dans un état comme en l’autre, si nous dépassons les fragilités qui façonnent toute existence, le point commun est bien celui de la rencontre, sous le regard bienveillant de Dieu, en amour ou en amitié : relation qui porte le sceau de l’empathie, de la sincérité, de la confiance, du discernement et – mais oui ! – de l’humour.

Habités par l’amour infini de Jésus, ne découvrons-nous pas en chaque attachement, l’infini de l’autre ou des autres ? Et une vie entière suffit-elle à surprendre, tout au long des années qui se succèdent, une pièce surajoutée du puzzle intime de nos élus, capable de nous émerveiller, de nous faire grandir ?

Un ami, c’est comme un gardien de l’amour, un gardien de l’âme elle-même : il saura garder les secrets par un silence à toute épreuve. Il saura supporter et soigner en moi ce qu’il verra de défectueux. Il se réjouira de ma joie comme il s’attristera de ma peine parce qu’il considérera comme sien tout ce qui me concerne. (saint Aelred de Rievaulx)

En librairie – juin 2025

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Célibataires, votre vie a un sens
Collectif

Il existe aujourd’hui une diversité de situations de vie. Nous assistons à la disparition des grands modèles de vie, doublée d’une fragilité des êtres humains qui cherchent des images réussies dans la société de consommation. Cette diversité de situations est l’enjeu d’une véritable conversion pastorale et théologique : la tradition chrétienne peut en ce sens montrer des chemins de vie aux célibataires. Chacun peut attendre de l’Eglise et de la communauté chrétienne une aide pour découvrir son charisme unique. Ce livre profite de l’expérience de laïques et de religieux pour mieux comprendre comment le charisme particulier du célibat, consacré ou non, peut être source de fruit pour l’Eglise.

Editions Saint Paul

Acheter pour 28.30 CHF

Célibataire ? Pas pour toujours !
Marie-Liesse Malbrancke

Nous évoluons dans une société où le célibat est de plus en plus présent : il en devient même un marché alléchant ! Pourtant, nombreux sont les célibataires qui souffrent de cette situation, ne sachant plus comment avancer pour enfin rencontrer une personne avec laquelle vivre une belle relation. Dans ce livre, Marie-Liesse Malbrancke indique un chemin hors des sentiers généralement explorés. S’adressant aux célibataires et à leurs proches, elle donne de nombreuses clés, associées à des exemples vécus aussi bien personnellement que dans ses accompagnements. Ce livre met vraiment en mouvement les célibataires qui souhaitent une vie amoureuse épanouie.

Editions Salvator

Acheter pour 26.70 CHF

Des amitiés pour l’éternité
Will Conquer – Mathilde Montovert

L’amitié est une des plus belles expressions de l’amour de Dieu pour nous sur Terre. Jésus lui-même et de nombreux saints ont vécu des relations d’amitié fortes et profondes, ancrées dans la foi. Mais à l’heure où les relations virtuelles ont pris le dessus sur les relations humaines, où la séduction est devenue un incontournable pour exister, où les références à la sexualité et l’érotisation viennent remplir notre quotidien, est-il encore possible de construire de véritables relations d’amitié, appelées à durer et jusque dans l’éternité ? Les auteurs viennent apporter une réponse à cette question au travers de 15 célèbres duos d’amitiés de l’Eglise, mixtes, féminins et masculins.

Editions Première Partie

Acheter pour 26.70 CHF

Les premiers chrétiens
Delalande – Riccadonna

Un soir de foudre et de ténèbres, le Christ s’éteint. Trois jours plus tard, Marie Madeleine découvre le tombeau vide. Aussitôt, la Bonne Nouvelle se répand, on murmure : « Il est ressuscité ! » Jésus apparaît sur la route d’Emmaüs. La rumeur enfle, le message se diffuse. Cette BD raconte comment, concrètement, s’est organisée la communauté des premiers chrétiens. Très vite, les fidèles de Jésus ont été lapidés, persécutés, pourchassés. Comment, malgré ces premières persécutions, les chrétiens ont-ils peu à peu façonné leur Eglise et commencé à évangéliser sur toutes les routes, à travers l’Orient et tout l’Empire romain ? La BD y répond.

Editions Plein Vent

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Habemus papam

Par Marianne Berset | Photos : LDD

Cette annonce, qui marque l’accueil d’un nouveau Pape, est un moment important pour les catholiques du monde entier mais aussi pour tous les peuples.

Le 13 mars 2013, lorsque ont retenti les cloches de la collégiale, chacun a apprécié cette ouverture des cardinaux en nommant un Pape argentin. Ses premiers mots, sa simplicité, son humilité ont rapidement conquis les cœurs.

Aujourd’hui, rendons grâce à Dieu pour tout ce que le pape François a accompli pour promulguer la Bonne Nouvelle de l’amour, soutenir les plus vulnérables, inviter à la paix et veiller à entretenir cette maison commune qu’est la terre.

Sa dernière encyclique « Il nous a aimés » (Rm 8, 37) nous rappelle que le Christ est là, à l’œuvre à nos côtés sans rien exiger mais qu’Il nous attend inconditionnellement. 

Maintenant aux côtés de ses prédécesseurs, le Saint-Père va continuer à veiller sur l’Eglise. En prière lors d’une messe, j’ai ressenti que nous sommes orphelins de ce successeur de Pierre.

Heureusement les cardinaux ont rapidement élu un nouveau Pape en la personne de Robert Francis Prevost qui prend le nom de Léon XIV. Il devient ainsi le 267e évêque de Rome. Demandons à l’Esprit Saint de l’accompagner dans cette nouvelle mission afin qu’il trouve le soutien nécessaire pour faire face aux défis à venir. 

Restons des pèlerins d’espérance confiants, marchant vers une Eglise missionnaire où l’accueil, la proximité, le soutien sont mis en œuvre pour construire un monde de paix et de respect.

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