Les prêtres desservants des paroisses du Haut-Lac (Père Innocent, à droite ; Père Joseph, à gauche) entourent le chanoine-doyen Gilles Roduit lors de la messe d’installation à Vouvry, le samedi 3 décembre.
C’est à l’église Saint-Hippolyte de Vouvry que les quatre paroisses du Haut-Lac ont pu assister, samedi 3 décembre, à la messe d’installation du Père Innocent Baba Abagoami comme curé et du Père Joseph Akuamoah Boateng comme vicaire.
PAR YASMINA POT PHOTOS : GERVAISE IMHOF
Deux présidentes et un président de communes étaient présents à l’église Saint-Hippolyte pour accueillir officiellement et féliciter le Père Innocent et le Père Joseph comme curé et vicaire : Véronique Diab, présidente de Vouvry ; Valérie Bressoud Guérin, présidente de Vionnaz et Pierre Zoppelletto, président de la commune de Port-Valais. Des membres des quatre paroisses du Haut-Lac assistaient à l’événement.
« Cela fait cinq ans que je suis là et il fallait bien ça pour que j’apprenne à parler comme un Valaisan ! », plaisanta le Père Innocent en début de cérémonie. Plus sérieusement, il ajoutera que, pendant ce temps-là, il a pu se préparer à cette nouvelle fonction et qu’elle ne lui fait donc pas peur : « Je suis fier de vous tous car nous avons accepté ensemble de construire nos paroisses. Ce qui les unit est fort : la foi, la tradition commune et aussi les différences. »
« Construire avec le Père Innocent et le Père Joseph »
Officiant au nom de l’évêque Mgr Jean-Marie Lovey, le chanoine Gilles Roduit, doyen du décanat de Monthey, rappela qu’en cette période de l’Avent « chacun de nous attend et pressent Celui qui va nous apporter quelque chose. Si chacun accepte d’être humble, comme une petite pousse sur une souche, le Royaume viendra. » Il affirma la volonté de chacun de « construire avec le Père Innocent et le Père Joseph » et procéda ensuite à la lecture de la lettre de nomination de Mgr Jean-Marie Lovey.
Madame Véronique Diab, présidente de Vouvry, exprima dans son discours sa joie et celle de sa commune à accueillir les nouveaux curé et vicaire, dont elle souligna qu’ils sont des « chevilles ouvrières » pour la communauté, qui a véritablement besoin d’eux. Le président du Conseil de gestion de la paroisse de Port-Valais, monsieur Pierre Curdy, adressa lui aussi au curé et au vicaire ses remerciements chaleureux et meilleurs vœux dans leurs nouvelles fonctions.
Pour terminer la cérémonie, le curé Innocent présenta quatre points soutenant sa volonté de ne pas se satisfaire d’un quelconque statu quo : travailler ensemble dans l’unité et dans la diversité ; favoriser la croissance de l’œcuménisme pour toute l’humanité ; donner de la place pour tous, dans les quatre paroisses du Haut-Lac ; ne pas avoir peur de l’échec car il permet de réessayer et d’avancer.
La chaleur des paroissiens accueillant leur nouveau curé et leur nouveau vicaire était palpable lors de cette cérémonie qu’ils applaudirent à plusieurs reprises. Le Chœur d’Hommes de Vionnaz, qui accompagna l’événement, contribua par la beauté de ses chants à souligner le caractère solennel de cette messe.
Le curé Innocent et le vicaire Jospeh entourant l’équipe pastorale : de gauche à droite, Christophe Allet, Virginie Maret, Stéphanie Besse, Stéphanie Reumont.
Au Kunsthaus de Zurich, on est saisi par les multiples figures filiformes d’Alberto Giacometti nommées « L’homme qui marche ».
L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.
PAR PIERRE-YVES MAILLARD, VICAIRE GÉNÉRAL DU DIOCÈSE DE SION PHOTOS : CATH.CH, FLICKR
Il y a quelque temps, j’avais souri en lisant une annonce portant sur des « assises de la mobilité ». On voit bien ce dont il s’agit ; reste que l’idée de mouvement suggéré par le deuxième terme s’accorde mal avec la position statique évoquée par le premier. Plus récemment, je me suis fait la même réflexion en prenant connaissance d’un projet de « bureau de la synodalité » assurant dans notre Eglise suisse le suivi de la réflexion initiée par le pape François. Si la synodalité exprime le fait de se mettre en marche, est-ce bien à la stabilité d’un bureau d’en garantir le mouvement ?
Cultiver l’élan créatif
Bien sûr, il serait réducteur de botter en touche en invoquant la prétendue opposition entre « l’Eglise prophétique » et « l’institution ». On sait que la spontanéité des initiatives pastorales nécessite souvent une forme d’encadrement pour en garantir la pérennité et que cet enracinement structurel permet précisément de cultiver leur élan créatif.
Il n’en demeure pas moins que le dynamisme de la synodalité nécessite une attention continue pour ne pas courir le risque de le conduire à un autre immobilisme.
Jésus, infatigable pèlerin
Au Kunsthaus de Zurich, on est saisi par les multiples figures filiformes d’Alberto Giacometti invariablement nommées « L’homme qui marche ». C’est aussi le titre d’un livre de Christian Bobin consacré à Jésus. Dans l’Evangile, celui-ci apparaît toujours en mouvement, passant, marcheur, infatigable pèlerin.
Et c’est bien cette attitude qui doit caractériser le chrétien, disciple missionnaire, appelé par le Père, envoyé vers ses frères.
Si le thème du dossier (autre terme bien statique) de cet Essentiel est consacré à la mobilité, qu’il relance alors notre marche en Eglise, vers Dieu, « le plus haut sommet, dans l’audace et l’adoration »1.
THOMAS MERTON, MOINE CISTERCIEN BRITANNIQUE ET PRÉCURSEUR DU DIALOGUE INTERRELIGIEUX DESSIN : J.-F. KIEFFER
Dieu, nous sommes un avec Toi. Tu nous as faits un avec Toi. Tu nous as enseigné que, si nous sommes accueillants les uns aux autres, tu demeures en nous.
Aide-nous à garder cette ouverture et à nous battre pour elle de toutes nos forces. En nous acceptant les uns les autres c’est toi que nous acceptons c’est toi que nous aimons de tout notre être.
Car notre être est au cœur de ton être et notre esprit s’enracine dans ton esprit. Emplis-nous d’amour et fais que l’amour nous lie les uns les autres tandis que nous parcourons nos chemins divers.
Au gré des fusions de paroisses et de la formation d’équipes pastorales, le mouvement est clair : regrouper pour faire moins mais mieux et ensemble. D’aucuns se plaignent : on n’a plus de messe dans notre église paroissiale… Immobilisme d’une part des fidèles dans une ère d’extrême mobilité. Etrange paradoxe, non ?
PAR THIERRY SCHELLING PHOTOS : PXHERE, DR
« Je n’ai plus la messe dans l’église de mon enfance… Je dois aller dans celle d’à côté, vous rendez-vous compte ? » Et quand on demande à Janine où cette église se trouve, elle explique : « A 750 mètres, j’ai compté, vous savez ! » Certes…
Au vu de la diminution des prêtres 1 et du regroupement des paroisses en Unités ou Secteurs, une part des fidèles est déboussolée. « Le mieux est l’ennemi du bien », me lance Robert, fringant octogénaire qui marche avec une canne – mais conduit une superbe Tesla –, « car désormais je dois me déplacer pour la messe du samedi soir et trouver une place de parc dans ce quartier densément habité. Je dois donc partir plus tôt si je veux y arriver. » Certes…
Mobilité douce
Etrange, donc, que l’on soit mal à l’aise avec cette politique pastorale du « moins dispersé » pour un « mieux célébrer ». Car, dans la vie contemporaine, tout pousse au déplacement et au regroupement : loisirs, vacances, grandes surfaces, restaurants, lieux de culture (cinéma, théâtre, opéra…) ; visites à ses proches en EMS ou dans un autre canton où logent les petits-enfants… quand ils ne sont pas partis vivre à l’étranger ; la poste, le guichet de banque et tant d’autres commodités de la vie dite moderne se trouvent rarement au pied de mon immeuble ou au coin de la rue de mon quartier résidentiel. Sans parler des arrêts de bus, ou des gares… La liste de toutes ces raisons de se déplacer pour sa vie quotidienne est longue… Et on s’y est fait !
Mais pour la messe ? Quand on annonce qu’à cause du petit nombre de participants à une messe, on va regrouper plus de monde dans des endroits accessibles, on entend des geignements… « Je ne connais pas ces gens », me confie Claire, quinquagénaire, qui regrette de ne plus avoir « sa messe du jeudi soir »… Quand on lui propose la même célébration à trois arrêts de tram, elle fait non de la tête : « L’église est glauque là-bas. »
Vraiment une question d’horaire ?
Cette attitude plutôt fermée ne traduit-elle pas une sorte de « messe-addiction » si j’ose dire, dénaturée de sa dimension « rassemblement communautaire » au profit de « mon petit plaisir personnel » (horaire, lieu, prêtre) ?
La messe est le sommet de la célébration de notre foi 2, mais à quel prix : fait-on l’amour tous les soirs de la semaine ? Non, on cadence cet apex avec d’autres formes d’expression de notre affection ; ne peut-il pas en être de même avec la foi ?
Car, depuis le Concile Vatican II, les formes de célébration de la Parole et de l’eucharistie ont été diversifiées et la Bible rendue aux fidèles, pour ainsi dire : langue vernaculaire, études des textes pour tous, versions 2.0, mangas et autres supports modernes. Mais se la sont-ils appropriée vraiment ? Où se trouve le manque, en vérité ?
Messe, mission…
Mgr Charles Morerod, dans sa Lettre de Carême de 2013, constatait : « Dans une société où il est normal de faire des kilomètres pour aller faire ses courses ou pour aller assister à une manifestation sportive ou culturelle, beaucoup semblent considérer comme normal de ne pas aller à l’église si la messe est célébrée dans le village voisin ou la paroisse voisine. »
Et de renchérir dans sa Lettre de Carême de 2015 : « Si recevoir Jésus-Christ ne vaut pas la peine d’un petit déplacement, c’est qu’il y a une crise de la foi » avant d’accuser la flemmardise des prêtres. « Si on veut chez nous une Eglise missionnaire, il est indispensable de montrer – en particulier le dimanche – de grandes communautés rassemblées pour des célébrations joyeuses […] [car] il faut aussi que l’on puisse percevoir une communauté heureuse de célébrer une belle liturgie. »
Il invite, là où il n’y a pas la messe chaque dimanche, à « continuer [à célébrer] au travers d’autres rencontres » ; le pape François parle d’une « créativité missionnaire » des paroisses (cf. Evangelii gaudium, no 28). Mais ose-t-on vraiment ?
Inertie
« Célébrer devant cinq personnes qui se tassent au fond de l’église, un dimanche d’hiver, est déprimant, confie un prêtre à la retraite. Surtout que je vais dire deux autres messes dans deux autres églises de l’Unité pastorale après ! Pour le même petit nombre. » Mais impossible de les faire se déplacer pour les regrouper.
L’actuel recteur de la basilique Notre-Dame à Genève, Pascal Desthieux, raconte volontiers, alors qu’il était curé de Romont et environs, son effarement lorsque, pour cause de travaux, une église ayant dû être fermée, les fidèles se sont « évanouis » pendant la restauration, pour réapparaître dès l’ouverture des portes de leur édifice renouvelé… sans n’avoir jamais fréquenté l’église voisine pour la messe dominicale ! Interloquant.
Mieux ensemble
L’Eglise, du grec ekklesia, est d’abord un rassemblement de personnes d’âges, d’origines, de cultures, de conditions sociales et économique différents. Pour que ce « Peuple de Dieu » soit plus kath’olikos, c’est-à-dire universel en français. Or, peu d’instances sociétales (l’école ?) le font. Ce n’est donc pas une mode, c’est un fondement de l’ecclésiologie (théologie de l’Eglise) : regrouper afin de faire corps, pour célébrer le Seigneur, écouter sa Parole, communier à sa présence et être envoyé.e en mission ad gentes, vers les autres, pour témoigner.
Dehors !
« Sortir ! », clamait le pape François et les jeunes, il les exhortait à se lever de leur sofa pour parcourir le monde ! Sortir de ses murs, de ses habitudes, du « on a toujours fait ainsi ici », pour rencontrer, missionner, servir. Oser témoigner dans une société où nous, chrétiennes et chrétiens, ne sommes plus ni les premiers à créer de la culture, du lien, ni même sollicités pour le faire comme au temps de Don Camillo ! Et cela requiert d’être plus uni.e.s : « C’était magnifique, cette confirmation à l’heure de la messe paroissiale, me confie Hélène. Ça fait chaud au cœur d’être plus nombreux, autour de ces jeunes ! Je repars requinquée ! » Tout est dit !
1 En revanche les laïques et les laïcs engagés par le diocèse LGF augmentent. Comme quoi, Dieu répond aux prières pour les vocations ! 2 Même si je pense que l’Evangile, lui, parle plutôt de l’amour du prochain comme le « sommet de notre foi »…
Les fidèles se déplacent en masse pour des évènements hors des frontières mais peinent à se rendre à l’église d’à côté pour la messe.
Avec un peu de bonne volonté, l’église voisine se rejoint pourtant facilement.
Les pèlerins suivent l’appel du Pape à parcourir le monde.
Nouvelle année ! Un nouveau chapitre, un nouveau couplet… ou simplement la même vieille histoire ? Le choix nous appartient ! Dans les magazines, sur le Web, partout, on nous suggère de nouveaux défis. C’est peut-être le moment d’envisager un changement, de prendre de bonnes résolutions et de les tenir.
PAR NICOLETTE MICHELI | PHOTO : PXHERE
« Moi, je ne prends plus de résolutions ! De toute façon, je ne les tiens pas ! » déclare ma voisine d’un ton assuré et définitif. Je sens que rien ne pourra ébranler sa décision… mais j’essaie : « Si tu ne les tiens pas, c’est peut-être que tu n’as pas pris les bonnes ? »
Faire le bon choix
En effet, une résolution est bonne si elle nous apporte du mieux-être et nous fait avancer dans la bonne direction. Il suffit d’en choisir une seule pour commencer ! Une action simple et précise, à répéter sans trop bouleverser le quotidien. Mettre cet objectif par écrit, sur un papier placé bien en vue, ou le taper sur son téléphone : voilà un moyen concret et efficace, paraît-il, pour consolider sa motivation.
Avancer lentement mais sûrement
« D’accord, mais comment s’y prendre pour tenir sur la durée ? » Y aller à petits pas : viser de petits changements à réaliser dans un laps de temps assez court. Faire le point avant de repartir avec un objectif un peu plus ambitieux et fixer à chaque fois une échéance… les grandes fêtes, par exemple : tenir jusqu’au Carême… Pâques… Ascension… A chaque étape, se féliciter et, pourquoi pas, s’accorder une récompense ? Progresser ainsi, avec persévérance, pour atteindre l’objectif final. Oublier le « Tout, tout de suite » qui nous guette sans cesse et risque de nous décourager à la première difficulté. Il faut du temps pour changer ses vieilles routines et prendre de nouvelles habitudes ! Mais quelle satisfaction quand, étape après étape, on a réussi à s’améliorer. Et quelle joie quand cela nous permet une meilleure ouverture aux autres !
Un coach exceptionnel
Finalement, prendre une bonne résolution c’est se donner un rendez-vous avec soi-même pour réaliser une action concrète, dans un temps défini, afin d’améliorer sa vie au quotidien. L’on peut solliciter de l’aide autour de soi. On peut aussi demander le soutien d’un coach exceptionnel, pour lui confier ses progrès et ses difficultés. Qui, mieux que Jésus, peut nous accompagner dans cette aventure, lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ? Suivons-le dans la joie !
Vivre et laisser vivre. Se donner aux autres Se mouvoir avec bienveillance et humilité Jouer avec les enfants Passer ses dimanches en famille Aider les jeunes à trouver un emploi Prendre soin de la création Oublier rapidement le négatif Respecter ceux qui pensent différemment Rechercher activement la paix (Pape François)
Le saint ou le bienheureux, n’est pas seulement celui qui a vécu il y a longtemps, dans un pays et un contexte différents des nôtres. Il peut être compatriote, contemporain et vivre dans des conditions assez semblables aux nôtres. Découvrons-le dans cette nouvelle rubrique.
Au Pays du Soleil Levant, Elisabeth Marie Satoko Kitahara s’est engagée sa vie durant auprès des plus pauvres de Tokyo. Une courte vie, dont la fulgurante conversion marque les esprits. Le 23 janvier 2015, le pape François reconnaît l’héroïcité de ses vertus et la déclare vénérable.
PAR MYRIAM BETTENS PHOTO : DR
Elisabeth Marie Satoko Kitahara, est fêtée le 23 janvier, jour anniversaire de son décès.
Un jour de mars 1948, Satoko Kitahara, étudiante en pharmacie de l’Institut de Médecine de Showa Women’s University, près de Tokyo, se promène tranquillement avec une camarade de classe lors d’une visite de Yokohama.
Indéfinissable émotion
Les deux amies remarquent un homme compatriote qui entre dans l’église du Sacré-Cœur de Yokohama. Prise de curiosité, Satoko fait de même. A l’intérieur, ses yeux se posent sur une représentation de Notre Dame de Lourdes. Elle est submergée par une « indéfinissable émotion ». Elle est loin d’imaginer que cette mystérieuse femme sur son piédestal va changer sa vie.
Le père de Satoko, de religion shinto, ne partage pas ce nouvel intérêt pour le christianisme, mais ne s’oppose pas non plus aux aspirations de sa fille. Il essaie tout de même de la dissuader de s’engager sur cette voie. La passion de Satoko pour sa nouvelle foi est plus forte. Elle demande à l’évêque local une dispense pour pouvoir se faire baptiser tout de suite, car elle aspire à entrer dans les ordres. Malheureusement, le diagnostic d’une tuberculose lui ferme les portes du couvent. Elle découvre un article intitulé, Une croix à Arinomachi (la ville des fourmis), un bidonville de Tokyo hébergeant les chiffonniers de la ville. Le frère Zeno Żebrowski est missionnaire auprès de cette population. Satoko s’engage avec lui auprès des plus pauvres. A mesure que son engagement grandit, ses forces déclinent, rongées par la tuberculose. Elle s’éteint dans les bras de sa mère, en janvier 1958, à l’âge de 28 ans.
En 2015, le pape François reconnaît l’héroïcité de ses vertus et la déclare vénérable. Elle est fêtée le 23 janvier, jour anniversaire de son décès.
C’est vrai, Carnaval n’est pas à proprement parler un jour férié… même si on aimerait bien avoir congé. Le Carnaval de Monthey est (presque) sacré ! Alors il mérite bien un petit décodage… historique et spirituel.
PAR SANDRINE MAYORAZ | PHOTOS : WWW.MONTHEY.CH/CARNAVAL, DR
Carnaval, une tradition… chrétienne
Aussi étonnant que cela puisse paraitre aujourd’hui, Carnaval est à l’origine une tradition chrétienne. Le terme « Carnaval » vient du latin : Carne = viande, Vale = au Revoir ; ce qui veut dire : « Au revoir la viande ». Car traditionnellement on ne mangeait pas de viande en Carême. Et donc, les jours précédents, on « liquide les restes » de lard, de crêpes, de beurre… d’où l’appellation de Mardi gras. Soit dit en passant, on ne mangeait pas non plus d’œufs. Comme les poules ne font pas Carême, elles continuent de pondre et les œufs s’accumulent. C’est l’origine purement pragmatique de notre tradition des œufs de Pâques !
Et saviez-vous que se déguiser servait à effacer les classes sociales marquées par l’habillement ? Pour une journée, tout le monde est à égalité : le valet peut devenir roi… On déroge aux codes vestimentaires, juste quelques jours.
Les Cendres, un symbole fort
Après mardi gras, vient le Mercredi dit « des cendres » qui ouvre le Carême. Quaresme en ancien français signifie 40e jour et le Carême prépare à la fête de Pâques. Lors de la messe du Mercredi des cendres, un geste spécial et unique dans l’année est posé. Le prêtre saupoudre des cendres 1 sur le front des fidèles en disant : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière. » (Genèse 3, 19) ou « Convertis-toi et crois à l’Evangile. » (Marc 1, 15)
« La cendre, c’est ce qui reste quand le feu a détruit la matière dont il s’est emparé. Quand on constate qu’il y a des cendres, c’est qu’apparemment il ne reste plus rien de ce que le feu a détruit. C’est l’image de notre pauvreté. Mais les cendres peuvent aussi fertiliser la terre et la vie peut renaître sous les cendres 2. » Ainsi, le Mercredi des cendres évoque la mort et la fragilité de l’Humain et à la fois laisse poindre une extraordinaire Espérance…
Les quatre jours de Carnaval marquent un contraste avec les 40 jours de Carême. Car il y a un temps pour tout : un temps pour l’amusement et un temps pour le recueillement. C’est l’alternance des temps qui en donne la valeur. Je vous souhaite donc un joyeux Carnaval, suivi d’une belle entrée en Carême…
Au détour du narthex (l’entrée de l’église), on découvre une étonnante représentation de la Sainte Trinité.
PAR AMANDINE BEFFA PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER
Nous avons parfois l’impression que les églises médiévales étaient sobres. En effet, la majorité des églises qui restent aujourd’hui ont des murs nus. Pourtant, c’était loin d’être le cas, en particulier à la période romane. Les techniques architecturales ne permettant pas de percer de grandes fenêtres, il était nécessaire de faire quelque chose des grandes surfaces de l’édifice. C’est l’apogée de la peinture et en particulier de la fresque.
L’abbatiale de Payerne a été partiellement détruite à travers les siècles. Elle a subi deux incendies et a servi de grenier, puis de prison et de cantonnement militaire à partir de la Réforme. Toutefois, elle nous donne une idée de ce à quoi ressemblaient les églises médiévales. Elle conserve en effet de nombreux décors peints datant du XIe au XIIIe siècle. Il est impossible de parler de toutes les œuvres en quelques lignes et il vaut vraiment la peine de se rendre sur place en personne pour les admirer.
Au détour du narthex (l’entrée de l’église), on découvre une étonnante représentation de la Sainte Trinité.
En bas à gauche, un homme est à genoux. Il est revêtu d’un manteau à capuche et coiffé comme les moines. Il s’agit probablement du donateur.
Au centre, Dieu le Père soutient le Fils en croix alors que l’Esprit veille sous forme d’une colombe.
La scène est déjà touchante lorsqu’on la contemple, mais elle prend un sens encore plus profond si on lit le texte de la Passion en même temps : « Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? C’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27, 46)
A nous qui avons parfois envie de demander : « Où étais-tu lorsque je me sentais abandonné ? », le Père semble répondre : « Je portais ta croix… »
Dans la série de présentation des travaux de diplôme du parcours de formation «Théodule», voici ci-dessous le résumé du travail effectué par Virginie Maret. Son travail porte sur la messe mise en relation avec les parcours de catéchèse.
PAR VIRGINIE MARET | PHOTO : DR
Virginie Maret.
Redonner sens à la messe dominicale dans notre vie de chrétien
Le pape François nous le rappelle, la messe est « communautaire » : tous les dialogues réalisés ont leur importance ; ce sont des paroles qui amènent à la « communion » entre le prêtre et les fidèles. Elle est également au centre de la vie de l’Eglise. « Quel dimanche cela est-il pour un chrétien, s’il manque la rencontre avec le Seigneur ? »
La messe : une rencontre avec Jésus !
Pourtant beaucoup de croyants ne ressentent pas le besoin de pratiquer et lorsque l’on interroge les familles des parcours de catéchèse, certaines avouent n’y aller que quatre fois par année. L’objectif de ma réflexion est de trouver quelques pistes de compréhension car nous sommes persuadés que la formation des chrétiens sur le sens de la messe peut être une réelle source d’évangélisation. Lorsque l’on sait de quoi on parle, on est d’autant plus motivé à aller à la rencontre de ce Jésus et de son amour qui se révèle dans le mystère de l’Eucharistie.
La messe vécue trop souvent – hélas – et uniquement comme une obligation !
Beaucoup de familles qui accompagnent leurs enfants dans les parcours de catéchèse viennent à la messe soit par « habitude », soit par « obligation » ou ne viennent pas. Et la majorité ne participe aux célébrations que si elles sont en lien avec le parcours ! L’enfant qui dit avoir apprécié les activités proposées et la fête du sacrement finit son parcours puis ne remet plus les pieds à l’église ! Pourquoi ?
L’enjeu : que la messe nourrisse et vitalise notre foi !
Il est donc important de mettre en lumière les besoins et les attentes des familles afin que la messe prenne sens pour elles et qu’elles puissent continuer leur chemin avec toute la communauté. Créer un pont entre les sacrements de l’initiation chrétienne et la suite de leur vie en tant que chrétiens ! Lorsqu’on interroge ces familles, l’on ressent une envie de vivre des célébrations joyeuses, un besoin d’entendre une homélie qui les touche et les enrichisse et des attentes concernant la participation active de l’assemblée, en particulier des jeunes.
La messe : une chance pour évangéliser !
Nous avons de la chance depuis Vatican II de pouvoir célébrer la messe AVEC le prêtre, n’oublions pas cette opportunité qui nous a été donnée !
Comprendre le sens des gestes et des paroles de l’Eucharistie ne suffit certainement pas à nous convier à ce rendez-vous hebdomadaire mais cela peut nous motiver ! La messe nous unit et nous offre l’opportunité de nous « poser » avant le début de la semaine et de prendre du temps pour prier Dieu et lui rendre grâce.
Pensons donc à transmettre le goût de la messe à nos familles des parcours afin de les rejoindre dans leur quotidien et dans leur foi, même si cela doit passer par une simplification des célébrations et quelques changements de vision de la part des prêtres et des catéchistes !
Des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse.
PAR SARAH GUINNARD ET PIERRE GANSLMAYER | PHOTOS : DR
Le Collège Saint-Michel (FR) possède une riche culture catholique. Son nom, sa fondation par saint Pierre Canisius en 1582 ou encore sa Congrégation Mariale (créée par le même homme) n’en sont qu’un pâle reflet. Dans le but de revaloriser cette culture, des élèves de l’établissement, sous l’impulsion de leur aumônier francophone Grzegorz Sienkiewicz, ont décidé d’apporter leur petite pierre à la réédification de la vie chrétienne du Collège. Voici leur témoignage.
C’est sous l’impulsion de Grzegorz Sienkiewicz que nous nous sommes rencontrés à l’aumônerie afin de préparer une visite historico-spirituelle bilingue du Collège Saint-Michel pour une cinquantaine de membres de la CVX (Communauté de Vie Chrétienne) lors de son assemblée générale suisse du 26 mars 2022. Nos visiteurs ont montré un grand intérêt à découvrir le patrimoine de notre école.
Cette expérience enrichissante nous a confortés dans notre envie de faire renaître l’aumônerie et la vie de foi de notre école. Nous avons donc décidé, pour commencer, d’organiser une messe de rentrée, d’action de grâce et de bénédiction. Cette messe fut célébrée le 19 septembre dernier par un père Carme, dans la très belle chapelle Saint-Ignace, à l’intérieur même du Collège et nous a donné un élan de motivation supplémentaire pour envisager divers projets au sein du collège. Et ce, malgré le petit nombre de fidèles présents : neuf, mais tout de même neuf de plus que l’an dernier !
A noter que, désormais, nous nous rencontrons hebdomadairement afin de partager un moment de convivialité et d’organiser nos futures activités.
Nous envisageons entre autres de faire à nouveau découvrir les recoins de Saint-Michel à travers des visites spirituelles et culturelles pour des (futurs) collégiens ou toute personne intéressée, ou encore d’organiser des rencontres avec divers intervenants religieux, des sorties spirituelles, des actions de charité ou des topos et, bien sûr, d’autres messes, avec encore plus de fidèles ! Nous allons également participer à la procession du 8 décembre prochain à l’occasion de l’Immaculée Conception et à l’organisation de la messe de minuit avec le Chœur du Collège, à l’église Saint-Michel.
Tout étudiant à Saint-Michel est le cordial bienvenu à l’aumônerie pour partager et élaborer nos activités !
Le Père Sviatoslav Horetskyi d’Ukraine avec l’AED (ACN) dans notre secteur du 25 au 26 février 2023.
PAR EMMANUEL FRENCH PHOTOS : AIDE À L’EGLISE EN DÉTRESSE, P. S. HORETSKYI, DR
« L’amour est plus fort que la haine »
Les pires conséquences de la guerre ne sont pas dans la destruction des bâtiments, mais dans les conséquences psychologiques et spirituelles. « En Ukraine, prêtres et religieux offrent aux personnes traumatisées, ayant perdu des membres de leur famille ou leur maison, un soutien psychologique et spirituel afin que leurs blessures puissent guérir. La foi en Dieu est un soutien important et leur redonne espoir. Je le découvre dans les rencontres avec les personnes déplacées », rapporte le Père Sviatoslav Horetskyi. Alors que beaucoup fuient, la plupart des prêtres et des évêques restent parmi le peuple. Par leurs initiatives, ils résistent à la violence de la guerre. « L’amour est plus fort que la haine. En tant que croyants, nous espérons la vie en abondance. Si nous pouvons transmettre cela, alors notre vis-à-vis peut ressentir quelque chose de l’ordre de l’éternité », explique le Père Horetskyi de l’Eglise grecque-catholique ukrainienne.
Survivre à l’hiver
Pour la population, il est très difficile de survivre cet hiver avec des températures inférieures à moins 20 degrés, sans pouvoir accéder à l’énergie nécessaire pour se chauffer. « Aide à l’Eglise en détresse (ACN) » poursuit son aide destinée afin d’atténuer la crise. Les attaques russes et l’hiver entraînent une augmentation encore plus importante du nombre de personnes déplacées. Ce sont pour la plupart des femmes avec enfants dont les maris sont morts dans le conflit ou sont en première ligne.
Selon le gouvernement ukrainien, la majorité des installations énergétiques ont été détruites. Les attaques de drones russes visent « à aggraver la vie quotidienne des Ukrainiens » et à rendre « impossible de vivre l’hiver dans ces endroits ». En réponse à ces besoins, l’AED soutient par exemple l’acquisition de poêles et de groupes électrogènes. La situation énergétique affecte l’ensemble du pays et pas seulement les zones de conflit. Des couvents accueillant les réfugiés se retrouvent sans lumière, sans eau et il y fait incroyablement froid.
« Nous traversons une période extrêmement difficile en Ukraine, déclare Mgr Pavlo Honcharuk, nous vous remercions encore une fois pour votre aide, pour les prières et le soutien. Que Dieu récompense abondamment tous les bienfaiteurs de votre œuvre. »
Qui est saint Janvier ? Evêque de Bénévent et protecteur de Naples, il meurt vers 305, persécuté par l’empereur Dioclétien et non sans peine, puisque, miraculé, il ressort d’abord indemne des flammes et de la fosse aux lions avant d’être décapité. Il tire son nom du dieu romain Janus à l’origine du mois de janvier, mais est fêté le 19 septembre.
par Pascal Ortelli
Humour
Un couple se présente devant l’officier d’Etat civil pour se marier. Le fiancé, d’humeur joyeuse, semble avoir abusé de la dive bouteille. « Mademoiselle, dit le représentant de l’autorité, il m’est impossible de vous marier dans ces conditions. Vous reviendrez plus tard quand il aura dégrisé. » Huit jours, plus tard rebelote ! « Mais enfin, Mademoiselle, votre amoureux est encore plus ivre que la semaine dernière. » « Que voulez-vous, mon cher Monsieur, quand il n’est pas saoul, il ne veut pas se marier ! »
Il peut paraître quelque peu dérisoire de refuser de nous déplacer pour participer à la messe dans l’église de la communauté d’à côté, alors que la lettre aux Hébreux nous rappelle que « nous n’avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle de Dieu » (13, 14). Nous attendons en effet, précise la même épître, la ville dont Dieu est l’architecte et le constructeur, à l’exemple d’Abraham le nomade, mis en route par la Parole du Seigneur sans savoir où il allait. Car dans la foi, nous sommes à la recherche d’une patrie, nous aspirons à la cité céleste, bien meilleure que celle où nous résidons actuellement (cf. He 11, 8-16).
Tisser des liens
Reste que certains répliqueront : mais l’enseignement de l’Eglise et la théologie pastorale nous invitent à nous rassembler dans notre paroisse territoriale et à y être fidèles, de manière à tisser petit à petit des liens qui constituent la communauté locale. Au nom de notre incarnation, nous sommes appelés à planter nos racines comme un arbre florissant et à nous unir aux branches de nos voisins de quartier ou de village.
Cheminer vers la maison du Père
C’est oublier le sens étymologique du terme paroisse, par-oikia en grec, qui signifie « maison d’hôtes sur le chemin ». La mobilité est donc constitutive des communautés chrétiennes, conviées à conserver un dynamisme tourné vers l’avenir, à offrir l’hospitalité à tous les étrangers de passage, à croître grâce à leur flexibilité en s’ouvrant aux suggestions venues de l’extérieur et surtout, à cheminer vers la maison du Père, la demeure du Royaume.
Qui n’avance pas recule
Puisque nous sommes tous et toutes en route vers le ciel, restons mobiles. C’est ce qui constitue la démarche syn-odale, chemin accompli ensemble, voulue par le pape François pour l’ensemble de l’Eglise catholique, depuis l’automne 2021 jusqu’en octobre 2023 et 2024 et au-delà.
Qui n’avance pas recule. Qui se ferme à la mobilité se sclérose. C’est la loi de l’existence avec le Christ.
Alors que certains pestent contre le sens commercial de cette fête, le conseil de communauté de Vionnaz a eu l’intuition d’offrir pour les paroisses du Haut-Lac une messe spéciale pour tous les amoureux ! En effet, alors que les célébrations mettant en avant les couples jubilaires s’essouflent, nous sommes persuadés que bénir les couples, quels qu’ils soient, mariés ou non, jubilaires ou non, est une grâce ! Alors profitons-en !
TEXTE ET PHOTO PAR MARYLINE HOHENAUER
S’aimer, partager ses passions, ses intérêts, son quotidien, vouloir constamment le bien de l’autre, être persuadé que son bonheur fera le nôtre… et se le dire ! Lors de la messe du 11 février, tous les amoureux sont invités à se retrouver à l’église de Vionnaz pour une messe pensée et animée pour eux.
Pas besoin d’être mariés depuis 5, 10, 15, 20 ou 50 ans pour recevoir une bénédiction. En effet, la grâce, cette faveur accordée par Dieu est pour tous, tout le temps. Et pour les couples non mariés, pas de souci, la bénédiction d’un couple n’est ni un mariage, ni un « sous-mariage » ! C’est l’occasion d’être renforcés et de rendre grâce pour les fruits de cet amour.
Il y a quelques années, je me rappelle avoir accueilli le témoignage d’un couple qui avait vécu une grosse embrouille sur le chemin qui le menait à la messe des jubilaires. A la fin de la messe, au moment de la paix, ils s’étaient pardonnés, puis posaient tout fiers sur la photo de groupe à la fin de la messe. Oui, nous le savons tous, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, elle est faite de hauts et de bas, parfois même de très bas, ou de chemins de traverse, parfois de souffrances, d’incompréhensions. Que cette célébration vous aide à panser les plaies, à vous sentir sereins, à revivifier votre Amour, pour qu’il dure toujours.
Rendez-vous, sans inscription, à la messe du 11 février à 17h30 à l’église de Vionnaz. A la fin de la messe un apéro amélioré vous attend pour continuer la fête.
Le jour de la Saint-Valentin est la fête des amoureux. Mais qui est donc ce Valentin ?
Pas moins de sept saints répondent à ce nom et sont fêtés le 14 février. L’association de la Saint-Valentin à la fête des amoureux remonte au Moyen-Age. A cette époque, la tradition veut que les jeunes s’adonnent à une forme de « loterie de l’amour ». Tous les 14 février, les jeunes gens tiraient au sort le nom de leur compagne, le « Valentin » est devenu le cavalier de la jeune fille pour l’accompagner lors de fêtes.
En 2022, plus de loterie, mais c’est un évènement très commercial : c’est le jour où le chiffre d’affaires des fleuristes explose ! Mais c’est surtout bien plus que tout cela… car il ne suffit pas d’acheter un cadeau pour se prouver son amour.
Aux jeunes, le pape François les a confortés dans leurs envies de se retrouver, nombreux, à célébrer leur foi (JMJ…) : « Il est toujours mieux de vivre la foi ensemble et d’exprimer notre amour dans une vie communautaire… » (Christus vivit, no 164) En d’autres termes, « regroupez-vous ! », semble-t-il dire. Et l’expérience des grandes célébrations ravive la foi : plus nombreux, on est plus joyeux…
Quant à son regard sur la paroisse, première cellule missionnaire de l’Eglise, il l’exhorte à… sortir : « Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. » (Evangelii gaudium no 49)
En d’autres termes, se regrouper en rassemblant et sortir de ses murs, voilà les deux ailes de l’élan missionnaire pour une Eglise pertinente aujourd’hui. La mobilité, en somme, ou ce que François appelle la « plasticité » de la communauté chrétienne…
Malgré la chaise roulante…
Diminué dans sa mobilité, lui ne s’est pas épargné en 2022 : Canada, L’Aquila, Matera, Bahreïn, Kazakhstan… Quand la mission urge, rien ne l’empêche de se déplacer !
Car ce qui doit animer le disciple du Christ, ce n’est pas l’entretien de ses habitudes d’horaires et de lieux de messe, c’est bien son zèle missionnaire, loin du confortable « on a toujours fait ainsi et ici ! ». D’ailleurs, cet envoi missionnaire concerne tous les baptisés…
« Ambassadeurs du Christ »
Aux missionnaires de la miséricorde, lors de l’année jubilaire 2018, il reprenait le thème de saint Paul d’« ambassadeurs du Christ » (cf. 2 Cor 5, 20), pour encourager certes les prêtres – de par leur service notamment de la confession – mais tous les baptisés à porter la miséricorde de Dieu en sortant de chez eux !
PAR L’ABBÉ JEAN-MICHEL MOIX
PHOTO : ABBÉ VALENTIN RODUIT
Au moment d’entrer dans une nouvelle année, notre cœur peut être « pris » par une certaine peur, une certaine angoisse diffuse.
Pas très loin de chez nous, en Ukraine, à quelque 2 heures et demi d’avion, une guerre fait rage, semant jour après jour depuis bientôt une année, la ruine, la misère, l’exode, la mort. Ce conflit ne risque-t-il pas de s’étendre aux pays voisins de l’Ukraine ? Quand donc cette guerre prendra-t-elle fin ? lorsque toute une armée aura été saignée à blanc ? et alors la guerre cessera, faute de combattants…
Autre peur. Chez nous, on peut craindre, avec cet hiver qui peut s’avérer long et rigoureux, des coupures d’électricité qui seraient préjudiciables non seulement à notre industrie mais également à notre vie courante !
Aussi pour lutter contre ces peurs et ces craintes plus ou moins fondées, et qui peuvent nous angoisser, sachons recourir à notre foi !
Dans la foi, recherchons la présence de Jésus, tournons-nous vers Lui, prions-Le, implorons de Lui, avec confiance, son secours, son aide.
Pensons à cet épisode de l’évangile (Mc 4, 35-41) : les apôtres, en compagnie de Jésus, avaient pris place dans une barque pour rejoindre la rive opposée du lac de Galilée. C’était alors la nuit, un vent contraire s’était levé et les apôtres s’épuisaient à ramer au milieu de la mer tempêtueuse. L’eau s’engouffrait dans la barque et menaçait de la faire couler. Les apôtres commençaient à craindre pour leur vie. Et pendant ce temps, Jésus, installé à la poupe, dormait ! Vite, on s’empresse de réveiller Jésus. Et Jésus, par sa seule parole, Ô miracle, imposa le calme aux éléments déchaînés du vent et de l’eau ! Jésus leur dit alors : « Pourquoi avoir si peur ? Comment n’avez-vous point de foi ? » Autrement dit : « Pourquoi vous êtes-vous laissés prendre par la peur ? Réveillez donc votre foi ! »
Cette même foi nous fait nous souvenir d’une promesse que Jésus a faite à ses disciples (et à chacun de nous) avant de remonter au Ciel : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 28, 20) Dans la foi, saisissons-nous de cette promesse divine, pour aller à Jésus et le trouver dans la prière, dans l’Eucharistie, dans la Parole de Dieu… Du reste, avec la fête de Noël, n’avons-nous pas fêté la venue de Dieu parmi nous, la naissance de l’enfant-Dieu, c’est-à-dire selon le prophète Isaïe, de « l’Emmanuel », mot qui se traduit par « Dieu avec nous » !
Au seuil de cette nouvelle année, que Dieu vous bénisse, en Jésus, son divin Fils !
PAR JUDITH BALET HECKENMEYER
PHOTOS: JUDITH BALET HECKENMEYER, CHRISTIANE MICHAUD
Comment représenter ce qui est sacré? Arrivera-t-on jamais à représenter cette flamme qui habite l’âme? Nos moyens sont dérisoires face à cette immensité d’amour qui emplit tout notre être. Ce langage est fait de symboles, de touches personnelles qui restituent la vision de chaque artiste et qui ne sera que partielle, momentanée. On ne peut pas prendre une photo d’une personne et prétendre que c’est toute sa vie! Le langage utilisé pour exprimer le sacré me semble donc être un cliché, un instantané de communion avec ce qui élève le cœur et l’âme de celui qui s’exprime par l’art.
En pensant à l’art sacré, je revois les magnifiques sculptures de Jean-Pierre Augier que j’ai découvertes au Grand-Saint-Bernard. Comment cet homme peut-il, avec des faux, des pièces de métal froides et coupantes, faire passer autant d’amour, de délicatesse et de sacré dans ses œuvres? Il en est une à Martigny, devant la maison de la visitation derrière l’église. Ce qui naît de ces pièces de métal, par les mains de M. Augier, est juste renversant, bouleversant.
Dans un autre registre et avec d’autres matériaux, Christiane Michaud (de Fribourg) peint. Depuis plusieurs années, ses toiles sont habitées, inspirées par la foi. Elle a peint nombre de suaires. Ses œuvres sont également empreintes de délicatesse, de finesse et laissent une belle place à la contemplation.
L’art sacré serait-il une invitation, un prétexte à la contemplation, au recueillement ? Certains parlent français, d’autres allemand. L’art sacré nous parle par des textes, de la musique, des chants, des sculptures, des peintures, des fresques, des bâtisses. Chacun y est sensible différemment et à sa manière, selon son tempérament, selon ce qu’il traverse, selon l’ouverture de son cœur au plus grand que soi, au meilleur de chacun qui s’exprime.
Ouvrons nos yeux et laissons-nous pénétrer par tout ce qui réveille le sacré en nous, surtout en ces temps de la nativité, ouvrons notre cœur à Dieu et ses multiples manifestations d’amour.
Aline Jacquier et Camille Vianin sont depuis septembre engagées au Service diocésain de la jeunesse, en compagnie de Gaëtan Steiner. En quelques mots clés, portraits croisés de ces deux aînées de famille, envoyées en mission par notre Eglise.
RÉDACTION DE LA LETTRE D’INFORMATION DIOCÉSAINE | PHOTO : DR
Les JMJ Aline : « C’est là que la foi que mes parents m’ont transmise est devenue la mienne. J’ai beaucoup reçu. Je ne pouvais pas garder ce cadeau pour moi ! » Camille : « Elles m’ont permis d’aller beaucoup plus en profondeur dans mon expérience de foi. Un lieu de conversion. »
Accompagner les jeunes Aline : « Des agents pastoraux jeunesse ont fait pour moi figure de grands frères, de grandes sœurs dans la foi. A son tour, j’aimerais pouvoir être cette grande sœur pour d’autres, offrir cette belle relation. » Camille : « A un âge où on cherche sa place, où on se pose des questions, c’est aussi offrir des amitiés saines, un lieu où on peut partager, écouter, être soi-même sans jugement. »
Le Christ, pour moi c’est… Camille : « Celui qui me guide, qui m’aide à prendre les bonnes décisions. C’est avec Lui que je vais converser. C’est Quelqu’un à qui je confie ma vie et les projets de la jeunesse… » Aline : « Un ami, qui sait tout de moi, avec qui je peux parler, un guide que je ne cesse de découvrir jour après jour. »
Formation Camille : « Asseoir mes connaissances bibliques, théologiques, grandir dans ma foi, pour pouvoir mieux la transmettre plus loin. » Aline : « Mieux connaître le visage du Christ pour mieux l’aimer. »
L’Eglise d’aujourd’hui, de demain Aline : « Le pape François disait que les jeunes ne sont pas l’Eglise de demain, mais plutôt l’aujourd’hui de Dieu ! Soyons conscients que nous portons le Christ en nous, comme une greffe. Nous sommes co-christés… Cette Eglise est en sortie, allant aux périphéries, avec pour moi un leitmotiv hérité des JMJ de Rio : allez sans peur pour servir. » Camille : « Elle est aussi en dehors du bâtiment église, par exemple à la conférence organisée par l’aumônerie des écoles tertiaires avec Claude Nicollier… C’est là qu’on rencontre énormément de jeunes, dans des endroits où on n’irait pas forcément. Mon désir : partout là où Dieu m’a mis, rester pour aimer. »
Le message qu’elles aimeraient transmettre aux jeunes D’une seule voix : « Quitte ton canapé, chausse tes crampons et va aux JMJ ! Rendez-vous à Lisbonne ! »
Aline
A 33 ans, elle entame une formation d’animatrice pastorale au CCRFE à Fribourg. De son métier d’assistante de direction, elle retrouve aujourd’hui en pastorale notamment la gestion de projets et les relations humaines. Déjà active depuis longtemps au comité JMJ romand puis engagée en pastorale jeunesse sur le décanat de Sion, elle a rejoint depuis septembre le Service diocésain de la Jeunesse. Aline, c’est Fully forever !, les JMJ, discuter et rigoler.
Camille
Elle a 29 ans et elle partage son temps entre Sierre, Sion et Fribourg. Après un Master en Affaires internationales, elle a travaillé tant à la Mission de Thaïlande qu’au Conseil œcuménique des Eglises. Engagée dans l’aumônerie des écoles tertiaires et de l’ECG, elle y retrouve le côté interculturel et interreligieux, l’ouverture à tous, de n’importe quel milieu social, contexte ou Eglise. Responsable de la pastorale jeunesse sur les paroisses de Sierre, elle étudie la théologie à Fribourg. Aimant mettre les gens en relation, mélanger les groupes, elle a aussi besoin de temps plus solitaire pour pouvoir se reconnecter.
En recherche du Vivant, la nature a été, très tôt dans mon enfance, un miroir qui reflète ce qui est beau et vrai. Je l’ai reproduit, en dessinant et en peignant des animaux, des plantes et puis des paysages. Avec cette pas- sion du Vivant, durant ma jeunesse, mon regard a commencé à pénétrer l’interface du visible; pour chercher ce qui est «de rière» l’apparence; l’Etre qui ordonne tout.
Après un parcours aux Beaux-Arts à Berne et une formation théologique de deux ans à l’école de la Foi à Fribourg, ma recherche du Vivant et l’expression artistique personnelle se mêlent et se fécondent. Dans notre quotidien matériel et jusque dans notre chair, n’y a-t-il pas une révélation qui vient de l’Esprit, un Souffle du Vivant qui cherche à s’exprimer?
En traversant une forêt, en Crète, sur les pas de saint Paul avec une quinzaine de jeunes de notre Unité Pastorale, je méditais sur la force de la Vie en admirant des arbres géants. Entre deux, des géants couchés pourrissaient et se décomposaient pour retourner à la petitesse de la poussière, me renvoyaient la question: que fais-tu de ta vie? En emportant un bout de bois chez moi, cette question, résistant au temps, s’est transformée en une expression de ma foi.
Le bout de bois est devenu un buisson ardent. Dans toute la matière, dans chaque être, une lumière habite, intérieure et invisible. Une lumière incréée comme dirait un croyant orthodoxe; le JE SUIS, le nom de Dieu révélé à un curieux Moïse. Le nom que le Christ incarne et révèle en affirmant: Je SUIS la VIE – Je SUIS la LUMIÈRE du monde. C’est existentiel: qu’est-ce qui peut me séparer de l’Amour fondateur du Christ – ni la mort et la décomposition, ni l’enfer et les esprits… (d’après Rm 8, 38-39).
L’art serait-il sacré dans la mesure où une œuvre matérielle laisse transparaître une lumière christique qui éclaire et attire tout être?
A Hauterive, accompagné par un moine iconographe, j’ai pu «écrire» deux icônes. Ce n’est plus mon expression personnelle et artistique qui compte, mais l’expression d’une longue tradition qui veut rendre visible l’ordre profond des choses – la Parole divine révélée dans l’histoire de l’humanité. Comme un vitrail enseigne lorsqu’il est traversé par la lumière, l’icône renvoie à une autre dimension par la lumière intérieure de la foi.
Là, justement, où mon regard s’arrête sur le visage du Christ, représenté, matérialisé par une superposition de couches de peinture; là, ma foi m’ouvre à « ce qui est derrière », à une présence transcendantale. Le sensible devient une passerelle pour le spirituel. Dans une icône bénie il y a quelque chose de l’ordre du sacramentel.
Les Paroles que j’ai choisi d’inscrire dans le livre ouvert du Christ bénissant, sont devenues le roc de ma prière quotidienne: «Si tu savais le don de Dieu… et Celui qui te dit : Donne-moi à boire.» (Jn 4, 7-17) Chaque matin, je me rappelle que ma vie est fondée et ancrée dans un don gratuit. Le «Si» de l’affirmation de Jésus me fait aussitôt prendre conscience de mon non-savoir face à ce don de Dieu qui me dépasse infiniment ! Mais malgré cette petitesse, le Christ m’invite à lui donner à boire! Deux soifs se rencontrent. N’est-ce pas cela la prière? Lui donner à boire moi- même durant ces moments que je Lui offre avant de commencer la journée.
C’est un long chemin de fidélité, où l’Autre travaille plus que moi-même, où Sa patience dépasse la mienne, où Son Amour réanime le mien – jusqu’au moment où je pourrai supporter la question que Jésus a posée à Pierre: M’aimes-tu vraiment?
A tour de rôle, des jeunes de divers cantons romands profitent de cet espace de liberté pour évoquer un sujet qui les intéresse. Au tour de la Valaisanne Viviane Gay-des-Combes de prendre la plume.
PAR VIVIANE GAY-DES-COMBES | PHOTOS : DR
Je m’appelle Viviane, j’ai 27 ans, je viens de Martigny et j’ai terminé mes études d’assistante en pharmacie. L’année dernière, j’étais à Jeunesse-Lumière, une école de prière et d’évangélisation. C’est une école catholique qui accueille des jeunes entre 18 et 30 ans pour vivre ensemble une expérience de foi et de charité fraternelle.
Cette année, nous étions 23 jeunes de huit pays différents à vivre ensemble dans une grande maison dans le sud de la France, à deux heures de Toulouse. Notre année s’est articulée autour de quatre piliers. La vie de prière, la vie fraternelle, la vie de mission et la vie de formation. Cette expérience m’a beaucoup apporté sur le plan spirituel et humain. Construire une vie de prière m’a aidée à mieux démarrer mes journées et m’a permis de les vivre plus sereinement. Je me sentais apaisée les jours où j’avais prié le matin.
Les différents cours donnés par des laïcs ou des prêtres de la région portaient sur la bible, l’oraison ou encore la vie consacrée ou le mariage. Ces cours m’ont permis d’apprendre davantage sur ma foi et de poser toutes mes questions pour pouvoir mieux comprendre en quoi je crois et pourquoi. Le dernier pilier était la mission. Nous sommes partis à la rencontre de jeunes étudiants dans des collèges privés catholiques. Nous leur avons partagé notre joie de croire, comment on vivait notre foi au quotidien et qu’est-ce que cela nous apportait. Nous leur avons aussi transmis notre témoignage de vie.
Ce qui m’a le plus touchée, c’est la vie fraternelle. Apprendre à connaître d’autres jeunes, vivre avec eux, partager les joies et les peines ensemble, se découvrir à travers les autres, apprendre à s’aimer, se pardonner sont toutes des expériences que j’ai vécues cette année. Elles m’ont permis de grandir et de mieux me connaître. J’ai tissé de beaux liens d’amitié avec eux et je me réjouis de les revoir. Pour la suite, j’ai le désir de partir fonder l’école Jeunesse Lumière à l’île Maurice avec trois autres jeunes de mon année.
Se lancer dans une nouvelle aventure, participer à la fondation de l’école, découvrir une nouvelle culture et un nouveau pays sont des éléments qui m’ont motivée à me lancer dans ce nouveau projet.
Je suis en attente du visa et dès que possible, je m’envole là-bas. Si vous le souhaitez, vous pouvez me soutenir dans la prière ou financièrement.
Merci de votre soutien et en Union de prière ! (CH95 0076 5000 C088 6684 1).
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