Catholique, célibataire: et alors?

« Il y a des groupes pour fiancés, pour enfants, des ateliers pour aînés, des sessions pour catéchistes et… rien pour nous célibataires catholiques ! » Ce cri du cœur est parvenu aux oreilles du curé et, lors d’une rencontre, tous les deux concoctent une proposition pastorale « pour célibataires catholiques ».

Par Thierry Schelling | Photos : Adobe Stock, Unsplash, DR

Depuis, des rencontres à intervalles réguliers (une tous les trois mois environ) existent, le vendredi soir, dans la salle du sous-sol de Saint-Joseph à Genève (Eaux-Vives). Un temps spirituel ouvre la rencontre, puis le curé laisse les participantes et les participants seuls continuer les échanges, autour d’un apéro.

C’est la formule choisie : un apéro, d’où l’heure – 19h-21h – et le jour, vendredi. Car outre le fait d’être célibataires, les présentes et les présents ont en commun d’être souvent très affairés : travail, business trip, études post-doc… Du coup, l’agenda vite rempli laisse peu de place à la spontanéité ; mais la volonté de se rencontrer semble avoir pris : dès la première rencontre, plus de vingt personnes se pointent et se « tassent » dans le salon curial. Les réseaux sociaux font le reste quant à l’information.

Un moment spi

L’originalité de ces rencontres apéritives est d’être ouvertement… chrétienne. Et œcuménique. Mais pourquoi ?

« Cela permet de se retrouver entre frères et sœurs », raconte une participante, « et donc dans un climat bienveillant. Qui crée de la confiance. » Elle a raison. Protestants et Catholiques trentenaires sont de cette génération de chrétiens assumés : se retrouver entre adhérents de la même religion autour d’un même statut, « célibataire », permet de faciliter les échanges dès les premières fois – car à chaque rencontre, de nouvelles personnes débarquent…

Mais le « moment spi » se veut aussi fédérateur : déposer les semaines actives, les fatigues et les joies passées, pour être là. Se poser et, un peu, se reposer. Et méditer : qui suis-je pour le Seigneur ? Qui est Jésus pour moi dans ma condition actuelle ?

La première fois, ce fut une méditation autour de Jésus, « homme affairé et célibataire » ; la deuxième, « quelques principes ignatiens pour orienter sa vie » ; la troisième et la quatrième, une série de questions adaptées et retravaillées à partir de l’ouvrage d’une théologienne américaine, Alicia Akins, « Le catéchisme du célibataire ».

La formule semble prendre. Pour le plus grand plaisir des coorganisatrices et des participants : « Une moitié revient et l’autre moitié est composée de nouveaux arrivant. » La dernière a eu comme originalité de déplacer les troupes, après le moment spi, dans un bar du quartier. La formule d’une « Eglise en sortie » se réalise également dans ce groupe…

Célibataire, so what ?

En Eglise, il est vrai, l’accent est mis pour les laïcs sur la vie conjugale ; le célibat semble être toujours considéré comme transitoire, c’est-à-dire « en vue du mariage », ou subi, avec le questionnement souvent tacite qui l’entoure. Seul le clergé et les moines obligés d’être célibataires ont leur place en Eglise comme tels, « célibataires consacrés », sauf pour les prêtres des rites orientaux (maronite, byzantin…) qui eux, peuvent se marier 1. Car en Orient, le choix est laissé au séminariste : mariage ou célibat ; pour ce dernier, c’est quasiment toujours la voie du monastère qui est ouverte. Pour ceux qui optent pour le mariage, ils seront curés de communautés.

En Eglise, l’accent est mis pour les laïcs sur la vie conjugale ; le célibat semble être toujours considéré comme transitoire.

L’un des participants racontait comment, en famille, il avait eu l’impression de devoir se justifier de son célibat « à son âge » et ce d’autant plus que… catholique ! Ainsi donc, être laïc, ou laïque, catholique et célibataire semble troubler le paroissien de base.

A chercher de quoi nourrir la réflexion d’un point de vue chrétien, il est vrai qu’on ne tombe (du moins à ma connaissance) sur aucun traité, aucune dissertation, aucune thèse en théologie du célibat assumé par un fidèle catholique lambda ; il n’y a que des références au « célibat consacré », y compris des laïcs, à l’Ordre des Vierges, au presbytérat dans l’Eglise latine, au monachisme.

La reconnaissance ecclésiale et ecclésiologique manque donc ; on peut deviner pourquoi : « Il n’est pas bon pour l’humain de rester seul », affirme Genèse 2, 18. Ou bien : « L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme. » (Gn 2, 24) Ou encore : « Soyez féconds, multipliez-vous ! » (Gn 1, 28)

Mais la solitude dans le Jardin des origines est soulignée par Dieu pour mieux entériner la nécessité, la vocation, à devenir créatures de relations avant tout : avec la flore, la faune et les congénères.

D’où vient ce malaise vis-à-vis d’une ou d’un catholique célibataire trentenaire ? Du sentiment de culpabilité généré par un entourage pressé, de devenir grands-parents ? Un curé de paroisse serait-il enclin de voir « ses » jeunes adultes seuls trouver l’âme sœur dans une société au fort marketing « familial » : abonnements, vacances, voyages, formules ?

Trouver l’âme sœur : une pression sociale ?

Pourtant, l’amitié comme valeur de rapports humains existe, l’amour pour son animal de compagnie existe, les clubs, associations et autres lieux de rencontre sportive, culturelle, cultuelle, ludique ne sont pas là d’abord pour créer des couples mais pour partager ses capacités, ses aptitudes et… le plaisir d’être ensemble 2 !

Nommer, c’est exister

Dans le récit de la Genèse, c’est nommer les créatures qui orchestre et organise le réseau des êtres vivants entre eux. Donner un nom fait exister, constater telle ou telle réalité la rend visible. Est-ce ce qui manque aux célibataires chrétiens au sein de leurs Eglises, être « appelés par leur nom » et ainsi reconnues et reconnus comme tels pour faire partie du tout ? Peut-être.

Rappeler qu’avant tout plan à deux, l’être humain est appelé à être en lien avec toute la création dans un esprit d’amitié, dans l’esprit de l’encyclique Laudato si’ du pape François. Sa vocation, son appel, viennent de Dieu et le baptême permet d’entendre pour chaque concernée et concerné : « Tu es mon enfant bien-aimé ! » Et j’ajouterai : quel que soit ton chemin de vie…

1 Nous en avons quelques-uns dans le Diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg : Ukrainien, Libanais, Roumain.
2 A voir la résistance de certains girons à demeurer uniquement masculins, on pourrait aussi voir une limite de l’entre-soi !

Avant la création d’Eve (ici « Le Paradis terrestre avec la création d’Eve» , par Jan Brueghel le Jeune), la solitude d’Adam est soulignée pour mieux entériner la nécessité de devenir créatures de relations avant tout.

Belle veillée de prière  pour le pape François

Le vendredi 25 avril dernier, un groupe de jeunes a pris l’initiative d’organiser une veillée de prière en hommage au pape François. Cette célébration d’action de grâce s’est déroulée à la chapelle de Rivaz. Nous vous livrons ici leurs témoignages entrecoupés de quelques citations du pape François proclamées lors de cette veillée.

Photos : LDD

« Pour moi un Pape, avant François, c’est quelqu’un qu’on respecte, qu’on écoute, mais qui est très haut placé et inatteignable. François c’était plus un papa, la personne qu’on respecte mais qui est beaucoup plus proche de nous et en perdant le pape François, j’ai l’impression d’avoir perdu quelqu’un de ma famille, de proche. J’espère fortement que les nominations de cardinaux que François a faits, porteront leurs fruits et que ça ira dans la continuité de son pontificat. »  Véronica

« Soyez des porteurs de joie, parce que l’Evangile est joie ! »
Discours aux jeunes, Tirana (Albanie), 21 septembre 2014

« Ce qui m’a frappée c’est surtout sa simplicité et sa proximité avec les gens. Il n’était pas «  au-dessus  » par rapport aux autres papes antérieurs. Sa simplicité d’habiter, non pas dans le palais comme les autres, ça je trouvais formidable. Il avait une grande ouverture : j’espère qu’on n’ira pas en arrière. L’espérance qu’on ait une continuité. Christiane

« C’est le seul Pape qu’on a connu, mais il était proche des gens, il appréciait la jeunesse, il était proche des jeunes et avait le souci de l’avenir de l’Eglise. J’espère que le prochain continuera dans ses traces et que ça ne créera pas des problèmes dans l’Eglise, car c’est une personne très importante pour l’Eglise et du coup c’est important que ce soit un bon Pape qui prenne des bonnes décisions. » Thomas et Lucia

« La paix commence par un sourire et se construit chaque jour avec des gestes simples. »
Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2019

« J’espère qu’il sera remplacé par un aussi «  bon  » Pape, aussi bon dans le terme de bonté, de proximité de l’autre. » Marie-Christine

« Je garderai son sourire, son regard envers chacun. Il ne tournait jamais la tête, il voyait tout le temps une autre personne. Il transmettait quelque chose. J’espère qu’on aura quelqu’un d’aussi super. » Gérard A.

« Dieu écrit aussi avec des lignes courbes. Même dans nos erreurs, Il peut faire jaillir quelque chose de beau. »
Homélie à Sainte-Marthe, 19 janvier 2016

« On voyait toujours l’Eglise comme un éléphant qui ne peut pas avancer, dans des traditions, qui met 50 ans à reconnaître le moindre travers qu’elle a eu. Et le Pape est toujours en avance par rapport à ça. Il est toujours la voix (la voie). Il est toujours en train de «  choquer  » son propre camp, d’accepter ce que les autres ne peuvent pas encore accepter et pour le nouveau Pape, j’aimerais qu’il soit toujours en avance par rapport à l’Eglise, pour montrer le chemin à l’Eglise. » Matthieu

« Quand j’ai préparé cette veillée, avec Barbara, elle a dit une citation du pape François. Je ne l’avais jamais entendue du Pape, mais je la disais de moi-même : c’était pour les couples qui vivent ensemble : il a dit : vous pouvez pendant la journée vous engueuler, faire voler des plats, mais ne vous endormez jamais sans vous être réconciliés ! C’était ma devise mais je trouve incroyable qu’il le dise aussi. Je retiens aussi tout son amour qu’il donnait. Dieu, ami pour nous. Ces citations, ça m’a fait replonger dans ce qu’il a fait et dit. » Laura

« La joie du chrétien ne se fabrique pas, elle ne peut pas être achetée : elle vient de la foi, de la rencontre avec Jésus-Christ. »
Audience générale, 10 mai 2017

« Mon cœur est devenu argentin à cause du Pape ! » Fatima

François c’était quelqu’un de très important pour moi. Tout d’abord, il était jésuite, tout comme moi. Nous avons d’ailleurs été longtemps amis sur Facebook à l’époque où il était cardinal. C’était quelqu’un de très humble. J’aimais déjà beaucoup Benoit XVI mais j’ai trouvé que François avait continué l’œuvre de Benoit XVI vraiment en profondeur. Paix à lui, que le Seigneur l’accueille à sa droite. Gérald

« Avec Dieu, le poids du passé ne pèse plus, il y a toujours un avenir. »
Homélie de la Vigile Pascale, 31 mars 2018

« Merci au pape François qui était tellement proche des gens, des pauvres. Je trouve qu’il a tellement suivi le chemin de Jésus. Il était proche de ceux qui avaient besoin de reconnaissance, ceux qu’il a trouvés sur son chemin. J’ai trouvé ça très beau. J’espère que le futur pape va continuer ce chemin, qu’il va nous diriger dans les pas du Seigneur. » Barbara

« Le pape François m’a marqué surtout au niveau de la foi, car je sens qu’il m’a confirmé mon chemin de foi et spécialement dans le domaine du service, de la diaconie, de la mission. Il m’a enseigné ce qu’est l’Eglise. De certaines manières il a mis l’accent sur la mission, sur l’évangélisation des peuples. ça m’a touché beaucoup car avant, ce n’était pas tellement comme ça. Les précédents papes avaient d’autres intérêts.
Mon espérance : que l’Eglise continue à approfondir ce chemin orienté vers la mission, aux populations les plus défavorisées et que l’Eglise s’engage chaque fois un peu plus avec les exclus de la société, les plus marginaux et que chaque fois nous soyons plus inclusifs avec tout le monde. Que la grande maison qu’est l’Eglise devienne la maison de tout le monde. » Fernando

« Nous sommes appelés à être lumière dans l’obscurité, à porter la flamme de l’espérance. »
Veillée Pascale, 15 avril 2017

« J’ai rejoint l’Eglise catholique il y a quelques années. Le pape François a donc été mon premier pape en tant que catholique. Donc forcément, pour moi, il a une grande importance. Avant, n’étant pas catholique, j’ai suivi de loin le parcours des anciens Papes. Je retiens de François principalement son ouverture d’esprit et pour moi il incarnait parfaitement les valeurs de Jésus, c’est-à-dire le pardon, l’amour inconditionnel, l’ouverture et l’acceptation de l’autre.  Je souhaiterais que, bien qu’avec sa personnalité qui sera forcément différente, le futur Pape ait ces qualités principales qui m’ont amenée à Jésus, c’est-à-dire l’ouverture, l’amour inconditionnel, le pardon et l’acceptation de la différence. » Nathalie

« Il n’y a pas de famille parfaite. Pour cette raison, la famille doit être un lieu de vie et non un lieu de mort ; un lieu de pardon, un lieu de paradis et non d’enfer. »
Discours de retraite sur la famille, 31 décembre 2024

Pour le Royaume (Matthieu 19, 10-12)

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Tout état de vie bénéficie de la grâce du Seigneur : que nous soyons célibataires, en couple ou mariés. Pourvu que cela soit pour le Royaume. Il y a d’ailleurs des diacres permanents (et des prêtres dans les Eglises orientales), mariés ou célibataires, qui restent dans la situation où ils se trouvent au moment de leur ordination. Ainsi, le célibat n’est pas « supérieur » aux yeux de Dieu et de l’Eglise par rapport à l’état matrimonial.

Quand Jésus parle du couple et du divorce, il ajoute des réflexions sur les « eunuques » en distinguant ceux qui sont nés ainsi dès le sein de leur mère (sans pouvoir avoir donc de descendance), ceux qui le sont devenus par l’action de l’homme (comme dans les harems orientaux ou pour garder une voix de falsetto, d’enfant) et ceux qui le choisissent pour signifier le don total d’eux-mêmes dans le célibat consacré au sein de la vie religieuse ou presbytérale (Matthieu 19, 10-12). Ce qui compte donc pour le Christ, c’est de vivre sa situation de vie au mieux, en cherchant à accomplir la volonté du Père et en œuvrant pour la venue de son Règne.

Qu’en est-il dès lors des « célibataires malgré eux(elles) » et des veufs et veuves supportant mal leur solitude ? Faut-il constituer des groupes de partage et de rencontre, y compris en Eglise, pour les aider à trouver l’âme sœur et à (re)constituer un couple ? « Il n’est pas bon que l’homme (ou la femme) soit seul(e) », dit le Créateur, qui ensuite amène à Adam une répondante qui lui correspond, parce qu’elle est « l’os de ses os et la chair de sa chair » et qu’elle s’appelle « la Vivante » (Eve) (Genèse 2, 23).

A part les célibataires heureux(ses) de l’être parce que l’ayant choisi et les consacrés, tous ceux et celles qui « subissent » cet état sont donc invités à tisser des relations et pourquoi pas, à bâtir un amour qui comble leur cœur. Tout est une question alors, évidemment, de discernement : mieux vaut rester seul(e) dans un « cadre supportable » que de vouloir à tout prix se risquer dans un engagement hasardeux et de connaître ensuite une existence pénible, voire une rupture.

Les sites dits « de rencontres » peuvent conduire parfois au bonheur, mais ils sont encombrés de personnes dont l’équilibre affectif et psychique ne leur permet pas de rendre heureux(se) un(e) partenaire. Confiance et prudence donc.

«La der» pour deux piliers de la vie paroissiale

Textes et photos par Claude Jenny

La veille du week-end pascal s’est déroulée à Cugy l’assemblée paroissiale annuelle réunissant 50 personnes qui ont avalisé à l’unanimité les comptes de l’année dernière. Une assemblée particulière puisque ce fut « la der » pour le président Alexandre Duc (photo ci-contre) et également pour Christiane Volery, membre du Conseil (lire en pages 14 et 15 les articles les concernant). Ils ont été remerciés et fêtés.

Une paroisse franche de toute dette !

Cette assemblée, dite des comptes, a permis au responsable du dicastère des finances, Alexandre Bersier, de présenter et de commenter de manière détaillée les comptes de la paroisse pour le dernier exercice. Des comptes qui font apparaître une situation saine, car si le bénéficie est maigrichon, une coquette somme a été affectée à la réserve et, a relevé le « ministre des finances », « la paroisse est désormais exempte de toute dette puisque nous avons remboursé la dernière hypothèque ». 

L’exercice boucle avec un petit bénéfice de 6600 fr. mais une somme de presque 2 millions (1,97 million) a été attribuée aux réserves en vue des dépenses futures pour certaines rénovations. C’est d’ailleurs aussi sur les réserves qu’un montant de 1,545 million a été prélevé durant l’exercice pour financer les travaux de rénovations payés en 2024. Le résultat de l’exercice est donc largement positif, de l’ordre de 425’000 fr. avant investissements. Sur l’ensemble des comptes de fonctionnement, les écarts par rapport aux budgets ont été peu nombreux et aisément explicables. Le bilan est lui aussi dans la ligne du précédent.

Une situation saine, qui a fait dire à Alexandre Bersier que la paroisse dispose de liquidités pour assurer le présent et les dépenses prévisibles. Il n’a pas caché que la situation pourrait se détériorer à l’avenir avec la baisse des rentrées liées à l’impôt ecclésiastique, tout en s’étonnant que, avec le boom immobilier que connaît la région, les revenus destinés à la paroisse ne prennent pas l’ascenseur ! Mais il y a un décalage forcé entre les déclarations des nouveaux habitants et les rentrées effectives. 

Tout en relevant qu’il importait de ne rien amputer à tout ce qui touche à l’activité pastorale – ce qu’il appelle notre « corps de métier » – Alexandre Bersier en appelle à une gestion encore plus rigoureuse de la manne paroissiale en professionnalisant encore davantage la gouvernance, en provoquant des synergies et en communiquant mieux. 

Le responsable des finances a relevé et remercié le précieux travail effectué par son « assistante » en la personne de Séverine Rey-Pillonel, responsable de la trésorerie au sein de l’équipe administrative de la paroisse. Il a salué l’excellence de son travail et l’efficace collaboration avec elle pour assurer un suivi régulier de la santé financière de la paroisse.

Alexandre Bersier et, à gauche, la trésorière Séverine Rey-Pillonel.

Investissements achevés et en cours

Le président Alexandre Duc a donné toute une série d’informations sur les investissements réalisés l’année dernière et sur ceux qui sont actuellement en cours.

En 2024, ils ont porté sur l’entretien de l’église de Cugy et la rénovation intérieure de la cure, à Estavayer sur des travaux à la collégiale (sacristie et façade) et à Lully sur des travaux de drainage. Les budgets ont été tenus. S’agissant des travaux en cours, ils portent sur la rénovation de la cure de Forel, la rénovation intérieure de l’église de Rueyres, l’entretien de la toiture de l’église de Nuvilly et la fin des travaux à l’église de Seiry.

Election complémentaire : une élection tacite

Une double élection complémentaire au Conseil de paroisse était agendée à juin dernier avec dépôt des listes avant le 12 mai à midi. Alexandre Bersier a annoncé à la récente assemblée paroissiale qu’une « Liste pour une paroisse dynamique et attrayante », et comprenant 2 noms avait d’ores et déjà été déposée. Aucune autre liste n’ayant été déposées dans le délai, cette double élection est donc tacite. Les deux nouveaux élus sont Mario Cantillo, comptable, de Granges-de-Vesin et Cédric Martin, inspecteur de sinistres, de Châtillon. 

Un nouveau document pour présenter la paroisse

Alexandre Bersier a dévoilé, lors de la dernière assemblée paroissiale, un document intitulé « Rapport d’activité 2024 ». En fait, il s’agit davantage d’une plaquette de présentation de la paroisse au travers de ses diverses activités et actrices et acteurs. Au niveau chiffre, il donne une version résumée des comptes et du bilan 2024 ainsi que l’état des investissements. 

Ce document est consultable sur le site internet de la paroisse (www.paroisse-st-laurent-estavayer.ch) et en version papier au secrétariat paroissial.

La paroisse, un partenaire économique important

Le responsable des finances l’a martelé à plusieurs reprises durant la dernière assemblée : une paroisse, ça pèse lourd pour l’économie régionale ! Ainsi, Alexandre Bersier l’a résumé en trois volets dans le document « Rapport d’activité 2024 » :

– en tant qu’employeur, la paroisse a versé 985’000 fr. de salaires annuels en moyenne sur 5 ans ;

– en tant que propriétaire immobilier, elle a consacré en moyenne 860’000 fr. par an pour les investissements et les frais d’entretien ;

– en tant que bienfaiteur, elle a versé en moyenne 90’000 fr. de dons aux sociétés locales.

Un nouveau slogan pastoral

La paroisse adoptera un nouveau slogan pastoral, a annoncé l’abbé Darius. Il sera diffusé dès la rentrée de septembre et portera sur le thème de l’espérance.

Parmi les chantiers à venir….

Le train paroissial ne s’arrête jamais… Même s’il ne saurait être comparé à une entreprise, par certains aspects, il exige une gestion rigoureuse.

Parmi les chantiers à venir, Alexandre Bersier a notamment cité un plan d’investissement affiné pour les prochaines années, l’élaboration d’un projet complet pour l’archivage des documents de toutes les communautés de la paroisse, un inventaire de toutes les croix éparpillées sur tout le territoire paroissial et le lancement cet automne d’une nouvelle application Mychurch – en collaboration avec Saint-Augustin SA – qui offrira toutes les informations en permanence via son smartphone. Une liste non exhaustive !

Tous à Aumont le 21 septembre !

Une date à noter dans l’agenda : le dimanche 21 septembre ! L’habitude de prévoir un dimanche communautaire à l’occasion de la rentrée pastorale d’automne, avec une seule messe pour toute la paroisse, sera reconduite cette année. Après Cheyres en 2023 et Bussy en 2024, c’est la communauté d’Aumont qui accueillera cette année ce rendez-vous pastoral. Et comme à Cheyres, la messe dominicale se déroulera dans la grande salle communale et non à l’église. Une partie festive prolongera la célébration.

Célibat!

Le pape François bénissant des séminaristes français en décembre 2023 lors d’une audience à Rome.
RIP pape François 1936-2025.

Par Thierry Schelling
Photos : Antoine Mekary / I.Media, DR

On en parle de moins en moins, mais quand on l’évoque, c’est celui des prêtres en priorité : le célibat ! En décembre 2023, s’adressant aux 600 séminaristes français en visite à Rome, François l’avait rappelé : « Personne n’a le droit de changer la nature du sacerdoce et personne ne la changera jamais. » Mieux : « Le célibat est au cœur du sacerdoce, une exigence qui n’est pas d’abord théologique mais mystique. »

Certes. Un phrasé radical : car « sacerdoce » désigne d’abord le don à chaque baptisé d’être « prêtre, prophète et roi » (rituel du baptême) ; les hommes préparés comme préposés au sacrement sont des presbytres, vocation spécifique. Ensuite, est-ce un déni de l’existence de milliers de prêtres mariés dans les rites orientaux catholiques (byzantin, arménien, copte…) ou pire, une considération de Second class pour ces prêtres mariés ? Enfin, quand on appuie sur le clou avec autant de « fin de non-retour », c’est bien qu’on ressent les failles indubitables dans le système. La crise des abus n’a-t-elle pas aussi enseigné la maigreur de la maturité affective de bien des membres du clergé… célibataire ?

Célibat ?

Or, le même François avait parlé de ce célibat des prêtres comme « d’une prescription temporaire » et ce, en mars… 2023 ! Il avait dit réfléchir, dès 2017, à l’optionnalité du célibat pour le clergé, notamment en accueillant les viri probati – réclamés depuis bientôt… 60 ans ! – avant de se rétracter, semble-t-il. Le chantier est-il trop grand ? Après les finances, la Curie et le Synode, réformer cette discipline ecclésiastique pouvait effectivement être un lourd fardeau à accompagner à 88 ans…

Célibataires…

Mais quid de la majorité des célibataires catholiques qui sont des fidèles de paroisse, bénévoles ou même engagés – et qui ne sont pas mariés ? Aucun discours à leur égard ; seuls ne semblent exister que ces célibataires consacrés : laïcs, laïques, religieuses et religieux, moines et moniales… Il serait temps d’en parler, non ?

Merci à Christiane Volery pour 35 ans de dévouement

Au moment de quitter le Conseil de paroisse, Christiane Volery, d’Aumont, peut légitimement dire qu’elle a beaucoup donné pour la vie paroissiale ! Beaucoup, c’est… 35 ans ! Davantage qu’un tiers de siècle ! Rencontre avec une bénévole de choc qui dit ne rien regretter d’un engagement d’aussi longue durée !

Texte et photo par Claude Jenny

« Je suis contente de ce que j’ai fait » dit celle qui, en 1990, est entrée comme membre du Conseil de sa paroisse d’Aumont-Granges-Vesin. Dix-huit ans plus tard, en 2008, ce sera la fusion avec Montet-Frasses et la création de la paroisse de Les Montets. En 2018, elle rejoint le conseil de la nouvelle paroisse fusionnée telle qu’aujourd’hui, comme représentante du secteur sud et en tant que responsable des bâtiments de sa région (les églises et cures d’Aumont, Montet, Cugy et Nuvilly). 

« J’ai aimé cette activité »

Que de rénovations supervisées, que de séances de chantiers ! « En tant que femme, j’ai dû m’imposer face à certains maîtres d’état » confie-t-elle tout en soulignant qu’elle a aimé cette activité de conseillère paroissiale et qu’elle a… beaucoup appris ! Elle s’apprête à mettre un point final à son dernier chantier à l’église de Nuvilly. Elle a aussi siégé au Conseil de direction de l’unité pastorale qui a précédé la fusion et elle a aussi fonctionné comme lectrice, animatrice de veillées et on en oublie ! 

Bien sûr, la fusion avec la création de la nouvelle paroisse a été un moment clef de son long périple de conseillère paroissiale ! Christiane Volery a œuvré avec moult présidents de paroisse et curés. Elle ne cache pas qu’elle vit avec peine la diminution du nombre de prêtres, car nombre de paroissiens constatent que les liens se sont de ce fait distendus avec le clergé. Qu’il est loin le temps où il y avait un prêtre par village !

Christiane Volery dit se réjouir de ne plus devoir « séancer » sur autant de soirées durant l’année ! « J’aurai davantage de temps pour moi, pour mes petits-enfants, pour m’occuper de mon jardin. » Elle continuera par contre à s’occuper de la comptabilité de l’exploitation de son fils.

« Vivre dans un esprit de communauté »

« J’aime les chiffres » dit-elle. Elle en aura vu défiler des budgets et des comptes en 35 ans ! Mais, ce qu’elle a surtout apprécié, c’est tout simplement de « se mettre au service des autres ». Ou ce qu’elle appelle « vivre dans un esprit de communauté ». Elle se plaît à relever la bonne entente qui a régné dans le conseil de la nouvelle paroisse. « Ce ne fut pas un exercice aisé mais nous avons tous tiré à la même corde et en étant à l’écoute des uns et des autres. »

C’est peu dire qu’elle a pris une part importante dans le fonctionnement de l’Eglise dans la région. Le merci qu’elle mérite prend tout son sens !

Le nouveau Pape, un lion

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. L’abbé Paul Martone, porte-parole de l’Evêque de Sion pour la partie germanophone du diocèse, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par l’abbé Paul Martone | Photos : Vatican Media, DR

Comme beaucoup d’autres, j’avais spéculé avant le conclave sur l’identité du nouveau Pape. Le 8 mai, lorsqu’il est apparu sur la loggia de la basilique Saint-Pierre de Rome, j’ai dû me rendre à l’évidence : tous mes pronostics étaient faux. Je n’avais pas du tout pensé au cardinal Robert Francis Prevost. Une fois de plus, le proverbe s’est avéré juste : l’homme pense et Dieu dirige ! Oui, je crois que de nombreux prophètes, qui pensaient connaître avec précision le résultat du conclave, ont appris que Dieu joue effectivement un rôle important dans l’élection d’un Pape : Il montre aux cardinaux qui Il a choisi. Parce que je crois cela, je peux aussi avoir confiance dans le fait que Léon XIV sera un bon Pape. 

Lors de sa première apparition en tant que Pape nouvellement élu, le Saint-Père a déjà esquissé son programme. Il a souligné l’importance d’une Eglise synodale, ouverte au dialogue, qui se caractérise par la paix, l’amour du prochain et la proximité avec ceux qui souffrent. Il a donc également appelé à la paix et à aller de l’avant ensemble.

De nombreux souhaits sont adressés au nouveau Saint-Père par tous les pays du monde. La liste des souhaits est longue et le nouveau Pape ne pourra pas tous les satisfaire. Il y a un souhait qu’il a lui-même défini il y a quelques années, celui de voir les qualités d’un évêque se réaliser : « En premier lieu, il doit être catholique : le risque existe parfois que l’évêque se concentre uniquement sur la dimension locale. Mais un évêque doit avoir une vision beaucoup plus large de l’Eglise et de la réalité et faire l’expérience de l’universalité de l’Eglise. » Puisse-t-il être ce que son nom de Pape, Leo (lion), exprime : un lion qui s’engage de toutes ses forces pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ – non seulement aux extrémités de la terre, mais aussi en Europe, qui était aux yeux de François une mère stérile. Mais en Europe aussi, il y a une faim, une faim de spiritualité, de religion, et finalement de Dieu. Une faim que seule la Bonne Nouvelle du Christ peut vraiment combler. Alors, Saint-Père : Avanti !

Merci à Alexandre Duc pour 18 ans de présidence!

S’il n’est pas fâché de rendre sa « casquette présidentielle », le fait est que l’homme a l’habit de la fonction et le bon caractère pour l’occuper ! Durant 18 ans, il aura présidé diverses entités paroissiales, dans un esprit pragmatique mais consensuel. Rencontre avec Alexandre Duc à l’heure où il quitte la présidence du Conseil de paroisse.

Texte et photo par Claude Jenny

Sollicité à venir dans le comité d’organisation des Céciliennes de 2007 à Lully, cet enfant de ce village a vite été appelé à entrer dans le Conseil de paroisse de Lully-Bollion-Châtillon et à le présider durant 10 ans. Pour prendre aussi la présidence du comité de gestion de l’UP régionale, puis du comité qui a préparé la fusion interparoissiale et, tout naturellement, à être le président du Conseil de la nouvelle paroisse. Aujourd’hui, il aspire à souffler en s’en allant à mi-législature. Après 18 années présidentielles ! 

Rétroactivement, la bonne formule

La fusion a bien évidemment été le chantier majeur de son règne présidentiel : « Si nous sommes parvenus à convaincre des bienfaits de la fusion, c’est parce que nous avons voué un soin particulier à bien informer les divers Conseils de paroisse concernés et le fait que le premier conseil de la nouvelle paroisse, avec ses 12 membres, a permis à chaque ancienne paroisse d’être représentée dans le nouvel organe. Ce choix a été heureux » dit-il en regardant dans le rétroviseur. Aujourd’hui, pour l’actuelle deuxième législature, le conseil fonctionne à 9 membres et peut-être comptera-t-il encore moins de membres par la suite, prédit le président sortant. 

Le maître de nombreux chantiers

S’il voit nombre d’effets positifs à la fusion, notamment en termes de gestion financière, le démarrage, se souvient-il, a été complexe puisqu’il a fallu notamment faire l’inventaire de tous les chantiers en cours ou à venir dans les diverses paroisses. Beaucoup a été accompli depuis la création de la nouvelle paroisse et Alexandre Duc a veillé avec soin à ce que tous les chantiers soient conduits avec soin et menés à terme. Un domaine dans lequel il a excellé avec l’aide de ses collègues du conseil et il salue l’initiative de lancer un plan d’investissements pour les prochaines années.

Un conseil qui a beaucoup siégé !

« Je suis content d’avoir le sentiment d’avoir été à l’écoute de chaque membre du conseil, raison pour laquelle je ne termine jamais une séance sans faire un tour de table » pour que chacune et chacun puisse s’exprimer » relève-t-il, lui qui aura été un président précurseur puisque « son » conseil est composé d’une majorité de femmes, « ce qui n’a jamais été un problème » s’empresse-t-il de préciser. Un conseil qui a beaucoup siégé en raison de la masse des sujets à l’ordre du jour, avec un rythme d’une séance toutes les deux semaines. Ce qui est beaucoup ! « Nous n’avions pas le choix ! » relève le président sortant. 

Ce double départ à mi-législature permettra un renouveau partiel du conseil, ce qui apportera une composition plus jeune se réjouit Alexandre Duc qui s’en va avec le sentiment justifié du devoir accompli, méritant  un grand merci de toute la communauté paroissiale.

Du tac au tac…

Un souvenir majeur : la messe de lancement de la nouvelle paroisse en décembre 2018 dans une collégiale pleine et avec la soupe du chalet servie à la sortie.

Un souvenir malheureux : le départ de l’abbé Jean Glasson alors que le projet de fusion était en route. Et, d’une manière générale, « ces nombreux changements de curés modérateurs que nous avons vécus ces dernières années ». 

Une constante : le souci de la paroisse de travailler à 90% avec des entreprises de la région pour tous les travaux sur les bâtiments paroissiaux.

Une inquiétude : la raréfaction des nouveaux servants de messe.

Un constat heureux : la pastorale n’a aucunement souffert de la création de la nouvelle paroisse et l’implication plus grande des laïcs est une évolution heureuse et indispensable. Le fait que le nombre de messes a diminué est totalement étranger à la fusion, alors qu’il entend parfois dire le contraire ! 

Un espoir : que les relations avec la région diocésaine s’intensifient à travers divers groupes de travail qui ont été interrompus à cause du COVID mais qui n’ont pas redémarré depuis.

Espérance à Lourdes

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.

Par Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF
Photos : cath.ch, DR

En ce mois de mai 2025, des milliers de pèlerins vont partir de toute la Suisse romande pour se diriger vers Lourdes. Malades, bien portants, tous mettent leur espérance en cette semaine près de la grotte de Massabielle, avec Marie et Bernadette.

Nous avons célébré l’an dernier le centième pèlerinage de Suisse romande à Lourdes. Qu’est-ce qui pousse tant de personnes à faire ce pèlerinage ? On y vient de tous les continents. Y sont présentes toutes les générations. Lourdes est un lieu de fraternité, de solidarité, de ressourcement, de recueillement. De conversion aussi. Si certaines personnes espèrent une guérison corporelle, beaucoup parmi elles témoignent d’y avoir trouvé la guérison du cœur. 

Ce qui frappe, c’est l’attention qui est donnée aux malades, de la part des brancardiers, des hospitaliers, hospitalières et aussi de la part des pèlerins. A Lourdes, les malades ont la première place. Et les bien portants et les malades se font du bien les uns aux autres.

Lourdes, le miracle de la fraternité… une fraternité aux multiples visages. Un matin, une de mes Sœurs rwandaises, est allée à la grotte très tôt pour dire le chapelet. Il avait plu, les bancs étaient mouillés, elle est restée debout. Arrive un monsieur qui ne parle pas le français ni l’anglais. Il enlève son manteau, le pose sur le banc et fait signe à la Sœur de s’asseoir. Quel beau geste ! 

A Lourdes, bien sûr, c’est la Vierge Marie, l’Immaculée Conception qui a la première place. Mais il ne faut pas oublier la place de Bernadette. Cette petite bergère illettrée nous marque par son humilité et aussi son caractère fort. Malgré tous les essais de lui faire dire le contraire de ce qu’elle affirmait, elle a su tenir tête pour porter le message que Marie lui avait confié.

A Lourdes, on fait le plein de bonté et de joie. Il y a une ambiance qui ne s’explique pas, qu’on ne trouve pas ailleurs. Et qui donne envie d’y retourner. Marie et Bernadette continuent de nous accompagner.

Jeux, jeunes et humour – mai 2025

Mot de la Bible

Un festin de Balthazar
Un repas somptueux et abondant

Balthazar, dernier roi de Babylone à l’époque de la captivité des Hébreux (VIe siècle av. J.-C.), offrit à mille personnes de sa cour un festin exceptionnel. Les convives burent dans des vases d’or et d’argent que Nabuchodonosor, le père de Balthazar, avait volés au temple de Jérusalem. Pendant le repas, le roi aperçut une main qui traçait sur la muraille des mots mystérieux. Seul Daniel, un des captifs hébreux, sut l’interpréter comme un message prophétique annonçant la fin imminente du royaume. La nuit même, Balthazar, roi chaldéen, fut tué et Darios le Mède s’empara du royaume.

Un balthazar est aussi une bouteille de champagne avec seize fois la contenance ordinaire.

Par Véronique Benz

Humour

En visite dans un musée, Toto bouscule un vase qui tombe par terre et se casse en mille morceaux. Le directeur arrive et s’emporte : 

– Tu te rends compte ?! Tu viens de casser une pièce vieille de 900 ans ! 

– Ah ? Ouf, j’ai eu peur, je croyais qu’elle était neuve !

Par Calixte Dubosson

A un mile de l’équité

Nous sommes tous égaux devant Dieu. Et sous la bannière olympique ? Sportif professionnel dans une autre vie, Pascal Thurnherr n’a toutefois pas quitté le monde du sport. Aujourd’hui, il le commente pour la RTS. Spécialiste des questions de dopage, la thématique de l’équité dans le sport a occupé toute sa carrière.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

Question directe pour se mettre en jambes : l’équité dans le sport existe-t-elle ? 
Oui et non… Les règles sont les mêmes pour tout le monde. La réglementation du sport en termes de jeu, de matériel, de dopage, tend vers un maximum d’équité. Mais l’inéquité demeure inhérente rien qu’au niveau génétique. Ce sont ces facultés nettement supérieures qui permettent de se démarquer. Après, la recherche d’équité est aujourd’hui très poussée.

La recherche d’équité est aujourd’hui très poussée. Dans quel sens entendez-vous cela ?
En 2016, il y a l’arrivée de semelles dotées de lames en carbone. Lors du marathon des Jeux olympiques de Rio, les six premiers étaient équipés de ces nouvelles chaussures. L’avantage sur les autres était très clair. La Fédération internationale d’athlétisme a réagi en fixant des règles concernant les semelles. Il y aura toujours des sportifs qui chercheront à se procurer un avantage par le matériel utilisé, le type d’entraînement, etc. La réglementation court malheureusement toujours un peu derrière la recherche.

La notion d’équité a occupé la majeure partie de votre carrière, pouvez-vous développer ?
J’ai effectué toute ma carrière d’athlète au niveau international en ayant le sentiment, voire parfois de vraies indications, que je concourais face à des adversaires dopés. A leur décharge, j’ai grandi dans un milieu où le dopage dans l’athlétisme n’entrait pas en ligne de compte. Simplement parce que je n’avais pas besoin d’utiliser le sport pour m’extraire d’une condition sociale difficile. La tentation du dopage est, de fait, beaucoup moins importante. Néanmoins, on se demande toujours si on est en train de se battre à armes égales avec nos adversaires.

Justement, quand on parle de se battre à armes égales, les athlètes hyperandrogènes questionnent notre rapport à l’équité. Comment résout-on la tension inhérente à cet « avantage » ?
Cette thématique pose un problème quasi insoluble à ceux qui réfléchissent à la réglementation du sport. Pour être honnête, je pense qu’il n’existe pas de bonnes solutions. Autoriser ces femmes avec un avantage hormonal à concourir, suppose qu’on se retrouvera avec certaines disciplines où elles seules s’imposeront. Leur interdire de participer n’est pas tenable non plus. Et créer une catégorie à part rendra le sport, qui se veut universel, complètement illisible.

En même temps, au basketball, la taille est un atout. Demande-t-on à un basketteur professionnel de rapetisser pour ne pas défavoriser les autres ?
Je pense que c’est beaucoup lié au fait que le sport a été exclusivement réservé aux hommes pendant très longtemps. Cela a fait partie de l’émancipation des femmes d’avoir le droit de faire du sport, puis de pratiquer les mêmes disciplines olympiques que les hommes. L’autre enjeu important reste de pouvoir concourir tout en conservant sa « féminité ». Il n’y a pas de miracles, les athlètes « féminines » sont plus bankable [ndlr. monétisable] que les autres. Il y a probablement aussi une association inconsciente entre athlètes féminines dopées aux stéroïdes anabolisants et athlètes hyperandrogènes, ce qui les dessert encore.

Pour l’ancien journaliste et athlète, « la réglementation court toujours un peu derrière la recherche ».

Sport sans gènes

Lors d’un meeting d’athlétisme à Zurich en 1991, Pascal Thurnherr termine juste devant un jeune Nigérian au 200 mètres. L’athlète est plutôt d’aspect fluet, note-t-il. Le coureur est bon, mais il n’est pas présent au Championnat du monde de Tokyo la même année. Un an après, il retrouve l’athlète lors d’une compétition. Celui-ci a doublé de volume. « Sans aucune surprise, il se fait attraper pour dopage au stéroïde anabolisant et il est suspendu. Au début de la saison 1993, je regarde un meeting à la télévision. Les concurrents du 100 mètres sont sur la ligne. L’athlète en question est là. Il a simplement changé de nom pour échapper à sa suspension et participer. »

Bio express

Pascal Thurnherr est journaliste sportif à la RTS. Il a notamment commenté l’athlétisme, le ski de fond, le cyclisme ou encore le hockey sur glace. « Dans une autre vie », comme il se plaît souvent à le dire, il a été champion suisse de 200 mètres et quart de finaliste aux Championnats du monde d’athlétisme en 1991. Il poursuit sa passion pour l’athlétisme en organisant le meeting AtletiCAGenève, dont la prochaine édition aura lieu le samedi 21 juin prochain. Plus d’informations sous atleticageneve.ch

Statue de Notre-Dame des Marches, chapelle des Marches, Fribourg 

La statue de Notre-Dame est une sculpture gothique du XV e siècle.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Notre-Dame des Marches est parfois appelé « le petit Lourdes fribourgeois ». En effet, c’est un lieu de pèlerinage connu pour ses guérisons miraculeuses. Aujourd’hui, il accueille environ 100’000 visiteurs par année. Les deux pèlerinages les plus importants ont lieu au printemps et en automne. 

Les origines du lieu ne sont pas documentées, mais on en trouve les premières traces aux alentours du XVIe siècle. Ce n’est qu’au XIXe siècle que le lieu acquiert la renommée qu’on lui connaît. En effet, le 17 mai 1884, Léonide Andrey est conduite à la chapelle sur un brancard. Elle souffrait de plusieurs affections qui l’empêchaient de marcher. Elle repart sur ses deux jambes à la fin de la messe. 

La statue de Notre-Dame des Marches se trouve dans le chœur, nichée dans le retable. Il s’agit d’une sculpture gothique du XVe siècle. Elle possède plusieurs manteaux qui changent selon les périodes liturgiques. Ainsi, le crème est celui du temps ordinaire, le rouge celui des pèlerinages… Plus surprenant, pour les temps de l’Avent et du Carême, le manteau est orné de motifs végétaux bleu clair.

Il peut être étonnant pour le visiteur du XXIe siècle de voir une statue posséder un vestiaire de manteaux. Les évangiles ne nous donnent que peu d’indications sur Marie. Les circonstances de la naissance de Jésus nous laissent tout de même imaginer un milieu plutôt modeste. Ces manteaux nous disent bien sûr quelque chose de la Vierge Marie, couronnée reine des Cieux. Mais, ils nous parlent surtout de l’amour des enfants pour leur Mère. 

Au XXe siècle, la chapelle est restaurée par le groupe Saint-Luc. Alexandre Cingria crée des vitraux, Marcel Feuillat des ouvrages d’orfèvrerie et Marguerite Naville un manteau en broderie de laine pour la statue. La collaboration des artistes permet un travail d’harmonisation de l’ensemble du lieu. Le retable du dix-huitième siècle est restauré.

Aujourd’hui, le sanctuaire est un bien culturel suisse d’importance nationale.

Chaleur et énergie

Lors de la Pentecôte, les disciples reçoivent l’Esprit sous la forme de « langues de feu » (Actes 2, 3).

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

La chaleur, dans son sens physique, a toujours eu une dimension symbolique importante et notamment dans le christianisme. Lors de la Pentecôte, par exemple, les disciples reçoivent l’Esprit sous la forme de « langues de feu » (Actes 2, 3). Ainsi, la chaleur est associée à des notions de purification, de souffrance, de lumière divine et de transformation spirituelle contribuant à notre confort matériel et spirituel.

D’un point de vue scientifique, la diffusion de la chaleur est un phénomène physique fondamental présent dans de nombreux processus naturels et technologiques. La chaleur se diffuse principalement de trois manières : par conduction, convection et rayonnement. Chacun de ces mécanismes joue un rôle distinct en fonction du milieu et des conditions environnementales.

La conduction est le transfert de chaleur par contact direct entre les molécules ou les atomes d’un matériau. Lorsque la température d’une partie d’un objet ou d’une substance augmente, les particules de cette région vibrent plus rapidement et transmettent leur énergie cinétique à celles qui les entourent. Par exemple, dans un métal, les électrons libres facilitent la conduction thermique, ce qui fait des métaux de bons conducteurs de chaleur.

La convection est un processus qui implique le mouvement de matière dans un fluide (liquide ou gaz). Lorsque le fluide est chauffé, sa densité diminue, ce qui le fait monter, tandis que le fluide plus froid descend pour le remplacer. Ce mouvement créé des courants de convection dont les vitesses dépendent de la différence de température, des propriétés thermiques du fluide et de la configuration géométrique du système. Dans l’atmosphère, la convection est responsable des phénomènes météorologiques tels que la formation de nuages et des courants océaniques.

Le rayonnement thermique, enfin, est un mode de transfert d’énergie par onde électromagnétique. Contrairement à la conduction et à la convection, le rayonnement ne nécessite pas de support matériel et peut se propager dans le vide. Tous les systèmes physiques qui nous entourent émettent des radiations, principalement sous forme d’infrarouges. C’est ainsi que le Soleil chauffe la Terre, en envoyant des rayonnements à travers le vide spatial.

L’étude de la diffusion de la chaleur est cruciale pour améliorer l’efficacité énergétique et mieux gérer les ressources thermiques des systèmes qui nous entourent.

Orner la maison du Seigneur

Odette Garin est responsable des fleurs.

« Lorsque nous avons des invités à la maison, nous la rendons accueillante. Nous faisons de même avec l’église », souligne Odette Garin. Comme tous les vendredis matin, les fleuristes sont à l’œuvre à la paroisse Saint-Joseph de Genève. Odette et ses deux collègues, Pauline et Marie, ornent l’église pour les célébrations du week-end. 

Textes et photos par Véronique Benz

La foi d’Odette Garin est très incarnée. « J’ai grandi dans une famille simple avec un grand frère et une grande sœur. Mon papa était charpentier et ma maman mère au foyer. Mon papa, d’origine fribourgeoise, avait une foi très concrète, une foi de terrien. » Odette a vécu son enfance dans une paroisse très dynamique. Elle se souvient notamment des colonies de vacances et du catéchisme. 

Odette Garin a travaillé avec des enfants souffrant de psychose, puis avec des familles d’accueil multiculturelles. « J’ai retrouvé dans cette activité la dimension familiale de mon enfance avec des partages simples. » C’est à cette période qu’Odette Garin ressent le besoin de se resituer dans sa foi. Elle participe à une semaine de jeûne qui a lieu à la paroisse Saint-Joseph. « C’est grâce à Mme Chatelain, aujourd’hui décédée, que je suis entrée au cœur de la paroisse. » Elle rencontre ainsi des bénévoles et commence à s’engager dans le groupe des fleuristes. 

Etre responsable des fleurs est, pour Odette, une manière d’accompagner la liturgie, mais c’est aussi un sujet de méditation. Pour les fleuristes, l’église est une seconde maison. Elles ont à cœur de la rendre belle et propre. « Nous prenons le temps de nous asseoir, de regarder, de discuter, de réaliser des projets. En dehors des célébrations, pendant que nous sommes à l’œuvre, il y a parfois des personnes qui dorment sur les bancs, d’autres qui viennent s’abriter. »

Odette souligne les moments de joie simple : ouvrir l’église, allumer les lumières. La fleuriste responsable s’émerveille devant le soutien des paroissiens. « Une dame donnait chaque semaine deux bouquets de roses à Marie. Nous recevons beaucoup de fleurs, souvent elles sont déposées anonymement près d’un oratoire. Comme fleuristes officielles, notre travail est de les mettre en valeur et d’en prendre soin. C’est une véritable collaboration ! »

Elle relève que l’engagement est très diversifié et qu’elle peut compter sur le soutien de professionnels. Odette constate que tout le monde a son avis sur les fleurs. « Il y a parfois des critiques. Il y a aussi des déprédations, des gens qui se servent de fleurs ou qui les cassent. Ma foi m’aide à être créative et à accueillir la critique et les encouragements. » 

Depuis la retraite, Odette est également membre du Conseil pastoral. « Cet engagement enrichit mon travail au sein de l’équipe florale. » Odette Garin souligne qu’elle se met au service de la paroisse Saint-Joseph avec beaucoup de joie. « Nous avons de très bonnes relations, avec le sacristain et le curé. Nous sommes en confiance. C’est très créatif et porteur. » 

Un souvenir marquant de votre enfance
Les vacances en Valais. Mon papa nous transmettait l’amour de la nature. Ma maman nous lisait des livres et m’a communiqué sa passion pour la lecture. 

Vos moments préférés de la journée
J’aime un peu tous les moments de la journée. J’essaie de cultiver les beaux moments. J’apprécie particulièrement la marche dans la nature.

Votre principal trait de caractère
Ma capacité de pouvoir m’émerveiller des petites choses de la vie. 

Votre fleur préférée
Ma fleur préférée est celle qui sent bon au moment où je la prends. Chaque fleur a un parfum différent. J’apprécie chaque fleur pour son odeur particulière. 

Une personne qui vous inspire
Il y a des rencontres qui vous réveillent et qui sont des jalons sur votre chemin. Des personnes ordinaires que vous ne connaissez pas forcément, mais qui vous bousculent dans le quotidien. 

Un texte biblique qui vous anime
J’aime beaucoup l’Evangile de la Visitation, la rencontre de Marie et d’Elisabeth. Je trouve que ce texte est un concentré de vie et d’espérance.

Odette Garin

• Est née et a grandi à Carouge, elle habite aux Eaux-Vives à Genève depuis 30 ans.

• Après la maturité, elle étudie à l’école sociale à Lausanne. 

• Carrière d’éducatrice : pendant plus de 10 ans elle travaille dans un centre pédago-thérapeutique avec des enfants souffrant de psychose. Elle travaille ensuite avec des familles d’accueil multiculturelles et finalement dans une crèche jusqu’à sa retraite en 2020.

En librairie – mai 2025

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Comme la voix des océans
Rémi-Michel – Marin-Lamellet

Le frère Rémi-Michel nous propose la sobriété et la délicatesse pour entrer en amitié avec Dieu : il suffit de penser, regarder, écouter, croire, vouloir et tomber. Six verbes de l’Ecriture sainte. Six verbes élémentaires pour s’approcher de Dieu. Oui, il est toujours possible, dans l’écoute et la simplicité, de Le rejoindre et de se laisser rejoindre par Lui.
Sa voix était comme la voix des océans, dit l’Apocalypse. Dieu parle et son verbe revêt bien des formes inattendues pour toucher le cœur des hommes.
Un livre de profonde spiritualité qui murmure à l’oreille comme un coquillage marin.

Editions du Cerf

Acheter pour 22.80 CHF

Maman voudrait que je croie en Dieu
Adrien Candiard

Dur d’avoir 15 ans. Guillaume en veut aux adultes. A sa mère qui l’a forcé à partir tout le week-end en retraite de confirmation dans un couvent de sœurs loin de tout, et qui veut toujours décider pour lui. Mais c’est encore avec Dieu que Guillaume a le plus de problèmes. Croire en lui ? Mais pourquoi ? Comment ? D’ailleurs existe-t-il ? Avec l’acuité spirituelle qu’on lui connaît et le talent de romancier qu’on lui découvre ici, Adrien Candiard nous fait plonger dans l’univers de la jeunesse, de sa quête intransigeante de vérité et de liberté. Un livre pour tous les âges car il est toujours temps de retrouver la flamme de l’adolescence.

Editions du Cerf

Acheter pour 21.80 CHF

Lettre aux mamans
Bénédicte Delelis

« Si toute la littérature chrétienne regorge d’écrits de religieuses qui ont narré comment elles trouvaient Dieu au cloître, même en ramassant une épingle, il est bien moins souvent raconté comment on le rencontre en mettant des enfants au monde, en les élevant et les chérissant. » C’est le défi que relève Bénédicte Delelis dans ce texte personnel, émouvant et drôle. Elle propose aux mamans de reconnaître ce qui se joue profondément dans leur maternité, même aux instants les plus banals : une expérience de Dieu, une école particulière de foi, d’espérance et d’amour.

Editions Mame

Acheter pour 19.20 CHF

L’épopée de la Sainte Tunique du Christ
Ducoudray – Guillebon

La Sainte Tunique du Christ est dans l’Evangile selon saint Jean (19, 23-24) ! : « Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » » Conservée par les disciples du Christ, cette relique de la Passion arrive à Constantinople, puis à Argenteuil en l’an 800. Depuis, elle a traversé l’histoire de France. Une véritable épopée historique, religieuse et archéologique que nous raconte cette BD.

Editions du Triomphe

Acheter pour 25.20 CHF

Pour commander

Kairos!

Les jeunes de Genève peuvent participer, pendant les vacances d’octobre, à 3 jours en forme de « mini-JMJ » dans un espace en France voisine, au rythme des chants, des prières, des ateliers, des soirées jeun’s, de la messe, tout ça organisé par des jeunes pour des jeunes et chapeauté par la Pastorale Jeunesse de l’ECR. 

L’un des nôtres, Lorin, a été retenu comme animateur pour le prochain KAIROS en octobre 2025, reflet qui va à l’essentiel !

Ce week-end Kairos fut riche en émotion. C’est un devoir de m’investir au service de mon prochain durant cette retraite. Cette communauté de Kaïros m’a ouvert l’esprit à la réflexion : « Une vraie famille n’est pas toujours les liens du sang mais les liens du cœur. » Ce chemin m’a confirmé la présence de l’Esprit Saint tout au long de notre route de jeune chrétien.

Propositions pour une société plurielle

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photo : DR

Chère Lectrice, cher Lecteur, 

Lors de la table ronde de la Session diocésaine du 14 février dernier, sur le thème « Osons le changement », l’intervention de la Pasteure Laurence Bohnenblust-Pidoux a retenu toute mon attention. Elle nous a présenté le processus visant la transition de 86 à 25 paroisses, d’ici à 2029, de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud.

Ancrant son propos dans « la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 28), elle a rappelé que proclamer l’Evangile dans le temps présent est l’ADN des réformés. Pourtant, la Pasteure constate trop souvent un confort dans un entre-soi, de groupes de la même classe sociale, bien souvent « bourgeoise-moyenne sympathique ». Ainsi, un ancrage dans le réel est nécessaire (cf. Bonhoeffer) avec des points d’attention pour guider le changement :

1. Pleurer : faire des deuils, notamment d’une église qui n’a jamais existé. Oser dire : on ne le fait plus, non pas parce que ce n’est pas important, mais parce qu’on met les forces ailleurs.

2. Ecouter : on est très forts à penser savoir ce que souhaite l’autre. L’important est d’entendre les raisons de celle/celui qui ne vient pas, et la parole de celle/celui qui vient. 

3. Prier-discerner : les uns avec les autres et avec Dieu, identifier les défis à retenir. On ne peut pas être partout, ni se complaire dans la posture « je ne peux rien faire ».

4. Essayer : ne pas attendre que tout soit parfait, pensé dans les moindres détails, pour y aller. Oser échouer pour réussir. Selon la méthode de la recherche-action : poser quelques éléments, puis « bonifier », corriger, améliorer, cheminer ensemble.

5. Se réjouir : de ce qui existe et des actions posées, de toutes les étapes, car « les étapes, c’est la vie ! » Regarder positivement : dire ce qui plaît dans l’idée de l’autre, plutôt que détecter les défauts. 

Le projet présenté favorisera des Ecclésioles, en agrandissant des communautés d’une part, et en permettant de diversifier les communautés d’autre part, notamment par centre d’intérêt (Bible, Gospel, famille, etc.). La société est plurielle, nos propositions doivent l’être également. Il y a déjà eu des explorations ; il s’agit de revenir auprès de celles et ceux qui sont restés en arrière, afin d’avancer ensemble. Dans l’idée de ne pas recréer un entre-soi, les Ecclésioles se réuniraient au sein d’une paroisse favorisant les liens. Ces propos devraient nous intéresser, nous qui sommes aussi en changement, comme l’a rappelé notre évêque, Mgr Charles Morerod. 

Dans une volonté d’ouverture et de rencontre, à l’opposé de l’entre-soi, réjouissons-nous ce mois-ci tout particulièrement de la Nuit des Eglises ce 23 mai (voir programme avec le QR-CODE ci-dessous): plus de 50 événements sont proposés dans les églises et temples du canton, une nouveauté pour Genève ! Nous avons hâte de vous rencontrer à cette occasion, et pourquoi pas avec vos amis et voisins ?

Programme de la Nuit des Eglises ce 23 mai.

Il est dix foi(s)

Cette année, les Rendez-vous Cinéma IL EST UNE FOI de l’Eglise catholique romaine de Genève fêtent dix ans d’existence. Pour célébrer cet anniversaire, le festival invite les spectateurs à explorer le thème de la beauté, du 30 avril au 4 mai, aux Cinémas du Grütli.

Andrej Tarkovski rendra hommage à son père lors d’un spectacle multimodal unique en son genre.

Par Myriam Bettens | Photos : DR

« La beauté comme principe de vie exclut toute utilisation de celle-ci comme outil de tromperie ou de domination. Car ceci est la laideur même, le mal », écrit François Cheng dans Cinq méditations sur la Beauté. Beauté et vérité sont donc intimement liées et contiennent, en germe, un chemin spirituel authentique. Elle renvoie donc autant à une réalité physique qu’à un ailleurs qui la transcende. Or, les réflexions sur la beauté peuvent sembler un exercice difficile à accomplir, car la dimension subjective passe pour être la règle.

Les Rendez-vous Cinéma IL EST UNE FOI de l’Eglise catholique romaine à Genève tenteront de l’explorer dans sa dimension physique, mais aussi immatérielle, afin de mieux comprendre les défis liés à sa quête. « La question est cruciale, tant la beauté est liée avec le désir et le goût de vivre. »

La beauté comme principe de vie

« Dans un monde où le beau est souvent réduit à l’aspect esthétique, à la surface et à l’apparence, la 10e édition des Rendez-vous Cinéma de l’ECR braque le projecteur sur l’expérience spirituelle qui jaillit de la rencontre avec la Beauté. » Vingt films et dix débats au programme de cette 10e édition, déclinés sous plusieurs angles afin de mieux saisir comment s’incarne le concept souvent abstrait de beauté.

Une première escale mènera dans le monde de l’art, « véhicule par excellence de l’absolu », où il sera question de retranscription du sacré à travers la peinture d’icônes, de poésie ou encore de musique pouvant mener à la transcendance. Le parcours se poursuivra au travers de la beauté qui se révèle dans la nature avec la thématique du réenchantement du monde, à la capacité à être touché par l’harmonie et la simplicité du quotidien, en passant par le bouleversement occasionné par la rencontre solennelle avec le cycle de la vie et de la mort. D’autres expressions, parfois surprenantes, de la beauté sont à découvrir durant ce festival.

Un contenu éthique profond

La clôture de cette édition anniversaire se tiendra, le dimanche 4 mai, au Conservatoire de musique de Genève avec un spectacle multimodal d’Andrej Tarkovsky « d’un contenu éthique profond ». Ce concert rendra hommage à son père, le cinéaste russe Andreï Tarkovsky. La performance du Duo Gazzana alternera entre lectures, avec l’acteur Samuel Labarthe comme récitant, et pièces musicales inspirées des films du metteur en scène disparu. Des projections vidéo comprenant des scènes des films Andreï Tarkovsky ainsi que des images inédites et des documents issus des archives familiales
feront partie intégrante de la représentation.

La beauté s’affiche

L’affiche de cette 10e édition a choisi l’artichaut pour représenter la beauté intérieure, « comme le cœur d’un artichaut. Elle demande d’aller au-delà des premières impressions pour découvrir ce qui se cache sous la surface ». Représenté en porcelaine blanche pour ajouter une dimension de pureté et de finesse, le rebord des feuilles est souligné d’un liseré doré pour rappeler l’art du kintsugi japonais. Cette technique consiste à réparer les pièces en céramique brisées en appliquant de l’or sur les cassures de l’objet. Cet art illustre que « la fragilité et les cicatrices font partie de l’histoire d’un objet » et que « la beauté ne réside pas seulement dans la perfection ». Plus d’informations sur ilestunefoi.ch

Depuis le banc du fond

Aujourd’hui, une paroissienne nous ouvre son cœur et nous offre son témoignage. Merci Claudine!

Propos recueillis par François Riondel 
Photo : DR

« Guide-moi sur les chemins de ta verité » (Ps 24)

Oui, Seigneur, avec toi je choisis de marcher au désert de ces 40 jours de Carême pour te rencontrer au plus intime de moi-même et y découvrir, à la Lumière de ton Esprit, de quelle manière nouvelle tu veux me faire vivre avec toi, le « Car-Aime » de chaque jour dès le matin de Pâques.
40 jours au désert de nos chemins de Carême une fois l’an… Oui, mais… nos années de vie sont aussi parfois traversées par de longs déserts, à l’image des
« 40 ans au désert des Hébreux ». En partage, en voici l’un d’eux qu’il m’a été demandé de traverser, dans le silence de Dieu, pour renaître à la Vie, et fêter « ma » Pâque au sortir du désert.

D’un « pourquoi », à un « pour quoi »

A peine sortie de l’adolescence (je porte depuis peu le titre de senior), alors que je venais de franchir la porte de l’église au terme de la messe de sépulture de papa, il m’a été dit une parole que je n’oublierai jamais : « Oh que Dieu doit t’aimer pour te reprendre ton papa ! »

Ce fut un « tournant » dans ma vie et le premier jour d’un long chemin pour tenter de comprendre comment il pouvait en être ainsi. 

Il y avait bien dans mon « éducation religieuse » une coloration dite « janséniste » pour « Dieu-Père », mais dans mon cœur, une certitude reçue : son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, Lui n’était et ne pouvait être qu’Amour. Alors pourquoi « Dieu Père »… qui m’a-t-on dit m’aimait… avait-il voulu me reprendre papa ?

Si tel était bien le cas, alors je ne poursuivrais pas ce chemin de foi ! Mais si ce que je vivais au plus profond de moi était Vérité, alors je demandais à Jésus de me le montrer et… je l’avoue : de me le prouver, pour tenter de survivre à ce tsunami de détresse / tristesse venu frapper notre famille. Vous l’aurez compris, il ne m’était plus possible d’entendre : « Dieu notre Père. »

Seul Jésus-Christ était une Vérité audible pour moi et, dans ma vie, pouvait être un chemin de survie.

Jour après jour, petite pierre après petite pierre déposée sur ma route, notre Seigneur m’a répondu avec une infinie délicatesse – patience habillée de tendresse – me présentant des « êtres de lumière », principalement trois prêtres répondant chacun au prénom de Jean, qui ont su m’accompagner à l’image et au nom de Jésus. L’un deux ne m’a-t-il pas dit au début de ma recherche : pendant 3 ans de vie publique, Jésus a « tourné en rond » autour d’un lac (périmètre restreint), mais sans jamais croiser quelqu’un sans le Regarder ET l’Aimer dans son unicité. Je n’ai jamais oublié !

Notre Seigneur n’a jamais lâché ma main, marchant à mon rythme à mes côtés, sans oublier de me porter peut-être plus souvent qu’à mon tour. Avec le plus précieux des cadeaux : oui aujourd’hui c’est en Vérité que je peux dire « Abba, Père » !

Pour tenter de vivre dans Sa Vérité qui n’est qu’Amour… 

Dans l’infiniment petit de mon quotidien, je tente de « juste aimer », mais là, c’est encore à partir « de moi » ; alors je demande à notre Seigneur « d’aimer juste », c’est-à-dire de passer par Lui, par son Cœur pour le laisser rejoindre et aimer ceux qu’Il me donne au hasard de mes pas, mettant à sa disposition simplement mes yeux, mes mains, mes oreilles… 

Mère Teresa nous dit que ce n’est pas ce que l’on fait qui compte, mais bien la dose d’amour que nous y mettons, à l’image d’ailleurs de Thérèse de Lisieux qui ramassait, avec amour, même une toute petite aiguille.

Et à l’aube du matin de Pâques…

Parvenus au terme de nos 40 jours de Carême, nous recevrons chacun / e comme Marie-Madeleine, le privilège et la grâce, de nous entendre appelés / es par notre prénom. Avant qu’il en soit ainsi, au jour de notre « Entrée dans la Vie », où notre Seigneur nous tendra les bras et nous accueillera en prononçant notre prénom avec une infinie tendresse.

Dire «oui» plutôt que «non»

Par Pierre Guillemin
Photo : DR

Le wokisme désigne le fait d’être conscient des questions de justice sociale, raciale et environnementale et de les dénoncer.

On serait donc tenté de voir dans le wokisme une prolongation de la foi chrétienne qui appelle à l’amour du prochain sans distinction. Pourtant, des divergences sont bien présentes : les thèmes du genre, du mariage, de l’avortement, des traditions et donc du dogme et des règles qui régissent la vie chrétienne, de la justice et de la place de la rédemption et du pardon, et l’universalité de la foi chrétienne face aux luttes de pouvoir de minorités sont des éléments forts d’opposition entre christianisme et wokisme.

Surtout, la foi chrétienne nous invite à dire « oui » plutôt qu’à dire « non », elle nous pousse à ouvrir les bras plutôt qu’à les refermer. Ainsi, c’est certainement là la grande divergence, la tendance systématique qui caractérise le wokisme dans sa quête de justice finit par fermer les portes du dialogue nécessaire à l’amour de son prochain. 

N’oublions pas que la foi chrétienne n’est pas aveugle à l’injustice. Grégoire de Nysse (335-395) déclarait : « Si Dieu n’asservit pas ce qui est libre, qui peut établir au-dessus de Dieu sa propre domination ? »

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