Alors que l’épisode de la tour de Babel a dispersé les individus à travers le monde faute de se comprendre, la Pentecôte marque le mouvement inverse. Le monde d’alors doit ce prodige à la venue du Saint-Esprit. Symbolisé par une colombe, il est de tradition de déguster à cette occasion un gâteau porte-bonheur.
Couronnement du temps pascal, la Pentecôte commémore le don du Saint-Esprit aux apôtres cinquante jours après Pâques. On entend souvent dire que la Pentecôte est un «anti-Babel». Selon les Ecritures, au moment de l’épisode de la tour de Babel, les hommes ont été dispersés par la confusion linguistique (Genèse 11, 1-9), tandis qu’à la Pentecôte, l’Esprit Saint les a réunifiés par le don des langues (Actes, 2). Signe de l’universalité de l’Eglise, cet événement est aussi compris comme le point de départ de la mission évangélisatrice de l’Eglise animée et soutenue par l’Esprit Saint.
La Pentecôte a officiellement été fêtée à partir du concile d’Elvire, vers 300. A partir de la fin du IVe siècle, sa veillée nocturne était marquée, comme à Pâques, par des baptêmes. La semaine qui suivait, attestée au VIIe siècle, per- mettait de catéchiser les nouveaux baptisés. Au milieu du Moyen Age, dans plusieurs cathédrales d’Ile-de-France, de Normandie et de Provence, des tourterelles et des pigeons symbolisant l’Esprit Saint voltigeaient sous les voûtes.
L’oiseau a inspiré quelques spécialités culinaires propres à la Pentecôte, telles que le Colombier. A
l’époque contemporaine, l’usage d’une fève, en forme d’oiseau blanc aux ailes déployées, cachée dans un gâteau du même nom est attesté lors du repas de Pentecôte. Mais la naissance de ce gâteau aux multiples légendes et recettes n’est pas claire. Quant à la symbolique de la blanche colombe porteuse de pureté, d’innocence, d’amour ou encore de paix, la zoologie en dresse un autre portrait. La dénomination de «colombe» est, en réalité, un terme générique désignant une famille d’environ 200 espèces…dont aucune n’est blanche. Après cette révélation, le pigeon fait moins grise mine et le corbeau peut médire l’âme en paix…
Recette: Le Colombier de Pentecôte
Temps de préparation
Temps d’attente
Portions
30 minutes
45 minutes
8
Ingrédients
Les fruits confits (130 g) à incorporer à la préparation doivent être marinés 12 heures avant dans une bonne rasade de Grand-Marnier, de Cointreau, voire même de Kirsch.
225 g de pâte d’amandes ou massepain
3 œufs
20 g de farine
20 g de fécule
65 g de beurre fondu tiède
150 g d’amandes effilées
130 g de fruits confits marinés au Grand-Marnier (12 heures)
1 moule à tourte ou à manqué d’environ 20 cm
Pour le glaçage:
175 g de sucre glace
2 à 3 cuillères à soupes d’eau chaude (ou à parts égales eau et ligueur de la « marinade » des fruits confits)
La naissance de ce gâteau aux multiples légendes et recettes n’est pas claire.
Préparation
Déposer la pâte d’amandes dans la cuve du batteur ou un bol. Travailler au fouet puis ajouter un par un les 3 œufs entiers. Mélanger durant 5 minutes.
Incorporer délicatement la farine et la fécule tamisées.
Ajouter le beurre fondu tiède.
Egoutter les fruits confits (conserver la liqueur pour le glaçage), les fariner légèrement et les ajouter à la préparation.
Beurrer généreusement un moule à tourte. Chemiser les bords du moule d’amandes effilées, puis y verser l’appareil.
Cuire dans un four préchauffé à 170° C pendant 25 minutes environ. Vérifier la coloration du gâteau et adapter le temps de cuisson en fonction.
Démouler le gâteau et y introduire une fève (une colombe en porcelaine, si vous en avez une!) puis le laisser refroidir sur une grille.
Glacer le dessus du gâteau avec le mélange de sucre glace-eau (ou de sucre glace-eau-liqueur) et décorer avec des fruits confits.
Le téléphone ne cesse de sonner. Depuis que la guerre a éclaté dans son pays, Sviatoslav Horetskyi reçoit au minimum cinquante appels par jour. Ce prêtre ukrainien gréco-catholique, officiant à Genève et Lausanne, a malgré tout trouvé le temps de nous accorder un entretien.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER
Comment vivez-vous le conflit qui agite votre pays ?
J’aimerais préciser que ce n’est pas un conflit, mais une guerre. C’est d’ailleurs même pire que la guerre, on évoque dans les médias un génocide. Personnellement, c’est difficile de voir les images de mon pays, car elles sont loin de la réalité.
L’Ukraine compte un tiers de fidèles du Patriarcat de Moscou. Comment se passe la cohabitation avec les autres croyants ?
Le Patriarcat de Moscou nous trompe sur le nombre réel de fidèles. Beaucoup de paroisses qui étaient rattachées à Moscou se sont regroupées avec l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Certains fidèles de paroisses russes réfléchissent et se demandent si leurs autorités montrent le bon exemple. Il en résulte que beaucoup de ces croyants ont aujourd’hui une vision plus globale de la réalité et quittent l’Eglise russe.
En quoi la religion contribue-t-elle à la guerre en Ukraine ?
Honnêtement, je ne pense pas qu’on puisse dire que le déclencheur de la guerre en Ukraine soit la religion. Aujourd’hui, beaucoup d’églises à l’ouest de l’Ukraine accueillent des réfugiés et essayent de s’organiser pour être présentes pour tous ceux qui ont besoin d’aide et pas seulement pour leurs propres fidèles.
Dans quelle mesure l’Eglise orthodoxe russe craint d’être dépossédée de son pouvoir en Ukraine ?
Elle perd déjà de son pouvoir ! Et si l’Eglise orthodoxe russe ne se positionne pas pour arrêter ce massacre, elle perdra encore plus.
Quelle influence possède le Patriarcat de Moscou au plan politique ?
On constate cette influence rien que dans la réaction du patriarche Kiril, en tant que chef de l’Eglise russe, il use de cette même propagande, de ce mensonge permanent à l’attention des Russes en Russie. Le fait que l’Eglise ne réagisse pas à ce qu’il se passe est déjà pour moi une réponse à cette question.
Certains croyants ont peur d’un retour des persécutions de l’ère communiste ?
Si l’Ukraine arrive à repousser les soldats russes hors de son territoire, alors la liberté religieuse sera garantie pour toutes les communautés. Depuis la chute de l’URSS, la liberté religieuse n’est pas un vain mot en Ukraine et doit le rester.
Une foi illégale
Selon Portes Ouvertes, une ONG internationale qui soutient les chrétiens persécutés, les Eglises de la région du Donbass, non affiliées au patriarcat de Moscou, subissent une pression croissante depuis 2014. Les autorités des deux Républiques autoproclamées (Donetsk et Louhansk) ont édicté des directives qui obligent les organisations religieuses à se faire enregistrer. Une liste de 195 organisations religieuses enregistrées, établie en décembre 2019 par les autorités de Louhansk, a montré qu’aucune communauté protestante n’avait obtenu d’autorisation. Ne pas être enregistré signifie ne pas avoir accès au gaz, à l’électricité ou à l’eau. Cela rend, de fait, toute activité religieuse impossible.
Les Eglises d’Ukraine
Il est utile de préciser que, outre les communautés protestantes dont parle le communiqué de Portes Ouvertes, il existe dans le pays quatre Eglises : l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou (EOU-PM), l’Eglise orthodoxe du Patriarcat de Kiev (Kyïv) (EOU-PK), l’Eglise autocéphale et l’Eglise gréco-catholique (EGCU).
Biographie express
Né en Ukraine centrale dans la ville de Zhytomyr, Sviatoslav Horetskyi est prêtre au sein de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne (de rite byzantin). Marié et père de trois enfants, il appartient à l’éparchie (diocèse) de Saint-Volodymyr le Grand de Paris et a été nommé l’an dernier administrateur des centres pastoraux des villes de Genève et Lausanne. Stagiaire dans l’UP de La Seymaz (GE) pour l’année pastorale 2022, il se forme pour célébrer dans le rite romain.
PAR DAVID BAGNOUD, PRÉSIDENT DE LA COMMUNE DE LENS PHOTO : DR
«Son clocher abrite l’un des plus exceptionnels carillons de Suisse.» David Bagnoud
Autrefois propriété de l’évêque de Sion, Lens devient une commune à part entière au XIVe siècle. Elle tire son charme en grande partie de la richesse du patrimoine bâti de son cœur historique, répertorié dans l’ISOS (Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse) et dont l’église constitue un précieux élément.
Dédiée à Saint-Pierre-aux-Liens, l’actuelle église paroissiale de Lens est érigée en 1843 sur le site des trois édifices précédents. De style piémontais, son plan d’un seul rectangle rappelle les lieux de culte postérieurs au Concile de Trente. Elle possède des orgues de 1903 manufacturés par la maison Kuhn de Männedorf (ZH) dont les origines remontent à 1864. Son clocher abrite l’un des plus exceptionnels carillons de Suisse. Comportant vingt-quatre cloches, il se distingue par le fait qu’il est équipé d’un clavier mécanique de type flamand tout en ayant conservé un actionnement valaisan fait de cordes, poulies et chaînes. Cloches et carillons rythment les événements de notre communauté, les jours de fête et l’année liturgique des paroissiens.
L’église de Lens a été restaurée entre 1968 et 1974. Des travaux de conservation ont encore été réalisés en 2010 lorsque la commune a entrepris de revitaliser son centre historique en parallèle du remplacement de ses conduites d’eaux souterraines. A cette occasion, le parvis a été réaménagé en une véritable place du village, conférant à ce dernier une nouvelle dynamique.
Ne représentant pas seulement notre histoire, les sites construits illustrent notre espace de vie actuel. Ils nous permettent de nous identifier à l’endroit où nous vivons. Leur valorisation et leur développement harmonieux bénéficient à la qualité de notre environnement. En laissant une empreinte durable, le patrimoine bâti participe ainsi pleinement à notre bien-être.
Dans cette rubrique, L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ce mois, c’est Mgr Jean-Marie Lovey qui prend la plume.
PAR MGR JEAN-MARIE LOVEY, ÉVÊQUE DU DIOCÈSE DE SION PHOTO : CATH.CH / BERNARD HALLET
On ne peut pas ne pas tenir compte de ce qui se passe devant notre porte. Le monde étant devenu un village, ce qui se vit au bout de ce monde se vit en immédiateté devant notre porte. Depuis la semaine après Pâques, la porte semble contenir une double signification. Huit jours plus tard, dit saint Jean, Jésus vient au milieu de ses disciples : ils sont là réunis, Thomas y compris, lui qui avait manqué la semaine précédente au même rendez-vous. Tous les disciples in corpore, dans le même lieu, dans la même peur, dans le même enfermement ! Les portes du lieu où ils se tenaient sont soigneusement verrouillées. Il y a trop de risques à sortir voir ce qui s’y passe, trop de risques à laisser l’inconnu entrer. Cependant il vient. Et c’est une autre porte qu’il ouvre. Une ouverture qui est désormais littéralement à portée de main. Mets ta main dans mon côté. (Jn 20, 26)
L’Eglise, c’est-à-dire nous tous en tant que communauté de foi, se situe, au long des âges et aujourd’hui encore, devant ces deux types de portes. D’un côté, les portes que l’on ferme par peur des autres, une peur qui nous garde prisonniers de nos propres fabrications. De l’autre, une béance, une blessure, porte ouverte au côté de celui qui aime et appelle à se laisser rejoindre « ma main sur son cœur ».
La première phase de la démarche synodale s’est déroulée dans chaque diocèse du monde. Notre Eglise diocésaine s’y est mise, modestement peut-être, mais avec bonheur. Jusqu’ici, des portes se sont-elles ouvertes ? Des peurs et des paralysies en ont-elles fermé d’autres ? Le processus se poursuit, au niveau des pays, des continents puis de l’Eglise universelle, tant il est vrai que le but de ce synode est précisément le chemin qui se vit sans cesse. Autrement dit, ce qui importe est de faire chemin ensemble ; d’oser avancer malgré tout ce que l’Eglise subit de revers, malgré nos infidélités, malgré nos courtes vues étriquées ou partisanes ; d’oser maintenir notre attention prioritaire sur l’abîme du côté ouvert du Christ. A l’écoute commune des battements de son cœur, dans la vie diocésaine, nous resterons des marcheurs en chemin (synode). Le synode ne s’achèvera pas en 2023, mais bien au seuil de l’ultime porte, celle du Paradis.
Les conseils de gestion portent le souci du patrimoine bâti des paroisses. Ainsi, l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques est en cours de rénovation; la chapelle d’Ollon aura des travaux début 2023. Présentation.
Rénovation de l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques
PAR STÉPHANE PONT, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION COMMUNICATION ET RECHERCHE DE FONDS PHOTO : DR
L’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques figure au patrimoine architectural du canton, témoin sacré du début du XVIe et de la fin du XIXe siècle.
Afin de la préserver, il a été décidé d’effectuer d’importants travaux de rénovation qui ont débutés voilà quelques semaines et qui vont se poursuivre au moins jusqu’en décembre prochain.
Grâce au soutien de la commune de Crans-Montana, de l’Etat du Valais et de la Loterie Romande deux tiers du budget de 850’000 francs est déjà couvert. UN GRAND MERCI A EUX !
Il nous reste donc à trouver le solde et nous comptons sur de nombreuses contributions.
Un appel au don est lancé et vous pouvez d’ores et déjà y contribuer en effectuant un virement sur les coordonnées bancaires suivantes: IBAN : CH14 8080 8008 4018 9075 6 – Intitulé du compte « Dons restauration SML »
Rénovation de la chapelle d’Ollon
PAR CÉDRIC VOCAT, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE GESTION (COGEST) PHOTO : DR
La chapelle d’Ollon, dont l’existence est attestée dès 1711, a été agrandie en 1861, puis de 1916 à 1920 par Louis Gard, architecte de la statue du Christ-Roi. De style baroque, cette chapelle est dédiée à la Présentation de Marie au temple.
Les paroissiens ont pu constater que ce bâtiment nécessite un grand entretien. En effet, des fissures sont apparues sur la voûte, la peinture s’étiole, l’éclairage n’est plus à jour, les rambardes des esca-liers ainsi que celles de la tribune ne sont plus aux normes, … Le CoGest a donc décidé de mettre cette rénovation à l’ordre du jour.
Pour ce faire, nous nous sommes réparti le travail. Tout d’abord nous avons demandé des conseils auprès de spécialistes puis nous avons sollicité plusieurs entreprises afin d’obtenir des devis. Ayant reçu ces documents, nous avons pu établir le montant brut de la rénovation. Et, nous fûmes surpris par le montant qui est, tout de même, de 120’000 francs !
Afin de mener à bien cette rénovation, le CoGest s’est mis à la recherche de mécènes et généreux donateurs. Nous avons sollicité plusieurs fondations et, actuellement, nous sommes dans l’at-tente de leur réponse.
Les travaux débuteront, normalement, au début 2023 et devraient être terminés à la fin du printemps 2023.
Si le cœur vous en dit, nous recueillons volontiers tout don pécunier. Un grand merci pour votre précieux soutien. IBAN : CH82 8080 8002 4644 1292 9 avec la mention « Rénovation chapelle d’Ollon » – Paroisse Saint-Georges Chermignon
La preuve que l’Eglise tient aux bâtiments de son patrimoine, c’est que le terme est le même pour désigner le contenant (le bâtiment matériel) et le contenu (l’Eglise peuple de Dieu). C’est ensuite que nous fêtons le 9 novembre la Basilique du Latran, la cathédrale du pape et la mère de toutes les églises du monde. C’est enfin qu’en principe, un baptême, un mariage, voire des funérailles ne peuvent avoir lieu en plein air, même si le Seigneur habite partout.
Reste que l’édifice de pierre ne sert qu’à permettre à chacun-e de se prêter « comme une pierre vivante à la construction de l’édifice spirituel » en Jésus-Christ (1 Pierre 2, 5). Le bien nommé disciple de l’apôtre Pierre livre dans sa première épître une splendide méditation sur la dignité de chaque croyant et Vatican II a retenu ce texte pour désigner le sacerdoce commun de tous les fidèles.
C’est le Christ qui constitue la pierre vivante fondamentale, choisie par le Père, mais rejetée par les hommes (2, 4). Cette pierre qu’ont repoussée les constructeurs est cependant devenue la tête d’angle (Psaume 118, 22), précieuse pour ceux qui se confient à elle et ne seront pas déçus (Isaïe 28, 16 ; cité en 1 Pierre 2, 6) : ceux qui pourtant étaient chargés de bâtir le peuple de l’Alliance d’Israël ont décidé quant à eux de s’en distancer, si bien qu’elle est désormais pour eux un rocher qui fait tomber (Isaïe 8, 14-15). C’est le drame de la coupure entre les représentants de l’Alliance ancienne, supplantés par les disciples du Fils de l’Homme (1 P 2, 8).
Noms prestigieux
Car tous ceux qui adhèrent au Christ sont maintenant considérés comme aptes à offrir des sacrifices spirituels que le Père agrée pleinement (2, 5b). C’est ainsi qu’ils reçoivent des noms prestigieux, en devenant comme Jésus, prêtres, rois et prophètes : ils bénéficient d’un « sacerdoce royal » ; ils forment une « race élue », jouissant de la miséricorde céleste ; une « nation sainte », participant de la nature divine (2 Pierre 1, 4) ; un « peuple de prophètes, acquis » pour proclamer les louanges du Créateur et Rédempteur de l’univers (Isaïe 43, 20-21) et appelé à rayonner de sa lumière. S’il y a besoin de sauvegarder les bâtisses et chefs-d’œuvre architecturaux hérités de l’histoire, c’est pour que chaque membre du peuple élu s’y trouve « à demeure » et y fasse monter son action de grâce.
Quelle joie de vous présenter ce mois-ci un journal plus « jeune » !
L’équipe de rédaction a la volonté de toucher plus large que nos précieux et traditionnels lecteurs, en ciblant davantage les enfants et leurs familles, qui font partie intégrante de l’Eglise d’aujourd’hui et de demain.
« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux. En vérité je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant, n’y entrera pas. » Marc, 10 : 13-16 Voilà une parole d’Evangile que nous chérissons particulièrement car elle se veut attendrissante et réconfortante. Cela nous permet d’oser avancer dans la foi, avec confiance.
J’aime particulièrement cette image car j’y vois toute ma joie d’être, moi aussi, enfant de Dieu ! Savoir que le Père qui nous attend tous garde les bras ouverts pour nous accueillir ! Tout comme lorsqu’un parent admire, le souffle suspendu, les premiers pas d’un enfant, puis son premier coup de pédale à vélo, ou plus tard sa première virée en vélomoteur…
Oui, prions et prenons soin de nos enfants, de nos jeunes, de nos familles, quelles que soient leurs difficultés ou réalité ! Confions-les à Dieu le Père.
Pour aller plus loin dans l’art de prendre soin de notre foi en famille, rendez-vous sur le site www.prierenfamille.ch
Faire cohabiter les générations, offrir un toit à ceux qui recherchent chaleur et protection tout en redonnant vie et sens aux édifices religieux ? Les initiatives qui vont dans cette direction existent déjà en Suisse romande.
A l’heure où les agglomérations manquent de crèches et de places d’accueil pour les sans-abris ou les réfugiés, n’existerait-il pas là un moyen de redonner vie au patrimoine immobilier de l’Eglise sans passer par la vente ou la désacralisation ? Ces deux options impliquent nécessairement une période de séparation et de deuil, alors que Dieu incarne la Vie par excellence ! C’est vrai qu’il a opté pour des « lieux » comme un buisson ou une nuée pour se rendre visible aux humains, mais il a aussi choisi… Jésus.
A-t-Il donc besoin d’un lieu saint particulier pour se déployer ? Je ne crois pas. Il habite déjà chaque are de notre humanité, personnes en recherche de
protection et enfants compris.
Julie habite à Vionnaz. Au moment où nous la rencontrons chez elle avec sa maman au début du mois de mai, elle se prépare, quelques jours plus tard, à recevoir le baptême et sa première communion.
PAR YASMINA POT
PHOTO : DR
La maman de Julie, Nathalie, se souvient que lorsque sa fille a commencé l’école dans le canton de Vaud, elle avait des cours d’Histoire biblique. « Quand elle est rentrée des premiers cours, tout de suite elle en a parlé à la maison : » Tu te rends compte, il y a plusieurs religions, ils ont chacun un Dieu ! » Ça a été une des seules choses qu’elle racontait de l’école ! »
Suite à cela Julie a souhaité avoir une Bible, que sa maman lui a achetée à son anniversaire en 2020. « J’ai aimé à peu près toutes les histoires qu’il y avait dans la Bible des enfants », raconte
Julie.
La décision du baptême
Mais quand Julie a-t-elle eu envie d’être baptisée et pourquoi ? « C’était au premier cours de religion, en 4H, avec maîtresse Marie, se souvient-elle. Pour moi le baptême c’est comme une étape de la vie où Dieu s’allie à nous, même si en réalité il est tout le temps avec nous. C’est un peu comme s’il était plus avec nous, ça fait plus ressentir Dieu en nous. »
La maman de Julie se souvient bien de ce jour où sa fille est rentrée à la maison et a annoncé qu’elle voulait se faire baptiser.
Depuis la petite enfance
Nathalie raconte que lors d’une croisière en Italie en 2017 Julie s’est montrée très admirative des églises. « Elle avait presque 5 ans. C’était assez fort, elle posait pas mal de questions. Elle voulait entrer dans toutes les églises, et on l’a emmenée dans un grand nombre d’entre elles. »
« Oui, répond Julie, je me sens bien dans les églises, parce que là on sent qu’il y a vraiment Dieu, Jésus, tout le monde avec nous ; et c’est là qu’on retrouve de bons souvenirs ; et j’aime aussi parce que c’est joli. J’ai envie d’être proche de Jésus parce que c’est le fils de Dieu ; du coup ça me rapproche de Dieu. Jésus c’est mon ami de la religion. Ça m’apporte de l’amour, ça m’apprend à aider ceux qui ont des problèmes à l’école, à être sympa avec ceux que je n’aime pas vraiment. Ça m’apprend plein de choses sur la vie. J’apprends aussi à ne pas forcément tout avoir tout de suite, à patienter. En plus, si on n’arrive pas à parler aux autres parce que c’est trop puissant ou que c’est très urgent, on peut parler à Dieu en priant pour se sentir plus léger. »
Un trio uni pour toujours
Nathalie explique que Julie a dû choisir entre devenir catholique ou protestante et qu’elle a choisi d’être catholique parce qu’elle croit en la Vierge Marie : « Marie est la maman de Jésus alors ça fait un trio : Marie a une moitié de cœur, Jésus une autre et Dieu la dernière. Le tout forme un cœur et les unit pour toujours. »
Première messe
« La chambre de Julie donne sur l’église, raconte encore Nathalie ; c’est d’ailleurs pour cela qu’elle l’a choisie, sourit-elle. Et un dimanche à 9h15 elle m’a dit : » Maman je veux aller à la messe ! » Après la messe, elle m’a confié s’être sentie détendue.
Cela fait partie de ces moments dont on se rappelle, conclut Nathalie. On peut dire que la décision de Julie de recevoir le baptême n’a pas été prise à la légère, ou en vitesse ; on a d’ailleurs attendu un moment pour être sûrs que ce n’était pas un coup de tête. Cela a été véritablement le choix de Julie elle-même. »
Trois questions ont guidé l’artiste : la technique particulièredu verre, l’unité de l’édifice et le défi du sujet religieux.
PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER
Ernest Biéler est un peintre suisse né à Rolle en 1863. Il s’installe à Paris après ses études, mais au cours d’un voyage à travers son pays natal, il découvre Savièse. Il décide de s’y installer et d’y faire construire un atelier d’artiste. A la même époque, beaucoup de peintres choisissent de fuir l’industrialisation croissante pour se réfugier dans des régions plus proches de la nature et des traditions. Biéler est passionné par le pays, les habitants, leurs coutumes… Il est poussé par une volonté d’apprendre à les connaître. Il participe aux fêtes, aux vendanges, aux mariages, aux funérailles, aux montées au mayen… En attestent ses œuvres ainsi que des photos d’époque. Il est très inséré dans la communauté et il peint des scènes de vie quotidienne.
Lors de la restauration de l’église Saint-Germain, le curé Pierre Jean demande à Biéler de réaliser des vitraux. Dans une démarche d’art total, l’artiste suggère la possibilité de s’atteler plus largement au décor de l’édifice. Trois questions le guident dans la réalisation de son travail : la technique particulière du verre, l’unité de l’édifice et le défi du sujet religieux. S’ensuit une collaboration entre le peintre et le curé, dans un véritable climat de confiance. Pour Pierre Jean, « les vitraux d’une église doivent être le reflet de la vie religieuse d’une paroisse »1. C’est ce que propose Biéler, à travers notamment le vitrail de la Fête-Dieu. Représenter un événement si éminemment catholique ne va pas nécessairement de soi pour un protestant. Mais le catholicisme façonne les traditions, les costumes, la dynamique sociale et l’artiste y est sensible.
Au premier registre du vitrail, les femmes en costume traditionnel porte les bannières. Au deuxième registre, les grenadiers précèdent les enfants, les tsanbrides. La croix de procession occupe une place centrale dans l’œuvre. Au dernier registre, l’ostensoir est abrité sous le baldaquin.
L’Esprit Saint, troisième personne de la Trinité, est parfois difficile à se représenter. La Bible utilise plusieurs images pour parler de Lui. Nous en avons découvert quelques-unes avec les confirmands de Monthey et Choëx.
TEXTE ET PHOTO PAR JOHAN SALGAT
L’Esprit Saint est présent au baptême de Jésus ; Il descend sur Lui « comme une colombe. » (Mt 3, 16) « Cet oiseau représente la paix et la pureté. Comme la colombe, l’Esprit Saint est discret mais il est toujours là », commente un enfant.
On le retrouve lors de la transfiguration de Jésus. De la nuée sortit une voix qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le. » (Lc 9, 35) Une jeune explique : « La nuée lumineuse est comparable à un spot. Elle nous guide, permet de voir dans la nuit et nous montre le chemin. »
L’Esprit Saint est également présent lorsque Jésus apparaît à ses disciples après sa résurrection. Jésus souffle sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » (Jn 20, 22) Après une expérience, une jeune nous raconte : « Quand on souffle sur une balle, elle se met en mouvement. On ne voit pas le souffle mais on voit ses effets. On ne voit pas l’Esprit Saint mais on peut ressentir son effet dans notre cœur. » Son voisin ajoute : « Ce souffle, il apporte de la joie ! »
Esprit Saint et Pentecôte
Difficile de parler de l’Esprit Saint sans mentionner la Pentecôte. « Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » (Ac 2, 3-4) Un confirmand partage : « Le feu transforme tout ce qu’il touche. L’Esprit Saint transforme tout ceux qu’Il touche, comme un feu. »
L’Esprit Saint dans nos vies
Quelle est l’action de l’Esprit Saint dans nos vies ? « Il nous aide à être plus intelligents, plus proches de Dieu et plus courageux », témoigne un jeune. Son copain réagit : « Il nous aide en transmettant son Amour. » Le pape Benoît XVI nous partage : « L’Esprit Saint nous pousse à aller vers les autres, Il allume en nous le feu de la charité, il fait de nous des missionnaires de l’amour de Dieu. »
Nous voyons que l’Esprit Saint est régulièrement présent dans la Bible. Il en est certainement de même dans nos vies. Ces différentes images de l’Esprit Saint sont plus que de simples symboles : elles nous aident à comprendre qui Il est et comment Il agit dans nos vies. Essayons de le percevoir dans notre quotidien, pour accueillir sa présence, discrète et agréable.
La conférence de Frère Philippe Lefebvre, dominicain, donnée à Saint-Paul le 8 avril dernier a apporté des pistes de réflexion intéressantes. Je les résumerais en trois points :
La notion de famille d’abord. Cette notion, dans l’Ancien Testament, est un peu plus large que le couple avec un enfant que nous imaginons aujourd’hui. Frère Philippe le souligne, il s’agit plutôt de clan. « Fils de » prend une dimension temporelle : Joseph est fils de David, mais plus de mille ans les séparent. Il y a pourtant d’autres éléments qui les rapprochent.
La notion de pardon ensuite. Il s’agit en fait d’un terme financier qui nous amènent à une autre dimension que celles des pleurs et de la réconciliation que nous nous représentons aujourd’hui. A l’origine, il s’agit de remettre la dette impossible à honorer dans certaines circonstances comme une inondation par exemple.
Les notions de vocabulaires pour terminer. Et c’est là que mon titre prend toute sa signification. Les mots ou plutôt les concepts évoqués dans l’Ancien Testament sont vivants. Le terme d’étranger représente aussi bien l’ennemi que le frère qui s’est détourné de Dieu. Pendant toute la vie de transmission de cette parole, ces termes ont grandi, ils nous ont parlé de manière vivante.
Mais pour autant peut-on faire dire n’importe quoi à n’importe quelle parole ? Pas du tout, elles représentent un concept, souvent novateur d’ailleurs, appelé à nous parler, hier comme aujourd’hui. L’Ancien Testament n’est pas un livre qui se sert de mots précis et cadrés, mais il utilise des logiques humaines pour exprimer des vérités qui dépassent cette dimension terrestre. A nous d’en faire des aides ou des poids.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de la Vie Sur le chemin de nos doutes et de nos questionnements Laissons-la éclairer nos aujourd’hui Pour l’offrir comme le pain de la joie.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de l’Espérance Sur le chemin de nos peines et de nos joies A la table de nos rencontres, Partageons-la comme le pain de la confiance.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de la Miséricorde Sur le chemin difficile de nos blessures Laissons sa clarté nous conduire au pardon offert et reçu Pour partager le pain de la réconciliation.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de l’Amour Sur le chemin de nos rencontres et de nos amitiés Entretenons cette flamme fragile afin qu’elle puisse grandir Pour partager le pain de la fête.
Chaque matin est nouvelle naissance, Qui invite à accueillir la Lumière de Dieu Trinitaire Sur le chemin de notre vie, laissons-le être notre seul guide, Devenons témoins porteurs de cette Lumière, Nourris du Pain de la Vie.
Chaque matin est nouvelle naissance, Chaque matin recevons-nous des mains du Père, Offrons-nous à son Fils Laissons-nous conduire par l’Esprit Saint
Le soleil commençait à peine sa course dans le ciel que nous nous sommes retrouvés pour une dernière répétition en ce matin du 30 avril. La journée s’annonçait belle avec ce petit quelque chose de frais qui annonce un renouveau, celui du printemps de l’Esprit Saint qui allait bientôt nous visiter.
A 16h, la fête pouvait commencer. L’église, joliment fleurie, accueillait familles et amis venus en nombre pour accompagner les confirmands. Sous les doigts experts de Lise Colas, le grand orgue ouvrait la célébration en accompagnant la procession d’entrée, le Christ en tête.
Mgr Alain de Raemy a admirablement présidé, assisté du Père Joël, notre curé. Les paroles de l’évêque sont allées droit au cœur de tous, ne laissant personne indifférent, sachant trouver les mots simples et directs dont chacun avait besoin.
Très émouvante fut la lecture (anonyme) d’extraits de lettres que les confirmands ont adressées à l’évêque afin d’expliquer avec leurs mots pourquoi ils demandaient à confirmer leur foi, révélant ainsi, non seulement une vraie réflexion personnelle, mais également l’importance pour eux de ce qu’ils ont reçu durant ces deux années de catéchèse (rassurant au passage le petit catéchiste que je suis qu’il n’a peut-être pas travaillé en vain).
Qu’il me soit permis, ici, de vous livrer ce qui pour moi restera le sommet de cette célébration qu’a été la chrismation. Me tenant à proximité de l’évêque, j’eus ce privilège, non pas d’entendre les paroles prononcées dans ce cœur à cœur avec les candidats, mais de voir croître de plus en plus sur ces visages, des sourires radieux, particulièrement au moment de recevoir le saint chrême. A mesure que chacun, accompagné, qui de son parrain, qui de sa marraine, défilait devant l’évêque, montait en moi une profonde Action de grâce pour chacun d’eux, produisant dans le profond de mon cœur comme en écho de l’esprit ces mots simples qui constataient pourtant de l’invisible : qu’ils sont beaux. Oui, ils sont beaux ces jeunes, devenus encore plus proches par l’union du Saint-Esprit, ils sont beaux de l’Esprit Saint venu habiter leur cœur et cette beauté transparaissait sur tout leur être.
Nous étions ici au cœur même de l’action divine qui se donne dans la simplicité des mains et des saintes huiles. Cette jeunesse avec qui j’ai pu cheminer, parfois turbulente, parfois plus fermée, qu’ils étaient resplendissants maintenant dans ce moment de vérité (vite, je faisais disparaître une larme écharpée).
Alors, bien sûr, la fête s’est poursuivie comme il se doit, et l’apéro servi au fond de l’église a été fort apprécié grâce à toute l’équipe de volontaire qui l’a préparé et servi. Je profite de les remercier tous chaleureusement au passage, car sans eux, la fête n’aurait pas été aussi belle. Un grand merci, encore, à Sabrina Faraone qui n’a pas ménagé sa peine afin que cette célébration se déroule au mieux, aux musiciens qui ont donné beaucoup de leur temps également dans la préparation, et à toutes les petites mains indispensables qui ont œuvré dans l’ombre, d’une manière ou d’une autre, contribuant au succès de cette belle journée. Je n’oublie pas de remercier le Seigneur lui-même qui nous fait toujours la grâce de sa présence en nos cœurs et qui nous en a particulièrement réjouis en ce jour.
Dans notre dernier numéro, nous vous proposions une rencontre avec les Sœurs Anne-Françoise Sager et Verena Boss, actives à l’aumônerie de l’EMS Castel Notre-Dame. Nous publions aujourd’hui la fin de cette interview : une rencontre avec Sœur Claire Sierro et Sœur Marie-Thérèse Rieder, qui nous partagent ce qui les anime et les grands traits du chemin qui les a conduites jusqu’au Castel.
Sœur Marie-Thérèse Rieder.
PAR LAURE BARBOSA-STRAGIOTTI PHOTOS : DR
Par une vie de louange, de témoignage et de compagnonnage au cœur du monde, les Sœurs de Saint-Maurice s’inscrivent dans le sillage du libre don de Maurice et ses hommes. Vers l’an 280 près d’Agaune, ces soldats romains originaires de Thèbes (Egypte) refusèrent de renier le Christ, de persécuter leurs frères et moururent martyrs au nom de leur foi. Aujourd’hui comme hier, les Sœurs vivent leur vocation dans des engagements variés. Actives dans divers lieux en Suisse et à Madagascar, leur maison-mère se situe à La Pelouse sur Bex.
Sœur Claire Sierro.
Sœur Claire Sierro vient de fêter ses 60 ans de profession ! Lors du sacrement de confirmation, Claire entend que « plusieurs seront appelés » et la question vibre en elle. Joyeuse, elle aime aussi la vie de village et la danse mais à 18 ans, après son service comme fille de salle pour les ingénieurs à la Grande Dixence, elle ne manque jamais de s’arrêter à la petite chapelle pour prier… Claire se sent appelée et après un entretien avec un prêtre, entre au noviciat à Vérolliez à l’aube de ses 20 ans. Elle travaille et se forme en divers lieux et notamment au Castel. Au foyer Bon Accueil à Lausanne, elle accompagne de jeunes étudiantes et arpente souvent la ville en prière tout en apportant la communion. Elle retourne ensuite à la Pelouse pour tenir la pharmacie et prendre soin des sœurs malades.
Depuis 2019, elle a rejoint l’aumônerie du Castel et à 82 ans, peut encore donner du temps et visiter les personnes âgées. Sœur Claire estime cela très gratifiant : « Merci de m’avoir donné la foi Jésus, tu es mon ami et mon médecin, j’ai confiance en toi et te confie les pauvres et les malheureux. On n’a jamais fini de découvrir la conscience que Dieu habite en chacun de nous et ne nous abandonne pas une minute ! »
Sœur Marie-Thérèse Rieder est originaire du Lötschental. Entrée à l’école de Vérolliez, elle s’ennuie tellement qu’elle compte les secondes et tricote la nuit, pourtant elle en repartira avec le mystérieux sentiment que le Seigneur la veut là ! Depuis petite, l’appel n’est jamais parti mais se partage entre l’envie de partir en mission et celle d’entrer au couvent pour y vivre cloîtrée. Au moment d’entrer au noviciat, tout ennui la quitte aussitôt mystérieusement… Elle choisit l’école d’infirmière et travaille 10 ans en salle d’opération à la Clinique générale de Sion. Désireuse d’être proche des plus pauvres, elle demande un départ en mission mais passe encore dix ans à la Clinique Saint-Amé. A 50 ans Marie-Thérèse tente sa dernière chance pour la mission, car il est question d’ouvrir un dispensaire à Madagascar ! Débute alors un temps de grâce, de rencontres, de pauvreté, mais rempli d’espérance. A son arrivée sur place : une case, une tente et la chaleur… et elle s’annonce : « Je sais soigner les malades et balayer ! » En 2017 à contrecœur, Marie-Thérèse est rappelée en Suisse. Cela lui permettra d’accompagner sa sœur en fin de vie avant de rejoindre le foyer Bon Accueil puis l’aumônerie du Castel. « On comprend après, le pourquoi du comment ! La foi est une grâce, une petite graine qui bien cultivée, devient un grand arbre. Ma prière c’est Jésus, à la vie à la mort… »
Début mai, des jeunes se sont mobilisés autour des JMJ de Suisse romande à Lausanne, prélude des Journées Mondiales de la Jeunesse qui se tiendront à Lisbonne en 2023.
Nous avons tous besoin de temps forts – de pèlerinage au rassemblement de fêtes – temps où nous avons l’occasion de vibrer de la présence du Christ. Les « jeunes », comme nous avons trop vite tendance à les nommer en catégorie, ont sans doute plus besoin de partager leur expérience de Foi, leur expérience de relation au Christ. Ils se retrouvent entre amis, s’encouragent à partager, à s’engager.
Certes nous pouvons regretter de ne pas les « voir » dans nos assemblées ecclésiales. Cependant, ne faut-il pas « voir » sans a priori et se laisser prendre par les lieux et les modalités de la quête de nos jeunes : quêtes de sens, quêtes de charité et d’amitié, quêtes de joie et d’espérance, quêtes des Béatitudes à conjuguer dans leur réalité et celle du monde.
Certes, en paroisse, il est sans doute plus aisé de les rencontrer dans les parcours de la catéchèse. Les jeunes suivent diverses routes. Les « Ado-du-Cycle se retrouvent autour de gestes concrets en participant au samedi du partage, en rencontrant des témoins pour réfléchir sur des thèmes qui les préoccupent ou encore sur le sens du bénévolat. Les confirmands, tout en veillant à approfondir leur relation au Christ, répondent fidèlement, et en toute simplicité, aux propositions de leurs animateurs et catéchètes. Cette année, ils ont même relevé le défi de rompre le rythme mensuel des rendez-vous au fil des invitations. Ils ont accepté de se laisser prendre par la nouveauté – voire l’inconnu – et ainsi de sortir de leur confort. Ils ont partagé l’élan et l’enthousiasme de leurs jeunes aînés avec les Jeunes de Lourdes, ceux du Figuier aux côtés des personnes en situation de handicap. Ils ont participé à la journée cantonale des confirmands au cours de laquelle une vague de 300 jeunes gens et jeunes filles saisissent la possibilité d’une « communion » à l’horizon de sensibilités chrétiennes et culturelles si diverses et pourtant si proches autour du Christ tel qu’Il se manifeste dans ces circonstances. Il y eut enfin, la gageure de rencontrer d‘autres confirmands des paroisses voisines (et méconnues) : se présenter, faire tomber les timidités et les réticences, en se prenant au jeu au sens littéral comme au sens plus investigateur à la suite des figures des deux saints Joseph des Ecritures. Ce fut l’occasion de comprendre la pédagogie de l’art et de l’architecture d’une église, en parcourant Saint-Joseph à coup de quiz. Et bien sûr, les gourmandises d’une collation aident à dégeler les attitudes. Du côté des catéchètes, lors de ces temps forts, il n’y a pas besoin de long discours, ni même de grande leçon de religion : accueillir, se risquer avec eux et vibrer de la passion pour le Christ. Aimons nos jeunes, nos communautés que le Christ construit : écoutons la « petite Espérance » en nos cœurs « car rien n’est impossible à Dieu » si nous le suivons, là où nous sommes, tels que nous sommes.
Voilà revenu le temps du jardin, des heures de travail patient, des jours où nous trouvons le bonheur et l’apaisement dans le soin donné à la terre, qui elle-même parle à notre âme… les images se croisent et nourrissent l’esprit…
PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : DR
Dans les évangiles, il y a des fleurs bien habillées et du blé en épi d’une variété très productive, qui a poussé dans une bonne terre…
Dans les évangiles, il y a des vignes qu’on chérit ou qu’on laisse à l’abandon, des figuiers qui parfois ne produisent rien, et des plantes qui poussent si bien que les oiseaux du ciel y viennent faire leur nid…
Dans les évangiles, il y a de la vermine, de la mauvaise herbe, des ronces et même des brigands qui abîment les clôtures…
Dans les évangiles, il y a des journées de travail harassantes, d’autres qui commencent au beau milieu de l’après-midi, de la patience, de la poussière, et la satisfaction dangereuse d’avoir les greniers pleins à craquer…
Dans les évangiles, il y a une nature qui nourrit, des épis arrachés et froissés un jour de Sabbat, et le fruit du figuier qui s’offre peut-être enfin, au-delà du récit…
Dans les évangiles, il y a des chemins parcourus en tous sens, des chemins qui mènent à la Vie, une vie qui est Le Chemin…
Dans les évangiles, il y des sources, des puits, de la pluie qui ne retourne pas au ciel sans avoir abreuvé la terre…
Dans notre nature, nos champs, nos jardins, il y a toute la Bonne Nouvelle et ses paraboles, la vie à protéger comme on protège les plus petits, la croissance malgré tout, même dans l’adversité, et l’émerveillement de voir la pousse fragile et têtue, soulever la terre et frémir dans le vent…
Dans notre nature, nos jardins, nos vies, il y a tout l’amour du jardinier, parfois penché vers la terre, parfois debout et méconnaissable, jusqu’au moment mystérieux où il prononce notre nom…
Pour renforcer le sentiment de communauté et, peut-être, agir comme un remède
aux épreuves que certaines personnes traversent, la Pastorale de la santé est présente dans les milieux de santé et de vie pour répondre aux besoins spirituels.
Ces accompagnements offrent la possibilité d’aller puiser les ressources nécessaires
pour affronter une nouvelle étape de vie.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : PASTORALE DE LA SANTÉ
« L’accompagnement spirituel, pour moi, c’est oser se laisser rejoindre par l’autre dans sa propre vulnérabilité comme " Jésus et la samaritaine au bord du puits de Jacob ", d’humain à humain par la nourriture commune de la parole de Dieu ou pas. Ensemble accompagner " le souffle de vie ", le don gratuit de Dieu », témoigne Ami Satchi. Elle est l’une des nouvelles Référentes Régionales Santé (RRS) qui officient au sein de plusieurs EMS genevois. Depuis septembre 2020, ces nouveaux engagements sont venus renforcer l’équipe de bénévoles et d’aumôniers de la Pastorale de la santé. Ils visent à développer encore l’accompagnement spirituel prodigué dans différents lieux d’hospitalisation et de vie.
« La Pastorale de la santé est un grand et dynamique service de l’Eglise Catholique romaine à Genève. Il offre présence, soutien, accompagnement spirituel dans le respect de la personne fragilisée par la maladie ou la vieillesse », détaille Cathy Espy-Ruf, sa responsable. « Sans le concours d’une équipe compétente et expérimentée, les milliers de visites auprès de patients des HUG et de résidents des EMS, les nombreuses messes, célébrations œcuméniques, sacrements, cérémonies du souvenir ou encore funérailles, ne pourraient pas avoir lieu », rappelle-elle également. Les aumôneries œuvrent avec un vrai souci d’œcuménique, dans le respect des convictions de la personne rencontrée et dans un dialogue interreligieux.
Une collaboration soutenue avec le personnel soignant permet d’identifier plus aisément les souffrances morales et spirituelles. Des outils sont mis à disposition des aumôniers et des soignants permettant d’intervenir de la manière la plus appropriée. Deux petites brochures ont, par exemple, été publiées. L’une pour aider le personnel hospitalier à comprendre ce qu’est l’accompagnement spirituel et lui expliquer qu’il n’est pas exclusivement dévolu aux aumôneries, l’autre fournit des indications au sujet de dix-sept confessions chrétiennes et non chrétiennes en matière de pratique religieuse et de soins.
Au service, mais comment ?
Une chose que la Pastorale de la santé accomplit et dont on ne se rend pas compte ?
Cathy Espy-Ruf : On est présents et je pense que les gens ne réalisent pas le nombre de prestations que nous accomplissons. Nous sommes également en lien avec les paroisses au cœur de ce volet
de diaconie. Je remercie vraiment le vicariat de nous donner les moyens d’être sur le terrain.
Toute l’équipe de bénévoles, aumôniers et RRS est motivée. Leurs compétences, ainsi que la diversité de leurs personnalités offrent des prestations de qualités. Je considère toutes ces personnes comme les visages de l’Eglise.
Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?
CER : Le nombre de personnes qui sont rencontrées dans un moment de fragilité lié à une hospitalisation ou une entrée en EMS est considérable. Cela représente des milliers de visites ! Il y a aussi l’accompagnement des familles, parfois jusqu’aux funérailles. Je pense que nous sommes vraiment un service en interface avec la société, car tout le monde un jour ou l’autre est concerné par la santé, ou sa perte partielle. Nous avons aussi un rôle très important à jouer au niveau social. La santé fait partie des questionnements existentiels. On s’interroge souvent sur la vie et son sens au moment d’un problème de santé.
Le chanoine Klaus Sarbach réagit à sa façon au thème du dossier romand, au centre de votre Magazine, et qui traite du patrimoine immobilier de l’Eglise.
PAR KLAUS SARBACH | PHOTO : DANIEL TORNAY
Depuis le début de ma vie religieuse, j’ai vécu, par saccades, durant 21 ans en Octodure. Puis-je pour autant affirmer que, pour les martignerains, je fais partie des « meubles » de la Cité ?
« Meuble ? » – Oui, dans le sens que la parole est « meuble » c’est-à-dire « mobile » ; qu’elle peut bouger, être déplacée, changer, être utilisée pour différents services. Ainsi, en 47 ans de sacerdoce, j’espère avoir été « utile » dans douze paroisses et trois hospices, en deux pays, en trois langues, en plaine et en montagne… et de pouvoir encore être utile comme « vicaire grand-père » !
Partout, j’étais bien dans ma peau parce que partout je me suis senti « chez moi », dans « ma maison », accueilli par des frères et des sœurs, par des amis de Jésus. J’étais dans mes « meubles » que sont les activités sacerdotales différentes, complémentaires et enrichissantes.
« Immeuble ? » – C’est-à-dire que l’on ne peut pas bouger ? Un immeuble est un bâtiment au service de tous qui offre une sécurité, une chaleur, une solidarité, une vie partagée que ce soit en des jours de soleil ou de pluie. L’immeuble « Eglise » a des racines invisibles qui lui fournissent l’eau qui nous nourrit et qui nous purifie ; la sève invisible qui lui apporte les forces de vie qui viennent du Créateur et que nous appelons la foi, l’espérance et la charité.
« Patrimoine ? » – Le patrimoine, ce sont des choses et des valeurs que nous n’avons pas fabriquées nous-mêmes, mais que nous héritons gratuitement de Dieu et de nos « pères » (au sens d’ancêtres) dans la vie et dans la foi. L’immeuble « église » n’est donc pas un « musée mort » mais est le lieu où l’on peut trouver ce qui est nécessaire pour se maintenir en vie et maintenir debout l’Eglise de Jésus, la Maison de toutes les filles et de tous les fils du Père. L’église – immeuble visible – devient donc un « meuble vivant » et nourrissant par l’amour que les habitants accueillent régulièrement du Père et partagent entre eux selon les besoins de chacun. Alors, quand nous disons : « je fréquente l’église », nous faisons davantage que le devoir dominical : nous expérimentons cette phrase d’une personne anonyme : « Le charme d’une maison ce sont les amis qui la fréquentent. »
La cité médiévale de Romont possède un riche patrimoine d’art religieux. On peut penser à sa célèbre Collégiale dotée de magnifiques vitraux qui témoignent en style, les diverses époques de la vie religieuse en ces lieux. Durant l’année, de nombreuses visites guidées sont organisées en lien avec le Vitromusée de la ville. Aujourd’hui encore, la pastorale se poursuit dans ces vénérables bâtiments chargés d’histoire. Pour ce qui est de la Collégiale, il a fallu des réadaptations pour mener à bien la vie liturgique dans l’esprit de Vatican II. Des transformations ont été nécessaires. Il revient donc au Conseil de paroisse de veiller à ces transformations et à l’entretien de ces bâtiments qui, à Romont, sont quasi tous classés monuments historiques. Ainsi, nous proposons quelques questions au président du Conseil de paroisse M. Benoît Chobaz.
Pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre responsabilité quant à la gestion de ce patrimoine ?
En consultant les Statuts des corporations ecclésiastiques catholiques du canton de Fribourg, parmi les tâches et responsabilités qui sont attribuées au Conseil de paroisse, deux font directement référence au patrimoine paroissial : gérer les biens paroissiaux (art. 32 al. 2 let b) et constituer des archives et veiller à leur conservation et à leur gestion (art. 32 al. 2 let. h).
L’ampleur de la tâche des Conseils de paroisse qui se succèdent dépend, d’une part, de la richesse patrimoniale de la paroisse ; celle de Romont est justement dépositaire d’une histoire et d’un patrimoine hors du commun. D’autre part, la grandeur de la tâche dépend du dynamisme des conseillers en cours de législature, des projets qu’ils rêvent de réaliser et qu’ils portent à maturité.
L’aventure commence toujours par des personnes passionnées et convaincues du projet à réaliser, par des conseillers / ères qui y croient et qui osent se lancer parfois contre vents et marées.
Pour illustrer ces propos, parlons de Notre-Dame de l’Assomption, cette belle dame qui demande beaucoup de soin ! De 1976 à 2011, il a fallu 35 ans et 14 étapes de rénovation pour lui redonner son aspect extérieur actuel sous la direction de l’architecte romontois Aloïs Page. Ensuite, s’est enchaînée la rénovation intérieure avec la mise en place d’un nouveau chauffage sous la baguette de l’Atelier d’architectes Antoine Vianin, puis la rénovation de l’orgue de la Collégiale par les soins de la manufacture d’orgues alsacienne Quentin Blumenroeder. Finalement, l’assemblée de paroisse vient d’accepter, il y a un mois, une dernière étape de rénovation des façades extérieures et un rafraîchissement global des pierres soumises aux constantes intempéries.
Si la Collégiale est le joyau de la ville de Romont, le patrimoine paroissial s’étend au-delà de ce majestueux édifice religieux. Il suffit de penser aux bâtiments de la Maison Saint-Charles, construits en partie au XIXe siècle et dans un deuxième temps à partir de 1928 par l’architecte Ferdinand Duma, qui abritent un véritable bijou artistique, la chapelle dédiée à saint Charles Borromée, embellie par des artistes célèbres tels qu’Alexandre Cingria, Gaston Favarel et Marcel Feuillat.
Actuellement, des études sont élaborées pour une rénovation du site de Saint-Charles. Une première étape est déjà en cours avec les travaux de restauration des peintures de Ferdinand Dumas dans certains locaux de l’aile de 1928.
La bibliothèque du clergé et les archives paroissiales représentent également une mémoire historique remarquable, qui s’étend du Moyen-Age au vingtième siècle. Durant dix ans, le Conseil de paroisse a défendu, fait mettre en valeur et cataloguer ses archives et sa bibliothèque du clergé par Florian Defferrard de la maison Passeurs d’archives. Le conseil a également soutenu l’édition de son livre « Des clercs et des livres. Le catalogue de la bibliothèque du clergé de Romont (1478-1900) ». Ce fonds contient des documents concernant le temporel de l’Eglise de Romont et les activités de son clergé. S’y retrouvent aussi les séries concernant les cures dépendant du Clergé de Romont telles que Cudrefin, Attalens, Siviriez et Villaz-Saint-Pierre. Ce travail de recensement et de catalogage met en lumière plus de 1’000 parchemins, 1’189 papiers, 300 cahiers et 146 registres.
La paroisse de Romont est également propriétaire de la cure à la rue de l’Eglise, également monument protégé, d’une ferme au pied de la cité et de nombreuses parcelles de terrain, en particulier sur le versant côté Alpes de notre colline ronde. L’entretien et la gestion de ces immeubles est également sous la responsabilité du Conseil de paroisse.
Comme président de paroisse, il faut parfois être un chef d’orchestre pour coordonner les projets, pour rassembler les bonnes compétences, pour constituer des dossiers, prendre les bonnes décisions collégiales avec le Conseil de paroisse. On y apprend la polyvalence, on y acquiert beaucoup d’expériences. Pour réaliser ces projets et ces tâches, le conseil est en lien avec des mandataires (architectes, ingénieurs), avec de nombreux corps de métier, avec des services financiers et juridiques, avec les services de l’Etat, avec la corporation ecclésiastique, avec des experts, etc.
Mais la conservation du patrimoine ne s’arrête pas à la conservation des pierres et des vieux documents. Les chrétiens sont des pierres vivantes, c’est le patrimoine le plus précieux de l’Eglise.
Certes, des traces remarquables sont inscrites dans le patrimoine architectural et dans celui des archives de la paroisse. Cependant, la vie communautaire ne s’arrête pas au passé, le présent est lui aussi pétri de croyances et de traditions vivantes ancrées dans l’histoire des croyants. Pensons à la procession des pleureuses, aux liturgies, au chant choral, aux fidèles venant prier à Notre-Dame du Portail, à la procession de Notre-Dame de Fatima et tant d’autres événements qui scandent aujourd’hui encore la vie romontoise et manifestent que les femmes et les hommes ont toujours les mêmes aspirations transcendantes, les mêmes préoccupations humaines face à la vie, la même espérance face à la maladie et à la mort. Le Conseil de paroisse est responsable des conditions matérielles pour que cette foi puisse se vivre et s’incarner selon la tradition de l’Eglise.
Pouvez-vous nous donner quelques chiffres concernant l’entretien de ces bâtiments ?
Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’être interpellé par des paroissiens / nes et même des professionnels / elles engagés dans l’Eglise qui me reprochaient de dépenser des millions pour la rénovation des pierres : « Vous ne faites rien pour la pastorale. » Ce à quoi, je rétorque toujours : « Venez aux Assemblées de paroisse pour vous opposer démocratiquement aux investissements liés aux bâtiments, et prendre conscience, peut-être par vous-mêmes, que votre affirmation n’est pas tout à fait correcte. » Il faut se rendre compte qu’investir, c’est s’enrichir !
Les travaux de rénovation extérieure de la collégiale de 1976 à 2011 ont coûté Fr. 6’160’000.–. Les travaux de rénovation intérieure et pose d’un nouveau chauffage en 2017-2018 s’élèvent à un montant total de Fr. 2’100’000.–. Le catalogage des archives et leur mise en valeur ont été réalisés pour un montant total de Fr. 150’000.–, réparti sur dix années de travaux.
Lors de gros projets tels que ceux-ci, la paroisse fait appel habituellement à des emprunts. La paroisse, au 31 décembre 2021, est endettée pour un montant de Fr. 2’200’000.–. Elle paie des intérêts et des amortissements financiers pour un montant global de Fr. 91’000.– par année.
Les charges des comptes 2021 s’élevant à Fr. 1’340’000.–, les charges liées aux investissements décrits ci-dessus représentent donc 6.8% des charges de la paroisse en 2021.
D’une façon globale, les charges pour les assemblées, les conseils, l’administration, les salaires et l’entretien de tous nos bâtiments se montent à 50% des charges des comptes annuels, l’autre 50% est utilisé pour honorer les frais de culte, de célébrations, du ministère pastoral et d’entraide.
Rencontrez-vous de la satisfaction dans l’exercice de cette fonction ?
Prendre la présidence d’une telle paroisse a été et est encore un labeur, un grand et beau défi. Dès lors, il y a naturellement de grandes satisfactions. Parfois même, l’expérience est grisante. Je pense au jour de la bénédiction de l’orgue après sa rénovation. A cet instant, vous vous souvenez de toutes les étapes qu’il a fallu traverser pour arriver à ce jour, à l’énergie mise à convaincre, à toutes les séances ardues, aux devis à défendre et surtout à tenir, aux problèmes administratifs et juridiques réglés, à tous les procès-verbaux interminables à composer et relire, à toutes les coordinations nécessaires, à tous les doutes qu’il a fallu dépasser, à tous les problèmes qui ont trouvé une solution, et surtout au florilège des belles personnes et à leurs compétences qui ont contribué à une telle réussite. Finalement, telle une pièce de musique, chaque note a trouvé sa place pour créer et découvrir l’harmonie. A ce moment, vous êtes très satisfaits, fiers d’avoir servi !
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