Rénovation de l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques et de La Chapelle d’Ollon

Les conseils de gestion portent le souci du patrimoine bâti des paroisses. Ainsi, l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques est en cours de rénovation; la chapelle d’Ollon aura des travaux début 2023. Présentation.

Rénovation de l’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques

PAR STÉPHANE PONT, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION COMMUNICATION ET RECHERCHE DE FONDS
PHOTO : DR

L’église paroissiale de Saint-Maurice de Laques figure au patrimoine architectural du canton, témoin sacré du début du XVIe et de la fin du XIXe siècle.

Afin de la préserver, il a été décidé d’effectuer d’importants travaux de rénovation qui ont débutés voilà quelques semaines et qui vont se poursuivre au moins jusqu’en décembre prochain.

Grâce au soutien de la commune de Crans-Montana, de l’Etat du Valais et de la Loterie Romande deux tiers du budget de 850’000 francs est déjà couvert. UN GRAND MERCI A EUX !

Il nous reste donc à trouver le solde et nous comptons sur de nombreuses contributions.

Un appel au don est lancé et vous pouvez d’ores et déjà y contribuer en effectuant un virement sur les coordonnées bancaires suivantes: IBAN : CH14 8080 8008 4018 9075 6 – Intitulé du compte « Dons restauration SML »

Rénovation de la chapelle d’Ollon

PAR CÉDRIC VOCAT, PRÉSIDENT DU CONSEIL DE GESTION (COGEST)
PHOTO : DR

La chapelle d’Ollon, dont l’existence est attestée dès 1711, a été agrandie en 1861, puis de 1916 à 1920 par Louis Gard, architecte de la statue du Christ-Roi. De style baroque, cette chapelle est dédiée à la Présentation de Marie au temple.

Les paroissiens ont pu constater que ce bâtiment nécessite un grand entretien. En effet, des fissures sont apparues sur la voûte, la peinture s’étiole, l’éclairage n’est plus à jour, les rambardes des esca-liers ainsi que celles de la tribune ne sont plus aux normes, … Le CoGest a donc décidé de mettre cette rénovation à l’ordre du jour.

Pour ce faire, nous nous sommes réparti le travail. Tout d’abord nous avons demandé des conseils auprès de spécialistes puis nous avons sollicité plusieurs entreprises afin d’obtenir des devis. Ayant reçu ces documents, nous avons pu établir le montant brut de la rénovation. Et, nous fûmes surpris par le montant qui est, tout de même, de 120’000 francs !

Afin de mener à bien cette rénovation, le CoGest s’est mis à la recherche de mécènes et généreux donateurs. Nous avons sollicité plusieurs fondations et, actuellement, nous sommes dans l’at-tente de leur réponse.

Les travaux débuteront, normalement, au début 2023 et devraient être terminés à la fin du printemps 2023.

Si le cœur vous en dit, nous recueillons volontiers tout don pécunier. Un grand merci pour votre précieux soutien.
IBAN : CH82 8080 8002 4644 1292 9 avec la mention « Rénovation chapelle d’Ollon » – Paroisse Saint-Georges Chermignon

Un édifice vivant

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

La preuve que l’Eglise tient aux bâtiments de son patrimoine, c’est que le terme est le même pour désigner le contenant (le bâtiment matériel) et le contenu (l’Eglise peuple de Dieu). C’est ensuite que nous fêtons le 9 novembre la Basilique du Latran, la cathédrale du pape et la mère de toutes les églises du monde. C’est enfin qu’en principe, un baptême, un mariage, voire des funérailles ne peuvent avoir lieu en plein air, même si le Seigneur habite partout.

Reste que l’édifice de pierre ne sert qu’à permettre à chacun-e de se prêter « comme une pierre vivante à la construction de l’édifice spirituel » en Jésus-Christ (1 Pierre 2, 5). Le bien nommé disciple de l’apôtre Pierre livre dans sa première épître une splendide méditation sur la dignité de chaque croyant et Vatican II a retenu ce texte pour désigner le sacerdoce commun de tous les fidèles.

C’est le Christ qui constitue la pierre vivante fondamentale, choisie par le Père, mais rejetée par les hommes (2, 4). Cette pierre qu’ont repoussée les constructeurs est cependant devenue la tête d’angle (Psaume 118, 22), précieuse pour ceux qui se confient à elle et ne seront pas déçus (Isaïe 28, 16 ; cité en 1 Pierre 2, 6) : ceux qui pourtant étaient chargés de bâtir le peuple de l’Alliance d’Israël ont décidé quant à eux de s’en distancer, si bien qu’elle est désormais pour eux un rocher qui fait tomber (Isaïe 8, 14-15). C’est le drame de la coupure entre les représentants de l’Alliance ancienne, supplantés par les disciples du Fils de l’Homme (1 P 2, 8).

Noms prestigieux

Car tous ceux qui adhèrent au Christ sont maintenant considérés comme aptes à offrir des sacrifices spirituels que le Père agrée pleinement (2, 5b). C’est ainsi qu’ils reçoivent des noms prestigieux, en devenant comme Jésus, prêtres, rois et prophètes : ils bénéficient d’un « sacerdoce royal » ; ils forment une « race élue », jouissant de la miséricorde céleste ; une « nation sainte », participant de la nature divine (2 Pierre 1, 4) ; un « peuple de prophètes, acquis » pour proclamer les louanges du Créateur et Rédempteur de l’univers (Isaïe 43, 20-21) et appelé à rayonner de sa lumière. S’il y a besoin de sauvegarder les bâtisses et chefs-d’œuvre architecturaux hérités de l’histoire, c’est pour que chaque membre du peuple élu s’y trouve « à demeure » et y fasse monter son action de grâce.

Familles et enfants

PAR MARYLINE HOHENAUER
PHOTO : BERNARD HALLET

Quelle joie de vous présenter ce mois-ci un journal plus « jeune » !

L’équipe de rédaction a la volonté de toucher plus large que nos précieux et traditionnels lecteurs, en ciblant davantage les enfants et leurs familles, qui font partie intégrante de l’Eglise d’aujourd’hui et de demain.

« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux. En vérité je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant, n’y entrera pas. » Marc, 10 : 13-16 Voilà une parole d’Evangile que nous chérissons particulièrement car elle se veut attendrissante et réconfortante. Cela nous permet d’oser avancer dans la foi, avec confiance.

J’aime particulièrement cette image car j’y vois toute ma joie d’être, moi aussi, enfant de Dieu ! Savoir que le Père qui nous attend tous garde les bras ouverts pour nous accueillir ! Tout comme lorsqu’un parent admire, le souffle suspendu, les premiers pas d’un enfant, puis son premier coup de pédale à vélo, ou plus tard sa première virée en vélomoteur…

Oui, prions et prenons soin de nos enfants, de nos jeunes, de nos familles, quelles que soient leurs difficultés ou réalité ! Confions-les à Dieu le Père.

Pour aller plus loin dans l’art de prendre soin de notre foi en famille, rendez-vous sur le site www.prierenfamille.ch

 

Une parcelle de Vie

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : DR

Faire cohabiter les générations, offrir un toit à ceux qui recherchent chaleur et protection tout en redonnant vie et sens aux édifices religieux ? Les initiatives qui vont dans cette direction existent déjà en Suisse romande.

A l’heure où les agglomérations manquent de crèches et de places d’accueil pour les sans-abris ou les réfugiés, n’existerait-il pas là un moyen de redonner vie au patrimoine immobilier de l’Eglise sans passer par la vente ou la désacralisation ? Ces deux options impliquent nécessairement une période de séparation et de deuil, alors que Dieu incarne la Vie par excellence ! C’est vrai qu’il a opté pour des « lieux » comme un buisson ou une nuée pour se rendre visible aux humains, mais il a aussi choisi… Jésus.

A-t-Il donc besoin d’un lieu saint particulier pour se déployer ? Je ne crois pas. Il habite déjà chaque are de notre humanité, personnes en recherche de
protection et enfants compris.

Julie, 9 ans et demi, a fait le choix d’être baptisée

Julie habite à Vionnaz. Au moment où nous la rencontrons chez elle avec sa maman au début du mois de mai, elle se prépare, quelques jours plus tard, à recevoir le baptême et sa première communion.

PAR YASMINA POT

PHOTO : DR

La maman de Julie, Nathalie, se souvient que lorsque sa fille a commencé l’école dans le canton de Vaud, elle avait des cours d’Histoire biblique. « Quand elle est rentrée des premiers cours, tout de suite elle en a parlé à la maison :  » Tu te rends compte, il y a plusieurs religions, ils ont chacun un Dieu !  » Ça a été une des seules choses qu’elle racontait de l’école ! »

Suite à cela Julie a souhaité avoir une Bible, que sa maman lui a achetée à son anniversaire en 2020. « J’ai aimé à peu près toutes les histoires qu’il y avait dans la Bible des enfants », raconte
Julie.

La décision du baptême

Mais quand Julie a-t-elle eu envie d’être baptisée et pourquoi ? « C’était au premier cours de religion, en 4H, avec maîtresse Marie, se souvient-elle. Pour moi le baptême c’est comme une étape de la vie où Dieu s’allie à nous, même si en réalité il est tout le temps avec nous. C’est un peu comme s’il était plus avec nous, ça fait plus ressentir Dieu en nous. »

La maman de Julie se souvient bien de ce jour où sa fille est rentrée à la maison et a annoncé qu’elle voulait se faire baptiser.

Depuis la petite enfance

Nathalie raconte que lors d’une croisière en Italie en 2017 Julie s’est montrée très admirative des églises. « Elle avait presque 5 ans. C’était assez fort, elle posait pas mal de questions. Elle voulait entrer dans toutes les églises, et on l’a emmenée dans un grand nombre d’entre elles. »

« Oui, répond Julie, je me sens bien dans les églises, parce que là on sent qu’il y a vraiment Dieu, Jésus, tout le monde avec nous ; et c’est là qu’on retrouve de bons souvenirs ; et j’aime aussi parce que c’est joli. J’ai envie d’être proche de Jésus parce que c’est le fils de Dieu ; du coup ça me rapproche de Dieu. Jésus c’est mon ami de la religion. Ça m’apporte de l’amour, ça m’apprend à aider ceux qui ont des problèmes à l’école, à être sympa avec ceux que je n’aime pas vraiment. Ça m’apprend plein de choses sur la vie. J’apprends aussi à ne pas forcément tout avoir tout de suite, à patienter. En plus, si on n’arrive pas à parler aux autres parce que c’est trop puissant ou que c’est très urgent, on peut parler à Dieu en priant pour se sentir plus léger. »

Un trio uni pour toujours

Nathalie explique que Julie a dû choisir entre devenir catholique ou protestante et qu’elle a choisi d’être catholique parce qu’elle croit en la Vierge Marie : « Marie est la maman de Jésus alors ça fait un trio : Marie a une moitié de cœur, Jésus une autre et Dieu la dernière. Le tout forme un cœur et les unit pour toujours. »

Première messe

« La chambre de Julie donne sur l’église, raconte encore Nathalie ; c’est d’ailleurs pour cela qu’elle l’a choisie, sourit-elle. Et un dimanche à 9h15 elle m’a dit :  » Maman je veux aller à la messe !  » Après la messe, elle m’a confié s’être sentie détendue.

Cela fait partie de ces moments dont on se rappelle, conclut Nathalie. On peut dire que la décision de Julie de recevoir le baptême n’a pas été prise à la légère, ou en vitesse ; on a d’ailleurs attendu un moment pour être sûrs que ce n’était pas un coup de tête. Cela a été véritablement le choix de Julie elle-même. »

Vitraux d’Ernest Biéler…

… église de Savièse (Valais)

Trois questions ont guidé l’artiste : la technique particulière du verre, l’unité de l’édifice et le défi du sujet religieux.

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

Ernest Biéler est un peintre suisse né à Rolle en 1863. Il s’installe à Paris après ses études, mais au cours d’un voyage à travers son pays natal, il découvre Savièse. Il décide de s’y installer et d’y faire construire un atelier d’artiste. A la même époque, beaucoup de peintres choisissent de fuir l’industrialisation croissante pour se réfugier dans des régions plus proches de la nature et des traditions. Biéler est passionné par le pays, les habitants, leurs coutumes… Il est poussé par une volonté d’apprendre à les connaître. Il participe aux fêtes, aux vendanges, aux mariages, aux funérailles, aux montées au mayen… En attestent ses œuvres ainsi que des photos d’époque. Il est très inséré dans la communauté et il peint des scènes de vie quotidienne.

Lors de la restauration de l’église Saint-Germain, le curé Pierre Jean demande à Biéler de réaliser des vitraux. Dans une démarche d’art total, l’artiste suggère la possibilité de s’atteler plus largement au décor de l’édifice. Trois questions le guident dans la réalisation de son travail : la technique particulière du verre, l’unité de l’édifice et le défi du sujet religieux. S’ensuit une collaboration entre le peintre et le curé, dans un véritable climat de confiance. Pour Pierre Jean, « les vitraux d’une église doivent être le reflet de la vie religieuse d’une paroisse »1. C’est ce que propose Biéler, à travers notamment le vitrail de la Fête-Dieu. Représenter un événement si éminemment catholique ne va pas nécessairement de soi pour un protestant. Mais le catholicisme façonne les traditions, les costumes, la dynamique sociale et l’artiste y est sensible.

Au premier registre du vitrail, les femmes en costume traditionnel porte les bannières. Au deuxième registre, les grenadiers précèdent les enfants, les tsanbrides. La croix de procession occupe une place centrale dans l’œuvre. Au dernier registre, l’ostensoir est abrité sous le baldaquin.

Visites guidées possibles : cure.saviese@netplus.ch / 027 396 10 22

1 Curé Pierre Jean, Bulletin paroissial, mai 1934.

Paroles d’enfants : Esprit Saint, qui es-Tu ?

L’Esprit Saint, troisième personne de la Trinité, est parfois difficile à se représenter. La Bible utilise plusieurs images pour parler de Lui. Nous en avons découvert quelques-unes avec les confirmands de Monthey et Choëx.

TEXTE ET PHOTO PAR JOHAN SALGAT

L’Esprit Saint est présent au baptême de Jésus ; Il descend sur Lui « comme une colombe. » (Mt 3, 16) « Cet oiseau représente la paix et la pureté. Comme la colombe, l’Esprit Saint est discret mais il est toujours là », commente un enfant.

On le retrouve lors de la transfiguration de Jésus. De la nuée sortit une voix qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le. » (Lc 9, 35) Une jeune explique : « La nuée lumineuse est comparable à un spot. Elle nous guide, permet de voir dans la nuit et nous montre le chemin. »

L’Esprit Saint est également présent lorsque Jésus apparaît à ses disciples après sa résurrection. Jésus souffle sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » (Jn 20, 22) Après une expérience, une jeune nous raconte : « Quand on souffle sur une balle, elle se met en mouvement. On ne voit pas le souffle mais on voit ses effets. On ne voit pas l’Esprit Saint mais on peut ressentir son effet dans notre cœur. » Son voisin ajoute : « Ce souffle, il apporte de la joie ! »

Esprit Saint et Pentecôte

Difficile de parler de l’Esprit Saint sans mentionner la Pentecôte. « Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » (Ac 2, 3-4) Un confirmand partage : « Le feu transforme tout ce qu’il touche. L’Esprit Saint transforme tout ceux qu’Il touche, comme un feu. »

L’Esprit Saint dans nos vies

Quelle est l’action de l’Esprit Saint dans nos vies ? « Il nous aide à être plus intelligents, plus proches de Dieu et plus courageux », témoigne un jeune. Son copain réagit : « Il nous aide en transmettant son Amour. » Le pape Benoît XVI nous partage : « L’Esprit Saint nous pousse à aller vers les autres, Il allume en nous le feu de la charité, il fait de nous des missionnaires de l’amour de Dieu. »

Nous voyons que l’Esprit Saint est régulièrement présent dans la Bible. Il en est certainement de même dans nos vies. Ces différentes images de l’Esprit Saint sont plus que de simples symboles : elles nous aident à comprendre qui Il est et comment Il agit dans nos vies. Essayons de le percevoir dans notre quotidien, pour accueillir sa présence, discrète et agréable.

Et si tout le monde avait tout juste ?

PAR PIERRE MOSER | PHOTO : KAROL GARBIEC

La conférence de Frère Philippe Lefebvre, dominicain, donnée à Saint-Paul le 8 avril dernier a apporté des pistes de réflexion intéressantes. Je les résumerais en trois points :

La notion de famille d’abord. Cette notion, dans l’Ancien Testament, est un peu plus large que le couple avec un enfant que nous imaginons aujourd’hui. Frère Philippe le souligne, il s’agit plutôt de clan. « Fils de » prend une dimension temporelle : Joseph est fils de David, mais plus de mille ans les séparent. Il y a pourtant d’autres éléments qui les rapprochent.

La notion de pardon ensuite. Il s’agit en fait d’un terme financier qui nous amènent à une autre dimension que celles des pleurs et de la réconciliation que nous nous représentons aujourd’hui. A l’origine, il s’agit de remettre la dette impossible à honorer dans certaines circonstances comme une inondation par exemple.

Les notions de vocabulaires pour terminer. Et c’est là que mon titre prend toute sa signification. Les mots ou plutôt les concepts évoqués dans l’Ancien Testament sont vivants. Le terme d’étranger représente aussi bien l’ennemi que le frère qui s’est détourné de Dieu. Pendant toute la vie de transmission de cette parole, ces termes ont grandi, ils nous ont parlé de manière vivante.

Mais pour autant peut-on faire dire n’importe quoi à n’importe quelle parole ? Pas du tout, elles représentent un concept, souvent novateur d’ailleurs, appelé à nous parler, hier comme aujourd’hui. L’Ancien Testament n’est pas un livre qui se sert de mots précis et cadrés, mais il utilise des logiques humaines pour exprimer des vérités qui dépassent cette dimension terrestre. A nous d’en faire des aides ou des poids.

Chaque matin est nouvelle naissance

TEXTE ET PHOTO PAR MARION PERRAUDIN

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de la Vie
Sur le chemin de nos doutes et de nos questionnements
Laissons-la éclairer nos aujourd’hui
Pour l’offrir comme le pain de la joie.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de l’Espérance
Sur le chemin de nos peines et de nos joies
A la table de nos rencontres,
Partageons-la comme le pain de la confiance.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de la Miséricorde
Sur le chemin difficile de nos blessures
Laissons sa clarté nous conduire au pardon offert et reçu
Pour partager le pain de la réconciliation.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de l’Amour
Sur le chemin de nos rencontres et de nos amitiés
Entretenons cette flamme fragile afin qu’elle puisse grandir
Pour partager le pain de la fête.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de Dieu Trinitaire
Sur le chemin de notre vie, laissons-le être notre seul guide,
Devenons témoins porteurs de cette Lumière,
Nourris du Pain de la Vie.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Chaque matin recevons-nous des mains du Père,
Offrons-nous à son Fils
Laissons-nous conduire par l’Esprit Saint

La chrismation

PAR DENIS FORNERONE
PHOTOS : PASCAL VOIDE

Le soleil commençait à peine sa course dans le ciel que nous nous sommes retrouvés pour une dernière répétition en ce matin du 30 avril. La journée s’annonçait belle avec ce petit quelque chose de frais qui annonce un renouveau, celui du printemps de l’Esprit Saint qui allait bientôt nous visiter.

A 16h, la fête pouvait commencer. L’église, joliment fleurie, accueillait familles et amis venus en nombre pour accompagner les confirmands. Sous les doigts experts de Lise Colas, le grand orgue ouvrait la célébration en accompagnant la procession d’entrée, le Christ en tête.

Mgr Alain de Raemy a admirablement présidé, assisté du Père Joël, notre curé. Les paroles de l’évêque sont allées droit au cœur de tous, ne laissant personne indifférent, sachant trouver les mots simples et directs dont chacun avait besoin.

Très émouvante fut la lecture (anonyme) d’extraits de lettres que les confirmands ont adressées à l’évêque afin d’expliquer avec leurs mots pourquoi ils demandaient à confirmer leur foi, révélant ainsi, non seulement une vraie réflexion personnelle, mais également l’importance pour eux de ce qu’ils ont reçu durant ces deux années de catéchèse (rassurant au passage le petit catéchiste que je suis qu’il n’a peut-être pas travaillé en vain).

Qu’il me soit permis, ici, de vous livrer ce qui pour moi restera le sommet de cette célébration qu’a été la chrismation. Me tenant à proximité de l’évêque, j’eus ce privilège, non pas d’entendre les paroles prononcées dans ce cœur à cœur avec les candidats, mais de voir croître de plus en plus sur ces visages, des sourires radieux, particulièrement au moment de recevoir le saint chrême. A mesure que chacun, accompagné, qui de son parrain, qui de sa marraine, défilait devant l’évêque, montait en moi une profonde Action de grâce pour chacun d’eux, produisant dans le profond de mon cœur comme en écho de l’esprit ces mots simples qui constataient pourtant de l’invisible : qu’ils sont beaux. Oui, ils sont beaux ces jeunes, devenus encore plus proches par l’union du Saint-Esprit, ils sont beaux de l’Esprit Saint venu habiter leur cœur et cette beauté transparaissait sur tout leur être.

Nous étions ici au cœur même de l’action divine qui se donne dans la simplicité des mains et des saintes huiles. Cette jeunesse avec qui j’ai pu cheminer, parfois turbulente, parfois plus fermée, qu’ils étaient resplendissants maintenant dans ce moment de vérité (vite, je faisais disparaître une larme écharpée).

Alors, bien sûr, la fête s’est poursuivie comme il se doit, et l’apéro servi au fond de l’église a été fort apprécié grâce à toute l’équipe de volontaire qui l’a préparé et servi. Je profite de les remercier tous chaleureusement au passage, car sans eux, la fête n’aurait pas été aussi belle. Un grand merci, encore, à Sabrina Faraone qui n’a pas ménagé sa peine afin que cette célébration se déroule au mieux, aux musiciens qui ont donné beaucoup de leur temps également dans la préparation, et à toutes les petites mains indispensables qui ont œuvré dans l’ombre, d’une manière ou d’une autre, contribuant au succès de cette belle journée. Je n’oublie pas de remercier le Seigneur lui-même qui nous fait toujours la grâce de sa présence en nos cœurs et qui nous en a particulièrement réjouis en ce jour.

Chez elles au Castel…

Dans notre dernier numéro, nous vous proposions une rencontre avec les Sœurs Anne-Françoise Sager et Verena Boss, actives à l’aumônerie de l’EMS Castel Notre-Dame. Nous publions aujourd’hui la fin de cette interview : une rencontre avec Sœur Claire Sierro et Sœur Marie-Thérèse Rieder, qui nous partagent ce qui les anime et les grands traits du chemin qui les a conduites jusqu’au Castel.

Sœur Marie-Thérèse Rieder.

PAR LAURE BARBOSA-STRAGIOTTI 
PHOTOS : DR

Par une vie de louange, de témoignage et de compagnonnage au cœur du monde, les Sœurs de Saint-Maurice s’inscrivent dans le sillage du libre don de Maurice et ses hommes. Vers l’an 280 près d’Agaune, ces soldats romains originaires de Thèbes (Egypte) refusèrent de renier le Christ, de persécuter leurs frères et moururent martyrs au nom de leur foi. Aujourd’hui comme hier, les Sœurs vivent leur vocation dans des engagements variés. Actives dans divers lieux en Suisse et à Madagascar, leur maison-mère se situe à La Pelouse sur Bex.

Sœur Claire Sierro.

Sœur Claire Sierro vient de fêter ses 60 ans de profession ! Lors du sacrement de confirmation, Claire entend que « plusieurs seront appelés » et la question vibre en elle. Joyeuse, elle aime aussi la vie de village et la danse mais à 18 ans, après son service comme fille de salle pour les ingénieurs à la Grande Dixence, elle ne manque jamais de s’arrêter à la petite chapelle pour prier… Claire se sent appelée et après un entretien avec un prêtre, entre au noviciat à Vérolliez à l’aube de ses 20 ans. Elle travaille et se forme en divers lieux et notamment au Castel. Au foyer Bon Accueil à Lausanne, elle accompagne de jeunes étudiantes et arpente souvent la ville en prière tout en apportant la communion. Elle retourne ensuite à la Pelouse pour tenir la pharmacie et prendre soin des sœurs malades.

Depuis 2019, elle a rejoint l’aumônerie du Castel et à 82 ans, peut encore donner du temps et visiter les personnes âgées. Sœur Claire estime cela très gratifiant : « Merci de m’avoir donné la foi Jésus, tu es mon ami et mon médecin, j’ai confiance en toi et te confie les pauvres et les malheureux. On n’a jamais fini de découvrir la conscience que Dieu habite en chacun de nous et ne nous abandonne pas une minute ! »

Sœur Marie-Thérèse Rieder est originaire du Lötschental. Entrée à l’école de Vérolliez, elle s’ennuie tellement qu’elle compte les secondes et tricote la nuit, pourtant elle en repartira avec le mystérieux sentiment que le Seigneur la veut là ! Depuis petite, l’appel n’est jamais parti mais se partage entre l’envie de partir en mission et celle d’entrer au couvent pour y vivre cloîtrée. Au moment d’entrer au noviciat, tout ennui la quitte aussitôt mystérieusement… Elle choisit l’école d’infirmière et travaille 10 ans en salle d’opération à la Clinique générale de Sion. Désireuse d’être proche des plus pauvres, elle demande un départ en mission mais passe encore dix ans à la Clinique Saint-Amé. A 50 ans Marie-Thérèse tente sa dernière chance pour la mission, car il est question d’ouvrir un dispensaire à Madagascar ! Débute alors un temps de grâce, de rencontres, de pauvreté, mais rempli d’espérance. A son arrivée sur place : une case, une tente et la chaleur… et elle s’annonce : « Je sais soigner les malades et balayer ! » En 2017 à contrecœur, Marie-Thérèse est rappelée en Suisse. Cela lui permettra d’accompagner sa sœur en fin de vie avant de rejoindre le foyer Bon Accueil puis l’aumônerie du Castel. « On comprend après, le pourquoi du comment ! La foi est une grâce, une petite graine qui bien cultivée, devient un grand arbre. Ma prière c’est Jésus, à la vie à la mort… »

Les jeunes de nos communautés paroissiales

 

PAR ANNE-MARIE COLANDREA

PHOTOS : DIVERS

Début mai, des jeunes se sont mobilisés autour des JMJ de Suisse romande à Lausanne, prélude des Journées Mondiales de la Jeunesse qui se tiendront à Lisbonne en 2023.

Nous avons tous besoin de temps forts – de pèlerinage au rassemblement de fêtes – temps où nous avons l’occasion de vibrer de la présence du Christ. Les « jeunes », comme nous avons trop vite tendance à les nommer en catégorie, ont sans doute plus besoin de partager leur expérience de Foi, leur expérience de relation au Christ. Ils se retrouvent entre amis, s’encouragent à partager, à s’engager.

Certes nous pouvons regretter de ne pas les « voir » dans nos assemblées ecclésiales. Cependant, ne faut-il pas « voir » sans a priori et se laisser prendre par les lieux et les modalités de la quête de nos jeunes : quêtes de sens, quêtes de charité et d’amitié, quêtes de joie et d’espérance, quêtes des Béatitudes à conjuguer dans leur réalité et celle du monde.

Certes, en paroisse, il est sans doute plus aisé de les rencontrer dans les parcours de la catéchèse. Les jeunes suivent diverses routes. Les « Ado-du-Cycle se retrouvent autour de gestes concrets en participant au samedi du partage, en rencontrant des témoins pour réfléchir sur des thèmes qui les préoccupent ou encore sur le sens du bénévolat. Les confirmands, tout en veillant à approfondir leur relation au Christ, répondent fidèlement, et en toute simplicité, aux propositions de leurs animateurs et catéchètes. Cette année, ils ont même relevé le défi de rompre le rythme mensuel des rendez-vous au fil des invitations. Ils ont accepté de se laisser prendre par la nouveauté – voire l’inconnu – et ainsi de sortir de leur confort. Ils ont partagé l’élan et l’enthousiasme de leurs jeunes aînés avec les Jeunes de Lourdes, ceux du Figuier aux côtés des personnes en situation de handicap. Ils ont participé à la journée cantonale des confirmands au cours de laquelle une vague de 300 jeunes gens et jeunes filles saisissent la possibilité d’une « communion » à l’horizon de sensibilités chrétiennes et culturelles si diverses et pourtant si proches autour du Christ tel qu’Il se manifeste dans ces circonstances. Il y eut enfin, la gageure de rencontrer d‘autres confirmands des paroisses voisines (et méconnues) : se présenter, faire tomber les timidités et les réticences, en se prenant au jeu au sens littéral comme au sens plus investigateur à la suite des figures des deux saints Joseph des Ecritures. Ce fut l’occasion de comprendre la pédagogie de l’art et de l’architecture d’une église, en parcourant Saint-Joseph à coup de quiz. Et bien sûr, les gourmandises d’une collation aident à dégeler les attitudes. Du côté des catéchètes, lors de ces temps forts, il n’y a pas besoin de long discours, ni même de grande leçon de religion : accueillir, se risquer avec eux et vibrer de la passion pour le Christ. Aimons nos jeunes, nos communautés que le Christ construit : écoutons la « petite Espérance » en nos cœurs « car rien n’est impossible à Dieu » si nous le suivons, là où nous sommes, tels que nous sommes.

 

«Femme, je vous aime !»

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : VATICAN NEWS

Le pape François a donné la place à des femmes dans la curie comme aucun de ses prédécesseurs : directrice des Musées du Vatican, secrétaire du Gouvernorat du Vatican (l’organisme qui gère la Cité du Vatican), sous-secrétaire du Synode…

Il a également institué lectorat et acolytat pour les deux sexes ; chez nous, cela passe presque inaperçu, mais dans des milliers de diocèses dans le monde, c’est une occasion bénie d’institutionnaliser la place des femmes en Eglise de manière non plus exceptionnelle, circonstanciée ou opportuniste, mais réellement habituelle.

« L’Eglise est femme »

A la messe du 1er janvier 2022, le Pape s’est écrié : « Que de violence il y a à l’égard des femmes ! Assez ! Blesser une femme, c’est outrager Dieu qui a pris l’humanité d’une femme… » Et de rappeler qu’il faut les protéger comme devoir premier de la société et de l’Eglise, car « l’Eglise est femme ». Dans le contexte de la révélation des abus psychosexuels, c’est sûr que cela sonne… pour le moins rassurant de le souligner. Mais avec modestie…

« Experte en humanité », vraiment ?

Paul VI parlait de l’Eglise comme « experte en humanité »… Le cataclysme des rapports Sauvé de divers pays (France, Allemagne…), ainsi que les enquêtes en cours (Espagne, Suisse…), a fait sauter en éclats cette présomptueuse appellation de soi pour l’Eglise, « experte en humanité »… Désormais, l’Eglise doit incarner le service concret de cette même humanité, comme savent le faire, depuis des millénaires, les femmes, les filles, les mères… Et malgré les adversités, les cruautés, les crimes dont elles sont victimes depuis des siècles dans les sociétés patriarcales sur tous les continents, elles tiennent encore debout, comme Marie au pied de la croix ; elles accueillent et offrent le meilleur, comme Marie dans la crèche ; elles repèrent et encouragent le service d’autrui comme Marie à Cana… Et le Pape de conclure : « Au début de la nouvelle année, mettons-nous sous la protection de cette femme… » ; mettons-nous sous la protection de toutes les femmes, oui !

La consolation d’une mère

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : PXHERE

Au-delà de la réflexion assez étonnante lancée par la compagnie des pasteurs et des diacres de l’Eglise réformée évangélique de Genève à propos du «genre de Dieu» (voir le dossier), nous pouvons constater que la Bible affirme clairement la part féminine de notre Seigneur.

Dès les premiers versets de la Genèse (1, 2), la Ruah Yahweh, son Esprit, au féminin en hébreu, est dit planer sur les eaux. De plus, l’un des attributs principaux du Seigneur, sa miséricorde, s’engendre dans ses entrailles matricielles, comme il l’affirme lui-même à Moïse en Exode 34, 6, lorsqu’il remet à son prophète sa « carte de visite » : « Le Seigneur passa devant Moïse sur le mont Sinaï et il cria : « Yahweh, Yahweh, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » ». La bienveillance divine s’exprime dans la langue de l’Ancien Testament par le mot féminin pluriel rahamin, la matrice de la femme qui porte la vie. Le terme est repris en grec à propos du Christ, lorsque l’Evangile dit qu’il est « pris aux tripes » en présence des foules qui étaient comme des brebis sans berger (Matthieu 9, 36).

En outre, le troisième Isaïe (chapitre 56-66) nous promet d’être allaités, portés sur la hanche, caressés sur les genoux et consolés par le Seigneur lui-même, comme une maman le fait pour son nourrisson (Isaïe 66, 12-13). Quand la paix coulera vers Jérusalem et que la gloire des nations se portera au-devant d’elle, tel un torrent débordant, ainsi notre cœur sera dans la joie et nos membres reprendront vigueur comme l’herbe, grâce à la tendresse maternelle de Dieu envers ses serviteurs.

Pas besoin donc de transiger sur les pronoms à attribuer au Seigneur. Ils peuvent être sans autres féminins et Dieu peut être invoqué comme « notre mère qui est aux cieux », afin que sa volonté d’aimer soit réalisée sur la terre comme au ciel, que son règne de bonté et de justice advienne, que son pardon se répande en nous en abondance, de sorte que nous le transmettions autour de nous et que le mal soit ainsi vaincu. En Ukraine comme en Romandie.

Apprendre l’amour inconditionnel

Le mariage du hockey et de la foi : c’est toute sa vie. L’ancienne ailière de l’équipe féminine suisse de hockey sur glace, Sandrine Ray, est aujourd’hui aumônière en milieu sportif et met sa foi au service de ses pairs.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER, DR

Que fait un aumônier en milieu sportif ?

Il accompagne les athlètes dans les difficultés qu’ils vivent au quotidien. Que cela soit le besoin de parler, concernant les questions existentielles ou spirituelles. L’athlète a tellement été éduqué avec la vision qu’il faut être fort, ne rien montrer… il a donc besoin d’une personne de confiance pour s’épancher. Mon autre rôle est aussi de permettre aux athlètes chrétiens de vivre la communauté en les mettant en lien avec d’autres sportifs croyants ou en leur proposant des temps de prière et d’étude biblique. Je m’intéresse également à toutes les problématiques de l’abus dans le sport. Ils ne sont souvent pas dénoncés à cause de conflits de loyauté. Il y a une réelle peur de voir s’écrouler tout ce qui a été construit jusque-là et de décevoir la famille, le coach, etc. En somme, j’offre à ces athlètes un espace où ils peuvent simplement être humains !

Quels parallèles tirez-vous entre votre foi et le sport ?

Le sport a énormément de notions et de valeurs bibliques : le respect, la solidarité, l’esprit d’équipe, se battre pour cette équipe et le côté sacrificiel. Ce dernier point est très présent dans le sport, ce qui peut amener à de vraies situations de détresse.

En effet, on imagine souvent le sportif comme quelqu’un de fort, qui peut gérer les situations de crise, mais on sait aussi qu’il peut avoir un fort risque suicidaire.

C’est vraiment le paradoxe. Dans le sport, on est dans le tout ou rien. Un jour, tu es en haut de l’affiche, le suivant tout en bas. Tu passes du héros au zéro en peu de temps et gérer cela peut devenir très compliqué, surtout lorsqu’on mise tout sur le résultat. Les plus grandes difficultés de détresse et de santé mentale, de dépression et de risques suicidaires concernent les athlètes qui ont cet état d’esprit dirigé vers la performance. Si ma valeur en tant qu’athlète ne dépend que de cela, il y a des risques de souffrances en santé mentale. Par contre, les sportifs qui trouvent un sens dans ce qu’ils font autre que la performance sont moins influencés par les résultats. Ils surmontent mieux les échecs. Je cherche donc avec eux des objectifs qui ne dépendent pas des résultats.

Quel rôle jouent les médias et réseaux sociaux dans la pression sur les athlètes ?

C’est une pression supplémentaire énorme. Il faut toujours se montrer sous le meilleur angle. Tout est vu et revu des milliers de fois. Le métier d’athlète professionnel est particulier, car vous travaillez pendant des années et tout se joue sur un instant… que tout le monde verra. D’où l’importance de pouvoir se détacher et de connaître sa vraie valeur. Il y a un réel travail à faire avec les athlètes, car depuis tout petit on t’inculque que ta valeur dépend entièrement de ton mérite. Ce système prône le « tu montres et ensuite tu reçois ». Dans la foi en Jésus, cette réalité est totalement inversée, car tu reçois tout avant d’avoir montré quoi que ce soit. Tu es accepté, tel que tu es. Nous devons aider les athlètes à comprendre que leur valeur ne dépend pas de leurs performances. Lorsque j’ai rencontré Jésus à l’âge de 17 ans, c’est cela qui m’a touchée. Peu importe ce qu’il se passait sur le terrain, l’amour de Dieu pour moi resterait. C’est ce qui a fait toute la différence pour la suite de ma carrière. A partir de ce moment, je n’avais plus peur de perdre.

Biographie express

Née à Orbe en 1983, Sandrine Ray chausse ses premiers patins à 4 ans. Hockeyeuse internationale à 16 ans, elle évolue durant sept ans avec l’équipe de Suisseet, dans ce cadre, va aux JO de Turin en 2006.
Elle réoriente sa carrière en aumônerie. Au cours de sa formation, elle a l’opportunité d’aller aux JO de Sotchi avec le CIO (2014) et aux Jo Paralympiques de Rio comme aumônière officielle (2016). Elle exerce depuis 2019 pour Athletes in Action, une organisation sportive chrétienne internationale.

Joli mois de mai…

… propice à une visite à la Vierge dans notre région. Les œuvres d’art la représentant sont partout présentes dans nos églises. Mais je ne suis ni artiste ni historien. Ces œuvres me parlent donc autrement. Sont-elles inspirées? Probablement, vu qu’elles sont inspirantes. Voyons donc ce qu’elles me suggèrent.

PAR PIERRE MOSER | PHOTOS : PIERRE MOSER

Dieu au féminin

PAR GENEVIÈVE THURRE
PHOTOS TIRÉES DES SITES: monastere-geronde.ch et lapelouse.ch

Pour évoquer Dieu au féminin me sont venus à l’esprit les visages de sœurs religieuses qui ont traversé ma vie, à commencer par celui ma tante sœur Marie-Odile (Gisèle Roduit). Elle a été une caresse sur nos vies. Notre diocèse compte quatre communautés de sœurs religieuses, autant de visages de Dieu dans nos quotidiens, présents par la prière et le service.

Donner une voix et un visage à Dieu par le biais des médias: Louis Cergneux, chanoine à Saint-Maurice, a créé en 1906 la congrégation des sœurs de Saint-Augustin. Quelques sœurs sont actives dans le domaine de l’édition à travers la librairie de Saint-Augustin, tandis que les sœurs plus âgées sont actives par la prière et la simplicité de leur vie quotidienne.

«Il n’y a pas de plus grand amour que de DONNER SA VIE pour ceux qu’on aime.»

Maurice-Eugène Gard, prêtre de l’Abbaye de Saint-Maurice, bouleversé par la misère qui l’entoure, en particulier celle des enfants, réunit quelques jeunes femmes qui vont quitter leurs familles et mettre leur vie au service des pauvres.

La communauté des sœurs de Saint-Maurice vit actuellement dans le cadre magnifique de la Pelouse au-dessus de Bex. Leur quotidien est la bible – la liturgie – l’accueil – l’accompagnement – le service aux jeunes.

En 1622, saint François de Sales encourage un groupe de moniales cisterciennes qui fonde le couvent de Collombey. Les Bernardines de Collombey vivent selon la loi de saint Benoît. Elles cherchent Dieu dans la prière, la simplicité, le silence, le travail et l’accueil des personnes. Elles fabriquent les hosties et tiennent une sonothèque.

Rien n’est plus important que de dédier sa vie entière à la louange, mettre de côté tout ce qui n’est pas le Christ. Les premières sœurs de Géronde y sont arrivées en 1935, en provenance du monastère des Bernardines de Collombey. Comme ces dernières, elles font partie de l’ordre cistercien obéissant à la règle de saint Benoît. Elles vivent au sein de leur communauté, à l’écart de la vie ordinaire. L’équilibre de la journée repose sur le travail, la lecture, l’étude et l’accueil.

Après des années vouées à l’éducation des jeunes, la plupart des sœurs Ursulines de Sion ont accueilli une mission en pastorale paroissiale ou diocésaine. Elles s’y impliquent à travers la diaconie, la catéchèse, dans les équipes pastorales et les groupes paroissiaux.

« Se nourrir du pain de Vie, accueillir et servir le Christ dans son humanité », les sœurs Hospitalières de Sion restent porteuses du même désir que leurs fondateurs. Leur charisme s’incarne aujourd’hui dans l’accompagnement de leurs sœurs âgées au couvent. Leur mission d’évangélisation se vit dans la joie du don, dans la prière pour l’Eglise et pour le monde.

Dieu Père et Mère ?

Conformément au Décalogue (Exode 20, 4), les juifs ne se font aucune représentation de Dieu, contrairement à nous. Pourquoi avons-nous choisi de représenter souvent Dieu comme un vieillard barbu ? Ne pourrait-il aussi présenter des traits plus féminins ? Voyons ce que la Bible nous en dit…

TEXTE ET PHOTO PAR ISABELLE VOGT

« Me plonger en Toi comme dans les eaux maternelles. Comme un fœtus, grandir et naître de Toi ; chaque jour, à chaque heure, tirer de Toi l’existence et l’être. Joyeusement tout recevoir de Toi à chaque seconde, dans l’émerveillement et l’adoration. 1»

Un Dieu maternel

Ce cri du cœur illustre bien notre sujet du mois. Pourquoi avoir « masculinisé » à ce point un Dieu qui pourtant, à bien des égards, présente des côtés très maternels ? Ne le voit-on pas souvent « ému aux entrailles » ? Il s’agit du mot hébreu rahamim ou grec splanchnon qui exprime le sein maternel, la matrice, le cœur, les entrailles. En Jérémie 31, 20, le Seigneur dit : « Voilà pourquoi, à cause de lui [Ephraïm], mes entrailles frémissent. 2» Saint Paul reprendra cette expression de tendresse maternelle en Philippiens 1, 8 : « Oui, Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse de Christ Jésus. »

Les symboles féminins du divin dans l’Ancien Testament

En Osée 11, 9, Dieu déclare : « … car moi, je suis Dieu, et non pas homme… » Rien ne nous empêche donc de chercher dans la Bible des symboles féminins du divin pour élargir notre vision. Commençons par la Genèse où dès le début, la présence et l’intervention de Dieu s’expriment par le mot hébreu féminin rouah, l’Esprit, le souffle, le vent. C’est donc le souffle de L’Esprit, féminin, qui est à l’origine de la Création.

La Sagesse occupe une place toute particulière dans l’Ancien Testament. Or en hébreu, tout comme en français,
il s’agit encore d’un mot féminin,
hokmah, de même qu’en grec (sophia) et en latin (sapientia). Ce n’est pas simplement une question de genre des mots, mais
il est important de relever que la figure de la Sagesse est toujours féminine.
C’est le cas également de la Shékinah
(Ex 25, 8 et Es 8, 18), expression de la présence de Dieu, « représentation du Divin féminin telle que conçue dans la tradition mystique juive […]. La Shékinah révèle à la fois Dieu comme Mère et est représentée comme la Sagesse incarnée 3 ». Saint Augustin, dans son traité sur la Trinité, parle du Père, du Fils et de l’Esprit formant une seule Sagesse.

Dieu Père et Mère

Irmtraud Fischer résume bien cette ambiguïté : « S’il n’y a plus désormais qu’une Divinité unique, elle doit réunir en elle tout […]. D’une telle Divinité, on doit pouvoir parler sous toutes les images parce qu’elle transcende toutes les catégories humaines, spécialement celles des pôles opposés. D’autre part, seule une telle Divinité, qui réunit en elle le masculin et le féminin, peut créer l’humain « à notre image », homme et femme. 4»

Pour conclure, une petite réflexion un brin provocatrice : puisqu’au fil des six jours qu’a duré la Création dans les premiers chapitres du Livre de la Genèse, Dieu a progressivement amélioré son œuvre jusqu’à créer l’homme tiré de la poussière du sol (Gn 2, 7), pourquoi ne pas imaginer qu’en créant en dernier la femme, il ait enfin atteint la perfection ?

1 Lydie Michelet-Mariéthoz, Le Visage de Dieu, 1983, Imprimerie Valprint SA, Sion.

2 Toutes les citations bibliques, © AELF.

3 Elisabeth Parmentier, Pierrette Daviau
et Lauriane Savoy (dir.), Une bible des femmes, 2018, Genève, Labor et Fides, p. 17.

4 Parmentier, Une bible des femmes, p. 20.

Au-delà des mots et du genre

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTO : DR

Ma mère n’a jamais vraiment été féministe, mais elle m’a toujours parlé de Dieu avec toutes les caractéristiques que nous pourrions attribuer (à tort ?) à une maman.

J’ai donc depuis toujours fait connaissance avec un Dieu protégeant jalousement de son aile ses petits, qui ressentait dans ses « entrailles » mes propres souffrances et reflétait tout ce que j’étais en tant que fille et ensuite femme, puisque selon les mots de ma mère «j’étais faite à son image».

Je n’ai donc jamais ressenti d’incompatibilité entre prier le « Notre Père » et concevoir un Dieu aux caractéristiques classiquement féminines, c’est-à-dire plein de tendresse et de sollicitude pour moi.

Plus que les référentiels et le langage, parfois étriqués, qui me servent à dire Dieu, l’éducation puis la relation que j’entretiens avec Lui m’ont fait découvrir qu’il est Tout Autre. Au-delà des cases que nous souhaitons (trop ?) Lui attribuer, tout en se faisant semblable à nous.

Réveiller l’espérance

Franchir le cap des angoisses, chercher un emploi, discerner la direction à donner à sa carrière professionnelle ou simplement retrouver le sens du «faire».
La Pastorale du Monde du Travail se définit comme un lieu pour réveiller l’espérance. Rencontre avec Brigitte Mesot.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : BRIGITTE MESOT,
PASTORALE DU MONDE DU TRAVAIL

«Certaines personnes viennent ouvrir leur courrier ici, car c’est devenu trop anxiogène », révèle Brigitte Mesot. Face à un marché de l’emploi de plus en plus compétitif, le chômage, la perte du sens dans l’accomplissement d’une tâche professionnelle ou des difficultés à discerner la trajectoire à donner à sa carrière, certains se sentent démunis et ne savent vers qui se tourner.
«Ces personnes nous approchent, car elles ont entendu parler de nous en paroisse, par une connaissance ou par le site web de l’ECR», détaille la responsable de la Pastorale du Monde du Travail (PMT). Les demandes sont très diverses, mais con­cernent en grande partie des questions de discernement et de sens: «Elles ne sont pas heureuses dans ce qu’elles font, et se demandent si elles pourraient l’être ailleurs…»

Brigitte Mesot décrit la mission principale de la PMT comme une vocation d’écoute et d’accompagnement. «La demande peut être soit d’ordre administratif, spirituel ou psychologique (isolement, harcèlement). Dans ce que nous proposons, il y a toujours un aspect individuel et collectif.» Pour ce faire, la PMT va, au niveau individuel, orienter les personnes dans son vaste réseau de contacts, rencontrer des spécialistes de la migration, de l’emploi, ou de l’aide sociale. Sa responsable a, par exemple, accompagné des personnes lors de rendez-vous avec des instances étatiques. Au niveau collectif, «nous proposons un groupe « Emploi »: lieu d’écoute et de partage pour des personnes en recherche d’emploi et des activités qui correspondent à une demande particulière. En ce moment, nous avons un atelier d’écriture pour retrouver la joie de rédiger. C’est toujours dans une optique de renouer avec le plaisir, quelquefois avec la prière, de discerner où l’on ressent de la joie et de retrouver du sens dans ce que l’on fait. Cela permet ensuite d’aller rechercher du travail, d’écrire des lettres de motivation ou tout autre chose de la vie courante».

«Avec ma connaissance du terrain, je me suis rendu compte que nous pouvions être complémentaires de l’Etat, en étant disponibles comme nous avons la chance de pouvoir l’être grâce à l’ECR. Pour moi, l’Eglise est là, dans cette complémentarité et cette présence. Toutefois, elle doit être présente pour ce qu’elle est. C’est-à-dire afin que chacun trouve sa place et soit reconnu. Lorsqu’on accepte que ce que chacun ressent est vrai, sans le remettre en question, qu’il est seul à pouvoir discerner ce qui est bon pour lui, alors on lui permet de reprendre sa place au sein du groupe et de la Vie.»

Au service, mais comment ?

Une chose que la Pastorale du Monde du Travail accomplit et dont on ne se rend pas compte ?
Brigitte Mesot :
Elle est là ! Un prêtre de Saint-Joseph, Thierry Schelling, parlait de la discrétion de la PMT. Il y a quelque chose de l’ordre d’une présence. Nous incarnons la certitude d’une issu de vie toujours possible ! Ce que je dis souvent, c’est que nous sommes là pour réveiller l’espérance.
Et si nous accomplissons vraiment quelque chose ? C’est par le Seigneur !
Il nous donne l’énergie d’être là, trait d’union là où il y avait rupture…

Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?
BM :
Une écoute et des propositions à des demandes face à des problématiques professionnelles. Ce sera peut-être d’orienter les personnes vers d’autres ressources, car le travail en réseau est crucial. L’idée qui m’est aussi vraiment chère est de pouvoir accueillir toute personne, quelle que soit sa sensibilité, du point de vue de son vécu ou de son expérience de la foi.

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