Vitraux d’Ernest Biéler…

… église de Savièse (Valais)

Trois questions ont guidé l’artiste : la technique particulière du verre, l’unité de l’édifice et le défi du sujet religieux.

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

Ernest Biéler est un peintre suisse né à Rolle en 1863. Il s’installe à Paris après ses études, mais au cours d’un voyage à travers son pays natal, il découvre Savièse. Il décide de s’y installer et d’y faire construire un atelier d’artiste. A la même époque, beaucoup de peintres choisissent de fuir l’industrialisation croissante pour se réfugier dans des régions plus proches de la nature et des traditions. Biéler est passionné par le pays, les habitants, leurs coutumes… Il est poussé par une volonté d’apprendre à les connaître. Il participe aux fêtes, aux vendanges, aux mariages, aux funérailles, aux montées au mayen… En attestent ses œuvres ainsi que des photos d’époque. Il est très inséré dans la communauté et il peint des scènes de vie quotidienne.

Lors de la restauration de l’église Saint-Germain, le curé Pierre Jean demande à Biéler de réaliser des vitraux. Dans une démarche d’art total, l’artiste suggère la possibilité de s’atteler plus largement au décor de l’édifice. Trois questions le guident dans la réalisation de son travail : la technique particulière du verre, l’unité de l’édifice et le défi du sujet religieux. S’ensuit une collaboration entre le peintre et le curé, dans un véritable climat de confiance. Pour Pierre Jean, « les vitraux d’une église doivent être le reflet de la vie religieuse d’une paroisse »1. C’est ce que propose Biéler, à travers notamment le vitrail de la Fête-Dieu. Représenter un événement si éminemment catholique ne va pas nécessairement de soi pour un protestant. Mais le catholicisme façonne les traditions, les costumes, la dynamique sociale et l’artiste y est sensible.

Au premier registre du vitrail, les femmes en costume traditionnel porte les bannières. Au deuxième registre, les grenadiers précèdent les enfants, les tsanbrides. La croix de procession occupe une place centrale dans l’œuvre. Au dernier registre, l’ostensoir est abrité sous le baldaquin.

Visites guidées possibles : cure.saviese@netplus.ch / 027 396 10 22

1 Curé Pierre Jean, Bulletin paroissial, mai 1934.

Paroles d’enfants : Esprit Saint, qui es-Tu ?

L’Esprit Saint, troisième personne de la Trinité, est parfois difficile à se représenter. La Bible utilise plusieurs images pour parler de Lui. Nous en avons découvert quelques-unes avec les confirmands de Monthey et Choëx.

TEXTE ET PHOTO PAR JOHAN SALGAT

L’Esprit Saint est présent au baptême de Jésus ; Il descend sur Lui « comme une colombe. » (Mt 3, 16) « Cet oiseau représente la paix et la pureté. Comme la colombe, l’Esprit Saint est discret mais il est toujours là », commente un enfant.

On le retrouve lors de la transfiguration de Jésus. De la nuée sortit une voix qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le. » (Lc 9, 35) Une jeune explique : « La nuée lumineuse est comparable à un spot. Elle nous guide, permet de voir dans la nuit et nous montre le chemin. »

L’Esprit Saint est également présent lorsque Jésus apparaît à ses disciples après sa résurrection. Jésus souffle sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » (Jn 20, 22) Après une expérience, une jeune nous raconte : « Quand on souffle sur une balle, elle se met en mouvement. On ne voit pas le souffle mais on voit ses effets. On ne voit pas l’Esprit Saint mais on peut ressentir son effet dans notre cœur. » Son voisin ajoute : « Ce souffle, il apporte de la joie ! »

Esprit Saint et Pentecôte

Difficile de parler de l’Esprit Saint sans mentionner la Pentecôte. « Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » (Ac 2, 3-4) Un confirmand partage : « Le feu transforme tout ce qu’il touche. L’Esprit Saint transforme tout ceux qu’Il touche, comme un feu. »

L’Esprit Saint dans nos vies

Quelle est l’action de l’Esprit Saint dans nos vies ? « Il nous aide à être plus intelligents, plus proches de Dieu et plus courageux », témoigne un jeune. Son copain réagit : « Il nous aide en transmettant son Amour. » Le pape Benoît XVI nous partage : « L’Esprit Saint nous pousse à aller vers les autres, Il allume en nous le feu de la charité, il fait de nous des missionnaires de l’amour de Dieu. »

Nous voyons que l’Esprit Saint est régulièrement présent dans la Bible. Il en est certainement de même dans nos vies. Ces différentes images de l’Esprit Saint sont plus que de simples symboles : elles nous aident à comprendre qui Il est et comment Il agit dans nos vies. Essayons de le percevoir dans notre quotidien, pour accueillir sa présence, discrète et agréable.

Et si tout le monde avait tout juste ?

PAR PIERRE MOSER | PHOTO : KAROL GARBIEC

La conférence de Frère Philippe Lefebvre, dominicain, donnée à Saint-Paul le 8 avril dernier a apporté des pistes de réflexion intéressantes. Je les résumerais en trois points :

La notion de famille d’abord. Cette notion, dans l’Ancien Testament, est un peu plus large que le couple avec un enfant que nous imaginons aujourd’hui. Frère Philippe le souligne, il s’agit plutôt de clan. « Fils de » prend une dimension temporelle : Joseph est fils de David, mais plus de mille ans les séparent. Il y a pourtant d’autres éléments qui les rapprochent.

La notion de pardon ensuite. Il s’agit en fait d’un terme financier qui nous amènent à une autre dimension que celles des pleurs et de la réconciliation que nous nous représentons aujourd’hui. A l’origine, il s’agit de remettre la dette impossible à honorer dans certaines circonstances comme une inondation par exemple.

Les notions de vocabulaires pour terminer. Et c’est là que mon titre prend toute sa signification. Les mots ou plutôt les concepts évoqués dans l’Ancien Testament sont vivants. Le terme d’étranger représente aussi bien l’ennemi que le frère qui s’est détourné de Dieu. Pendant toute la vie de transmission de cette parole, ces termes ont grandi, ils nous ont parlé de manière vivante.

Mais pour autant peut-on faire dire n’importe quoi à n’importe quelle parole ? Pas du tout, elles représentent un concept, souvent novateur d’ailleurs, appelé à nous parler, hier comme aujourd’hui. L’Ancien Testament n’est pas un livre qui se sert de mots précis et cadrés, mais il utilise des logiques humaines pour exprimer des vérités qui dépassent cette dimension terrestre. A nous d’en faire des aides ou des poids.

Chaque matin est nouvelle naissance

TEXTE ET PHOTO PAR MARION PERRAUDIN

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de la Vie
Sur le chemin de nos doutes et de nos questionnements
Laissons-la éclairer nos aujourd’hui
Pour l’offrir comme le pain de la joie.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de l’Espérance
Sur le chemin de nos peines et de nos joies
A la table de nos rencontres,
Partageons-la comme le pain de la confiance.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de la Miséricorde
Sur le chemin difficile de nos blessures
Laissons sa clarté nous conduire au pardon offert et reçu
Pour partager le pain de la réconciliation.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de l’Amour
Sur le chemin de nos rencontres et de nos amitiés
Entretenons cette flamme fragile afin qu’elle puisse grandir
Pour partager le pain de la fête.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Qui invite à accueillir la Lumière de Dieu Trinitaire
Sur le chemin de notre vie, laissons-le être notre seul guide,
Devenons témoins porteurs de cette Lumière,
Nourris du Pain de la Vie.

Chaque matin est nouvelle naissance,
Chaque matin recevons-nous des mains du Père,
Offrons-nous à son Fils
Laissons-nous conduire par l’Esprit Saint

La chrismation

PAR DENIS FORNERONE
PHOTOS : PASCAL VOIDE

Le soleil commençait à peine sa course dans le ciel que nous nous sommes retrouvés pour une dernière répétition en ce matin du 30 avril. La journée s’annonçait belle avec ce petit quelque chose de frais qui annonce un renouveau, celui du printemps de l’Esprit Saint qui allait bientôt nous visiter.

A 16h, la fête pouvait commencer. L’église, joliment fleurie, accueillait familles et amis venus en nombre pour accompagner les confirmands. Sous les doigts experts de Lise Colas, le grand orgue ouvrait la célébration en accompagnant la procession d’entrée, le Christ en tête.

Mgr Alain de Raemy a admirablement présidé, assisté du Père Joël, notre curé. Les paroles de l’évêque sont allées droit au cœur de tous, ne laissant personne indifférent, sachant trouver les mots simples et directs dont chacun avait besoin.

Très émouvante fut la lecture (anonyme) d’extraits de lettres que les confirmands ont adressées à l’évêque afin d’expliquer avec leurs mots pourquoi ils demandaient à confirmer leur foi, révélant ainsi, non seulement une vraie réflexion personnelle, mais également l’importance pour eux de ce qu’ils ont reçu durant ces deux années de catéchèse (rassurant au passage le petit catéchiste que je suis qu’il n’a peut-être pas travaillé en vain).

Qu’il me soit permis, ici, de vous livrer ce qui pour moi restera le sommet de cette célébration qu’a été la chrismation. Me tenant à proximité de l’évêque, j’eus ce privilège, non pas d’entendre les paroles prononcées dans ce cœur à cœur avec les candidats, mais de voir croître de plus en plus sur ces visages, des sourires radieux, particulièrement au moment de recevoir le saint chrême. A mesure que chacun, accompagné, qui de son parrain, qui de sa marraine, défilait devant l’évêque, montait en moi une profonde Action de grâce pour chacun d’eux, produisant dans le profond de mon cœur comme en écho de l’esprit ces mots simples qui constataient pourtant de l’invisible : qu’ils sont beaux. Oui, ils sont beaux ces jeunes, devenus encore plus proches par l’union du Saint-Esprit, ils sont beaux de l’Esprit Saint venu habiter leur cœur et cette beauté transparaissait sur tout leur être.

Nous étions ici au cœur même de l’action divine qui se donne dans la simplicité des mains et des saintes huiles. Cette jeunesse avec qui j’ai pu cheminer, parfois turbulente, parfois plus fermée, qu’ils étaient resplendissants maintenant dans ce moment de vérité (vite, je faisais disparaître une larme écharpée).

Alors, bien sûr, la fête s’est poursuivie comme il se doit, et l’apéro servi au fond de l’église a été fort apprécié grâce à toute l’équipe de volontaire qui l’a préparé et servi. Je profite de les remercier tous chaleureusement au passage, car sans eux, la fête n’aurait pas été aussi belle. Un grand merci, encore, à Sabrina Faraone qui n’a pas ménagé sa peine afin que cette célébration se déroule au mieux, aux musiciens qui ont donné beaucoup de leur temps également dans la préparation, et à toutes les petites mains indispensables qui ont œuvré dans l’ombre, d’une manière ou d’une autre, contribuant au succès de cette belle journée. Je n’oublie pas de remercier le Seigneur lui-même qui nous fait toujours la grâce de sa présence en nos cœurs et qui nous en a particulièrement réjouis en ce jour.

Chez elles au Castel…

Dans notre dernier numéro, nous vous proposions une rencontre avec les Sœurs Anne-Françoise Sager et Verena Boss, actives à l’aumônerie de l’EMS Castel Notre-Dame. Nous publions aujourd’hui la fin de cette interview : une rencontre avec Sœur Claire Sierro et Sœur Marie-Thérèse Rieder, qui nous partagent ce qui les anime et les grands traits du chemin qui les a conduites jusqu’au Castel.

Sœur Marie-Thérèse Rieder.

PAR LAURE BARBOSA-STRAGIOTTI 
PHOTOS : DR

Par une vie de louange, de témoignage et de compagnonnage au cœur du monde, les Sœurs de Saint-Maurice s’inscrivent dans le sillage du libre don de Maurice et ses hommes. Vers l’an 280 près d’Agaune, ces soldats romains originaires de Thèbes (Egypte) refusèrent de renier le Christ, de persécuter leurs frères et moururent martyrs au nom de leur foi. Aujourd’hui comme hier, les Sœurs vivent leur vocation dans des engagements variés. Actives dans divers lieux en Suisse et à Madagascar, leur maison-mère se situe à La Pelouse sur Bex.

Sœur Claire Sierro.

Sœur Claire Sierro vient de fêter ses 60 ans de profession ! Lors du sacrement de confirmation, Claire entend que « plusieurs seront appelés » et la question vibre en elle. Joyeuse, elle aime aussi la vie de village et la danse mais à 18 ans, après son service comme fille de salle pour les ingénieurs à la Grande Dixence, elle ne manque jamais de s’arrêter à la petite chapelle pour prier… Claire se sent appelée et après un entretien avec un prêtre, entre au noviciat à Vérolliez à l’aube de ses 20 ans. Elle travaille et se forme en divers lieux et notamment au Castel. Au foyer Bon Accueil à Lausanne, elle accompagne de jeunes étudiantes et arpente souvent la ville en prière tout en apportant la communion. Elle retourne ensuite à la Pelouse pour tenir la pharmacie et prendre soin des sœurs malades.

Depuis 2019, elle a rejoint l’aumônerie du Castel et à 82 ans, peut encore donner du temps et visiter les personnes âgées. Sœur Claire estime cela très gratifiant : « Merci de m’avoir donné la foi Jésus, tu es mon ami et mon médecin, j’ai confiance en toi et te confie les pauvres et les malheureux. On n’a jamais fini de découvrir la conscience que Dieu habite en chacun de nous et ne nous abandonne pas une minute ! »

Sœur Marie-Thérèse Rieder est originaire du Lötschental. Entrée à l’école de Vérolliez, elle s’ennuie tellement qu’elle compte les secondes et tricote la nuit, pourtant elle en repartira avec le mystérieux sentiment que le Seigneur la veut là ! Depuis petite, l’appel n’est jamais parti mais se partage entre l’envie de partir en mission et celle d’entrer au couvent pour y vivre cloîtrée. Au moment d’entrer au noviciat, tout ennui la quitte aussitôt mystérieusement… Elle choisit l’école d’infirmière et travaille 10 ans en salle d’opération à la Clinique générale de Sion. Désireuse d’être proche des plus pauvres, elle demande un départ en mission mais passe encore dix ans à la Clinique Saint-Amé. A 50 ans Marie-Thérèse tente sa dernière chance pour la mission, car il est question d’ouvrir un dispensaire à Madagascar ! Débute alors un temps de grâce, de rencontres, de pauvreté, mais rempli d’espérance. A son arrivée sur place : une case, une tente et la chaleur… et elle s’annonce : « Je sais soigner les malades et balayer ! » En 2017 à contrecœur, Marie-Thérèse est rappelée en Suisse. Cela lui permettra d’accompagner sa sœur en fin de vie avant de rejoindre le foyer Bon Accueil puis l’aumônerie du Castel. « On comprend après, le pourquoi du comment ! La foi est une grâce, une petite graine qui bien cultivée, devient un grand arbre. Ma prière c’est Jésus, à la vie à la mort… »

Les jeunes de nos communautés paroissiales

 

PAR ANNE-MARIE COLANDREA

PHOTOS : DIVERS

Début mai, des jeunes se sont mobilisés autour des JMJ de Suisse romande à Lausanne, prélude des Journées Mondiales de la Jeunesse qui se tiendront à Lisbonne en 2023.

Nous avons tous besoin de temps forts – de pèlerinage au rassemblement de fêtes – temps où nous avons l’occasion de vibrer de la présence du Christ. Les « jeunes », comme nous avons trop vite tendance à les nommer en catégorie, ont sans doute plus besoin de partager leur expérience de Foi, leur expérience de relation au Christ. Ils se retrouvent entre amis, s’encouragent à partager, à s’engager.

Certes nous pouvons regretter de ne pas les « voir » dans nos assemblées ecclésiales. Cependant, ne faut-il pas « voir » sans a priori et se laisser prendre par les lieux et les modalités de la quête de nos jeunes : quêtes de sens, quêtes de charité et d’amitié, quêtes de joie et d’espérance, quêtes des Béatitudes à conjuguer dans leur réalité et celle du monde.

Certes, en paroisse, il est sans doute plus aisé de les rencontrer dans les parcours de la catéchèse. Les jeunes suivent diverses routes. Les « Ado-du-Cycle se retrouvent autour de gestes concrets en participant au samedi du partage, en rencontrant des témoins pour réfléchir sur des thèmes qui les préoccupent ou encore sur le sens du bénévolat. Les confirmands, tout en veillant à approfondir leur relation au Christ, répondent fidèlement, et en toute simplicité, aux propositions de leurs animateurs et catéchètes. Cette année, ils ont même relevé le défi de rompre le rythme mensuel des rendez-vous au fil des invitations. Ils ont accepté de se laisser prendre par la nouveauté – voire l’inconnu – et ainsi de sortir de leur confort. Ils ont partagé l’élan et l’enthousiasme de leurs jeunes aînés avec les Jeunes de Lourdes, ceux du Figuier aux côtés des personnes en situation de handicap. Ils ont participé à la journée cantonale des confirmands au cours de laquelle une vague de 300 jeunes gens et jeunes filles saisissent la possibilité d’une « communion » à l’horizon de sensibilités chrétiennes et culturelles si diverses et pourtant si proches autour du Christ tel qu’Il se manifeste dans ces circonstances. Il y eut enfin, la gageure de rencontrer d‘autres confirmands des paroisses voisines (et méconnues) : se présenter, faire tomber les timidités et les réticences, en se prenant au jeu au sens littéral comme au sens plus investigateur à la suite des figures des deux saints Joseph des Ecritures. Ce fut l’occasion de comprendre la pédagogie de l’art et de l’architecture d’une église, en parcourant Saint-Joseph à coup de quiz. Et bien sûr, les gourmandises d’une collation aident à dégeler les attitudes. Du côté des catéchètes, lors de ces temps forts, il n’y a pas besoin de long discours, ni même de grande leçon de religion : accueillir, se risquer avec eux et vibrer de la passion pour le Christ. Aimons nos jeunes, nos communautés que le Christ construit : écoutons la « petite Espérance » en nos cœurs « car rien n’est impossible à Dieu » si nous le suivons, là où nous sommes, tels que nous sommes.

 

Dans les évangiles

Voilà revenu le temps du jardin, des heures de travail patient, des jours où nous trouvons le bonheur et l’apaisement dans le soin donné à la terre, qui elle-même parle à notre âme… les images se croisent et nourrissent l’esprit…

PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : DR

Dans les évangiles, il y a des fleurs bien habillées et du blé en épi d’une variété très productive, qui a poussé dans une bonne terre…

Dans les évangiles, il y a des vignes qu’on chérit ou qu’on laisse à l’abandon, des figuiers qui parfois ne produisent rien, et des plantes qui poussent si bien que les oiseaux du ciel y viennent faire leur nid…

Dans les évangiles, il y a de la vermine, de la mauvaise herbe, des ronces et même des brigands qui abîment les clôtures…

Dans les évangiles, il y a des journées de travail harassantes, d’autres qui commencent au beau milieu de l’après-midi, de la patience, de la poussière, et la satisfaction dangereuse d’avoir les greniers pleins à craquer…

Dans les évangiles, il y a une nature qui nourrit, des épis arrachés et froissés un jour de Sabbat, et le fruit du figuier qui s’offre peut-être enfin, au-delà du récit…

Dans les évangiles, il y a des chemins parcourus en tous sens, des chemins qui mènent à la Vie, une vie qui est Le Chemin…

Dans les évangiles, il y des sources, des puits, de la pluie qui ne retourne pas au ciel sans avoir abreuvé la terre…

Dans notre nature, nos champs, nos jardins, il y a toute la Bonne Nouvelle et ses paraboles, la vie à protéger comme on protège les plus petits, la croissance malgré tout, même dans l’adversité, et l’émerveillement de voir la pousse fragile et têtue, soulever la terre et frémir dans le vent…

Dans notre nature, nos jardins, nos vies, il y a tout l’amour du jardinier, parfois penché vers la terre, parfois debout et méconnaissable, jusqu’au moment mystérieux où il prononce notre nom…

Les visagesde l’Eglise

Pour renforcer le sentiment de communauté et, peut-être, agir comme un remède
aux épreuves que certaines personnes traversent, la Pastorale de la santé est présente dans les milieux de santé et de vie pour répondre aux besoins spirituels.
Ces accompagnements offrent la possibilité d’aller puiser les ressources nécessaires
pour affronter une nouvelle étape de vie.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : PASTORALE DE LA SANTÉ

« L’accompagnement spirituel, pour moi, c’est oser se laisser rejoindre par l’autre dans sa propre vulnérabilité comme " Jésus et la samaritaine au bord du puits de Jacob ", d’humain à humain par la nourriture commune de la parole de Dieu ou pas. Ensemble accompagner " le souffle de vie ", le don gratuit de Dieu », témoigne Ami Satchi. Elle est l’une des nouvelles Référentes Régionales Santé (RRS) qui officient au sein de plusieurs EMS genevois. Depuis septembre 2020, ces nouveaux engagements sont venus renforcer l’équipe de bénévoles et d’aumôniers de la Pastorale de la santé. Ils visent à développer encore l’accompagnement spirituel prodigué dans différents lieux d’hospitalisation et de vie.

« La Pastorale de la santé est un grand et dynamique service de l’Eglise Catholique romaine à Genève. Il offre présence, soutien, accompagnement spirituel dans le respect de la personne fragilisée par la maladie ou la vieillesse », détaille Cathy Espy-Ruf, sa responsable. « Sans le concours d’une équipe compétente et expérimentée, les milliers de visites auprès de patients des HUG et de résidents des EMS, les nombreuses messes, célébrations œcuméniques, sacrements, cérémonies du souvenir ou encore funérailles, ne pourraient pas avoir lieu », rappelle-elle également. Les aumôneries œuvrent avec un vrai souci d’œcuménique, dans le respect des convictions de la personne rencontrée et dans un dialogue interreligieux.

Une collaboration soutenue avec le personnel soignant permet d’identifier plus aisément les souffrances morales et spirituelles. Des outils sont mis à disposition des aumôniers et des soignants permettant d’intervenir de la manière la plus appropriée. Deux petites brochures ont, par exemple, été publiées. L’une pour aider le personnel hospitalier à comprendre ce qu’est l’accompagnement spirituel et lui expliquer qu’il n’est pas exclusivement dévolu aux aumôneries, l’autre fournit des indications au sujet de dix-sept confessions chrétiennes et non chrétiennes en matière de pratique religieuse et de soins.

Au service, mais comment ?

Une chose que la Pastorale de la santé accomplit et dont on ne se rend pas compte ?

Cathy Espy-Ruf : On est présents et je pense que les gens ne réalisent pas le nombre de prestations que nous accomplissons. Nous sommes également en lien avec les paroisses au cœur de ce volet

de diaconie. Je remercie vraiment le vicariat de nous donner les moyens d’être sur le terrain.

Toute l’équipe de bénévoles, aumôniers et RRS est motivée. Leurs compétences, ainsi que la diversité de leurs personnalités offrent des prestations de qualités. Je considère toutes ces personnes comme les visages de l’Eglise.

Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?

CER : Le nombre de personnes qui sont rencontrées dans un moment de fragilité lié à une hospitalisation ou une entrée en EMS est considérable. Cela représente des milliers de visites ! Il y a aussi l’accompagnement des familles, parfois jusqu’aux funérailles. Je pense que nous sommes vraiment un service en interface avec la société, car tout le monde un jour ou l’autre est concerné par la santé, ou sa perte partielle. Nous avons aussi un rôle très important à jouer au niveau social. La santé fait partie des questionnements existentiels. On s’interroge souvent sur la vie et son sens au moment d’un problème de santé.

«Femme, je vous aime !»

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : VATICAN NEWS

Le pape François a donné la place à des femmes dans la curie comme aucun de ses prédécesseurs : directrice des Musées du Vatican, secrétaire du Gouvernorat du Vatican (l’organisme qui gère la Cité du Vatican), sous-secrétaire du Synode…

Il a également institué lectorat et acolytat pour les deux sexes ; chez nous, cela passe presque inaperçu, mais dans des milliers de diocèses dans le monde, c’est une occasion bénie d’institutionnaliser la place des femmes en Eglise de manière non plus exceptionnelle, circonstanciée ou opportuniste, mais réellement habituelle.

« L’Eglise est femme »

A la messe du 1er janvier 2022, le Pape s’est écrié : « Que de violence il y a à l’égard des femmes ! Assez ! Blesser une femme, c’est outrager Dieu qui a pris l’humanité d’une femme… » Et de rappeler qu’il faut les protéger comme devoir premier de la société et de l’Eglise, car « l’Eglise est femme ». Dans le contexte de la révélation des abus psychosexuels, c’est sûr que cela sonne… pour le moins rassurant de le souligner. Mais avec modestie…

« Experte en humanité », vraiment ?

Paul VI parlait de l’Eglise comme « experte en humanité »… Le cataclysme des rapports Sauvé de divers pays (France, Allemagne…), ainsi que les enquêtes en cours (Espagne, Suisse…), a fait sauter en éclats cette présomptueuse appellation de soi pour l’Eglise, « experte en humanité »… Désormais, l’Eglise doit incarner le service concret de cette même humanité, comme savent le faire, depuis des millénaires, les femmes, les filles, les mères… Et malgré les adversités, les cruautés, les crimes dont elles sont victimes depuis des siècles dans les sociétés patriarcales sur tous les continents, elles tiennent encore debout, comme Marie au pied de la croix ; elles accueillent et offrent le meilleur, comme Marie dans la crèche ; elles repèrent et encouragent le service d’autrui comme Marie à Cana… Et le Pape de conclure : « Au début de la nouvelle année, mettons-nous sous la protection de cette femme… » ; mettons-nous sous la protection de toutes les femmes, oui !

La consolation d’une mère

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : PXHERE

Au-delà de la réflexion assez étonnante lancée par la compagnie des pasteurs et des diacres de l’Eglise réformée évangélique de Genève à propos du «genre de Dieu» (voir le dossier), nous pouvons constater que la Bible affirme clairement la part féminine de notre Seigneur.

Dès les premiers versets de la Genèse (1, 2), la Ruah Yahweh, son Esprit, au féminin en hébreu, est dit planer sur les eaux. De plus, l’un des attributs principaux du Seigneur, sa miséricorde, s’engendre dans ses entrailles matricielles, comme il l’affirme lui-même à Moïse en Exode 34, 6, lorsqu’il remet à son prophète sa « carte de visite » : « Le Seigneur passa devant Moïse sur le mont Sinaï et il cria : « Yahweh, Yahweh, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité » ». La bienveillance divine s’exprime dans la langue de l’Ancien Testament par le mot féminin pluriel rahamin, la matrice de la femme qui porte la vie. Le terme est repris en grec à propos du Christ, lorsque l’Evangile dit qu’il est « pris aux tripes » en présence des foules qui étaient comme des brebis sans berger (Matthieu 9, 36).

En outre, le troisième Isaïe (chapitre 56-66) nous promet d’être allaités, portés sur la hanche, caressés sur les genoux et consolés par le Seigneur lui-même, comme une maman le fait pour son nourrisson (Isaïe 66, 12-13). Quand la paix coulera vers Jérusalem et que la gloire des nations se portera au-devant d’elle, tel un torrent débordant, ainsi notre cœur sera dans la joie et nos membres reprendront vigueur comme l’herbe, grâce à la tendresse maternelle de Dieu envers ses serviteurs.

Pas besoin donc de transiger sur les pronoms à attribuer au Seigneur. Ils peuvent être sans autres féminins et Dieu peut être invoqué comme « notre mère qui est aux cieux », afin que sa volonté d’aimer soit réalisée sur la terre comme au ciel, que son règne de bonté et de justice advienne, que son pardon se répande en nous en abondance, de sorte que nous le transmettions autour de nous et que le mal soit ainsi vaincu. En Ukraine comme en Romandie.

Au-delà des mots et du genre

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTO : DR

Ma mère n’a jamais vraiment été féministe, mais elle m’a toujours parlé de Dieu avec toutes les caractéristiques que nous pourrions attribuer (à tort ?) à une maman.

J’ai donc depuis toujours fait connaissance avec un Dieu protégeant jalousement de son aile ses petits, qui ressentait dans ses « entrailles » mes propres souffrances et reflétait tout ce que j’étais en tant que fille et ensuite femme, puisque selon les mots de ma mère «j’étais faite à son image».

Je n’ai donc jamais ressenti d’incompatibilité entre prier le « Notre Père » et concevoir un Dieu aux caractéristiques classiquement féminines, c’est-à-dire plein de tendresse et de sollicitude pour moi.

Plus que les référentiels et le langage, parfois étriqués, qui me servent à dire Dieu, l’éducation puis la relation que j’entretiens avec Lui m’ont fait découvrir qu’il est Tout Autre. Au-delà des cases que nous souhaitons (trop ?) Lui attribuer, tout en se faisant semblable à nous.

Réveiller l’espérance

Franchir le cap des angoisses, chercher un emploi, discerner la direction à donner à sa carrière professionnelle ou simplement retrouver le sens du «faire».
La Pastorale du Monde du Travail se définit comme un lieu pour réveiller l’espérance. Rencontre avec Brigitte Mesot.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : BRIGITTE MESOT,
PASTORALE DU MONDE DU TRAVAIL

«Certaines personnes viennent ouvrir leur courrier ici, car c’est devenu trop anxiogène », révèle Brigitte Mesot. Face à un marché de l’emploi de plus en plus compétitif, le chômage, la perte du sens dans l’accomplissement d’une tâche professionnelle ou des difficultés à discerner la trajectoire à donner à sa carrière, certains se sentent démunis et ne savent vers qui se tourner.
«Ces personnes nous approchent, car elles ont entendu parler de nous en paroisse, par une connaissance ou par le site web de l’ECR», détaille la responsable de la Pastorale du Monde du Travail (PMT). Les demandes sont très diverses, mais con­cernent en grande partie des questions de discernement et de sens: «Elles ne sont pas heureuses dans ce qu’elles font, et se demandent si elles pourraient l’être ailleurs…»

Brigitte Mesot décrit la mission principale de la PMT comme une vocation d’écoute et d’accompagnement. «La demande peut être soit d’ordre administratif, spirituel ou psychologique (isolement, harcèlement). Dans ce que nous proposons, il y a toujours un aspect individuel et collectif.» Pour ce faire, la PMT va, au niveau individuel, orienter les personnes dans son vaste réseau de contacts, rencontrer des spécialistes de la migration, de l’emploi, ou de l’aide sociale. Sa responsable a, par exemple, accompagné des personnes lors de rendez-vous avec des instances étatiques. Au niveau collectif, «nous proposons un groupe « Emploi »: lieu d’écoute et de partage pour des personnes en recherche d’emploi et des activités qui correspondent à une demande particulière. En ce moment, nous avons un atelier d’écriture pour retrouver la joie de rédiger. C’est toujours dans une optique de renouer avec le plaisir, quelquefois avec la prière, de discerner où l’on ressent de la joie et de retrouver du sens dans ce que l’on fait. Cela permet ensuite d’aller rechercher du travail, d’écrire des lettres de motivation ou tout autre chose de la vie courante».

«Avec ma connaissance du terrain, je me suis rendu compte que nous pouvions être complémentaires de l’Etat, en étant disponibles comme nous avons la chance de pouvoir l’être grâce à l’ECR. Pour moi, l’Eglise est là, dans cette complémentarité et cette présence. Toutefois, elle doit être présente pour ce qu’elle est. C’est-à-dire afin que chacun trouve sa place et soit reconnu. Lorsqu’on accepte que ce que chacun ressent est vrai, sans le remettre en question, qu’il est seul à pouvoir discerner ce qui est bon pour lui, alors on lui permet de reprendre sa place au sein du groupe et de la Vie.»

Au service, mais comment ?

Une chose que la Pastorale du Monde du Travail accomplit et dont on ne se rend pas compte ?
Brigitte Mesot :
Elle est là ! Un prêtre de Saint-Joseph, Thierry Schelling, parlait de la discrétion de la PMT. Il y a quelque chose de l’ordre d’une présence. Nous incarnons la certitude d’une issu de vie toujours possible ! Ce que je dis souvent, c’est que nous sommes là pour réveiller l’espérance.
Et si nous accomplissons vraiment quelque chose ? C’est par le Seigneur !
Il nous donne l’énergie d’être là, trait d’union là où il y avait rupture…

Quel « service » apportez-vous aux Genevois de manière générale ?
BM :
Une écoute et des propositions à des demandes face à des problématiques professionnelles. Ce sera peut-être d’orienter les personnes vers d’autres ressources, car le travail en réseau est crucial. L’idée qui m’est aussi vraiment chère est de pouvoir accueillir toute personne, quelle que soit sa sensibilité, du point de vue de son vécu ou de son expérience de la foi.

Dieu est-Il homme ou femme ?

PAR MARIE-FRANÇOISE SALAMIN
PHOTO : LDD

Après de longs débats sur le sexe des anges, nous voici devant une nouvelle question: Et si Dieu était une femme?
La première phrase de la Bible se traduit ainsi: Au commencement, Dieu enfanta.
Dans les Evangiles, Jésus nous parle de Dieu en disant Notre Père. Mais dans la béatitude Heureux les miséricordieux… il emploie le terme Rahamim, qui suggère les entrailles maternelles de Dieu. Dieu est miséricorde, c’est sa nature d’être maternel.

Plutôt que de se creuser les méninges pour élucider ce mystère, je suggère de chercher une ébauche de réponse dans le secret de notre cœur. Dieu est Amour. Voilà notre Credo. Pour nous, qui sommes des hommes et des femmes sur terre, il y a plusieurs sortes d’amour : amour matrimonial, amour paternel, amour maternel, amour filial, amour fraternel, amitié… Cela dépend de notre situation dans une famille, de nos rencontres, de nos choix. Ces diverses sortes d’amour s’inscrivent dans un projet. La mère donne la vie, elle protège, veille, soigne, nourrit, rassure son enfant. Elle désire de tout cœur l’aider à grandir et écarter tout ce qui pourrait lui nuire…

Le père aussi veut le meilleur pour son enfant. Il représente l’autre, celui qui va élargir le couple fusionnel mère-enfant, celui qui lui donne un nom, une place dans une famille, qui va l’ouvrir au monde… Il en va de même pour toutes les sortes d’amour. Le projet d’un frère ou d’une sœur est différent de celui qui se tisse avec un ami. On pourrait en parler longuement.

Eh bien, justement ! Dieu est pur amour. Il rassemble tous ces projets que nous expérimentons, et bien d’autres encore, dans son amour pour chacun de nous. Il ne peut pas se restreindre à une seule façon d’aimer. Il est à la fois infiniment père, mère, ami et bien plus encore ! Il nous aime d’une façon totale et parfaite. Il désire le bien, le meilleur, le bonheur infini, la vie éternelle pour chaque être humain.

Un jour, mon fils alors âgé de 8 ans, me demanda comment c’était le ciel. Je ne sais plus bien ce que je lui ai répondu, mais j’ai tenté de lui parler de l’amour infini de Dieu et de son désir de bonheur pour chacun. Et mon petit homme a conclu ainsi: Ce sera plein de bonnes surprises ! Plein de bonnes surprises ! Je me réjouis !

Avec la même confiance, la même joie, ouvrons-nous à toutes les bonnes surprises qui nous attendent…

Dieu au féminin : cinq témoignages

En complément au dossier de la Rédaction romande de L’Essentiel sur le thème «Dieu au féminin» (lire au centre de ce journal), nous avons demandé aux représentantes féminines de l’équipe pastorale et de notre rédaction paroissiale de dire en quoi le fait d’être une femme influençait leur façon d’agir en Eglise. Cinq femmes ont accepté de s’exprimer. Leurs témoignages ci-dessous et ci-contre.

Nicole Monnard, auxiliaire pastorale

«Masculin? Féminin? Les deux à la fois!»

« Pourquoi faudrait-il que Dieu soit masculin ou féminin ? N’est-il pas les deux à la fois ?
La Genèse écrit à propos de la création de l’humain : Dieu le créa à son image, homme et femme, Il les créa. Cette illustration me donne à penser que c’est ensemble, hommes et femmes, que nous sommes image de Dieu. Complémentaires ! Dans notre travail pastoral, je trouve particulièrement riche et nécessaire ce partenariat.
Nous devrions être envoyés en mission deux par deux… et si nos sensibilités sont différentes, c’est tant mieux ! Nous n’en serons que davantage ajustés pour rejoindre nos frères et sœurs en Christ dans ce qu’ils vivent. »

Bernadette von Niederhäusern, ancienne agente pastorale et membre de la rédaction du journal paroissial

«Une femme accueille mieux les émotions ¨»

« Comment puis-je, en tant que femme, apporter quelque chose de différent dans l’engagement en Eglise ? J’ai remarqué que je suis plus attentive à l’accueil, au décor. La convivialité est un point important afin de faciliter la rencontre. Souvent, les femmes préparent un gâteau pour les réunions.
La femme est habituée aux émotions et elle a moins peur de les exprimer. Elle a aussi la facilité de les accueillir. Cela la rend proche des gens. Pour elles, c’est normal, cela fait partie de la vie. »

Marianne Berset, agente pastorale

« Chacun a sa place, nous sommes tous convoqués »

« Depuis de très nombreuses années, je suis femme en Eglise, d’abord comme bénévole et aujourd’hui comme engagée. Je fais partie de cette communion de personnes unies au Christ où chacun a sa place aussi bien les femmes que les hommes car nous y sommes tous convoqués.
Si je me réfère au texte biblique qui m’a portée lors de mon discernement :  » Avant de t’avoir formé dans le sein de ta mère, je t’ai choisi…  » (Jr 1.5), je pense que c’est Dieu qui nous choisit et qu’en vivant ma foi je fais sa volonté. En tant que maman de trois enfants aujourd’hui adultes, je connais la valeur de la vie que l’on porte dans nos entrailles. Avec mon instinct maternel, il est important pour moi de donner ma vie pour ma famille mais aussi pour les autres.
Aujourd’hui, notre évêque est sensible à cette situation et a ainsi nommé des représentantes de l’évêque. Personnellement, je pense que l’important dans l’Eglise n’est pas tant de savoir qui doit siéger à droite ou à gauche (Mt 10, 35-45) mais d’être une Eglise de proximité qui transmet un témoignage vivant et joyeux qui donne envie de rencontrer
le Christ, afin de constituer une communauté fraternelle et heureuse. Et là, le chantier est encore immense… »

Nathalie Angelini, membre de la rédaction du journal paroissial

«Etre une femme ne change pas
radicalement mon rôle»

«Personnellement, je n’ai jamais réfléchi à une déclinaison de Dieu au féminin, car au final pour moi Dieu est TOUT. Dieu est notre créateur, notre consolateur, il est pour moi une immensité rassurante, inexplicable. Mais je sais que croire en Dieu est une évidence qui me rend heureuse. Et en ce qui concerne mon engagement dans l’Eglise ou dans ma vie de chrétienne au sens féminin et au sens plus large, je dirais que l’apport est mon dynamisme et mon amour passionnel pour le Christ, ma fraîcheur et ma jeunesse. Mais finalement aujourd’hui, dans un monde libre où nous avons tous plus au moins l’opportunité de montrer qui nous sommes, je n’ai plus la sensation que d’être une femme change radicalement ce que nous pouvons apporter à la communauté chrétienne ou non d’ailleurs.»

Rachel Jeanmonod, agente pastorale

«Nous avons à décider et gouverner ensemble»

«Quelle place pour les femmes dans l’Eglise ? Majoritairement présentes, engagées, compétentes, disponibles, courageuses aussi… elles sont pourtant absentes des instances décisionnelles. A mes yeux, l’être humain ne peut donner le meilleur de lui-même qu’en présence de l’autre sexe. Nous avons été créés hommes et femmes pour nous compléter. Cette mixité est voulue par Dieu. Nous avons à œuvrer mais aussi à décider et gouverner ensemble. Plutôt que se demander ce que celles-ci ont de plus ou de moins que ceux-ci, demandons-nous ce que la mixité a de si précieux aux yeux de Dieu pour qu’il nous aie créés ainsi. L’équilibre hommes-femmes est à rechercher autant dans la gouvernance que dans n’importe quel autre engagement de baptisé.»

Dieu au féminin

Récemment dans l’Eglise évangélique-réformée de Genève, le débat autour de la question du genre de Dieu s’est envenimé.

Il suffit de coupler ces deux mots pour, souvent, déchaîner l’ire des uns, le rictus des autres. Quand on ne nous traite pas de «féministe» ou, au contraire, de «misogyne». C’est bien que le bât blesse quelque part… Posons quelques arguments, calmement.

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : DR

Qu’il soit bien clair : le Dieu révélé par Jésus-Christ n’est ni homme ni femme, mais à la fois tous les deux, et, mieux, les deux ensemble, sans être réductible ni à l’une ni à l’autre ! Car Dieu est Dieu… mais pas éloigné ou indifférent à sa création : l’univers, le minéral, le végétal, l’animal, dont l’expression chérie par Dieu est ce vis-à-vis tant désiré et intime : l’être humain, à qui Dieu a tout confié de sa création, et qui est chemin vers Dieu 1.

Sacré Zeus !

La mythologie grecque s’en est donné à cœur joie pour personnifier le panthéon des divinités sous les traits d’hommes, de femmes et d’animaux, pour les rendre visibles (efficaces ?). Ces anthropomorphismes sont inévitables, car on ne peut pas parler de Dieu sans utiliser un langage… humain, qui peut prendre moult formes : parabolique (les fameux « comme » dans les évangiles, Dieu est comme une femme qui, comme un homme qui), métaphorique (Dieu est un semeur, « Notre Père », une mère qui rassemble ses petits), etc.

Problème de langue

Le langage est un inévitable moyen pour visualiser… l’invisible. Tout le monde comprend le mot « courage » mais comment le définir si ce n’est par une périphrase : « le courage, c’est quand on ressent que, c’est comme… » ? Comme tout moyen, le langage est partiel et partial ; il est à apprendre et à utiliser pour communiquer et il est relatif: au vu des milliers de langues dans le monde, comment prétendre qu’une seule d’entre elles – le latin, le grec, le chinois ? – saurait épuiser ce que l’on pourrait dire de Dieu ? Les traducteurs émérites le savent bien : il y a des mots intraduisibles… Et traduttore traditore 2 !

L’art chrétien a figé la représentation de Dieu comme un homme barbu et grisonnant.
La Mère de Dieu et l’enfant, à Istanbul. Mais la Vierge n’est pas le pendant féminin de Dieu.

De plus, l’art chrétien a exclusivement figé la représentation de Dieu comme un homme barbu et grisonnant : tout le monde a en tête le « Jugement dernier » de la chapelle Sixtine. A relever en passant une certaine confusion visuelle de ce Dieu-là avec les images de… saint Joseph !

De plus, la mariolâtrie – le culte excessif rendu à Marie – a exposé une femme à notre vision, compensant quelque part la « phallocentrie » de Dieu par l’abondante illustration de la Vierge – mais Marie n’est pas son pendant féminin 3 !

Dieu est humain

Il n’empêche, et homo factus est, affirme le dogme chrétien : « Dieu s’est fait être humain », Mensch, diraient les germanophones. Même si nous affirmons que le Christ est le Fils de Dieu, donc un mâle – et il y a peu de doute sur cela ! –, Dieu devint homo (sic !), être humain que Dieu a créé « mâle et femelle… à son image et à sa ressemblance » selon Genèse 1. C’est bien que les deux sexes, chacun pour soi et ensemble, sont les représentations les plus proches de ce qu’est Dieu, sans rivalité entre eux, mais plutôt en dialogue.

Deux articles

Au contraire de l’allemand, nos langues latines ont abandonné l’article neutre des origines, pour ne garder que le masculin et le féminin. En hébreu, l’appellation Elohim pour parler de Dieu est… plurielle ! Il y a donc une variété d’usages due à la grammaire, mais en français, on ne peut dire que « il » ou « elle » pour parler de Dieu, depuis que cette langue a été reconnue comme vernaculaire (sous François Ier, roi de France de 1515 à 1547). Et une société patriarcale a vite fait son choix !

Une Bible en version inclusive.

Option des sexes

Récemment 4 dans l’Eglise évangélique-réformée de Genève, le débat autour de la question du genre de Dieu s’est envenimé de manière impressionnante, voire écœurante… avant même d’avoir commencé la réflexion sur les arguments de tout bord. Cette virulence est-elle l’effet post-Covid où l’impatience est à bout après avoir trop tiré sur nos cordes existentielles depuis deux ans ? Gageons que non. Car les « détracteurs » déraillent avant même que le train ne soit parti de la gare, en exprimant une véhémence qui nécessite de s’interroger paisiblement sur leurs raisons. Pourquoi ? « Cela me gêne à l’oreille », entend-on dire de qui peine avec le féminin utilisé pour Dieu. Est-ce un problème auditif par inhabitude ?

Dieu est belle

Et pourtant, Dieu est aussi femme, Elle est « Notre Mère qui es aux cieux », Elle est féminine, car matricielle 5. Et l’on peut lister nombre de métaphores pour « émasculer », l’espace d’une réflexion, le Dieu mâle qui caractérise notre société et nombre d’Eglises chrétiennes. Car le christianisme est la religion de l’Incarnation humaine par excellence, « Et le Verbe s’est fait chair ». C’est que tout l’humain traduit, transmet, illustre, véhicule le Dieu de Jésus-Christ.

Femme tout simplement…

Alors, on relit d’une part la Bible – compilation de 10 siècles d’écritures tout de même ! – et de l’autre, l’histoire de nos sociétés humaines et notamment de la place de la femme dans celles-là 6. Et on peut découvrir des pistes, des icônes, des témoins, des narratifs où Dieu est aussi… féminin ! N’est-ce pas leur non-usage ou leur oubli qui les a fait passer à la trappe ? Par exemple, le féminin rouah, notre Esprit saint ; l’intriguante présence au côté du Créateur de hokmah, la Sagesse dans le Livre du même nom ; la shekinah, présence de Dieu au milieu de son peuple tout au long de son Exode ; Dieu qui accouche de son peuple dans le Psaume 127… Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas accorder à ces métaphores leur part féminine intrinsèque, en parfaite équivalence des « Notre Père » et autre « Seigneur des armées » bien testostéronés !

Témoins

Des femmes mystiques ont prié Dieu au féminin : Dieu ma Mère véritable (Christina de Markyate), Dieu est tout autant notre Mère que Dieu est notre Père (Julienne de Norwich). Ont-elles été excommuniées ? Non. Et le bienheureux Jean-Paul Ier de conclure : « [Dieu] est papa, plus encore, Il est mère » (Angélus du 10 septembre 1978). So what ?

Dans l’Eglise anglicane, les femmes peuvent devenir prêtres et évêques.

1 Selon le titre d’un ouvrage de G. Daucourt (et al.), Dieu, chemin vers l’homme ; l’homme, chemin vers Dieu, Parole et Silence, Paris, 2006, qui relit le document du Concile Vatican II Gaudium et Spes.
2 Proverbe italien : un traducteur est un traître !
3 C’est un point dénoncé dans le Coran quant à notre « hérésie trinitaire » !
4 Article de L.Vuilleumier dans Le Temps, 16 janvier 2022.
5 Dans la Bible, la compassion de Dieu s’image par le mot rahamim, les entrailles maternelles.
6 Cf. A.-M.Pelletier, L’Eglise et le féminin. Revisiter l’histoire pour servir l’Evangile, Paris: Editions Salvator, 2021.

Stabat Mater

PAR THIERRY SCHELLING

L’œuvre de Pergolesi chantée dans notre église. Emouvante et tellement… actuelle !

Stabat Mater, «la mère se tient debout». Marie au pied de la croix, comme ces mères et ces épouses et ces fiancées et ces petites amies et ces filles qui tiennent debout malgré les outrages des hommes, les ravages de la guerre, la honte du mariage forcé ou de l’infibulation, le désastre du viol, la plaie de la misogynie… Oui, Stabat Mater dolorosa.

Iuxta crucem lacrimosa, « à côté de la croix, pleurant ». Marie pleure à côté de son Fils moribond, comme ces mères et ces sœurs qui ont vu leurs maris, leurs frères, leurs époux, leurs amis mourir, l’arme à la main, dépérir parce qu’en prison, disparaître parce que cherchant un avenir meilleur ailleurs. Et ils n’en reviennent pas vivants, entiers, apaisés… Oui, iuxta crucem lacrimosa.

Dum pendebat Filius, « pendant que le Fils pendait [au bois de la croix] ». Marie contemple l’ineffable, l’impensable, l’irréel, presque : la chair de sa chair, le fruit de ses entrailles, l’expression de son amour de Dieu et pour Joseph, l’héritier de sa douceur et fermeté… son Fils qui se meurt, cloué alors qu’innocent. Un parent ne devrait pas voir sa progéniture mourir, et pourtant : les enfants abusés, ou malades, ou accidentés à vie, ou handicapés, ou orphelins, ou soldats, ou prostitués de force… Oui, dum pendebat Filius.

Victoire, le Christ mort est ressuscité, le Christ est vivant… grâce à une femme, Marie, et à une autre, première témoin, Marie-Madeleine…

Chez elles au Castel…

Elles visitent les habitants, leur apportent la communion, les accueillent à la chapelle, les saluent lorsqu’elles les croisent dans la maison que leur congrégation a fondée en 1954. Mais qui sont donc les Sœurs du Castel Notre-Dame? Petites mains de l’âme, nos sœurs: Anne-Françoise, Verena ont accepté de partager ce qui les anime et les grands traits du chemin qui les a conduites jusqu’au Castel!

PAR LAURE BARBOSA-STRAGIOTTI
PHOTOS : DR

Par une vie de louange, de témoignage et de compagnonnage au cœur du monde, les Sœurs de Saint-Maurice s’inscrivent dans le sillage du libre don de Maurice et ses hommes. Vers l’an 280 près d’Agaune, ces soldats romains originaires de Thèbes (Egypte) refusèrent de renier le Christ, de persécuter leurs frères et moururent martyrs au nom de leur foi. Aujourd’hui comme hier, les Sœurs vivent leur vocation dans des engagements variés. Actives dans divers lieux en Suisse et à Madagascar, leur maison-mère se situe à La Pelouse sur Bex.

Pour Sœur Anne-Françoise Sager, la foi apparaît en filigrane : contrairement à Paul foudroyé sur la route de Damas, c’est dans le rétroviseur de son existence qu’elle découvre la présence de Dieu… Elle acquiert néanmoins très tôt la certitude que la vie est don de Dieu et que tout don peut à son tour devenir semence de vie. Pour elle, la foi est ce cadeau qui, loin de nous installer dans le confort, pousse à vivre cette aventure en communion avec tout et tous, à travers les épreuves et l’obscurité. Après son enfance zurichoise, elle arrive au foyer Clairval à Finhaut tenu par les Sœurs de Saint-Maurice. Elle apprécie cette équipe de femmes vivant ensemble simplement et vouées aux autres. Anne-Françoise enchaîne ensuite l’Ecole Normale, juniorat et Profession. Elle enseigne durant 13 ans à la Pelouse où elle s’imaginait que le majestueux tilleul dans le jardin serait encore là après elle. Mais un jour, ils l’ont coupé ! Et celle qui dit : « La vocation est toujours devant nous » se retrouve à Zurich pour gérer un centre d’accueil touristique et social. Près de 10 ans plus tard s’ensuivront un retour à la Pelouse, une formation d’aide-soignante et un engagement à la Clinique Saint-Amé, puis au Castel dans les soins et finalement en aumônerie. Anne-Françoise a fêté ses 50 ans de profession religieuse en 2021.

Sœur Verena Boss est née à Berne en mars 1944. A 15 ans, sa mère voulait l’inscrire pour un cours d’été de français mais celui des Ursulines a été supprimé cette année-là et elles leur ont donné l’adresse des Sœurs de Vérolliez. Là, elle a appris l’histoire de saint Maurice et celle de sainte Vérène, ermite égyptienne proche des martyrs thébains. C’est là que le Seigneur lui adressa son premier appel. « Je me sentais à ma place au milieu des Sœurs de Saint-Maurice pour vivre un témoignage de foi et du don de ma vie par amour pour le Christ. » En 2024, elle aura la joie de fêter ses 50 ans de profession après avoir œuvré deux ans à la Clinique générale de Sion et 42 ans à la Clinique Saint-Amé à Saint-Maurice. « Et maintenant, je fais une nouvelle expérience auprès des personnes aînées du Castel qui m’ont accueillies pour être avec elles et avec eux sur leur route ! Le Christ m’attirait et ça comptait plus que toute autre chose. On ne voit pas encore clairement mais on sait, sans doute, qu’il est présent. »

La deuxième partie de cette interview paraîtra dans notre prochain numéro. Vous y découvrirez un peu de la vie de leurs deux consœurs Claire Sierro et Marie-Thérèse Rieder.

Les femmes de la Bible

La Bible est un ensemble de textes racontant l’action de Dieu dans l’histoire de son peuple et dans l’Eglise. Nous y rencontrons la destinée de très nombreuses personnes – des hommes célèbres mais aussi des femmes connues ou moins connues.

PAR EMMANUELLE BESSI | PHOTOS : LDD

Esther
Esther Image tirée de: Esther (Bible) – Wikipédia (wikipedia.org)

Parmi les femmes les plus connues de l’Ancien Testament, il y a bien entendu Eve – première femme mentionnée dans la Bible (Gn 2-4). Nous trouvons aussi les femmes légitimes des patriarches : Sarah, la femme d’Abraham (Gn 12-23), Rebecca, la femme d’Isaac (Gn 24-27), ainsi que Léa et Rachel, les femmes de Jacob (Gn 28-36). D’autres épouses moins connues sont citées, comme Asnath, la femme de Joseph (Gn 41,45) ou encore Cippora, la femme de Moïse (Ex 2, 21). En dehors des « épouses de », on trouve des femmes intéressantes comme Rahab, prostituée de Jéricho qui protège les espions des Hébreux et facilite la prise de la ville et du pays par Josué et ses combattants (Josué 2), ainsi que Déborah, prophétesse et juge d’Israël qui mène les armées à la guerre et vainc l’ennemi (Jg 4-5).

La rencontre de Marie de Magdala et de Jésus au tombeau
La rencontre de Marie de Magdala et de Jésus au tombeau. Image tirée de: Marie de Magdala – Wikipédia (wikipedia.org)

Trois livres bibliques portent d’ailleurs des noms féminins. Il y a le livre de Ruth où Ruth (jeune veuve de Moab et sa belle-mère Noémie rentrent à Bethléem) devient l’épouse de Booz. Dans le livre de Judith, Judith (jeune et belle veuve de Béthulie) arrive à éviter une invasion en séduisant le Général Holopherne assiégeant sa ville ; elle profite de l’ivresse de ce dernier pour le décapiter et libérer ainsi la Judée des Babyloniens. Quant au livre d’Esther, Esther (jeune juive exilée avec le peuple juif à Babylone et qui devient la favorite du roi Assuérus) parvient à faire annuler le décret d’extermination des juifs. D’autres femmes sont encore mentionnées dans l’Ancien Testament comme : Anne la mère de Samuel (1 S 1-2), ou Sara la maudite, qui perd tous ses maris lors de ses nuits de noces (Tobie 3 et 7-8).

Dans le Nouveau Testament, les femmes sont aussi très nombreuses. La figure la plus connue est, bien entendu, Marie la mère du Christ, présente dans les quatre Evangiles et au début des Actes des Apôtres. La seconde femme dont il est question dans les Evangiles est Elisabeth (Lc 1, 39-80), puis on trouve Anne, qui prophétise sur l’enfant Jésus venant d’être présenté au Temple (Lc 2, 36-38). Nous y rencontrons aussi Marthe et Marie, les sœurs de Lazare (Lc 10, 38-42 / Jn 11, 1-44), Marie de Magdala – la femme la plus citée du Nouveau Testament, qui resta auprès de Jésus durant son ministère public, à la croix (Mc 15, 40-47) et lors de sa résurrection (Jn 20, 11-18).

On trouve encore des femmes dont le nom n’est pas connu, comme la Samaritaine (Jn 4, 4-29), la fille de Jaïre que Jésus ramène à la vie (Lc 8, 40-56), la femme adultère (Jn 8, 1-11), la pécheresse qui verse un parfum précieux sur les pieds de Jésus (Lc 7, 36-50).

Femmes de la Bible, les Cahiers de l’ABC-9, Edition Saint-Augustin, 2021, 387 p.

N’oublions pas les femmes présentes dans le reste du Nouveau Testament comme Tabitha, que Pierre ressuscita (Ac 9, 36-43), Marie mère de Jean surnommé Marc, qui mit sa maison à disposition de l’Eglise (Ac 12, 12), Priscille, épouse d’Aquila qui a soutenu Paul, (Ac 18) ou Evodie et Syntché, deux femmes ayant eu une querelle dans l’Eglise de Philippe (Ph 4, 2-3).

La liste n’est assurément pas exhaustive, mais si vous voulez en savoir davantage sur quelques grandes figures féminines de la Bible, je vous suggère la lecture de l’ouvrage ci-dessous :

Covid: une «expérience» mondiale pour quel avenir?

Le Covid et sa cohorte de restrictions me sont apparus comme une expérimentation mondiale d’étude des comportements face à une menace. Cela peut conduire à plus de soumission à une autorité sous le contrôle «scientifique» d’experts ou, au contraire, réorienter notre avenir vers plus d’humanité. Jusqu’où tiendra notre monde?

PAR JEAN-PIERRE DEMURGER
PHOTO : PIXABAY

Une expérience réalisée dans les années 60 et connue sous le nom du psychologue américain Stanley Milgram, avait pour but d’évaluer le degré d’obéissance de sujets devant une autorité qu’ils jugent légitime et d’analyser le processus de soumission à cette autorité, notamment lorsqu’il induit des choix posant des problèmes de conscience 1.

L’expérience. – Un « professeur » inflige des « punitions » à un « élève » sous forme de chocs électriques s’il commet une erreur et ce, sous le contrôle d’une « blouse blanche ». Ces chocs peuvent être mortels. Si le professeur décide d’arrêter, l’autorité scientifique lui demande de continuer, car tout est « sous contrôle ». Lors des premières expériences menées par Stanley Milgram, 62,5 % des sujets menèrent l’expérience à terme en infligeant à trois reprises la punition maximum (mortelle) à son élève. Milgram a qualifié à l’époque ces résultats « d’inattendus et inquiétants ». J’ai longtemps vu cette expérience comme désastreuse. Je suis d’une génération où « le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière de l’Alsace », dixit les scientifiques. Aujourd’hui, j’en comprends le côté positif. Une partie de la population est capable de « résister » et de sortir d’un problème avec des solutions « nouvelles » malgré toutes les contraintes qui peuvent lui être imposées par des autorités et ce, même si le conformisme contraint une majorité de la population. C’est plein d’espérance, car c’est ainsi que, il me semble, le christianisme est né.

Nos libertés. – Pourquoi, à travers cette pandémie, sommes-nous capables d’aliéner nos libertés face à une autorité, sans que cela ne génère davantage de problèmes ? Est-ce un effet de crise ou de masse que l’exécutif décide et que, sous le stress et la contrainte, la réflexion s’efface. Avons-nous encore un libre arbitre ? Sommes-nous capables de l’exercer ? Certes, la liberté est d’abord angoissante. Et l’autorité a ceci de rassurant que nous pouvons agir dans un certain cadre sans nous poser de question mais cela implique la confiance.

Un choix pour l’avenir. – Il n’y a pas de libertés sans choix. Or, nous sommes aujourd’hui devant un choix : continuer comme par le passé ou passer à un autre paradigme respectueux de notre humanité et de notre planète. Quel est le choix pour notre avenir ?

• Exercer notre libre arbitre en faisant des choix pour notre avenir ? Et comme choisir, c’est renoncer, à quoi devons-nous renoncer ?

• Laisser notre avenir en gestion à nos autorités dans des systèmes démocratiques ou non, qui ne pourront que nous contraindre en parant aux crises qui s’enchaîneront de plus en plus vite ? Crises qui appelleront la suspension (ou la suppression) de nos libertés…

Dans son dernier ouvrage, Philippe Guillemant 2 écrit : « Une chose est sûre. Cet ancien futur est le prolongement du monde d’avant, en pire, c’est-à-dire, toujours plus de pollution, de destruction de la nature et du vivant, de surconsommation, de dépense d’énergie et d’information. C’est aussi l’aliénation de l’être humain à travers les technologies liberticides qui veulent s’imposer à nous aujourd’hui : la 5G avec les objets connectés, le traçage de la population, la surveillance par drone et le puçage humain. » Les systèmes (démocratiques, éducationnels, judiciaires, médicaux, etc.) craquent en général à la marge comme les vieilles outres avec du vin nouveau. Il y a toujours des moyens d’accélérer leur chute, en poussant les protocoles qui nous gouvernent dans leur retranchement.

Ceci ne nous dit cependant pas comment construire le futur. Dans ce sens, Philippe Guillemant dit aussi : « Si vous ne voulez pas du transhumanisme, soyez lucides et sachez dire non, mais sans vibrer la peur et la violence. Vibrez plutôt la joie et la puissance de l’être souverain et confiant qui sait que ce futur ne passera pas par lui. Vibrez des projets solidaires, autonomes et résilients qui valorisent la nature au lieu de la détruire. Rêvez de rejoindre des initiatives innovantes et créatrices en allant vous installer dans la campagne. Mais n’oubliez jamais qu’on ne crée pas son futur avec son mental, mais avec son cœur. »

Notre futur est-il déjà figé, sans que nous puissions le modifier ?

1 Source : Wikipédia.
2 Extrait de Philippe Guillemant, « Le grand virage de l’humanité : Vers quel nouveau futur nous dirigeons-nous ? », Ed. Guy Trédaniel, 2021.

Wordpress Social Share Plugin powered by Ultimatelysocial
LinkedIn
Share
WhatsApp