Aujourd’hui, une paroissienne nous ouvre son cœur et nous offre son témoignage. Merci Claudine!
Propos recueillis par François Riondel Photo : DR
« Guide-moi sur les chemins de ta verité » (Ps 24)
Oui, Seigneur, avec toi je choisis de marcher au désert de ces 40 jours de Carême pour te rencontrer au plus intime de moi-même et y découvrir, à la Lumière de ton Esprit, de quelle manière nouvelle tu veux me faire vivre avec toi, le « Car-Aime » de chaque jour dès le matin de Pâques. 40 jours au désert de nos chemins de Carême une fois l’an… Oui, mais… nos années de vie sont aussi parfois traversées par de longs déserts, à l’image des « 40 ans au désert des Hébreux ». En partage, en voici l’un d’eux qu’il m’a été demandé de traverser, dans le silence de Dieu, pour renaître à la Vie, et fêter « ma » Pâque au sortir du désert.
D’un « pourquoi », à un « pour quoi »
A peine sortie de l’adolescence (je porte depuis peu le titre de senior), alors que je venais de franchir la porte de l’église au terme de la messe de sépulture de papa, il m’a été dit une parole que je n’oublierai jamais : « Oh que Dieu doit t’aimer pour te reprendre ton papa ! »
Ce fut un « tournant » dans ma vie et le premier jour d’un long chemin pour tenter de comprendre comment il pouvait en être ainsi.
Il y avait bien dans mon « éducation religieuse » une coloration dite « janséniste » pour « Dieu-Père », mais dans mon cœur, une certitude reçue : son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, Lui n’était et ne pouvait être qu’Amour. Alors pourquoi « Dieu Père »… qui m’a-t-on dit m’aimait… avait-il voulu me reprendre papa ?
Si tel était bien le cas, alors je ne poursuivrais pas ce chemin de foi ! Mais si ce que je vivais au plus profond de moi était Vérité, alors je demandais à Jésus de me le montrer et… je l’avoue : de me le prouver, pour tenter de survivre à ce tsunami de détresse / tristesse venu frapper notre famille. Vous l’aurez compris, il ne m’était plus possible d’entendre : « Dieu notre Père. »
Seul Jésus-Christ était une Vérité audible pour moi et, dans ma vie, pouvait être un chemin de survie.
Jour après jour, petite pierre après petite pierre déposée sur ma route, notre Seigneur m’a répondu avec une infinie délicatesse – patience habillée de tendresse – me présentant des « êtres de lumière », principalement trois prêtres répondant chacun au prénom de Jean, qui ont su m’accompagner à l’image et au nom de Jésus. L’un deux ne m’a-t-il pas dit au début de ma recherche : pendant 3 ans de vie publique, Jésus a « tourné en rond » autour d’un lac (périmètre restreint), mais sans jamais croiser quelqu’un sans le Regarder ET l’Aimer dans son unicité. Je n’ai jamais oublié !
Notre Seigneur n’a jamais lâché ma main, marchant à mon rythme à mes côtés, sans oublier de me porter peut-être plus souvent qu’à mon tour. Avec le plus précieux des cadeaux : oui aujourd’hui c’est en Vérité que je peux dire « Abba, Père » !
Pour tenter de vivre dans Sa Vérité qui n’est qu’Amour…
Dans l’infiniment petit de mon quotidien, je tente de « juste aimer », mais là, c’est encore à partir « de moi » ; alors je demande à notre Seigneur « d’aimer juste », c’est-à-dire de passer par Lui, par son Cœur pour le laisser rejoindre et aimer ceux qu’Il me donne au hasard de mes pas, mettant à sa disposition simplement mes yeux, mes mains, mes oreilles…
Mère Teresa nous dit que ce n’est pas ce que l’on fait qui compte, mais bien la dose d’amour que nous y mettons, à l’image d’ailleurs de Thérèse de Lisieux qui ramassait, avec amour, même une toute petite aiguille.
Et à l’aube du matin de Pâques…
Parvenus au terme de nos 40 jours de Carême, nous recevrons chacun / e comme Marie-Madeleine, le privilège et la grâce, de nous entendre appelés / es par notre prénom. Avant qu’il en soit ainsi, au jour de notre « Entrée dans la Vie », où notre Seigneur nous tendra les bras et nous accueillera en prononçant notre prénom avec une infinie tendresse.
Le wokisme désigne le fait d’être conscient des questions de justice sociale, raciale et environnementale et de les dénoncer.
On serait donc tenté de voir dans le wokisme une prolongation de la foi chrétienne qui appelle à l’amour du prochain sans distinction. Pourtant, des divergences sont bien présentes : les thèmes du genre, du mariage, de l’avortement, des traditions et donc du dogme et des règles qui régissent la vie chrétienne, de la justice et de la place de la rédemption et du pardon, et l’universalité de la foi chrétienne face aux luttes de pouvoir de minorités sont des éléments forts d’opposition entre christianisme et wokisme.
Surtout, la foi chrétienne nous invite à dire « oui » plutôt qu’à dire « non », elle nous pousse à ouvrir les bras plutôt qu’à les refermer. Ainsi, c’est certainement là la grande divergence, la tendance systématique qui caractérise le wokisme dans sa quête de justice finit par fermer les portes du dialogue nécessaire à l’amour de son prochain.
N’oublions pas que la foi chrétienne n’est pas aveugle à l’injustice. Grégoire de Nysse (335-395) déclarait : « Si Dieu n’asservit pas ce qui est libre, qui peut établir au-dessus de Dieu sa propre domination ? »
Woke, voilà un terme en vogue ! Utilisé à toutes les sauces, on ne parvient toutefois pas si bien à le définir, si ce n’est qu’il a une connotation plutôt péjorative. A bien y regarder, il ressemble étrangement à un puritanisme… sans théologie.
Par Myriam Bettens | Photos : AdobeStock, Unsplash, DR
Force est de constater que si ce mot n’est pas celui de l’année, il est au moins celui de ces dernières années. Le terme woke désigne en anglais le fait d’être éveillé, conscient et en alerte face aux inégalités. Plus que toute autre occurrence issue du vocabulaire identitaire, ce terme décrit bien les affrontements politiques et culturels entre une gauche « progressiste » et une droite « conservatrice ». Outre l’aspect politique patent que ce terme revêt, les détracteurs de la « culture woke » – à la fois pour dénoncer et mettre en garde contre son importation sous nos cieux – ont tendance à recourir au lexique religieux dans leur critique. De la simple comparaison jusqu’à, parfois, l’assimilation.
La paresse intellectuellecomme vertu
L’utilisation de l’analogie religieuse comme outil d’analyse de faits sociaux dans le registre des sciences humaines et sociales n’est pas nouvelle. Déjà en 1941, le philosophe et sociologue français Raymond Aron proposait l’expression de « religion séculière »1. Mais on peut se demander si, ici, l’analogie religieuse est propre à nous aider à saisir le phénomène du wokisme en lui-même. Or, dans un essai sur les limites de l’analogie religieuse2, la sociologue française Nathalie Heinich pointait le risque d’un tel procédé, qui, « par un effet d’aspiration, tire vers « le religieux » tout ce qui, de près ou de loin, y ressemble, sans que ne soit jamais discutée la pertinence d’une telle assimilation ».
Pour reprendre ses termes, « l’effet d’aspiration » produit une certaine paresse intellectuelle. Dans ce cas précis, le wokisme n’est plus analysé pour lui-même, mais uniquement par le prisme du religieux. Cette comparaison induit aussi un transfert des attributs de la religion – renvoyant l’image d’un christianisme dans sa version la plus fondamentaliste – au mouvement woke. L’intolérance, le refus du dialogue, le fanatisme ou encore le dogmatisme deviennent alors des qualificatifs de la culture woke. En outre, cette analogie a pour conséquence d’inciter à penser qu’il existe une unité, une vision, voire un programme au sein du wokisme, alors qu’il demeure tout au plus un mouvement.
Dans sa diversité, le wokisme demeure tout au plus un mouvement.
Une rhétorique de saturation
Ce qui devrait rester un outil au service d’une démonstration en devient la fin et « le problème avec l’analogie religieuse n’est pas qu’elle soit fausse, mais bien qu’elle ne soit jamais fausse »3. Les caractéristiques apparentées au religieux de la culture woke – moins pour comparer que pour dénoncer – et son assimilation à une nouvelle religion sont toujours opérées sur le mode de l’évidence. L’exemple le plus emblématique se trouve dans La religion woke 4 de Jean-François Braunstein. Les militants « prêchent », leurs actions sont « des rites » et ils sont conduits par un ensemble de « textes sacrés » regroupés en « missels ». C’est ce procédé rhétorique de saturation du texte au moyen du lexique religieux qui finit par conférer à la culture woke sa dimension religieuse ! Par contre, aucune trace du pourquoi le wokisme serait une religion. Le Mystère se trouve peut-être là…
Il est vrai que la sémantique invite à franchir le pas par son appellation même. Le terme woke [ndlr. éveillé] évoque les vagues de Réveil religieux qui ont marqué toute l’histoire des Etats-Unis depuis le XVIIIe siècle. Si l’éveil peut être une caractéristique de la religion, celle-ci n’en a pas l’exclusivité. Rappelons le philosophe Kant se félicitant d’avoir été « réveillé de son sommeil dogmatique » par son homologue écossais Hume, ou encore les thèses conspirationnistes reprenant à leur compte la thématique de l’éveil. Si un rapprochement semble tout à fait légitime, une assimilation ne l’est en revanche pas.
La couverture du numéro de mai 2019 du magazine Valeurs actuelles, assimilant les revendications féministes à une « inquisition ».
Une « quasi-religion » civile
Dans une longue analyse5 réalisée pour l’Institut Religioscope de Fribourg, l’historien Olivier Moos avance qu’« un certain nombre d’auteurs ont utilisé le modèle du Great Awakening [ndlr. Grand Réveil] pour analyser le phénomène woke à la manière d’un surgissement culturel et révolutionnaire, comme l’émergence d’une nouvelle « religion civile », ou encore la manifestation d’un post-protestantisme débarrassé de sa théologie ». Il souligne que « le wokisme fonctionne à la manière d’un système de croyances, mais n’est pas pour autant une religion. […] Une partie des idées et des attitudes adoptées par les militances progressistes reproduisent des croyances et des comportements que l’on observe plus couramment dans certains groupes religieux fondamentalistes ».
Il cite l’obsession de la pureté et du péché, la certitude de jouir d’une infaillibilité morale, la condamnation de l’hérésie ou encore l’autorité indiscutable des écritures. Le wokisme, tout comme les systèmes religieux, offre à ses adeptes un système interprétatif de la société, avec ses normes, ses valeurs et ses dogmes. « Ayant émergé dans un univers culturel profondément influencé par le protestantisme, il n’est pas surprenant que de nombreuses valeurs et pratiques woke puissent reproduire, inconsciemment, des éléments de cet héritage. Cependant, les intellectuels de cette mouvance revendiquent de produire du savoir et de l’expertise, et non du spirituel. » En d’autres termes, il manque au wokisme sa dimension proprement métaphysique.
Eveil et crépuscule
Le chercheur fribourgeois reconnaît que « tant les comportements des activismes qu’une partie du corpus de la Social Justice prêtent aisément le flanc à une analogie religieuse » en transférant la sensibilité morale du protestantisme dans le champ politique « alors que le cadrage métaphysique s’est étiolé ». Cela a « entraîné non seulement une moralisation de la politique, mais aussi une érosion de la frontière entre cette dernière et le religieux ». Il déplore l’absence de « garde-fous théologiques » dans ce mouvement. A l’image d’un « corpus théologique, qui se serait construit à travers des siècles d’affinage et de conciles, procurant ainsi un cadre normatif à des notions de justice, de péché ou de rédemption. Ces idées, libérées de leur cadre et réintroduites dans une religiosité révolutionnaire, risquent l’emballement ». Le Royaume des Cieux ne demeurerait alors plus que l’ambition d’établir en ce monde une société parfaitement égalitaire, « quels qu’en soient les coûts ».
1 Raymond Aron, L’avenir des religions séculières, in Raymond Aron, Une histoire du XXe siècle. Une anthologie, Paris, Plon, 1996. 2 Nathalie Heinich, Des limites de l’analogie religieuse, Archives de sciences sociales des religions, n° 158, 2012, pp. 157-177. 3 Eric Maigret, Du mythe au culte… ou de Charybde en Scylla ? Le problème de l’importation des concepts religieux dans l’étude des publics des médias, in Philippe Le Guern (dir.), Les cultes médiatiques, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002, pp. 97-110. 4 Jean-François Braunstein, La religion woke, Paris, Grasset, 2022. 5 Olivier Moos, The Great Awokening : réveil militant, justice sociale et religion, sur www.religion.info/2020/12/31/great-awokening-reveil-militant-justice-sociale-et-religion
Le militantisme en faveur de la justice sociale était historiquement porté par les communautés religieuses avant d’être recyclé par le giron politique.
Dans un ancien catéchisme, à la question de savoir ce que signifie « croire », on peut lire : « Croire, c’est tenir fermement pour vrai ce que Dieu nous a révélé et ce que l’Eglise nous apprend à croire. » Cette réponse est loin d’être fausse aujourd’hui encore, seulement, une telle foi est-elle utile et solide ? Je pense que croire est plus que tenir fermement quelque chose pour vrai, même si je n’en suis pas moi-même convaincu à 100 %.
Lorsque je crois quelqu’un, je lui donne mon cœur, car le mot latin « credere » (croire) est dérivé de « cor dare » (donner son cœur). Il en résulte que la foi est d’abord une relation personnelle. Je fais confiance à quelqu’un que j’aime. C’est la foi en un Toi que nous appelons Dieu. La foi n’est donc pas d’abord l’adhésion à des vérités de foi, mais une relation personnelle et confiante avec Dieu. Le pape Benoît a dit à juste titre dans une homélie : « Ce en quoi nous croyons est important, mais celui en qui nous croyons est encore plus important. » Si je crois en Dieu, je peux lui confier toute ma vie. Je peux lui donner mon cœur, car Dieu n’a pas seulement ouvert son propre cœur pour nous depuis longtemps, mais il nous l’a offert. Je peux compter sur lui face à toutes les épreuves, entre ses mains mon cœur est bien gardé. Dieu, je crois et c’est pourquoi je te donne mon cœur.
Extrait de la préface du livre « Doux désert » de l’abbé Darius. Préface rédigée par l’abbé Marc Donzé, vicaire épiscopal au moment de la parution du livre.
L’abbé Dariusz Kapinski a passé quelques mois en fin 2009 à Jérusalem et en Terre Sainte. Temps de formation, temps de remuement profond de l’être : il en est revenu changé.
Dès le premier moment, il a décidé d’envoyer à ses amis de Pologne un mail quotidien, relatant son séjour et ses découvertes. Il l’a fait avec une belle régularité. Ses récits ont plu, car ils étaient écrits dans un style spontané et joyeux, mais aussi plein de poésie et de profondeur. L’idée de rassembler ces textes en un livre s’est dès lors imposée.
Le livre se présente comme un carnet de voyage en Terre Sainte. Mais l’auteur ne se contente pas de décrire des sites. Il raconte son cheminement intérieur et les ambiances qu’il a perçues avec tous ses sens en éveil. Ambiances très contrastées.
Il faut aller au fond de soi-même pour atteindre à l’essentiel de la Terre Sainte. L’abbé Kapinski évoque les combats presque quotidiens qu’il a dû mener pour trouver le silence et la paix, afin d’arriver aux lieux où le cœur désire rencontrer la trace de lumière laissée par la Révélation divine. Ces combats l’ont transformé, si bien que les carnets du temps sabbatique deviennent le journal d’un voyage intérieur.
Il y a aussi les contacts, que l’abbé aime autant que le silence, dans un bel équilibre. Entre tous, celui de Shady, jeune handicapé rencontré dans la ville portuaire de Haïfa, est magnifique.
J’aimerais dire un grand merci à l’abbé Kapinski pour son beau témoignage sur les routes d’Israël. Et souligner sa forte profession de foi : « O Christ, tu es le seul que je ne veux pas perdre. En toi, je possède tout ! »
Extrait
Qu’il est bon d’être là où je suis, parce que Toi, Tu ES si fortement présent ! Tu donnes le lieu et le temps du rendez-vous et tu ne le manques pas. Je ne désire rien que de te servir fidèlement avec mon cœur renouvelé en permanence. Ouvre-le de plus en plus, pour que ma prêtrise soit comme Ta croix : signe d’amour, de sacrifice, de victoire.
Oh Dieu incarné, le Christ ! Je sais que Tu es devenu le Dieu-Homme pour m’enrichir par ta divinité. Et comme dira l’autre : « rien de mieux ne pouvait arriver à cette terre que le christianisme. » Oh Christ, je te supplie de me donner la force de me relever de chacune de mes chutes.
Dirige souvent mon regard vers nos mères, celle qui nous est commune et la mienne. Que leurs regards soignent mon cœur et me donne la force jusqu’à mon dernier soupir, jusqu’à ma pleine victoire en Toi.
Seigneur, fais que les visages et les cœurs de nos mères terrestres restent à jamais en paix, en joie et pleins de Ta divine lumière. Qu’ils leur manquent de raisons de manifester leur douleur.
Père céleste, je Te remercie pour la liberté et le temps – nécessaires instruments de Ta miséricorde ; pour l’envie de la bonté qui m’habite, pour toutes mes batailles intérieures et Tes grâces que je reçois en Ton Fils, Jésus Christ.
Mon Dieu, dépose les langues du feu de Ton Esprit sur tous ceux que Tu me confies. Que Ton vent remplisse les lieux de leurs séjours, leurs cœurs et leurs vies.
Apprends-nous tous à parler, aimer, vivre pour Ta gloire !
Oh Christ, tu as appelé Tes Apôtres en scrutant leurs cœurs. Tu les as équipés en Toi-même et tu les as envoyés…
Ton Royaume grandit toujours en de nouvelles personnes parce que Tu donnes sans arrêt le ferment, la graine, parce que Tu n’arrêtes pas d’appeler, de scruter, de Te donner Toi-même et d’envoyer.
Je suis présent ! Je me présente devant Toi avec ma nouvelle disponibilité, avec le cœur nouveau et ouvert au neuf.
Apprends-moi toujours à grimper la montagne pour demeurer seul à seul avec le Père.
Je Te supplie, oh Christ, donne-moi la force de la fidélité de puiser en permanence en Toi, d’un fort attachement à Toi.
Descends avec moi de la montagne sur des plaines de difficultés. Donne-moi la force et le courage d’entrer en relation avec les gens ayant faim d’amour, ayant faim de Toi, souvent sans le savoir… Fais de moi Ton instrument, pour que je ne cesse d’ouvrir à Toi mes frères et sœurs par le témoignage que Tu habites en moi.
« Dis-moi comment tu crois, je te dirai qui est ton Dieu. » Une façon d’inviter la foule de demandeurs de sacrements – appelés catéchumènes – à exprimer leur propre credo tout en décortiquant les deux officiels, celui de Nicée-Constantinople et le Symbole des Apôtres. Et leur relecture ne corrobore pas toujours la doctrine officielle. Mais les comprend-on vraiment bien dans le détail ?
Par Thierry Schelling | Photos : DR
Ils seraient 150 credo parmi les Eglises historiques mais c’est le Grand 1 Credo appelé « de Nicée-Constantinople » dont toutes fêtent, en 2025, les 1700 ans de profession solennelle. Cette pluralité a toujours été de mise dans l’histoire de l’Eglise et les Ecritures nous révèlent des traits étonnants sur les premières professions de foi !
Evangiles
Dans les Evangiles, les premiers à croire en Jésus comme Fils de Dieu sont… les mauvais esprits ! (cf. Mc 1, 24 ; Lc 4, 34) Intéressant. Chez Matthieu, le diable se joue même de cette appellation : « Si tu es Fils de Dieu. » (cf. Mt 4, 3.5) Jésus et Satan à part égale ?
Puis arrivent ce que d’aucuns appellent « les païens » et, parmi eux, les pires ennemis des Juifs de l’époque : les Romains ! « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu », dit le centurion au pied de la Croix (cf. Mt 27, 54). Un Romain, donc, comme ce centenier au serviteur malade (cf. Mt 8 5ss). Pareil pour les Samaritains qui tiennent une bonne place dans l’art de professer leur foi en Jésus Messie et Fils de Dieu (cf. le splendide dialogue entre Jésus et la Samaritaine, ch. 4 de Jean).
Enfin, pour en rajouter une couche, les nombreux malades guéris par Jésus l’invoquent comme « Seigneur » : lépreux, épileptiques, possédés et… des femmes connotées « pécheresses » (cf. Lc 7, 36ss) ou étrangères (Syro-phénicienne, cf. Mc 7, 24-30).
En résumé, les premiers à professer la divinité du Christ ne sont pas ses disciples ni ses pères (sa famille le traite de fou !) ni ses pairs (Barabbas est préféré au « roi des Juifs »…), mais des parias dont le credo est repris dans les Ecritures !
Paul
Quelques années avant la parution des évangiles, Paul a déjà réfléchi, mûri, réécrit pour ainsi dire son credo juif à l’aune de l’événement Jésus-Christ. Cela nous vaut de splendides pages dans ses Lettres où il décline Jésus en de multiples articles de foi : nouvel Adam ; unique médiateur entre Dieu et les hommes sans égard de leurs origines, langues, cultures ; image du Dieu invisible, etc. Sans parler de la Lettre aux Hébreux qui explicite le passage du Messie juif au Sauveur universel.
Ce foisonnement permet-il aux Evangélistes de transmettre la foi en Jésus Fils de Dieu émise par des gens hors sérail aux générations futures sans un tri ? Comme le dit de lui Albert Schweitzer, « Paul est le protecteur de l’intelligence dans le christianisme ». Et cette intelligence est polymorphe et évolutive. C’est aussi un effet de la Pentecôte, cet éclatement de l’ethnocentrisme vers l’universalité transculturelle de la Bonne Nouvelle. D’où la pluralité des récits de déclamation de la nouvelle foi, peut-être…
Premiers credo
Si les credo abondent, les « hérésies » pullulent également, non sans raison : articuler intellectuellement, et avec les catégories philosophiques de l’époque, l’Incarnation du Dieu invisible en un homme bien visible, peut bien susciter des volumes théologiques à la qualité variable, qui résultent parfois même en des conflits déstabilisateurs d’une ville, d’une région… Et les politiques sont conscients du danger d’insécurité. Dès lors, un empereur, Constantin Ier, convoque le premier concile de l’Eglise, en 325, à Nicée, pour décider d’un dogme commun pour tous les chrétiens d’Occident comme d’Orient ; et c’est un autre empereur, Théodose, qui convoque à Constantinople en 381, le deuxième concile, pour compléter l’affirmation théologique sur l’Incarnation de Dieu en Jésus. L’orthodoxie au service de l’ordre, en quelque sorte. Et de nouveau l’aspect évolutif : on comprend de mieux en mieux, mais lentement…
C’est ainsi que le Credo dit de Nicée-Constantinople, devient l’unique credo fédérateur des Eglises officielles. Il est rappelé dans chaque concile qui suivra. Il servira d’outil d’excommunication des erronés qui s’entêtent à ne pas vouloir changer leurs opinions. Mais il permettra aussi aux catéchumènes de travailler et d’adhérer à une foi aux articles explicites.
D’ailleurs, l’essor des chrétiens – favorisé par l’édit de Thessalonique (380) qui proclame le christianisme nicéen comme unique religion d’Etat – va diversifier le mode de confesser sa foi en inventant, par exemple, le questions-réponses (« Crois-tu en Dieu le Père… ? ») après le rejet du Menteur, pour le baptême. L’accent est mis sur la démarche personnelle : l’emploi du je va d’ailleurs même remplacer le « Nous croyons… » des origines dans le Grand Credo.
L’autre credo, le court appelé Symbole des Apôtres et qui serait un produit de Rome du IIe siècle, n’en est pas pour autant ignoré ; il devient – après la séparation Catholiques-Orthodoxes (1054) – l’apanage de l’Occident papal, côte à côte avec Nicée-Constantinople… L’ère œcuménique (débutée fin du XIXe siècle) verra le Grand s’universaliser et être utilisé dans les contrées slaves et latines (portugaise, hispanophone, italienne…) alors que l’usage du Symbole va plutôt dominer dans la Francophonie et les terres germaniques et anglophones – allez savoir pourquoi.
Aggiornamento
Assez surprenant, les scissions ecclésiales – Occident et Orient, Réforme et Contre-Réforme, etc. – n’ont pas amoindri la primauté du Grand. Même si d’aucuns appellent à l’amender ou à le récrire 2. Tout comme le Notre Père a été modifié il y a quelques années, des expressions comme « consubstantiel », « engendré non pas créé », ou l’emploi de mots comme « personnes » ou « substance » pour la Trinité, appartiennent à une époque philosophique révolue aujourd’hui ; de fait, ces mots peuvent même prêter à confusion : trois personnes est-il égal à trois divinités du coup ?
Un exemple récent pour illustrer cela : Paul VI, le 30 juin 1968, prononce son credo du Peuple de Dieu pour clore la solennelle Année de la foi. Il rappelle à l’audience du mercredi 30 octobre de la même année, qu’il ne s’agit pas de modifier le Credo, mais de le récrire pour continuer à le rendre toujours plus accessible – l’esprit du concile Vatican II souffle encore…
En conclusion, un (ou deux) credo(s) officiel(s) a/ont été réalisé(s) grâce à la réflexion de dissidents théologiques et pastoraux. Si jadis on les éliminait, aujourd’hui, on a tout à gagner à les écouter : ces « hérétiques » ont une parcelle de vérité s’ils sont bienveillants dans leur démarche. Et qui possède la vérité pleine ? « Je suis la vérité », a dit le Christ, et pas « J’ai la vérité, la voici lyophilisée ! ». D’ailleurs, l’étymologie du mot « hérésie » est celle de « choix, préférence, inclination ». Oui, la foi est aussi une question d’inclination… Qui plus est, accueillir la part de mécréance en moi ne permet-il pas de… mieux croire ?
Constantin (à droite) a convoqué le concile de Nicée en 325. Théodose (à gauche) convoquera celui de Constantinople en 381.
Symbole des Apôtres
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.
Grand Credo : symbole de Nicée-Constantinople
Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible, Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu Engendré non pas créé, consubstantiel au Père ; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes. Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen.
Notre paroisse sera en fête à la Pentecôte pour marquer les 60 ans de prêtrise du Père Lucien Pochon, enfant de la région, devenu missionnaire spiritain.
Par Claude Jenny Photo : cath.ch
Agé de 90 ans, le Père Lucien coule aujourd’hui une retraite heureuse en compagnie d’une demi-douzaine de confrères à l’Ecole des Missions du Bouveret, l’un des pôles de la communauté spiritaine de Suisse. Cet enfant de Châtillon est né dans le hameau du « Purgatoire » où il a vécu son enfance en compagnie de onze sœurs et frères, dont un est décédé.
Il y aura donc une famille nombreuse le 8 juin prochain à l’église de Lully pour la messe de la Pentecôte que le Père Lucien célébrera en compagnie de confrères et de notre communauté paroissiale. Le Père Lucien n’aime guère évoquer les diverses étapes de sa vie de religieux, spécialement celles qu’il a vécues en Afrique. « Il y eut des moments difficiles » se borne-t-il à dire. « Il ne faut pas trop parler de soi » ajoute-t-il, alors même que son ministère a pourtant été fécond, tant en Afrique qu’en Suisse.
Missionnaire dans l’âme
« J’ai toujours voulu être prêtre mais aussi missionnaire » : c’est la raison pour laquelle il a d’emblée approché la communauté des Père du Saint-Esprit dont le rayonnement à travers le monde reste important avec quelque 2700 envoyés dans une soixantaine de circonscriptions.
A Saint-Aubin
Le Père Lucien – dont un autre frère, Pierre, est également spiritain – a vécu une première mission au Sénégal durant 16 ans puis une seconde aux Seychelles durant 6 ans jusqu’en 2009. Il fut alors obligé de rentrer en Suisse pour des raisons médicales. Sa santé devenue fragile, il n’en continua pas moins à être actif et exerça notamment dans la Broye un ministère dans la paroisse de Saint-Aubin.
Il a aussi exercé plusieurs hautes charges au sein de sa congrégation, notamment celle de directeur du séminaire des pères du Saint-Esprit à Fribourg et occupa également la charge de provincial de 1993 à 1999. Il occupa également la fonction importante de supérieur de la maison du Conseil de sa congrégation à Rome.
De retour au Bouveret, il a dû restreindre son activité mais, même s’il a quelques difficultés pour se déplacer, il n’en continue pas moins à se rendre chaque semaine à Bex pour y célébrer la messe chez les sœurs de Saint-Maurice à « La Pelouse ». Outre le Chablais valaisan, la communauté des spiritains est bien active dans plusieurs UP de Suisse romande, notamment à Sainte-Claire (région de Marly) et Saint-Barnabé (Payerne). Ses confrères pourront venir le fêter « en voisins » le dimanche 8 juin prochain à 10h à l’église de Lully, dans l’église où il célébra sa première messe.
Le Père Lucien n’aime guère les flonflons, mais cette messe de jubilé le réjouit quand même car « ce sera l’occasion de remercier tous ceux qui m’ont aidé et accompagné durant ma vie de prêtre et de missionnaire » confie-t-il. « Je dirai quelques mots, mais assez brièvement. Il ne faut pas faire trop long… » ajoute-t-il avec une vivacité que son grand âge ne trahit pas !
Les 1700 ans du Credo de Nicée pourraient nous donner l’impression que notre foi est bien assurée. Nous la proclamons tous les samedis-dimanches. Nous sommes ainsi portés par la Tradition de l’Eglise et par la communion des saints. Cela nous fait du bien. C’est l’une des belles raisons de participer à l’eucharistie dominicale.
Car malgré tout, nos convictions demeurent fragiles et soumises aux coups de boutoir de l’indifférence ambiante, de la routine communautaire, des doutes individuels. Nous pouvons dès lors nous appuyer sur le cheminement des apôtres qui, malgré la présence parmi eux du Fils de Dieu, ne manquent pas de continuer de s’indigner lorsque le Christ annonce par trois fois sa Passion.
Et nous sommes invités à nous placer à côté de ces personnages de l’Evangile qui s’approchent du Fils de l’homme, car ils mettent leur confiance en lui et en sa capacité de libérer l’être humain de toutes ses entraves.
Tel ce père qui, depuis la foule, interpelle le Maître et lui présente le cas de son fils (Marc 9, 14-29) : possédé par un esprit muet, celui-ci est jeté à terre, il écume et grince des dents, il devient raide quand le démon le saisit. Les disciples n’ont pas réussi à l’expulser et le Rabbi les rabroue à cause de leur incrédulité.
Lorsque le papa amène l’enfant captif de ce mal depuis l’enfance, il avance avec précaution : « Si tu peux nous venir en aide et nous prendre en pitié. » « Rien n’est impossible à celui qui croit », réplique Jésus. Et alors l’homme prononce cette phrase que nous sommes tous à même de prendre à notre compte : « Je crois, Seigneur, mais viens en aide à ma foi. »
C’est la seule chose que Dieu nous demande : l’humilité et la prière. Devant l’attitude respectueuse et croyante du père, le Fils de Dieu menace l’esprit impur, le fait sortir de l’enfant et relève le petit.
Notre foi chancelante suffit, pourvu qu’elle s’adresse à la Trinité sainte et qu’elle s’accompagne d’une supplication confiante. Elle est capable de ce fait de nous arracher au mal et de nous mettre debout. Chantons-le régulièrement : « Seigneur, nous croyons en toi, fais grandir ma foi. »
Le groupe de catéchèse de 6H de Cheyres-Châbles, à la suite de la rencontre sur le baptême, a réfléchi sur le credo. Cette prière leur a permis d’approcher le mystère de la Trinité, souvent difficile mais nettement plus compréhensible lors qu’il est illustré. Là, ils ont découvert le Père créateur, le Fils Jésus né homme, crucifié et ressuscité et l’Esprit Saint aujourd’hui présent dans leur vie et celle de la communauté Eglise. Un bout de route reste à vivre…
Paul VI, en 1968, a écrit son propre credo. Il n’est pas le seul Pape à avoir procédé de la sorte.
Par Thierry Schelling | Photo : DR
Conciles
Ce n’est pas le Pape ou le patriarche de Constantinople qui ont décidé du Credo chrétien, mais bien les Empereurs Constantin et Théodose, en convoquant les évêques d’alors à Nicée (325) et Constantinople (381). Affaire politique, donc ? Pas uniquement, mais aussi, tant le christianisme d’Etat – dès le IVe siècle – devient stabilisateur de paix dans les Empires d’Occident et d’Orient. Oui mais : pourquoi répéter cette charte voulue par des chefs d’Etat dans nos Eglises et jusqu’à aujourd’hui ?
Rome
Certes, le « Symbole des Apôtres » – le court – précède historiquement celui de Nicée-Constantinople – le Grand – qui ne va s’imposer en liturgie qu’à partir du Ve siècle et par la volonté du Patriarche… d’Antioche, coopté aussitôt par Alexandrie et Constantinople. Mais à Rome, « fa come i Romani », dit le proverbe, et le pape Vigile (535-555) remplace le Grand avec le court. Le « Symbole » se réfugie en Irlande chez les moines et 300 ans plus tard, sous Charlemagne, c’est le « grand » qui prédomine à nouveau sur le continent.
Benoît VIII
Comme on n’apprécie guère la disparité en liturgie occidentale, Teofilato de Tuscolo alias Benoît VIII, décrète que tous les diocèses d’Europe de l’ouest adoptent le Grand Credo, et chanté de surcroît, à la messe – avec le Filioque. Enfin à l’unisson, Orient et Occident professent la même foi – à quelques mots près.
D’un arbre à deux branches…
… à la forêt ! Avec la Réforme, la forme du Credo s’est ramifiée en plusieurs « Confessions » : d’Augsbourg, les 67 articles de Zwingli, les dix Thèses de Bâle, la Première Confession de Bâle, etc.
Et même Rome s’y est mise : Paul VI, en 1968, écrit son credo ; Jean-Paul II et Benoît XVI expliquèrent au cours des Catéchèses du mercredi le Credo en de multiples « capsules » théologiques pratiques car concises ; jusqu’au credo du pape François paru en 2020. Un magistère en développement, en somme…
Avec les premiers témoins de Jésus-Christ, confessons notre foi en proclamant d’une manière originale grâce à cette sélection de citations dont le choix émane d’un auteur inconnu.
Avec Jean-Baptiste (Jn 1, 29) : Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.
Avec André (Jn 1, 41) : Nous avons trouvé le Messie.
Avec Nathanaël (Jn 1, 49) : Tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël.
Avec Pierre (Mc 8, 29) : Tu es le Messie.
Avec les Samaritains (Jn 4, 42) : Nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde.
Avec le centurion (Mt 15, 39) : Cet homme était véritablement Fils de Dieu.
Avec Marthe (Jn 11, 27) : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir dans le monde.
Avec Jean (Jn 1, 9) : Il est la lumière véritable qui éclaire tout homme.
Avec Thomas (Jn 20, 28) : Mon Seigneur et mon Dieu !
Avec le père de l’enfant malade (Mt 9, 24) : Je crois ! Viens au secours de mon incrédulité !
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel, est l’auteur de cette carte blanche.
Par Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel Photos : cath.ch, unsplash
Dernièrement, je suis allé voir la pièce de théâtre La visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt, au théâtre populaire romand à La Chaux-de-Fonds. Vous avez peut-être lu cette pièce en allemand Der Besuch der alten Dame quand vous étiez au lycée ou vous ne la connaissez pas. La pièce se déroule au XXe siècle à Güllen, ville fictive en Suisse. Une vielle dame revient dans sa ville des années après l’avoir quittée. J’ai été frappé par l’absence de pardon de part et d’autre dans la pièce. La vengeance calculée occupe une place importante. On peut bien sûr comprendre la volonté de la vieille dame d’obtenir justice après avoir été abandonnée, enceinte, par son amant. Fallait-il néanmoins exiger des habitants de Güllen la mort d’un des leurs en contrepartie des millions et des millions de francs que la commune allait recevoir ?
Il n’y a pas d’espoir et encore moins d’espérance dont nous avons tant besoin.
« L’espérance, c’est quelqu’un qui t’attend », selon une définition du pape Benoît XVI.
En cette année du Jubilé, avec le slogan Pèlerins d’espérance, nous pouvons nous ancrer sur le Christ, notre espérance. Quand Jésus nous demande : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-Je ? » Et si nous pouvons répondre comme Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16, 15-16) alors nous sommes sûrs que Jésus peut être notre ancre dans toutes les situations de notre vie. S’ancrer en Christ donne du sens à notre vie et nous pourrons reconnaître que Jésus est la résurrection et la vie lorsqu’il nous pose la question comme à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; […]. Crois-tu cela ? » (Jn 11, 25-26)
« Nous devons garder allumée la flamme de l’espérance qui nous a été donnée et tout faire pour que chacun retrouve la force et la certitude de regarder l’avenir avec un esprit ouvert, un cœur confiant et une intelligence clairvoyante. » 1
1 Lettre du pape François à Mgr Rino Fisichella (président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation) pour le Jubilé 2025, Rome, Saint Jean-de-Latran, 11 février 2022.
Cette année marque le 1700e anniversaire du premier concile œcuménique chrétien, qui se tint à Nicée, près de Constantinople, en 325 après Jésus Christ. Cette commémoration nous offre une occasion unique de réfléchir à la foi commune des chrétiens et de la célébrer, telle qu’elle est exprimée dans le Credo formulé lors de ce concile.
L’abbé Bernard et le pasteur Luc Nirima Ramoni.
Par Nicole Monnard Photos : Georges Losey
Loin des débats théologiques de l’époque, les célébrations vécues cette année durant la semaine de l’unité – à l’Abbatiale de Payerne (animation par l’ensemble des plateformes œcuméniques de la Broye) et au temple d’Estavayer – nous ont permis de vivre des rassemblements priants, fraternels et joyeux.
« Crois-tu cela ? » est le thème 2025, avec cette question de Jésus à Marthe, tirée de l’épisode de la résurrection de Lazare. Adressée à Marthe, cette interrogation devrait interpeler chacun·e de nous. Elle nous pousse à réfléchir à notre foi en Jésus-Christ, source de vie, en la résurrection et à notre responsabilité en tant que disciples appelés à cheminer ensemble, au-delà de nos divisions. Nous n’avons pas à créer l’unité, elle nous est donnée. Nous sommes d’ores et déjà un dans le Christ car nous sommes les membres d’un même corps, différents les uns des autres, mais possédant chacun une fonction essentielle en interaction avec les autres. (1 Co 12, 12)
Si nous croyons vraiment que Jésus est la résurrection et la vie, alors cette foi commune devrait nous unir et aider à ce que notre témoignage apporte paix et espérance dans un monde parfois bien sombre. Le Fils adresse cette prière au Père : « Qu’ils soient un comme nous sommes Un, […]pour qu’ils parviennent à l’unité parfaite. » Jn 17, 22
Avec l’aide de l’Esprit Saint, recherchons cette fraternité, soignons nos relations et vivons pleinement notre mission de baptisé(e)s à chaque occasion qui se présente.
« Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu et Père de tous, qui règne sur tous, agit par tous, et demeure en tous. » Ep 4, 5-6
Recevoir la bénédiction de quelqu’un pour quelque chose Recevoir un acquiescement, une approbation
La bénédiction est la grâce, la faveur accordée par Dieu à l’humanité. Elle est gratuite et imméritée, fruit de sa générosité et signe de son amour. Si aujourd’hui, l’humanité est capable de bénir, c’est d’abord parce qu’elle est elle-même bénie d’être capable de reconnaître l’œuvre de Dieu ! En son sens déployé, « recevoir la bénédiction de quelqu’un pour quelque chose » signifie que l’on a reçu un assentiment, une autorisation.
Je t’ai béni ! Cette expression peut avoir deux significations. Au sens premier elle veut dire que l’on donne son accord à quelqu’un. Au sens second, elle peut vouloir dire sa désapprobation, voire la malédiction légère que l’on appelle sur quelqu’un…
Par Véronique Benz
Humour
Toto arrive en classe et interroge l’institutrice : « Maîtresse, maîtresse est-ce que je peux être puni pour quelque chose que je n’ai pas fait ? »
La maîtresse lui répond : « Mais bien sûr que non ! On ne va pas te punir pour quelque chose que tu n’as pas fait, voyons ! »
Toto est soulagé : « Ouf, j’ai eu peur, parce que je n’ai vraiment pas fait mes devoirs ! »
A l’enseigne de run4unity et à l’invitation du mouvement des Focolari se déroulera à Montet, le dimanche 4 mai, une course pour la paix à laquelle tout un chacun est convié.
Run4unity est une initiative mondiale, les groupes qui organisent une course étant invités à entrer en relation avec les autres équipes réparties en divers lieux souvent symboliques, comme des frontières ou là où vivent des communautés en conflit. Le site de Montet a été retenu parce qu’il rappelle la longue présence du mouvement des Focolari dans la commune.
Cet évènement, s’il est organisé par des jeunes, est ouvert à tout le monde : adolescents, jeunes, adultes, écoles, paroisses, clubs, sportifs chevronnés comme débutants et sans distinctions de confessions ou de traditions culturelles.
« Embrasse l’humanité, suscite le changement »
Le thème retenu cette année est « Embrasse l’humanité, suscite le changement » pour bien montrer une volonté de changement en ces temps complexes et un souci de vivre la paix et d’être tous des bâtisseurs de paix. (cjy)
Le groupe de jeunes God Vibes, en collaboration avec des jeunes des Focolari de Lausanne et du Valais, ont organisé une journée préparatoire. Ensemble, ils ont créé des affiches, préparé une chorégraphie et mis en place une action de soutien pour les orphelins du Mozambique. Des jeunes de la région ainsi que le groupe LED des réformés d’Estavayer ont également participé à cette belle initiative. (bb)
En juin 2024, la Fribourgeoise Nida Errahmen Ajmi a concrétisé un rêve en accédant à la fonction de capitaine-aumônier. Elle devient ainsi la première femme de confession musulmane à occuper cette fonction dans l’armée suisse.
Par Myriam Bettens | Photos :Jean-Claude Gadmer
Aujourd’hui, vous êtes capitaine-aumônier, qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre les rangs de l’armée, puis de l’aumônerie ? Cela s’est fait en deux temps. J’ai d’abord rejoint l’armée en tant que soldat du train. Beaucoup de recrues éprouvent des tensions dues au travail d’adaptation qu’il faut fournir en début de service. Je les ai aussi ressenties, mais ne savais pas vers qui me tourner. Ma lieutenant a su me conseiller, puis j’ai découvert qu’il existait une aumônerie. En 2019, j’ai réalisé que je serais certainement plus utile dans les rangs de l’aumônerie, de par ma sensibilité au spirituel, le fait d’être Romande et femme. Malgré cela, j’ai dû attendre de pouvoir me former théologiquement, mais aussi une évolution structurelle de l’armée. La postulation n’était ouverte alors qu’aux aspirants des deux Eglises officielles. En plus, le seul insigne existant était la croix.
Le règlement de l’armée stipule que la liberté de foi et de conscience est garantie, mais que son exercice ne doit pas interférer avec le reste. Qu’est-ce que cela implique concrètement ? L’armée est une institution qui forme à la défense. Nous sommes en temps de paix, mais la crise peut arriver à tout moment, comme cela a été le cas avec le Covid. Pour cette raison, la mission doit primer sur tout le reste. En pratique, une recrue pour qui la participation à la messe est importante ne souhaitera peut-être pas être de garde le dimanche. Quant aux militaires musulmans, les questions peuvent porter sur la manière d’accomplir les cinq prières quotidiennes ou le Ramadan. Nous cherchons avec eux comment exercer leur foi sans entraver la bonne marche du service. Par ailleurs, lorsque certaines pratiques sont rigides au point de la mettre en péril, nous devons aussi questionner la « compatibilité » de la recrue avec le service militaire. C’est rare, mais cela arrive.
Le Conseil fédéral souhaite introduire une journée d’information obligatoire pour les femmes à l’armée. La démarche vise à faire progresser « l’égalité des chances »… J’ai une certaine réserve par rapport à ce discours-là. La démarche est louable, mais ce n’est pas, à mon sens, par l’armée que l’égalité va progresser dans le monde civil. Pour cela, la Confédération devrait investir d’autres domaines, tels que la maternité et le marché de l’emploi. Le manque crée le besoin et, ce n’est pas un secret, l’armée est en recherche d’effectifs. Maintenant, ce n’est pas une mauvaise chose, car cela signifie qu’il faut faire de la place pour les femmes et leur fournir des services appropriés. Ensuite, le savoir-faire acquis à l’armée peut souvent s’exporter dans le civil.
Une étude publiée en octobre 2024 par la Confédération montre que les femmes souffrent encore de discrimination à l’armée. Comment changer cette « culture d’entreprise » ? Rien d’étonnant dans ce rapport. L’institution militaire et ses structures sont formées de personnes qui viennent du civil en important leurs conceptions. Tant qu’il y aura de la discrimination dans le civil, il y en aura aussi à l’armée. Cependant, elle prône une politique de tolérance zéro à cet égard. Elle est efficace jusqu’à un certain point, car il subsiste malgré tout des tensions invisibles. C’est là que les aumôniers trouvent leur place. Par la foi qui les habite, ils peuvent apporter une certaine lumière et ce quelque chose permet d’apaiser, de déjouer l’invisible… par l’invisible.
Bio express
Nida Errahmen Ajmi a grandi à Fribourg. Suissesse d’origine tunisienne, elle est titulaire d’un Bachelor en sciences de l’information et de la communication de l’Université de Neuchâtel et d’un master en sciences des religions à l’Université de Fribourg. Responsable de la communication pour ATD Quart Monde, elle est aussi coordinatrice de la formation « Pratiquer l’accompagnement spirituel musulman dans les institutions publiques » et collabore avec le Centre Suisse Islam et Société (CSIS) sur un projet concernant la diversité et l’orientation des jeunes musulmans en Suisse.
A l’occasion du dimanche des laïcs, le 2 février dernier, plusieurs jeunes du nouveau groupe jeunesse de la paroisse, « God vibes », ont livré leur témoignage durant la messe. Voici celui de Marion.
Texte : témoignage de Marion Photo : LDD
« Je m’appelle Marion et j’ai rejoint ce groupe il y a un peu moins d’un an. Au début, je cherchais quelques fois à trouver des personnes avec qui partager et discuter de ma foi ou simplement passer de bons moments. Avant d’y entrer, je ne savais pas ce qui allait m’attendre, si ça allait me plaire ou non. Mais lorsque l’on me l’a proposé, je ne pouvais dire non. J’ai alors tenté l’aventure et cela s’est révélé meilleur que ce que j’aurais pensé. J’ai rencontré de nouvelles personnes avec qui j’ai passé de super moments et nous avons chacun et chacune contribué à la création de fabuleux souvenirs qui resteront gravés. Des souvenirs de partage, d’écoute, de rires. Ce qui est bien avec ce groupe, c’est que tout le monde est le bienvenu. Nos réunions étant fixées à l’avance, cela permet de nous voir toutes les deux semaines, de nous couper de notre train de vie et de passer de chouettes moments ».
Il se dégage de la statue une forme de douceur et de simplicité.
Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer
L’église Notre-Dame de la Prévôté a été construite entre 1963 et 1967. C’est l’architecte bâlois Herman Baur qui est chargé de sa réalisation. Il a figuré parmi les sociétaires du Groupe Saint-Luc. Il n’est donc pas étonnant qu’il pense l’édifice comme une œuvre d’art totale. Le bâtiment n’est pas uniquement fonctionnel, mais sa construction a une portée symbolique. Elle indique la direction du ciel, invitant à s’élever, à dépasser le visible.
Sous la tribune d’orgue se trouve une statue de la Vierge Marie. Elle a été réalisée par le sculpteur tessinois Pierino Selmoni. Ce n’est pas la première collaboration de l’artiste avec Herman Baur.
Contrairement à ce qui était parfois pratiqué au dix-neuvième siècle, la sculpture n’a pas été choisie sur catalogue. Elle a été pensée en lien avec l’architecture du lieu. Selmoni est sensible au dialogue entre matière et lumière. Le contraste des formes avec le reste de l’édifice n’est pas un hasard. Marie est tout en rondeur sous la tribune aux lignes si prononcées. La couleur chaude de la pierre ressort face au gris du béton. Il se dégage de la statue une forme de douceur et de simplicité. Des caractéristiques que nous attribuons généralement à la Mère de Dieu. Si l’œuvre est figurative, on décèle des influences cubistes. Le courant est marqué par des inspirations venues du continent africain. On peut penser à certaines sculptures de femmes. La maternité est un des thèmes de prédilection du sculpteur.
Contrairement aux représentations auxquelles nous pouvons être habitués, l’Enfant n’est pas présenté face au visiteur. Il semble installé sur les genoux de sa mère, la tête relevée vers son visage. Nous ne sommes ni dans l’abstraction, ni dans le réel. L’espace des bras et du cœur est large, comme s’il y avait de la place pour plus d’un enfant. Comme s’il y avait de la place pour chacun de nous.
Pour la première fois à Estavayer, une vingtaine de couples ont fêté différemment la Saint-Valentin le samedi 15 février dernier.
Par Bernadette von Niederhaüsern | Photos : Georges Losey
La soirée a débuté par la messe paroissiale en fin d’après-midi à la collégiale. A la fin de la célébration, les couples furent invités à s’avancer pour la bénédiction. Ce fut un moment solennel très apprécié de tous. Une vingtaine de couples étaient présents.
Ensuite les personnes inscrites ont été accueillies chaleureusement par le personnel du restaurant Le Centenaire. Ceux-ci se sont investis sans compter pour déplacer les tables et décorer leur restaurant avec goût. La cuisine a été excellente. Les couples animateurs de « Vivre et Aimer » nous ont fait partager quelques perles de leur relation. Cela a permis d’échanger en couple sur nos qualités, notre tendresse et nos mercis. Nous avons terminé par deux surprises : la confection d’un petit porte-clé avec des perles et une photo comme souvenirs de la soirée. Un grand merci à la pastorale des familles du canton qui a organisé cette soirée.
Durant le repas qui n’a pas été que gastronomique !
Le mouvement « Vivre et aimer »
« Vivre et Aimer » est un mouvement dans l’Eglise catholique qui a pour but de proposer aux couples mariés ou non, et aux prêtres et aux consacrés de découvrir et approfondir la relation à l’autre, aux autres et à Dieu.
« Vivre et aimer » propose un outil original de dialogue axé sur nos qualités et nos sentiments. Lors d’un week-end, nous apprenons une nouvelle manière de communiquer avec son partenaire ou sa communauté. Chacun est accueilli dans le respect de son appartenance religieuse ou non.
Le prochain week-end « Amour et Engagement » aura lieu à Montana du 2 au 4 mai 2025. Ce week-end est ouvert aux couples projetant de se marier ou désireux de réfléchir à cet engagement et à la construction de leur vie à deux. Inscription par mail : couple.suisse@vivre-et-aimer.org. Vous trouverez plus d’informations sur ce mouvement sur le site internet www.vivre-et-aimer.org
Des informations peuvent également être au 079 429 56 77.
L’agroforesterie combine les pratiques agricoles et forestières. Cette méthode de culture offre des avantages multiples : la diversification des cultures, l’amélioration de la biodiversité et une meilleure résilience face aux changements climatiques.
En Suisse, où les paysages sont variés, l’agroforesterie permet d’optimiser l’utilisation des terres tout en préservant l’environnement. Cette forme d’utilisation des terres est en fait connue depuis des siècles, sous la forme des pâturages boisés jurassiens, des châtaigneraies au Tessin ou des vergers haute-tige classiques qui façonnent le paysage agricole en de nombreux endroits.
En incluant des haies, des bandes boisées, des arbres intégrés aux cultures et aux pâturages, les systèmes agroforestiers contribuent à la protection des sols contre l’érosion, en améliorent la fertilité, et offrent des habitats pour la faune. Par exemple, lorsque l’on mesure la biomasse (c’est-à-dire la masse totale d’organismes vivants comme les plantes, les animaux, les champignons, les bactéries, dans un lieu déterminé à un moment donné) par hectare de systèmes agroforestiers, on observe une augmentation significative de cette densité de biomasse par rapport à des processus de cultures et d’élevages plus « classiques ».
La Confédération helvétique inclut l’agroforesterie dans ses réflexions de la future politique agricole et alimentaire de la Suisse. Un rapport publié en juillet 2024 conclut : « L’agroforesterie contribue grandement à la résilience de l’agriculture et à son respect de l’environnement. Elle représente par conséquent un pas important dans la transition vers une agriculture plus durable. »
Si l’agroforesterie en Suisse trouve un écho favorable, ce n’est pas nouveau pour nous, chrétiens. Sainte Thérèse de Lisieux nous rappelait dans son Cantique de Céline :
[…] J’aimais les champs de blé, la plaine J’aimais la colline lointaine Oh ! Dans ma joie je respirais à peine En moissonnant avec mes sœurs Les fleurs. J’aimais à cueillir les herbettes Les bluets… toutes les fleurettes Je trouvais le parfum des violettes Et surtout celui des coucous Bien doux… J’aimais la pâquerette blanche Les promenades du dimanche Les petits oiseaux chantant sur la branche Et l’azur toujours radieux Des Cieux. […]
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