Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Comme la voix des océans Rémi-Michel – Marin-Lamellet
Le frère Rémi-Michel nous propose la sobriété et la délicatesse pour entrer en amitié avec Dieu : il suffit de penser, regarder, écouter, croire, vouloir et tomber. Six verbes de l’Ecriture sainte. Six verbes élémentaires pour s’approcher de Dieu. Oui, il est toujours possible, dans l’écoute et la simplicité, de Le rejoindre et de se laisser rejoindre par Lui. Sa voix était comme la voix des océans, dit l’Apocalypse. Dieu parle et son verbe revêt bien des formes inattendues pour toucher le cœur des hommes. Un livre de profonde spiritualité qui murmure à l’oreille comme un coquillage marin.
Maman voudrait que je croie en Dieu Adrien Candiard
Dur d’avoir 15 ans. Guillaume en veut aux adultes. A sa mère qui l’a forcé à partir tout le week-end en retraite de confirmation dans un couvent de sœurs loin de tout, et qui veut toujours décider pour lui. Mais c’est encore avec Dieu que Guillaume a le plus de problèmes. Croire en lui ? Mais pourquoi ? Comment ? D’ailleurs existe-t-il ? Avec l’acuité spirituelle qu’on lui connaît et le talent de romancier qu’on lui découvre ici, Adrien Candiard nous fait plonger dans l’univers de la jeunesse, de sa quête intransigeante de vérité et de liberté. Un livre pour tous les âges car il est toujours temps de retrouver la flamme de l’adolescence.
« Si toute la littérature chrétienne regorge d’écrits de religieuses qui ont narré comment elles trouvaient Dieu au cloître, même en ramassant une épingle, il est bien moins souvent raconté comment on le rencontre en mettant des enfants au monde, en les élevant et les chérissant. » C’est le défi que relève Bénédicte Delelis dans ce texte personnel, émouvant et drôle. Elle propose aux mamans de reconnaître ce qui se joue profondément dans leur maternité, même aux instants les plus banals : une expérience de Dieu, une école particulière de foi, d’espérance et d’amour.
L’épopée de la Sainte Tunique du Christ Ducoudray – Guillebon
La Sainte Tunique du Christ est dans l’Evangile selon saint Jean (19, 23-24) ! : « Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » » Conservée par les disciples du Christ, cette relique de la Passion arrive à Constantinople, puis à Argenteuil en l’an 800. Depuis, elle a traversé l’histoire de France. Une véritable épopée historique, religieuse et archéologique que nous raconte cette BD.
Les jeunes de Genève peuvent participer, pendant les vacances d’octobre, à 3 jours en forme de « mini-JMJ » dans un espace en France voisine, au rythme des chants, des prières, des ateliers, des soirées jeun’s, de la messe, tout ça organisé par des jeunes pour des jeunes et chapeauté par la Pastorale Jeunesse de l’ECR.
L’un des nôtres, Lorin, a été retenu comme animateur pour le prochain KAIROS en octobre 2025, reflet qui va à l’essentiel !
Ce week-end Kairos fut riche en émotion. C’est un devoir de m’investir au service de mon prochain durant cette retraite. Cette communauté de Kaïros m’a ouvert l’esprit à la réflexion : « Une vraie famille n’est pas toujours les liens du sang mais les liens du cœur. » Ce chemin m’a confirmé la présence de l’Esprit Saint tout au long de notre route de jeune chrétien.
Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photo : DR
Chère Lectrice, cher Lecteur,
Lors de la table ronde de la Session diocésaine du 14 février dernier, sur le thème « Osons le changement », l’intervention de la Pasteure Laurence Bohnenblust-Pidoux a retenu toute mon attention. Elle nous a présenté le processus visant la transition de 86 à 25 paroisses, d’ici à 2029, de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud.
Ancrant son propos dans « la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 28), elle a rappelé que proclamer l’Evangile dans le temps présent est l’ADN des réformés. Pourtant, la Pasteure constate trop souvent un confort dans un entre-soi, de groupes de la même classe sociale, bien souvent « bourgeoise-moyenne sympathique ». Ainsi, un ancrage dans le réel est nécessaire (cf. Bonhoeffer) avec des points d’attention pour guider le changement :
1. Pleurer : faire des deuils, notamment d’une église qui n’a jamais existé. Oser dire : on ne le fait plus, non pas parce que ce n’est pas important, mais parce qu’on met les forces ailleurs.
2. Ecouter : on est très forts à penser savoir ce que souhaite l’autre. L’important est d’entendre les raisons de celle/celui qui ne vient pas, et la parole de celle/celui qui vient.
3. Prier-discerner : les uns avec les autres et avec Dieu, identifier les défis à retenir. On ne peut pas être partout, ni se complaire dans la posture « je ne peux rien faire ».
4. Essayer : ne pas attendre que tout soit parfait, pensé dans les moindres détails, pour y aller. Oser échouer pour réussir. Selon la méthode de la recherche-action : poser quelques éléments, puis « bonifier », corriger, améliorer, cheminer ensemble.
5. Se réjouir : de ce qui existe et des actions posées, de toutes les étapes, car « les étapes, c’est la vie ! » Regarder positivement : dire ce qui plaît dans l’idée de l’autre, plutôt que détecter les défauts.
Le projet présenté favorisera des Ecclésioles, en agrandissant des communautés d’une part, et en permettant de diversifier les communautés d’autre part, notamment par centre d’intérêt (Bible, Gospel, famille, etc.). La société est plurielle, nos propositions doivent l’être également. Il y a déjà eu des explorations ; il s’agit de revenir auprès de celles et ceux qui sont restés en arrière, afin d’avancer ensemble. Dans l’idée de ne pas recréer un entre-soi, les Ecclésioles se réuniraient au sein d’une paroisse favorisant les liens. Ces propos devraient nous intéresser, nous qui sommes aussi en changement, comme l’a rappelé notre évêque, Mgr Charles Morerod.
Dans une volonté d’ouverture et de rencontre, à l’opposé de l’entre-soi, réjouissons-nous ce mois-ci tout particulièrement de la Nuit des Eglises ce 23 mai (voir programme avec le QR-CODE ci-dessous): plus de 50 événements sont proposés dans les églises et temples du canton, une nouveauté pour Genève ! Nous avons hâte de vous rencontrer à cette occasion, et pourquoi pas avec vos amis et voisins ?
Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur Photos : Georges Losey
A Pâques, la liturgie nous propose des textes bibliques spécifiques. Nous nous plaçons au tombeau vide avec les femmes de l’entourage de Jésus et ses disciples. Nous nous encourageons aussi par leur témoignage suite aux rencontres avec le Ressuscité.
Cependant, toute la Bible est pleine de messages sur la vie au-delà. Prenons comme exemple le texte du buisson ardent (Exode 3, 2. 6) auquel se réfère Jésus lui-même répondant aux Sadducéens qui lui tendent un piège : De qui sera-t-elle femme à la résurrection ? (Lc 20, 27-38 ; Mc 12, 18-27 ; Mt 22, 23-33).
Ce passage nous dit que nous vivrons après la mort : Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le Dieu des VIVANTS ! Nous apprenons également que notre condition de ressuscités sera complètement différente : Quand on ressuscite […] on ne se marie plus.
Toute la Bible nous apprend que la résurrection, c’est le renouvellement de toutes choses et avant tout celui de notre être. La résurrection est une recréation avec un autre mode d’existence. Elle met en doute tout le principe de la fatalité. Mais elle exige la foi en Dieu car elle n’est pas un processus naturel. Elle est acte de Dieu.
Croire en Dieu, c’est croire que notre réalité ne se limite pas à ce qui est matériel. N’est-ce pas que toute pensée concernant Dieu commence par l’accueil de la vérité que rien n’est impossible pour Lui ?
En Dieu notre être est transformé, transfiguré. C’est par notre résurrection que nous devenons vraiment nous-mêmes. Notre vie vient de l’Eternel et elle va vers l’éternité. La valeur infinie de l’homme c’est sa vie sans fin.
Pèlerins d’Espérance, nous tissons notre éternité ici et maintenant par le don de soi inspiré par l’Amour !
Me voilà, plume à la main, après presque quatre ans d’heureux services à la paroisse Sainte-Thérèse de Genève. Me rendant à la messe depuis l’enfance – initialement à la paroisse hispanophone du Sacré-Cœur – ce n’est qu’à 23 ans qu’il me fut proposé de m’engager dans le service de la messe à l’initiative du père Thierry Fouet, pour remplacer l’ancien responsable des servants, que j’ai connu sous le nom de François, en partance pour son séminaire de prêtrise à Fribourg. Une courte initiation et mes premiers pas dans la liturgie devaient marquer le début de mon engagement. Seigneur, serai-je à la hauteur ?
L’appréhension des premiers pas laissa heureusement place à l’émulation du départ et au rythme de la marche. A chaque temps liturgique, son lot d’apprentissages et de défis, avec le sentiment de comprendre toujours mieux que derrière chaque geste, chaque rite, se cache un sens… à découvrir pour mieux grandir, à découvrir pour mieux servir.
Comme tout chemin, le service nous mène à la croisée des routes et des rencontres. Des célébrants, des sacristains, des bénévoles, des lecteurs, des enfants, des parents. Il est alors fascinant de voir se métamorphoser par le service au fil des mois de jeunes gens de 7 à 15 ans, de leurs premiers pas crispés, hésitants et dépendants, à une démarche souple, responsable et sûre. Je constate alors une portée additionnelle du service de l’autel : un véritable processus d’autonomisation par lequel les enfants se familiarisent pour la première fois non plus avec le devoir de suivre des instructions d’adultes comme à l’école, mais avec le plaisir d’endosser une part active de responsabilité devant et avec les adultes du chœur et de l’assemblée.
Les imprévus qui se présentent durant le service sont aussi formateurs. C’est l’occasion d’apprendre les vertus de l’écoute, qu’il est possible de garder son calme et de réagir avec sérénité aux inattendus de la vie. Un pas de plus sur le chemin de l’apprentissage.
Marcher dans le service de la liturgie, comme sur un chemin de foi. On y apprend que le mouvement du corps, des gestes et des rites est aussi mouvement de l’âme. Alors, « La première en chemin, marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi, ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu. »
Deux postes sont à repourvoir au sein du Conseil de la paroisse Saint-Laurent Estavayer. Deux membres émérites – nous y reviendrons dans une prochaine édition – ont en effet annoncé leur démission lors de la dernière assemblée paroissiale. Il s’agit de Mme Christiane Volery, d’Aumont et de M. Alexandre Duc, de Cheyres.
Une double élection complémentaire est agendée au dimanche 22 juin.
Les personnes intéressées sont priées d’adresser leur candidature jusqu’au 12 mai à 12h à l’adresse du secrétariat paroissial, rue Saint-Laurent 9, à Estavayer.
Pour être éligible, il est nécessaire d’être domicilié sur le territoire de la paroisse, de remplir une liste avec 1 ou 2 noms et de récolter les signatures de 20 paroissiens ou paroissiennes qui soutiennent votre candidature.
Etre candidat ou candidate implique évidemment de s’intéresser à la vie de la paroisse, d’avoir une certaine disponibilité pour assister aux séances du Conseil (en principe toutes les trois semaines, sauf durant l’été) et d’assumer un des dicastères que les membres du Conseil se répartissent entre eux. Il peut s’agir des finances, du suivi de chantiers de rénovation des bâtiments paroissiaux, de diverses représentations dans des organes, etc. (cjy)
Les documents nécessaires ainsi que des informations complémentaires peuvent être obtenus au secrétariat paroissial, tél. 026 663 81 18 ou par mail : info@paroisse-st-laurent-estavayer.ch N’hésitez pas à prendre une part active à la vie de la paroisse en étant candidat ou candidate ! (com/cjy)
Alors que d’après un rapport des Nations Unies de 2022 plus de 828 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, la sécurité alimentaire reste un défi crucial pour l’avenir de l’humanité. Cette table ronde propose une réflexion approfondie sur les enjeux du droit à l’alimentation, en intégrant des perspectives globales et locales.
La Campagne œcuménique de Carême organise une table ronde autour du « paradoxe de la faim », le mercredi 2 avril à 18h30 à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), Chemin Eugène-Rigot 2, 1202 Genève.
Cette table ronde explorera notamment :
– Le droit à l’alimentation comme droit humain fondamental et les obligations des Etats pour garantir ce droit, avec l’expertise de Christophe Golay, Senior Research Fellow à l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève.
– L’agroécologie comme solution durable face aux défis alimentaires et climatiques, avec un focus sur la République démocratique du Congo, présenté par Germain Nyembo Kasendue. Il est économiste spécialisé en agriculture, Coordinateur des programmes d’Action de carême en République Démocratique du Congo.
– La discussion mettra en lumière des initiatives concrètes, des solutions durables et des synergies possibles entre différents acteurs pour garantir un avenir où chacun aura accès à une alimentation suffisante, saine et durable.
… Pour « écouter » sainte Thérèse
Spectacle musical, Sainte-Thérèse : Ma petite voix, autour des textes de sainte Thérèse, écrit, interprété et mis en scène par Mathilde Lemaire.
Le jeudi 3 avril à 20h à l’église Sainte-Thérèse. Durée 1h20
Ce spectacle musical fait suite à la sortie en mars 2017 chez le Label ADF-Bayard d’un album autour de 13 poèmes de sainte Thérèse de Lisieux, interprétés par la chanteuse Mathilde Lemaire et le pianiste Bertrand Lemaire.
Ce spectacle propose plusieurs chants de l’album en fil rouge avec d’autres œuvres de variété et sacrées de compositeurs français contemporains de Thérèse (Fauré, Gounod, Saint-Saëns, etc.), des chants en partage avec le public, des lectures de poèmes et des anecdotes sur la vie de Thérèse Martin. Un diaporama de photo illustratif et quelques surprises musicales et visuelles seront aussi proposées.
Par l’abbé Darius Kapinski Photo : Pierre Bondallaz
Depuis le IVe siècle (temps de l’empereur Constantin), les chrétiens peuvent se rendre à Jérusalem, et surtout lors de la Semaine sainte, refaire le chemin que le Christ avait parcouru les jours précédant sa mort.
Les franciscains, gardiens des lieux saints depuis le XIVe siècle, organisent à Jérusalem, sur la Via Dolorosa, les exercices spirituels pour les pèlerins. Les mêmes célébrations se sont étendues dans le monde entier. En plein air ou dans les églises, on a installé des séries de tableaux, statues, croix… qui évoquent des scènes marquantes du chemin du Christ vers le calvaire. Les fidèles prient et méditent en s’arrêtant aux quatorze stations.
Nous vous invitons à vivre le chemin de croix dans les rues d’Estavayer-le-Lac le vendredi 11 avril prochain, à 18h. Rendez-vous devant la chapelle de l’HIB.
Vous trouverez plus de précisions dans les feuilles et annonces dominicales.
Le nombre d’événements violents à visée politique ou idéologique est en augmentation dans le monde depuis plusieurs années. Lors d’une conférence au Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC), le criminologue Ahmed Ajil a tenté de décortiquer les mécanismes à l’œuvre dans le processus de radicalisation vers la violence.
Ahmed Ajil.
Par Myriam Bettens | Photos : GTD, DR
Voiture-béliers, attaques à l’arme blanche, fusillades… Ces événements meurtriers sont en augmentation en occident selon les chiffres de la Global Terrorism Database (GTD), une banque de données recensant tous les faits de terrorisme dans le monde de 1970 à 2020. Ces actes meurtriers sont souvent menés sous couvert de justification religieuse ou idéologique, mais qu’est-ce qui pousse ces individus à la radicalisation vers la violence ?
Cette interrogation a fait l’objet des recherches d’Ahmed Ajil, docteur en criminologie à l’Université de Lausanne. Pour essayer de décortiquer les mécanismes qui mènent à la violence, il est allé à la rencontre de djihadistes, d’anciens d’Al-Qaïda, mais aussi de simples militants, en Suisse, au Canada et au Liban. Il était l’invité, courant février, du Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC) pour une conférence publique dans le cadre de la formation Divers-Cités, qui a pour but de « renforcer les compétences en médiation et en communication interculturelle, essentielles pour des interactions respectueuses et avisées dans des contextes de pluralité religieuse ».
Du positif dans la radicalité
« Le sujet est complexe, il faut donc garder certaines nuances », lance d’emblée Ahmed Ajil. Le conférencier, aussi chercheur à l’Université de Lausanne et spécialiste des questions de contre-terrorisme, de radicalisation et des violences politico-idéologiques en lien avec le monde arabe, affirme encore : « La radicalisation est un phénomène positif. La société a besoin de radicaux, car c’est souvent ces personnes qui changent le cours de l’histoire. Ce qui est problématique, c’est lorsqu’on instrumentalise une cause pour des intérêts idiosyncratiques ». Ses recherches de terrain ont démontré « le profond sentiment d’injustice » à la racine de toute mobilisation. Cette dernière passe par trois phases clés : l’identification, l’appropriation et la responsabilisation face à cette injustice. Toutefois, Ahmed Ajil décrit l’engagement vers la violence comme une étape ultérieure à celle de la mobilisation, qui requiert des facteurs additionnels de types contextuels, une disponibilité biographique et un « certain goût pour la radicalité ».
La religion ne fait pas tout
Pour le criminologue, la religion joue, certes, un rôle dans le passage à la violence. Elle apporte aux acteurs de ces violences un lexique religieux de légitimation, une identité et une mémoire collective, ainsi qu’une sacralisation des actes commis. Or, Ahmed Ajil souligne la dialectique constante entre le domaine politique et le religieux. D’ailleurs, il déplore une tendance à séparer ces deux pôles pour ne prendre en compte que le facteur religieux, alors que l’aspect politique est souvent le déclencheur de toute mobilisation. Egalement actif dans la recherche sur le contre-terrorisme, le conférencier estime aussi que cette lutte se focalise trop sur la prévention de l’acte lui-même. « On va chercher des signaux faibles d’une radicalisation potentielle et les personnes ou les groupes le plus facilement associés avec ces phénomènes-là [les communautés musulmanes, ndlr.] payent le prix d’un « surplus de sécurité » ». De plus, « cela réduit l’espace pour l’expression de l’indignation. Les gens ne s’engagent plus, car dès que l’on se mobilise dans un registre politique – avec en plus une identité musulmane – cela devient suspect. »
A l’appel de notre évêque et pour faire suite à la session diocésaine du 7 mai 2024 à Genève, toutes les personnes engagées bénévolement ou professionnellement en pastorale étaient invitées à répondre à l’interpellation « Osons le changement ! Et maintenant que faisons-nous ? »
C’est Florence Murphy-Huber, d’Estavayer, membre de l’équipe de formation de l’Eglise cantonale, qui a conduit cette réflexion.
Par Gérard Devaud, avec cath.ch Photos : Florence Murphy-Huber, Pierre Bondallaz, Gérard Devaud
Mgr Charles Morerod a souhaité que cette session diocésaine se déroule de manière synodale. C’est la raison pour laquelle elle a eu lieu dans différents endroits et en plusieurs temps. Elle a débuté le jeudi 13 février dans la matinée pour tous les agents pastoraux, prêtres et laïcs de notre décanat qui se sont retrouvés pour réfléchir. Ils ont vécu une démarche de discernement ecclésial. A travers des temps de prière, de lecture, de questionnement et de partage, les agents pastoraux ont proposé des projets à développer, des missions à adapter, des activités à transformer, etc. Ils ont exploré, rêvé et essayé de créer ou de mettre en œuvre de nouvelles pistes pastorales.
Rencontre communautaire paroissiale…
Ce travail de réflexion s’est poursuivi en soirée, à Seiry pour notre paroisse. Les bénévoles étaient invités à se retrouver afin de discerner de manière communautaire. Par petits groupes, les participants ont vécu la conversation dans l’Esprit. En partant du récit de la pêche miraculeuse (Luc 5, 1-11), ils ont partagé ce que cette Parole faisait résonner en eux, simplement en s’écoutant sans commenter les interventions des personnes. Ils ont ensuite essayé de définir trois initiatives dans lesquelles s’investir ensemble pour donner du dynamisme missionnaire. Les thématiques, fruits de la réflexion et du discernement des agents pastoraux et des bénévoles, ont été communiquées aux responsables de la session diocésaine.
… et rencontre communautaire diocésaine
Le lendemain matin 14 février, plus de 300 agents pastoraux se sont retrouvés auprès de Mgr Morerod à la paroisse de Renens pour poursuivre la route entreprise la veille. Dans une première partie, ils ont écouté quelques retours de ce qui est ressorti des réflexions dans les cinq régions diocésaines. Puis, après la messe d’action de grâces et une table ronde, Mgr Charles Morerod a encouragé les agents pastoraux à poursuivre leur engagement. « Je crois que le Christ est là et qu’il sera présent jusqu’à la fin des temps. Nous sommes dans une Eglise où nous voyons des éléments de renouveau. Il y a beaucoup de choses positives. Il faut essayer de trouver de la joie dans notre mission. »
Une partie de la journée, les équipes pastorales ont travaillé au niveau décanal.
Témoignage d’une participante : pour une Eglise plus accueillante
Gérard Dévaud a conduit cet échange sur le thème « Osons le changement ! ».
Par Claire Moullet
Discernement communautaire, conversation spirituelle : des expressions peu communes dans les rencontres habituelles des engagés ou autres paroissiens dans l’Eglise. Lors de la soirée de démarche diocésaine du 13 février dernier à Seiry, la conversation dans l’Esprit à partir de l’Evangile de Luc nous a ramenés à Simon : nous avons pêché toute la nuit sans rien prendre, mais sur ta parole je vais jeter les filets.
A chaque table ronde, quel que soit le thème proposé, on est reparti avec la notion de foi, de transmission de cette foi qui peut avoir diverses sources, avec un constat négatif… Mais avec le thème de cette démarche – « Osons le changement ! », – on s’est penché sur une vision d’une Eglise plus accueillante. Comment ? Quelques idées avancées :
• L’accueil des participants aux célébrations, mais aussi l’accueil de toute personne par notre attitude bienveillante dans le courant des jours ;
• Les rencontres conviviales ;
• L’apéro – messe en plein air ;
• Un coin pour les enfants ;
• Une assemblée chantant avec l’entraînement des chœurs ;
• Un livre d’or, peut-être avec des suggestions, puisque nos églises sont des joyaux visités ;
• Des rencontres œcuméniques avec petits pèlerinages vers nos nombreuses chapelles souvent inconnues…
Chaque communauté étoffera ces réflexions avec ses moyens, ses lieux et trouvera sûrement d’autres pistes pour un espace convivial et ouvert au dialogue.
Des discussions en petits groupes qui furent animées.L’assemblée des communautés paroissiales a permis une réflexion à plus large échelle.
A la mi-juin prochain, notre curé-modérateur, l’abbé Darius, marquera ses 40 ans de prêtrise lors de la messe dominicale à la collégiale. Il nous livre ci-dessous son témoignage sur ce parcours qui l’a conduit à la prêtrise.
A la limite de la nuit et du jour, s’éveille en moi une reconnaissance pour la prêtrise.
Je parcours ces débuts à la source : l’appel, la réponse, la préparation qui, selon la conscience de l’époque, était interminable et également de multiples moments où j’avalais d’amères pastilles de questions :
Où est la frontière entre la croix et le mauvais choix… ? L’Une et l’autre chose peut et devient réellement la cause de la douleur… Suis-je appelé ? Est-ce vraiment mon chemin… ?
Je suis à la première année d’une absolument folle fraîcheur d’évangélisation, combien naturelle et nécessaire.
Je me promène dans mes pensées aux différents milieux reçus en cadeau. Je cherche des visages de ce temps-là avec leurs réalités actuelles. Jusqu’à quel point leurs cœurs se sont-ils ouverts… ?
J’essaie de voir tous les rangs de baptisés « anges », (surtout des nourrissons), les chœurs des filles et garçons souriants, des premiers communiants en vêtements blancs, pour lesquels la plus sérieuse et la plus sûre chose au monde était la vérité que Jésus est leur plus grand Ami !
Où sont aujourd’hui ceux que Dieu dans le Christ a confirmés dans son amour ? En les préparant pour le chemin des adultes chrétiens, je ne perds jamais l’espérance…
C’est pareil pour ceux qui font le don d’eux-mêmes en face de Dieu et en ma présence – témoin de l’Eglise, confiants avec moi de poursuivre leur commun chemin jusqu’à leur mort…
Tellement d’années de ministère se sont écoulées. Combien d’eucharisties, de réconciliations, d’onctions, d’accompagnements à l’éternité… ?
Combien également de manque de conséquences, de faiblesses et de larmes mélangées dans le rayonnement de l’annonce de la Vérité, de la défense de la vie, combien de morts intérieures revivifiantes ?
Dans un ancien catéchisme, à la question de savoir ce que signifie « croire », on peut lire : « Croire, c’est tenir fermement pour vrai ce que Dieu nous a révélé et ce que l’Eglise nous apprend à croire. » Cette réponse est loin d’être fausse aujourd’hui encore, seulement, une telle foi est-elle utile et solide ? Je pense que croire est plus que tenir fermement quelque chose pour vrai, même si je n’en suis pas moi-même convaincu à 100 %.
Lorsque je crois quelqu’un, je lui donne mon cœur, car le mot latin « credere » (croire) est dérivé de « cor dare » (donner son cœur). Il en résulte que la foi est d’abord une relation personnelle. Je fais confiance à quelqu’un que j’aime. C’est la foi en un Toi que nous appelons Dieu. La foi n’est donc pas d’abord l’adhésion à des vérités de foi, mais une relation personnelle et confiante avec Dieu. Le pape Benoît a dit à juste titre dans une homélie : « Ce en quoi nous croyons est important, mais celui en qui nous croyons est encore plus important. » Si je crois en Dieu, je peux lui confier toute ma vie. Je peux lui donner mon cœur, car Dieu n’a pas seulement ouvert son propre cœur pour nous depuis longtemps, mais il nous l’a offert. Je peux compter sur lui face à toutes les épreuves, entre ses mains mon cœur est bien gardé. Dieu, je crois et c’est pourquoi je te donne mon cœur.
Extrait de la préface du livre « Doux désert » de l’abbé Darius. Préface rédigée par l’abbé Marc Donzé, vicaire épiscopal au moment de la parution du livre.
L’abbé Dariusz Kapinski a passé quelques mois en fin 2009 à Jérusalem et en Terre Sainte. Temps de formation, temps de remuement profond de l’être : il en est revenu changé.
Dès le premier moment, il a décidé d’envoyer à ses amis de Pologne un mail quotidien, relatant son séjour et ses découvertes. Il l’a fait avec une belle régularité. Ses récits ont plu, car ils étaient écrits dans un style spontané et joyeux, mais aussi plein de poésie et de profondeur. L’idée de rassembler ces textes en un livre s’est dès lors imposée.
Le livre se présente comme un carnet de voyage en Terre Sainte. Mais l’auteur ne se contente pas de décrire des sites. Il raconte son cheminement intérieur et les ambiances qu’il a perçues avec tous ses sens en éveil. Ambiances très contrastées.
Il faut aller au fond de soi-même pour atteindre à l’essentiel de la Terre Sainte. L’abbé Kapinski évoque les combats presque quotidiens qu’il a dû mener pour trouver le silence et la paix, afin d’arriver aux lieux où le cœur désire rencontrer la trace de lumière laissée par la Révélation divine. Ces combats l’ont transformé, si bien que les carnets du temps sabbatique deviennent le journal d’un voyage intérieur.
Il y a aussi les contacts, que l’abbé aime autant que le silence, dans un bel équilibre. Entre tous, celui de Shady, jeune handicapé rencontré dans la ville portuaire de Haïfa, est magnifique.
J’aimerais dire un grand merci à l’abbé Kapinski pour son beau témoignage sur les routes d’Israël. Et souligner sa forte profession de foi : « O Christ, tu es le seul que je ne veux pas perdre. En toi, je possède tout ! »
Extrait
Qu’il est bon d’être là où je suis, parce que Toi, Tu ES si fortement présent ! Tu donnes le lieu et le temps du rendez-vous et tu ne le manques pas. Je ne désire rien que de te servir fidèlement avec mon cœur renouvelé en permanence. Ouvre-le de plus en plus, pour que ma prêtrise soit comme Ta croix : signe d’amour, de sacrifice, de victoire.
Oh Dieu incarné, le Christ ! Je sais que Tu es devenu le Dieu-Homme pour m’enrichir par ta divinité. Et comme dira l’autre : « rien de mieux ne pouvait arriver à cette terre que le christianisme. » Oh Christ, je te supplie de me donner la force de me relever de chacune de mes chutes.
Dirige souvent mon regard vers nos mères, celle qui nous est commune et la mienne. Que leurs regards soignent mon cœur et me donne la force jusqu’à mon dernier soupir, jusqu’à ma pleine victoire en Toi.
Seigneur, fais que les visages et les cœurs de nos mères terrestres restent à jamais en paix, en joie et pleins de Ta divine lumière. Qu’ils leur manquent de raisons de manifester leur douleur.
Père céleste, je Te remercie pour la liberté et le temps – nécessaires instruments de Ta miséricorde ; pour l’envie de la bonté qui m’habite, pour toutes mes batailles intérieures et Tes grâces que je reçois en Ton Fils, Jésus Christ.
Mon Dieu, dépose les langues du feu de Ton Esprit sur tous ceux que Tu me confies. Que Ton vent remplisse les lieux de leurs séjours, leurs cœurs et leurs vies.
Apprends-nous tous à parler, aimer, vivre pour Ta gloire !
Oh Christ, tu as appelé Tes Apôtres en scrutant leurs cœurs. Tu les as équipés en Toi-même et tu les as envoyés…
Ton Royaume grandit toujours en de nouvelles personnes parce que Tu donnes sans arrêt le ferment, la graine, parce que Tu n’arrêtes pas d’appeler, de scruter, de Te donner Toi-même et d’envoyer.
Je suis présent ! Je me présente devant Toi avec ma nouvelle disponibilité, avec le cœur nouveau et ouvert au neuf.
Apprends-moi toujours à grimper la montagne pour demeurer seul à seul avec le Père.
Je Te supplie, oh Christ, donne-moi la force de la fidélité de puiser en permanence en Toi, d’un fort attachement à Toi.
Descends avec moi de la montagne sur des plaines de difficultés. Donne-moi la force et le courage d’entrer en relation avec les gens ayant faim d’amour, ayant faim de Toi, souvent sans le savoir… Fais de moi Ton instrument, pour que je ne cesse d’ouvrir à Toi mes frères et sœurs par le témoignage que Tu habites en moi.
« Dis-moi comment tu crois, je te dirai qui est ton Dieu. » Une façon d’inviter la foule de demandeurs de sacrements – appelés catéchumènes – à exprimer leur propre credo tout en décortiquant les deux officiels, celui de Nicée-Constantinople et le Symbole des Apôtres. Et leur relecture ne corrobore pas toujours la doctrine officielle. Mais les comprend-on vraiment bien dans le détail ?
Par Thierry Schelling | Photos : DR
Ils seraient 150 credo parmi les Eglises historiques mais c’est le Grand 1 Credo appelé « de Nicée-Constantinople » dont toutes fêtent, en 2025, les 1700 ans de profession solennelle. Cette pluralité a toujours été de mise dans l’histoire de l’Eglise et les Ecritures nous révèlent des traits étonnants sur les premières professions de foi !
Evangiles
Dans les Evangiles, les premiers à croire en Jésus comme Fils de Dieu sont… les mauvais esprits ! (cf. Mc 1, 24 ; Lc 4, 34) Intéressant. Chez Matthieu, le diable se joue même de cette appellation : « Si tu es Fils de Dieu. » (cf. Mt 4, 3.5) Jésus et Satan à part égale ?
Puis arrivent ce que d’aucuns appellent « les païens » et, parmi eux, les pires ennemis des Juifs de l’époque : les Romains ! « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu », dit le centurion au pied de la Croix (cf. Mt 27, 54). Un Romain, donc, comme ce centenier au serviteur malade (cf. Mt 8 5ss). Pareil pour les Samaritains qui tiennent une bonne place dans l’art de professer leur foi en Jésus Messie et Fils de Dieu (cf. le splendide dialogue entre Jésus et la Samaritaine, ch. 4 de Jean).
Enfin, pour en rajouter une couche, les nombreux malades guéris par Jésus l’invoquent comme « Seigneur » : lépreux, épileptiques, possédés et… des femmes connotées « pécheresses » (cf. Lc 7, 36ss) ou étrangères (Syro-phénicienne, cf. Mc 7, 24-30).
En résumé, les premiers à professer la divinité du Christ ne sont pas ses disciples ni ses pères (sa famille le traite de fou !) ni ses pairs (Barabbas est préféré au « roi des Juifs »…), mais des parias dont le credo est repris dans les Ecritures !
Paul
Quelques années avant la parution des évangiles, Paul a déjà réfléchi, mûri, réécrit pour ainsi dire son credo juif à l’aune de l’événement Jésus-Christ. Cela nous vaut de splendides pages dans ses Lettres où il décline Jésus en de multiples articles de foi : nouvel Adam ; unique médiateur entre Dieu et les hommes sans égard de leurs origines, langues, cultures ; image du Dieu invisible, etc. Sans parler de la Lettre aux Hébreux qui explicite le passage du Messie juif au Sauveur universel.
Ce foisonnement permet-il aux Evangélistes de transmettre la foi en Jésus Fils de Dieu émise par des gens hors sérail aux générations futures sans un tri ? Comme le dit de lui Albert Schweitzer, « Paul est le protecteur de l’intelligence dans le christianisme ». Et cette intelligence est polymorphe et évolutive. C’est aussi un effet de la Pentecôte, cet éclatement de l’ethnocentrisme vers l’universalité transculturelle de la Bonne Nouvelle. D’où la pluralité des récits de déclamation de la nouvelle foi, peut-être…
Premiers credo
Si les credo abondent, les « hérésies » pullulent également, non sans raison : articuler intellectuellement, et avec les catégories philosophiques de l’époque, l’Incarnation du Dieu invisible en un homme bien visible, peut bien susciter des volumes théologiques à la qualité variable, qui résultent parfois même en des conflits déstabilisateurs d’une ville, d’une région… Et les politiques sont conscients du danger d’insécurité. Dès lors, un empereur, Constantin Ier, convoque le premier concile de l’Eglise, en 325, à Nicée, pour décider d’un dogme commun pour tous les chrétiens d’Occident comme d’Orient ; et c’est un autre empereur, Théodose, qui convoque à Constantinople en 381, le deuxième concile, pour compléter l’affirmation théologique sur l’Incarnation de Dieu en Jésus. L’orthodoxie au service de l’ordre, en quelque sorte. Et de nouveau l’aspect évolutif : on comprend de mieux en mieux, mais lentement…
C’est ainsi que le Credo dit de Nicée-Constantinople, devient l’unique credo fédérateur des Eglises officielles. Il est rappelé dans chaque concile qui suivra. Il servira d’outil d’excommunication des erronés qui s’entêtent à ne pas vouloir changer leurs opinions. Mais il permettra aussi aux catéchumènes de travailler et d’adhérer à une foi aux articles explicites.
D’ailleurs, l’essor des chrétiens – favorisé par l’édit de Thessalonique (380) qui proclame le christianisme nicéen comme unique religion d’Etat – va diversifier le mode de confesser sa foi en inventant, par exemple, le questions-réponses (« Crois-tu en Dieu le Père… ? ») après le rejet du Menteur, pour le baptême. L’accent est mis sur la démarche personnelle : l’emploi du je va d’ailleurs même remplacer le « Nous croyons… » des origines dans le Grand Credo.
L’autre credo, le court appelé Symbole des Apôtres et qui serait un produit de Rome du IIe siècle, n’en est pas pour autant ignoré ; il devient – après la séparation Catholiques-Orthodoxes (1054) – l’apanage de l’Occident papal, côte à côte avec Nicée-Constantinople… L’ère œcuménique (débutée fin du XIXe siècle) verra le Grand s’universaliser et être utilisé dans les contrées slaves et latines (portugaise, hispanophone, italienne…) alors que l’usage du Symbole va plutôt dominer dans la Francophonie et les terres germaniques et anglophones – allez savoir pourquoi.
Aggiornamento
Assez surprenant, les scissions ecclésiales – Occident et Orient, Réforme et Contre-Réforme, etc. – n’ont pas amoindri la primauté du Grand. Même si d’aucuns appellent à l’amender ou à le récrire 2. Tout comme le Notre Père a été modifié il y a quelques années, des expressions comme « consubstantiel », « engendré non pas créé », ou l’emploi de mots comme « personnes » ou « substance » pour la Trinité, appartiennent à une époque philosophique révolue aujourd’hui ; de fait, ces mots peuvent même prêter à confusion : trois personnes est-il égal à trois divinités du coup ?
Un exemple récent pour illustrer cela : Paul VI, le 30 juin 1968, prononce son credo du Peuple de Dieu pour clore la solennelle Année de la foi. Il rappelle à l’audience du mercredi 30 octobre de la même année, qu’il ne s’agit pas de modifier le Credo, mais de le récrire pour continuer à le rendre toujours plus accessible – l’esprit du concile Vatican II souffle encore…
En conclusion, un (ou deux) credo(s) officiel(s) a/ont été réalisé(s) grâce à la réflexion de dissidents théologiques et pastoraux. Si jadis on les éliminait, aujourd’hui, on a tout à gagner à les écouter : ces « hérétiques » ont une parcelle de vérité s’ils sont bienveillants dans leur démarche. Et qui possède la vérité pleine ? « Je suis la vérité », a dit le Christ, et pas « J’ai la vérité, la voici lyophilisée ! ». D’ailleurs, l’étymologie du mot « hérésie » est celle de « choix, préférence, inclination ». Oui, la foi est aussi une question d’inclination… Qui plus est, accueillir la part de mécréance en moi ne permet-il pas de… mieux croire ?
Constantin (à droite) a convoqué le concile de Nicée en 325. Théodose (à gauche) convoquera celui de Constantinople en 381.
Symbole des Apôtres
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.
Grand Credo : symbole de Nicée-Constantinople
Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible, Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu Engendré non pas créé, consubstantiel au Père ; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes. Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen.
Notre paroisse sera en fête à la Pentecôte pour marquer les 60 ans de prêtrise du Père Lucien Pochon, enfant de la région, devenu missionnaire spiritain.
Par Claude Jenny Photo : cath.ch
Agé de 90 ans, le Père Lucien coule aujourd’hui une retraite heureuse en compagnie d’une demi-douzaine de confrères à l’Ecole des Missions du Bouveret, l’un des pôles de la communauté spiritaine de Suisse. Cet enfant de Châtillon est né dans le hameau du « Purgatoire » où il a vécu son enfance en compagnie de onze sœurs et frères, dont un est décédé.
Il y aura donc une famille nombreuse le 8 juin prochain à l’église de Lully pour la messe de la Pentecôte que le Père Lucien célébrera en compagnie de confrères et de notre communauté paroissiale. Le Père Lucien n’aime guère évoquer les diverses étapes de sa vie de religieux, spécialement celles qu’il a vécues en Afrique. « Il y eut des moments difficiles » se borne-t-il à dire. « Il ne faut pas trop parler de soi » ajoute-t-il, alors même que son ministère a pourtant été fécond, tant en Afrique qu’en Suisse.
Missionnaire dans l’âme
« J’ai toujours voulu être prêtre mais aussi missionnaire » : c’est la raison pour laquelle il a d’emblée approché la communauté des Père du Saint-Esprit dont le rayonnement à travers le monde reste important avec quelque 2700 envoyés dans une soixantaine de circonscriptions.
A Saint-Aubin
Le Père Lucien – dont un autre frère, Pierre, est également spiritain – a vécu une première mission au Sénégal durant 16 ans puis une seconde aux Seychelles durant 6 ans jusqu’en 2009. Il fut alors obligé de rentrer en Suisse pour des raisons médicales. Sa santé devenue fragile, il n’en continua pas moins à être actif et exerça notamment dans la Broye un ministère dans la paroisse de Saint-Aubin.
Il a aussi exercé plusieurs hautes charges au sein de sa congrégation, notamment celle de directeur du séminaire des pères du Saint-Esprit à Fribourg et occupa également la charge de provincial de 1993 à 1999. Il occupa également la fonction importante de supérieur de la maison du Conseil de sa congrégation à Rome.
De retour au Bouveret, il a dû restreindre son activité mais, même s’il a quelques difficultés pour se déplacer, il n’en continue pas moins à se rendre chaque semaine à Bex pour y célébrer la messe chez les sœurs de Saint-Maurice à « La Pelouse ». Outre le Chablais valaisan, la communauté des spiritains est bien active dans plusieurs UP de Suisse romande, notamment à Sainte-Claire (région de Marly) et Saint-Barnabé (Payerne). Ses confrères pourront venir le fêter « en voisins » le dimanche 8 juin prochain à 10h à l’église de Lully, dans l’église où il célébra sa première messe.
Le Père Lucien n’aime guère les flonflons, mais cette messe de jubilé le réjouit quand même car « ce sera l’occasion de remercier tous ceux qui m’ont aidé et accompagné durant ma vie de prêtre et de missionnaire » confie-t-il. « Je dirai quelques mots, mais assez brièvement. Il ne faut pas faire trop long… » ajoute-t-il avec une vivacité que son grand âge ne trahit pas !
Les 1700 ans du Credo de Nicée pourraient nous donner l’impression que notre foi est bien assurée. Nous la proclamons tous les samedis-dimanches. Nous sommes ainsi portés par la Tradition de l’Eglise et par la communion des saints. Cela nous fait du bien. C’est l’une des belles raisons de participer à l’eucharistie dominicale.
Car malgré tout, nos convictions demeurent fragiles et soumises aux coups de boutoir de l’indifférence ambiante, de la routine communautaire, des doutes individuels. Nous pouvons dès lors nous appuyer sur le cheminement des apôtres qui, malgré la présence parmi eux du Fils de Dieu, ne manquent pas de continuer de s’indigner lorsque le Christ annonce par trois fois sa Passion.
Et nous sommes invités à nous placer à côté de ces personnages de l’Evangile qui s’approchent du Fils de l’homme, car ils mettent leur confiance en lui et en sa capacité de libérer l’être humain de toutes ses entraves.
Tel ce père qui, depuis la foule, interpelle le Maître et lui présente le cas de son fils (Marc 9, 14-29) : possédé par un esprit muet, celui-ci est jeté à terre, il écume et grince des dents, il devient raide quand le démon le saisit. Les disciples n’ont pas réussi à l’expulser et le Rabbi les rabroue à cause de leur incrédulité.
Lorsque le papa amène l’enfant captif de ce mal depuis l’enfance, il avance avec précaution : « Si tu peux nous venir en aide et nous prendre en pitié. » « Rien n’est impossible à celui qui croit », réplique Jésus. Et alors l’homme prononce cette phrase que nous sommes tous à même de prendre à notre compte : « Je crois, Seigneur, mais viens en aide à ma foi. »
C’est la seule chose que Dieu nous demande : l’humilité et la prière. Devant l’attitude respectueuse et croyante du père, le Fils de Dieu menace l’esprit impur, le fait sortir de l’enfant et relève le petit.
Notre foi chancelante suffit, pourvu qu’elle s’adresse à la Trinité sainte et qu’elle s’accompagne d’une supplication confiante. Elle est capable de ce fait de nous arracher au mal et de nous mettre debout. Chantons-le régulièrement : « Seigneur, nous croyons en toi, fais grandir ma foi. »
Le groupe de catéchèse de 6H de Cheyres-Châbles, à la suite de la rencontre sur le baptême, a réfléchi sur le credo. Cette prière leur a permis d’approcher le mystère de la Trinité, souvent difficile mais nettement plus compréhensible lors qu’il est illustré. Là, ils ont découvert le Père créateur, le Fils Jésus né homme, crucifié et ressuscité et l’Esprit Saint aujourd’hui présent dans leur vie et celle de la communauté Eglise. Un bout de route reste à vivre…
Paul VI, en 1968, a écrit son propre credo. Il n’est pas le seul Pape à avoir procédé de la sorte.
Par Thierry Schelling | Photo : DR
Conciles
Ce n’est pas le Pape ou le patriarche de Constantinople qui ont décidé du Credo chrétien, mais bien les Empereurs Constantin et Théodose, en convoquant les évêques d’alors à Nicée (325) et Constantinople (381). Affaire politique, donc ? Pas uniquement, mais aussi, tant le christianisme d’Etat – dès le IVe siècle – devient stabilisateur de paix dans les Empires d’Occident et d’Orient. Oui mais : pourquoi répéter cette charte voulue par des chefs d’Etat dans nos Eglises et jusqu’à aujourd’hui ?
Rome
Certes, le « Symbole des Apôtres » – le court – précède historiquement celui de Nicée-Constantinople – le Grand – qui ne va s’imposer en liturgie qu’à partir du Ve siècle et par la volonté du Patriarche… d’Antioche, coopté aussitôt par Alexandrie et Constantinople. Mais à Rome, « fa come i Romani », dit le proverbe, et le pape Vigile (535-555) remplace le Grand avec le court. Le « Symbole » se réfugie en Irlande chez les moines et 300 ans plus tard, sous Charlemagne, c’est le « grand » qui prédomine à nouveau sur le continent.
Benoît VIII
Comme on n’apprécie guère la disparité en liturgie occidentale, Teofilato de Tuscolo alias Benoît VIII, décrète que tous les diocèses d’Europe de l’ouest adoptent le Grand Credo, et chanté de surcroît, à la messe – avec le Filioque. Enfin à l’unisson, Orient et Occident professent la même foi – à quelques mots près.
D’un arbre à deux branches…
… à la forêt ! Avec la Réforme, la forme du Credo s’est ramifiée en plusieurs « Confessions » : d’Augsbourg, les 67 articles de Zwingli, les dix Thèses de Bâle, la Première Confession de Bâle, etc.
Et même Rome s’y est mise : Paul VI, en 1968, écrit son credo ; Jean-Paul II et Benoît XVI expliquèrent au cours des Catéchèses du mercredi le Credo en de multiples « capsules » théologiques pratiques car concises ; jusqu’au credo du pape François paru en 2020. Un magistère en développement, en somme…
Avec les premiers témoins de Jésus-Christ, confessons notre foi en proclamant d’une manière originale grâce à cette sélection de citations dont le choix émane d’un auteur inconnu.
Avec Jean-Baptiste (Jn 1, 29) : Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.
Avec André (Jn 1, 41) : Nous avons trouvé le Messie.
Avec Nathanaël (Jn 1, 49) : Tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël.
Avec Pierre (Mc 8, 29) : Tu es le Messie.
Avec les Samaritains (Jn 4, 42) : Nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde.
Avec le centurion (Mt 15, 39) : Cet homme était véritablement Fils de Dieu.
Avec Marthe (Jn 11, 27) : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu qui devait venir dans le monde.
Avec Jean (Jn 1, 9) : Il est la lumière véritable qui éclaire tout homme.
Avec Thomas (Jn 20, 28) : Mon Seigneur et mon Dieu !
Avec le père de l’enfant malade (Mt 9, 24) : Je crois ! Viens au secours de mon incrédulité !
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel, est l’auteur de cette carte blanche.
Par Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel Photos : cath.ch, unsplash
Dernièrement, je suis allé voir la pièce de théâtre La visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmatt, au théâtre populaire romand à La Chaux-de-Fonds. Vous avez peut-être lu cette pièce en allemand Der Besuch der alten Dame quand vous étiez au lycée ou vous ne la connaissez pas. La pièce se déroule au XXe siècle à Güllen, ville fictive en Suisse. Une vielle dame revient dans sa ville des années après l’avoir quittée. J’ai été frappé par l’absence de pardon de part et d’autre dans la pièce. La vengeance calculée occupe une place importante. On peut bien sûr comprendre la volonté de la vieille dame d’obtenir justice après avoir été abandonnée, enceinte, par son amant. Fallait-il néanmoins exiger des habitants de Güllen la mort d’un des leurs en contrepartie des millions et des millions de francs que la commune allait recevoir ?
Il n’y a pas d’espoir et encore moins d’espérance dont nous avons tant besoin.
« L’espérance, c’est quelqu’un qui t’attend », selon une définition du pape Benoît XVI.
En cette année du Jubilé, avec le slogan Pèlerins d’espérance, nous pouvons nous ancrer sur le Christ, notre espérance. Quand Jésus nous demande : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-Je ? » Et si nous pouvons répondre comme Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16, 15-16) alors nous sommes sûrs que Jésus peut être notre ancre dans toutes les situations de notre vie. S’ancrer en Christ donne du sens à notre vie et nous pourrons reconnaître que Jésus est la résurrection et la vie lorsqu’il nous pose la question comme à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; […]. Crois-tu cela ? » (Jn 11, 25-26)
« Nous devons garder allumée la flamme de l’espérance qui nous a été donnée et tout faire pour que chacun retrouve la force et la certitude de regarder l’avenir avec un esprit ouvert, un cœur confiant et une intelligence clairvoyante. » 1
1 Lettre du pape François à Mgr Rino Fisichella (président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation) pour le Jubilé 2025, Rome, Saint Jean-de-Latran, 11 février 2022.
Gérer le consentement aux cookies
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies. En consentant à ces technologies, votre expérience sera meilleure. Sans ce consentement, ce que offre ce site internet peut ne pas fonctionner pleinement.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique de données utilisées exclusivement dans des finalités statistiques sont anonymes et donc ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.