Jeux, jeunes et humour – février 2022

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Comment Valentin est-il devenu le saint patron des amoureux ?
Deux Valentin ont marqué l’histoire ecclésiale du IIIe siècle : l’évêque de Terni mort en martyr et un simple prêtre mort supplicié (ce qui revient au même !) le 14 février 270 sous le règne de l’empereur romain Claude II. L’Eglise canonisa Valentin de Terni et amalgama sa fête à la date du décès de l’autre prêtre, soit un 14 février. Le pape Gélase en 495 en fit le patron des amoureux et christianisa par là même la fête qu’on rendait le lendemain à Luperculus, dieu romain de la fécondité.

par Pascal Ortelli

Humour

Dubonnet venait d’enterrer sa mère. Quand il reçut la facture des Pompes Funèbres, il était encore plus triste qu’à l’enterrement. A tel point qu’il la déchira. Après de nombreux rappels, les employés funéraires vinrent trouver le curé pour qu’il intervienne. Celui-ci se rendit chez Dubonnet :
– Alors Louis, ça va mieux ?
– Oui, merci.
– Il paraît qu’il te reste une facture à honorer ?
– Voyez-vous, M. le curé, mes parents étaient pauvres et il ne me reste qu’une sœur qui a mal tourné. Elle est religieuse à Géronde.
– On ne dit pas « elle a mal tourné », on dit, elle s’est mariée avec le bon Dieu !
– Ah bon ! Alors pour la facture, vous pouvez l’envoyer au beau-frère !

par Calixte Dubosson

Le Chemin néocatéchuménal

De nombreuses communautés composées de religieux ou de laïcs sont présentes en Suisse romande, comme autant de témoins de la vitalité et de la diversité de l’Eglise. Ce mois-ci, cap sur le Chemin néocatéchuménal, un itinéraire diocésain d’initiation chrétienne, suscité par le Concile Vatican II au service de la nouvelle évangélisation.

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR

Nom officiel: Chemin néocatéchuménal.

Fondateur: Francisco José Gomez Argüello (dit Kiko), peintre espagnol et Carmen Hernández, rejoints par le prêtre italien Mario Pezzi.

Dates clés:
1964: première communauté dans les bidonvilles de Palomeras Altas à Madrid.
1968: arrivée du Chemin à Rome et début de l’expansion internationale.
1990: Jean-Paul II explicite le charisme du néocatéchuménat dans sa lettre Ogniqualvolta.
2008: approbation définitive des statuts par le Saint-Siège.

Organisation: une équipe internationale qui a entre autres la responsabilité de maintenir des rapports réguliers avec le Vatican, les évêques diocésains et les itinérants de chaque nation. Le Chemin est présent dans 134 pays avec 21’300 communautés de laïcs réparties dans 6’270 paroisses, 1’668 familles en mission et 125 séminaires diocésains missionnaires.

Mission: le terme « néocatéchuménal » renvoie au catéchuménat, soit au parcours traditionnel d’initiation que suivent les adultes demandant le baptême. Ces communautés ne font pas vie commune, mais se réunissent pour célébrer et revivre par étapes l’initiation chrétienne reçue durant l’enfance : de l’accueil de la Bonne Nouvelle au renouvellement des promesses baptismales. Ne présupposant pas la foi, elles sont donc ouvertes à tous.

Présence en Suisse: à Lausanne, Genève et Fribourg, d’où essaiment des communautés dans les différentes paroisses de Romandie.

A Fribourg, via le séminaire Redemptoris Mater érigé par Mgr Morerod en 2018 et formant des prêtres diocésains issus du Chemin.

Une particularité: l’envoi en mission d’un prêtre accompagné de 4-5 familles dans des zones déchristianisées avec le souci d’aider les cabossés de la vie à se reconstruire.

Pour aller plus loin: neocatechumenaleiter.org

 

« Le Chemin néocatéchuménal, c’est… »

Famille Daniel et Sara Borrego, Genève

« Pour nous, le Chemin néocatéchuménal a été la porte d’entrée dans l’Eglise qui est le salut de notre vie. Expérimenter que Jésus Christ nous a aimés et nous aime même là où on n’arrive pas à le faire, cela donne une nouvelle dimension à notre vie. Nous apprenons ainsi à découvrir le baptême pas à pas, de manière adulte, vivant la foi en communauté où l’on apprend à s’aimer les uns les autres tels que nous sommes, avec nos défauts et nos vertus, non parce que nous sommes surhumains, mais parce que l’Esprit Saint est au milieu de la communauté. »

En librairie – février 2022

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Deux petits pas sur le sable mouillé
Anne-Dauphine Juilland

Tout commence sur une plage, quand Anne-Dauphine remarque que sa fille marche d’un pas hésitant. Après une série d’examens, les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d’une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste que quelques mois à vivre. L’auteur lui fait alors une promesse : « Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d’amour. » Ce livre raconte l’histoire de cette promesse et la beauté de cet amour. Tout ce qu’un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de mobiliser et de donner. Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut pas ajouter de jours à la vie.

Editions J’ai lu

Acheter pour 15.30 CHF

Le bonheur dans tes yeux
Agnès Hittin

Héroïne du film « De Gaulle », la jeune Clémence a bouleversé la France. Dans ce témoignage exceptionnel, sa maman raconte ici comment la trisomie de Clémence a bouleversé la vie de leur famille mais comment elle a également été la source d’un véritable bonheur. Un livre d’une immense tendresse et d’une grande sincérité pour apporter du réconfort et donner des clés pour aider les parents d’enfants en situation de handicap.

Editions Mame

Acheter pour 27.10 CHF

Ignace de Loyola
Quentin Denoyelle
Etienne De Forges

21 mai 1521, Ignace de Loyola est blessé à la jambe au siège de Pampelune. Pendant la longue convalescence qui s’ensuit, le gentilhomme espagnol découvre sa vie intérieure. Vingt   ans plus tard, à Rome, Ignace et ses compagnons fondent la Compagnie de Jésus, dont il est élu premier supérieur général. Entre-temps, c’est par des renoncements successifs qu’il s’exercera à voir Dieu en toute chose et fera l’apprentissage de la liberté intérieure.

Editions Fidélité

Acheter pour 26.80 CHF

Le cœur contenté
Hélène Greffard

Plus que jamais, il est nécessaire de nous rappeler l’existence et l’impact de la bonté dans notre monde. Les actes bons ont le pouvoir de guérir, de stimuler, de réjouir, d’ouvrir à plus grand que soi. Nous en avons grandement besoin pour percevoir la douceur de la vie, en ces temps où les mauvaises nouvelles font la manchette. L’auteure de ce livre est partie à la recherche de témoignages de personnes envers qui un geste de bonté a été décisif. Au fil de ces histoires vraies, la bonté prend des visages insoupçonnés. Leur évocation nous aidera à reconnaître les actes de bonté posés envers nous dans notre propre vie et nous inspire à cultiver la graine de bonté qui repose en nous.

Editions Médiaspaul

Acheter pour 28.40 CHF

Pour commander

Messie malgré lui ?

Pas de Tik Tok, ni d’Instagram, mais des millions de followers. Tout le monde connaît son histoire, ou presque ! La nouvelle série de Zep, La vie de J.C., croque un Jésus pétri de défauts. Un messie… terriblement humain.
Entretien (presque) sérieux avec le bédéiste genevois.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER

Pourquoi avoir choisi de présenter un Jésus maladroit avec des apôtres pas très futés ?

Cela m’intéressait de parler de l’aspect humain de Jésus plus que de sa divinité. Et puis un personnage humoristique doit avoir des failles, sinon il n’est pas drôle. Jésus est animé d’une envie de changer le monde, il se rend compte qu’il possède des dons particuliers. Il entend Dieu et porte un message et une vision pour la société, mais il n’est pas très bon communicant. En plus, il est entouré de copains qui le suivent surtout parce qu’il est sympa et qu’il fait des tours de magie. Nous ne sommes certainement pas très loin de ce qui a dû se passer dans la réalité. Lui doit se battre contre cette image. Il se trouve sans arrêt face à cette incompréhension. Le Christ a un discours ultrarévolutionnaire pour l’époque, je me posais la question du comment le réactualiser.

Jésus, ce n’est pas tellement un sujet à la mode…

C’est un personnage qui, aujourd’hui, est encore connu
par tout le monde. Du moins, un ou deux épisodes de son histoire telle qu’elle est racontée. Notre société vit encore sur l’apport du Christ, sur ses idées.

Le public comprend-il encore les références que vous utilisez ?

Je suis curieux de le savoir. Le principe des paraboles est d’être compris aussi en rapport à la vie d’aujourd’hui. Les gens comprennent assez vite que cet homme a une mission, qu’il ne sait pas très bien comment l’annoncer à ses proches. Un apprenti Jésus en quelque sorte. Mon but n’est pas de faire de l’éducation biblique. Je dresse ici une espèce de portrait en creux de Jésus. D’ailleurs, il s’appelle J.C. et non pas Jésus. Ce n’est pas forcément le même personnage.

Quelle influence Jésus a-t-il (ou a-t-il eu) dans votre vie ?

Lorsque j’étais adolescent, l’étude biblique m’a vraiment passionné. J’y ai passé beaucoup de temps.
Je me suis inscrit pendant deux ans à la faculté de théologie de Genève en tant qu’auditeur libre. Je trouve toujours ces textes passionnants. Croire à la nature divine de Jésus est un choix, moi j’ai choisi de ne pas croire. Mais j’ai beaucoup de respect pour ceux qui y croient. Ça n’a jamais été mon intention de blesser les croyants avec cette série. Par ailleurs, je pense que nous avons le droit de rire de tout. Une société qui ne sait pas rire de ses dogmes ne va pas très bien.

Dans quelle mesure les religions manquent-elles d’autodérision ?

Je ne crois pas que cela soit les religions, mais les gens. Je ne dis pas que tous les gens doivent rire de ce que je fais et je n’en ai pas la prétention. Umberto Eco décrivait dans Le nom de la rose un Dieu qu’il fallait craindre et les inquisiteurs condamnaient le rire, car il bannit la crainte. Pour moi, le Dieu tel qu’il est raconté dans l’Evangile n’est pas un dieu de crainte. Je ne me moque pas de Dieu, mais c’est de l’humain dont je ris.

 

 

 

 

« Se battre pour la liberté d’expression »

Commentaire de myriam bettens

Des croyants ont été peinés, voire offensés dans leur foi par la série La vie de J.C. Pour avoir fait une rencontre personnelle avec Jésus, il est vrai que je ne partage pas la même vision qu’en a Zep. Suis-je pour autant heurtée par cette représentation ? Il me (nous) fait part ici de sa compréhension de Jésus, pas de la mienne, donc non ! D’ailleurs, son personnage principal se nomme J.C., ce n’est certainement pas pour rien. Ce choix rédactionnel ne fait certainement pas l’unanimité. Malgré cela, je considère qu’il est crucial, si ce n’est vital, de se battre pour que la liberté d’expression reste garantie sous toutes ses formes. Et vital est à mon sens le terme. L’actualité nous a maintes fois offert la démonstration de ce qu’un argumentaire par les armes peut produire. Pour mémoire, le film Sìrìrì dépeint très bien la manière dont le conflit entre groupes armés chrétiens et musulmans s’est enlisé en Centrafrique. Exemple criant d’une rhétorique expéditive, mais qui a fait ses preuves. Je suis cynique à dessein. Car écouter pour comprendre demande du temps et de la disponibilité. Celle d’être questionné et parfois ébranlé dans ses convictions : tout comme Jésus l’a lui-même fait avec moi et continue de le faire encore aujourd’hui.

Martine Hayoz, une maman proche-aidante…

… pour son enfant

Martine Hayoz, de Châtillon, est «proche-aidante» pour l’un de ses fils, âgé de 21 ans, et ceci depuis une dizaine d’années. Grigori souffre d’un handicap mental occasionnant des retards à différents niveaux. Cela ne l’empêche pas d’être passionné de littérature fantastique, de mythologie grecque et de BD d’aviation.

PAR GÉRARD DÉVAUD
PHOTO: GILBERT HAYOZ

Durant l’adolescence de Grigori, sa « différence » d’avec les autres enfants s’est accentuée, ce qui a demandé un accompagnement particulier pour lui. Ce furent des moments difficiles et il a fallu digérer le fait qu’il était différent, pas dans le moule comme les autres enfants. Toute la famille a dû s’adapter à lui, comme il s’est aussi adapté à elle. C’est à ce moment que Martine a accepté, en plus d’être sa maman, de devenir proche-aidante. Elle a ainsi dû organiser son emploi du temps pour se consacrer un peu plus à lui, pour lui permettre de vivre le mieux possible comme un jeune de son âge, pour répondre à ses besoins.

Un accompagnement permanent

Du lever au coucher, Martine prend soin de Grigori et l’accompagne dans toutes les petites choses du quotidien, mais également dans des activités qu’il affectionne, comme le ski où il est très performant.

Ce qui compte le plus pour elle – et également pour son époux –, c’est de voir que leur fils s’épanouit dans ses activités et dans sa vie. Il est important de lui montrer qu’ils ont confiance et qu’ils croient en lui. De leur côté, ils ont également grandi au côté de leur fils, car ils ont beaucoup appris grâce à lui.

Le fait d’être croyants aide beaucoup Martine et son époux Gilbert, car leur foi en Dieu passe aussi par la foi en leur prochain.

Aussi heureux au foyer

Depuis juillet 2020, Grigori a intégré un foyer, ce qui occasionne un grand vide à la maison. Mais ce qui compte le plus, c’est qu’il soit heureux et qu’il puisse s’épanouir ! Et le fait que Grigori habite dans un foyer n’empêche pas la famille de se retrouver souvent dans différentes activités.

L’Evangile de la fragilité

PAR GAËTAN STEINER, RESPONSABLE DE LA PASTORALE SPÉCIALISÉE DU DIOCÈSE DE SION ET DU TERRITOIRE ABBATIAL DE L’ABBAYE DE ST-MAURICE
PHOTO : BERNARD HALLET, CATH.CH

Comment accueillir la fragilité comme une bonne nouvelle en notre société tou-jours plus compétitive et élitiste ? Voici une question qui habite le quotidien des personnes engagées dans le service de la pastorale spécialisée de notre diocèse !

Chaque rencontre est un mystère ! Mys-tère de Dieu et mystère de l’être humain ! Oui, il s’agit essentiellement « d’être » plei-nement présent pour découvrir la Bonne Nouvelle que le Seigneur nous révèle.

A travers notre activité, nous nous effor-çons de mettre en lumière une reconnais-sance intégrale de la personne en situa-tion de handicap ainsi que ses nombreux et profonds besoins spirituels. Nous aimons, nous nous laissons aimer, nous construisons de solides amitiés, nous prions avec l’ensemble de notre corps à l’aide de différentes approches senso-rielles, nous creusons la Parole de Dieu et ensemble, nous accueillons l’Evangile de nos propres fragilités.

N’est-ce pas là le cœur de l’Evangile ? N’est-ce pas là le cœur de la mission du Christ qui montre à quel point la fragilité, assumée et aimée est source de salut pour le monde ! N’est-ce pas là le cœur de notre église ?

Alors, comment accueillons-nous dans nos assemblées paroissiales les membres de nos communautés plus fragiles, avec un handicap ? Comment accueillons-nous et soutenons-nous les familles, les parents, frères et sœurs ou encore amis ? Comment pouvons-nous enrichir notre vie terrestre au contact des plus petits qui ont tant d’enseignements à nous partager pour notre propre vie de « valides » ?

Chacune et chacun pourra trouver une bribe de réponse dans son cœur et qui sait, peut-être qu’un jour nous prendrons part, tous ensemble, au festin des invités au repas du Seigneur !

Aujourd’hui la moisson est abondante, mais peu nombreux sont les ouvriers. Aussi, si vous souhaitez, donner un peu de votre temps, 2-3 heures par mois, afin de vivre une fraternité avec nos amis por-teurs de handicap et d’approfondir votre foi, n’hésitez pas à nous contacter ! Nous recherchons ardemment des bénévoles pour nous aider dans cette belle mission au service du royaume de Dieu.

« Nous sommes dans l’être, avant d’être dans le faire »

Pour les aumôniers, l’Equipe romande œcuménique de pastorale spécialisée est un organe essentiel à l’exercice de leur ministère. Au-delà des questionnements et des échanges d’expériences, elle leur permet d’affiner leurs approches sensorielles liées aux handicaps, les bénéficiaires n’ayant pas tous accès au langage.

PAR STÉPHANIE BERNASCONI,
RESPONSABLE DU COEPS * | PHOTOS : LDD

C’est surtout un lieu de collaboration et de réflexion pour élaborer des outils communs afin de pouvoir, par exemple, rejoindre les bénéficiaires durant la pandémie alors que les visites sont interdites ou mieux répondre au besoin croissant d’accompagner les personnes, familles et équipes éducatives lors de maladies, deuils et ruptures.

Deux témoignages

Marinette Maillard et Fabienne Weiler, aumônières, nous parlent de leur ministère : « Nous accueillons les personnes de manière individuelle ou collective (animations, célébrations, camps, pèlerinages, temps forts). Dans le respect de la confidentialité, nous sommes à leur écoute, à l’écoute de l’indicible, de la vie. Nous nous adaptons aux besoins de la personne, à sa dimension spirituelle ou laïque, à ce qui lui est propre. Nous sommes dans l’être, avant d’être dans le faire.

«Nous rencontrons des personnes fragiles. Notre proximité avec Dieu se vit dans la fragilité de la vie. C’est un travail d’apprivoisement, de liens de confiance, pour que l’imperceptible se révèle. Prendre le temps, laisser du temps, laisser la relation grandir au rythme des jours, au rythme de Dieu. Par la Bonne Nouvelle, nous sommes porteurs de paix, d’espérance et de confiance. Nous consolons, soutenons, épaulons ; nous guidons, préparons les personnes aux sacrements et célébrons… pour les aumôniers et les bénéficiaires, les fruits sont nombreux : sens de la vie retrouvé, joie d’être celle / celui qu’on est, saisir les  » clins-Dieu  » semés dans nos journées et se savoir aimé.»

Gaëtan et la pastorale spécialisée

PAR FLORENCE CHERUBINI, ANIMATRICE PASTORALE DU SECTEUR D’AIGLE
PHOTOS : STÉPHANIE LABANTI

Approcher et accompagner les familles des personnes handicapées dans le parcours de pré-paration aux sacrements (baptême, communion, confirmation), en paroisse ou en institu-tion, est le ministère diocésain auquel Gaëtan Steiner a répondu par un grand OUI il y a quatre ans déjà. La catéchiste du secteur pastoral d’Aigle a bien voulu nous partager l’article paru dans son journal paroissial.

Gaëtan vient succéder au diacre Eddy Travelletti, responsable de la pasto-rale spécialisée du diocèse de Sion. La pastorale multiple, qui s’adresse à tous les âges, en proposant des temps d’animation spirituelle dans des ins-titutions ou des écoles spécialisées. La préparation aux sacrements, à la demande de familles, de paroisses ou d’institutions, et l’accompagnement au deuil, soit auprès des familles, soit auprès des personnes handicapées pour leur permettre de mettre des mots sur la souffrance et la mort. « Dans ces cas-là, je suis un « grand frère » dans la foi, qui accompagne quand les psychologues, les éducateurs sont démunis… »

Cette pastorale, variée, est un grand défi pour Gaëtan, commercial de formation ! Mais, il reçoit ce nouveau mandat comme « un beau cadeau pour ma propre foi ». Même si, au début, il se sent démuni : « Que pouvais-je faire pour eux ? Comment accepter ma propre vulnérabilité en touchant la vulnérabilité de l’autre ? Comment accepter ces injustices, ces vies si cabossées ? » …

Mais, Gaëtan accepte de surmonter sa sensibilité et se met à l’œuvre. Et, il apprend à s’adapter à chaque handicap car « en Pastorale spécialisée, les concepts cognitifs n’existent pas et ma catéchèse doit permettre de faire expérimenter l’amour de Dieu par le corps ». Pour cette pastorale, construite sur le langage symbolique, un immense matériel que Gaëtan invente, détourne, crée est nécessaire : une couverture toute douce permettra à l’un de sentir la tendresse de Dieu, des pictogrammes inviteront une autre à participer à une célébration, la lumière d’une bougie rendra visible la présence du Christ parmi nous …

Pour chaque rencontre, un immense temps de préparation, aussi, est nécessaire car le message donné ne doit pas être infantilisé mais il doit rendre visible l’essentiel.

Comme « Le Petit Prince », Gaëtan voit donc avec son cœur : « Je rencontre des personnes, pas des handicaps. J’ai beaucoup de déplacements à faire pour me rendre d’un lieu à l’autre. Ces moments sont des temps de prière où j’invoque l’Esprit-Saint pour recevoir de lui le geste, le regard de Jésus qui sera présent à chaque fois. Quand j’arrive dans le lieu, je ne me préoccupe plus de ce que je vais dire. Les gestes, les regards, les paroles viennent. Et, même si parfois il m’arrive de ne pas savoir quoi dire, Dieu est présent ! C’est une grande grâce qui fait grandir ma propre foi et ma confiance en l’Esprit Saint. Je m’approche de Dieu avec eux et c’est une révélation mutuelle. »

Cette belle confiance en l’Esprit aide Gaëtan à vivre sereinement son ministère malgré une grande charge de travail « car c’est un rendez-vous avec Dieu de chaque instant ».

Mais Gaëtan, qui est heureux papa de trois petites filles, sait aussi que sans le « oui » de sa famille qui l’accompagne chaque fois que cela est possible, il ne pourrait pas manifester toutes ces capacités que Dieu a mises en lui pour être au service des « Bénis de Dieu ».

Pour en apprendre plus sur cette pastorale : www.pastorale-specialisee.jimdosite.com

Pastorale des handicapés

PAR JUDITH BALET HAECKENMEYER
PHOTOS : JUDITH BALET HAECKENMEYER, PIXABAY

Dans les temps anciens, les personnes différentes en raison de soucis physiques ou mentaux étaient mises de côté, rejetées en quelque sorte de la société.

De nos jours heureusement, des efforts d’inclusion, d’acceptation des différences sont mis en œuvre, dans les écoles déjà. Cela ne simplifie probablement pas la tâche des enseignants, mais agrandit le cœur de tous. Me revient en mémoire les années où un enfant différent fréquentait la classe d’un des miens et de la richesse que ça avait amené à tous : écoute, bienveillance, colère parfois aussi, et surtout une plus grande ouverture aux différences, une plus grande ouverture du cœur.

Lorsqu’on regarde la vie d’Alexandre Jollien, quelle perte cela aurait été si on avait continué de cantonner cet homme merveilleux à son handicap! Plus près de chez nous, c’est Marie-Madeleine qui nous époustoufle, qui nous tire en avant. Ce sont ces voisins de la rue de la Taure ou du Home Pierre-à-voir qui nous saluent, timidement ou plus franchement. Comme nous a accueillis Dominique lorsque nous sommes arrivés dans ce village: ces «comme je suis content de te voir» accompagnés d’une franche accolade faisaient si chaud au cœur! Même si parfois les enfants étaient un peu gênés car il serrait fort! Certains de nos voisins sont plus timides, plus réservés. Mais au fait, qu’ils soient bien portants ou non!

Pourquoi dans ce cas parler de pastorale des handicapés ? N’est-ce pas une forme de condescendance de la part des «bien-portants»? Car au fond, nous sommes tous handicapés d’amour ! Ne serait-ce pas ce handicap-là qui serait à mettre en exergue dans la pastorale, plutôt que de marquer encore une fois une différence physique ou mentale ? Et là en toute humilité les bergers n’ont que quelques millimètres d’avance.

Mais l’important n’est-il pas de s’entraider à ouvrir nos cœurs? A tenter d’accueillir tous ces handicapés d’amour que nous sommes, et nous-mêmes en premier?

A l’école de la vie

Yasmine Richon a 44 ans et est domiciliée à Vouvry. Depuis l’âge de 3 mois, elle vit avec une différence appelée hémiplégie. Assez solitaire, elle partage son temps entre des visites chez ses parents – Françoise et Jean – à Martigny-Croix et l’écriture, un art qui la passionne depuis plus de 20 ans. Son souhait le plus cher, c’est de profiter de la vie pour grandir: «à l’école de la vie», comme elle aime à dire.

PROPOS RECUEILLIS
PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

En ce mois de février vous fêtez 20 ans d’écriture avec 39 titres à la clé. Qu’est-ce qui est à l’origine de cette passion pour l’écriture ?

J’ai toujours aimé écrire et je voulais rédiger un livre. A 9 ans, j’ai été encouragée par mon institutrice à m’exprimer par écrit. Lorsqu’Alexandre Jollien – avec qui je suis allée à l’école – a publié son premier livre « Eloge de la faiblesse », ç’a été pour moi comme un déclic. Je me suis dit que moi aussi je pouvais écrire mon livre.

En 20 ans vous avez exploré une quantité de thèmes. D’où tirez-vous votre inspiration ? Quels sont vos sujets de prédilection ?

Je puise mon inspiration dans mon vécu tout simplement. J’écris uniquement sur ce que je connais de l’intérieur. J’aime tout spécialement écrire sur ma foi en la Vie. J’ai publié plusieurs livres traitant de ce sujet.

Vous m’expliquez que la survenue de cette hémiplégie remonte à l’âge de 3 mois des suites de l’inoculation d’un banal vaccin. Quel regard portez-vous sur la situation pandémique actuelle ?

Bien sûr, je ne vais pas me faire vacciner. Mais je pense que le vaccin contre la Covid-19 est tout à fait au point si l’on prend en compte que seul 10% des gens hospitalisés sont vaccinés. Le vaccin est un bon moyen de lutter contre le virus.

Vous avez vécu en foyer une partie de votre vie. Que retenez-vous de positif de cette période ?

A l’institut, j’ai eu les meilleurs soins possibles pour traiter mon hémiplégie. J’ai également rencontré cette institutrice qui m’a encouragée à écrire et qui aujourd’hui encore est très importante pour moi.

Vous avez insisté pour dire que dans la vie, « on fait ce qu’on peut ». Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Parfois on ne réussit pas très bien ce qu’on fait. J’ai loupé ma scolarité. Mais il faut voir les circonstances du moment. A ce moment-là je ne pouvais pas faire mieux. Parfois on n’a pas les moyens de faire bien. Alors on fait ce qu’on peut.

Vous parlez du fait que la souffrance a été pour vous une maîtresse de vie, comment cela ?

La souffrance m’a amenée à réfléchir et à travailler sur moi. C’est à la suite de souffrances que j’ai appris à me connaître et à m’aimer beaucoup.

Vous m’avez parlé aussi de « l’abandonnisme ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Il s’agit d’une pathologie qui consiste à toujours se sentir abandonné et à toujours craindre d’être abandonné par les êtres qui nous sont chers. Nul besoin d’avoir réellement été abandonné pour déclencher cette maladie. Il suffit d’une séparation précoce avec des êtres importants tels que les parents. Une séparation mal vécue prise comme un abandon peut être l’élément déclencheur.

Etre heureuse qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Je pense qu’être heureux, c’est comme le bonheur. C’est l’idéal. C’est très difficile à atteindre. J’ai une vie qui n’est pas facile. Mais elle m’a permis de faire de belles rencontres, de beaux voyages. J’ai la chance de pouvoir écrire et publier mes livres depuis 20 ans. Je pense que j’ai malgré tout une belle vie. Je peux dire que j’ai beaucoup de chance.

Quel rôle joue la foi dans votre vie ? Comment la vivez-vous ?

La foi, c’est la base pour moi. C’est ce qui m’aide à tenir debout et en vie quand c’est trop difficile. Je la vis tout simplement dans mon cœur, chez moi et je la partage avec joie dans mes livres.

Vous appelez Dieu « la Vie », pourquoi ?

Il y a quelqu’un que j’ai beaucoup aimé mais qui m’a fait très mal en me disant : « C’est Dieu qui agit en moi. » Je sais aujourd’hui que c’est faux ! Mais voilà pour moi, parler à Dieu à ce moment-là je ne pouvais pas. J’ai également été violentée par des hommes. Alors la Vie, au féminin, ça me convient très bien.

Vous m’apprenez que vous n’écrivez pas pour gagner de l’argent. Vous donnez vos livres pourquoi ?

Je vends parfois mes livres à des gens qui tiennent à me les payer. Je fais publier
30 exemplaires à la fois. Mon but n’est pas de les commercialiser. Mes livres, c’est un bout de moi. Les vendre ne me plaît pas. Je préfère les donner à des gens de mon entourage comme on confie un petit chat qu’on aime.

Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur aujourd’hui ?

M’épanouir dans l’écriture. Evoluer et me faire des amis, même si j’en ai déjà.

Pour découvrir et commander un des livres de Yasmine. Rendez-vous sur le site des Editions « A la carte » à Sierre : www.editions-carte.ch ou appelez Yasmine au 079 321 65 90.

Saint Joseph…

… chapelle de Posat (Fribourg)

PAR AMANDINE BEFFA
PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’actuelle chapelle de Posat date du XVIIe siècle. Elle abrite une statue de la Vierge Marie auprès de laquelle on vient en pèlerinage depuis le XVIIIe siècle. C’est toutefois un étonnant tableau de saint Joseph qui nous intéresse.

On reconnaît Joseph à l’établi du charpentier, mais aussi au bâton fleuri. Certains évangiles apocryphes racontent que Marie avait été confiée au temple dans son enfance afin de se préparer à être la Mère de Dieu. Lorsque vint le temps de la marier, on convoqua plusieurs hommes pour choisir celui qui serait son époux. Chacun d’entre eux avait reçu l’ordre d’apporter un bâton et de prier pour que Dieu le fasse fleurir, indiquant que c’était le candidat qu’il avait choisi. C’est celui que tenait Joseph qui a bourgeonné
et c’est ainsi qu’il a été désigné. Le lys a plusieurs significations. Il est entre autres symbole de chasteté, désignant ainsi que l’enfant que Joseph tient dans ses bras n’est pas le sien.

Dieu le Père veille depuis les nuages. La scène est surprenante : l’artiste a osé peindre Dieu. L’Ancien Testament est pourtant formel : « Tu ne te feras pas de statue, ni aucune forme de ce qui est dans le ciel. » (Ex 20, 4) Il faudrait bien plus que quelques lignes pour répondre à cette question. Je préfère vous recommander l’excellent article du Professeur Philippe Lefebvre, o.p., sur la question 1.

Il demeure que saint Joseph se trouve représenté au milieu d’un échange entre la Trinité. Le Fils tend les bras vers l’Esprit alors que le Père bénit toute la scène. Joseph est comme illuminé et il semble que l’Esprit souffle sur lui.

Le jaune du manteau est éclatant. C’est la couleur de la révélation de la sagesse et de l’amour de Dieu. Et quel plus beau signe de la sagesse et de l’amour de Dieu que l’Incarnation ?

 

Article disponible sur internet: LEFEBVRE Philippe, « Peut-on représenter Dieu ?
Un questionnement dans la Bible », Etudes, 2016/3 (Mars), p. 63-72. DOI : 10.3917/etu.4225.0063. URL : https://www.cairn.info/revue-etudes-2016-3-page-63.htm

Portrait de Daniela Sebrié

TEXTE ET PHOTOS PAR DANIELA SEBRIÉ

Rencontre

Je m’appelle Daniela Sebrié, suis mariée à Gaëtan et maman de trois filles. D’origine argentine, j’habite à Vétroz. Je suis dans la troisième année du Parcours Théodule du diocèse de Sion et effectue mon stage pastoral à la Castalie de Sierre.

Pourquoi t’es-tu engagée dans la pastorale spécialisée ?

Je me suis sentie appelée par Dieu à le suivre et le servir dans la personne en situation de handicap. C’est pour cela que je me suis engagée dans la pastorale spécialisée. Peut-être, aussi parce que depuis mon enfance j’ai créé des liens d’amitié très riches avec des gens handicapés. Des relations qui m’ont beaucoup apporté et donné du sens à ma vie personnelle et spirituelle.

Aujourd’hui je mets mes pas sur ce chemin pastoral avec des craintes, certes, car j’expérimente beaucoup de respect pour ce monde étonnant et fascinant du handicap. Aussi avec confiance, car je sais que le Seigneur est là pour m’inspirer, me soutenir et m’accompagner.

Que signifie pour toi la pastorale spécialisée ?

Pour moi la pastorale spécialisée c’est :

– Une révélation car je découvre, caché dans le signe visible du handicap, dans toute sa vulnérabilité, une sagesse de vie qui m’interroge et me renouvelle.

– Une invitation à me mettre à l’écoute de la parole de Dieu et me rendre disponible pour qu’elle puisse agir et combler le cœur de ses enfants.

– Un apprentissage qui me demande : de la créativité pour pouvoir trouver le geste, les mots qui conviennent pour m’approcher de la personne, et surtout, beaucoup d’humilité pour accepter mes propres handicaps et limites, laissant Dieu faire son œuvre

A quoi ressemble une rencontre d’animation spirituelle avec des personnes en situation de handicap ?

Alors, elle se propose comme un lieu fraternel de rencontre, un espace de communion, où chacun a sa place. Une à deux fois par mois, par petit groupe ou même individuellement, on se rencontre pour vivre un moment de partage autour de la Parole de Dieu. Nous allumons une bougie, c’est le moment le plus précieux pour les personnes. Nous chantons, nous confions des êtres chers ou des situations difficiles au Seigneur.

Nous sommes également disponibles pour accompagner soit dans les paroisses, soit à domicile, soit dans les institutions, un parcours de préparation aux sacrements adapté à la personne. Sur demande, nous intervenons aussi dans l’accompagnement du deuil.

Finalement, nous vivons différentes célébrations tout au long de l’année et particulièrement lors des temps forts que sont Noël et Pâques.

Pour en apprendre plus sur cette pastorale ou nous contacter :

https://pastorale-specialisee.jimdosite.com/notre-travail/

Apprendre à regarder…

PAR L’ABBÉ CHRISTOPHE GODEL | PHOTO : PONTIFEXENIMAGES.COM

Un vieux rabbin demanda une fois à ses élèves à quoi on pouvait reconnaître le moment précis où la nuit finissait et le jour commençait.

– « Peut-être quand on peut distinguer facilement un chien d’une chèvre » dit un élève.

– « Non », répondit le rabbin.

– « Quand on distingue un arbre à dattes d’un arbre à figues » proposa un autre.

– « Non », répéta le rabbin.

– « Alors quand ? » lui demandèrent tous les élèves, impatients de savoir.

Le rabbin répondit :

– « C’est quand, lorsque tu regardes le visage d’une personne, tu reconnais un frère ou une sœur. Tant que tu ne le vois pas, il fait encore nuit dans ton cœur. »

Quelle lumière nous permettra de mieux voir le visage de l’autre ? Celle de Jésus, qui connaît le fond des cœurs. Cette lumière se développe par une fréquentation du Christ dans la lecture priante de sa Parole, et dans sa mise en pratique en apprenant à mieux voir, à mieux regarder. On avance mieux en équipe, en Eglise. Les mouvements d’apostolat des laïcs sont des bienfaits précieux que l’Esprit Saint nous offre pour ne pas marcher seul. Chacun d’eux a son charisme : il y en a bien un qui nous correspond mieux, et qui nous aidera à devenir toujours davantage témoin de la Lumière.

Rejoignez donc un mouvement d’apostolat des laïcs (découvrez-les sur www.lacral.ch), faite-le rayonner. Ainsi seront toujours plus nombreux les témoins de la Lumière.

Une foi à déplacer les tuiles (Marc 2, 1-12)

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT
PHOTO : DR

Nombreuses sont, dans les quatre évangiles, les guérisons par Jésus de personnes souffrant d’un handicap physique ou psychique. Les raisons de cette abondance sont multiples et belles. Cela vient d’abord du fait que le Fils de Dieu bat en brèche les conceptions de l’époque d’une soi-disant «théologie de la rétribution»: si un homme est né aveugle, ce n’est pas parce que lui ou ses parents auraient péché – quelle horreur ! – mais pour qu’en lui comme en chacun·e se manifeste l’œuvre de Dieu (cf. Jean 9, 1-7).

Une solidarité évocatrice et réjouissante

Puis, parce qu’autour de la personne atteinte d’un handicap peut se vivre une solidarité très évocatrice et réjouissante. C’est grâce à l’inventivité des quatre porteurs du paralytique, en déplaçant les tuiles du toit
(Marc 2, 1-12), que celui-ci peut être descendu en présence du Christ, alors que le Maître est enserré de toutes parts dans la maison où il fait halte. « Voyant leur foi, affirme le 2e évangéliste, Jésus dit au paralytique : « Mon enfant, tes péchés sont remis. » (verset 5)

Ensuite, c’est dû à ce que la foi des femmes et des hommes, rencontrés et guéris, impressionne le Rabbi de Nazareth comme les foules qui les entourent. Ainsi, en est-il de l’aveugle Bartimée à la sortie de Jéricho, dont Jésus vante l’enthousiasme plus fort que la populace qui voulait le faire taire : « Fils de David, aie pitié de moi ! », crie-t-il à plusieurs reprises sur le chemin (cf. Marc 10, 46-52).

La source d’un engendrement mutuel

C’est toujours une libération totale qu’offre le Fils du Père à ceux et celles qu’il guérit, autant spirituelle que physiologique. La délivrance de la paralysie advient dans le récit marcien comme le signe attestant du pardon des péchés par le Fils de l’homme (Marc 2, 10-11).

Ainsi donc, même si notre pastorale n’a pas la promesse de pouvoir opérer de tels miracles à profusion, l’écoute des personnes handicapées dans nos communautés est source d’un engendrement vraiment mutuel, selon lequel tous et toutes ont à se laisser libérer par l’Esprit.

Service de la Pastorale du Réseau la Santé Glâne (RSG)

« J’étais malade et vous m’avez visité. » Mt 25, 36 b

PAR LE PÈRE FRANCIS BASANI | PHOTOS : JEAN-PAUL CONUS, PÈRE FRANCIS BASANI

Chers paroissiens, chères paroissiennes,

Notre unité pastorale compte trois EMS : le home de Billens, le foyer de Vuisternens ainsi que celui de Siviriez.

En tant que délégué de l’équipe pastorale auprès du Réseau Santé Glâne, je vous informe que Melchior et Benjamin se sont retirés de leurs engagements dans la pastorale de la santé il y a maintenant trois mois pour prendre leur retraite. Les membres de l’unité pastorale Sainte Marguerite Bays et moi-même, adressons à cette occasion nos chaleureux remerciements à Melchior et à Benjamin pour leur précieuse collaboration et nous leur présentons tous nos meilleurs vœux pour l’avenir.

Aujourd’hui, à travers ce bref article, j’ai la joie de vous présenter les personnes mandatées dans la pastorale de la santé et de la solidarité qui sont engagées depuis le 1er septembre 2021 pour les remplacer. Je souhaite la cordiale bienvenue à Marie-France Aeby et à Chantal Vogler dans notre unité pastorale et leur souhaite beaucoup de joie dans leur nouvelle mission.

Questions à Marie-France Aeby et Chantal Vogler

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

C : Originaire de la vallée de l’Intyamon, en Gruyère, où j’ai grandi, je suis mariée à Dominique et maman de trois filles âgées de 20 à 14 ans. Après des études en sciences naturelles et quelques années de travail, je me suis consacrée à ma famille durant une vingtaine d’années. J’ai souhaité alors me diriger vers une activité plus orientée vers les relations humaines et, après quelques années dédiées au bénévolat et à ma formation, me voilà auprès des résidents du Réseau Santé Glâne.

MF : Je m’appelle Marie-France et j’ai 54 ans. Nous avons eu la joie d’avoir trois enfants qui sont jeunes adultes maintenant mais toujours bien présents à la maison. J’habite en Gruyère où j’ai été engagée en paroisse durant 20 ans. Il y a 10 ans j’ai suivi la formation d’aumônier en milieu hospitalier au CHUV. J’aime être dehors en nature avec notre chien par n’importe quel temps. Et depuis le 1er septembre je découvre les beautés de la Glâne !

Combien y a-t-il de personnes engagées dans les EMS du Réseau Santé Glâne ?

C : Nous sommes donc les deux aumônières mandatées par le Service solidarités de l’Eglise catholique et nous nous appuyons sur une bonne quinzaine de personnes qui œuvrent bénévolement. Il faut relever que sans ces personnes au grand cœur, le service
ne pourrait jamais offrir toutes les prestations qui existent actuellement. Nous collaborons également avec Mme Florence Blaser, pasteure, qui vient régulièrement donner du temps aux résidents réformés.

MF : Et si certains d’entre vous ont le goût de la rencontre avec les aînés, qu’ils n’hésitent pas à nous contacter pour nous rejoindre.

Quel regard portez-vous sur les résidants ?

C : Ils sont tous tellement uniques et attachants ! Chacun et chacune a quelque chose à m’apporter et à apporter à la vie de son foyer. Chacun a sa personnalité, son vécu, son présent et ses perspectives. C’est toujours un plaisir de les rencontrer, que ce soit dans le couloir, lors d’une célébration ou pour un temps de rencontre personnelle.

MF : J’ai été élevée par ma grand-maman et mon premier poste de travail à 20 ans était au Foyer de Bouleyres à Bulle. Je me sens proche des résidents tout en ayant un regard rempli de respect pour leur parcours de vie et leur expérience face aux vicissitudes et aux changements.

Quelle aide spirituelle peut apporter la présence des aumôniers ?

C : Pour certains résidents, la notion de foi est importante et la participation aux célébrations est essentielle. Nous proposons donc des messes et temps de prière. Le fait de pouvoir prier individuellement avec nous compte aussi pour certaines personnes. Mais l’élément le plus important est peut-être le temps que nous pouvons leur consacrer, temps de présence, d’écoute et de partage, notamment lors de rencontres individuelles. Ce temps offert peut aider à avancer sur le chemin de la vie avec tout ce qu’il comporte de difficultés ou de questionnements dans cette phase délicate de l’existence. Certains résidents souffrent aussi de solitude, et notre visite peut leur apporter un moment agréable et déboucher en même temps sur de nouvelles perspectives.

Il ne faut pas oublier non plus que nous sommes au service de toutes les personnes de la maison, croyants ou non, résidents ou membres du personnel.

MF : Il me semble important d’accompagner la personne dans toutes ses dimensions. Que cela soit par les soins, la cuisine, l’animation et aussi la spiritualité. C’est un tout à mon avis. Prendre en compte la spiritualité permet de mobiliser les ressources de la personne pour traverser les étapes de la vie. Plus particulièrement encore lorsque c’est plus difficile pour eux en raison de la maladie et de la perte.

Quelles sont vos joies dans votre travail auprès des résidents ?

C : La principale est la joie de la rencontre : joie d’être ensemble, de partager le moment présent, d’évoquer la vie qui se déroule, d’aller y chercher des élans pour poursuivre le chemin. Joie d’être parfois simplement aux côtés d’une personne, même si c’est dans le silence.

MF : Celle d’être une présence, en toute simplicité. Je fais partie de la maisonnée comme eux et nous partageons joies, peines et attentes au quotidien. Je pense que les personnes que nous rencontrons, ce n’est pas du hasard. Jusqu’à notre dernier souffle, nous sommes au monde unique et porteur d’être là ici et maintenant.

Quelles sont vos peines dans vos engagements ?

C : Toute rencontre ne débouche pas sur un élan de vie ni même parfois sur un échange. Il faut pouvoir accepter que le temps de l’autre ne soit pas forcément accordé au mien ou que ma présence ne soit pas appréciée à tel moment. La liberté et l’agir du résident sont primordiaux. Il faut donc parfois passer sur une déception passagère et accepter de n’avoir pas su répondre aux attentes d’une personne.

MF : Je n’ai pas eu moi-même de la peine. Mais, j’ai partagé celle des personnes qui ont perdu de l’autonomie, qui souffrent dans leur corps ou leur intériorité. Etre là à leur côté est pour moi le cœur même de ma raison d’être engagée dans le service d’aumônerie.

 

Une église consacrée par l’évêque

Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, viendra consacrer l’église de Gland
dans quelques semaines. Dans l’intervalle, il a accepté de nous expliquer la signification et les implications
d’un tel évènement.

PROPOS RECUEILLIS PAR AUDREY BOUSSAT | PHOTOS : DR

Le 13 février, vous serez dans la nouvelle église de Gland pour la consacrer. Que signifie le mot «consécration»?

Mgr Charles Morerod : – On parle de «consécration» à la première bénédiction d’une église. Le terme de «bénédiction», quant à lui, est utilisé plus largement et s’étend aux personnes, aux bâtiments et aux objets.

Que veut dire le terme «bénédiction»?

«Bénédiction» vient du latin «benedicere», dire du bien. Quand Dieu dit du bien, il le fait aussi – à commencer par la création. Nous devons à Dieu de bénir une personne ou une chose, donc de lui faire du bien. Pour les lieux et les objets, on demande à Dieu qu’ils soient particulièrement aptes à nous relier à lui («relier» étant une des étymologies traditionnelles de «religion»). Ces bénédictions matérielles sont donc orientées vers le bien des personnes, qui sont capables de répondre à l’amour de Dieu.

Lors de la consécration de l’église de Gland, quels gestes allez-vous effectuer et quelle est leur signification?

– J’aspergerai l’autel d’eau bénite (en lien avec notre baptême), ferai brûler de l’encens autour (notre prière monte vers Dieu en bonne odeur) et l’oindrai de saint chrême, cette huile bénite et parfumée utilisée aussi au baptême, à la confirmation et dans les ordinations. Tous ces signes montrent que Dieu prend au sérieux le monde matériel (songeons à l’incarnation du Fils de Dieu et à la Résurrection) et que nos sens jouent un rôle crucial dans notre connaissance et nos relations.

Comment se fait-il que l’on puisse célébrer des messes dans une église non consacrée?

– On anticipe simplement ce qui va arriver, et on le fait pour favoriser la prière sans attendre. J’ai participé à la consécration de la cathédrale orthodoxe russe de Genève, construite en 1863…

Pourquoi est-ce l’évêque qui consacre les églises de son diocèse?

– Il revient à l’évêque de veiller sur la prière dans le diocèse qui lui est confié (de la soutenir, de la susciter, de veiller à ce qu’elle favorise la communion). Une église est un lieu de prière central. L’évêque peut déléguer cette responsabilité si les consécrations sont nombreuses, mais chez nous le nombre reste limité. En ce qui me concerne, j’ai béni plusieurs églises restaurées et deux nouvelles chapelles (de plus petites dimensions).

Vous êtes souvent amené à vivre des évènements uniques et solennels. Comment vous préparez-vous?

– Je prie pour les communautés concernées et je vérifie comment me rendre sur les lieux. Vu mon sens de l’orientation, ce dernier point est assez déterminant, et j’ai reçu plusieurs fois une aide émouvante lorsque mon GPS montrait des signes de faiblesse. C’est évidemment une joie de participer à une célébration qui montre clairement la vie de l’Eglise!

Vous serez présent à Gland le 13 février pour consacrer la nouvelle église. Que ferez-vous après?

– Je commencerai par rester sur place pour rencontrer la communauté, l’Eglise de cette église. Avant d’aller célébrer la messe à la cathédrale Saint-Nicolas à Fribourg, qui est la mère des églises du diocèse.

Rendez-vous le 13 février à 10 heures à la nouvelle église de Gland pour sa consécration.

Qui finance la nouvelle église ?

L’édifice qui a été construit a demandé un investissement en temps et en réflexion, mais aussi financier. Le montant nécessaire est important, 4,35 millions de francs et les moyens mis en œuvre pour le récolter le sont tout autant. Pourtant, nous sommes encore à la recherche de fonds.

PAR GILLES VALLAT, PRÉSIDENT DE LA PAROISSE DE NYON | PHOTO : AUDREY BOUSSAT

Comment la nouvelle église de Gland est-elle financée ? Essentiellement par des dons et des contributions des communes.

Il faut savoir que dans le canton de Vaud, les paroisses ne prélèvent pas d’impôts. Si l’Etat subventionne les salaires des personnes engagées professionnellement au sein de l’Eglise (prêtres et agents pastoraux laïcs), il n’intervient aucunement dans la gestion du patrimoine ou dans un investissement immobilier des paroisses catholiques. Quant aux communes, elles financent l’entretien et la rénovation des lieux de culte. C’est donc à la paroisse qu’il appartient de trouver les fonds pour construire une nouvelle église ou des salles de réunion. Et ce sont les dons et les quêtes auprès des fidèles qui y pourvoient.

Le projet de la nouvelle église de Gland, dont le coût est estimé à 4,35 millions de francs, a bénéficié de subsides des trois communes faisant partie de la communauté : Gland, Vich et Coinsins. Mais l’essentiel de la dépense est à la charge de la communauté et de la paroisse de Nyon. Une commission a été constituée pour prospecter auprès de privés, d’associations, de fondations, d’entreprises, de communes, de paroisses,… Elle a créé un comité de soutien qui appuie le financement du projet et la met en relation avec de possibles donateurs.

Des dons bienvenus

C’est ainsi que des dizaines de dossiers ont été adressés à des donateurs potentiels depuis 2016. Plusieurs tous-ménages sont parvenus aux habitants des trois communes faisant partie de la communauté de Gland ainsi qu’à tous les catholiques des paroisses de Nyon et de Founex, rassemblées au sein d’une unité pastorale. A noter que la communauté de Gland a organisé des repas, des expositions et des manifestations pour récolter des fonds. Les paroisses de Nyon et de Founex, les communautés locales de Begnins, Crassier et Saint-Cergue ainsi que les Eglises sœurs de Gland ont également contribué au financement du projet.

Grâce à ces efforts, environ 2,3 millions de francs de dons et de subsides ont été récoltés mi-octobre, soit un peu plus de la moitié du coût de la construction. A cela s’ajoute un prêt sans intérêt d’un million accordé par la Fondation des constructions paroissiales catholiques du canton de Vaud et un prêt de la Mission intérieure de 200’000 francs. Il manque donc à ce jour quelque 850’000 francs pour financer entièrement la nouvelle église. Il faut souligner que la situation sanitaire n’a pas facilité la récolte de fonds.

Vos dons sont les bienvenus. Vous pouvez les faire parvenir à l’Association paroissiale catholique de Notre-Dame, Nyon, communauté de Gland, IBAN CH58 0900 0000 1541 7070 8. Vous pouvez aussi utiliser Twint. D’avance, un très grand merci pour votre générosité.

La symbolique du mobilier liturgique

Pour célébrer selon le rite catholique romain, il ne suffit pas d’un autel, d’un ambon, d’un tabernacle, d’un siège de la présidence, d’une croix et d’une statue de Marie dans l’église. Ces objets doivent avoir du sens et se répondre; voici le cheminement qui a mené au choix du mobilier de cette nouvelle église.

PAR FRANÇOISE MERLO, AU NOM DE LA COMMISSION LITURGIQUE
PHOTOS : IMAGES DE SYNTHÈSE DU BUREAU CORETRA

En décembre 2019, une nouvelle commission, menée par Jean-Claude Dunand, est créée pour réfléchir au mobilier liturgique. Elle tient compte des propositions et réflexions des paroissiens, mais doit aussi travailler à partir de la structure circulaire du bâtiment, qui impose certains choix. Cette église ronde permet bien des possibilités ; il serait dommage de rester dans une disposition classique, les fidèles les uns derrière les autres, avec le célébrant en frontal.

Un symbole : la colombe de l’Esprit Saint

Un concours d’artistes est organisé en juillet 2020 pour le mobilier. Les projets des artistes devront s’inspirer du chemin de réflexion élaboré par notre commission avec le soutien de Jean-Marie Duthilleul, architecte dont l’expertise est de grande valeur. Il a redessiné l’emplacement des chaises et des allées dans l’église pour donner plus d’importance à l’autel, à l’ambon et au siège de la présidence. Ces éléments sont placés en triangulation sur les lignes de force pour évoquer la Trinité.

Il confirme notre choix de chaises disposées en cercle et non de bancs, car cela permet de les orienter suivant les célébrations. Un banc circulaire est prévu sur le pourtour de l’église pour les jours de grande affluence. Notre commission adhère à cette phrase forte de
M. Duthilleul : « Eglise, lieu de mise en relation : relation entre les objets, entre les personnes et entre les personnes et les objets… pour dire le Mystère. »

Le jury, très touché de la qualité du travail des quatre artistes sélectionnés, choisit à l’unanimité le projet d’Alain Dumas. Les qualités principales du projet retenu :

  • Noble simplicité,
  • Conformité au chemin de réflexion,
  • Intégration au projet architectural,
  • Beau travail de la matière,
  • Potentiel de développement.

M. Dumas a taillé le mobilier liturgique dans le marbre bleu de Savoie, un marbre cristallin à l’aspect lumineux. En homme de Foi, il veut associer l’Esprit Saint à tous nos gestes liturgiques et a choisi comme symbole la colombe : elle est gravée dans la pierre du baptistère, ainsi que dans la porte en bronze du tabernacle et sur la face avant de la table de l’ambon.

En marche vers Dieu

L’église n’est pas d’abord le lieu de la piété personnelle, mais celui où le peuple de Dieu devient Corps du Christ. Pour construire ce Corps, le peuple doit se mettre en marche et vivre une conversion permanente. L’aménagement de cette nouvelle église devra faire sentir cette marche : avancer vers le Christ, lumière du monde. L’autel, pièce maîtresse, représente le Christ qui rassemble, pour le partage. En principe fixe et en pierre, il rappelle la table du sacrifice ainsi que la table de la dernière Cène.

Nous avons choisi de placer le baptistère dans le narthex, première étape de la marche, car le baptême est le premier sacrement, signe de l’entrée dans la communauté des chrétiens. La marche se poursuit sur un horizon ouvert puis offre un passage par l’ambon, le siège de la présidence et l’autel, jusqu’à la croix et la lumière.

Nous avions à cœur de relier les personnes de la communauté, aussi dans le temps. Les anciens seront heureux de retrouver le Christ en croix et la statue de la Vierge, ainsi que le patronat de saint Jean-Baptiste. La statue de Marie sera très visible, placée dans un lieu privilégié entre le narthex et l’intérieur de l’église. Depuis le narthex, elle nous montre la direction à prendre : avancer vers son Fils. Bonne marche à tous !

Des lieux de rencontre interculturels

Trois salles ont été construites sous la nouvelle église de Gland. Leur gestion a été confiée à l’Association culture et rencontre de Gland et environs. Visite des lieux avec son président Thierry Bocion.

PAR THIERRY BOCION
PHOTOS : IMAGES DE SYNTHÈSE DU BUREAU CORETRA

L’Association culture et rencontre de Gland et environs a été fondée le 25 février 2021 sous l’impulsion du comité de pilotage de la nouvelle église. Lorsqu’il a envisagé la gestion des salles situées sous l’église, il est tombé d’accord avec la municipalité de Gland sur le fait qu’elles avaient un potentiel exploitable au-delà de la communauté catholique. Dès lors, des personnes de tous horizons ont été contactées pour faire partie de la nouvelle association, qui compte actuellement 25 membres comité compris. Celui-ci assure la gestion des réservations des trois salles de manière autonome tout en collaborant avec la communauté catholique de Gland.

Partage, Léman et Anciennes vignes

Les salles sous l’église sont accessibles de manière totalement indépendante. Elles disposent d’un mobilier permettant un large choix d’activités, d’une cuisine moderne et équipée, de sanitaires et d’un parking.

Ces trois salles pourront être louées à l’unité ou en lot pour des mariages, des repas d’anniversaire ou familiaux ainsi qu’à d’autres associations. Après consultation de ses membres, le comité a nommé les trois salles, ayant des capacités d’accueil maximales différentes, comme suit :

– la salle Partage, en référence au but de l’association, pouvant accueillir jusqu’à 150 personnes ;

– la salle Léman, par rapport à la région, 50 personnes ;

– la salle Anciennes vignes, en souvenir des vignes qui entouraient l’ancienne église, 30 personnes.

Quel fonctionnement ?

Pour louer les salles, l’association dispose d’un site internet qui indique les tarifs des salles avec leur capacité maximale et leurs disponibilités ainsi que le règlement d’utilisation. Les salles et toutes les annexes intérieures sont des zones non-fumeurs. Un contrat de location et plusieurs moyens de paiement sont à disposition sur le site.

Toute personne majeure vivant dans les environs peut faire une demande de location. Pour les personnes qui voudraient louer l’église et les salles, un lien sur le site permettra de consulter le site internet de la communauté catholique pour connaître les disponibilités et effectuer une demande.

Tous les membres de l’Association culture et rencontre de Gland et environs se réjouissent de vous accueillir pour vous permettre de passer d’agréables moments dans les salles sous la nouvelle église de Gland.

Encourager la rencontre

L’Association culture et rencontre de Gland et environs est une association à but non lucratif, apolitique et confessionnellement neutre. Elle a pour objectif d’encourager et de favoriser le vivre ensemble au travers d’événements culturels et sociaux intergénérationnels.
Ses buts principaux sont d’améliorer la cohésion sociale dans la région, de favoriser la rencontre entre populations linguistiques et de faciliter l’intégration des différentes cultures. Pour ce faire, l’association projette d’organiser des rencontres pour les jeunes, les adultes et les seniors habitant Gland et ses environs. Au programme : concerts, jeux, conférences, permanence d’aide et d’action sociales, réunions d’information, événements, loisirs,…

Construire une église, un défi de société

PAR BERNARD CHEVALLAY, PRÉSIDENT DU COMITÉ DE PILOTAGE, ET GILLES VALLAT, PRÉSIDENT DE LA PAROISSE DE NYON | PHOTOS : DR

Edifier une nouvelle église constitue un véritable défi, une folie même. Pensez : nous vivons dans une société qui se déchristianise, une société fortement matérialiste, individualiste et en grande partie agnostique. A l’heure où les lieux de culte se vident ou sont désaffectés et transformés en musées ou en salles de théâtre, pourquoi construire une nouvelle église à Gland en 2021 ?

Pour plusieurs raisons. La chapelle actuelle, construite en 1972 avec des matériaux de récupération provenant d’un baraquement de chantier, est devenue vétuste et elle est parfois trop petite pour accueillir les fidèles de la région. Une rénovation lourde n’était pas envisageable et le bâtiment n’est plus conforme aux normes actuelles de construction. Ensuite, il y a l’évolution démographique de Gland et de sa région, en pleine expansion : notre communauté connaît une bonne fréquentation, notamment des nouvelles familles, nombreuses à s’établir dans la région.

Confrontés à ces faits, les responsables de la communauté et de la paroisse ont dû se rendre à l’évidence: agrandir et restaurer l’édifice aurait coûté fort cher et n’aurait pas résolu la question de la structure déficiente de la chapelle. Il ne subsistait donc qu’une possibilité : édifier un nouveau bâtiment pour répondre aux besoins à long terme des catholiques de la région de Gland.

L’idée d’une nouvelle église a été passablement critiquée, y compris au sein de la communauté de Gland. En entreprenant une telle construction, les responsables paroissiaux ont fait un pari sur l’avenir : oui, malgré les vicissitudes de notre époque, nous pensons que dans plusieurs décennies, voire un siècle, il y aura toujours des chrétiens qui se réuniront ici pour célébrer le Christ. Oui, nous avons foi dans le futur de l’Eglise même si nous reconnaissons ses faiblesses. L’histoire ancienne et récente nous a montré que le christianisme a connu des hauts et des bas. Nombreux ont été ceux qui ont annoncé sa mort. Mais il s’est toujours relevé.

Et notre foi s’est traduite par une démarche folle : bâtir une nouvelle église pour continuer à annoncer l’Evangile. Pour dire aussi qu’une église est un lieu essentiel à la dynamique d’une cité telle que Gland. Et qu’elle demeure un centre de rassemblement non seulement religieux, mais aussi social et culturel, puisque trois salles complètent le projet.

Notre église, résolument moderne, n’a pas été simple à réaliser. Il a fallu convaincre, répondre aux opposants. Mais après dix ans d’efforts, elle se dresse fièrement à
côté de la chapelle, qui sera démolie. Elle sera consacrée dimanche 13 février par notre évêque, Mgr Charles Morerod.

Ce numéro de L’Essentiel est dédié à cet événement historique. Vous y découvrirez notamment les raisons du choix architectural, les symboles du mobilier liturgique qui habillera l’église, des témoignages
sur cette réalisation et une interview de Mgr Morerod.

Bonne lecture.

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