Sur les pas de saint Joseph

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTO : DR

Dans le sillage de sa lettre Patris corde qui commémore le 150e anniversaire de la proclamation de saint Joseph comme patron de l’Eglise et pour marquer les cinq ans d’Amoris laetitia, texte sur l’accompagnement des couples et des familles, le pape François a lancé à quelques mois près une année spéciale dédiée à saint Joseph et une autre dédiée à la famille qui se terminera le 26 juin 2022 avec la 10e rencontre mondiale des familles. Voici une sélection de quelques initiatives pour tirer au mieux parti de ces temps forts.

Une année pour déployer la joie de l’amour

L’objectif premier de l’année « Famille – Amoris laetitia » est d’y approfondir les impulsions données pour les mettre en œuvre dans son vécu familial. En ce sens, le diocèse de Sion invite à (re)découvrir ce texte à l’aide des guides de lecture, synthétiques
et pédagogiques, réalisés par Anne et Marco Mayoraz 1. Il relaie également le parcours très complet proposé par le dicastère romain pour les laïcs, la famille et la vie : une série de dix vidéos chacune accompagnée d’un livret pour envisager la famille comme un don, malgré les défis à affronter.

A Genève, plusieurs événements sont organisés pour « aller à la rencontre de toutes les familles et témoigner ensemble de la joie de l’amour que Dieu nous donne 2 ». Un défi est même lancé aux couples qui sont invités à exprimer par un slogan leur manière de vivre « l’amour dans le mariage ». La plateforme pastorale-familiale.ch relaie de nombreuses autres propositions ailleurs en Romandie.

Avec un cœur de père à l’instar de saint Joseph

Il n’est pas anodin que le Pape ait ouvert cette année sur la famille un 19 mars. Entrelacer les deux thèmes permet d’inscrire nos parcours familiaux dans le sillage de saint Joseph. L’excellent dossier de cath.ch 3 met en lumière les facettes cachées de ce grand taciturne. A Fribourg, les billets hebdomadaires des capucines de Montorge, tout comme le commentaire de Mgr de Raemy publié à l’occasion de la sortie de Patris corde, invitent à s’inspirer du « courage créatif » de Joseph et à faire preuve d’audace pour vivre la famille 4.

1 pastorale-famille-sion.ch

2 geneve.pastorale-familiale.ch/anneefamille/

3 www.cath.ch/newsf/joseph-de-lantichambre-au-pinacle-1-2/

4 decanat-fribourg.ch/annee-speciale-saint-joseph/ et vocations.ch/patris-corde-un-coeur-de-pere/

 

Florent Epiney

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), novembre 2021

Après avoir passé deux ans à Rome au sein de la Garde suisse, Florent Epiney est de retour chez lui. En effet, il est arrivé en terre helvétique après deux mois de marche. Il s’arrête un instant pour revenir sur son expérience italienne et même pour nous parler de la suite… Rencontre.

PAR LAURA PELLAUD
PHOTOS : FLORENT EPINEY

Tu as passé deux ans à Rome, pourquoi ce choix de t’engager dans la Garde suisse ?

« La raison principale de mon départ a été mon envie de servir le Saint-Père, le reste c’est de l’extra. » Je souhaitais passer de l’église régionale à l’église universelle. L’envie de découvrir l’Italie, son histoire et sa culture m’intéressaient également beaucoup.

Partage-nous un beau souvenir vécu là-bas.

Mes meilleurs souvenirs sont ceux de la camaraderie et de la vie fraternelle. C’est vraiment un bel aspect de cet engagement. D’ailleurs, j’ai en tête le souvenir d’une sortie que nous avions faite à l’occasion de la Fête-Dieu. Nous étions partis avec les Gardes suisse à Viterbo (il le dit avec l’accent italien…). Et lors de la préparation de ce périple, chacun selon ses talents, avait participé. L’entraide avait été belle à voir.

Comment qualifierais-tu ta relation avec le Pape ?

A mes yeux, le souverain pontife est un chef spirituel. C’est une personne importante qui a la dignité de Pape, mais qui reste un homme accessible. Ce n’est pas un ami, je suis là pour assurer sa sécurité. Mais mon engagement va plus loin, car une fois de retour dans la vie civile, lorsque je suis confronté à quelqu’un qui parle négativement du Pape, je me dois de défendre le souverain pontife.

Pourquoi as-tu fait le trajet de retour à pied ?

J’ai décidé de le faire car, c’est une tradition à la Garde, depuis toujours certains font ce choix. Cela permet de faire une transition entre la vie à la Garde et celle à la vie civile. Ce chemin offre également la belle possibilité de découvrir encore plus l’Italie.

Qu’as-tu appris en faisant ce pèlerinage ?

Lors de cette marche, j’ai eu la chance d’avoir le temps de prendre conscience de toutes les choses que j’ai vécues pendant ces deux ans à Rome. De plus, cela m’a permis de faire de jolies rencontres. J’ai croisé des scouts et des pèlerins de plusieurs nationalités. Mais la chose la plus marquante a été de faire l’expérience de la providence divine.

Peux-tu nous parler de tes projets pour la suite ?

Oui avec plaisir ! A la fin du mois de septembre, je pars au Simplon rejoindre la communauté des chanoines du Grand-Saint-Bernard. J’y vais pour faire mon postulat. (C’est un temps qui précède le noviciat dans une communauté religieuse.)

Un mot pour conclure ?

Je conseille à tous les gens qui se sentent appelés à faire la Garde suisse à y aller. C’est une magnifique expérience ! Si vous avez un intérêt pour la religion, l’armée et la culture italienne, cette aventure est faite pour vous.

Le pèlerinage de retour est également quelque chose que je conseille. Il m’a beaucoup enrichi. « Vivez pleinement, avec un esprit ouvert, un esprit d’explorateur ! »

PAVAMA ou l’art à la source d’un éveil…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), novembre 2021

Voilà un nom un peu énigmatique pour une jeune association martigneraine (2020) pour la promotion des arts et des artistes au service d’un éveil… En effet, PAVAMA souhaite attiser une prise de conscience des bienfaits des arts, vus comme une «nourriture pour l’esprit», dans l’objectif de développer les liens entre les artistes et les différents publics et lieux sociaux avec qui ils sont mis en lien. L’association, sise à la Rue des Alpes 13, tire son nom des lettres initiales de ses fondatrices Patricia Vieira, Vânia Conde et Maureen Russo.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

Patricia Vieira, vous êtes artiste spirituelle, qu’est-ce que cela signifie ?

Cette dénomination est venue avec le temps au fil de mon parcours d’artiste. Le chemin artistique consiste en un chemin que l’on parcourt « en soi-même ». Il peut revêtir plusieurs formes. J’ai ainsi pu progressivement exprimer dans mes œuvres ce questionnement existentiel de l’humain en quête de son intérieur qui m’habite. Cela révèle paradoxalement l’existence d’une immense et mystérieuse grandeur intérieure où je peux trouver des réponses à mes questions. Par ce chemin, j’ai aussi découvert que le sens de l’art que je pratique était de rendre attentif l’observateur aux mouvements de son inconscient à travers les sensations, émotions et ressentis déclenchés par son regard sur les œuvres. Selon moi, l’Art au sens large du terme offre l’opportunité d’une évolution personnelle et favorise l’accès à notre monde intérieur et à la grandeur de notre esprit.

PAVAMA peut compter depuis peu sur vous aussi, Albane Rausis, en termes de soutien administratif et organisationnel. Qu’est-ce qui vous motive au fond ?

Patricia m’a fait connaître l’association dès sa création et le concept m’a paru parfait. C’est autant l’état d’esprit que le fond qui me plaît : l’incarnation d’une mentalité de partage, d’ouverture de cœur et d’esprit, d’entraide et de soutien, pour tous, pour un meilleur « vivre ensemble ». De plus, sur la forme, les opportunités sont très variées. Cela permet une grande créativité, toujours orientée vers le même but !

Vous parlez d’un désir de susciter un éveil à partir des arts. Quel esprit vous anime et que cherchez-vous concrètement à réaliser ?

L’Art est l’expression de l’invisible dans la matière. De l’intellect à l’émotionnel, du mouvement aux sons et aux couleurs, tout dans l’Art révèle le monde invisible d’une personne qui aime l’offrir à d’autres. Dans ce partage d’humain à humain à travers une proposition artistique, c’est finalement dans l’interaction des mondes intérieurs de chacun que la magie opère. C’est essentiellement et simplement l’ouverture d’esprit vers l’Autre qui est souhaitée ici. C’est aussi la découverte de la multitude de façons de vivre, de penser, de sentir, d’exprimer ou encore le désir de créer et stimuler l’envie de découverte de l’Autre vécu comme richesse de la Vie, de façon permanente et grandissante.

C’est pour cela que notre objectif sur le terrain consiste à proposer des prestations artistiques de façon régulière et en tous lieux, pour que la richesse intérieure des êtres humains, mise en écho par l’Art – si essentiel à notre quête de sens – puisse bénéficier à chacune et chacun.

Un de vos objectifs est de montrer que les arts sont un bienfait pour la communauté. Qu’est-ce à dire ?

Les bienfaits de l’art sont déjà largement démontrés. Pour notre part, nous souhaitons participer activement à sa présence, à le mettre en valeur, dans le plus d’environnements sociaux possibles, afin de contribuer au bien-être communautaire.

Vous parlez joliment un peu à l’instar des chrétiens, des « frères et sœurs de la Vie », sur quoi s’appuie cette vision communautaire ?

Pour nous, les valeurs humaines sont universelles. Elles n’ont pas de limite, tout comme l’art. Lorsque l’on parle de cœur et d’ouverture, les différences sont une richesse. Il y a donc toujours à la fois un terreau commun et des différences qui sont une source de connaissance mutuelle, et ce, que l’on parle d’une rencontre d’humain à humain ou d’une œuvre d’art face à un humain.

La crise covid a été une période sombre pour le monde artistique. Qu’est-ce que cela a révélé ?

Le constat fait l’année passée a stimulé d’autant la création de notre association : les milieux culturels ont été très fragilisés et n’ont pas obtenu les protections sociales qui auraient été nécessaires. Le monde artistique est un milieu fragile. Les artistes se sont retrouvés dans des situations compliquées, souvent oubliés des institutions sociales et politiques, alors que selon nous l’art est un bien social essentiel !

Quelles sont les prochaines activités que vous allez proposer ?

La prochaine représentation prévue sera une représentation théâtrale. Elle aura lieu dans une des structures d’accueil de l’enfance de la Fondation Fleurs des Champs à Crans-Montana, qui fête ses 70 ans au mois d’octobre. Nous avons également récemment pris contact avec les directions des prisons et des EMS valaisans. Nous leur avons proposé des prestations artistiques mensuelles. Nous souhaitons aussi prendre contact avec les communes valaisannes, des associations et d’autres acteurs de la société, afin de contribuer un maximum à faire vivre l’art et à améliorer la vie en communauté, quels que soient les contextes.

Pour contacter ou soutenir PAVAMA

Adresse:
Rue des Alpes 13, 1920 Martigny
IBAN CH68 8080 8005 3666 4871 9
associationpavama.org
078 214 25 37
association.pavama@gmail.com

Un pape enterre-t-il ?

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Quand on est pape, on n’enterre guère… Un cardinal résidant à Rome décède-t-il? C’est le doyen du collège qui préside et le pape vient à la fin, pour l’absoute: la prière de recommandation de l’âme du défunt, avec encensement et eau bénite. A de rares exceptions, assiste-t-il à toute la messe de sépulture – mais à titre personnel, amical. Pour les autres, il envoie souvent un légat.

Le 2 novembre, depuis Paul VI, le pape se rend dans un des gigantesques cimetières de Rome, ou de ses catacombes, pour célébrer la messe pro defuntis, avec, souvent, une homélie sur la mort, la vie éternelle…

Mais un pape ne peut enterrer un autre pape… enfin, ne pouvait pas ! Très probablement, au moment du trépas de papa Ratzinger, on pourrait imaginer que papa Bergoglio préside ce qui sera un unique événement : un pape enterre son prédécesseur…

Procès post-mortem

Cependant, cela faillit arriver… en plus glauque ! Nous sommes en 897 : le pape Etienne VI fait exhumer son deuxième prédécesseur, Formose, pour lui faire un procès de lèse-pontificat. En effet, selon son accusateur, Formose n’aurait pas été légitimement élu pape et donc méritait une destitution illico presto (alors qu’il était mort depuis deux mois)… et post mortem ! Quelques doigts de la main droite coupés, la dépouille est probablement jetée au Tibre… ou inhumée hors la ville dans le cimetière des étrangers !

Gageons que pour Benoît XVI, la sépulture par son successeur bien intentionné, sera plus calme…

Kids Games (8-13 août)

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP du Gros-de-Vaud (VD), novembre 2021

 

TEXTE ET PHOTOS PAR JD

L’édition 2021 de ces olympiades chrétiennes, du 8 au 13 août aux Trois-Sapins, a été un franc succès pour les enfants, les bénévoles et toute l’équipe œcuménique d’organisation, qui avait fait le pari de maintenir l’événement à Echallens.

Les inscriptions ayant été limitées à 125 enfants, de 7 à 14 ans, les places sont parties très vite ! Les heureux participants, réunis en 10 équipes colorées aux noms évocateurs (petits pois, glaçons glacés, etc.) se sont affrontés avec beaucoup de joie et de fair-play, sur des olympiades ludiques et sportives mettant à profit les talents de chacun.

Kin-Ball, Cours’agile, PassemoilesKaplas… Le choix des épreuves reflétait bien l’objectif de ces journées : favoriser la coopération, la cohésion d’équipe et la mise en pratique des valeurs humaines et évangéliques. Des temps conviviaux d’échange et de catéchèse en grand groupe étaient également proposés, ainsi que des ateliers autour du cirque et un lieu d’écoute, pour mettre les enfants au contact de récits évangéliques, les aider à développer des valeurs telles que la confiance ou l’entraide, et offrir une oasis de calme à ceux qui en avaient besoin.

Le beau temps et la bonne humeur étant au rendez-vous, l’initiative a été une belle bouffée d’air pour chacun. La prochaine édition est prévue du 7 au 12 août 2022 !

Vitraux de Paul Monnier, Bex

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

La restauration de l’église catholique de Bex est l’occasion de (re)découvrir ses œuvres. Nettoyés, murs et vitraux offrent désormais une belle clarté qui met l’ensemble en valeur.

Construite vers 1885 pour ac­cueillir les catholiques toujours plus nombreux dans la région, l’église Saint-Clément connaît une première campagne de transformation entre 1936 et 1946. C’est à cette période que le curé d’alors fait appel à Paul Monnier. L’artiste installé en Valais propose un ensemble de vitraux et mosaïques.

Les vitraux du chœur nous invi­tent au pied de la croix pour les derniers instants de la vie du Christ. La scène rapportée par l’évangile selon saint Jean ne parle pas de souffrance :

Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. (Jean 19, 25-26)

C’est cette sobriété que Paul Monnier propose. Contrairement à ce qui a pu être fait par les artistes qui l’ont précédé, il n’offre pas une image doloriste de la croix. Si l’arrière-plan des vitraux est sombre, les personnages sont lumineux. Marie a certes un mouchoir en main, mais ce n’est pas la Vierge en pleurs du Stabat Mater. Sa main droite est dressée en signe d’acceptation. Jean a la tête penchée vers le sol, mais il est en prière.

L’artiste ne fait pas l’économie de la souffrance dans la façon dont il a représenté le Christ. Cette souffrance n’est toutefois pas le tout du vitrail. Le choix de faire figurer le Sacré-Cœur ouvre la signification : il rappelle l’amour de Dieu pour nous.

Placée dans le chœur, cette scène est tournée vers la Résurrection que l’on célèbre à chaque messe. Elle nous rappelle qu’il n’y a pas de Résurrection sans Passion, ni de Passion sans Résurrection.

Elle nous invite enfin à la communion. Alors que tous ceux qui le suivaient ont pris la fuite, Jésus recrée une petite communauté au pied de la croix. Et chaque fois que nous nous réunissons pour célébrer l’eucharistie, ce lien est renforcé.

Olympiades des familles 2021

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Prilly-Prélaz (VD), novembre 2021

Malgré le Covid, les jeunes ont une nouvelle fois pu renouer avec cette fête annuelle des Olympiades qu’ils attendaient impatiemment à Vidy – Lausanne.

TEXTE ET PHOTOS
PAR ISABELLE AZER HÄLLER

C’est par un temps pluvieux qu’enfants, parents, grands-parents et amis se sont retrouvés le dimanche 26 septembre pour une journée de partage, de prière et de sport : les olympiades des familles.

A cause des 20 km de Lausanne, la messe a dû être déplacée des pyramides de Vidy au parc à voitures en face du stade de Coubertin. Merci à tous les bénévoles qui, sous la pluie, ont installé l’autel et un abri pour les musiciens, ainsi qu’un grand nombre de chaises pour l’assemblée. Grâce à la motivation de l’équipe de la pastorale des familles, des moniteurs et monitrices, tout a été mis en place rapidement.

Pour remercier les organisateurs et les participants, dès la mi-journée, un soleil généreux a permis un bon déroulement des activités sportives. Nos jeunes monitrices de Saint-Joseph se sont dévouées avec le sourire, pour accompagner des enfants d’un stand à l’autre, ainsi que pour aider à l’installation et au rangement en fin de journée. C’est magnifique de pouvoir toujours compter sur leur générosité.

Vous aussi, vous serez là l’année prochaine ?

 

Bénédiction de la croix

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

Par France Boppe | Photos : François Grillon

 

La chapelle Saint-Robert a reçu de la part de Françoise et Jean de Courten un magnifique Christ sculpté qui a été posé sur le mur latéral gauche (voir « L’Essentiel » de septembre-octobre).

Dimanche 12 septembre, juste avant la messe, l’abbé André Fernandes a béni cette croix. Ensuite, par une magnifique journée ensoleillée, nous avons fêté l’événement autour d’un apéritif sous les grands arbres du parc.

La date du 12 septembre a été choisie en raison de sa proximité avec le 14 septembre, fête de la Croix glorieuse, pas très populaire. On peut le comprendre, car associer les mots « croix » et « glorieuse » ne va pas de soi. La croix est scandaleuse, honteuse, ignoble ! C’était, à l’époque de Jésus, le supplice réservé aux esclaves. Mais associée au Christ, elle est un mystère à creuser et à contempler, un signe qui nous dit aussi qui est Dieu. A
chacun d’entre nous de creuser ce mystère immense… Célébrer la Croix glorieuse, c’est célébrer le don total que Jésus a fait de
sa vie.

En fête ce 12 septembre autour de la croix, nous avons prié pour que l’Eglise et tous les chrétiens n’aient pas peur d’elle, mais reconnaissent en elle la grandeur d’un Dieu qui se donne à l’infini… la grandeur du don de soi jusqu’au bout.

Que le signe de croix que nous faisons chaque jour sur notre corps imprègne toute notre vie. Que ceux qui souffrent et ceux qui ne trouvent pas d’issue à leurs problèmes osent lever les yeux vers le Christ venu pour porter avec nous nos soucis, nous encourager et nous relever. Que tous ceux qui sont nés chrétiens mais se sont détournés du Christ, parfois à cause du scandale de sa mort sur la Croix qu’ils ne comprennent pas, puissent découvrir que ce ne sont pas les souffrances de Jésus qui ont sauvé le monde, mais le don total de sa vie qu’il continue de nous faire.

 

 

 
 

Du nombre en société

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte Marguerite Bays (FR), novembre 2021

PAR VINCENT LATHION
PHOTO : DR

Peut-on fêter un événement tout seul ? Question absurde, mais, à supposer la chose possible, qui le voudrait, tant la solitude est à mille lieues de l’esprit de la fête, qui est partage ? Peut-on être triste tout seul ? Voilà qui paraît déjà plus naturel, s’il est vrai que le chagrin nous renferme sur nous-mêmes, mais qui le voudrait, tant le malheur veut la consolation ? Ces deux dernières années passées sous le signe du Covid nous ont confrontés à ces questions difficiles et contraints de vivre nos bonheurs comme nos malheurs seuls ou, au mieux, dans des assemblées chichement mesurées : elles sont peut-être aussi une bonne occasion de réfléchir au double visage que présentent toujours nos différents groupes.

Le tête-à-tête avec soi-même, tout d’abord, la solitude. Si précieuse pour rompre avec l’agitation de l’action et prendre du recul, pour apprendre à mieux se connaître et apprivoiser la contemplation, elle est en revanche un piège dans les épreuves – nul ne se guérit tout seul !– et une faute, si l’occasion est à la fête et à la joie, car c’est alors rompre le lien social : songeons au frère aîné de la parabole de l’enfant prodigue qui refuse de fêter le retour de son frère.

Le petit nombre, ensuite, le cercle amical. Ici, les interactions et la solidarité entre membres se font plus authentiques, sans les lourdeurs sociales et leur hypocrisie. Mais guette alors le danger de l’entre-soi, de l’uniformité des caractères et des opinions, bien loin de la richesse et de la diversité qu’offre la société tout entière !

Le grand nombre, enfin, le rassemblement : il se prête parfaitement aux grandes fêtes et aux occasions exceptionnelles. La foule des participants donne tout son poids à l’événement, en amplifie la solennité et le magnifie. Mais les relations se dépersonnalisent et le naturel risque bien de laisser place au conventionnel et à la pensée grégaire.

Dans nos assemblées religieuses, depuis le début de la pandémie, nous avons éprouvé ce double visage. Nos célébrations ont pris une tournure plus intime et, si elle a favorisé le recueillement et la profondeur de nos méditations, combien nous ont alors manqué la pleine expression de la solennité liturgique et les signes concrets de notre appartenance au corps de l’Eglise ! Un rappel salutaire que, quelle que soit la taille de nos assemblées, les relations humaines directes sont irremplaçables pour notre vie ecclésiale. Dieu merci, le virtuel n’est pas près de détrôner le réel !

Adieu, ce n’est qu’un au revoir

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), novembre 2021

PAR FRÉDÉRIC MONNIN | PHOTO : DR

Des regrets… une immense gratitude, mais des regrets…

Ce sont ces sentiments intimement mêlés qui m’ont parcouru pendant pluieurs jours, début septembre, lorsque j’ai appris le décès de Michel Corboz.

Celui qui, il y a un peu plus de 20 ans, m’a permis de vivre une aventure hors du commun, est parti rejoindre les étoiles après avoir transmis à plusieurs générations le goût du beau. En cela, il m’a tout appris, et je lui en serai éternellement reconnaissant. Mais je l’avais quitté fâché, et je regrette à présent de n’avoir pas pris l’initiative des retrouvailles avant qu’il parte. De son vivant, j’avais enfoui mes reproches, je les avais enterrés dans l’intimité, dans mon intimité… et ils ont presque réussi à gâcher l’admiration immense que je lui vouais.

Si je partage avec vous, lectrices et lecteurs, ce moment très personnel, c’est que ce numéro en est une bonne occasion, puisqu’il fait la part belle à celles et ceux que nous avons connus, aimés, plus ou moins… et qui sont désormais entrés dans ce repos qui prendra fin lorsque le Père l’aura décidé.

Si je partage avec vous ces heures étranges, vécues à l’occasion d’un deuil qui m’a touché plus que je n’aurais imaginé, c’est pour redire l’importance, au-delà des contingences matérielles, de vivre un deuil en communauté. C’est mon avis et je le partage : nous avons besoin, plus que de lire un avis de décès, de faire mémoire, de dire merci à notre Créateur pour la vie de nos proches, ou moins proches. Nous avons besoin, et c’est ainsi que je le ressens, de vivre un deuil à la fois intimement et communautairement, car même morts, nous ne sommes pas faits pour la solitude.

Aujourd’hui, on ne veille plus les morts, ou peu s’en faut, mais accompagnons-les au moins dans leurs derniers instants sur terre. Au jour où nous les rejoindrons, nous serons peut-être heureux qu’ils soient nombreux à nous accueillir…

Car toute chair est comme l’herbe,
Elle est comme la fleur des champs:
Epis, fruits mûrs, bouquets et gerbes,
Hélas ! tout va se desséchant…

Jean Villard Gilles

Du côté de la solidarité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

Le Groupe solidarité de l’Unité pastorale (UP) Nyon-Terre Sainte a été confirmé lors de la messe d’ouverture de l’année pastorale dimanche 5 septembre à la Colombière (voir pages 3-5). Pour une plus grande attention aux personnes en situation de précarité.

PAR FRANÇOISE GARIAZZO | PHOTO : DR

Composé de six membres, le Groupe solidarité a pour mission d’élaborer des propositions afin de mieux rejoindre les personnes en précarité et de donner à la diaconie la place qui lui revient dans nos vies personnelles et celle de la communauté.

Le temps de l’écoute

Le premier temps est celui de l’écoute : grâce aux témoignages de personnes concernées, nous commençons à mieux comprendre celles et ceux qui vivent des situations de précarité, de vulnérabilité ainsi que leurs besoins et leurs attentes.

Peu à peu nous faisons nôtre cette phrase du pape François: «Les pauvres ne sont pas des personnes ‘extérieures’ à la communauté, mais des frères et sœurs avec qui partager la souffrance pour soulager leur malaise et leur marginalisation, pour qu’on leur rende leur dignité perdue et qu’on leur assure l’inclusion sociale nécessaire».

Le temps des propositions concrètes arrivera. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant à ce moment-là. Nous recevrons volontiers vos remarques et vos suggestions à ce propos !

Pour nous contacter: Françoise Gariazzo, pastorale sociale et de rue, 079 813 81 35, francoise.gariazzo@cath-vd.ch

Marcher et prier

A l’occasion de la 5e Journée mondiale des pauvres, le 14 novembre, le département Solidarités de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud organise un pèlerinage du 12 au 14 novembre. Avec trente personnes d’horizons multiples vivant pour la plupart dans une situation de précarité, nous marcherons d’Orbe à Bussigny. Une messe à l’église de Bussigny clôturera cet événement le dimanche vers 15h.

Les paroissiens qui le souhaitent sont invités à rejoindre les pèlerins dimanche 14 novembre pour la marche et / ou l’eucharistie (voir encadré). Bienvenue ! Nous nous réjouissons de vous accueillir.

Contact : Françoise Gariazzo, pastorale sociale et de rue, 079 813 81 35.

Si vous souhaitez marcher, rendez-vous à la gare de Cossonay / Penthalaz à 10h pour un pèlerinage jusqu’à Bussigny (pique-nique tiré du sac).
Pour vivre l’eucharistie : rendez-vous à l’église Saint-Pierre de Bussigny (route du Jura 14) à 15h. Animation : groupe de jeunes Cabana.

Enterrement dans l’intimité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), novembre 2021

Si les restrictions liées au COVID ont forcé certaines familles à dire au revoir à leurs proches dans une intimité forcée, on constate que d’autres familles choisissent tout à fait librement d’enterrer leur défunt dans l’intimité.
Michel Bornet, «ancien» représentant de l’agence funéraire Pagliotti frères de Martigny pour la paroisse de Riddes partage avec nous son expérience.

TEXTE ET PHOTO PAR JEAN-CHRISTOPHE CRETTENAND
D’APRÈS UN TÉMOIGNAGE DE MICHEL BORNET

Après 25 ans passés dans le métier, je dois dire que les enterrements dans l’intimité ont représenté pour moi quelque chose de plutôt rare et je n’ai, pour ma part, pas constaté d’augmentation particulière de cette pratique ces dernières années.

De manière générale, ce choix de l’intimité ne change pas grand-chose en termes de travaux à réaliser. Nous devons préparer le défunt de la même manière et la cérémonie à l’église suit le même schéma qu’une messe en grand comité.

Une grosse différence apparaît au niveau de la crypte où il faut assurer une présence et c’est bien plus agréable lorsque la famille est là pour accueillir les visiteurs et qu’une veillée de prière a lieu. Dans ce cas, je viens avant l’heure prévue afin de discuter des détails organisationnels avec la famille et quitte la crypte après que le dernier visiteur s’en soit allé.

Pour moi, une veillée de prière ou un enterrement est aussi l’occasion de partager, d’échanger avec la communauté ; ce sont des moments beaucoup plus riches.

Les quelques rares situations complexes que j’ai en tête surviennent dans des cas très restreints où les familles sont en conflits internes et où il faut prendre en compte plusieurs avis. Il faut essayer d’arranger les différends avant la cérémonie d’enterrement afin que les choses
se déroulent au mieux. Une manière de prévenir ces mauvaises surprises est peut-être la voie que choisissent certaines
personnes qui ont déjà tout préparé en vue de leurs obsèques (descriptif du déroulement, avis mortuaire…). Dans certains cas, même la partie financière, c’est-à-dire le montant qui permettra de couvrir les frais, est déjà prête à la banque.

A titre personnel, je dois admettre que, dans tous les cas, émotionnellement, plus les gens (défunts et famille directe) me sont proches et plus c’est difficile. Dans tous les cas, il faut s’efforcer de ne pas « ruminer » sinon ça devient trop dur. C’est ma fille Méry qui a pris le relais maintenant, comme elle a le même
caractère que moi, je suis rassuré. Je reste prêt à l’aider en cas de besoin ou à la suppléer en cas d’absence. De plus, la famille Pagliotti de Martigny est toujours à nos côtés et il a toujours été possible de
s’arranger afin de résoudre les quelques problèmes qui auraient pu apparaître.

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

PAR VÉRONIQUE DENIS | PHOTOS : JULIEN VERGÈRE ET PIERRE-YVES MAILLARD

Selon la définition du dictionnaire, raconter signifie « faire le récit d’une histoire ou relater les faits » ! Loin de moi l’idée de retracer l’histoire de l’Eglise qui dure depuis plus de 2000 ans.

J’aimerais plutôt nous inviter à nous arrêter au présent et à nous projeter sur l’avenir.

L’Eglise d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Mais faut-il s’en émouvoir ? ou s’en réjouir ?

Pour ma part, j’y vois plutôt un signe d’espérance, ouvert sur l’avenir.

Car le Christ n’abandonnera jamais son Eglise. Ce que nous vivons en ce moment, est certes difficile et la situation du COVID ne joue pas en notre faveur. Et l’apôtre Pierre nous invite à garder confiance : « Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1P 2, 9)

L’Eglise, mon Eglise, votre Eglise est le reflet de ce que je veux et peux offrir. Je ne vais pas énumérer la longue litanie des manques ou des critiques qu’on relate malheureusement trop souvent. Je nous invite à raconter les signes positifs : les parents qui s’engagent dans le cheminement de la foi de leurs enfants, les anciens qui veillent et prient pour les plus jeunes, des jeunes qui misent tout sur le Christ, des couples qui font le pari de la fidélité, des paroissiens qui s’engagent pour embellir nos églises, nos chapelles, animer nos célébrations avec les chants et la musique, aider les prêtres dans le service de l’autel, veiller sur les plus fragiles et les plus faibles, visiter les malades et leur offrir le Pain de vie, proclamer les lectures, les laïcs engagés et les prêtres du secteur qui portent le souci de l’unité et accompagnent chaque baptisé dans leur cheminement spirituel, …

Chacune et chacun peut continuer cette énumération et il faudrait plus qu’une page pour raconter tout ce qui est vécu.

Rendons grâce à Dieu pour notre Eglise et demandons au Christ le courage pour continuer sa mission. Avec la force de l’Esprit Saint, notre témoignage débordera ainsi en torrent de lumière.

Collombey-le-Grand: la chapelle Notre-Dame des Sept-Joies

Série sur les bâtiments religieux de nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Nous poursuivons notre série historique et architecturale par la visite de deux chapelles; celle de Notre-Dame des Sept-Joies à Collombey-le-Grand et celle de Saint-Bernard de Mont-Joux à Illarsaz.

PAR PATRICK ELSIG 1 , ADAPTÉ PAR L’ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH | PHOTOS : ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH

Les relevés cadastraux et les sources d’archive ne mentionnant aucun édifice antérieur, il semble que cette chapelle ait été construite ex nihilo. C’est donc en 1847 que la première pierre est posée mais d’importantes inondations repoussent le travail de plusieurs années. La date de 1855, qui timbre la clé de l’encadrement de l’entrée (réalisé en calcaire de Collombey tout comme la croix de mission à l’extérieur) rappelle la construction du gros oeuvre. La charpente est levée en juillet 1857 et l’édifice doit probablement être terminé vers la fin de cette année qui voit le paiement de la plupart des grosses dépenses.

Relevons le nom local de Michel Joseph Vanay pour la réalisation de la charpente. La chapelle est consacrée le 13 novembre 1866, jour de la fête de Notre-Dame des Sept-Joies. Cette fête fut instituée par l’évêque Walter Supersaxo pour commémorer la victoire de la Planta (13 novembre 1475). Ce vocable fait aussi écho, à la même époque, à Notre-Dame des Neiges, à Muraz, qui s’appelait alors Notre-Dame des Sept-Douleurs. Une manière spirituelle pour Collombey de répondre à Muraz ? Peut-être. En tout cas une manière politique pour la paroisse bas-valaisanne de dire à l’évêque de Sion sa loyauté dans un contexte national tendu !

A l’intérieur de la chapelle, les deux saints latéraux du retable sont étonnamment sans attributs. On peut donc tout imaginer. Un homme et une femme anonyme, ce peut être tout le monde dans la grande foule des amis de Dieu. A gauche un saint de 62 cm et à droite une sainte de 64 cm. Tous deux sont placés devant un fond bleu terminé par une coquille qui leur sert d’auréole. Le tableau central peint à l’huile sur toile représente l’Immaculée Conception de Marie. Il est signé Emmanuel Chapelet et date de 1858, soit l’année des apparitions de Marie à Lourdes qui s’est fait justement connaître comme l’Immaculée Conception (« Que soy era Immaculada Councepciou »).

1 Patrick Elsig, « Les monuments d’art et d’histoire du canton du Valais, tome VII, le district de Monthey », 2015, Société d’histoire de l’art en Suisse SHAS, Berne

« Raconte-moi ton Eglise »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

TEXTE ET PHOTOS PAR PIERRE ANÇAY

Lorsque l’on m’a proposé de «raconter mon Eglise» pour L’Essentiel, j’ai hésité quelque peu avant d’y répondre. Que pourrais-je bien dire ? Il ne s’agissait, bien entendu, pas de décrire l’édifice où nous autres chrétiens célébrons le culte, mais plutôt de «raconter mon Eglise» dans son sens premier que l’on retrouve dans le christianisme, soit «l’Institution rassemblant l’ensemble des chrétiens en communion avec le Pape et les évêques».

Ainsi, comme pour beaucoup, « mon Eglise » est d’abord « l’église paroissiale » où se vivent concrètement tous les faits, les gestes, les cérémonies liées à notre vie chrétienne. Au fil des ans, en plus des messes dominicales et de semaine notamment lorsque nous étions désignés pour servir la messe, c’est à l’église paroissiale que nous avons reçu les différents sacrements, en premier celui du baptême.

De toutes ces cérémonies, je me souviens tout particulièrement du jour de ma première communion où nous sommes descendus en rang par deux, de la cour de l’école jusqu’à l’église, d’abord le groupe des filles « encadrées » par des institutrices suivi du groupe des garçons tous munis d’un brassard blanc sur la manche gauche du costume. L’après-midi de ce même jour, nous nous sommes retrouvés à l’église pour la consécration à Marie à qui nous chantions, en levant nos bouquets de fleurs, l’inoubliable cantique : « Vierge Marie, je te confie mon cœur ici-bas. Prends ma couronne, je te la donne, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras ! »

C’est à l’église qu’aujourd’hui encore la communauté paroissiale se retrouve pour les messes, les fêtes ponctuant l’année liturgique, les ensevelissements et autres rencontres ou célébrations religieuses.

Finalement, c’est dans et par cette « église paroissiale », que petit à petit s’est « conscientisée » mon intégration et ma participation à cette « Eglise universelle » qui, comme le dit saint Paul dans sa Lettre aux Ephésiens 1 : « Dieu a établi le Christ au-dessus de tout être céleste… Il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps, et l’Eglise, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude… »

Aussi, arrivé à l’automne de ma vie, je ne saurais assez dire ma « reconnaissance » à « l’église de ma paroisse » ainsi qu’à toutes les personnes qui l’ont servie au cours
du temps. Oui, vraiment merci pour tout ce qui a été fait pour moi et pour nous tous « dans » et « par » cette « Eglise paroissiale et universelle qui est le Corps du Christ » !

«Pas à pas…»

PAR JANIE LUISIER
PHOTO : VÉRONIQUE DENIS

A l’image d’un pèlerin décidé, je vis mon Eglise avec cette volonté d’avancer, mais aussi avec cette vulnérabilité qui me pousse à me placer humblement sous le regard de Dieu. En Père attentif et aimant, respectant toujours ma liberté et mes choix, Il pose sur mon chemin des jalons : l’adoration hebdomadaire, la prière des mères, la Vierge Pèlerine, des témoins qui ont vécu concrètement leur foi en laissant à Dieu les commandes de leur vie… Aussi, j’aimerais vous partager un message de sainte Teresa de Calcutta qui m’encourage à toujours mieux le connaître, à l’inviter dans mon quotidien, avec la volonté de lui faire plaisir dans le service et la prière :

« Nous pouvons certes passer du temps à la chapelle… mais avez-vous vraiment fait connaissance avec Jésus vivant, non à partir de livres, mais pour l’avoir hébergé dans votre cœur ?… Demandez-en la grâce. Il a l’ardent désir de vous la donner… Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui. Il a soif de vous. »

Mon Eglise…

TEXTE ET PHOTO PAR VIRGINIA DA SILVA

Mon Eglise est l’écoute, le partage, l’ouverture et le service à l’autre.

Je ne peux pas vivre ma foi sans ces éléments. Elle est, dans ma vie, une source de force, d’écoute et en même temps de refuge dans les moments difficiles. A mon arrivée en Suisse, les premières personnes à me tendre la main étaient des fidèles paroissiennes de Saxon. A ce moment-là, je me suis reconnue dans cette Eglise. Depuis, je travaille pour que l’on aille de plus en plus vers l’autre.

Malheureusement, en Eglise, on est souvent dans le faire et pas dans l’être. On veut tellement accomplir les tâches qui nous sont demandées que l’on oublie le contact humain. Et pourtant il n’y a pas besoin de grand-chose, quelquefois un simple sourire. Avec le COVID, on s’est retrouvés à l’entrée de nos églises. Pour ma part, quelle chance ! j’ai pu échanger avec les gens, les accueillir, pour finalement avoir la meilleure des récompenses : une personne qui me dit : « Quel bonheur de se sentir accueilli avec ce grand sourire. » Eh oui… cela suffit de montrer que l’on est là pour accueillir, accompagner, partager et laisser la place à l’autre. C’est ce que on a fait avec moi « l’étrangère ».

La devise de ma vie est : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)

Chaque personne que je rencontre est le visage du Seigneur. Seulement ainsi, je peux vivre mon Eglise en accord avec le plus profond de moi-même.

Eglise aux cent mille visages…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Notre-Dame de la Brillaz (FR), octobre-novembre 2021

PAR MATHIAS THELER

PHOTO : DOMINIQUE RABOUD (10 ANS DE L’UP)

Aujourd’hui avons-nous raison d’aimer notre Eglise ? Ne la voyons-nous pas comme une institution lourde qui semble plus condamner qu’essayer d’avancer avec les personnes ? Est-elle uniquement moralisatrice, tout en jouant sur la culpabilité des gens ?

Effectivement, la doctrine de l’Eglise semble pesante pour beaucoup d’entre nous. Elle affirme un idéal chrétien qui semble à des années-lumière de nos réalités humaines. Joël Pralong affirme pourtant que « La doctrine de l’Eglise est importante, elle est une lumière sur le chemin, mais c’est le Christ qui est la lumière dans les cœurs ». Aurait-elle donc encore du sens aujourd’hui… ? Peut-elle nous aider à avancer ? J’apprécie beaucoup le regard porté par un ancien professeur d’université qui nous invite à voir les commandements non comme des commandements, mais comme des paroles, des balises, qui tracent le chemin et nous indiquent quand nous le dépassons.

Effectivement, l’être humain est libre, mais il a aussi besoin de repères, non pas pour le condamner ou le culpabiliser, mais pour savoir où il se situe dans sa vie de foi. Pour le reste, il en revient à la conscience de chacun que seul le Christ peut véritablement éclairer. Mais est-ce uniquement cela l’Eglise ?

Non, car elle est avant tout l’ensemble des chrétiens, des baptisés, éclairés par le Christ, par la Parole de Dieu, qui chemine en communauté, ensemble, vers le Royaume promis par Dieu. Ensemble veut bien dire que nous avons tous la responsabilité de l’Eglise, de nos communautés ecclésiales. Ayons conscience de cela !

J’aime beaucoup le pape François qui ose affirmer : « … je préfère une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. » (EG 49) L’Eglise est avant tout humaine, elle a tous nos visages.

Aujourd’hui, le slogan de notre UP réaffirme que, si nous nous mettons à la suite du Christ, nous sommes invités à être ensemble de vrais bâtisseurs de nos communautés. Voilà la vocation du chrétien. J’aimerais d’ailleurs remercier toutes les personnes qui s’engagent dans nos paroisses, mais la liste serait bien longue. Vous pouvez, dans vos villages, à travers les articles de L’Essentiel, mettre un ou plusieurs visages sur ces personnes, qui témoignent, bénévolement dans leur quotidien, de leur engagement. Ils sont témoins d’une communauté qui s’engage. Saint Paul le dit clairement : « Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. » Chacun porte, selon ce qu’il est, la responsabilité de sa communauté ecclésiale.

Raconte-moi ton Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

L’Eglise catholique traverse une crise sans précédent dans son histoire : corruption des mœurs, de l’intégrité morale de ses plus hauts représentants, discrédit moral, impossibilité de se réformer en profondeur, désertion en masse de ses fidèles… «Le Fils de l’Homme, quand il reviendra, trouvera encore la foi sur la terre?»

PAR L’ABBÉ LÉONARD BERTELLETTO, CURÉ-DOYEN / PHOTO : DR

Portrait de saint Augustin

« Ne me traite pas comme un pécheur, épargne-moi le châtiment des assassins. »

« J’ai mal à mon Eglise… », entend-on souvent. A raison ! Tant les déceptions que génère cette Institution se multiplient au cours des âges et la nôtre ne fait pas exception. Que de gens blessés, outrés, scandalisés, par l’action de l’Eglise ! Notre Eglise, une grande malade, qui peine à regarder la vérité en face et à trouver des remèdes à ses maux. Inutile d’énumérer ici la longue liste des scandales qui compliquent la marche des chrétiens vers le Ciel.

Au XIVe siècle déjà, sainte Catherine de Sienne comparait l’Eglise à une lépreuse. Et le poète Dante Alighieri (dont nous commémorons cette année le 700e anniversaire de la mort) ne s’est pas gêné de réserver des places en enfer pour trois papes… Qu’écrirait-il de celui d’aujourd’hui, adulé par les uns, décrié par les autres… Difficile d’être catholique dans ce contexte, beaucoup en ont marre et quittent le navire, la barque de Pierre. A celles et ceux qui seraient tentés de le faire – car il s’agit bien là d’une tentation – je voudrais rappeler cet enseignement de saint Augustin, commentant le neuvième verset du psaume 25 : « Ne me traite pas comme un pécheur, épargne-moi le châtiment des assassins. » Dans sa cathédrale d’Hippone, l’évêque prêche ce qu’un sténographe prend en dictée : « L’Eglise de ce temps est une aire de battage. Je vous l’ai dit souvent et je le répète encore : cette aire comporte à la fois la paille et le blé. Que personne ne cherche à se séparer de la paille avant le temps du vannage ! Que personne ne quitte l’aire avant le temps du vannage sous prétexte de ne pas vouloir supporter les pécheurs. Trouvé hors de l’aire, tu serais attrapé par les oiseaux avant d’avoir été amassé dans les greniers. » Augustin en appelle à l’unité dans la communauté, malgré l’agacement que suscite le comportement des pécheurs. Seuls les vertueux parviennent à les supporter, mais les vertueux, à l’égal du prophète Elie, se sentent parfois bien seuls au milieu des pécheurs. « Ils ont tué tes prophètes, ils ont démoli tes autels ; je suis resté, moi seul, et l’on cherche à m’enlever la vie. » (1 R 19, 10) Elie se sent seul, en vrai, il n’est pas si seul que cela, d’autres justes se tiennent ça et là… Dieu répond à sa plainte par ces mots : « Je laisserai en Israël un reste de sept mille hommes, tous ceux dont le genou n’a pas plié devant Baal. » (1 R 19, 10) Augustin ajoute : « Si toi tu es mauvais, ne va pas croire qu’il n’y a personne de bon. Si tu es bon, ne va pas t’imaginer que tu es seul à l’être. Si tu es bon, ne crains rien du fait d’être mélangé avec les méchants, car le jour viendra où tu seras séparé d’eux. […] Il chancelle au milieu des méchants, celui qui ne compte pas sur Dieu. Voilà l’origine des schismes. Les grains de blé dans l’aire supportent la paille avec patience jusqu’au temps du vannage. » Dans quelle mesure nous appuyons-nous sur Dieu pour vivre en Eglise aujourd’hui, malgré les difficultés ? En améliorons-nous la coexistence fraternelle, ou au contraire, sommes-nous de ceux qui divisent ? Sommes-nous de ceux qui plient le genou devant les baals de ce temps (idéologies, gourous de toutes sortes) ? A chacun de faire son examen de conscience, pour rendre la communauté plus authentique, et pour, en fin de compte, avoir moins mal à son Eglise.

Entre utopie et réalité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

Le P. Hermel Tonato est en Suisse depuis mai de cette année. Il a été engagé sur le secteur des Deux-Rives. Il nous raconte l’évolution de l’Eglisecau Bénin, depuis l’arrivée des missionnaires jusqu’à aujourd’hui.

TEXTE PAR LE P. HERMEL | PHOTOS : ROBERT ZUBER

Dans le contexte religieux, la foi est la croyance en un Dieu révélé, le Dieu de Jésus- Christ. Elle vient « de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu » (Rm 10, 17). Plusieurs années après le débarquement des missionnaires, une brève relecture de l’implantation et des enjeux de la foi, au Bénin en général et à Azovè en particulier, se révèle imposante. L’évolution exponentielle de la foi au Bénin est une preuve que les premiers annonceurs de la Bonne Nouvelle ont été envoyés par le Christ (cf. Rm 1, 1) car aucune œuvre humaine ne peut faire tant d’années et résister à tant de déchaînements. Le voyage parfois périlleux de ces porteurs aussi en est une preuve. Concernant la pastorale des terres du Bénin et d’Azovè, l’enjeu étant d’ordre divin, on voit la foi dans son dynamisme qui s’est exprimée comme la lumière qui a dissipé tant de ténèbres. Les résultats de la réception de la foi transmise par les Apôtres continuent d’abonder. A titre d’exemple, on peut évoquer l’éducation religieuse (à travers la création des écoles catholiques, le catéchisme hérité), l’ordination des prêtres autochtones, etc. Le nombre des baptisés chaque année et l’abandon volontaire des pratiques animistes constituent aussi un témoignage de l’évolution de la foi. L’héritage pastoral continue de servir de jalons pour une pastorale d’incarnation au sein même des peuples béninois et de ses cultures. La majorité de la population béninoise et celle d’Azovè est chrétienne. Ils sont plusieurs à être impliqués dans la vie de l’Eglise (la prière, les mouvements, les associations, les chorales…). Les chrétiens catholiques forment aujourd’hui des communautés dynamiques, joyeuses et soudées. La vie religieuse et spirituelle des chrétiens se trouve renforçée par les activités permanentes des groupes de prières, mouvements et associations. L’harmonie, la cohésion et la paix qui caractérisent la communauté ainsi que le dévouement, la spontanéité désintéressée et l’implication active des fidèles dans les sollicitations diverses sont le reflet de la franche collaboration entre les fidèles et leurs pasteurs. Ces groupes constituent souvent un cadre très propice pour raviver la foi chrétienne des chrétiens militants et pour affermir leur adhésion à Jésus-Christ.

Cependant, comme dit dans l’Evangile de saint Jean, il y a toujours des mercenaires qui cherchent à disperser les brebis. On assiste, en effet, à une profusion de « l’offre chrétienne » expliquée par le foisonnement des Eglises et des religions de tout type. La recherche exagérée et incontrôlée de Dieu et de l’extraordinaire fait découvrir le phénomène du paganisme dans l’Eglise. Le décuplement anarchique en vogue des Eglises ne peut que conduire à une sorte de syncrétisme : « Les temples, les églises et les lieux non officiels du culte parsèment les villages et quartiers de ville » (Ambroise Kinhoun, Les Nouveaux païens dans l’Eglise. Connaître les pathologies des religions, Ed Ids, Cotonou 2018, p. 18). Ce qui est déplorable, c’est l’incohérence et la dichotomie observées à des moments donnés entre le vécu spirituel et le vécu en société. Certains n’hésitent pas à avoir recours à d’autres pratiques dès que surviennent des épreuves liées à la finitude humaine. Ces épreuves humaines sont pourtant liées à la condition humaine. Ils sont à la recherche d’un « Dieu automate ». La recherche de la sécurité, de la protection, de la promotion, du bonheur sans peine, du merveilleux, du sensationnel, d’une vie paisible et calme sont des motivations avancées par les syncrétistes. De cette façon, on recrée Dieu à l’image humaine.

Or, la foi en Dieu doit élever l’âme et permettre à l’homme lui-même de s’élever. La foi des fidèles du Bénin en général et d’Azovè en particulier est à réévangéliser. « […] il ne s’agit pas certainement d’annoncer un autre évangile, mais de faire un examen pointu de l’actuelle situation de désolation spirituelle, de situer les responsabilités […] ce travail s’impose non seulement à l’égard de ceux qui ont abandonné la foi et les pratiques sacramentelles, mais aussi à l’égard de ceux qui pratiquent le syncrétisme religieux. » (Akoha Théophile, « Vers une nouvelle humanité à travers une nouvelle évangélisation », in Revue d’Anthropologie Théologique et d’Ethique Sociale, 1 (2017), p. 78).

Malgré les risques et déviances possibles, la foi du peuple chrétien d’Azovè et assurément du peuple chrétien béninois a connu une grande évolution. Le déchaînement des uns et des autres ne pourra jamais emporter l’Eglise car le Christ, son Epoux, demeure en elle.

Une belle fête à Saint-Martin

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), octobre 2021

Le dimanche 29 août 2021 a eu lieu la célébration du 70e anniversaire de la construction de l’église de Saint-Martin et la bénédiction des nouveaux vitraux réalisés par les artistes Isabelle Tabin-Darbellay et Michel Eltchinger.

TEXTE ET PHOTOS PAR MONIQUE GASPOZ

La célébration de l’eucharistie a marqué le coup d’envoi de la fête. Elle a été présidée par le vicaire général Pierre-Yves Maillard, accompagné à l’autel par le curé Laurent Ndambi et de nombreux autres prêtres attachés à la communauté paroissiale de Saint-Martin. L’église était éclairée d’une lumière nouvelle de vie et de résurrection. Même le sapin aux pives bronzées revendiquait sa place à la fête derrière le vitrail aux fruits de la terre. La chorale Sainte Cécile et la chorale africaine ont animé de leurs chants la célébration.

Se référant à la lettre aux artistes de Jean-Paul II en 1999, le vicaire général a dit que l’Eglise a besoin des artistes quand les mots n’arrivent pas à tout expliquer ce qui est de l’ordre de l’invisible et du mystère. Les artistes nous font passer de ce monde à Dieu pour nous purifier, nous sanctifier. Ces vitraux en sont l’exemple vivant, à la suite de saint François d’Assise, troubadour de la joie, d’ailleurs représenté dans une grande statue en bois face aux sept vitraux du Cantique des Créatures. La bénédiction a eu lieu en pensant à tous ceux qui entreront davantage dans la louange de Dieu grâce à ces vitraux.

De vifs remerciements ont été adressés au curé Laurent Ndambi, au comité de rénovation, aux artistes, à tous les bénévoles ainsi qu’aux très nombreux donateurs qui ont permis cette belle réalisation. La fête a continué sur la place de l’église grâce à l’apéro servi par les Hospitaliers de Notre-Dame de Lourdes et aux prestations de la fanfare La Perce-Neige et des Fifres et Tambours. Les personnes inscrites ont pu ensuite partager ensemble une bonne raclette à la salle bourgeoisiale.

L’église de Saint-Martin : un peu d’histoire 1

Il est difficile de situer exactement la date de fondation de la paroisse d’Hérens qui comprenait les paroisses actuelles de Saint-Martin et d’Evolène. Les ancêtres du Val d’Hérens faisaient partie de la paroisse de Sion hors les murs. Selon une inscription à la cure de Saint-Martin situant la construction du presbytère sous l’épiscopat de Mgr Aymond, évêque de 1049 à 1070, il pourrait y avoir eu une paroisse de Saint-Martin d’Hérens à cette époque déjà. De 1252 à 1288, un ou le premier curé se nomme Maître Martin, curé et notaire. On retrouve également Guillaume de Nendaz de 1260 à 1277 et Pierre de Suen, vicaire en 1286. Les paroissiens des villages d’Evolène venaient à pied participer aux offices à l’église de Saint-Martin d’Hérens dès cette époque-là. La séparation des deux paroisses se passe progressivement. Une première église est érigée à Evolène en 1446. En 1703, le premier curé est installé à Evolène. Il faudra cependant attendre 1853 pour la séparation définitive des paroisses de Saint-Martin et Evolène en deux entités distinctes.

L’ancienne église de Saint-Martin qui datait de 1743-1745 donnait vers 1930 des signes évidents de décrépitude. Le souvenir de la catastrophe de 1909 de l’église de Nax est encore bien présent et fait avancer les démarches et les expertises pour examiner s’il y a danger. Le curé Damien Bex, responsable de la paroisse de 1936 à 1983, confie la réalisation d’une nouvelle église aux architectes Denis Honegger (1907- 1981) et Fernand Dumas (1892-1956). Après le choix entre plusieurs avant-projets, les plans définitifs sont prêts en 1948 et l’ancienne église est démolie en 1949. Les travaux durent deux ans. Les entreprises locales sont mises à contribution et les paroissiens effectuent de nombreuses heures de bénévolat pour mener à bien la construction de la nouvelle église, inaugurée en 1951. Comme l’argent manque pour les vitraux, de simples carreaux de couleurs ont été installés aux fenêtres.

Ainsi, la pose des nouveaux vitraux à l’occasion du 70e anniversaire de l’église vient harmonieusement compléter tout ce que nos ancêtres avaient déjà réalisé.

1 La plupart des informations sont tirées du document « 1951-2001, Jubilé de la consécration de l’église paroissiale de Saint-Martin »

Faire Eglise autrement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), octobre-novembre 2021

PAR ROLF ZUMTHURM, CURÉ-DOYEN | PHOTO : DOMINIQUE LUISIER

Expérimenter une Eglise-communauté. Dans l’église rénovée de Bex, les paroissiens sont rassemblés en forme de «U», unis par le baptême et interpellés par la Parole. Dans son message pour l’inauguration, l’architecte Duthilleul le décrit: «Ainsi, dès le début de la célébration, les fidèles réunis au nom de Jésus, peuvent avoir conscience qu’ils forment un Corps: cela est signifié, et, parce que c’est signifié, cela peut se réaliser… Les fidèles peuvent alors prendre conscience que « chacun d’eux est un membre de ce Corps », c’est-à-dire que chacun d’eux a la responsabilité d’agir comme le Christ agit.»

Devenir une Eglise pour les autres. L’Eglise n’est pas la fin en elle-même, elle existe pour les autres. « Nous sommes chrétiens pour les autres. » Voilà notre vision pastorale qui a été phagocytée par la première vague du Covid à peine un mois après sa promulgation par notre évêque. L’équipe pastorale repense la diaconie en ces temps difficiles pour beaucoup. Et le secteur se trouve renforcé par l’arrivée de Clotilde Jollien du département « Solidarités » pour une pastorale de rue.

Favoriser une Eglise qui dépasse les frontières. Il n’y a pas que l’Eglise catholique. Regarder par-dessus la haie, partager avec d’autres communautés chrétiennes, pratiquer l’œcuménisme sur le terrain. Voilà ce qui est vécu au Forum chrétien romand qui a choisi notre région. Du 10 au 13 octobre, il rassemble à Leysin les responsables et délégués de toutes les Eglises chrétiennes de la Suisse romande. Le Forum se conclut par une célébration commune coorganisée avec la TRO (Table ronde œcuménique) le mardi 12 à 10h30 à la salle de l’Eglise de Châble-Croix à Aigle. Tous les paroissiens du secteur y sont invités.

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