Un local tout neuf

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), novembre-décembre 2021

Le local du groupe de jeunes (GDJ) a une longue histoire, que je me propose de vous conter ici. D’où nous venons, ce que nous avons accompli, où nous allons. Au-delà d’une pièce dans un immeuble, c’est le changement de tout un groupe qui s’opère. Une belle aventure.

PAR STEPHANE BÜRKI
PHOTOS : CHARLOTTE OBEZ, JEAN-PIERRE BÜRKI, CLAIRE ET PIERRE GOTTOFREY

« C’est incroyable ! », dis-je à Charlotte Obez, nouvelle responsable du groupe de jeunes (GDJ), en voyant le fruit de trois jours de travail. « T’as vu ? », me répond-elle. Il faut dire que nous revenons de loin. De très loin même.

Un déclic tardif

Cette pièce a une histoire mouvementée. Elle sert de bureau à Roberto De Col entre 2009 et 2014, lorsqu’il gère le GDJ. A l’époque, on commence déjà à y ranger divers objets, car le lieu s’y prête.

Stéphane Ernst reprend le groupe en 2014, et l’habitude d’y conserver des choses hétéroclites s’intensifie. La table pour les apéritifs utilisée après la messe des jeunes ? Rappelons-nous cette époque sans contrôle à l’entrée, quand nous pouvions partager un agréable moment sur le parvis de la Colombière ! Mettons-le « au bureau de Stéphane » ! Pour ces mêmes messes : que faire des instruments pour l’animation musicale ? Gardons-les « au bureau ». Petit à petit, le lieu se remplit.

Un nouveau départ

L’arrivée de Charlotte Obez, qui a pris la succession de Stéphane en 2021, a permis de dépoussiérer ce lieu. Elle ne voulait pas être « Stéphane 2.0 », mais « Charlotte 1.0 » avec ses objectifs et ses propres expériences. Stéphane nous manquera, ainsi que l’humour et la bonne humeur qui le caractérisaient ; mais nous n’avancerons pas à essayer de l’imiter après son départ, une telle démarche ne pouvant que sonner faux.

Un projet que Charlotte avait en tête depuis longtemps et qu’elle avait à cœur de mettre en œuvre ? Proposer un local qui serait dédié au groupe et qu’il pourrait investir à loisir. La nouvelle animatrice du GDJ propose donc aux membres des deux anciens groupes de jeunes de rénover ce qu’on appelle encore le « bureau ». Nos effectifs sont – à l’époque déjà – limités, et avec de nouveaux universitaires, des départs sont à déplorer.

Une équipe petite mais déterminée se forme autour de Charlotte: Audrey Boussat, membre du vieux GDJ, Samantha Minitti, membre du GDJ « jeunes » depuis sa confirmation et le narrateur de cette belle aventure, Stephane Bürki. C’est là la joyeuse troupe qui composera le groupe de refonte du GDJ. N’oublions pas les aides ponctuelles qui se sont révélées absolument nécessaires !

Rénovation jour un

Mercredi 4 août 2021. Un matin pluvieux – qui s’en étonne ? – ouvre trois jours de rénovation. Au programme : mise à la déchetterie des meubles superflus, tris divers, peinture des murs, du bar et de son étagère assortie, réameublement (recherche de canapés, table, chaises, réfrigérateur, étagères, etc.).

Ce premier jour peut être résumé en un mot : tri. Tri des papiers, des contenus des tiroirs, des armoires, des étagères ; tri des meubles : que garder, que jeter ? Et un premier voyage à la déchetterie. Avec une organisation légendaire, nous manquons la fermeture d’avant midi de la déchetterie de Gingins; nous devrons aller à Founex. A notre retour, c’est le canapé que nous avons adopté. La comparaison entre le matin et le soir mérite d’être faite en images.

Rénovation jour deux

Une météo grisâtre nous accueille pour poursuivre le travail : enlever le canapé restant, trop large pour passer par l’entrée « habituelle » (qui donne sur la rue), mais qui nécessitait une clef sans double que nous n’avions pas jusque-là.

Ensuite, nous franchissons un pas qui se révélera décisif : la peinture. Je serai franc : je n’étais pas favorable à l’idée de mener, en plus de ce qu’il y avait à faire, des travaux de peinture, de surcroît pour avoir des murs de coloris différents. Je le reconnais : j’avais tort tant le résultat et le cheminement qui y a conduit se sont révélés plaisants.

Rénovation jour trois

Dernier jour de cette aventure. Il reste les finitions de peinture à contrôler, mais avant tout, c’est l’aller-retour chez le géant jaune et bleu qui nous occupe. On peut affirmer sans trop de crainte que ces magasins sont des labyrinthes et qu’en sortir sans y passer des heures est ardu. Or, nous aurons réussi à ne pas y passer plus d’une heure entre notre entrée et notre sortie, ce qui est à souligner ! Une fois revenus la table en main, nous entamons la dernière ligne droite, qui se révélera ne pas être si rectiligne…

Nous sommes sortis en moins d’une heure du labyrinthe jaune et bleu, certes, mais c’était sans compter sur une erreur : la taille des étagères… « Ça fait vraiment un mètre quarante, ça ? », demandai-je à Charlotte. « Euuuuuuh non, en effet »,
me répond-elle avec un regard médusé. Nous venions de nous rendre compte que nous avions choisi une mauvaise taille d’étagère, ce qui allait ralentir la fin des travaux. Malgré tout, après un second aller-retour à Aubonne, le local a pris une forme très proche de celle qu’il a aujourd’hui.

 

L’inauguration

Vendredi 10 septembre, 19h. Nous sommes une vingtaine pour l’inauguration officielle et la bénédiction du local par le curé modérateur, l’abbé Jean-Claude Dunand. Adultes et jeunes réunis pour voir ce qui était un « bureau » devenu le « local » pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire du GDJ. Un chapitre jalonné de belles aventures, de « gaillardes escapades », pour reprendre le mot de Montaigne.

Quand «enterrer dans l’intimité» n’est pas un choix

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), novembre 2021

Enterrer dans l’intimité était déjà une pratique de plus en plus répandue ces dernières années, mais la pandémie a créé une nouvelle situation, lors du confinement, avec des mourants hospitalisés que leurs proches ne pouvaient pas accompagner et des enterrements dans une grande solitude.

PAR GABRIELLE, ANNICK, JEANINE ET LÉONIDAS | PHOTOS : MARIE-PAULE DÉNÉRÉAZ

Une situation déroutante

Perdre un proche est toujours un événement douloureux à vivre, surtout dans les jours qui entourent le décès. Mais, si l’on peut dire, la situation telle qu’elle se présentait au moment du décès de ma sœur, en automne 2020, a été rendue plus difficile par l’impact très violent de l’épidémie de Covid. A ce moment-là, la peur dominait. Il y avait de grandes restrictions pour approcher la personne qu’on savait à l’hôpital, en soins intensifs et en danger de mort. Pas d’au revoir donc. Plusieurs membres de la famille étaient en quarantaine et eux-mêmes en souci pour leur santé. Lorsque l’inéluctable a été annoncé, les visites à la crypte étaient réparties sur plusieurs heures afin que les gens se croisent le moins possible. La famille a vécu un grand moment de solitude lors de la messe d’ensevelissement, dans l’intimité, où l’absence de la famille élargie, des nombreux amis et amies, des gens du village s’est fait sentir. En temps normal nous aurions apprécié de parler avec les gens qui ont connu et aimé la défunte, de recevoir leurs témoignages d’affection et leurs encouragements. Une situation bien déroutante que nous avons pourtant dû accepter dans la confiance en Dieu.

Gabrielle

Une trop stricte intimité

Au mois de novembre, nous avons perdu notre papa. Notre maman s’en est allée en février, la séparation était trop difficile pour elle. Deux enterrements dans la plus stricte intimité. Une de mes sœurs et sa famille vivent au Canada, il était impossible pour eux de venir, c’était une douleur supplémentaire. Cette trop stricte intimité nous a empêchés de rendre l’hommage qu’on aurait aimé. A la douleur de perdre nos parents s’ajoute le désarroi d’être privés de toute possibilité de se retrouver entre proches pour se réconforter. Pas question de s’embrasser, de se passer la main dans le dos, de se serrer la main : ces gestes de réconfort, qui viennent naturellement lorsque surgit l’émotion, sont proscrits. Malgré cela, nous nous sommes sentis entourés différemment, par la prière, des cartes, des téléphones, des fleurs…

Annick

Encourager les funérailles dans l’intimité ?

Avant la Covid, la célébration dans l’intimité pouvait s’expliquer par plusieurs raisons : les raisons financières, familiales et religieuses. A cela s’ajoute la perte de repères sur la vraie vision de la vie et de la mort.

En ce temps de Covid, les enterrements dans l’intimité sont très nombreux et le seront encore davantage dans le futur. En effet, les gens ont vu qu’on peut bien simplifier le rite, y faire participer peu de gens ; néanmoins, il amoindrit l’aspect communautaire et social : l’homme est un être relationnel et le fait de se voir entouré d’amis et de connaissances aide à faire le deuil.

La liturgie pâtit de cette célébration : pas de chants, quelquefois pas de messe. Elle favorise l’individualisme, crée des frustrations en famille et nous interpelle : comment, en pastorale, favoriser les célébrations d’enterrement ouvertes au public, après la Covid ?

Abbé Léonidas Uwizeyimana

L’amour est plus fort que la mort

« La mort n’est pas la nuit, au contraire elle déchire les ombres, elle ne sépare pas,

elle unit dans le cœur de Dieu ceux qui se sont aimés véritablement. »

Pour mon mari et moi la mort n’a jamais été un sujet tabou. Nous en parlions naturellement, sans aucune peur ni amertume. Ensemble, depuis plusieurs années, nous avions noté nos souhaits pour la célébration des « à Dieu ».

Hélas, la Covid a dicté sa triste réalité. Les restrictions imposées, les gestes barrières, n’ont pas permis de l’accompagner ni de lui offrir la messe qu’il aurait souhaitée. Ce fut douloureux pour moi et toute notre famille de vivre un deuil dans de telles conditions.

Néanmoins, bien que profondément peinée par la séparation et par la manière cauchemardesque de lui dire au revoir, j’ai très vite compris que pour retrouver la paix intérieure, je devais dépasser ces émotions trop humaines et m’accrocher à l’Essentiel. Je crois aux promesses de Jésus. Donc je sais où est mon mari désormais. Le connaissant tellement bien, il me semble l’entendre me dire : « Près de Dieu, je vis heureux et comblé, ne m’attriste pas en cheminant larmoyante et déprimée. »

De plus, je perçois toujours sa présence à mes côtés, grâce au fil rouge magique qui nous relie désormais : la prière. Ainsi, avec son aide et la grâce de Dieu, je continue ma route pacifiée, confiante et sereine.

Jeanine

Entre utopie et réalité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

Le P. Hermel Tonato est en Suisse depuis mai de cette année. Il a été engagé sur le secteur des Deux-Rives. Il nous raconte l’évolution de l’Eglisecau Bénin, depuis l’arrivée des missionnaires jusqu’à aujourd’hui.

TEXTE PAR LE P. HERMEL | PHOTOS : ROBERT ZUBER

Dans le contexte religieux, la foi est la croyance en un Dieu révélé, le Dieu de Jésus- Christ. Elle vient « de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu » (Rm 10, 17). Plusieurs années après le débarquement des missionnaires, une brève relecture de l’implantation et des enjeux de la foi, au Bénin en général et à Azovè en particulier, se révèle imposante. L’évolution exponentielle de la foi au Bénin est une preuve que les premiers annonceurs de la Bonne Nouvelle ont été envoyés par le Christ (cf. Rm 1, 1) car aucune œuvre humaine ne peut faire tant d’années et résister à tant de déchaînements. Le voyage parfois périlleux de ces porteurs aussi en est une preuve. Concernant la pastorale des terres du Bénin et d’Azovè, l’enjeu étant d’ordre divin, on voit la foi dans son dynamisme qui s’est exprimée comme la lumière qui a dissipé tant de ténèbres. Les résultats de la réception de la foi transmise par les Apôtres continuent d’abonder. A titre d’exemple, on peut évoquer l’éducation religieuse (à travers la création des écoles catholiques, le catéchisme hérité), l’ordination des prêtres autochtones, etc. Le nombre des baptisés chaque année et l’abandon volontaire des pratiques animistes constituent aussi un témoignage de l’évolution de la foi. L’héritage pastoral continue de servir de jalons pour une pastorale d’incarnation au sein même des peuples béninois et de ses cultures. La majorité de la population béninoise et celle d’Azovè est chrétienne. Ils sont plusieurs à être impliqués dans la vie de l’Eglise (la prière, les mouvements, les associations, les chorales…). Les chrétiens catholiques forment aujourd’hui des communautés dynamiques, joyeuses et soudées. La vie religieuse et spirituelle des chrétiens se trouve renforçée par les activités permanentes des groupes de prières, mouvements et associations. L’harmonie, la cohésion et la paix qui caractérisent la communauté ainsi que le dévouement, la spontanéité désintéressée et l’implication active des fidèles dans les sollicitations diverses sont le reflet de la franche collaboration entre les fidèles et leurs pasteurs. Ces groupes constituent souvent un cadre très propice pour raviver la foi chrétienne des chrétiens militants et pour affermir leur adhésion à Jésus-Christ.

Cependant, comme dit dans l’Evangile de saint Jean, il y a toujours des mercenaires qui cherchent à disperser les brebis. On assiste, en effet, à une profusion de « l’offre chrétienne » expliquée par le foisonnement des Eglises et des religions de tout type. La recherche exagérée et incontrôlée de Dieu et de l’extraordinaire fait découvrir le phénomène du paganisme dans l’Eglise. Le décuplement anarchique en vogue des Eglises ne peut que conduire à une sorte de syncrétisme : « Les temples, les églises et les lieux non officiels du culte parsèment les villages et quartiers de ville » (Ambroise Kinhoun, Les Nouveaux païens dans l’Eglise. Connaître les pathologies des religions, Ed Ids, Cotonou 2018, p. 18). Ce qui est déplorable, c’est l’incohérence et la dichotomie observées à des moments donnés entre le vécu spirituel et le vécu en société. Certains n’hésitent pas à avoir recours à d’autres pratiques dès que surviennent des épreuves liées à la finitude humaine. Ces épreuves humaines sont pourtant liées à la condition humaine. Ils sont à la recherche d’un « Dieu automate ». La recherche de la sécurité, de la protection, de la promotion, du bonheur sans peine, du merveilleux, du sensationnel, d’une vie paisible et calme sont des motivations avancées par les syncrétistes. De cette façon, on recrée Dieu à l’image humaine.

Or, la foi en Dieu doit élever l’âme et permettre à l’homme lui-même de s’élever. La foi des fidèles du Bénin en général et d’Azovè en particulier est à réévangéliser. « […] il ne s’agit pas certainement d’annoncer un autre évangile, mais de faire un examen pointu de l’actuelle situation de désolation spirituelle, de situer les responsabilités […] ce travail s’impose non seulement à l’égard de ceux qui ont abandonné la foi et les pratiques sacramentelles, mais aussi à l’égard de ceux qui pratiquent le syncrétisme religieux. » (Akoha Théophile, « Vers une nouvelle humanité à travers une nouvelle évangélisation », in Revue d’Anthropologie Théologique et d’Ethique Sociale, 1 (2017), p. 78).

Malgré les risques et déviances possibles, la foi du peuple chrétien d’Azovè et assurément du peuple chrétien béninois a connu une grande évolution. Le déchaînement des uns et des autres ne pourra jamais emporter l’Eglise car le Christ, son Epoux, demeure en elle.

Une belle fête à Saint-Martin

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), octobre 2021

Le dimanche 29 août 2021 a eu lieu la célébration du 70e anniversaire de la construction de l’église de Saint-Martin et la bénédiction des nouveaux vitraux réalisés par les artistes Isabelle Tabin-Darbellay et Michel Eltchinger.

TEXTE ET PHOTOS PAR MONIQUE GASPOZ

La célébration de l’eucharistie a marqué le coup d’envoi de la fête. Elle a été présidée par le vicaire général Pierre-Yves Maillard, accompagné à l’autel par le curé Laurent Ndambi et de nombreux autres prêtres attachés à la communauté paroissiale de Saint-Martin. L’église était éclairée d’une lumière nouvelle de vie et de résurrection. Même le sapin aux pives bronzées revendiquait sa place à la fête derrière le vitrail aux fruits de la terre. La chorale Sainte Cécile et la chorale africaine ont animé de leurs chants la célébration.

Se référant à la lettre aux artistes de Jean-Paul II en 1999, le vicaire général a dit que l’Eglise a besoin des artistes quand les mots n’arrivent pas à tout expliquer ce qui est de l’ordre de l’invisible et du mystère. Les artistes nous font passer de ce monde à Dieu pour nous purifier, nous sanctifier. Ces vitraux en sont l’exemple vivant, à la suite de saint François d’Assise, troubadour de la joie, d’ailleurs représenté dans une grande statue en bois face aux sept vitraux du Cantique des Créatures. La bénédiction a eu lieu en pensant à tous ceux qui entreront davantage dans la louange de Dieu grâce à ces vitraux.

De vifs remerciements ont été adressés au curé Laurent Ndambi, au comité de rénovation, aux artistes, à tous les bénévoles ainsi qu’aux très nombreux donateurs qui ont permis cette belle réalisation. La fête a continué sur la place de l’église grâce à l’apéro servi par les Hospitaliers de Notre-Dame de Lourdes et aux prestations de la fanfare La Perce-Neige et des Fifres et Tambours. Les personnes inscrites ont pu ensuite partager ensemble une bonne raclette à la salle bourgeoisiale.

L’église de Saint-Martin : un peu d’histoire 1

Il est difficile de situer exactement la date de fondation de la paroisse d’Hérens qui comprenait les paroisses actuelles de Saint-Martin et d’Evolène. Les ancêtres du Val d’Hérens faisaient partie de la paroisse de Sion hors les murs. Selon une inscription à la cure de Saint-Martin situant la construction du presbytère sous l’épiscopat de Mgr Aymond, évêque de 1049 à 1070, il pourrait y avoir eu une paroisse de Saint-Martin d’Hérens à cette époque déjà. De 1252 à 1288, un ou le premier curé se nomme Maître Martin, curé et notaire. On retrouve également Guillaume de Nendaz de 1260 à 1277 et Pierre de Suen, vicaire en 1286. Les paroissiens des villages d’Evolène venaient à pied participer aux offices à l’église de Saint-Martin d’Hérens dès cette époque-là. La séparation des deux paroisses se passe progressivement. Une première église est érigée à Evolène en 1446. En 1703, le premier curé est installé à Evolène. Il faudra cependant attendre 1853 pour la séparation définitive des paroisses de Saint-Martin et Evolène en deux entités distinctes.

L’ancienne église de Saint-Martin qui datait de 1743-1745 donnait vers 1930 des signes évidents de décrépitude. Le souvenir de la catastrophe de 1909 de l’église de Nax est encore bien présent et fait avancer les démarches et les expertises pour examiner s’il y a danger. Le curé Damien Bex, responsable de la paroisse de 1936 à 1983, confie la réalisation d’une nouvelle église aux architectes Denis Honegger (1907- 1981) et Fernand Dumas (1892-1956). Après le choix entre plusieurs avant-projets, les plans définitifs sont prêts en 1948 et l’ancienne église est démolie en 1949. Les travaux durent deux ans. Les entreprises locales sont mises à contribution et les paroissiens effectuent de nombreuses heures de bénévolat pour mener à bien la construction de la nouvelle église, inaugurée en 1951. Comme l’argent manque pour les vitraux, de simples carreaux de couleurs ont été installés aux fenêtres.

Ainsi, la pose des nouveaux vitraux à l’occasion du 70e anniversaire de l’église vient harmonieusement compléter tout ce que nos ancêtres avaient déjà réalisé.

1 La plupart des informations sont tirées du document « 1951-2001, Jubilé de la consécration de l’église paroissiale de Saint-Martin »

Faire Eglise autrement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), octobre-novembre 2021

PAR ROLF ZUMTHURM, CURÉ-DOYEN | PHOTO : DOMINIQUE LUISIER

Expérimenter une Eglise-communauté. Dans l’église rénovée de Bex, les paroissiens sont rassemblés en forme de «U», unis par le baptême et interpellés par la Parole. Dans son message pour l’inauguration, l’architecte Duthilleul le décrit: «Ainsi, dès le début de la célébration, les fidèles réunis au nom de Jésus, peuvent avoir conscience qu’ils forment un Corps: cela est signifié, et, parce que c’est signifié, cela peut se réaliser… Les fidèles peuvent alors prendre conscience que « chacun d’eux est un membre de ce Corps », c’est-à-dire que chacun d’eux a la responsabilité d’agir comme le Christ agit.»

Devenir une Eglise pour les autres. L’Eglise n’est pas la fin en elle-même, elle existe pour les autres. « Nous sommes chrétiens pour les autres. » Voilà notre vision pastorale qui a été phagocytée par la première vague du Covid à peine un mois après sa promulgation par notre évêque. L’équipe pastorale repense la diaconie en ces temps difficiles pour beaucoup. Et le secteur se trouve renforcé par l’arrivée de Clotilde Jollien du département « Solidarités » pour une pastorale de rue.

Favoriser une Eglise qui dépasse les frontières. Il n’y a pas que l’Eglise catholique. Regarder par-dessus la haie, partager avec d’autres communautés chrétiennes, pratiquer l’œcuménisme sur le terrain. Voilà ce qui est vécu au Forum chrétien romand qui a choisi notre région. Du 10 au 13 octobre, il rassemble à Leysin les responsables et délégués de toutes les Eglises chrétiennes de la Suisse romande. Le Forum se conclut par une célébration commune coorganisée avec la TRO (Table ronde œcuménique) le mardi 12 à 10h30 à la salle de l’Eglise de Châble-Croix à Aigle. Tous les paroissiens du secteur y sont invités.

Une nouvelle chapelle magnifique !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), octobre-novembre 2021

Dimanche 12 septembre 2021 ! Avant que tous les voyants Covid ne virent au rouge, les fidèles de l’Entremont sont invités à Orsières pour la bénédiction et l’inauguration de la nouvelle chapelle dédiée à l’enfant du lieu, le chanoine Maurice Tornay, natif de la Rosière !

PAR MICHEL ABBET | PHOTOS : ANNE-LYSE BÉRARD

Vitrail porte réalisé par Adrien Thétaz

La chapelle n’est pas la seule nouveauté proposée aux paroissiens et aux visiteurs venus d’ailleurs. A l’entrée, une exposition relate la vie du Bienheureux. C’est une excellente entrée en matière. En effet, en enlevant deux rangées de bancs au fond de l’église, on a créé un dégagement bienvenu et ainsi allégé toute la partie tournée vers le couchant. On a profité de cette place libérée pour y installer une exposition en 4 « chapitres ». Le résultat, des plus probants, doit sa réussite au recyclage des bancs, transformés en écrin pour mettre en valeur les objets ayant appartenu au chanoine. Mais surtout, on a mis tout de suite la personne entrant dans l’église en relation avec le Bienheureux ! Libre à elle ensuite de s’arrêter un moment pour faire connaissance avec cet homme d’exception. Et puis, la voilà interpellée…

Car, au sommet de l’église, à gauche, une porte s’impose à son regard. Les couleurs, volontairement vives, étincellent grâce à la luminosité naturelle qui inonde la chapelle! Là où beaucoup auraient bien vu une porte en bois ou pas de porte du tout, on a choisi de créer le contraste ! Voici donc le chanoine « mis en lumière ». Il est « là », presque vivant et son regard à la fois bienveillant et pénétrant ne manque pas d’interroger. Naturellement, le quidam se laissera donc comme aimanter et se dirigera vers la chapelle. A coup sûr il fera le pas et franchira la porte pour se trouver dans ce nouvel espace de méditation. Là, il aura rendez-vous avec son Dieu et avec Maurice Tornay. Quelques mots suffiront pour débuter la conversation. La suite du dialogue appartiendra à chacun. Bonne visite !

Extrait du discours du président de la commune

Le Conseil municipal est persuadé que la Via Francigena possède un énorme potentiel. Et il est évident que tout ce qui se rapporte au Bienheureux Maurice Tornay représente une offre complémentaire bienvenue. Ce tourisme à connotation spirituelle et religieuse peut aussi être synonyme de développement économique et doit être valorisé.

… Et aujourd’hui, nous sommes satisfaits d’avoir pu participer à la réalisation de la chapelle dont nous célébrons la bénédiction. Je profite d’ailleurs de relever le fait que toutes les Communes du district ont décidé de verser un montant pour ce projet, reconnaissant son importance pour l’Entremont entier.

… Je me réjouis donc du lancement des travaux du Cœur d’Orsières dans quelques jours qui vont transformer notre village comme la Chapelle du Bienheureux magnifie notre église.

Joachim Rausis

Extraits de l’allocution du président de l’Association des amis du Bienheureux

… Ceci dit, même si l’emplacement s’est imposé naturellement, toucher à la bâtisse la plus emblématique d’une commune, n’est pas sans risque. Vos échos
sur la réalisation que nous inaugurons, souvent très positifs, voire enthousiastes nous confortent, et sur les choix, et sur les options prises.

Puisse cet Espace permettre au passant par une catéchèse indirecte, de découvrir le Bienheureux Maurice Tornay, de perpétuer sa mémoire, son engagement sans faille, son don total pour conduire les âmes à Dieu.

Puisse cette chapelle favoriser et le culte rendu à Dieu et les prières d’intercession adressées au Bienheureux Maurice Tornay, pour les habitants de ce pays, pour nos paroisses, pour la Congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard et le renouvellement de ses effectifs.

Maurice Tornay

Mot du président du comité d’organisation

La fête a été belle, grâce à tous les paroissiens qui ont participé à la cérémonie et grâce au beau temps qui est de mise chaque fois que l’on organise une manifestation en l’honneur du Bienheureux. Bien sûr, le Covid a joué les trouble-fête, nous privant notamment de la présence des fanfares. L’année de leur 100e anniversaire, l’image aurait été belle de les voir jouer ensemble. Mais ce n’est que partie remise. Merci à tous les bénévoles et à tous les participants ! Vu les conditions sanitaires nous ne pouvons qu’être pleinement satisfaits de cette journée.

Laurent Tornay

Faire vivre la Cure d’Autigny comme lieu de pastorale… !

Le rêve de Serge et Geneviève Kaninda !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Notre-Dame de la Brillaz (FR), octobre-novembre 2021

Les années passent. Serge Kaninda doit aujourd’hui penser très sérieusement à sa retraite, qui commencera en début d’année prochaine. Mais retraite ne signifie pas, pour lui, se ranger chez soi. Non, sa foi le pousse à continuer à poursuivre sa vocation de baptisé. Aujourd’hui, avec son épouse Geneviève, il propose un projet très intéressant pour notre UP. C’est autour d’une table, à leur domicile actuel, avec quelques fromages, du pain et un bon verre de vin rouge, que nous échangeons sur ce projet. Je vous laisse le découvrir.

TEXTE ET PHOTOS PAR MATHIAS THELER

Serge a étudié la philosophie et la théologie au Congo où il a travaillé durant une douzaine d’années. Il vient en Suisse pour suivre une formation de disciple à l’école de la foi. Après un engagement professionnel comme éducateur social et un bachelor en travail social, il est sollicité pour travailler en Eglise, en Suisse. Il partage son temps entre deux mi-temps, à la santé (bureau pastoral) et à l’aumônerie de la Glâne. Puis, il prend la responsabilité du dicastère de la santé. Ensuite, il quitte son poste en catégorielle (personnes engagées dans les aumôneries, dans la formation) pour venir en territoriale (personnes engagées dans les paroisses), dans notre UP, Notre-Dame de la Brillaz. Il arrive en 2015, en même temps que notre curé modérateur Eric Marchand. Sa mission touche différents aspects : une présence plus visible, l’accueil des migrants et le parcours de confirmation et une présence invisible, en solidarité et auprès des personnes âgées. Il vit à Estavayer-le-Gibloux depuis 2002 avec son épouse Geneviève.

Quant à Geneviève, une fois le diplôme de licence en théologie en poche, elle a travaillé une année comme aide-soignante à Genève avant d’être engagée par le vicariat de Fribourg à la catéchèse et au bureau de la formation d’adultes. Durant son passage à la formation, elle a accompagné bon nombre d’adultes durant leur parcours Galilée. Elle s’est aussi spécialisée à l’Ecoute centrée sur la personne (à l’école de Jean Monbourquette). Elle a pu ainsi se mettre à l’écoute des personnes et former des personnes intéressées par l’écoute. Par la suite, Geneviève est passée à l’aumônerie en EMS pour aboutir, à ce jour, à la catéchèse spécialisée auprès des enfants et jeunes affectés par certains handicaps.

Quand ils se sont rencontrés, Serge et Geneviève ont très vite eu envie de vivre quelque chose ensemble. Ils furent en contact avec les missionnaires de Bethléem dans le but d’être envoyés en Afrique. Mais ce projet ne vit jamais le jour. Bien qu’ils aient travaillé ensemble dans le dicastère de la santé, leur rêve profond a toujours été de vivre quelque chose, conçu et réfléchi ensemble, pour le vivre au jour le jour. Enfin ce rêve peut se réaliser ! Un ami, prêtre à Saint-Martin, dans le val d’Hérens en Valais, a fait appel à eux pour travailler dans son secteur, dans le but de construire, avec lui, un engagement de couple. Il était même prévu que le couple s’installe à Evolène pour y bâtir un lieu d’accueil. Serge et Geneviève furent emballés par ce nouveau projet qui leur parlait vraiment. Pour construire ensemble une communauté vivante, il y a plein de choses à développer, surtout dans la pastorale de l’accueil et de la présence. Mais hélas, le projet ne put se réaliser pour différentes raisons.

C’est après une discussion avec Eric Marchand que l’idée a surgi : « Pourquoi ne pas vivre cette expérience dans l’UP Notre-Dame de la Brillaz ? Il y a aussi des besoins ici. » Serge s’approche de la retraite et Geneviève a de la disponibilité pour s’y engager. Une porte s’ouvre. « Dans ce projet que nous mettrons en place, il est plus facile de le faire en vivant sur les lieux et d’y habiter. » Ainsi est née l’idée de s’installer dans une cure de notre UP. Au départ, Serge et Geneviève pensaient s’installer à Onnens. Après avoir rencontré Jean Glasson, qui fut enthousiasmé par ce projet, ils apprirent que la cure d’Onnens était déjà occupée. Le vicaire épiscopal proposa alors à Serge et Geneviève de réaliser leur projet ailleurs. Mais ils n’acceptèrent pas sa proposition car ils ont des relations ici : « On se connaît déjà. » Ensuite, Eric apprit que la cure d’Autigny allait se libérer. Ce fut la providence.

Le projet, qui peut enfin voir le jour, entre bien dans la vision de l’autorité ecclésiastique, aussi bien du diocèee que du canton. Il a pour objectif principal de « Faire vivre la cure comme lieu de pastorale et de convivialité, par notre présence et notre accueil » 1.

Visions concrètes en commun :

1) Ouvrir la cure d’Autigny pour l’accueil et l’écoute. Permettre des temps de rencontre et de prière avec d’autres couples, ainsi que des temps de convivialité et de partage pour toutes et tous, en réalisant des cafés-rencontre et des repas solidaires.

2) Envisager une pastorale en dehors de la cure. Etre présent auprès des personnes seules, à domicile. Faire de l’accueil lors de célébrations, en premier lieu à l’église d’Autigny. Aider à l’animation du parcours de confirmation. Participer au Conseil de communauté d’Autigny.

3) Un engagement à la pastorale familiale. Une collaboration large avec Romain Julmy : préparation au mariage, Eveil à la foi, la catéchèse, etc. Collaborer aussi avec Jean-Marc Andenmatten pour les « Midis avec Dieu », continuer les repas-rencontre.

4) Etre ouvert à tout ce qui peut se présenter à eux comme besoins pastoraux.

Serge et Geneviève Kaninda partent avec un projet, plus ou moins dessiné dans leur tête, afin de répondre à un réel appel, tel Abraham. Réussiront-ils ou ne réussiront-ils pas ? L’équipe pastorale s’est montrée intéressée et en a fait bon accueil. Mais le succès ou l’échec dépendra aussi de la communauté, de son accueil. Le but premier du projet de Serge et de Geneviève est de faire grandir le Royaume de Dieu en eux et au cœur de la communauté. La question centrale qu’ils se posent : « Est-ce un projet pour Dieu ou un projet de Dieu ? Cette question devra toujours nous habiter. »

« Pour le reste, à la Grâce de Dieu ! »

 

1 Directive sur l’utilisation des cures, signée par le vicariat et la CEC, en vigueur depuis le 1er janvier 2021: «La cure est un lieu significatif pour la pastorale. Elle est lieu de vie, d’accueil, de rencontres. Il est pertinent que, dans toute la mesure du possible, elle soit occupée par un agent pastoral (prêtre, diacre ou laïc)». A partir de 2022, Serge s’engage à 100% comme bénévole dans notre UP et Geneviève reprendra un certain pourcentage.

Illarsaz: la chapelle Saint-Bernard de Mont-Joux (ou de Menthon)

Série sur les bâtiments religieux de nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

C’est certainement au dynamique curé de Muraz, l’abbé Amédée Vaneri, que l’on doit la première chapelle d’Illarsaz à la fin du XVIIe siècle. Financée par des messes et à leurs frais, elle fut le lieu modeste où les paroissiens gagnaient le Ciel par la prière. A l’origine, il s’agissait d’un petit bâtiment couvert d’une toiture surmontée d’un clocheton, à croupe vers l’ouest et à demi-croupe vers l’entrée, à l’est. A la croisée des chemins, à côté d’un carrefour routier, elle sera démolie dans les années 1960.

Un nouvel édifice est construit d’après les plans du bureau Zimmermann, à quelques distances de la chapelle originelle, au sud du hameau. Il sera béni le 20 juin 1964. Il s’agissait à une époque pastoralement prospère de donner à Illarsaz une chapelle dont la taille et l’emplacement puissent en faire un véritable outil d’évangélisation. La nouvelle chapelle est très sobre, d’un seul volume allongé. Le clocher ajouré s’élève indépendamment, à l’extrémité nord-ouest. Enfin une croix de mission en granit, datée de 1900, lui fait pendant au sud-ouest. Relevons ici que la conception générale n’est pas sans rappeler la rénovation de l’ancienne église de Port-Valais, par le même architecte.

Le retable est typique du pré-baroque de la seconde moitié du XVIIe siècle. Le tableau peint à l’huile à la même époque représente une Annonciation. A gauche, sur une nuée, se tient l’ange Gabriel dont les ailes et le plissé du vêtement trahissent le mouvement tandis que la Vierge, agenouillée sur la droite, adopte une position d’accueil, les deux mains repliées sur la poitrine. Le fond est occupé par une composition domestique avec, au centre, une fenêtre en cul-de-bouteille dont chacun des battants porte, dans la partie supérieure de la croisée, des armoiries. A droite, celles de la famille de Riedmatten, et à gauche, celles des Stockalper. On peut dès lors imaginer que le tableau fut réalisé en 1661 / 2, à savoir quand le gouverneur de Monthey était Peter de Riedmatten, époux d’Anna de Stockalper.

Enfin le tableau de saint Bernard, signé Emmanuel Chapelet, est daté de 1862. Revêtu de l’aumusse et tenant le bâton prévôtal, le saint est représenté en pied, debout sur un démon qu’il tient enchaîné. Détail touchant, saint Bernard, imité dans sa position par le démon, lève les yeux vers le ciel où apparaît, à l’angle gauche, une petite croix. Dans le fond s’étend le paysage du col du Grand-Saint-Bernard avec, au centre, le bâtiment de l’hospice.

Jubilés de consécration des églises de Saint-Martin et de Saint-Nicolas d’Hérémence

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), octobre 2021

PAR LAURENT NDAMBI

Deux églises paroissiales du secteur du Val d’Hérens, celle de Saint-Martin, à Saint-Martin, et celle de Saint-Nicolas à Hérémence, célèbrent chacune leur consécration respective. L’une, à Saint-Martin, avec ses 70 ans, fête son jubilé de platine. L’autre, à Hérémence, avec ses 50 ans, fête son jubilé d’or. Mais qu’est-ce qu’un jubilé ?

Dans la Bible, le mot jubilé exprime l’idée d’allégresse. A cet effet, le texte le plus ancien instituant le jubilé se trouve dans la Loi de Moïse dans laquelle il était demandé aux fils d’Israël d’observer tous les 7 ans une année sabbatique et après ces 7 années sabbatiques, soit 7 x 7 ans faisant 49 ans, une année jubilaire (cf. Livre du lévitique 25, 8-10).

Quatre mesures sociales devaient accompagner l’année jubilaire : le repos de la terre, la libération des esclaves, la remise des dettes, l’affranchissement des propriétés. Mais ces mesures ne furent que peu appliquées.

Nous nous souvenons du jubilé de l’an 2000 : l’entrée de l’Eglise et du monde dans le 3e millénaire. Pour mémoire, le premier jubilé chrétien a été célébré en 1300, décrété officiellement par le pape Boniface VIII.

Ainsi, au fil des siècles, un jubilé se fêtait d’abord chaque 50 ans, puis tous les 25 ans en principe, soit une fois par génération. Une exception à cette règle a été marquée par la célébration en 1983 du jubilé pour fêter le 1950e anniversaire de la Rédemption. Il y a eu d’autres exceptions, par le fait qu’en 1800, il n’y a pas eu de jubilé car le pape avait été fait prisonnier par Napoléon. En 1950 a été proclamée l’Année sainte de la définition du dogme de l’Assomption de la Vierge Marie. Le jubilé de platine de l’église de Saint-Martin marquée exceptionnellement par la pose des nouveaux vitraux a été célébré le 29 août 2021. Le jubilé d’or de l’église d’Hérémence sera fêté le 31 octobre prochain (programme p. 10).

Nous adressons bénédictions et remerciements à tous les comités d’organisations, aux donateurs et à tous les paroissiens de notre vallée où « la foi est reine » !

L’Eglise dont je rêve

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), octobre 2021

PRIÈRE DU PÈRE ROGER MICHEL, RÉDEMPTORISTE (EXTRAITS) | PHOTO : JHS

L’Eglise dont je rêve
est un peuple nomade.
Elle se redit sans cesse :
« Mon père était un araméen errant. »

L’Eglise dont je rêve
n’a pas la vérité,
mais elle montre du doigt
Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie. »

L’Eglise dont je rêve
n’a pas plus de prétention
que son Maître dont la vie
n’était qu’errance et semence.

L’Eglise dont je rêve
aime le monde tel qu’il est,
traversé par le péché
et la grâce.

L’Eglise dont je rêve
a une prédilection originelle
pour ceux qui n’ont ni savoir,
ni pouvoir, ni avoir.

L’Eglise dont je rêve
sait que la Bonne Nouvelle
est toujours bonne et nouvelle.

L’Eglise dont je rêve, c’est toi, c’est moi, c’est nous.

Année de la famille Amoris laetitia (2021-2022)

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), octobre-novembre 2021

Vendredi 19 mars 2021, le pape François a invité les catholiques à vivre une année de réflexion sur la famille en s’arrêtant sur l’exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia jusqu’à la célébration de la 10e Journée mondiale des familles prévue le 26 juin 2022, à Rome. Pour le 5e anniversaire de ce texte, le pape François nous demande de réfléchir à l’importance de la famille dans l’Eglise et dans le monde, d’où la présentation de cette exhortation dans cet article.

Synode sur la famille du 5 au 9 octobre 2014 1

PAR EMMANUELLE BESSI | PHOTOS : LDD

Amoris laetitia : naissance  d’une exhortation apostolique

Du 5 au 9 octobre 2014 et du 4 au 25 octo­­bre 2015, se sont tenues à Rome deux assemblées du Synode des évêques sur la famille. Le premier synode était consacré aux « défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’Evangélisation » et le deuxième avait pour thème : « Jésus Christ révèle le mystère et la vocation de la famille ». A l’issue de ces deux synodes, en plus d’un certain nombre de documents officiels parus à ces occasions, le pape François avait annoncé qu’il rédigerait un document synthétisant ces deux rencontres.

Ce sera l’exhortation apostolique Amoris laetitia (La joie de l’Amour) parue le 8 avril 2016. Cette synthèse du pape François est un appel à un rayonnement de l’Amour de Dieu au cœur des familles, et par conséquent, au cœur de l’Eglise et du monde. Ce texte très riche se compose d’un court préambule, de 9 chapitres et d’une petite conclusion qui nous invite à entrer dans une contemplation de l’amour de Dieu pour l’être humain avec un regard centré sur la mort et la résurrection du Christ, un regard qui plonge dans le Salut offert à toute l’humanité… un Salut qu’il nous est demandé de faire connaître et qui est indissociable de l’annonce de l’Evangile.

Amoris laetitia: Chapitre par chapitre

Chapitre 1 : A la lumière de la Parole

Dans ce premier chapitre, le Pape rappelle la multitude d’histoires familiales dans la Bible et la complexité des relations interfamiliales. Il insiste sur l’importance du couple qui donne naissance à une nouvelle famille « car la capacité du couple humain à procréer est le chemin par lequel passe l’histoire du salut. Sous ce jour, la relation féconde du couple devient une image pour découvrir et décrire le mystère de Dieu, fondamental dans la vision chrétienne de la Trinité qui, en Dieu, contemple le Père, le Fils et l’Esprit d’amour. Le Dieu Trinité est communion d’amour, et la famille est son reflet vivant 2 ». Quant aux enfants, ils sont pleinement membres de la famille et de l’importance de l’Eglise domestique – l’Eglise composée de la cellule familiale. C’est dans cette vision que la famille est décrite comme lieu de catéchèse et qu’elle « est appelée à partager la prière quotidienne, la lecture de la Parole de Dieu et la communion eucharistique pour faire grandir l’amour et devenir toujours davantage un temple de l’Esprit » 3.

Chapitre 2 : La réalité et les défis de la famille

Ici, le pape François insiste sur la diversité des familles et sur les défis qui les attendent dans un monde en évolution constante. Il précise les problèmes que les familles peuvent rencontrer comme le délitement des liens familiaux, la montée des individualismes exacerbés, la violence, etc. qui vont à l’encontre du bien commun qui s’appuie sur des familles stables. Toutefois, les familles ont aussi besoin d’être aidées pour se développer dans un environnement sociétal favorable leur assurant la paix et une situation économique correcte. Une des missions de l’Eglise est donc d’accompagner et de soutenir les familles afin qu’elles puissent vivre au mieux leur vocation à l’amour dans le monde actuel.

Chapitre 3 : Le regard posé sur Jésus – la vocation de la famille

Dans ce chapitre, le Pape insiste sur l’importance du sacrement du mariage compris comme un lien indissoluble qui unit un homme et une femme et les inscrit dans le désir d’avoir des enfants. Il précise aussi que la famille est un lieu de tendresse et d’amour. Il rappelle que Jésus lui-même a grandi dans une famille portée par l’amour et l’attention de ses parents. Il est important de souligner que « l’alliance d’amour et de fidélité, dont vit la Sainte Famille de Nazareth, illumine le principe qui donne forme à toute famille et la rend capable de mieux affronter les vicissitudes de la vie et de l’histoire. Sur cette base, toute famille, malgré sa faiblesse, peut devenir une lumière dans l’obscurité du monde » 4.

Chapitre 4 : L’amour dans le mariage

S’appuyant sur l’hymne à la Charité de saint Paul (1 Co 13, 4-7), le pape François insiste sur l’amour qui doit nourrir les couples et avoir sa source en Dieu. Il rappelle que l’amour est patient, qu’il place les conjoints dans une attitude de service mutuel. Pour lui, l’amour n’envie pas, ne cherche pas son intérêt et s’appuie sur le pardon. L’amour espère, supporte tout et doit conduire à faire grandir la charité conjugale. S’appuyant sur le Concile Vatican II, le Pape insiste sur l’amour matrimonial en soulignant que Dieu aime l’épanouissement de ses enfants et il affirme que « Dieu lui-même a créé la sexualité qui est un don merveilleux fait à ses créatures » 5. Le pape François termine en insistant sur l’importance d’une évolution de l’amour conjugal au fil des ans et des événements familiaux.

Sainte Famille à la lessive 6

Chapitre 5 : L’amour qui devient fécond

Pour le pape François, l’amour dans un couple est appelé à devenir fécond, à s’épanouir en donnant la vie et en prenant soin des enfants que la famille reçoit. Mais, il insiste aussi pour que face à la douleur de l’infertilité, les couples n’oublient pas qu’ils sont aussi appelés à la fécondité à leur manière et selon leurs spécificités propres. Le Pape rappelle aussi que la famille ne se résume pas au couple et à ses enfants, mais à la famille élargie ce qui implique le respect de tous : des parents, des enfants et des membres plus âgés.

Chapitre 6 : Quelques perspectives pastorales

Dans ce chapitre, le pape François insiste sur l’annonce de l’Evangile dans les familles d’aujourd’hui, sur l’importance de guider les fiancés en les préparant au sacrement du mariage, sur l’accompagnement qui doit se faire en Eglise durant les premières années matrimoniales mais aussi sur un accompagnement des conjoints sur le long cours pour les aider à dépasser les crises, les angoisses et les difficultés de couple. Il faut aussi permettre un accompagnement spécifique des veuves et des veufs car la mort qui vient séparer les conjoints est une grande souffrance pour celui qui reste seul.

Chapitre 7 : Renforcer l’éducation des enfants

Pour le pape François, les « parents influent toujours sur le développement moral de leurs enfants, en bien ou en mal. Par conséquent, ce qui convient, c’est qu’ils acceptent cette responsabilité incontournable et l’accomplissent d’une manière consciente, enthousiaste, raisonnable et appropriée » 7. Face aux évolutions de notre société, il est donc important que les parents donnent une formation morale à leurs enfants, qu’ils soient patients avec eux sans oublier qu’ils devront peut-être sanctionner des actions mauvaises commises par leurs enfants. La famille est donc un lieu d’éducation globale, c’est là que naît l’éducation à l’amour, l’éducation sexuelle et surtout la transmission de la foi. Et il ne faut pas oublier que dans l’éducation donnée, les parents sont appelés à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque enfant afin de le guider et le faire grandir à son rythme.

Chapitre 8 : Accompagner, discerner et intégrer la fragilité

Pour l’Eglise, le « mariage chrétien, reflet de l’union entre le Christ et son Eglise, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’appartiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour constituer une Eglise domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société » 8. Toutefois, les couples doivent aussi être accompagnés spécifiquement en cas de divorce, dans des situations de mariage civile, de simple vie commune, etc. Et, dans toutes ces circonstances, en particulier auprès des divorcés remariés, l’Eglise est appelée à agir dans une logique de miséricorde pastorale sans pour autant brader son idéal du mariage.

Chapitre 9 : Spiritualité matrimoniale  et familiale

Ce chapitre insiste sur le fait qu’une « communion familiale bien vécue est un vrai chemin de sanctification dans la vie ordinaire et de croissance mystique, un moyen de l’union intime avec Dieu. En effet, les exigences fraternelles et communautaires de la vie en famille sont une occasion pour ouvrir de plus en plus le cœur, et cela rend possible une rencontre toujours plus pleine avec le Seigneur » 9. Pour y parvenir, le pape François rappelle l’importance de rester axé dans la lumière de Pâques, dans la foi au Ressuscité afin de pouvoir vivre une spiritualité de couple dans un amour exclusif et libre, dans une spiritualité de l’attention à l’autre, de la consolation et de l’encouragement mutuel.

Conclusion

En conclusion, pour le pape François « aucune famille n’est une réalité céleste et constituée une fois pour toutes, mais la famille exige une maturation progressive de sa capacité d’aimer. Il y a un appel constant qui vient de la communion pleine de la Trinité, de la merveilleuse union entre le Christ et son Eglise, de cette communauté si belle qu’est la famille de Nazareth et de la fraternité sans tache qui existe entre les saints du ciel. Et, en outre, contempler la plénitude que nous n’avons pas encore atteinte, nous permet de relativiser le parcours historique que nous faisons en tant que familles […]. De même, cela nous empêche de juger durement ceux qui vivent dans des conditions de grande fragilité. […] Cheminons, familles, continuons à marcher ! Ce qui nous est promis est toujours plus. Ne désespérons pas à cause de nos limites, mais ne renonçons pas non plus à chercher la plénitude d’amour et de communion qui nous a été promise » 11.

1 Image tirée de l’article Wikipédia «Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation»: Synode des évêques sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation – Wikipédia (wikipedia.org).
2 Amoris Laetitia §11.
3 Amoris laetitia §29.
4 Amoris laetitia §66.
5 Amoris laetitia §150.
6 Image tirée de l’article Wikipédia «Sainte Famille»: Sainte Famille – Wikipédia (wikipedia.org)
7 Amoris laetitia §259.
8 Amoris laetitia §292.
9 Amoris laetitia §316.
10 Images tirées de l’article Wikipédia «Louis et Zélie Martin»: Louis et Zélie Martin – Wikipédia (wikipedia.org)
11 Amoris laetitia §325.

Mon Eglise ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte-Claire (FR), octobre-novembre 2021

PAR L’ABBÉ DARIUSZ KAPINSKI
PHOTO : DR

Cette question me renvoie d’abord à mon enfance et à mes premiers sentiments liés au bâtiment le plus impressionnant de ma petite ville natale et ses alentours sacrés; aux pratiques religieuses de mes chers parents, auxquelles nous – les enfants – étions progressivement initiés; à une longue liste des merveilleux témoins de la foi, prêtres et fidèles; à l’exceptionnelle période de mes 15-19 ans avec la participation aux mouvements de l’Eglise bien-aimée, pleine de retraites spirituelles pour les jeunes et de pèlerinages à pied vers Notre-Dame de Jasna Gora…

Parler de l’Eglise, comme communauté des hommes et des femmes en chemin vers Dieu, c’est voir d’abord son fondateur et son cœur, le Christ. Il n’y a ni compréhension, ni appréciation de l’Eglise sans ouverture au Seigneur Jésus, sans adhésion à lui.

Le Christ me passionne, son évangile me porte, dirige mon existence et me remplit d’espérance. Son Eglise m’épaule et permet de réaliser chaque jour la volonté du Seigneur ; elle me donne des ailes et me relève quand je tombe.

Mon Eglise ? C’est une histoire d’amour…

J’aime l’Eglise confiante au Christ, comme un enfant.

J’aime l’Eglise qui proclame le salut de l’homme, qui croit en l’homme… J’aime l’Eglise qui ne s’adapte pas au monde mais au Christ qui aime le monde. J’aime l’Eglise des Actes des Apôtres, armée et riche des pauvres, humble, éprouvée et persécutée…, sans privilèges.

J’aime l’Eglise une, coloriée comme l’automne, riche en diversités selon les continents et les pays; œcuménique. J’aime l’Eglise sainte par la présence de Dieu, envoyée à tous, missionnaire et solidaire, l’Eglise des frères et sœurs.

J’aime l’Eglise qui dérange au milieu de la nuit, quand on devient plat et passif. J’aime l’Eglise qui éveille à la liberté et appelle ad maiora; qui met en face de choix difficiles et qui montre le chemin.

Jésus, j’aime très fort ton Eglise !

Cathoguesser, une application made in Monthey

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Le projet Cathoguesser est né il y a presque deux ans. Cette application a l’originalité d’être un quizz sur la foi et la culture chrétienne, et d’être entièrement réalisé par des jeunes. Son application pour smartphone sortira prochainement.

PAR CÉLINE SALLIN
LOGO : JULES JORIS

« Quel Suisse a fondé la communauté de Taizé ? », « qui est le père des trois religions monothéistes ? » Vous connaissez les réponses ? Vous serez redoutables en jouant à Cathoguesser ! C’est ce genre de questions que nous avons trouvées sur la Bible, la foi et la religion chrétienne.

Cathoguesser, c’est donc une application ludique pour smartphone qui pose des questions à choix multiples et, pour certaines de ces questions, vous trouvez une courte explication pour enrichir vos connaissances. J’ai imaginé ce projet car j’ai constaté que beaucoup de jeunes dans les transports en commun étaient plantés sur leurs téléphones. Un jeu sur natel, c’est donc un bon moyen de les atteindre et de lancer une discussion sur la religion. Cela dit, comme l’un des jeunes de mon équipe me l’a fait remarquer, il y a aussi parmi les personnes plus âgées une tendance à utiliser les tablettes et les ordinateurs. C’est pourquoi l’application devrait convaincre les personnes de tout âge !

Un team

J’ai appelé des jeunes que j’ai connus dans divers contextes paroissiaux (Montée Vers Pâques, témoignages lors de matinées des religions, Relais XXL, Alphalive). Yaëlle, Samuel, Joël, Thomas, Mauro, Jules et Dessy ont répondu présents et motivés ! C’est aussi l’occasion pour nous de creuser notre foi et de chercher des réponses à des questions qu’on se pose, de fouiller la Bible, etc.

Nous sommes donc huit jeunes motivés, âgés de 17 à 24 ans, à avoir collaboré à la réalisation de cette application. Nous avons pris deux ans pour réunir plus de 400 questions, réponses et explications, développer la partie technique et informatique, se trouver un nom et un logo. Et nous voici bientôt prêts à vous présenter Cathoguesser. Nous sommes très heureux de pouvoir présenter prochainement au grand public cette application, concrétisation matérielle d’un rêve un peu fou.

Le jeu

Le jeu se subdivise en plusieurs catégories de questions : La Bible, fête et vie chrétienne, christianisme au fil du temps, personnalités et saints chrétiens, tour du monde (lieux de pèlerinage ou monuments religieux), actualités (personnalités, événements récents). A chaque fois, quatre propositions de réponses et ensuite une petite explication permettent d’enrichir les connaissances de chacun. Un jeu donc idéal pour se détendre dans le train ou en groupe lors d’une soirée chrétienne.

Alors si tu es jeune ou moins jeune, que tu te poses des questions sur la foi catholique, que tu veux en apprendre un peu plus sur la Bible, les personnalités chrétiennes et sur les actualités cathos ou que par curiosité tu veux voir de quoi est capable une équipe de jeunes cathos motivés, Cathoguesser est pour toi ! Ça sort bientôt.

Prière pour aimer l’Eglise

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

PAR JEAN SAUVENAY | PHOTO : MARIE-FRANÇOISE SALAMIN

Nous te prions, Seigneur, pour ton Eglise,
et pour chacun de nous
qui composons cette Eglise.

Aide-nous à l’aimer telle qu’elle est,
dans ses grandeurs et dans ses faiblesses.
Aide-nous à reconnaître son unité
dans les mille visages de ton peuple.
Aide-nous à surmonter les divisions,
à éviter les jugements hâtifs
et à bannir les caricatures.
Aide-nous à découvrir, au-delà des apparences,
l’immense réseau des saintetés cachées,
qui sont les pierres vivantes de l’Eglise.

Puisse ton Eglise retrouver
la fraîcheur et la force dont elle a besoin
pour annoncer l’Evangile aujourd’hui.
Qu’en renforçant les liens de l’unité
entre les évêques, les prêtres et les laïcs,
elle renforce aussi l’Espérance.

Qu’elle apparaisse aux yeux de tous
comme une porte ouverte et une source de vie.
Qu’elle soit toujours davantage
l’Eglise des pauvres et des saints.
Nous te le demandons par Marie, mère de l’Eglise.

Amen

De Lyon à Sierre

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs de Sierre (VS), octobre 2021

Après avoir terminé une année de formation à Lyon au sein de l’Ecole Pierre (école créative pour les jeunes au service de l’Eglise), Laura Pellaud est de retour chez elle. Enfin pas tout à fait: la native d’Ovronnaz habite désormais à Sierre pour remplacer une partie du travail de Raphaël Delaloye. Rencontre.

TEXTE ET PHOTO PAR YVES CRETTAZ

Yves : Peux-tu te présenter en quelques mots…

Laura : Je m’appelle Laura, j’ai vingt et un ans et je suis actuellement à 60% en stage à la paroisse de Sierre comme animatrice pastorale. Je suis partie étudier à Lyon mais avant cela, j’étais très engagée du côté de la paroisse de Fully. J’ai notamment bien collaboré pour « les journées de la joie ». Un concept simple mais tellement profond qui consistait à aller passer du temps avec les requérants d’asile aux Mayens-de-Chamoson. J’apprécie tellement ces moments.

Peux-tu te décrire en trois adjectifs ?

Aventurière, dynamique et (elle réfléchit)… drôle. J’aime tellement rigoler et faire des blagues !

Pourquoi es-tu partie étudier à Lyon ?

Mon côté aventurière a pris le dessus au moment du choix. Je travaillais dans un EMS et avec ce COVID-19, c’était très très dur. J’avais envie de changer d’air. De plus, j’aime tellement mon Eglise et je voulais la découvrir autrement. J’ai donc opté pour cette école créative au service de Dieu. Une année de formation en théologie, communication, management, photo et vidéo, gestion de projets, musique et louange… Bref, une année riche et incroyable !

Que retiens-tu de cette expérience française ?

Wahou ! Wahou ! C’était fou ! Tu sais, l’Eglise est universelle. Elle est faite d’une multitude de gens différents mais qui ont tous quelque chose à apporter. Que ce soit en Valais ou ailleurs, chacun a une place dans cette belle Eglise. Il faut juste oser prendre sa place ! Chacun-e est le/la bienvenu-e.

As-tu un conseil à donner aux jeunes de la région ?

J’ai appris beaucoup de choses à Lyon mais une m’a particulièrement touchée : par exemple, on ne doit pas animer une messe pour la reconnaissance : ce n’est pas important de savoir qui chante ou qui a écrit les partitions. Le plus important est de savoir de qui ça parle !

Un mot pour conclure ?

L’Eglise doit avancer avec son temps. Mais attention à ne pas oublier les personnes qui ont construit cette Eglise, année après année. Elles ont donné énormément de leur personne pour qu’elle avance, il faut donc veiller à ne pas détruire cela ! On doit continuer ce beau travail. Les jeunes ont une place à prendre dans cette Eglise mais il ne faut pas piquer celle des plus anciens. Je pense que si on mélange les différents âges, ça fera un très bon cocktail. L’Eglise a encore de belles années devant elle avec ce mode de fonctionnement, je pense… du moins je l’espère.

Bienvenue… !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2021

Quel plaisir et quelle joie de vous présenter dans ces pages les trois nouvelles venues. Sœurs de Saint Maurice, elles quittent le beau lieu de La Pelouse sur Bex, où vit leur communauté-mère, pour venir prendre part à la vie de notre secteur en s’installant au Prieuré de Vétroz.
Nous leur souhaitons la bienvenue et nous nous réjouissons de les rencontrer dans nos villages et dans nos rues.

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : SŒURS DE LA PELOUSE

Soeur Anne-Margrit Keist

Bonjour à toutes et à tous,

Je m’appelle Sœur Anne-Margrit Keist. Originaire de la Suisse centrale, notre famille a émigré à Spiez, dans l’Oberland bernois. Dans notre vieille boulangerie louée il y avait de la place pour nos parents, les six enfants et tous nos collaborateurs. C’était une maison en bois, pleine de vie, qui sentait bon le pain frais !

Il fallait bien aller apprendre le français – j’ai abouti dans le Bas-Valais. J’y ai découvert les Sœurs de Saint-Maurice et à 21 ans, je suis revenue et j’ai été accueillie dans la communauté comme postulante.

Maintenant j’ai 75 ans, ma vie est déjà longue, elle fut remplie et heureuse. Si vous désirez en savoir plus, vous êtes invité.e à venir échanger autour d’une tasse de café dans le Prieuré de Vétroz où notre petite Communauté vient d’être accueillie. Je me réjouis de faire votre connaissance, de découvrir votre visage, d’accueillir votre partage.

Avec toute ma joie.

Bonjour,

Je m’appelle Sœur Isabelle-Marie Gollut, je suis née à Massongex et je suis la dernière d’une famille de six enfants. J’ai fait un apprentissage de couturière et d’infirmière assistante avant d’être religieuse, et ensuite j’ai fait la formation aux ministères en Eglise (FAME) en catéchèse et catéchèse spécialisée. La vie religieuse m’a ouverte à beaucoup de domaines que je n’aurais sûrement pas exercés autrement.

J’ai eu la joie de servir la communauté à la clinique Saint-Amé, à La Pelouse, à Lausanne et dernièrement au Castel Notre-Dame à Martigny, ainsi que dans différents services en Eglise, à Bex, à Monthey et sur Lausanne.

Anecdote : une visite surprise qui devient un rendez-vous régulier : un soir, j’avais oublié de fermer la porte de ma chambre et je m’apprêtais à aller me coucher. Je vois la poignée de la porte qui se baisse et un des résidents ouvrir, me regarder, me sourire et me dire : « Ah ! Oui, tu es de la famille ! On habite le même appartement ». Je mets mes souliers et je le raccompagne gentiment dans sa chambre. Dans l’ascenseur, il se regarde dans le miroir et dit : « Adieu, papa, il faudra qu’on se parle ; j’ai quelques affaires à discuter avec toi ! »

Pendant mes loisirs, j’aime bien aller marcher ou faire du vélo, être au bord d’un ruisseau dans le silence, rencontrer mes amis, ma famille, faire de la couture, prendre du temps simplement.

Pour notre communauté je souhaite que notre maison soit un lieu d’accueil où chacun se trouve bien et heureux. Pour les paroissien.ne.s, je me réjouis de faire leur connaissance, de partager ce qui les fait vivre, de faire un bout de chemin avec eux, heureux de vivre ensemble de nouvelles expériences de vie et de découvrir la richesse, la beauté, l’histoire de cette belle contrée dans les vignes.

Soeur Isabelle-Marie Gollut
Soeur Nicole Lechanteur

Je m’appelle Nicole Lechanteur. Originaire de Belgique, en région liégeoise, j’ai été institutrice avant de me lancer dans diverses animations chrétiennes (animation de Camp-Prières, Ecole de prière, Café Chrétien, Sessions bibliques). Théologienne et bibliste, j’ai travaillé comme assistante paroissiale puis dans la formation. J’y ai expérimenté la joie et la force de se mettre à l’écoute de la Parole.

En 2015, je me suis sentie appelée au sein de la Communauté des Sœurs de Saint-Maurice. J’y ai reconnu une communauté façonnée par le Christ et sa Parole, une communauté priante, une communauté ouverte au monde, signe et témoin de l’Amour de Dieu, une communauté fraternelle vivant un réel compagnonnage dans le quotidien. Voilà ce qui m’a appelée ! C’est aussi ce que je désire vivre ! Je viens d’y faire mes premiers vœux.

Je souhaite me mettre à l’écoute des attentes des hommes et femmes du « Secteur des Coteaux du Soleil », cheminer, faire route avec celles et ceux qui le désirent. Je souhaite aussi faire goûter la force de la Parole de Dieu, de la foi et la grâce de vivre une vie de relation avec notre Dieu et avec nos frères et sœurs dans le Christ. Je suis appelée à rejoindre les personnes éprouvées par un deuil et à accueillir les nouveaux arrivants : porter avec elles, avec eux, leurs peines, leurs espérances et leurs joies ; accueillir leurs désirs et leurs attentes…

Pendant mes loisirs, j’aime marcher et contempler la nature, me ressourcer, vivre des moments de convivialité…

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2021

PAR LAETITIA WILLOMMET | PHOTOS : MP

Voilà un thème qui invite à la rencontre. En effet, raconter implique au minimum deux personnes, l’une qui relate et l’autre qui écoute. A travers ces lignes, je me permets de vous partager, de vous raconter mon Eglise, mais plutôt mon Eglise rêvée.

Je rêve d’une Eglise libre et joyeuse, ouverte aux messages de l’Evangile et guidée par l’Esprit Saint. Elle s’articule autour d’une communauté, car l’Eglise, ce sont les hommes et femmes de ce temps. Elle a leur visage et leur sourire. Elle est solidaire et accueille chacun et chacune dans sa réalité de vie. Elle donne envie de partager, de se rencontrer, de vivre dans un esprit de communauté et a le souci des uns et des autres. Les moments conviviaux sont partagés à la sortie d’une célébration, dans la rue, dans les maisons. La bienveillance, l’accueil, l’écoute et la disponibilité sont ses fondations. Chacun et chacune est artisan de paix dans son lieu de vie. Ils sont ainsi le petit grain de sel qui va donner de la saveur à la vie des autres.

Mon Eglise rêvée, c’est vous et moi, ensemble pour réfléchir, prier, célébrer et construire dans le respect de chacun, chacune. Tous nourris de la Parole et de l’Eucharistie s’ajustant toujours mieux à l’exemple d’Amour du Christ.

Il est facile de rêver, parfois le chemin de la réalité est plus sinueux mais avec la Foi, l’Espérance et la Joie tout reste possible.

Alors bienvenus, bienvenues, prenez place et racontez-moi aussi votre Eglise !

Raconte-moi ton Eglise !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

PAR VÉRONIQUE DENIS | PHOTOS : JULIEN VERGÈRE ET PIERRE-YVES MAILLARD

Selon la définition du dictionnaire, raconter signifie « faire le récit d’une histoire ou relater les faits » ! Loin de moi l’idée de retracer l’histoire de l’Eglise qui dure depuis plus de 2000 ans.

J’aimerais plutôt nous inviter à nous arrêter au présent et à nous projeter sur l’avenir.

L’Eglise d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Mais faut-il s’en émouvoir ? ou s’en réjouir ?

Pour ma part, j’y vois plutôt un signe d’espérance, ouvert sur l’avenir.

Car le Christ n’abandonnera jamais son Eglise. Ce que nous vivons en ce moment, est certes difficile et la situation du COVID ne joue pas en notre faveur. Et l’apôtre Pierre nous invite à garder confiance : « Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1P 2, 9)

L’Eglise, mon Eglise, votre Eglise est le reflet de ce que je veux et peux offrir. Je ne vais pas énumérer la longue litanie des manques ou des critiques qu’on relate malheureusement trop souvent. Je nous invite à raconter les signes positifs : les parents qui s’engagent dans le cheminement de la foi de leurs enfants, les anciens qui veillent et prient pour les plus jeunes, des jeunes qui misent tout sur le Christ, des couples qui font le pari de la fidélité, des paroissiens qui s’engagent pour embellir nos églises, nos chapelles, animer nos célébrations avec les chants et la musique, aider les prêtres dans le service de l’autel, veiller sur les plus fragiles et les plus faibles, visiter les malades et leur offrir le Pain de vie, proclamer les lectures, les laïcs engagés et les prêtres du secteur qui portent le souci de l’unité et accompagnent chaque baptisé dans leur cheminement spirituel, …

Chacune et chacun peut continuer cette énumération et il faudrait plus qu’une page pour raconter tout ce qui est vécu.

Rendons grâce à Dieu pour notre Eglise et demandons au Christ le courage pour continuer sa mission. Avec la force de l’Esprit Saint, notre témoignage débordera ainsi en torrent de lumière.

Collombey-le-Grand: la chapelle Notre-Dame des Sept-Joies

Série sur les bâtiments religieux de nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

Nous poursuivons notre série historique et architecturale par la visite de deux chapelles; celle de Notre-Dame des Sept-Joies à Collombey-le-Grand et celle de Saint-Bernard de Mont-Joux à Illarsaz.

PAR PATRICK ELSIG 1 , ADAPTÉ PAR L’ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH | PHOTOS : ABBÉ JÉRÔME HAUSWIRTH

Les relevés cadastraux et les sources d’archive ne mentionnant aucun édifice antérieur, il semble que cette chapelle ait été construite ex nihilo. C’est donc en 1847 que la première pierre est posée mais d’importantes inondations repoussent le travail de plusieurs années. La date de 1855, qui timbre la clé de l’encadrement de l’entrée (réalisé en calcaire de Collombey tout comme la croix de mission à l’extérieur) rappelle la construction du gros oeuvre. La charpente est levée en juillet 1857 et l’édifice doit probablement être terminé vers la fin de cette année qui voit le paiement de la plupart des grosses dépenses.

Relevons le nom local de Michel Joseph Vanay pour la réalisation de la charpente. La chapelle est consacrée le 13 novembre 1866, jour de la fête de Notre-Dame des Sept-Joies. Cette fête fut instituée par l’évêque Walter Supersaxo pour commémorer la victoire de la Planta (13 novembre 1475). Ce vocable fait aussi écho, à la même époque, à Notre-Dame des Neiges, à Muraz, qui s’appelait alors Notre-Dame des Sept-Douleurs. Une manière spirituelle pour Collombey de répondre à Muraz ? Peut-être. En tout cas une manière politique pour la paroisse bas-valaisanne de dire à l’évêque de Sion sa loyauté dans un contexte national tendu !

A l’intérieur de la chapelle, les deux saints latéraux du retable sont étonnamment sans attributs. On peut donc tout imaginer. Un homme et une femme anonyme, ce peut être tout le monde dans la grande foule des amis de Dieu. A gauche un saint de 62 cm et à droite une sainte de 64 cm. Tous deux sont placés devant un fond bleu terminé par une coquille qui leur sert d’auréole. Le tableau central peint à l’huile sur toile représente l’Immaculée Conception de Marie. Il est signé Emmanuel Chapelet et date de 1858, soit l’année des apparitions de Marie à Lourdes qui s’est fait justement connaître comme l’Immaculée Conception (« Que soy era Immaculada Councepciou »).

1 Patrick Elsig, « Les monuments d’art et d’histoire du canton du Valais, tome VII, le district de Monthey », 2015, Société d’histoire de l’art en Suisse SHAS, Berne

« Raconte-moi ton Eglise »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2021

TEXTE ET PHOTOS PAR PIERRE ANÇAY

Lorsque l’on m’a proposé de «raconter mon Eglise» pour L’Essentiel, j’ai hésité quelque peu avant d’y répondre. Que pourrais-je bien dire ? Il ne s’agissait, bien entendu, pas de décrire l’édifice où nous autres chrétiens célébrons le culte, mais plutôt de «raconter mon Eglise» dans son sens premier que l’on retrouve dans le christianisme, soit «l’Institution rassemblant l’ensemble des chrétiens en communion avec le Pape et les évêques».

Ainsi, comme pour beaucoup, « mon Eglise » est d’abord « l’église paroissiale » où se vivent concrètement tous les faits, les gestes, les cérémonies liées à notre vie chrétienne. Au fil des ans, en plus des messes dominicales et de semaine notamment lorsque nous étions désignés pour servir la messe, c’est à l’église paroissiale que nous avons reçu les différents sacrements, en premier celui du baptême.

De toutes ces cérémonies, je me souviens tout particulièrement du jour de ma première communion où nous sommes descendus en rang par deux, de la cour de l’école jusqu’à l’église, d’abord le groupe des filles « encadrées » par des institutrices suivi du groupe des garçons tous munis d’un brassard blanc sur la manche gauche du costume. L’après-midi de ce même jour, nous nous sommes retrouvés à l’église pour la consécration à Marie à qui nous chantions, en levant nos bouquets de fleurs, l’inoubliable cantique : « Vierge Marie, je te confie mon cœur ici-bas. Prends ma couronne, je te la donne, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras, au Ciel n’est-ce pas tu me la rendras ! »

C’est à l’église qu’aujourd’hui encore la communauté paroissiale se retrouve pour les messes, les fêtes ponctuant l’année liturgique, les ensevelissements et autres rencontres ou célébrations religieuses.

Finalement, c’est dans et par cette « église paroissiale », que petit à petit s’est « conscientisée » mon intégration et ma participation à cette « Eglise universelle » qui, comme le dit saint Paul dans sa Lettre aux Ephésiens 1 : « Dieu a établi le Christ au-dessus de tout être céleste… Il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps, et l’Eglise, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude… »

Aussi, arrivé à l’automne de ma vie, je ne saurais assez dire ma « reconnaissance » à « l’église de ma paroisse » ainsi qu’à toutes les personnes qui l’ont servie au cours
du temps. Oui, vraiment merci pour tout ce qui a été fait pour moi et pour nous tous « dans » et « par » cette « Eglise paroissiale et universelle qui est le Corps du Christ » !

«Pas à pas…»

PAR JANIE LUISIER
PHOTO : VÉRONIQUE DENIS

A l’image d’un pèlerin décidé, je vis mon Eglise avec cette volonté d’avancer, mais aussi avec cette vulnérabilité qui me pousse à me placer humblement sous le regard de Dieu. En Père attentif et aimant, respectant toujours ma liberté et mes choix, Il pose sur mon chemin des jalons : l’adoration hebdomadaire, la prière des mères, la Vierge Pèlerine, des témoins qui ont vécu concrètement leur foi en laissant à Dieu les commandes de leur vie… Aussi, j’aimerais vous partager un message de sainte Teresa de Calcutta qui m’encourage à toujours mieux le connaître, à l’inviter dans mon quotidien, avec la volonté de lui faire plaisir dans le service et la prière :

« Nous pouvons certes passer du temps à la chapelle… mais avez-vous vraiment fait connaissance avec Jésus vivant, non à partir de livres, mais pour l’avoir hébergé dans votre cœur ?… Demandez-en la grâce. Il a l’ardent désir de vous la donner… Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui. Il a soif de vous. »

Mon Eglise…

TEXTE ET PHOTO PAR VIRGINIA DA SILVA

Mon Eglise est l’écoute, le partage, l’ouverture et le service à l’autre.

Je ne peux pas vivre ma foi sans ces éléments. Elle est, dans ma vie, une source de force, d’écoute et en même temps de refuge dans les moments difficiles. A mon arrivée en Suisse, les premières personnes à me tendre la main étaient des fidèles paroissiennes de Saxon. A ce moment-là, je me suis reconnue dans cette Eglise. Depuis, je travaille pour que l’on aille de plus en plus vers l’autre.

Malheureusement, en Eglise, on est souvent dans le faire et pas dans l’être. On veut tellement accomplir les tâches qui nous sont demandées que l’on oublie le contact humain. Et pourtant il n’y a pas besoin de grand-chose, quelquefois un simple sourire. Avec le COVID, on s’est retrouvés à l’entrée de nos églises. Pour ma part, quelle chance ! j’ai pu échanger avec les gens, les accueillir, pour finalement avoir la meilleure des récompenses : une personne qui me dit : « Quel bonheur de se sentir accueilli avec ce grand sourire. » Eh oui… cela suffit de montrer que l’on est là pour accueillir, accompagner, partager et laisser la place à l’autre. C’est ce que on a fait avec moi « l’étrangère ».

La devise de ma vie est : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)

Chaque personne que je rencontre est le visage du Seigneur. Seulement ainsi, je peux vivre mon Eglise en accord avec le plus profond de moi-même.

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