Une belle fête à Saint-Martin

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), octobre 2021

Le dimanche 29 août 2021 a eu lieu la célébration du 70e anniversaire de la construction de l’église de Saint-Martin et la bénédiction des nouveaux vitraux réalisés par les artistes Isabelle Tabin-Darbellay et Michel Eltchinger.

TEXTE ET PHOTOS PAR MONIQUE GASPOZ

La célébration de l’eucharistie a marqué le coup d’envoi de la fête. Elle a été présidée par le vicaire général Pierre-Yves Maillard, accompagné à l’autel par le curé Laurent Ndambi et de nombreux autres prêtres attachés à la communauté paroissiale de Saint-Martin. L’église était éclairée d’une lumière nouvelle de vie et de résurrection. Même le sapin aux pives bronzées revendiquait sa place à la fête derrière le vitrail aux fruits de la terre. La chorale Sainte Cécile et la chorale africaine ont animé de leurs chants la célébration.

Se référant à la lettre aux artistes de Jean-Paul II en 1999, le vicaire général a dit que l’Eglise a besoin des artistes quand les mots n’arrivent pas à tout expliquer ce qui est de l’ordre de l’invisible et du mystère. Les artistes nous font passer de ce monde à Dieu pour nous purifier, nous sanctifier. Ces vitraux en sont l’exemple vivant, à la suite de saint François d’Assise, troubadour de la joie, d’ailleurs représenté dans une grande statue en bois face aux sept vitraux du Cantique des Créatures. La bénédiction a eu lieu en pensant à tous ceux qui entreront davantage dans la louange de Dieu grâce à ces vitraux.

De vifs remerciements ont été adressés au curé Laurent Ndambi, au comité de rénovation, aux artistes, à tous les bénévoles ainsi qu’aux très nombreux donateurs qui ont permis cette belle réalisation. La fête a continué sur la place de l’église grâce à l’apéro servi par les Hospitaliers de Notre-Dame de Lourdes et aux prestations de la fanfare La Perce-Neige et des Fifres et Tambours. Les personnes inscrites ont pu ensuite partager ensemble une bonne raclette à la salle bourgeoisiale.

L’église de Saint-Martin : un peu d’histoire 1

Il est difficile de situer exactement la date de fondation de la paroisse d’Hérens qui comprenait les paroisses actuelles de Saint-Martin et d’Evolène. Les ancêtres du Val d’Hérens faisaient partie de la paroisse de Sion hors les murs. Selon une inscription à la cure de Saint-Martin situant la construction du presbytère sous l’épiscopat de Mgr Aymond, évêque de 1049 à 1070, il pourrait y avoir eu une paroisse de Saint-Martin d’Hérens à cette époque déjà. De 1252 à 1288, un ou le premier curé se nomme Maître Martin, curé et notaire. On retrouve également Guillaume de Nendaz de 1260 à 1277 et Pierre de Suen, vicaire en 1286. Les paroissiens des villages d’Evolène venaient à pied participer aux offices à l’église de Saint-Martin d’Hérens dès cette époque-là. La séparation des deux paroisses se passe progressivement. Une première église est érigée à Evolène en 1446. En 1703, le premier curé est installé à Evolène. Il faudra cependant attendre 1853 pour la séparation définitive des paroisses de Saint-Martin et Evolène en deux entités distinctes.

L’ancienne église de Saint-Martin qui datait de 1743-1745 donnait vers 1930 des signes évidents de décrépitude. Le souvenir de la catastrophe de 1909 de l’église de Nax est encore bien présent et fait avancer les démarches et les expertises pour examiner s’il y a danger. Le curé Damien Bex, responsable de la paroisse de 1936 à 1983, confie la réalisation d’une nouvelle église aux architectes Denis Honegger (1907- 1981) et Fernand Dumas (1892-1956). Après le choix entre plusieurs avant-projets, les plans définitifs sont prêts en 1948 et l’ancienne église est démolie en 1949. Les travaux durent deux ans. Les entreprises locales sont mises à contribution et les paroissiens effectuent de nombreuses heures de bénévolat pour mener à bien la construction de la nouvelle église, inaugurée en 1951. Comme l’argent manque pour les vitraux, de simples carreaux de couleurs ont été installés aux fenêtres.

Ainsi, la pose des nouveaux vitraux à l’occasion du 70e anniversaire de l’église vient harmonieusement compléter tout ce que nos ancêtres avaient déjà réalisé.

1 La plupart des informations sont tirées du document « 1951-2001, Jubilé de la consécration de l’église paroissiale de Saint-Martin »

Faire Eglise autrement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Aigle (VD), octobre-novembre 2021

PAR ROLF ZUMTHURM, CURÉ-DOYEN | PHOTO : DOMINIQUE LUISIER

Expérimenter une Eglise-communauté. Dans l’église rénovée de Bex, les paroissiens sont rassemblés en forme de «U», unis par le baptême et interpellés par la Parole. Dans son message pour l’inauguration, l’architecte Duthilleul le décrit: «Ainsi, dès le début de la célébration, les fidèles réunis au nom de Jésus, peuvent avoir conscience qu’ils forment un Corps: cela est signifié, et, parce que c’est signifié, cela peut se réaliser… Les fidèles peuvent alors prendre conscience que « chacun d’eux est un membre de ce Corps », c’est-à-dire que chacun d’eux a la responsabilité d’agir comme le Christ agit.»

Devenir une Eglise pour les autres. L’Eglise n’est pas la fin en elle-même, elle existe pour les autres. « Nous sommes chrétiens pour les autres. » Voilà notre vision pastorale qui a été phagocytée par la première vague du Covid à peine un mois après sa promulgation par notre évêque. L’équipe pastorale repense la diaconie en ces temps difficiles pour beaucoup. Et le secteur se trouve renforcé par l’arrivée de Clotilde Jollien du département « Solidarités » pour une pastorale de rue.

Favoriser une Eglise qui dépasse les frontières. Il n’y a pas que l’Eglise catholique. Regarder par-dessus la haie, partager avec d’autres communautés chrétiennes, pratiquer l’œcuménisme sur le terrain. Voilà ce qui est vécu au Forum chrétien romand qui a choisi notre région. Du 10 au 13 octobre, il rassemble à Leysin les responsables et délégués de toutes les Eglises chrétiennes de la Suisse romande. Le Forum se conclut par une célébration commune coorganisée avec la TRO (Table ronde œcuménique) le mardi 12 à 10h30 à la salle de l’Eglise de Châble-Croix à Aigle. Tous les paroissiens du secteur y sont invités.

Une nouvelle chapelle magnifique !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), octobre-novembre 2021

Dimanche 12 septembre 2021 ! Avant que tous les voyants Covid ne virent au rouge, les fidèles de l’Entremont sont invités à Orsières pour la bénédiction et l’inauguration de la nouvelle chapelle dédiée à l’enfant du lieu, le chanoine Maurice Tornay, natif de la Rosière !

PAR MICHEL ABBET | PHOTOS : ANNE-LYSE BÉRARD

Vitrail porte réalisé par Adrien Thétaz

La chapelle n’est pas la seule nouveauté proposée aux paroissiens et aux visiteurs venus d’ailleurs. A l’entrée, une exposition relate la vie du Bienheureux. C’est une excellente entrée en matière. En effet, en enlevant deux rangées de bancs au fond de l’église, on a créé un dégagement bienvenu et ainsi allégé toute la partie tournée vers le couchant. On a profité de cette place libérée pour y installer une exposition en 4 « chapitres ». Le résultat, des plus probants, doit sa réussite au recyclage des bancs, transformés en écrin pour mettre en valeur les objets ayant appartenu au chanoine. Mais surtout, on a mis tout de suite la personne entrant dans l’église en relation avec le Bienheureux ! Libre à elle ensuite de s’arrêter un moment pour faire connaissance avec cet homme d’exception. Et puis, la voilà interpellée…

Car, au sommet de l’église, à gauche, une porte s’impose à son regard. Les couleurs, volontairement vives, étincellent grâce à la luminosité naturelle qui inonde la chapelle! Là où beaucoup auraient bien vu une porte en bois ou pas de porte du tout, on a choisi de créer le contraste ! Voici donc le chanoine « mis en lumière ». Il est « là », presque vivant et son regard à la fois bienveillant et pénétrant ne manque pas d’interroger. Naturellement, le quidam se laissera donc comme aimanter et se dirigera vers la chapelle. A coup sûr il fera le pas et franchira la porte pour se trouver dans ce nouvel espace de méditation. Là, il aura rendez-vous avec son Dieu et avec Maurice Tornay. Quelques mots suffiront pour débuter la conversation. La suite du dialogue appartiendra à chacun. Bonne visite !

Extrait du discours du président de la commune

Le Conseil municipal est persuadé que la Via Francigena possède un énorme potentiel. Et il est évident que tout ce qui se rapporte au Bienheureux Maurice Tornay représente une offre complémentaire bienvenue. Ce tourisme à connotation spirituelle et religieuse peut aussi être synonyme de développement économique et doit être valorisé.

… Et aujourd’hui, nous sommes satisfaits d’avoir pu participer à la réalisation de la chapelle dont nous célébrons la bénédiction. Je profite d’ailleurs de relever le fait que toutes les Communes du district ont décidé de verser un montant pour ce projet, reconnaissant son importance pour l’Entremont entier.

… Je me réjouis donc du lancement des travaux du Cœur d’Orsières dans quelques jours qui vont transformer notre village comme la Chapelle du Bienheureux magnifie notre église.

Joachim Rausis

Extraits de l’allocution du président de l’Association des amis du Bienheureux

… Ceci dit, même si l’emplacement s’est imposé naturellement, toucher à la bâtisse la plus emblématique d’une commune, n’est pas sans risque. Vos échos
sur la réalisation que nous inaugurons, souvent très positifs, voire enthousiastes nous confortent, et sur les choix, et sur les options prises.

Puisse cet Espace permettre au passant par une catéchèse indirecte, de découvrir le Bienheureux Maurice Tornay, de perpétuer sa mémoire, son engagement sans faille, son don total pour conduire les âmes à Dieu.

Puisse cette chapelle favoriser et le culte rendu à Dieu et les prières d’intercession adressées au Bienheureux Maurice Tornay, pour les habitants de ce pays, pour nos paroisses, pour la Congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard et le renouvellement de ses effectifs.

Maurice Tornay

Mot du président du comité d’organisation

La fête a été belle, grâce à tous les paroissiens qui ont participé à la cérémonie et grâce au beau temps qui est de mise chaque fois que l’on organise une manifestation en l’honneur du Bienheureux. Bien sûr, le Covid a joué les trouble-fête, nous privant notamment de la présence des fanfares. L’année de leur 100e anniversaire, l’image aurait été belle de les voir jouer ensemble. Mais ce n’est que partie remise. Merci à tous les bénévoles et à tous les participants ! Vu les conditions sanitaires nous ne pouvons qu’être pleinement satisfaits de cette journée.

Laurent Tornay

Faire vivre la Cure d’Autigny comme lieu de pastorale… !

Le rêve de Serge et Geneviève Kaninda !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Notre-Dame de la Brillaz (FR), octobre-novembre 2021

Les années passent. Serge Kaninda doit aujourd’hui penser très sérieusement à sa retraite, qui commencera en début d’année prochaine. Mais retraite ne signifie pas, pour lui, se ranger chez soi. Non, sa foi le pousse à continuer à poursuivre sa vocation de baptisé. Aujourd’hui, avec son épouse Geneviève, il propose un projet très intéressant pour notre UP. C’est autour d’une table, à leur domicile actuel, avec quelques fromages, du pain et un bon verre de vin rouge, que nous échangeons sur ce projet. Je vous laisse le découvrir.

TEXTE ET PHOTOS PAR MATHIAS THELER

Serge a étudié la philosophie et la théologie au Congo où il a travaillé durant une douzaine d’années. Il vient en Suisse pour suivre une formation de disciple à l’école de la foi. Après un engagement professionnel comme éducateur social et un bachelor en travail social, il est sollicité pour travailler en Eglise, en Suisse. Il partage son temps entre deux mi-temps, à la santé (bureau pastoral) et à l’aumônerie de la Glâne. Puis, il prend la responsabilité du dicastère de la santé. Ensuite, il quitte son poste en catégorielle (personnes engagées dans les aumôneries, dans la formation) pour venir en territoriale (personnes engagées dans les paroisses), dans notre UP, Notre-Dame de la Brillaz. Il arrive en 2015, en même temps que notre curé modérateur Eric Marchand. Sa mission touche différents aspects : une présence plus visible, l’accueil des migrants et le parcours de confirmation et une présence invisible, en solidarité et auprès des personnes âgées. Il vit à Estavayer-le-Gibloux depuis 2002 avec son épouse Geneviève.

Quant à Geneviève, une fois le diplôme de licence en théologie en poche, elle a travaillé une année comme aide-soignante à Genève avant d’être engagée par le vicariat de Fribourg à la catéchèse et au bureau de la formation d’adultes. Durant son passage à la formation, elle a accompagné bon nombre d’adultes durant leur parcours Galilée. Elle s’est aussi spécialisée à l’Ecoute centrée sur la personne (à l’école de Jean Monbourquette). Elle a pu ainsi se mettre à l’écoute des personnes et former des personnes intéressées par l’écoute. Par la suite, Geneviève est passée à l’aumônerie en EMS pour aboutir, à ce jour, à la catéchèse spécialisée auprès des enfants et jeunes affectés par certains handicaps.

Quand ils se sont rencontrés, Serge et Geneviève ont très vite eu envie de vivre quelque chose ensemble. Ils furent en contact avec les missionnaires de Bethléem dans le but d’être envoyés en Afrique. Mais ce projet ne vit jamais le jour. Bien qu’ils aient travaillé ensemble dans le dicastère de la santé, leur rêve profond a toujours été de vivre quelque chose, conçu et réfléchi ensemble, pour le vivre au jour le jour. Enfin ce rêve peut se réaliser ! Un ami, prêtre à Saint-Martin, dans le val d’Hérens en Valais, a fait appel à eux pour travailler dans son secteur, dans le but de construire, avec lui, un engagement de couple. Il était même prévu que le couple s’installe à Evolène pour y bâtir un lieu d’accueil. Serge et Geneviève furent emballés par ce nouveau projet qui leur parlait vraiment. Pour construire ensemble une communauté vivante, il y a plein de choses à développer, surtout dans la pastorale de l’accueil et de la présence. Mais hélas, le projet ne put se réaliser pour différentes raisons.

C’est après une discussion avec Eric Marchand que l’idée a surgi : « Pourquoi ne pas vivre cette expérience dans l’UP Notre-Dame de la Brillaz ? Il y a aussi des besoins ici. » Serge s’approche de la retraite et Geneviève a de la disponibilité pour s’y engager. Une porte s’ouvre. « Dans ce projet que nous mettrons en place, il est plus facile de le faire en vivant sur les lieux et d’y habiter. » Ainsi est née l’idée de s’installer dans une cure de notre UP. Au départ, Serge et Geneviève pensaient s’installer à Onnens. Après avoir rencontré Jean Glasson, qui fut enthousiasmé par ce projet, ils apprirent que la cure d’Onnens était déjà occupée. Le vicaire épiscopal proposa alors à Serge et Geneviève de réaliser leur projet ailleurs. Mais ils n’acceptèrent pas sa proposition car ils ont des relations ici : « On se connaît déjà. » Ensuite, Eric apprit que la cure d’Autigny allait se libérer. Ce fut la providence.

Le projet, qui peut enfin voir le jour, entre bien dans la vision de l’autorité ecclésiastique, aussi bien du diocèee que du canton. Il a pour objectif principal de « Faire vivre la cure comme lieu de pastorale et de convivialité, par notre présence et notre accueil » 1.

Visions concrètes en commun :

1) Ouvrir la cure d’Autigny pour l’accueil et l’écoute. Permettre des temps de rencontre et de prière avec d’autres couples, ainsi que des temps de convivialité et de partage pour toutes et tous, en réalisant des cafés-rencontre et des repas solidaires.

2) Envisager une pastorale en dehors de la cure. Etre présent auprès des personnes seules, à domicile. Faire de l’accueil lors de célébrations, en premier lieu à l’église d’Autigny. Aider à l’animation du parcours de confirmation. Participer au Conseil de communauté d’Autigny.

3) Un engagement à la pastorale familiale. Une collaboration large avec Romain Julmy : préparation au mariage, Eveil à la foi, la catéchèse, etc. Collaborer aussi avec Jean-Marc Andenmatten pour les « Midis avec Dieu », continuer les repas-rencontre.

4) Etre ouvert à tout ce qui peut se présenter à eux comme besoins pastoraux.

Serge et Geneviève Kaninda partent avec un projet, plus ou moins dessiné dans leur tête, afin de répondre à un réel appel, tel Abraham. Réussiront-ils ou ne réussiront-ils pas ? L’équipe pastorale s’est montrée intéressée et en a fait bon accueil. Mais le succès ou l’échec dépendra aussi de la communauté, de son accueil. Le but premier du projet de Serge et de Geneviève est de faire grandir le Royaume de Dieu en eux et au cœur de la communauté. La question centrale qu’ils se posent : « Est-ce un projet pour Dieu ou un projet de Dieu ? Cette question devra toujours nous habiter. »

« Pour le reste, à la Grâce de Dieu ! »

 

1 Directive sur l’utilisation des cures, signée par le vicariat et la CEC, en vigueur depuis le 1er janvier 2021: «La cure est un lieu significatif pour la pastorale. Elle est lieu de vie, d’accueil, de rencontres. Il est pertinent que, dans toute la mesure du possible, elle soit occupée par un agent pastoral (prêtre, diacre ou laïc)». A partir de 2022, Serge s’engage à 100% comme bénévole dans notre UP et Geneviève reprendra un certain pourcentage.

Illarsaz: la chapelle Saint-Bernard de Mont-Joux (ou de Menthon)

Série sur les bâtiments religieux de nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), octobre 2021

C’est certainement au dynamique curé de Muraz, l’abbé Amédée Vaneri, que l’on doit la première chapelle d’Illarsaz à la fin du XVIIe siècle. Financée par des messes et à leurs frais, elle fut le lieu modeste où les paroissiens gagnaient le Ciel par la prière. A l’origine, il s’agissait d’un petit bâtiment couvert d’une toiture surmontée d’un clocheton, à croupe vers l’ouest et à demi-croupe vers l’entrée, à l’est. A la croisée des chemins, à côté d’un carrefour routier, elle sera démolie dans les années 1960.

Un nouvel édifice est construit d’après les plans du bureau Zimmermann, à quelques distances de la chapelle originelle, au sud du hameau. Il sera béni le 20 juin 1964. Il s’agissait à une époque pastoralement prospère de donner à Illarsaz une chapelle dont la taille et l’emplacement puissent en faire un véritable outil d’évangélisation. La nouvelle chapelle est très sobre, d’un seul volume allongé. Le clocher ajouré s’élève indépendamment, à l’extrémité nord-ouest. Enfin une croix de mission en granit, datée de 1900, lui fait pendant au sud-ouest. Relevons ici que la conception générale n’est pas sans rappeler la rénovation de l’ancienne église de Port-Valais, par le même architecte.

Le retable est typique du pré-baroque de la seconde moitié du XVIIe siècle. Le tableau peint à l’huile à la même époque représente une Annonciation. A gauche, sur une nuée, se tient l’ange Gabriel dont les ailes et le plissé du vêtement trahissent le mouvement tandis que la Vierge, agenouillée sur la droite, adopte une position d’accueil, les deux mains repliées sur la poitrine. Le fond est occupé par une composition domestique avec, au centre, une fenêtre en cul-de-bouteille dont chacun des battants porte, dans la partie supérieure de la croisée, des armoiries. A droite, celles de la famille de Riedmatten, et à gauche, celles des Stockalper. On peut dès lors imaginer que le tableau fut réalisé en 1661 / 2, à savoir quand le gouverneur de Monthey était Peter de Riedmatten, époux d’Anna de Stockalper.

Enfin le tableau de saint Bernard, signé Emmanuel Chapelet, est daté de 1862. Revêtu de l’aumusse et tenant le bâton prévôtal, le saint est représenté en pied, debout sur un démon qu’il tient enchaîné. Détail touchant, saint Bernard, imité dans sa position par le démon, lève les yeux vers le ciel où apparaît, à l’angle gauche, une petite croix. Dans le fond s’étend le paysage du col du Grand-Saint-Bernard avec, au centre, le bâtiment de l’hospice.

Jubilés de consécration des églises de Saint-Martin et de Saint-Nicolas d’Hérémence

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), octobre 2021

PAR LAURENT NDAMBI

Deux églises paroissiales du secteur du Val d’Hérens, celle de Saint-Martin, à Saint-Martin, et celle de Saint-Nicolas à Hérémence, célèbrent chacune leur consécration respective. L’une, à Saint-Martin, avec ses 70 ans, fête son jubilé de platine. L’autre, à Hérémence, avec ses 50 ans, fête son jubilé d’or. Mais qu’est-ce qu’un jubilé ?

Dans la Bible, le mot jubilé exprime l’idée d’allégresse. A cet effet, le texte le plus ancien instituant le jubilé se trouve dans la Loi de Moïse dans laquelle il était demandé aux fils d’Israël d’observer tous les 7 ans une année sabbatique et après ces 7 années sabbatiques, soit 7 x 7 ans faisant 49 ans, une année jubilaire (cf. Livre du lévitique 25, 8-10).

Quatre mesures sociales devaient accompagner l’année jubilaire : le repos de la terre, la libération des esclaves, la remise des dettes, l’affranchissement des propriétés. Mais ces mesures ne furent que peu appliquées.

Nous nous souvenons du jubilé de l’an 2000 : l’entrée de l’Eglise et du monde dans le 3e millénaire. Pour mémoire, le premier jubilé chrétien a été célébré en 1300, décrété officiellement par le pape Boniface VIII.

Ainsi, au fil des siècles, un jubilé se fêtait d’abord chaque 50 ans, puis tous les 25 ans en principe, soit une fois par génération. Une exception à cette règle a été marquée par la célébration en 1983 du jubilé pour fêter le 1950e anniversaire de la Rédemption. Il y a eu d’autres exceptions, par le fait qu’en 1800, il n’y a pas eu de jubilé car le pape avait été fait prisonnier par Napoléon. En 1950 a été proclamée l’Année sainte de la définition du dogme de l’Assomption de la Vierge Marie. Le jubilé de platine de l’église de Saint-Martin marquée exceptionnellement par la pose des nouveaux vitraux a été célébré le 29 août 2021. Le jubilé d’or de l’église d’Hérémence sera fêté le 31 octobre prochain (programme p. 10).

Nous adressons bénédictions et remerciements à tous les comités d’organisations, aux donateurs et à tous les paroissiens de notre vallée où « la foi est reine » !

L’Eglise dont je rêve

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), octobre 2021

PRIÈRE DU PÈRE ROGER MICHEL, RÉDEMPTORISTE (EXTRAITS) | PHOTO : JHS

L’Eglise dont je rêve
est un peuple nomade.
Elle se redit sans cesse :
« Mon père était un araméen errant. »

L’Eglise dont je rêve
n’a pas la vérité,
mais elle montre du doigt
Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie. »

L’Eglise dont je rêve
n’a pas plus de prétention
que son Maître dont la vie
n’était qu’errance et semence.

L’Eglise dont je rêve
aime le monde tel qu’il est,
traversé par le péché
et la grâce.

L’Eglise dont je rêve
a une prédilection originelle
pour ceux qui n’ont ni savoir,
ni pouvoir, ni avoir.

L’Eglise dont je rêve
sait que la Bonne Nouvelle
est toujours bonne et nouvelle.

L’Eglise dont je rêve, c’est toi, c’est moi, c’est nous.

Une bougie

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

Un conte est souvent l’occasion d’une petite réflexion. Celui-ci, tiré de la sagesse hindoue, nous montre à quel point il est illusoire, pour combler nos vides, de s’appuyer sur le monde de la matière.

PAR DOMINIQUE PERRAUDIN
PHOTO : PIXABAY

« Il y a fort longtemps, on raconte qu’un prince hindou organisa un défi qui consistait à combler tous les vides d’une salle de son palais. Beaucoup arrivèrent avec des solutions toutes plus étonnantes les unes que les autres, mais personne n’y parvint. Un enfant demanda à entrer dans la salle. Il alluma une bougie et la lumière envahit soudain toute la pièce. »

Au fur et à mesure que l’on avance dans la vie, nous faisons tous l’expérience d’être de plus en plus encombrés, souvent de futilités, et notre cœur peut s’obscurcir. La société dont nous faisons partie nous propose le plus souvent des voies faciles, larges, sans efforts. Jésus, lui, nous invite sur des chemins de crête, souvent plus étroits et plus raides, qui conduisent à la paix, à la justice et à l’amour. En évitant les jugements hâtifs, en acceptant nos différences, n’avons-nous pas déjà fait un bout du chemin ? Comment sortir du brouhaha de cette vie trépidante qui nous fait si souvent perdre de vue le sens des valeurs de l’Evangile ?

Les moyens de reprendre pied sur de meilleurs voies existent, mais peuvent si vite être étouffés… Laissons le temps au silence de monter en nous ; contemplons la lumière de l’enfant qui se tient à notre porte ; laissons parler notre cœur qui murmure : « Regarde la beauté que le Créateur à mis à ta disposition, vois la maman qui berce son enfant, écoute ces oiseaux qui emplissent le ciel de leur chant mélodieux, contemple ces étoiles qui scintillent au firmament. Et surtout le matin à ton réveil remercie la Trinité sainte pour le soleil, pour la pluie, pour les nuages, pour toute cette nature qui nous entoure et qui nous permet de vivre. »

Ce petit conte peut nous aider à comprendre que seule « cette mystérieuse lumière », que Dieu ne cesse de nourrir en nous et que nous avons à accueillir à chaque instant, nous comble vérita­blement.

Assis dans la vigne de mon papa

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

J’ai passé mon enfance et mon adolescence à Fully, dans la vigne de mon papa, située à flanc de coteau, surplombant la vallée du Rhône. Là, j’ai goûté à la joie de la contemplation, de l’émerveillement.

PAR OLIVIER TARAMARCAZ | PHOTOS : DR

J’ai appris à écouter le grillon, à faire silence devant le chant de la huppe fasciée, à m’émerveiller assis à côté du lézard vert, à humer les saveurs de la terre, reflet du bon goût de la Parole. J’aime observer tout ce qu’il y a de ciel dans l’herbe. Ce paysage fait partie de ma vie. Un jour, je me suis assis dans la vigne que mon papa a plantée l’année de ma naissance. J’ai commencé à dessiner les vieux ceps, les treilles oubliées, me remémorant des souvenirs d’enfance.

Le bon goût du réel. – J’ai de l’estime pour ce qui n’éblouit pas. Trop de phrases ne volent que dans des ciels bleus. La poésie de la vie se nourrit de réel. Un jour, à la vigne, mon papa m’a dit : « Un coup de pioche produit plus d’effet que beaucoup de paroles. » Les saveurs de la terre portent leur monde, discret, humble, infini. Les équations du temps contemporain épris par la transgression des lois naturelles, des lois éternelles, n’exhalent aucun parfum, aucune saveur. Elles me sont inutiles. Ma vie trouve une tonalité dans le langage de la terre du ciel, la terre que Dieu nous a léguée pour en prendre soin. Ma terre est une terre de prière.

Le rythme des pas. – Je marche au rythme des pas. La raison des pas me préserve du dogme de la vitesse apprise. Je marche dans les pas du Vigneron céleste, du Créateur qui m’invite à le suivre dans le repos, à m’asseoir à la table du partage. Dans sa présence, je fais des travaux d’intérieur dans la vigne de mon cœur. Mon premier souci est de ne pas échapper à l’éternel. Je me questionne : qu’est-ce qu’il me manque pour ne pas manquer à la vie ? Est-ce que ce que je fais, me fait ou me défait ? Quel fruit je porte dans ma vigne ?

Le fruit durable. – Ce qui est pour un temps se trouve dans le temporaire ; ce qui est pour l’éternité se trouve dans le durable. Jésus dit : « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit. […] Je vous ai donné mission d’aller, de porter du fruit qui soit durable. » (Jn 15, 5-16) Détaché du Cep, je suis à l’image d’une vigne sauvage, qui croît sans mesure, sans limite, et aussi sans porter de fruit, sinon des semblants de fruits acides. Attaché au Cep, à Jésus-Christ, Il produit en moi le fruit qui demeure, le fruit de l’Esprit qui agit dans ma vie : l’amour, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la maîtrise de soi… La présence du Ressuscité reconfigure le monde sur le fondement biblique de la durabilité. Jésus dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11, 25)

Octobre missionnaire 2021: Me taire? Impossible!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

Diacre Martin Brunner-Artho, directeur Missio Suisse

Le mois missionnaire 2021 nous emmène à la découverte de l’Eglise du Vietnam. Un pays où être chrétien n’est pas sans risque. Cela devrait nous questionner sur notre manière de vivre et de rendre compte de notre foi…

TEXTE ET PHOTOS PAR MISSIO SUISSE

Vous est-il déjà arrivé de ne plus pouvoir vous taire, de devoir absolument parler ? Par exemple face à une injustice criante ? Ou parce que vous venez de vivre quelque chose de si beau qu’une joie débordante vous envahit… Cela m’amène à m’interroger : ce besoin de communiquer existe-t-il aussi pour ce qui est de notre foi ? « Nous taire ? Impossible ! », répondent Pierre et Jean au Sanhédrin. Parler en public peut toutefois comporter des risques. Au Vietnam, par exemple, l’Eglise vit sous un régime athée. Officiellement, la liberté religieuse y est reconnue, mais elle est étroitement réglementée par le Bureau des affaires religieuses. L’Eglise doit se montrer prudente, car toute action peut vite être considérée comme une « menace pour la sécurité nationale ». Et qu’en est-il de nous ? La foi nous fait-elle ressentir une joie telle qu’on souhaite la communiquer ? MERCI pour le soutien apporté à nos actions.

Diacre Martin Brunner-Artho, directeur Missio Suisse

L’Eglise vietnamienne en quelques chiffres

Le Vietnam compte 27 diocèses, 52 évêques pour 7 millions de fidèles (sur 98 millions d’habitants). Les catholiques représentent environ 6,7% de la population du pays. L’Eglise du Vietnam compte plus de 2’800 séminaristes dans onze grands séminaires, 80’000 jeunes
laïcs engagés dans la catéchèse et plus de 2’668 prêtres répartis dans 2’228 paroisses. En 1988, le pape Jean-Paul II a canonisé 117 catholiques, au nom des centaines de milliers de martyrs vietnamiens morts pour leur foi.

Message du pape François pour le Dimanche de la Mission universelle,
24 octobre 2021

PHOTO : DR

En la Journée mondiale des Missions […] Rappelons-nous qu’il y a des périphéries qui sont proches de nous, au centre d’une ville, ou dans sa propre famille. Il y a aussi un aspect d’ouverture universelle de l’amour qui n’est pas géographique mais existentiel. Toujours, mais spécialement en ces temps de pandémie, il est important de développer la capacité quotidienne d’élargir notre cercle, d’atteindre ceux qui spontanément nous ne sentirions pas comme faisant partie de nos centres d’intérêts, même s’ils sont proches de nous. Vivre la mission, c’est s’aventurer à développer les sentiments mêmes du Christ Jésus et croire avec lui que celui qui est à mes côtés est aussi mon frère et ma sœur […].

Me taire? Impossible!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

LA PRIÈRE DU MOIS DE LA MISSION UNIVERSELLE 2021 À ÉTÉ ÉCRITE CONJOINTEMENT PAR MISSIO VIETNAM ET MISSIO SUISSE

Dieu, notre Père,
ton Fils nous a confié sa mission;
avec confiance et persévérance
nous nous engagerons jusqu’au bout.

A la suite de Pierre,
nous ne pouvons pas nous taire,
parce que la foi est notre appui,
parce que l’espérance nous soutient,
parce que ton amour nous anime.

Par la puissance de l’Esprit Saint, rends-nous forts
pour suivre l’exemple de Jésus,
proclamer la bonne nouvelle aux pauvres,
libérer les captifs et donner la vue aux aveugles.

Protège et accompagne les membres de notre Eglise,
au Vietnam, en Suisse et dans le monde entier.
En frères et sœurs, nous voulons nous encourager
les uns les autres
pour proclamer ton message libérateur.

Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Amen.

Via Jacobi: Saint-Prex – Gland

Texte et photos par Pascal Ortelli

Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà dLe mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Gland pour une dernière étape 100 % vaudoise.

Départ depuis la gare de Saint-Prex, 5h40 aller simple, 23 km

1. Depuis la gare CFF, descendez dans la vieille ville et prenez à droite au bord du lac avant de remonter un peu dans les quartiers résidentiels pour rejoindre Buchillon. 

2. Au centre du village, prenez sur la droite pour entrer dans les Grands-Bois par la lisière nord jusqu’à l’Aubonne que vous traverserez grâce à une passerelle bétonnée. Vous longerez ensuite le cours de la rivière par un chemin de forêt. A sa sortie, ne soyez pas surpris : vous arriverez au beau milieu d’une plantation de kiwis à contourner pour rejoindre la route principale.

3. Attaquez ensuite la montée au milieu des vignes vers le charmant bourg de Perroy. A sa sortie, un agréable parc de jeux avec une vue imprenable sur le Léman offre une halte familiale bienvenue.

4. Descendez ensuite sur Rolle que vous traverserez le long des quais. La ville ne manque pas de curiosité avec son château, l’île de La Harpe et l’église Saint-Grat, l’un des premiers édifices néogothiques du canton.

5. Le tracé quitte alors le bord du lac pour serpenter dans la campagne. Vous découvrirez de charmantes localités viticoles comme Bursinel ou Dully.

6. Pour arriver à Gland, il vous reste à franchir le Lavasson qui s’écoule dans la forêt au-dessus de la clinique de La Lignière.

Le retour se fait aisément en train. 

Curiosité

L’église de Perroy, édifice typique de la fin du XVe siècle avec, au début XIXe, un nouvel aménagement intérieur néoclassique assez rare et précoce pour l’époque.

Coup de cœur

La plage à côté de l’embouchure de l’Aubonne dans le Léman, idéale pour un pique-nique ou une baignade. Pour la découvrir, il faut quitter un instant le tracé officiel et longer la rivière jusqu’au bout.

Dessine-moi ton église ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

« Qu’est-ce que c’est pour toi – pour vous – l’église ? » Voilà la question à laquelle ont été confrontés ceux et celles qui s’expriment ici. A une exception près, ces deux petites filles qui, comme le font souvent les enfants, donnent une réponse à une question qui n’a pas encore été posée…

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : PIXABAY, PASCAL TORNAY

Si on me dit le mot « église », je pense au bâtiment, à ces édifices où je vais retrouver une chaîne humaine qui remonte à des siècles, voire des millénaires… Ces gens s’y retrouvent parce qu’ils
s’interrogent sur leur vie ou qu’ils ont quelque chose à demander, ils se rassemblent pour une
eucharistie ou pour prier vers la croix, ils viennent là… Entrer dans une église, c’est déjà entrer en relation avec tous ces gens venus dans ce lieu depuis des siècles aux moments importants de leur vie… L’église, c’est le lieu habité de leur intention tournée vers le bon et le bien et cette intention m’attire et me plaît. L’église est aussi au croisement de la dimension verticale et horizontale. Le bâtiment lui-même symbolise ce croisement, la lumière qui traverse les vitraux, comme la transcendance, rejoint chaque personne, rejoint toutes ces intentions orientées vers le bien… C’est tout cela qui vient à moi quand j’entre dans une église…

Une personne qui travaille dans le quartier et qui commence ses journées
en passant un moment dans l’église paroissiale de Martigny

L’église… Ce monument ouvert à tous représente un havre de Paix où il fait bon se ressourcer. Il offre, entre autres, la tranquillité nécessaire et si rare pour se «recentrer».

Une habitante, non pratiquante, du quartier (Ville)

Pour moi, l’église, c’est plus la communauté que l’institution, et si je devais la dessiner, ce serait une bulle… Une bulle transparente dans laquelle on se met un peu en retrait, un lieu de ressourcement… Cette bulle te coupe du monde, mais en même temps, quand tu es dedans, tu es au milieu du monde…

Une libre-penseur

Dimanche matin. Je tente de faire mes exercices de flûte traversière mais le son des cloches de l’église remplit la rue et m’empêche de me concentrer. Machinalement, je joue d’oreille les notes du clocher que j’entends depuis bientôt huit mois tous les jours. Je regarde par la fenêtre et l’aperçoit, majestueuse.

Je la connais depuis enfant, ayant fait mon pardon, puis ma communion, et ensuite ma confirmation. C’est toujours la même, mais elle a évolué durant les années, entre les arbres qui ont poussé, les nouveaux locaux qui se sont construits, et les fidèles qu’elle a accueillis. Malgré mon parcours catéchétique exemplaire, je dois reconnaître que je ne suis pas une grande assidue des bancs de l’église. Pas de manière conventionnelle et attendue, je dirais. Mes parents n’étaient pas pratiquants et nous y allions uniquement pour la messe de Noël et de Pâques. Pour les mariages, ou les enterrements. La vie, en somme. J’ai pourtant toujours trouvé réconfort dans les églises. Plutôt dans une approche spirituelle que religieuse. J’y suis allée encore tout dernièrement, seule, profiter du silence et de la sécurité que m’offre le cœur de l’église, notamment en m’agenouillant devant Marie. Je ne sais pas si j’ai prié. Ni si je sais réellement comment faire. J’ai de vagues
souvenirs des prières apprises enfant mais qui, récitées d’un ton monotone, m’apparaissaient vides de sens. Mais je m’adresse souvent à Marie, plus qu’à d’autres personnes de la Bible ou à Dieu. Peut-être que je trouve en elle une présence maternelle et rassurante.

J’entre à l’église toujours avec émotion. Je fais le signe de croix et la génuflexion, avant de m’assoir dans les bancs. J’y ai souvent joué en tant que musicienne, soit pour accompagner le chœur mixte de la paroisse, ou encore avec l’Harmonie, pour la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. Jouer dans une église apporte une dimension divine et je suis toujours honorée de pouvoir mêler la musique à la spiritualité. En sortant de l’église et de sa dimension mystique, le choc avec la vie du quartier, bruyant et animé, me surprend à chaque fois. Il y a la bouchère qui fait sa pause, le patron du café sur sa terrasse, des enfants qui jouent près de la fontaine. Et tout cela forme finalement un bien joyeux mélange.

Viktoria Rausis, habitante du quartier (Ville)

Deux petites filles se rendent au Café du Parvis, ce lieu ouvert à tous, tous les lundis soir. Au vol, quelqu’un recueille cette perle de conversation enfantine : « Ça, c’est l’église où on mange la soupe ! »

Eglise ou église ?

Notez qu’en français, l’Eglise avec majuscule désigne la communauté ou l’institution, tandis qu’avec le terme église, on parle du bâtiment.

Quand je rentre dans une église comme celle de Martigny, je sens la dimension spirituelle, quelque chose qui m’élève et qui invite à être meilleure, à se tourner vers les autres, vers soi-même et vers ce que l’on peut appeler « Dieu »… C’est une invitation à sortir de soi-même, vers quelque chose de plus grand, qui nous dépasse… Et paradoxalement, l’Eglise est une source de souffrance, marquée, d’exclusion, de dogmes, de règles… Je peux entrer seule dans une église au moment où il n’y a pas d’office et me sentir vraiment bien, reliée à plus grand que moi, mais quand l’Eglise avec un grand E prend forme, je ne me sens plus du tout à ma place, j’éprouve comme un rejet…

Une croyante sans religion

Voilà l’église… dessinée par quelques personnes qui ne seront pas à côté de nous à la prochaine célébration. Elles retrouvent dans
ces murs, d’air ou de pierre, la présence qui nous dépasse ou le réconfort, le dialogue intérieur et aussi, mystérieusement, la présence des autres… Merci à eux pour le partage de leurs réflexions.

 

En librairie – octobre 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

L’Eglise a besoin de créatifs
Amarù Cazenave

Tandis que les outils numériques fleurissent et ne cessent d’évoluer, la communication dans l’Eglise peine et se cherche encore. Animé par sa foi et son désir de partager Jésus comme un « bon plan », Amarù Cazenave transmet son expérience personnelle de la télévision sur les réseaux sociaux et dans l’Eglise institutionnelle à travers son site « Jésus Box ». Sa passion de transmettre l’invite à mettre à disposition des outils, des savoir-faire, mais surtout aider les communicants à se poser les bonnes questions pour trouver des réponses créatives.

Nouvelle Cité

Acheter pour 30.80 CHF

Ta vie est une mission
Marguerite Chevreul

Ce livre propose un cheminement intérieur pour découvrir la mission propre à laquelle Dieu nous appelle, celle qui nous rendra heureux et sera utile pour le monde. A travers de nombreux exemples et des exercices concrets, Marguerite Chevreul nous apprend à reconnaître nos talents et à les exercer dans toutes les dimensions de notre vie, aussi bien personnelle que professionnelle. Quels que soient notre âge ou notre situation, nous découvrons ainsi nos ressources profondes, sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour identifier notre vocation personnelle et donner du sens à notre existence.

Editions Emmanuel

Acheter pour 22.50 CHF

Sam et Salem, Respect BD
Jôli

Au travers de 25 courtes histoires, Jôli, dessinateur et scénariste, marié et père de quatre enfants, vaudois de 46 ans, cherche à interpeller le lecteur en montrant qu’il est possible pour un chrétien d’avoir un ami musulman et vice versa. Ces histoires se passent dans un pays musulman imaginaire. Au travers de cette BD, Jôli souhaite encourager chacun à aller à la rencontre de l’autre afin de bâtir des ponts et détruire des préjugés. Humour, réflexions et découvertes qui ne laisseront pas le lecteur indifférent !

Jôli

Acheter pour 20.00 CHF

La fraternité sinon rien
Benoist de Sinety

Le père Benoist de Sinety, acteur incontournable de l’Eglise d’aujourd’hui, nous livre son regard sur les évènements de diverses natures qui ponctuent notre quotidien, dans une lecture chrétienne de l’actualité, nous permettant de prendre du recul. Fort de son expérience de pasteur attentif aux signes des temps, Benoist de Sinety, sans céder aux réactions à chaud de la dictature de l’immédiat, dénonce dans ces chroniques l’injustice et les faux-semblants tout en pointant les étincelles d’espérance qui habitent le monde et l’Eglise.

Salvator

Acheter pour 28.40 CHF

Pour commander

« Fruit de la vigne et du travail des hommes »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

PAR SIMON RODUIT | PHOTO : PIXABAY

Comme jeune prêtre, je découvre la joie d’être au service de tous et l’ampleur de la tâche de l’annonce du Royaume dans notre pays de mission qu’est le Valais. En cette période de vendanges, je ne peux m’empêcher de relire les paraboles de Jésus sur le Royaume qu’il compare à la vigne. Le Christ est la vigne sur laquelle nous sommes invités à rester attachés ou greffés par notre prière et les actes d’amour que nous posons, afin que coule dans nos veines la sève de la vie divine. Car le sarment qui est coupé de la vigne sèche et donc ne peut pas porter de fruit (Jn 15).

Parfois, par les épreuves de la vie, nous subissons l’émondage de la taille hivernale qui nous fait pleurer, à l’image du Christ sur la croix du côté duquel a coulé le sang, ce sang que l’on adore sous l’espèce du vin à chaque messe (Mt 26, 29). Cependant, cette taille est voulue par le Père qui est le vigneron, afin que le sarment porte plus de fruit. Elle est même nécessaire pour ne pas perdre notre énergie à produire de nombreux rameaux et des feuilles qui feraient de l’ombrage au raisin. Il est donc bon d’effeuiller un peu nos vies du superflu pour pouvoir mettre notre énergie dans l’essentiel : viser la sainteté par chacun de nos actes.

Cherchons dans notre vie chrétienne et communautaire à rester de simples intendants qui ne s’approprient pas la vigne du Seigneur comme les vignerons homicides (Mt 21), mais restons des gardiens de la vie que Dieu nous a donnée, comme Nabot avec la vigne qu’il avait héritée de ses pères (1 R 21). Confions au Seigneur tous les sarments des différentes communautés qui composent notre secteur, afin qu’Il visite cette vigne, la protège, elle que Sa main puissante a plantée (Ps 79), et afin qu’elle porte du fruit, du fruit en abondance.

Les contraintes d’un entrepreneur passionné

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

Pierre-Elie Carron est un jeune entrepreneur fulliérain né d’une famille où la passion pour la vigne se transmet de père en fils. Ambitieux et motivé, Pierre-Elie aime explorer, chercher pour aller toujours plus loin ! Ses diverses formations et expériences l’ont mené jusque dans un vignoble d’Afrique du Sud, d’où il revient en 2016, rempli du désir de lancer sa propre gamme de vins. Souhaitant mêler un respect maximum de l’écosystème avec les contraintes d’un entrepreneur aux prises avec la nécessité de produire et de dégager un profit, il raconte comment il résout cette difficile équation.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : PEC-VINS.CH

Qu’est-ce qui vous fascine tant dans cet univers de la vigne et du vin ?

Le premier aspect qui m’a fasciné a été le fait de travailler avec la nature. Le fait de chaque jour être dehors à vivre avec la météo, avec la plante, d’essayer de la conduire au quotidien pour obtenir les meilleurs fruits. Ensuite, la partie vinification est entrée dans ma vie. Dès ce moment, la fascination est plus personnelle. Le fait de pouvoir donner un style à mes vins, de pouvoir exprimer mon caractère à travers ce merveilleux produit et enfin de laisser une certaine trace. J’espère toujours que certaines de mes bouteilles vivront plus longtemps que moi !

Quelles valeurs sont à la source de votre entreprise viticole ?

Les valeurs fondamentales de mon exploitation sont de produire dans le respect de la nature et de l’humain. Pour respecter au mieux la nature, j’essaie de produire le plus possible en respectant des normes écologiques et de promotion de la biodiversité. Je limite la production afin de garantir la longévité des ceps de vignes. Concernant l’aspect humain, j’ai à cœur que mes employés se sentent le mieux possible dans l’exploitation, cela va de la simplification des méthodes de travail à un salaire correct tout en passant par un respect mutuel.

Concrètement, quelles contraintes limitent votre souhait de travailler et de produire dans un strict respect de l’écosystème ?

La première est structurelle. Comme jeune entreprise, j’ai récupéré beaucoup de vignes plutôt âgées et pas toujours très faciles
à travailler (forte pente, type de culture…). C’est pour cette raison qu’actuellement, je transforme certaines parcelles. Ce qui devrait me permettre de produire en respectant davantage l’écosystème (enherbement, facilité de traitement). C’est aussi un problème lors des sulfatages. En effet, aujourd’hui, comme une grande majorité est réalisée à l’atomiseur, j’ai besoin de beaucoup de temps pour effectuer cette tâche sur l’ensemble du domaine. C’est un travail également très éprouvant physiquement. J’aimerais réaliser la protection phytosanitaire selon les normes bio. Comme ces produits sont sensibles au lessivage par la pluie, il faut traiter à nouveau dès la fin de grosses pluies. Actuellement, mon délai d’intervention est trop long pour profiter des petites fenêtres météo comme nous en avons eu cette année. Je ne perds pas espoir, car cela prend du temps mais, d’ici quelques années, cela sera possible.

Est-il possible, selon vous, de travailler sans aucun adjuvant ? Pour quelles raisons ?

Au niveau viticole, c’est impossible ! La vigne est une plante très sensible aux maladies fongiques. On explique cela par le fait qu’elle n’a pas évolué avec la présence de ces maladies. En effet, le mildiou et l’oïdium, les deux principales maladies, ont été importées d’Amérique. Du coup, la vigne n’a tout simplement pas les défenses nécessaires pour combattre ces champignons. Il est ainsi obligatoire pour le vigneron, s’il veut pouvoir produire du fruit, d’appliquer des produits phytosanitaires (bio ou de synthèse) sur les vignes.

Au niveau de la vinification, il est plus probable de se passer
d’adjuvant. Actuellement, il y a une « polémique » sur l’utilisation des sulfites dans le vin. Il s’agit d’un conservateur, d’origine
naturel – c’est simplement du soufre – qui permet de maintenir les qualités du vin. En fait, le vin est un stade intermédiaire entre le fruit et le vinaigre qui est la forme stable du jus de fruit. Comme on préfère boire du vin que du vinaigre 😉, on essaye de le protéger au mieux. Il serait possible de se passer d’adjuvant pour le vin à condition d’être très attentif lors du stockage et de le garder le plus possible au frais pour éviter une développement d’éventuelles bactéries.

La foi jouerait-elle un rôle dans votre manière de voir le travail de la vigne et du vin ?

Je ne dirais pas directement la foi, mais plutôt l’éducation chrétienne que j’ai reçue de mes parents. Je travaille toujours dans l’idée de donner le meilleur de moi-même tout en respectant les autres. Je suis le plus souvent possible disponible pour aider un collègue en difficulté. La viticulture est un métier difficile : ce n’est que grâce au soutien mutuel que nous pouvons tous vivre de notre passion. La vigne, le vin et le christianisme sont intimement liés, et j’espère qu’ils le resteront. C’est en quelque sorte grâce aux chrétiens que la vigne a pris tant de place en Europe et me permet de perpétuer la tradition…

Qui était saint Martin de Tours ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), octobre 2021

Saint Martin est devenu le symbole du partage en offrant une partie de son manteau à un pauvre. Un geste qui lui a donné une immense popularité qui perdure encore de nos jours.

TEXTE ET PHOTO PAR MONIQUE GASPOZ

Comment le connaît-on ?

C’est par le récit, écrit vers 396, d’un certain Sulpice Sévère, admirateur de Martin, que nous est parvenu un récit de la vie du saint. Il raconte sa vie, dans un texte enthousiaste qui met en valeur les vertus d’un homme qui conduit au Christ et habité par lui. Certaines parties du récit tiennent de la biographie et d’autres de la légende.

Son origine

On situe sa naissance en Hongrie, vers 316. Son père était tribun militaire. En contact avec des chrétiens, le jeune Martin se convertit très tôt au christianisme, car il se sent attiré par le service du Christ. Dès son adolescence, il est enrôlé dans l’armée romaine. Conformément à son grade militaire, il possède un esclave, mais selon l’auteur du récit, il le traite comme son propre frère.

L’épisode du manteau

Affecté dans l’armée romaine à Amiens, en Gaule, un soir d’hiver, le légionnaire partage son manteau avec un mendiant transi de froid. Pourquoi n’a-t-il pas donné tout le manteau ? Il tranche son manteau ou du moins la doublure de sa pelisse, car le manteau appartenait à l’armée, mais chaque soldat pouvait le doubler par un tissu ou une fourrure, à ses frais. Martin a en effet donné toute la part qui lui appartenait. La nuit suivante, Martin rêve du Christ revêtu de la part du manteau qu’il a donnée. Dès lors, Martin est baptisé et quitte l’armée.

Martin, évêque

Martin rejoint ses parents et obtient que sa mère soit baptisée. Puis il revient en Gaule et s’installe dans un ermitage. Sa réputation d’homme priant est connue loin à la ronde. Des gens viennent de Tours le trouver, en quête d’un évêque. Martin accepte et prend à cœur sa nouvelle fonction. Il fonde également un monastère à Marmoutier, près de Tours. Il voyage à travers toute la Gaule. On lui attribue de nombreuses guérisons ainsi que des gestes de miséricorde. Il est à l’origine des premières paroisses et de l’évangélisation dans les campagnes.

L’été de la Saint-Martin

Alors qu’il est très âgé, il est sollicité pour réconcilier des clercs plus loin que Tours. Il s’y rend et son intervention est un succès. Mais le lendemain, le 8 novembre 397, épuisé, il meurt. On le ramène à Tours où il est enterré le 11 novembre. Une légende dit qu’il a fait un temps très doux durant ce dernier voyage de son corps et que même des fleurs se sont mises à éclore lors de son passage. Cette histoire a donné naissance à l’expression « été de la Saint-Martin » pour qualifier la douceur de certains mois de novembre.

Saint Martin est fêté le 11 novembre, date de son enterrement à Tours.

 

Sous le soleil du Bon Dieu

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), octobre-novembre 2021

Les pieds sur terre, un caractère bien trempé, un sourire communicatif, une générosité jamais prise en défaut ! Elle est pourtant difficile à cerner, Romaine Pouget et pour cause ; elle a la liberté des personnes qui ont mis leur vie entre les mains de Dieu et n’a qu’un seul credo : aimer son prochain comme Dieu l’aime, elle. Alors, le plan de carrière, très peu pour elle… et c’est certainement pour cela que tout lui réussit. Entretien.

PAR MICHEL ABBET
PHOTOS : COLLECTION ROMAINE POUGET

Romaine, l’année dernière fut une année charnière…

Oui et non. Je sentais intérieurement qu’il fallait changer, donner une autre orientation à ma vie. L’épuisement professionnel guettait, il fallait dire stop.

Et tu as démissionné du poste de médecin-chef de l’hôpital de Martigny, que tu occupais depuis neuf ans. Vu de l’extérieur, c’était surprenant !

Certainement, puisque je n’avais pas d’autre poste en vue. Toutefois quand on s’épuise dans une situation et qu’il n’y a pas de développement possible malgré tous les efforts fournis, je crois qu’il faut savoir se retirer, quitter. J’ai longtemps hésité avant de prendre cette décision, notamment par souci de ce que cela allait impliquer pour le site de Martigny. J’ai confié mon avenir professionnel à la vierge Marie et finalement il m’est paru clair qu’il fallait aller « plus loin », même si on ne sait pas d’emblée « où » cela va nous mener. Maintenant, avec le recul, je me dis que c’était une « décision inspirée ». Mais cela n’a pas été tout seul.

Tu as « galéré » quelque peu ?

Disons que dans ma vie, j’ai l’habitude de répondre à un Appel… Et là, à part l’appel à quitter, je n’entendais pas l’Appel avec A majuscule, donc ça me stressait forcément un peu. C’est comme quand on marche en montagne dans le brouillard et qu’on voit un piquet après l’autre mais pas le but. J’avais depuis un moment l’idée de m’octroyer une année sabbatique pour prendre de la distance et donner de ma personne autrement et ailleurs. Des séjours en Argentine, au Togo et au Vietnam étaient envisagés… mais tous ces projets ont été systématiquement contrariés par la pandémie… rien de ce que je programmais ne se concrétisait. Comme je suis peu patiente de nature, je n’ai pas trouvé ça très confortable sur le moment !

Les piquets ?

Un des piquets a été par exemple « Notre Dame du Mont-Carmel ». Mon père Gaspard avait fait l’AVC (qui a conduit à son décès) le 16 juillet 2019, jour de Notre Dame du Mont-Carmel, alors que j’étais précisément à Lourdes (c’est aussi le dernier jour des apparitions). Par la suite, de façon assez incroyable (cf. suite…), je me retrouvais sans l’avoir prémédité très souvent dans des lieux qui lui étaient dédiés.

Et…

En septembre 2020, alors que le « plan Argentine » devenait une nouvelle fois très incertain, le Seigneur a soufflé à ma sœur Bénédicte d’aller demander au prêtre béninois Gildas Chibozo de « prendre Romaine au Bénin ». Il lui a répondu : « Oui, bien sûr, c’est une très bonne idée on va demander au père Théophile Akoha »… qui a dit : « Qu’elle vienne et on verra ! » Une fois de plus il a fallu attendre… La deuxième vague du Covid est arrivée en automne. Evidemment il fallait aider, j’ai repris provisoirement du service à l’hôpital de Martigny pour six mois, pour passer le gros de la crise.

Finalement…

Finalement la situation sanitaire s’est calmée et j’ai enfin pu « mettre les voiles ». Je suis partie pour Cotonou le lundi de Pâques 2021 et y suis restée presque trois mois. La semaine je travaillais à l’hôpital Saint-Luc (qui est le deuxième plus grand hôpital de Cotonou en termes d’affluence et qui dépend de l’archidiocèse de Cotonou), m’occupant surtout de la médecine interne et de la réanimation. J’étais logée à la résidence des prêtres, près de l’institut Jean-Paul II (Institut de formation notamment en pastorale de la famille ou les diocèses d’Afrique de l’Ouest envoie des prêtres, agents pastoraux se former pour 2-3 ans), ce qui m’a permis d’avoir la messe quotidienne et de faire communauté avec eux.

Et… j’ai découvert après deux semaines que la statue de l’oratoire qui est dans cour de l’hôpital Saint-Luc est… Notre Dame du Mont-Carmel !

On voit tes yeux briller !

Oh oui ! Rien ne m’a coûté ! J’ai très rapidement réalisé que j’allais devoir longtemps dire merci pour cette Afrique. C’est comme si le Seigneur m’avait mise globalement en été. Je n’avais qu’à soigner les personnes, à prier, à découvrir des frères et sœurs aux magnifiques valeurs humaines et un nouveau pays. Grande joie intérieure de partager avec eux cette simplicité de vie, de découvrir une autre culture, de chanter et prier avec eux et de prendre soin d’eux comme ils ont si bien pris soin de moi.

Magnifiques valeurs humaines ?

La première chose qui m’a sauté aux yeux quand je suis arrivée au Bénin, c’est la vie ! La joie, la relation avec Dieu, avec les autres, en toute simplicité. Je me suis sentie d’entrée bien, dans une société où les valeurs essentielles vont de soi. Les gens parlent naturellement de Dieu par exemple et ceci quelle que soit leur religion. On « rend grâce » parce que l’on a bien dormi, on « bénit » le Seigneur d’être en vie, on demande une « pluie de bénédictions » pour celui qui a son anniversaire, on lui demande de nous soutenir dans tous les passages difficiles, bref, Dieu fait partie du « quotidien ». Le contexte fait que l’on a vraiment conscience que la vie est passagère et qu’elle peut basculer à tout moment.

Et par rapport à nos valeurs ?…

Par rapport aux « couleurs et à la chaleur » africaines, une impression un peu de « gris et de froid » au niveau de l’humanité occidentale, comme si l’on s’était mis un peu en hypothermie générale… Peut-être parce que de ce côté-ci, pour le moment, on a mis de côté la Source de la Vie… en pensant être des sources nous-mêmes et en éludant au maximum les questions existentielles essentielles… en courant dans tous les sens…

Au niveau médical…

Bien sûr, c’est un peu un « désert » au niveau des moyens techniques et il faudra vraiment les aider pour ceci. On peut aussi parfois imaginer une meilleure organisation pour sauver des vies, mais les qualités humaines des soignants sont remarquables, de même que l’attitude des malades et de leurs proches qui se plaignent rarement. Beaucoup de malades relativement jeunes ne peuvent être sauvés, mais quand on a fait « tout ce qu’on a pu » on le confie à Dieu. Il y a très peu de révolte par rapport au départ d’une personne.

Tu vas donc retourner au Bénin ?

Grace à Dieu, oui ! A mon retour, j’ai vraiment ressenti le désir de pouvoir donner un peu de mon temps et de mes compétences à cette chère terre africaine qui me fait d’ailleurs tant de bien. Comme le Seigneur nous fait toujours désirer ce qu’Il veut nous donner, Il m’a trouvé un super plan professionnel « africo-compatible ». Je suis engagée dès septembre comme médecin-chef adjoint dans le service d’urgences de l’hôpital du Jura ce qui me permet de partir deux fois deux mois par an au Bénin, ce qui me permettra, entre autres, de contribuer au développement des soins aigus de l’hôpital Saint-Luc et de former les médecins sur place. La proposition écrite des ressources humaines m’est arrivée…le 16 juillet (jour de Notre Dame du Mont-Carmel)…

Alors, pour en parler, on prend rendez-vous pour un prochain entretien ?

Volontiers. A Cotonou ?

Merci beaucoup Romaine, bon vent et que Dieu t’accompagne !

S’abonner à L’Essentiel en mode numérique, c’est possible !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

En lien avec les Editions Saint-Augustin, la rédaction de votre magazine préféré vous propose un nouveau type d’abonnement, numérique, à un prix très intéressant durant cette première année.

TEXTE ET PHOTO PAR PASCAL TORNAY

Fruit d’une collaboration avec les Editions Saint-Augustin, cette nouvelle offre numérique sera disponible dès le 1er octobre 2021. Dès lors, il sera possible de s’abonner à L’Essentiel, votre magazine paroissial, par le biais de vos petits écrans et de le recevoir, 9 fois par an, sous une forme numérique, consultable sur tous les supports connectés. Il sera possible de régler votre abonnement directement en ligne avec une carte bancaire.

Pour les lectrices et lecteurs déjà abonnés, rien de changé ! Si ce n’est que vous avez un accès privilégié, pour le même prix et si vous le souhaitez, à la version numérique. Pour cela, il vous suffit de vous enregistrer. Pour ce faire, rendez-vous sur la page L’Essentiel du site de votre paroisse.

Nous proposons cet accès numérique à un tarif promotionnel de Fr. 30.– pour un an pour tout nouvel abonnement conclu et ce, jusqu’au 30 septembre 2022.

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Depuis les Actes, l’histoire de la Parole

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

Dans le prolongement des évangiles, le livre des Actes des Apôtres présente la Parole de Dieu comme l’acteur principal de l’histoire du salut: «La Parole de Dieu croissait et se multipliait», affirme l’auteur au terme des deux premières séquences de la narration. (Actes 12, 24)

Dans la première, l’Esprit Saint, promis par le Père, se répand en abondance comme des langues de feu sur le groupe des douze et les rend capables d’annoncer l’Evangile dans toutes les langues de la terre, lors de l’événement fondateur de la Pentecôte (2, 1-13). De discours en guérisons, de comparutions en emprisonnements et en libérations miraculeuses, les apôtres déploient les potentialités de la Bonne Nouvelle à Jérusalem et constituent la première communauté chrétienne (2, 42-47 ; 4, 32-35). Après chaque persécution, ils reviennent auprès des leurs et rapportent les merveilles réalisées en eux et à travers eux par le Seigneur, si bien qu’une nouvelle Pentecôte leur advient pendant leur prière commune (4, 23-31). Puis, en un dynamisme irrésistible, la force de l’Esprit multiplie les fruits de la Parole dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre, ainsi que le Christ l’avait annoncé avant son Ascension auprès du Père (1, 8).

Les voyages de Paul

Dans la deuxième séquence (6 à 12), les sept diacres sont institués, avec Etienne et Philippe. Puis Saül est mis à bas de sa monture lors de sa vocation. Ensuite, Pierre baptise le centurion Corneille et tous les siens. Enfin l’Eglise d’Antioche se fonde là où « pour la première fois les disciples reçurent le nom de « chrétiens » » (11, 26).

Par la suite, la question de l’accès des païens, à la foi, sans avoir à passer par la circoncision et la loi juive une fois réglée (par le concile à Jérusalem en Actes 15, 3e séquence), s’ouvre la dernière partie du récit avec les multiples voyages de Paul et ses plantations d’Eglises sur tout le pourtour de la Méditerranée, jusqu’à son dernier trajet vers Rome (16-28).

Depuis, c’est l’Esprit du Seigneur qui continue de manifester la fécondité de son message de libération, entre ombres et lumières, dans l’histoire de l’Eglise. A nous d’écrire les actes des témoins du XXIe siècle !

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