Pourquoi, en octobre, dédier un mois à la Mission Universelle ? Ce mois permet de nous rappeler que l’Eglise forme, au niveau mondial, une grande famille. Le 24 octobre, lors du Dimanche de la Mission Universelle, près d’un milliard de chrétiens sont en communion les uns avec les autres dans la prière et le partage. C’est l’occasion de découvrir d’autres réalités d’Eglise et de venir en aide aux communautés les plus pauvres. Missio propose toute une série d’actions pour que nos enfants puissent venir en aide à d’autres enfants : https://www.missio.ch/fr/enfance
par Pascal Ortelli
Humour
C’est un gars qui s’émerveillait des petites choses de la vie et qui s’exclamait constamment avec ces mots : « C’est fantastique » ! A tel point que ses copains et son entourage l’appelèrent désormais par le sobriquet de « Fantastique » ! Pourtant cela lui déplaisait au plus haut point et il reprenait séance tenante celui qui s’y risquait. S’adressant à sa femme, il lui dit un jour : « Si je meurs avant toi et que tu mets sur ma tombe : ci-gît Jules Bolomey, dit Fantastique, je te maudirais du haut du ciel ». Après son décès, sa femme respecta scrupuleusement ses dernières volontés : « Ci-gît Jules Bolomey qui m’a aimée du plus grand amour durant plus de 40 ans ». Les gens qui venaient se recueillir sur sa tombe et qui lisaient son épitaphe ne pouvaient s’empêcher de dire : « C’est fantastique » !
Quelle est la véritable couleur de mon (véritable, mais invisible) masque, sa taille réelle sur mon visage ? Combien a-t-il de plis pour me protéger des autres qui me dérangent tellement, et surtout pour me permettre d’invectiver autrui sans retenue ?
PAR VALÉRIE PIANTA | PHOTO : PIXABAY
Qui sont vraiment ces êtres humains en fait depuis longtemps masqués par des attitudes de rébellion, de violence, de revendications idéologiques exacerbées par le besoin devenu fou d’être « comme je veux », sans que personne n’en dise quoi que ce soit ? Ce masque, arboré de manière ostensible, est bien plus laid, défigurant et dissimulateur que ces masques bleus, noirs, roses ou bariolés que l’Etat nous impose de porter ces derniers mois.
Quel visage donne-t-on ainsi aux enfants et aux jeunes de l’importance des contraintes de la vie sociale, tandis que l’Etat nous prie quotidiennement de respecter les règles du jeu actuel : être solidaires, faire preuve de respect envers autrui et les biens communs ?
Nous, chrétiens qui prions le Notre Père, à l’invitation de Jésus, sommes-nous conscients que ce « Notre » nous fait entrer dans une posture de fraternité, dans un lien fraternel, comme fils et filles du même royaume en construction ? Tout au long de la prière donnée par Jésus qui nous constitue dans cette fraternité, on jongle avec les mots « notre », « nous », « nos »… La vie n’appartient plus seulement à chacun… Mais elle se construit, se partage avec le Père, avec les frères et les sœurs. Cette fraternité à développer doit s’exprimer davantage dans un respect réel de la différence, plutôt que dans une simple tolérance qui n’engage pas trop.
Lorsque nous, chrétiens, prions le Notre Père, sommes-nous conscients combien Jésus, à travers cette prière qu’il a lui-même enseignée à ses apôtres, nous veut unis, toutes et tous, en un seul et même Corps relié par cette fraternité de laquelle le Père est garant et dont Jésus est le centre nerveux ? Cela n’implique-t-il pas…
• fraternité par Jésus sous le regard d’un même Père,
• responsabilité fraternelle dans le respect,
• bienveillance affectueuse,
• responsabilité dans la correction mutuelle,
• visée plus large de la défense de ce qui est juste pour la vie de tous et non pas seulement pour le bien de nos petits enclos de vie privée,
• encouragement à la responsabilité collective, en faveur de la vie de tous et de chacun ainsi que de la Maison commune, la terre.
Jésus enseignait en disant : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Lc 20, 25) L’intelligence de Jésus était profondément liée au bon sens de la vie et, on peut s’en étonner, au respect envers les autorités. La prière du Notre Père nous conduit sur ce chemin exigeant de fraternité, d’élargissement de ce « nous » fraternel dont nous sommes part constitutive et dont il est si crucial de prendre soin. Prendre soin de cette fraternité est un de nos devoirs majeurs en ce temps de pandémie. Sans faire aucune distinction dans cette fraternité, acceptons-nous les uns les autres plutôt comme solidaires que comme adversaires.
Il y a la grande histoire de l’Eglise et il y a la locale, sujette à des recherches souvent menées par des amateurs passionnés par leur «coin d’Eglise». Parent pauvre des études ecclésiastiques, elle gagne à être connue (et donc lue !) et propagée tout à la fois.
PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : CIRIC, JEAN-CLAUDE GADMER, DR
Lire une histoire des papes fait faire l’expérience d’un inexorable entrelacement, pêle-mêle, des diverses catégories d’une société humaine : politique, économique, mais aussi théologique, morale… Et le choc du « mélange des genres » peut être fort déstabilisant. « Le Christ annonçait le Royaume… et c’est l’Eglise qui est venue », fameux (et quasi) oxymore sous la plume de Loisy qui serait presque conforté, alors qu’« il s’efforçait de montrer comment, par le jeu des causalités historiques, l’Evangile s’est progressivement mué en tradition et comment l’Eglise, en institutionnalisant le mouvement de Jésus, en a prolongé la vocation » 1…
Vers une objectivité scientifique
Le XVIe siècle (Réforme et Contre-réforme…) intensifie la production d’œuvres racontant l’histoire de l’Eglise, et, en l’occurrence, des visions divergentes entre protestantisme et catholicisme. Les ouvrages évoluent ensuite progressivement, d’un style d’exposé partial, apologétique, voire hagiographique – décrire les personnages et événements uniquement en faveur d’un dogme prédéfini 2 – vers la présentation des réalités historiques du phénomène « Eglise », en recoupant notamment les sources et les points de vue sans apriori. Désormais, les historiens de l’Eglise ne sont plus hérauts d’une confession mais bien pédagogues (qui font faire un chemin, étymologiquement) au moyen d’outils tels que l’exégèse, l’herméneutique, la linguistique… A l’ecclésiologie s’applique désormais bien l’adage cicéronien : reculer devant tout mensonge, ne reculer devant aucune vérité 3 !
« L’important n’est jamais de lire des travaux émanant d’une plume catholique (si l’on est catholique) ou protestante (si l’on est protestant), mais des travaux de qualité », conseille Michel Grandjean, professeur ordinaire de l’histoire du christianisme à l’Université de Genève, et de « lire beaucoup avant d’écrire ».
L’Histoire est aussi la nôtre
Au-delà des dates, la truculence d’une anecdote peut amuser : « L’histoire cherche à accéder à la vie réelle des gens », rappelle Jacques Rime, curé en terre fribourgeoise et rédacteur apprécié de chroniques sur les saint.e.s dans L’Echo Magazine. « Ce qui n’est pas facile. Les fidèles apprécient si j’ajoute dans mes prédications quelques exemples tirés de l’histoire de l’Eglise… », assure-t-il. Mais c’est vrai, « l’histoire locale [d’un sanctuaire, d’une paroisse…] a son public, tout comme les informations locales dans les médias », rappelle Jacques Rime. Il y a une proximité bénéfique et qui met en avant du tangible, voire du vécu.
Décentrement
Mais « faire de l’histoire du christianisme, c’est avant tout accepter un décentrement : je ne suis pas au centre du monde, ni ma génération au centre du temps », explique Michel Grandjean : « Nous vivons des temps difficiles, voire de crise… Mais nous ne sommes pas les premiers à en connaître. L’historien doit donc donner les instruments qui les aideront à prendre du recul », voire à relativiser. « Il faut articuler les travaux d’analyse pointue et les synthèses qui embrassent large », conclut-il.
Historia magistra vitae
Le Concile Vatican II a élaboré deux documents d’ecclésiologie, Lumen Gentium et Gaudium et Spes, déclinant grosso modo les deux dimensions de l’Eglise, verticale et horizontale (théologique et historique) ; en cela, les pères conciliaires ont été fidèles à l’impulsion d’un certain évangéliste…
En effet, saint Luc est le seul à faire suivre son évangile – « récit des événements… tels que nous les ont transmis… les témoins oculaires… devenus serviteurs de la parole… » (Lc 1, 1) – d’une histoire des débuts du christianisme : les Actes des Apôtres. Page après page, s’y dénoue la rencontre entre cette Parole et les cultures locales (Jérusalem, Athènes, Rome…). Luc a déjà le souci « d’une information fiable sur la vie du Nazaréen » 4. A partir de lui, « on ne débat pas seulement d’un écrit doctrinal déterminé, mais fondamentalement d’une manière d’être en Eglise ».5
Les cinq derniers papes ont guidé l’Eglise catholique, tout à la fois courageux dans certaines décisions et confiants pour l’avenir, car intimes connaisseurs de son passé 6 ; et ils ont sillonné, à partir de Paul VI, tous les continents – un peu à la « saint Paul sur les routes du monde romain » 7 – pour connaître les Eglises locales, sur place.
L’histoire par les pieds !
« J’accorde une grande importance à l’histoire par les pieds », confie Jacques Rime, c’est-à-dire « aller visiter tel lieu pour pouvoir en parler. » Thématisée par Antoine de Baecque 8, la « démarche historiographique » consiste à remonter dans le temps au rythme de sa marche, traversant le tissu urbain et les traces d’autrefois. « L’histoire devient une expérience sensible », dit Jacques Rime, voire sensorielle ; et l’on peut interroger des témoins et chercher des anecdotes – véritables pépites d’une sorte de ruée vers la narration !
Un passé pour le futur
« Faire appel à la mémoire ne veut pas dire s’ancrer dans l’autoconservation, mais plutôt rappeler la vie et la vitalité d’un parcours en continuel développement », explique François à la Curie Romaine, en décembre 2019. Et de conclure : « La mémoire n’est pas statique, elle est dynamique, comme le disait ce grand homme [G. Mahler] : la tradition est la garantie du futur et non pas la gardienne des cendres. » Lire de l’Histoire de l’Eglise, la grande ou la petite, sert tant de consolation aux turpitudes institutionnelles que de démonstration du génie du christianisme.
1 Simon Butticaz, Comment l’Eglise est-elle née ?, Genève : Labor et Fides, 2021, p. 19.
2 Par exemple, pour le catholicisme, le primat romain.
3 De Oratore, II, 62, où Cicéron traite de la rhétorique en matière d’écriture de l’histoire de Rome.
4 D. Marguerat et E. Steffek, « Evangile selon Luc », dans : DC. Focant et D. Marguerat (dir.), Le Nouveau Testament commenté, Paris et Genève : Bayard et Labor et Fides, 2012, p. 247.
5 M.-F. Baslez, Les premiers bâtisseurs de l’Eglise. Correspondances épiscopales IIe-IIIe siècles, Fayard Histoire, 2016, p. 241.
6 Cf. Le Pape a dit, page IV.
7 Ouvrage de C. Reynier, Cerf, Lire la Bible 155, 2009. 8 Dans Une histoire de la marche, Agora n. 435, Paris : Pocket.
Les nouveaux vitraux réalisés par Isabelle Tabin-Darbellay et Michel Eltschinger à partir du Cantique des Créatures de saint François d’Assise (1182-1226), inaugurés pour les 70 ans de l’église de Saint-Martin, appellent à la contemplation et à la prière. En voici une libre méditation biblique.
PAR MONIQUE GASPOZ | PHOTOS : COPYRIGHT ROBERT HOFER, SION
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement monsieur frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière : il est beau, rayonnant d’une grande splendeur, et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.
Le thème de la lumière traverse toute la révélation biblique. Dès le premier récit de la création, toi, notre Dieu, tu sépares la lumière des ténèbres (Gn 1, 3s). La lumière existe comme ta créature, reflet de ta gloire, signe de ta présence. La lumière est symbole de vie : naître, c’est voir le jour ! La lumière permet à toutes les autres créatures d’exister aux yeux des hommes. Elle permet à l’être humain de distinguer son chemin, qui doit, par le Christ, le conduire vers Toi.
A l’occasion de la guérison d’un aveugle-né, Jésus dit : « Je suis la lumière du monde. » (Jn 9, 5) Il ouvre les yeux des aveugles et leur montre le chemin de la vraie vie. Ta lumière que Jésus porte en Lui a été révélée lors de la Transfiguration dans un visage resplendissant et des vêtements éblouissants comme la lumière.
Avec ton aide, développons notre capacité intérieure à voir la lumière, à Te voir, à travers les beautés de la création et les solidarités humaines, pour devenir à notre tour des êtres lumineux, rayonnants d’amour.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles : dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.
« Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour et la nuit ; qu’ils servent de signes, tant pour les fêtes que pour les jours et les années » […] Tu les plaças au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, et Tu vis que cela était bon. (d’après Gn 1, 14-18)
Au milieu de la nuit, Tu as donné la lune et les étoiles comme repères dans le bleu profond du ciel. La lune, qui, nuit après nuit, grandit, s’arrondit comme pour donner naissance, puis rétrécit et disparaît pour mieux revenir… Elle compte le temps, le temps de la vie. Les étoiles, dix sur le vitrail, comme des repères pour orienter notre vie, comme les dix commandements. Trois en haut, comme Toi le Dieu trinitaire et relation. Sept en bas, comme les sept sacrements, les 7 dons de l’Esprit qui accompagnent et guident les hommes en chemin vers Toi.
Laissons-nous guider vers Toi, à travers les signes discrets que tu nous donnes.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent, et pour l’air et pour les nuages, pour l’azur calme et tous les temps : grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
L’Esprit, dans la Bible, c’est le souffle, et le vent, tantôt violent, tantôt porteur de fraîcheur et de douceur ; il demeure bien mystérieux. Tantôt il dessèche la terre, tantôt il répand sur elle l’eau féconde qui fait germer la vie. Tantôt il agite les vagues de la mer, tantôt il franchit les plus hautes montagnes. Le souffle de notre respiration, qui tour à tour prend et redonne, anime et maintient notre corps en vie, est le symbole de Ta Vie qui nous habite. Rendre son dernier souffle, c’est remettre définitivement sa vie entre Tes mains.
Le calme et la tempête, la pluie tombée du ciel, tous les temps que nous offre la météo, le défilé des saisons comme des nuages constituent l’environnement qui entoure l’existence des humains et de toutes les autres créatures et les maintient en vie.
Loué sois-Tu pour toutes les météos !
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est très utile et très humble, précieuse et chaste.
L’eau est puissance de vie. Là où elle manque, le pays devient désertique. L’eau est le symbole de Ton Esprit, capable de transformer un désert en verger florissant et Ton peuple infidèle en véritable peuple de l’Alliance. La Bible nous révèle que c’est Toi, Dieu, qui est source de vie pour l’homme et lui donne la force de s’épanouir dans l’amour et la fidélité.
En nous communiquant Ton Esprit par l’eau du baptême, c’est une vie nouvelle qui nous régénère. Lors de sa rencontre au bord du puits de Jacob avec une femme de Samarie, Jésus lui dit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit » Donne-moi à boire « , c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Loué sois-tu pour l’eau de notre baptême, don de Dieu qui nous fait vivre en plénitude.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu qui éclaire la nuit : il est beau et joyeux, indomptable et fort.
Le feu produit lumière et chaleur, toutes deux nécessaires à la vie humaine. Dans le Nouveau Testament, le feu symbolise Ton Esprit. Lors de la Pentecôte, Tu envoies Ton Esprit manifesté sous la forme de langues de feu pour transformer ceux qui doivent répandre à travers toutes les nations la Bonne Nouvelle de Ton amour.
Après avoir rencontré Jésus par son écoute, sa Parole et dans le signe du Pain, les deux disciples d’Emmaüs se disent entre eux : « Notre cœur ne brûlait-il pas, lorsqu’il nous ouvrait les Ecritures ? » Une bougie qui éclaire, la lumière de la lampe éternelle qui signifie dans l’église Ta présence dans les hosties du tabernacle nous le rappellent.
Loué sois-tu pour le feu, signe de ta présence au milieu de nous.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre, qui nous porte et nous nourrit, qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs diaprées et les herbes.
Le vitrail nous montre la terre avec un cep de vigne portant de belles grappes. La vie de l’homme dépend des richesses de la terre et de la fertilité de son sol. L’humain entretient un lien privilégié avec la terre dont il est issu.
Dans l’évangile de Jean, Jésus dit à ses disciples : « Je suis la vigne et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il le taille pour qu’il porte encore plus de fruit. Je suis la vigne, vous les sarments. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit. » Porter du fruit, c’est s’aimer les uns les autres comme le Christ nous a aimés.
Loué sois-tu pour les fruits d’amour, de tendresse, portés par les hommes de cette terre.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi; qui supportent épreuves et maladies: heureux s’ils conservent la paix, car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés. Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Dans le vitrail, la mort est symbolisée par le noir qui éclate, telle une graine qui germe en un faisceau de lumière. La croix rayonnante, plantée au centre du vitrail, le traverse comme un élan pour manifester que la vie est plus forte que la mort.
« Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à nos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8, 11) Saint Paul ajoute encore: « Oui j’en ai l’assurance : ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur. » (Rm 8, 38)
Loué sois-tu pour le Christ qui a traversé la mort et nous promet la Vie.
Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà dLe mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Gland pour une dernière étape 100 % vaudoise.
Départ depuis la gare de Saint-Prex, 5h40 aller simple, 23 km
1. Depuis la gare CFF, descendez dans la vieille ville et prenez à droite au bord du lac avant de remonter un peu dans les quartiers résidentiels pour rejoindre Buchillon.
2. Au centre du village, prenez sur la droite pour entrer dans les Grands-Bois par la lisière nord jusqu’à l’Aubonne que vous traverserez grâce à une passerelle bétonnée. Vous longerez ensuite le cours de la rivière par un chemin de forêt. A sa sortie, ne soyez pas surpris : vous arriverez au beau milieu d’une plantation de kiwis à contourner pour rejoindre la route principale.
3. Attaquez ensuite la montée au milieu des vignes vers le charmant bourg de Perroy. A sa sortie, un agréable parc de jeux avec une vue imprenable sur le Léman offre une halte familiale bienvenue.
4. Descendez ensuite sur Rolle que vous traverserez le long des quais. La ville ne manque pas de curiosité avec son château, l’île de La Harpe et l’église Saint-Grat, l’un des premiers édifices néogothiques du canton.
5. Le tracé quitte alors le bord du lac pour serpenter dans la campagne. Vous découvrirez de charmantes localités viticoles comme Bursinel ou Dully.
6. Pour arriver à Gland, il vous reste à franchir le Lavasson qui s’écoule dans la forêt au-dessus de la clinique de La Lignière.
Le retour se fait aisément en train.
Curiosité
L’église de Perroy, édifice typique de la fin du XVe siècle avec, au début XIXe, un nouvel aménagement intérieur néoclassique assez rare et précoce pour l’époque.
Coup de cœur
La plage à côté de l’embouchure de l’Aubonne dans le Léman, idéale pour un pique-nique ou une baignade. Pour la découvrir, il faut quitter un instant le tracé officiel et longer la rivière jusqu’au bout.
« Qu’est-ce que c’est pour toi – pour vous – l’église ? » Voilà la question à laquelle ont été confrontés ceux et celles qui s’expriment ici. A une exception près, ces deux petites filles qui, comme le font souvent les enfants, donnent une réponse à une question qui n’a pas encore été posée…
Si on me dit le mot « église », je pense au bâtiment, à ces édifices où je vais retrouver une chaîne humaine qui remonte à des siècles, voire des millénaires… Ces gens s’y retrouvent parce qu’ils s’interrogent sur leur vie ou qu’ils ont quelque chose à demander, ils se rassemblent pour une eucharistie ou pour prier vers la croix, ils viennent là… Entrer dans une église, c’est déjà entrer en relation avec tous ces gens venus dans ce lieu depuis des siècles aux moments importants de leur vie… L’église, c’est le lieu habité de leur intention tournée vers le bon et le bien et cette intention m’attire et me plaît. L’église est aussi au croisement de la dimension verticale et horizontale. Le bâtiment lui-même symbolise ce croisement, la lumière qui traverse les vitraux, comme la transcendance, rejoint chaque personne, rejoint toutes ces intentions orientées vers le bien… C’est tout cela qui vient à moi quand j’entre dans une église…
Une personne qui travaille dans le quartier et qui commence ses journées en passant un moment dans l’église paroissiale de Martigny
L’église… Ce monument ouvert à tous représente un havre de Paix où il fait bon se ressourcer. Il offre, entre autres, la tranquillité nécessaire et si rare pour se «recentrer».
Une habitante, non pratiquante, du quartier (Ville)
Pour moi, l’église, c’est plus la communauté que l’institution, et si je devais la dessiner, ce serait une bulle… Une bulle transparente dans laquelle on se met un peu en retrait, un lieu de ressourcement… Cette bulle te coupe du monde, mais en même temps, quand tu es dedans, tu es au milieu du monde…
Une libre-penseur
Dimanche matin. Je tente de faire mes exercices de flûte traversière mais le son des cloches de l’église remplit la rue et m’empêche de me concentrer. Machinalement, je joue d’oreille les notes du clocher que j’entends depuis bientôt huit mois tous les jours. Je regarde par la fenêtre et l’aperçoit, majestueuse.
Je la connais depuis enfant, ayant fait mon pardon, puis ma communion, et ensuite ma confirmation. C’est toujours la même, mais elle a évolué durant les années, entre les arbres qui ont poussé, les nouveaux locaux qui se sont construits, et les fidèles qu’elle a accueillis. Malgré mon parcours catéchétique exemplaire, je dois reconnaître que je ne suis pas une grande assidue des bancs de l’église. Pas de manière conventionnelle et attendue, je dirais. Mes parents n’étaient pas pratiquants et nous y allions uniquement pour la messe de Noël et de Pâques. Pour les mariages, ou les enterrements. La vie, en somme. J’ai pourtant toujours trouvé réconfort dans les églises. Plutôt dans une approche spirituelle que religieuse. J’y suis allée encore tout dernièrement, seule, profiter du silence et de la sécurité que m’offre le cœur de l’église, notamment en m’agenouillant devant Marie. Je ne sais pas si j’ai prié. Ni si je sais réellement comment faire. J’ai de vagues souvenirs des prières apprises enfant mais qui, récitées d’un ton monotone, m’apparaissaient vides de sens. Mais je m’adresse souvent à Marie, plus qu’à d’autres personnes de la Bible ou à Dieu. Peut-être que je trouve en elle une présence maternelle et rassurante.
J’entre à l’église toujours avec émotion. Je fais le signe de croix et la génuflexion, avant de m’assoir dans les bancs. J’y ai souvent joué en tant que musicienne, soit pour accompagner le chœur mixte de la paroisse, ou encore avec l’Harmonie, pour la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. Jouer dans une église apporte une dimension divine et je suis toujours honorée de pouvoir mêler la musique à la spiritualité. En sortant de l’église et de sa dimension mystique, le choc avec la vie du quartier, bruyant et animé, me surprend à chaque fois. Il y a la bouchère qui fait sa pause, le patron du café sur sa terrasse, des enfants qui jouent près de la fontaine. Et tout cela forme finalement un bien joyeux mélange.
Viktoria Rausis, habitante du quartier (Ville)
Deux petites filles se rendent au Café du Parvis, ce lieu ouvert à tous, tous les lundis soir. Au vol, quelqu’un recueille cette perle de conversation enfantine : « Ça, c’est l’église où on mange la soupe ! »
Eglise ou église ?
Notez qu’en français, l’Eglise avec majuscule désigne la communauté ou l’institution, tandis qu’avec le terme église, on parle du bâtiment.
Quand je rentre dans une église comme celle de Martigny, je sens la dimension spirituelle, quelque chose qui m’élève et qui invite à être meilleure, à se tourner vers les autres, vers soi-même et vers ce que l’on peut appeler « Dieu »… C’est une invitation à sortir de soi-même, vers quelque chose de plus grand, qui nous dépasse… Et paradoxalement, l’Eglise est une source de souffrance, marquée, d’exclusion, de dogmes, de règles… Je peux entrer seule dans une église au moment où il n’y a pas d’office et me sentir vraiment bien, reliée à plus grand que moi, mais quand l’Eglise avec un grand E prend forme, je ne me sens plus du tout à ma place, j’éprouve comme un rejet…
Une croyante sans religion
Voilà l’église… dessinée par quelques personnes qui ne seront pas à côté de nous à la prochaine célébration. Elles retrouvent dans ces murs, d’air ou de pierre, la présence qui nous dépasse ou le réconfort, le dialogue intérieur et aussi, mystérieusement, la présence des autres… Merci à eux pour le partage de leurs réflexions.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
L’Eglise a besoin de créatifs Amarù Cazenave
Tandis que les outils numériques fleurissent et ne cessent d’évoluer, la communication dans l’Eglise peine et se cherche encore. Animé par sa foi et son désir de partager Jésus comme un « bon plan », Amarù Cazenave transmet son expérience personnelle de la télévision sur les réseaux sociaux et dans l’Eglise institutionnelle à travers son site « Jésus Box ». Sa passion de transmettre l’invite à mettre à disposition des outils, des savoir-faire, mais surtout aider les communicants à se poser les bonnes questions pour trouver des réponses créatives.
Ce livre propose un cheminement intérieur pour découvrir la mission propre à laquelle Dieu nous appelle, celle qui nous rendra heureux et sera utile pour le monde. A travers de nombreux exemples et des exercices concrets, Marguerite Chevreul nous apprend à reconnaître nos talents et à les exercer dans toutes les dimensions de notre vie, aussi bien personnelle que professionnelle. Quels que soient notre âge ou notre situation, nous découvrons ainsi nos ressources profondes, sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour identifier notre vocation personnelle et donner du sens à notre existence.
Au travers de 25 courtes histoires, Jôli, dessinateur et scénariste, marié et père de quatre enfants, vaudois de 46 ans, cherche à interpeller le lecteur en montrant qu’il est possible pour un chrétien d’avoir un ami musulman et vice versa. Ces histoires se passent dans un pays musulman imaginaire. Au travers de cette BD, Jôli souhaite encourager chacun à aller à la rencontre de l’autre afin de bâtir des ponts et détruire des préjugés. Humour, réflexions et découvertes qui ne laisseront pas le lecteur indifférent !
Le père Benoist de Sinety, acteur incontournable de l’Eglise d’aujourd’hui, nous livre son regard sur les évènements de diverses natures qui ponctuent notre quotidien, dans une lecture chrétienne de l’actualité, nous permettant de prendre du recul. Fort de son expérience de pasteur attentif aux signes des temps, Benoist de Sinety, sans céder aux réactions à chaud de la dictature de l’immédiat, dénonce dans ces chroniques l’injustice et les faux-semblants tout en pointant les étincelles d’espérance qui habitent le monde et l’Eglise.
Comme jeune prêtre, je découvre la joie d’être au service de tous et l’ampleur de la tâche de l’annonce du Royaume dans notre pays de mission qu’est le Valais. En cette période de vendanges, je ne peux m’empêcher de relire les paraboles de Jésus sur le Royaume qu’il compare à la vigne. Le Christ est la vigne sur laquelle nous sommes invités à rester attachés ou greffés par notre prière et les actes d’amour que nous posons, afin que coule dans nos veines la sève de la vie divine. Car le sarment qui est coupé de la vigne sèche et donc ne peut pas porter de fruit (Jn 15).
Parfois, par les épreuves de la vie, nous subissons l’émondage de la taille hivernale qui nous fait pleurer, à l’image du Christ sur la croix du côté duquel a coulé le sang, ce sang que l’on adore sous l’espèce du vin à chaque messe (Mt 26, 29). Cependant, cette taille est voulue par le Père qui est le vigneron, afin que le sarment porte plus de fruit. Elle est même nécessaire pour ne pas perdre notre énergie à produire de nombreux rameaux et des feuilles qui feraient de l’ombrage au raisin. Il est donc bon d’effeuiller un peu nos vies du superflu pour pouvoir mettre notre énergie dans l’essentiel : viser la sainteté par chacun de nos actes.
Cherchons dans notre vie chrétienne et communautaire à rester de simples intendants qui ne s’approprient pas la vigne du Seigneur comme les vignerons homicides (Mt 21), mais restons des gardiens de la vie que Dieu nous a donnée, comme Nabot avec la vigne qu’il avait héritée de ses pères (1 R 21). Confions au Seigneur tous les sarments des différentes communautés qui composent notre secteur, afin qu’Il visite cette vigne, la protège, elle que Sa main puissante a plantée (Ps 79), et afin qu’elle porte du fruit, du fruit en abondance.
Pierre-Elie Carron est un jeune entrepreneur fulliérain né d’une famille où la passion pour la vigne se transmet de père en fils. Ambitieux et motivé, Pierre-Elie aime explorer, chercher pour aller toujours plus loin ! Ses diverses formations et expériences l’ont mené jusque dans un vignoble d’Afrique du Sud, d’où il revient en 2016, rempli du désir de lancer sa propre gamme de vins. Souhaitant mêler un respect maximum de l’écosystème avec les contraintes d’un entrepreneur aux prises avec la nécessité de produire et de dégager un profit, il raconte comment il résout cette difficile équation.
PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : PEC-VINS.CH
Qu’est-ce qui vous fascine tant dans cet univers de la vigne et du vin ?
Le premier aspect qui m’a fasciné a été le fait de travailler avec la nature. Le fait de chaque jour être dehors à vivre avec la météo, avec la plante, d’essayer de la conduire au quotidien pour obtenir les meilleurs fruits. Ensuite, la partie vinification est entrée dans ma vie. Dès ce moment, la fascination est plus personnelle. Le fait de pouvoir donner un style à mes vins, de pouvoir exprimer mon caractère à travers ce merveilleux produit et enfin de laisser une certaine trace. J’espère toujours que certaines de mes bouteilles vivront plus longtemps que moi !
Quelles valeurs sont à la source de votre entreprise viticole ?
Les valeurs fondamentales de mon exploitation sont de produire dans le respect de la nature et de l’humain. Pour respecter au mieux la nature, j’essaie de produire le plus possible en respectant des normes écologiques et de promotion de la biodiversité. Je limite la production afin de garantir la longévité des ceps de vignes. Concernant l’aspect humain, j’ai à cœur que mes employés se sentent le mieux possible dans l’exploitation, cela va de la simplification des méthodes de travail à un salaire correct tout en passant par un respect mutuel.
Concrètement, quelles contraintes limitent votre souhait de travailler et de produire dans un strict respect de l’écosystème ?
La première est structurelle. Comme jeune entreprise, j’ai récupéré beaucoup de vignes plutôt âgées et pas toujours très faciles
à travailler (forte pente, type de culture…). C’est pour cette raison qu’actuellement, je transforme certaines parcelles. Ce qui devrait me permettre de produire en respectant davantage l’écosystème (enherbement, facilité de traitement). C’est aussi un problème lors des sulfatages. En effet, aujourd’hui, comme une grande majorité est réalisée à l’atomiseur, j’ai besoin de beaucoup de temps pour effectuer cette tâche sur l’ensemble du domaine. C’est un travail également très éprouvant physiquement. J’aimerais réaliser la protection phytosanitaire selon les normes bio. Comme ces produits sont sensibles au lessivage par la pluie, il faut traiter à nouveau dès la fin de grosses pluies. Actuellement, mon délai d’intervention est trop long pour profiter des petites fenêtres météo comme nous en avons eu cette année. Je ne perds pas espoir, car cela prend du temps mais, d’ici quelques années, cela sera possible.
Est-il possible, selon vous, de travailler sans aucun adjuvant ? Pour quelles raisons ?
Au niveau viticole, c’est impossible ! La vigne est une plante très sensible aux maladies fongiques. On explique cela par le fait qu’elle n’a pas évolué avec la présence de ces maladies. En effet, le mildiou et l’oïdium, les deux principales maladies, ont été importées d’Amérique. Du coup, la vigne n’a tout simplement pas les défenses nécessaires pour combattre ces champignons. Il est ainsi obligatoire pour le vigneron, s’il veut pouvoir produire du fruit, d’appliquer des produits phytosanitaires (bio ou de synthèse) sur les vignes.
Au niveau de la vinification, il est plus probable de se passer
d’adjuvant. Actuellement, il y a une « polémique » sur l’utilisation des sulfites dans le vin. Il s’agit d’un conservateur, d’origine
naturel – c’est simplement du soufre – qui permet de maintenir les qualités du vin. En fait, le vin est un stade intermédiaire entre le fruit et le vinaigre qui est la forme stable du jus de fruit. Comme on préfère boire du vin que du vinaigre 😉, on essaye de le protéger au mieux. Il serait possible de se passer d’adjuvant pour le vin à condition d’être très attentif lors du stockage et de le garder le plus possible au frais pour éviter une développement d’éventuelles bactéries.
La foi jouerait-elle un rôle dans votre manière de voir le travail de la vigne et du vin ?
Je ne dirais pas directement la foi, mais plutôt l’éducation chrétienne que j’ai reçue de mes parents. Je travaille toujours dans l’idée de donner le meilleur de moi-même tout en respectant les autres. Je suis le plus souvent possible disponible pour aider un collègue en difficulté. La viticulture est un métier difficile : ce n’est que grâce au soutien mutuel que nous pouvons tous vivre de notre passion. La vigne, le vin et le christianisme sont intimement liés, et j’espère qu’ils le resteront. C’est en quelque sorte grâce aux chrétiens que la vigne a pris tant de place en Europe et me permet de perpétuer la tradition…
Saint Martin est devenu le symbole du partage en offrant une partie de son manteau à un pauvre. Un geste qui lui a donné une immense popularité qui perdure encore de nos jours.
TEXTE ET PHOTO PAR MONIQUE GASPOZ
Comment le connaît-on ?
C’est par le récit, écrit vers 396, d’un certain Sulpice Sévère, admirateur de Martin, que nous est parvenu un récit de la vie du saint. Il raconte sa vie, dans un texte enthousiaste qui met en valeur les vertus d’un homme qui conduit au Christ et habité par lui. Certaines parties du récit tiennent de la biographie et d’autres de la légende.
Son origine
On situe sa naissance en Hongrie, vers 316. Son père était tribun militaire. En contact avec des chrétiens, le jeune Martin se convertit très tôt au christianisme, car il se sent attiré par le service du Christ. Dès son adolescence, il est enrôlé dans l’armée romaine. Conformément à son grade militaire, il possède un esclave, mais selon l’auteur du récit, il le traite comme son propre frère.
L’épisode du manteau
Affecté dans l’armée romaine à Amiens, en Gaule, un soir d’hiver, le légionnaire partage son manteau avec un mendiant transi de froid. Pourquoi n’a-t-il pas donné tout le manteau ? Il tranche son manteau ou du moins la doublure de sa pelisse, car le manteau appartenait à l’armée, mais chaque soldat pouvait le doubler par un tissu ou une fourrure, à ses frais. Martin a en effet donné toute la part qui lui appartenait. La nuit suivante, Martin rêve du Christ revêtu de la part du manteau qu’il a donnée. Dès lors, Martin est baptisé et quitte l’armée.
Martin, évêque
Martin rejoint ses parents et obtient que sa mère soit baptisée. Puis il revient en Gaule et s’installe dans un ermitage. Sa réputation d’homme priant est connue loin à la ronde. Des gens viennent de Tours le trouver, en quête d’un évêque. Martin accepte et prend à cœur sa nouvelle fonction. Il fonde également un monastère à Marmoutier, près de Tours. Il voyage à travers toute la Gaule. On lui attribue de nombreuses guérisons ainsi que des gestes de miséricorde. Il est à l’origine des premières paroisses et de l’évangélisation dans les campagnes.
L’été de la Saint-Martin
Alors qu’il est très âgé, il est sollicité pour réconcilier des clercs plus loin que Tours. Il s’y rend et son intervention est un succès. Mais le lendemain, le 8 novembre 397, épuisé, il meurt. On le ramène à Tours où il est enterré le 11 novembre. Une légende dit qu’il a fait un temps très doux durant ce dernier voyage de son corps et que même des fleurs se sont mises à éclore lors de son passage. Cette histoire a donné naissance à l’expression « été de la Saint-Martin » pour qualifier la douceur de certains mois de novembre.
Saint Martin est fêté le 11 novembre, date de son enterrement à Tours.
Les pieds sur terre, un caractère bien trempé, un sourire communicatif, une générosité jamais prise en défaut ! Elle est pourtant difficile à cerner, Romaine Pouget et pour cause ; elle a la liberté des personnes qui ont mis leur vie entre les mains de Dieu et n’a qu’un seul credo : aimer son prochain comme Dieu l’aime, elle. Alors, le plan de carrière, très peu pour elle… et c’est certainement pour cela que tout lui réussit. Entretien.
PAR MICHEL ABBET PHOTOS : COLLECTION ROMAINE POUGET
Romaine, l’année dernière fut une année charnière…
Oui et non. Je sentais intérieurement qu’il fallait changer, donner une autre orientation à ma vie. L’épuisement professionnel guettait, il fallait dire stop.
Et tu as démissionné du poste de médecin-chef de l’hôpital de Martigny, que tu occupais depuis neuf ans. Vu de l’extérieur, c’était surprenant !
Certainement, puisque je n’avais pas d’autre poste en vue. Toutefois quand on s’épuise dans une situation et qu’il n’y a pas de développement possible malgré tous les efforts fournis, je crois qu’il faut savoir se retirer, quitter. J’ai longtemps hésité avant de prendre cette décision, notamment par souci de ce que cela allait impliquer pour le site de Martigny. J’ai confié mon avenir professionnel à la vierge Marie et finalement il m’est paru clair qu’il fallait aller « plus loin », même si on ne sait pas d’emblée « où » cela va nous mener. Maintenant, avec le recul, je me dis que c’était une « décision inspirée ». Mais cela n’a pas été tout seul.
Tu as « galéré » quelque peu ?
Disons que dans ma vie, j’ai l’habitude de répondre à un Appel… Et là, à part l’appel à quitter, je n’entendais pas l’Appel avec A majuscule, donc ça me stressait forcément un peu. C’est comme quand on marche en montagne dans le brouillard et qu’on voit un piquet après l’autre mais pas le but. J’avais depuis un moment l’idée de m’octroyer une année sabbatique pour prendre de la distance et donner de ma personne autrement et ailleurs. Des séjours en Argentine, au Togo et au Vietnam étaient envisagés… mais tous ces projets ont été systématiquement contrariés par la pandémie… rien de ce que je programmais ne se concrétisait. Comme je suis peu patiente de nature, je n’ai pas trouvé ça très confortable sur le moment !
Les piquets ?
Un des piquets a été par exemple « Notre Dame du Mont-Carmel ». Mon père Gaspard avait fait l’AVC (qui a conduit à son décès) le 16 juillet 2019, jour de Notre Dame du Mont-Carmel, alors que j’étais précisément à Lourdes (c’est aussi le dernier jour des apparitions). Par la suite, de façon assez incroyable (cf. suite…), je me retrouvais sans l’avoir prémédité très souvent dans des lieux qui lui étaient dédiés.
Et…
En septembre 2020, alors que le « plan Argentine » devenait une nouvelle fois très incertain, le Seigneur a soufflé à ma sœur Bénédicte d’aller demander au prêtre béninois Gildas Chibozo de « prendre Romaine au Bénin ». Il lui a répondu : « Oui, bien sûr, c’est une très bonne idée on va demander au père Théophile Akoha »… qui a dit : « Qu’elle vienne et on verra ! » Une fois de plus il a fallu attendre… La deuxième vague du Covid est arrivée en automne. Evidemment il fallait aider, j’ai repris provisoirement du service à l’hôpital de Martigny pour six mois, pour passer le gros de la crise.
Finalement…
Finalement la situation sanitaire s’est calmée et j’ai enfin pu « mettre les voiles ». Je suis partie pour Cotonou le lundi de Pâques 2021 et y suis restée presque trois mois. La semaine je travaillais à l’hôpital Saint-Luc (qui est le deuxième plus grand hôpital de Cotonou en termes d’affluence et qui dépend de l’archidiocèse de Cotonou), m’occupant surtout de la médecine interne et de la réanimation. J’étais logée à la résidence des prêtres, près de l’institut Jean-Paul II (Institut de formation notamment en pastorale de la famille ou les diocèses d’Afrique de l’Ouest envoie des prêtres, agents pastoraux se former pour 2-3 ans), ce qui m’a permis d’avoir la messe quotidienne et de faire communauté avec eux.
Et… j’ai découvert après deux semaines que la statue de l’oratoire qui est dans cour de l’hôpital Saint-Luc est… Notre Dame du Mont-Carmel !
On voit tes yeux briller !
Oh oui ! Rien ne m’a coûté ! J’ai très rapidement réalisé que j’allais devoir longtemps dire merci pour cette Afrique. C’est comme si le Seigneur m’avait mise globalement en été. Je n’avais qu’à soigner les personnes, à prier, à découvrir des frères et sœurs aux magnifiques valeurs humaines et un nouveau pays. Grande joie intérieure de partager avec eux cette simplicité de vie, de découvrir une autre culture, de chanter et prier avec eux et de prendre soin d’eux comme ils ont si bien pris soin de moi.
Magnifiques valeurs humaines ?
La première chose qui m’a sauté aux yeux quand je suis arrivée au Bénin, c’est la vie ! La joie, la relation avec Dieu, avec les autres, en toute simplicité. Je me suis sentie d’entrée bien, dans une société où les valeurs essentielles vont de soi. Les gens parlent naturellement de Dieu par exemple et ceci quelle que soit leur religion. On « rend grâce » parce que l’on a bien dormi, on « bénit » le Seigneur d’être en vie, on demande une « pluie de bénédictions » pour celui qui a son anniversaire, on lui demande de nous soutenir dans tous les passages difficiles, bref, Dieu fait partie du « quotidien ». Le contexte fait que l’on a vraiment conscience que la vie est passagère et qu’elle peut basculer à tout moment.
Et par rapport à nos valeurs ?…
Par rapport aux « couleurs et à la chaleur » africaines, une impression un peu de « gris et de froid » au niveau de l’humanité occidentale, comme si l’on s’était mis un peu en hypothermie générale… Peut-être parce que de ce côté-ci, pour le moment, on a mis de côté la Source de la Vie… en pensant être des sources nous-mêmes et en éludant au maximum les questions existentielles essentielles… en courant dans tous les sens…
Au niveau médical…
Bien sûr, c’est un peu un « désert » au niveau des moyens techniques et il faudra vraiment les aider pour ceci. On peut aussi parfois imaginer une meilleure organisation pour sauver des vies, mais les qualités humaines des soignants sont remarquables, de même que l’attitude des malades et de leurs proches qui se plaignent rarement. Beaucoup de malades relativement jeunes ne peuvent être sauvés, mais quand on a fait « tout ce qu’on a pu » on le confie à Dieu. Il y a très peu de révolte par rapport au départ d’une personne.
Tu vas donc retourner au Bénin ?
Grace à Dieu, oui ! A mon retour, j’ai vraiment ressenti le désir de pouvoir donner un peu de mon temps et de mes compétences à cette chère terre africaine qui me fait d’ailleurs tant de bien. Comme le Seigneur nous fait toujours désirer ce qu’Il veut nous donner, Il m’a trouvé un super plan professionnel « africo-compatible ». Je suis engagée dès septembre comme médecin-chef adjoint dans le service d’urgences de l’hôpital du Jura ce qui me permet de partir deux fois deux mois par an au Bénin, ce qui me permettra, entre autres, de contribuer au développement des soins aigus de l’hôpital Saint-Luc et de former les médecins sur place. La proposition écrite des ressources humaines m’est arrivée…le 16 juillet (jour de Notre Dame du Mont-Carmel)…
Alors, pour en parler, on prend rendez-vous pour un prochain entretien ?
Volontiers. A Cotonou ?
Merci beaucoup Romaine, bon vent et que Dieu t’accompagne !
En lien avec les Editions Saint-Augustin, la rédaction de votre magazine préféré vous propose un nouveau type d’abonnement, numérique, à un prix très intéressant durant cette première année.
TEXTE ET PHOTO PAR PASCAL TORNAY
Fruit d’une collaboration avec les Editions Saint-Augustin, cette nouvelle offre numérique sera disponible dès le 1er octobre 2021. Dès lors, il sera possible de s’abonner à L’Essentiel, votre magazine paroissial, par le biais de vos petits écrans et de le recevoir, 9 fois par an, sous une forme numérique, consultable sur tous les supports connectés. Il sera possible de régler votre abonnement directement en ligne avec une carte bancaire.
Pour les lectrices et lecteurs déjà abonnés, rien de changé ! Si ce n’est que vous avez un accès privilégié, pour le même prix et si vous le souhaitez, à la version numérique. Pour cela, il vous suffit de vous enregistrer. Pour ce faire, rendez-vous sur la page L’Essentiel du site de votre paroisse.
Nous proposons cet accès numérique à un tarif promotionnel de Fr. 30.– pour un an pour tout nouvel abonnement conclu et ce, jusqu’au 30 septembre 2022.
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Dans le prolongement des évangiles, le livre des Actes des Apôtres présente la Parole de Dieu comme l’acteur principal de l’histoire du salut: «La Parole de Dieu croissait et se multipliait», affirme l’auteur au terme des deux premières séquences de la narration. (Actes 12, 24)
Dans la première, l’Esprit Saint, promis par le Père, se répand en abondance comme des langues de feu sur le groupe des douze et les rend capables d’annoncer l’Evangile dans toutes les langues de la terre, lors de l’événement fondateur de la Pentecôte (2, 1-13). De discours en guérisons, de comparutions en emprisonnements et en libérations miraculeuses, les apôtres déploient les potentialités de la Bonne Nouvelle à Jérusalem et constituent la première communauté chrétienne (2, 42-47 ; 4, 32-35). Après chaque persécution, ils reviennent auprès des leurs et rapportent les merveilles réalisées en eux et à travers eux par le Seigneur, si bien qu’une nouvelle Pentecôte leur advient pendant leur prière commune (4, 23-31). Puis, en un dynamisme irrésistible, la force de l’Esprit multiplie les fruits de la Parole dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre, ainsi que le Christ l’avait annoncé avant son Ascension auprès du Père (1, 8).
Les voyages de Paul
Dans la deuxième séquence (6 à 12), les sept diacres sont institués, avec Etienne et Philippe. Puis Saül est mis à bas de sa monture lors de sa vocation. Ensuite, Pierre baptise le centurion Corneille et tous les siens. Enfin l’Eglise d’Antioche se fonde là où « pour la première fois les disciples reçurent le nom de « chrétiens » » (11, 26).
Par la suite, la question de l’accès des païens, à la foi, sans avoir à passer par la circoncision et la loi juive une fois réglée (par le concile à Jérusalem en Actes 15, 3e séquence), s’ouvre la dernière partie du récit avec les multiples voyages de Paul et ses plantations d’Eglises sur tout le pourtour de la Méditerranée, jusqu’à son dernier trajet vers Rome (16-28).
Depuis, c’est l’Esprit du Seigneur qui continue de manifester la fécondité de son message de libération, entre ombres et lumières, dans l’histoire de l’Eglise. A nous d’écrire les actes des témoins du XXIe siècle !
On dit de Jean XXIII qu’en connaisseur de l’histoire de l’Eglise et des Conciles, il aurait pris deux décisions en conséquence: s’appeler Jean (pour contrecarrer l’interruption, à cause d’un antipape, des papes légitimes nommés Jean) et convoquer Vatican II…
Nombreuses sont les « Histoires des papes », de von Pastor (16 volumes de 1886 à… 1961 !) à Rendina (2020) rééditée 6 fois depuis 1983 ; la papauté racontée décline maintes formes de gouvernement, du « paterfamilias » au césaro-papisme 1, moults développements du génie humain dans toutes les disciplines (arts, politique, économie…); elle est à l’origine d’incomparables atlas de cartographies en lien avec la colonisation des terres (pardon, l’évangélisation !)… Mais le Pape, c’est l’Eglise ?
Histoire de l’Eglise
Oui, du lui à Elle, il n’y a souvent qu’un pas (ou deux !) : de la tendancieuse Histoire de l’Eglise, de Daniel-Rops à la Nouvelle Histoire de l’Eglise de Daniélou et Marrou (notez l’adjectif !), en passant par le rigoureux Handbuch der Kirchengeschichte par Jedin, on culmine en termes d’exhaustivité objective, peut-être, dans les 13 volumes de Histoire du christianisme de Mayeur et cie. Tout ce développement en quelques décennies, de 1948 à 2000 pour les auteurs cités ! Mais on s’écarte du Pontife pour se concentrer sur les communautés locales (diocèses, paroisses…).
Sacrée histoire !
« Une fois que tu connais cette histoire papale, il n’y a pas grand-chose qui se passe dans la curie du Vatican et dans l’Eglise d’aujourd’hui qui puisse te choquer » 2, confesse le pape François qui raconte que dans son exil de Córdoba, il avait lu les 37 volumes de Histoire des papes de von Pastor. « C’était comme si le Seigneur me préparait avec un vaccin » ! Croyait-il si bien dire ?
1 L’étude de la coiffe papale est à ce titre révélatrice ! 2 Un temps pour changer, Paris-Flammarion, p. 69.
Le « Bätti » de frère Nicolas est une imitation du « cordon de prière », comme on peut le voir sur la représentation la plus ancienne de frère Nicolas. Le tableau de 1492 laisse à penser que frère Nicolas possédait un cordon de prière avec 50 perles de bois, sans division en dizaines. Au lieu de la croix habituelle, il y avait un anneau.
Nous ne savons pas exactement comment frère Nicolas a utilisé ce cordon de prière. Dans la biographie de Witwyler de 1577, il est écrit : « Il avait l’habitude d’avoir en main le signe chrétien que nous appelons « Paternoster » ou « Bätti ». Il n’avait pas honte de prier avec cela. »
La prière du Rosaire, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est née au début du XVe siècle et s’est répandue lentement. Il est peu probable que frère Nicolas ait connu cette forme de prière. Mais il y avait à l’époque d’autres coutumes pour prier avec un cordon de prière. Le nom « Nöschter » pour ce cordon a été conservé dans certaines régions jusqu’à aujourd’hui. Il se réfère à la coutume de prier un « Notre Père » pour chaque perle. Ceux qui savaient lire priaient 3 fois 50 psaumes ; les autres priaient 3 fois 50 « Notre Père ». Souvent, on priait aussi 50 « Je vous salue Marie » ou 50 fois « Notre Père » avec le « Je vous salue Marie ».
Dans une biographie du XVIe siècle, il est dit que frère Nicolas avait l’habitude de prier ensemble le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie ». Le « Je vous salue Marie », à ce moment-là, ne consistait qu’en la première partie. Ce sont des versets des Evangiles (Luc 1, 28-42), auxquels on a rajouté les noms de Jésus et de Marie.
D’autres formes de prière semblable au chapelet que frère Nicolas connaissait vraisemblablement sont : La « Grande Prière » (Méditation de l’Histoire du Salut en 92 méditations, auxquelles s’ajoutent des « Notre Père » et des « Je vous salue Marie »), l’« Admonition du Christ » (qui consiste en 15 « Notre Père » intercalés de textes de prières), et les « Cent contemplations de la Passion du Christ » du Mystique Heinrich Seuse. Il y avait encore d’autres coutumes de prière, pour lesquelles le cordon de prière était une aide utile.
Le pape François a accepté de mettre autour de son cou une petite croix en bois d’olivier. Une belle avancée dans le soutien au projet de Daniel Pittet. Bien avant le geste significatif du pontife, plus de cent mille croyants l’avaient déjà effectué, une initiative visant à soutenir les chrétiens de Bethléem privés du tourisme à cause de la pandémie. Un bout de Terre sainte à porter sur soi.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER
Pouvez-vous me raconter la genèse du projet de cette croix ?
Je passe de temps en temps à la Fille-Dieu pour rendre visite au père Benoît-Marie. Je le connais depuis toujours. Nous nous sommes rencontrés lorsque j’étais pensionnaire à Einsiedeln. Nous discutons un peu, bien entendu de la pandémie, et là, il me dit : « Tu connais les Pestkreuz ? » [Voir encadré]. Cela me disait vaguement quelque chose. Ensuite il ajoute : « Nous pourrions faire des croix avec, comme inscription, O Crux Ave et les distribuer aux gens. » Nous avons donc lancé la production des premières dix mille croix. Puis j’ai écrit aux paroisses catholiques de Suisse pour en faire la promotion. Un pasteur m’a ensuite conseillé de prospecter du côté protestant, mais avec un autre slogan. Depuis, les commandes ne cessent d’affluer. Du côté catholique, cela a mis plus de temps.
Pas tellement, mais je suis habitué aux histoires folles ! J’ai aussi beaucoup prié pour obtenir le feu vert de Dieu. Et puis, je suis plutôt bon pour trouver des solutions afin que cela fonctionne.
Votre notoriété a-t-elle favorisé le succès du projet ?
Ma vie est très connue dans la région. A vrai dire, mon histoire est très proche de la croix. Sans elle, il n’y a pas de Jésus. Et comme tout le monde, je porte ma croix. Ce projet représente beaucoup pour moi.
Ces croix ont pour optique de pousser les gens à prier plutôt que de se lamenter. Est-ce que notre société n’est pas suffisamment priante ?
Nous avons perdu ce côté simple. En Europe, on pense d’abord à se faire du pognon, quoi qu’il arrive. Jésus, ça sera pour une autre fois. A cela s’ajoute la recommandation, durant la pandémie, de regarder les messes à la télévision, en expliquant que la communion subsiste dans le cœur. Les fidèles se sentent abandonnés et finissent par ne plus croire. Ces croix sont arrivées et j’ai réalisé que quelque chose manquait. Je crois vraiment que le côté missionnaire fait défaut ici.
Certaines personnes ont-elles retrouvé le chemin de la prière grâce à ces croix ?
Ceux qui l’ont retrouvé sont surtout ceux qui ne croyaient pas à grand-chose. C’est un peu dur à dire (silence)… mais certaines personnes prennent ces croix comme une sorte de grigri que l’on garde au fond de sa poche. D’un autre côté, de magnifiques témoignages nous sont revenus suite à leur distribution.
Plus qu’une prière, ces croix redonnent espoir et travail à toute une population…
Ces gens pleurent littéralement, car ils ne possèdent rien. Et ce projet a été providentiel pour toute une population.
Vous avez obtenu une audience auprès du Pape. Porte-t-il une de vos croix ?
Je voulais absolument qu’il mette la croix afin d’encourager les gens qui travaillent à Bethléem. Il a été d’accord de poser pour la photo. Cela a aussi donné un nouvel essor au projet. Le Pape a vraiment compris combien la pandémie fait souffrir et surtout, que le domaine spirituel n’est pas toujours bien pris en compte.
Vous fourmillez de projets. Etes-vous déjà en train de penser au suivant ?
J’ai un tas d’idées, mais je désire aller jusqu’au bout de celui-ci. L’objectif ? Produire des croix pour les JMJ. Il faut donc réunir suffisamment d’argent pour en faire fabriquer environ un million ! Et puis je prie beaucoup. Je dis à Jésus : « Bah, si tu veux pas, on s’arrête et le tour est joué ! » Je n’ai pas besoin d’être reconnu, je le suis déjà trop (sourire).
Un bout de Terre sainte pour redonner espoir
Sitôt l’idée soufflée par son ami prêtre, l’auteur de Mon Père, je vous pardonne prend contact avec George Handal, directeur de Caritas Jérusalem. Lors des JMJ de Panama, il avait déjà fait fabriquer des chapelets en bois d’olivier par des artisans de Bethléem. Durement affectée par la pandémie, cette région peine à se relever.
L’initiative offre donc à de nombreuses familles chrétiennes la possibilité de percevoir un revenu plutôt que de vivre de l’aide d’urgence. Quant à la famille Pittet, tout le monde participe. Sa femme et sa fille préparent les croix pour l’expédition et le processus est bien rodé ! Emballées dans un sachet avec une carte sur laquelle figure une prière, elles se veulent des Pestkreuz (croix de peste) modernes. Ces dernières existent depuis le Moyen Age. On les donnait aux fidèles lors de graves épidémies pour demander à Dieu la fin du fléau.
PAR ANNE-MARIE COLANDREA
PHOTO : EDOUARD CRESTIN-BILLET
Edouard Crestin-Billet a accepté la charge de président du Conseil de paroisse, nommé et élu par l’assemblée générale des paroissiens en juin 2021. Comme il l’exprime lui-même: «Je suis président, non pas parce que je l’ai voulu, mais parce que j’ai été porté et appelé.» En y réfléchissant, n’est-ce pas ainsi que s’engage toute action, tout bénévolat dans l’Eglise ? Tout commence par une proposition, un appel, une amitié.
Comment se vivent ces premiers mois à la présidence du CP ?
« Ça se passe et c’est une grâce » *, dit-il avec un grand sourire et un vif enthousiasme.
Edouard n’est pas nouveau dans ce bénévolat, il participe depuis 15 ans au CP. Plus récemment, il a été vice-président aux côtés de Benoit Caron, son prédécesseur, pendant une période de renouvellement et d’intérim depuis l’automne 2020, dans la vague des confinements et autres adaptations aux mesures sanitaires.
Il précise qu’au sein du conseil chacun a un rôle particulier, apporte ses compétences tant personnelles que professionnelles. Le président aide à coordonner les actions, répondre aux besoins de présence, être en quelque sorte une personne référente, en particulier auprès des salariés de la paroisse. Il tient à se rendre disponible. Toutefois, c’est en pleine collégialité que se conçoivent les tâches au sein du conseil. Une paroisse, c’est comme une petite entreprise, ajoute-t-il, il est important de veiller à ce qu’elle fonctionne bien sinon cela peut porter préjudice à la vie pastorale.
C’est bien ainsi que les membres du Conseil de paroisse – comme d’ailleurs ceux du Conseil de communauté – entendent offrir de leur temps. Ils se mettent avant tout au service de la pastorale en étroite collaboration avec le curé, et plus largement avec les membres de l’équipe pastorale des trois communautés de l’unité pastorale. Ce sont avant tout des paroissiens qui coopèrent au cœur de la communauté paroissiale.
Edouard Crestin-Billet a toujours été un paroissien de l’UP ; résidant sur le territoire de Sainte-Thérèse, il fut baptisé à Saint-Joseph. Son parcours de vie, comme ses engagements révèlent un « cœur vibrant en Christ, en Eglise ». Après une scolarité auprès des Chanoines de Saint-Maurice en Valais, il revient à Genève pour ses études supérieures, à l’Uni en Sciences économique. Ses expériences professionnelles lui font découvrir que même dans les milieux de la finance, de la banque ou du conseil en entreprise, de vraies questions se posent : telles que l’attention à l’environnement, ou encore la sensibilisation aux thèmes de la Doctrine sociale de l’Eglise, la solidarité, la centralité de la personne humaine… Autant de facteurs qu’il retrouve en qualité de membre de la Direction de Caritas.
Si on lui demande de tirer les traits caractéristiques de la paroisse Sainte-Thérèse, il rappelle qu’elle est « jumelée » en unité pastorale avec la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives, ce qui souligne les différences et les complémentarités entre les deux communautés. La situation géographique est le reflet de ces nuances : Champel est plus en périphérie du centre-ville, comme en zone résidentielle, alors que les Eaux-Vives sont au cœur même de l’activité citadine.
Edouard tient aussi à souligner la longue histoire d’œcuménisme avec l’Eglise réformée du quartier Champel-Malagnou, des relations qui perdurent au fil des gestes communs, des rencontres, des liturgies, et enracinent les liens d’amitié.
La communauté paroissiale de Sainte-Thérèse, c’est aussi les liens plus étroits avec la communauté polonaise du Grand Genève dont Sainte-Thérèse est le port d’attache : c’est une richesse et un défi d’intégration réciproque sans cesse renouvelés.
Edouard souligne que cette réalité chrétienne aux multiples visages est toute aussi importante pour lui et sa famille ; son épouse et leur fille sont orthodoxes, et pour la petite histoire, la famille compte parmi leurs aïeux un prêtre orthodoxe.
Quels sont les souhaits du président pour cette reprise d’une nouvelle année pastorale ?
Les chamboulements de cette longue « période covid » portent à redécouvrir ce que signifie « vivre en paroisse », notre attachement, ce qui nous lie. Ainsi, il souhaite être à l’écoute des besoins, des propositions, de la vie pastorale en générale. Il souhaite aussi renforcer les liens avec la communauté polonaise. Etre membre du Conseil de paroisse, c’est certes répondre aux exigences de l’administration, de la gestion, de veiller à l’équilibre des finances, mais c’est aussi participer concrètement à la vie de la paroisse comme tout collaborateur et bénévole. Edouard souhaite également que cette reprise se conjugue avec la mise en valeur des talents : aller de l’avant avec les collaborateurs, encourager les initiatives, déployer le goût du beau notamment grâce à la richesse artistique dont bénéficie la paroisse avec des « maestros » comme Humberto Salvagnin à l’orgue et Steve Dunn à la direction du Chœur mixte et de la Maîtrise.
Lorsqu’on évoque Einsiedeln, on pense à la « Vierge noire » et son importante dévotion ou encore au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Saviez-vous que le terme «Einsiedeln» est aussi utilisé pour qualifier une lignée de chevaux exclusivement élevés dans le couvent de cette commune? Visite guidée du haras d’Einsiedeln… au grand galop!
Des écuries millénaires
Le lieu retiré dans la « sombre forêt » dont saint Meinrad rêvait pour y fonder un ermitage n’a cessé de rayonner alentour. Aujourd’hui, la renommée de la gracieuse Madonne couronnée n’est plus à faire. D’aucuns lui préfèrent pourtant le profil chevalin des quelques compagnons équins de l’arrière-cour de l’abbaye. Là aussi, la notoriété de la sainte femme a laissé son empreinte. D’abord appelés Cavalli della Madonna (chevaux de Notre-Dame), le cheval de l’abbaye est aujourd’hui connu sous le nom d’Einsiedler. Les écuries de l’abbaye sont les plus vieilles d’Europe encore en exploitation (depuis 934). Dès la fondation, les moines provenant principalement de la noblesse et de la chevalerie amènent leurs montures avec eux. Les bêtes étaient d’abord élevées pour leurs propres besoins : voyager ou transporter des marchandises. Vers 1500, le marché des chevaux se développe, les écuries du monastère prospèrent et vendent des centaines de montures à travers l’Europe.
Un patrimoine vivant
à préserver
A partir de 1655, l’élevage se systématise. On répertorie la population de chevaux présente à l’abbaye. Une heureuse idée, car en 1798 les écuries sont pillées par les armées révolutionnaires françaises qui s’arrogent les plus belles bêtes. Un nouvel élevage est mis sur pied dans
les écuries du monastère sur la base des anciennes lignées
Einsiedeln. Le Marstall (écurie) d’Einsiedeln peut se vanter de posséder les plus anciens arbres généalogiques de chevaux d’Europe. Pour pérenniser cette tradition entamée il y a plus de 1000 ans, une importante rénovation du haras a eu lieu en 2001. Dans le même temps, la stratégie d’exploitation a été repensée. Les bâtiments du Marstall ont donc été loués par le monastère à la Marstall Kloster Einsiedeln Sàrl afin de poursuivre l’élevage traditionnel, gérer l’écurie et offrir des cours d’équitation.
Après les trois modules de Méditation et spiritualité dédiés à la pleine présence à soi, aux autres et au Tout-Autre, nous vous proposons une série de rencontres pour entretenir cette pratique.
Chaque soirée prévoit une méditation guidée, suivie d’un bref temps de partage libre. Ce sera l’occasion de goûter à l’expérience du silence, en résonance avec des textes de la tradition chrétienne.
Animation : Lia Antico, docteure en neurosciences cognitives et affectives à l’Université de Genève, enseignante mindfulness (Brown University, USA) et animatrice à l’Atelier œcuménique de théologie (AOT).
Dates : les vendredis 17 et 24 septembre ; 1er, 15 et 29 octobre ; 19 novembre et 3 décembre 2021, de 20h à 21h.
Lieu : paroisse Sainte-Marie-du-Peuple (Av. Henri-Golay 5, 1203 Genève) et, à distance, via « Zoom ».
Prix : libre participation aux frais d’animation (à verser sur place ou sur le compte du Service de la spiritualité).
Renseignements et inscriptions : spiritualite@cath-ge.ch ou
077 441 17 80 (Federica Cogo).
« Comment se débarrasse-t-on d’une infection virale ? Il n’y a qu’une seule réponse : les défenses élaborées par notre système immunitaire », ainsi s’exprimait dernièrement le docteur Jacques-André Haury en se désolant que nos autorités sanitaires n’aient pas mis l’accent sur la prévention tout au long de cette malheureuse pandémie.
Arrêter de fumer, s’alimenter sainement, boire du jus d’orange, manger du beurre, s’exposer au soleil, pratiquer régulièrement une activité physique, bien dormir, tout cela contribue largement à renforcer notre système immunitaire. Bien sûr que la fabrication dans un temps record des différents vaccins est à souligner et à féliciter. Peut-on dès lors parler d’une occasion manquée par un sauve-qui-peut général causé par un coronavirus semant la panique ? Oui, selon le constat que l’on est toujours plus intelligent après.
Pour nous, chrétiens, notre vaccin, c’est notre baptême mais pour qu’il agisse, il faut renforcer chaque jour son immunité qui passe par la prière quotidienne, la participation à l’eucharistie, la lecture et l’étude de la Parole de Dieu, l’engagement contre toutes les détresses qui nous entourent. Vaccinés et immunisés, nous contribuerons ainsi à rendre notre monde plus juste et plus fraternel.
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