Dessine-moi ton église ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

« Qu’est-ce que c’est pour toi – pour vous – l’église ? » Voilà la question à laquelle ont été confrontés ceux et celles qui s’expriment ici. A une exception près, ces deux petites filles qui, comme le font souvent les enfants, donnent une réponse à une question qui n’a pas encore été posée…

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTOS : PIXABAY, PASCAL TORNAY

Si on me dit le mot « église », je pense au bâtiment, à ces édifices où je vais retrouver une chaîne humaine qui remonte à des siècles, voire des millénaires… Ces gens s’y retrouvent parce qu’ils
s’interrogent sur leur vie ou qu’ils ont quelque chose à demander, ils se rassemblent pour une
eucharistie ou pour prier vers la croix, ils viennent là… Entrer dans une église, c’est déjà entrer en relation avec tous ces gens venus dans ce lieu depuis des siècles aux moments importants de leur vie… L’église, c’est le lieu habité de leur intention tournée vers le bon et le bien et cette intention m’attire et me plaît. L’église est aussi au croisement de la dimension verticale et horizontale. Le bâtiment lui-même symbolise ce croisement, la lumière qui traverse les vitraux, comme la transcendance, rejoint chaque personne, rejoint toutes ces intentions orientées vers le bien… C’est tout cela qui vient à moi quand j’entre dans une église…

Une personne qui travaille dans le quartier et qui commence ses journées
en passant un moment dans l’église paroissiale de Martigny

L’église… Ce monument ouvert à tous représente un havre de Paix où il fait bon se ressourcer. Il offre, entre autres, la tranquillité nécessaire et si rare pour se «recentrer».

Une habitante, non pratiquante, du quartier (Ville)

Pour moi, l’église, c’est plus la communauté que l’institution, et si je devais la dessiner, ce serait une bulle… Une bulle transparente dans laquelle on se met un peu en retrait, un lieu de ressourcement… Cette bulle te coupe du monde, mais en même temps, quand tu es dedans, tu es au milieu du monde…

Une libre-penseur

Dimanche matin. Je tente de faire mes exercices de flûte traversière mais le son des cloches de l’église remplit la rue et m’empêche de me concentrer. Machinalement, je joue d’oreille les notes du clocher que j’entends depuis bientôt huit mois tous les jours. Je regarde par la fenêtre et l’aperçoit, majestueuse.

Je la connais depuis enfant, ayant fait mon pardon, puis ma communion, et ensuite ma confirmation. C’est toujours la même, mais elle a évolué durant les années, entre les arbres qui ont poussé, les nouveaux locaux qui se sont construits, et les fidèles qu’elle a accueillis. Malgré mon parcours catéchétique exemplaire, je dois reconnaître que je ne suis pas une grande assidue des bancs de l’église. Pas de manière conventionnelle et attendue, je dirais. Mes parents n’étaient pas pratiquants et nous y allions uniquement pour la messe de Noël et de Pâques. Pour les mariages, ou les enterrements. La vie, en somme. J’ai pourtant toujours trouvé réconfort dans les églises. Plutôt dans une approche spirituelle que religieuse. J’y suis allée encore tout dernièrement, seule, profiter du silence et de la sécurité que m’offre le cœur de l’église, notamment en m’agenouillant devant Marie. Je ne sais pas si j’ai prié. Ni si je sais réellement comment faire. J’ai de vagues
souvenirs des prières apprises enfant mais qui, récitées d’un ton monotone, m’apparaissaient vides de sens. Mais je m’adresse souvent à Marie, plus qu’à d’autres personnes de la Bible ou à Dieu. Peut-être que je trouve en elle une présence maternelle et rassurante.

J’entre à l’église toujours avec émotion. Je fais le signe de croix et la génuflexion, avant de m’assoir dans les bancs. J’y ai souvent joué en tant que musicienne, soit pour accompagner le chœur mixte de la paroisse, ou encore avec l’Harmonie, pour la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. Jouer dans une église apporte une dimension divine et je suis toujours honorée de pouvoir mêler la musique à la spiritualité. En sortant de l’église et de sa dimension mystique, le choc avec la vie du quartier, bruyant et animé, me surprend à chaque fois. Il y a la bouchère qui fait sa pause, le patron du café sur sa terrasse, des enfants qui jouent près de la fontaine. Et tout cela forme finalement un bien joyeux mélange.

Viktoria Rausis, habitante du quartier (Ville)

Deux petites filles se rendent au Café du Parvis, ce lieu ouvert à tous, tous les lundis soir. Au vol, quelqu’un recueille cette perle de conversation enfantine : « Ça, c’est l’église où on mange la soupe ! »

Eglise ou église ?

Notez qu’en français, l’Eglise avec majuscule désigne la communauté ou l’institution, tandis qu’avec le terme église, on parle du bâtiment.

Quand je rentre dans une église comme celle de Martigny, je sens la dimension spirituelle, quelque chose qui m’élève et qui invite à être meilleure, à se tourner vers les autres, vers soi-même et vers ce que l’on peut appeler « Dieu »… C’est une invitation à sortir de soi-même, vers quelque chose de plus grand, qui nous dépasse… Et paradoxalement, l’Eglise est une source de souffrance, marquée, d’exclusion, de dogmes, de règles… Je peux entrer seule dans une église au moment où il n’y a pas d’office et me sentir vraiment bien, reliée à plus grand que moi, mais quand l’Eglise avec un grand E prend forme, je ne me sens plus du tout à ma place, j’éprouve comme un rejet…

Une croyante sans religion

Voilà l’église… dessinée par quelques personnes qui ne seront pas à côté de nous à la prochaine célébration. Elles retrouvent dans
ces murs, d’air ou de pierre, la présence qui nous dépasse ou le réconfort, le dialogue intérieur et aussi, mystérieusement, la présence des autres… Merci à eux pour le partage de leurs réflexions.

 

En librairie – octobre 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

L’Eglise a besoin de créatifs
Amarù Cazenave

Tandis que les outils numériques fleurissent et ne cessent d’évoluer, la communication dans l’Eglise peine et se cherche encore. Animé par sa foi et son désir de partager Jésus comme un « bon plan », Amarù Cazenave transmet son expérience personnelle de la télévision sur les réseaux sociaux et dans l’Eglise institutionnelle à travers son site « Jésus Box ». Sa passion de transmettre l’invite à mettre à disposition des outils, des savoir-faire, mais surtout aider les communicants à se poser les bonnes questions pour trouver des réponses créatives.

Nouvelle Cité

Acheter pour 30.80 CHF

Ta vie est une mission
Marguerite Chevreul

Ce livre propose un cheminement intérieur pour découvrir la mission propre à laquelle Dieu nous appelle, celle qui nous rendra heureux et sera utile pour le monde. A travers de nombreux exemples et des exercices concrets, Marguerite Chevreul nous apprend à reconnaître nos talents et à les exercer dans toutes les dimensions de notre vie, aussi bien personnelle que professionnelle. Quels que soient notre âge ou notre situation, nous découvrons ainsi nos ressources profondes, sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour identifier notre vocation personnelle et donner du sens à notre existence.

Editions Emmanuel

Acheter pour 22.50 CHF

Sam et Salem, Respect BD
Jôli

Au travers de 25 courtes histoires, Jôli, dessinateur et scénariste, marié et père de quatre enfants, vaudois de 46 ans, cherche à interpeller le lecteur en montrant qu’il est possible pour un chrétien d’avoir un ami musulman et vice versa. Ces histoires se passent dans un pays musulman imaginaire. Au travers de cette BD, Jôli souhaite encourager chacun à aller à la rencontre de l’autre afin de bâtir des ponts et détruire des préjugés. Humour, réflexions et découvertes qui ne laisseront pas le lecteur indifférent !

Jôli

Acheter pour 20.00 CHF

La fraternité sinon rien
Benoist de Sinety

Le père Benoist de Sinety, acteur incontournable de l’Eglise d’aujourd’hui, nous livre son regard sur les évènements de diverses natures qui ponctuent notre quotidien, dans une lecture chrétienne de l’actualité, nous permettant de prendre du recul. Fort de son expérience de pasteur attentif aux signes des temps, Benoist de Sinety, sans céder aux réactions à chaud de la dictature de l’immédiat, dénonce dans ces chroniques l’injustice et les faux-semblants tout en pointant les étincelles d’espérance qui habitent le monde et l’Eglise.

Salvator

Acheter pour 28.40 CHF

Pour commander

« Fruit de la vigne et du travail des hommes »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

PAR SIMON RODUIT | PHOTO : PIXABAY

Comme jeune prêtre, je découvre la joie d’être au service de tous et l’ampleur de la tâche de l’annonce du Royaume dans notre pays de mission qu’est le Valais. En cette période de vendanges, je ne peux m’empêcher de relire les paraboles de Jésus sur le Royaume qu’il compare à la vigne. Le Christ est la vigne sur laquelle nous sommes invités à rester attachés ou greffés par notre prière et les actes d’amour que nous posons, afin que coule dans nos veines la sève de la vie divine. Car le sarment qui est coupé de la vigne sèche et donc ne peut pas porter de fruit (Jn 15).

Parfois, par les épreuves de la vie, nous subissons l’émondage de la taille hivernale qui nous fait pleurer, à l’image du Christ sur la croix du côté duquel a coulé le sang, ce sang que l’on adore sous l’espèce du vin à chaque messe (Mt 26, 29). Cependant, cette taille est voulue par le Père qui est le vigneron, afin que le sarment porte plus de fruit. Elle est même nécessaire pour ne pas perdre notre énergie à produire de nombreux rameaux et des feuilles qui feraient de l’ombrage au raisin. Il est donc bon d’effeuiller un peu nos vies du superflu pour pouvoir mettre notre énergie dans l’essentiel : viser la sainteté par chacun de nos actes.

Cherchons dans notre vie chrétienne et communautaire à rester de simples intendants qui ne s’approprient pas la vigne du Seigneur comme les vignerons homicides (Mt 21), mais restons des gardiens de la vie que Dieu nous a donnée, comme Nabot avec la vigne qu’il avait héritée de ses pères (1 R 21). Confions au Seigneur tous les sarments des différentes communautés qui composent notre secteur, afin qu’Il visite cette vigne, la protège, elle que Sa main puissante a plantée (Ps 79), et afin qu’elle porte du fruit, du fruit en abondance.

Les contraintes d’un entrepreneur passionné

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

Pierre-Elie Carron est un jeune entrepreneur fulliérain né d’une famille où la passion pour la vigne se transmet de père en fils. Ambitieux et motivé, Pierre-Elie aime explorer, chercher pour aller toujours plus loin ! Ses diverses formations et expériences l’ont mené jusque dans un vignoble d’Afrique du Sud, d’où il revient en 2016, rempli du désir de lancer sa propre gamme de vins. Souhaitant mêler un respect maximum de l’écosystème avec les contraintes d’un entrepreneur aux prises avec la nécessité de produire et de dégager un profit, il raconte comment il résout cette difficile équation.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : PEC-VINS.CH

Qu’est-ce qui vous fascine tant dans cet univers de la vigne et du vin ?

Le premier aspect qui m’a fasciné a été le fait de travailler avec la nature. Le fait de chaque jour être dehors à vivre avec la météo, avec la plante, d’essayer de la conduire au quotidien pour obtenir les meilleurs fruits. Ensuite, la partie vinification est entrée dans ma vie. Dès ce moment, la fascination est plus personnelle. Le fait de pouvoir donner un style à mes vins, de pouvoir exprimer mon caractère à travers ce merveilleux produit et enfin de laisser une certaine trace. J’espère toujours que certaines de mes bouteilles vivront plus longtemps que moi !

Quelles valeurs sont à la source de votre entreprise viticole ?

Les valeurs fondamentales de mon exploitation sont de produire dans le respect de la nature et de l’humain. Pour respecter au mieux la nature, j’essaie de produire le plus possible en respectant des normes écologiques et de promotion de la biodiversité. Je limite la production afin de garantir la longévité des ceps de vignes. Concernant l’aspect humain, j’ai à cœur que mes employés se sentent le mieux possible dans l’exploitation, cela va de la simplification des méthodes de travail à un salaire correct tout en passant par un respect mutuel.

Concrètement, quelles contraintes limitent votre souhait de travailler et de produire dans un strict respect de l’écosystème ?

La première est structurelle. Comme jeune entreprise, j’ai récupéré beaucoup de vignes plutôt âgées et pas toujours très faciles
à travailler (forte pente, type de culture…). C’est pour cette raison qu’actuellement, je transforme certaines parcelles. Ce qui devrait me permettre de produire en respectant davantage l’écosystème (enherbement, facilité de traitement). C’est aussi un problème lors des sulfatages. En effet, aujourd’hui, comme une grande majorité est réalisée à l’atomiseur, j’ai besoin de beaucoup de temps pour effectuer cette tâche sur l’ensemble du domaine. C’est un travail également très éprouvant physiquement. J’aimerais réaliser la protection phytosanitaire selon les normes bio. Comme ces produits sont sensibles au lessivage par la pluie, il faut traiter à nouveau dès la fin de grosses pluies. Actuellement, mon délai d’intervention est trop long pour profiter des petites fenêtres météo comme nous en avons eu cette année. Je ne perds pas espoir, car cela prend du temps mais, d’ici quelques années, cela sera possible.

Est-il possible, selon vous, de travailler sans aucun adjuvant ? Pour quelles raisons ?

Au niveau viticole, c’est impossible ! La vigne est une plante très sensible aux maladies fongiques. On explique cela par le fait qu’elle n’a pas évolué avec la présence de ces maladies. En effet, le mildiou et l’oïdium, les deux principales maladies, ont été importées d’Amérique. Du coup, la vigne n’a tout simplement pas les défenses nécessaires pour combattre ces champignons. Il est ainsi obligatoire pour le vigneron, s’il veut pouvoir produire du fruit, d’appliquer des produits phytosanitaires (bio ou de synthèse) sur les vignes.

Au niveau de la vinification, il est plus probable de se passer
d’adjuvant. Actuellement, il y a une « polémique » sur l’utilisation des sulfites dans le vin. Il s’agit d’un conservateur, d’origine
naturel – c’est simplement du soufre – qui permet de maintenir les qualités du vin. En fait, le vin est un stade intermédiaire entre le fruit et le vinaigre qui est la forme stable du jus de fruit. Comme on préfère boire du vin que du vinaigre 😉, on essaye de le protéger au mieux. Il serait possible de se passer d’adjuvant pour le vin à condition d’être très attentif lors du stockage et de le garder le plus possible au frais pour éviter une développement d’éventuelles bactéries.

La foi jouerait-elle un rôle dans votre manière de voir le travail de la vigne et du vin ?

Je ne dirais pas directement la foi, mais plutôt l’éducation chrétienne que j’ai reçue de mes parents. Je travaille toujours dans l’idée de donner le meilleur de moi-même tout en respectant les autres. Je suis le plus souvent possible disponible pour aider un collègue en difficulté. La viticulture est un métier difficile : ce n’est que grâce au soutien mutuel que nous pouvons tous vivre de notre passion. La vigne, le vin et le christianisme sont intimement liés, et j’espère qu’ils le resteront. C’est en quelque sorte grâce aux chrétiens que la vigne a pris tant de place en Europe et me permet de perpétuer la tradition…

Qui était saint Martin de Tours ?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur Val d’Hérens (VS), octobre 2021

Saint Martin est devenu le symbole du partage en offrant une partie de son manteau à un pauvre. Un geste qui lui a donné une immense popularité qui perdure encore de nos jours.

TEXTE ET PHOTO PAR MONIQUE GASPOZ

Comment le connaît-on ?

C’est par le récit, écrit vers 396, d’un certain Sulpice Sévère, admirateur de Martin, que nous est parvenu un récit de la vie du saint. Il raconte sa vie, dans un texte enthousiaste qui met en valeur les vertus d’un homme qui conduit au Christ et habité par lui. Certaines parties du récit tiennent de la biographie et d’autres de la légende.

Son origine

On situe sa naissance en Hongrie, vers 316. Son père était tribun militaire. En contact avec des chrétiens, le jeune Martin se convertit très tôt au christianisme, car il se sent attiré par le service du Christ. Dès son adolescence, il est enrôlé dans l’armée romaine. Conformément à son grade militaire, il possède un esclave, mais selon l’auteur du récit, il le traite comme son propre frère.

L’épisode du manteau

Affecté dans l’armée romaine à Amiens, en Gaule, un soir d’hiver, le légionnaire partage son manteau avec un mendiant transi de froid. Pourquoi n’a-t-il pas donné tout le manteau ? Il tranche son manteau ou du moins la doublure de sa pelisse, car le manteau appartenait à l’armée, mais chaque soldat pouvait le doubler par un tissu ou une fourrure, à ses frais. Martin a en effet donné toute la part qui lui appartenait. La nuit suivante, Martin rêve du Christ revêtu de la part du manteau qu’il a donnée. Dès lors, Martin est baptisé et quitte l’armée.

Martin, évêque

Martin rejoint ses parents et obtient que sa mère soit baptisée. Puis il revient en Gaule et s’installe dans un ermitage. Sa réputation d’homme priant est connue loin à la ronde. Des gens viennent de Tours le trouver, en quête d’un évêque. Martin accepte et prend à cœur sa nouvelle fonction. Il fonde également un monastère à Marmoutier, près de Tours. Il voyage à travers toute la Gaule. On lui attribue de nombreuses guérisons ainsi que des gestes de miséricorde. Il est à l’origine des premières paroisses et de l’évangélisation dans les campagnes.

L’été de la Saint-Martin

Alors qu’il est très âgé, il est sollicité pour réconcilier des clercs plus loin que Tours. Il s’y rend et son intervention est un succès. Mais le lendemain, le 8 novembre 397, épuisé, il meurt. On le ramène à Tours où il est enterré le 11 novembre. Une légende dit qu’il a fait un temps très doux durant ce dernier voyage de son corps et que même des fleurs se sont mises à éclore lors de son passage. Cette histoire a donné naissance à l’expression « été de la Saint-Martin » pour qualifier la douceur de certains mois de novembre.

Saint Martin est fêté le 11 novembre, date de son enterrement à Tours.

 

Sous le soleil du Bon Dieu

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), octobre-novembre 2021

Les pieds sur terre, un caractère bien trempé, un sourire communicatif, une générosité jamais prise en défaut ! Elle est pourtant difficile à cerner, Romaine Pouget et pour cause ; elle a la liberté des personnes qui ont mis leur vie entre les mains de Dieu et n’a qu’un seul credo : aimer son prochain comme Dieu l’aime, elle. Alors, le plan de carrière, très peu pour elle… et c’est certainement pour cela que tout lui réussit. Entretien.

PAR MICHEL ABBET
PHOTOS : COLLECTION ROMAINE POUGET

Romaine, l’année dernière fut une année charnière…

Oui et non. Je sentais intérieurement qu’il fallait changer, donner une autre orientation à ma vie. L’épuisement professionnel guettait, il fallait dire stop.

Et tu as démissionné du poste de médecin-chef de l’hôpital de Martigny, que tu occupais depuis neuf ans. Vu de l’extérieur, c’était surprenant !

Certainement, puisque je n’avais pas d’autre poste en vue. Toutefois quand on s’épuise dans une situation et qu’il n’y a pas de développement possible malgré tous les efforts fournis, je crois qu’il faut savoir se retirer, quitter. J’ai longtemps hésité avant de prendre cette décision, notamment par souci de ce que cela allait impliquer pour le site de Martigny. J’ai confié mon avenir professionnel à la vierge Marie et finalement il m’est paru clair qu’il fallait aller « plus loin », même si on ne sait pas d’emblée « où » cela va nous mener. Maintenant, avec le recul, je me dis que c’était une « décision inspirée ». Mais cela n’a pas été tout seul.

Tu as « galéré » quelque peu ?

Disons que dans ma vie, j’ai l’habitude de répondre à un Appel… Et là, à part l’appel à quitter, je n’entendais pas l’Appel avec A majuscule, donc ça me stressait forcément un peu. C’est comme quand on marche en montagne dans le brouillard et qu’on voit un piquet après l’autre mais pas le but. J’avais depuis un moment l’idée de m’octroyer une année sabbatique pour prendre de la distance et donner de ma personne autrement et ailleurs. Des séjours en Argentine, au Togo et au Vietnam étaient envisagés… mais tous ces projets ont été systématiquement contrariés par la pandémie… rien de ce que je programmais ne se concrétisait. Comme je suis peu patiente de nature, je n’ai pas trouvé ça très confortable sur le moment !

Les piquets ?

Un des piquets a été par exemple « Notre Dame du Mont-Carmel ». Mon père Gaspard avait fait l’AVC (qui a conduit à son décès) le 16 juillet 2019, jour de Notre Dame du Mont-Carmel, alors que j’étais précisément à Lourdes (c’est aussi le dernier jour des apparitions). Par la suite, de façon assez incroyable (cf. suite…), je me retrouvais sans l’avoir prémédité très souvent dans des lieux qui lui étaient dédiés.

Et…

En septembre 2020, alors que le « plan Argentine » devenait une nouvelle fois très incertain, le Seigneur a soufflé à ma sœur Bénédicte d’aller demander au prêtre béninois Gildas Chibozo de « prendre Romaine au Bénin ». Il lui a répondu : « Oui, bien sûr, c’est une très bonne idée on va demander au père Théophile Akoha »… qui a dit : « Qu’elle vienne et on verra ! » Une fois de plus il a fallu attendre… La deuxième vague du Covid est arrivée en automne. Evidemment il fallait aider, j’ai repris provisoirement du service à l’hôpital de Martigny pour six mois, pour passer le gros de la crise.

Finalement…

Finalement la situation sanitaire s’est calmée et j’ai enfin pu « mettre les voiles ». Je suis partie pour Cotonou le lundi de Pâques 2021 et y suis restée presque trois mois. La semaine je travaillais à l’hôpital Saint-Luc (qui est le deuxième plus grand hôpital de Cotonou en termes d’affluence et qui dépend de l’archidiocèse de Cotonou), m’occupant surtout de la médecine interne et de la réanimation. J’étais logée à la résidence des prêtres, près de l’institut Jean-Paul II (Institut de formation notamment en pastorale de la famille ou les diocèses d’Afrique de l’Ouest envoie des prêtres, agents pastoraux se former pour 2-3 ans), ce qui m’a permis d’avoir la messe quotidienne et de faire communauté avec eux.

Et… j’ai découvert après deux semaines que la statue de l’oratoire qui est dans cour de l’hôpital Saint-Luc est… Notre Dame du Mont-Carmel !

On voit tes yeux briller !

Oh oui ! Rien ne m’a coûté ! J’ai très rapidement réalisé que j’allais devoir longtemps dire merci pour cette Afrique. C’est comme si le Seigneur m’avait mise globalement en été. Je n’avais qu’à soigner les personnes, à prier, à découvrir des frères et sœurs aux magnifiques valeurs humaines et un nouveau pays. Grande joie intérieure de partager avec eux cette simplicité de vie, de découvrir une autre culture, de chanter et prier avec eux et de prendre soin d’eux comme ils ont si bien pris soin de moi.

Magnifiques valeurs humaines ?

La première chose qui m’a sauté aux yeux quand je suis arrivée au Bénin, c’est la vie ! La joie, la relation avec Dieu, avec les autres, en toute simplicité. Je me suis sentie d’entrée bien, dans une société où les valeurs essentielles vont de soi. Les gens parlent naturellement de Dieu par exemple et ceci quelle que soit leur religion. On « rend grâce » parce que l’on a bien dormi, on « bénit » le Seigneur d’être en vie, on demande une « pluie de bénédictions » pour celui qui a son anniversaire, on lui demande de nous soutenir dans tous les passages difficiles, bref, Dieu fait partie du « quotidien ». Le contexte fait que l’on a vraiment conscience que la vie est passagère et qu’elle peut basculer à tout moment.

Et par rapport à nos valeurs ?…

Par rapport aux « couleurs et à la chaleur » africaines, une impression un peu de « gris et de froid » au niveau de l’humanité occidentale, comme si l’on s’était mis un peu en hypothermie générale… Peut-être parce que de ce côté-ci, pour le moment, on a mis de côté la Source de la Vie… en pensant être des sources nous-mêmes et en éludant au maximum les questions existentielles essentielles… en courant dans tous les sens…

Au niveau médical…

Bien sûr, c’est un peu un « désert » au niveau des moyens techniques et il faudra vraiment les aider pour ceci. On peut aussi parfois imaginer une meilleure organisation pour sauver des vies, mais les qualités humaines des soignants sont remarquables, de même que l’attitude des malades et de leurs proches qui se plaignent rarement. Beaucoup de malades relativement jeunes ne peuvent être sauvés, mais quand on a fait « tout ce qu’on a pu » on le confie à Dieu. Il y a très peu de révolte par rapport au départ d’une personne.

Tu vas donc retourner au Bénin ?

Grace à Dieu, oui ! A mon retour, j’ai vraiment ressenti le désir de pouvoir donner un peu de mon temps et de mes compétences à cette chère terre africaine qui me fait d’ailleurs tant de bien. Comme le Seigneur nous fait toujours désirer ce qu’Il veut nous donner, Il m’a trouvé un super plan professionnel « africo-compatible ». Je suis engagée dès septembre comme médecin-chef adjoint dans le service d’urgences de l’hôpital du Jura ce qui me permet de partir deux fois deux mois par an au Bénin, ce qui me permettra, entre autres, de contribuer au développement des soins aigus de l’hôpital Saint-Luc et de former les médecins sur place. La proposition écrite des ressources humaines m’est arrivée…le 16 juillet (jour de Notre Dame du Mont-Carmel)…

Alors, pour en parler, on prend rendez-vous pour un prochain entretien ?

Volontiers. A Cotonou ?

Merci beaucoup Romaine, bon vent et que Dieu t’accompagne !

S’abonner à L’Essentiel en mode numérique, c’est possible !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2021

En lien avec les Editions Saint-Augustin, la rédaction de votre magazine préféré vous propose un nouveau type d’abonnement, numérique, à un prix très intéressant durant cette première année.

TEXTE ET PHOTO PAR PASCAL TORNAY

Fruit d’une collaboration avec les Editions Saint-Augustin, cette nouvelle offre numérique sera disponible dès le 1er octobre 2021. Dès lors, il sera possible de s’abonner à L’Essentiel, votre magazine paroissial, par le biais de vos petits écrans et de le recevoir, 9 fois par an, sous une forme numérique, consultable sur tous les supports connectés. Il sera possible de régler votre abonnement directement en ligne avec une carte bancaire.

Pour les lectrices et lecteurs déjà abonnés, rien de changé ! Si ce n’est que vous avez un accès privilégié, pour le même prix et si vous le souhaitez, à la version numérique. Pour cela, il vous suffit de vous enregistrer. Pour ce faire, rendez-vous sur la page L’Essentiel du site de votre paroisse.

Nous proposons cet accès numérique à un tarif promotionnel de Fr. 30.– pour un an pour tout nouvel abonnement conclu et ce, jusqu’au 30 septembre 2022.

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En outre, vous avez toujours le loisir de soutenir votre paroisse par un don complémentaire. Vous pouvez payer par carte de crédit ou par facture ou par Twint.

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Depuis les Actes, l’histoire de la Parole

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO : DR

Dans le prolongement des évangiles, le livre des Actes des Apôtres présente la Parole de Dieu comme l’acteur principal de l’histoire du salut: «La Parole de Dieu croissait et se multipliait», affirme l’auteur au terme des deux premières séquences de la narration. (Actes 12, 24)

Dans la première, l’Esprit Saint, promis par le Père, se répand en abondance comme des langues de feu sur le groupe des douze et les rend capables d’annoncer l’Evangile dans toutes les langues de la terre, lors de l’événement fondateur de la Pentecôte (2, 1-13). De discours en guérisons, de comparutions en emprisonnements et en libérations miraculeuses, les apôtres déploient les potentialités de la Bonne Nouvelle à Jérusalem et constituent la première communauté chrétienne (2, 42-47 ; 4, 32-35). Après chaque persécution, ils reviennent auprès des leurs et rapportent les merveilles réalisées en eux et à travers eux par le Seigneur, si bien qu’une nouvelle Pentecôte leur advient pendant leur prière commune (4, 23-31). Puis, en un dynamisme irrésistible, la force de l’Esprit multiplie les fruits de la Parole dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre, ainsi que le Christ l’avait annoncé avant son Ascension auprès du Père (1, 8).

Les voyages de Paul

Dans la deuxième séquence (6 à 12), les sept diacres sont institués, avec Etienne et Philippe. Puis Saül est mis à bas de sa monture lors de sa vocation. Ensuite, Pierre baptise le centurion Corneille et tous les siens. Enfin l’Eglise d’Antioche se fonde là où « pour la première fois les disciples reçurent le nom de « chrétiens » » (11, 26).

Par la suite, la question de l’accès des païens, à la foi, sans avoir à passer par la circoncision et la loi juive une fois réglée (par le concile à Jérusalem en Actes 15, 3e séquence), s’ouvre la dernière partie du récit avec les multiples voyages de Paul et ses plantations d’Eglises sur tout le pourtour de la Méditerranée, jusqu’à son dernier trajet vers Rome (16-28).

Depuis, c’est l’Esprit du Seigneur qui continue de manifester la fécondité de son message de libération, entre ombres et lumières, dans l’histoire de l’Eglise. A nous d’écrire les actes des témoins du XXIe siècle !

Histoire des papes

PAR THIERRY SCHELLING
PHOTO : DR

On dit de Jean XXIII qu’en connaisseur de l’histoire de l’Eglise et des Conciles, il aurait pris deux décisions en conséquence: s’appeler Jean (pour contrecarrer l’interruption, à cause d’un antipape, des papes légitimes nommés Jean) et convoquer Vatican II…

Nombreuses sont les « Histoires des papes », de von Pastor (16 volumes de 1886 à… 1961 !) à Rendina (2020) rééditée 6 fois depuis 1983 ; la papauté racontée décline maintes formes de gouvernement, du « paterfamilias » au césaro-papisme 1, moults développements du génie humain dans toutes les disciplines (arts, politique, économie…); elle est à l’origine d’incomparables atlas de cartographies en lien avec la colonisation des terres (pardon, l’évangélisation !)… Mais le Pape, c’est l’Eglise ?

Histoire de l’Eglise

Oui, du lui à Elle, il n’y a souvent qu’un pas (ou deux !) : de la tendancieuse Histoire de l’Eglise, de Daniel-Rops à la Nouvelle Histoire de l’Eglise de Daniélou et Marrou (notez l’adjectif !), en passant par le rigoureux Handbuch der Kirchengeschichte par Jedin, on culmine en termes d’exhaustivité objective, peut-être, dans les 13 volumes de Histoire du christianisme de Mayeur et cie. Tout ce développement en quelques décennies, de 1948 à 2000 pour les auteurs cités ! Mais on s’écarte du Pontife pour se concentrer sur les communautés locales (diocèses, paroisses…).

Sacrée histoire !

« Une fois que tu connais cette histoire papale, il n’y a pas grand-chose qui se passe dans la curie du Vatican et dans l’Eglise d’aujourd’hui qui puisse te choquer » 2, confesse le pape François qui raconte que dans son exil de Córdoba, il avait lu les 37 volumes de Histoire des papes de von Pastor. « C’était comme si le Seigneur me préparait avec un vaccin » ! Croyait-il si bien dire ?

1 L’étude de la coiffe papale est à ce titre révélatrice !
2 Un temps pour changer, Paris-Flammarion, p. 69.

Le « cordon de prière » de frère Nicolas

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), octobre 2021

PHOTO : DR

Le « Bätti » de frère Nicolas est une imitation du « cordon de prière », comme on peut le voir sur la représentation la plus ancienne de frère Nicolas. Le tableau de 1492 laisse à penser que frère Nicolas possédait un cordon de prière avec 50 perles de bois, sans division en dizaines. Au lieu de la croix habituelle, il y avait un anneau.

Nous ne savons pas exactement comment frère Nicolas a utilisé ce cordon de prière. Dans la biographie de Witwyler de 1577, il est écrit : « Il avait l’habitude d’avoir en main le signe chrétien que nous appelons « Paternoster » ou « Bätti ». Il n’avait pas honte de prier avec cela. »

La prière du Rosaire, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est née au début du XVe siècle et s’est répandue lentement. Il est peu probable que frère Nicolas ait connu cette forme de prière. Mais il y avait à l’époque d’autres coutumes pour prier avec un cordon de prière. Le nom « Nöschter » pour ce cordon a été conservé dans certaines régions jusqu’à aujourd’hui. Il se réfère à la coutume de prier un « Notre Père » pour chaque perle. Ceux qui savaient lire priaient 3 fois 50 psaumes ; les autres priaient 3 fois 50 « Notre Père ». Souvent, on priait aussi 50 « Je vous salue Marie » ou 50 fois « Notre Père » avec le « Je vous salue Marie ».

Dans une biographie du XVIe siècle, il est dit que frère Nicolas avait l’habitude de prier ensemble le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie ». Le « Je vous salue Marie », à ce moment-là, ne consistait qu’en la première partie. Ce sont des versets des Evangiles (Luc 1, 28-42), auxquels on a rajouté les noms de Jésus et de Marie.

D’autres formes de prière semblable au chapelet que frère Nicolas connaissait vraisemblablement sont : La « Grande Prière » (Méditation de l’Histoire du Salut en 92 méditations, auxquelles s’ajoutent des « Notre Père » et des « Je vous salue Marie »), l’« Admonition du Christ » (qui consiste en 15 « Notre Père » intercalés de textes de prières), et les « Cent contemplations de la Passion du Christ » du Mystique Heinrich Seuse. Il y avait encore d’autres coutumes de prière, pour lesquelles le cordon de prière était une aide utile.

 

La croix, au cœur de la pandémie

Le pape François a accepté de mettre autour de son cou une petite croix en bois d’olivier. Une belle avancée
dans le soutien au projet de Daniel Pittet. Bien avant le geste significatif du pontife, plus de cent mille croyants l’avaient déjà effectué, une initiative visant à soutenir les chrétiens de Bethléem privés du tourisme à cause de la pandémie. Un bout de Terre sainte à porter sur soi.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER

Pouvez-vous me raconter la genèse du projet de cette croix ?

Je passe de temps en temps à la Fille-Dieu pour rendre visite au père Benoît-Marie. Je le connais depuis toujours. Nous nous sommes rencontrés lorsque j’étais pensionnaire à Einsiedeln. Nous discutons un peu, bien entendu de la pandémie, et là, il me dit : « Tu connais les Pestkreuz ? »
[Voir encadré]. Cela me disait vaguement quelque chose. Ensuite il ajoute : « Nous pourrions faire des croix avec, comme inscription, O Crux Ave et les distribuer aux gens. » Nous avons donc lancé la production des premières dix mille croix. Puis j’ai écrit aux paroisses catholiques de Suisse pour en faire la promotion. Un pasteur m’a ensuite conseillé de prospecter du côté protestant, mais avec un autre slogan. Depuis, les commandes ne cessent d’affluer. Du côté catholique, cela a mis plus de temps.

Les croix peuvent être commandée sur le site www.croix-bethlehem.ch.

Vous attendiez-vous  à un tel engouement ?

Pas tellement, mais je suis habitué aux histoires folles ! J’ai aussi beaucoup prié pour obtenir le feu vert de Dieu. Et puis, je suis plutôt bon pour trouver des solutions afin que cela fonctionne.

Votre notoriété a-t-elle favorisé  le succès du projet ?

Ma vie est très connue dans la région. A vrai dire, mon histoire est très proche de la croix. Sans elle, il n’y a pas de Jésus. Et comme tout le monde, je porte ma croix. Ce projet représente beaucoup pour moi.

Ces croix ont pour optique de pousser les gens à prier plutôt que de se lamenter. Est-ce que notre société n’est pas  suffisamment priante ?

Nous avons perdu ce côté simple. En Europe, on pense d’abord à se faire du pognon, quoi qu’il arrive. Jésus, ça sera pour une autre fois. A cela s’ajoute la recommandation, durant la pandémie, de regarder les messes à la télévision, en expliquant que la communion subsiste dans le cœur. Les fidèles se sentent abandonnés et finissent par ne plus croire. Ces croix sont arrivées et j’ai réalisé que quelque chose manquait. Je crois vraiment que le côté missionnaire fait défaut ici.

Certaines personnes ont-elles retrouvé le chemin de la prière grâce à ces croix ?

Ceux qui l’ont retrouvé sont surtout ceux qui ne croyaient pas à grand-chose. C’est un peu dur à dire (silence)… mais certaines personnes prennent ces croix comme une sorte de grigri que l’on garde au fond de sa poche. D’un autre côté, de magnifiques témoignages nous sont revenus suite à leur distribution.

Plus qu’une prière, ces croix redonnent espoir et travail à toute une population…

Ces gens pleurent littéralement, car ils ne possèdent rien. Et ce projet a été providentiel pour toute une population.

Vous avez obtenu une audience auprès du Pape. Porte-t-il une de vos croix ?

Je voulais absolument qu’il mette la croix afin d’encourager les gens qui travaillent à Bethléem. Il a été d’accord de poser pour la photo. Cela a aussi donné un nouvel essor au projet. Le Pape a vraiment compris combien la pandémie fait souffrir et surtout, que le domaine spirituel n’est pas toujours bien pris en compte.

Vous fourmillez de projets. Etes-vous déjà en train de penser au suivant ?

J’ai un tas d’idées, mais je désire aller jusqu’au bout de celui-ci. L’objectif ? Produire des croix pour les JMJ. Il faut donc réunir suffisamment d’argent pour en faire fabriquer environ un million ! Et puis je prie beaucoup.
Je dis à Jésus : « Bah, si tu veux pas, on s’arrête et le tour est joué ! »
Je n’ai pas besoin d’être reconnu, je le suis déjà trop (sourire).

Un bout de Terre sainte pour redonner espoir

Sitôt l’idée soufflée par son ami prêtre, l’auteur de Mon Père, je vous pardonne prend contact avec George Handal, directeur de Caritas Jérusalem. Lors des JMJ de Panama, il avait déjà fait fabriquer des chapelets en bois d’olivier par des artisans de Bethléem. Durement affectée par la pandémie, cette région peine à se relever.

L’initiative offre donc à de nombreuses familles chrétiennes la possibilité de percevoir un revenu plutôt que de vivre de l’aide d’urgence. Quant à la famille Pittet, tout le monde participe. Sa femme et sa fille préparent les croix pour l’expédition et le processus est bien rodé ! Emballées dans un sachet avec une carte sur laquelle figure une prière, elles se veulent des Pestkreuz (croix de peste) modernes. Ces dernières existent depuis le Moyen Age. On les donnait aux fidèles lors de graves épidémies pour demander à Dieu la fin du fléau.

Les grâces de l’engagement au service de la paroisse

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), octobre 2021

PAR ANNE-MARIE COLANDREA
PHOTO : EDOUARD CRESTIN-BILLET

Edouard Crestin-Billet a accepté la charge de président du Conseil de paroisse, nommé et élu par l’assemblée générale des paroissiens en juin 2021. Comme il l’exprime lui-même: «Je suis président, non pas parce que je l’ai voulu, mais parce que j’ai été porté et appelé.» En y réfléchissant, n’est-ce pas ainsi que s’engage toute action, tout bénévolat dans l’Eglise ? Tout commence par une proposition, un appel, une amitié.

Comment se vivent ces premiers mois à la présidence du CP ?

« Ça se passe et c’est une grâce » *, dit-il avec un grand sourire et un vif enthousiasme.

Edouard n’est pas nouveau dans ce bénévolat, il participe depuis 15 ans au CP. Plus récemment, il a été vice-président aux côtés de Benoit Caron, son prédécesseur, pendant une période de renouvellement et d’intérim depuis l’automne 2020, dans la vague des confinements et autres adaptations aux mesures sanitaires.

Il précise qu’au sein du conseil chacun a un rôle particulier, apporte ses compétences tant personnelles que professionnelles. Le président aide à coordonner les actions, répondre aux besoins de présence, être en quelque sorte une personne référente, en particulier auprès des salariés de la paroisse. Il tient à se rendre disponible. Toutefois, c’est en pleine collégialité que se conçoivent les tâches au sein du conseil. Une paroisse, c’est comme une petite entreprise, ajoute-t-il, il est important de veiller à ce qu’elle fonctionne bien sinon cela peut porter préjudice à la vie pastorale.

C’est bien ainsi que les membres du Conseil de paroisse – comme d’ailleurs ceux du Conseil de communauté – entendent offrir de leur temps. Ils se mettent avant tout au service de la pastorale en étroite collaboration avec le curé, et plus largement avec les membres de l’équipe pastorale des trois communautés de l’unité pastorale. Ce sont avant tout des paroissiens qui coopèrent au cœur de la communauté paroissiale.

Edouard Crestin-Billet a toujours été un paroissien de l’UP ; résidant sur le territoire de Sainte-Thérèse, il fut baptisé à Saint-Joseph. Son parcours de vie, comme ses engagements révèlent un « cœur vibrant en Christ, en Eglise ». Après une scolarité auprès des Chanoines de Saint-Maurice en Valais, il revient à Genève pour ses études supérieures, à l’Uni en Sciences économique. Ses expériences professionnelles lui font découvrir que même dans les milieux de la finance, de la banque ou du conseil en entreprise, de vraies questions se posent : telles que l’attention à l’environnement, ou encore la sensibilisation aux thèmes de la Doctrine sociale de l’Eglise, la solidarité, la centralité de la personne humaine… Autant de facteurs qu’il retrouve en qualité de membre de la Direction de Caritas.

Si on lui demande de tirer les traits caractéristiques de la paroisse Sainte-Thérèse, il rappelle qu’elle est « jumelée » en unité pastorale avec la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives, ce qui souligne les différences et les complémentarités entre les deux communautés. La situation géographique est le reflet de ces nuances : Champel est plus en périphérie du centre-ville, comme en zone résidentielle, alors que les Eaux-Vives sont au cœur même de l’activité citadine.

Edouard tient aussi à souligner la longue histoire d’œcuménisme avec l’Eglise réformée du quartier Champel-Malagnou, des relations qui perdurent au fil des gestes communs, des rencontres, des liturgies, et enracinent les liens d’amitié.

La communauté paroissiale de Sainte-Thérèse, c’est aussi les liens plus étroits avec la communauté polonaise du Grand Genève dont Sainte-Thérèse est le port d’attache : c’est une richesse et un défi d’intégration réciproque sans cesse renouvelés.

Edouard souligne que cette réalité chrétienne aux multiples visages est toute aussi importante pour lui et sa famille ; son épouse et leur fille sont orthodoxes, et pour la petite histoire, la famille compte parmi leurs aïeux un prêtre orthodoxe.

Quels sont les souhaits du président pour cette reprise d’une nouvelle année pastorale ?

Les chamboulements de cette longue « période covid » portent à redécouvrir ce que signifie « vivre en paroisse », notre attachement, ce qui nous lie. Ainsi, il souhaite être à l’écoute des besoins, des propositions, de la vie pastorale en générale. Il souhaite aussi renforcer les liens avec la communauté polonaise. Etre membre du Conseil de paroisse, c’est certes répondre aux exigences de l’administration, de la gestion, de veiller à l’équilibre des finances, mais c’est aussi participer concrètement à la vie de la paroisse comme tout collaborateur et bénévole. Edouard souhaite également que cette reprise se conjugue avec la mise en valeur des talents : aller de l’avant avec les collaborateurs, encourager les initiatives, déployer le goût du beau notamment grâce à la richesse artistique dont bénéficie la paroisse avec des « maestros » comme Humberto Salvagnin à l’orgue et Steve Dunn à la direction du Chœur mixte et de la Maîtrise.

Les chevaux de Notre-Dame

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : MARSTALL EINSIEDELN

Lorsqu’on évoque Einsiedeln, on pense à la « Vierge noire » et son importante dévotion ou encore au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Saviez-vous que le terme «Einsiedeln» est aussi utilisé pour qualifier une lignée de chevaux exclusivement élevés dans le couvent de cette commune? Visite guidée du haras d’Einsiedeln… au grand galop!

Des écuries millénaires

Le lieu retiré dans la « sombre forêt » dont saint Meinrad rêvait pour y fonder un ermitage n’a cessé de rayonner alentour. Aujourd’hui, la renommée de la gracieuse Madonne couronnée n’est plus à faire. D’aucuns lui préfèrent pourtant le profil chevalin des quelques compagnons équins de l’arrière-cour de l’abbaye. Là aussi, la notoriété de la sainte femme a laissé son empreinte. D’abord appelés Cavalli della Madonna (chevaux de Notre-Dame), le cheval de l’abbaye est aujourd’hui connu sous le nom d’Einsiedler. Les écuries de l’abbaye sont les plus vieilles d’Europe encore en exploitation (depuis 934). Dès la fondation, les moines provenant principalement de la noblesse et de la chevalerie amènent leurs montures avec eux. Les bêtes étaient d’abord élevées pour leurs propres besoins : voyager ou transporter des marchandises. Vers 1500, le marché des chevaux se développe, les écuries du monastère prospèrent et vendent des centaines de montures à travers l’Europe.

Un patrimoine vivant

à préserver

A partir de 1655, l’élevage se systématise. On répertorie la population de chevaux présente à l’abbaye. Une heureuse idée, car en 1798 les écuries sont pillées par les armées révolutionnaires françaises qui s’arrogent les plus belles bêtes. Un nouvel élevage est mis sur pied dans
les écuries du monastère sur la base des anciennes lignées
Einsiedeln. Le Marstall (écurie) d’Einsiedeln peut se vanter de posséder les plus anciens arbres généalogiques de chevaux d’Europe. Pour pérenniser cette tradition entamée il y a plus de 1000 ans, une importante rénovation du haras a eu lieu en 2001. Dans le même temps, la stratégie d’exploitation a été repensée. Les bâtiments du Marstall ont donc été loués par le monastère à la Marstall Kloster Einsiedeln Sàrl afin de poursuivre l’élevage traditionnel, gérer l’écurie et offrir des cours d’équitation.

Méditation et spiritualité

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), septembre 2021

PHOTO : DR

Rencontres

Après les trois modules de Méditation et spiritualité dédiés à la pleine présence à soi, aux autres et au Tout-Autre, nous vous proposons une série de rencontres pour entretenir cette pratique.

Chaque soirée prévoit une méditation guidée, suivie d’un bref temps de partage libre. Ce sera l’occasion de goûter à l’expérience du silence, en résonance avec des textes de la tradition chrétienne.

Animation : Lia Antico, docteure en neurosciences cognitives et affectives à l’Université de Genève, enseignante mindfulness (Brown University, USA) et animatrice à l’Atelier œcuménique de théologie (AOT).

Dates : les vendredis 17 et 24 septembre ; 1er, 15 et 29 octobre ; 19 novembre et 3 décembre 2021, de 20h à 21h.

Lieu : paroisse Sainte-Marie-du-Peuple (Av. Henri-Golay 5, 1203 Genève) et, à distance, via « Zoom ».

Prix : libre participation aux frais d’animation (à verser sur place ou sur le compte du Service de la spiritualité).

Renseignements et inscriptions : spiritualite@cath-ge.ch ou
077 441 17 80 (Federica Cogo).

Immunisés ou vaccinés ?

PAR CALIXTE DUBOSSON

PHOTO : PXHERE

« Comment se débarrasse-t-on d’une infection virale ? Il n’y a qu’une seule réponse : les défenses élaborées par notre système immunitaire », ainsi s’exprimait dernièrement le docteur Jacques-André Haury en se désolant que nos autorités sanitaires n’aient pas mis l’accent sur la prévention tout au long de cette malheureuse pandémie.

Arrêter de fumer, s’alimenter sainement, boire du jus d’orange, manger du beurre, s’exposer au soleil, pratiquer régulièrement une activité physique, bien dormir, tout cela contribue largement à renforcer notre système immunitaire. Bien sûr que la fabrication dans un temps record des différents vaccins est à souligner et à féliciter. Peut-on dès lors parler d’une occasion manquée par un sauve-qui-peut général causé par un coronavirus semant la panique ? Oui, selon le constat que l’on est toujours plus intelligent après.

Pour nous, chrétiens, notre vaccin, c’est notre baptême mais pour qu’il agisse, il faut renforcer chaque jour son immunité qui passe par la prière quotidienne, la participation à l’eucharistie, la lecture et l’étude de la Parole de Dieu, l’engagement contre toutes les détresses qui nous entourent. Vaccinés et immunisés, nous contribuerons ainsi à rendre notre monde plus juste et plus fraternel.

Un an à « Jeunesse Lumière » pour découvrir et grandir !

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Viviane Gay-des-Combes, 26 ans, active dans la paroisse au sein du groupe des servants de messe, va partir, une année durant, à « Jeunesse Lumière » : une école catholique d’évangélisation. Elle explique ici comment elle s’est décidée à se lancer dans cette aventure.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTO : DR

Pourquoi un tel engagement ?

Au terme de mes études d’assistante en pharmacie, j’avais le désir de vivre une année différente avec d’autres jeunes du monde entier pour me découvrir et grandir spirituellement et humainement. J’ai donc recherché un lieu où je pouvais combiner le tout. Je pars donc vivre une année à « Jeunesse Lumière ».

Et quel est donc cet organisme ?

« Jeunesse Lumière » est une école catholique d’évangélisation en France, précisément à Pratlong, près de Castres (Toulouse). C’est une grande maison dans la campagne. Le but est de former des jeunes entre 18 et 30 ans à la prière et de les former également pour l’évangélisation d’autres jeunes dans les écoles ou les paroisses. L’expérience de la vie communautaire est aussi très présente, puisque les jeunes vivent ensemble et partagent différentes activités telles que la cuisine, la lessive, le jardinage ou le ménage. Cette école existe depuis 1984. Elle a été fondée par le Père Daniel-Ange. Il souhaitait créer un lieu communautaire où les jeunes puissent se retrouver et vivre une expérience forte ensemble. Les jeunes partent aussi en mission pour témoigner de leur vie de jeune chrétien dans le monde actuel. Concrètement, la semaine est composée par les cours donnés par des intervenants extérieurs, les travaux ménagers, le sport et les temps de prière quotidiens.

Qui finance le séjour des jeunes qui s’engagent à « Jeunesse Lumière » ?

Le financement repose entièrement sur des dons de particuliers sous forme de parrainage.

Chaque jeune est invité à trouver des parrains pour le soutenir spirituellement et financièrement. En échange, les jeunes s’engagent à prier pour leurs parrains et à leur envoyer régulièrement de leurs nouvelles.

Et quand partiras-tu ?

Personnellement, j’ai à cœur de marquer ce départ lors d’une messe paroissiale. Vous êtes cordialement invités à cette messe d’envoi le samedi 11 septembre à 18h à Martigny-Ville. La messe sera suivie d’un moment convivial autour de l’église.

Bon vent, Viviane !

« Une Eglise pauvre pour les pauvres »

PAR THIERRY SCHELLING

PHOTO : DR

Moins…

Le leitmotiv du pape François, « une Eglise pauvre pour les pauvres », lancé il y a huit ans, pouvait sonner un peu naïf, voire comme une politesse feutrée de salon vatican…

Force est de constater qu’en bon jésuite, François a été pragmatique : moins de personnel dans les dicastères de la Curie, appliquant plus strictement le quinquennat prévu pour tous les collaborateurs du Saint-Siège ; moins de salaire pour les cardinaux et travailleurs dans la Cité du Vatican à la suite de l’année de pandémie qui a évidemment secoué ses finances ; moins de conseils pontificaux désormais rassemblés en dicastères interdisciplinaires ; moins de pompe liturgique pour une sobriété de la célébration de l’eucharistie par celui qui n’en demeure pas moins d’abord l’évêque de Rome ; moins de retenue quant à partager sa pensée à des dizaines de journaux « tout public » ; moins de destinations phares (capitales européennes) pour ses déplacements de pasteur universel ; moins d’automatismes dans la nomination tant d’évêques que de cardinaux, notamment en Italie, où nombre d’archevêques métropolitains n’étaient pas évêques auparavant, et où les titulaires de Milan, Venise, Turin, Gênes ne sont plus traditionnellement des sièges cardinalices ; moins de frais liés à son train de vie : hors palais apostolique, cantine à midi, pas d’usage de Castel Gandolfo pour les vacances…

…pour plus

Plus de femmes dans les départements de la Curie ; plus d’utilisation des réseaux sociaux (Tweeter, Youtube…) ainsi que du mode « vidéo » pour ses messages ; plus de cohérence dans les finances à la fois de l’Eglise universelle et de l’Etat du Vatican ; plus de collaboration au service de la Parole du pape de la part des organismes concernés : journal « Osservatore Romano », Vatican news, radio et télé vaticanes… ; plus de visites apostoliques ciblées ; plus de mise en avant des migrants et des pauvres, qui, du coup, ont obtenu plus de commodités (dispensaire, douches, cantine…) au Vatican…

Moins d’autoréférentiel pour plus de périphérique en somme. Comme il l’avait promis !

Assemblée générale : les traces de la Covid

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Nyon-Founex (VD), septembre-octobre 2021

Reportée au mercredi 2 juin, l’Assemblée générale de la paroisse de Nyon a rassemblé une vingtaine de paroissiens dans la grande salle de la Colombière. Elle a permis de mesurer les effets de la Covid-19 sur les activités paroissiales et de se réjouir de l’avancée du chantier de la nouvelle église de Gland.

PAR GENEVIÈVE DE SIMONE-CORNET | PHOTOS : AUDREY BOUSSAT, SAINT-AUGUSTIN

Dans son rapport, le président de paroisse, Gilles Vallat, a rappelé que l’année 2020 a été « marquée par la crise sanitaire qui a paralysé nos activités, y compris les messes, durant une partie de l’année ». La paroisse a été contrainte « d’adapter ses activités pastorales en conséquence, notamment par la mise en place de messes retransmises sur YouTube », très regardées.

Le Conseil de paroisse a été fort occupé par le projet de construction de la nouvelle église de Gland, dont les travaux ont commencé en été 2020 : le gros œuvre est presque achevé et l’église devrait ouvrir ses portes pour Noël. « Les travaux se sont déroulés normalement malgré la crise sanitaire, dans les délais prévus et le respect du crédit accordé par l’assemblée de paroisse le 4 décembre 2019. » Un souci néanmoins : la recherche de fonds, qui a beaucoup souffert de la crise sanitaire. Le Conseil de paroisse a également étudié « les mesures sanitaires nécessaires pour l’accueil des fidèles dans nos locaux ».

Gilles Vallat a remercié le curé modérateur, l’abbé Jean-Claude Dunand, pour « son fort engagement pour la bonne marche de notre Unité pastorale (UP) et son sens de l’accueil très développé, fort apprécié de nos fidèles ». Sans oublier les membres de l’Equipe pastorale et les bénévoles engagés dans l’ensemble des communautés de l’UP.

Une situation financière saine

Les comptes 2020 ont souffert de la Covid. Ils présentent un résultat d’exploitation négatif de 114’254.07 francs dû à la quasi-
cessation d’une grande partie des activités en raison de la crise sanitaire. Les restrictions du nombre de participants à chaque office ainsi que les annulations de messes ont eu pour conséquence une diminution des recettes provenant des quêtes. Les recettes liées aux locations ont également souffert de la crise sanitaire. Vu la situation, le Conseil de paroisse n’a pas entrepris de travaux de réfection particuliers en 2020.

Avec les recettes annexes (revenus des immeubles), soit 262’412.65 francs, le compte de pertes et profits boucle avec un solde négatif de 151’841.42 francs, ce qui est exceptionnel. Cela s’explique par le résultat d’exploitation négatif et le versement d’un don de 300’000 francs en faveur de la communauté de Gland pour la construction de la nouvelle église, montant accordé par l’Assemblée extraordinaire de la paroisse du 4 décembre 2019.

La paroisse a encaissé un prêt de 200’000 francs accordé par la Mission intérieure pour financer la nouvelle église de Gland. Il sera reversé à la communauté de Gland en 2021. Au bilan, le bénéfice reporté se monte à 202’084.46 francs. La situation financière de la paroisse demeure
saine malgré les conséquences négatives
de la Covid grâce aux revenus des im­-meubles.

Développer des synergies

Prenant la parole, l’abbé Dunand a félicité chacun pour sa souplesse, une souplesse exigée par l’évolution constante de la situation sanitaire – « nous avons dû réadapter notre manière de célébrer » – et remercié tous les bénévoles : « C’est un investissement énorme ! ». Puis il a expliqué les changements opérés dans le diocèse par l’évêque, Mgr Charles Morerod : il met en place une autre organisation avec plus de subsidiarité et de transversalité.

Concernant les missions linguistiques, le curé a communiqué une évolution : désormais, les prêtres chargés des missions linguistiques seront membres de l’Equipe pastorale et ne viendront plus de l’extérieur pour célébrer la messe. Cela demande de développer des synergies avec les communautés présentes à Nyon – italienne, espagnole, portugaise et coréenne.

Les travaux avancent à Gland, et cela est réjouissant. Mais, a précisé l’abbé Dunand, « il nous faut, en parallèle, réfléchir à ce que veut dire construire l’Eglise Corps du Christ », une construction « qui sera terminée dans le royaume ».

Le personnel laïc a effectué, durant l’année écoulée, beaucoup de télétravail. Les contacts avec les paroissiens ont été réduits : beaucoup de choses ont été réglées par téléphone ou courriel. Le concierge, lui, a eu un surcroît de travail en raison de la pandémie. Et les salaires ont été réévalués.

Un sondage et une rencontre

L’Essentiel, le magazine de l’UP, poursuit son chemin à un rythme bimestriel. Hélas, depuis quinze ans, il y a entre 100 et 130 désabonnements par an. A l’heure actuelle, 988 bulletins sont imprimés pour un peu plus de 800 abonnements et pour dépôt dans le fond des lieux de culte. L’abonnement annuel se monte à 35 francs pour six numéros.

« Comment faire pour stopper la baisse, sachant que la plupart des abonnés sont des personnes âgées et que nous n’avons que très peu de nouveaux abonnements ? », s’est interrogée Geneviève de Simone-Cornet, rédactrice responsable avec Audrey Boussat. Deux idées ont été développées et réalisées au sein du groupe communication, créé l’an dernier par l’abbé Dunand : un sondage auprès des abonnés et lecteurs envoyé par internet et papier, par le biais du feuillet dominical, et une rencontre avec les responsables de Saint-Augustin. Peu de réponses lui sont parvenues :
43 par internet, 12 par papier. « Si ces réponses ne sont pas représentatives, elles ont tout de même permis de tracer quelques pistes. »

En réponse aux demandes des abonnés, l’équipe de rédaction pense proposer plus d’articles de fond comme des reportages, des interviews, des témoignages et des portraits. Car les abonnés sont notamment en quête de culture chrétienne : « Ils demandent des articles leur donnant des informations simples, des informations de base, sur la liturgie et les grandes fêtes chrétiennes. Et les témoignages les intéressent ».

La rencontre avec le directeur général de Saint-Augustin, Yvon Duboule, et le rédacteur en chef, Nicolas Maury, a eu lieu dans la buvette de la Colombière vendredi 26 mars. Elle a permis d’aborder de nombreux points en relation non seulement avec L’Essentiel, mais aussi avec les autres moyens de communication de l’UP, le feuillet dominical et la newsletter.

Une idée a émergé : proposer aux abonnés des numéros thématiques. L’équipe de rédaction en a déjà prévu un, qui sera consacré à la nouvelle église de Gland et distribué largement. La réflexion sur la pagination et la périodicité de
L’Essentiel est en cours.

Enfin, la question s’est posée du passage au numérique. Cela permettrait-il de freiner les désabonnements ? Mais les personnes âgées sont-elles disposées à passer au digital? La paroisse n’est pas prête pour l’instant, mais la réflexion va se poursuivre.

Une paroisse solidaire

ASOLAC, l’Association sociale œcuménique de La Côte, a supprimé les repas communautaires en mars 2020. Mais la permanence accueil, qui peut compter sur des professionnels, des bénévoles, une assistante sociale et Caritas, est restée ouverte, a relevé son président, René Perruchoud. Les passages étaient en nette baisse en 2020, et le profil des personnes accueillies a évolué, avec plus de sans-papiers. Financièrement, ASOLAC a pu compter sur le fonds d’aide d’urgence coronavirus des villes de Nyon et Gland ainsi que sur la Chaîne du Bonheur. René Perruchoud a enfin mentionné la plateforme sociale, qui regroupe 23 associations sociales du district de Nyon : l’occasion de mieux se connaître et d’accomplir un travail plus efficace ; et, à Noël, l’action sapin solidaire – qui permet d’offrir des cadeaux à des enfants de familles en situation de précarité –, menée avec la paroisse réformée.

Tchad Missions Nyon a renouvelé son comité avec Claude-Anne Bontron comme présidente. Il poursuit son aide aux sœurs ursulines du diocèse de Pala, au Tchad, avec surtout un soutien à 250 orphelins du sida : prise en charge de leur éducation, de leurs frais de pension et de leurs frais médicaux. La vente de confitures et de bougies, en novembre, a apporté une aide appréciable.

En lien grâce à internet

Les communautés ont ensuite présenté leurs rapports annuels. Les activités ayant été en grande partie paralysées, bien des réunions se sont tenues par visioconférence et le contact a été maintenu avec les paroissiens grâce à internet. Les messes dominicales de la Colombière ont été retransmises par YouTube, l’église ne pouvant accueillir que 50 personnes.

Bernard Chevallay, président du comité de pilotage de la nouvelle église de Gland, a présenté des images de l’avancement des travaux et des images de synthèse de l’intérieur avec les réflexions de la commission liturgique. L’occasion, pour les paroissiens présents, de se représenter ce que sera le bâtiment une fois terminé. Hélas, a déploré Bernard Chevallay, « l’Eglise n’a pas la cote aujourd’hui et il manque encore 400’000 francs ». Mais la paroisse est confiante.

A signaler, pour la communauté de la Colombière, une messe célébrée par l’abbé Jean Geng pour les auxiliaires de l’eucharistie samedi 27 mars avec remise d’une custode et d’un livret contenant des prières pour porter la communion à domicile aux personnes âgées, malades ou isolées.
Chacun a réalisé que ce service est une responsabilité, un honneur et une joie.
Un apéritif a mis un terme convivial à
l’assemblée.

Un pèlerinage éco-spirituel

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), septembre 2021

Certains connaissent encore ces démarches d’intercession itinérantes appelées « rogations » 1 . Mais sont-ils nombreux ? Ces processions, qui ont lieu les lundi, mardi et mercredi avant l’Ascension, ont pour but de présenter au Seigneur le travail de l’Homme pour qu’il en favorise la protection et la prospérité. Actuellement, le rituel des rogations est délaissé par les fidèles voire totalement inconnu. L’équipe pastorale propose une nouvelle démarche, inspirée des rogations, et située dans le droit fil de l’encyclique Laudato si’ du pape François.

PAR PASCAL TORNAY | PHOTO : DR

J’ai moi-même vécu et animé ces processions joyeuses à Vollèges étant petit, puis comme animateur pastoral. Je trouvais extraordinaire de vivre ce rituel (chants, processions et prières d’intercession) en petite communauté au cœur de nos lieux de vie et de travail – qui sont aussi des lieux de peine et de fatigue… C’est comme si Dieu lui-même survenait, d’autant plus visiblement, à travers nos ruelles, nos places et nos champs… Ces dernières étaient suivies, par beau temps, par une incontournable verrée. Ce moment était empreint d’une joie d’être ensemble provenant d’une certitude que le Seigneur fait tout concourir au bien de celles et ceux qui l’aiment et le prient de tout cœur.

Mais que vient faire cette réflexion en ce mois de septembre ? – L’Equipe a constaté que ce rite est déserté par les fidèles depuis quelques années déjà. Nous nous sommes donc demandé comment le réinvestir en le remettant en perspective avec les défis écologiques et climatiques actuels et avons amorcé une réflexion. Publiée dans le contexte des défis écologiques et climatiques modernes (2015), l’encyclique Laudato si’ du pape François a été rapidement le tremplin idéal pour nourrir cette réflexion.

A la mesure de la largeur de la pensée du pape François et de l’urgence actuelle, il nous semblait important de donner une nouvelle ampleur à l’événement pour permettre à une diversité de personnes de se reconnaître dans les démarches proposées et de donner ainsi le désir à chacun d’y amener sa couleur. C’est ainsi que les « Sentiers de Louange » sont nés ! Le souhait de l’Equipe pastorale serait qu’ils perdurent… Nous nous proposons cette année de vivre une démarche en trois temps…

1. Une soirée de réflexion à partir de Laudato si’ sur le thème : « La création à l’épreuve du marché », avec Xavier Moret, entrepreneur et notre curé Jean-Pascal Genoud.

2. Une balade méditative dans la belle Combe martigneraine en compagnie de Pierre-André Gard, accompagnateur en moyenne montagne et jalonnée d’échanges en petits groupes sur le thème : « S’émerveiller de cette terre qui nous porte ».

3. Le concert-méditation prévu avec le groupe de la chanteuse Maria de la Paz a dû être ANNULE !

Nous espérons que vous trouverez le temps de venir avec nous pour échanger, marcher ou prier, seul ou en famille, les 17, 18 et/ou 19 septembre prochains.

Retrouvez davantage de détails prochainement dans la feuille hebdomadaire, sur notre site www.paroissemartigny.ch ou sur notre page facebook/Secteur.Martigny

1 Du latin « rogare », demander.

Une divine économie

Tout s’achète, tout se vend, le marché suffit à fixer la valeur d’un objet. Quelle place la foi peut-elle encore occuper dans le domaine économique ? Pour y répondre, Eric Jaffrain, consultant en marketing non-marchand, propose de revenir à la logique du don, à l’origine de la vie et de la communauté.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE-GADMER

Biographie express

Au bénéfice d’un parcours professionnel atypique, Eric Jaffrain a tout fait… ou pres­que : architecte de formation, directeur d’agences de publicité puis de marketing, animateur de radio, politicien, humanitaire ou encore pasteur. Aujourd’hui, cet homme de terrain passionné met en pratique sa citation favorite : « Donner, c’est créer de la richesse. » Pour ce faire, depuis 1989, il continue de former activement au marketing non-
marchand. Il dirige aussi l’association La Restaurée, fondée il y a 11 ans, dans le canton de Vaud et qui a pour projet d’aider les personnes actives brisées par la vie.

Comment appliquer le concept de marketing non-marchand et de don à notre économie ?

Je vais prendre un exemple, c’est plus parlant. Une entreprise de services RH romande a fait appel à moi. Elle perdait des clients, avait des difficultés à les fidéliser et à en trouver de nouveaux. En posant des questions pour mieux cerner le problème, je lui ai demandé ce qu’elle donnait à ses clients. Là, regard éberlué, elle me répond ne pas donner ses services mais les vendre. N’ayant plus rien à perdre, elle a été d’accord d’essayer ma méthode avec un client le lendemain. Ce dernier lui a demandé ce qu’elle pouvait lui offrir. L’entreprise romande a donc commencé par donner une prestation. Après des mois de tractations infructueuses, elle venait de sortir de l’entretien en ayant un gros contrat en poche. Elle est ensuite devenue une entreprise florissante de la région lémanique.

Le marketing non-marchand propose une vision plus holistique de l’économie ?

Absolument ! Aujourd’hui, l’économie se compose de la triade : produire-consommer-jeter. A l’inverse, le marketing non-marchand prône un autre paradigme, dans une optique d’économie circulaire. Nous nous situons ici dans le créer-utiliser-partager ou recycler. En développant le don, on se pose toujours la question de ce que nous apportons à l’autre sans chercher à lui vendre quelque chose.

Ce type de marketing est une chance de repenser l’économie et de donner un autre sens à la société…

L’économie telle qu’on la définit aujourd’hui n’en est plus une. Elle n’est qu’un système mécanique, soi-disant autorégulateur, servant à développer le profit. D’ailleurs, la valeur des produits du marché est subjective et ne se fonde sur aucune réalité. Or, le sens du mot économie vient du grec communauté dont le principe premier demeure le partage. Mais l’instinct de propriété érige des frontières, empêchant l’autre d’accéder à ce que tu as et à ce que tu es. Le marketing non-marchand, basé sur le don, élimine ces frontières et pallie le manque d’unité de l’économie actuelle. Car celle-ci ne permet pas de symbiose entre ce que je suis, ce que j’aimerais et ce que je fais réellement.

L’économie n’est-elle pas déjà obligée de s’adapter face à des désirs de consommation plus durable et éthique ?

Il existe une tendance et une réelle conscience pour ces questions, mais je ne pense pas que cela soit suffisamment fort. Pour transformer les mentalités, le mouvement doit être collectif. Dit autrement, les cœurs doivent changer, pas le concept. Nous n’assistons pas à un changement de société, mais seulement de comportements de consommation. C’est cela qui me gêne. Il ne faut pas se faire d’illusions, l’économie financière va toujours faire en sorte de suivre les tendances pour conserver la modalité acheteur-vendeur.

Un marketing non-marchand, c’est quoi ?

Le marketing classique repose sur le fait de vendre ou de forcer l’acte d’achat avec un consommateur pour cible. « Le marketing non-marchand ne considère pas l’individu comme cela, mais plutôt comme un citoyen, voire un donateur. Le mode de transaction étant basé sur le don : de soi, de temps, d’argent ou en nature. » Il préconise de s’axer en priorité sur le besoin de l’autre. En d’autres termes, une entreprise plaçant en priorité le besoin de ses clients aura un retour sur investissement, et donc générera des recettes, comme l’enseigne Jésus : « Celui qui donne, reçoit. » Toutefois, il reste une nuance importante à souligner, le marketing classique crée artificiellement des besoins pour produire de l’argent. Dans le marketing non-marchand, il s’agit de répondre aux besoins réels et non induits par le marché. Ce type de marketing se situe aussi dans la ligne des principes bibliques que sont l’abondance et l’acceptation de la suffisance. « Si je remplis un verre jusqu’à ce qu’il déborde presque, l’économie actuelle prescrira d’accumuler des verres et de garder le tout pour moi. Le marketing non-marchand conseille de continuer à verser, afin que cela déborde et arrose tout l’environnement alentour. »

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