Transmettre le sens de l’effort

PAR BÉNÉDICTE DROUIN-JOLLÈS | PHOTO : PXHERE

Quelle chance d’habiter un pays de montagnes pour des parents… A l’heure des écrans dont nous avons tous du mal à nous défaire, elles sont une école de vie, d’émerveillement et de formation du caractère. Leur ascension facilite l’acquisition du sens de l’effort inégalement réparti dans une fratrie et pourtant si précieux à tous les âges de la vie quand viennent les inévitables contrariétés. Le sens de l’effort est l’une des vertus les plus difficiles à développer dans nos sociétés occidentalisées repues où tout arrive en abondance et trop vite, laissant souvent une impression de vide ou de tristesse. A pied en montagne, tout paysage se mérite et toute ascension amène son lot de récompenses.

Long et subtil travail parental

Arrêtons de rêver, l’acquisition du courage, l’entraînement de la volonté ne sont jamais innés, ils résultent d’un long et subtil travail parental pour entraîner, encourager, demander sans lasser, exiger sans décourager. Le tout sans négliger de remercier, de récompenser si nécessaire et de féliciter haut et fort… Si nous pouvions apercevoir le besoin de valorisation d’un jeune… il est abyssal. Ces attentions rechargent les batteries qui faiblissent pour surmonter de futurs défis. Le pape François aime interpeller les jeunes sur leurs désirs et leur courage : « Chers jeunes, nous ne sommes pas venus au monde pour « végéter », pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un canapé qui nous endorme ; au contraire, nous sommes venus pour autre chose, pour laisser une empreinte. […] », disait-il aux JMJ de Cracovie en 2016. Il n’oubliait pas alors les parents… « Sûrement que pour beaucoup il est plus facile et avantageux d’avoir des jeunes étourdis et abrutis qui confondent le bonheur avec un canapé ; pour beaucoup, c’est plus convenable que d’avoir des jeunes éveillés, désireux de répondre, au rêve de Dieu et à toutes les aspirations du cœur. […] »

Et si nous profitions de cet été pour réveiller et stimuler ceux qui ont besoin de bouger et de s’émerveiller ?

S’émerveiller des petites choses…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Le leitmotiv ainsi que le fil conducteur de ce petit texte tente de nous ouvrir le cœur et l’esprit aux beautés que le créateur met à notre disposition.

PAR DOMINIQUE PERRAUDIN | PHOTO : DR

Le temps était maussade. Il pleuvait. Je me promenais le long d’un petit chemin de campagne. Soudain, je tendis l’oreille : un doux sifflement… comme un concert. Un oiseau perché sur la plus haute branche d’un sapin jouait une mélodie que même le plus bel orchestre du monde n’aurait pu égaler. Je m’arrêtais. Le concert se poursuivit. Mon cœur en silence lui lança ce message : « Petit oiseau chante et loue le créateur qui t’a donné un si beau timbre de voix. » Cette mélodie a peut-être duré une minute et le petit oiseau a filé. La joie et le bonheur ont envahi tout mon être, je me disais : « Comment remercier la Trinité Sainte qui nous permet de vivre de tels moments ? »

Méditation. – En y réfléchissant je me suis dit : « Si Dieu, qui nous aime infiniment est capable de nous procurer paix et amour avec de petits riens, combien la place qu’il nous promet dans son paradis doit être extraordinaire ! Y pensons-nous au paradis ? N’est-ce pas un peu trop loin et trop abstrait ? Beaucoup d’entre nous ont trop de soucis pour y penser : certains rament terriblement pour boucler les fins de mois. D’autres luttent contre une maladie sournoise. Et par-dessus le marché, le climat se dérègle alors à quoi bon se mettre à penser ? On verra ça plus tard… Ouvrir les yeux et son cœur sur les beautés de la création si petites soient-elles nous apporte la paix du cœur et du corps. Mais actuellement, on n’a plus le temps de perdre du temps !

Dans la vie tout s’apprend : l’enfant apprend à marcher ; notre esprit se construit ; on doit apprendre à écouter et à regarder… C’est tout un apprentissage que d’être à la recherche des priorités dans notre vie. Voyons les enfants : ils s’émerveillent pour tout ce qu’ils voient ou touchent. Ce sont souvent de petites choses insignifiantes. Pourtant, leur visage s’illumine ! Jésus nous invite à nous laisser pénétrer par cet esprit d’enfant… à réjouir notre esprit au regard d’une belle fleur ou à l’écoute d’un beau chant
d’oiseau.

Une anecdote. – A ce propos, cette petite histoire a rempli mon cœur de joie… Un jour, je me promenais dans la cafétéria de la Maison de la Providence à Montagnier (Bagnes) avec mon petit neveu âgé d’un an et demi. Je lui laissais le choix du parcours, tantôt slalomant autour des tables, tantôt admirant les objets exposés. Tout à coup, il aperçut un homme assis sur une chaise roulante, il me tira par la main et s’approcha de lui. Il lui tendit la main, lui fit un grand sourire. Son interlocuteur lui prit la main et lui rendit son sourire. Je vis dans leurs yeux une lueur de joie, de bonheur et de paix.

Un petit enfant, c’est toute innocence, sans préjugés. C’est tout naturellement qu’il est allé tendre la main à cette personne. Aucune phrase, aucun mot ne sauraient traduire la beauté de ces petits gestes qui rendent la vie plus agréable et merveilleuse. Chaque jour des gestes comme celui dont j’ai été témoin, ils s’en passent des milliers ; il suffit d’une cœur exercé pour les apercevoir…

Chemin de croix, Paul Monnier… église Sainte-Thérèse de Noës

PAR AMANDINE BEFFA | PHOTO : JEAN-CLAUDE GADMER

L’église Sainte-Thérèse de Noës, construite dans les années 1930, fait partie des trésors du renouveau de l’art sacré en Suisse romande. La profusion des œuvres qui l’ornent compte notamment un chemin de croix de Paul Monnier d’une grande richesse symbolique.

La douzième station, la crucifixion, est composée comme un triptyque.

La partie à notre gauche représente les soldats tirant au sort celui qui recevra la tunique du Christ. L’un d’eux tourne ostensiblement le dos aux condamnés à mort. Les trois soldats semblent partager un moment entre collègues au terme d’une journée de travail, sans porter le moindre intérêt au drame qui est en train de se jouer.

Si les deux hommes de la partie de droite regardent en direction des crucifiés, ils ne sont pas dans la compassion. Tout dans leur maintien dit le mépris et la moquerie. On les entendrait presque inviter Jésus à descendre de la croix.

Ces deux parties sur fond sombre mettent en évidence les deux attitudes de la majorité des foules au moment de la Passion du Christ : l’indifférence et le rejet.

Au centre, le ciel semble plus clair. Jésus apparaît étonnamment paisible, rappelant les Christ endormis représentés en Orient. La femme aux longs cheveux évoque peut-être la femme pécheresse qui mouillait les pieds de Jésus avec ses larmes et les essuyait avec ses cheveux (Lc 7, 36 ; 8, 3). Elle symbolise surtout ceux qui ont rencontré Jésus, qui savent ce qu’il a changé dans leur vie et qui l’ont suivi jusqu’au bout. La religieuse à la droite de la croix pourrait être sainte Thérèse de Lisieux. Elle est la sainte patronne de cette église et cette pratique était courante dans l’iconographie religieuse.

A l’arrière-plan, on reconnaît les deux malfrats crucifiés avec Jésus. Celui à notre droite a le visage tourné vers l’obscurité alors que celui qui est à notre gauche est entouré de clarté.

Nous passons tous, au cours de notre vie, par les attitudes des différents personnages : la foi, l’indifférence à la souffrance, le mépris et le rejet… Cette station du chemin de croix nous rappelle que rien n’est joué jusqu’à la dernière seconde, et qu’il nous est jusqu’au bout possible de choisir le Christ (Lc 23, 45).

La seule force ascendante, c’est Dieu…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Simone Weil est une philosophe humaniste, née à Paris en 1909 et morte à Ashford, en Angleterre en 1943. Née dans une famille alsacienne d’origine juive et agnostique, elle se convertit à partir de 1936 à ce qu’elle nomme l’« amour du Christ », et ne cesse d’approfondir sa quête de la spiritualité chrétienne. Bien qu’elle n’ait jamais adhéré par le baptême au catholicisme, elle se considérait, et est aujourd’hui reconnue comme une mystique chrétienne.

PAR FRANÇOISE BESSON

PHOTOS : DR

Dans le texte « Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu » *, la vision théologique de Simone Weil surprend par une approche inhabituelle de la vie spirituelle et de notre rapport à Dieu. Si beaucoup de points restent obscurs, certaines réflexions sont comme d’intenses sources de lumière : elles éblouissent… A l’aveuglement qui fait ciller les yeux, suit la découverte d’une autre manière d’envisager le cheminement spirituel.

Etre vrai avec soi. – En premier, une condition est posée : accepter que rien de ce qui se trouve ici-bas ne peut nous satisfaire entièrement, « ne pas croire que l’avenir soit le lieu du bien capable de combler » (11). Croire cela serait se mentir et cette exigence est celle de la vérité envers nous-même. Chaque fois que nous croyons que tout ira bien quand nous aurons un autre travail, une autre maison, un autre patron, la retraite, la santé, ou tout cela pour les personnes qu’on aime, nous nous mentons, car, dit la philosophe, personne n’est satisfait longtemps de vivre purement et simplement. On veut toujours autre chose… (12) Donc, à chaque fois que ce mirage se présente à nous, et cela ne manque pas d’arriver, il nous faut revenir à cette vérité envers soi et reconnaître que nous avons en nous un désir qui dépasse la réalité concrète car « on veut vivre pour quelque chose ». (12)

Le regard tourné vers Dieu. – Ensuite, nous avons à tourner constamment notre regard vers Dieu, à nous détourner de tout ce qui n’est pas Lui, « ne pas accorder notre amour à de faux dieux » (11) « refuser notre amour à tout ce qui est autre que Dieu » (32). Ce refus nous est difficile, car il implique, entre autres, de renoncer à la part de nous-même qui dit « Je »… Etre tourné vers Dieu pour recevoir sa lumière, c’est, nous dit Simone Weil, la manière de le faire venir à nous. Regarder Dieu, cela veut dire l’aimer… Ce regard, dit-elle, fait descendre Dieu. Et lorsque Dieu est venu jusqu’à nous, Il nous soulève et Il nous met des ailes… (31).

Zachée. – Etre tourné vers Dieu, entièrement, toute affaire cessante, cela me rappelle Zachée… Lui qui avait tout ce que l’on peut vouloir ici-bas, il voulait voir Jésus, non pas lui parler, obtenir un pardon ou un conseil, un avancement sur le chemin du salut, mais seulement le voir… Et Jésus lui a « mis des ailes » en s’invitant chez lui, en faisant tout le chemin qu’il restait à faire pour que la rencontre ait lieu. Zachée a été comblé au point qu’il n’avait plus besoin de tout ce qu’il avait réussi à amasser au cours des ans.

Une mise en garde. – C’est ainsi que je reçois ce texte qu’une personne bienveillante a mis sur ma route : attention ne vous trompez pas, ni dans vos attentes, ni dans vos efforts ! Tout ce que l’on peut souhaiter ici sur cette terre ne suffit pas à notre épanouissement total, car une autre faim, un autre désir est inscrit en nous. Et, ne nous épuisons pas en de vains efforts : on ne va pas à Dieu en maîtrisant nos faiblesses, en multipliant les sacrifices, ce serait sauter à pieds joints pour atteindre le ciel… Le chemin de notre rencontre avec Dieu c’est notre vie entière tournée vers Lui et Lui, Il fera le chemin pour nous rejoindre…

* Simone Weil, « Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu », Editions Folio Sagesse, 2017. Les numéros entre parenthèses correspondent aux pages.

 

Le Credo et la liberté

Il est l’homme du dialogue interreligieux. L’ancien conseiller fédéral, Pascal Couchepin, se penche sur la perception qu’ont les Suisses de la religion, les perspectives du christianisme dans une société sécularisée et sur ses convictions personnelles.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER

Durant toute votre législature vous avez un peu été l’apôtre du dialogue interreligieux… 
Apôtre est un grand terme ! J’ai surtout souhaité avoir un contact avec les diverses confessions présentes en Suisse. J’ai aussi organisé des rencontres systématiques avec les représentants des protestants, des catholiques chrétiens, des catholiques romains, des musulmans et des juifs. J’ai eu beaucoup de plaisir à rencontrer ces personnes et l’atmosphère était irénique, pour employer un terme à connotation religieuse.

Est-ce plus facile de mettre autour d’une table un chrétien, un israélite et un musulman ou un UDC, un PLR et un PS ? 
Tout est possible dans le domaine politique dès l’instant où, partageant des valeurs démocratiques communes, le compromis est nécessaire car personne n’a la totalité du pouvoir. Dans le domaine religieux le dialogue vise d’abord une meilleure connaissance mutuelle et pourquoi pas, la mise en valeur de ce qui est commun.

Le PDC valaisan a perdu quel­ques plumes aux dernières élections. Une punition divine ? 
Je pense que ce n’était pas une grâce divine qu’il ait la majorité. Ce n’est donc pas une punition divine qu’il la perde.

On entend parfois qu’on entre en politique comme on entre en religion. Une affirmation fondée selon vous ? 
Non, c’est méprisant pour la religion. Le choix politique est souvent motivé par les opportunités, le hasard et la tradition familiale. Il est aussi le fruit d’une réflexion, de l’expérience et de l’exercice de la vie politique. Par conséquent, ne faisons pas de rapprochement entre le choix des deux.

Aujourd’hui, dans une Suisse sécularisée, le christianisme a-t-il encore une quelconque perspective ? 
Que veut dire perspective pour une religion ? Le christianisme existe, il porte des convictions et annonce quelqu’un. Il a donc de toute façon une relevance. Peut-être pour moins de gens qu’autrefois, mais je n’en suis même pas certain. Les valeurs évangéliques ne sont pas moins répandues aujourd’hui qu’il y a cinquante ans.

Comment percevez-vous la situation religieuse en Suisse ? 
Je crois qu’il y a une grande différence entre la Suisse allemande et la Romandie. La première est empreinte des principes de la démocratie directe. C’est une Eglise synodale avec tous les risques de conflits que cela comporte. Par contre, en Suisse romande, elle est plus traditionnelle, avec néanmoins un apport important de la culture démocratique suisse. L’attitude à l’égard du Pape est, par exemple, très différente entre la Suisse et la France. En France les prêtres le citent un peu comme les politiciens français font constamment référence au président de la République, tandis qu’en Suisse, le Pape doit rester dans ses attributions.

Quelle est selon vous la contribution la plus importante du christianisme à l’humanité ? 
Le christianisme a un message qui ne dépend pas des circonstances. Il a imprégné notre culture avec d’autres apports. Sans le christianisme et les Lumières, le respect de chaque être humain ne serait pas aussi central dans notre culture.

Est-ce que vous vous considérez comme croyant ? 
Je suis catholique et j’adhère à ce que dit le Credo.

Qu’est-ce qui fonde votre foi ? 
L’expérience personnelle, l’étude et la réflexion. Mais bien sûr, la foi évolue au cours de la vie.

Votre foi a donc évolué ? 
Avoir la foi ce n’est pas la gare d’arrivée mais celle de départ. On ne connaît ni le trajet ni l’horaire. Il faut donc s’adapter, faire des découvertes. Au fond, cela rend la vie plus intéressante !

Dernière question piège. Si on vous donne à choisir entre un Diable rouge ou un Plan-de-Dieu, que prendriez-vous (Un Syrah genevois et un Côtes-du-Rhône, ndlr) ? 
Je suis œcuménique aussi dans ce domaine-là.

Biographie express

Pascal Roger Couchepin est né le 5 avril 1942 à Martigny. Il étudie le droit à l’Université de Lausanne et obtient sa licence en 1966. Il passe le brevet d’avocat en 1968 avant de prendre la tête d’une étude à Martigny.

1968 : élu au Conseil communal de Martigny pour le Parti libéral-radical (PLR).

1976 : vice-président de cette même ville.

1979 : élu au Conseil national.

1984 à 1998 : président de la ville de Martigny.

1998 : élu par l’Assemblée fédérale au Conseil fédéral.

1998 à 2002 : direction du Département fédéral de l’économie.

2002 et 2007 : occupe le poste de vice-président de la Confédération.

2003 à 2009 : dirige le Département fédéral de l’intérieur.

2003 et 2008 : président de la Confédération.

La théologie en ateliers

PAR CHANTAL SALAMIN

PHOTOS : DR

L’AOT ?… une sacrée aventure à vivre ! L’ayant vécue moi-même de l’intérieur, c’est avec d’autant plus de force que je vous invite à vous poser la question de votre participation à la prochaine volée. Les Ateliers œcuméniques de théologie (AOT) proposent une formation théologique de qualité sur deux ans pour toute personne quelles que soient sa formation de base et sa confession. Une seule condition : être motivé.

Un thème qui questionne

Le prochain parcours aura lieu de septembre 2021 à juin 2023 à Genève sur le thème « Dieu aujourd’hui ? Entre incertitudes et confiance ». Chaque semaine des cours donnés par des tandems multiconfessionnels de théologiens, chaque mois des rencontres en petits groupes autour d’un enseignant pour se questionner. Et quelques samedis pour nouer des amitiés et célébrer ensemble.

Une nouvelle fois, le thème est choisi pour provoquer le questionnement qui fait avancer : Le temps de Dieu n’est-il pas très différent du temps humain ? Et comment penser, agir, vivre dans notre monde, alors que les changements climatiques nous rattrapent ? que la cause des femmes et des minorités piétine ? que la crise sanitaire nous inquiète ? Est-il encore possible de croire en Dieu ?

Une sacrée aventure humaine

La dimension humaine, fraternelle et œcuménique de cette formation est essentielle. Au fil des rencontres dans les groupes, en questionnant notre foi, nous apprenons à nous connaître. Les différences de confessions partagées sur les mêmes questions ainsi que la participation autant à la messe qu’au culte ensemble nous enrichissent.

Au milieu de la première année, l’occasion nous est donnée de revoir notre vie à la lumière de notre foi et de partager cette expérience aux autres. Accueillir nos vies dans la foi, des vies faites de blessures et de joies, de doutes et de confiance… ce sont des cadeaux inestimables, des moments indescriptibles, surtout quand des récits se rejoignent, s’auto-éclairent et nous rapprochent les uns des autres.

Alors convaincu ? Plus d’informations et inscriptions sur le site de l’AOT aotge.ch

Pour pouvoir voir toutes les vidéos en lien avec l’article, cliquez sur l’icône liste en haut à droite de la vidéo.

Survol historique

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTO : DR

Depuis 1738 – avec la bulle In eminenti de Clément XII – à 1983 – date de la Declaratio de associationibus massonicis, de la Congrégation pour la doctrine de la foi 2, on compte une trentaine de textes officiels du Saint-Siège condamnant l’appartenance de catholiques à la franc-maçonnerie. On y décèle trois axes quant à la critique du Saint-Siège à son égard : le secret, le complot et le relativisme.

L’hostilité entre la Rome catholique et la franc-maçonnerie culmine en 1884 avec l’encyclique de Léon XIII Humanum genus, y dénonçant le libéralisme, le relativisme, le comparatisme, le naturalisme, le laïcisme… tous menaçant la société chrétienne comme encore rêvée par le Pontife qui vivait reclus dans son Palais du Vatican après la fin des Etats pontificaux (1870) et la non-résolution de la Question romaine (quel statut donner à la ville de Rome en fin d’unification de la Péninsule italienne ?)…

Après Vatican II

A la suite du Concile Vatican II et de la demande du pape Paul VI, notamment aux Jésuites, de dialoguer avec l’athéisme et les autres doctrines autrefois pourfendues pour leur anticatholicisme, certains épiscopats demandent une révision de l’article du Code de droit canon 3, permettant à un laïc converti au catholicisme…de demeurer membre de sa loge !

Rome suffoque devant une telle ouverture et le cardinal Ratzinger, nouvellement nommé préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (1981), fait ajouter un article au nouveau Code de droit canon (1983) greffé sur le précédant mais… étrangement plus laconique : « Celui qui s’inscrit dans une association qui complote contre l’Eglise sera puni d’une juste peine ; celui qui promeut ou dirige une telle association sera puni d’interdit. » (Canon 1374)

Interconnaissance

On reconnaissait que l’excommunication était trop lourde comme peine, et que la franc-maçonnerie varie de pays en pays 4… Le dialogue et l’inter-rencontre, plutôt que le « duel des préjugés », a porté du fruit dans l’interconnaissance des deux entités… Un modus procedendi issu du Concile, justement…

1 Une présentation des rapports est consultable sous : http://expositions.bnf.fr/franc-maconnerie/arret/03-8.htm (consulté le 1er février 2021).

2 A ce jour le dernier document romain traitant de la question franc-maçonne.

3 Le premier Code de droit canon (1917) contient déjà un article excommuniant qui appartiendrait à l’Eglise et à la Franc-maçonnerie (canon 2335).

4 Il en fut de même pour les formes de communisme reconnues différentes entre Pologne, Viêtnam ou Amérique latine…

 

Ces catholiques francs-maçons qui interpellent

L’Eglise catholique romaine est l’une des rares confessions à considérer l’appartenance à une loge maçonnique comme incompatible avec la foi chrétienne. Comment expliquer une telle position, alors que des catholiques francs-maçons expérimentent l’inverse ?

PAR PASCAL ORTELLI | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER, DR

De prime abord, franc-maçonnerie et Eglise catholique ne font pas bon ménage. Au-delà de l’anticléricalisme de certaines loges et des condamnations papales à replacer dans leur contexte, le fidèle qui adhère à la maçonnerie est en état de péché grave. Certes, il n’est plus excommunié comme par le passé, mais l’incompréhension demeure.

Roma locuta, causa finita ?

Le dialogue reste compliqué depuis la dernière déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1983. L’incompatibilité y est réaffirmée. Tenir les deux engagements reviendrait à « vivre une relation avec Dieu selon deux modalités, en la scindant en une forme humanitaire – supra-confessionnelle – et une forme intérieure chrétienne ». Aux yeux de Rome, la franc-maçonnerie se place comme au-dessus des religions révélées avec ses rites ésotériques et sa discipline du secret.

En 2020, des loges françaises approchent à nouveau le Vatican avec un dossier nourri de témoignages de catholiques francs-maçons qui insistent sur la compatibilité des deux approches : « Je considère mon engagement maçonnique comme une complémentarité active et comme une mise en pratique de ma foi catholique. C’est cette complémentarité qui a fait engager mon couple dans la vie paroissiale, puisque ma femme était franc-maçonne. » La Congrégation pour la doctrine de la foi refuse de reconsidérer les choses.

Progrès et Vérité

En Suisse romande, des francs-maçons cherchent aussi le dialogue avec les autorités politiques et religieuses. L’historien Robert Giroud, auteur du livre 250 ans de franc-maçonnerie à Bex et Claude Oreiller, membre de la loge bellerine Progrès et Vérité ont coécrit en avril un dossier sur la maçonnerie dans le Confédéré pour tordre le cou aux idées reçues. La loge de Bex, par sa situation et son histoire, a accueilli les Valaisans qui ne pouvaient entrer en maçonnerie dans leur canton catholique. Parmi eux, il n’y avait pas que des anticléricaux ! « Aujourd’hui encore, confie Claude Oreiller, il y a d’authentiques chrétiens. Je connais un frère maçon engagé dans sa paroisse qui apporte la communion à domicile. »

Ce Valaisan, ancien député PLR, a reçu une éducation catholique. Il ne s’est jamais vraiment lancé dans une introspection spirituelle durant sa jeunesse. C’est en entrant en loge, il y a bientôt quarante ans, qu’il a approfondi ces questions, car l’Eglise remettait en cause les fondements de son appartenance chrétienne, bien qu’il ait prêté serment sur le Volume de la Loi Sacrée, la Bible ouverte sur l’Evangile de Jean.

Pour lui qui s’exprime à titre personnel, la franc-maçonnerie reste un acteur majeur de la culture judéo-chrétienne : « Elle n’a aucun grief contre l’Eglise, elle laisse libre ses membres de partager leur foi dans la confession de leur choix. » Et de rappeler qu’en loge, toute prise de position d’ordre politique ou religieux est interdite.

Un secret incompatible ?

Serge Abad-Gallardo, haut fonctionnaire français, n’est pas de cet avis. Il quitte la franc-maçonnerie après sa conversion au catholicisme. Son dernier livre Secret maçonnique ou vérité catholique met en lumière les intentions hostiles à l’Eglise véhiculées dans certains hauts grades du Rite écossais ancien et accepté. La base ignore ce qui se décide au sommet : « Durant tout mon parcours initiatique, je n’ai jamais réellement été à même de mesurer le conditionnement mental subi. Il me fallut par conséquent retrouver la foi et porter un regard neuf pour en comprendre le danger : j’étais réellement utilisé, plus ou moins consciemment, au service de l’Ordre. » A ses yeux, le Magistère a vu juste en faisant porter son interdit sur l’ensemble de la franc-maçonnerie sans distinguer les obédiences plus ou moins chrétiennes.

Pour l’abbé François-Xavier Amherdt, le problème se situe davantage au niveau de la foi. La connaissance gnostique dispensée est-elle compatible avec le Credo que nous professons ? « D’après les maçons, il n’y a pas de salut par grâce et miséricorde de Dieu en Jésus-Christ, mais une initiation progressive par degrés à un système symbolique. L’homme peut se perfectionner lui-même par étapes en accédant progressivement à une gnose (une connaissance cachée) réservée à des initiés. » Très tôt, l’Eglise a écarté une telle approche du salut. « Ce qui n’empêche pas de conserver le souci du dialogue », ajoute-t-il.

Le primat de la conscience

Le jésuite Etienne Perrot qui s’intéresse de près à la question est néanmoins d’avis qu’aujourd’hui « une condamnation de principe n’est plus de mise au regard de la diversité des engagements et des interprétations des symboles et rites maçonniques ». L’Eglise regarde la maçonnerie comme si elle se voyait dans un miroir : « Elle demande au Grand Architecte de l’Univers [auquel se réfèrent les francs-maçons] d’assumer toutes les qualités théologiques du Dieu personnel chrétien, comme si un catholique franc-maçon ne pouvait pas l’investir d’une expérience religieuse personnelle. »

En ce sens, comme le déclare un témoin cité dans le rapport transmis à Rome, « la franc-maçonnerie ne se substitue en aucun cas à la vie ecclésiale, ni à l’action des sacrements, mais peut constituer une préparation de tout l’être à l’actualisation en soi de la Parole, et de la communion intérieure au Verbe Divin, que les sacrements réaliseront ».

Evêques à l’appui

La Conférence des évêques de France a délégué Mgr Jean-Charles Descubes et Mgr Michel Dubost pour rencontrer entre 2017 et 2020 les représentants des loges françaises régulières (Grande Loge nationale française ; Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra ; Grande Loge traditionnelle et moderne de France) pour appuyer leur démarche auprès de Rome et dans le but de rendre compte de la diversité d’approches se référant à un Dieu personnel, compatible avec la foi chrétienne.

Tailler sa pierre pour devenir un homme meilleur

Pour Maurice Badoux de la loge Progrès et Vérité, le franc-maçon, à l’aide des outils et symboles des bâtisseurs de cathédrale, « doit accomplir un travail sur lui-même. Passer de la pierre brute à la pierre cubique. On y retrouve des liens avec le christianisme : le Christ, en donnant à Simon le nom de Pierre, a reconnu le fait que son disciple a réussi cette transformation ». La franc-maçonnerie n’est pas une religion ; elle offre un lieu pour se perfectionner moralement.

Compatible ?

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTOS : JEAN-CLAUDE GADMER, DR

C’est vrai que depuis le nouveau Code de droit canon, publié en 1983 à la suite du concile Vatican II, le Magistère de l’Eglise catholique a supprimé la mention des francs-maçons parmi ceux qui se mettaient «automatiquement» hors de la communion de l’Eglise, ce que l’on appelle aussi «l’excommunication». Et les textes officiels valorisent les collaborations possibles au service de la paix et de la justice sociale avec les francs-maçons, considérés comme des personnes estimables, des hommes et des femmes de bonne volonté, dont la quête spirituelle et symbolique mérite d’être prise en considération dans sa part de vérité.

Il n’en reste pas moins que la question demeure : est-il vraiment possible d’appartenir totalement à la maçonnerie et de croire pleinement au Christ qui, par sa Résurrection, nous comble de son Esprit, nous sauve par sa grâce et nous conduit au Père ? La foi en la Trinité ne se situe-t-elle pas au-delà des rites initiatiques maçonniques ? Et en christianisme, aucun «secret» ne se justifie en rigueur de terme: c’est à tous, surtout aux petits, que Jésus-Christ se révèle.

Jeux, jeunes et humour – juin 2021

Par Marie-Claude Follonier

Question d’enfant

Pourquoi Jésus a un sacré cœur ?
L’expression se réfère à la fête du Sacré-Cœur qui a lieu le 3e vendredi après la Pentecôte. Dans l’évangile de Jean, lorsque le soldat romain perce le cœur de Jésus, il en sort du sang et de l’eau. Les chrétiens y voient un symbole de  son amour qui se donne jusqu’àla dernière goutte. Invoquer le cœur sacré de Jésus, c’est s’en remettre à la profusion de son amour qui inonde chacun de nous.

par Pascal Ortelli

Humour

Une dame âgée prenait le bus chaque semaine et une amitié était née naturellement avec le conducteur. Régulièrement, elle lui apportait un petit sac de noisettes. Le chauffeur lui a demandé où elle allait chercher toutes ces noisettes. « C’est bien simple, mon ami, comme je n’ai plus de dents, j’achète du chocolat aux noisettes,je mange le chocolat et je récupère les noisettes pour vous les donner ! »

par Calixte Dubosson

Se connaître soi-même

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte Marguerite Bays (FR), juin 2021

PAR MARIUS STULZ | PHOTO : DR

Chers amis lecteurs, avant de vous laisser interroger par ce journal sur les liens historiques et la compatibilité entre la foi catholique et la franc-maçonnerie, je vous invite à entreprendre cette exploration en passant par une porte qui me semble importante à un voyage fructueux. Je propose à chacun, avant de lire cette revue, de répondre d’une manière introspective et personnelle aux questions suivantes :

Suis-je chrétien ? Suis-je catholique ?

Quelles sont les facettes objectives de ma pensée et de ma vie qui témoignent que je suis chrétien et catholique ? Comment s’exprime concrètement cette filiation dans mon quotidien ?

Mon postulat est le suivant : une réflexion intéressante est une réflexion où je m’implique, à laquelle je suis partie prenante. L’intérêt d’un apport théorique, d’un article ou d’un témoignage est d’interroger ou de nourrir sa propre existence, son propre point de vue. Dès lors, il m’apparaît important de prendre conscience d’où je me situe pour lire ces articles.

En effet, si par exemple dans ma vie la conception de mon catholicisme consiste en une facette essentiellement culturelle – ne suis-je pas né dans un canton dit catholique – je vais lire le questionnement entre catholique et franc-maçon d’une manière quelque peu extérieure à ma réalité de vie, car je suis un catholique d’office, pas trop concerné, je pourrais dire un catholique de naissance.

Ce n’est pas la même lecture, si je reconnais être un catholique par choix, dont je partage foi, fondements et certains fondamentaux que j’ai identifiés personnellement pour certains en répondant aux questions. En effet dans ce cas, je deviens un partenaire, mon avis et mes connaissances prennent part à la discussion, à la réflexion. Je suis davantage concerné, car je confronte ce qui est dit à ma propre compréhension et me situe en étant d’accord, un peu d’accord ou en trouvant tout cela « pas très catholique » pour reprendre une expression de Mérimée (1840) tombée dans le langage populaire.

Il est important de se connaître un peu, de se situer soi-même aujourd’hui, pour pouvoir rencontrer d’une manière très profitable d’autres personnes, d’autres points de vue, d’autres croyances qui viendront interroger mon existence, mes choix. Ainsi, ils me feront la plupart du temps, grandir en humanité et en foi.

Rappelons-nous : le plus souvent, ce n’est pas ce qui vient de l’extérieur qui est mauvais, mais c’est ce que nous en faisons dans notre cœur et qui en ressort déformé ou sali par notre propre bouche (paraphrase de Mt 15, 11, Mc 7, 15, Lc 11, 38-41).

Bonne lecture impliquée !

Via Jacobi: Montpreveyres – Lausanne

Basilique Notre-Dame du Valentin.

Texte et photos par Pascal Ortelli

Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Lausanne pour une étape urbaine entre lac et forêt.

Départ depuis Montpreveyres, 4h30 aller simple, 17,6 km

1. Longez la route principale puis entrez dans le bois du Grand-Jorat que vous traverserez en lisière jusqu’au Chalet-à-Gobet. Descendez ensuite à Vers-chez-les-Blanc. Après avoir traversé le Flon-Morand, contournez les dernières maisons d’Epalinges jusqu’au Centre Sylvana.

2. Là ne manquez pas de faire une halte au temple des Croisettes pour admirer le paysage. Descendez dans la zone résidentielle en suivant bien les panneaux jaunes, car le tracé se perd dans les quartiers. Aux Croisettes, visez la gare du métro puis traversez la route principale pour rejoindre Les Tuileries.

3. Sur votre droite, une jolie route forestière s’engouffre dans le vallon du Flon. Après avoir retrouvé la route principale, longez-la sur votre droite.

4. Vous entrerez alors dans le bois de Sauvabelin avec son fameux lac et sa tour. Au Signal, admirez la vue dégagée sur la ville puis descendez en lisière du verger jusqu’à la Fondation de l’Hermitage. De là, vous rejoindrez facilement la Cité.

5. Après vous être recueilli dans la cathédrale, ne manquez pas de traverser la place de la Riponne pour découvrir la basilique Notre-Dame du Valentin et sa librairie.

6. En vous prélassant dans les rues piétonnes, vous gagnerez facilement le haut des quartiers du Flon et le Grand-Pont avant de plonger sur la gare par la rue du Petit-Chêne.

Pour le retour à Montpreveyres, il vous suffit d’emprunter le métro jusqu’à Croisettes puis le bus en direction de Moudon-Gare.

Curiosité

Le lac de Sauvabelin avec son magnifique parc de jeux qui fait la joie des enfants.

Coup de cœur

La librairie du Valentin où vous trouverez la perle rare en plus de succulents produits monastiques.

« Patience avec Dieu »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

PAR JEAN-PASCAL GENOUD | PHOTO : MARION PERRAUDIN

Il semble bien que nous assistions, jour après jour, à une certaine détente du côté de la pandémie. Les autorités ont les yeux rivés sur les compteurs et essaient tant bien que mal de maîtriser un retour progressif à une « vie normale ». S’agit-il d’un vrai retour à ce qui était la règle avant la pandémie ? Devrons-nous au contraire apprendre à « vivre avec le virus » ? Bien malin celui qui peut le prédire.

En ce qui concerne la vie de notre communauté chrétienne, nous sommes probablement dans la même attente que toute la société. Bien que nous ayons trouvé un certain rythme de croisière avec des messes limitées et multipliées, nous souffrons évidemment des contraintes qui nous sont imposées. Nous aspirons à pouvoir célébrer avec plus de liberté et de spontanéité. Déjà la possibilité pour l’assemblée de pouvoir s’associer au chant de nos animateurs nous a donné une « bouffée d’air » – si j’ose dire… parce que nos voix sont encore un peu filtrées par nos masques !

Nous attendons avec impatience que les mesures s’assouplissent. Nous attendons surtout le moment où il nous sera permis de profiter de nos églises en fonction de leur dimension et, pourquoi pas, dans un avenir pas trop lointain, de voir à nouveau de belles assemblées fournies, réunies pour prier, chanter et célébrer dignement le Seigneur de la Vie.

Avec cette éprouvante traversée du désert, nous aurons tout de même appris, grâce à Dieu, le prix de la patience et de l’endurance. Un grand théologien tchèque actuel, Tomas Halik, a écrit un livre intitulé « Patience avec Dieu ». C’est peut-être bien un beau fruit d’une vie spirituelle forte et enracinée dans la foi, que d’être capable de cette patience et de ne pas succomber à la panique et la précipitation. Le temps de Dieu n’est pas le nôtre. Il y a des germinations et des gestations divines qui défient nos pauvres impatiences humaines, conditionnées par les impératifs de l’immédiateté et de l’efficacité.

En librairie – juin 2021

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

J’étais franc-maçon
Maurice Caillet

Maurice Caillet, chirurgien, attiré par l’ésotérisme et l’occultisme, explique comment il est rentré dans une loge maçonnique, quelles furent les raisons de son entrée et la perspective dans laquelle il l’a fait. Jusqu’à ce qu’il vive, à la cinquantaine, un retournement inattendu et décisif. Ces confessions d’un initié, qui a été membre actif du Grand Orient de France pendant quinze ans, évoquent les rites, les symboles et les compromissions qui accompagnent, parfois, la vie des initiés. Elles démystifient une organisation qui se présente sous le masque de l’humanisme et de la tolérance.

Salvator

Acheter pour 15.60 CHF

Comme des cœurs brûlants
Alexia Vidot

Toute découverte authentique de Dieu est le miracle d’une rencontre. Convertie à l’âge de 20 ans, Alexia Vidot témoigne, en mêlant les voix des plus grands auteurs spirituels, de la merveilleuse délicatesse de Dieu envers l’homme. Et pour approcher – autant que faire se peut – l’œuvre divine dans l’âme du converti, elle dresse le portrait spirituel de sept hommes et femmes du XXe siècle, qu’au moment favorable Dieu a séduits pour ne plus jamais les lâcher. Un livre fascinant et brûlant comme ces témoins de l’Amour.

Artège

Acheter pour 26.60 CHF

J’étais possédé
Michel Chiron

« La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas », disait Charles Baudelaire. Après avoir participé à des séances de spiritisme et avoir interrogé des esprits à l’aide d’un pendule, l’auteur s’est vu envahir pendant plusieurs mois par des entités dont un exorciste est parvenu à le libérer. Il décrit avec précision les phénomènes physiques et psychiques causés par cette présence maligne en lui et met en garde contre l’attrait pour les pratiques occultes. 

Artège

Acheter pour 22.20 CHF

Le Sacré-Cœur de Montmartre
Jean-François Vivier / Emmanuel Cerisier

La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre est certainement un des monuments les plus visités de France, mais qu’en connaissons-nous ? A l’occasion d’une balade au cœur de ce lieu de culte emblématique avec son petit-fils, un grand-père retrace l’histoire de cet édifice religieux. Cette BD a le mérite d’être bien documentée et accessible au plus grand nombre. Graphiquement, le dessin sobre et réaliste d’Emmanuel Cerisier sied parfaitement à ce type d’ouvrage historique. Une lecture plutôt captivante pour tous.

Artège

Acheter pour 22.20 CHF

Pour commander

Je participe à ma propre transformation…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

J’ai rencontré Françoise Delavy-Bruchez dans son atelier de Fully. Originaire de Bagnes, Françoise est une artiste et art-thérapeute rayonnante et paisible. Elle nous dévoile comment le verre est à l’origine d’une transformation profonde d’elle-même. Le verre ? « Un cri de l’intérieur qui file au bout des doigts… »

PHOTOS : FRANÇOISE DELAVY (© F. DELAVY)

« Après mes études secondaires, j’ai suivi une formation de verrier, et j’ai pu me lancer comme indépendante grâce à un mandat du chanoine curé Oswald Giroud, qui me proposait d’habiller de mes vitraux l’église de Bovernier. C’était il y a plus de 20 ans, une expérience très formatrice, qui a posé les premiers jalons de mon atelier.

Les livres et l’écriture faisant aussi partie de mes centres d’intérêts, j’ai entrepris ensuite une formation de bibliothécaire. Pendant plusieurs années, j’ai pu ainsi allier ces deux métiers, même si mon activité artistique est longtemps restée au second plan. Mes vitraux ornent maintenant plusieurs chapelles, lieux privés ou pierres tombales. Ma pratique artistique concerne donc, à la base, le façonnage du verre, mais se développe depuis, beaucoup, autour du dessin et de l’écriture.

L’appel des études s’est à nouveau fait entendre début 2010. Captivée par le processus créatif, et cherchant à partager mes expériences, je me suis tournée vers l’art-thérapie. Diplômée depuis 2015, je travaille aujourd’hui comme artiste et art-thérapeute indépendante. J’interviens également en institution auprès des personnes touchées par les problèmes d’addictions.

Les sources de mon inspiration. – Je crois que j’ai compris bien plus tard les raisons de mon attirance pour cette matière qu’est le verre. Il regroupe des qualités très intéressantes à travailler. Lumière, transparence, fragilité, capacité de transformation et de fusion sont les principales caractéristiques de ce matériau à la nature plutôt complexe. Autant l’artiste que l’art-thérapeute que je suis expérimente que travailler la fragilité, c’est se reconnecter à sa propre fragilité, composer avec les couleurs, c’est se relier à la lumière, et travailler à la transformation de la matière, c’est participer à sa propre transformation !

Je trouve ainsi mon inspiration dans mes questionnements, mes observations du monde ou un besoin de retranscrire un sentiment vécu. En perpétuelle recherche d’une manière de traduire mes idées et mettre mes émotions en mouvement, je travaille également beaucoup la forme du journal, écrit ou dessiné. Jeter sur le papier, court-circuiter la réflexion mentale en passant directement par le geste… C’est le cri de l’intérieur qui file au bout des doigts !

En lien avec la foi. – Je peux faire ici un lien avec la foi. Me mettre en création, c’est me mettre en méditation. Je me façonne une bulle. Je dialogue avec mon univers intérieur. Je me questionne. Je trouve parfois quelques réponses. Vous me demandez de présenter une de mes œuvres, celle qui matérialise peut-être le plus ce que je vous partage aujourd’hui : mon « Journal en cubes ». Cette création est représentative. Elle retranscrit d’une part des émotions vécues dans une histoire particulière, et elle aligne d’autre part mes techniques de prédilection : le verre, le dessin et l’écriture. 20 cubes pour graver en mots et en images 20 jours d’une expérience marquante.

Mon prochain projet. – Je termine en vous parlant d’un projet que je peaufine depuis quelque temps, et qui se concrétisera ces prochains mois. Mon atelier devenant trop exigu pour contenir toutes mes idées, je me suis lancée dans la construction d’un espace plus grand, situé dans le Val de Bagnes, en zone artisanale au lieu-dit Le Creusy. J’y poursuivrai et développerai mes activités artistiques (vitrail, verre fusionné, journal dessiné, …) et art-thérapeutiques (art-thérapie en groupe ou en individuel, ateliers d’écriture, …). Une association est aussi sur le point de voir le jour. Son but : créer et gérer un atelier partagé, proposer des cours ou organiser des évènements ponctuels. A suivre donc !

Où voir mes œuvres?

Mes œuvres sont visibles sur mon site : www.francoisedelavy.ch
On peut également me suivre sur Facebook, à la page « Atelier de verre et d’art-thérapie – Françoise Delavy »

Autoportrait

Parce que j’ai découvert la magie du verre au détour de mes études
Parce que je cherche à le comprendre et à l’apprivoiser
Parce que je me retrouve dans ce matériau fragile et solide à la fois
Parce qu’à travers lui je raconte la transformation et la lumière,
Je suis artiste verrier.

Parce que j’expérimente le verre comme terrain d’expression
Parce qu’il me permet d’inscrire mes émotions dans la matière
Parce que j’ai envie de transmettre cette expérience autour de moi
Parce que je cherche à offrir un espace aux histoires des gens,
Je suis art-thérapeute.

Parce que j’aime triturer, pétrir et modeler les mots
Parce que je suis aussi bibliothécaire de métier
Parce que j’ai des personnages et des paysages plein la tête
Parce que j’habille mes doigts de crayons et de mine de plomb
J’écris et je dessine.

Françoise Delavy-Bruchez, 48 ans
Artiste et art-thérapeute HES

Accueil…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-août 2021

… de l’abbé Jean Jacques Ayedji

PAR JEAN JACQUES AYEDJI | PHOTO : DR

L’abbé Jean Jacques Ayedji exercera un ministère de remplacement de l’abbé Joël du 12 juillet au 16 août 2021 au sein de l’Unité pastorale La Seymaz.

Je me nomme Jean Jacques Ayedji. Prêtre pour le diocèse de Lomé, j’ai été ordonné le 18 décembre 2018. Je suis actuellement professeur de Français, Latin et Histoire au Petit Séminaire Saint-Pie X, après avoir fait deux années pastorales comme vicaire. Je m’intéresse beaucoup à la musique et je m’essaie à la guitare basse et une de mes passions est le sport. Je me réjouis beaucoup de faire la connaissance des paroissiens et paroissiennes de l’UP La Seymaz et de vivre avec eux/elles de beaux moments liturgiques.

 
… du futur diacre Dalbert

PAR KARIN DUCRET

La célébration d’admission comme candidat au diaconat de M. Dalbert Agbossou a eu lieu le 24 avril à Fribourg. La photo montre Dalbert entouré par les autres candidats, leurs épouses et l’évêque Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire pour le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qui a reçu publiquement lors de la célébration solennelle leur volonté de s’offrir à Dieu et à l’Eglise pour exercer l’ordre sacré (voir aussi L’Essentiel, mai 2021, p. 11).

Ordination de Simon, Christian et Valentin

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Du 18 au 26 juin 2021, vous êtes invités à vous unir dans la prière avec les futurs diacre Christian Thurre et prêtres Simon et Valentin Roduit qui seront ordonnés dimanche 27 juin 2021 à Saillon. 
L’Eglise encourage les chrétiens à prier une neuvaine, c’est-à-dire pendant neuf jours précédant une fête, un événement particulier, pour confier à Dieu une intention, une demande ou une grâce particulière. Une formule plus longue, avec des textes de méditations tirés du message du pape François pour la journée de prières pour les vocations est à votre disposition au fond des églises ou téléchargeable sur le site : www.ordination-saillon.ch.

IMAGE : DR

Nous te bénissons, Dieu notre Père et source de vie, 
pour le salut offert à l’univers, 
et pour l’Eglise de ton Fils, sur qui la mort ne l’emportera pas.

Nous te bénissons, Esprit Saint, pour ton inlassable action : 
de toi surgissent lumière et nouveauté. 
Dévoile-nous le mystère de l’Eglise et l’unité des vocations.

Aide-nous, à faire de nos familles et de nos communautés 
des lieux de foi, où Jésus sera aimé, écouté et attendu.

Fortifie, celles et ceux qui veulent Le suivre, 
Spécialement, Christian dans le service au diaconat
et Simon et Valentin dans le ministère de prêtre. 
Ouvre le cœur de tous ceux qui sont appelés 
Pour que leur réponse soit généreuse.

Notre-Dame des familles,  
Apprends-nous la prière qui touche le cœur de Dieu, 
Et l’offrande du quotidien, avec ses joies et ses peines. 
Que sous ta garde grandisse l’espérance, 
d’un renouveau des vocations dans notre diocèse, 
pour que l’Amour du Père soit connu de tous ses enfants. Amen !

Spiritualité et pandémie

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-août 2021

Spiritualité, le mot sonne bien par les temps actuels de course à la sobriété, autre mot qui sonne bien. Spiritualité plus sobriété égal bonheur assuré ? A voir… Rencontre avec Jean-Marie Gueullette, dominicain, théologien à l’Université catholique de Lyon à l’occasion d’un zoom organisé par la Faculté de théologie de l’UNIGE.

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL GONDRAND
PHOTOS : DR

La spiritualité connaît un succès grandissant dans nos sociétés sécularisées et hyperconnectées, a relevé Jean-Marie Gueullette, et cette popularité croissante s’accompagne d’un élargissement du champ sémantique du terme spiritualité, a-t-il souligné. Ce terme est en effet employé tant dans le domaine religieux que dans une culture laïque prônant le bien-être intérieur.

Quelle pourrait être sa définition et quelle est la spécificité de la spiritualité d’origine chrétienne par rapport au syncrétisme spirituel observé à l’époque contemporaine ?

La morale c’est affreux, mais l’éthique c’est très bien, la religion c’est affreux mais la spiritualité c’est très bien ?

C’est une question extrêmement difficile, voire la question impossible, a d’entrée de jeu fait valoir le dominicain. Ce terme de spiritualité connaît en effet un usage de plus en plus inflationniste. Tout le monde a ce mot à la bouche ! Et il n’est pas sûr qu’on sache très bien de quoi l’on parle quand il s’agit de spiritualité. Si celui-ci connaît un champ sémantique grandissant et de plus en plus élargi, il conviendrait alors de définir à partir de quelle origine, car le terme même de spiritualité n’est pas si traditionnel que cela dans le vocabulaire chrétien, et surtout dans la distinction qui semble tellement naturelle aujourd’hui, entre spiritualité et religion. « Pour imager cette réflexion, on pourrait dire que la morale c’est affreux, mais que l’éthique c’est très bien et que la religion c’est affreux mais que la spiritualité c’est très bien », a-t-il lancé comme une boutade !

Combien de fois a-t-il été interrogé par des journalistes sur le thème de la spiritualité alors que, à l’évidence, ils voulaient parler de religion, il n’a pas compté. « Mais on a l’impression que cela va leur brûler la langue de prononcer le mot religion. Ils remplacent alors cet horrible mot par spiritualité. »

Souffrir, ça fait du bien ?

Jean-Marie Gueullette se déclare extrêmement prudent. « Faire une telle affirmation dans le sens où le silence et la solitude, pour beaucoup de personnes aujourd’hui, sont subis et sont la source d’une immense souffrance, d’une forme de déshumanisation, est périlleux. Il serait presque indécent de dire quelle chance nous avons d’être plongés dans le silence. On retrouverait un bon vieux discours selon lequel, l’épreuve, ça fait du bien, plus vous souffrez, plus vous avancez dans la sainteté. Non, le silence et la solitude ne sont pas nécessairement producteurs de sens ni même condition de recherche de sens. Ils peuvent être vécus comme une épreuve complètement destructrice. Le silence imposé par le confinement est une épreuve surprenante pour nous qui n’avons pas vécu dans des sociétés totalitaires et qui n’avons pas connu la diminution imposée de nos libertés. Il s’agit plutôt d’une rude expérience qui n’est pas nécessairement porteuse d’un sens spirituel. Si l’humanité n’était pas en train de se faire un grand trip spirituel mondial depuis un an, ça se saurait. La seule chose que l’on pourrait dire en tant que chrétien, c’est que ces conditions exceptionnelles, tant de solitude que de silence, peuvent être vécues comme un kairos (occasion), c’est-à-dire comme un moment favorable et les considérer comme une occasion qui nous est donnée d’arrêter les machines.

Vie intérieure et vie active, vie spirituelle et vie sociale. Quel équilibre ?

« Il ne peut y avoir de vie spirituelle si l’on est constamment dans l’activité. Il nous faut un sabbat, des moments pendant lesquels on s’arrête. Une des bonnes définitions de la prière c’est de ne rien faire. Ne rien faire avec Dieu, ne rien faire pour Dieu, ce qui est encore plus difficile… Et du côté des traditions chrétiennes, on ne peut trouver un équilibre et une fécondité mutuelle entre ce qui est de l’ordre de l’activité dans le monde et ce qui est de l’ordre d’une vie intérieure si nous ne situons pas cela clairement dans une forme de rythme. Se dire, par exemple, je prierai quand j’aurai le temps ou je penserai aux pauvres quand j’aurai le temps, ne mène à rien car on ne fera ni l’un ni l’autre. Là encore, pour avoir une vie spirituelle, commençons par consacrer dix minutes chaque jour à Dieu. C’est d’ailleurs le conseil que les Pères du désert donnaient à leurs disciples. Le développement d’une vie spirituelle passe nécessairement par une certaine discipline et une organisation du temps. Et cela, « progressivement », comme le préconisait un trappiste dans un monastère cistercien en France, qui, dans les locaux du noviciat, avait écrit en gros sur le mur : « PRO-GRES-SI-VE-MENT ! » »

Les structures changent, mais la mission continue

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), juin-juillet-août 2021

LE BILLET DE PASCAL DESTHIEUX, VICAIRE ÉPISCOPAL | PHOTO : DR

Notre évêque a décidé de remplacer les vicaires épiscopaux par des délégués/es épiscopaux/les laïques pour la conduite des cantons. Ce changement a été amorcé l’an passé avec la nomination de la déléguée épiscopale Marianne Pohl pour la partie alémanique du canton de Fribourg. Il se poursuit cet été pour la partie francophone de Fribourg, ainsi que pour les cantons de Vaud et de Neuchâtel. Pour Genève, la mutation se fera en 2022. J’ai en effet proposé à notre évêque d’aller jusqu’au bout du mandat de cinq ans qu’il m’a confié à plein temps en 2017, car j’ai la conviction que cela permettra une meilleure transition pour notre Eglise cantonale, en intégrant progressivement la nouvelle organisation diocésaine.

Pourquoi un tel changement ? La première idée forte de notre évêque est de « remettre » ses vicaires épiscopaux en paroisse, pour qu’ils puissent animer des pôles paroissiaux attractifs « où les gens ont envie de revenir ». Il souhaite aussi plus de « transversalité » diocésaine. A l’instar de la cellule Covid qui fait un travail remarquable, il devrait y avoir, par exemple, une commission diocésaine pour les nominations.

Les structures changent. Mais nous savons que le plus important est la mission, confiée à chacune et chacun, au service des femmes et des hommes de ce canton, pour l’annonce de l’Evangile, l’aide aux plus pauvres et la sanctification par la liturgie et les sacrements. Nous pouvons continuer de nous laisser inspirer par nos Orientations cantonales 2019-2023, afin que la Bonne Nouvelle puisse se déployer, en soignant l’hospitalité à la suite du Christ, en posant des gestes pastoraux visibles et créatifs qui reflètent la profondeur de l’Evangile, et en prenant des moyens pour rester heureux-se dans notre engagement en Eglise.

C’est bien ainsi que la mission se poursuivra dans la future « Région diocésaine du canton de Genève » !

Action « Caddies pour tous »

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2021

Les 25, 26 et 27 mars derniers a eu lieu l’action « Caddies pour tous ». Une action caritative impulsée par Anouck Wehrli et Jean-Marc Richard de la RTS qui a mis en marche plus d’une centaine d’associations en Suisse romande dans le but de collecter des denrées de première nécessité.

PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : DR

A Martigny, sous l’égide la paroisse, c’est grâce à des dizaines de bénévoles venus notamment des chorales de Martigny, mais aussi grâce au groupe de jeunes BCBG que cette collecte à été un succès. Durant trois jours, ils se sont passé le relais dans un climat joyeux et enthousiaste, hélant de leur liste de courses les clients des supermarchés Migros Quartz et Manoir, alors que, en parallèle, des collectes avaient aussi lieu sans bénévole dans le supermarché Aldi de Martigny et dans cinq épiceries Edelweiss Market de la région.

« Avant qu’ils n’entrent faire leurs courses, raconte une bénévole, nous accueillons les clients en leur annonçant l’action. Nous leur donnons une liste des produits dont nous avons besoin. Nous incitons les donateurs potentiels à nous fournir tel ou tel produit qui nous manque. Par exemple, des produits de soins corporels, de la viande en boîte ou des légumes en conserve… Sans cela, les gens n’achèteraient que des pâtes et de la sauce tomate (rires) ! »

Quelques jeunes du groupe BCBG s’expriment à leur tour au sujet de l’action :

« Je trouve cette action intéressante car nous aidons des gens. Nous pensons que le Valais n’est pas touché par ce problème (pouvoir s’acheter de la nourriture de base), mais c’est faux ! » Eliott

« Je trouve bien de participer à cette action car c’est pour aider des gens dans le besoin ou démunis. De plus, les personnes que j’ai croisées et qui nous donnaient les produits achetés avaient l’air elles aussi contentes de participer à cette action et c’est génial. C’est vrai que ce n’était pas forcément évident d’aller vers les gens car des fois j’ai eu l’impression d’être transparent… mais bon, on s’habitue ! » Baptiste

« Je suis content d’avoir pu participer à cette belle expérience. Anecdote : une personne nous a dit qu’elle ne pouvait pas participer, car elle avait juste assez d’argent pour vivre. » Noé

« Je suis venue pour aider ceux qui en ont besoin et qui n’ont pas notre chance. Je trouve normal de consacrer un peu de son temps quand je peux. » Anonyme

Un immense merci aux bénévoles sans qui l’action n’aurait pas eu le tour qu’elle a eu !

En faveur des Tables du Rhône. – Les marchandises collectées à Martigny ont été mises à disposition de l’association Tables du Rhône. Fondée en 2005 et basée à Monthey, l’association a pour mission de récolter les surplus alimentaires dans les commerces de détail pour les distribuer ensuite chaque semaine aux plus démunis.

« PARTAGER plutôt que GASPILLER ». – Tel est le mandat que l’association « Tables du Rhône » s’est donné en récoltant et en distribuant gratuitement les produits alimentaires excédentaires aux plus démunis. Chaque jour, des camionnettes frigorifiques sillonnent le Valais et le Chablais pour s’approvisionner auprès des grands distributeurs et livrer ensuite des marchandises de première qualité aux tables et auprès d’institutions sociales. En Valais, au courant 2019, 267 tonnes de denrées ont été distribuées.

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