Souffle et partage des eaux (Exode 13-14)

Ce texte paradigmatique est devenu le modèle des libérations successives dont les Israélites ont bénéficié au long de leur histoire.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

La preuve que le récit biblique ne cherche pas à nous offrir une description scientifique et précise du passage de la mer par les Israélites, c’est que le texte lui-même présente le miracle de deux manières différentes : 

Deux lectures

D’une part, pour souligner qu’il s’agit d’une véritable « re-création », l’eau se sépare par l’action du bâton de Moïse et les Hébreux marchent à pied sec entre les deux murailles ainsi formées, puis les flots reviennent sur les Egyptiens engagés derrière le peuple élu. De même que le Seigneur a fait apparaître la terre ferme en séparant les eaux au début du monde (Genèse 1), ainsi la nation sainte est-elle engendrée par le Créateur en passant à travers les flots. Nous vivons notre baptême de la même façon, comme une traversée nous conduisant de la mort à la vie, par laquelle les forces du mal sont noyées au fond de la cuve sacramentelle.

D’autre part, selon la version la plus ancienne de l’épisode, le prophète assure les Israélites poursuivis que Dieu va agir pour eux sans qu’ils n’aient rien à faire : alors le Seigneur fait souffler un vent qui dessèche la mer Rouge et les Egyptiens qui y pénètrent sont recouverts par son reflux. De cette manière, Israël qui avait eu peur de la puissance égyptienne l’a « vue » détruite sur le bord du rivage, et ainsi a pu « voir » la prouesse accomplie par son Sauveur.

La Vérité profonde

Ce qui compte donc, pour le rédacteur final de l’Exode et sa narration « épique », c’est de conserver et de combiner les diverses traditions du miracle et d’affirmer théologiquement la vérité profonde de l’événement. Quand les Hébreux sont acculés par leurs ennemis, le Rédempteur intervient pour eux et les arrache à toute forme de servitude.

Ce texte « paradigmatique » (exemplaire) est devenu de ce fait le modèle des libérations successives dont les Israélites ont bénéficié au long de leur histoire. Comme déjà le passage du Jourdain pour l’entrée en terre promise en Josué 3-4. 

Grâce à l’Agneau pascal, le mal est traversé, la mort est engloutie et nous pouvons pénétrer dans le Royaume de la promesse.

«Annoncer la libération»

Pie XII, François ou Léon XIV ont chacun éclairé à leur manière ce passage biblique.

Par Thierry Schelling | Photos : DR

De Pie XII…

Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est Papa Pacelli qui a le premier, du haut de la chaire de Saint-Pierre, permis l’usage de la méthode historico-critique pour lire la Bible – alors interdite dans le sérail catholique-romain – pour améliorer par cette approche scientifique la compréhension du message théologique et, partant, pastoral, des Ecritures. Par son encyclique Divino Afflante Spiritu, il a décidé de mettre de côté l’historicisme biblique – ce qui est écrit verbatim est vrai – et, avec tact et intelligence, ouvert le champ d’études de la Bible avec les moyens que sont l’archéologie, le traitement de texte, la sociologie, etc.

… à François

En 2018, dans le cadre de la clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, Papa Bergoglio reprend le mythe du Passage de la mer Rouge en rappelant son symbolisme : le baptême y est préfiguré, comme le passage d’une rive à l’autre au travers des eaux « nettoyeuses » et pour une vie nouvelle, dans une terre nouvelle, à l’écoute du Dieu qui sauve et qui libère, jadis les Hébreux (comme le raconte le Livre de l’Exode) et aujourd’hui les migrantes et migrants qui fuient tout pareillement une terre d’esclavage pour un brin de liberté au risque de perdre la vie, car trop souvent engloutis dans les eaux de l’aléatoire… 

Léon XIV à ses débuts

Dans son premier écrit pontifical, Dilexi te (2025), Papa Prevost a repris le thème de la libération, illustré par cet épisode de la traversée de la mer Rouge, au profit du cri central des pauvres, et du devoir premier des baptisés. Il explique : « La mission de l’Eglise, lorsqu’elle est fidèle à son Seigneur, est toujours d’annoncer la libération. […] Lorsque l’Eglise s’incline pour briser les nouvelles chaînes qui entravent les pauvres, elle devient un signe pascal. »

Pas étonnant que ce passage de l’Ancien Testament en Exode 14 et 15 se retrouve en troisième lecture « obligatoire » de la Vigile pascale…

Pâques! Alléluia?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche. 

Par Sœur Marie-Emmanuel Minot, représentante de l’évêque pour la vie consacrée du diocèse de LGF
Photo : DR

Incroyable mais vrai ! Quelqu’un de chez nous, de notre race, de notre chair, est ressuscité. Il a vaincu la mort, il ne meurt plus, il est vivant à jamais. N’est-ce pas vraiment une « Bonne Nouvelle » au sens étymologique du mot « évangile » ? 

C’est ce qui a fait courir les apôtres à travers tout le bassin méditerranéen. C’est le message originaire et original de l’Eglise : « Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. » Témoins de l’impossible, croyants de l’incroyable.

Garder l’Espérance malgré les persécutions

Pour une telle bonne nouvelle, nous allons emplir nos liturgies d’alléluias, acclamation de joie, chantés du fond de nos cœurs ; nous en avions été privés pendant les 40 jours du Carême. Pourquoi ai-je mis un point d’interrogation dans le titre « alléluia ? » ? Parce que je pense à toutes les personnes qui vivent en zones de guerre, en situation difficile, et il y en a partout dans le monde. En 1994, j’ai vécu au Rwanda une expérience dramatique : Pâques était le 3 avril et trois jours plus tard, commençait le génocide. Comment chanter les alléluias, comment vivre la liturgie pascale quand on tue autour de toi ? C’est ce que vivent aujourd’hui tant de chrétiens qui ne savent comment célébrer cette liturgie pascale dans les zones de guerre, de conflits, dans les persécutions… Comment garder l’Espérance ?

Il faut pourtant nous rappeler que le Ressuscité est à nos côtés, qu’il souffre avec nous. Le Christ ne nous a-t-il pas dit : « Prenez courage ! J’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33)

La méditation de Maurice Zundel

Maurice Zundel a longuement médité ce problème du mal au cœur de la Deuxième guerre mondiale « Notre mission de chrétien est d’entrer dans cette douleur, de la vivre […] Il faut nous hâter de créer de la joie […] Il est nécessaire de faire provision d’espérance et de courage, de dilater toute notre puissance d’aimer avant qu’il ne soit trop tard. […] Qu’une vague d’amour et de lumière se répande sur tout être ! Que chacun de nos actes soit un acte d’amour, une offrande, que chaque observation soit une joie ! […] Dieu nous envoie au-devant des autres comme des ambassadeurs d’amour et de joie. »

Jeunes, humour et mot de la Bible – avril 2026

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Dieu vous le rendra au centuple !

Le centuple est la quantité 100 fois plus grande de ce qui est évoqué. L’expression est traditionnellement employée pour signifier la prodigalité de Dieu, qui n’est pas à la mesure humaine. Jésus lui-même a fait cette promesse : « En vérité, je vous le dis, nul n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’Evangile, qui ne reçoive le centuple dès maintenant, au temps présent, en maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. » (Marc 10, 23-30) Cette expression signifie faire preuve d’une grande générosité.

Par Véronique Benz

Humour

Un paroissien est allé chez son curé pour lui faire une demande : « Pourriez-vous célébrer une cérémonie pour la sépulture de mon chien ? » 
Le curé lui répond : « Vous n’y pensez pas, l’Eglise catholique ne le permet pas. 
Allez rencontrer le pasteur, peut-être sera-t-il éventuellement d’accord. » 
« Bien, répondit le paroissien. Encore une question, j’ai préparé la somme de 10’000 francs pour ce service. Croyez-vous que ce soit assez ? » 
« Mais, mon cher ami, répondit le curé devenu tout d’un coup plus ouvert à la demande, pourquoi ne pas m’avoir dit plus tôt, que votre chien était catholique ! »

Par Calixte Dubosson

Cyrille de Jérusalem

Cyrille de Jérusalem.

Par Paul Martone | Photo : DR

Cyrille est né à Jérusalem ou dans ses environs vers 310, de parents chrétiens. Il a reçu une excellente éducation, tant en littérature chrétienne qu’en littérature grecque païenne. Vers 335, il est devenu diacre, puis prêtre en 345 et évêque de Jérusalem en 348. Cyrille semble avoir longtemps adhéré à l’arianisme. La doctrine arienne nie que Jésus-Christ est le vrai Dieu, affirmant qu’il n’est que sa créature la plus noble. Ce n’est qu’au concile de Constantinople en 381 que Cyrille a finalement professé sa foi en la Trinité divine, telle qu’elle avait été définie au concile de Nicée en 325. Cela entraîna un conflit avec l’évêque Alexis de Césarée, qui était un adepte de l’arianisme.

A deux reprises, Cyrille fut destitué et exilé par des assemblées épiscopales en raison de sa fermeté dans la foi, puis une troisième fois en 367 par l’empereur Valens. Cet dernier exil dura jusqu’en 378. Au total, il passa près de la moitié de son mandat en exil. Lors du deuxième concile œcuménique de Constantinople, il fut réhabilité comme orthodoxe et déclaré évêque légitime de Jérusalem. Cyrille mourut le 18 mars 387.

Dans l’Eglise orientale, il est vénéré comme un père de l’Eglise et un prédicateur doué. Le 28 juillet 1882, il fut nommé docteur de l’Eglise par le pape Léon XIII, conjointement avec Cyrille d’Alexandrie, pour avoir exposé et défendu avec une clarté impressionnante les vérités de la foi, en particulier celles de l’Eucharistie, dans les catéchèses qu’il donna dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, construite par l’empereur Constantin. Il défendait la présence réelle du Christ, c’est-à-dire que le Christ est véritablement présent dans l’Eucharistie, et utilisa pour la première fois le terme de « transformation » du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de la célébration eucharistique. Cyrille est un témoin historique important de la doctrine eucharistique de l’Eglise primitive. C’est probablement lui qui est à l’origine de la liturgie originale de la messe. Des pèlerins ont diffusé cette liturgie depuis Jérusalem dans le monde entier. Les témoignages et les paroles claires et percutantes de Cyrille de Jérusalem sont encore très actuels aujourd’hui. Ses écrits ont inspiré deux documents importants du Concile Vatican II (1962-1965) : Lumen Gentium sur l’Egliseet Dei Verbum sur la révélation divine. Son œuvre a toujours été marquée par le souci d’enseigner la vérité au peuple. A ceux qui doutaient de la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, il recommandait : « Ne doutez pas que cela soit vrai. Acceptez plutôt les paroles du Sauveur avec foi. Puisqu’il est la vérité, il ne ment pas. »

Sa fête est célébrée le 18 mars.

Johannes Hermann

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Johannes Hermann, de son vrai nom Cyrille Frey, se distingue comme un naturaliste chrétien contemporain dont l’œuvre s’inscrit à la croisée de l’observation scientifique, de la réflexion spirituelle et de l’engagement éthique. Très influencé par l’encyclique du pape François Laudato Sì, il voit la contemplation de la nature comme une forme de prière. 

Il est souvent sollicité par des medias comme La Croix, Famille Chrétienne, Cairn.info ; il est présent sur les plateformes comme Youtube ; il est l’auteur des trois livres suivants : La Vie oubliée ; Face à l’éco-anxiété : quelle espérance pour ne pas sombrer ? ; Comprendre et vivre l’écologie.

Création porteuse de sens

Héritier du naturalisme classique (son nom, Johannes Hermann fait référence au grand naturaliste du même nom qui, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle a, en tant que médecin, botaniste et professeur à l’Université de Strasbourg, constitué une collection si riche qu’elle a formé le Musée zoologique de Strasbourg et le Jardin Botanique avec, de plus, la découverte d’une espèce de tortue (Testudo hermanni qui porte son nom en hommage). Johannes Hermann conserve la rigueur descriptive et l’attention méticuleuse portée au vivant propre à son prédécesseur strasbourgeois, en y intégrant une vision du monde profondément marquée par la pensée chrétienne. Chez Hermann, la nature n’est jamais un simple objet d’étude : elle est perçue comme une création porteuse de sens, révélatrice d’un ordre qui dépasse l’homme. Sa démarche naturaliste est celle d’un homme de foi : le vivant est envisagé comme un don, confié à la responsabilité humaine. 

Disciple du Christ

Dans une interview récente à la radio RCF du 12 mars 2025 (Radio Chrétienne Francophone), Johannes Hermann nous dit : « Etre écologiste aujourd’hui, ce n’est pas seulement être un Homo Sapiens qui se soucie de son habitat, c’est aussi un geste de disciple du Christ. Nous n’avons pas à douter du fait que l’homme puisse se convertir et revenir à une relation plus ajustée au créateur, à la création et à ses frères pauvres. Le Carême tombe au printemps […], on recommence à entendre les premiers chants de merle. Dans les espaces verts, on va voir les feuilles se dérouler et les fleurs s’ouvrir, les premiers insectes arriver. Etre attentif à ces petits signes de vie sauvage, c’est déjà les faire rentrer dans son champ de préoccupation, voir qu’il y a quelque chose qui vit autour de nous, que nous ne sommes pas les seuls qui comptons. Le Carême est un bon moment pour méditer cela, ça nous remet à notre place au sein de la Création. […] Méditons cela, en demandant au Seigneur ce qu’il me dit là-dedans et ce que je dois faire pour retrouver la place qu’il m’a donnée au milieu de cette immense compagnie. »

Au-delà du handicap

Malgré sa surdité, Robin Masur parvient à communiquer parfaitement.

Robin Masur est sourd de naissance. Malgré son handicap, il parle bien, lit sur les lèvres et, grâce à une application, arrive à communiquer parfaitement avec ses interlocuteurs. Il est, depuis 2009, le chef de service du Centre pour l’information et la documentation chrétiennes (CIDOC). 

Par Véronique Benz
Photos : Robin Masur

Robin Masur est responsable d’une petite équipe de quatre personnes. « Nous avons également engagé des stagiaires et formé trois apprentis avec succès. » Un de ses soucis par rapport à sa surdité est d’être attentif à la question de la communication. « Lorsque je discute avec mes collègues, je dois être conscient que je peux oublier un mot ou peut-être ne pas comprendre correctement les choses ou créer des quiproquos, un peu comme le professeur Tournesol ! », précise-t-il avec un sourire. La plus grosse contrainte pour Robin Masur est de suivre les conversations en groupe. Les limites liées à son handicap, Robin les connaît depuis son jeune âge. « La difficulté est de ni minimiser ni surestimer ma surdité. » Robin Masur est heureux de pouvoir faire un travail très riche et varié. « Cela fait seize ans que je suis au CIDOC et je découvre toujours de nouvelles choses. La lecture des textes bibliques est un continuel apprentissage. »

Vivre sa foi comme personne sourde

« Chez les protestants, la place de la parole est encore plus marquée que chez les catholiques. Petit, ma maman me répétait tout ce qui était dit durant le culte. » Vers l’âge de 18-19 ans, il découvre la communauté œcuménique des sourds du canton de Vaud, dont le pasteur était lui-même sourd. Dans cette communauté, il vit de magnifiques célébrations basées sur le visuel grâce aux PowerPoint. « Nous avons le texte, l’image, la personne qui signe et même parfois une autre personne qui lit à haute voix. Ainsi, les célébrations de la communauté des sourds sont accessibles à tous. »

Le CIDOC

Le Cidoc, c’est plus de 23’000 documents.

Le Centre pour l’information et la documentation chrétiennes (CIDOC) est un centre de documentation qui est soutenu par l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud) et la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud. Il est né en l’an 2000 de la fusion entre le Centre de documentation du Boulevard de Grancy (catholique) et le Centre protestant de documentation catéchétique de la Rue de l’Ale (protestant). Le CIDOC, c’est plus de 23’000 documents (livres, revues, DVD et outils d’animation variés) à disposition des catéchistes et des communautés catholiques et réformées.

Site du CIDOC : www.cidoc.ch

Un souvenir marquant de votre enfance ?

J’ai eu une très belle enfance entourée de parents aimants, d’un frère et d’une sœur. Bizarrement, je n’ai été baptisé qu’à l’âge de sept ans au temple de Chardonne. J’ai été impressionné lorsque le pasteur m’a versé de l’eau sur la tête. La foi a toujours eu une place importante dans ma vie.

Votre temps préféré de la semaine ou de la journée ?

Je n’ai pas vraiment de moment préféré. Cependant, il est gratifiant, lorsque je rentre à la maison, de voir mes enfants heureux de me retrouver.

Votre principal trait de caractère ?

Je dirais que je suis posé, calme et puis assez curieux.

Votre livre préféré ?

Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. J’ai appris avec beaucoup d’étonnement que Tolkien était un fervent catholique. Pour lui, Le Seigneur des Anneaux était une œuvre volontairement chrétienne, mais sans l’être explicitement. Bien qu’ayant été écrite durant la Deuxième Guerre mondiale, elle est toujours actuelle, car elle parle des difficultés d’une société menacée par les ténèbres.

Une personne qui vous inspire ?

C’est délicat pour moi d’admirer quelqu’un d’autre que le Christ. A la fois vrai homme et vrai Dieu, Jésus est en totale adéquation entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. 

Votre citation biblique préférée ?

« C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Matthieu 20, 28) Cette humilité du Fils de Dieu est quelque chose que j’aime beaucoup. 

Robin Masur

• Né d’un père catholique et d’une mère protestante, Robin a grandi dans la foi protestante.
• Il a étudié la théologie, puis a fait une formation de bibliothécaire.
• Il est marié et papa de deux enfants. Son épouse et ses enfants sont également sourds. 

En librairie – mars 2026

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Paralysé mais libre
André Bisson

André Bisson, père de 4 enfants et grand-père de 26 petits-enfants, est installé à la campagne avec son épouse, attiré par la nature sauvage de son Québec natal. Il vivait avec sa famille une vie simple et heureuse à la campagne… quand un évènement a tout bouleversé. A la suite d’un mauvais plongeon, il devint tétraplégique, il y a 34 ans. Lui et son épouse découvrent ensemble la grandeur des petites choses, la force qu’est la foi, la beauté qu’est l’amour et la liberté qu’est l’intimité avec Dieu. « Quelqu’un m’a sauvé de la rage et de la mort ; il donne un sens à ma vie : c’est le Christ ! »

Editions Saint-Léger

Acheter pour 26.90 CHF

Réalités invisibles
François-Xavier Arot

Ce livre nous dévoile la vie d’un handicapé, François-Xavier Arot, avec ses souffrances, liées en bonne partie à son handicap. Le 26 octobre 1994, il tape ses premiers mots sur une machine à écrire. Grâce à une méthode de communication facilitée vulgarisée en Europe par une orthophoniste, la personnalité profonde de François-Xavier se laisse tout à coup entrevoir : les aspects de sa vie quotidienne, mais aussi une inclination marquée vers une spiritualité empreinte d’authenticité, sa familiarité progressive avec la foi catholique dans laquelle il a été élevé et une certaine proximité avec de grandes figures de l’Eglise. 

Editions Parole et Silence

Acheter pour 33.00 CHF

Ecrits et entretiens sur la pratique de la présence de Dieu
Frère Laurent de la Résurrection

Simple religieux d’autrefois, le frère Laurent de la Résurrection (1614-1691) a été désigné par le pape Léon XIV comme un maître lumineux pour aujourd’hui. Comment un humble laïc carme, cuisinier et savetier, est-il devenu un maître spirituel de renommée mondiale ? Par une méthode simple : la profondeur du Mystère chrétien vécue dans les petites choses les plus quotidiennes, avec un rare mélange de bon sens et de bonne humeur. Et, surtout, la pratique constante de la présence de Dieu : fidèle, aimante, inébranlable. Un message intemporel et accessible à tous, plus essentiel que jamais.

Editions Cerf

Acheter pour 22.70 CHF

Timéo et sa drôle de famille
Cécile Gandon

Timéo est un garçon de huit ans plein de vie. Il raconte son quotidien avec son frère handicapé, Greg, et sa grande sœur Julie : il y a des moments de complicité, mais aussi de la colère, de la honte, de l’incompréhension. Et un jour, c’est la crise ! Timéo pleure tellement qu’un lac apparaît à ses pieds. En rêve (ou en vrai ?), il fait des rencontres étonnantes qui l’aident à découvrir la beauté de la relation à son frère et de ses talents à lui. Un conte pédagogique poétique et vivant pour les frères et sœurs d’enfants handicapés et tous les enfants confrontés au handicap.

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 20.90 CHF

Pour commander

Une foi à déplacer les montagnes

Par Pascal Ortelli | Photo : DR

Evoquant le handicap, je me surprends encore à songer spontanément au manque ou à la différence. Pourtant, les personnes que j’ai rencontrées en situation de handicap m’ont souvent déplacé là où je ne m’y attendais pas. Leur foi, empreinte de simplicité et de persévérance, m’a marqué par son abondance. Elle est venue révéler, en creux, mes propres manques. Il se vit là un véritable geste d’inclusion, mais aussi d’évangélisation à rebours : ce ne sont pas seulement des personnes à accompagner, mais avant tout des croyants qui nous enseignent.

Le récent colloque « Handicap et foi » à Fribourg l’a rappelé avec justesse : dans la Bible, la fragilité n’empêche ni l’appel ni la mission. Jacob demeure boiteux, Moïse piètre orateur, et pourtant Dieu fait route avec eux. La foi ne supprime pas les limites, elle les traverse.

Accueillir le handicap, n’est-ce pas accepter que l’Eglise se laisse déplacer hors de sa zone de confort ? Et si la foi capable de déplacer les montagnes commençait, tout simplement, par déplacer notre regard ?

Celui qui murmurait à l’oreille…

Résurgence d’une tradition moyenâgeuse ou réponse à un besoin croissant ? L’abbé Romain Gajo, prêtre exorciste dans le Jura pastoral, a exploré la nature de la libération spirituelle et de l’exorcisme dans le contexte contemporain lors d’une conférence à la paroisse de Corsier, fin janvier.

Texte et photos par Myriam Bettens

« Je ne sais pas si c’est parce que la thématique est revenue au goût du jour… », s’interroge une participante en guettant la réaction de sa voisine. Cette dernière, tout en se retournant pour jeter un regard circulaire à l’église de Corsier, complète l’interrogation restée en suspens : « … en tout cas c’est plein ». Tous attendent la venue de l’abbé Romain Gajo. Exorciste durant huit ans dans le Jura pastoral, il est venu à Genève à l’invitation de l’Unité pastorale Arve-Lac présenter une conférence traitant de « L’exorcisme aujourd’hui ».

Sentant que cet intérêt pourrait avoir une connotation plus personnelle, le président du conseil de paroisse enjoint les participants à ne pas faire état de préoccupations individuelles durant cette conférence. La précaution n’est, semble-t-il, pas inutile, car comme l’indiquera ensuite l’invité, « les demandes d’exorcisme sont partout en augmentation ». Pour étayer son propos, le prêtre se base sur des données « qui circulent en interne de manière confidentielle » et sur sa propre pratique, en l’absence de chiffres publiés par les diocèses. « Je reçois entre trois et quatre demandes par semaine », mais seules un à deux pour cent de celles-ci mènent à un exorcisme. « Ils sont donc rares et c’est rassurant ».

Le conférencier corrèle l’augmentation de cette demande à une croissance des pratiques occultes favorisées par ce qu’il appelle le « tournant Harry Potter » : La sorcière n’effraie plus, elle séduit. S’ajoute à cela un vide spirituel entretenu par le déclin de la pratique religieuse et un commerce explicite des sorts mettant en avant l’efficacité et l’immédiateté. « Aujourd’hui on peut payer quelques centaines de francs pour maudire une personne et le pire, c’est que ça marche ! ». Du moins, en apparence, car « le Mal produit un effet «  boomerang  » encore plus violent pour l’émetteur et le bénéficiaire du sort ». L’Eglise appelle donc à une grande prudence, car toute pratique spirituelle a son envers. Mais pas de pensée binaire dans les affirmations de Romain Gajo. L’important est de toujours discerner l’origine, l’intention et les effets d’une pratique.

Il en va de même pour son mandat de libération spirituelle et d’exorcisme. « On ne s’autoproclame pas exorciste. Le discernement est rigoureux et la collaboration médicale indispensable. » Formé par Don Gabriele Amorth, exorciste en chef au Vatican avec plus de cinquante ans d’expérience, il détaille méthodiquement les « stades de l’influence démoniaque », distingue les types d’exorcismes, puis propose les réponses pastorales que l’Eglise peut donner face à ces réalités spirituelles : Renforcer la vie sacramentelle, clarifier les portes d’entrée du mal et les risques, comprendre ce qui séduit dans l’ésotérisme, promotion des ministères de guérison.  L’ensemble est porté par une forte exigence de discernement, de collaboration avec le corps médical et de prudence face au sensationnel. Il insiste encore : « le Démon n’a pas d’autorité propre, seulement une permission. Dieu demeure souverain en tout temps »

En 2014, l’abbé Gajo a reçu de son évêque le mandat de libération spirituelle et d’exorcisme.

Vivre sa foi avec un handicap

Souvent, les fauteuils roulants sont « parqués » devant l’autel ou dans les allées.

Comment promouvoir la pleine participation et l’inclusion des personnes en situation de handicap dans nos communautés paroissiales ? A la suite du colloque « Handicap et foi », organisé conjointement par le Centre œcuménique de pastorale spécialisée (COEPS) et l’Université de Fribourg, qui a eu lieu au mois de janvier 2026, nous vous proposons une plongée dans cette pastorale spécialisée et ses défis. 

Par Véronique Benz | Photos : DR, Unsplash, Pixabay

« Comment se fait-il que nos centres commerciaux prévoient des places de parc pour les personnes en situation de handicap alors que, dans nos églises, nous n’avons pas de lieu spécifique pour les accueillir ? », a constaté Michel Steinmetz, directeur de l’Institut de Sciences liturgiques de la faculté de théologie de l’Université de Fribourg. Le prêtre a relevé que souvent les fauteuils roulants étaient « parqués » soit devant l’autel soit dans les allées. Pourtant les personnes handicapées ne sont-elles pas baptisées comme les autres ? 

Le handicap dans la Bible

Catherine Vialle, professeure à l’Université catholique de Lille, a montré que le handicap était présent dans la Bible. Les grandes figures fondatrices sont des personnes en situation de handicap : Jacob est boiteux et Moïse souffre de difficulté d’élocution (cf. le livre de la Genèse). Le handicap de Jacob et celui de Moïse ont été le lieu d’une ouverture à l’autre. Ce n’est qu’après son combat avec l’ange que Jacob peut s’ouvrir à la reconnaissance de l’altérité et rencontrer son frère. Ce qui est frappant dans ces récits est le fait que ni Jacob ni Moïse ne sont guéris de leur handicap. Ils accomplissent leur mission avec leur handicap.

Ce n’est qu’après son combat avec l’ange que Jacob peut s’ouvrir à la reconnaissance de l’altérité.

L’expérience de l’asymétrie 

Thierry Le Goaziou, directeur de l’Association d’amis et de parents de personnes handicapées mentales du département de la Nièvre (France), a proposé une théologie de l’acceptation. Il a relevé que la rencontre avec une personne en situation de handicap est toujours une expérience perturbante. « Ce trouble provient de la peur de la différence, mais aussi de la crainte de la ressemblance. »

Carolina Leitao, coach de vie malvoyante avec la maladie des os de verre, nous invite à une juste relation à soi. « Nous sommes appelés à la sainteté, mais non à être parfaits. Il faut apprendre à s’accepter tel que nous sommes et pas tels que nous voudrions être. » Pour elle, l’acceptation est une attitude générale qui nous permet de regarder le handicap en face sans le diminuer ni l’augmenter. « Il faut accepter d’être acceptés même et surtout si nous nous sentons inacceptables. »

Etre créatifs

La catéchèse est la même pour tous et à tous les âges de la vie, mais sa pédagogie doit être adaptée à chacun. Christophe Sperissen, prêtre du diocèse de Strasbourg, aumônier auprès de personnes en situation de handicap, a parlé de la créativité en catéchèse spécialisée. « La créativité, c’est faire preuve de courage et d’audace, mais ce n’est pas faire n’importe quoi. Elle doit être au service de la Parole de Dieu. Elle doit nous aider à entrer dans l’imagination, à stimuler l’affection, à se sentir impliqués dans l’histoire du Salut et elle doit rendre contemporains et actuels les mystères de la foi », a souligné le prêtre de Strasbourg. « La créativité, ce n’est pas faire pour les personnes handicapées, mais c’est faire avec elles. Dans la catéchèse spécialisée, nous n’accompagnons pas seulement les personnes en situation de handicap, mais aussi tous les professionnels qui les encadrent. »

Une Eglise à bâtir ensemble

Durant le colloque, plusieurs expériences de ce qui se vit avec les personnes en situation de handicap ont été présentées. En voici quelques exemples :

L’Arche en Suisse
« Comment est-ce que des personnes avec un handicap peuvent-elles donner la vie lors de temps spirituel ? », s’est questionnée Virginie Kieninger, responsable nationale de l’Arche suisse. Elle a cité l’exemple d’Anne, qui ne peut parler qu’à travers un ordinateur. Avec l’aide de son accompagnatrice, elle a cherché son élan intérieur. Après deux jours, Anne a pu écrire : « Je veux partager l’arc-en-ciel qui est à l’intérieur de moi. » Elle a ensuite présenté cet élan devant les autres grâce à une gestuelle et des foulards. Les mots sont limités, mais Anne a pu exprimer son élan de vie à la communauté. 
Site : http://arche-suisse.ch

La fraternité diocésaine des amis de saint André Hubert Fournet à Poitiers
Cette fraternité est née à la suite d’un appel à la vocation d’un jeune handicapé. Il voulait devenir prêtre, mais en raison de son handicap, ses parents lui avaient dit qu’il ne pourrait pas. Le jeune homme handicapé a interpellé son évêque qui l’a écouté et a mis sur pied un groupe de travail. Après 10 ans de réflexion, la fraternité des amis de saint André Hubert Fournet est aujourd’hui florissante. Chaque membre de la fraternité, à la suite de sa consécration, reçoit selon son charisme et ses possibilités une mission spécifique. 
Site : www.poitiers.catholique.fr

Le SPRED à Chicago
Joe Quane, directeur exécutif de SPRED (Special Religious Developpement), a présenté ce programme diocésain composé de groupes paroissiaux de bénévoles qui offrent une amitié individuelle et une vie spirituelle aux personnes avec une déficience intellectuelle. Au cœur de cette méthode se trouvent les liens d’amitié et les relations personnelles profondes au sein d’une communauté, à travers lesquelles les catéchistes, sous la conduite du Saint-Esprit, accompagnent les autres dans la découverte de la foi. La méthode SPRED permet aux personnes en situation de handicap d’être des membres à part entière de leur communauté paroissiale. 
Site : www.spred-chicago.org

Devenir corps du Christ en fauteuil

Patrick Talom a fondé le cabinet de conseil sur le handicap et le Groupe de recherche transversal sur le handicap en Afrique.

Patrick Talom est théologien pluraliste du handicap. Il a fondé le cabinet de conseil sur le handicap et le Groupe de recherche transversal sur le handicap en Afrique. Il est chargé d’enseignement à l’Université catholique de Lille. A l’âge de 26 ans, suite à un accident, tout bascule. « Pendant 10 ans, je suis resté dans un trou noir à chercher, à comprendre ce qui se passait. A 36 ans j’ai fait le choix de me former à l’université. Mon fauteuil est un lieu d’appel à la sainteté et à l’amour. Même dans un fauteuil, je suis encouragé à être heureux et à prendre ma place dans l’Eglise. La Parole de Dieu est aussi faite pour moi avec mon handicap. L’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Je suis aimé de Dieu. J’ai un rôle à jouer. » Pour Patrick Talom la question n’est pas de savoir si les autres lui donnent sa place, mais de la prendre.

La foi des proches (Marc 2, 1-12)

Ce qu’il y a de frappant dans la version selon Marc de la guérison du paralytique, c’est la détermination des quatre hommes qui l’apportent à Jésus.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Ce qu’il y a de particulièrement frappant dans la version selon Marc de la guérison du paralytique, c’est la détermination des quatre hommes qui l’apportent à Jésus. Et qui, devant l’afflux de la populace, vont même jusqu’à ménager une ouverture dans le toit pour le descendre devant le Fils de l’homme. C’est « en voyant leur foi » que le Christ remet les péchés du handicapé et le guérit (2, 5). La solidarité fait vraiment des miracles : la sollicitude des proches aidants réalise des merveilles.

Et surtout, les personnes en situation de handicap occupent une place essentielle dans nos communautés. Elles nous rappellent que notre état de santé est un pur cadeau dont nous sommes les bénéficiaires, que le handicap n’est pas le fruit d’une « punition divine » pour une faute, cachée ou avouée, et que nous devons tout faire pour promouvoir l’inclusion et la participation de toutes et tous dans nos assemblées.

Mais alors, pourquoi Jésus commence-t-il par libérer le paralytique de ses péchés, en s’attirant de ce fait les foudres des scribes ? Car pour ces derniers, seul Dieu peut remettre les fautes. Le Rabbi de Nazareth nous apporte toujours une délivrance globale, aussi bien spirituelle que physique. Le plus important demeure le soulagement de nos âmes et de nos cœurs et la libération exceptionnelle de la paralysie advient comme un signe de l’avancée du Royaume parmi nous. Du reste, tout prêtre peut pardonner les péchés, mais les guérisons miraculeuses restent rares : elles sont là pour attester que l’Esprit est à l’œuvre en cet âge.

Par notre proximité avec les personnes en situations de handicaps, nous leur octroyons le rôle qui leur revient comme témoins d’espérance. Nous nous associons à leur prière et à leur chemin. Et surtout, nous recevons d’elles bien plus que nous pouvons leur apporter.

Car souvent elles font preuve de bien plus de conviction que nous et elles traversent les épreuves placées sur leur route avec d’autant plus de persévérance qu’elles dépendent en grande partie des autres. Elles concrétisent la parole de saint Paul : « C’est quand je suis faible que je suis fort » (2 Corinthiens 12, 10) en se laissant façonner par la grâce du Seigneur et en gardant dans leur cœur l’ancre du salut, en tant que pèlerin(e)s d’espérance. L’année jubilaire qui vient de s’achever nous l’a abondamment rappelé.

Inclusion

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Le 13 septembre 2025, discrètement mais non sans conviction, une note du Saint-Siège appelée rescriptum ex audientia sanctissimi – un rescrit ou acte administratif par écrit issu d’une audience avec le Pape – était publiée par la Salle de presse vaticane. Elle annonçait que le Secrétaire d’Etat avait eu audience avec Léon XIV en août et avait eu son approbation à la modification du règlement d’emploi des actifs dans la Curie romaine, ouvrant ainsi la possibilité de travail au Saint-Siège pour les personnes avec un handicap.

Normes

Avec tact et chaleur, les personnes concernées doivent être accueillies au sein des Dicastères et autres bureaux et, si nécessaire, les modifications pour leur accès doivent être effectuées. Elles seront recrutées comme toute autre personne cherchant un emploi et considérées évidemment égales aux collègues non porteurs d’un handicap.

La modification de termes est significative : là où on disait « état de santé dûment établi » pour qui se présentait pour une charge curiale ou au Saint-Siège, désormais, on parle d’« aptitude psychophysique aux fonctions à exercer, certifiée par la Direction de la santé et de l’hygiène de l’Etat de la Cité du Vatican ».

Un peu d’histoire

Il faut se rappeler que pendant des siècles, le handicap physique ou psychique était traduit comme une punition de Dieu à l’encontre du pécheur ou de la pécheresse ainsi doublement victimisés : lépreux, trisomiques, albinos ont souffert d’une ostracisation officielle de la part de la société et de l’Eglise. Donc, par conséquent, pas possible de devenir prêtre ou religieux/religieuse. Cela est entériné dans la première publication du Droit Canon de 1917 (cf. article 984). En 1983 – publication du second corpus dit « Droit Canon » –, Jean-Paul II permet qu’un handicap physique ne soit pas un obstacle à l’Ordre, alors que celui psychique demeure rédhibitoire. 

Sur le terrain paroissial

Bonne nouvelle : des paroisses accueillent tout enfant porteur ou non d’un handicap qui, socialement, est adaptable au cadre de la catéchèse ; des servantes et servants de messe trisomiques (regardez sur Instagram !). Mieux, à Genève, la pastorale œcuménique des personnes en situation de handicap et de leurs familles (COPH), a fêté ses 60 ans. Bientôt des vocations en Eglise ?

La Bible de Moutier-Grandval et la crèche aux cinq sens

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel, est l’auteur de cette carte blanche.

Par Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel
Photos: DR, wikipédia

Le 14 décembre dernier, nous nous sommes rendus, mon épouse et moi-même, au Cinoche à Moutier – encore bernoise à ce moment-là – pour visionner un film sur la Bible de Moutier-Grandval. Il s’agit du reportage « Un Livre, une histoire, un Trésor » réalisé par le diacre Jean-Claude Boillat pendant que cette Bible était exposée au Musée jurassien d’art et d’histoire de Delémont de mars à juin 2025.

Ce reportage permet certes de se plonger dans l’histoire captivante de la Bible de Moutier-Grandval, mais ce qui nous a frappés, ce sont les regards de diverses personnes qui nous révèlent cette Bible. Une communauté humaine émerveillée nous dévoile la beauté de cette œuvre conservée à la British Library à Londres 1.

Le réalisateur a mis le focus sur l’humain qui reçoit cette œuvre, sur l’émotion qui peut le traverser. Il nous fait toucher ce livre, cette histoire, ce trésor comme s’ils étaient nôtres, de notre pâte humaine. Chacun peut se sentir concerné par cette Bible, par la Bible qui raconte l’histoire de l’alliance de Dieu avec l’homme, une histoire d’amour entre le Créateur et sa créature. Chacun est invité à s’en approcher.

Une dizaine de jours plus tard, nous nous rendions à Porrentruy à l’église Saint-Pierre pour visiter la crèche aux cinq sens. C’est une œuvre magnifique et itinérante, imaginée et façonnée par deux amis, Créa Calame et Maurice Bianchi. Ce qui nous a émerveillés ce sont les nombreuses scènes de vie présentées. Chacun peut trouver une scène de la vie quotidienne qui le concerne. Et la crèche évolue en fonction du temps de l’Avent et du récit de Noël.

A nouveau l’humain est au centre. Ses sens, ses cinq sens sont mis en mouvement. Cette crèche fait participer tout le corps et nous invite à nous plonger non seulement dans le récit de la naissance de Jésus, mais aussi à rejoindre tous les humains représentés dans les diverses scènes et tous ceux qui sont venus visiter cette crèche éphémère.

1 Petite anecdote en passant : nous étions à Londres avec mon épouse en 2024. Je souhaitais alors visiter la British Library et particulièrement voir de très anciens manuscrits du Nouveau Testament. Et nous sommes passés devant la vitrine de la Bible de Moutier-Grandval sans vraiment y prêter attention !

Jeunes, humour et mot de la Bible – mars 2026

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Un vrai capharnaüm

Si ce terme désigne aujourd’hui le lieu où sont classés en désordre des objets de toutes sortes, à l’origine, ce nom est celui de la ville où Jésus commença son ministère public, une cité sur les bords du lac de Tibériade dont les ruines existent encore. La grande activité commerciale de cette ville, située à un carrefour stratégique au nord de l’actuel d’Israël, lui a valu de devenir un symbole de confusion en raison des nombreux mouvements de foule qui s’y pressaient. Dans l’évangile de Matthieu, Jésus condamne cette ville qui a refusé de croire en lui, alors même qu’elle avait vu de ses yeux tout ce qu’il avait réalisé comme miracles (Matthieu 11, 23).

Par Véronique Benz

Humour

Dans une paroisse, M. le Curé anime le chemin de croix. A la septième station, le sacristain vient lui chuchoter à l’oreille qu’il lui faut aller de toute urgence donner le sacrement des malades à la vieille Clotilde qui est en train de mourir. Il confie le soin au sacristain de poursuivre le chemin de croix. Quand le curé revient, une demi-heure plus tard, il entre dans l’église, croyant bien que chacun est rentré chez soi. Mais l’église est aussi pleine que tout à l’heure et il entend son sacristain : « Vingt-cinquième station, Simon de Cyrène épouse Véronique. »

Par Calixte Dubosson

Toucher Dieu

Dans le milieu du handicap, les concepts cognitifs ne constituent pas le langage principal, la catéchèse doit donc permettre d’expérimenter Dieu par le corps. C’est le défi quotidien de Gaëtan Steiner, responsable de la pastorale spécialisée du diocèse de Sion. Mais il a un allié de taille… le Saint-Esprit !

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

N’a-t-on pas trop tendance à intellectualiser la foi et l’expérience de Dieu ?

Oui, je peux souscrire à cela. Dès le moment où il y a du handicap mental, on est obligé de développer un autre langage que celui du concept lié à la parole. Cela signifie un réel travail d’appropriation de la foi à travers les cinq sens, l’expérimentation et l’expérience humaine afin que cela ne soit pas uniquement cérébral. C’est pour moi la grande richesse de la pastorale spécialisée et du monde du handicap. 

Peut-on considérer que les personnes en situation de handicap ont une foi innée ?

Je pense qu’elles ont comme un sixième sens, un sens de la foi très fort. Comme partout, il y a des personnes en situation de handicap qui ne sont pas croyantes et ne participent pas à nos activités. Par contre, lorsqu’elle se développe, leur foi devient de l’ordre du normal, car elle se situe moins dans le questionnement théologique ou existentiel et plus dans « l’être avec Dieu ». Dans le monde du handicap on ne joue pas de rôles. Avec ces personnes tu découvres ce qu’est la spontanéité et l’authenticité dans les relations avec tes semblables et Dieu.

Justement, que vous apprennent-elles en tant que croyant ?

Tout ! Lorsque tu as quatre personnes polyhandicapées en chaise roulante en face de toi et que tu es en train de leur faire une théorie sur la confiance… c’est là que « ça fait tilt ». Ils sont entre les mains d’autrui du matin au soir, c’est plutôt eux qui m’apprennent ce qu’est la confiance ! Il faut donc aller à l’essentiel, mais surtout en profondeur en faisant un travail de passage du cognitif à l’expérience. Lorsqu’on vit ce moment, Dieu devient palpable, réel, ancré dans notre vie et on comprend, enfin, ce qu’est le mystère de l’incarnation.

Pour faire « toucher Dieu » aux personnes vivant avec un handicap, vous devez développer des trésors de créativité…

Cette créativité se déploie autour du bricolage, de la peinture. On joue beaucoup avec les cinq sens et la symbolique. Parler de Dieu comme rocher et venir avec un gravier n’a pas de sens ! Mais cela demande un vrai changement de perspective au niveau de la manière d’aborder la foi. On ne peut pas faire cette économie-là avant d’aller rencontrer nos amis en institution. Si je n’ai pas fait personnellement ce chemin d’appropriation, je ne peux rien leur apporter. Et bien souvent, ce bout de chemin me permet d’approfondir ma propre foi.

Est-ce que le handicap pousse à la conversion ?

Côtoyer la vulnérabilité et la fragilité de l’être humain implique un chemin de conversion. Sans quoi, on ne peut pas se reconnaître fragile et en dépendance du Père. Lorsqu’on se suffit à soi-même, on ne peut ni accueillir, ni recevoir des autres. La vulnérabilité ouvre, parce que l’on se découvre en recevant l’autre et plus fondamentalement en dépendance de Dieu.

Le miracle de Lourdes

Le miracle de Lourdes se prolonge tout le reste de l’année.

« On ne rentre pas de Lourdes sans avoir vécu le miracle, glisse Gaëtan Steiner. Lorsqu’on est à Lourdes, le miracle c’est de goûter « le monde à l’endroit », car ici, la mesure de l’espace et du temps est déterminée en fonction du plus fragile et du plus lent. » Ce pèlerinage constitue le point de rencontre entre ses deux ministères et lorsque celui-ci ne peut avoir lieu, les jeunes témoignent d’un « déficit de vie pour toute l’année. Ce qui est de l’ordre du miraculeux pour [lui] ». Il l’affirme sans détours : « Le miracle de Lourdes se prolonge tout le reste de l’année. »

Bio express

Gaëtan Steiner est responsable de la Pastorale spécialisée et du Service Diocésain de la Jeunesse (SDJ) du diocèse de Sion. Né à Sion en 1985, il s’est d’abord formé à l’administration et au commerce de détail. Sentant l’appel à s’engager pour les autres, il part en Argentine comme volontaire dans l’œuvre du Père Gabriel Carron. A son retour en 2010, il effectue des études de théologie et de pastorale à l’IFM (Institut de Formation aux Ministères) à Fribourg. Depuis 2011, il œuvre auprès de la jeunesse, puis de 2013 à 2016 en paroisse au service de ses frères et sœurs en situation de handicap. Gaëtan est marié et a trois filles. Il est actuellement en chemin vers le diaconat permanent.

L’art de constuire un dôme

Par Pierre Guillemin | Photo : Pixabay

Depuis l’Antiquité, nous construisons des dômes. Les plus anciens vestiges sont des huttes circulaires en os de mammouth en Ukraine (19000 av. J.-C.) ; viennent ensuite, au Proche-Orient et sur la bassin Méditerranéen, les premières formes massives couvrant des tombes et des huttes. Puis la Grèce Antique et l’Empire romain parachèvent ce type de construction par l’introduction de temples circulaires et l’utilisation du béton romain pour des structures hémisphériques impressionnantes, comme le Panthéon (126 ap. J.-C.) ; à Byzance, la cathédrale Sainte-Sophie (VIe siècle) est un chef-d’œuvre utilisant des dômes sur pendentifs (les pendentifs permettent de faire reposer une coupole circulaire sur quatre piliers autour d’un espace de plan carré (toujours cette question de la quadrature du cercle et du nombre π – voir L’Essentiel dejanvier 2026) pour passer d’une base carrée à un cercle ; enfin, au Moyen Age et à la Renaissance, les dômes deviennent centraux dans les églises, comme le dôme de Florence (Brunelleschi) et Saint-Pierre de Rome (Michel-Ange). 

Un dôme se définit comme une structure hémisphérique ou polygonale reposant sur un plan circulaire ou parfois polygonal, conçue pour couvrir un espace sans appuis intermédiaires. Cette caractéristique en fait un choix privilégié pour les édifices religieux, culturels, scientifiques ou institutionnels.

En construisant un dôme, on cherche à répartir les charges de manière homogène afin d’assurer la stabilité de l’ensemble. La géométrie joue ici un rôle fondamental : la forme courbe permet de transformer les forces verticales en poussées latérales, transférées vers les murs porteurs ou les piliers. La mise en œuvre débute généralement par l’élévation d’un tambour, base cylindrique ou polygonale sur laquelle repose le dôme. Vient ensuite le coffrage ou l’assemblage de la structure porteuse, suivi du remplissage ou du coulage selon le matériau choisi. 

Mais en introduisant la notion du cercle et du nombre π, le dôme possède une forte portée symbolique. Il évoque le ciel, l’unité et la perfection géométrique. Sa construction représente ainsi la rencontre entre savoir-faire, innovation et expression artistique, faisant du dôme une forme architecturale intemporelle et fascinante.

La joie de communiquer

Laetitia Willommet.

Femme engagée et dynamique, Laetitia Willommet est au service de l’Eglise depuis 1993. Officiellement à la retraite, elle a gardé un petit mandat au secteur des Coteaux du Soleil (Chamoson-Ardon-Vétroz-Conthey). 

Par Véronique Benz | Photos : DR, Laetitia Willommet

« A l’époque, nous allions dans les écoles donner les cours de religion. J’ai vécu le passage de la catéchèse confessionnelle à l’histoire biblique, puis de l’histoire biblique aux cours d’éthique et de culture religieuse. » Laetitia Willommet a été catéchiste, puis responsable du Service diocésain du catéchuménat. En 2010, elle a été engagée sur le secteur des Coteaux du Soleil. Depuis 2021, elle est coordinatrice du secteur. Elle fait partie de l’équipe de rédaction du journal local depuis 2018. « Aujourd’hui, c’est Romaine Carrupt qui est la responsable de notre magazine. Je rédige quelques textes et je fais la coordination du magazine avec l’équipe pastorale et Saint-Augustin. »

Laetitia Willommet avoue se plaire dans son secteur des Coteaux du Soleil. Cependant, les obstacles ne manquent pas. Laetitia cite notamment les différents scandales liés aux abus, la baisse des vocations sacerdotales, l’absence de relève pour les agents pastoraux et les bénévoles. « Des difficultés majeures que nous vivons dans l’espérance. Il y a également la vie d’équipe, avec les bonnes et les mauvaises nouvelles. L’objectif, c’est d’avancer ensemble dans le respect de chacun. »

En ce qui concerne la communication, Laetitia souligne que le problème principal est la diminution du nombre d’abonnés. « Les désabonnements suite à l’entrée au home et aux décès, ne sont pas compensés par des nouveaux venus. Nous travaillons sur le projet de l’application MyChurch. Nous espérons que cela va contrebalancer le manque d’abonnement à L’Essentiel. » Car, bien évidemment, le souci est de rejoindre les gens, afin de pouvoir les informer de la vie de l’Eglise locale.

Laetitia parle de ses collaborateurs avec enthousiasme et bienveillance. « Chaque étape de mon engagement me ramène au Christ. Préparer une réunion, mener une équipe pastorale, écrire pour le magazine paroissial, rencontrer des prêtres ou des collègues. Travailler en Eglise c’est avoir comme « collègue » principal le Christ et comme outil de travail la Bible. C’est à la fois exigeant et vivifiant ! »

Les collègues de rédaction de Laetitia planchent sur une édition de L’Essentiel des Coteaux du Soleil.

Pouvez-vous nous partager un souvenir marquant de votre jeunesse ?

Je me rappelle de la JRC (Jeunesse rurale chrétienne). Dans l’élan de Vatican II, nous animions des messes avec des guitares électriques et des batteries. Nous vivions de belles célébrations.

Quel est votre moment préféré de la journée ou de la semaine ?

Lorsque j’enseignais au CO, mon jour préféré était celui où j’avais les classes les plus faciles à gérer. Maintenant, mon jour préféré, c’est aujourd’hui.

Quel est votre principal trait de caractère ?

Je suis très empathique. J’ai une grande capacité d’écoute et j’ai aussi le souci que les gens se sentent bien quand ils sont ensemble. 

Un livre que vous avez particulièrement apprécié ?

J’ai beaucoup aimé les deux livres de Pip Williams, La collectionneuse de mots oubliés et La relieuse d’Oxford qui nous plongent dans l’Angleterre du début du XXe  siècle et de la réalisation du premier dictionnaire d’Oxford.

Des personnes qui vous inspirent ?

J’ai toujours été touchée par les personnes qui œuvraient pour la paix et la non-violence comme Gandhi, Mandela, Sœur Emmanuelle. J’ai travaillé avec des chanoines du Grand-Saint-Bernard qui étaient de belles personnes. J’ai appprécié le pape François pour son humilité et ses propos envers toutes les couches de la société.

Une citation biblique qui vous anime ?

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. […] Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jean 1, versets 1 et 14)

Laetitia Willommet

• Laetitia Willommet, 65 ans, est engagée en Eglise depuis 1993, après la formation Fame. 

• Elle a aussi un diplôme de consultante en psychoéducation et un brevet fédéral de formatrice  d’adultes.

• Divorcée et maman de deux jeunes adultes. 

• Elle habite Charrat, petit village proche de Martigny.

• Elle aime la lecture et la musique classique. Elle pratique la peinture méditative abstraite.

En librairie – février 2026

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le Messie
Marie-Noëlle Thabut

Les juifs attendent encore le Messie, les chrétiens l’ont trouvé : c’est Jésus de Nazareth. Mais est-ce si évident ? La Bible évoque en effet la figure du Messie en termes qu’il convient d’éclairer. Quelles étaient les attentes des hommes de la Bible ? A partir de quand et de quelle manière ont-ils commencé à parler d’un Messie ? Pourquoi les chrétiens ont-ils identifié Jésus de Nazareth avec le Messie qu’ils attendaient ? A partir de sa connaissance des textes bibliques, Marie-Noëlle Thabut répond à toutes ces questions.

Editions Ephata

Acheter pour 12.30 CHF

Edith Stein 
Bernard Sesé

Née dans une famille juive en Allemagne, Edith Stein (1891-1942) va faire deux rencontres bouleversantes au cours de sa vie. La philosophie d’une part, à travers une quête de vérité. La foi chrétienne ensuite, qui va l’amener à se convertir après une lecture passionnée de la vie de sainte Thérèse d’Avila. S’ensuit alors un parcours qui va la conduire jusqu’au Carmel, choix vécu comme un drame intérieur et familial, sa mère n’acceptant pas la conversion de sa fille au christianisme. Tout en s’étant convertie au christianisme, elle n’a jamais voulu se désolidariser du peuple juif et a partagé avec lui jusqu’au bout l’expérience tragique de la Shoah. 

Editions Artège

Acheter pour 15.40 CHF

Connaître et comprendre le judaïsme, le christianisme et l’islam
Isabelle Lévy

Pourquoi un juif se couvre-t-il dans une synagogue alors qu’un chrétien se découvre dans une église ? Pourquoi est-il interdit de consommer du porc ? Sur quels principes reposent la circoncision et le baptême ? En répondant à près de 200 questions, Isabelle Lévy explique avec clarté les origines, l’histoire, les dogmes, les croyances, les rites, les pratiques des trois religions monothéistes et en expose avec clarté les convergences et les divergences. Elle aborde également de nombreux thèmes en résonance avec l’actualité, tels l’euthanasie, l’interruption de grossesse ou le don d’organes. 

Editions Le Passeur

Acheter pour 18.80 CHF

Histoire de Jérusalem
Vincent Lemire – Christophe Gaultier

L’histoire de Jérusalem pour la première fois racontée dans une BD exceptionnelle. Il y a 4000 ans, Jérusalem était une petite bourgade isolée, perchée sur une ligne de crête entre la Méditerranée et le désert. Aujourd’hui, c’est une agglomération de presque un million d’habitants, qui focalise les regards et attire les visiteurs du monde entier. Berceau du judaïsme, du christianisme et de l’islam, elle est aujourd’hui une capitale spirituelle pour plus de la moitié de l’humanité.

En 10 chapitres, acteurs et témoins, toutes celles et tous ceux qui ont arpenté Jérusalem au fil des siècles racontent ce mille-feuille d’influences composites. Rien n’est inventé : scènes et dialogues proviennent de plus de 200 sources publiées et d’archives inédites.

Editions Les Arènes BD

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Le christianisme: un palimpseste

Par Nicolas Maury
Photo : Jean-Claude Gadmer

Je ne connaissais pas cette histoire, mais elle est édifiante. Flavius Josèphe rapporte qu’Hérode Antipas, le tétrarque de Galilée mêlé au procès de Jésus, est, après être tombé en disgrâce, exilé à Lugdunum en Gaule.

Cet épisode apparemment secondaire change la carte mentale : la Méditerranée n’est plus un mur mais un couloir. Si un prince judéen peut finir à Lyon, il n’est pas absurde qu’une disciple comme Marie-Madeleine, selon la tradition provençale, puisse accoster en Camargue avant de se retirer à la Sainte-Baume.

En quelque sorte, le terreau était déjà fertile. Ainsi, de même que la Judée et Gaule sont liées géographiquement, entre synagogue et Eglise, ce n’est pas une rupture nette, mais une continuité : le christianisme est un palimpseste. Il réécrit, il interprète, il efface pour mieux affirmer sa nouveauté, mais sous l’encre fraîche demeurent les lettres anciennes.

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