PAR RAÏSSA LARROSA (VOIR-ET-AGIR.CH/INFO-CAMPAGNE) PHOTO : FLICKR.COM
La Campagne œcuménique 2021, qui se déroule du 17 février au 4 avril, braque les projecteurs sur la justice climatique […]. Les populations des pays du Sud souffrent déjà cruellement des conséquences des changements climatiques. Pain pour le prochain, Action de Carême et Etre Partenaires exigent que les pays responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre assument leurs responsabilités […]. Nous revendiquons que la justice climatique soit rendue sans attendre ! Pour préserver la Création, il est nécessaire que nous adoptions un mode de vie plus sobre. Nous devons limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5° C. Pour que la justice climatique soit rendue, il est devenu indispensable que nous aspirions à consommer « moins » de ressources et que nous fassions preuve de « plus » de solidarité envers les populations qui subissent les conséquences des changements climatiques. Si, en tant qu’individus, nous sommes capables d’agir dans ce sens, les secteurs de l’économie et de la politique, ainsi que les Eglises sont, eux aussi, appelés à faire de même. […]
Le thème de notre campagne […] nous permet de révéler la face cachée de nos comportements et d’attirer l’attention sur les conséquences qu’ils entraînent dans d’autres régions du monde. Par exemple, une consommation excessive de viande nécessite une production importante de fourrage et de grandes superficies de pâturages. Cela exige entre autres de brûler la forêt tropicale pour la défricher. L’absence de forêt tropicale provoque à son tour des changements climatiques importants.
La Campagne œcuménique vous invite à plusieurs reprises à participer à la rédaction d’un scénario. C’est le cas par exemple dans le calendrier de carême (p. 15), dans les modules pédagogiques (à partir de la p. 6) ou à l’adresse justiceclimatique.ch, où vous pouvez visionner votre film personnalisé sur le thème du climat (p. 13). N’attendez plus et participez à la rédaction de ce scénario pour construire un avenir meilleur […].
Puisse cette page participer un peu au délicat éclairage de l’abbé Amherdt dans l’Essentiel de ce mois sur le sujet de la souffrance. Il me plaît de redonner simplement diverses considérations de Chiara Lubich 1 (CL) sur la « face cachée » de la spiritualité de l’unité, prônée par le Mouvement des Focolari.
Car c’est habituellement un « château extérieur » plutôt souriant, jovial, plein d’optimisme (certains y voient même de la naïveté), que nous observons chez les membres et dans les réalisations de cette OEuvre, connue pour son dialogue à 360 degrés avec les hommes et femmes, quelles que soient leurs religions ou leurs convictions spirituelles.
Dans une série de conseils pratiques CL précise : « On ne peut pas aimer la souffrance pour elle-même, parce qu’elle est un nonêtre (…). Par contre, c’est Jésus crucifié et abandonné que nous pouvons aimer. Il est présent en toute souffrance et en toute personne qui souffre. »
« Jésus crucifié et abandonné » est l’image qu’elle garde constamment présente à son esprit et à son coeur. Le Maître est tendu vers son « heure », celle de sa Passion (Mc 14,35), qui est celle de sa glorification (Jn 17,1) ; pour Le suivre, Il nous invite à renoncer chacun à soi-même et prendre sa propre croix, Il rappelle (non sans s’émouvoir) la nécessité que le grain de blé jeté en terre meure pour porter du fruit en abondance (Jn 12,24).
Il s’agit donc de comprendre que sa croix et sa mort à Lui sont la réalité du plus grand amour. Nous nous sommes dit : « C’est dans l’abandon que Jésus a le plus souffert. Suivons-le donc là. A l’époque, ce n’était que des mots, ensuite c’est devenu la réalité. »
Pratiquement, « comment donc nous comporter lorsque la douleur se présente ? Nous pouvons nous recueillir et dire :’ Jésus, je veux Te suivre, même sur la croix, même abandonné. Or voilà que j’en ai l’occasion. Je T’offre cette souffrance, je suis heureux d’avoir cette souffrance à T’offrir. ’ Ensuite nous nous mettons à aimer le frère, ou bien nous continuons à faire la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit. »
Convaincue par l’expérience, elle affirme : « De fait, si on se jette à accueillir, à ‘ embrasser ’ la croix, on ne trouve pas la souffrance, mais bien plutôt l’amour : on trouve Dieu, donc la joie. (…) Essayez de vivre ainsi, vous serez surpris ! » Et elle appuie : « Aimer Jésus abandonné en essayant de le faire (…) toujours, tout de suite, avec joie. Le matin je me consacre donc à nouveau à Jésus abandonné. Je veux, si possible, L’aimer encore plus fréquemment, le faire encore plus vite et ‘ avec joie ’ ».
Il n’est pas étonnant que de telles paroles, reposant sur la Parole de Dieu et sur la constance de la pratique, aient un fort retentissement sur diverses autres spiritualités, notamment asiatiques, qui s’interrogent sur cette dimension universelle de la souffrance.
1 Fondatrice de l’Oeuvre de Marie, nom sous lequel le Mouvement a été approuvé par l’Eglise catholique. Les citations viennent toutes du petit opuscule: Chiara Lubich, La Souffrance, Nouvelle Cité, 1998, pages 9, 63, 19, 30, 34).
Le samedi soir et le dimanche matin, l’église de la Colombière accueille, pour des messes, les communautés espagnole, portugaise et italienne de la région. Et le dimanche après-midi, deux fois par mois, la communauté coréenne. Espagnols et Portugais prennent la plume, dans ce numéro, pour se présenter.
PAR ELVIRA RÖLLI-PEREZ, COPRÉSIDENTE | PHOTO : NÉLIDA RUIZ
La communauté espagnole de Nyon
La communauté espagnole de Nyon appartient à la Mission catholique de langue espagnole du canton de Vaud, composée des communautés de Lausanne-Renens-Morges, Vevey-Montreux-Aigle, Yverdon et Nyon. Sa finalité est d’accueillir, d’accompagner et de servir les personnes de langue espagnole résidant dans le canton de Vaud. On y trouve trois catégories de membres : des Espagnols, des Latino-Américains et des personnes de diverses nationalités ayant vécu dans un pays hispanophone ou / et ayant un lien familial avec un tel pays et, de ce fait, se sentant attachées à la communauté.
Ouvriers en quête de travail
Les premiers émigrants espagnols arrivent à Genève en 1957. A partir de cette date, et de manière progressive, entrent en Suisse des milliers d’ouvriers, hommes et femmes, de toutes les régions d’Espagne. Certains ont un contrat de travail fixe, d’autres en cherchent un. La majorité possède le fameux et triste permis temporaire de saisonnier. Tous arrivent en train à Genève et une fois sur le quai, ils subissent un lourd examen médical.
Le 1er août 1960 est créée l’Association de la Mission catholique de langue espagnole de Genève : la mission acquiert une personnalité juridique aux yeux de l’Etat de Genève. Les premiers prêtres à travailler au sein de cette mission sont des religieux de l’ordre des Servites de Marie. C’est ainsi que naît, cette année-là, la première mission catholique espagnole. En 1958, on trouvait déjà une présence pastorale pour les émigrants espagnols de Lausanne.
Nombreux changements
La Mission de Nyon est fondée en 1975 sous l’impulsion de l’abbé José Maria Catalán, originaire de Navarre. Il guidera la communauté espagnole de Nyon jusqu’en 2011, créant l’association des familles de langue espagnole, organisant avec elle les fêtes de fin d’année et des cours de flamenco. Puis, jusqu’à aujourd’hui, plusieurs prêtres se succèdent, apportant de nouvelles dynamiques.
Nous gardons un magnifique souvenir du Père Willinton López Vega, arrivé chez nous en 2014. Il a insufflé un bel élan de renouveau en mettant en place une catéchèse et une liturgie accessibles aux enfants avec de belles messes des familles. C’est grâce à lui que nous avons découvert Rafael Zamora, animateur de la chorale, merveilleux chanteur et guitariste.
Aujourd’hui, notre communauté traverse une période difficile, car beaucoup de personnes très engagées dans l’animation sont reparties chez elles (Amérique du Sud, Espagne). Il y a aussi eu beaucoup de changements au niveau des prêtres, ce qui ne facilite pas la continuité.
Une fois que la situation sanitaire si exceptionnelle et bouleversante que nous traversons sera passée, nous espérons pouvoir mettre à nouveau en place la catéchèse et les fêtes qui réunissaient nos fidèles: fête de Noël, kermesse et autres réunions conviviales. Nous y arriverons tous ensemble.
« Ma pénitence, mon Père ? », me demande une fidèle à peine confessée. « Remercier Dieu pour vous avoir permis de comprendre ceci… » « Mais… c’est nul, comme pénitence, ça fait pas mal du tout ! » Elle part, dépitée. Reviendra-t-elle ?
Je suis un piètre confesseur : proposer la louange de Dieu plutôt que le martinet… Accueillir la caresse de sa main maternelle, de son regard fraternel qui relève toujours, de son espérance en moi en mieux, plutôt que gainer sa courroucée désespérance de ma médiocrité en régulant sa délectation de mes « aïe ! » et de mes « ouille ! »… Pourtant, Dieu n’est scandaleusement qu’AMOUR. Et confesser cela peut être contraignant pour ma vie de chrétien.ne ! Car c’est le contraire d’un Dieu vengeur ou béatement enamouré qui laisserait tout passer… Non : n’être qu’amour inconditionnel demande qu’on s’y habitue dans la durée…
Ma pénitence ? Demeurer témoin d’un Dieu bon, juste et vrai en restant bon, juste et vrai… dans la mesure du faisable… Afin que cet incommensurable Amour transperce, tôt ou tard, la carapace (sécuritaire ?) de nos résistances nourries de culpabilisation pendant des siècles. Quelle bonne nouvelle de Car’aime !
Bien des gens pensent que c’est en punition à une faute qu’une maladie leur tombe dessus.
« Il faut souffrir pour être sauvé » : des soignants et des aumôniers rapportent entendre encore régulièrement cette phrase terrible dans la bouche des malades. Comme si plus l’on souffre, plus on serait proche de Dieu. Alors que le Christ est venu précisément pour nous guérir et nous libérer de tous maux. Comment faire la part des choses entre les fausses conceptions doloristes et la juste participation à la Passion du Christ ?
Par François-Xavier Amherdt Photos : Ciric, Jean-Claude Gadmer, Pxhere, DR
Un texte fondateur
C’est au Mont des Oliviers que le Christ nous livre la clé d’interprétation : « Fléchissant les genoux, Jésus priait en disant : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! » Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, il priait de façon plus insistante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre. » (Luc 22, 41-44) Le Fils fait tout pour écarter la souffrance loin de lui. Ce n’est pas son vœu. Il ne reste pas seul en ce moment de combat, mais il demeure en lien étroit avec le Seigneur. Finalement, il comprend qu’il ne peut pas faire autrement. Il conserve sa totale confiance envers le Père et s’abandonne à la volonté de ce dernier. Dieu ne laisse pas Jésus seul, mais lui envoie la force d’un soutien pour lui permettre de traverser l’ultime épreuve de la sueur de sang et de la mort. Même sur la croix, le Christ crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15, 34) Et finalement, « il remet entre ses mains son esprit ». (Luc 23, 46)
Des conceptions erronées : la rétribution « Nous savons faire de belles phrases sur la souffrance. Mais dites aux prêtres de n’en rien dire, nous ignorons ce qu’elle est. » (Cardinal Veuillot, ancien archevêque de Paris, atteint d’un terrible cancer)
Dans un sens, il vaudrait mieux que je me taise. Ce à quoi cet éclairage peut s’avérer utile, c’est à déconstruire certaines fausses conceptions continuant de « polluer » l’esprit de bien des patients.
Nous l’expérimentons régulièrement : les vieux clichés ont la vie dure ! Il faut toute la traversée des Ecritures pour briser la fausse théorie de la rétribution, encore si présente dans le monde juif : Jésus s’oppose vigoureusement au point de vue de ses disciples qui lui demandent, en présence de l’homme aveugle de naissance : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Le Maître leur réplique : « Ni lui ni ses parents n’ont péché, mais c’est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu. » (Jean 9, 2-3)
Dans cette ligne, bien des gens continuent de penser – parce que l’enseignement de l’Eglise l’a longuement inculqué et qu’un certain fatalisme superstitieux l’a véhiculé – que c’est en punition à une faute, visible ou cachée, qu’une tuile, une catastrophe ou une maladie leur tombe dessus : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour qu’une chose pareille m’arrive ? » S’y mêlent indistinctement les influences potentielles d’un « karma » défavorable, associées aux errances d’une « vie antérieure », selon la croyance illusoire en la réincarnation, ou d’un destin aveugle inspiré de la « nécessité et de la fatalité des mythologies païennes anciennes » ou de vieux restes de notions d’équilibre cosmique : « Au fond, tout se paie un jour : il n’a que la monnaie de sa pièce, il reçoit la punition des dérèglements qu’il a provoqués par ses manigances. »
Un faux dolorisme A cela s’est ajoutée une vision du sacrifice de la croix, selon laquelle le Christ aurait dû « satisfaire » à la colère du Père et compenser la faute des humains, depuis le péché des origines, comme si c’est dans les douleurs horribles de son Fils que Dieu aurait trouvé une « substitution » suffisante pour « apaiser son courroux » (voir le cantique de Noël « Minuit chrétien ») ou dans le sang versé par le Christ de quoi réaliser sa vengeance. Ces images parfois abominables et théologiquement contestables ont habité l’imaginaire de la chrétienté pendant des siècles et n’ont hélas pas complètement disparu. Elles ont nourri un faux dolorisme et une recherche de la souffrance, comme si celle-ci permettait de gagner le paradis à coup de douleurs.
Or, tout l’Evangile le dit, c’est par sa foi radicale envers son Père, par son espérance folle en la promesse de Dieu et par amour passionné envers l’homme opprimé que le Christ nous rachète. Ce n’est pas la souffrance en elle-même de Jésus qui sauve, mais c’est son attitude d’homme pleinement croyant, espérant et aimant au cœur de sa souffrance. Ce qui rachète ne peut être que ce qui construit la personne. Ma souffrance ne peut être rédemptrice et contribuer à sauver le monde que si je partage la même attitude que le Christ, dans l’amour et le don de moi, dans la compassion et la solidarité. Je ne puis « offrir mes souffrances » que si cela signifie : donner ma vie malgré le mal, quand bien même elle est défigurée par la douleur. Le plaisir de Dieu, c’est de voir que sa présence manifestée en son Fils par l’action de l’Esprit est capable de permettre à un homme accablé de retrouver le goût de la vie et de s’en remettre entre les mains du Père.
Car le Christ n’a jamais exalté la douleur, il ne cesse au long des quatre Evangiles de soigner les blessures : « Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies. » (Matthieu 8, 17, accomplissant la prophétie du serviteur souffrant d’Isaïe 53, 4) C’est en dépit des souffrances et malgré le mal que nous sommes sauvés, pas en les recherchant. Nous sommes autorisés, voire encouragés, à hurler contre le non-sens du malheur, ainsi que les cris des Psaumes nous y invitent. Il s’agit de passer du pourquoi au pour quoi, du passé des explications à l’avenir d’une possible fécondité : comme le grain de blé ne porte pas de fruit s’il ne tombe en terre et ne meurt (cf. Jean 12, 24) ; comme la femme dans les douleurs de l’enfantement pressent déjà quelque chose de son allégresse future (Jean 16, 21) ; ainsi, dit Paul, « J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui doit être révélée ». (Romains 8, 18) C’est aimer et donner sa vie qu’il faut pour être sauvé, en communion avec la Passion du Christ : « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jean 15, 13) Les souffrances ? Il convient de tout faire pour les écarter et, si elles deviennent inévitables, de continuer à les traverser avec amour.
A lire :
Témoignage du vénérable François-Xavier Nguyen Van Thuan, évêque vietnamien emprisonné (Sur le chemin de l’espérance, Paris, Éd. du Jubilé, 1991)
Témoignage de Casimir Formaz, chanoine du Grand-Saint-Bernard (A l’école du Christ souffrant, Paris, Cerf, 1975)
« Je n’ai vraiment plus envie de disserter sur la souffrance. Il n’y a plus qu’à se taire quand le mal est là. Depuis quelque temps déjà, il me tient compagnie : assis, debout, couché, c’est toujours la même chose. La fatigue, la paresse, ne me laissent plus beaucoup de réactions. C’est le moment de me ressaisir et de trouver moyen de joindre cette douleur à la douleur du Christ !
D’écrire cela, ce n’est pas difficile, mais de le vivre, à certains moments, quand la douleur ne laisse aucun répit et qu’on n’a même plus la force et l’idée de regarder un Crucifix ! Tout à l’heure je regardais le Christ en croix, je pensais que sa position était encore plus inconfortable que la mienne, je pensais qu’il n’y a rien de mieux pour nous réduire au silence, à l’adoration. Et je pensais aussi à l’éblouissante lumière qu’a apportée et qu’apporte au monde la Croix du Christ. « Par sa mort, le Christ a vaincu la mort. Alléluia ! »
Pensant à cela, je demande humblement au Christ de m’associer à sa souffrance et de faire ce qu’il a toujours fait, prendre ma souffrance sur lui, me donner force et courage pour la supporter. »
Paul veut dire qu’il est appelé à mener à terme son propre itinéraire apostolique pour annoncer l’Evangile.
Par François-Xavier Amherdt Photo: DR
Que voilà une parole difficile et apparemment inacceptable : « Je complète ce qui manque aux tribulations du Christ en ma chair, pour son corps qui est l’Eglise ! » (Colossiens 1, 24) D’une part, Paul n’entend pas suggérer que le Christ n’aurait pas pleinement réalisé ce que selon le dessein du Père il devait accomplir pour le salut du monde. L’apôtre n’insinue pas non plus que Jésus n’aurait pas assez souffert et que sa médiation ne serait pas parfaite, si bien que le disciple devrait porter à leur achèvement les souffrances rédemptrices.
Ce que Paul veut dire, c’est qu’à l’exemple du Fils de Dieu, il est appelé lui-même à mener à terme son propre itinéraire apostolique pour l’annonce de l’Evangile, quitte à devoir, bien malgré lui, passer par les épreuves. De même que Jésus a tout fait pour éloigner de lui la coupe de sa Passion, priant Dieu de l’éloigner de lui et s’abandonnant finalement à la volonté du Père (Matthieu 26, 42), de même Paul désire assumer totalement la charge que le Seigneur lui a confiée : révéler le mystère resté caché depuis des siècles et désormais manifesté pour toute l’humanité (Colossiens 1, 26-27).
Et donc, pour annoncer le Christ parmi les hommes, l’apôtre des nations se dit prêt à « instruire tout homme en toute sagesse et conduire à la perfection tout être humain dans le Fils ». (Colossiens 1, 27-28) C’est uniquement pour cette cause supérieure à n’importe quelle autre, qu’il se déclare disposé à « se fatiguer et à lutter avec l’énergie du Christ qui agit en lui avec puissance » (v. 29). Il sait que pour ce faire, il est contraint de passer par des tribulations, et donc de reproduire dans son propre corps ce que Jésus a enduré durant son existence jusqu’au calvaire.
C’est pour l’Evangile et pour l’Eglise que l’apôtre se prépare à un tel combat et qu’il va même jusqu’à y trouver de la joie. C’est la béatitude des persécutés pour le Royaume : rien de « masochiste » dans cette visée, mais au contraire, une participation plénière à l’offrande par amour de Jésus-Christ.
La statue inaugurée par François en 2019 représente 140 migrants.
Par Thierry Schelling | Photo : dr
« Ignorer la souffrance des hommes, c’est ignorer Dieu ! » Le suc de l’Evangile (parabole du Bon Samaritain…) en raccourci, selon le pape François. Le disciple de Jésus est intéressé, interpellé, touché par la souffrance humaine sous toutes ses formes (maladie d’un enfant, drame des migrants en Méditerranée…) ; il déclarait même à Bogotá en 2017 : « Laissez la souffrance de votre frère vous gifler et vous faire bouger ! » ; et il tente d’y répondre : en actes, mais aussi par la prière et la présence dans tous les foyers de la souffrance humaine (hôpitaux, EMS, prisons, etc.). Bergoglio a commencé son pontificat par une visite à Lampedusa…
Sympathie « La manière dont nous affrontons la souffrance […] est un critère de notre liberté de donner sens aux expériences de la vie, même lorsqu’elles nous semblent absurdes et imméritées », déclare-t-il lors du Jubilé des malades et handicapés (2016). Là réside le « secret » du disciple de Jésus : donner sens à ce qui fait mal. Le Crucifié est l’emblème chrétien par excellence, non pas par dolorisme, mais par son message : « Regardons le crucifix et lisons l’Evangile », suggérait-il lors du Carême 2020 en plein confinement. Revenir à la base, dans le fond…
Accueil En 2019, il inaugure, sur la Piazza San Pietro, une imposante statue représentant 140 migrants, paradigme de la cruelle injustice des temps dits modernes. L’hospitalité, mot clé : accueillir l’étranger, le malade, « Sœur la mort » dans l’esprit de saint François, patronyme de ce pape jésuite pour qui « tout est moyen vers une fin », y compris la souffrance… dans la mesure où on l’accueille…
Lancé en 2018 par le service Eglise en dialogue et le magazine des paroisses de Berne, la version alémanique Glaubenssache-online.ch a réussi à toucher les cœurs et les intelligences. Comme le témoigne ce qu’en disent ses lecteurs : « Je donnerais volontiers ce texte à ma mère ou à mon grand-père. Peut-être retrouveraient-ils la foi, ou l’idée qu’ils se font de l’Eglise évoluerait-elle. » A leur demande, ces textes ont été traduits en français sur Question-de-foi.ch et en italien sur Questioni-di-fede.ch
Une autre image de la foi C’est en effet « une autre image de la foi, une fenêtre ouverte sur une approche de la foi en phase avec l’évolution sociale » que veulent présenter ses créateurs, comme nous le dit André Flury, théologien, chef du service Eglise en dialogue (Berne) et responsable du site.
Aux questions clés de la foi, réparties en quatre grands thèmes : Dieu, Jésus, l’être humain et la création, les auteurs donnent des réponses en se basant sur les résultats les plus récents de la recherche théologique.
Ils « s’interrogent sur la signification des découvertes scientifiques pour la foi, respectent les autres religions, s’engagent en faveur de la sauvegarde de la création, de la dignité humaine, d’une réflexion et de comportements éthiquement responsables dans tous les domaines de la vie ».
Pour un dialogue interculturel Les thèmes clés de la foi sont abordés dans un langage accessible par tous. Toute foi ou spiritualité étant enracinée dans une culture, ils sont abordés de manière à susciter des échanges entre toutes les personnes désireuses d’échanger, quelles que soient leurs origines culturelles.
Vous souhaitez entrer dans ce dialogue ? Laissez un commentaire au fond des articles ou sur Facebook (@question-de-foi.ch / @kirche-im-dialog / @questioni-di-fede.ch).
Sur le thème du mois En lien avec le thème délicat et si important de ce mois, vous trouverez notamment des réponses aux questions suivantes : « La souffrance, une déchirure dans la création », « Entrer dans la dynamique divine de guérison », « De la mort à la vie – La foi en la résurrection dans le Nouveau Testament. »
Pourquoi représente-t-on saint Joseph avec une fleur de lys ? En raison de sa blancheur, les chrétiens ont très tôt fait du lys un symbole de pureté et de confiance en Dieu. Joseph est celui qui, sans tout comprendre à la conception de Jésus par l’Esprit saint en Marie, respecte l’action de Dieu. En ce sens, il est le gardien des mystères de la foi et de l’Eglise. Les six pétales du lys représentent les trois personnes de la Trinité (Père, Fils et Esprit) ainsi que la Sainte Famille (Jésus, Marie, Joseph). Une unique fleur pour symboliser la filiation divine et humaine de Jésus.
Par Pascal Ortelli
Humour
Au cours d’une promenade en montagne, un citadin se perd dans un brouillard épais. Complètement perdu, il aperçoit une cabane et frappe à la porte : – Y a quelqu’un ? – Oui, c’est pourquoi ? – Pourriez-vous m’indiquer le chemin de la vallée ? – Aucune idée, je suis un petit garçon et je n’y connais rien. – Alors, demande à ton père. – Je ne peux pas, il est sorti quand maman est rentrée. – Alors à ton grand-père ! – C’est pas possible, il est sorti quand mon frère est rentré. – Eh bien, demande à ton frère ! – Pas possible, il est sorti quand je suis rentré. – Mais bon sang, vous n’êtes jamais en famille chez vous ? – Ben… si, à la maison. Mais ici, c’est les toilettes !
Le point commun entre Pékin Express et la prière : deux sœurs lilloises finalistes de la dernière saison du jeu télévisé emblématique. Aurélie et Pauline Desmet seront les invitées de la prochaine édition de l’OpenSky Festival à Fully. Petit avant-goût.
Par Myriam Bettens Photos: DR
Pékin Express, quels souvenirs en gardez-vous ? Aurélie Desmet : Nous gardons surtout en tête les rencontres que nous avons faites lors de l’aventure. Pauline Desmet : Oui, et les paysages. Ce qu’on retient aussi, c’est tout ce qu’on apprend sur soi et son binôme. On pourrait t’en parler des heures, mais Aurélie doit rentrer chez elle avant le couvre-feu (rires). (Un couvre-feu est instauré à 18h dans plusieurs départements français pour lutter contre la propagation du coronavirus, ndlr.) Aurélie Desmet : J’avais encore oublié cette histoire !
Revenir dans la vie civile après une telle aventure, cela se passe comment ? PD : Ce n’est psychologiquement vraiment pas évident. C’est tellement beau ce que tu vis là-bas que le retour à la vie réelle est un peu compliqué. C’est un peu comme vivre une vie parallèle pendant un temps. AD : On rencontre des gens qui n’ont rien et qui te donnent tout. Au retour, tu réalises combien tu es privilégié ici. En plus, lorsque tu es maman et chef d’entreprise, tu mets un peu ta vie personnelle entre parenthèses. A Pékin Express, tu peux être vraiment toi. Tu ne peux d’ailleurs compter que sur toi-même… PD : Non, tu comptes aussi sur l’autre ! (Rires) AD : Oui, bien sûr ! Mais tu te recentres vraiment sur toi-même en fait.
Votre foi se vit-elle à l’image de l’émission télévisée : comme un voyage ? AD et PD : (en chœur) Ben oui, c’est carrément ça ! PD : Effectivement, l’aventure de Pékin Express représente totalement notre foi, parce qu’il y a toutes les valeurs qu’on a apprises comme l’amour, le partage, l’entraide. Et c’est possible de vivre toutes ces choses positives aussi chez nous avec nos amis et notre famille.
Avez-vous souvent eu recours à la prière lors du jeu ? AD : Je pense qu’on est les seules candidates à prier autant sur l’aventure. Prier nous donne encore plus de force et d’espoir. Je pense que dans la foi il y a aussi l’espoir et la prière est une manière d’extérioriser tous les sentiments qui se trouvent en nous.
Quelle place occupe-t-elle au quotidien ? AD : On l’utilise de la même manière. Il n’y a pas de vraie différence entre l’aventure et notre quotidien à ce niveau. La foi fait partie intégrante de notre vie. Elle nous fait avancer.
Comment avez-vous « atterri » à l’OpenSky Festival ? AD : Cela fait partie des rencontres que l’on peut faire grâce à Pékin Express. PD : On a la chance d’être accompagnées avant, pendant et après l’aventure et c’est aussi comme ça qu’on a été contactées pour devenir les égéries de ce festival. AD : Certains vont vous dire que la foi est un truc de « vieux » et ce festival prouve tout le contraire ! Nous n’avons d’ailleurs pas beaucoup réfléchi avant d’accepter. Quand on nous a expliqué le concept, nous nous y sommes totalement identifiées.
Biographie plus express que le tournage de Pékin
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Aurélie Desmet : Je te laisse commencer. T’entendre me donne de l’inspiration. Pauline Desmet (rires) : Nous sommes des sœurs jumelles…avec 5 ans d’écart ! Je suis la cadette, Pauline, commerciale dans notre entreprise familiale. J’ai deux enfants, Batiste 14 ans et David 12 ans. J’ai participé à deux Pékin Express avec ma sœur en 2008 et 2020. On a perdu en finale, mais peut-être que la 3e participation pour moi sera la bonne ! AD : Et je suis donc l’aînée, Aurélie. J’ai participé trois fois à Pékin Express et suis arrivée deux fois en finale avec ma sœur Pauline. Je suis maman de Rachel 10 ans et Gabriel 8 ans. Je suis aussi dirigeante de l’entreprise de menuiserie familiale avec mon frère et ma sœur. Elle se trouve à Orchies, tout près de Lille.
Pour ceux qui n’ont pas la télé…
Pékin Express est une émission de téléréalité française. Des équipes s’affrontent lors d’une course. Avec pour seul budget un euro par jour et par personne, le binôme doit faire de l’auto-stop et trouver gîte et couvert chez l’habitant pour rallier le point d’arrivée. Les étapes sont longues et donc découpées en plusieurs jours de tournage. Le but étant pour chaque équipe d’arriver en pole position à l’issue de chaque étape et ainsi amasser des amulettes pour espérer gagner une certaine somme d’argent en finale. Les derniers risquent l’élimination.
Aurélie et Pauline doivent être les grandes invitées et marraines de la 4e édition d’Opensky, prévue le 30 mars à Fully. A l’heure de mettre sous presse et vu l’incertitude liée à la pandémie, les organisateurs réfléchissent à la forme qu’ils donneront à la manifestation. Des détails sur : www.opensky-fully.ch/
Le vitrail fait référence à un miracle survenu en 1494.
Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer
Très critiqués à leur création, les vitraux d’Alexandre Cingria ont dû leur entrée dans la chapelle de Perly à une intervention de l’évêque de l’époque, Mgr Besson. Il est vrai qu’à première vue, leur style peut surprendre. Mais sont-ils réellement contraires à la foi et aux mœurs comme le soutenaient leurs détracteurs ou simplement une traduction moderne de la tradition ?
Le vitrail de la Vierge est appelé Notre-Dame de Ré. Il fait référence à un miracle survenu en 1494 dans un village italien situé à quelques kilomètres de la frontière suisse. La façade de l’église du village comportait une fresque de la Vierge Marie allaitante. Un jour, mécontent d’avoir perdu au jeu de palets, un garçon en lance un contre le mur de l’église, atteignant la Vierge Marie au front. Peu de temps après, les villageois constatent que la Vierge saigne. Cingria rappelle cet événement par la petite goutte de sang figurée sur le front de Marie.
Tradition ancienne Représenter la Vierge Marie allaitant peut nous surprendre aujourd’hui, mais il s’agit d’une tradition très ancienne. On en trouve les premières traces dans les catacombes de Rome. L’apogée se situe entre les XIIIe et XVe siècles, amenant de grands peintres comme Raphaël ou Van Eyck à en proposer des versions. Peut-être sommes-nous dérangés par un accès à une grande intimité. Nous savons que la Vierge Marie est mère et que le Christ est fils, l’art nous permet peut-être de prendre conscience de ce que cela signifie réellement.
Rayonnant et saignant Le thème du second vitrail est le Sacré-Cœur. Le Christ présente son cœur à la fois rayonnant et saignant. Traditionnellement, le cœur ne se résume pas au symbole de l’amour. Il représente le tout de la personnalité. Le Christ offrant son cœur offre en réalité tout son Etre.
Les deux vitraux de Cingria présentent ce Dieu qui nous rejoint dans l’intime de notre humanité pour nous donner la vie. Une vie qui certes n’échappe pas à la souffrance, les vitraux ne la dissimulent pas, mais qui rayonne de quelque chose en plus.
Le mythique chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la Suisse romande, de Fribourg à Genève. Au-delà des sentiers battus, la Via Jacobi regorge de curiosités. Chaque mois, L’Essentiel prend son bâton de pèlerin et en réalise un tronçon sous forme d’une balade familiale à faire sur la journée. Aujourd’hui, cap sur Romont pour une étape tout en goudron.
Départ depuis le parking à côté de l’église d’Autigny, 3h05 aller simple, 12,4 km
1. Prenez à droite jusqu’à la zone alluviale où la Neirigue se déverse dans la Glâne. Longez cette dernière puis bifurquez à gauche.
2. A Chavannes-sous-Orsonnens, la chapelle Saint-Jean-Baptiste vaut le détour. Sur l’autel latéral gauche, un tableau représente saint Jacques botté et saint Christophe, invoqués pour traverser les rivières. Sur la fresque à droite, l’inscription « Jacobus minor » est fautive : il s’agit bien d’une représentation de Jacques le Majeur avec la coquille et le bâton de pèlerin.
3. Quittez ensuite un instant la Via Jacobi pour monter à Orsonnens afin d’y découvrir le monastère Notre-Dame de Fatima. Vous le contournerez par la droite avant de descendre sur la route principale, à longer sur une centaine de mètres. Après avoir traversé la Neirigue, prenez à gauche pour rejoindre le tracé officiel qui surplombe la rivière jusqu’au croisement de la route de Massonens.
4. Là, cap à droite pour rejoindre l’abbaye cistercienne de la Fille-Dieu, l’une des plus anciennes à être encore habitée depuis sa fondation en 1268.
5. Poursuivez jusqu’à la gare de Romont, d’où, pour le retour, il est facile de prendre le train jusqu’à Cottens.
6. De là, prenez le petit chemin sous l’église et attaquez la montée avant de descendre en lisière du bois de Pertet pour rejoindre Autigny, en 50 minutes.
Curiosité
Les vitraux de la Fille-Dieu Un ensemble remarquable pour ses jeux de lumière, créé en 1996 par l’artiste britannique Brian Clarke.
La Bible nous parle régulièrement du monde invisible qui nous accompagne. Redonnons leur place aux anges chargés de nous protéger.
Par Bénédicte Drouin-Jollès Photo: DR
Entre les chrétiens qui doutent de leur existence et ceux qui les oublient, les anges sont souvent négligés, particulièrement les anges gardiens. Combien de fois vous faites-vous du souci pour vos enfants ou petits-enfants ? Et combien de fois vous tournez-vous vers leurs anges gardiens ? Si pour cette dernière question votre score est proche de zéro, changez ! Vous avez gros à gagner !
Dans notre schéma mental, nous avons du mal à intégrer l’existence du monde invisible ; et pourtant invisible ne veut pas dire irréel. C’est le livre de l’Exode dans la Bible qui nous révèle l’existence des anges gardiens. « Voici que je vais envoyer devant toi un ange pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé. Respecte sa présence, écoute sa voix. » (Exode 23, 20-21) La mission de cette créature céleste est claire : nous protéger sur terre et nous conduire sur le chemin de la vie éternelle. Elle est à la fois un ami, un guide et un conseiller… et ce d’autant plus que nous nous mettons à son écoute, que nous essayons de discerner.
Les saints les mentionnent régulièrement. Catherine Labouré, dans son couvent de la rue du Bac, fut guidée par son ange gardien au pied de la Vierge qui lui confia la médaille miraculeuse, Padre Pio appelait le sien « le petit compagnon de son enfance ». Quant à sainte Françoise romaine, mystique italienne du XVe siècle, elle éprouvait pour lui une grande affection.
Nous avons tout intérêt à prier le nôtre et celui de nos proches, en particulier quand ils traversent des difficultés. Et quand les relations se tendent avec l’un ou l’autre, pourquoi ne pas demander à notre ange gardien de faciliter les relations ?
Une belle habitude consiste à confier les tout-petits avant leur naissance à leur ange gardien dans la prière familiale. L’invocation « nos saints anges gardiens, veillez sur nous » peut la conclure judicieusement. Le petit enfant au cœur plus simple que l’adulte accueille facilement les réalités célestes, il a une affinité quasi naturelle avec son ange gardien ; celui-ci deviendra vite son compagnon et protecteur, d’autant plus que nous lui rendons sa place.
L’icône participative, vous connaissez ? Non, il n’est pas question d’acquérir une image sacrée en financement commun, mais plutôt d’en accueillir une chez soi quelques jours par mois gratuitement. En Suisse, sous l’impulsion des Sœurs de Schoenstatt, 700 images partent en pèlerinage dans vos maisons. Découverte.
Un cercle de prière Chaque mois durant trois ou quatre jours, des personnes reçoivent Jésus et Marie à travers un « sanctuaire itinérant ». Les visites régulières de l’icône de la « Mère pèlerine » permettent un partage avec Dieu, fortifient la vie religieuse et prodiguent soutien mutuel. Les familles participantes forment un cercle que le « sanctuaire pèlerin » parcourt. La première famille l’apporte à la suivante et ainsi de suite. Le mois suivant il revient durant les mêmes jours. Cette visite mensuelle invite à une rencontre avec Dieu et les autres. Un petit livret d’accompagnement donne des inspirations pour quelques instants de silence et de prière.
Un rayonnement international Le mouvement de Schoenstatt est né de la volonté de fonder une « alliance d’amour avec Marie ». Créé en 1914 par le Père Joseph Kentenich, il réunit religieux et laïcs. Le petit noyau de fidèles constitué en Allemagne essaime ensuite dans le monde entier. En Suisse romande, les sœurs de Marie de Schoenstatt sont moins connues. Aujourd’hui, seul le Valais accueille cette communauté dédiée à Marie, à laquelle les religieuses vouent une véritable dévotion. Son rayonnement repose en grande partie sur le projet de « sanctuaire itinérant de la Mère pèlerine », dont l’une des 200 chapelles se trouve à Brigue.
La Mère Trois fois Admirable L’initiative de la Mère pèlerine remonte à João Luiz Pozzobon (1904-1985). Ce père de famille et diacre vivait au Brésil. En 1950, il reçoit une image itinérante de « la Mère Trois fois Admirable de Schoenstatt » afin de visiter avec elle des familles durant deux mois. Il observe les nombreuses grâces que ces visites de la Sainte Vierge répandent dans les lieux où il se rend. Cette constatation assoit sa décision de développer les visites à plus grande échelle.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Tout savoir sur saint Joseph Dominique Le Tourneau
L’homme silencieux, le père discret des Evangiles, l’humble travailleur de Nazareth est sans doute le saint le plus prié après la mère de Jésus. Que sait-on de lui pour autant ? Vous trouverez ici son histoire racontée à partir des Evangiles et des écrits non officiels souvent repris par les Pères de l’Eglise. Maître de vie intérieure, proche de tout travailleur et gardien des familles, Joseph accompagne chacun à sa façon. Vous découvrirez son culte à travers le monde, comment le prier et une multitude d’anecdotes étonnantes… Un ouvrage pour tous, du débutant à l’érudit, qui met au grand jour la vie cachée et la splendeur du père de Jésus.
Joseph – L’éloquence d’un taciturne Philippe Lefebvre
Dominicain et bibliste de renom, Philippe Lefebvre qui vient d’être nommé par le pape François membre de la Commission biblique pontificale, nous propose un voyage dans les Ecritures pour découvrir la figure de Joseph. L’Ancien Testament jette ainsi une lumière inédite sur Joseph, tandis que l’étude approfondie des textes du Nouveau Testament nous révèle la profondeur de ce personnage. Un ouvrage de choix et de qualité, fouillé, passionnant, qui nous offre de découvrir, Bible en main, ce Joseph tant cité par l’Eglise et si silencieux en apparence.
Vivre du Christ avec saint Joseph Frère Noël-Marie Rath
Vivre du Christ est une manière de voir le monde. Un art de vivre. Une invitation à pratiquer la Bonne Nouvelle à l’instar de saint Joseph, époux de Marie, père nourricier de Jésus, gardien de sa famille dans les jours heureux et dans les épreuves. Si l’Evangile est peu disert sur ce monument de silence, l’auteur en fait cependant une relecture qui démontre la sainteté exemplaire du charpentier de Nazareth : ainsi sa docilité à l’Esprit Saint et son humilité, source de bonté. Patron de l’Eglise universelle mais aussi des travailleurs, saint Joseph est un veilleur, un gardien qui aide à vivre du Christ comme lui-même l’a vécu : en témoin et en acteur de la grâce agissante de Dieu parmi les hommes.
Le Veilleur – Une vie de saint Joseph Christophe Hadevis et Rodéric Valambois
Cette bande dessinée, aussi belle que spirituelle, nous raconte d’abord la vie de saint Joseph, en restant au plus près des Evangiles et de la réalité historique. Elle nous invite ensuite dans une famille d’aujourd’hui qui, dans ses joies et ses épreuves, se confie à Joseph. Vie, dévotion, fioretti nous dévoilent le visage de celui qui prend soin de nous comme il a pris soin de la Sainte Famille, en épousant le projet de Dieu.
Une mère, un fils. Tous deux ont participé à des Camps Voc’, tous deux en sont devenus animateurs. Aujourd’hui, elle est animatrice au Camp Fun’tastic, un camp mené par son fils. Rencontre avec deux complices, Ariane et Benjamin Bender.
PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTO : DR
Benjamin, en 2019, tu as demandé à ta maman de rejoindre ton équipe d’animation, pourquoi ?
Benjamin : En fait, je cherchais désespérément une personne pour rejoindre l’équipe. J’en ai fait part à ma maman qui m’a dit : « Si tu veux, je viens. » Ç’a été un oui direct !
Ariane : De mon côté, j’avais très envie de me replonger dans les camps, attirée surtout par le partage des chants, qui est ma passion, ainsi que l’ambiance, mais je n’osais pas le lui demander. Je pensais avoir fait mon temps dans les Camps Voc’ et que l’équipe préférerait rester entre « jeunes ».
Comment l’équipe a reçu cette arrivée ?
Ariane : Je crois qu’ils m’ont accueillie sans préjugés. Je ne me suis pas sentie être la maman du chef, qui vient mettre son nez dans ses affaires (rires).
Benjamin : Elle a une personnalité qui est jeune, c’est pour ça que ça marche. Quand on discute, elle a des idées folles, elle a envie de s’investir, de créer des activités pour les enfants et je pense que c’est ça le principal. Le regard d’une personne qui a une plus grande expérience de vie est également une richesse pour une équipe de jeunes.
Un fils chef de sa maman, ça n’a jamais posé problème durant le camp ?
Ariane : Benjamin, c’est mon fils dans l’intimité. Au camp, je suis animatrice comme les autres. Je pense que si on ne l’avait pas dit aux participants, ils ne s’en seraient même pas rendu compte. J’ai un autre regard sur Benjamin, et même si je suis très fière de lui, je n’en souffle pas un mot ! J’avoue que c’est merveilleux de voir son enfant à l’action. Je lui fais entièrement confiance dans la gestion de son camp.
Benjamin : Dans la vie, on échange beaucoup, comme des frères et sœurs en Christ. Au camp, c’est pareil. Elle est une animatrice, une sœur avec qui je vais partager une semaine. Entre frère et sœur, il y a toujours un moment où l’un donne un ordre à l’autre. Durant le camp, c’est moi (rires).
Ariane : Oui, j’accepte qu’il me parle comme à une animatrice et non comme à sa maman. Au camp, je suis à son service. S’il me demande de faire une tâche que je n’aime pas, et bien je vais m’y mettre. Il faut donc une certaine souplesse et se positionner autrement qu’en tant que maman.
Es-tu heureuse de partager ces moments avec ton fils ?
Ariane : Evidemment ! C’est très enrichissant pour notre relation, cela crée des liens différents, d’adulte à adulte. On ne fait pas un enfant pour le garder à la maison. Le but est vraiment qu’il vole de ses propres ailes, qu’il soit bien dans sa peau et vraiment à l’aise. Et je vois un jeune très, très à l’aise !
Es-tu heureux de partager ces moments avec ta maman ?
Benjamin : C’est clair ! Je lui fais totalement confiance, elle a une grande expérience avec les enfants qu’elle peut mettre au service de toute l’équipe. Elle est toujours présente pour donner un coup de main par-ci, un coup de main par-là. Elle a toutes les qualités pour être une animatrice hors pair !
« Tu as entre 8 et 20 ans ? A Pâques et en été, tu as de quoi faire ton bonheur !
Les Camps Voc’, ce sont près de 10 camps qui t’accueillent pour réfléchir aux grandes orientations de ta vie ! L’occasion de découvrir des jeunes de ton âge et de toute la Suisse romande, de partager avec eux sur ta foi ou tes expériences de vie, de célébrer ensemble… Tout ça en t’amusant ! »
Pour s’inscrire : Se rendre sur www.vocations.ch/camps-voc et prendre contact avec le responsable du camp.
Elle dit, Tahani, qu’avant la guerre, la Syrie, c’était le paradis… Cinq ans déjà qu’elle vit à Martigny avec sa mère, qui est « toute sa vie », selon ses propres mots, sa mère dont elle s’occupe, jour après jour.
PAR FRANÇOISE BESSON | PHOTO : DR
Car elles sont seules en Suisse, et de leur grande famille, il reste un frère en Italie et une sœur à Damas. De la grande maison, du jardin bien entretenu, de la bibliothèque inépuisable, de l’entreprise de son père, il ne reste rien…
Un matin, avant Noël, quand elle a constaté que les radiateurs de l’appartement étaient froids, elle s’est affolée, tournant comme une hélice, cherchant partout du secours… Et elle a entendu sa mère, dire d’un ton très calme : « Nous avons de la chance d’être en Suisse, à Damas, c’est tous les jours comme ça ! » Elle dit, Tahani, merci de nous avoir accueillies…
Autrefois, elle pensait qu’il n’y aurait jamais la guerre en Syrie. Elle avait vu les réfugiés arriver d’Iran ou de Palestine, mais elle n’imaginait pas devoir un jour s’exiler… Dernièrement, elle l’a dit à une personne de l’administration, « je ne pensais jamais que je devrai un jour demander de l’aide… et peut-être qu’une fois ce sera vous ! ». La personne a souri, car, comme pour Tahani, cela lui paraissait tellement impossible…
A Damas, elle a appris le français chez des sœurs religieuses qui, comme sa mère, portaient le voile et depuis ce temps-là, me dit-elle en souriant, elle connaît toutes les fêtes catholiques ! Enfant, elle s’étonnait de fêter les fêtes chrétiennes chez les sœurs et les fêtes musulmanes avec sa famille. Un jour, elle a demandé à sa mère « Mais nous, on est quoi ? » elle s’entendit répondre paisiblement : « Nous, on est des deux… »
Tahani, elle m’appelle « Ma sœur » depuis notre premier contact, et dans ce mot, il n’y a pas de confusion, je ne suis pas pour elle un membre d’une communauté religieuse, mais une sœur rencontrée dans la grande famille humaine…
Elle prie, Tahani, tous les jours, pour que cette maladie qui paralyse le monde cesse enfin, pour qu’elle puisse vivre sans craindre pour la vie de sa mère, sortir sans avoir peur d’attraper ce virus auquel on ne comprend rien.
Elle aurait voulu faire des études de médecine, mais cela n’a pas été possible… Elle est devenue professeur d’arabe, et elle a aimé son métier… Aujourd’hui, elle aime les poètes, la grammaire et le vocabulaire médical…
Elle dit, Tahani, que le français manque de mots… En arabe, par exemple, il y a tant de mots différents pour souhaiter la bienvenue à son hôte : un mot pour dire « bienvenue à toi que j’attendais le plus », un autre pour dire « bienvenue à celle qui m’est la plus chère », un autre pour dire « bienvenue à la personne la plus honorable qui est entrée dans cette maison jusqu’à ce jour » et ainsi de suite… Et en français, sa langue d’adoption, il n’y a que ce pauvre « bienvenue » dans lequel elle met, quand j’entre chez elle, tant de chaleur et d’amitié…
Prononcées en chambre d’hôpital, certaines paroles résonnent intensément en moi. Offerts en deux temps distincts car séparés par un silence, voici les mots d’une personne ne percevant aucune issue favorable face à sa maladie : « Vous savez, on est croyant… mais jusqu’à un certain point. » Une simple parole mais dont le silence intermédiaire s’apparente à un gouffre.
PAR JEAN-FRANÇOIS BOBILLIER | PHOTO : PIXABAY
Cette patiente m’a partagé quelques mots sur sa croyance, celle qui lui a été inculquée de l’extérieur, par son éducation ou « par ce qu’on nous apprenait et qu’il fallait croire ». S’approchant de la mort et souffrant dans son corps, au moment même où elle a tant besoin du Dieu Père et Jésus Sauveur dont elle a tant entendu parler et qu’elle a tant prié, voilà qu’elle en arrive à « ce point » où tout semble caduc, lointain, stérile, insignifiant. Se trouve-t-elle face à un point de rupture ? De bascule ? Quelle parole l’aumônier est-il appelé à poser ?
Les premiers mots de la Bible m’éclairent. Dieu crée ! C’est sa vocation, son job ! Magnifique ! Mais quelle est la matière première qu’Il va travailler, façonner, pétrir pour créer ? : « La terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l’abîme. » (Gn 1, 2) In-croyable ! La création va éclore… du vide ! Il me semble que ce désert, pour cette patiente hospitalisée, a pour nom le doute, la peur, le sentiment d’abandon.
Maurice Zundel contribue aussi à ma réflexion en parlant d’un « point central où à la fois nous entrons en contact avec nous-mêmes, un nous-même tout neuf, un nous-même que nous ne connaissions pas ». Ce point de rupture est-il le lieu même d’une nouvelle naissance ? Devons-nous y accéder pour enfin faire notre propre connaissance ? Tout cela me paraît paradoxal et beau à la fois.
Je crois que cette dame vit l’expérience de l’abîme et que Dieu va se mettre à l’ouvrage. Je crois qu’elle est invitée à passer d’une certaine croyance à la foi. Je crois qu’elle est tellement proche de Jésus s’écriant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Je crois aussi que nous, chrétiens, avons à parler de Dieu comme d’une Expérience. Je crois que j’ai à habiter d’une présence, plus que de paroles, ces silences.
Je crois… Je crois… Ce dont je suis sûr, et c’est ma fonction d’aumônier qui me l’apprend chaque jour, c’est que tout ce en quoi ou en Qui je crois, parfois, ou par foi… j’en doute.
Chaque année, le 19 mars, l’Eglise fait mémoire de saint Joseph, père nourricier de Jésus. C’est l’occasion de se rappeler que cette figure, à la fois indispensable et discrète pour ne pas dire effacée, a été nécessaire à l’avènement du Seigneur Jésus.
TEXTE ET PHOTO PAR DOMINIQUE PERRAUDIN
Saint Joseph, il fait nuit. La tempête fait rage. Un vent violent agite les arbres qui se dépouillent de leurs feuilles. Toi, par une nuit glaciale avec Marie et l’enfant Dieu, tu t’enfuis. On en veut à l’enfant. Sur ton chemin, un berger vous invite à partager son maigre abri. Il n’y a pas de place pour tous dans la salle commune. Tu te protèges près d’un rocher qui t’abrite du vent et de la pluie. C’est encore loin l’Egypte ! La route n’est pas très sûre. Tu caches ton angoisse, tu rassures Marie, tu protèges l’Enfant. Ton esprit inspiré par la grâce que te donne le Père céleste demeure dans la paix… et entièrement confiant du soutien qu’il t’apporte.
Saint Joseph, tu as obéi sans te poser de questions. Après l’Egypte, tu es revenu à Nazareth. Tu as pratiqué ton métier de charpentier. Tu as transmis ton savoir à Jésus. Un travail rude. A Jérusalem, avec Marie, tu es parti à la rechercher de Jésus, un peu turbulent… Tu ne pouvais pas tout comprendre ! Certainement que, lors de tes songes, tu apprenais à goûter davantage à la paix et au bonheur d’aimer Marie et Jésus que tu admirais. Leur présence te comblait de joie !
C’est loin le paradis ! Que d’orages, que d’imprévus jalonnent notre chemin ! Souvent notre cœur fléchit, la peur nous envahit. Le chemin devient tortueux. Les obstacles s’amoncellent. Tout se dérobe sous nos pieds : que faire ? Oui, le malin est à l’affût. Il guette nos moindres faux pas et, par les temps qui courent (pandémie), sa tâche me semble facilitée. Comment poursuivre la route ? Tous les jalons que nous avions sont désormais très aléatoires, voire caducs.
Les médias et le monde politique souvent font fi du spirituel. Je pense que cela attriste et perturbe beaucoup de citoyens. Oui, l’homme a besoin de se nourrir et de se soigner. Il fréquente les épiceries, les pharmacies et toutes sortes de magasins qui lui sont utiles pour sa santé physique. Et pour la santé de l’esprit, comment agissons-nous ? Notre société est très diversement composée. Il y va de la liberté de chacun de croire ou pas, de prier ou pas. Chacun doit respecter et aimer son prochain, quelle que soit son idéologie. Il n’y a donc pas lieu de mettre au ban les lieux de culte. Nos autorités au contraire devraient faciliter leur accès aux citoyens qui le désirent. Ouvrons nos cœurs à la Parole qui nous indique le chemin à suivre avec la certitude que Jésus nous soutient et nous guide.
Peu d’écrits relatent le bref passage de Joseph sur terre. Mais, en le priant du fond du cœur, on s’aperçoit qu’il se tient en réalité près de chacun de nous. C’est comme s’il nous disait : « Ne t’affole pas ma sœur, mon frère ! Soit confiant ! Mets ton esprit et ton intelligence entre les mains du Créateur, lui seul t’indiquera le vrai chemin du bonheur et du paradis. »
Cotignac ? – Il s’agit d’un village situé dans le département du Var, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (F). L’apparition de saint Joseph à Cotignac désigne un événement étonnant survenu le 7 juin 1660. Un berger qui souffrait de la soif, Gaspard Ricard, raconte avoir vu un vieillard lui ordonner de soulever une grosse pierre pour y trouver une source. Le vieil homme lui avait dit s’appeler Joseph. Gaspard s’exécute et trouve la source en question, alors que le coin était connu pour n’avoir aucun point d’eau. Les pèlerins affluent, et une chapelle est construite pour y vénérer saint Joseph. Le lieu de culte est rattaché au sanctuaire de Notre-Dame de Grâces tout proche. Abandonné à la Révolution française, le lieu de culte retrouve une activité en 1975 avec l’arrivée de religieuses bénédictines. (Source : wikipédia)
En ces temps de chamboulement et d’incertitude, il fallait avoir un peu de courage pour se lancer dans un tel chantier. Force est de constater que « le jeu en valait la chandelle » ! Quelle joie de voir notre église paroissiale toute proprette et accueillante, avec des contrastes de couleurs qui mettent en évidence les lignes pures de l’architecture et qui en font un espace de prière à la fois joyeux et recueilli.
PAR JEAN-PASCAL GENOUD | PHOTO : DR
L’engagement des entreprises
Alors que le tableau de l’actualité est plutôt sombre, quelle joie de voir l’entrain des différentes entreprises, l’allant des ouvriers qui ont œuvré avec beaucoup de sérieux et de compétence pour ce qui nous paraît une réussite totale.
L’entreprise VonRo a installé quelque 220 tonnes d’échafaudages pour permettre aux peintres d’Exquis & Lattion de traiter toutes les surfaces blanches, avec une peinture particulièrement bien adaptée et mieux résistante à l’humidité. La menuiserie Duay SA a aussi contribué aux protections préalables nécessaires. De son côté, l’Atelier Saint Dismas procédait à un nettoyage complet de tous les éléments décoratifs de l’église : piliers, statues, autels latéraux, chaire, fonts baptismaux et maître-autel. A cela s’est ajouté en cours de route, le nettoyage, par une firme spécialisée, des vitraux qui en avait, il faut le dire, sérieusement besoin. Le résultat est spectaculaire.
Le serrurier Pierre-André Wœffray a été chargé de certaines améliorations techniques : le déplacement du crucifix historique de Boular, l’installation d’un nouveau système d’écran de projection, la réalisation d’un porte-lumignons très ingénieux qui absorbe désormais les fumées de bougies et enfin, en collaboration avec l’atelier Gay Décor, le renouvellement de la protection thermique des sas des portes latérales.
Il restait aux électriciens d’Etavis à mettre la dernière main à la systématisation de l’éclairage de l’édifice. Un bon coup de nettoyage et voilà que, dans les délais, grâce à la magnifique maîtrise de notre architecte François Delaloye, quelques jours avant Noël, après moins de quatre mois de fermeture, notre église était à nouveau fonctionnelle !
Le quasi-équilibre financier
Du côté financier, l’opération se conclut de façon très satisfaisante. Toutes les factures n’étant pas encore rentrées, nous ne disposons pas des chiffres définitifs. Mais d’ores et déjà, on peut dire qu’en dépit de quelques surprises qui ont provoqué un léger dépassement du devis initial, grâce à l’apport des fonds publics et le magnifique montant de Fr. 100’000.– obtenu par les dons des paroissiens, l’équilibre est quasiment assuré. Grand merci à tous les donateurs qui nous ont permis cette superbe réalisation.
Seuls Fr. 10’000.– manquent !
Nous aurions espéré, au moment de la réouverture et des concerts d’inauguration prévus en janvier, trouver encore environ Fr. 10’000.–, mais tout a été rendu impossible en raison des restrictions sanitaires qui nous ont été imposées. Merci donc à tous ceux qui feraient encore un geste pour nous permettre d’atteindre totalement notre objectif !
Les aides publiques Etat du Valais 57’000.– Commune de Martigny 50’000.– Loterie romande 125’000.– Fondation L. Gianadda 50’000.–
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