Travail

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2020

Référence: «rencontrer Jésus le Christ aujourd’hui» | éditions du signe | Photo: Samuel Revaz

Tu cherches des ouvriers, Seigneur ?

Des ouvriers à envoyer
Pour prier même pour les ennemis,
Pour pardonner à ceux qui offensent,
Pour utiliser le pouvoir de la douceur,
Pour aimer le prochain aussi fort que soi-même ?

Des ouvriers pour créer la justice,
Pour donner gratuitement joie et bonté,
Pour partager le pain quotidien,
Pour rester avec les délaissés ?

Des ouvriers pour soutenir
Ceux et celles qui traversent le malheur,
Pour ouvrir à ceux qu’on laisse dehors dans la pauvreté et la misère,
Pour vêtir ceux qui sont nus,
Pour visiter les malades,
Pour porter à tous la Bonne Nouvelle :
« Dieu nous aime » ?

Tu cherches des ouvriers ?
Ce travail est pour nous, Seigneur :
Nous venons !

Servir l’autre pour servir Dieu

Se mettre au service de l’autre est une mission fondamentale de l’Eglise. A l’heure où les mesures de distanciation sociale nous obligent à reconsidérer notre rapport à autrui, comment se positionnent les communautés religieuses et les paroisses pour accompagner les personnes fragilisées par la pandémie au sein d’une société sécularisée?

Par Pascal Ortelli
Photos: Jean-Claude Gadmer, Pxhere, Caritas, DR« Aimer Dieu et aimer son prochain », tel est le cœur de l’Evangile. Au cours de l’histoire, de multiples congrégations religieuses ont vu le jour pour honorer cet adage. Santé, éducation, accueil des pauvres : voilà autant de domaines où elles ont œuvré en pionnières, avant que l’Etat et de nombreux laïcs – croyants ou non – ne prennent le relais. Aujourd’hui, ces communautés dites apostoliques sont appelées, tout comme les paroisses, à repenser les contours de leurs missions.

Au service de la vie qui se donne

Cap sur Agaune, où en plus de la présence pluriséculaire des chanoines de l’Abbaye, les sœurs de Saint Maurice ont été fondées à la fin du XIXe siècle pour s’occuper des orphelins de la région. Sœur Claire-Isabelle Siegrist, supérieure régionale, précise d’emblée que la congrégation ne se définit pas par une activité précise. Elle s’enracine dans le témoignage de Maurice et le mystère de Pâques : « La victoire de la vie sur la mort donne une coloration particulière à nos engagements. Nous nous mettons au service de la Vie qui se donne en toute personne rencontrée. »

Hier actives en priorité dans le monde des soins, les sœurs discernent aujourd’hui de nouvelles voies d’accompagnement. Dans leur maison d’accueil à La Pelouse, à Bex, elles proposent par exemple une initiation au yoga, pratique qui peut favoriser l’accueil de la Parole de Dieu et parler à nos contemporains. Elles continuent leur apostolat auprès des plus fragilisés à la paroisse Notre-Dame du Valentin à Lausanne et à Madagascar où la communauté a essaimé.
Ici et ailleurs » tab_id= »1600178892917-0a498297-fe9c »]« L’énergie de la vie religieuse passe du Nord au Sud », confie sœur Franzisca de l’Œuvre Saint-Augustin. Pour continuer à servir l’autre, les sœurs ont construit un nouvel immeuble à Saint-Maurice, comprenant un centre médico-social, des appartements protégés et un cabinet pour cinq médecins. Les revenus générés permettent aussi de soutenir le développement de leur communauté en Afrique. 

En passant le témoin

La coordination de l’Accueil
Sainte-Elisabeth est assurée par Olivier Messer.

Religieuses et prêtres ont inspiré de nombreuses œuvres de charité aujourd’hui portées par des laïcs. A Fribourg, l’abbé André Vienny (1948-2017) a fondé Le Tremplin, un centre de réinsertion pour les personnes toxicodépendantes. Il est également à l’origine de l’Accueil Sainte-Elisabeth, un lieu qui regroupe sur un même site l’aide apportée par les paroisses du Grand-Fribourg auprès des plus démunis. C’est une première ! Sis dans les locaux des sœurs de la Visitation, la coordination en est confiée à Olivier Messer, un laïc aumônier de prison.

La Fondation Mère Sofia poursuit à Lausanne l’engagement de cette moniale orthodoxe au service des gens de la rue. Indignée de voir autant de pauvreté dans un pays comme la Suisse, Mère Sofia (1947-1996) a révolutionné l’approche d’aide en privilégiant une attitude de proximité et de non-jugement de la personne en détresse.

A Sion, l’association Accueil Hôtel-Dieu a été créée en 2014 pour donner suite au travail effectué par les sœurs hospitalières. Sa responsable Joëlle Carron, une laïque nommée déléguée épiscopale pour la diaconie en Valais, vient de passer sa patente de restauratrice. L’accueil occupe en effet un ancien restaurant remis en activité. Il abrite aussi la toute nouvelle Maison de la diaconie, qui a pour mission de fédérer les synergies entre les différents acteurs ecclésiaux engagés au service de la solidarité.

L’affaire de tous

De telles démarches renforcent les ponts avec la société civile et les personnes éloignées de l’Eglise. Le réseau Caritas agit depuis longtemps dans ce sens. La Suisse compte seize associations régionales indépendantes qui réalisent localement des projets sociaux (accompagnement social et juridique, épicerie solidaire, prévention à l’endettement, etc.) en s’inspirant de l’Evangile et de l’enseignement social de l’Eglise. 

« Notre manière d’être au service se distingue des autres œuvres d’entraide par le nom même de notre association, précise Dominique Froidevaux, directeur de Caritas Genève. Caritas est l’un des noms latins de l’amour retenu par les premiers chrétiens pour insister sur la considération due à chacun au-delà du cercle familial. » L’enjeu est de servir par amour, en dépassant la simple assistance et en actionnant les leviers socio-politiques pour résorber les causes structurelles de la pauvreté dans notre société. 

Cela ne doit pas rester l’affaire de quelques spécialistes. C’est l’affaire de tous. Philippe Becquart, responsable du département des adultes de l’Eglise catholique vaudoise, nous le rappelle à la suite du pape François : « En vertu de notre baptême, nous sommes tous des disciples-missionnaires appelés à nous mettre pleinement au service de l’autre. »

Le réseau Caritas réalise des projets sociaux en s’inspirant de l’Evangile.

La solidarité comme perfection de l’amour

A Genève, la Pastorale des Milieux ouverts a adopté une telle posture durant le confinement. Sa responsable Inès Calstas témoigne : « Chaque action entreprise a été discutée au préalable lors d’une réunion à l’extérieur (en raison des normes sanitaires) avec les personnes de la rue. Nous avons choisi de rester ouverts, alors que de nombreuses autres structures ont dû fermer parce qu’elles reposaient sur l’engagement de bénévoles à risque qui ont plus de 65 ans. » Aux heures les plus noires de la pandémie, un espace d’espérance et d’amour, notamment en assurant trois fois par semaine le service d’un repas chaud suivi d’un temps de repos ou de jardinage et en confectionnant plus de 800 masques en tissu avec et pour les personnes les plus démunies, s’est ainsi créé. « Des bénévoles qui se sentaient loin de l’Eglise en raison de leur situation de vie s’en sont rapprochés. Je commence à recevoir de nouvelles demandes de baptême », confie Inès Calstas, émue.

Hier comme aujourd’hui, le service de l’autre crée des liens. L’Eglise, plus que jamais, est appelée à être là quand toutes les autres portes se ferment. « Dieu, comme nous le rappelle saint Jean, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous
sa perfection. » (1 Jn 4, 12)

Servir avec un visage de joie

L’abbé Vincent Lafargue, prêtre du diocèse de Sion en ministère sur le secteur paroissial d’Aigle, plaide pour qu’il y ait dans chaque paroisse un délégué qui travaillerait de concert avec les autorités civiles pour repenser la solidarité : « L’un aurait le temps en sa faveur, les autres : les moyens. Notre manière de servir doit avant tout passer par une bonne communication et un visage de joie. Car cela touche les gens », affirme-t-il sans ambages.

La Création du monde à l’église catholique d’Aire-la-Ville (GE)

Par Amandine Beffa
Photo: Jean-Claude Gadmer

Les vitraux d’Isabelle Tabin-Darbellay représentent Dieu mettant de l’ordre dans le monde.

Les premiers chapitres de la Genèse sont un extraordinaire poème racontant l’œuvre de Dieu. Leur richesse a beaucoup à apporter à notre vie chrétienne. Toutefois, nous les connaissons si bien que nous oublions parfois de les écouter. Heureusement, l’art vient à notre secours. C’est le cas des vitraux de l’église d’Aire-la-Ville dans le canton de Genève. 

Les sept baies représentent chacune un jour. Pour l’artiste Isabelle Tabin-Darbellay, le fil rouge de l’œuvre est Dieu qui met de l’ordre dans le monde. 

Le liseré jaune représenté sur les six premiers vitraux symbolise l’amour de Dieu, inséparable de son action. Le dernier jour, l’or envahit toute la baie. La tendresse et la miséricorde de Dieu sont désormais présents dans chaque recoin de la Création. Le choix du Buisson ardent peut surprendre. Et pourtant, le Dieu Créateur est Celui qui est, qui était et qui vient, révélé à Moïse et présent avec le Christ jusqu’au bout de la souffrance humaine.

Arrêtons-nous sur le quatrième jour : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour de la nuit. » (Gn 1, 14) On retrouve l’ordre prévu par Dieu. Le jour et la nuit sont départagés par l’Etre de Lumière, représenté sous les traits d’un ange. Penché vers la nuit, il la parsème d’étoiles. Le coin droit semble concentrer angoisse et obscurité et la lune qui s’y trouve symbolise la Présence de Dieu jusque dans nos nuits. Progressivement, les teintes s’éclaircissent pour éclater dans le rayonnement du soleil.

Reprenons le récit biblique : « Qu’ils servent de luminaires dans le firmament du ciel pour éclairer la terre. » (Gn 1, 15) Que le soleil et la lune nous rappellent la présence rayonnante de Dieu dans nos jours et dans nos nuits.

Dites-le avec des fleurs

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), octobre 2020

Par Michel Abbet | Photo: Françoise Marclay

Elles aimantent le regard immédiatement ! Leur couleur, leur forme, leur diversité, leur complémentarité, le jeu infini de nuances et de composition les rendent fascinantes. Les fleurs ! Il suffit d’évoquer ce nom pour voir les visages s’épanouir, comme si par enchantement, la seule évocation de ce mot permettait à tout un chacun d’accéder au monde du magnifique et de l’harmonie.

Ce n’est donc pas un hasard si elles accompagnent chaque événement majeur de notre vie. Une table de fête révèle tout son faste lorsque des fleurs judicieusement posées apportent une touche d’originalité et de gaieté. Un anniversaire important ? Quoi de mieux qu’un bouquet pour souligner sa solennité ! Des sentiments de reconnaissance ou d’amour ? Les fleurs offertes sont messagères d’émois que les mots auraient grand-peine à exprimer.

C’est encore moins un hasard si nos églises et nos cérémonies religieuses ont besoin de fleurs pour révéler toute leur beauté et leur grandeur. Et si cela peut se faire, c’est grâce au dévouement et aux compétences de personnes généreuses qui offrent à toute la communauté leur temps, leur savoir-faire et leur amour de la beauté.

Après 30 années de service, Françoise Marclay a émis le désir de se retirer. Selon son propre aveu, la décision a été difficile à prendre. Car, si la tâche pouvait paraître ardue, elle s’était incrustée dans sa vie. Pratiquement toute l’année, chaque vendredi, le rendez-vous était noté : se rendre à l’église pour renouveler les arrangements floraux. Et ensuite, pas question d’abandonner là « son travail ». Durant la semaine, il fallait arroser, arranger, accompagner la lente évolution de la composition florale pour que celle-ci garde sa fraîcheur et sa splendeur.

Trente ans à une moyenne de cinquante dimanches par année, auxquels il faut ajouter les fêtes et autres événements, cela fait plus de 1500 bouquets différents. « Rien n’est trop beau pour le Seigneur », dit-elle ! « Apporter une touche de beauté à l’église, ce n’est finalement qu’un juste retour des choses pour célébrer la beauté de la Création. En acquérant de l’expérience, du doigté et de la sensibilité, le désir de personnaliser le bouquet s’impose. En fonction du dimanche, des lectures, des événements festifs ou tristes, on construit son œuvre pour qu’elle soit aussi porteuse de sens. Ce n’est plus un simple travail, cela devient une prière, une communion avec Dieu. »

La communauté d’Orsières remercie chaleureusement Françoise et Agnès Kaczmarek avec qui elle a travaillé en duo ces dix dernières années. Dorénavant, le service de la décoration de l’église est assuré par une quinzaine de personnes qui se sont réparties les différents dimanches et fêtes. Vous aimez les fleurs et voulez vous joindre à elles ? Le conseil de communauté en serait enchanté. Il vous invite à prendre contact avec le secrétariat (adresses au dos de la brochure). Merci pour votre collaboration.

Interview de Jean-Marc Andenmatten

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Notre-Dame de la Brillaz (FR), octobre-novembre 2020

Interview de Jean-Marc Andenmatten par Mathias Theler | Photo: DR

Depuis septembre, Formule Jeunes a envoyé Jean-Marc Andenmatten en mission dans notre UP auprès des jeunes. Aujourd’hui nous nous rendons compte qu’il est important que nous organisions et développions une pastorale jeunesse. Je vous invite à faire connaissance avec Jean-Marc et à découvrir son engagement et ses projets. Il a entre autres créé, avec les jeunes de l’UP Sainte-Trinité, le festival Crossfire de Belfaux.Qui es-tu Jean-Marc ?
J’ai 47 ans, je suis célibataire et je suis né en Corée du Sud, j’ai été adopté par un couple valaisan. Je suis valaisan d’adoption et de cœur. J’ai fait mes études universitaires en philosophie, science des religions et allemand à Lausanne. Après mes études, j’ai travaillé durant 10 ans à Philanthropos, qui se situe à Bourguillon. Je m’occupais des étudiants, pour un accompagnement intellectuel, ainsi que de la bibliothèque. Je faisais d’autres choses. La particularité de l’Institut est que je vivais avec les étudiants. 

En 2012, j’ai travaillé à la fondation du cardinal Charles Journet durant 4 ans. C’est là qu’est né en moi le désir d’écrire une thèse de doctorat sur « La conception de l’art chez Charles Journet » dans une approche interdisciplinaire : historique, philosophique et théologique. J’ai vu, dans les fonds d’archives, l’importance de l’art chez Journet. Je ne pouvais pas taire une telle richesse.

En 2015, j’ai commencé ma première expérience pastorale sur l’UP Sainte-Trinité. Je me suis occupé principalement des jeunes, d’abord à travers le parcours de confirmation puis en développant une pastorale jeunesse.

Aujourd’hui tu es engagé à Formule-Jeunes et c’est elle qui t’envoie dans notre UP. Peux-tu nous présenter ce service pastoral auprès des jeunes ?
L’idée de FJ est de proposer des activités pour les jeunes, pas uniquement dans le milieu des aumôneries aux CO et aux collèges, mais aussi dans les UP, afin de les aider à découvrir Jésus Christ dans leur milieu de vie. Ces jeunes ont entre 13 et 25 ans.

Elle propose pour cela différentes activités : des sorties, des camps, des accompagnements et des événements. Toutes les activités se font en lien avec les agents pastoraux qui travaillent sur le terrain. 

La difficulté pour FJ est de ne pas proposer quelque chose de fixe, une pastorale déjà établie, car tout est à faire. FJ existe car des jeunes veulent s’engager, sinon ce ne serait que des structures vides. FJ est dépendante de la motivation des jeunes, ils sont appelés à s’y investir. Les personnes qui y travaillent accompagnent les jeunes dans leur cheminement de la vie chrétienne. 

Quels sont les projets que tu aimerais réaliser dans notre UP ?
J’aimerais venir dans l’UP en me laissant surprendre par la nouveauté. Je ne veux pas venir avec des projets déjà établis mais découvrir ce qui est déjà en place, partir de choses déjà existantes. Ainsi, pour faire de la pastorale jeunesse, je vais avant tout m’enraciner dans la réalité du terrain. Mon premier enracinement se fera avec les enfants d’école primaire dans le but de mettre en place des groupes d’enfants adorateurs. Pour cela je prendrai contact avec Jaga. Mon deuxième enracinement se fera dans le cadre de la confirmation, avec Serge, afin de partir d’eux pour voir ce qu’il est possible de développer.

Ma première conviction est que les jeunes d’aujourd’hui ont soif de Dieu, il y a véritablement quelque chose à faire, mais surtout il faut le faire avec eux. Ma deuxième conviction, il est important pour moi que les jeunes trouvent leur place dans la communauté paroissiale. Ma troisième conviction, il faut à tout prix sortir des schémas classiques de l’époque, soit amener à tout prix les jeunes à la messe. Nous devons avant tout les intéresser à la vie de l’Eglise car ils en sont loin. Faisons-leur goûter la joie d’être chrétien en allant les rejoindre dans les périphéries. Ainsi naîtra le désir de l’engagement. Ma quatrième conviction, il faut rejoindre les jeunes dans leur sensibilité, dans leurs désirs, leurs doutes et leurs difficultés en étant à leur écoute. 

Dans l’Eglise, les personnes veulent trop souvent proposer aux jeunes diverses activités. Le problème, ils n’en sont pas porteurs et ne vont donc pas s’y investir. Effectivement, aujourd’hui, les jeunes ont de la peine à s’investir dans les projets à long terme s’ils ne sont pas interpellés pour les réaliser. Sur la base de mon expérience, je me suis rendu compte qu’il y a des idées extraordinaires qui peuvent venir des jeunes eux-mêmes. Comme je l’ai déjà dit, mon rôle premier est d’accompagner les jeunes dans leur vie de foi et leurs projets.

Mais une chose est pour moi fondamentale, j’aimerais créer un groupe de jeunes qui prient afin de porter eux-mêmes toute la pastorale jeunesse de l’UP. Ce sont les jeunes qui évangélisent les jeunes. 

Quel message aimerais-tu transmettre aux paroissiens de notre UP ?
Je vous invite à croire en nos jeunes, qui ont, en eux, des ressources insoupçonnées. Il y a de très belles surprises qui peuvent surgir. Pour cela nous devons leur faire confiance. Avec eux, attendez-vous à expérimenter une pastorale qui peut vous dérouter. Mais j’aimerais vous inviter à garder en tête que ce sont bien les jeunes d’aujourd’hui qui vont construire l’avenir de notre UP. Ils y seront porteurs du message chrétien. Je vous invite d’ailleurs à prier pour les jeunes, je vous les confie, car sans cela rien ne pourra se faire.

La Main Tendue

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), octobre 2020

Photo: la main tendue

L’écoute au service de l’autre
Servir l’autre, c’est avant tout l’écouter, lui prêter une oreille attentive, chercher à le rejoindre ou se laisser rejoindre par lui. C’est faire preuve d’attention, de respect et de bienveillance :
– d’attention, car il est « attendu », comme on attend quelqu’un qui nous rend visite, avec, à la clé, le plaisir de la rencontre ;
– de respect, car l’on cherche à le voir tel qu’il est (en latin respicere signifie voir), et pas tel qu’on aimerait qu’il soit, sans a priori, ni jugement ;
– de bienveillance, chaque personne ayant son histoire, dans un contexte qui lui est propre, tout comme sa part d’ombre et de lumière, et sa part d’humanité, quels que soient ses réussites ou ses échecs, ses joies ou ses soucis.
Se mettre à l’écoute de l’autre, c’est prendre en compte cette richesse et, d’une certaine manière l’honorer. 

L’expérience montre que chaque être a, dans ce domaine, un triple besoin : il a besoin d’un paratonnerre, d’une station de recyclage et d’une caisse de résonance :
– d’un paratonnerre, car dans l’existence, il y a des déceptions, des soucis accumulés, des colères, des énergies dont il faut se défaire, pas évidentes à gérer. Alors, il fait bon s’en ouvrir à quelqu’un qui sait que tout cela ne lui est pas destiné et qui, tel un paratonnerre, laisse passer, conduit ces énergies vers la terre, vers un lieu d’enracinement et de fondement ;
– d’une station de recyclage : l’écoute bienveillante rend un tri possible, voire un recyclage de choses qui nous encombrent, par exemple le subtil tri entre ce qui est émotionnel et ce qui est rationnel, ou encore la reformulation d’une problématique, générant le sentiment d’avoir été compris(e) ;
– d’une caisse de résonance : le grand violoniste Yehudi Menuhin disait que, sans le vide au cœur de son violon, il n’y aurait pas de son de qualité. Ainsi, une oreille attentive permet-elle à celui ou celle qui appelle, symboliquement d’exister, de laisser émerger sa mélodie, même et surtout si elle comporte quelques silences, soupirs ou syncopes…
C’est cela la Main Tendue, un merveilleux outil au service de l’autre, derrière lequel, en filigrane, se profile Celui qui a si bien su se mettre à l’écoute des sans voix, de ceux dont on ne tenait plus compte, ni de leur situation concrète, ni de leur combat quotidien, ni de la symbolique de leur criant silence, Jésus de Nazareth.

Plus que jamais servir l’autre, c’est l’écouter. C’est ce à quoi la Main Tendue, le 143, s’emploie, 24 heures sur 24, avec une sympathique et dévouée équipe de bénévoles, toujours prête à créer un terrain « d’entente »… et ce n’est jamais sans appel ! 

René Nyffeler (un des membres de la commission technique de la MT, chargée de la formation et de la formation continue des répondant(e)s, par ailleurs apolitique et non confessionnelle). La vocation première de la MT est l’écoute dans le respect des convictions de chacune et de chacun.

Jeux, jeunes et humour – octobre 2020

Par Marie-Claude Follonier[thb_image image= »5169″ img_link= »url:/wp-content/uploads/2020/09/BD_oct2020_OK. »]

Question d’enfant

Halloween est-elle une fête chrétienne ?

Depuis le VIIIe siècle au moins, les chrétiens font une veillée de prière le 31 octobre pour se préparer à la fête de la Toussaint et à la Commémoration des fidèles défunts qui sont célébrées les 1er et 2 novembre. En anglais, cette veillée s’appelle « All Hallows’Eve » ce qui a donné Halloween. Cette fête a donc un lien avec le christianisme, tout en s’inspirant de pratiques celtiques plus anciennes autour de la mort et de l’entrée dans la saison sombre (fête de Samain).

Par Pascal Ortelli

Humour

Un prédicateur tenait un sermon vigoureux contre les ravages de l’alcoolisme :
– « Je vous le demande, mes frères, mes sœurs, s’écrie-t-il, que peut-il y avoir de pire que l’alcool ? » 

Alors du fond de l’église, une voix s’élève :
– « La soif ! »

Par Calixte Dubosson

Les services de l’Eglise: en parler ou pas?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2020

Propos recueillis par Françoise Besson | Photos: ldd

L’Eglise, les membres des communautés, les services de diaconie dans les paroisses se préoccupent de multiples manières des personnes isolées, démunies, confrontées à des difficultés de toutes sortes. Ces services sont parfois connus, parfois moins. Faudrait-il en parler davantage ? Dans la presse et les médias, les informations qui concernent l’Eglise sont souvent consternantes, d’où ma question : faudrait-il plus communiquer sur les services de l’Eglise ou plutôt des Eglises, sur leur engagement au quotidien ?Trois personnes, engagées au quotidien dans des ministères différents ont répondu à cette question : Anne-Laure Gausseron, Agnès Thuégaz et Jean-Michel Girard. Quelles peuvent être les raisons de parler ou de ne pas parler des services rendus par l’Eglise ?

L’intention de l’information

Anne-Laure Gausseron, oblate de la congrégation du Saint-Bernard

Pour moi la question est plus large, elle n’est pas vraiment de savoir s’il faut parler ou se taire, mais plutôt de reconnaître le besoin en amont et quelle est notre intention lorsqu’on parle des services rendus par l’Eglise. Est-ce pour informer ? Pour se justifier ? Est-ce pour partager ou pour exister ? Est-ce pour briller ou pour s’autosatisfaire ?

Toute parole d’information a, je crois, besoin d’être réfléchie. Il y a des sujets sensibles. Celui des réfugiés par exemple. Il s’agit de savoir comment les aborder pour qu’ils ne deviennent pas uniquement des sujets polémiques. Nous sommes dans un monde où l’information est parfois diluée dans les réseaux sociaux. Elle est rapide, mondialisée et immédiate. Alors le risque de confusion est grand, c’est une démarche délicate.

Certains journaux offrent des espaces d’informations précis et factuels, d’autres des espaces pour débattre, d’autres encore pour se nourrir de réflexions et d’idées de personnes compétentes dans leur domaine. C’est important de s’informer, de réfléchir et de garder en tant que lecteur certaines questions ouvertes et en suspens. 

Si nous parlons nous-même de ce que nous faisons, c’est-à-dire sans le filtre d’un professionnel journaliste, il nous faut être attentifs, je crois, à ne pas être surplombant ou sans distance avec nous-même, pour ne pas tomber dans le : « Regardez ce qu’on fait ! » Le but serait de partager le plus simplement possible la vie de la communauté, créer de la communion et donner une « bonne nouvelle ».

Une aide qui se professionnalise

Agnès Thuégaz, pasteure de la paroisse Coude du Rhône

Chez les réformés, il y a une longue tradition historique du soin des plus pauvres, de fondation d’hôpitaux et d’écoles, de soutien des plus vulnérables. On appelle encore aujourd’hui les « œuvres » PPP (Pain pour le Prochain) et l’EPER (Entraide protestante) qui ont été fondées et sont financées notamment par nos Eglises et qui portent des projets en faveur des plus démunis et des plus défavorisés. Ces deux ONG qui vont fusionner sont devenues professionnelles et spécialisées. L’argent récolté l’est d’abord grâce aux thématiques et aux projets, plutôt qu’à cause du lien avec l’Eglise qui est de moins en moins évident.

En parallèle on a une solidarité locale, plus ponctuelle et très humaine… Des personnes qui passent dans notre bureau, une famille qu’on rencontre et qui est en difficulté, c’est du travail de fourmi et c’est notre quotidien…

Le risque de la bonne conscience
Les protestants se méfient des œuvres. Le courant réformateur annonçait le salut par la foi seule (sola fide). Donc il y a à la fois une exigence de l’œuvre, comme conséquence de la foi et une réticence à le dire. Je préfère mettre l’accent sur ce que je suis plutôt que sur ce que je fais. Le « risque de la bonne conscience » n’est pas loin, soit le fait de justifier une vie prospère en m’acquittant du devoir d’aider les pauvres. Cette attitude est ambiguë parce que l’on a alors besoin de pauvres à prendre en charge. On est là dans un système qui entretient les inégalités et qui catégorise : l’étranger, le pauvre, le maltraitant… 

Les stéréotypes
Donc si on me dit : « Est-ce que tu aurais envie de communiquer sur les œuvres aux plus vulnérables ? » Je me dis : Qui est l’étranger ? Qui est le pauvre ? Comment visibiliser, communiquer sans tomber dans les clichés, l’écueil des catégories ? Comment ne pas restreindre mon accompagnement à une certaine population ? Nous sommes vraiment marqués par des stéréotypes et l’Eglise devrait avoir un côté subversif pour dénoncer nos constructions mentales, nous aider à déconstruire nos aprioris.

La libération
Le fondement de notre mission est d’être témoin et porteur·euse d’une Bonne Nouvelle, partout, en tout temps. Je ne voudrais pas qu’on visibilise l’Eglise comme prestataire d’un certain service pour une certaine pauvreté, ce qui justement risque de nous mettre dans le piège de la bonne conscience et d’entretenir les clivages. Pour moi, la mission de l’Eglise, c’est de favoriser la libération de tout ce qui empêche la vie de circuler, d’inviter chacun-e à la réconciliation qui permet aux liens d’être recréés. Je souhaiterais que notre présence dans la société soit une invitation à une forme de vigilance, d’écoute de l’autre et de l’Autre pour tisser une communauté où chacun·e ait sa place.

Si je devais dire quelque chose ce serait d’abord de partager ce qui est une force de libération pour moi. Comment communiquer là-dessus ? Comment communiquer sur la Vie avec un grand V ? On ne peut pas l’enfermer, ni la mettre sur un flyer, cela se vit dans la rencontre et se déploie de mille manières… 

De la nécessité de se faire connaître

Jean-Michel Girard, prévôt de la congrégation du Saint-Bernard

Si le but de faire connaître ce que l’on fait, est de se mettre en valeur, c’est tout à fait nul ! Mais par exemple, au début de nouvelles fondations, comme le Point du Jour (pour les femmes victimes de violence), ou Clair de Vie (pour les jeunes en difficulté), il a été nécessaire de se faire connaître, d’informer les services sociaux entre autres, pour pouvoir toucher les personnes concernées par cette aide proposée. 

Visibilité ou lisibilité ?
Parfois le problème n’est pas la visibilité, mais le manque de lisibilité, ce qui n’est pas tout à fait la même chose ! Ce que l’on fait en Eglise peut parfois paraître ambigu. Je pense par exemple au musée que nous avons fait à l’hospice du Grand-Saint-Bernard, nous avons fait de notre mieux pour rendre accessible au public des objets religieux, ce que l’on appelle « le trésor », il y a donc une salle où les gens peuvent les voir. Devant ces vitrines, certains diront : « Eh bien, il y en a des richesses ici ! » Il y a là, une ambiguïté sur l’intention, sur la raison d’exposer ces objets. 

Le témoignage chrétien
Quand j’étais à la paroisse de Martigny, j’étais touché de voir que dans presque tous les groupes et organisations sociales de la ville, comme l’AMIE, il y avait beaucoup de chrétiens engagés. Cela me réconfortait… Ce n’était pas des organisations religieuses en tant que telles mais la présence même de ces chrétiens était une forme de témoignage. 

Dans l’Eglise, il y a eu souvent des personnes mises en valeur, comme par exemple Mère Teresa, figure incontournable à un moment donné. D’une certaine manière, je trouve formidable qu’il y ait des personnes comme elle pour dire qui est le Christ et combien une vie est transformée quand le message du Christ est mis en pratique, c’est un témoignage fantastique ! Mais se mettre toujours derrière le leader pour dire « nous aussi on en fait partie », c’est plus discutable… 

A part ça, je trouve que c’est positif que certaines activités soient connues, comme les rencontres du mercredi (Foyer Abraham) ou les sorties qui sont organisées sur les week-ends ou encore les vacances accompagnées. Il y a un côté réconfortant à savoir ce qui se fait collectivement, c’est encourageant pour tout le monde de pouvoir se dire : « Ensemble, on fait cela, on peut porter certaines préoccupations, seuls ce ne serait pas possible. » Dans ces groupes, il y a beaucoup de bénévoles et c’est un exemple stimulant ! On sait bien que l’exemple a beaucoup plus de valeur que
les injonctions ou les discours. C’est donc nécessaire qu’il y ait une certaine visibilité… 
C’est intéressant de voir que dans l’Evangile il y a deux paroles qui paraissent contradictoires, « vous ferez cela dans le secret, votre père voit dans le secret (Mt 6, 4)… » et l’autre où il est dit « Alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père […] » (Mt 5, 16). Quand on trouve dans l’Evangile un contraste en « noir et blanc », ça nous invite à nuancer… 

La présence du Christ

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, décanat Sion (VS), octobre 2020

Par Line | Photo: Pxhere

Mon prochain… est-ce vraiment toi, Seigneur ?

Le mendiant assis au bord du trottoir…
s’il travaillait il n’en serait pas là !
Oh oui, Seigneur, je lui donne une aumône,
car c’est Toi Jésus qui n’es pas riche.

L’enfant tombe et pleure…
il n’avait qu’à faire attention !
Oh oui, Seigneur, j’aime le consoler et l’embrasser,
car c’est Toi Jésus qui t’es fait mal.

Le vieillard peine à traverser la route…
il n’a qu’à rester chez lui !
Oh oui, Seigneur, je vais l’aider à passer,
car c’est Toi Jésus qui marches avec difficulté.

Le marginal habite à côté…
il pourrait soigner sa personne !
Oh oui, Seigneur, je choisis de lui dire bonjour,
car c’est Toi Jésus qui es mal rasé.

L’amie dont j’ai perdu tout contact…
elle ne me téléphone jamais !
Oh oui, Seigneur, je décide de l’appeler,
car c’est Toi Jésus que j’ai perdu de vue.

Mon prochain… oh oui, c’est vraiment Toi,
Seigneur !

Rendre service

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), octobre 2020

Par Michel Abbet | Photo: Pixabay

« Ce qui me frappe en premier lorsque je visite les paroisses, disait notre évêque Mgr Jean-Marie Lovey, ce sont toutes les actions bénévoles qui s’y déroulent. » Il aurait pu ajouter « dans l’ombre », tant ces actions sont discrètes et passent inaperçues pour la plupart, sauf bien sûr pour ceux qui en bénéficient et qui apprécient énormément le service rendu.

La communion arrive jusque dans les chambres des homes. Qui donne de son temps pour apporter l’Eucharistie aux personnes âgées ? Et qui leur offre de précieuses minutes en restant un moment avec elles pour qu’elles se sentent moins seules ?

Le sol de l’église brille, les bancs sont propres. Difficile à remarquer, tant cela paraît normal et logique. Mais combien d’heures ont été nécessaires pour maintenir cette immense surface dans un état impeccable ? 

Les enfants font leur première communion, ou reçoivent le sacrement de la confirmation. Qui s’est dévoué pour assurer la préparation et l’accompagnement ? Qui, année après année, s’est soucié d’offrir à l’enfant une aube si belle qu’elle paraît comme neuve ?

L’on pourrait certainement allonger la liste à l’envi, en étant sûr de ne pas réussir à recenser l’ensemble des activités quotidiennes ou épisodiques, généreusement accomplies au service de la communauté. Ce serait long, fastidieux, et certainement pas très utile.

Mais il est important de prendre conscience de tous ces « cadeaux » que nous recevons sans même y prêter quelquefois attention ! Et d’exprimer un immense sentiment de reconnaissance vis-à-vis de ceux et celles qui, dans un esprit de gratuité, mettent à disposition leur temps et leurs compétences, en leur disant en toute simplicité, mais aussi avec cœur MERCI. 

Oui, merci à toi, le servant de messe, merci à vous les amoureuses des fleurs, merci à vous les responsables de l’organisation du premier pardon. A travers vos trois activités évoquées dans les pages de ce numéro, c’est à l’ensemble des bénévoles que nous voulons rendre hommage ! Sans votre dévouement, nos communautés ne pourraient exister ! 

Les «Magasins du monde» fidèles à leur mission

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), octobre-novembre 2020

Par Claude Jenny | Photos: Georges Losey, Claude Jenny

Fidèles à leur mission de promouvoir le commerce équitable, les «Magasins du monde» occupent une place à part sur le marché. L’antenne staviacoise est à l’œuvre depuis trente ans et l’officine de la rue de l’Hôtel de ville affiche une belle santé commerciale grâce à l’engagement d’un précieux réseau de bénévoles.« Bénévole en cheffe », Isabelle Rimaz connaît par cœur les rouages d’une telle boutique et ce qu’il faut pour la faire marcher ! Active depuis 2006, elle assume une part des responsabilités avec une vingtaine d’autres bénévoles. « Nous nous répartissons les tâches et chacune doit assumer sa part de responsabilité. Autrement, nous assurons par tournus une présence d’une demi-journée au magasin pour servir la clientèle » explique Mme Rimaz. Responsable des commandes de tout l’assortiment, Sylvie Tripod confie qu’elle consacre plusieurs heures par semaine à cette activité qui lui tient à cœur. « Car, affirme Mme Rimaz, les personnes qui s’engagent sont toutes convaincues par le défi que nous défendons : à savoir de promouvoir un commerce qui permette aux producteurs de recevoir un juste prix pour leur labeur ». Et « Magasins du monde », via son organe faîtier, donne l’assurance que tout ce qui est vendu dans les magasins du pays sous ce label répond à des critères rigoureux de justice sociale. Et lorsque bénéfice il y a à la fin de chaque exercice, ce sont des organismes régionaux qui en profitent.

En ce mois missionnaire d’octobre, c’est une forme de pastorale de l’équité qu’accomplissent fidèlement tous ces bénévoles. Une équipe dont la composition varie évidemment régulièrement et qui ne comprend qu’un seul homme… Avis aux amateurs !

Il est vrai que le magasin d’Estavayer, l’un des trois du canton de Fribourg, affiche un coquet chiffre d’affaires grâce à un assortiment très complet, notamment en produits alimentaires, qui sont les plus demandés. Cafés,  thés, riz, etc. font la réputation de la maison ! Et la belle présentation des objets artisanaux et des marchandises a aussi de quoi appâter le chaland.

Les responsables constatent avec bonheur que les clients sont revenus fidèlement après la fermeture due au covid et que, d’une manière générale, la clientèle affiche un sensible rajeunissement. Ce qui tendrait à prouver qu’une certaine tranche de la population est plus sensible à la provenance et à la qualité des produits consommés au quotidien.

Servir l’autre pour servir Dieu

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), octobre 2020

Par l’abbé Pierre-Yves Pralong

Notre Dieu s’est fait chair, Il a habité parmi nous ! Il n’a pas dédaigné notre humanité, bien au contraire, malgré le choix que nous avions fait de Le quitter au début de la création, Il est venu au cœur de notre humanité pour recréer le lien avec Lui, pour nous relever et pour nous donner encore plus l’occasion de Le servir dans nos frères et sœurs.

Dans notre foi tout est lié, l’amour que nous recevons du bon Dieu dans la vie de prière (Parole de Dieu, sacrements, prière personnelle), nous sommes appelés à le transmettre autour de nous dans notre quotidien envers chaque être humain. Ça va même très loin, nous pourrions douter du lien que nous avons avec Dieu si ce lien n’augmentait pas en nous l’amour du prochain. L’un est inévitablement lié à l’autre. Nous sommes appelés à donner notre vie à la suite de Celui qui a donné Sa vie pour nous !

Et ce qui est très beau, c’est qu’en plus, en servant le prochain, c’est en même temps Dieu que nous honorons. Car nous sommes tous ses enfants et nous sommes tous appelés à nous épauler et à nous aider sur le chemin ici-bas. Du coup stoppons, avec la grâce de Dieu, toute critique, tout jugement sur l’autre et commençons, rien que pour aujourd’hui – comme disait la petite Thérèse – à aimer en vérité le prochain. Prions les uns pour les autres, aidons-nous les uns les autres, si nous voulons vraiment servir Dieu en vérité. Maurice Zundel résumera tout cela en disant : « On ne se possède qu’en se donnant, on ne se sauve qu’en consentant à se perdre. L’être est à la mesure du don. » Dieu vous bénisse…

Le lien, la force du bien

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur des Deux-Rives (VS), octobre 2020

Texte et photo par Geneviève Thurre

C’est l’histoire de cette vieille dame qui se désespère de ses maux, de ses proches qui ne viennent pas, des thuyas qui retrouvent leur état sauvage, de cette ampoule qu’il faudrait changer. Oh ! Elle n’est pas indigente, la situation n’est pas alarmante, si elle a besoin, elle peut appeler. Sauf que d’appeler, cela la dérange. Elle n’aime pas. Une voisine lui fait une visite pour lui offrir une salade (en trop) de son jardin et entend le chagrin de l’aînée. Elle commence à lui rendre visite, puis service. Le lien qui se crée est concret, tangible. Il se sent à travers les paroles gentilles, les caresses, les regards affectueux, les impatiences, voire les colères aussi. Cette relation permet aux deux dames de vivre leur humanité. Ce lien est la force du bien. Il crée une chaîne d’amour.

Combien d’hommes et de femmes sont au service de l’Autre ? Il est possible de remplir nos médias uniquement de ces histoires d’humanité qui certes n’attirent pas nos curiosités car « trop simples ». Elles sont cependant les piliers de notre monde, qui a ainsi survécu aux plus grands chaos de notre histoire. Une étincelle d’humanité dans une situation désespérée redonne espoir et entretient la chaîne de l’amour.

Ce texte peut paraître naïf, simpliste : les forces du bien et du mal, opposées, comme dans un mauvais film de science-fiction. Mais notre histoire est-elle plus compliquée que cela ? Ne tient-elle pas entièrement dans les liens qui unissent les hommes entre eux ? Ne devient-elle pas belle quand c’est la solidarité, la charité qui l’animent, ne devient-elle pas noire quand c’est l’égoïsme et la méchanceté qui sévissent ?

Pour tous les hommes et les femmes de bonne volonté, de toutes les religions ou sans religion, servir l’Autre, c’est servir l’amour. Pour nous chrétiens, l’Amour, c’est Dieu.

En librairie – octobre 2020

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

L’Esprit renouvelle tout !
Nathalie Becquart 

Sœur Nathalie Becquart, ancienne directrice du Service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations, essaie de répondre dans son ouvrage aux préoccupations des jeunes, pour une Eglise relationnelle et non institutionnelle. Elle donne également des exemples concrets et des conseils pratiques qui traduisent les aspirations des jeunes adultes reprises dans les orientations du pape François dans son exhortation Christus vivit qui s’adresse en priorité aux jeunes.

Ed. Salvator

Acheter pour 27.60 CHFSeul l’amour demeure
Chiara Amirante

En 1994, Chiara Amirante, laïque consacrée, a fondé la communauté italienne « Nouveaux Horizons » qui accueille des jeunes marqués par la drogue et la prostitution. Dans son livre « Seul l’amour demeure », cette Italienne raconte l’incroyable action de Dieu dans sa vie. Jeune étudiante, elle s’engage dans la communauté des Focolari, mais tombe très gravement malade et traverse alors une profonde nuit de la foi. Pourtant, le Seigneur veille et c’est le début d’une immense aventure qui entraîne Chiara dans les bas-fonds de Rome, pour porter le Christ aux drogués, aux prostituées, à ceux qui semblent perdus. Magnifique témoignage de confiance et d’espérance.

Ed. Emmanuel

Acheter pour 27.00 CHFDom Helder Camara, le chemin spirituel d’un prophète
Ivanir Antonio Rampon

L’ouverture du procès en béatification de Dom Helder Camara (1909-1999) donne lieu à une redécouverte de cette personnalité emblématique de l’Eglise catholique du XXe siècle. Né au Brésil dans une famille modeste et cultivée, il devient auxiliaire de Rio puis archevêque de Recife. Il découvre alors le scandale de la pauvreté et de l’injustice. Champion des droits de l’homme partout dans le monde, il demeure une voix écoutée autant que redoutée… Ce livre permet de mieux faire connaissance avec celui qui a dit : « Quand j’aide les pauvres, on m’applaudit. Quand je demande pourquoi ils sont pauvres, on me traite de communiste. »

Ed. Salvator

Acheter pour 32.40 CHFThérèse de Lisieux: aimer c’est tout donner
Coline Dupuy

C’est une très belle bande dessinée qui vient rendre hommage à sainte Thérèse de Lisieux. Elle nous permet de découvrir l’existence de Thérèse Martin, très affectée par la mort précoce de sa très pieuse maman. A 15 ans, elle obtient une dérogation pour entrer au Carmel de Lisieux où elle devient sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Le 30 septembre 1897, elle meurt de tuberculose et laisse à la postérité son « Histoire d’une âme » qui est un chant à la miséricorde divine. Cette bande dessinée catholique enchantera à la fois jeunes et adultes.

Ed. Artège

Acheter pour 22.20 CHF

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«Me voici: envoie-moi!»

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), octobre 2020

Par Siegfried Ostermann, de Missio | Photos: Missio

Sous la devise «Me voici: envoie-moi!», Missio met l’Eglise de Guinée à l’honneur durant le mois d’octobre, à l’occasion de la campagne du Mois de la Mission universelle. Durant plusieurs décennies, l’Eglise de ce pays d’Afrique de l’Ouest a été portée par les laïcs, qui continuent de lui donner leur empreinte aujourd’hui.« Les laïcs sont les pierres angulaires de l’Eglise », affirme avec conviction Suzanne Mane. Cette jeune femme guinéenne peut se réjouir du développement de son diocèse de N’Zérékoré, situé au sud du pays. Ici, l’Eglise a été façonnée par les couples de catéchistes durant ces dernières décennies. Missio est allé à la rencontre de certains d’entre eux. 

Suzanne Mane a une formation d’économiste et travaille dans une entreprise de communication. Depuis plus de dix ans, cette trentenaire guinéenne est active dans divers groupements de sa paroisse. « Les laïcs sont impliqués dans toutes les structures, mouvements et fraternités de la paroisse », a-t-elle déclaré aux collaborateurs de Missio lors de leur voyage en Guinée. « La dynamique a changé : les femmes sont fortement impliquées dans les prises de décision », explique-t-elle. Mais tous n’ont pas encore acquis cette conviction, si bien que Suzanne Mane admoneste parfois les hommes : « Prenez vos responsabilités, défendez les femmes et respectez-les. Vous êtes appelés à être des modèles. »

Des catéchistes pour soutenir les paroisses
La structure de soutien de chaque paroisse est constituée de communautés chrétiennes de base qui s’organisent et animent la vie ecclésiale sous la direction de couples de catéchistes. Même s’il y a de plus en plus de prêtres dans son diocèse, la jeune femme est convaincue que les laïcs continuent à être les « pierres angulaires » de l’Eglise, car « ils participent à l’harmonisation et à la compréhension de la vie de la paroisse ».

Parmi les catéchistes actifs en paroisse, Michel Onikoyamou est considéré par beaucoup comme un modèle. Baptisé à l’âge de 22 ans, il a ensuite pris la charge de catéchiste, avec sa femme évidemment. Après plusieurs années de formation commune, le couple a travaillé dans différentes paroisses en Guinée. Aujourd’hui, Michel Onikoyamou est économe à l’école de catéchisme de Gouécké et participe à la formation grâce à ses décennies d’expérience sur le terrain.

Un évêque suisse en Guinée
L’école de catéchistes de Gouécké a été fondée en 1953 par un évêque suisse, Mgr Eugène Maillat, un père blanc jurassien. La fondation de cette école de catéchistes s’est avérée être très clairvoyante, lors de l’expulsion des missionnaires étrangers en 1967. En effet, sous la dictature de Sékou Touré (président du pays de 1958 à 1984), ce sont les couples de catéchistes qui ont maintenu la foi vivante dans les petites communautés chrétiennes et ont poursuivi la vie de l’Eglise. Largement dépossédés et privés de ses dirigeants les plus importants, les fidèles de cette jeune Eglise se sont retrouvés livrés à eux-mêmes. Pourtant, les catéchistes ont continué de faire vivre leur Eglise. Ces gens avaient eu une rencontre personnelle avec Dieu grâce aux missionnaires et ont continué leur travail.

Qu’est-ce qui caractérise les couples de catéchistes ? Ils travaillent par vocation, et non comme des professionnels rémunérés. Hommes et femmes font leur formation ensemble et sont consolidés dans leur foi. Les épouses s’occupent ensuite des femmes dans les villages et abordent leurs problématiques propres. C’est ainsi que Michel voit en Aquila et Priscilla, les collaborateurs de Paul, les ancêtres des couples de catéchistes au service de l’Eglise. « Et tant que la mission de l’Eglise se poursuivra, dit-il avec conviction, il y aura des catéchistes. Car chacun a sa place et son rôle dans l’Eglise. »

Pour en savoir davantage au sujet de Missio en Guinée et leurs projets :
https://www.missio.ch/fr
La collecte du Dimanche de la Mission universelle (18 octobre) a lieu dans toutes les paroisses, dans le monde entier. L’argent collecté va aux diocèses en Afrique, en Asie et en Océanie, où se trouvent la plupart des pays les plus pauvres du monde. Le Fonds de solidarité permet de cofinancer les projets pastoraux et sociaux de ces diocèses, contribuant ainsi à un développement intégral des populations concernées. Merci de votre générosité !

Des bénévoles généreusement au service des autres

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, paroisse Saint-Laurent Estavayer / Au large (FR), octobre-novembre 2020

Servir les autres pour servir Dieu est une formule qui peut s’appliquer à tout chrétien – voire à toute personne – engagé professionnellement ou volontairement au service des autres. Il est tout aussi certain que sans bénévoles, l’Eglise et la société en général ne pourraient pas fonctionner. Nous vous présentons dans cette double page trois femmes que l’on pourrait appeler des «veilleuses», qui sont chacune à leur manière de belles serveuses de l’Evangile.

Marlène Carrard, de Sévaz: «J’aime les gens et leur donner de mon temps»

Par André Pillonel | Photo : Raphaël Roulin

Le rôle de ces bénévoles s’est particulièrement vérifié en ces temps de pandémie. Qui n’a pas été accueilli à l’entrée de nos lieux de culte par une personne chargée de veiller à notre hygiène des mains ? A la chapelle de Sévaz, cette tâche est confiée à Mme Marlène Carrard, pour qui l’engagement gratuit pour la collectivité est naturel. 

Le lendemain de Noël 2015, la porte du petit sanctuaire étant restée fermée, elle a approché la Commune de Sévaz, propriétaire des lieux, pour en assurer l’ouverture et la fermeture. Même si, entre-temps, un système automatique a été installé, Mme Carrard continue à assurer l’entretien de la chapelle et à préparer l’office hebdomadaire du mardi. Raison de cet engagement milicien : « J’aime les gens et leur donner de mon temps. », nous explique celle qui est aussi membre du Conseil de communauté de Bussy-Morens-Sévaz.

A ce titre, elle a été fortement sollicitée ces derniers mois. Dans un premier temps, il a fallu mettre en place l’ensemble des mesures de distanciation sociale et sanitaires dans l’église de Bussy. Lors de chaque célébration, avec Mme Bernadette Joye, l’une de ses collègues du Conseil de communauté, Mme Carrard attend tous les fidèles avec un flacon de solution hydroalcoolique. Auparavant, le lieu de culte a été décontaminé par ces deux dames. Quand – comme cela est arrivé ce printemps – deux cérémonies de funérailles ont eu lieu le même jour, l’opération a dû être entièrement répétée.

L’engagement de Marlène Carrard ne date pas de la crise actuelle. Il y a longtemps qu’elle œuvre pour l’Eglise. Jusqu’à la fin de 2017, elle a été secrétaire et conseillère paroissiale de Bussy-Morens-Sévaz durant une vingtaine d’années.

Au cours de notre entretien, elle nous confiera encore : « J’aime le bénévolat, mais je n’aime pas recevoir des ordres. » Pas étonnant de la part de cette maman de trois fils et de six petits-enfants, qui a été toujours très active et indépendante professionnellement.

Avec Bernadette Joye, sa complice de toujours, elle a créé les magnifiques personnages de la crèche de Bussy. Elle a esquissé les contours de l’étable sainte et en a confié la réalisation à son mari. Chaque année, celui-ci, avec l’aide de l’un de ses employés, installe cette crèche imposante, qui est entreposée hors saison de la Nativité, dans les locaux de l’entreprise familiale.

Madeleine Fauth, de Montborget: « L’amour du prochain, c’est aller vers les autres»

Texte et photo par Gérard Dévaud

« Une personne très dévouée et très à l’écoute des autres » : voilà ce qu’un ancien employeur de Madeleine Fauth, de Montborget, écrivait il y a quelques années, et qui résume bien la personnalité de cette figure si sympathique et toujours souriante. Quand on lui demande ce qui la motive dans ses différents engagements, elle répond : « Pour moi, l’amour du prochain, c’est aller vers les autres, communiquer… »

C’est ainsi que cette dynamique retraitée va trouver régulièrement les personnes seules de son village, mais conduit également des paroissiennes à la messe du mercredi à Murist. Et qui retrouve-t-on à la sacristie avant et après la messe ainsi qu’au service du café et des gâteaux ? Encore Madeleine ! C’est vrai que le dévouement pour la paroisse, elle connaît : après trois législatures au sein du Conseil de paroisse, elle est encore membre du Conseil de communauté de Murist, et toujours catéchiste auprès des petits. Elle se réjouit d’ailleurs de les retrouver : « C’est un vrai bonheur de retrouver ces enfants ! »

Claudine Maendly, de Montet: «C’est normal, c’est une manière de vivre ma foi»

Par Marianne Berset | Photo : Pierre Bondallaz

Si vous allez à l’oratoire, si vous passez devant l’église de Montet, vous constaterez que les fleurs embellissent les lieux… Ces arrangements floraux sont l’œuvre de Claudine Maendly qui veillent avec beaucoup de discrétion sur Montet. Pas seulement à l’extérieur de l’église mais aussi à l’intérieur. Chaque mardi, en plus du bouquet de fleurs fraîches de son jardin, elle apporte une aide précieuse au Père Richoz. 

Très active, sa mission est continue, elle se met toujours au service des autres, elle veut leur faire plaisir. Lors du chapelet mensuel du mercredi, elle organise toujours un temps convivial très précieux pour resserrer les liens et apporter une écoute. Elle donne aussi de son temps pour le Conseil de communauté et le chœur mixte. 

Elle a aussi le souci de penser aux personnes à visiter en se rendant au home pour les saluer et leur apporter quelques nouvelles de la communauté.

Ces gestes sont naturels pour elle, car dit-elle, « c’est normal et c’est aussi pour moi une manière de vivre sa foi ».

En Tout, aimer et servir

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Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Clins Dieu sur les Contrées (VS), octobre 2020

Par Sœur Marie-Thérèse, ursuline, Montana-Village | Photo: DR

« Que tout en nous soit une invitation à nous donner à Jésus-Christ. »

L’amie de ce mois est sainte Ursule, fêtée le 21 octobre. Pour cette occasion, je tiens à parler des Soeurs de Sainte Ursule à Sion et de notre fondatrice Mère Anne de Xaingtonge.

La maison de Sion a été fondée le 2 juin 1885 par le chanoine Blatter, qui a fait appel aux soeurs ursulines de Brigue pour débuter la communauté.

Anne de Xaingtonge est née à Dijon en 1567 et décédée à Dôle en 1621. Femme d’avant-garde et d’audace, Anne se plaisait à dire qu’elle ne voulait « ni mari ni mur ». En 1606, elle a fondé, avec deux compagnes, la Société des Soeurs de Sainte Ursule de la Vierge Bénie, la première congrégation féminine noncloîtrée de l’histoire. Elle a ouvert des écoles publiques de filles où l’éducation était gratuite. Elle fait occuper aux filles la place qu’il leur revient dans l’Eglise et la société. Faire connaître et aimer Jésus-Christ, à la gloire du Père : Anne de Xaingtonge n’a pas eu d’autre désir en se consacrant à Dieu selon la spiritualité de saint Ignace.

Au couvent Sainte Ursule, à Sion, il y a actuellement une vingtaine de soeurs, dont deux jeunes soeurs vietnamiennes. Les Ursulines sont surtout connues comme les soeurs de l’école normale des filles, les soeurs de l’école ménagère dans les villages où elles ont enseigné. D’autres lieux de mission étaient les écoles allemandes de la ville de Sion, l’institut de la Sainte-Famille (orphelinat), la pouponnière et l’école de nurses. En 1953, les premières soeurs sont parties en Guinée, ensuite en Côte d’Ivoire. Actuellement, 35 soeurs oeuvrent dans l’enseignement en différents lieux : des foyers de jeunes filles et différents services pastoraux comme l’animation pastorale et agro-pastorale.

Malgré la diminution du nombre et l’âge avancé des soeurs, nous poursuivons la mission commencée par notre fondatrice. La petite lampe est le symbole des Ursulines.

Au coeur de la vie, c’est le Christ qui nous envoie ; aussi notre communion avec Lui, est la source de notre engagement missionnaire pour Le faire connaître et aimer.

Le service du prochain sert et glorifie aussi le Seigneur

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Sainte-Claire (FR), octobre-novembre 2020

Par l’abbé Dariusz Kapinski | Photo: Chantal Sciboz

Le véritable but de tout service chrétien est de glorifier Dieu. Donnons d’abord la parole à saint Pierre : « Avant tout, ayez entre vous une charité intense, car la charité couvre une multitude de péchés. Pratiquez l’hospitalité les uns envers les autres sans récriminer. Ce que chacun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres, en bons gérants de la grâce de Dieu qui est si diverse : si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme pour des paroles de Dieu ; celui qui assure le service, qu’il s’en acquitte comme avec la force procurée par Dieu. Ainsi, en tout, Dieu sera glorifié par Jésus Christ. »
(1 Pierre 4, 8-11)

Saint Pierre donne des pistes qui nous ramènent à l’essentiel : notre conduite face à nos frères et pour le bien de tous, honore le Seigneur lui-même.

Dans l’Evangile, nous trouvons souvent une invitation à servir nos frères. Jésus – le plus grand Serviteur – réalisait de manière parfaite cette mission.

Rappelons-nous la parabole de Jésus (Mt 25, 31-46) où le Roi invite les hommes à recevoir le royaume éternel : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » […] Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

C’est dans cet esprit qu’ont vu le jour, au cours des siècles, de nombreuses communautés religieuses (couvents, congrégations…). Nous pouvons toujours apprécier leur service auprès des plus démunis et nous en inspirer pour notre propre engagement.

Que l’exemple et l’enseignement de notre Maître ne soient jamais effacés de nos cœurs. Qu’ils nous poussent à servir nos frères et sœurs avec ferveur. Ainsi le Seigneur sera toujours loué et nous recevrons en héritage son Royaume.

Le coronavirus et le monde de demain

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), octobre 2020

Photo: DR

Benoît Bourgine
Réflexions à chaud

A l’occasion d’une discussion en ligne proposée par la Faculté de théologie de l’Université de Genève et l’Institut romand de systématique et d’éthique, Benoît Bourgine, professeur de théologie à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (B), s’est récemment exprimé sur la crise sanitaire qui secoue actuellement le monde.

« Il y a quelque chose de téméraire à donner son avis sur un événement en cours », a tenu à souligner au préalable Benoît Bourgine. « Nous vivons cette pandémie de manière évolutive. Dans la Bible, c’est toujours avec un temps de retard que l’on comprend ce qui est arrivé. Un temps de décantation est nécessaire et cela est si vrai que les Evangiles prennent un malin plaisir à montrer à quel point les disciples sont toujours en décalage par rapport aux événements, à les présenter dans la position désavantageuse d’individus qui ne savent pas ce qu’ils vivent. Cela signifie qu’on ne peut pas facilement discerner une action de Dieu en ce qui nous arrive.

Il convient encore de tenir compte de toutes les fragilités qui sont apparues plus visiblement, à savoir des failles très importantes en matière de dialogue, de mise en commun de nos intelligences en vue de mesurer les conséquences de ces fragilités mises au jour lors du confinement imposé dans de nombreux pays. On peut s’interroger par exemple sur ces conséquences sur le plan spirituel : pourquoi a-t-on, dans certains pays, la permission d’aller promener son animal domestique alors qu’il n’est pas possible de se rendre dans un lieu de culte ? Et pourquoi reprendre des célébrations en commun est envisagé loin derrière d’autres priorités pour le corps social ? La liberté religieuse est une des libertés fondamentales mais qui n’est pas traitée comme telle dans les décisions politiques récentes prises dans certains pays. Il y a donc des mouvements de solidarité qui nous font du bien, mais il y a des questions importantes qui subsistent quant à la qualité du débat médiatique sur lesquelles il faudrait travailler pour réellement construire du commun.

Il faut admettre également que nous assistons à un affaiblissement, une érosion du religieux. La mort est à la fois peu présente dans la vie courante de beaucoup de gens, mais il y a néanmoins une peur de la mort qui nourrit le déni qui lui-même nourrit la peur. Si l’on compare avec la génération précédente, on peut dire que nous avons vécu en pensant que la société se devait de nous faire vivre en bonne santé jusqu’à
80 ans et plus. Nous n’avons jamais été aussi nombreux sur Terre, nous n’avons jamais vécu aussi longtemps et aussi bien. Mais précisément, l’effacement de la religion doit être relié au fait que nous avons appris à vivre en ignorant la mort et en voyant la vie avec les termes qui nous viennent de la science et peut-être nous ne sommes plus conscients qu’il y a des raisons de donner sa vie. Elle n’est pas la valeur suprême. Ceci a un lourd impact théologique et cela nous distingue comme génération. Weber disait que dans la modernité et avec le progrès infini qui l’accompagne, on ne pouvait partager la satisfaction de l’homme biblique qui est rassasié de jours et qui voit du sens à sa mort parce qu’il voit du sens à sa vie. Nous, nous avons l’impression que nous allons louper l’épisode suivant. Nous n’allons pas participer au progrès, à la prochaine version de l’iPhone par exemple. On ne peut dire, comme l’homme biblique : “Je vais être réuni à mes ancêtres, je vais être heureux après une vie.” Nous avons l’impression que notre vie est simplement coupée par la mort. C’est une question à travailler théologiquement car cela nous caractérise, nous la génération coronavirus. Cette épreuve collective est peut-être une occasion de repenser le lien qui existait entre l’intensité de la vie et le sentiment de la précarité. Penser qu’une vie est infinie a peut-être moins de sel qu’une vie dont on mesure le caractère éphémère. 

Cette crise appelle nombre d’autres réflexions. On a pu déceler une fatigue de la liberté. Les juges administratifs, les juges constitutionnels ont accepté que les exécutifs s’arrogent les pleins pouvoirs. Les parlements ont suivi. Tout cela a mis en évidence des fragilités institutionnelles dans la garantie de nos libertés. Les Eglises pourraient donner l’exemple d’une capacité de débattre, de mettre en œuvre une intelligence collective animée par les laïcs et les femmes en particulier, d’une synodalité qui puisse effectivement consonner avec l’idée de participation à ce qui a trait à l’ethos démocratique.

Enfin, quelque chose s’est exprimé et s’exprime encore dans cette crise. Une créativité réjouissante est apparue, de même qu’un humour, face au tragique de la situation. C’est une conclusion légère, mais qu’il ne faut pas négliger. »

Se mettre au service de l’autre: des exemples dans nos paroisses

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP La Seymaz et UP Champel / Eaux-Vives, Saint-Paul / Saint-Dominique (GE), octobre 2020

«Etre au service» se conjugue de différentes manières. Nous vous proposons un petit tour d’horizon en quelques exemples à deux pas de chez nous.

Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères… et sœurs… (Mt 25, 40)

Par Karin Ducret | Photos: Rosanna Aiello, Isabelle Favre

Epicerie solidaire (Epi-Sol) : grâce à l’initiative d’une jeune retraitée, Mme Aïda Ostermann, une équipe œcuménique bénévole de la paroisse protestante Chêne-Thônex et de la paroisse catholique Saint-Pierre (Thônex) et Saint-François de Sales (Chêne) a créé fin 2013 une association et ouvert une épicerie solidaire dans les locaux du Centre paroissial protestant de Chêne-Bourg/Thônex. Affiliée à l’Association « Partage », et aujourd’hui aussi avec l’aide financière des communes des Trois-Chêne, elle distribue une fois par semaine des denrées alimentaires et produits d’hygiène à une centaine de familles envoyées par l’Hospice général. Par ailleurs, Epi-Sol est aussi un lieu de partage et d’écoute apprécié et recherché : c’est l’occasion pour la quinzaine de bénévoles et quelques fidèles requérants d’asile de partager les soucis des familles en difficultés financières. 

Dans le sillage des repas communautaires d’accueil des réfugiés, organisés chaque mois par les paroisses catholique et protestante des Trois-Chêne, le groupe SORA (Soutien œcuménique aux requérants d’asile) a été constitué le 7 mars 2016 par une équipe protestante et catholique. Son but : informer sur la réalité des réfugiés et proposer des actions concernant l’accueil des requérants d’asile logés à l’époque dans l’abri PC des Trois-Chêne. Un nouveau centre d’accueil pour les requérants d’asile a été ouvert ce printemps dans l’enceinte de Bel Idée – l’occasion de continuer les belles rencontres lors des cours de français – « Coins-café » les mardis et les mercredis de 9h30 à 11h30 au Centre paroissial protestant, (77, rue de Genève) ainsi que  des repas canadiens conviviaux, préparés par les paroissien-ne-s catholiques et protestant-e-s des Trois-Chêne pour les requérants dès 12h à la salle paroissiale de Saint-Paul : les 18 octobre, 17 janvier, 7 mars et 2 mai ; à la salle paroissiale du temple de Chêne-Bougeries les 6 septembre, 6 décembre, 7 février, 4 avril et 6 juin. Ces deux activités sont préparées selon les directives d’hygiène anticovid. Une aide ponctuelle au niveau administratif et social est également offerte aux requérants d’asile. 

Comment rencontrer un-e requérant-e d’asile ? Lors d’un repas communautaire n’hésitez pas à inviter votre voisin, votre voisine de table pour un repas chez vous ou pour une sortie en ville, par exemple une visite de musée, etc. 

Renseignement 022 340 93 56 (de 8h30-11h30), secretarait.chene@protestant.ch  

Le plaisir d’un café partagé après la leçon de français…
Voici des manières de « faire ses gammes » pour rencontrer le Christ dans la générosité, la gratuité et « sans le savoir »…

Les derniers seront-ils vraiment les premiers?

Texte et photos par Pierre Moser

Comme nous avons pu le constater le 16e dimanche ordinaire (Mt 13, 24-30), Dieu est patient. Ce ne sera que lors de la moisson que l’ivraie sera jetée au feu. Nous avons donc le temps pour nous convertir. Mais qu’en est-il de mon partage, de ma charité et du sourire que cela provoque chez autrui ? Vous n’aurez pas le beurre et l’argent du beurre… Et l’Eglise a besoin de vous d’ici là. Sans votre partage, sans votre solidarité, elle n’ira nulle part. Idem pour votre paroisse, et c’est peut-être le bon moment pour vous rappeler les différentes manières de s’engager dans cette paroisse. D’autant plus que l’accumulation de scandales de tous ordres dans notre diocèse nous prive de prêtre. Eh oui, il faut savoir ce que l’on veut : des vocations qui respectent les règles sans nous obliger à fermer les yeux. C’est peut-être ce qui a manqué à nos autorités ces dernières années : les yeux ouverts. Rappelons simplement à ces brebis égarées que si elles étaient exemplaires, les médias n’auraient pas autant de raisons de « bouffer du curé ». Bref, votre paroisse a et va avoir de plus en plus besoin de vous. Et il y en a pour toutes les grâces : musique, conte, organisation, décoration, et j’en passe.

La musique est présente grâce à notre chœur mixte. Il recherche encore et toujours des bonnes volontés pour accompagner la messe en moyenne une fois par mois. Les répétitions ont lieu tous les jeudis. Vous pourrez ainsi mettre votre organe au service de l’assemblée pour lui permettre d’entrer dans l’alliance. Messieurs, vous êtes attendus avec impatience.

Les conteurs-euses se retrouveront plus volontiers dans le groupe des lecteurs. A chaque dimanche ses lectures. Votre témoignage sera donc dans la proclamation, un délicat équilibre entre émotion et le message du Dieu vivant. Vous semez le bon grain, Il s’occupe de la récolte. Pour des raisons pratiques vous serez également appelés à distribuer la communion.

L’organisation, elle, est toujours perfectible. C’est encore plus vrai quand il s’agit de bonnes volontés. Les Actes des Apôtres en rapporte un des premiers soubresauts (Ac 6). La pastorale étant gérée par les apôtres, le service de la communauté fut confié aux sept premiers diacres. Aujourd’hui encore notre paroisse comporte les deux conseils : le Conseil de paroisse qui a repris avec quelques adaptations la diaconie décrite par Luc et le Conseil pastoral de communauté, successeur des apôtres en toute modestie. Ces deux institutions ont été remises au gout du jour par Vatican II.

Choisissez et annoncez-vous au secrétariat de notre paroisse qui vous donnera toutes les informations nécessaires.

La fête paroissiale organisée…
… par nos fidèles bénévoles.
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