Coup de balai dans nos églises

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juin 2020

Par Stéphanie Reumont | Photo: Yann Petten

A Muraz, Yann et Bastien sont deux adolescents qui, après avoir terminé leur parcours catéchétique, ont décidé de poursuivre leur engagement auprès de la paroisse. A la suite d’une suggestion de la part du curé Jérôme Hauswirth, ils se lancent dans de grands travaux de nettoyage des églises de Muraz et Collombey.C’est avec un large sourire que Yann (14 ans) et Bastien (16 ans) m’accueillent devant la cure de Muraz. Ces deux jeunes, très engagés en paroisse depuis plusieurs années, me font découvrir avec joie le nouveau visage de leur église qui vient d’être rénovée.

« Dieu est central dans ma vie »
Après sa communion, Yann a intégré le groupe de servants de messe de Muraz, géré admirablement par Maria Sorrentino. A travers le service de l’autel, sa foi a grandi sans qu’il ne le sache tout de suite.

C’est après sa confirmation que Yann s’est vu confier la tâche de responsable des servants de messe sur Muraz. Cette nouvelle responsabilité a été très motivante pour son engagement sans faille auprès de la paroisse. Cela lui a permis de prendre de la maturité et a rendu sa foi toujours plus solide.
« J’ai toujours cru en Dieu mais je sais maintenant que Dieu est mon Père et qu’il veille sur moi. Dieu est central dans ma vie. »

Pourtant Yann n’a pas grandi dans une famille très pratiquante, mais il dit avoir reçu comme un appel du Seigneur. 

Yann souligne qu’il n’a aucun problème pour parler de sa foi autour de lui. Aux jeunes de son âge comme aux plus anciens. Malgré l’adolescence, où il n’est pas toujours facile d’assumer ses croyances, il en parle ouvertement.

Le plus jeune sacristain de la paroisse
Bastien a suivi le même parcours que son acolyte et a rejoint les rangs des servants de messe après sa première communion sous le regard bienveillant de Josette Rey-Mermet ; par la suite il s’est vu confier la responsabilité des servants de messe de Collombey.

Issu d’une famille très religieuse, s’investir dans la paroisse était une évidence pour lui. Il a commencé rapidement à s’intéresser au travail de préparation de la messe. Aujourd’hui, il est devenu le plus jeune sacristain de la paroisse ! 

« Je fais partie de différents groupes (Relais, etc.) et il y a une excellente ambiance. Cela nous permet d’avancer ensemble » m’assure Bastien. Il prie souvent et atteste de sa foi dans ses actes et ses paroles.

Confinés mais actifs !
« Le curé Jérôme m’a passé un message à moitié caché », raconte Yann en rigolant. « Il m’a informé que les cloches de l’église de Muraz auraient besoin d’un bon coup de nettoyage. »

Ni une, ni deux, les deux jeunes amis décident de nettoyer les cloches de l’église de Muraz le Vendredi saint (moment adéquat étant donné que les cloches ne sonnent plus) et par souci d’équité, celles de l’église de Collombey le lendemain. Les deux compères s’attaquent donc à des travaux titanesques !

Vendredi matin, les six cloches ainsi que le clocher de Muraz ont retrouvé leur prestance !

Des découvertes inattendues
Samedi matin, ils constatent que le clocher de l’église de Collombey est en très mauvais état et qu’il est donc impossible d’y accéder pour nettoyer les cloches. A la place, ils décident d’astiquer de fond en comble différents lieux religieux de Collombey et Muraz ! Ce nettoyage de printemps ne sera pas sans surprises. Ils découvrent des « trésors cachés » dont quatre têtes d’anges !

Yann et Bastien assurent qu’ils ont passé un excellent moment en rendant service et qu’ils ne s’arrêteront pas là. C’est déjà prévu, cet été ils s’occuperont de la chapelle des Neyres et de celle d’Illarsaz ! La paroisse de Collombey-Muraz peut se vanter de la richesse de cette jeunesse active !

Impossible de repartir de Muraz sans une visite guidée par ces deux compères des catacombes de l’église de Muraz ! 

Ils sont fiers de leurs églises et de leur paroisse ! Bravo à vous, Yann et Bastien !

(7 mai 2020)

Qui sont les scouts d’Europe?

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2020

Par Elisa, Sébastien et Emilien, responsables | Photo: DR

Les formes de scoutisme sont variées dans le monde. Complémentaire avec d’autres scoutismes implantés dans nos communes valaisannes, la proposition des scouts d’Europe Suisse séduit de plus en plus de parents et de jeunes. A découvrir…Le but du scoutisme est de permettre aux jeunes de se construire, de développer leur personnalité et leur caractère pour devenir une personne épanouie. C’est une activité complète et qui est parmi les plus enrichissantes et bénéfiques pour les jeunes. Le scoutisme se vit dans la nature par petites patrouilles de cinq à huit scouts. Chacun a son rôle et les activités valorisent les compétences de chacun. Les week-ends sont variés et permettent d’apprendre à faire des constructions en bois, de cuisiner sur le feu, de découvrir la nature, de partir à l’aventure, de faire du vélo, de faire de grands jeux et de belles veillées où on chante à cœur joie.

Le scoutisme permet de devenir débrouillard et capable de prendre des responsabilités. Cette école de vie a aussi des retombées positives pour la vie de tous les jours, à l’école, à la maison et nous encourage à accomplir spontanément de bonnes actions. En plus des aptitudes sportives, manuelles et artistiques, le scoutisme permet de développer sa foi. 

Avec la bénédiction de notre évêque, notre association est attachée à la dimension diocésaine et chrétienne de la pédagogie, qui s’imprègne de l’Evangile et se base sur la vocation de tout chrétien à la sainteté pour devenir pleinement soi-même.Filles et garçons: de 8 à 25 ans
www.scouts-europe.ch
079 120 52 82

Tirer les leçons et tracer une nouvelle voie…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2020

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photo: DR

Depuis 2003, François Thurre est responsable du secrétariat de Martigny des Syndicats chrétiens interprofessionnels du Valais (SCIV) ainsi que de l’agence régionale de la caisse de chômage OCS. Domicilié à Fully, marié et père de deux grands enfants, il œuvre depuis plus de 20 ans pour la défense des travailleurs de notre canton. Il nous partage ici ses impressions face à la crise sanitaire que nous avons traversée ces derniers temps…Comment avez-vous vécu la crise sanitaire de ces dernières semaines ?
Ce fut très douloureux pour moi de réaliser à quel point notre société n’était pas prête à faire face à cette épidémie malgré les avertissements du passé. Peut-être qu’étant trop focalisés sur la consommation, nous n’avons pas su – ou pas voulu – prendre le temps de la réflexion et tirer les enseignements du passé. 

Qu’est-ce qui a été le plus difficile ?
Dès le 13 mars, à la suite des mesures décrétées, nous avons dû fermer nos bureaux, protéger nos collaborateurs, nous fournir en équipement de protection, organiser le télétravail, tout cela en un temps record ! Poursuivre nos activités au service du monde du travail et répondre à l’avalanche de demandes des entreprises frappées par la réduction de l’horaire de travail pour le versement des indemnités de chômage sont devenus la priorité. Heureusement, nous avons pu compter sur la disponibilité et l’engagement sans faille de nos collaboratrices-teurs à qui, je dis bravo et un grand merci.

A quels bouleversements faut-il s’attendre, concrètement, à moyen terme sur le marché du travail ?
Aucun ! Je sais que ma réponse va choquer et j’espère sincèrement que l’avenir me donnera tort. Cependant, lorsque l’on prend le temps de regarder dans le rétroviseur, force est de constater que les crises économiques se suivent… Une fois la tempête traversée, l’économie reprend toujours ses droits. Produire pour pouvoir consommer et consommer pour pouvoir produire à nouveau. Le modèle économique que nous avons choisi et que nous continuons à alimenter par notre surconsommation assouvit notre avidité en épuisant les ressources de la planète et rejette, chaque année, de plus en plus de laissés-pour-compte au bord de l’autoroute du progrès. 

Que vous a appris cette crise ?
Quelles leçons en tirez-vous à chaud ?
La question des inégalités sociales n’est pas nouvelle, mais elle est aujourd’hui plus que jamais exacerbée par la pandémie. Comment est-il encore possible, au XXIe siècle, que des êtres humains se réveillent le matin en ne sachant pas ce qu’ils vont manger le soir ou encore qu’en Suisse, au mois d’avril 2020, la justice ait condamné pour la première fois un entrepreneur reconnu coupable de traite d’êtres humains ? C’est inacceptable ! L’arrêt forcé que nous subissons doit nous permettre de faire le point sur nos vies. Il est temps pour nous de saisir cette opportunité pour oser le changement, penser développement durable, privilégier les produits régionaux, consommer moins mais mieux, tendre la main à notre prochain d’ici et d’ailleurs. 

Comment les valeurs chrétiennes impactent-elles votre travail au quotidien ?
Les fondateurs de notre organisation ont basé leur action au service du monde du travail sur les encycliques et la doctrine sociale de l’Eglise. Aujourd’hui, les valeurs fondamentales qui animaient nos pairs – remettre l’homme au centre de toutes préoccupations indépendamment de son origine, de sa couleur ou de sa religion – demeurent le moteur de nos actions de tous les jours. « Les peuples briseront leurs épées pour en faire des socs de charrue et leurs lances pour en faire des faucilles. Les nations ne lèveront plus l’épée l’une contre l’autre et on n’apprendra plus à faire la guerre » avait dit le prophète Michée (4, 3). La voie est tracée depuis fort longtemps, il nous suffit de faire le premier pas, les autres suivront.

Jeux, jeunes et humour – juin 2020

Par Marie-Claude Follonier[thb_image image= »4901″ img_link= »url:/wp-content/uploads/2020/05/Fete_Dieu. »]

Pourquoi Dieu n’a pas empêché le coronavirus ?

Dieu veut pour nous un monde bon et beau ainsi que notre bonheur. Il n’est pas l’auteur des maux qui nous frappent. Le mal reste une énigme. Jésus n’est pas venu l’expliquer. Sur la croix, il a pris tout le mal sur lui et l’a déjà vaincu. Il nous invite à le combattre à sa suite. Dieu est avec nous dans cette épreuve : il nous donne sa force et son Esprit pour nous aider les uns les autres et en ressortir meilleurs qu’avant. Malgré les pertes et la tristesse, nous sommes assurés de sa victoire sur la mort et la maladie.

Par Pascal Ortelli

Sophie est à l’église avec sa maman, en prière devant le tabernacle. La prière silencieuse d’adoration dure, dure… Sophie n’en finit pas de fixer des yeux la lampe rougeoyante du sanctuaire puis lâche soudain : « Dis, maman, quand est-ce que le feu passe au vert ? »

Par Calixte Dubosson

Le couple et notre société

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Marguerite Bays (FR), juin 2020

Par Vincent Lathion

L’esprit d’une société s’identifie à différents indices, notamment aux grands principes qu’elle pose au fondement de son ordre et à travers la manière dont ses membres les vivent. Or, de cet ensemble transparaît souvent une certaine vision du monde, ainsi qu’une compréhension de l’homme et de la femme bien définie. C’est ce dernier point qui va retenir notre attention dans ce qui suit.

A l’Etat, nous attribuons surtout le rôle de garantir deux droits fondamentaux : la liberté et l’égalité. Ceux-ci sont d’une grande importance et marquent profondément le rapport de l’homme et de la femme dans notre société. Concernant les couples, la liberté et l’égalité des individus assurent la libre contraction des mariages et la reconnaissance des mêmes droits aux deux conjoints. Ces deux principes sont donc bons et portent de beaux fruits.

Néanmoins, la lecture que fait parfois notre société de ces deux principes appelle quelques réserves.

En effet, lorsque la liberté est comprise comme ouverture à tous les possibles – alors qu’en son fond elle est plutôt capacité à choisir le bien – elle peut amener à considérer tout engagement comme de droit révocable. Et ce risque est d’autant plus grand que cet état d’esprit est renforcé par le consumérisme de notre société : dans le secteur des achats et des services notamment, nous sommes habitués à pouvoir revenir à tout moment sur notre décision. Ainsi, le danger demeure d’envisager le mariage et la relation de couple sur le même mode et que les futurs époux soient peu préparés à honorer avec persévérance leur promesse.

De son côté, l’égalité de l’homme et de la femme peut aussi être source de mécompréhension. Certains courants de pensée actuels voudraient la placer exclusivement dans le domaine du faire et de l’agir. Ils conçoivent en quelque sorte l’égalité comme une uniformité. C’est une vision par trop étroite. L’égalité des deux genres se situe aussi au cœur de l’être-homme et de l’être-femme. Ainsi, reconnaître et promouvoir l’égalité, ce n’est pas gommer les différences entre hommes et femmes, mais bien plutôt les mettre en valeur comme ce qui fait leur richesse et leur génie propres.

Le mariage: sous quel regard

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), juin-juillet-août 2020

Texte par Danièle Cretton-Faval | Photo: DR

Le mariage… Quelle belle affaire…
Qu’on ne veut plus faire…
Parce que c’est l’enfer…
Voilà, encore une rumeur populaire qui a passablement d’audience !
Réveillons-nous, le père Noël n’existe pas.

En effet, le mythe du prince charmant fait encore trop de ravages. Tant de jeunes commencent leur vie d’adulte en imaginant trouver le bonheur en l’autre « idéalisé » et paré de prodigieuses qualités qui va leur apporter, et en prime, l’âme sœur incomparable.

Le bonheur ne peut s’acheter, ni se donner. Le bonheur est un petit truc qu’on travaille, point après point, au fil d’or, comme une broderie de prix. Là, il faut y mettre un véritable amour, mais un amour gratuit. La grande cause de nos désillusions en amour, c’est que nous attendons tout de l’autre et surtout le retour de ce que l’on a donné. C’est du commerce donnant-donnant. Alors que l’amour gratuit rend libre, et nous grandit. 

 Le bonheur n’existe pas en tant que tel, et ne s’achète pas, il se façonne, silencieusement, au gré des joies, des rires, des pleurs, des échecs, des souffrances, des tragédies, des petits miracles  de patience, de persévérance.
Ainsi, la petite broderie précieuse  fera partie de toi, et c’est à ce moment-là que tu pourras rayonner, transmettre sur l’autre le bonheur construit de tes mains. 

Etre en relation avec l’autre, c’est aussi comprendre que l’on est faillible, des êtres en « apprentissage », un couple en croissance avec un vide intérieur à remplir à DEUX. Et savoir que personne n’est parfait. Et ne pas tout attendre de l’autre comme si l’autre était un magicien. Il y a parfois, des magiciens… mais c’est l’exception (5% à 10%). Chaque jour est un jour nouveau, rien n’est acquis.

Est-on obligé d’accepter la souffrance dans le mariage ? Oui, c’est une aventure à l’image du navigateur qui décide de participer à la traversée d’un océan, et sait à l’avance, qu’il faudra arriver au but final sans sous-estimer : les efforts gigantesques, les tempêtes qui pourront l’engloutir, la mort le frôler, le froid le paralyser et la solitude à gérer. Mais le navigateur ne voit que le but de son idéal et la joie d’y parvenir.

Mais sous le regard de Dieu, l’aventure est possible. Ne nous dit-il pas : « Venez à moi vous qui peinez, et parlez-moi de vos soucis. Votre fardeau sera plus léger car je prends soin de vous. »

L’œuvre de Dieu à travers nous

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, UP Saint-Protais (FR), juin 2020

Par Lucienne Broillet-Page | Photo: LBP

Comme une icône en cours d’écriture, le visage de Dieu est à préciser chaque jour.

Nous sortons tranquillement d’une situation de confinement due au coronavirus, et cette période d’incertitude, d’isolement et de souffrance a peut-être insinué en nous des doutes et des questions : pourquoi Dieu permet-il cela ? où est-il alors que tant de personnes souffrent et meurent ? Dieu répond-il à nos prières ? 

Nous sommes comme les disciples de Jésus qui, devant un homme né aveugle, lui posent la question : « Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle : à cause de son propre péché ou à cause du péché de ses parents ? » Nous cherchons une cause, une origine, voire un bouc émissaire. Nous cherchons « en arrière » une responsabilité afin de comprendre pourquoi le malheur frappe. 

Or, devant cette question du péché, Jésus répondit : « Ce n’est ni à cause de son péché, ni à cause du péché de ses parents. Il est aveugle pour que l’œuvre de Dieu puisse se manifester en lui. » (Jean 9, 1-3)

Jésus nous renvoie à nous-mêmes, et nous oblige à regarder « en avant » : le malheur est présent « pour que » l’œuvre de Dieu puisse se manifester. Dieu est présent partout, dans les difficultés comme dans la joie et son œuvre est à découvrir en toute situation.

Nous sommes responsables de faire du malheur qui nous frappe une œuvre de Dieu. Nous pouvons voir alors les traces de Dieu dans tous les actes bons qui sont posés, et réaliser que Dieu s’inscrit partout dans notre histoire.  

Cela ne veut pas dire que la souffrance est niée, mais bien qu’elle est habitée par Jésus qui l’a prise avec lui sur la croix et qui la porte avec nous. Alors que nous avons dû vivre Pâques sans célébrations,  rappelons-nous que Jésus, par amour, a traversé tous nos tourments et qu’ils sont d’ores et déjà vaincus par sa Résurrection. Sachons trouver dans nos peines ce que Dieu veut que nous y trouvions : un surcroît d’amour, de compassion et de joie profonde…

En conclusion, retrouvons l’Evangile, dans lequel Jésus guérit un malade, et « les Juifs persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.

Jésus leur déclara : «  Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre.  » » Jn 5, 15-17

Lorsque nous aurons la joie de nous retrouver dans nos églises, souvenons-nous de tous ces gestes d’humanité qui ont magnifié ces derniers mois, et sachons maintenir vivante et active la solidarité qui s’est créée. C’est l’œuvre de Dieu à travers nous !

2020, cette année inédite

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2020

Par Anne-Laure Couchepin-Vouilloz, présidente de la Ville de Martigny
Photo: Olivier Maire, DR

Depuis le début du semi-confinement, nos vies, nos habitudes ont drastiquement changé. Nous avons tous vécu des expériences hors du commun, remettant en question notre mode de vie et nos valeurs. Parfois même les valeurs des uns et des autres s’entrechoquent. Un chemin doit être trouvé pour avancer. Pas si facile quand les contacts sont limités et l’incertitude de la suite présente.Deux mois après l’arrivée du Covid-19 en Suisse, nous entrons aujourd’hui dans la première phase de déconfinement. Bien que les cas positifs diminuent sur le plan national le virus persiste ; les gestes barrières comme se laver les mains régulièrement, respecter les distances et éviter les rassemblements, doivent, si ce n’est pas encore le cas, devenir des habitudes. Protégeons-nous, préservons la population à risque en attendant un vaccin et des médicaments efficaces. 

L’année 2020, c’est certain, fera partie de celles que nous n’oublierons pas. En janvier, les nouvelles venant de Chine ne présagent rien de bon. C’est à la fin de ce mois de février bissextile que la Suisse est officiellement touchée : le premier cas positif au Covid-19 est Tessinois. A cet instant, nous savons déjà que la propagation du virus est très rapide et que Martigny ne fera pas exception. Dans cette situation totalement inédite, notre devoir est d’agir avec rapidité, pragmatisme et de donner des réponses concrètes à la population qui compte sur ses élus en cas de crise. 

Dès le début du mois de mars, nous avons travaillé sans relâche avec les collègues du Conseil municipal pour élaborer les plans sanitaires, sociaux ou économiques. Le Réseau Solidaire Martigny a par exemple rapidement été mis sur pied pour aider la population à risque en proposant de faire les courses ou tout simplement de discuter au téléphone. La Police municipale tient plus que jamais son rôle de police de proximité, de quartier, en rappelant avec bienveillance les nouvelles règles. La Ville de Martigny a aussi trouvé des solutions responsables afin de soutenir les commerces et les entreprises du territoire. Une lettre ouverte à la population, rédigée à la fin du mois dernier, relate ces faits et montre le soutien des autorités municipales.

Dans le même temps, il a fallu protéger le personnel communal. En tout, il s’agit de près de 400 personnes travaillant dans divers services. Pour répondre aux attentes des collaborateurs nous avons constitué, avec les chefs de service, un groupe « gestion de crise ». Ce dernier nous a permis de procéder calmement et méthodiquement aux différentes étapes. Durant six semaines, les employés de l’administration communale ont travaillé en tournus afin de répondre aux urgences et d’honorer les tâches prioritaires. Les jardiniers ont préparé nos rues, pour les jours meilleurs, avec de beaux massifs floraux, à l’image du jardin de l’Ancienne Gendarmerie. Le personnel de l’exploitation, celui de Sinergy se sont réorganisés pour répondre aux besoins des habitants. Tous les corps de métier ont pris leurs dispositions pour se protéger. Nous poursuivrons cette mission jusqu’à la fin de cette crise et nous les remercions profondément des efforts accomplis. 

La population de Martigny se montre solidaire, responsable et pragmatique et je l’en remercie chaleureusement. Car aujourd’hui, il est clair que notre quotidien est encore bouleversé et le sera probablement encore pendant plusieurs mois. Veillons à respecter au mieux les recommandations sanitaires. Veillons surtout les uns sur les autres. 

Dieu ne nous abandonne pas

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Sacré-Cœur, Ouchy-Lausanne (VD), juin 2020

Par Alice Jossi-Zamora | Photo: Pixabay

La pandémie due au Covid-19 qui a touché le monde entier marquera durablement nos esprits. Cela a été une épreuve terrible pour ceux qui ont dû se séparer d’un être cher sans un dernier au revoir ; pour ceux qui, impuissants, ont assisté à la souffrance de leur enfant, leur conjoint, leur parent. Angoisse également pour ceux qui, à cause du confinement, ont vu en péril le futur de leur magasin, leur restaurant, leur affaire, fruit de tant de sacrifices.

Comme à chaque fois que des grands malheurs nous accablent, nous sommes tentés de nous demander : où est Dieu ? que fait-il ? ne voit-il pas ce qui se passe ? pourquoi nous abandonne-t-il ?

Dans les religions de l’Antiquité, le rapport des hommes aux dieux se concevait sous la forme d’un contrat : le sage était récompensé pour sa justice et sa fidélité, tandis que le pécheur recevait la punition de ses fautes. Cependant, dès le début du monothéisme, l’homme se met à réfléchir différemment. Que devient notre foi lorsque le malheur frappe l’homme juste ? Lorsque la souffrance atteint l’innocent ?

Le livre de Job essaie d’expliquer ou de justifier l’action ou l’inaction de Dieu dans la destinée humaine.

Job est un homme riche et heureux, craignant Dieu et le servant. Pourtant, il subira la ruine, la maladie et l’angoisse de se sentir abandonné par Dieu. A travers cette légende, c’est toute la problématique inhérente à notre existence terrestre et notre relation à la foi dans les épreuves qui est analysée :

Le caractère aléatoire de notre existence terrestre : celui-là est frappé par la maladie et cet autre épargné, sans aucune logique.

Les inégalités sociales : le confinement est certainement plus vivable dans un grand espace de vie et entouré de sa famille que seuls ou entassés.

Mais le silence de Dieu et l’angoisse de l’incertitude sont les mêmes pour tous. La peur, la souffrance, la maladie et la mort sont indissociables de la vie, mais nous pouvons les transcender par la foi en Dieu, l’espérance et la charité. La réaction de Job est la même que celle du Christ sur la croix et la même que la nôtre dans la détresse :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15, 34)

La réponse est là, devant nos yeux ; elle est dans la beauté de Sa création, comme Il le montre à Job. Elle est sur la croix, avec son Fils donné pour nous sauver. Elle est dans cette chambre d’hôpital, dans le lit du malade et dans la compassion des soignants. Et elle est aussi parmi nous, lorsque nous sommes capables de nous entraider et de nous aimer. Non, Il ne nous a pas abandonnés, au contraire, Il nous porte dans ses bras et nous soutient.

Quand le vide devient une promesse

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral des Coteaux du Soleil (VS), juin 2020

Par Agnès Thuégaz © célébrer.ch

En ce mois de juin où nous sortons progressivement d’un confinement qui fut lourd pour beaucoup et le reste pour les personnes à risque, nous vous proposons de partager une partie de la prédication de la pasteure Agnès Thuégaz lors du culte du dimanche de Pâques à l’église Saint-François à Lausanne, diffusé sur Espace 2. Vous pouvez télécharger la prédication dans son intégralité sur célébrer.ch.Voilà, nous y sommes. C’est la même histoire chaque année. Le coup du tombeau vide… pour vous, c’est peut-être la cinquantième fois, la dixième fois ou la première fois. Ça fait plus de 2000 ans que ça dure ! Circulez, il n’y a rien à voir !

Le matin de Pâques, la pierre est roulée, le tombeau est vide. Tu parles d’une nouvelle ! Le vide, l’absence, le silence. Rien, sinon des bandelettes posées là et un linge roulé à part.

C’est un peu mince en ce 12 avril 2020 et d’autant plus dans cette situation incroyable de pandémie. Qu’est-ce qu’on va faire de cela dans la réalité de notre quotidien, au cœur de l’incertitude, de l’angoisse et des difficultés, ici et maintenant ? Parce que oui, nous avons d’autres préoccupations : il y a ce virus qui bouleverse nos journées, qui fait planer une menace sur notre santé, notre économie, notre liberté de mouvement, notre désir de nous rencontrer. […]

Ensemble, devant ce tombeau vide, on fait quoi ? Comment est-ce que nous pouvons vivre ce temps de culte avec une force nouvelle, inédite ? Comment la rencontre avec des témoins des premiers jours comme des témoins d’aujourd’hui peut-elle renouveler notre être intérieur en profondeur et nous donner un élan pour faire face à la réalité de notre vie dans ce monde ? 

Il y a en moi, en toi, quelque chose de Marie de Magdala, quelque chose de Pierre, de Paul. C’est l’histoire d’une vie, une histoire d’amour entre Dieu et nous. Il y a une chose que cette halte au tombeau nous rappelle. Une promesse folle, une espérance pour tous les êtres humains de partout et de tous les temps.

Il y a en toi, en moi, en nous, quelque chose de l’autre disciple, celui qu’on appelle Bien-aimé. Celui qui n’a pas de nom, parce que l’invitation, le rendez-vous, c’est qu’aujourd’hui, tu puisses être à sa place. Il a couru si vite ! Pourquoi cette hâte ? 

Un trésor
Malgré les événements tragiques des derniers jours, il garde en lui un trésor que rien ni personne ne peut lui ravir. Il se sait aimé. Il n’est plus sûr de rien, sinon d’une chose : Dieu l’aime infiniment et gratuitement, tel qu’il est. Sa tendresse l’a rejoint au plus intime de son cœur. Il entre, il voit. Il croit. Ce vide, cette absence devient pour lui une évidence. Jésus est vivant, autrement. Il l’attend ailleurs. 

La réponse du Père à l’absurde de la violence et de la mort est la victoire de l’amour comme dynamique de Vie. Ce matin, comme cet autre matin, le Vivant est là. Le ressuscité nous précède. Dans sa patience, il nous attend. Nous ne sommes pas seuls. 

Ce vide, cet espace est la promesse d’une relation d’amour renouvelée, un entre-deux pour la circulation de la vie, un appel d’air qui ouvre un possible, un horizon, un temps qui permet de reprendre son souffle avant de poursuivre la route. Ce vide est une invitation. Il nous concerne aujourd’hui, il me concerne, il te concerne.

Entends son appel : viens, vois et crois !

Message de votre curé

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Sacré-Cœur, Ouchy-Lausanne (VD), juin 2020

Photo: Mariella Heinzmann

Ces dernières semaines nos vies ont passablement été chamboulées. Entre confinement, distanciation sociale, éloignement avec nos aînés et nos malades, télétravail et fermeture des écoles, il a fallu s’adapter et se réinventer.  Il en est de même pour la vie de notre paroisse : toutes nos messes ont été annulées, ainsi que les rencontres de catéchisme et toutes les réunions et séances liées à la pastorale. Nous n’avons pas pu célébrer les festivités de Pâques et les mariages, baptêmes, communions et confirmations ont dû être reportés. Les obsèques ont été célébrées dans la stricte intimité et beaucoup de personnes ont souffert de ne pas avoir pu dire un dernier au revoir à un des leurs…

Toutefois, cette situation a aussi permis à beaucoup de parents de retrouver la joie d’avoir plus de temps pour leurs enfants, de se retrouver finalement en famille et d’apprécier le quotidien. Quant à nos aînés, le confinement et la distance avec leurs enfants et petits-enfants les a obligés à se mettre à jour avec les outils informatiques leurs permettant de rester en contact avec leurs familles par écrans interposés.

En attendant la levée progressive des mesures décidées par le Conseil fédéral, l’Assemblée générale de notre paroisse qui était prévue le jeudi 4 juin 2020, sera déplacée à cet automne 2020. La nouvelle date vous sera communiquée en temps voulu.

Dans l’attente de jours meilleurs, pour se retrouver enfin tous ensemble et partager la Bonne Nouvelle, prenez bien soin de vous et de vos familles.

Fraternellement,
votre curé Vincent 

Résister à l’éparpillement

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2020

Par Valérie Pianta | Photo: DR

Ce texte se voudrait être un hommage à tous ceux qui nous ont rejoints dès le 15 mars pour faire communauté au moment de la séparation que la pandémie nous a imposée. Un contexte désarçonnant, impressionnant, angoissant même, qui nous a enveloppés.C’est un hommage tout particulier aussi au chanoine Michel Praplan qui est devenu, en nous accueillant et en lisant la Parole de Dieu pour nous, en nous la commentant et en nous donnant la bénédiction, le berger présent quotidiennement, sans faillir, de cette communauté invisible que nous avons créée le soir du 14 mars lors de notre rencontre avec lui. Une communauté née d’un désir intense face à un profond désarroi pour donner suite à l’annonce de l’arrêt des célébrations. 

Comment rester ainsi brusquement seuls… Même sans être seuls car Dieu n’a cessé de cheminer à nos côtés ?

Ce soir-là nous avons rencontré Michel Praplan. On peut dire que l’Esprit Saint nous a conduits à cette rencontre ! Dès lors, du Valais à l’Italie, du Val d’Aoste à Lille en passant par Marseille, Lyon, la Suisse alémanique et on ne sait où encore, nous nous retrouvons chaque soir grâce au réseau WhatsApp pour nous arrêter, déposer nos intentions, nous confier dans la prière avec l’aide d’images, de chants, de musique et de la présence de Michel. 

Notre Père, Je vous salue Marie, Magnificat, Cantique de Siméon… Ce sont des prières de l’Eglise, prières centrales qui portent l’essentiel de la foi, sa densité et les éléments fondateurs du lien qui relie notre humanité à Dieu. 

Avec peu de moyens, beaucoup d’Esprit Saint et des désirs conjugués, nous avons trouvé une façon de faire vibrer une communauté de croyants ne voulant pas se résigner à l’éparpillement, de rester « un petit troupeau » qui ne craint pas autour de son berger.

Envahie par sa famille!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2020

Par Stéphanie Fracheboud | Photo: Famille Fracheboud 

La vie de maman au foyer. Ah le foyer, mon foyer; il était mon royaume durant les heures scolaires! Et voilà que le temps après lequel je courais devient long. Ce foyer dans lequel j’ai choisi de rester il y a plus de 14 ans devient étriqué et empreint d’une certaine lourdeur… Je me sens envahie par ma propre famille.Et pourtant, il y a bien des raisons de se réjouir. On vit plus « à la cool » ! Je ne dis plus à maintes reprises : « Dépêche-toi tu vas être en retard ! » Bien que ralentie, la vie n’est pas sur pause. Le job de maman continue, comme avant. Par contre je suis libérée des échéances, des horaires. Mais ces horaires étaient un peu des garde-fous. Je trouve que c’est plus compliqué de s’organiser sans les rituels de l’école et les allers-retours du papa pour son travail.

L’école se poursuit. Au début, j’étais inquiète mais tout va bien. Ça fonctionne… et même très bien ; mes filles ont gagné en indépendance et le travail des enseignants est fantastique. Tous les repas se déroulent en famille. Je dois avouer que le robot du cuisine n’a jamais autant carburé et nous ne sommes pas innocents à la pénurie de farine tant nous avons fait de pâtisseries. 

On découvre la joie des jeux de société, la sortie pour les courses devient presque une aventure tant elle nous sort de ce confinement. Cette parenthèse nous apporte surtout des moments privilégiés en famille. Je suis maman de deux ados et il leur manque les amis et l’école. L’autre, les autres sont essentiels pour bien grandir. Je me réjouis de revoir la belle communauté de Martigny.

S’initier à un nouvel art de vivre…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur pastoral de Martigny (VS), juin-juillet-août 2020

Texte et photo par Pierre Vallat

Pierre Vallat est président du Conseil de communauté de Martigny. Il a contracté le coronavirus et a traversé ce temps de maladie et de confinement, comme tant d’autres, en solitaire… Il raconte.Testé positif le 25 mars, j’ai donc dû observer un isolement strict. Des membres de ma famille se sont chargés de mes courses, qu’ils déposaient devant ma porte. Ce fut une dizaine de jours difficiles, dont trois de très grande faiblesse, durant lesquels j’étais incapable de lire et même de regarder la télévision. 

Mais c’est devenu une opportunité de m’interroger sur le sens de cette existence brutalement mise en péril. Je n’ai pas ressenti de crainte pour ma vie, mais me suis mis à m’interroger sur sa valeur, à tenter de distinguer l’être de l’avoir. En effet, notre société nous pousse à nous évaluer en fonction de ce que nous pouvons acquérir. Alors que toute l’humanité est ébranlée, que la plupart des activités ont été considérablement ralenties, voire stoppées… Pourquoi ne pas s’initier à un nouvel art de vivre ? Et ces paroles du pape François dans l’encyclique Laudato si’ (n° 223) me reviennent à l’esprit : « Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie. »

Covid-19: les jeunes répondent présent

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteur de l’Entremont (VS), juin-juillet-août 2020

Propos recueillis par Michel Abbet | Photo: JOC / JAC

Dans quelle étrange situation nous a plongés l’arrivée du Covid-19 ! En quelques jours, nous voilà à la merci d’un virus énigmatique, capable de se répandre sournoisement grâce à des porteurs asymptomatiques, capable aussi de frapper sévèrement, voire mortellement. Toutes nos relations sont chamboulées ; le voisin, le proche, la personne rencontrée par hasard, le membre de la famille, tous deviennent de potentiels porteurs et transmetteurs de virus, exigeant de notre part moult précautions pour ne pas être infectés. De nombreux travailleurs voient leur activité professionnelle perturbée quand elle n’est pas stoppée net. Concerts, culture, pratique religieuse, vie sociale, écoles, tout se paralyse en un éclair. Les personnes âgées ou souffrant de maladies préexistantes sont présentées comme « à risque », justifiant ainsi une mise à l’écart temporaire. Oui, d’un jour à l’autre, notre manière de vivre a été balayée, et il a fallu se réorganiser.

Le service du bénévolat , dont la majorité des aidants sont des retraités âgés de plus de 65 ans, s’est retrouvé en grande difficulté. Que faire dans ces conditions ?

La JCO – Jeunesse Culturelle d’Orsières puis la JAC – Jeunesse Active de la Côte se sont mises alors à disposition, proposant spontanément leur aide. Entretien avec Emile Thétaz président de la JCO et Anthony Lattion président de la JAC.Emile et Anthony, comment a commencé votre implication dans le service de bénévoles ?
Emile : L’idée nous est venue dès que nous avons appris la mise en place des restrictions. Il nous a d’emblée paru évident de mettre nos forces à disposition.
Anthony : Par la magie de Facebook, tout est allé très vite. La Jeunesse d’Orsières se met à disposition, le lendemain la Jeunesse de la Côte lui emboîte le pas. Dans l’élan, toutes les Jeunesses valaisannes se proposent d’aider les aînés. Magnifique ! 

Les débuts ?
Emile : Les deux groupements ont œuvré ensemble, de manière à être performants et nous avons collaboré avec l’Administration communale et le service de bénévolat.
Anthony : Nous avons vu d’entrée les limites de Facebook. Les personnes plus âgées sont bien moins habituées à ce genre de communication directe. Nous avons opté alors pour un flyer tous ménages, dont les coûts ont été supportés par la commune.

Ensuite…
Emile : Par l’intermédiaire de l’administration communale, toutes les personnes âgées de plus de 65 ans ont été contactées, pour connaître leurs besoins et leurs desiderata. Ce qui a permis de mieux cibler le volume de l’aide nécessaire.
Anthony : Roxanne Di Blasi Giroud, animatrice socioculturelle pour la jeunesse et la cohésion sociale, a reçu le mandat de gérer le bon fonctionnement de l’aide apportée. C’est elle qui nous indique les actions à mener. 

Comment vous organisez-vous ?
Emile : Une fois le planning connu, nous contactons les différents membres susceptibles de pouvoir réaliser ces aides.
Anthony : Whats’App nous est d’un précieux secours. Chaque association de jeunes a son « groupe » de bénévoles. A travers ce moyen, chaque membre peut savoir ce qu’il faut faire et se proposer pour l’accomplir, le tout en un temps record.

Une de vos actions :
Emile : La JCO a effectué plus de 120 commissions pour les personnes âgées. Celles-ci font leur liste et la mettent dans un endroit convenu avec l’argent nécessaire. Nous allons faire les achats et rapportons le tout à domicile. Nous sonnons à la porte, et pour respecter les prescriptions d’usage, nous reculons pour maintenir la distance recommandée. Depuis peu, nous devons porter un masque lors de la distribution des achats. Nous nous assurons alors que tout va bien pour les personnes âgées.
Anthony : Nos deux groupements assurent également le service des repas à domicile, et nous nous relayons pour l’assurer tout au long de la semaine. Et, si c’est possible, nous nous efforçons de répondre à des demandes plus personnelles.
Emile : Oui, nous sommes même allés tourner le jardin d’une personne âgée.

Où en est la demande ?
Emile : Elle a été assez soutenue au début, mais dès le mois de mai et les mesures de déconfinement, le rythme a ralenti.
Anthony : Mais nous avons toujours plaisir à le faire et nous le continuerons jusqu’au moment où tout sera redevenu normal.

Un grand merci aux deux associations de jeunesse de la commune d’Orsières. Amitié, convivialité et solidarité peuvent faire bon ménage, toute la population d’Orsières vous est très reconnaissante pour votre dévouement.

L’EMS Riond-Vert en temps de pandémie

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juin 2020

Par Yasmina Pot | Photo: Fabien Delavy, Lisa Pot, Yasmina Pot

A l’heure où le mot d’ordre est de protéger nos aînés à tout prix, Fabien Delavy, directeur de l’EMS Riond-Vert à Vouvry, nous parle des mesures extraordinaires mises en place dans le home dès le début de la pandémie. « La vieillesse est comparable à l’ascension d’une montagne. Plus vous montez, plus vous êtes fatigué et hors d’haleine, mais combien votre vision s’est élargie ! » Ces mots d’Ingmar Bergman, que l’on peut lire en première page du site internet de l’EMS Riond-Vert, évoquent une sagesse obtenue avec le recul du temps, privilège de l’âge. En ces temps d’épidémie, qui rappellent à certains résidents l’époque de la guerre, ceux-ci expriment des interrogations.

Avant la pandémie de coronavirus, les journées étaient rythmées par des activités de groupe, permettant aux résidents d’avoir une vie sociale stimulante. Pour les moments religieux, la récitation du chapelet dans la salle d’animation, avec deux accompagnants, pouvait compter sur un public fidèle, participant activement, et un public préférant l’écoute. La messe à la chapelle le vendredi était suivie par de nombreux résidents. La pasteure, Nathalie Capò, animait une rencontre les mardis deux fois par mois et proposait de la lecture et un moment de partage selon la demande des résidents.

Un rythme de travail transformé
« Avec l’apparition de la pandémie, les visites et les animations ont été supprimées et le rythme de notre travail a été ralenti ; nous avons mis l’accent sur l’attention individuelle à chaque résident », explique Fabien Delavy, directeur de l’établissement ; il ajoute qu’il a fallu engager plus d’employés – infirmiers et accompagnants – pour pouvoir répondre aux besoins de chaque personne. Ce qui se faisait avant en groupe a été remplacé par un accompagnement individuel, apprécié par les résidents.

Dans la pratique : des repas apportés en chambre sur un plateau, une collation servie avec une attention toute particulière, où l’accompagnant prend un temps supplémentaire avec le résident, afin de marquer ce moment comme étant privilégié. « La télévision a été installée dans toutes les chambres », raconte le directeur. « Cela permet aux résidents d’avoir un support média, de suivre les messes et de se distraire. Pour les contacts avec les familles, les services de l’établissement ont à leur disposition des tablettes électroniques, qui permettent à nos pensionnaires de voir leur proches à distance. »

L’art-thérapie
L’activité d’Agnès Bénet, art-thérapeute à Riond-Vert, consiste à permettre aux personnes d’exprimer leurs émotions par des activités artistiques telles que le dessin, le chant, la poésie, la danse. « L’art-thérapie aide à accepter les événements difficiles de la vie en les transformant en quelque chose de positif. Dans ces temps de confinement, qui rappellent l’époque de la guerre à certains résidents, et où la solitude est fortement ressentie, un besoin de soutien accru se manifeste chez eux », confie la thérapeute. Son travail ainsi que celui des animateurs individuels offrent aux pensionnaires une écoute et la possibilité d’un dialogue.

Une approche spirituelle renforcée
Depuis l’apparition de la pandémie, la thérapeute a dû travailler différemment. Moins de matériel et un contact de personne à personne renforcé. « L’approche spirituelle, développée en temps normal à Riond-Vert, est accentuée en cette période difficile. Lorsque la personne le souhaite, la prière et les chants religieux sont pratiqués. Il s’agit aussi de permettre à ceux qui le souhaitent d’exprimer leurs craintes et de parler de la mort », explique la thérapeute. 

Vivre la messe à distance
Une résidente en logement protégé de Riond-Vert, qui avait coutume d’assister les vendredis à la messe dans le home, nous a confié que communier spirituellement en regardant la messe sur France 2 lui convient bien. Sa fille et elle ont même trouvé une manière de se donner à distance le signe de la paix par le biais d’une brève sonnerie de téléphone le moment venu. « C’est notre façon de nous donner la paix du Christ », raconte-t-elle.

« Quant au confinement, je profite de cette période de repos forcé pour trier un grand nombre de photos et me mettre ainsi « en présence » des personnes que j’ai connues, en me remémorant de bons souvenirs. » 

L’avenir
« Ce temps de lutte contre la diffusion de la pandémie au sein de notre établissement a été très intense. Il a nécessité un grand investissement de la part du personnel, qui s’est montré très engagé », confie le directeur avec reconnaissance. Il ajoute qu’à la fin du mois d’avril, l’EMS a connu un nombre stable de décès par rapport aux périodes non pandémiques. 

Depuis fin avril, les résidents peuvent désormais sortir de leur chambre, accompagnés individuellement par un membre du personnel. Les rencontres en groupes sont toujours interdites. Le projet imminent de la direction est d’organiser les visites des proches des pensionnaires par écran plexiglas interposé. 

De l’avis du directeur, cette épreuve suscite de nombreuses réflexions, notamment sur le rôle des contacts sociaux entre les individus.

(5 mai 2020)

Demain, l’espérance…

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juin 2020

Par Nicolette Micheli et Sandrine Mayoraz | Photo: François-Xavier Mayoraz, Nicolette Micheli

A l’heure où les autorités fédérales annoncent les phases de déconfinement, deux rédactrices du magazine paroissial vous partagent un bout de leur vie spirituelle. Découvrons d’abord le témoignage de Nicolette Micheli puis celui de Sandrine Mayoraz, qui évoquent leurs manques, leur « perle » et leur défi pour demain.

Nicolette Micheli

Les médias ne cessent de déverser leur flot de mauvaises nouvelles et on nous annonce que le pire est à venir. Pourtant, aujourd’hui, l’horizon s’éclaire : les grands-parents peuvent ouvrir leurs bras à leurs petits-enfants. Ces retrouvailles, quelle joie ! Ce manque de liens sociaux en vrai fut une épreuve. Plus de fête de famille, plus de contact entre amis, plus de visite à l’EMS, plus question d’entourer un proche à l’hôpital. Plus tragique encore : interdiction d’accompagner son cousin à sa dernière demeure. 

A l’intérieur de nous, pas de confinement
Malgré tout je mesure ma chance : ma voisine fait mes courses, je cuisine pour elle et pour d’autres, je m’occupe de mon jardin, je me balade le long du Rhône ou en montagne et je m’émerveille devant cette nature qui renaît chaque printemps.

Oui, nos libertés sont limitées, mais, à l’intérieur de nous, pas de confinement. Le silence retrouvé m’ouvre à l’intériorité. Je lis dans le calme, je goûte à la musique, je prie pour les autres. Surtout pour ceux dont ce virus rend leur quotidien encore plus difficile. Oubliés des médias, ils existent toujours ces réfugiés entassés dans les camps, ces victimes de guerres interminables et ces pauvres en quête du strict nécessaire.

Elargir la prière
Chaque matin le pape François nous invite à élargir notre prière au monde entier et renforce notre confiance en Dieu. Chaque dimanche, notre évêque nous rassemble pour partager la même espérance. Ses homélies nous apportent lumière et réconfort. Mais j’attends avec impatience une messe et une communion « pour de vrai ».

Mon défi pour demain : ne pas oublier Dieu quand tout va bien et « ne pas lui laisser qu’un rôle de paratonnerre utilitariste » comme nous l’a dit notre évêque. Demain, saurons-nous vivre plus sages et plus solidaires sur cette terre onnée en partage ? Si demain les humains continuent à déployer tous les trésors de solidarité, de dévouement et de courage qui se sont manifestés autour de nous, alors nous serons sauvés.

Sandrine Mayoraz

La foi et le rassemblement
Dans mon agenda tout s’annule et je mesure à quel point ma vie de foi passe par le fait de se rassembler ! Certains groupes de jeunes, comme la Montée vers Pâques ou le Relais, ont pu continuer sous forme de vidéoconférence pour prendre des nouvelles. C’est mieux que rien, mais génère une grande insatisfaction et impatience de ne pas être en « vrai », de ne pas rire, manger ensemble. Je constate à quel point notre foi s’appuie sur la relation amicale, sensorielle et sociale. Et on se réjouit profondément de pouvoir vivre en communauté.

De nouvelles habitudes
En famille, suivre la messe en direct à la télévision dans notre salon avec deux enfants en bas âge, c’est le même défi qu’à l’église paroissiale. Et même plus difficile. Par contre, nous prenons de nouvelles habitudes. Souvent, nos promenades nous ont conduits à l’église. Nous entrons, nous allumons une bougie et nous récitons une courte prière à Marie. Nous lui confions ceux qui prennent soin de nous. Ce petit rituel à l’église révèle combien les gestes sont porteurs de sens. Même si nous, parents, nous oublierons cette habitude après le confinement, nos enfants garderont ce réflexe et nous le rappelleront chaque fois que nous passerons devant une église, un lieu qui leur est devenu si familier.

Ce qui m’a marquée aussi, c’est que nous n’étions jamais les premiers à allumer une bougie. D’autres paroissiens sont passés dans la journée. J’ai toujours une pensée pour ceux qui ont allumé leur lumignon avant nous. Une communion de prière.

Comment partager sa foi
Difficile de participer à la messe, mais possible de lire la Bible. J’ai participé à un groupe biblique virtuel. Lire, tous, le même passage, échanger juste un petit verset par message, me rappelle combien le partage de la foi est essentiel pour moi. Le regard de l’autre m’ouvre à des perspectives inattendues, qui font écho à la Parole de Dieu. Cela a eu un sens spirituel fort car ce groupe s’est constitué par « hasard » avec des amis, et des inconnus que je ne rencontrerai probablement jamais. De beaux textes découverts m’ont enracinée en Dieu et donné confiance pour un présent incertain.

Mon défi pour demain : garder des petites fidélités quotidiennes qui enracinent doucement mais fermement ma foi.

(7 mai 2020)

Une année marquée par le Coronavirus!

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, secteurs Monthey et Haut-Lac (VS), juin 2020

Par l’abbé Dominique Theux, vicaire | Photo: B. Hallet, dr

En rédigeant l’éditorial de ce mois de juin je me suis souvenu de ce que j’écrivais pour le mois de septembre, lors de la rentrée scolaire. Je constate combien tout a été bouleversé depuis la mi-mars. Alors que les « vraies » vacances sont toutes proches, qui ose encore préparer un séjour d’été sur les plages italiennes ou françaises, alors qu’on nous a sans cesse répété depuis trois mois : RESTEZ CHEZ VOUS !

Ce virus nous a forcés à imaginer la vie autrement ! A penser non pas seulement à ceux qui sont « si loin » en Chine ou en Amérique mais à nos proches voisins ou à des membres de nos familles ou des proches disparus en raison de la pandémie. Je retiens ce « coup d’épée » qui me force à m’arrêter pour me remettre en question : c’est quoi pour toi la vie ? En quoi ou en qui crois-tu vraiment ?  As-tu eu un message pour une personne proche qui a enduré le calvaire plus que toi ? Ou pour un commerçant ou un indépendant qui a laissé combien d’argent dans l’aventure ?

Et ces Eucharisties qu’il m’a fallu (selon les directives de notre évêque) célébrer seul, en portant tous mes paroissiens dans la prière, dans la confiance et la foi. Alors que beaucoup parlent de crise, de reprise ou de relèvement de l’économie, je suis là avec ma foi et mes questions, et je supplie le Seigneur : que veux-tu nous dire à travers tout ça ?

Voici des paroles de saint Paul (cf Rm 8, 31ss) : « Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger ? Mais dans tout cela, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort ni la vie, ni le présent ni l’avenir, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » « N’ayez pas peur ! Je suis là, avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

Gardez « le virus » de la foi !

(30 avril 2020)

Edito, Coron’Essentiel

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Notre-Dame de la Brillaz (FR), juin-juillet 2020

Par Mathias Theler | Photo: http://toulouse.catholique.fr/

Aujourd’hui, fin avril, nous sommes encore dans l’incertitude quant à l’évolution de la situation de crise que nous vivons. Voilà maintenant six semaines que nous sommes en confinement sanitaire afin d’éviter que se répande la pandémie du Covid-19. Bien qu’aujourd’hui nous soyons à la première étape d’un déconfinement, l’avenir reste pour le moment incertain. Quand pourrons-nous retrouver plus ou moins la vie d’antan ? Quand recommenceront les messes ? Y aura-t-il un avant et un après coronavirus ? L’individu va-t-il grandir humainement et spirituellement en sortant d’une telle expérience ?

Et aujourd’hui, au moment même où vous lisez ces lignes, où en sommes-nous ? 

Voilà la raison pour laquelle nous vous proposons, pour les mois de juin et juillet, un Essentiel plus réduit. Nous sommes incapables de vous dire si les messes vont recommencer durant cette période, donc vous n’y trouverez pas les horaires. Les informations pour les messes suivront sur le site de l’UP, upndlabrillaz.ch. Mais vous y trouverez quand même un message, un article provenant de chacune de nos huit paroisses. Il y aura aussi un livre de vie plutôt réduit et une méditation que nous vous proposons durant ces temps difficiles. Mais l’essentiel est que nous puissions garder ce lien.

J’aimerais, pour conclure, reprendre les paroles du pape François, notre Pape, qui nous invite à « redécouvrir le caractère concret des petites choses, des petites attentions à avoir envers nos proches, nos parents, nos amis. Comprendre que, dans ces petites choses, il y a notre trésor ». Un message, une attention, une démarche fraternelle, un appel téléphonique… ces attentions que nous pouvons offrir chaque jour « donnent un sens à la vie » et sont sources de « communion et communication entre nous ».

Solidarité envers les plus démunis

Tiré du magazine paroissial L’Essentiel, Mission catholique de langue française de Zurich, juin 2020

Par Laurence Von Schulthess | Photo: EB, SCA

Le confinement lié à la crise sanitaire nous touche tous plus ou moins durement, dans notre liberté de mouvement, par la promiscuité accrue pour les couples et les familles ou alors par un isolement plus grand des personnes seules. Il est aussi cause de baisse de revenu pour beaucoup et a de graves conséquences existentielles sur les plus faibles.

Le 23 mars, un mail de Sœur Ariane de l’association incontro, adressé au secrétariat de la Mission, nous demandait notre participation à son projet de récolte de « paquets de nourriture pour les personnes vivant dans la rue ». Les sans-abris et les prostituées ont été privés, du jour au lendemain, du peu de revenu qu’ils avaient et les centres d’accueil, trop petits pour satisfaire les consignes de distanciation sociale, leur étaient inaccessibles.

Nous vous avons donc mobilisés et vous avez été très nombreux à répondre présents et à amener vos paquets de denrées non périssables devant l’autel, chaque vendredi. Le premier vendredi, il y en avait 80 ! Et même si la quantité a un peu diminué par la suite, nous avons pu, tous ensemble, participer à cet élan de solidarité et de partage. 

Sœur Ariane et son association vous remercient du fond du cœur pour votre générosité et pour l’amour fraternel témoigné à toutes ces personnes dans le besoin ; tout particulièrement à travers les dessins d’enfants, les belles décorations et les mots de soutien et d’encouragement dont vous agrémentez vos dons.

On se demande parfois où se trouve Dieu dans tous ces drames que l’on observe autour de nous. Mais, ne serait-il pas plutôt présent dans chacune de ces actions de solidarité, dans chacun de ces dessins d’enfants, dans tous ces sourires et larmes que votre générosité provoque auprès des plus démunis ?

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