Par Laure Barbosa Photo: www.la-croix.comEn cette période trouble où l’Eglise est questionnée par ses propres scandales, au pied d’un mur qu’on dit monté de cléricalisme, l’expérience des chrétiens d’Orient tend un miroir enrichissant. Invitation à une redécouverte essentielle ?
Grain de sable dans un océan musulman, la situation précaire des chrétiens implantés depuis les temps apostoliques dans le Proche-Orient arabe s’avère porteuse de sens et d’espérance. Minorité religieuse en des pays ravagés par la crise économique, sociale, politique, les guerres du pétrole et la montée de l’islamisme radical, bon nombre de ces croyants éprouvés, réprimés et menacés, choisissent de rester. Message d’humilité et de persévérance, la vie difficile de ces Eglises, interpellation et témoin fidèle de l’amour du Christ, accueille même par endroits une vague de convertis. La présence des chrétiens arabes dans ces contextes explosifs demeure décisive, gardienne de l’enjeu de la diversité et chance pour le dialogue et la paix.
A l’heure où les défis interdisent à l’Eglise de camper sur ses positions, retentit le même appel à avancer en eaux profondes, oser avoir besoin des autres pour jeter le filet à nouveau. Si l’on n’est pas prophète en son pays, il convient de s’expatrier, sortir de soi et de sa zone de confort, se faire soi-même l’étranger pour devenir parole, île, pont, hospice et relais d’amour. Cette dynamique de dépouillement, voire d’enfouissement pour retrouver l’audace de l’Evangile rappelle l’héritage spirituel d’un Charles de Foucauld. Nos vies sont vouées à l’échange ou à l’échec.
En ce mois de décembre, l’Eglise d’Algérie partage justement la bonne nouvelle de la béatification à Oran de ses 19 martyrs : lumière pour le monde et modèles de vie chrétienne en leur vie donnée pour des petits, des malades, l’amitié et la fraternité avec leurs voisins musulmans. Mgr Claverie et ses compagnons, dont les moines de Tibhirine, ont choisi de risquer leur vie pour rester, jusqu’au bout, fidèles à leur foi et leur conscience, en solidarité profonde avec leur terre d’accueil. Pierre Claverie décrivait ainsi la fine pointe de toute vocation évangélique : « Aller à la rencontre d’hommes et de femmes de notre temps, et leur signifier par toute notre vie que nous nous reconnaissons tous frères et sœurs en humanité, follement aimés de Dieu, membres de la grande famille humaine, sans distinction de race, de couleur, de culture, et même de religion. » Magnifique source d’inspiration lestée de leurs vies, que ce ministère de bonté et de douceur, façon d’être au monde pour le monde, comme le levain dans la pâte.
A lire
Pierre CLAVERIE, Petit traité de la rencontre et du dialogue, Paris, Cerf, 2004.
Claude RAULT, Désert, ma cathédrale, Paris, Desclée de Brouwer, 2008.« Notre chance, en Algérie est d’être assez démunis – mais l’est-on jamais assez ? – de nos richesses, de nos prétentions et de notre suffisance pour pouvoir entendre, accueillir, partager du peu que l’on a. Remercions Dieu lorsqu’il rend son Eglise à la simple humanité, sans costumes d’apparat ou d’emprunt, sans fards ni clinquants dérisoires. Réjouissons-nous de tout ce qui peut nous rendre accueillants et disponibles, plus soucieux de nous donner que de nous défendre. Le disciple envoyé par le Christ est l’homme dans sa simple humanité, l’homme léger, disponible, dépouillé de tout ce qui l’encombre et l’alourdit. L’homme qu’on ne confond pas avec son argent, ses diplômes, ses décorations… Disponible pour aimer, au prix de ce qu’il a de plus précieux,sa vie. »
Mgr Pierre Claverie, 1re homélie 9.10.81, cathédrale d’Oran
Par Thierry Schelling Photo: DRQuand on vient d’Argentine, des chrétiens d’Orient, on connaît d’abord la diaspora. Et Buenos Aires accueille, depuis près de trois siècles, Arméniens, Grecs, mais aussi Russes et catholiques orientaux : melkites, maronites…
Souffrances « Nous offrons cette messe pour les chrétiens d’Orient, peuple crucifié comme Jésus », déclarait le Pape le 13 février dernier. Il encourage les fidèles à rester sur leurs terres… alors que l’émigration bat son plein, inexorablement. Il répète inlassablement que « le Moyen-Orient sans les chrétiens ne serait plus le Moyen-Orient », se lamentant de l’hémorragie des populations dans l’indifférence internationale.
Soutien Il leur a écrit une lettre à la veille de Noël 2014 après les avoir visités, Terre sainte en mai et Turquie en novembre. Les mêmes leitmotivs que ses prédécesseurs sont évoqués et les mêmes exhortations aux dialogues œcuménique et interreligieux sont martelées comme modus vivendi : « Il n’y a pas d’autre voie ! » Et puis les Arabes, musulmans et chrétiens, prient Dieu avec le même mot, Allah !
Ces chrétiens, selon Mgr Gollnish, président de L’œuvre d’Orient, demeurent « un des chantiers prioritaires » pour le pape François. Il reçoit les synodes des Eglises chaldéenne, melkite, arménienne, mais aussi l’épiscopat latin œuvrant au Proche et Moyen-Orient arabophone, turcophone et perse. A défaut de pouvoir se rendre en Irak, il crée le patriarche chaldéen Sako cardinal. Il a également ouvert les portes et les bras aux patriarches orthodoxes de ces Eglises orientales à Rome ; son amitié particulière avec celui de Constantinople, Bartholomée, est une clef spirituelle et humaine pour plus de solidarité entre minorités persécutées en Orient.
Suite ? Et alors, que faire de plus ? La prière joue un rôle fondamental pour François : d’où l’invitation aux Orientaux à Bari, en juillet dernier, à prier pour la paix dans la langue des peuples concernés, par la bouche de leurs patriarches et papes. L’évêque de Rome a eu cette formule : « Ce Proche-Orient, région splendide, [où se trouvent] les racines mêmes de nos âmes… », et cette exhortation : « Cela suffit ! » Quelque chose doit changer !
L’abbé Joseph Gay n’a pas 40 ans. Depuis une année, il pilote la pastorale des jeunes du canton de Neuchâtel. Avec peu de moyens, mais beaucoup de conviction.
Par Nicolas Maury Photos : DR, Nicolas MauryUn sacré défi que celui devant lequel se trouve chaque matin l’abbé Joseph Gay en se réveillant aux alentours de 6h. Depuis environ un an, il gère la pastorale des jeunes de Neuchâtel. Un travail pour lequel il a été nommé à 50 %, l’autre moitié de son temps étant occupée par sa mission de prêtre auxiliaire. « 50 % pour tout un canton, c’est très peu. Tout comme Genève, Neuchâtel est très laïc, avec une séparation claire Eglise-Etat, sans oublier les divisions politiques et sur le terrain entre le haut et le bas… » Autant d’éléments que le jeune prêtre – pas encore 39 ans – voit comme un challenge. « Quand le vicaire épiscopal m’a demandé si j’étais d’accord de le relever, j’ai accepté tout en sachant que je ne peux pas faire de miracles. »
Cette mission lui demande de l’énergie. « Je la puise notamment dans la prière, à laquelle j’accorde un moment important entre 7h et 8h30 chaque matin, avant la messe de 9h que je célèbre en tournus avec mes collègues. »
L’expérience de l’ancien étudiant
Sa nomination ne doit pas grand-chose au hasard. Ayant passé son enfance à Neuchâtel, Joseph Gay a ensuite intégré la Garde suisse pontificale avant d’entrer au Séminaire. D’abord à Ars en France puis à Fribourg, où il a été ordonné prêtre en 2013. « Cela m’a donné l’occasion de rentrer en contact avec le monde étudiant. » Cette expérience, il la met à profit dans son mandat actuel.
« Etre seul dans mon dicastère complique un peu mes journées mais m’évite des séances (rires). Mon rôle n’est pas de créer quelque chose à partir de rien. Si je devais être déplacé ailleurs, cela tomberait à l’eau. Je préfère encourager les initiatives, fournissant un appui moral et logistique. Je peux aussi faire le lien avec les curés dans les paroisses, sans phagocyter le travail déjà fait. »
Poser des bases
Fidèle à ce principe, l’abbé « n’a jamais rien fondé, hormis “ Sursum Corda ”, un groupe de montagne jeunesse. Mais parfois, les jeunes eux-mêmes m’ont demandé d’être leur aumônier. Je fonctionne de la même manière ici. Il faut accepter l’idée de démarrer petit pour qu’ensuite ça s’agrandisse. En posant des bases plutôt qu’en cherchant un résultat immédiat. » Et de donner un exemple : « Les contacts personnalisés sont privilégiés, parce que le côté « groupe » peut parfois être un blocage. Je viens d’effectuer un pèlerinage à Rome avec des confirmés. Au départ, lorsque nous allions prier, ça traînait les pieds. Puis, au cœur de la chrétienté, ayant vu le Pape et ayant croisé Mgr de Raemy, ils ont commencé à ne plus avoir peur de prier le chapelet à haute voix en journée dans une église. Cela leur a donné l’envie de continuer, de se voir ici, à Neuchâtel. Un Doodle a été lancé… »
S’occupant aussi de l’Aumônerie universitaire, Joseph Gay peut compter sur l’appui de ses collègues du vicariat. « Nous nous réunissons le mardi et tissons des synergies. La pastorale de la famille et celle de la santé ont beaucoup à voir avec celle dont je m’occupe. Les responsables de la communication et de la formation sont aussi parties prenantes. Il y a des choses à développer ensemble. Beaucoup de nominations étant récentes, un temps d’adaptation est nécessaire. Mais c’est une bonne équipe. Je suis confiant. »
Joseph Gay entouré de confirmands à Rome.
Particularisme neuchâtelois
Pour les 50 % consacrés à ses activités de prêtre auxiliaire, Joseph Gay œuvre de concert avec ses homologues. « Funérailles, préparation au mariage, baptêmes… ils en font plus que moi », avoue-t-il humblement. « Mais je participe à la vie de la paroisse, aux kermesses, aux veillées de prière. » Réfléchissant un instant, il souligne : « Ici, le contexte œcuménique est important. En ce moment, je participe à l’organisation d’une table ronde inter-églises qui aura lieu en janvier, sur le thème « Mirage ou Miracle ». La sensibilité de la population neuchâteloise à la question de l’ésotérisme, au secret, au magnétisme est très perceptible. »
A plus courte échéance, il prépare aussi le concert du groupe Hopen, le 23 novembre à 20h30 à la basilique. « Nous voulons créer un ou deux événements comme ça par an. Tous les confirmands et les confirmés sont invités, avec en préambule une rencontre avec Mgr de Raemy qui parlera du Synode. Comme le souligne le pape François, l’idée est de faire confiance aux jeunes, d’être à leur écoute et surtout de répondre à leurs attentes. Ne pas leur dire: pratique d’abord, et après on verra. Tout ça commence par une simple rencontre. »
Texte par Geneviève Thurre Photos : Annette Conod et Dominique ObersonNous la connaissons toutes et tous, certains de plus près que d’autres car ils assistent aux célébrations qui ont lieu tout l’été.
Il est cependant un couple qui connaît ses moindres recoins, tant intérieurs qu’extérieurs. Annette et Michel, sans compter, se dévouent depuis de nombreuses années autour de cet édifice.
Entretenir la végétation, veiller à la beauté de la rocaille, réparer le nez et repeindre la statue de la Vierge dans la grotte, dépoussiérer et balayer la chapelle avant les célébrations, prévoir le matériel pour l’arrosage, arroser, nettoyer la fontaine, etc., sont quelques-unes des multiples tâches accomplies avec beaucoup de soin par ces deux-là. De plus, ils entretiennent les liens avec les voisins qui de temps en temps aident à l’arrosage ou, comme M. Quinquart, à la tonte de l’herbe.
Annette et Michel sont très attachés à la chapelle et ils ont à cœur qu’elle reste belle. Elle est, grâce à eux, un lieu de rencontres estivales particulier pour notre communauté. En effet, la célébration de la messe dans ce petit espace est très différente d’une célébration dans notre église. Est-ce l’effet de la proximité entre nous, y compris avec le prêtre, qui crée cette ambiance chaleureuse, où personne ne craint d’apporter son aide pendant la messe par une lecture, un chant, la quête, sonner les cloches, etc.
Chère Annette, cher Michel, les paroissiens vous adressent un immense merci pour votre dévouement et vous assure de leur reconnaissance pour les rencontres rendues possibles, là-haut dans les mayens.Annette et Michel auraient besoin de relève. Quelqu’un aurait-il du temps à accorder à l’entretien de la chapelle ? Vous pouvez vous adresser à Marie-Madeleine Bruchez au027 744 15 93.
Par Pierre Moser Photo: COEL’unité des chrétiens sera un jour réalisée par Dieu, certainement. Oui, mais pas sans nous. Dans les multiples exemples de salut accordé par Lui, aucun n’a été réalisé sans la demande expresse du sauvé. Au contraire, « un prophète n’est méprisé que dans sa patrie » (Mt 13, 54) comme Jésus le dit lui-même, car nous avons le choix, nous avons toujours le choix. L’actualité du mois de janvier prochain nous le rappelle : nous avons à prier pour l’unité des chrétiens, ceci est notre part de la mission.
Comment ? Qui as raison ? Qui a tort ? Les pièges dénoncés par les uns ont fait chuter les autres. Un exemple ? L’église de Rome et certains éléments de sa tradition ont mené en son temps à de funestes excès qui ne peuvent être cautionnés. De même, quand nous comparons certaines thèses de Luther et la profession de foi réformée aujourd’hui, il y a le même écart dû au besoin irrépressible de l’être humain de se distinguer.
Dans une position aussi inconfortable pour les uns et les autres, que faire pour se rapprocher de ceux et celles qui devraient être nos frères ? Difficile… En tout cas difficile pour nous. Mais comme cela ne sera pas fait sans nous, il va falloir entreprendre ce pèlerinage en faisant confiance à Celui qui nous garde et nous guide.
C’est probablement ce qu’a dû ressentir un certain Paul Wattson, prêtre épiscopalien, au début du XXe siècle. Il est à l’origine de la semaine de prière pour l’unité, telle que nous la connaissons aujourd’hui. Fils de pasteur né dans le Maryland (USA), il est ordonné prêtre pour l’église épiscopalienne. Pour info, cette église fait partie de la communion anglicane, qui a rejoint récemment l’Eglise catholique de Rome. En fondant la congrégation des Franciscains de l’Atonement 1, il répond avant tout le monde au besoin de réconciliation entre chrétiens, réconciliation qui est au cœur de la mission de cet ordre.
Frère Paul a créé en 1908 l’octave pour l’unité de l’église afin de promouvoir l’œcuménisme par la prière. Rebaptisée Semaine universelle de prière pour l’unité des chrétiens par Paul Couturier, en 1935, elle est célébrée encore aujourd’hui. A noter que les Paul sont omniprésents quand il s’agit d’œcuménisme.
Pour perpétuer cette initiative et remplir notre part de la mission de réconciliation, nous vous proposons les activités suivantes lors de cette semaine de l’unité :
Paroisse Saint-Joseph Célébration commune des communautés protestantes et catholiques des Eaux-Vives le 27 janvier 2019 à 11h en l’église Saint-Joseph, précédée par un café/croissant offert par la paroisse protestante à 10h dans ses locaux.
Toutes les personnes désirant participer à cette célébration œcuménique sont les bienvenues à ce petit déjeuner. Nous partirons ensuite vers 10h40 en direction de l’église de Saint-Joseph pour la célébration.
Paroisse Sainte-Thérèse Célébration commune des communautés protestantes et catholiques de Champel le 27 janvier 2019 à 10h30 en l’église Sainte-Thérèse.
Conférence œcuménique des quatre conseils le 7 février 2019 dans les locaux paroissiaux de Sainte-Thérèse, avenue Peschier. Le conférencier invité sera probablement Bruno Füglistaller. Cette conférence réunit chaque années les conseils de communauté des paroisses catholiques de Sainte-Thérèse et Saint-Joseph ainsi que les conseils de paroisse protestants de Champel et des Eaux-Vives.
1 Atonement : mot d’origine anglophone signifiant expiation
Photo: Heidrun LevetComme à l’accoutumée notre Partage de Noël nous fera voyager à travers le monde : après la Guinée, l’Equateur, le Togo, nous revenons au Moyen-Orient avec le Liban.
Cette année, et selon le principe d’alternance entre les paroisses catholique et protestante, nous avons choisi d’aider le « Comité d’action sociale », fondé en 1948 au sein de l’Union des Eglises évangéliques arméniennes du Proche-Orient, dans son
travail de soutien scolaire et social pour les enfants et les jeunes du quartier de Bourj Hammoud à Beyrouth. Ce projet fait partie du programme de l’EPER (Entraide des Eglises protestantes).
Bourj Hammoud a été longtemps habité presque exclusivement par une population arménienne établie depuis le génocide de 1915. Aujourd’hui, ce quartier, comptant environ 150’000 habitants, est constitué d’une mosaïque de peuples et d’ethnies. Bien que la population chrétienne soit en diminution, sa présence a une grande portée pour la stabilité régionale et la cohabitation des différents groupes de religions.
Actuellement, le « Comité d’action sociale » vient en aide à une centaine de jeunes et d’enfants en difficultés scolaires ; un centre de loisirs propose entre autres des activités sportives et manuelles ainsi qu’un programme biblique le week-end et pendant les vacances. Ces enfants sont issus de différents horizons religieux ou sociaux : chrétiens, musulmans, libanais, arméniens, réfugiés ou migrants. Leurs parents ont pour la plupart un niveau de scolarité insuffisant pour pouvoir les aider à suivre à l’école. Les problèmes d’enfants venant de familles au passé complexe sont en augmentation constante. Ainsi, des rencontres organisées entre les élèves et leurs parents aident à améliorer la situation.
Quelques paroissiens et paroissiennes ont eu l’occasion de visiter ce centre lors de leur voyage au Liban en avril 2018. Ils ont été touchés par le travail très professionnel auprès des enfants et des familles, dispensé par le « Comité d’action sociale ». L’objectif de notre Partage de Noël 2018 est donc de soutenir et d’améliorer la prise en charge de ces enfants et jeunes, notamment par un équipement favorisant des activités culturelles (bibliothèque, projecteurs, etc.) et ateliers techniques (informatique, électricité, etc.).
Nous nous permettons de solliciter votre générosité lors des diverses célébrations, cultes et messes de Noël dans nos paroisses ou encore par versement postal à :
Paroisse catholique romaine de Chêne-Bourg, CPP 12-7330-9 ; Paroisse protestante de Chêne, CPP 12-2381-6 ; mention « Partage de Noël ».
Par Pascal Tornay Photo: DREn entrant avec une troupe d’enfants dans la petite salle voûtée de la cure d’Orsières où Casimir Gabioud a présenté durant quelques années sa crèche géante Playmobil, j’entends encore les enfants s’exclamer : « Waouh, la monstre crèche ! » Effectivement, avec une surface de plus de 17 m2 il y a de quoi s’extasier ! On ne sait plus où regarder, tant il y a de choses à voir ! La crèche de Casimir, animateur pastoral dans le Secteur Entremont, sera présentée au public à Martigny-Croix (salle Saint-Joseph, sous l’église) du 15 décembre 2018 au 15 janvier 2019.
A l’aide des personnages, animaux et accessoires Playmobil, Casimir invite les visiteurs à se pencher d’un peu plus près sur sa crèche et à prendre le temps d’observer… Près de 250 personnages et 650 animaux sont mis dans des situations diverses de la vie quotidienne et gravitent autour de l’événement de Noël. Petits et grands sont fascinés : je l’ai vu dans leurs yeux !
La crèche n’est pas seulement fascinante parce qu’elle est belle. Elle recèle aussi un trésor caché : nous inviterons les visiteurs à entrer dans le récit de la Nativité de Jésus Christ, évidemment, mais nous les inviterons aussi à se mettre en quête d’une série de paraboles. Vous savez, ces histoires géniales que Jésus raconte à ses amis pour les inviter à se questionner et les introduire de manière imagée aux « choses de Dieu ». Dix de ces paraboles seront « cachées » dans cette crèche géante : il faudra les retrouver !Rendez-vous sur le site www.paroissemartigny.ch ou sur Facebook @martignylessentiel
pour découvrir les horaires d’ouverture.
Cette année, mon 17e pèlerinage à Lourdes a eu des couleurs différentes… En effet, j’étais accompagnée de Corentin, qui fut pour moi un rayon de soleil !
La nuit du 14 au 15 juillet, Corentin et moi avons pris le bus direction Lourdes pour rejoindre une quarantaine de jeunes de la Suisse romande. Lors de notre arrivée, nous avons participé à notre première prière sur les lieux et, le lendemain, nous nous sommes rendus pour la première fois de la semaine dans les sanctuaires et à la Grotte. Nous avons rencontré les jeunes de l’accueil, jeunes en situation de handicap, que nous avons accompagnés aux différentes célébrations, avec qui nous avons vécu des moments d’échange autour d’un verre ou d’un pique-nique. La mission de notre groupe a également consisté à animer quelques célébrations.
Mais Lourdes ce ne sont pas que des prières et des célébrations. C’est surtout une semaine de partages, de joies, de rires, de découvertes. Nous avons aussi animé le Jeanne d’Arc où nous aimons aller prendre un verre et regarder « N’oubliez pas les paroles » (Corentin serait en mesure de battre tous les participants à plate couture !).
Aucun pèlerinage à Lourdes ne ressemble au précédent et chacun m’apporte énormément. Cette année, j’ai donc eu la chance d’avoir Corentin à mes côtés et ce fut un réel bonheur. Il m’a beaucoup touchée. Je me souviens même qu’à la dernière messe, qui était un peu longue, je me suis endormie et qu’il m’a réveillée en me disant : « Marie, quand même, faut pas dormir à la messe ! » Dans ses yeux se reflétait une joie immense d’être avec ce groupe de jeunes, de connaître de nouvelles têtes, de croiser certains jeunes de l’Accueil qu’il connaissait, de chanter et de rire avec chacun. J’étais heureuse d’avoir eu la confiance de ses parents pour lui faire découvrir un lieu qui me tient à cœur.
Merci aux JDL (Jeunes de Lourdes) d’avoir accueilli Corentin à bras ouverts et d’avoir partagé des moments d’émotion avec lui. Merci à Corentin de m’avoir permis de vivre de magnifiques moments en sa compagnie. Merci à Corentin, au nom des JDL, pour la joie qu’il a amenée à cette semaine.
Un selfie dans les boutiques ; témoin des fous rires partagés.
Une belle après-midi d’automne dans le jardin du couvent des Capucins de Fribourg. Lionel Avanthay se promène dans les allées, entre les tomates noires de Crimée, les touffes d’hysope et les cucurbitacées. Valaisan d’origine et cuisinier de formation, ancien garde suisse, il a déjà plusieurs vies derrière lui. L’an passé, il a étudié à l’Institut Philanthropos à Bourguillon et s’est posé de nombreuses questions sur sa foi, qu’il jugeait trop spirituelle et pas assez incarnée. Comment unir la foi et la vie quotidienne ? Ne peut-on changer le monde qu’en priant ?
Lionel Avanthay a pris le temps de la réflexion et a conclu que chacun peut influencer la vie du monde par des choix très simples : la nourriture, les vêtements, la manière de se déplacer, etc. Puis il est tombé sur Laudato si’, l’encyclique du pape François sur la sauvegarde de la maison commune. D’abord rebuté par la figure du Saint-Père, Lionel a été surpris de constater que l’encyclique mettait des mots sur sa propre réflexion. Laudato si’, mi’ Signore (Loué sois-tu, mon Seigneur) : c’est sur ces mots de saint François d’Assise que commence la deuxième encyclique du pape François, publiée le 24 mai 2015. Le Saint-Père commence par citer lePoverello qui, dans son cantique, « nous rappelle que notre maison commune [la Terre] est comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence,et comme une mère, qui nous accueille à bras ouverts ». Il développesa réflexion sur la sauvegarde de la création et l’écologie intégrale, qui prend en compte la nature, l’homme et les rapports sociaux. Cette encycliquea été bien accueillie, et largement au-delà des milieux catholiques.
Par Nicole Andreetta Photo: Magda GhaliChaque dimanche, le Père Goosan Aljanian célèbre la messe, selon le rite de l’Eglise apostolique arménienne, à Troinex, dans l’église Saint-Hagop (Saint-Jacques).
Beauté des chants, parfum d’encens, voix puissantes des officiants, la célébration, véritable voyage dans le temps, nous rappelle que l’Arménie institua, en 301, le premier Etat chrétien.
La communauté arménienne de Suisse compte près de 8000 personnes. Elle s’est constituée par vagues d’arrivées successives. A la fin du XIXe siècle, des familles bourgeoises, fuyant les persécutions du sultan ottoman, s’établirent à Genève. En 1920, le pasteur Kraft-Bonnard créa un orphelinat à Begnins pour accueillir des enfants rescapés du génocide. Dans les années 50, de nombreux Turcs, parmi lesquels des Arméniens, s’expatrièrent pour trouver du travail. Suivirent les Arméniens du Liban, d’Iran et les ressortissants de l’ex-Arménie soviétique.
C’est après un parcours parsemé d’événements tragiques qu’Areg parvient à retrouver ses racines : « Né à Adana, je suis arrivé à Genève en 2004. Mes parents, activistes pro-kurdes, avaient fui la Turquie et demandé l’asile en Suisse. Nous sommes originaires du Dersim, une région où Arméniens, Kurdes et Alévis ont subi tour à tour tellement d’horreurs qu’une chape de plomb avait recouvert notre histoire familiale. J’ai découvert récemment que j’avais des liens avec la communauté arménienne et la religion chrétienne. »
Au fil des déplacements forcés et des exils successifs, l’identité arménienne s’est complexifiée. Pour Daniel Papazian, membre du Conseil de la Fondation Saint-Grégoire, c’est une opportunité pour davantage d’ouverture.
« Je suis genevois, né à Genève. Mon identité arménienne est toujours présente et je la vis sans conflit ! Il n’y a pas qu’ une vérité, qu’une seule façon de regarder l’autre. Une langue implique une certaine manière de communiquer. En parler plusieurs est un enrichissement et un accès plus facile à la tolérance. »
Il ajoute : « C’est autour de la messe célébrée dans la langue et selon le rite de nos origines que nous nous rencontrons et nous nous retrouvons. »
Par Nicolas Maury et Sœur Gabriella Enasoae de la librairie Saint-Augustin, Saint-Maurice
Des livres
Syrie, l’espoir vainqueur
Religieuse à Homs, sœur Marie-Rose espère, quand la guerre arrive dans son pays en 2011, qu’elle sera brève. Restée au milieu des siens, elle apporte aide matérielle, réconfort et présence, créant notamment une école abritant et éduquant 300 enfants traumatisés par la guerre. Dans cet ouvrage, elle raconte l’autre Syrie, celle du peuple victime de toutes les violences.
La bonté, la disponibilité et la générosité du Père Jacques Ravanel ont touché des milliers de personnes à travers le monde. Reconnu comme un des plus beaux visages de prêtre français de la seconde moitié du XXe siècle, il joua un rôle capital au sein des Foyers de Charité et pour la cause de Marthe Robin. Elisa Giacomotti et Christophe Carmona détaillent sa vie au pied du Mont-Blanc dans cette BD.
Dans cet ouvrage richement illustré, François Bœspfug et Emanuela Fogliadini expliquent pourquoi l’épisode de la Fuite en Egypte – à travers lequel le Christ a connu l’exil et l’expatriation – fut très fécond sur le plan artistique. Ils détaillent aussi l’évolution de son traitement à travers les siècles et montrent sa brûlante actualité.
Ce recueil propose 24 histoires inspirées de l’Evangile et de la tradition de Noël à lire chaque soir pendant l’Avent. Richement illustré par de multiples auteurs, il convient à des enfants à partir de trois ans.
Construire son couple, jour après jour, sous le regard de Dieu
Propos recueillis par Thérèse Yang Photo: Thérèse YangNous sommes mariés depuis 1986. Nous nous sommes rencontrés dans un groupe de jeunes étudiants dans la paroisse Saint-Louis à Vincennes. Ce groupe organisait des rencontres spirituelles et des pèlerinages, ce qui nous a permis de nous fiancer à Cana, en Terre Sainte. Ce groupe d’étudiants a sûrement été le point de départ de tout notre engagement par la suite.
Nous avons vu que nous avions envie de quelque chose de fort pour notre couple et pour la famille que nous construisions. Quelques années plus tard, nous sommes entrés aux Equipes Notre-Dame, mouvement de couples qui nous a permis de grandir dans notre relation humaine et spirituelle.
Notre constat est que, sans cet engagement de partage et de fraternité avec d’autres couples, nous n’aurions pas eu les moyens de rebondir aujourd’hui devant les différents événements heureux et malheureux que nous vivons.
Afin de pouvoir partager avec nos enfants, nous nous sommes engagés pendant quatre ans dans un groupe de scouts en tant que chefs de groupe. Cet engagement nous a permis de partager avec eux les joies et les difficultés qui en découlent et ainsi de s’enrichir les uns les autres. Encore aujourd’hui, dans leur vie d’adulte, ils se réfèrent à cet engagement.
Au gré de nos divers déménagements, nous avons été sollicités pour accompagner de jeunes couples ou de jeunes célibataires, professionnels, qui souhaitaient échanger sur leur vie et leur foi en équipe. Ce furent de beaux moments d’échanges et de rencontres avec des jeunes de l’âge de nos propres enfants. Devant les engagements que nous voyons autour de nous, ceux de nos enfants et de leurs amis, nous constatons la difficulté qu’ils rencontrent dans la construction de leurs relations de couples, dans l’engagement qu’ils souhaitent prendre. Nous sentons qu’il est important de pouvoir témoigner que notre (votre) couple est toujours à construire et que nos vies ne sont pas
un long fleuve tranquille !
Forts de ce constat et avec l’aide d’autres couples, nous allons démarrer à Fribourg et environs une équipe de couples, mariés ou non, qui souhaitent réfléchir ensemble. Cette équipe s’appelle « Tandem » car pour avancer sur ce genre de vélo il vaut mieux être deux !
Après 30 ans de mariage, nous sommes toujours en quête de plus d’amour. C’est tous les jours qu’on recommence et qu’on se dit « Oui » !
Biographie
Clotilde et Didier Strzygowski sont mariés depuis 32 ans. Ils ont quatre enfants et deux petits-enfants. Didier est ingénieur chimiste chez Nestlé et Clotilde est secrétaire de direction. Résidant auparavant en France, ils sont venus en Suisse il y a une année et demie, en raison de leur travail. Ils apportent ici leur témoignage de couple chrétien engagé dans un parcours de foi. Ils font partie des Equipes Notre-Dame* et vont s’engager dans un nouveau projet, Tandem**, qui s’adressera à de jeunes couples ou couples en formation.
Par l’actualité proche-orientale, on connaît désormais les Chaldéens, les Assyriens ou les Coptes. Médias et littérature ont prédit leur mort puis leur résurrection… Partagés entre terres d’origine et diasporas,ils se sont aussi installés dans le paysage romand,discrètement. Enquête.
Par Thierry Schelling Photos: Ciric, DR, Jean-Claude GadmerNejeb et Ephraim sont Syriens et syriaques catholiques. Depuis bientôt trente ans dans l’Ouest lausannois, ils y ont créé foyer et amitiés, de par les liens professionnels et sociaux nourris de leurs affabilité et serviabilité notoires. « J’adore vivre ici, au calme », confie Ephraim. Leur accueil culinaire respire le pays : fetté, kebbé, kousa abondent. « J’adore la raclette !, lance-t-elle entre deux effluves du four. On vient volontiers à la messe le samedi soir, à 18h. Aucun problème pour nous que ce ne soit ni en arabe ni notre rite. L’important, c’est de nourrir sa foi, non ? »
Histoire récente
Orthodoxes ou catholiques principalement (cf. encart), les chrétiens orientaux vivant en Suisse sont plus nombreux dans les agglomérations alémaniques – Zurich, Bâle, Saint-Gall… – qu’en Romandie où les centres importants s’égrènent de Genève à Montreux. C’est au milieu du XIXe siècle que s’implantent les premiers édifices et communautés orthodoxes byzantins 1 – russes, dans ce cas – à Genève et Vevey, mais également les Arméniens (Genève). Les années 60-70 voient arriver d’autres orthodoxes de Roumanie, Serbie, Grèce ; les années 80-90 sont celles des orthodoxes-orientaux : coptes, syriaques, mais aussi les maronites. Dès les années 2000, ce sont les Ethiopiens-Erythréens et les Indiens qui émigrent à leur tour en Europe et jusqu’aux Amériques.
1 On distingue deux « types » d’Eglises orientales : les orthodoxes-byzantines liées aux grands patriarcats de l’orthodoxie – Alexandrie, Constantinople, Moscou – et distincts de Rome depuis 1051, et les orientales-orthodoxes qui se sont séparées avant le XIe siècle, soit Assyrie, Arménie, Ethiopie, coptes d’Egypte ou syriaques de Syrie. Sans oublier l’Inde et son kaléidoscope ecclésiastique, mais de plus récente fondation : dès le XVe siècle !
Service
Maroun Tarabay, prêtre maronite et heureux grand-père du petit Martin !
Maroun Tarabay, l’un des prêtres maronites opérant dans le diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg depuis 1987, est engagé tant au service de sa communauté arabe que du catéchuménat d’adultes vaudois. Il analyse l’actuelle communauté libanaise ainsi : « L’intégration des Libanais dans le tissu social helvétique, leur apport économique et culturel, sont des qualités notoires. [Mais] leur assimilation ambiante au point de perdre leurs racines culturelles et cultuelles m’interpelle. »
Dilemme
Préserver traditions, rites et langues anciennes, certes « constructeurs d’identités », est à la fois un devoir et… un frein : l’acculturation est tout autant de mise pour un Erythréen de rite geez débarquant à Zurich qu’elle l’a été… pour un Gruyérien catholique descendu à Genève dans les années 60 ! Puisque l’émigration orientale-chrétienne est inéluctable, il convient de lui donner une structure stable en diaspora. Un seul exemple, plutôt inattendu : en 2016, le Saint-Siège a érigé à Preston une éparchie (diocèse) pour les syro-malabars 2 vivant en Grande-Bretagne ! De même pour des centres spirituels et intellectuels que sont monastères et instituts d’étude: le Centre orthodoxe de Chambésy (Patriarcat de Constantinople) en 1966, le monastère syriaque de Mor Augin (Saint-Eugène) à Arth Goldau en 1996…
Cependant, il ne s’agit pas juste de conserver, mais également de changer – un vrai challenge car on parle alors de mariages exogames, de passages aux Eglises évangéliques, voire de l’abandon de la pratique religieuse et ce, en toute liberté…
2 Chrétiens catholiques d’affiliation chaldéenne originaires du Kerala.
(In)fidélités
Reconnaissable à sa magnifique parure blanc immaculé, Senbentu, vêtue de la zuria (robe brodée) et de son netsella (grand châle couvrant tête et corps), contraste dans la nef de Notre-Dame à Genève, à la messe de 10h : « Pour moi, le dimanche, c’est le jour du Seigneur, alors je m’habille comme au pays et je viens célébrer ! » A la question de savoir pourquoi elle ne rejoint pas une de ses communautés, la réponse fuse : « Trop de politique, pas assez de Dieu ! » On n’en apprendra pas plus d’elle. Son choix est clair et ses enfants l’accompagnent dans la liturgie en rite romain, bien sobre pour une Ethiopienne – « et courte, car à Addis, explique-t-elle, la qedassié (messe) dure 6 heures » !
Père Alexandru, prêtre de rite byzantin.
L’Orient chrétien, même en Suisse, c’est aussi la réalité d’un clergé marié ! Alexandru Tudor, Diana et sa fille Petra Anastasia ont été nommés ensemble, pour ainsi dire, à Vevey en 2016 : « Je remercie votre épouse et votre fille qui sont partie prenante de votre engagement », lui signifiait Charles Morerod dans sa lettre de nomination. A la question de savoir comment on vit son sacerdoce en étant marié, le Père Alexandru répond : « Notre joie fondamentale est de vivre dans un pays libre selon notre foi et l’Evangile. Nous avons connu la dictature communiste par le passé en Roumanie… » Il n’est pas insensible non plus au contexte œcuménique du diocèse romand : « Pour nous qui sommes d’origine orthodoxe, c’est de pouvoir vivre à petite échelle ici en Suisse romande, dans notre diocèse, l’ouverture, la largeur, l’universalité de l’Eglise catholique, sa catholicité. C’est une chance et une bénédiction de pouvoir vivre cette dimension de l’Eglise qui n’est pas encore évidente pour tous les chrétiens. » La difficulté reste, selon ses mots, « pour moi et ma famille, de s’intégrer dans des structures […] bien en place selon des règles formelles pas toujours évangéliques, ni fraternelles. »
Pour Binoy Cherian, salésien et prêtre indien dans l’UP du Plateau (Genève), le fait d’être birituel – rite romain et rite syro-malabare – lui « est très facile » à vivre ! Car, précise-t-il, « la pluriculturalité est l’image parfaite de l’Eglise universelle contredite par des rites qui essayent de protéger l’ethnicité des peuples ». Et de conclure qu’à Genève, « la pluriculturalité est une réalité, je m’en suis rendu compte, et comme prêtre en UP et comme aumônier de l’Institut Florimont. D’ailleurs, on est unifié par la foi en Jésus-Christ » ! Diversité dans l’unité…
Les chrétiens d’Orient
On appelle « chrétiens d’Orient » les fidèles des Eglises locales comprises dans un arc de cercle allant de l’Ethiopie à l’Inde, et qui sont autocéphales, ou « autogérées » sur le modèle synodal ! Les rites portent le nom, pour certains, d’une grande ville de l’Empire romain : Alexandrie, Constantinople, Antioche ; pour d’autres, de peuples : Arméniens, chaldéens, coptes, ou d’une région : Malabar ou Malankar au Kerala, Inde. Ces rites sont plus anciens que celui de Rome et utilisent un amalgame de langues vernaculaires (arabe, russe, malayalam…) et anciennes (geez, copte, syriaque, grec…), ce qui donne à leurs célébrations un parfum d’ancienneté et d’audiblité… Comme le terme générique de « chrétiens » orientaux nele sous-entend pas forcément, ils sont aussi de confession… protestante : luthérienne, réformée, évangélique et anglicane ![thb_image image= »3376″]
Quelques «tous frais» confirmés témoignent, en compagnie de leur parrain/marraine, de ce moment particulier de leur vie de chrétien.
Témoignages de Samuel et de son parrain Jean-Baptiste
Samuel et son parrain Jean-Baptiste.
Propos recueillis par Dominique Carruzzo Photo: Dominique Carruzzo
Pour moi la confirmation, c’est très important parce que cela montre que je veux toujours être chrétien dans ma vie. Je suis content de recevoir les dons de
l’Esprit Saint.
Samuel m’a demandé de devenir son parrain ce qui m’a fait très plaisir. Je perçois le rôle de parrain comme celui d’un compagnon sur le chemin de la vie. Je me réjouis de voir tout ce que le Christ va faire dans le cœur de Samuel.
Témoignages de Pascaline et de sa marraine Laura
Pascaline et sa marraine Laura.
Propos recueillis par Dominique Carruzzo
Photo: Dominique Carruzzo
J’ai demandé la confirmation afin de confirmer mon baptême. Je l’ai également fait parce que je souhaite être plus proche de Dieu et que j’apprécie d’être serviable envers les autres comme, par exemple, en servant la messe. Je souhaite aussi grandir dans des valeurs chrétiennes.
J’ai accepté d’être marraine car je souhaite aider ma filleule à avancer sur le chemin de Dieu et à être heureuse dans sa vie. Je veux l’accompagner pour qu’elle se construise une existence pleine de bienveillance et de joie.
Nolan, qu’est-ce qui t’a motivé à faire la confirmation ?
Nolan et son parrain Damien.
Propos recueillis par Laurence Buchard Photo : Loïs Buchard
J’ai fait mon baptême et ma communion, ça serait dommage d’arrêter ici. De plus ça m’a permis d’avoir un parrain de plus. Je veux aussi approfondir ma foi en Dieu accompagné de mon parrain.
Damien, qu’est-ce qui t’a motivé à dire oui à ton futur filleul ? Il y a plusieurs raisons qui m’ont motivé à dire oui à Nolan. La première est le fait de pouvoir vivre avec lui ce que j’ai pu vivre avec mon parrain et ma marraine, c’est-à-dire une relation particulière de confiance et de complicité. Je veux aussi passer du temps avec lui, faire des sorties rien que les deux. Une autre raison m’a également motivé : être parrain c’est quelque chose de particulier, un soutien pour la vie… c’est un rôle à assumer. De plus Nolan est mon premier filleul, mon rôle me tient à cœur.
Damien, comment vois-tu ton rôle dans le futur ? Je vois mon rôle comme un soutien à Nolan. Je veux passer des moments avec lui pour qu’on crée une relation spéciale. Le rapport « parrain-filleul » est différent de toutes les autres relations. Je peux être un guide, un appui, un confident pour Nolan. Je ferai donc tout mon possible pour rendre notre histoire particulière et être à ses côtés… dans la foi et dans la vie !
Satya, qu’est-ce qui t’a motivée à faire la confirmation ?
Depuis toute petite, papa et maman m’ont appris à prier. Je veux continuer le chemin avec Jésus car je sens qu’il est là et le Saint-Esprit m’apportera de la confiance quand j’aurai des difficultés et aussi il m’aidera à pardonner et à croire.
Heidi, qu’est-ce qui t’a motivée à répondre oui à la demande de Satya ? Je connais Satya depuis longtemps, je peux même dire depuis toujours. Avant même ce « oui », un lien s’était déjà forgé dans d’autres domaines que la foi. Ce « oui » a été si évident parce qu’il est devenu la continuité d’une relation forte déjà existante. Ce qui est magique et qui me rend heureuse, c’est que maintenant le lien est immuable. Merci Satya pour ta confiance en nous.
Heidi, comment vois-tu ton engagement pour la suite ? Notre foi est une partie de nous qui se vit, au quotidien, à chaque instant.
Pour la suite, mon engagement envers Satya, je le vois comme une présence de chaque instant parfois discrète et silencieuse et parfois plus folle. Je serai présente lors des grands moments de sa vie, mais aussi et surtout lors des petits moments de sa vie. La présence est essentielle : être là, partager, vivre simplement.
Texte par l’Abbé Bernard Maire Photo: Rudy CrettenandAvec tout ce qu’il y a autour de la fête de Noël, les chants, la musique, le sapin qui scintille de mille lumières, des pères Noël qui grimpent aux maisons, et toutes les lumières qui décorent arbres et façades, les cadeaux, au milieu de tout cela quelqu’un crie avec une voix de nouveau-né : « Hello je suis là ! »
« Le Verbe s’est fait chair ! » Lui qui est tourné vers le Père, issu de lui, a « habité parmi nous », sa naissance est toujours nouvelle. « Aujourd’hui dans notre monde le Verbe est né… » Aujourd’hui, nous te prions, Père : « Fais-nous participer à la divinité de ton Fils, puisqu’il a voulu prendre notre humanité » (tiré de la liturgie du jour de Noël).
La signification du mot « Verbe » : Parole Une parole qui s’est faite chair, visible et qui ira jusqu’au bout de l’amour de Dieu pour tous les hommes de bonne volonté.
Hello je suis là ! Nos oreilles sauront-elles écouter sa voix ? Notre cœur sera-t-il ouvert à cette présence ? Et le chantier de notre vie sera-t-il le berceau de Jésus le fils de Dieu ?
Un beau remue-ménage en perspective pour notre cœur endormi, pour l’Eglise en crise, pour notre société en désarroi. Une petite voix nous remet en route !
Par Olivier Messer, responsable de l’Accueil Sainte Elisabeth et aumônier de prison
Photo: DRDieu ne cesse de nous surprendre. Pour se faire plus proche de nous, voilà qu’il prend forme humaine et choisit de nous rejoindre dans une sobriété déconcertante. Il n’est pas encore né que déjà on le rejette. Qu’à cela ne tienne, une étable suffira à l’accueillir. Son histoire nous dira que sa vie d’homme fut ainsi, à affronter les refus, l’adversité et la violence. Jusqu’au supplice de la croix…
Pourtant, ce Jésus réalisera l’impensable : il guérira des malades, chassera des démons, vaincra la mort… et changera des vies, nos vies, en profondeur et pour l’éternité ! A commencer par celles des plus pauvres, des plus corrompus. Ne se présente-t-il pas d’abord aux bergers et non aux puissants ? Ne fréquente-t-il pas les plus méprisés, ceux aux mœurs douteuses ?
Oui, Noël est bien la fête de tous les possibles. A une condition cependant, accueillir ce Jésus dans la crèche de mon cœur. Voici bien l’essentiel : suis-je capable de voir Dieu venir à moi dans le criminel emprisonné, le SDF qui m’interpelle dans la rue, l’étranger en quête d’une vie meilleure, le frère aveuglé par le profit, ou dans mes propres faiblesses ? Suis-je capable de le rencontrer dans la routine comme dans l’inattendu de ma vie ? Suis-je capable de le découvrir dans toute créature, dans sa création même la plus ordinaire ?
Puisse ce temps de Noël nous offrir de changer de regard sur les êtres et les choses qui nous entourent, d’y chercher patiemment Sa présence, avec humilité. Commençons par nous-mêmes, nos proches, nos voisins d’immeuble, nos collègues de travail.
Par Emmanuel Rey, avec la collaboration de Frère Silvestru, cordelier[thb_image image= »3558″ img_link= »url:%2Fwp-content/uploads/2018/12/P.14-15-spiritualite_franciscaine_infographie. »][thb_image image= »3560″ img_link= »url:%2Fwp-content/uploads/2018/12/P.14-15-spiritualite_franciscaine_infographie. »]
«Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur!»Nous connaissons par cœur ce passage de Luc, proclamé chaque année dans la Nuit de Noël : c’est le moment où l’Ange annonce la Naissance de Jésus aux bergers, ces « petits » choisis par Dieu pour être les premiers témoins de son Incarnation.
Une fois n’est pas coutume, pourquoi ne mettrions-nous pas à profit le temps de l’Avent, non pas pour grandir, mais pour devenir plus petits ?
Comme l’expliquera quelque trente années plus tard le Cousin-Précurseur à ses propres disciples, inquiets de voir leur nombre s’amenuiser au profit de Jésus, dans une histoire de noces, l’ami de l’Epoux se réjouit du bonheur de l’Epoux et de sa bien-aimée. Il n’est pas lui-même l’époux… Et de conclure : « Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. » (Jn 3, 30)
Etrangement, au jour où j’écris ces lignes, me viennent à l’esprit, parfois aux oreilles, certaines lamentations de fidèles, désespérés de voir nos églises se vider, sans qu’on voie poindre la moindre inversion de cette courbe qui semble inexorable. Et je me demande si, fidèles que nous sommes – ou prétendons être – nous n’aurions pas
peu à peu oublié les paroles du Baptiste.
Ne serait-il pas salutaire, ne serait-ce que pour la quiétude de nos consciences et la fermeté de notre foi, que le temps de l’Avent nous soit donné comme exercice destiné à nous ramener à la hauteur de la mangeoire, à l’humilité et à l’ignorance des bergers de Bethléem…
Car en fait, qu’il s’agisse de la simple pratique religieuse, ou d’affaires plus graves telles les malversations financières, ou carrément scandaleuses et nauséabondes comme les abus sexuels au sein de l’Eglise, est-ce que le Mal ne viendrait pas du fait que le Christ se voie empêché de grandir au sein même de son propre Corps ? Le raccourci peut paraître abrupte, mais en y réfléchissant…
Mettons à profit le temps de l’Avent pour diminuer ce qui nous empêche de le laisser croître en nous. Et vous verrez qu’alors, notre Joie sera parfaite !
Bon temps de l’Avent, et saintes fêtes de la Nativité !
Par François-Xavier Amherdt
Photo: DRC’est d’Orient, là où se lève le soleil du matin, que viennent les mages. Ces sages astrologues se laissent conduire par leur bonne étoile, qui les mène vers celui qui est l’astre nouveau, la lumière qui vient nous visiter, dit Zacharie dans son cantique (Luc 1, 78). Ceux qui se trouvaient dans les ténèbres et l’ombre de la mort sont éblouis par la lumière qui accompagne leurs pas au chemin de la paix (Luc 1, 79).
Les mages apportent de précieux présents, au nombre de trois, l’or pour la royauté du Christ, l’encens pour la divinité du Fils de Dieu et la myrrhe pour le corps de Jésus promis à la crucifixion et à la mise au tombeau. C’est d’ailleurs pour cette raison que la tradition a retenu qu’ils étaient trois et qu’ils méritaient le titre de rois.
Aujourd’hui aussi, les chrétiens orientaux proviennent de la nuit de la guerre et des conflits. Ils ont bien souvent été chassés de leurs pays notamment, de Syrie, d’Irak et des différents Kurdistan. Ils portent avec eux d’inestimables cadeaux : ceux de leur sens de l’hospitalité donnée et reçue ; de leur langue semblable à leurs frères et sœurs de diverses confessions et traditions religieuses ; de leur finesse et de leur culture, mises à mal par l’oppression, les menaces et les bombes. Ils sont riches de l’or de leur délicatesse humaine et de leur recherche de communion, de l’encens de leur patrimoine séculaire et de leur liturgie, de la myrrhe des épreuves traversées et des blessures subies.
Leur seule présence nous rappelle que l’Eglise catholique est universelle, qu’elle respire en quelque sorte à deux poumons, l’oriental et l’occidental. Comme déjà sa théologie et sa spiritualité se sont forgées grâce au dialogue entre les Pères grecs et latins.
Puissent tous ces réfugiés et migrants pouvoir, comme les savants du premier évangile, être avertis par Dieu et parvenir à rentrer dans leurs terres (Matthieu 2, 12) !
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