Qui est Jésus pour moi

Par Astrid Belperroud | Photo : DR

Dans la prière du Notre Père… ne dit–on pas… Notre Père ? Ne sommes-nous pas tous frères et sœurs en Christ ? Donc, Jésus est mon frère, votre frère… aurais-je aimé avoir un frère, moi qui n’ai eu qu’une sœur ? Je ne me suis jamais posé vraiment la question…mais ne dit-on pas que notre famille, on ne la choisit pas ? 

Jésus est avant tout mon ami, infaillible, que j’ai choisi. Pas à mon baptême, mes parents l’ont fait pour moi, mais à ma confirmation et à maintes reprises dans ma vie. Je lui renouvelle ma confiance chaque jour et je le rencontre dans le regard de chaque jeune que j’accompagne.

Il est ma tête pensante, mon intelligence, il est des oreilles qui m’écoutent, il est la bouche qui me nourrit par sa Parole, il est ce regard qui me rend unique, il est cette épaule qui me console ; ses bras et ses jambes sont là pour me porter et me supporter quand je n’en peux plus, et il est ses pieds qui marchent pour moi quand alors je me repose dans ses bras.

Il est mon bâton de pèlerin qui m’invite chaque matin à me mettre debout physiquement et ou mentalement et qui me murmure de l’imiter pour à mon tour me mettre au service de mes amis.

Le pape Léon XIV nous dit que, pour lui, le Christ est avant tout le « Roi de la paix », un sauveur apportant une paix désarmée, humble et universelle. Il est le centre de la vie, l’unique médiateur et rédempteur, et le visage de l’amour de Dieu pour les pauvres, exigeant des fidèles un engagement actif pour la justice et le pardon. Au lendemain de Pâques, la vie est jaillissante et nous rappelle que Christ est vivant ! A nous de poursuivre notre engagement pour que la paix advienne.

Qui est Jésus pour moi ? il est vivant en moi et par moi et pour chacun de nous. Gratitude.

Les 12 promesses au Sacré-Cœur

Par Thierry Schelling
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Saviez-vous que, chaque premier vendredi du mois, la communauté polonaise à Champel se réunit pour une messe, disons, spéciale : elle répond à la demande d’une Sainte française, Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), dévote de Paray-le-Monial, qui a expérimenté Dieu-charité au plus profond de son cœur. Pour inviter les fidèles à Lui être tout dévoués à leur tour, en pratiquant la célébration de l’eucharistie le premier vendredi du mois. 

Et voici le résumé des promesses :

« Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état. Je mettrai la paix dans leur famille. Je les consolerai dans toutes leurs peines. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde. Les âmes tièdes deviendront ferventes. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection. Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, où il ne sera jamais effacé. »

A Puplinge, le 28 février dernier, la communauté locale a proposé, après la messe de 18h, de visionner le film documentaire sur la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus ; franc succès pour elle et les spectateurs ont appris et / ou découvert que Dieu appelle personnellement pour le bien de tous !

L’œcuménisme pas à pas

Une pause méritée contre un pan ensoleillé de la cathédrale Saint-Pierre.

En cherchant comment parler d’œcuménisme à ses catéchumènes, l’abbé Thierry Schelling s’est dit que Genève, avec son patrimoine historique et religieux, serait un bon exemple en la matière. Il a donc organisé, mi-mars, une promenade guidée pour découvrir l’histoire de la Grande Eglise au travers des édifices religieux qui jalonnent la ville.

Texte et photos par Myriam Bettens

« Je viens profiter des connaissances de Thierry [ndlr. Schelling]. Il est d’ailleurs bien trop modeste », glisse Joëlle avec un sourire. Elle-même guide pour l’antenne romande de l’association Eglises + Tourisme Suisse, elle est venue participer à la promenade guidée que propose régulièrement l’abbé Thierry Schelling à ses catéchumènes. Dans le cadre du parcours de catéchuménat, le responsable de la paroisse Saint-Joseph invite ses aspirants au baptême à expérimenter l’œcuménisme au travers d’édifices du patrimoine religieux genevois, témoins d’une longue histoire en la matière. Enzo, lui, y assiste pour la seconde fois. « Pour me rafraichir la mémoire », plaide-t-il, avec un haussement d’épaule, lorsque l’abbé le lui fait remarquer.

« Lors de la promenade, faites connaissance, discutez, échangez… Car « faire Eglise », c’est aussi cela », enjoint-il à la dizaine de participants réunis autour du bénitier de l’entrée de la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives. Symboliquement, six d’entre eux passeront bientôt de cet « espace de transition », le narthex – historiquement réservée aux catéchumènes et aux pénitents – à la nef – lieu du peuple rassemblé pour la célébration commune – lors de la prochaine Vigile pascale. Toutefois, Thierry Schelling souligne que « depuis le Concile Vatican II, cette séparation stricte est dépassée : l’Eglise se doit d’être ouverte sur le monde et à son service ».

Pour le guide, c’est pareil lorsqu’on parle d’œcuménisme : ni séparation ni uniformisation. L’idée d’une Eglise où toutes les confessions chrétiennes deviendraient identiques est « un idéal autrefois envisagé par Rome, mais aujourd’hui considéré comme irréalisable et même regrettable ». De même, l’histoire des Eglises (protestantes, catholiques, orthodoxes) « ont permis de développer des manières riches et variées de célébrer le Christ, sans pour autant être opposées ». L’orateur précise que le terme « les Eglises chrétiennes » désigne une multitude de familles et de branches et établit une distinction fondamentale entre « une église », au sens de communauté confessionnelle spécifique dans laquelle on entre par le baptême, et « l’Eglise », qui représente la communauté universelle de tous les chrétiens. Une double dimension essentielle pour comprendre son identité au sein de la foi chrétienne.

Après la visite de Saint-Joseph, la promenade s’est poursuivie en direction de l’église orthodoxe russe, par chance, ouverte en cette période de Grand Carême. Les participants ont pu prendre part à une partie de la célébration pour les défunts qui s’y déroulait. Le petit groupe s’est ensuite rendu chez les luthériens, puis à la cathédrale Saint-Pierre, pour enfin terminer l’excursion à la paroisse Saint-Germain, lieu de culte de la communauté catholique chrétienne. Loin de vouloir pousser ses futurs baptisés « à la concurrence », Thierry Schelling les a néanmoins exhortés à se rendre à une messe. D’une part, « vous ne remarquerez peut-être aucune différence entre leur célébration et la nôtre » et, d’autre part, « l’œcuménisme c’est aussi cela ».

Rencontrer Jésus aujourd’hui? Un chemin de transformation

Par le Père Gabriel Ghanoum | Photos : DR

Du 13 au 15 mars 2026, une mini-retraite a eu lieu à la paroisse Sainte-Thérèse. Elle avait pour thème de réflexion : « Rencontrer Jésus aujourd’hui ? Un chemin de transformation ». Parmi les nombreuses rencontres de Jésus rapportées dans l’évangile, deux d’entre elles éclairent particulièrement la manière dont Jésus rencontre les personnes et le chemin de transformation qui s’opère en elles : au puits de Jacob avec la Samaritaine et avec la veuve de Naïm à la porte de la ville. Après avoir approfondi la culture et la spiritualité de la rencontre et son chemin de transformation, la présentation de l’Exhortation apostolique du Pape Léon XIV « Dilexi Te » a permis d’aborder la pratique de la rencontre.

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui a besoin du Christ pour le transformer. 

Faire humanité ensemble, c’est ce que Jésus nous enseigne. Faire ce que Jésus a fait, suivre son exemple, l’imiter, devrait devenir notre programme quotidien. Après chaque rencontre, Jésus a fait sentir à la personne qu’elle avait de la valeur. Il l’a écoutée et a toujours choisi la voie de l’amour même lorsqu’il était confronté à la division et la haine.

Jésus a pratiqué 3 choses qui ont rendu sa mission féconde :

1. Il a su trouver un chemin d’entente avec les gens.

2. Il n’a jamais attendu que les gens viennent à lui, il est allé lui-même à leur rencontre et a établi une relation avec eux. 

3. Il aimait les personnes de telle manière qu’elles se sentaient reconnues, comprises, appréciées, valorisées.

Sa rencontre avec la Samaritaine nous montre que le Christ l’a valorisée et qu’il a franchi le « mur » des préjugés sociaux, culturels, religieux pour la trouver, alors qu’elle s’est perdue à cause de ses choix de vie. Cela nous apprend comment, nous aussi, nous pouvons franchir ce mur afin de construire avec l’autre un pont de retrouvailles. 

La première caractéristique de la rencontre est qu’elle met en présence deux personnes dans la vérité et la liberté. Dans la rencontre au puits de Jacob, se retrouvent face à face un homme (étranger au pays, juif de surcroît) et une femme (à la réputation douteuse), le divin et l’humain. Mais, dans l’évangile, il ne s’agit pas seulement d’apprivoiser les différences. Jésus demande à boire, une requête qui semble humainement naturelle à cette heure du jour, mais c’est pour susciter notre soif d’une eau vive qui vient de plus haut et que lui seul peut nous donner. Entre le puits et la source, il y a moins une opposition qu’un approfondissement, une intériorisation : la source réveillée nous révélera à nous-mêmes, en même temps qu’elle révélera Dieu en nous.

Cette conversation a pour but une conversion intérieure et, par conséquent, une transformation par le Seigneur. La Samaritaine parle de la dimension physique du puits, « il est profond » et le Christ parle de la dimension divine « La profondeur de soi… où se trouve l’image de Dieu », l’aventure de notre rencontre avec le Christ, avec ses risques et ses incertitudes.

Ce premier volet s’est achevé sur une question : comment faire preuve de la miséricorde de Dieu envers les autres dans notre vie quotidienne, pour devenir un vrai missionnaire ? 

Faire comme Jésus a fait : 

• Pas seulement en voyant mais en regardant ;

• Pas seulement en entendant, mais en écoutant ;

• Pas seulement en croisant les personnes mais en s’arrêtant avec elles. 

C’est de cette proximité dont il a été question lors de la deuxième session. La rencontre du Christ avec la veuve de Naïm. 

Dans sa mission, Jésus met la rencontre au premier plan. Sa compassion et sa tendresse sont un baume pour l’âme et un réconfort pour le cœur brisé par la douleur. 

Jésus est « saisi de compassion » en voyant la veuve. Elle a tout perdu : son mari, son fils unique, mais elle n’a pas perdu sa foi ni son espérance. Par cet acte de compassion, il rétablit les liens. Benoît XVI disait que « fermer les yeux sur son prochain rend aveugle devant Dieu ». La mission de l’Eglise est d’imiter le Christ : s’arrêter, regarder, écouter, vivre la proximité, restaurer les liens brisés et intégrer les personnes isolées dans leur communauté. 

La dernière séance a été dédiée à l’Exhortation apostolique du pape Léon XIV « Dilexi Te »  (« Je t’ai aimé »). Le pape Benoît parlait « d’un cœur qui voit ». L’Exhortation nous appelle à la conversion afin de sortir de notre zone de confort, à la compassion. Elle nous invite à passer de la culture de l’indifférence à la culture de la rencontre.

L’abbé Thierry Fouet conclut le cycle des 3 conférence en remerciant le Père Ghanoum de ces temps d’enseignement et de partage.

Depuis le banc du fond

Quel plaisir de rencontrer ce jeune homme souriant, qui a accepté avec générosité de partager pour nous l’expérience d’un pèlerinage. Merci Matheus !

Propos recueillis par François Riondel 
Photos : DR

Après avoir terminé ses études gymnasiales et bouclé ses obligations militaires, Matheus recherche, dans une période difficile, une forme de calme et de stabilité en s’offrant la possibilité d’un face à face avec lui-même. C’est ainsi qu’il décide de partir seul en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce choix n’est pas essentiellement religieux, mais plus largement spirituel, d’ailleurs, bien que se sentant très proche de Dieu, Matheus n’as pas de pratique religieuse.

Parti de Genève en mars 2025, les premiers jours sont éprouvants ; douleurs, froid et solitude s’invitent. Le doute s’installe, de plus, ce n’est qu’après une semaine qu’il rencontre enfin un premier groupe de pèlerins.

Cependant, Matheus, qui pensait boucler ce projet le plus rapidement possible, décide de persévérer en s’efforçant de lâcher prise, « donner le temps au temps » se dit-il. Alors, peu à peu, les rencontres et les événements s’intensifient. Impossible de résumer 76 jours de pèlerinage et 2100 km de marche, alors zoom sur quelques moments marquants : 

Une fin de journée, au terme de ses premiers jours de voyage, Matheus arrive très découragé dans une bourgade. L’office du tourisme lui donne quelques indications d’hébergement, finalement erronées. C’est à ce moment que Matheus rencontre fortuitement un monsieur âgé, prénommé Jean-Claude, qui l’invite chez lui pour la nuit. La soirée est délicieuse, l’accueil magnifique. Depuis ce beau moment, le pèlerinage commence à s’éclairer.

Quelques jours plus tard, Matheus s’assied en face d’une église et commence à manger son modeste repas, constitué d’un peu de terrine. Mais il n’a pas de pain. A ce moment, surgit un fourgon qui freine devant Matheus. La conductrice lui lance : « Vous voulez du pain ? » Cette dame récupérait en fin de journée les invendus des boulangeries. Dès ce moment, Matheus ne doute plus qu’il est accompagné et qu’il parviendra au bout de son chemin. Il comprend alors qu’avoir été poussé à bout, tant physiquement que moralement, était un passage nécessaire avant de pouvoir vivre des moments d’assistance providentiels : « Ceci fait partie du parcours à 100%, il ne faut n’y vouloir s’en débarrasser, ni s’en plaindre. »

Dans toutes les rencontres, Matheus réalise qu’on reçoit, mais qu’on peut donner tout autant. Pour exemple, offrir une écoute attentive à une dame amère et négative qui l’a hébergé avec réticence, a certainement apporté du réconfort. Preuves en sont les larmes et le sourire de cette dame au moment du départ : « C’est peut-être à travers moi qu’il se passe quelque chose. Eh bien, ce chemin, je souhaite qu’il ne soit que comme ça. Je n’ai pas envie que ce pèlerinage soit une performance, mais plutôt un don de soi qui nous porte jusqu’au bout. »

Ce long parcours a permis beaucoup de rencontres, donc tout autant d’adieux, parfois accompagnés de tristesse, vu les beaux moments partagés. Lors de l’une de ces séparations, assis devant un beau paysage, Matheus se voit accidentellement dans l’écran de son portable. Il réalise alors que c’est bien avec lui-même qu’il voyage et que toutes ces rencontres sont des passages éphémères à accepter. A cet instant, Matheus réalise qu’une nouvelle dimension s’offre à lui : « On doit s’aimer pour pouvoir aimer l’autre, avoir un peu de tolérance et d’amour envers soi-même. A ce moment, on peut partager cet amour. » Et dès lors, il se sent aimé…

Matheus arrive enfin à Saint-Jacques-de-Compostelle le week-end de l’Ascension. C’est un beau moment festif, joyeux et accueillant, mais ce n’est pas l’essentiel. Le parcours est lui-même la clé. Chaque pas accompli n’est pas une performance, mais une avancée sur un chemin de patience et de contemplation. Les moments pénibles sont une part importante de l’expérience, un véritable apprentissage.

Matheus est rentré chez lui avec la conviction qu’on fait partie d’une chaîne, qu’on est un maillon pour recevoir et donner, partager et aimer. Dorénavant, il se sent en contact avec le Seigneur, accepte bien mieux les moments difficiles et n’hésite pas à demander, par la prière, un soutien pour aller de l’avant !

Le visage de Jésus

Par Sœur Franzisca Huber
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Lors d’une discussion avec une amie non croyante, celle-ci me pose cette question : « Ton Jésus, quel visage a-t-il ? » Interloquée, j’avoue : je ne le sais pas, je n’ai pas vu son visage. L’interrogatoire se poursuit : « Et comment peux-tu aimer quelqu’un sans visage ? »

C’est vrai, je ne saurais décrire l’apparence de Jésus. Aucun Evangile ne donne de description détaillée, ni de couleur des yeux ou de peau, ni de taille. Pourtant, je suis sûre de le connaître puisqu’il se révèle à travers ses actes, ses paroles, sa vie, sa passion et sa Résurrection : mon Seigneur et mon Dieu, c’est ma foi ! L’homme qui, en son temps, fascinait ses disciples, captivait les foules, guérissant, prêchant, interpellant… Les uns l’ont côtoyé de son vivant et pour moi, il est le Seigneur au-delà de toute représentation. 

Néanmoins, j’ai eu tort, Jésus a bien un visage : celui de cette femme qui aime, cette mère qui souffre, cet enfant qui sourit, cet homme qui lutte, pleure, pardonne… Voilà quelques traits de son visage !

Qui est le Christ ?

« Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. » (Matthieu 1, 18) Cette phrase nous semble si familière que nous ne nous demandons même plus qui est ce « Jésus-Christ ». 

Les représentations du Christ sont diverses et variées.

Par Paul Martone
Photos: Unsplash, DR

Qui est Jésus ? 
Jésus est un personnage historique qui intéresse beaucoup de gens. Il n’y a personne dans l’Antiquité qui ait fait l’objet d’autant d’écrits que lui. Outre les quatre Evangiles, plusieurs auteurs qui n’étaient pas ses amis relatent sa vie. Aucun historien sérieux ne remet aujourd’hui en question son existence. « Mais Jésus est plus qu’un personnage historique : il est le Messie que les apôtres, à commencer par Pierre, ont reconnu et proclamé. Israël l’attendait et plus encore : le monde entier. Il est le christos, le Christ, l’Oint, celui qui est distingué du peuple, qui a la dignité royale. Il est le Fils de l’homme, qui est au-dessus de la création. Et Jésus-Christ est encore plus que cela : le Fils de l’homme est le Fils de Dieu, Dieu incarné, oui, Dieu lui-même en la personne du Verbe éternel, le Logos », comme le dit le philosophe et journaliste allemand Josef Bordat dans son livre Von Ablasshandel bis Zölibat (Rückersdorf 2017, S. 108).

Christ
« Jésus-Christ » est la forme la plus ancienne et la plus courte de la profession de foi chrétienne : Jésus de Nazareth est en sa personne le Christ promis, c’est-à-dire le Messie. Le nom « Jésus » signifie « Dieu sauve ». L’enfant de la Vierge Marie est appelé « Jésus », « car il sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). « Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. » (Ac 4, 12)

Très vite cependant, Jésus-Christ n’a plus été compris que comme un double nom. C’est à partir de cette conviction religieuse que Jésus est le Christ promis, et que les sources chrétiennes ont été rédigées sur sa vie et son œuvre. Les épîtres de Paul et les évangiles sont avant tout des témoignages de foi dans lesquels l’histoire et l’interprétation religieuse, la vie et la légende s’entremêlent. Comme le disait Josef Ratzinger : « Le Christ n’est pas simplement un grand homme ayant vécu une expérience religieuse importante, il est Dieu, Dieu qui s’est fait homme afin de jeter un pont entre l’homme et Dieu, et afin que l’homme puisse véritablement devenir lui-même. Celui qui ne voit dans le Christ qu’un grand homme religieux ne le voit pas vraiment. Le chemin du Christ et vers le Christ doit aboutir là où aboutit l’Evangile de Marc, à la confession du centurion romain devant le Crucifié : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu. » (15, 39) Pour connaître le Christ, il faut suivre le chemin que nous tracent les Evangiles. »

Le Messie
Nous croyons que Dieu a créé le monde entier et, le sixième jour, l’être humain comme point culminant et aboutissement de la création. Le premier couple, Adam et Eve, avait le bonheur de pouvoir vivre dans le jardin d’Eden, où il ne manquait de rien. Tout était à sa disposition, seul l’arbre de la connaissance était réservé à Dieu. Mais Eve, séduite par le serpent, cueillit un fruit de l’arbre, le mangea et en donna aussi à Adam. Par conséquent, le premier couple humain a dû quitter le jardin et travailler pour subvenir à ses besoins. Mais le pire était la séparation d’avec Dieu, qui conduisit rapidement au meurtre et à la mort. Dieu n’abandonna toutefois pas l’homme. Il restait une lueur d’espoir grâce à la promesse divine : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité. Il te frappera à la tête et tu le frapperas au talon. » (Genèse 3, 15) De nombreux prophètes de l’Ancien Testament ont fait référence à cette promesse et ont parlé d’un Messie particulier qui devait venir en tant que sauveur et pourvoyeur de paix. On l’appellera : Conseiller merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Isaïe 9, 6). La tradition chrétienne voit également dans Genèse 3,15 l’annonce du Messie rédempteur, le nouvel Adam. Pour les chrétiens, ce Messie a un nom : Jésus, né enfant à Bethléem, qui, par son obéissance jusqu’à la mort sur la croix, a réconcilié Dieu et les hommes. Jésus lui-même se considérait comme le Messie promis. 

L’Oint
Le mot Messie signifie « l’Oint ». Dans l’Ancien Testament, les prêtres, les prophètes et les rois étaient oints pour leur rappeler qu’ils devaient leur pouvoir à Dieu.

Déjà les premiers chrétiens voyaient en Jésus un descendant de David et le Messie attendu par les Juifs, l’Oint de la fin des temps, dont le retour et le royaume futur étaient imminents. Jésus fut oint par Marie, qui versa de la précieuse huile de nard sur ses cheveux. Par cette onction, elle a rendu témoignage à sa foi, affirmant que Jésus n’était pas seulement un orateur doué, un guérisseur miraculeux puissant et un homme aimable. Elle a intuitivement compris qu’il était le Sauveur attendu et espéré de Dieu. Jésus-Christ signifie donc : l’Oint de Dieu, dont les actes et les signes ont confirmé l’investiture et l’habilitation par Dieu. Par l’onction avec le saint chrême lors du baptême, nous sommes devenus un peuple royal, prophétique et sacerdotal, sur lequel repose la bénédiction de Dieu.

La Résurrection du Christ
Le Fils de l’homme est le Fils de Dieu, Dieu incarné, Dieu lui-même en la personne du Verbe éternel. 

Jésus lui-même en témoigne – en paroles et en actes. Il convient de mentionner ici sept formules par lesquelles Jésus se définit lui-même : « Je suis le pain de vie, la lumière du monde, la porte, le bon pasteur, la résurrection, la route, la vrai vigne. » Ces paroles résument tout ce qui constitue la foi chrétienne : « La certitude que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, qu’il nourrit notre vie de pain, de vin et de lumière, qu’il nous rend capables de nourrir et d’éclairer le monde et qu’il nous conduit vers le Père lorsque nous quittons ce monde – non pas vers la mort définitive, mais vers la résurrection et la vie éternelle. » (Josef Bordat)

Mais Jésus ne s’est pas contenté de paroles, il a aussi accompli un acte qui a complètement changé le monde : sa Résurrection d’entre les morts. Tout repose sur la Résurrection de Jésus, elle est déterminante pour la foi chrétienne. « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi notre foi, écrit Paul, avant de poursuivre : Mais non ; le Christ est ressuscité… » Il peut dire cela parce que Jésus est apparu à ses disciples en chair et en os, qu’il a mangé avec eux et s’est laissé toucher et qu’il est également apparu à Paul lui-même aux portes de Damas et l’a appelé à être le messager de la résurrection. 

Nous aussi, nous devons être de tels messagers !

Le mot Messie signifie Oint. Dans l’Ancien Testament, les rois notamment étaient oints, comme ici David.

« Pour vous, qui suis-je ? » (Marc 8, 27-30)

Pierre – ici à genoux – au nom du groupe des apôtres désigne Jésus du titre royal et divin de « Christ ».

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Située au milieu du deuxième évangile, la double interrogation de Jésus envers ses disciples sur le chemin de Césarée de Philippe continue de retentir telle une invitation à nous situer en vérité dans notre foi profonde. « Qui suis-je au dire des gens ? Et pour vous, qui suis-je ? » Elle occupe donc une place centrale et débouche dans les trois synoptiques sur les annonces de la Passion.

Nous ne pouvons pas nous contenter de réponses toutes faites désignant le Fils de l’homme comme « Jean le Baptiste », le plus grand personnage de l’Ancien Testament, ou « Elie », la figure du messager qui devait revenir annoncer le Messie, ou un « prophète » parmi d’autres porte-parole de Dieu.

Si nous le faisions, nous serions « envoyés dans les cordes » de notre conscience par le Saint Esprit, qui exigerait de nous une prise de position personnelle et vitale. Car il s’agit là du petit point central sans lequel la roue de notre existence tourne à vide et autour duquel s’organisent tous les rayons de nos convictions.

Si nous nous limitions à voir en lui un homme, même exceptionnel, sa mort et sa Résurrection paraîtraient inimaginables ou anecdotiques et nous serions les plus à plaindre parmi les êtres humains (1 Corinthiens 15, 19). Si nous le placions au même niveau que d’autres « fondateurs de mouvements religieux », comme Moïse ou Mahomet, nous passerions à côté de l’essentiel.

Seule vaut la réplique de Pierre l’impulsif qui, au nom du groupe des apôtres, le désigne du titre royal et divin de « Christ », c’est-à-dire le Messie, le Fils de Dieu. Sinon, la Trinité serait simple affabulation et notre destinée éternelle dans le Royaume des cieux, une illusion.

A chacun(e) de nous donc de nous situer en toute authenticité face à cette question décisive. S’il est notre Créateur et notre Rédempteur, notre trajectoire trouve sa pleine signification, à condition que nous nous unissions à lui dans l’intimité de notre cœur et de notre prière. « Si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous nous attachons à lui, avec lui nous régnerons. » (2 Timothée 2, 11)

Vicaire du Christ

Inoccent III ira jusqu’à signer ses textes au titre de «vicaire de Dieu».

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Vraiment ? Le pape serait « vicaire », c’est-à-dire, selon la définition du mot, « qui exerce en second les fonctions attachées à un office ecclésiastique » ou « le suppléant », « le remplaçant ». Donc, par syllogisme, le pape remplacerait ou suppléerait le Christ…

Histoire

C’est Gélase qui introduit l’expression à la fin du Ve siècle, qui va remplacer petit à petit les « Vicaire de Pierre » ou « Vicaire de Pierre et Paul » avec lesquels il a longtemps cohabité. Qui plus est, maints évêques et prêtres (oui, oui !), au cours des siècles, se sont dotés du même titre, « vicaire du Christ » en tant que successeur apostolique. Mais le sens théologique perd de son importance au profit du juridique – une constante dans l’Eglise latine occidentale – visant à asseoir le pouvoir universel temporel de l’évêque de Rome sur toute l’Eglise. Innocent III ira jusqu’à signer « vicaire de Dieu » ! Le remplaçant de Dieu ?

Vatican II

Lumen gentium affirme que les évêques dirigent les Eglises particulières (comprendre les diocèses qui leur sont affiliés) comme vicaires du Christ « par leurs conseils, leurs encouragements, leurs exemples, mais aussi par leur autorité et par l’exercice du pouvoir sacré » (n. 27).

Cela nous fait donc plus de 5000 « vicaires du Christ » au vu du nombre d’évêques catholiques en 2023. Plus de 5000… plus 1, celui de Rome qui « est le chef du collège des évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Eglise tout entière » (canon 331 du Droit canonique). 

Et comme Dieu, il « possède le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement » (ibid). Un peu comme Dieu, mais uniquement par métaphore, car le pape n’est qu’un homme en somme…

Celui qui nous apprend à regarder autrement

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Roberto De Col, représentant de l’évêque pour l’écologie intégrale du diocèse de LGF, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Roberto De Col | Photos : Josimoes, Unsplash

Le Christ, c’est qui ? La question paraît simple et pourtant, elle touche au cœur de la vie chrétienne : qui est-il pour moi, quelle relation j’entretiens avec lui et qu’est-ce que cela change dans ma vie ? Et si le Christ était d’abord Celui qui nous apprend à regarder autrement : à voir le monde non comme une réserve à exploiter, mais comme une maison commune où chaque être vivant a sa place, sa dignité et sa mission.

Dans l’Evangile, laissé en héritage pour éclairer nos vies, Jésus ne parle pas explicitement d’écologie. Pourtant, tout son chemin en porte la trace : il contemple le
lys des champs, admire les oiseaux du ciel, partage le pain, guérit les corps, restaure les relations et redonne à chacun la possibilité d’habiter la Terre en paix. Il relie ce que nous séparons volontiers : la nature, les pauvres, la justice, la communauté, Dieu. En ce sens, il révèle un principe que Laudato si’ rappelle avec force : tout est lié.

L’écologie intégrale ne consiste pas seulement à protéger l’environnement ; elle demande d’adopter une attitude intérieure renouvelée : vivre en frères et sœurs, prendre soin des fragilités, renoncer à la logique de possession pour entrer dans celle du don. Le Christ replace ainsi la personne humaine au cœur de la création, non pas au sommet pour dominer, mais au centre pour servir et relier.

Alors, « le Christ, c’est qui ? » C’est Celui qui fait naître en nous un regard nouveau. Celui qui nous sort de l’indifférence, nous apprend à reconnaître la valeur de ce qui est humble, vivant, blessé. Celui qui tisse une alliance entre l’humain, le vivant et Dieu. Et peut-être aussi Celui qui nous murmure aujourd’hui que la conversion écologique commence quand nous retrouvons notre juste place dans la création : ni maîtres, ni consommateurs, mais gardiens émerveillés.

Jeunes, humour et mot de la Bible – mai 2026

Par Marie-Claude Follonier

Mot de la Bible

Rendre à César ce qui est à César

La formule intégrale est la suivante : « Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » C’est elle que, d’après les Evangiles de Matthieu (22, 21), Marc (12, 13-17) et Luc (20, 25), Jésus prononça en réponse à l’insidieuse question des pharisiens : « Devons-nous payer l’impôt à l’empereur ? » Si la réponse de Jésus était affirmative, il passerait pour un collaborateur, la Galilée étant alors sous domination romaine. Si elle était négative, il serait aussitôt dénoncé auprès de l’occupant. Jésus déjoua le piège en disant aux pharisiens : « Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? » Ils répondirent : « De César. » Alors Jésus leur dit : « Eh bien ! Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Il s’agit de faire la part des choses, de rendre un bien à son propriétaire légitime, dont les droits sont ainsi rappelés.

Par Véronique Benz

Humour

A l’époque des églises pleines durant les offices, deux gaillards qui avaient un peu trop abusé de la dive bouteille pénètrent dans l’église avec un bon quart d’heure de retard. Ne trouvant pas de place dans la nef, ils montent à la tribune dépourvue de sa chorale, pour une fois. Petit à petit, le prêche du curé aidant, ils s’endorment dans les bras de Morphée. La messe finie, les paroissiens quittent le lieu sacré. Après quelques minutes, l’un des deux avinés se réveille, secoue son compagnon et lui dit : « C’est vide ! » Et l’autre, sans réfléchir, lui rétorque : « Eh bien, verse ! »

Par Calixte Dubosson

Restaurer les entrailles

Sandra Dubi et son mari Julien sont pasteurs et parents de six garçons.

L’école des femmes propose des rencontres en ligne pour ouvrir un chemin de restauration profonde. Traumatismes, agressions sexuelles, pertes de grossesse… Dieu veut guérir et relever les femmes afin de les rendre fortes, libres et enracinées. Plus de mille deux cents participantes ont déjà répondu à l’appel. Le besoin est grand et Sandra Dubi, la fondatrice de ce mouvement, l’a bien senti.

Elle propose des podcasts sur des thématiques liées à son ministère lors desquels elle reçoit un invité.

Par Myriam Bettens
Photos : DR

En quoi consistent les rencontres que vous proposez ?
C’est un programme structuré sur six mois, de janvier à juin, comprenant six soirées thématiques sur Zoom. L’objectif est d’aider les femmes à « se lever » pour devenir celles que Dieu désire. Pour ce faire, nous les encourageons à s’engager activement dans l’appel [ndlr. la vocation] qu’Il a déposé sur leur cœur et à cultiver leur foi chrétienne au quotidien. Dieu m’a montré que, pour qu’une femme se lève, il faut travailler à la guérison de ses entrailles. 

Qu’est-ce que la « guérison des entrailles » ?
Les entrailles sont le « lieu très saint » du corps de la femme, là où Dieu dépose la vie. Le ministère se concentre donc sur la guérison des traumatismes qui affectent cette sphère : les pertes de grossesse (avortements, fausses couches, décès d’enfants en bas âge) et les agressions sexuelles. Lorsque les femmes permettent à Jésus de guérir ces blessures profondes, leur « levée » devient inévitable. Elles s’engagent alors pour leur couple, leurs enfants et souvent d’autres causes que Dieu leur met à cœur. 

Six cents inscriptions la première année, puis mille deux cents la deuxième. Un tel succès montre, en filigrane, que le besoin est grand…
Pour changer la vie des gens, il faut atteindre leurs profondeurs en osant traiter ces secrets douloureux avec discernement et de manière non jugeante. Par exemple, en parlant des pertes de grossesse en général plutôt que de stigmatiser l’avortement, cela libère les femmes de la honte et leur permet d’entamer un processus de guérison. En abordant les sujets qui « ouvrent les entrailles », on ne peut pas faire l’impasse sur une aide sérieuse par le biais de toute la batterie thérapeutique, en collaboration avec la puissance du Saint-Esprit.

… mais qu’il n’est pas entendu…
Non, car nous vivons dans un déni sociétal collectif. La perte de grossesse, volontaire ou non, n’est pas un problème. Quant aux agressions sexuelles, il ne suffit pas de dénoncer, cela implique aussi d’apporter aux femmes l’aide nécessaire pour se relever. Je crois sincèrement que dans ces domaines-là, l’Eglise peut faire la différence et j’ai vraiment à cœur d’outiller les Eglises dans ce ministère. Mais on ne va pas dire qu’elles courent toutes à ma porte. Il est plus facile de parler des choses qui ne dérangent pas trop.

De quelle manière la guérison permet-elle aux femmes d’entrer dans leur appel ?
La philosophie de ce ministère pourrait se résumer par le slogan : « Dieu veut faire de ta misère ton ministère. » Souvent, la guérison personnelle est le prélude à la mission. Les femmes ayant traversé des épreuves deviennent les mieux placées pour en aider d’autres vivant des situations similaires. Elles transforment leur propre douleur (perte d’un enfant, avortement, agression) en une « vengeance » vertueuse contre l’Ennemi. Et pour moi, cette « vengeance de l’Eternel », décrite dans Esaïe 61, consiste à apporter guérison, délivrance et restauration.

Sandra Dubi se déplace beaucoup pour donner des conférences à travers le monde. Celles-ci sont souvent traduites en plusieurs langues.

Le « réveil » des femmes

L’école des femmes s’organise autour des soirées Zoom thématiques, conçues comme des « émissions télé » (tables rondes, invités, temps de prière). Les participantes ont aussi accès à d’autres ressources, dont un parcours de guérison en ligne et des podcasts sur des sujets non traités lors des soirées. Des suivis de groupe en présentiel sont proposés deux fois par an, mais ils sont pris d’assaut. Une version en ligne (quatre soirées) a donc été développée. Le dispositif est complété par une conférence annuelle en présentiel pour toute la famille et par une cinquantaine de groupes WhatsApp locaux, permettant aux femmes de se retrouver géographiquement. Une nouvelle session de L’école des femmes débutera en janvier 2027. Les autres ressources et formations sont disponibles sur esaie61.fr

Bio express

Sandra Dubi est née en Suisse en 1973, dans une famille catholique traditionnelle. Touchée par Jésus lors de sa première communion, il vient à nouveau frapper à sa porte alors qu’elle mène une carrière effrénée de mannequin chez Elite. Elle quitte cette vie de paillettes pour le suivre, se marie avec Julien, termine des études en psychologie à l’Université de Lausanne et, avec lui, ils accueillent six garçons. Aujourd’hui, ils sont pasteurs au Gospel Center d’Annecy.

Catherine de Sienne

Catherine de Sienne s’est immiscée dans la politique ecclésiastique et a changé le cours de l’histoire.

Par Paul Martone | Photo : DR

« Ne vous contentez pas de peu, Dieu attend beaucoup de vous ! » Cette exhortation vient de Catherine de Sienne et elle semble avoir été écrite sur mesure pour sa vie ! Elle fait partie des femmes exceptionnelles de l’Eglise catholique : elle s’est immiscée dans la politique ecclésiastique, a exhorté papes et rois et a ainsi changé le cours de l’histoire. Ce n’est pas un hasard si elle a été élevée au rang de docteur de l’Eglise en 1970 et qu’elle compte ainsi parmi les quatre femmes des 38 docteurs de l’Eglise. 

Contre la décadence de l’Eglise

Caterina Benincasa est née en 1347 à Sienne. Lorsque ses parents sévères voulurent la marier à l’âge de 12 ans, elle s’opposa avec succès à ce projet. En 1363, elle devint membre du Tiers-Ordre de Saint Dominique. A une époque marquée par les meurtres, la haine et la guerre civile, elle se sentit appelée par Dieu à s’engager énergiquement contre la décadence de l’Eglise et en faveur de réformes. Elle n’hésita pas à s’exprimer en termes clairs. « Ce que le Christ a acquis sur la croix est gaspillé avec des prostituées », telle était sa critique sans équivoque du déclin moral du clergé. 

Même les évêques n’étaient pas épargnés : « Dans le jardin de l’Eglise, les plantes pourries doivent être arrachées et remplacées par des plantes fraîches et parfumées. » De tels propos provocateurs étaient très inhabituels pour une femme, à l’époque, et étaient considérés avec méfiance par les hommes. Mais Catherine a su convaincre : elle a été autorisée à prêcher et publier officiellement. En 1375, elle a reçu les stigmates du Christ.

Depuis 1309, les papes résidaient « en exil » à Avignon. Finalement, Grégoire XI envisagea de retourner à Rome. Pour le conforter et le soutenir dans sa décision, Catherine écrivit : « Ne soyez pas un nourrisson craintif, mais un homme. » En 1377, le Pape retourna à Rome. Un an plus tard, Catherine s’installa à Rome, où elle réclama des réformes de l’Eglise, qui ne furent cependant jamais vraiment mises en œuvre par le Pape. Catherine mourut à Rome le 29 avril 1380, fut canonisée en 1461 et nommée sainte patronne de l’Europe en 1999. Sa fête est célébrée le 29 avril.

La saison des asperges

Quand les bienfaits de l’asperge et de l’aspersion (selon saint Augustin) se retrouvent par-delà l’étymologie…

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Traditionnellement, les asperges sont récoltées en avril dans nos pays. Mais, si le verbe « asperger » et le légume « asperge » partagent la même écriture, ils n’ont pas la même origine étymologique.

• « Asperger » vient du latin « aspergere » qui signifie « saupoudrer », « répandre ».

• « Asperge » vient du latin « asparagus » qui désigne une jeune pousse et plus directement ce légume.

Mais, au-delà de leur orthographe similaire, « asperger » et « asperge » nous apportent de nombreux bienfaits ; c’est là leur trait commun.

Le naturel et le spirituel

Chez saint Augustin, l’acte d’asperger ou l’aspersion (aspersio) n’est pas traité comme un rite autonome, mais comme une purification étroitement liée au baptême, à la grâce de Dieu. 

Les bienfaits de l’aspersion résident dans sa signification spirituelle : elle rappelle que Dieu purifie, mais pas l’homme ; elle renvoie à la grâce baptismale ; elle invite à la conversion intérieure ; elle enseigne l’humilité.

L’asperge est un légume aux nombreux bienfaits nutritionnels et médicaux, reconnu pour ses effets positifs sur l’organisme. 

Elle est riche en vitamines et minéraux essentiels et contient notamment : des vitamines du groupe B (B1, B2, B9) ; de la vitamine C, antioxydante ; de la vitamine K, importante pour la coagulation sanguine et la santé osseuse ; des minéraux comme le potassium, le phosphore et le magnésium.

L’asperge est connue pour ses propriétés diurétiques, favorisant l’élimination de l’eau et des déchets par les reins, ce qui contribue au bon fonctionnement du système urinaire. 

Grâce à sa teneur élevée en fibres alimentaires, l’asperge améliore le transit intestinal et prévient la constipation. 

L’asperge contient des antioxydants. Ces composés contribuent à protéger les cellules contre le vieillissement prématuré et peuvent réduire le risque de certaines maladies chroniques.

Des sources de bienfaits

Grâce à sa richesse en potassium et en folates (vitamine B9), l’asperge participe à la régulation de la pression artérielle et à la réduction du taux d’homocystéine, un facteur de risque cardiovasculaire contribuant ainsi à la santé du cœur et des vaisseaux sanguins.

L’asperge est une excellente source de folates, indispensables au développement du système nerveux du fœtus, prévenant certaines malformations congénitales.

L’asperge est un légume complet, à la fois léger, nutritif et protecteur pour la santé. Intégrée régulièrement dans l’alimentation, elle contribue au bon fonctionnement de nombreux systèmes de l’organisme, tout en apportant saveur et variété aux repas.

Etre aspergé selon saint Augustin et manger des asperges nous procurent de tels bienfaits qu’il serait donc dommage de nous en priver !

Alexandre Ineichen : artisan d’unité

L’Abbé est le visage de la communauté à l’extérieur.

Une journée d’hiver comme les autres à Saint-Maurice. Le soleil qui illumine de ses rayons les sommets enneigés ne semble pas atteindre l’imposante abbaye vieille de plus de 1500 ans. Vêtu de la traditionnelle soutane noire, ayant troqué le rochet blanc pour la croix pectorale, le chanoine Alexandre Ineichen avance à ma rencontre. Le nouveau Père-Abbé a reçu la bénédiction abbatiale le 19 mars dernier, jour de la fête de saint Joseph.

Par Véronique Benz | Photos : Olivier Roduit

Né en 1967 à Berne, Alexandre Ineichen a vécu toute sa jeunesse dans le Chablais, entre Monthey et Ollon. Il est originaire de Suisse allemande par son papa et du Gros-de-Vaud par sa maman.

Détendu, d’aspect jovial, il parle ouvertement. A sa manière de s’exprimer, on devine l’ancien enseignant et à sa façon de soupeser les mots le recteur fraîchement retraité.

Alexandre Ineichen a fait ses études à Saint-Maurice. « Mes parents étaient catholiques, j’ai fait ma première communion et ma confirmation, mais c’est à l’adolescence que j’ai redécouvert la foi en Jésus Christ. Deux questions m’habitaient : devenir religieux et me mettre au service de l’Eglise. » Pour répondre à cet appel du Seigneur, il cherche un peu partout pour finalement réaliser que tout était là sous ses yeux. « Les chanoines de Saint-Maurice ont la particularité, ce ne sont pas les seuls, d’associer ce double aspect de vie religieuse et de vie sacerdotale. Nous vivons au sein d’une communauté tout en nous engageant au service de l’Eglise comme prêtre. » 

En 1988, sa maturité en poche, Alexandre Ineichen entre au noviciat chez les chanoines de Saint-Maurice. Il prononce ses premiers vœux en 1989 et est ordonné prêtre le 21 mai 1994.
Il étudie la théologie, les mathématiques et la physique à l’Université de Fribourg. A partir de 1996, il commence à enseigner au collège de l’Abbaye les maths, la physique, l’éthique et la culture religieuse. Il a travaillé quelque temps à l’internat, puis il fut prorecteur et recteur depuis 2007. 

Alexandre Ineichen est un chanoine heureux. « La prière et l’étude remplissent une existence, même s’il y a parfois des hauts et des bas. Puis il y a l’apostolat dans lequel nous avons beaucoup de joies : mariages, baptêmes, etc. Pour moi, il fut également réjouissant de participer à la vie du collège. » Le chanoine relève que dans cette vie apostolique, il y a des échecs. « Nous aimerions faire mieux, différemment. Il faut reconnaître que c’est souvent les rapports humains qui sont compliqués. » Pour Alexandre Ineichen, c’est justement au cœur des difficultés que nous trouvons quelque chose d’enrichissant.

L’Abbé, un artisan d’unité

Quel est le rôle de l’Abbé ? « Il s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs. Un autre élément essentiel : l’Abbé fait l’unité. L’abbaye est à la fois un lieu de vie, un lieu de prière et une PME. » L’Abbé Ineichen doit créer des liens entre toutes ces réalités. Il est également le visage de la communauté à l’extérieur. 

Alexandre Ineichen avoue ne pas être un révolutionnaire dans l’âme. « Pour moi le plus important est de réussir à amener chaque membre de la communauté, les gens qui travaillent avec nous et ceux qui viennent nous rencontrer, à s’épanouir. Je ne suis pas Abbé pour dire ce qu’il faut faire, mais plutôt pour susciter les charismes et surtout pour permettre à chacun de développer ce qu’il est réellement. C’est la fameuse phrase d’Augustin : « Deviens ce que tu es. » L’Abbé doit être le facilitateur de cette expression-là. » 

Bâtir l’unité dans la confiance, voilà le challenge du nouvel Abbé de Saint-Maurice.

Rome a confirmé le 31 octobre 2025 l’élection du chanoine Alexandre Ineichen comme nouvel Abbé de Saint-Maurice.

Un souvenir marquant de votre enfance ?

Mes meilleurs souvenirs d’enfance sont les vacances chez ma grand-maman dans le Gros-de-Vaud. 

Votre moment préféré de la journée ?

Je suis un lève-tôt. J’apprécie ce moment, tôt le matin, où tout est calme et paisible.

Votre principal trait de caractère ?

Je pense que c’est la fidélité, la loyauté.

Votre livre préféré ?

Je lis énormément. J’aime me perdre dans les grands récits classiques comme Dostoïevski ou Soljenitsyne.

Une personne qui vous inspire ?

Emmanuel Levinas que j’ai eu comme professeur à l’université ainsi que certains chanoines que j’ai eus comme enseignants ou confrères. 

Votre prière préférée ?

L’Office divin est la prière par excellence. Chaque jour, je découvre les psaumes. Je trouve qu’ils ont une richesse et une profondeur très importantes.

En librairie – avril 2026

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Ouvertures bibliques
Herbert Marks

Ouvrir l’Ancien Testament avec Herbert Marks, c’est se préparer à un voyage savoureux et à bien des surprises : la Bible est un rouleau à déployer au risque des paradoxes et des interrogations qui la traversent, en expriment la richesse et obligent à une redécouverte permanente. Plus que tout autre, elle est un livre à arpenter, à lire et à relire. Herbert Marks manifeste dans ces pages qu’il est aujourd’hui l’un des meilleurs exégètes de l’Ecriture. Il nous fait aborder les rivages de l’Ancien Testament, livre par livre, en s’attachant aux figures qui en dessinent la trame et en nourrissent l’intrigue. Sous sa plume, les hommes et les femmes, patriarches et prophètes, prennent vie pour devenir nos compagnons de route.

Editions Loyola

Acheter pour 36.00 CHF

Témoins de l’Espérance
Benoît de Blanpré avec Thomas Oswald

Dans de nombreux pays, des chrétiens célèbrent l’eucharistie, prient et confessent le Christ au péril de leur vie. Malgré des conditions terribles, les Eglises qui sont frappées par la persécution font preuve d’une extraordinaire vitalité. Les auteurs nous invitent à la rencontre de ces témoins cachés qui vivent l’Evangile au cœur du danger. Sans chercher l’héroïsme, ils demeurent fidèles au Christ et deviennent pour nous des exemples. Ce voyage bouleversant auprès des apôtres de notre temps rappelle que l’espérance chrétienne reste vivante et indestructible, particulièrement dans l’adversité.

Editions Artège

Acheter pour 29.30 CHF

Celles qui ont dit oui
Anne Céline Denis 

Chaque figure féminine est abordée sous l’angle de sa résilience humaine et de l’espérance de l’Alliance. De Sara à Marie, nous apprenons la résilience qui affronte le désert. Quand la vie quotidienne, la vie de couple, la vie de famille sont menacées, qu’en est-il des relations hommes-femmes ? Quelle espérance pour le couple d’Anne et Tobie quand Tobie devient aveugle ? Quelle issue pour la veuve de Sarepta condamnée à mourir de faim ? Au-delà de la résilience humaine, quelle était la source de leur espérance ? Enfin, celles qui ont dit oui nous permettent de relire le Magnificat d’une façon unifiée et renouvelée.

Editions Saint-Léger

Acheter pour 23.90 CHF

Ma première bible animée
Suzy Senior

Des récits de la Bible pour les enfants de trois ans et plus, avec de quoi faire jouer leurs petits doigts (soulever, toucher, déplacer, tourner…) pendant qu’ils entendent parler de Dieu le Père qui les a créés et les aiment, eux et le monde entier, et de Jésus son Fils venu les sauver. Une découverte de la Bible à travers des épisodes marquants, que l’enfant peut animer en tournant, soulevant ou déplaçant certains éléments.

Editions Pierre Téqui

Acheter pour 19.40 CHF

Pour commander

Apprends à lire!

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Ah, la Bible, et ses milliers de pages qui narrent guerres, mariages, prières, constructions d’arche ou de temple… ou qui conjuguent la dénonciation par les prophètes de l’idolâtrie et de l’injustice au sein de sociétés humaines… par trop humaines !

Ainsi résumée, la Bible semble être écrite pour aujourd’hui, non ? Le monde a-t-il changé ? Oui. Malgré les sirènes des pessimistes : aujourd’hui, on apprécie la poésie du récit de la Création en Genèse 1 car on sait que c’est un mythe fondateur et non pas une page scientifique ! On se délecte au gré des épisodes dignes de sagas sur Netflix avec Abraham, Isaac, Joseph – vies à rebondissements qui ont tout sauf l’exemplarité sertie au cœur… et pourtant, ils sont exemples de comment Dieu transperce de Son esprit les velléités humaines. On peut se sentir ému.e en priant avec le psalmiste les 150 « chants de David » – que moniales et moines du monde entier récitent fidèlement, et quotidiennement, tout comme les bons prêtres, bréviaire en main.

Il y a de l’humour – connaissez-vous le coup de schibbolet dans Juges 12, 4-6 ? ou l’ânesse qui parlait à son méchant de maître (Nombre 22) ? etc. – quand ce n’est pas Jésus lui-même qui prétend que le chameau (ou le cable… selon les traductions) ne passerait pas le chas d’une aiguille !

Il y a de l’amour familial, filial et amical – Abraham et Sarah, Joseph pour ses traîtres de frères, Jonathan et David, Esther et Judith pour leur peuple – quand ce n’est pas Paul qui se saigne aux quatre veines pour annoncer le Christ Vivant !

Il y a des contes – connaissez-vous le choix d’un roi par les arbres (Juges 9, 7-20) – et des généalogies interminables mais pleines d’enseignements pour qui sait décrypter. La Bible, c’est une septantaine de livres, des dizaines de styles littéraires, de l’hébreu et du grec ancien. Et deux Testaments : vivre du Second, pour nous chrétien.ne.s, implique de toujours mieux connaître le Premier dont Jésus s’est repu… littéralement !

Mon baptême, pourquoi et pour quoi?

Sébastien, baptisé le 19 avril 2025 à Saint-Joseph.

Témoignage à la messe de la Chandeleur, 31 janvier 2026 à Saint-Joseph.

Par Sébastien Weilenmann | Photos : Chrystophe Rakotondranaivo

Je m’appelle Sébastien Weilenmann, j’ai 25 ans et je vis depuis ma naissance ici, dans le bassin genevois. […] Français, Savoisiens, Anglais, révolutionnaires, monarchistes, impérialistes, immigrants des quatre coins du monde et j’en passe et des meilleurs, tous ont influencé et permis aux citoyens genevois de s’identifier ainsi aujourd’hui. Rassurez-vous, je ne suis pas venu vous donner un cours d’Histoire. Mais si je m’adresse à vous aujourd’hui c’est parce que je suis, comme vous, arrivé dans ce monde, sur ces terres remplies d’Histoires qui nous échappent et qu’on oublie bien souvent.

Je me suis donc très souvent demandé, et cela me tracasse encore beaucoup aujourd’hui : « Mais pourquoi suis-je là ? Pourquoi moi ? Quel est le but de tout cela ? » Et puis, certainement comme beaucoup d’entre vous de la génération Z, j’ai grandi avec un téléphone dans la main, quand ce n’était pas une manette de Play ou de Wii !

J’ai également grandi avec Internet et donc eu un accès immense à l’information et au monde gigantesque des réseaux sociaux. 

Ce qui est sûr, c’est que mon cerveau ne s’est jamais réellement ennuyé car stimulé en permanence. Très tôt j’ai donc été touché par les guerres, les tragédies, les drames qui arrivent partout sur la planète. Bien que privilégié car disposant d’un toit, de nourriture abondante et de la possibilité de me divertir à souhait, il m’était impossible de me satisfaire de cette situation. En effet, à force de suivre de près ces parcours de stars, des sportifs d’élite, très vite millionnaires et célèbres, j’ai moi-même voulu en devenir une. Pour ce faire, j’ai joué au basket toute mon enfance dans l’espoir de devenir le nouveau Michael Jordan, mais cela n’a pas réussi. Ensuite je voulais devenir un trader riche et je n’ai pas été pris dans l’université prestigieuse à laquelle j’aspirais. Ce youtuber très connu, je voulais mener le même train de vie, voyager à travers le monde et vivre des expériences de fou ! Et puis je me suis lassé. J’ai même un jour voulu être président… Quelle idée…

Rarement cependant, je voulais être… moi-même.

C’était donc avec une forte déception, un état quasiment dépressif, nihiliste en tout cas, que je suis passé à l’âge adulte. Malheureux, me sentant bon à rien, presque aigri d’un monde où j’avais l’impression que rien ne me souriait, que rien n’était fait pour moi. J’enchainais soirées arrosées, conquêtes sans lendemain et surtout des heures devant ma Playstation, arrêtant le sport, m’abrutissant de substances néfastes.

Et puis un jour, lassé de ma médiocrité, secoué par la fille qui deviendra très vite ma copine, réveillé par son cœur pur, j’ai voulu trouver le chemin du bonheur, celui des Béatitudes.

C’est, par coïncidence, à ce moment-là que mon grand-père m’a tendu un livre, me disant : « Tiens, ce livre décrit les paraboles de Jésus, si tu l’aimes bien, alors je t’en passerai un autre. » […] Elles ont changé ma vie car pour la première fois je me suis penché sur la vie du Christ et son enseignement. J’ai pu lever la tête vers toutes les choses qui sont le fruit de la création du Divin. Cette communauté chrétienne qui a tant œuvré pour la paix, qui a tant enseigné et qui a permis à tant de personnes de vivre dans l’allégresse, peu importe la noirceur de notre Monde.

A la suite de cela, j’étais décidé à demander le baptême. La démarche fut simple : une recherche Google, un e-mail à la paroisse la plus proche de chez moi et le lendemain j’avais déjà une réponse. Je remercie encore le Père Thierry de m’avoir tendu sa main. C’était il y a tout juste un an. Nous avons fait un tour dans le parc La Grange et, très vite je suis allé à la rencontre des autres cheminants. […]

C’est à ce moment que j’ai assisté à ma première messe, un moment magnifique mais aussi confus pour moi. Ne sachant pas quoi dire, comment faire, heureusement une autre cheminante m’a guidé. […] Et je remercie Dieu tous les jours de m’avoir fait croiser le chemin de cette fille, de m’avoir fait connaître ces livres qui m’ont donné l’envie de lire l’Evangile. Je remercie Dieu car je suis allé à la rencontre du Père Thierry ainsi que de tous les autres frères et sœurs en Christ lors de mon cheminement et ensuite. Je remercie enfin Françoise, ma marraine, que je ne connaissais pas avant de commencer mon cheminement et qui s’est généreusement proposée pour m’accompagner le jour de la Veillée pascale.

J’ai arrêté les soirées à outrance, les différentes substances abrutissantes, je me suis fait une raison de vivre, une raison d’être. Le sport, mon travail, apprendre et progresser n’a jamais été aussi gratifiant et facile. Vivre et partager me rendent toujours plus heureux et surtout, l’amour me guide. L’amour de Jésus mais aussi celui de ma compagne qui est auprès de moi et qui me donne la force d’avancer sans craintes dans ce monde.

Je suis convaincu que vous vivrez la même chose que moi, que vous serez transcendé par cette même joie et que vous serez heureux et je me réjouis pour vous. Le jour de votre baptême sera votre naissance et votre essence pour avancer dans votre vie, avancer sans craintes et avec courage.

[…] Voyagez, entrez dans les églises et faites la messe partout où vous le pourrez. Allez à la rencontre de vos frères et sœurs en Christ, de cette paroisse et d’ailleurs, découvrez, identifiez et admirez les créations de Dieu et œuvrez pour apporter plus de beauté, de paix et d’amour. Réjouissez-vous d’être vous-même, unique à votre manière.

Depuis le banc du fond

Devant une tisane fumante, c’est un joli moment de partage avec Marie. Même si un froid hivernal s’invite au crépuscule, la glace fond immédiatement dès les premiers mots d’une discussion aussi sérieuse que joyeuse avec cette dynamique jeune femme.

Propos recueillis par François Riondel 
Linographie: Raphael Beffa

La foi de Marie s’est réellement développée sur le banc du fond de l’église de son village. Sa grande famille, très pratiquante, s’y installait afin d’éviter de trop déranger les paroissiens. Alors enfant, Marie n’a jamais caché à ses camarades sa pratique religieuse qui, pour elle, était totalement normale. Cette attitude conduisait son entourage à diverses réactions : « Toute petite, on m’a beaucoup «  charriée  », que ce soit sur mon prénom, ou ma religion et ma foi. » Mais, dit-elle, ces attitudes provenaient certainement d’une forme d’ignorance.

Grâce à l’éducation reçue par ses parents et l’aide du Seigneur, Marie explique avoir vite compris que ses interlocuteurs, qui lui posaient de multiples questions, n’avaient pas reçu la même éducation qu’elle, ce qui lui permettait de rester calme et compréhensive, même face à des propos très crus, difficiles à vivre et à décrypter.

Jeune adulte, Marie a vécu des expériences plus compliquées, en recevant des remarques et des questions dont le but était certainement de la faire trébucher. Les gens ont souvent peur de parler de leur foi, de crainte d’être jugés comme appartenant à un groupe. Ils peuvent discuter de religion entre eux, mais ont oublié la primo-communication entre leur âme et Dieu. Cette communication doit être entretenue et développée. Une fois qu’on est aligné sur ce principe, on accepte de ne pas être d’accord lors de certaines discussions et de le vivre sains crainte.

Dans ses relations, Marie ne parle pas de sa foi de prime à bord, mais la croix qu’elle porte autour du cou amène les gens à l’interpeller. Ces personnes ont souvent beaucoup d’idées reçues, telles un Dieu punisseur ou la promesse de l’enfer si l’on n’est pas pratiquant. « Les gens ont monté une sorte de fantasme cauchemardesque de ce qu’est la religion parce qu’ils n’ont pas rencontré le Christ. »

Lors de ses études, Marie a vécu une période difficile, désertique, à travers une relation amoureuse où son compagnon ne croyait pas en Dieu. Peu à peu, Marie se rendait moins souvent à la messe et priait moins pour ne pas le déranger. Bien plus tard, Marie s’est rendu compte que cette personne avait brouillé sa ligne avec Dieu. Pour la première fois, Marie se sentait gênée de parler de sa foi : « Difficile de ne pas être acceptée comme on est, ça fait mal ! » Marie ne parlait plus de Dieu, allait seule à la messe, dans le silence. Elle se sentait incomprise et incomplète. Au milieu de cette période, Marie a reçu un grand « coup de pouce » du Seigneur : elle se retrouva, sans l’avoir vraiment décidé, dans une église où elle put exprimer sa détresse lors d’une confession et en y déversant toutes les larmes retenues depuis longtemps : « En sortant de là, j’ai cru que je ne touchais plus le sol, tellement je me suis sentie allégée et en paix. » Cet événement n’a pas résolu tous les problèmes, mais lui a redonné confiance et force.

Aujourd’hui, Marie sent cette présence du Seigneur tant chez elle que chez ses interlocuteurs : « Le Seigneur se manifeste de la manière qui permet à chacun de l’accepter. Il va se cacher dans les choses les plus banales pour que chacun puisse le comprendre à sa manière. »

Marie a envie de nous dire que, lors de toute discussion sur notre Seigneur et la religion, il faut s’efforcer d’enlever nos préjugés : « Ce n’est pas parce qu’on a quelqu’un en face de nous qui est hargneux et qui en veut à la religion, à la terre entière… et même à Dieu, que cela signifie qu’il est contre nous. On ne peut que l’encourager à se libérer de ses préjugés. De plus, on peut ainsi vivre des conversations passionnantes. »

Marie constate avec joie que des personnes à qui elle a pu porter son témoignage peuvent, bien plus tard, lui dire que cela les a aidés à avancer. Dans le cantique des cantiques, relève Marie, il y a un magnifique verset : « Je vous en conjure, … , n’éveillez pas, ne réveillez pas l’Amour, avant qu’il le veuille. » (8, 4)

Votre paroisse dans la poche

La paroisse Saint-Joseph attendait avec impatience un outil tel que MyChurch.

Développée pour rester connectée à la vie de sa paroisse, l’application MyChurch est pensée comme un outil de proximité, qui s’adapte aux besoins des églises locales. Tout en continuant à « donner une voix à Dieu », le groupe Saint-Augustin s’adapte aux enjeux contemporains en intégrant les technologies numériques pour rapprocher les communautés de foi.

Par Myriam Bettens | Photos : DR

Un outil plus efficace que les annonces en fin de messe, moins fastidieux qu’une recherche sur Google et dont les données seraient hébergées localement.Un vœu pieux ? Plutôt du pain béni… et à portée de clic ! Le groupe Saint-Augustin a lancé, le 1er octobre dernier, l’application MyChurch « pour rapprocher les communautés de foi », tout en poursuivant sa vocation de « donner une voix à Dieu ». Elle offre aux paroisses un espace taillé sur-mesure leur permettant de partager avec leur communauté, et au-delà, toute une série d’outils et d’informations pour fluidifier leur communication. 

Plus qu’un réseau social-chrétien, l’application se veut intuitive, inclusive et multilingue. De plus, MyChurch s’adapte aux besoins des paroisses, que vous souhaitiez y trouver les horaires de messe, les annonces en temps réel, les invitations aux événements ou les messages que vous avez ratés à cause d’une visite inopinée de belle-maman, tout s’y trouve ! La plateforme offre aussi la possibilité d’animer des groupes et d’échanger des vidéos et des photos. Les images de la première communion du petit neveu sont floues ? Vous savez maintenant où aller les chercher !

Cerise sur l’application : les données sont entièrement hébergées en Suisse. MyChurch ne fait donc pas de la sécurité et de la confidentialité une option. Cet espace, aussi unique que chaque paroisse, ne nécessite pas non plus le recours à un spécialiste de l’informatique. Avec des publications planifiées et synchronisées automatiquement entre l’application et le site de la paroisse, les mises à jour s’opèrent en temps réel. Autrement dit, un gain de temps, tout en évitant les tracasseries informatiques.

Appelée à « connecte[r] toutes les communautés d’Eglise en Suisse »  – puis dans un second temps, les paroisses des pays francophones voisins, avant de s’étendre au reste du monde – l’application se déploie aujourd’hui dans de nombreuses communautés romandes et linguistiques, ainsi qu’à des groupes tels que Cath.ch ou en encore Action de Carême. Côté terrain, à la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives, l’application était attendue comme le Messie. « Nous souhaitions proposer un accès direct à ce qui se passe dans la paroisse. Cette « app » donne la possibilité à l’équipe pastorale de la Région Voie Verte – Eaux-Vives jusqu’à Presinge – d’alimenter l’actualité paroissiale avec des textes et des photos et aux fidèles de devenir acteurs de leur vie paroissiale. Elle offre de l’information en temps réel tout en permettant une grande réactivité », explique Thierry Schelling, le prêtre responsable, d’un air réjoui.

Curieux de voir à quoi ressemble cette application ?

• L’application est téléchargeable sur Apple Store et Google Play Store sous l’appellation MyChurch by Saint-Augustin

Envie d’installer l’application dans votre paroisse ? 

• Prenez contact avec mychurch@saint-augustin.ch ou au 024 486 05 00

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