Huit ans après l’incendie qui a ravagé l’église du Sacré-Cœur à Genève, le bâtiment a retrouvé une nouvelle vie. Un livre retrace l’aventure hors norme de cette « renaissance » et raconte comment une catastrophe est devenue l’occasion de réinventer le lieu.
Philippe Fleury tenant l’ouvrage fraîchement sorti de presse.
Huit ans après l’incendie qui a ravagé l’église du Sacré-Cœur à Genève, le bâtiment a retrouvé une nouvelle vie. Un livre retrace l’aventure hors norme de cette « renaissance » et raconte comment une catastrophe est devenue l’occasion de réinventer le lieu.
Par Myriam Bettens Photos : Philippe fleury / ECR, Service d’incendie et de secours (SIS)
Les portes du Sacré-Cœur franchies, on ne peut manquer d’admirer les marbres installés sur le sol du lieu de culte. Différents tons ont été choisis pour élaborer les motifs, dont de l’orange. « Est-ce une bizarrerie de souhaiter du marbre pour le sol d’un édifice religieux ? », s’interroge Philippe Fleury. Ce qui semblait aller de soi pour le président du conseil de la paroisse du Sacré-Cœur a été considéré comme une extravagance du point de vue patrimonial. Entre obstacles administratifs et normes à respecter, la reconstruction du Sacré-Cœur n’a rien eu d’une promenade de santé.
Il y a huit ans, l’incendie qui avait ravagé le bâtiment n’avait laissé debout « que ses murs extérieurs ». Paradoxalement, cet événement, vécu de prime abord comme une catastrophe, est devenu, Philippe Fleury en est convaincu, une chance pour le bâtiment. « Jamais une transformation d’une telle ampleur n’aurait été entreprise. Ça a été la chance du Sacré-Cœur », résume-t-il. Aujourd’hui, l’édifice a été entièrement repensé et accueille, en plus du lieu de culte, des activités et des espaces qui en font un endroit singulier. Restaurant, bureaux, salles de conférence et salle des fêtes cohabitent avec l’église. Un concept qui « n’a pas d’équivalent en Europe ». Même après cette renaissance, le Sacré-Cœur n’a pas été épargné par les épreuves. Vitres brisées, difficultés administratives, bataille pour le financement et, récemment, profanation du tabernacle : le parcours aura décidément été semé d’embûches. « Notre chemin est pavé de gravier », lance-t-il, une pointe d’ironie dans la voix.
Toutefois, se remémorer de tels souvenirs n’assombrit en rien la fierté des promoteurs du projet, Philippe Fleury en tête. Pour mesurer le chemin parcouru et « ne pas laisser cette histoire disparaître », un ouvrage collectif retraçant l’aventure hors norme de cette reconstruction vient de paraitre. L’église Sacré-Cœur à Genève : l’histoire d’une reconstruction. De l’incendie de 2018 à l’inauguration du 31 mai 2024, se veut à l’image du bâtiment qu’il raconte : « beau, riche en illustrations et attentif aux détails ». Les textes et les photographies ont ainsi été rassemblés au fil des années, jusqu’à l’achèvement des derniers espaces. Le Cercle du Sacré-Cœur, situé au sous-sol et terminé quelques mois avant la parution de l’ouvrage, a notamment pu être photographié pour figurer dans ses pages.
L’ouvrage entend être plus qu’un simple témoignage de chantier. Il est bien entendu question des étapes de la « renaissance » du bâtiment et de la manière de regarder autrement un lieu marqué par son histoire, mais aussi de rendre hommage à toutes les mains qui ont porté cette tâche « titanesque » et de relever les nombreux gestes de solidarité qui ont durablement marqué les esprits.
Vue de la toiture après l’incendie.
A mettre dans toutes les mains
Le livre, L’église Sacré-Cœur à Genève : l’histoire d’une reconstruction. De l’incendie de 2018 à l’inauguration du 31 mai 2024, Editions Saint-Augustin, 2026, 188 p., est disponible à la vente directement aux éditions ou à l’église du Sacré-Cœur.
Lorsque je repense à l’ancienne traduction française du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation », je me dis qu’on l’a échappé belle ! Le risque était grand de demander à Dieu de faire de nous des chrétiens sous cloche, préservés de toute épreuve, de tout désir, de toute aspérité.
Malgré ses tentatives, ce n’est pas le diable qui a poussé Jésus au désert, mais bien l’Esprit.
Par Pascal Ortelli Photo : DR
Lorsque je repense à l’ancienne traduction française du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation », je me dis qu’on l’a échappé belle ! Le risque était grand de demander à Dieu de faire de nous des chrétiens sous cloche, préservés de toute épreuve, de tout désir, de toute aspérité.
La tentation n’est pas une anomalie, mais une composante de notre condition humaine. Nous sommes des êtres incarnés et de désir. Tant mieux, car c’est souvent à travers l’épreuve que Dieu nous rencontre. N’oublions pas que ce n’est pas le diable qui a poussé Jésus au désert, mais bien l’Esprit. La sainteté ne consiste donc pas à vivre hors du réel, mais à le traverser avec Lui sans s’y perdre.
« Ne nous laisse pas entrer en tentation », prie-t-on dans la nouvelle traduction, plus proche du sens biblique. Il y a là l’assurance de ne pas succomber à une foi « Bisounours » et de rester solidement greffé au Seigneur. A nous d’oser nous laisser tenter ou plutôt… attirer par l’Aimant.
Que signifie la demande du Notre Père: «Ne nous laisse pas entrer en tentation»?
Que signifie la demande du Notre Père: «Ne nous laisse pas entrer en tentation»?
Dans son livre Jésus de Nazareth, Benoît XVI distingue l’épreuve de la tentation.
Par Paul Martone | Photos: Unsplash, DR
Jusqu’à il y a quelques années, nous priions dans le Notre Père : « Et ne nous soumets pas à la tentation. »
En 2017, le pape François a estimé que cette traduction n’était pas satisfaisante. Selon lui, ce n’est pas Dieu qui pousse l’être humain à la tentation : « Un père ne fait pas cela ; un père aide aussitôt son enfant à se relever. » Dans plusieurs langues, cette demande a depuis été reformulée et se lit désormais : « Et ne nous laisse pas entrer en tentation. » Dans les pays germanophones, en revanche, les évêques allemands s’en tiennent à la traduction traditionnelle, car celle-ci est, selon eux, plus précise tant sur le plan théologique que linguistique.
Une traduction imparfaite
Il est important de bien comprendre le propos du Pape, car cette phrase prête effectivement à confusion. Il s’agit toutefois de la traduction littérale, qui correspond au texte que le Vatican lui-même a promulgué comme norme, la Nova Vulgata.
Quelle version correspond à l’intention de Jésus ? Dieu nous soumet-il vraiment à la tentation ?
Il ne s’agit nullement de dire que Dieu voudrait nous pousser à faire le mal. « Que personne, devant la tentation, ne dise : C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut pas être tenté par le mal et il ne tente lui-même personne. » (Jc 1, 13) Dieu veut, au contraire, nous en délivrer. Nous lui demandons de ne pas nous laisser emprunter le chemin qui conduit au péché. Nous sommes engagés dans un combat « entre la chair et l’Esprit ». C’est pourquoi cette demande du Notre Père implore l’Esprit de discernement et de force (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC), n° 2846).
Le théologien juif Pinchas Lapide a fait remarquer que le problème disparaît presque entièrement lorsqu’on retraduit cette phrase en hébreu. Le verbe hébreu הביא correspondant peut signifier non seulement « conduire » ou « amener », mais aussi « laisser venir » ou « laisser entrer ». C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il est encore employé aujourd’hui dans les synagogues, par exemple dans la prière du soir : « Ne me laisse pas tomber sous le pouvoir du péché, ni sous celui de la faute, ni sous celui de la tentation. »
Si Jésus a utilisé ce verbe, il ne pouvait vouloir dire qu’une chose : « Ne nous laisse pas succomber à la tentation ! » La formulation « Ne nous soumets pas à la tentation » pourrait donc provenir du fait que le traducteur grec a simplement retenu le sens le plus courant du terme hébreu.
Les diverses formes de la tentation
Saint Augustin porte un regard positif sur la tentation lorsqu’il écrit : « Celui qui n’est pas tenté n’est pas éprouvé ; celui qui n’est pas éprouvé ne progresse pas. » (Youcat, n° 525)
Cependant, personne ne devrait s’exposer volontairement et avec naïveté au danger de la tentation. Le Catéchisme distingue clairement entre « être tenté » et « consentir à la tentation » (CEC, n° 2847).
Jusqu’à notre dernier souffle, notre existence demeure un combat contre des tentations qui prennent des formes très diverses. Il y a la tentation de l’orgueil. Il y a la tentation de nuire ou de détruire la réputation d’autrui par des paroles mensongères ou des rumeurs. Il existe des tentations d’ordre sexuel, aujourd’hui omniprésentes. D’autres concernent des réalités plus profondes, susceptibles de détruire durablement la personne : la tentation d’amasser des richesses de manière insatiable, quitte à écraser les autres pour parvenir à ses fins. Enfin, il y a la tentation originelle : vouloir être comme Dieu.
Une décision du cœur
Parce que l’être humain est libre, il peut être tenté ; il lui appartient alors d’assumer cette liberté avec responsabilité. Pour résister à la tentation, une décision du cœur est nécessaire, car c’est dans le cœur que résident le bien et le mal. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur… Nul ne peut servir deux maîtres. » (Mt 6, 21-24)
Par le baptême et la confirmation, nous avons reçu l’Esprit Saint. C’est lui que nous voulons suivre et dont nous désirons vivre.
Dieu ne permettra pas que nous soyons soumis à des tentations dépassant nos forces : « Dieu est fidèle et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Au moment de la tentation, il préparera le moyen d’en sortir pour que vous puissiez y résister. » (1 Co 10, 13)
Pourquoi existe-t-il des tentations ?
Pourquoi Dieu permet-il que nous soyons confrontés à la tentation ?
Dans le premier volume de son ouvrage Jésus de Nazareth, le pape Benoît XVI distingue l’épreuve de la tentation : « Pour parvenir à la maturité, pour passer d’une piété superficielle à une communion toujours plus profonde avec la volonté de Dieu, l’homme a besoin de l’épreuve. De même que le jus du raisin doit fermenter pour devenir un vin noble, l’homme a besoin de purifications et de transformations. Elles comportent un risque : celui de la chute. Mais elles constituent les chemins indispensables pour parvenir à soi-même et à Dieu. L’amour est toujours un processus de purification, de renoncement et de transformation douloureuse de soi ; c’est ainsi qu’il devient le chemin de la maturité. » (Jésus de Nazareth, t. I, p. 197)
Il est cependant réconfortant de savoir que Dieu ne concède au mal qu’un pouvoir limité. Nous ne sommes donc jamais abandonnés sans défense.
Que faire ?
Jésus lui-même a vaincu le tentateur dans le désert. Plus tard, au jardin des Oliviers, il a également affronté son angoisse mortelle dans la prière.
Si Jésus, le Fils de Dieu, a trouvé dans la prière la force de lutter contre la tentation, il nous montre clairement le chemin à suivre. La prière est le meilleur moyen de combattre la tentation.
L’histoire de l’Eglise en offre d’innombrables exemples. Beaucoup de saints ont traversé de grandes épreuves et connu de profondes tentations. Même lorsqu’ils étaient plongés dans les plus grandes obscurités de la foi, ils sont restés fidèles à la prière, jusqu’au jour où la lumière de Dieu est de nouveau apparue au terme de leur nuit.
Il en va de même pour nous : il est essentiel de demeurer fidèles à la prière, même lorsqu’elle devient difficile.
Le pape Benoît XVI a souligné lui aussi l’importance de cette fidélité. A propos de la sixième demande du Notre Père, il écrit : « En disant à Dieu : « Ne nous laisse pas entrer en tentation », nous lui disons en réalité : « Je sais que les épreuves me sont nécessaires pour que mon être soit purifié. Si tu permets ces épreuves, si, comme pour Job, tu accordes au Malin une certaine liberté, alors souviens-toi, je t’en prie, de la limite de mes forces. N’aie pas trop confiance en moi. Ne repousse pas trop loin les frontières dans lesquelles je peux être tenté. Et lorsque cela devient trop lourd pour moi, demeure proche de moi par ta main protectrice. » » (Jésus de Nazareth, t. I, p. 198)
Dieu demeure le Mystère, le Tout-Autre. La prière qu’il nous a donnée et l’image de Dieu qu’elle exprime demandent toujours à être expliquées. Mais cette tâche incombe à la catéchèse et à la prédication.
A Bucarest en 2019, le pape François a commenté le Notre Père devant les orthodoxes. Il développe une lecture montrant que la tentation consiste notamment à se détourner des autres. La prière est le chemin qui permet de résister à la tentation.
C’est par notre désordre intérieur que nous sommes tentés, pas par le Seigneur. « Que nul, s’il est éprouvé, ne dise : "C’est Dieu qui m’éprouve." Dieu ne tente personne, chacun est éprouvé par sa propre convoitise qui l’attire et le leurre. » (Jacques 1, 13-14)
A Massa et à Mériba, la nation sainte avait mis le Très-Haut au défi pour savoir si oui ou non, il se maintiendrait au milieu des siens et répondrait à leurs revendications en leur attribuant de l’eau.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR
C’est par notre désordre intérieur que nous sommes tentés, pas par le Seigneur. « Que nul, s’il est éprouvé, ne dise : « C’est Dieu qui m’éprouve. » Dieu ne tente personne, chacun est éprouvé par sa propre convoitise qui l’attire et le leurre. » (Jacques 1, 13-14) Le désir humain centré sur lui-même agit comme une force d’engendrement qui conçoit la rupture avec Dieu et le péché parvenu lui-même à son terme enfante en nous la mort (Jacques 1, 15).
Si nous nous laissons libérer du mal et nous nous attachons à Dieu, nous fructifierons pour la sainteté, c’est-à-dire pour la relation d’amitié avec le Seigneur et, finalement, nous entrerons dans la plénitude de la vie éternelle. « Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais dans le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur. » (Romains 6, 23)
C’est toujours l’homme qui tente Dieu, ainsi que le peuple d’Israël l’avait fait à Massa et à Mériba dans la traversée du désert. La nation sainte avait mis le Très-Haut au défi pour savoir si oui ou non, il se maintiendrait au milieu des siens et répondrait à leurs revendications en leur attribuant de l’eau (Exode 17, 1-7).
L’être humain se détourne de Dieu et manque cruellement de confiance en son Sauveur. Il se met à le provoquer pour tester la fiabilité divine à l’aune de ses désirs déviés. Alors que Dieu ne saurait vouloir le mal ! Dans le Notre Père, nous demandons au Père de ne pas nous laisser entrer en tentation, de ne pas tomber dans le péché et de nous délivrer du mal. Pour nous remettre la récompense de sa présence : Heureux l’homme qui supporte l’épreuve ! Sa valeur une fois reconnue, il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment (Jacques 1, 12).
Heureusement, Dieu reste fidèle : en fin de compte, aucune tentation à laquelle nous succombons ne dépasse la mesure humaine. Jamais il ne permet que nous soyons tentés au-delà de nos possibilités. Et quand nous tombons dans la séduction du mal, il nous octroie la force d’en sortir (1 Corinthiens 10, 12-13). A l’exemple du Fils qui a résisté aux traquenards du Diabolos (Matthieu 4, 1-11 et parallèles).
Grâce à Paul VI « Et ne nos inducas in tentationem », vous vous rappelez ?
La prière du Notre Père, en hébreu. Jusqu’au Concile, on la récitait… en latin.
Par Thierry Schelling | Photo : DR
Grâce à Paul VI
« Et ne nos inducas in tentationem », vous vous rappelez ? On priait le Notre Père en latin jusqu’au Concile – même si, depuis quelques années, cette langue morte revient sur le devant de la scène liturgique ! – et personne ne se demandait ce que « inducas » pouvait signifier…
En 1966, le tutoiement à Dieu et le « ne nous laissez pas succomber à la tentation » sont adoptés par la bienheureuse adaptation de la liturgie selon saint Paul VI. Un peu rude ? Qu’à cela ne tienne, on change et écourte en « ne nous soumets pas ». Toujours dans cette grande réforme du regard de l’Eglise vis-à-vis du monde qu’a été le Concile.
Pape François
Arrive le 3 décembre 2017 où l’on est invité, et ce aussi avec nos sœurs et frères d’autres Eglises francophones, à adopter le « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Comme un retour à l’esprit de 1966 ? Dieu ne tente pas, mais on peut Le prier pour nous éviter de céder… Dieu ne nous éprouve pas pour nous faire chuter, mais accompagne tous nos détours pour nous inspirer le chemin droit.
Aux origines
Mais que dit le texte des Evangiles ? « μὴ εἰσενέγκῃς ἡμᾶς » translitéré « mē eisenénkēis hēmâs », d’un verbe qui dit « amener vers, mener à ». Donc l’idée qui vient de l’Ancien Testament où Dieu conduit son peuple y compris dans les affres de la vie pour l’éprouver, y est simplement reprise… Or, avec le Christ et 2000 ans de maturation théologique des croyant.e.s, la précision que « la vie » nous tente, et que Dieu peut nous éviter de « succomber » est plus adéquat spirituellement avec un Dieu appelé Père, Mère…
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Anne-Claire Rivollet, représentante de l’évêque pour les couples et les familles du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujetde son choix. Anne-Claire Rivollet, représentante de l’évêque pour les couples et les familles du diocèse de LGF, est l’auteure de cette carte blanche.
Par Anne-Claire Rivollet Photos : ECR, Unsplash
Au début de l’été, j’ai rencontré un couple marié civilement depuis 16 ans, qui demandait le sacrement du mariage. Cette demande m’a émue : qu’est-ce qui les motive à faire cette démarche maintenant ? Qu’attendent-ils du sacrement ? Grâce à cette rencontre, toute ma perception du sacrement du mariage a été « rénovée » !
Choisir de placer son couple au cœur de la vie de Dieu Père, Fils et Esprit est une démarche à faire en tout temps. Le sacrement ne vient pas « combler » un manque, mais accomplir une histoire humaine par l’accueil de la Grâce divine.
La démarche de ce couple est une perle pour nous, Eglise : elle nous confirme qu’il ne faut pas juger, mais demeurer veilleurs et confiants de l’action de Dieu dans les liens d’Amour.
La vocation matrimoniale est l’objet de la rencontre des présidents de conférence épiscopale avec le pape Léon à Rome. Depuis toujours, le mariage est une convention sociale, mais il est temps que nous, croyants, nous réinvestissions cette union et en fassions un lieu de témoignage. « Valoriser l’amour conjugal et familial comme un moteur essentiel pour l’évangélisation et l’action pastorale » est un des cinq thèmes de la réunion romaine.
Depuis 10 ans déjà, lors de la publication de l’exhortation Amoris Laetitia par le pape François, l’Eglise insiste sur cette vocation matrimoniale. Les Pastorales des couples et des familles de votre canton ont de nombreuses propositions pour déployer cette vocation et accompagner les couples dans leurs démarches.
A l’instar du document préparatoire pour la rencontre au Vatican, n’oublions pas que l’Amour de Dieu se dit à travers les liens qui unissent hommes et femmes de tous les temps. A chacun-e de faire le pas d’accueillir chaque « couple en union de fait » vers un discernement de l’Amour qui unit le Père, le Fils et l’Esprit Saint.
Car oui, nous le croyons : Dieu a un projet d’Amour pour chacun.e, quelle que soit son histoire relationnelle.
« Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses », page "Jeunes, humour et mot de la Bible" d'octobre 2026 par Marie-Claude Follonier
Par Marie-Claude Follonier
Mot de la Bible
Accoucher dans la douleur
Cette expression rappelle la parole que Dieu adresse à Adam et Eve après leur désobéissance, les sommant de quitter le jardin d’Eden. Jusqu’alors, ils y vivaient paisiblement, sans connaître la moindre difficulté. En punition de leur faute, Dieu condamne l’homme au travail pour assurer sa subsistance et la femme à accoucher dans la douleur pour donner la vie. Aujourd’hui, cette expression est utilisée pour une tâche que l’on a de la peine à achever.
Par Véronique Benz
Humour
Dans une paroisse où j’ai vécu comme vicaire, il y a sur le mur de la cure un anneau d’attache. Un passant intrigué a demandé quelle était son utilité. C’est le croque-mort de la commune qui lui a répondu : « Mon bon Monsieur, c’est une boucle qui servait, dans l’ancien temps, à attacher le cheval durant les offices de sépulture. A la fin de l’office, on détachait le cheval et on l’attelait au corbillard, style diligence. Il conduisait le défunt, suivi des participants à la messe, jusqu’au cimetière qui se situait à 600 mètres de l’église. Mon bon Monsieur, vous me croirez ou vous ne me croirez pas, mais j’ai gardé un étalon qui a accompli cette tâche pendant presque 10 ans. Pour vous dire, il était si habitué, qu’au cimetière, il pleurait avec la famille ! »
A l’Institut Philanthropos, Vincent Aubin a entamé sa deuxième rentrée en tant que directeur. Il entend relever les défis auxquels ce lieu est confronté dans une optique de continuité, tout en suivant sa propre voie.
Vincent Aubin est agrégé de philosophie. Il vient d’entamer sa deuxième rentrée en tant que directeur de Philanthropos.
A l’Institut Philanthropos, Vincent Aubin a entamé sa deuxième rentrée en tant que directeur. Il entend relever les défis auxquels ce lieu est confronté dans une optique de continuité, tout en suivant sa propre voie.
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer
L’Institut Philanthropos a eu ses années fastes avec un grand nombre d’étudiants, puis les inscriptions ont baissé. A quoi attribuez-vous cela ? On remarque une certaine désaffection des jeunes pour les années de césure et de volontariat. Les « années pour Dieu » étaient pourtant un passage quasi obligé pour les jeunes chrétiens, il y a dix à quinze ans. Aujourd’hui, l’inquiétude généralisée des jeunes face à l’avenir les pousse à privilégier la sécurité d’un emploi et d’un revenu. Malgré ce contexte difficile, l’Institut se maintient, contrairement à de nombreuses autres structures proposant des formations similaires qui ont dû fermer.
Pensez-vous que les accusations portées à l’encontre de la communauté Eucharistein peuvent être, en partie, responsables de ce « désamour » ? N’étant pas présent à l’époque, j’admets mon ignorance sur le fond de l’affaire et je ne peux pas non plus évaluer son impact. Ce qui est positif est que la communauté Eucharistein, comme tant d’autres, a pu travailler sur son histoire et sa gouvernance. En arrivant à l’Institut, j’ai tenu à rendre visite à la communauté, en Valais, et j’ai été merveilleusement accueilli. Je suis heureux de tout le bien qui a été fait, et des rapports apaisés et cordiaux que nous maintenons.
Aujourd’hui, vous cherchez à rejoindre les jeunes qui reviennent à l’Eglise. Quelles sont vos pistes pour y parvenir ? Ce que nous offrons en termes de formation répond évidemment aux besoins d’une partie des jeunes qui se tournent vers l’Eglise. Notre meilleure publicité repose sur le témoignage des anciens de Philanthropos, car la très large majorité des étudiants arrive à l’Institut par cet intermédiaire-là. En complément, nous assurons une présence sur des forums et des salons, comme lors des JMJ de Payerne, pour créer des points de contact.
Certains observateurs parlent de l’Institut comme d’un bastion du catholicisme « tradi ». Est-ce que ce qualificatif – fondé ou non – vous semble séduisant pour les jeunes que vous cherchez à atteindre ? Les jeunes ont besoin aujourd’hui, surtout ceux qui reviennent à la foi, de quelque chose de consistant, structuré et qui n’a pas peur de dire ce qu’il est. J’accepte ce qualificatif s’il évoque une formation de qualité, fidèle à l’enseignement de l’Eglise et à une belle liturgie. En revanche, si cette étiquette suggère un bastion d’entre soi, un groupe de catholiques de droite se regardant avec contentement et jugeant le reste du monde, cela ne correspond pas du tout à notre réalité. Une des richesses de l’Institut est au contraire de permettre à un jeune de découvrir la joyeuse variété des visages de l’Eglise.
D’un autre côté, une année à Philanthropos a un coût élevé, ce qui peut favoriser un certain entre-soi… Le coût de la scolarité est comparable à celui d’une année en établissement privé avec hébergement et ne doit en aucun cas être une raison pour se priver de cette année. C’est pourquoi un travail conséquent est mené par l’Institut pour trouver des donateurs prêts à financer des bourses. Il y a ainsi environ un quart de boursiers dans chaque promotion. Si un jeune est motivé, on trouve toujours une solution, la Providence y veille !
Lors de votre nomination, votre prédécesseur a parlé du « meilleur vin pour la fin »… Sauf que ce n’est pas la fin, à peine le début ! Blague à part, je souhaite continuer à cultiver un lieu où des personnes extraordinaires, aux profils très variés, collaborent et s’enrichissent mutuellement. Je rêve que l’institut, tel un bon vin, révèle l’harmonie de tous les parfums – les grappes – qui ont contribué au rayonnement de Philanthropos. Ce sera la vraie maturité.
Philanthropos dites-vous?
L’institut propose une formation sur la personne humaine.
Situé à Bourguillon, sur la colline surplombant Fribourg, l’Institut Européen d’Etudes Anthropologiques (IEEA) a été fondé en 2004 à l’initiative d’un groupe d’intellectuels et universitaires catholiques suisses et français, dont Nicolas Buttet, fondateur de la Fraternité Eucharistein. Plus connu sous le nom de Philanthropos, l’Institut a pour vocation de proposer à de jeunes adultes une formation approfondie et pluridisciplinaire sur la personne humaine. La philosophie et la théologie sont ainsi mises en rapport avec les différents domaines de la littérature, des sciences humaines et des religions non chrétiennes. La formation se déroule sur une année et repose sur trois piliers : intellectuel (études), fraternel (vie communautaire) et spirituel (vie de foi). S’ajoute à cela une formation artistique, centrée autour du théâtre et du chant. Partenaire de l’Université de Fribourg, les étudiants au bénéfice d’un cursus à Philanthropos peuvent faire valoir leurs acquis dans la poursuite d’études universitaires.
Bio express
Vincent Aubin est né à Paris en 1968. Agrégé de philosophie, il a notamment enseigné à l’EMD, école de management à Marseille, ainsi qu’à l’Institut de relations publiques et de communication (IRCOM) à Lyon. Depuis 2012, il a formé les étudiants de Philanthropos en doctrine sociale de l’Eglise et en philosophie.
Sainte Thérèse de Lisieux (également appelée Thérèse de l’Enfant-Jésus ou la « petite » Thérèse) mena une vie extrêmement retirée et devint rapidement célèbre après sa mort – et l’est restée jusqu’à aujourd’hui.
Par Paul Martone | Photo : DR
Sainte Thérèse de Lisieux (également appelée Thérèse de l’Enfant-Jésus ou la « petite » Thérèse) mena une vie extrêmement retirée et devint rapidement célèbre après sa mort – et l’est restée jusqu’à aujourd’hui.
Elle est née en 1873 à Alençon, fille de Louis Martin et de Zélie Guérin. Le couple a été canonisé en 2015. Dès l’âge de 15 ans, Thérèse a pu entrer à Lisieux dans le strict ordre des Carmélites, où plusieurs de ses sœurs vivaient déjà en tant que religieuses. En 1888, elle prononça ses vœux. Elle considérait son cheminement de foi et de vie religieuse comme un chemin d’abandon total et confiant au Dieu miséricordieux. Elle aspirait à la sanctification du quotidien et misait sur les petits gestes de foi de la vie de tous les jours – son « petit chemin » d’amour, sur lequel elle trouvait Dieu « même au milieu des casseroles ».
A certains égards, elle est peut-être plus proche de nos contemporains qu’on ne le pense. Elle a connu l’enfer de l’éloignement de Dieu et s’est sentie de plus en plus souvent abandonnée par Lui dans la clôture. Au sein de sa communauté religieuse, elle se heurtait aux autres et était constamment humiliée par la mère supérieure. Elle a sombré dans la dépression et souffrait de plus en plus souvent d’anxiété. Thérèse n’est pas la seule à avoir vécu cela : d’autres saints et mystiques ont eux aussi fini par consacrer entièrement leur vie à Dieu après avoir traversé des crises de foi. Thérèse est elle aussi restée fidèle à son « petit chemin ». Jésus ne s’était-il pas senti abandonné de la même manière sur la croix ?
Thérèse de l’Enfant-Jésus est décédée le 30 septembre 1897. Elle a été canonisée en 1925 et proclamée docteure de l’Eglise en 1997. Son journal a été publié sous le titre Histoire d’une âme. Il s’est immédiatement vendu à des millions d’exemplaires et a influencé d’innombrables personnes dans leur cheminement de foi et de vie.
Inspirés par elle, les chrétiens pourraient passer d’une « société de performance morale » à « une communauté mystique marquée par l’amour de Dieu ». Son message : seul l’amour compte. Sa fête est le 1er octobre.
La publication de l’encyclique du pape Léon XIV Magnifica Humanitas nous interpelle sur les bienfaits et les menaces de la technologie. Dans ce contexte, que penser de l’expérience menée à Lucerne pendant deux mois, fin 2024, consistant à installer un robot-confesseur ?
Par Pierre Guillemin | Photo : DR
La publication de l’encyclique du pape Léon XIV Magnifica Humanitas nous interpelle sur les bienfaits et les menaces de la technologie. Dans ce contexte, que penser de l’expérience menée à Lucerne pendant deux mois, fin 2024, consistant à installer un robot-confesseur ?
Piloté par une Intelligence Artificielle, installé dans un confessionnal pendant environ deux mois en 2024, ce « Deus in Machina » pouvait dialoguer dans une centaine de langues et répondait aux questions posées à partir du Nouveau Testament et d’instructions théologiques. Plus de 900 conversations ont eu lieu, ce qui permet de disposer de nombreux retours d’expérience intéressants scientifiquement.
Ainsi, l’échange avec une machine « empathique » a été vécu comme quelque chose de spirituel. Il semble aussi que bon nombre de ceux qui ont tenté l’expérience, et annonçant qu’ils n’avaient pas la foi, se sont sentis plus à l’aise devant une machine en posant des questions sur la mort, la culpabilité, la solitude ou Dieu, plutôt qu’en dialoguant avec un prêtre.
Toutefois, l’outil, aussi perfectionné soit-il, porte en lui-même sa propre limite fondamentale à savoir : l’intelligence artificielle ne croît pas en Dieu. La machine fournit des réponses qui sont certes pertinentes dans la majorité des cas, mais elles peuvent aussi se révéler superficielles ou fausses.
Surtout, et c’est certainement sur ce point que l’expérience est digne d’intérêt : « Des humains peuvent réellement se sentir écoutés par quelque chose qui ne les écoute pas au sens humain du terme. » Mais, si une personne ressort réellement apaisée après avoir parlé à une intelligence artificielle, cette expérience spirituelle est-elle moins « réelle » parce que son interlocuteur était une machine ? Dans ce sens, la machine, en tant qu’outil, ouvre peut-être la voie à une réflexion sur le contenu, le déroulement d’une confession.
Fondamentalement, la machine ne peut répondre à la question : où est la signification du pardon ? Comment une machine qui ne croît pas en Dieu et encore moins à l’amour de Dieu pourrait-elle pardonner ? Par-dessus tout, la machine ne donne aucune absolution.
Posat, petit village de la campagne fribourgeoise, est surtout connu pour être le lieu d’origine du bienheureux Apollinaire Morel et pour les célèbres poulets au panier de son restaurant. C’est aussi là que vit Concetta Di Cicco, qui anime depuis plus de dix ans les groupes du Rosaire vivant dans le canton de Fribourg.
Par Véronique Benz | Photos : DR
Posat, petit village de la campagne fribourgeoise, est surtout connu pour être le lieu d’origine du bienheureux Apollinaire Morel et pour les célèbres poulets au panier de son restaurant. C’est aussi là que vit Concetta Di Cicco, qui anime depuis plus de dix ans les groupes du Rosaire vivant dans le canton de Fribourg.
« Nous avons reçu cette mission au Foyer de Charité de Marthe Robin », raconte Concetta Di Cicco. « Une Valaisanne distribuait des flyers présentant le Rosaire vivant. Elle m’a demandé si j’acceptais de le promouvoir dans le canton de Fribourg. » Profondément attachée à la Vierge Marie depuis son enfance, Concetta accepte ce défi avec enthousiasme. Lorsqu’elle s’engage, aucun groupe du Rosaire vivant n’existe encore dans le canton de Fribourg. En Valais, en revanche, cette chaîne de prière est implantée depuis plus de vingt ans et compte déjà plusieurs groupes. Aujourd’hui, quatre groupes sont actifs à Fribourg, fruit d’un patient travail de témoignage et de proximité.
Prière et communion
Mais qu’est-ce que le Rosaire vivant ? « C’est une chaîne de prière composée de vingt personnes. Chacune s’engage à prier chaque jour une dizaine de chapelet, c’est-à-dire un Notre Père, dix Je vous salue Marie et un Gloire au Père, en méditant l’un des vingt mystères du Rosaire : joyeux, lumineux, douloureux ou glorieux. Ainsi, chaque jour, l’ensemble des mystères est médité par le groupe. »
Cette initiative remonte au XIXe siècle. Elle est née grâce à Pauline Jaricot, qui eut l’intuition de répartir la prière du Rosaire entre plusieurs personnes afin de la rendre plus accessible. En quelques années, plus d’un million de fidèles rejoignent cette œuvre. Elle résumait son intuition par cette image parlante : « Quinze charbons : un seul est bien allumé, trois ou quatre le sont à demi, et les autres non. Rapprochons-les, c’est un brasier ! » Reconnu par le pape Pie IX en 1877, le Rosaire vivant demeure aujourd’hui une véritable œuvre d’Eglise.
Prière et fraternité
Pour Concetta Di Cicco, le Rosaire est une prière simple, à la portée de tous. « Nous prions en communion avec les autres membres du groupe et avec toutes les personnes qui vivent cette démarche à travers le monde. Nous portons les intentions de chacun, celles de l’Eglise et celles du monde. Le Rosaire vivant unit la prière et la fraternité. »
Cette communion spirituelle est devenue pour elle une véritable famille. Lorsqu’elle évoque le Rosaire vivant, son visage s’illumine. Elle partage volontiers les nombreuses rencontres et les amitiés nées au fil des années.
« Grâce au Rosaire vivant, j’ai rencontré beaucoup de personnes. J’ai eu l’occasion de voyager et de faire de magnifiques découvertes. »
Chaque année, elle organise un pèlerinage destiné aux membres des différents groupes, mais ouvert à toute personne désireuse d’y participer. Son souhait est simple : faire découvrir la beauté de cette prière. « Chaque fois que j’en ai l’occasion, j’en parle. Mais je ne force jamais personne. Chacun est libre. »
Une chose apparaît avec évidence au fil de son témoignage : dans le chemin de foi de Concetta Di Cicco, la Vierge Marie occupe une place toute particulière et conduit constamment vers son Fils.
« Je souhaite que tous les croyants, avec la Vierge, marchent résolument sur la voie de la sainteté, en tenant le regard fixé sur Jésus et en méditant, avec le chapelet, les mystères du Salut », saint Jean-Paul II, audience générale du 29 octobre 2003.
Dans son jardin, Concetta a une grotte dédiée à la Vierge.
Un souvenir marquant de votre enfance
Mon arrivée en Suisse, à l’âge de huit ans, comme fille d’immigrés italiens. Je me souviens aussi que, depuis toute petite, j’ai toujours aimé la Vierge Marie.
Votre moment préféré de la journée
Chaque jour, vers 16 heures, je prends une vingtaine de minutes pour me recueillir et prier le Rosaire.
Votre principal trait de caractère
Je suis une personne joviale et ouverte, mais je sais aussi défendre mes convictions.
Votre livre préféré
J’apprécie particulièrement les biographies de saints.
Une personne qui vous inspire
Toutes les personnes que je rencontre m’inspirent d’une manière ou d’une autre. Je pense tout spécialement à Louisette Amaro, l’infirmière de Marthe Robin.
Votre prière préférée
L’Angélus.
Concetta Di Cicco
• Mariée à Jean-Marc, Concetta est maman de deux enfants adultes et grand-maman d’une petite-fille.
• Originaire de Sicile, elle est arrivée en Suisse à l’âge de huit ans.
• Après plus de vingt ans comme collaboratrice à la CSS Assurance, elle a poursuivi son parcours professionnel comme secrétaire de direction au Centre catholique de radio et télévision à Lausanne jusqu’à son départ à la retraite.
Démo[n]cratiquement vôtre est la suite de Tactique du diable. Dans l’essai qui lui a donné son nom, C. S. Lewis présente son argumentaire sous la forme d’un discours tenu par un démon à ses disciples.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Démo[n]cratiquement vôtre C .S. Lewis
Démo[n]cratiquement vôtre est la suite de Tactique du diable. Dans l’essai qui lui a donné son nom, C. S. Lewis présente son argumentaire sous la forme d’un discours tenu par un démon à ses disciples. C’est un texte subtil qui évoque la situation du monde et les risques qu’il court, aujourd’hui encore. L’auteur y explore comment une compréhension erronée de l’égalité démocratique peut mener à une forme de dictature encore plus insidieuse, car elle ne découle pas d’un dirigeant, mais plutôt de la volonté populaire. Qui blâmer quand on est soi-même responsable de la tyrannie ?
Toute l’œuvre du diable consiste à tromper, tenter, blesser l’homme pour qu’il se perde. Si l’enjeu final est manifeste, il est cependant complexe de déterminer et classifier la nature de son pouvoir, surtout lorsqu’on cherche à rendre compte de la frontière entre la tentation, action ordinaire du démon, et son action extraordinaire dont la possession est la plus connue. A cette frontière se trouve ce qui est souvent dénommé un « lien ». Quelle réalité ce terme recouvre-t-il ? Comment rendre compte théologiquement de cette métaphore ? C’est à ces questions et bien d’autres que l’auteur s’efforce de répondre.
Notre Père, qui es aux cieux… Ces mots accompagnent les chrétiens du monde entier au quotidien. Mais qui nous les a transmis ? Quelle est leur signification ? Phrase après phrase, grâce à un vocabulaire simple adapté à leur âge (4-7 ans), les jeunes lecteurs découvriront le sens de cette prière fondamentale, transmise par Jésus à ses disciples.
Le combat spirituel Sœur Emmanuel Maillard – Laurence Chartier
La vie chrétienne n’est pas un chemin facile ! Au contraire, nous allons y rencontrer toutes sortes de pièges, d’embûches et d’illusions séductrices pour nous détourner de la vie de prière et de l’union à Dieu. Heureusement, nous disposons de nombreuses armes pour mener ce bon combat, par exemple la Parole de Dieu, le jeûne, les prières des saints, la présence de la Vierge Marie. Les autrices nous apprennent à identifier ces armes et à les utiliser contre les obstacles intérieurs et extérieurs qui visent à nous détourner de Dieu. Ainsi armés, nous pourrons nous engager dans ce combat dont l’enjeu est notre liberté, et nous avancerons avec la grâce de Dieu vers la paix et le bonheur qu’il veut nous donner en abondance.
Connaissez-vous Madagascar, cette belle île de l’océan Indien ? Elle fait partie du continent africain. Son histoire remonte à 4000 ans environ et sa géologie est un vrai trésor. Faune et flore surabondent. Cette île est attirante.
Connaissez-vous Madagascar, cette belle île de l’océan Indien ? Elle fait partie du continent africain. Son histoire remonte à 4000 ans environ et sa géologie est un vrai trésor. Faune et flore surabondent. Cette île est attirante. Les Portugais sont les premiers Européens à s’installer sur l’ile suivis par les Français. Le Royaume de Madagascar est instauré au début du XIXe siècle puis l’indépendance sera signée le 26 juin 1960. Mais côté politique… chut pas un mot, tout est tellement triste ! Tant de beautés et de richesses opposées à une intense pauvreté humaine et des conflits divers.
Mais sur cette île est né notre ami Jean-Baptiste le 5 avril 1973, troisième d’une fratrie de 11 enfants, il sera d’abord commerçant ambulant puis prendra la direction du séminaire en 1993 pour être ordonné prêtre le 1er octobre 2006. De 2014 à 2021 Jean Baptiste rejoint Paris pour suivre des études de droit canon, il en ressortira avec un master et une capacité en doctorat. C’est durant cette période que nous (Thierry Schelling et Astrid Belperroud) avons rencontré JB. Il venait chaque été dans notre UP de Renens-Bussigny prendre le bon air suisse. Merci à Père Serafin, de la communauté malgache de Renens, de nous avoir mis en contact.
C’est avec un immense plaisir que nous accueillons pour ce mois de la mission, notre ami JB à Saint-Joseph et sur notre UP :
• pour nous permettre de le rencontrer autour de sa mission ;
• pour lui permettre un repos mental (il rayonne sur un immense territoire avec beaucoup de responsabilités diocésaines, mais aussi directeur de deux écoles) et reprendre des forces ;
• pour lui fêter son jubilé ;
• pour le soutenir (stand à la fin des messes).
Il présidera des messes à Saint-Joseph et participera à deux Tables de partage avec la Pastorale des Milieux ouverts organisées les lundis 5 et 12 octobre de 12h à 14h à la paroisse protestante de Montbrillant.
Quand nous pensons aux tentations, spontanément nous vient à l’esprit ce trio incontournable de tout bon roman policier : l’argent, le sexe et le pouvoir.
Les tentations du Christ, Cathédrale Notre-Dame, Grenoble (aularge.eu).
Quand nous pensons aux tentations, spontanément nous vient à l’esprit ce trio incontournable de tout bon roman policier : l’argent, le sexe et le pouvoir. Facile me direz-vous, de se savoir détachés de ses finances, peu concernés par la concupiscence, ni enclins à des ambitions sans limite, bref : enracinés dans l’Evangile. A priori un sans-faute qui, pourtant, peut nous faire basculer, malgré tout et avec une infinité de nuances dans cette autre tentation subtile : celle de l’innocence ou, autrement dit, de l’angélisme.
Une première ombre sur ce tableau idyllique : si nous accomplissons une action charitable, c’est bien sûr très bien. Le Christ par ailleurs nous ouvre la voie : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » (Mt 10, 8) Mais en ce qui nous concerne, quelle raison nous pousse à laisser libre cours à cette générosité ? N’est-ce pas, parfois, par présomption ? J’ai besoin d’être reconnu par mes pairs. Par duplicité ? Je prends de l’ascendant sur les autres. Par orgueil ? Mon savoir et mon intelligence ne peuvent en faire moins. Voire, le plus fréquemment, par besoin… d’amour et de reconnaissance ? Donc, rares sont nos actions totalement désintéressées à travers une foule de circonstances qui, à des degrés divers – si nous avons l’honnêteté de nous y confronter – sont peu ou prou éloignées des exigences évangéliques !
Sainte Thérèse d’Avila, toujours clairvoyante devant les travers humains – les siens inclus – , nous remet en chemin, sans jugement de valeur, mais en soulignant la juste mesure de nos comportements : celui qui est véritablement humble, doute toujours de ses propres vertus ; il lui semble même que celles qu’il découvre dans le prochain sont plus solides et plus profondes que les siennes (le chemin de perfection).
Un autre voile peut altérer notre tableau : chaque jour, nous sommes confrontés à des actualités douloureuses qui secouent notre planète et nous laissent impuissants et démunis. Les dommages collatéraux des territoires en guerre, la misère ou les catastrophes naturelles peuvent nous dégager de toute responsabilité. Le diable se cachant dans les détails, cette autre tentation de l’innocence n’est-elle pas, là aussi, mise à mal ? Abdiquer – donc pécher contre l’espérance – cela résonne-t-il comme très chrétien ?
Pour conclure, sur cette même tentation, figure à une bonne place sur l’échelle pernicieuse de l’innocence, la banalisation des biens quotidiens reçus de Dieu et des autres. Saint Bernard de Clairvaux a bien saisi cette ingratitude humaine, présente dans nos milieux professionnels, en famille ou en balade, et même… dans nos paroisses : nous en voyons bien de nos jours un certain nombre qui demandent à Dieu, avec assez d’instance, ce qui leur manque, mais on n’en voit qu’un bien petit nombre qui semblent reconnaissants des bienfaits qu’ils ont reçus (contre le vice détestable de l’ingratitude).
Décourageants, ces aveux de faiblesse ? Si peu en vérité… Croyants, nous ressemblons à une icône dont le Christ miséricordieux, patiemment et avec joie, corrige sans se lasser les imperfections, pour autant que Son Esprit nous habite et que nous Lui faisions confiance !
Au début du XIXe siècle, Puplinge faisait partie de la commune de Ville-la-Grand, tout comme Presinge et Juvigny. Par le traité de Turin (16 mars 1816), Presinge et Puplinge furent attribuées à Genève qui décida qu’elles ne formeraient qu’une seule commune.
Installation de l’EP pour la Région Voie Verte en novembre 2025.
Au début du XIXe siècle, Puplinge faisait partie de la commune de Ville-la-Grand, tout comme Presinge et Juvigny. Par le traité de Turin (16 mars 1816), Presinge et Puplinge furent attribuées à Genève qui décida qu’elles ne formeraient qu’une seule commune.
Cependant, leurs habitants n’avaient aucune envie de cohabiter et les divergences furent nombreuses. Le 9 novembre 1850 le Grand Conseil vota une loi sur la division de la commune de Presinge en deux, qui correspondait à l’acte constitutif de la commune de Puplinge. Toutefois, Puplinge ne disposant d’aucun édifice religieux ni de cimetière, devait se déplacer à Chêne-Thônex pour assister à la messe. En 1838, la paroisse de Chêne-Thônex demanda au Conseil d’Etat que Puplinge soit détachée, avec comme raison que l’église était fréquemment remplie outre mesure par la population nombreuse dudit village !
Le Conseil d’Etat s’y refusa, notamment parce que les Puplingeois ne voulaient pas se rendre à Presinge ! En 1855, une convention financière fut signée : Puplinge versera Fr. 50.– par an pour l’entretien de l’église et du cimetière de Chêne-Thônex !
La Commune n’étant, déjà à l’époque, pas riche, cela invita les élus à réfléchir ainsi : cet investissement ne serait-il pas mieux utilisé pour y édifier un cimetière chez soi. Ce sera chose faite en 1862 avec l’aide de l’Etat ; dès lors, les Puplingeois n’eurent plus à parcourir les 4 kilomètres pour enterrer leurs morts : une chapelle funéraire fut aménagée dans une salle inutilisée de l’école (actuelle Salle des Mariages de la Mairie), mais les autres activités religieuses, dont le catéchisme, se firent toujours à Thônex. En 1868 un vicaire de Chêne-Thônex est nommé pour desservir Puplinge, pas pour longtemps, Kulturkampf oblige !
En 1894, la paroisse de Puplinge fut rattachée à celle de Presinge par décision de l’Evêque de Lausanne, avec obligation pour son curé de célébrer à Puplinge également ! Dès 1907 les offices se tinrent donc dans une ancienne grange des Chartreux à la rue de Graman. Cependant, l’abbé Henri Michel desservant la paroisse, se plaignit du manque de piété de ses ouailles : qui plus est, il devait se rendre à Puplinge à bicyclette pour une assistance très maigre…
De 1907 à 1964, les célébrations eurent lieu dans la première chapelle ; en 1964, celle-ci, trop petite, voit un baraquement en bois transporté de la Queue-d’Arve à Puplinge, et posé sur l’emplacement du terrain de basket actuel. Cette baraque était dédiée à saint Michel Archange lorsqu’elle trônait à la Jonction : elle sera bénie sous le vocable du Bon Pasteur.
Entre-temps, de 1950 et 1969, Puplinge passa de petit village rural à une agglomération mi-rurale mi-citadine ; de nouveaux bâtiments locatifs furent construits. Qui dit nouveaux habitants, dit plus d’enfants et l’obligation de construire une nouvelle école (1977) arriva rapidement. Dès 1969, le grand marchandage des terrains s’opéra : un terrain pour la prison, un terrain à construire au centre du village, un terrain agricole sont déclassés (Frémis, Pré-Marquis, Plein-Champs) en zone de développement.
La paroisse n’y échappa pas : dès 1973, elle échangea son terrain avec sa chapelle en bois contre un nouveau pour une nouvelle église qui sera livrée clés en main ! Elle fut construite en 1975 par le Consortium Honegger sur des plans de l’Architecte Claude Marteau. Juillet, pose de la première pierre ; bénédiction, le 6 octobre 1976.
C’est l’église du Bon Pasteur telle que nous la connaissons, avec son mobilier liturgique œuvre du sculpteur genevois André Bücher, son acoustique appréciée des musiciens à un tel point qu’elle est aujourd’hui la base du « Festival Puplinge Classique ».
Ce n’est pas tout à fait la fin de l’histoire, car devant l’église sur ce qu’est la Place Rose actuelle, auraient dû être construits des immeubles… Des oppositions et bien des négociations plus tard, la commune racheta la surface pour Fr. 220’000.– et offrit cette Place comme centre de toutes nos activités importantes.
En 1994, grâce à un apport généreux de la commune, le Bon Pasteur peut enfin construire un campanile inauguré le 7 mars 1995. La petite cloche en « mi » sonne l’Angélus et la grande en « do » les heures.
Si Puplinge n’a jamais eu vraiment de curé résidentiel, une cure demeure à Presinge, mais depuis 19… n’abrite plus que notre secrétaire paroissiale…
Désormais, Puplinge et Presinge conciliées, nous sommes fières d’être une Paroisse dynamique, active dans la Région Voie verte avec une communauté vivante et engagée ! Vive ses 50 ans !
* Je remercie Hanjörg Roth qui, dans son ouvrage Histoire des communes de Presinge et Puplinge m’a donné le matériel nécessaire à l’écriture de cet article.
La lumière joue un rôle central dans les créations de Raphaël Beffa, prénommé rafabé dans le milieu artistique. Récemment invité lors d’un culte au temple de Gy pour y présenter trois de ses créations, Raphaël m’a éclairé (c’est le cas de le dire) par ses propos.
Propos recueillis par François Riondel Photos : Raphaël Beffa
La lumière joue un rôle central dans les créations de Raphaël Beffa, prénommé rafabé dans le milieu artistique. Récemment invité lors d’un culte au temple de Gy pour y présenter trois de ses créations, Raphaël m’a éclairé (c’est le cas de le dire) par ses propos. J’ai donc eu envie de les partager avec vous.
La lumière brille depuis longtemps, le soleil, les étoiles, la lune… et puis l’être humain essaya de chasser la nuit avec différentes inventions, telles que la lampe à huile qui date d’environ 15’000 ans, puis l’ampoule à filament qui fête ses 150 ans et enfin les LED blanches dont les inventeurs ont reçu le prix Nobel en 2014.
Raphaël est passionné tant par la technique que par la création artistique. Tout en profitant des avancées technologiques, il s’inspire des objets récoltés dans la nature, où il y voit une indéniable signature divine. Il utilise aussi des objets obsolètes qui ont résisté au temps, attestant ainsi du labeur et de l’ingéniosité des humains, et offrant également la beauté de leurs formes géométriques.
Lors de la cérémonie religieuse à Gy, Raphaël avait choisi deux passages de la Bible qui l’inspire et qu’il commente :
« Dieu dit : que la lumière se mette à briller (Genèse 1.3). C’est une phrase courte et puissante. Il s’agit de sortir des ténèbres et d’exprimer d’où l’on vient. C’est une question universelle que chaque être humain se pose. Il y a là un début, une volonté de créer. »
« … et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. Il y eut un homme envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme ; il venait dans le monde (Jean 1.5-9). Là encore, il s’agit d’universalité. La parole éclaire tous les êtres humains et c’est à chacun de nous que revient la tâche d’être témoin de la lumière. »
Raphaël me dit encore : « Parfois je me demande dans quelle mesure la créativité et les démarches artistiques que j’entreprends permettent d’être témoin de la lumière. Cela peut paraître un peu orgueilleux ou inefficace, mais au fil des expositions, je me rends compte que c’est utile aux visiteurs. C’est toujours rassurant pour moi de savoir que, pour quelqu’un d’autre, j’ai pu déclencher une impression de poésie et de réconfort. C’est peut-être ça, un témoignage de la lumière ? »
Les trois lampes sur la photographie
La lampe au centre interroge notre passé industriel. Le bouton en céramique est toujours fonctionnel. Le tube électrique de plomb ainsi que le socle en bois datent des années 50. L’ampoule LED, peu énergivore, permet l’utilisation du papier pour réaliser ce petit abat-jour.
La lampe de droite représente une fleur fragile. Elle est réduite à l’essentiel : un galet, deux fils de cuivre, trois pixels LED et un abat-jour de un gramme. Pour affiner le tout, un petit bouton également réalisé dans un volume minimal.
La lampe de gauche représente la complémentarité de densité et de transparence. Le socle est un isolateur retrouvé dans un ravin, il est lourd et opaque. L’abat-jour lui est léger et transparent, il reproduit la forme de l’isolateur.
Pourquoi le pape Léon XIV a-t-il écrit une lettre sur l’IA et nous appelle toutes et tous à nous mettre au travail ?
Pour répondre à cette question, l’Eglise catholique romaine à Genève (ECR) vous invite à explorer la portée de l’IA dans différents domaines de la vie humaine et à réfléchir ensemble sur ses implications dans nos vies quotidiennes autour d’un éclairage et d’ateliers.
Intelligence Artificielle, enjeux pour l’humain et pour toute la création « Magnifica Humanitas » : éclairage et ateliers Le 30 septembre, à 19h A la salle des fêtes du Sacré-Cœur, Boulevard Georges-Favon 25 bis, 1205 Genève
Vais-je choquer si je dis que je n’y crois pas, aux anges ? Certes, j’accueille toujours le dévot qui me décrit son rapport avec eux (elles ?) ; et je présume du respect réciproque pour mon avis opposé.
Pourquoi je n’y crois pas ?
A-t-on besoin de croire aux anges pour croire au Christ ?
Par Thierry Schelling Photo : Unsplash
Vais-je choquer si je dis que je n’y crois pas, aux anges ? Certes, j’accueille toujours le dévot qui me décrit son rapport avec eux (elles ?) ; et je présume du respect réciproque pour mon avis opposé.
Pourquoi je n’y crois pas ? Car avec le Christ, j’ai tout ce dont j’ai besoin pour vivre ma foi, pour vivre tout court : l’Evangile, son indéfectible présence en Esprit, là, au cœur de mon cœur, de ma vie, de mon être. Toujours « interpelable », connectable. Bien sûr, ce lien intime s’entretient – merci aux Exercices de saint Ignace ! Et combien de fois une rencontre, une contemplation de Mère Nature ou même une lecture m’ont ouvert à sa subtile présence au cœur de mon quotidien.
Mais bon, comme me l’a dit une fois une paroissienne transie de bienveillance : « Vous savez, les anges, moi je les vois, alors que votre Jésus, il n’est plus là. »
Euh… Mais aimer, louer et servir Dieu « en esprit et en vérité » (Jn 4) ne nécessite pas de vision, juste une confiance croissante; rien d’autre qu’un lien d’amour spirituel, « tant dans la tête que dans le cœur » – notre Dieu trinitaire n’est-il pas le parfait parangon de la relation avec trois personnes ? Pour résumer, ne vaut-il pas mieux s’adresser à Dieu plutôt qu’à ses… sbires ? Je pose la question… sans angélisme !
Joues roses, fesses rebondies et sourire énigmatique, l’imaginaire populaire et chrétien associé aux anges est parsemé de clichés. Cette représentation digne de bibelots de garden center semble pourtant bien loin des descriptions que nous livre la Parole. Alors qui sont ces ambassadeurs célestes ?
Plus d’un quart des personnes croyant aux anges se dit sans appartenance religieuse.
Joues roses, fesses rebondies et sourire énigmatique, l’imaginaire populaire et chrétien associé aux anges est parsemé de clichés. Cette représentation digne de bibelots de garden center semble pourtant bien loin des descriptions que nous livre la Parole. Alors qui sont ces ambassadeurs célestes ?
Un ange passe…
Par Myriam Bettens | Photos : Unsplash, DR
Dans son Enquête sur la langue, la religion et la culture datée de 2019, l’Office fédéral de la Statistique (OFS) relevait que près d’un Suisse sur deux croit que des anges et des êtres surnaturels veillent sur nous (45 %). En 2024, 48 % des Helvètes affirmaient adhérer à l’idée qu’une force supérieure – dont les anges font partie – guide nos destinées. Rien d’étonnant à cela : la présence des anges est « attestée » dans les trois religions du Livre, mais également dans d’autres textes sacrés plus anciens, relève Thomas Römer, bibliste titulaire de la chaire « Milieux bibliques » au Collège de France, lors d’une conférence à Genève. Il est aussi intéressant de noter que plus d’un quart des personnes croyant à l’existence des anges se dit sans appartenance religieuse, signe que ces créatures célestes sont plébiscitées bien au-delà des frontières de la foi.
Une myriade d’éch… anges
Inutile de fouiller les textes anciens pour déceler leur présence. Il suffit pour cela de se rendre dans la banlieue zurichoise. En effet, durant près de 20 ans, le pasteur réformé Peter Schulthess a publié une étrange annonce dans les journaux locaux. Il recherchait des témoignages de personnes ayant rencontré un ange. Opérations de sauvetage, visions d’ailes déployées ou encore avertissements, il raconte ce que des témoins lui ont rapporté dans Wie Engel begleiten1 [ndlr. comment les anges nous accompagnent] et se forge, par la même occasion, la conviction que ces émissaires célestes existent bel et bien. « Ce qui est frappant, c’est que, dans tous les cas, la vie de mes témoins s’en est trouvée bouleversée. La rencontre avec un ange marque toujours une rupture. »
« La mission principale des anges est de nous mettre en contact avec notre source, notre origine, Dieu » et il n’est même « pas nécessaire d’avoir la foi » pour voir ces gardiens à plumes agir dans nos vies. « Tout le monde fait l’expérience de l’implication des anges, il est simplement question d’ouverture à l’interprétation d’une expérience. » Il ajoute encore : « Si quelqu’un pense que Dieu est toujours à ses côtés, il sera convaincu qu’il doit sa chance à Dieu et non au hasard. » Serait-ce à dire qu’à travers le hasard, ou même les anges, c’est Dieu qui veut passer incognito ?
Gueule d’ange
« Parfois, on ne sait pas si c’est Dieu ou un intermédiaire qui parle. Comme dans l’histoire du buisson ardent. […] L’ange se confond avec la voix divine », explique Thomas Römer. Pas si facile donc de le reconnaître. « On ne peut pas savoir si c’est un humain, un être entre les dieux et les hommes. » De quoi laisser les témoins d’EVNI (Etres Volants Non Identifiés), encore plus perplexes. D’ailleurs les protagonistes de la Bible ne parviennent à les identifier que « grâce aux mots que ceux-ci prononcent ». Toutefois, selon le théologien dominicain Adrian Schenker, les anges « autres que Dieu lui-même sous apparence humaine » sont des entités créées avec des fonctions bien définies. « Leur représentation reste globalement stable de l’Ancien au Nouveau Testament, avec un développement tardif des noms propres [ndrl. Gabriel, Michel, Raphaël]. » Quant à leur hiérarchisation dans l’organigramme céleste (VIe siècle), on la doit au Pseudo-Denys et au pape Grégoire le Grand. « En leur donnant des missions spécifiques, ils pouvaient ainsi montrer l’action multiple de Dieu par le ministère des anges sur la terre », pointe le dominicain. Ces êtres sont classés en triades, chacune composée de trois rangs et de trois créatures.
En simplifiant à l’extrême, on peut distinguer trois catégories d’anges : ceux qui travaillent, ceux qui combattent et ceux qui contemplent la face de Dieu. Tout en bas de cette échelle se trouvent les entités célestes entrant en contact avec les humains, basiquement, les Anges, le terme même, ángelos en grec signifiant « messager ». Viennent ensuite les Archanges, l’équivalent d’un conseil rapproché ; puis les Principautés, chargées de guider et inspirer les nations. Au second échelon, les Puissances, les Vertus et les Dominations, y sont répertoriées. Ces êtres-là, combattent les démons, transmettent les signes et miracles, ainsi que les commandements divins. En somme, toutes des créatures qui correspondent plus ou moins à l’idée que l’on peut se faire des anges. Par contre, au dernier niveau, le plus haut, se situent des entités dont les caractéristiques détonneraient sur les cartes de Noël. Ce dernier chœur est composé des Séraphins, Chérubins et des Trônes, dont la description laisse… pantois.
Doté de trois paires d’ailes (Es 6, 1-7 ; Ez 1, 11) couvertes d’innombrables yeux dans certaines descriptions (Ap 4, 6-8), la principale fonction du séraphin est de louer Dieu. Son nom dérive du verbe hébreu saraph, littéralement « brûlant ». Quant aux chérubins, rien à voir avec de petits enfants dodus pourvus d’ailes de moineaux. Il est plutôt question d’êtres possédant quatre visages, autant d’ailes et un corps couvert d’yeux (Ez 1, 10), dont la mission peut s’apparenter à une garde rapprochée. Enfin, les trônes sont des roues tournoyantes recouvertes d’yeux (Ez 10, 9-13) conduites par les séraphins et constituant le siège de Dieu.
Que retenir de ces détails hiérarchiques, descriptifs et nominatifs ? Emily, ma petite fille de six ans, ne s’en embarrasse guère.
La vérité sort de la bouche de nos chérubins
Sur le chemin de l’école, elle traînasse, regarde par-dessus son épaule, cherche quelque chose du regard. « C’est mon ange gardien. Il me surveille », lance-t-elle alors laconiquement. Un froncement de sourcils plus tard – les adultes ne comprennent définitivement rien, pense-t-elle sûrement – elle poursuit : « Ce matin, à la récréation, il me regardait jouer. Ensuite, il est venu s’asseoir à côté de moi au coin vétérinaire. » Cette explication ne souffre aucune contestation. Son regard – à l’image des milliers d’yeux du chérubin fixés sur vous – est capable, à lui seul, de vous couper les ailes. Tout d’un coup, Emily s’arrête, se déporte un peu sur le côté : « Pousse-toi, on va le laisser marcher devant nous »… C’est là que l’on comprend ce que signifie vraiment l’expression « un ange passe ».
1 Peter Schulthess, Wie Engel begleiten: Erfahrungen aus biblischer und heutiger Zeit, mosaicstones gmbh, 2009, 160 p.
Ni prier, ni invoquer
« Au départ, les anges ne portaient pas de nom, justement pour réfréner l’envie de les prier. Ce qui ne peut être nommé ne peut être invoqué. Nos prières doivent aller à Dieu afin qu’il envoie ses anges pour nous », souligne le frère Adrian Schenker. D’ailleurs, la fête des Anges Gardiens (2 octobre) ne célèbre aucune de ces créatures nominativement, précise-t-il encore. Le New Age s’est réapproprié la figure de l’ange en la laïcisant. Appelés « esprit guide » ou « entité lumineuse », ces êtres deviennent tour à tour thérapeute et oracle, « ce qui sort clairement du cadre angélique chrétien », affirme Jean-Christophe Thibaut, prêtre du diocèse de Metz et spécialiste des courants ésotériques.
Fêtés le 29 septembre, les trois archanges, Michel (= « Qui est comme Dieu », en hébreu), Raphaël (= « Dieu guérit ») et Gabriel (= « Dieu est fort ») exercent la fonction principale des anges que dévoile leur nom même (angelos, messager).
Statue d’un ange gardien dans l’ermitage de Longeborgne.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : Jean-Hugues Seppey
Fêtés le 29 septembre, les trois archanges, Michel (= « Qui est comme Dieu », en hébreu), Raphaël (= « Dieu guérit ») et Gabriel (= « Dieu est fort ») exercent la fonction principale des anges que dévoile leur nom même (angelos, messager).
Ils servent d’intermédiaires dynamiques entre Dieu et les êtres humains, ils leur apportent de grandes nouvelles, comme à Marie (Luc 1, 26-38), ils accompagnent leur chemin, comme celui de Tobit (livre de Tobie), et ils combattent au nom du Seigneur les anges déchus que sont les démons et Satan (Apocalypse 12).
Etres spirituels, ils passent leur ciel à chanter la louange divine, déjà selon l’Ancien Testament (Isaïe 6, 3) et jusqu’au Nouveau (Apocalypse 4, 8). Nous nous unissons à eux lors de chaque eucharistie en reprenant le cantique de la sainteté trinitaire (Sanctus).
C’est pour cela que nos églises en sont remplies, tel l’ange gardien de l’autel principal dans la chapelle de l’ermitage de Longeborgne à Bramois, à côté et au-dessus de Sion. Allez-y en pèlerinage ! Les fidèles se sentent aussi stimulés dans leur louange terrestre, puisqu’elle est également céleste. De plus, ils veillent sur nos routes et sont dépêchés par le Très-Haut pour enlever les pierres qui pourraient obstruer nos cheminements et nous faire tomber (les « scandales », selon le sens étymologique du terme grec skandalon).
Le Psaume dit aux complies avant le sommeil chaque dimanche soir nous rappelle cette vigilance du Maître de nos nuits : « Dieu a pour toi donné ordre à ses anges de te préserver en toutes tes voies. Sur leurs mains ils te porteront pour qu’aux cailloux ton pied ne heurte. » (Psaume 91(90), 11-12)
Jésus va même jusqu’à nous presser, dans le discours communautaire du 1er évangile (Matthieu 18), de prendre soin des faibles et des enfants, car ils bénéficient de la protection de leur « ange gardien » : « Abstenez-vous de mépriser un seul de ces petits car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux. » (Matthieu 18, 10)
La fête du 2 octobre nous invite donc à invoquer celui que le Seigneur a placé auprès de nous, à mettre un angelot auprès du lit des bambins et à ne pas laisser ainsi le New Age (Nouvel Age) et ses spéculations ésotériques récupérer loin de la foi chrétienne cette belle croyance biblique.
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