Quand les bienfaits de l’asperge et de l’aspersion (selon saint Augustin) se retrouvent par-delà l’étymologie…
Par Pierre Guillemin | Photo : DR
Traditionnellement, les asperges sont récoltées en avril dans nos pays. Mais, si le verbe « asperger » et le légume « asperge » partagent la même écriture, ils n’ont pas la même origine étymologique.
• « Asperger » vient du latin « aspergere » qui signifie « saupoudrer », « répandre ».
• « Asperge » vient du latin « asparagus » qui désigne une jeune pousse et plus directement ce légume.
Mais, au-delà de leur orthographe similaire, « asperger » et « asperge » nous apportent de nombreux bienfaits ; c’est là leur trait commun.
Le naturel et le spirituel
Chez saint Augustin, l’acte d’asperger ou l’aspersion (aspersio) n’est pas traité comme un rite autonome, mais comme une purification étroitement liée au baptême, à la grâce de Dieu.
Les bienfaits de l’aspersion résident dans sa signification spirituelle : elle rappelle que Dieu purifie, mais pas l’homme ; elle renvoie à la grâce baptismale ; elle invite à la conversion intérieure ; elle enseigne l’humilité.
L’asperge est un légume aux nombreux bienfaits nutritionnels et médicaux, reconnu pour ses effets positifs sur l’organisme.
Elle est riche en vitamines et minéraux essentiels et contient notamment : des vitamines du groupe B (B1, B2, B9) ; de la vitamine C, antioxydante ; de la vitamine K, importante pour la coagulation sanguine et la santé osseuse ; des minéraux comme le potassium, le phosphore et le magnésium.
L’asperge est connue pour ses propriétés diurétiques, favorisant l’élimination de l’eau et des déchets par les reins, ce qui contribue au bon fonctionnement du système urinaire.
Grâce à sa teneur élevée en fibres alimentaires, l’asperge améliore le transit intestinal et prévient la constipation.
L’asperge contient des antioxydants. Ces composés contribuent à protéger les cellules contre le vieillissement prématuré et peuvent réduire le risque de certaines maladies chroniques.
Des sources de bienfaits
Grâce à sa richesse en potassium et en folates (vitamine B9), l’asperge participe à la régulation de la pression artérielle et à la réduction du taux d’homocystéine, un facteur de risque cardiovasculaire contribuant ainsi à la santé du cœur et des vaisseaux sanguins.
L’asperge est une excellente source de folates, indispensables au développement du système nerveux du fœtus, prévenant certaines malformations congénitales.
L’asperge est un légume complet, à la fois léger, nutritif et protecteur pour la santé. Intégrée régulièrement dans l’alimentation, elle contribue au bon fonctionnement de nombreux systèmes de l’organisme, tout en apportant saveur et variété aux repas.
Etre aspergé selon saint Augustin et manger des asperges nous procurent de tels bienfaits qu’il serait donc dommage de nous en priver !
L’Abbé est le visage de la communauté à l’extérieur.
Une journée d’hiver comme les autres à Saint-Maurice. Le soleil qui illumine de ses rayons les sommets enneigés ne semble pas atteindre l’imposante abbaye vieille de plus de 1500 ans. Vêtu de la traditionnelle soutane noire, ayant troqué le rochet blanc pour la croix pectorale, le chanoine Alexandre Ineichen avance à ma rencontre. Le nouveau Père-Abbé a reçu la bénédiction abbatiale le 19 mars dernier, jour de la fête de saint Joseph.
Par Véronique Benz | Photos : Olivier Roduit
Né en 1967 à Berne, Alexandre Ineichen a vécu toute sa jeunesse dans le Chablais, entre Monthey et Ollon. Il est originaire de Suisse allemande par son papa et du Gros-de-Vaud par sa maman.
Détendu, d’aspect jovial, il parle ouvertement. A sa manière de s’exprimer, on devine l’ancien enseignant et à sa façon de soupeser les mots le recteur fraîchement retraité.
Alexandre Ineichen a fait ses études à Saint-Maurice. « Mes parents étaient catholiques, j’ai fait ma première communion et ma confirmation, mais c’est à l’adolescence que j’ai redécouvert la foi en Jésus Christ. Deux questions m’habitaient : devenir religieux et me mettre au service de l’Eglise. » Pour répondre à cet appel du Seigneur, il cherche un peu partout pour finalement réaliser que tout était là sous ses yeux. « Les chanoines de Saint-Maurice ont la particularité, ce ne sont pas les seuls, d’associer ce double aspect de vie religieuse et de vie sacerdotale. Nous vivons au sein d’une communauté tout en nous engageant au service de l’Eglise comme prêtre. »
En 1988, sa maturité en poche, Alexandre Ineichen entre au noviciat chez les chanoines de Saint-Maurice. Il prononce ses premiers vœux en 1989 et est ordonné prêtre le 21 mai 1994. Il étudie la théologie, les mathématiques et la physique à l’Université de Fribourg. A partir de 1996, il commence à enseigner au collège de l’Abbaye les maths, la physique, l’éthique et la culture religieuse. Il a travaillé quelque temps à l’internat, puis il fut prorecteur et recteur depuis 2007.
Alexandre Ineichen est un chanoine heureux. « La prière et l’étude remplissent une existence, même s’il y a parfois des hauts et des bas. Puis il y a l’apostolat dans lequel nous avons beaucoup de joies : mariages, baptêmes, etc. Pour moi, il fut également réjouissant de participer à la vie du collège. » Le chanoine relève que dans cette vie apostolique, il y a des échecs. « Nous aimerions faire mieux, différemment. Il faut reconnaître que c’est souvent les rapports humains qui sont compliqués. » Pour Alexandre Ineichen, c’est justement au cœur des difficultés que nous trouvons quelque chose d’enrichissant.
L’Abbé, un artisan d’unité
Quel est le rôle de l’Abbé ? « Il s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs. Un autre élément essentiel : l’Abbé fait l’unité. L’abbaye est à la fois un lieu de vie, un lieu de prière et une PME. » L’Abbé Ineichen doit créer des liens entre toutes ces réalités. Il est également le visage de la communauté à l’extérieur.
Alexandre Ineichen avoue ne pas être un révolutionnaire dans l’âme. « Pour moi le plus important est de réussir à amener chaque membre de la communauté, les gens qui travaillent avec nous et ceux qui viennent nous rencontrer, à s’épanouir. Je ne suis pas Abbé pour dire ce qu’il faut faire, mais plutôt pour susciter les charismes et surtout pour permettre à chacun de développer ce qu’il est réellement. C’est la fameuse phrase d’Augustin : « Deviens ce que tu es. » L’Abbé doit être le facilitateur de cette expression-là. »
Bâtir l’unité dans la confiance, voilà le challenge du nouvel Abbé de Saint-Maurice.
Rome a confirmé le 31 octobre 2025 l’élection du chanoine Alexandre Ineichen comme nouvel Abbé de Saint-Maurice.
Un souvenir marquant de votre enfance ?
Mes meilleurs souvenirs d’enfance sont les vacances chez ma grand-maman dans le Gros-de-Vaud.
Votre moment préféré de la journée ?
Je suis un lève-tôt. J’apprécie ce moment, tôt le matin, où tout est calme et paisible.
Votre principal trait de caractère ?
Je pense que c’est la fidélité, la loyauté.
Votre livre préféré ?
Je lis énormément. J’aime me perdre dans les grands récits classiques comme Dostoïevski ou Soljenitsyne.
Une personne qui vous inspire ?
Emmanuel Levinas que j’ai eu comme professeur à l’université ainsi que certains chanoines que j’ai eus comme enseignants ou confrères.
Votre prière préférée ?
L’Office divin est la prière par excellence. Chaque jour, je découvre les psaumes. Je trouve qu’ils ont une richesse et une profondeur très importantes.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Ouvertures bibliques Herbert Marks
Ouvrir l’Ancien Testament avec Herbert Marks, c’est se préparer à un voyage savoureux et à bien des surprises : la Bible est un rouleau à déployer au risque des paradoxes et des interrogations qui la traversent, en expriment la richesse et obligent à une redécouverte permanente. Plus que tout autre, elle est un livre à arpenter, à lire et à relire. Herbert Marks manifeste dans ces pages qu’il est aujourd’hui l’un des meilleurs exégètes de l’Ecriture. Il nous fait aborder les rivages de l’Ancien Testament, livre par livre, en s’attachant aux figures qui en dessinent la trame et en nourrissent l’intrigue. Sous sa plume, les hommes et les femmes, patriarches et prophètes, prennent vie pour devenir nos compagnons de route.
Témoins de l’Espérance Benoît de Blanpré avec Thomas Oswald
Dans de nombreux pays, des chrétiens célèbrent l’eucharistie, prient et confessent le Christ au péril de leur vie. Malgré des conditions terribles, les Eglises qui sont frappées par la persécution font preuve d’une extraordinaire vitalité. Les auteurs nous invitent à la rencontre de ces témoins cachés qui vivent l’Evangile au cœur du danger. Sans chercher l’héroïsme, ils demeurent fidèles au Christ et deviennent pour nous des exemples. Ce voyage bouleversant auprès des apôtres de notre temps rappelle que l’espérance chrétienne reste vivante et indestructible, particulièrement dans l’adversité.
Chaque figure féminine est abordée sous l’angle de sa résilience humaine et de l’espérance de l’Alliance. De Sara à Marie, nous apprenons la résilience qui affronte le désert. Quand la vie quotidienne, la vie de couple, la vie de famille sont menacées, qu’en est-il des relations hommes-femmes ? Quelle espérance pour le couple d’Anne et Tobie quand Tobie devient aveugle ? Quelle issue pour la veuve de Sarepta condamnée à mourir de faim ? Au-delà de la résilience humaine, quelle était la source de leur espérance ? Enfin, celles qui ont dit oui nous permettent de relire le Magnificat d’une façon unifiée et renouvelée.
Des récits de la Bible pour les enfants de trois ans et plus, avec de quoi faire jouer leurs petits doigts (soulever, toucher, déplacer, tourner…) pendant qu’ils entendent parler de Dieu le Père qui les a créés et les aiment, eux et le monde entier, et de Jésus son Fils venu les sauver. Une découverte de la Bible à travers des épisodes marquants, que l’enfant peut animer en tournant, soulevant ou déplaçant certains éléments.
Ah, la Bible, et ses milliers de pages qui narrent guerres, mariages, prières, constructions d’arche ou de temple… ou qui conjuguent la dénonciation par les prophètes de l’idolâtrie et de l’injustice au sein de sociétés humaines… par trop humaines !
Ainsi résumée, la Bible semble être écrite pour aujourd’hui, non ? Le monde a-t-il changé ? Oui. Malgré les sirènes des pessimistes : aujourd’hui, on apprécie la poésie du récit de la Création en Genèse 1 car on sait que c’est un mythe fondateur et non pas une page scientifique ! On se délecte au gré des épisodes dignes de sagas sur Netflix avec Abraham, Isaac, Joseph – vies à rebondissements qui ont tout sauf l’exemplarité sertie au cœur… et pourtant, ils sont exemples de comment Dieu transperce de Son esprit les velléités humaines. On peut se sentir ému.e en priant avec le psalmiste les 150 « chants de David » – que moniales et moines du monde entier récitent fidèlement, et quotidiennement, tout comme les bons prêtres, bréviaire en main.
Il y a de l’humour – connaissez-vous le coup de schibbolet dans Juges 12, 4-6 ? ou l’ânesse qui parlait à son méchant de maître (Nombre 22) ? etc. – quand ce n’est pas Jésus lui-même qui prétend que le chameau (ou le cable… selon les traductions) ne passerait pas le chas d’une aiguille !
Il y a de l’amour familial, filial et amical – Abraham et Sarah, Joseph pour ses traîtres de frères, Jonathan et David, Esther et Judith pour leur peuple – quand ce n’est pas Paul qui se saigne aux quatre veines pour annoncer le Christ Vivant !
Il y a des contes – connaissez-vous le choix d’un roi par les arbres (Juges 9, 7-20) – et des généalogies interminables mais pleines d’enseignements pour qui sait décrypter. La Bible, c’est une septantaine de livres, des dizaines de styles littéraires, de l’hébreu et du grec ancien. Et deux Testaments : vivre du Second, pour nous chrétien.ne.s, implique de toujours mieux connaître le Premier dont Jésus s’est repu… littéralement !
Témoignage à la messe de la Chandeleur, 31 janvier 2026 à Saint-Joseph.
Par Sébastien Weilenmann | Photos : Chrystophe Rakotondranaivo
Je m’appelle Sébastien Weilenmann, j’ai 25 ans et je vis depuis ma naissance ici, dans le bassin genevois. […] Français, Savoisiens, Anglais, révolutionnaires, monarchistes, impérialistes, immigrants des quatre coins du monde et j’en passe et des meilleurs, tous ont influencé et permis aux citoyens genevois de s’identifier ainsi aujourd’hui. Rassurez-vous, je ne suis pas venu vous donner un cours d’Histoire. Mais si je m’adresse à vous aujourd’hui c’est parce que je suis, comme vous, arrivé dans ce monde, sur ces terres remplies d’Histoires qui nous échappent et qu’on oublie bien souvent.
Je me suis donc très souvent demandé, et cela me tracasse encore beaucoup aujourd’hui : « Mais pourquoi suis-je là ? Pourquoi moi ? Quel est le but de tout cela ? » Et puis, certainement comme beaucoup d’entre vous de la génération Z, j’ai grandi avec un téléphone dans la main, quand ce n’était pas une manette de Play ou de Wii !
J’ai également grandi avec Internet et donc eu un accès immense à l’information et au monde gigantesque des réseaux sociaux.
Ce qui est sûr, c’est que mon cerveau ne s’est jamais réellement ennuyé car stimulé en permanence. Très tôt j’ai donc été touché par les guerres, les tragédies, les drames qui arrivent partout sur la planète. Bien que privilégié car disposant d’un toit, de nourriture abondante et de la possibilité de me divertir à souhait, il m’était impossible de me satisfaire de cette situation. En effet, à force de suivre de près ces parcours de stars, des sportifs d’élite, très vite millionnaires et célèbres, j’ai moi-même voulu en devenir une. Pour ce faire, j’ai joué au basket toute mon enfance dans l’espoir de devenir le nouveau Michael Jordan, mais cela n’a pas réussi. Ensuite je voulais devenir un trader riche et je n’ai pas été pris dans l’université prestigieuse à laquelle j’aspirais. Ce youtuber très connu, je voulais mener le même train de vie, voyager à travers le monde et vivre des expériences de fou ! Et puis je me suis lassé. J’ai même un jour voulu être président… Quelle idée…
Rarement cependant, je voulais être… moi-même.
C’était donc avec une forte déception, un état quasiment dépressif, nihiliste en tout cas, que je suis passé à l’âge adulte. Malheureux, me sentant bon à rien, presque aigri d’un monde où j’avais l’impression que rien ne me souriait, que rien n’était fait pour moi. J’enchainais soirées arrosées, conquêtes sans lendemain et surtout des heures devant ma Playstation, arrêtant le sport, m’abrutissant de substances néfastes.
Et puis un jour, lassé de ma médiocrité, secoué par la fille qui deviendra très vite ma copine, réveillé par son cœur pur, j’ai voulu trouver le chemin du bonheur, celui des Béatitudes.
C’est, par coïncidence, à ce moment-là que mon grand-père m’a tendu un livre, me disant : « Tiens, ce livre décrit les paraboles de Jésus, si tu l’aimes bien, alors je t’en passerai un autre. » […] Elles ont changé ma vie car pour la première fois je me suis penché sur la vie du Christ et son enseignement. J’ai pu lever la tête vers toutes les choses qui sont le fruit de la création du Divin. Cette communauté chrétienne qui a tant œuvré pour la paix, qui a tant enseigné et qui a permis à tant de personnes de vivre dans l’allégresse, peu importe la noirceur de notre Monde.
A la suite de cela, j’étais décidé à demander le baptême. La démarche fut simple : une recherche Google, un e-mail à la paroisse la plus proche de chez moi et le lendemain j’avais déjà une réponse. Je remercie encore le Père Thierry de m’avoir tendu sa main. C’était il y a tout juste un an. Nous avons fait un tour dans le parc La Grange et, très vite je suis allé à la rencontre des autres cheminants. […]
C’est à ce moment que j’ai assisté à ma première messe, un moment magnifique mais aussi confus pour moi. Ne sachant pas quoi dire, comment faire, heureusement une autre cheminante m’a guidé. […] Et je remercie Dieu tous les jours de m’avoir fait croiser le chemin de cette fille, de m’avoir fait connaître ces livres qui m’ont donné l’envie de lire l’Evangile. Je remercie Dieu car je suis allé à la rencontre du Père Thierry ainsi que de tous les autres frères et sœurs en Christ lors de mon cheminement et ensuite. Je remercie enfin Françoise, ma marraine, que je ne connaissais pas avant de commencer mon cheminement et qui s’est généreusement proposée pour m’accompagner le jour de la Veillée pascale.
J’ai arrêté les soirées à outrance, les différentes substances abrutissantes, je me suis fait une raison de vivre, une raison d’être. Le sport, mon travail, apprendre et progresser n’a jamais été aussi gratifiant et facile. Vivre et partager me rendent toujours plus heureux et surtout, l’amour me guide. L’amour de Jésus mais aussi celui de ma compagne qui est auprès de moi et qui me donne la force d’avancer sans craintes dans ce monde.
Je suis convaincu que vous vivrez la même chose que moi, que vous serez transcendé par cette même joie et que vous serez heureux et je me réjouis pour vous. Le jour de votre baptême sera votre naissance et votre essence pour avancer dans votre vie, avancer sans craintes et avec courage.
[…] Voyagez, entrez dans les églises et faites la messe partout où vous le pourrez. Allez à la rencontre de vos frères et sœurs en Christ, de cette paroisse et d’ailleurs, découvrez, identifiez et admirez les créations de Dieu et œuvrez pour apporter plus de beauté, de paix et d’amour. Réjouissez-vous d’être vous-même, unique à votre manière.
Devant une tisane fumante, c’est un joli moment de partage avec Marie. Même si un froid hivernal s’invite au crépuscule, la glace fond immédiatement dès les premiers mots d’une discussion aussi sérieuse que joyeuse avec cette dynamique jeune femme.
Propos recueillis par François Riondel Linographie: Raphael Beffa
La foi de Marie s’est réellement développée sur le banc du fond de l’église de son village. Sa grande famille, très pratiquante, s’y installait afin d’éviter de trop déranger les paroissiens. Alors enfant, Marie n’a jamais caché à ses camarades sa pratique religieuse qui, pour elle, était totalement normale. Cette attitude conduisait son entourage à diverses réactions : « Toute petite, on m’a beaucoup « charriée », que ce soit sur mon prénom, ou ma religion et ma foi. » Mais, dit-elle, ces attitudes provenaient certainement d’une forme d’ignorance.
Grâce à l’éducation reçue par ses parents et l’aide du Seigneur, Marie explique avoir vite compris que ses interlocuteurs, qui lui posaient de multiples questions, n’avaient pas reçu la même éducation qu’elle, ce qui lui permettait de rester calme et compréhensive, même face à des propos très crus, difficiles à vivre et à décrypter.
Jeune adulte, Marie a vécu des expériences plus compliquées, en recevant des remarques et des questions dont le but était certainement de la faire trébucher. Les gens ont souvent peur de parler de leur foi, de crainte d’être jugés comme appartenant à un groupe. Ils peuvent discuter de religion entre eux, mais ont oublié la primo-communication entre leur âme et Dieu. Cette communication doit être entretenue et développée. Une fois qu’on est aligné sur ce principe, on accepte de ne pas être d’accord lors de certaines discussions et de le vivre sains crainte.
Dans ses relations, Marie ne parle pas de sa foi de prime à bord, mais la croix qu’elle porte autour du cou amène les gens à l’interpeller. Ces personnes ont souvent beaucoup d’idées reçues, telles un Dieu punisseur ou la promesse de l’enfer si l’on n’est pas pratiquant. « Les gens ont monté une sorte de fantasme cauchemardesque de ce qu’est la religion parce qu’ils n’ont pas rencontré le Christ. »
Lors de ses études, Marie a vécu une période difficile, désertique, à travers une relation amoureuse où son compagnon ne croyait pas en Dieu. Peu à peu, Marie se rendait moins souvent à la messe et priait moins pour ne pas le déranger. Bien plus tard, Marie s’est rendu compte que cette personne avait brouillé sa ligne avec Dieu. Pour la première fois, Marie se sentait gênée de parler de sa foi : « Difficile de ne pas être acceptée comme on est, ça fait mal ! » Marie ne parlait plus de Dieu, allait seule à la messe, dans le silence. Elle se sentait incomprise et incomplète. Au milieu de cette période, Marie a reçu un grand « coup de pouce » du Seigneur : elle se retrouva, sans l’avoir vraiment décidé, dans une église où elle put exprimer sa détresse lors d’une confession et en y déversant toutes les larmes retenues depuis longtemps : « En sortant de là, j’ai cru que je ne touchais plus le sol, tellement je me suis sentie allégée et en paix. » Cet événement n’a pas résolu tous les problèmes, mais lui a redonné confiance et force.
Aujourd’hui, Marie sent cette présence du Seigneur tant chez elle que chez ses interlocuteurs : « Le Seigneur se manifeste de la manière qui permet à chacun de l’accepter. Il va se cacher dans les choses les plus banales pour que chacun puisse le comprendre à sa manière. »
Marie a envie de nous dire que, lors de toute discussion sur notre Seigneur et la religion, il faut s’efforcer d’enlever nos préjugés : « Ce n’est pas parce qu’on a quelqu’un en face de nous qui est hargneux et qui en veut à la religion, à la terre entière… et même à Dieu, que cela signifie qu’il est contre nous. On ne peut que l’encourager à se libérer de ses préjugés. De plus, on peut ainsi vivre des conversations passionnantes. »
Marie constate avec joie que des personnes à qui elle a pu porter son témoignage peuvent, bien plus tard, lui dire que cela les a aidés à avancer. Dans le cantique des cantiques, relève Marie, il y a un magnifique verset : « Je vous en conjure, … , n’éveillez pas, ne réveillez pas l’Amour, avant qu’il le veuille. » (8, 4)
La paroisse Saint-Joseph attendait avec impatience un outil tel que MyChurch.
Développée pour rester connectée à la vie de sa paroisse, l’application MyChurch est pensée comme un outil de proximité, qui s’adapte aux besoins des églises locales. Tout en continuant à « donner une voix à Dieu », le groupe Saint-Augustin s’adapte aux enjeux contemporains en intégrant les technologies numériques pour rapprocher les communautés de foi.
Par Myriam Bettens | Photos : DR
Un outil plus efficace que les annonces en fin de messe, moins fastidieux qu’une recherche sur Google et dont les données seraient hébergées localement.Un vœu pieux ? Plutôt du pain béni… et à portée de clic ! Le groupe Saint-Augustin a lancé, le 1er octobre dernier, l’application MyChurch « pour rapprocher les communautés de foi », tout en poursuivant sa vocation de « donner une voix à Dieu ». Elle offre aux paroisses un espace taillé sur-mesure leur permettant de partager avec leur communauté, et au-delà, toute une série d’outils et d’informations pour fluidifier leur communication.
Plus qu’un réseau social-chrétien, l’application se veut intuitive, inclusive et multilingue. De plus, MyChurch s’adapte aux besoins des paroisses, que vous souhaitiez y trouver les horaires de messe, les annonces en temps réel, les invitations aux événements ou les messages que vous avez ratés à cause d’une visite inopinée de belle-maman, tout s’y trouve ! La plateforme offre aussi la possibilité d’animer des groupes et d’échanger des vidéos et des photos. Les images de la première communion du petit neveu sont floues ? Vous savez maintenant où aller les chercher !
Cerise sur l’application : les données sont entièrement hébergées en Suisse. MyChurch ne fait donc pas de la sécurité et de la confidentialité une option. Cet espace, aussi unique que chaque paroisse, ne nécessite pas non plus le recours à un spécialiste de l’informatique. Avec des publications planifiées et synchronisées automatiquement entre l’application et le site de la paroisse, les mises à jour s’opèrent en temps réel. Autrement dit, un gain de temps, tout en évitant les tracasseries informatiques.
Appelée à « connecte[r] toutes les communautés d’Eglise en Suisse » – puis dans un second temps, les paroisses des pays francophones voisins, avant de s’étendre au reste du monde – l’application se déploie aujourd’hui dans de nombreuses communautés romandes et linguistiques, ainsi qu’à des groupes tels que Cath.ch ou en encore Action de Carême. Côté terrain, à la paroisse Saint-Joseph des Eaux-Vives, l’application était attendue comme le Messie. « Nous souhaitions proposer un accès direct à ce qui se passe dans la paroisse. Cette « app » donne la possibilité à l’équipe pastorale de la Région Voie Verte – Eaux-Vives jusqu’à Presinge – d’alimenter l’actualité paroissiale avec des textes et des photos et aux fidèles de devenir acteurs de leur vie paroissiale. Elle offre de l’information en temps réel tout en permettant une grande réactivité », explique Thierry Schelling, le prêtre responsable, d’un air réjoui.
Curieux de voir à quoi ressemble cette application ?
• L’application est téléchargeable sur Apple Store et Google Play Store sous l’appellation MyChurch by Saint-Augustin
Envie d’installer l’application dans votre paroisse ?
Evoquant le handicap, je me surprends encore à songer spontanément au manque ou à la différence. Pourtant, les personnes que j’ai rencontrées en situation de handicap m’ont souvent déplacé là où je ne m’y attendais pas. Leur foi, empreinte de simplicité et de persévérance, m’a marqué par son abondance. Elle est venue révéler, en creux, mes propres manques. Il se vit là un véritable geste d’inclusion, mais aussi d’évangélisation à rebours : ce ne sont pas seulement des personnes à accompagner, mais avant tout des croyants qui nous enseignent.
Le récent colloque « Handicap et foi » à Fribourg l’a rappelé avec justesse : dans la Bible, la fragilité n’empêche ni l’appel ni la mission. Jacob demeure boiteux, Moïse piètre orateur, et pourtant Dieu fait route avec eux. La foi ne supprime pas les limites, elle les traverse.
Accueillir le handicap, n’est-ce pas accepter que l’Eglise se laisse déplacer hors de sa zone de confort ? Et si la foi capable de déplacer les montagnes commençait, tout simplement, par déplacer notre regard ?
Souvent, les fauteuils roulants sont « parqués » devant l’autel ou dans les allées.
Comment promouvoir la pleine participation et l’inclusion des personnes en situation de handicap dans nos communautés paroissiales ? A la suite du colloque « Handicap et foi », organisé conjointement par le Centre œcuménique de pastorale spécialisée (COEPS) et l’Université de Fribourg, qui a eu lieu au mois de janvier 2026, nous vous proposons une plongée dans cette pastorale spécialisée et ses défis.
Par Véronique Benz | Photos : DR, Unsplash, Pixabay
« Comment se fait-il que nos centres commerciaux prévoient des places de parc pour les personnes en situation de handicap alors que, dans nos églises, nous n’avons pas de lieu spécifique pour les accueillir ? », a constaté Michel Steinmetz, directeur de l’Institut de Sciences liturgiques de la faculté de théologie de l’Université de Fribourg. Le prêtre a relevé que souvent les fauteuils roulants étaient « parqués » soit devant l’autel soit dans les allées. Pourtant les personnes handicapées ne sont-elles pas baptisées comme les autres ?
Le handicap dans la Bible
Catherine Vialle, professeure à l’Université catholique de Lille, a montré que le handicap était présent dans la Bible. Les grandes figures fondatrices sont des personnes en situation de handicap : Jacob est boiteux et Moïse souffre de difficulté d’élocution (cf. le livre de la Genèse). Le handicap de Jacob et celui de Moïse ont été le lieu d’une ouverture à l’autre. Ce n’est qu’après son combat avec l’ange que Jacob peut s’ouvrir à la reconnaissance de l’altérité et rencontrer son frère. Ce qui est frappant dans ces récits est le fait que ni Jacob ni Moïse ne sont guéris de leur handicap. Ils accomplissent leur mission avec leur handicap.
Ce n’est qu’après son combat avec l’ange que Jacob peut s’ouvrir à la reconnaissance de l’altérité.
L’expérience de l’asymétrie
Thierry Le Goaziou, directeur de l’Association d’amis et de parents de personnes handicapées mentales du département de la Nièvre (France), a proposé une théologie de l’acceptation. Il a relevé que la rencontre avec une personne en situation de handicap est toujours une expérience perturbante. « Ce trouble provient de la peur de la différence, mais aussi de la crainte de la ressemblance. »
Carolina Leitao, coach de vie malvoyante avec la maladie des os de verre, nous invite à une juste relation à soi. « Nous sommes appelés à la sainteté, mais non à être parfaits. Il faut apprendre à s’accepter tel que nous sommes et pas tels que nous voudrions être. » Pour elle, l’acceptation est une attitude générale qui nous permet de regarder le handicap en face sans le diminuer ni l’augmenter. « Il faut accepter d’être acceptés même et surtout si nous nous sentons inacceptables. »
Etre créatifs
La catéchèse est la même pour tous et à tous les âges de la vie, mais sa pédagogie doit être adaptée à chacun. Christophe Sperissen, prêtre du diocèse de Strasbourg, aumônier auprès de personnes en situation de handicap, a parlé de la créativité en catéchèse spécialisée. « La créativité, c’est faire preuve de courage et d’audace, mais ce n’est pas faire n’importe quoi. Elle doit être au service de la Parole de Dieu. Elle doit nous aider à entrer dans l’imagination, à stimuler l’affection, à se sentir impliqués dans l’histoire du Salut et elle doit rendre contemporains et actuels les mystères de la foi », a souligné le prêtre de Strasbourg. « La créativité, ce n’est pas faire pour les personnes handicapées, mais c’est faire avec elles. Dans la catéchèse spécialisée, nous n’accompagnons pas seulement les personnes en situation de handicap, mais aussi tous les professionnels qui les encadrent. »
Une Eglise à bâtir ensemble
Durant le colloque, plusieurs expériences de ce qui se vit avec les personnes en situation de handicap ont été présentées. En voici quelques exemples :
L’Arche en Suisse « Comment est-ce que des personnes avec un handicap peuvent-elles donner la vie lors de temps spirituel ? », s’est questionnée Virginie Kieninger, responsable nationale de l’Arche suisse. Elle a cité l’exemple d’Anne, qui ne peut parler qu’à travers un ordinateur. Avec l’aide de son accompagnatrice, elle a cherché son élan intérieur. Après deux jours, Anne a pu écrire : « Je veux partager l’arc-en-ciel qui est à l’intérieur de moi. » Elle a ensuite présenté cet élan devant les autres grâce à une gestuelle et des foulards. Les mots sont limités, mais Anne a pu exprimer son élan de vie à la communauté. • Site : http://arche-suisse.ch
La fraternité diocésaine des amis de saint André Hubert Fournet à Poitiers Cette fraternité est née à la suite d’un appel à la vocation d’un jeune handicapé. Il voulait devenir prêtre, mais en raison de son handicap, ses parents lui avaient dit qu’il ne pourrait pas. Le jeune homme handicapé a interpellé son évêque qui l’a écouté et a mis sur pied un groupe de travail. Après 10 ans de réflexion, la fraternité des amis de saint André Hubert Fournet est aujourd’hui florissante. Chaque membre de la fraternité, à la suite de sa consécration, reçoit selon son charisme et ses possibilités une mission spécifique. • Site : www.poitiers.catholique.fr
Le SPRED à Chicago Joe Quane, directeur exécutif de SPRED (Special Religious Developpement), a présenté ce programme diocésain composé de groupes paroissiaux de bénévoles qui offrent une amitié individuelle et une vie spirituelle aux personnes avec une déficience intellectuelle. Au cœur de cette méthode se trouvent les liens d’amitié et les relations personnelles profondes au sein d’une communauté, à travers lesquelles les catéchistes, sous la conduite du Saint-Esprit, accompagnent les autres dans la découverte de la foi. La méthode SPRED permet aux personnes en situation de handicap d’être des membres à part entière de leur communauté paroissiale. • Site : www.spred-chicago.org
Devenir corps du Christ en fauteuil
Patrick Talom a fondé le cabinet de conseil sur le handicap et le Groupe de recherche transversal sur le handicap en Afrique.
Patrick Talom est théologien pluraliste du handicap. Il a fondé le cabinet de conseil sur le handicap et le Groupe de recherche transversal sur le handicap en Afrique. Il est chargé d’enseignement à l’Université catholique de Lille. A l’âge de 26 ans, suite à un accident, tout bascule. « Pendant 10 ans, je suis resté dans un trou noir à chercher, à comprendre ce qui se passait. A 36 ans j’ai fait le choix de me former à l’université. Mon fauteuil est un lieu d’appel à la sainteté et à l’amour. Même dans un fauteuil, je suis encouragé à être heureux et à prendre ma place dans l’Eglise. La Parole de Dieu est aussi faite pour moi avec mon handicap. L’homme a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Je suis aimé de Dieu. J’ai un rôle à jouer. » Pour Patrick Talom la question n’est pas de savoir si les autres lui donnent sa place, mais de la prendre.
Ce qu’il y a de frappant dans la version selon Marc de la guérison du paralytique, c’est la détermination des quatre hommes qui l’apportent à Jésus.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR
Ce qu’il y a de particulièrement frappant dans la version selon Marc de la guérison du paralytique, c’est la détermination des quatre hommes qui l’apportent à Jésus. Et qui, devant l’afflux de la populace, vont même jusqu’à ménager une ouverture dans le toit pour le descendre devant le Fils de l’homme. C’est « en voyant leur foi » que le Christ remet les péchés du handicapé et le guérit (2, 5). La solidarité fait vraiment des miracles : la sollicitude des proches aidants réalise des merveilles.
Et surtout, les personnes en situation de handicap occupent une place essentielle dans nos communautés. Elles nous rappellent que notre état de santé est un pur cadeau dont nous sommes les bénéficiaires, que le handicap n’est pas le fruit d’une « punition divine » pour une faute, cachée ou avouée, et que nous devons tout faire pour promouvoir l’inclusion et la participation de toutes et tous dans nos assemblées.
Mais alors, pourquoi Jésus commence-t-il par libérer le paralytique de ses péchés, en s’attirant de ce fait les foudres des scribes ? Car pour ces derniers, seul Dieu peut remettre les fautes. Le Rabbi de Nazareth nous apporte toujours une délivrance globale, aussi bien spirituelle que physique. Le plus important demeure le soulagement de nos âmes et de nos cœurs et la libération exceptionnelle de la paralysie advient comme un signe de l’avancée du Royaume parmi nous. Du reste, tout prêtre peut pardonner les péchés, mais les guérisons miraculeuses restent rares : elles sont là pour attester que l’Esprit est à l’œuvre en cet âge.
Par notre proximité avec les personnes en situations de handicaps, nous leur octroyons le rôle qui leur revient comme témoins d’espérance. Nous nous associons à leur prière et à leur chemin. Et surtout, nous recevons d’elles bien plus que nous pouvons leur apporter.
Car souvent elles font preuve de bien plus de conviction que nous et elles traversent les épreuves placées sur leur route avec d’autant plus de persévérance qu’elles dépendent en grande partie des autres. Elles concrétisent la parole de saint Paul : « C’est quand je suis faible que je suis fort » (2 Corinthiens 12, 10) en se laissant façonner par la grâce du Seigneur et en gardant dans leur cœur l’ancre du salut, en tant que pèlerin(e)s d’espérance. L’année jubilaire qui vient de s’achever nous l’a abondamment rappelé.
Le 13 septembre 2025, discrètement mais non sans conviction, une note du Saint-Siège appelée rescriptum ex audientia sanctissimi – un rescrit ou acte administratif par écrit issu d’une audience avec le Pape – était publiée par la Salle de presse vaticane. Elle annonçait que le Secrétaire d’Etat avait eu audience avec Léon XIV en août et avait eu son approbation à la modification du règlement d’emploi des actifs dans la Curie romaine, ouvrant ainsi la possibilité de travail au Saint-Siège pour les personnes avec un handicap.
Normes
Avec tact et chaleur, les personnes concernées doivent être accueillies au sein des Dicastères et autres bureaux et, si nécessaire, les modifications pour leur accès doivent être effectuées. Elles seront recrutées comme toute autre personne cherchant un emploi et considérées évidemment égales aux collègues non porteurs d’un handicap.
La modification de termes est significative : là où on disait « état de santé dûment établi » pour qui se présentait pour une charge curiale ou au Saint-Siège, désormais, on parle d’« aptitude psychophysique aux fonctions à exercer, certifiée par la Direction de la santé et de l’hygiène de l’Etat de la Cité du Vatican ».
Un peu d’histoire
Il faut se rappeler que pendant des siècles, le handicap physique ou psychique était traduit comme une punition de Dieu à l’encontre du pécheur ou de la pécheresse ainsi doublement victimisés : lépreux, trisomiques, albinos ont souffert d’une ostracisation officielle de la part de la société et de l’Eglise. Donc, par conséquent, pas possible de devenir prêtre ou religieux/religieuse. Cela est entériné dans la première publication du Droit Canon de 1917 (cf. article 984). En 1983 – publication du second corpus dit « Droit Canon » –, Jean-Paul II permet qu’un handicap physique ne soit pas un obstacle à l’Ordre, alors que celui psychique demeure rédhibitoire.
Sur le terrain paroissial
Bonne nouvelle : des paroisses accueillent tout enfant porteur ou non d’un handicap qui, socialement, est adaptable au cadre de la catéchèse ; des servantes et servants de messe trisomiques (regardez sur Instagram !). Mieux, à Genève, la pastorale œcuménique des personnes en situation de handicap et de leurs familles (COPH), a fêté ses 60 ans. Bientôt des vocations en Eglise ?
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel, est l’auteur de cette carte blanche.
Par Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel Photos: DR, wikipédia
Le 14 décembre dernier, nous nous sommes rendus, mon épouse et moi-même, au Cinoche à Moutier – encore bernoise à ce moment-là – pour visionner un film sur la Bible de Moutier-Grandval. Il s’agit du reportage « Un Livre, une histoire, un Trésor » réalisé par le diacre Jean-Claude Boillat pendant que cette Bible était exposée au Musée jurassien d’art et d’histoire de Delémont de mars à juin 2025.
Ce reportage permet certes de se plonger dans l’histoire captivante de la Bible de Moutier-Grandval, mais ce qui nous a frappés, ce sont les regards de diverses personnes qui nous révèlent cette Bible. Une communauté humaine émerveillée nous dévoile la beauté de cette œuvre conservée à la British Library à Londres 1.
Le réalisateur a mis le focus sur l’humain qui reçoit cette œuvre, sur l’émotion qui peut le traverser. Il nous fait toucher ce livre, cette histoire, ce trésor comme s’ils étaient nôtres, de notre pâte humaine. Chacun peut se sentir concerné par cette Bible, par la Bible qui raconte l’histoire de l’alliance de Dieu avec l’homme, une histoire d’amour entre le Créateur et sa créature. Chacun est invité à s’en approcher.
Une dizaine de jours plus tard, nous nous rendions à Porrentruy à l’église Saint-Pierre pour visiter la crèche aux cinq sens. C’est une œuvre magnifique et itinérante, imaginée et façonnée par deux amis, Créa Calame et Maurice Bianchi. Ce qui nous a émerveillés ce sont les nombreuses scènes de vie présentées. Chacun peut trouver une scène de la vie quotidienne qui le concerne. Et la crèche évolue en fonction du temps de l’Avent et du récit de Noël.
A nouveau l’humain est au centre. Ses sens, ses cinq sens sont mis en mouvement. Cette crèche fait participer tout le corps et nous invite à nous plonger non seulement dans le récit de la naissance de Jésus, mais aussi à rejoindre tous les humains représentés dans les diverses scènes et tous ceux qui sont venus visiter cette crèche éphémère.
1 Petite anecdote en passant : nous étions à Londres avec mon épouse en 2024. Je souhaitais alors visiter la British Library et particulièrement voir de très anciens manuscrits du Nouveau Testament. Et nous sommes passés devant la vitrine de la Bible de Moutier-Grandval sans vraiment y prêter attention !
Si ce terme désigne aujourd’hui le lieu où sont classés en désordre des objets de toutes sortes, à l’origine, ce nom est celui de la ville où Jésus commença son ministère public, une cité sur les bords du lac de Tibériade dont les ruines existent encore. La grande activité commerciale de cette ville, située à un carrefour stratégique au nord de l’actuel d’Israël, lui a valu de devenir un symbole de confusion en raison des nombreux mouvements de foule qui s’y pressaient. Dans l’évangile de Matthieu, Jésus condamne cette ville qui a refusé de croire en lui, alors même qu’elle avait vu de ses yeux tout ce qu’il avait réalisé comme miracles (Matthieu 11, 23).
Par Véronique Benz
Humour
Dans une paroisse, M. le Curé anime le chemin de croix. A la septième station, le sacristain vient lui chuchoter à l’oreille qu’il lui faut aller de toute urgence donner le sacrement des malades à la vieille Clotilde qui est en train de mourir. Il confie le soin au sacristain de poursuivre le chemin de croix. Quand le curé revient, une demi-heure plus tard, il entre dans l’église, croyant bien que chacun est rentré chez soi. Mais l’église est aussi pleine que tout à l’heure et il entend son sacristain : « Vingt-cinquième station, Simon de Cyrène épouse Véronique. »
Dans le milieu du handicap, les concepts cognitifs ne constituent pas le langage principal, la catéchèse doit donc permettre d’expérimenter Dieu par le corps. C’est le défi quotidien de Gaëtan Steiner, responsable de la pastorale spécialisée du diocèse de Sion. Mais il a un allié de taille… le Saint-Esprit !
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer
N’a-t-on pas trop tendance à intellectualiser la foi et l’expérience de Dieu ?
Oui, je peux souscrire à cela. Dès le moment où il y a du handicap mental, on est obligé de développer un autre langage que celui du concept lié à la parole. Cela signifie un réel travail d’appropriation de la foi à travers les cinq sens, l’expérimentation et l’expérience humaine afin que cela ne soit pas uniquement cérébral. C’est pour moi la grande richesse de la pastorale spécialisée et du monde du handicap.
Peut-on considérer que les personnes en situation de handicap ont une foi innée ?
Je pense qu’elles ont comme un sixième sens, un sens de la foi très fort. Comme partout, il y a des personnes en situation de handicap qui ne sont pas croyantes et ne participent pas à nos activités. Par contre, lorsqu’elle se développe, leur foi devient de l’ordre du normal, car elle se situe moins dans le questionnement théologique ou existentiel et plus dans « l’être avec Dieu ». Dans le monde du handicap on ne joue pas de rôles. Avec ces personnes tu découvres ce qu’est la spontanéité et l’authenticité dans les relations avec tes semblables et Dieu.
Justement, que vous apprennent-elles en tant que croyant ?
Tout ! Lorsque tu as quatre personnes polyhandicapées en chaise roulante en face de toi et que tu es en train de leur faire une théorie sur la confiance… c’est là que « ça fait tilt ». Ils sont entre les mains d’autrui du matin au soir, c’est plutôt eux qui m’apprennent ce qu’est la confiance ! Il faut donc aller à l’essentiel, mais surtout en profondeur en faisant un travail de passage du cognitif à l’expérience. Lorsqu’on vit ce moment, Dieu devient palpable, réel, ancré dans notre vie et on comprend, enfin, ce qu’est le mystère de l’incarnation.
Pour faire « toucher Dieu » aux personnes vivant avec un handicap, vous devez développer des trésors de créativité…
Cette créativité se déploie autour du bricolage, de la peinture. On joue beaucoup avec les cinq sens et la symbolique. Parler de Dieu comme rocher et venir avec un gravier n’a pas de sens ! Mais cela demande un vrai changement de perspective au niveau de la manière d’aborder la foi. On ne peut pas faire cette économie-là avant d’aller rencontrer nos amis en institution. Si je n’ai pas fait personnellement ce chemin d’appropriation, je ne peux rien leur apporter. Et bien souvent, ce bout de chemin me permet d’approfondir ma propre foi.
Est-ce que le handicap pousse à la conversion ?
Côtoyer la vulnérabilité et la fragilité de l’être humain implique un chemin de conversion. Sans quoi, on ne peut pas se reconnaître fragile et en dépendance du Père. Lorsqu’on se suffit à soi-même, on ne peut ni accueillir, ni recevoir des autres. La vulnérabilité ouvre, parce que l’on se découvre en recevant l’autre et plus fondamentalement en dépendance de Dieu.
Le miracle de Lourdes
Le miracle de Lourdes se prolonge tout le reste de l’année.
« On ne rentre pas de Lourdes sans avoir vécu le miracle, glisse Gaëtan Steiner. Lorsqu’on est à Lourdes, le miracle c’est de goûter « le monde à l’endroit », car ici, la mesure de l’espace et du temps est déterminée en fonction du plus fragile et du plus lent. » Ce pèlerinage constitue le point de rencontre entre ses deux ministères et lorsque celui-ci ne peut avoir lieu, les jeunes témoignent d’un « déficit de vie pour toute l’année. Ce qui est de l’ordre du miraculeux pour [lui] ». Il l’affirme sans détours : « Le miracle de Lourdes se prolonge tout le reste de l’année. »
Bio express
Gaëtan Steiner est responsable de la Pastorale spécialisée et du Service Diocésain de la Jeunesse (SDJ) du diocèse de Sion. Né à Sion en 1985, il s’est d’abord formé à l’administration et au commerce de détail. Sentant l’appel à s’engager pour les autres, il part en Argentine comme volontaire dans l’œuvre du Père Gabriel Carron. A son retour en 2010, il effectue des études de théologie et de pastorale à l’IFM (Institut de Formation aux Ministères) à Fribourg. Depuis 2011, il œuvre auprès de la jeunesse, puis de 2013 à 2016 en paroisse au service de ses frères et sœurs en situation de handicap. Gaëtan est marié et a trois filles. Il est actuellement en chemin vers le diaconat permanent.
Cyrille est né à Jérusalem ou dans ses environs vers 310, de parents chrétiens. Il a reçu une excellente éducation, tant en littérature chrétienne qu’en littérature grecque païenne. Vers 335, il est devenu diacre, puis prêtre en 345 et évêque de Jérusalem en 348. Cyrille semble avoir longtemps adhéré à l’arianisme. La doctrine arienne nie que Jésus-Christ est le vrai Dieu, affirmant qu’il n’est que sa créature la plus noble. Ce n’est qu’au concile de Constantinople en 381 que Cyrille a finalement professé sa foi en la Trinité divine, telle qu’elle avait été définie au concile de Nicée en 325. Cela entraîna un conflit avec l’évêque Alexis de Césarée, qui était un adepte de l’arianisme.
A deux reprises, Cyrille fut destitué et exilé par des assemblées épiscopales en raison de sa fermeté dans la foi, puis une troisième fois en 367 par l’empereur Valens. Cet dernier exil dura jusqu’en 378. Au total, il passa près de la moitié de son mandat en exil. Lors du deuxième concile œcuménique de Constantinople, il fut réhabilité comme orthodoxe et déclaré évêque légitime de Jérusalem. Cyrille mourut le 18 mars 387.
Dans l’Eglise orientale, il est vénéré comme un père de l’Eglise et un prédicateur doué. Le 28 juillet 1882, il fut nommé docteur de l’Eglise par le pape Léon XIII, conjointement avec Cyrille d’Alexandrie, pour avoir exposé et défendu avec une clarté impressionnante les vérités de la foi, en particulier celles de l’Eucharistie, dans les catéchèses qu’il donna dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, construite par l’empereur Constantin. Il défendait la présence réelle du Christ, c’est-à-dire que le Christ est véritablement présent dans l’Eucharistie, et utilisa pour la première fois le terme de « transformation » du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de la célébration eucharistique. Cyrille est un témoin historique important de la doctrine eucharistique de l’Eglise primitive. C’est probablement lui qui est à l’origine de la liturgie originale de la messe. Des pèlerins ont diffusé cette liturgie depuis Jérusalem dans le monde entier. Les témoignages et les paroles claires et percutantes de Cyrille de Jérusalem sont encore très actuels aujourd’hui. Ses écrits ont inspiré deux documents importants du Concile Vatican II (1962-1965) : Lumen Gentium sur l’Egliseet Dei Verbum sur la révélation divine. Son œuvre a toujours été marquée par le souci d’enseigner la vérité au peuple. A ceux qui doutaient de la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, il recommandait : « Ne doutez pas que cela soit vrai. Acceptez plutôt les paroles du Sauveur avec foi. Puisqu’il est la vérité, il ne ment pas. »
Johannes Hermann, de son vrai nom Cyrille Frey, se distingue comme un naturaliste chrétien contemporain dont l’œuvre s’inscrit à la croisée de l’observation scientifique, de la réflexion spirituelle et de l’engagement éthique. Très influencé par l’encyclique du pape François Laudato Sì, il voit la contemplation de la nature comme une forme de prière.
Il est souvent sollicité par des medias comme La Croix, Famille Chrétienne,Cairn.info ; il est présent sur les plateformes comme Youtube ; il est l’auteur des trois livres suivants : La Vie oubliée ; Face à l’éco-anxiété : quelle espérance pour ne pas sombrer ? ; Comprendre et vivre l’écologie.
Création porteuse de sens
Héritier du naturalisme classique (son nom, Johannes Hermann fait référence au grand naturaliste du même nom qui, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle a, en tant que médecin, botaniste et professeur à l’Université de Strasbourg, constitué une collection si riche qu’elle a formé le Musée zoologique de Strasbourg et le Jardin Botanique avec, de plus, la découverte d’une espèce de tortue (Testudo hermanni qui porte son nom en hommage). Johannes Hermann conserve la rigueur descriptive et l’attention méticuleuse portée au vivant propre à son prédécesseur strasbourgeois, en y intégrant une vision du monde profondément marquée par la pensée chrétienne. Chez Hermann, la nature n’est jamais un simple objet d’étude : elle est perçue comme une création porteuse de sens, révélatrice d’un ordre qui dépasse l’homme. Sa démarche naturaliste est celle d’un homme de foi : le vivant est envisagé comme un don, confié à la responsabilité humaine.
Disciple du Christ
Dans une interview récente à la radio RCF du 12 mars 2025 (Radio Chrétienne Francophone), Johannes Hermann nous dit : « Etre écologiste aujourd’hui, ce n’est pas seulement être un Homo Sapiens qui se soucie de son habitat, c’est aussi un geste de disciple du Christ. Nous n’avons pas à douter du fait que l’homme puisse se convertir et revenir à une relation plus ajustée au créateur, à la création et à ses frères pauvres. Le Carême tombe au printemps […], on recommence à entendre les premiers chants de merle. Dans les espaces verts, on va voir les feuilles se dérouler et les fleurs s’ouvrir, les premiers insectes arriver. Etre attentif à ces petits signes de vie sauvage, c’est déjà les faire rentrer dans son champ de préoccupation, voir qu’il y a quelque chose qui vit autour de nous, que nous ne sommes pas les seuls qui comptons. Le Carême est un bon moment pour méditer cela, ça nous remet à notre place au sein de la Création. […] Méditons cela, en demandant au Seigneur ce qu’il me dit là-dedans et ce que je dois faire pour retrouver la place qu’il m’a donnée au milieu de cette immense compagnie. »
Malgré sa surdité, Robin Masur parvient à communiquer parfaitement.
Robin Masur est sourd de naissance. Malgré son handicap, il parle bien, lit sur les lèvres et, grâce à une application, arrive à communiquer parfaitement avec ses interlocuteurs. Il est, depuis 2009, le chef de service du Centre pour l’information et la documentation chrétiennes (CIDOC).
Par Véronique Benz Photos : Robin Masur
Robin Masur est responsable d’une petite équipe de quatre personnes. « Nous avons également engagé des stagiaires et formé trois apprentis avec succès. » Un de ses soucis par rapport à sa surdité est d’être attentif à la question de la communication. « Lorsque je discute avec mes collègues, je dois être conscient que je peux oublier un mot ou peut-être ne pas comprendre correctement les choses ou créer des quiproquos, un peu comme le professeur Tournesol ! », précise-t-il avec un sourire. La plus grosse contrainte pour Robin Masur est de suivre les conversations en groupe. Les limites liées à son handicap, Robin les connaît depuis son jeune âge. « La difficulté est de ni minimiser ni surestimer ma surdité. » Robin Masur est heureux de pouvoir faire un travail très riche et varié. « Cela fait seize ans que je suis au CIDOC et je découvre toujours de nouvelles choses. La lecture des textes bibliques est un continuel apprentissage. »
Vivre sa foi comme personne sourde
« Chez les protestants, la place de la parole est encore plus marquée que chez les catholiques. Petit, ma maman me répétait tout ce qui était dit durant le culte. » Vers l’âge de 18-19 ans, il découvre la communauté œcuménique des sourds du canton de Vaud, dont le pasteur était lui-même sourd. Dans cette communauté, il vit de magnifiques célébrations basées sur le visuel grâce aux PowerPoint. « Nous avons le texte, l’image, la personne qui signe et même parfois une autre personne qui lit à haute voix. Ainsi, les célébrations de la communauté des sourds sont accessibles à tous. »
Le CIDOC
Le Cidoc, c’est plus de 23’000 documents.
Le Centre pour l’information et la documentation chrétiennes (CIDOC) est un centre de documentation qui est soutenu par l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud) et la Fédération ecclésiastique catholique romaine du canton de Vaud. Il est né en l’an 2000 de la fusion entre le Centre de documentation du Boulevard de Grancy (catholique) et le Centre protestant de documentation catéchétique de la Rue de l’Ale (protestant). Le CIDOC, c’est plus de 23’000 documents (livres, revues, DVD et outils d’animation variés) à disposition des catéchistes et des communautés catholiques et réformées.
J’ai eu une très belle enfance entourée de parents aimants, d’un frère et d’une sœur. Bizarrement, je n’ai été baptisé qu’à l’âge de sept ans au temple de Chardonne. J’ai été impressionné lorsque le pasteur m’a versé de l’eau sur la tête. La foi a toujours eu une place importante dans ma vie.
Votre temps préféré de la semaine ou de la journée ?
Je n’ai pas vraiment de moment préféré. Cependant, il est gratifiant, lorsque je rentre à la maison, de voir mes enfants heureux de me retrouver.
Votre principal trait de caractère ?
Je dirais que je suis posé, calme et puis assez curieux.
Votre livre préféré ?
Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. J’ai appris avec beaucoup d’étonnement que Tolkien était un fervent catholique. Pour lui, Le Seigneur des Anneaux était une œuvre volontairement chrétienne, mais sans l’être explicitement. Bien qu’ayant été écrite durant la Deuxième Guerre mondiale, elle est toujours actuelle, car elle parle des difficultés d’une société menacée par les ténèbres.
Une personne qui vous inspire ?
C’est délicat pour moi d’admirer quelqu’un d’autre que le Christ. A la fois vrai homme et vrai Dieu, Jésus est en totale adéquation entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.
Votre citation biblique préférée ?
« C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Matthieu 20, 28) Cette humilité du Fils de Dieu est quelque chose que j’aime beaucoup.
Robin Masur
• Né d’un père catholique et d’une mère protestante, Robin a grandi dans la foi protestante. • Il a étudié la théologie, puis a fait une formation de bibliothécaire. • Il est marié et papa de deux enfants. Son épouse et ses enfants sont également sourds.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Paralysé mais libre André Bisson
André Bisson, père de 4 enfants et grand-père de 26 petits-enfants, est installé à la campagne avec son épouse, attiré par la nature sauvage de son Québec natal. Il vivait avec sa famille une vie simple et heureuse à la campagne… quand un évènement a tout bouleversé. A la suite d’un mauvais plongeon, il devint tétraplégique, il y a 34 ans. Lui et son épouse découvrent ensemble la grandeur des petites choses, la force qu’est la foi, la beauté qu’est l’amour et la liberté qu’est l’intimité avec Dieu. « Quelqu’un m’a sauvé de la rage et de la mort ; il donne un sens à ma vie : c’est le Christ ! »
Ce livre nous dévoile la vie d’un handicapé, François-Xavier Arot, avec ses souffrances, liées en bonne partie à son handicap. Le 26 octobre 1994, il tape ses premiers mots sur une machine à écrire. Grâce à une méthode de communication facilitée vulgarisée en Europe par une orthophoniste, la personnalité profonde de François-Xavier se laisse tout à coup entrevoir : les aspects de sa vie quotidienne, mais aussi une inclination marquée vers une spiritualité empreinte d’authenticité, sa familiarité progressive avec la foi catholique dans laquelle il a été élevé et une certaine proximité avec de grandes figures de l’Eglise.
Ecrits et entretiens sur la pratique de la présence de Dieu Frère Laurent de la Résurrection
Simple religieux d’autrefois, le frère Laurent de la Résurrection (1614-1691) a été désigné par le pape Léon XIV comme un maître lumineux pour aujourd’hui. Comment un humble laïc carme, cuisinier et savetier, est-il devenu un maître spirituel de renommée mondiale ? Par une méthode simple : la profondeur du Mystère chrétien vécue dans les petites choses les plus quotidiennes, avec un rare mélange de bon sens et de bonne humeur. Et, surtout, la pratique constante de la présence de Dieu : fidèle, aimante, inébranlable. Un message intemporel et accessible à tous, plus essentiel que jamais.
Timéo est un garçon de huit ans plein de vie. Il raconte son quotidien avec son frère handicapé, Greg, et sa grande sœur Julie : il y a des moments de complicité, mais aussi de la colère, de la honte, de l’incompréhension. Et un jour, c’est la crise ! Timéo pleure tellement qu’un lac apparaît à ses pieds. En rêve (ou en vrai ?), il fait des rencontres étonnantes qui l’aident à découvrir la beauté de la relation à son frère et de ses talents à lui. Un conte pédagogique poétique et vivant pour les frères et sœurs d’enfants handicapés et tous les enfants confrontés au handicap.
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