S’offrir une parenthèse loin du quotidien pour se centrer sur notre vie de couple n’est jamais facile. Grâce à notre curé Jérôme, des couples sont partis à Lyon pour un week-end. Accompagnés par leurs ambassadeurs, les Riat, et l’abbé David Roduit, ils reviennent sur ce séjour.
Par Sandrine et François-Xavier Mayoraz | Photo : DR
Une journée pour notre couple
« Premier signe de réussite : tous les couples sont rentrés ensemble ! » lance-t-on avec humour. Tout est minutieusement organisé à l’avance et le couple Riat s’est occupé des détails sur place. Ainsi, la tête et le cœur sont libres pour vivre l’instant présent et les tracas sont restés en Suisse. Le samedi, à la maison Familya1, nous sommes guidés vers des thématiques essentielles à notre vie de couple par des topos suivis d’échanges à deux. Nous avons rigolé, réfléchi et pris le temps de se regarder dans les yeux au sens propre et figuré. Le discours positif fait du bien : une crise est un chemin de croissance et la vie à deux peut être source d’épanouissement personnel. Entendre d’autres couples apporte une sorte de réconfort et démystifie certaines croyances sur le bonheur à deux. C’était une riche journée.
Comme des coqs en pâte
L’hôtel au cœur de Lyon, le souper à bord de L’Hermès (bateau restaurant) ajoutent de la magie et du romantisme. Sans oublier la bonne compagnie et l’amitié des autres couples ! La messe du dimanche dans la fameuse église Sainte-Blandine apporte la touche spirituelle pour finaliser le séjour. « En partant nous savions que nous nous aimions, en rentrant on s’aime encore plus » résume-t-on. Quant à l’abbé David, il rentre motivé à prévoir quelque chose pour les couples de sa paroisse (Saint-Léonard / Uvrier). Nous sommes reconnaissants envers les paroisses de nous avoir offert cette escapade lyonnaise et adressons un merci particulier à Patrick et Christiane Riat.
Dieu, ici un prisonnier si humanisé qu’il est encore en train de devenir A l’humanité, il donne un devoir de silence chaque jour
Fragile comme les signes sur le sable du temple réalisés en geste du pardon qui se déguisent en vêtement blanc chaque jour
Il est poussé sur le chemin infini nourri par la crudité du désert avant la passion épuisée chaque jour
Marchant sur les eaux empilées inondé dans le sang et la sueur crucifié dans les cœurs par la haine chaque jour
Humain comme un sourire de l’enfant comme amour de la mère relèvement de par terre chaque jour
Dans le mystère et la perplexité de nuit en confiance confiée contre tout chaque jour, de l’aube renforcée ma résurrection !
Ce poème, choisi par l’abbé Darius, en guise d’éditorial pascal, est extrait du livre « Doux désert – Journal de la Terre sainte » qu’il a publié en 2010 aux Editions du Parvis.
Le dimanche 10 mars prochain, la Lemania sera présente à Monthey
Propos recueillis par Valentin Roduit | Photos : Loris Follonier
Bonjour Loris. Peux-tu nous dire qui est cette « Lemania » qui sera présente à Monthey le 10 mars prochain ? Oui ! La Lemania est l’association qui regroupe les anciens gardes suisses pontificaux qui habitent dans les cantons de Genève, de Vaud et du Valais romand. Cette association a été fondée en 1979. D’autres associations sœurs existent dans les autres cantons suisses et il existe même une association fédérale, pour toute la Suisse. Le but de ces associations est toujours le même : permettre aux gardes qui ont terminé leur service à Rome et qui rentrent chez eux de garder et de soigner les liens qu’ils ont tissés. Ils permettent aussi de faire connaître la Garde, en défilant lors de la Fête-Dieu ou des grandes fêtes paroissiales. Enfin, ils soutiennent les gardes actifs lorsque ceux-ci viennent en Suisse, comme c’est le cas pour le salon des métiers de Martigny, par exemple, en préparant le matériel nécessaire sur le stand.
Et le 10 mars, alors, que se passera-t-il ? Comme toutes les associations, nous devons nous réunir une fois par année pour approuver les comptes, admettre les nouveaux membres et prendre des décisions pour nos activités à venir. Puisque nous sommes étalés sur trois cantons différents, nous tournons chaque année pour la tenue de cette assemblée générale. Mais la journée commencera bien avant l’assemblée : tout d’abord, nous organiserons une présentation pour les jeunes du secteur. Ensuite, les anciens gardes enfileront leurs uniformes pour se rendre en défilant à la messe paroissiale. A la fin de la messe, nous partagerons l’apéritif avec les paroissiens. Ce n’est que dans la deuxième partie de la journée que nous nous retrouverons « entre nous » pour le repas et, enfin, pour l’assemblée générale !
Donc il y a une partie consacrée à faire de la publicité pour la Garde Suisse Pontificale ? Oui, c’est ce que nous faisons avant la messe. Cette présentation est ouverte à tous les adolescents qui se posent la question de devenir garde suisse et qui ont besoin d’en savoir plus avant de prendre une décision. Les jeunes présents pourront nous laisser leurs coordonnées afin qu’on les accompagne dans toutes les étapes du recrutement, peu importe l’âge qu’ils ont. Et s’ils sont absents le jour en question, ils peuvent toujours nous contacter par mail à promotion.lemania@gmail.com !
Dimanche 10 mars : « Raclette de Solidarité »
Après la messe solennelle, aura lieu le repas de solidarité. Cette année, nous partagerons avec convivialité une bonne raclette, issue d’une fromagerie locale. La raclette est offerte, les boissons sont payantes. Un chapeau à la sortie permettra de récolter des bénéfices qui seront versés en faveur de l’action de Carême. Au cours du repas, Sofia Racioppi, coordinatrice de la campagne œcuménique de Carême, viendra nous présenter un projet au Sénégal pour défendre le droit à l’alimentation. Bienvenue à tous.
9h Rencontre avec les gardes et les jeunes à la Maison des Jeunes. Défilé des gardes
10h30 Messe solennelle animée par la chorale de Monthey. Apéritif sur le parvis animé par l’Harmonie
12h Raclette de la solidarité à la Maison des jeunes.
Les membres de l’association présents lors de l’AG 2023 à Rolle.
Dans notre Broye, partagée entre les cantons de Fribourg et Vaud, la question de l’œcuménisme est une réalité bien présente et vécue au quotidien.
Par Gérard Dévaud Photos : Georges Losey
Nombreuses sont les familles mixtes et il n’est pas rare de rencontrer des réformés dans nos célébrations, et vice-versa. L’Eveil à la foi, la catéchèse à l’école enfantine et de nombreuses activités sont vécues de manière œcuménique.
La semaine de prière pour l’unité des chrétiens (du 18 au 25 janvier) permet de rendre visibles tous ces liens tissés au long de l’année et de se rassembler autour de la Parole pour une prière commune.
Cette année, différents rendez-vous étaient proposés durant cette semaine dans toute la Broye autour de l’évangile du bon Samaritain (Luc 10, 25-37). Tout aurait dû démarrer avec la conférence du pasteur Hoegger, reportée au 6 mars chez les Focolari. Après une prière à Avenches, il y eut une grande célébration à l’abbatiale de Payerne. A noter la remarquable prestation de Benoît Zimmermann, organiste, qui a composé et interprété une pièce spécialement pour l’occasion sur le thème de cette année.
Célébration à la collégiale
Et enfin, le dimanche 28 janvier, en prolongation de cette de semaine de l’unité et pour montrer que l’œcuménisme ne s’arrête pas à ces 7 jours, une célébration a rassemblé un grand nombre de fidèles à la collégiale d’Estavayer. Aux côtés de nos prêtres et de la pasteure, plusieurs délégués des communautés catholique et réformée nous ont permis de méditer et prier à partir du célèbre hymne à l’amour développé par saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens (chapitre 13) et de l’évangile de Luc. Le climat invitait à la prière, grâce à la bonne cohésion de l’équipe d’animation, des chants soutenus par Philippe Marchello à l’orgue. A la fin de la célébration, les enfants – qui s’étaient retrouvés pour vivre une animation autour du thème de l’amour – ont rejoint l’assemblée avec une farandole de cœurs : tout un symbole !
Après l’envoi en mission : partager un message de paix et d’espérance à l’aide d’un marque-page, les nombreux participants se sont rassemblés sur le parvis de l’église pour un temps de convivialité et de fraternité autour d’un apéritif.
L’abbé Darius accueille la pasteure Thünde Lamboley à la collégiale.
Du 28 au 31 mars 2024, en plus des célébrations paroissiales, deux Montées vers Pâques (MVP) sont organisées dans le secteur pour soutenir la foi des jeunes et enfants : un camp pour les ados au Monastère des Bernardines et des activités en journées à Monthey pour les enfants (3H-8H). Certains témoignent de leur expérience et invitent d’autres à se mettre en chemin pour vivre ensemble le Triduum Pascal.
Propos recueillis par Céline Sallin et Sandrine Mayoraz | Photo : DR
La MVP des jeunes c’est quoi ? « Un camp pour se rapprocher, parler de Dieu, s’amuser et il faut y aller pour faire des connaissances, sortir de sa zone de confort et vivre de drôles d’expériences. Comme la fois où les animateurs m’ont réveillé à 3h du mat pour aller prier puis retourner me coucher. En plus, le lieu où on vit le camp, le monastère des Bernardines est super calme, cool, un peu froid mais super et c’est une expérience super chouette de rentrer un peu dans le quotidien des sœurs. » Camron, 14 ans
Et la MVP Kids ? « C’est trois jours de la Résurrection de Jésus, un temps de prière et de partage. On répète les étapes que Jésus a faites avec ses Apôtres. » Giorgia, 11 ans « Pâques est la plus grande fête chrétienne de l’année et on a envie de se réunir pour cela. C’est un cheminement avec Jésus et ses amis du dernier repas jusqu’au déjeuner de Pâques. » Aloïs, 18 ans, animateur de la MvP Kids
Pourquoi y aller ? « Pour découvrir plein de nouvelles personnes et créer des amitiés. Parler avec d’autres qui croient et échanger sur ce que l’on sait. Aussi découvrir d’autres endroits et surtout passer la mort et la résurrection de Jésus ensemble, c’est entre autres pour cela qu’il faut venir. » Léana, 15 ans « Pour Vivre de l’intérieur l’étonnant mystère de Pâques. Rien n’est démodé, 2024 a son lot de soucis et Jésus les a connus aussi. Nous le suivons vers la joie de la Résurrection. » Mary-Lou, animatrice à la MvP Kids
Qu’est-ce que la MVP t’apporte ? « La MVP agrandit ma foi car d’autres jeunes croient aussi, c’est réconfortant de se rendre compte qu’on n’est pas seul et on peut vivre des célébrations ou moments particuliers de foi qu’on ne vivrait pas ailleurs. » Timéa, 14 ans « La joie de vivre une fête importante en mémoire de Jésus qui est mort sur la croix et ressuscité. » Nicole, 9 ans
Quelle est l’activité que tu attends avec impatience ? « Alors j’aimerais trop que les anim’s organisent une soirée jeux et loup garou car ça met toujours une trop bonne ambiance dans le camp. » Timéa, 14 ans « J’ai bien apprécié de faire la nappe d’autel pour le grand jour et la chasse aux œufs. » Giorgia, 11 ans
Depuis 2012, la famille Tattoli habite Cugy. La catéchèse en couple, ils l’ont débutée lorsque leur fille Méline est entrée en classe de 3H.
Texte et photo par Marianne Berset
Dès leur arrivée à Cugy, Antonio a eu un lien avec l’école en participant à diverses commissions. Aujourd’hui, à côté de sa profession de gendarme, il est président de la commission parentale au CO de Cugy. Isabelle, elle, est samaritaine indépendante et elle a beaucoup de plaisir à transmettre sa mission aux personnes qu’elle rencontre. Ils ont quatre enfants, maintenant âgés de 21, 19, 17 et 13 ans.
Comment vivre cet engagement en couple ? Lorsque nous avons débuté la catéchèse, c’est Antonio qui conduisait les rencontres de catéchèse car il connaît la Parole de Dieu et aime la raconter. Puis, après un temps d’arrêt pour des raisons privées et professionnelles, j’ai choisi de reprendre cette mission tellement importante. La catéchèse m’a permis d’ouvrir une porte, celle de la lecture quotidienne de la Bible.
Est-il facile d’évangéliser à la maison ? Nous avons accompagné nos enfants dans leur chemin de vie chrétienne. Notre souhait est de leur donner un Eveil à la foi. Trois d’entre eux ont servi la messe. Aujourd’hui, après une période d’arrêt, d’oubli de rencontre avec le Seigneur, ils reviennent avec des questions, ils reportent une croix et ressortent et lisent volontiers leur Bible.
Pourquoi avoir choisi cet engagement de catéchiste au sein de l’Eglise ? Antonio nous confie que de part ses origines italienne et yeniche sédentaire, la foi est importante. « Malheureusement lorsque j’étais adolescent, j’ai fait de mauvaises expériences. Le prêtre a refusé de me confirmer car je n’avais pas pu vivre toutes les rencontres concernant ce cheminement en dehors de l’école, ceci dû au décès de mon papa alors que j’étais âgé de 11 ans. Par la suite, j’ai rencontré plusieurs prêtres, pasteurs et agents pastoraux qui m’ont aidé à renouer dans ma relation à Dieu. Aujourd’hui, je ne veux pas que des enfants connaissent ces difficultés alors j’apporte une pierre à l’édifice. »
Merci à Isabelle et Antonio qui vivent de tout leur cœur leur rencontre quotidienne avec le Seigneur et qui n’hésitent pas à en témoigner auprès des enfants de la paroisse et dans leur milieu professionnel. Bravo et merci pour leur précieuse disponibilité.
«Un engagement qui,grâce aux Ecritures,apaise mon cœur.» Isabelle Tattoli
Le 19 janvier dernier, l’Association des repas communautaires de Collombey-Muraz s’est réunie à La Charmaie pour son Assemblée générale. Par la même occasion, avec des allocutions de M. Pascal Berrut (président de l’Association), de M. Olivier Turin (président de la Commune) et avec un repas offert aux bénévoles en remerciement de leur engagement, l’Association entendait commémorer ses 10 ans d’existence (et ses 8 ans d’activité, puisqu’elle a connu une interruption liée au Covid-19 en 2020 et 2021).
L’ancien et regretté cuisinier, Pierre-Yves Plaschy (décédé en 2020).
Par Jean-Michel Moix | Photos : Bernard Hallet
Ces repas ont été lancés sur l’initiative de Pierre-Yves Plaschy, chef-cuisinier, sur le modèle des repas communautaires qui se faisaient déjà sur Monthey (au centre paroissial protestant « En Biolle »). Sous l’impulsion des présidents des conseils de gestion des paroisses de Collombey et de Muraz (avec Pascal Berrut et Pierre-André Lattion) et du Conseil de communauté, une Association fut fondée le 7 décembre 2013 par la Commune, les paroisses ainsi que par des personnes à titre individuel, afin de structurer et de pérenniser le projet.
Les premiers repas furent servis à Collombey (à la salle communale) le 6 février 2014 et à Muraz (à la Maison du Village) le 27 février 2014. Au cours de ces 10 années écoulées, 141 dîners ont été organisés (avec un cuisinier et une équipe de bénévoles pour la cuisine, le service et l’aménagement de la salle) et 9’396 repas ont été servis.
Avec son Comité, présidé par Pascal Berrut, l’Association entend vivement remercier les autorités communales et paroissiales pour leurs soutiens (notamment pour la mise à disposition de la salle multi-activités de La Charmaie et de la salle de la Maison de commune), le chef-cuisinier actuel, Raphaël Fracheboud, toute l’équipe des bénévoles, les fournisseurs des denrées alimentaires (les légumes offerts gracieusement par la famille Lattion à Pré Géroux, les invendus fournis par Manor à Monthey et le vin sponsorisé par la cave Beltrami à Vionnaz). Un merci également à la direction de La Charmaie et à son personnel pour la bonne collaboration.
Le président de l’Association a relevé par ailleurs que les finances sont saines. Avec un bénéfice brut excédentaire de plus de Fr. 2’000.– en 2023, celles-ci ont permis à l’Association de verser aux Tables du Rhône et aux Colis du Cœur un don de Fr. 1’000.–chacun, par solidarité, à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Ces repas, faut-il le rappeler, sont ouverts à toutes et à tous. Qu’il est beau ainsi de retrouver à des tables trois générations réunies (grands-parents, parents, enfants), qu’il est bon aussi d’associer à ces repas, la génération « active » avec la génération « retraitée » ou résidente à l’EMS de la Charmaie. Puissent ces repas contribuer à « nourrir » ainsi ces liens intergénérationnels, à vivifier ces contacts simplement humains, conviviaux et cordiaux, tant il est vrai que l’homme n’est pas fait pour vivre seul, mais pour vivre en « société », en relation avec ses semblables comme aussi avec Dieu !
Le 11 septembre 2023, la cité-pilote et Centre de Rencontre et de Formation des Focolari a annoncé sa fermeture pour juin 2024 après 43 ans de présence dans ce village de Montet / Broye sur les 80 années que compte le mouvement.
Par Marianne Berset | Photo : LDD
Le Mouvement des Focolari est présent dans plus de 183 pays du monde. La fermeture de la cité-pilote de Montet a été prise après un long processus de discernement entre les habitants et les dirigeants de la cité de Montet ainsi que de ceux du Centre international à Rome et les responsables et membres de Suisse, d’Autriche, d’Allemagne. La restructuration et la réorientation ont été envisagées afin que la mission des Focolarines et Focolarinis soit en lien avec les besoins actuels.
De nombreux jeunes du monde entier ont fait une escale d’une année à Montet pour leur deuxième année de formation car il n’y avait pas assez de place à Loppiano (Italie). De plus, depuis 1991, une école de vie s’y est ajoutée pour les jeunes du monde entier. Aujourd’hui, les vocations étant en baisse, la formation a été repensée sur trois ans à distance dans leur pays d’origine et une année en Italie, afin qu’ils puissent vivre une expérience communautaire internationale et interculturelle.
Cette décision a été motivée par le fait que le contexte change, les membres du mouvement aspirent à une vie plus sobre. De plus, ce bien permet de libérer des ressources pour des besoins plus imminents.
Ce mois de mars est englobé dans le temps du Carême qui culmine avec la Semaine sainte, et enfin avec la fête de Pâques, le 31 mars. Ce grand mystère de la mort et de la Résurrection est au cœur de notre foi. Depuis de nombreux siècles, la piété chrétienne s’est plue à méditer en particulier la Passion de Jésus, avec notamment la dévotion du chemin de croix.
Par Jean-Michel Moix Photos et dessins : Jean-Michel Moix, J.-F. Kieffer
Les origines et le développement de la dévotion du chemin de croix
Cette dévotion remonte aux temps des apôtres. Une pieuse tradition raconte que la Vierge Marie en personne aimait, en la ville sainte de Jérusalem, se rendre sur les lieux où son divin Fils, Jésus, avait subi sa cruelle passion, refaisant à pied la « Via Crucis », du palais de Pilate où Jésus fut condamné à mort, jusqu’au sommet de la colline du Calvaire (ou Golgotha) où Jésus fut crucifié et où il mourut.
Au fil des siècles les pèlerins chrétiens en Terre sainte visitaient ces différents lieux où Jésus fut cruellement martyrisé, supplicié, où il arrosa la terre de son sang ! Voici à ce propos, un extrait de récit d’un pèlerin russe visitant Jérusalem vers 1730 : « On nous mena… sur le mont Golgotha et nous vénérâmes le lieu où la Croix, portant Notre Seigneur Jésus-Christ crucifié fut plantée. Au même endroit nous vîmes un amas de pierres fendues datant de la Passion du Christ, et dont l’Evangile fait mention : la terre trembla et les pierres se fendirent (Mt 25, 51). Nous baisâmes le lieu où l’on étendit le Christ notre Sauveur sur la Croix, le clouant avec des clous de fer. Puis on nous mena en bas et on nous montra une grotte sous la montagne, où Adam fut enterré et où le sang du Christ sanctifia ses ossements. » (p. 216, Vassili Grigorovitch-Barski, Pérégrinations (1723-1747), Ed. des Syrtes)
L’on se rappelle en outre du côté de l’Eglise latine, que la garde des lieux saints en Palestine fut confiée aux fils spirituels de saint François d’Assise. Et ceux-ci, avec d’autres ordres religieux popularisèrent cette dévotion en Europe pour les chrétiens qui ne pouvaient se rendre en Terre sainte. En 1731, le pape fixe le nombre de stations à 14 et l’enrichit d’une indulgence plénière. Saint Léonard de Port-Maurice (1676-1571), franciscain, apôtre de l’Italie, et au charisme extraordinaire de « convertisseur » des foules, ne manquait pas, par exemple, d’instaurer des chemins de croix au cours de ses missions paroissiales.
Le chemin de croix : est-ce une dévotion dépassée ou bien est-elle encore d’actualité ?
Une dévotion qui a été bénéfique pour des générations de chrétiens, pourquoi ne le serait-elle pas encore aujourd’hui ? en méditant les différentes stations du chemin de croix, nous contemplons le Christ, souffrant par amour pour nous, injustement condamné à mort et embrassant la croix, son instrument de supplice, employant ses ultimes forces « à faire le bien », à prodiguer des conseils pleins de sagesse (aux femmes disciples de Jérusalem), à se relever de ses chutes, pour s’immoler enfin sur l’autel de la croix. Nous le voyons en outre rencontrant sa sainte Mère, aidé par un passant (Simon de Cyrène), consolé par une femme disciple (Véronique), dépouillé de ses vêtements, étendu sur le bois de la croix, crucifié, agonisant trois heures durant, puis rendant son dernier souffle à Dieu son Père.
Ces méditations et ces prières sont propres à susciter ainsi des grâces de conversion pour les pécheurs, des grâces de fidélité et de générosité pour les justes, des grâces d’union au Christ pour les personnes souffrantes ou malades, des grâces de bonne mort pour les personnes en fin de vie.
C’est en plus une dévotion qui convient à tous les âges : les enfants y découvrent l’amour « fou » qui anime le cœur de Jésus, les pécheurs y puiseront des grâces qui les inciteront à faire appel à la Miséricorde divine, les personnes confrontées au mystère du mal et de la souffrance apprendront à unir leur croix à la croix du Christ et les personnes âgées méditeront avec profit les fins dernières en contemplant la manière dont Jésus s’avance vers la mort !
Mais passons à l’exercice pratique. Voici une méditation d’un chemin de croix, composé spécialement pour les enfants mais qui peut aussi convenir pour les plus grands !
Chemin de croix de Lourdes, Jésus est détaché de la croix et remis à sa sainte Mère.
1. Jésus est condamné à mort Jésus est innocent. Il est pourtant injustement condamné à mort. Ô Jésus, je te confie toutes les personnes qui souffrent, en raison de guerres, de maladies, de persécutions contre leur foi,…
2. Jésus est chargé de sa croix En portant la croix, Jésus « porte » nos injustices, nos péchés pour en demander pardon à Dieu son Père. Apprends-moi, Ô Jésus, à porter ma croix (de souffrances, d’efforts) comme toi-même tu l’as portée.
3. Jésus tombe pour la première fois Jésus, épuisé physiquement, tombe sous le poids de la croix, mais par amour pour nous, il se relève. Apprends-moi, ô Jésus, à me relever de mes péchés ! (à les détester pour t’en demander pardon !)
4. Jésus rencontre sa très sainte Mère Jésus va vivre sa Passion dans une union spirituelle toute spéciale avec Marie, sa sainte Mère. Quand je rencontre des difficultés, quand j’ai des soucis, je veux également me tourner vers toi, Ô Marie, ma Maman du Ciel !
5. Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix Les soldats réquisitionnent un passant, Simon, qui revenait des champs, afin d’aider Jésus à porter sa croix. Ô Jésus, as-tu aussi besoin de moi pour porter ta croix ? Rends-moi attentif à la détresse ou aux besoins de ceux qui m’entourent.
6. Véronique essuie la sainte face de Jésus Une femme disciple, émue de compassion, applique un linge sur la face meurtrie de Jésus qui en est soulagé. Ô Jésus, je te prie pour les personnes malades, âgées, seules,… et que je voudrais consoler.
7. Jésus tombe pour la seconde fois Les forces viennent à manquer. Jésus tombe une nouvelle fois. Et il se relève. Ô Jésus, apprends-moi à me corriger de mes défauts (de ma paresse, de ma colère, de ma gourmandise, de ma jalousie, de mon égocentrisme,…).
8. Jésus rencontre les femmes disciples de Jérusalem Jésus leur dit : « Ne pleurez pas sur moi, mais sur vous, sur vos péchés ! » Apprends-moi, ô Jésus, à reconnaître mes péchés, à sortir de mon égoïsme, à demander à Dieu, « pardon » !
9. Jésus tombe pour la troisième fois Ses forces l’abandonnent et Jésus tombe encore. Mais dans un effort de volonté, Jésus se relève ! Ô Jésus, je ne compte plus les fois où je suis tombé, où je t’ai « tourné le dos ». Mais, ô Jésus, tu ne te lasses pas de me pardonner, à chaque fois que je reviens vers Toi ! Merci ô Jésus !
10. Jésus est dépouillé de ses vêtements Jésus se retrouve presque nu. Il n’a plus rien à lui ! Mais il a encore auprès de lui, des amis, des disciples (Marie, Jean, Marie-Madeleine). Merci, ô Jésus, de me donner en les saints du ciel, des amis, des frères, des sœurs, des bienfaiteurs, des intercesseurs. Merci aussi de me donner aussi ici-bas de vrais amis sur qui je peux compter.
11. Jésus est cloué à la croix Trois clous ont transpercé les mains et les pieds de Jésus et l’attachent désormais à la croix. Ô Jésus, je te prête mes mains pour servir mes frères. Je te prête mes pieds pour témoigner de Toi et de l’Evangile.
12. Jésus meurt sur la croix Jésus rend son dernier souffle. Alors il se produit un puissant tremblement de terre. Les gens sont effrayés. Que se passe-t-il ? C’est la terre qui « pleure » ! Ô Jésus, c’est pour moi que tu as souffert, c’est pour moi que tu t’es immolé sur l’autel de la croix à Dieu ton Père, c’est pour me faire Miséricorde, c’est pour m’ouvrir les portes du Ciel. Merci, ô Jésus, mon Sauveur et mon Dieu !
13. Jésus est détaché de la croix et remis à sa Mère Le corps de Jésus est décloué de la croix et il est déposé sur les genoux de sa Mère, Marie. Ô Marie, en recevant le corps de Jésus sur tes genoux, c’est chacun de nous que tu reçois désormais, car pour chacun de nous, tu es notre Maman du Ciel, et nous, nous sommes tes enfants !
14. Jésus est mis au tombeau Le corps de Jésus est déposé dans une grotte qui sert de tombeau. Il va y séjourner jusqu’au matin du 3e jour où il va ressusciter ! Avec Marie, je veille dans l’attente de la résurrection ; j’attends qu’un jour, le mal ou le péché soient définitivement vaincus. Et j’espère en la vie du Ciel.
Regard ce mois-ci sur la médaille de saint Joseph. Protecteur des familles et patron des pères, il est invoqué pour apporter paix et charité dans nos foyers ainsi que pour être plus serein à l’approche de la mort.
Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin
Des livres
Fioretti d’espoir Bénédicte Delelis
Comment regarder et traverser avec espérance les drames de notre époque, les scandales dans l’Eglise, les difficultés de nos vies ? Puisant la matière de sa réflexion dans un florilège d’anecdotes savoureuses et de touchantes rencontres, Bénédicte Delelis nous entraîne résolument sur la voie de « la grande espérance ». « A travers les visages contemplés, les récits quotidiens racontés, un ange malicieux et organisé semble avoir œuvré pour s’écrier de la part de Dieu : « Tenez bon ! Ne vous découragez pas ! » » De fait, c’est le cœur brûlant d’une flamme nouvelle que l’on referme ce livre, les yeux tournés vers « la réponse unique que Dieu offre à toutes nos questions, à toutes nos prières » : le visage du Christ.
Nombreux mais méconnus, les personnages lumineux qui ont donné un témoignage de leur foi, des premiers siècles de la chrétienté à nos jours, nous interpellent. Sans trop de détails, cette approche chaleureuse fait revivre hommes, femmes et enfants au courage exemplaire fondé dans la conviction. Avec le sens pédagogique et pastoral qu’on lui connaît, l’auteur rend ces personnages présents et contemporains au travers d’un recours à une iconographie éloquente, pour finalement montrer la voie du témoignage aujourd’hui.
Depuis juillet 2013, on est sans nouvelles du prêtre jésuite italien Paolo Dall’Oglio, qui a réhabilité dans les années 1980 le monastère Mar Moussa al-Habachi, dans le désert syrien, pour en faire un haut lieu d’hospitalité et de dialogue. Expulsé de son pays d’adoption en 2012, il y retourne clandestinement au bout d’un an. Il est enlevé peu de temps après à Rakka dans des circonstances troubles. Le mystère autour de sa disparition reste entier. Pris entre les sentiments confus de révolte, de découragement et d’espoir, René Guitton rend ici hommage à un ami très cher, mais aussi, à travers lui, à ceux qui hurlent en silence leurs souffrances, leurs douleurs physiques et morales.
L’Abbé Pierre, une vie pour les autres Abdel de Bruxelles – Vincent Cuvellier
Henri Grouès naît à Lyon en 1912. Eduqué dans une famille catholique tournée vers les autres, il est sensibilisé dès l’enfance à l’entraide et au partage. Se faisant d’abord appeler « Frère Philippe », Henri adopte après la Seconde Guerre mondiale un nom qui va rester dans toutes les mémoires : celui de l’Abbé Pierre. Réunissant des compagnons pour fonder Emmaüs, il mène dès lors une lutte acharnée contre le mal-logement. A l’hiver 1954, il lance son célèbre appel à la radio, et tout au long de sa vie l’Abbé Pierre a créé des communautés, en France et à travers le monde, afin de venir en aide aux personnes démunies. Cette BD résume bien la vie de cette personnalité hors du commun.
Par Joseph Jingen Yang | Photos : Marion Perraudin
Nous sommes au milieu du Carême, ce temps de préparation à la fête de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ.
Le Carême est un temps de conversion, de renouvellement, de partage et de prière. C’est un temps où nous sommes invités à nous rapprocher de Dieu et de nos frères et sœurs, en faisant des gestes concrets de solidarité, de pardon et de charité.
Le Carême est aussi un temps de jeûne, où nous nous privons volontairement de quelque chose qui nous fait plaisir, pour nous libérer de nos attachements et nous ouvrir davantage à Dieu et aux autres. Le jeûne n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour nous aider à grandir dans la foi, l’espérance et l’amour. (Voyez la proposition de cheminement en groupe à ce sujet en page 9.)
Le Carême est enfin un temps de joie, où nous découvrons la présence de Dieu dans nos vies, dans nos cœurs, dans notre monde. Le Carême n’est pas une période triste, mais une occasion de vivre plus pleinement notre baptême, notre appartenance à la famille de Dieu.
Au milieu du Carême, je nous invite à faire le point sur notre chemin spirituel, à remercier Dieu pour ses bienfaits, à lui demander pardon pour nos fautes, à lui offrir nos intentions, à lui exprimer notre confiance et notre amour. Je nous invite aussi à regarder autour de nous, à être attentifs aux besoins de nos proches, de nos voisins, de nos frères et sœurs en humanité. Je nous invite enfin à témoigner de notre foi, de notre espérance et de notre charité, par nos paroles et par nos actes.
Que le Seigneur nous accompagne et nous bénisse tout au long de ce Carême !
Dimanche 28 janvier dernier, 27 jeunes des communautés de la Ville et du Bourg ont été confirmés à l’église de Martigny-Ville par notre évêque Mgr Jean-Marie Lovey. Retour sur ce qui a été vécu dans le groupe.
Par L’équipe des catéchistes Photos : Marion Perraudin
Afin de mieux comprendre ce sacrement et pouvoir expérimenter avec leurs pairs ce que « faire Eglise » signifie, nous avons privilégié des journées à VIVRE, plutôt que des explications. C’est ainsi que nous avons vécu une première journée sous le thème du « Père ». La pluie du matin n’arrêtant pas les pèlerins, nous sommes allés jusqu’au Guercet pour découvrir la création à travers des activités ludiques et des moments de réflexion.
Une deuxième journée a été consacrée au « Fils ». Notre catéchèse est partie du baptême de Jésus et a été la base de notre questionnement sur notre propre baptême et la mission qui en découle pour chacun de nous. Nous avons aussi expérimenté combien il était parfois difficile d’aller vers l’autre. Nous avons enfin partagé un moment de rencontre et le goûter avec le groupe « Foi et Lumière » *.
Puis, deux semaines avant la célébration, c’est sous le thème de l’Esprit Saint que notre retraite s’est articulée. Tous les confirmands étaient accompagnés de leur parrain ou marraine ou encore d’un membre de leur famille pour vivre un week-end à Bourg-Saint-Pierre. Là aussi, pas facile de s’extraire de son quotidien, de tout lâcher – son confort et surtout son Natel… pour suivre Jésus.
La Maison Saint-Pierre étant un logement pour les groupes et pas un hôtel, chacun a donc dû accomplir certaines tâches : mettre la table, laver la vaisselle ou nettoyer les dortoirs et les toilettes. Se mettre au service des autres : n’est-ce pas ce que Jésus lui-même nous a enseigné ?
Le week-end a été bien rempli par les temps de prière, les ateliers liés à l’Esprit Saint, les discussions en binôme et bien sûr les moments de jeux ! Les confirmands et leur accompagnant ont pu vivre de beaux moments d’échange. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas aussi bien parlé avec ma maman », a confié un jeune. Tout cela a abouti à un pacte qui devait sceller les attentes réciproques et, peut-être, les aider à grandir dans leur chemin de foi. Grâce à l’Esprit Saint qui est descendu sur eux en ce radieux dimanche de janvier, et doté du don qu’ils ont demandé plus particulièrement dans le secret de leur cœur, nous souhaitons à tous ces jeunes confirmés de continuer à témoigner avec joie de leur foi.
* Le groupe « Foi et Lumière » est constitué d’une vingtaine d’adultes en situation de handicap mental. Ils se rencontrent une fois par mois à la salle N.-D. des Champs pour échanger sur la foi et partager un moment convivial.
Line et Erine surveillant la cuisson des spaghettis lors de la retraite à Bourg-Saint-Pierre.Qualité et fruit de l’Esprit Saint décelés par les parrains et marraines de chaque confirmand.
On sait que le chant et la musique occupent une place majeure dans les liturgies chrétiennes. Et Dieu sait si c’est un levier pour soulever les cœurs jusque vers Lui… Pierre-Alain, Ariane, Edmond, Bernadette, Laurent, Doris et d’autres encore enchantent nos assemblées dominicales par le chant ou la musique. Mais qu’est-ce qui les tient, qu’est-ce qui les pousse ? Regards croisés.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR, MJ Delaloye
Ce mois-ci, nous avons donné la parole à Bernadette et Laurent. Bernadette Alimovic est chantre animatrice et présidente du chœur La Voix des Champs, de Charrat, tandis que Laurent Bourgeois dirige le chœur Antonia, de Bovernier. Dans le prochain numéro, vous retrouverez deux autres amis du chant et de la musique liturgique…
Comment le chant habite-t-il votre vie ? Bernadette : Ma vie est une musique aux multiples couleurs : toute une palette de sentiments. Dès le matin, je chante le plus souvent intérieurement pour ne pas déranger les habitants de l’immeuble. Laurent : Le chant a toujours habité ma vie. Mon père a dirigé l’Antonia durant 25 ans et j’ai pris sa relève il y a bientôt 40 ans. J’en suis membre depuis l’âge de 8 ans. A l’époque, nous étions 42 membres. Mais plus que 17 aujourd’hui…
Qu’est-ce qui vous tient à cœur dans votre engagement au service de la liturgie ? Bernadette : Le chant parle au cœur ou à l’âme. Je suis donc heureuse de partager cela avec les fidèles afin de rendre la liturgie plus vivante. Pour moi, le chant donne une profondeur à nos célébrations. Laurent : Mon engagement me tient beaucoup à cœur. Nos parents étaient de fervents catholiques et ils nous ont éduqués dans le giron de l’Eglise depuis tout petit. J’ai été tour à tour servant de messe, lecteur puis chantre. Petits, nous avons participé plusieurs fois au pèlerinage à Einsiedeln avec mes parents qui y étaient fidèles. Dans ce cadre, avec un de mes frères, il nous est arrivé de servir à la messe que Mgr Schwery célébrait !
Qu’est-ce qui vous agace ? Bernadette : Avant de choisir les pièces à interpréter, je prends connaissance des lectures, du psaume et de l’Evangile du jour. Pas toujours facile de comprendre l’entier du message et ça peut m’agacer. Patience, car alors, écouter plus attentivement l’homélie devient un plaisir. A relever la très intéressante diversité de celle-ci grâce au tournus des prêtres. Laurent : Je mentionnerai ici les événements scandaleux qui sont sortis dans la presse dernièrement et qui mettent à mal l’Eglise catholique en particulier.
Quelle est la pièce que vous préférez interpréter ? Pourquoi ? Bernadette : Je n’ai pas de préférence. Je suis juste émerveillée par la diversité des compositions et des compositeurs : une vraie richesse. Une pièce simple présentant un beau texte qui s’harmonise avec la musique me parle déjà beaucoup. Si la musique fait vibrer la corde sensible, elle sera adoptée. Laurent : Il y a tellement de beaux chants liturgiques… J’avoue avoir des préférences pour certains chants à « Marie ».
Qu’est-ce qui vous émeut dans le rapport entre le chant / la musique et la foi ? Bernadette : Saint Augustin disait que « Chanter c’est prier deux fois ». Deux fois, je ne sais pas, mais pour sûr le chant est une prière. Le beau nous relie au créateur, difficile de ne pas croire et la musique liturgique nous élève et nous relie aussi. Lorsque l’animatrice que je suis entend les fidèles joindre leur voix à la mienne, je suis comblée. Laurent : Ce qui me plait surtout, c’est de transmettre de l’émotion, de la joie et du plaisir à tous les fidèles qui nous écoutent lorsque nous animons les célébrations, car comme dit le dicton « Chanter, c’est prier deux fois ».
Le chœur Antonia lors de l’inauguration de la nouvelle croix en 2021.
L’invitation de Dieu pour chacun de ses enfants, est d’être un signe qui indique le chemin, comme les disciples de Jésus l’ont été pour la génération de leur temps.
Par Olivier Taramarcaz | Photos : DR
Lors d’un périple de 90 jours sur les hauts-plateaux de Norvège, je me suis retrouvé un jour devant un rare poteau indicateur. Un point crucial. Là, je devais trouver des précisions pour continuer mon chemin. Les panneaux avaient tous été arrachés. Le poteau n’indiquait dès lors aucune direction. Ce jour-là, j’ai été interpellé par ce passage de la Bible : « Ils ont établi pour signes leurs signes, pour emblèmes leurs emblèmes. Nous ne voyons plus nos signes. » (Ps 74, 4) Comme chrétien marchant dans les pas de Jésus, qu’est-ce que ma vie indique comme direction ? Quel signe je suis pour les autres ? Au début de ma vie chrétienne, plusieurs ouvrages m’ont nourri, devenant des bornes, des poteaux indicateurs, reflétant l’amour de Dieu répandu comme un parfum.
Les paroles que tu m’as données –« Les paroles que tu m’as données »1 d’Odette de Benoît (1899-1953), fondatrice de l’Institut Emmaüs, a été une profonde source d’ancrage spirituel. En plongeant dans cet ouvrage, j’ai été bouleversé, comme traversé par la présence de Dieu. Je me suis senti invité à passer des devantures à l’aventure de la vie. Il recueille des notes consignées dans des carnets, reflétant sa vie d’intimité avec son Seigneur. Le titre est tiré d’un passage de la Bible : « Les paroles que tu m’as données » (Jn 17, 8), suivi de cette note en frontispice : « Non pas celles que l’on obtient à force d’étude, d’attention, de réflexion, mais les paroles que tu donnes, qui jaillissent au fond de l’âme, qui sont esprit et vie et désaltèrent vraiment. » Ces petites notes discrètes, écrites au quotidien, comme des semences de vie, ont germé dans mon cœur. J’ai commencé alors à tenir un journal personnel, que j’aborde davantage sous la forme d’un carnet poétique, mettant en mots les pas de ma vie avec Christ.
Porter la vie comme un parfum –« Le Sadhou Sundar Singh. Un témoin du Christ»2 m’accompagne depuis mon adolescence. Ce récit raconte la transformation du jeune indien sikh, visité par Jésus-Christ. Il engage alors sa vie à partager l’Evangile en Inde, dans l’Himalaya, au Tibet. Il a exprimé cette pensée : « Il faut beaucoup de temps, en botanique, pour étudier la structure d’une fleur et ses divers organes, mais il ne faut qu’un instant pour en sentir l’odeur » (1944, 88). La vie du Sadhou Sundar Singh (1889-1929) a été un puissant encouragement à laisser respirer le parfum de la présence de Dieu, répandu dans mon cœur, soit à le partager : « Nous sommes en effet pour Dieu le parfum de Christ. » (2 Co 2, 14-15) La vie qui vient de Dieu se reçoit comme une semence dans la terre, comme de l’eau qui désaltère, comme un courant d’air frais qui change l’air ambiant.
Etre une source pour d’autres – J’ai compris, par ces deux témoignages, que Dieu m’appelle aussi à vivre mon histoire dans un cœur à cœur avec Lui. En prolongement de ces lectures, un texte retient mon attention : « Vous êtes manifestés comme une lettre de Christ. » (2 Co 3, 3) Cette lettre n’est pas destinée à rester scellée, à l’image du poteau indicateur, en Norvège, qui n’indiquait rien. L’apôtre Paul écrit : « Il a mis en nous la parole de réconciliation. » (2 Co 5, 19) A l’instar d’Odette de Benoît et du Sadhou Sundar Singh, chacun de nous est appelé à se tourner vers le Messie, à mettre en pratique la Parole, à partager la Bonne Nouvelle de la réconciliation, à « être une source pour d’autres » (Jn 4, 14).
Bibliographie 1 Odette de Benoît, Les paroles que tu m’as données, Emmaüs, Vennes-sur-Lausanne, 1956. 2 Alice van Berchem, le Sadhou Sundar Singh. Un témoin du Christ, Emmaüs, [1944], Emmaüs, St-Légier, 2013.
La signification du mot grec « mártys » est « témoignage ». Un martyr (martýrion) est donc quelqu’un qui témoigne, même si cela lui vaut d’être rejeté, ridiculisé, voire tué.
Sommes-nous conscients que chacun d’entre nous devrait être un martyr ? Un homme ou une femme qui devrait témoigner de sa foi et de la sienne. « Soyez toujours prêts à répondre à quiconque vous demande de rendre compte de l’espérance qui vous anime », écrivait saint Pierre il y a 2000 ans. Cette exigence vaut également pour nous, hommes et femmes d’aujourd’hui !
De nos jours, il n’est pas facile de rendre des comptes, de témoigner de notre foi. Nous préférons reléguer notre foi dans le coin le plus reculé et le plus intime de notre cœur, où nous croyons certes en Dieu et où nous le prions également. Mais malheureusement, nombreux sont ceux qui hésitent aujourd’hui à partager cette foi avec leur entourage. Ce faisant, nous nous privons, ainsi que nos compagnons chrétiens, de l’aide et du renforcement mutuel qui nous permettraient de devenir toujours plus courageux, d’affirmer notre foi et de la vivre. L’apôtre Pierre nous montre comment : « avec modestie et respect », sans rien imaginer ni vouloir contester la foi de ceux qui pensent différemment et les exclure.
Depuis le début des travaux de l’Assemblée constituante, les Eglises reconnues en Valais (catholique et réformée) ont entretenu de nombreux contacts et pris position sur les sujets qui les concernent. Elles ont tenu à le faire d’une seule voix, dans un esprit œcuménique et proactif, contribuant ainsi à cette importante réflexion citoyenne pour l’avenir de notre canton.
Par Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion Photos : DR, Commune Crans-Montana
De façon particulière, les Eglises se sont prononcées sur les questions relatives aux droits fondamentaux de la personne, aux relations Eglises-Etat, ainsi qu’au préambule. Elles se montrent reconnaissantes de l’accueil réservé à leurs réflexions, et satisfaites d’un bon nombre de points qui ont été retenus dans le texte soumis au vote. Elles saluent ainsi la manière dont sont envisagés leurs rapports avec l’Etat, leur permettant de mettre en œuvre leur mission propre et de poursuivre le service rendu à l’ensemble de la population valaisanne. Elles relèvent également l’importance de la reconnaissance par l’Etat de la dimension spirituelle de tout être humain, et bien sûr la liberté de conscience et de religion explicitement rappelée.
«L’Eglise doit inspirer des engagements qui peuvent être portés par des chrétiens de différentes sensibilités politiques et investis dans divers domaines.»
Les Eglises ne se prononcent en revanche pas sur les aspects plus politiques du projet. Concernant l’énoncé de certains droits fondamentaux, elles renvoient à ce que chacun connaît des principes présidant à leur conception de la famille, de la fin de vie ou de l’enseignement, et appellent chacun à former son opinion en conscience.
A l’approche de la votation populaire du 3 mars, les Eglises ont considéré qu’il ne leur revenait pas de formuler une consigne explicite de vote. D’une part en effet, nous ne sommes plus à une époque où un journal pouvait imprimer le bulletin de vote avec « OUI » ou « NON » à l’intention de ses lecteurs. D’autre part, on sait que des chrétiens peuvent s’engager dans différents partis politiques, et c’est très bien ainsi.
L’Eglise ne doit pas être « un parti politique à côté des autres » ; elle doit au contraire inspirer des engagements qui peuvent être portés par des chrétiens de différentes sensibilités politiques et investis dans divers domaines. Or, une Constitution cantonale est par définition un texte qui recouvre une multitude d’objets, qui ne peuvent faire l’unanimité entre tous les fidèles. Il est donc normal que les Eglises reconnaissent et cultivent cette liberté d’opinion, tout en mentionnant ce dont elles sont satisfaites dans le texte proposé et en invitant chacun à voter en conscience.
Le Colisée ne fut le théâtre du sacrifice que d’une minorité des premiers martyrs.
2025, année sainte. Le saviez-vous ? Rome se prépare à recevoir les pèlerins du monde entier. Mais c’est aussi l’occasion pour mettre à jour… le Martyrologe, ce catalogue des chrétiennes et des chrétiens qui ont été tués parce que croyants, justement, in odium fidei selon la formule latine qui accompagne le décret de reconnaissance de leur martyre – en haine de la foi. Parce que le martyre chrétien est très… moderne !
Le Martyrologe romain, catalogue des chrétiens tués parce que croyants.
Par Thierry Schelling | Photos : AED, DR, cath.ch/Berset
Une récente recherche a recensé 550 martyrs du XXe siècle. En effet, une commission attachée au Dicastère pour la Cause des Saints travaille d’arrache-pied pour accueillir des cinq continents les noms, circonstances et dates de ces « nouveaux martyrs », en écho aux « anciens » ayant été déjà listés dans le Martyrologe romain (dernière édition, 2001, revue et corrigée en 2005). Pour rendre tangible la réalité « prophétisée » par le Christ : « Heureux si l’on vous persécute à cause de moi. » (8e Béatitude, cf Mt. 5, 11)
Car celle ou celui qui meurt parce que disciple du Christ acquiert un statut de sainte ou de saint illico presto : pas besoin de miracles, de visions, de génie théologique ou pastoral. Juste être victime sans vouloir chercher à l’être constitue la condition sine qua non du martyre.
Historique
Sonne-t-il un peu dépassé, ce mot de « martyr » (sans e pour la personne, et avec e pour ce qui est subi) ? Des siècles durant, on a prétendu que le Colisée avait été l’écrin de sang des premiers martyrs de Rome morts par décrets impériaux. Plus objectivement, ils n’étaient qu’une minorité à finir sous les crocs de félins et autres ursidés pour amuser la galerie1 !
Des siècles de domination pontificale ont retourné l’épée contre les bourreaux, qui du coup se faisaient assassiner parce qu’hérétiques ou schismatiques ou païens… Les Révolutions – française, industrielle, marxiste… – du XXe siècle ont rempli l’archive des victimes in odium fidei, en haine de la foi.
Sanctuaire romain
Lors du Jubilé de l’Année 2000, le pape Jean-Paul II décide que l’église de Saint-Barthélemy sur l’Ile Tibérine (là où un coude du Tibre s’élargit entre les quartiers du Trastevere et du Colosseo) sera le sanctuaire des martyrs du XXe siècle : de fait, qui y pénètre voyage sur les cinq continents, nichés dans les absides, où objets, photographies, écrits, prières ayant appartenu à des martyrs, sont exposés alors qu’un retable rassemble les visages des concernés en une gigantesque fresque de bienheureux morts pour le Christ. « Emouvante visite », m’a confié un confrère récemment, « j’y ai versé des larmes devant le pathétique feutré de ces reliques ».
Actualité
C’est un fait : il y a encore des pays où être chrétien implique de craindre pour sa vie chaque jour. Le rapport publié tous les deux ans par l’AED 2 sur la liberté religieuse, relève que les chrétiens sont martyrisés dans 28 pays d’Afrique et d’Asie principalement. Nigeria, Pakistan – pour ne citer qu’eux – sont des « exemples » de persécution oppressante provocant presque la réaction des discriminés… qui ainsi « justifient » leur emprisonnement, voire leur assassinat, « pour troubles à l’ordre public », pourrait-on ironiser.
L’Europe et les Amériques ne sont pas en reste : un vieux prêtre français assassiné aux cris de « Allahou akbar » en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray (Normandie) ; un évêque nicaraguayen emprisonné en 2022 par le gouvernement de son pays qui a décidé de purger ses rangs des leaders catholiques. Et on ne parle que du clergé.
Sens du martyr(e)
Du grec martus, témoin légal (tribunal) ou d’un événement historique, le martyr est aussi celle ou celui qui supporte la torture et la mort au nom de sa foi dont elle ou il témoigne jusqu’au dernier souffle. Y est associée la notion de violence : persécution, supplices, emprisonnement et assassinat. Mais aujourd’hui, le sens du mot pourrait-il inclure bien plus largement que la classique victime parce que chrétienne ?
Dans le registre de « morts à cause de leur foi et/ou convictions », on a, par exemple, Martin Luther King, assassiné en 1968, ou Nelson Mandela, emprisonné pendant plus de 27 ans. Ont-ils subi ces actes parce que chrétiens, ou parce que défendant des convictions au nom de leur foi chrétienne ? Personne ne remet en cause la légitimité de leur combat pour les Droits humains et spécialement pour les populations africaines et afro-américaines.
Dans la catégorie « endurant une oppression de la part d’un bourreau », il y a pléthore de femmes et d’enfants réduits à l’esclavage que des chrétiens tentent de faire libérer 3. Vraiment « ressuscités » après leur calvaire, cette renaissance après un enfer peut s’apparenter à un martyre aboutissant à une nouvelle vie, réellement.
Nouvelle catégorie
D’ailleurs, le 11 juillet 2017, le Pape François signe une lettre apostolique, Maiorem hac dilectionem4, mettant en exergue une nouvelle voie de sainteté (et donc de possible canonisation) : la libre acceptation d’une « mort certaine et à court terme », par charité pour les autres.
Voie médiane entre le martyre et les vertus héroïques, elle se caractérise par le fait que la mort n’est dans ce cas ni donnée par un persécuteur ni advenue par haine de la foi. Un Maximilian Kolbe en est un exemple, ou les personnes atteintes de maladies fatales (Chiara Corbella-Petrillo, Carlo Acutis, Chiara Badano, etc.) qui décident d’offrir leur souffrance en oblation pour les autres.
C’est revaloriser la vie humaine offerte par amour d’autrui que de remettre sur le devant de la dévotion aux saintes et saints les exemples de don de soi dans un abandon croissant : courageux défenseurs des 30 articles de la Déclaration des droits humains, inlassables dénonciateurs du dérèglement climatique et de l’environnement, patients proches aidants de parents qui dépérissent inexorablement…
Dans le fond, c’est le seul commandement que le Christ a exigé de ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »
1 La Rome pontificale a eu tendance à s’approprier l’histoire de tous les monuments de la Ville Eternelle pour y établir une certaine hégémonie. 2 Acronyme pour Aide à l’Eglise en Détresse, cf. aide-eglise-en-detresse.ch/ 3 Cf. csi-suisse.ch 4 Les trois premiers mots du document, que l’on peut traduire par « Cet amour plus grand ».
Maximilian Kolbe (Pologne) et Carlo Acutis (Italie) ont accepté librement « une mort certaine à court terme ». Le Père Hamel (France), lui, a été assassiné en 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray.Martyre de saint André, peint sur la voute de l’abside de la basilique qui porte son nom à Mantoue.L’AED commémore chaque année les martyrs à travers « la nuit des témoins ».
Elle est émouvante cette tradition de ramener chez soi, au début de la semaine sainte, ce rameau vert béni au cours de la messe. Il viendra remplacer le rameau sec, et un peu poussiéreux, qui ornait un crucifix dans la maison. Ce signe particulier est rassurant. On se sent peut-être protégé. Il donne place dans le quotidien à un rite communautaire, à une représentation du sacré.
Par Françoise Besson | Photos : DR
Cette tradition des Rameaux débute au 6e siècle en Orient. Elle prend de multiples formes. J’ai appris, à l’occasion de la rédaction de cet article, qu’au sud de la France, on le décore de friandises et qu’on l’offre aux enfants à la fin de la messe (voir www.cath.ch).
Ce rameau, vous le savez, symbolise le geste de la foule qui en a recouvert la route devant Jésus, monté sur son âne, à l’entrée de Jérusalem. Ainsi faisait-on pour les personnalités de haut rang, leur évitant probablement d’être incommodées par la poussière du chemin.
Sur un plan théologique, Daniel Marguerat * et José Antonio Pagola ** s’accordent sur le fait que cette manière exceptionnelle d’entrer à Jérusalem a bien eu lieu. Jésus, sur son âne, s’est avancé au milieu d’une foule de sympathisants et de disciples qui ont recouvert la voie de branches et de vêtements, au son des acclamations : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Et ils se rejoignent également pour relativiser l’ampleur du triomphe : il y aurait, en effet, une forte exagération, venue avec la tradition. Si les allers et retours de Jésus et ses disciples entre les villages et Jérusalem étaient fréquents, il y eut une fois un cortège exceptionnel, mais il n’aurait pas pour autant mobilisé toute la ville. Pagola qualifie même l’entrée de Jésus d’« anti-triomphale », annonçant à sa manière un « anti-royaume », non violent… Le théologien avance l’hypothèse que cet épisode aurait été peu apprécié des Romains qui auraient pu y voir une parodie provocatrice : raison suffisante pour éliminer le fauteur de troubles.
Entre un monarque et Jésus, la monture marque la différence. L’âne est l’animal du quotidien, du service sans plainte, du transport sur toutes les routes de l’époque. L’épisode souligne une fois de plus la méprise des humains, les contemporains de Jésus l’acclament comme le « roi d’Israël » (voir Jn, 12, 13) mais le Royaume annoncé n’est pas de ce monde, il est « intérieur ». Jésus ne renversera pas le pouvoir de l’occupant, mais les convictions les plus fortes – comme celles de Paul. Il n’a pas d’armée pour combattre, mais une Parole nouvelle sur un Dieu père ! Il n’a pas d’armée à ses côtés, mais un groupe de disciples vite dispersés quand le danger sera manifeste…
Aujourd’hui, comme il y a 2000 ans, nous pouvons le reconnaître ce Royaume, dans tous les gestes qui relèvent, dans toutes les paroles qui apaisent, dans la vie qui reprend après l’hiver… Et dans ce Royaume déjà là, une main familière vient détacher le rameau sec et le remplacer par un rameau vert : bénédiction toute nouvelle au cœur de nos vies.
Bibliographie * Marguerat Daniel, Vie et destin de Jésus de Nazareth, Editions du Seuil, Paris, 2019, 416 p. ** Pagola José Antonio, Jésus, une approche historique, coll. Lire la Bible, Editions du Cerf, Paris, 2012, 544 p.
Le voyant de l’Apocalypse découvre une foule immense de témoins, vêtus de robes blanches, que nul ne peut dénombrer. Ils proviennent de toute nation, race, peuple et langue – ces quatre termes pour désigner la totalité terrestre. Les rachetés agitent des palmes de triomphe, comme lors de la fête des Tabernacles, geste repris au dimanche des Rameaux (cf. Matthieu 21, 9-11).
Les élus chantent le salut réalisé par le Dieu Roi de l’univers et par son Fils livré et relevé d’entre les morts. Ce sont alors 7 mots (4 + 3) qu’expriment les anges, les vieillards et les quatre vivants pour célébrer la divinité du Seigneur de tous les siècles : « louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force », le chiffre 4 de l’humanité plus le nombre 3 de la divinité.
« Ces gens habillés du blanc de la vie, qui sont-ils et d’où viennent-ils ? », demande l’un des vieillards assis auprès du Trône de l’Ancien des jours. « Ils viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leurs habits dans le sang de l’Agneau », répond-il lui-même à sa propre question, car Jean de Patmos le renvoie à la connaissance céleste qu’il ne possède pas : « Monseigneur, c’est toi qui le sais », lui dit le rédacteur du livre.
Il s’agit donc, pour ceux qui ont traversé la mort au nom de l’Agneau, de servir le Seigneur dans son temple nuit et jour et de se laisser guider par l’Agneau devenu leur pasteur vers les sources de la vie (cf. Isaïe 40, 10). Le passage par le martyre, celui du témoignage ou du don de nos vies, nous associe donc au Ressuscité de Pâques, à l’Agneau égorgé et sauveur. C’est dans le sang qu’il nous faut laver nos vêtements baptismaux. C’est le paradoxe de la résurrection lumineuse que symbolise le blanc, traversant les ténèbres du sang du Golgotha. C’est ce que continuent de vivre les martyrs de la vérité, de la justice et de la foi, aujourd’hui encore, tous ceux qui livrent leur existence pour leurs frères.
Gérer le consentement aux cookies
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies. En consentant à ces technologies, votre expérience sera meilleure. Sans ce consentement, ce que offre ce site internet peut ne pas fonctionner pleinement.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique de données utilisées exclusivement dans des finalités statistiques sont anonymes et donc ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.