L’homme est né avec l’espérance. Il est habité par un intense désir de bonheur, de joie et d’achèvement. Il y a toutes sortes d’attentes. Mais derrière toutes ses attentes partielles que sont l’argent, le prestige, la prospérité, la santé, l’amitié, il y a une attente fondamentale, une unique espérance : celle d’être aimé pour vivre. Tout comme derrière toutes nos peurs passagères, il y a une seule angoisse : celle de ne jamais être aimé et de mourir.
Ce que l’homme cherche, c’est comme disait Rimbaud, « changer la vie », c’est-à-dire transformer des conditions d’existences jugées inhumaines. La Bible est une longue histoire de libération. Elle nous dit comment des hommes, contraints par leur histoire à rechercher une libération, ont découvert et accueilli la puissance libératrice du Christ ressuscité.
C’est pourquoi ce qui définit l’espérance chrétienne ce n’est pas seulement une manière de penser. C’est le contenu d’un message historiquement connu : l’amour de Dieu est plus fort que la mort. L’espérance chrétienne est l’affirmation d’une certitude quant au bonheur auquel Dieu nous appelle et qu’il nous donne déjà de connaître à travers les épreuves de ce temps. « Cette grande espérance ne peut être que Dieu seul, qui embrasse l’univers et qui peut nous donner ce que, seuls, nous ne pouvons pas atteindre. » (Benoît XVI)
L’espérance est notre condition chrétienne par rapport à l’avenir parce que : « Dès à présent, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2) Elle est l’anticipation des biens du monde à venir, promis et donnés par le Seigneur. « Sauvés dans l’espérance » dit saint Paul aux Romains et à nous aussi.
L’aujourd’hui s’ouvre sur l’horizon de l’éternité et l’éternité se met à dresser sa tente dans l’aujourd’hui. Grâce à l’espérance, le temps devient une heure de grâce, une marche jusqu’à voir Dieu pour un bonheur sans fin.
En ce mois de mai ou mois de Marie, nous avons voulu aller à la rencontre de personnes qui vivent une relation « forte » avec Marie. Merci à Michel Derivaz et Delfa Nevistic de nous partager leur témoignage à ce sujet.
Propos recueillis par Nicolette Micheli et Stéphanie Reumont | Photos : Nicolette Micheli, Stéphanie Reumont
Témoignage de Michel Derivaz, « un enfant de Marie »
« Très jeune j’ai senti que Marie me protégeait. J’en ai eu plusieurs fois l’intime conviction. » Michel, fidèle sacristain de Port-Valais, nous en donne une preuve étonnante. « A cinq ans, je suis tombé d’une hauteur de cinq mètres. Comme je me suis relevé sans problème, tous ont crié au miracle ! Mon corps était couvert de « bleus », mais la médaille miraculeuse que je portais m’avait sauvé ! »
Michel est né dans une famille engagée en paroisse. A son baptême, il a été consacré à la Vierge. Dès sa communion, il aimait prolonger sa prière devant le tabernacle. « J’ai été un fervent servant de messe, sans comprendre un mot de latin ! J’ai encore le missel de mon grand-père avec ses pages jaunies. A la naissance de mon quatrième frère, ma mère est décédée. J’avais 16 ans. Ce fut un drame, mais j’ai fait confiance à Marie. Elle m’a accompagné pour continuer à vivre dans la sérénité et la foi.
Je garde encore un souvenir ému de mon premier pèlerinage à Lourdes où j’accompagnais un malade. Depuis, comme ma grand-mère, je prie chaque jour le chapelet. Marie a toujours été ma confidente et quand mon couple a éclaté, elle m’a aidé à accepter le déchirement de la séparation. »
Michel s’est engagé dans le Mouvement Sacerdotal Marial fondé sur le message de Marie à Fatima. Chaque mardi, à la chapelle du home Les Tilleuls, prêtre et fidèles se retrouvent en Cénacle, pour vivre un temps de prière : messe (à 9h30) suivie du chapelet (dès 10h) et méditation d’un message de la Vierge sur les évènements actuels.
Interview de Delfa Nevistic : « Marie me met la joie dans le cœur »
Delfa vient de Croatie, elle vient d’une famille croyante, surtout sa maman qui lui a beaucoup appris. Elle est arrivée en Suisse à 23 ans, après son mariage ; jeune maman, Delfa n’est pas vraiment pratiquante.
A quel moment as-tu ressenti la présence de la Vierge ? Les enfants ont grandi et je me suis retrouvée seule à la maison, j’ai commencé à me confier à la Vierge en priant le chapelet ; j’ai prié de plus en plus souvent, en prenant le temps de réfléchir à chaque mot. Et un jour, j’ai ressenti quelque chose de profond qui m’a bouleversée et je me suis mise à pleurer. La Vierge a mis dans mon cœur ces mots : « Je suis là. »
Depuis, je perçois souvent des signes de la Vierge. J’ai ouvert mon cœur à notre maman du Ciel et c’est un sentiment d’Amour et de protection qui m’habite maintenant, c’est merveilleux.
Dans ma maison en Croatie, j’ai construit un autel en son honneur, parce que j’ai le sentiment que c’est la Vierge Marie qui me l’a demandé.
De Lourdes à Medjugorje Je suis allée trois fois à Lourdes et très souvent à Medjugorje (en Bosnie-Herzégovine, proche de sa Croatie natale).
C’est incroyable cette sensation… Quand on chante Marie, on sait qu’Elle est là. On a envie d’embrasser tout le monde ! Marie crée des liens entre les gens !
De mère en fille, une relation privilégiée avec Marie Après le décès de ma maman, j’ai retrouvé son journal intime.
J’étais bouleversée quand j’ai découvert que ma maman aussi avait une relation particulière avec la Vierge. Elle y a décrit toutes ces nuits qu’elle a passées avec la Vierge à ses côtés et que sa chambre était si illuminée qu’elle pensait parfois que c’était le jour !
Eliane et Marcel Comby sont bien connus des fidèles de la paroisse de Martigny… et pourtant, ils ne font rien pour l’être… Merci à eux de m’avoir reçue et de nous permettre de faire plus ample connaissance.
Propos recueillis par Françoise Besson Photos : DR
Marcel : le carillonneur des rogations
« Dans les petits villages, on avait une tradition religieuse très ancrée. On allait à la messe ; on priait en famille, le soir. A l’école, on avait un très gentil vicaire, le chanoine Paul Simon-Vermot 1. Il venait tous les mardis matin pour le cours de religion, la messe et, une fois par mois, pour la confession – où on disait toujours la même chose…
Une des seules fois où j’ai fait un trajet sur un deux-roues, c’était avec lui, avec sa Vespa. Il m’a emmené de Vens jusqu’au col des Planches parce que j’avais de la peine à marcher. Avec lui, on avait un contact très familier. Ce n’était pas un curé « au-dessus » des autres… J’ai aussi été longtemps servant de messe à Vens et je me souviens bien du temps des rogations.
Les autres du village descendaient à Vollèges pour le début de la procession. Ils avaient de grands drapeaux, des étendards ! C’était très solennel. Moi j’attendais à Vens et quand je les voyais arriver sur la crête, en bas du bistrot, je commençais à sonner la cloche : j’étais le « carillonneur des rogations »… Après la messe ce jour-là, pour le repas, on invitait dans les familles les personnes venues des autres villages. C’était très festif !
Je n’ai pas eu d’interruption dans ma foi, mais le chemin a évolué, avec le droit de penser… Avant on ne se posait pas la question si on allait à la messe le dimanche ou pas, on y allait et c’était tout. C’était une obligation.
Eliane : pèlerinage à Lourdes, en remerciement
Je viens aussi d’une famille très religieuse. Mais on n’avait pas les mêmes liens avec le curé. J’habitais au fond de la vallée d’Hérens, à La Luette et le prêtre vivait à Saint-Martin. Il venait tous les lundis nous faire le catéchisme, mais il était tellement sévère ! Si on avait ri à la messe du dimanche, on se retrouvait le lundi à genoux derrière le fourneau de l’école ! Ce prêtre est resté plus de 40 ans dans la paroisse. Quand j’ai voulu me marier, il ne voulait pas entendre parler d’un mariage en dehors de Saint-Martin ou encore que j’épouse quelqu’un d’une autre vallée !
Je suis très attachée à Lourdes où j’ai fait de nombreux pèlerinages. La première fois que je suis allée à Lourdes, j’avais 16 ans… Plus jeune, j’avais eu une péritonite et je suis restée cinq jours dans le coma. J’ai passé cinq semaines à l’hôpital. Mes parents avaient fait la promesse d’un voyage à Lourdes (si je guérissais) et quand j’ai eu 16 ans, j’ai enfin fait ce voyage.
Par la suite, je suis allée quelques fois avec les jeunes, puis comme hospitalière avec les malades. C’est là que j’ai rencontré Marcel… Ensuite, on a continué à faire ces pèlerinages des années durant.
Pour moi, Marie est très importante. Elle l’a toujours été… Mon papa y était très attaché. Il chantait beaucoup de chants à Marie. A côté du village, il y a une petite grotte à Marie, aux mois de mai et d’octobre, on faisait le chapelet tous les soirs. Quand on était ados, c’était intéressant d’y aller car on pouvait sortir ! Actuellement, c’est encore ma sœur qui s’occupe de fleurir la grotte avec une autre personne du village. Cette grotte reste un lieu de prière…
Marcel : la figure du Berger, et Marie, bien sûr
J’ai un psaume qui me touche chaque fois que je l’entends, c’est le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. » Les images de ce psaume me rattachent à quelque chose de familier, les prés d’herbe fraîche, le troupeau… C’est proche de nous. Comme Eliane, je suis très attaché à Marie. C’est un peu grâce à elle qu’on s’est rencontré. C’est notre maman, c’est plus facile de lui parler !
Eliane
J’aime beaucoup le pape François. Je lis toujours les mots, les messages qu’il met sur Facebook. Parfois, il en met plusieurs par jours. Je le fais depuis trois ou quatre ans. Je ne vais pas tellement sur internet, mais j’aime lire ses mots. Ce sont des paroles qui nous font réfléchir. Ça s’appelle « Notre Dame des internautes ».
Le Père Adrien et l’association « Amis de Bukavu »
Depuis 1996, le Père Adrien 2 vient chez nous chaque deux ans. On a eu envie d’apporter notre aide, plus particulièrement en lien avec son ministère en milieu carcéral. Au début, la situation était très difficile en Rép. dém. du Congo, en guerre ouverte avec le Rwanda. Les gens étaient démunis, la population manquait de tout. En juin 2000, on a envoyé un premier container avec des produits de première nécessité, des vêtements. Vingt containers ont été envoyés jusqu’en 2013. Maintenant la situation est différente. Si on leur envoie un peu d’argent, ils trouvent la marchandise sur place. Ça permet aussi de faire travailler les gens de là-bas. Le but de cette association, c’est de soutenir des petits projets à travers le relai du Père Adrien. Par exemple, il est aumônier d’une prison qui compte plus de 2000 personnes détenues et qui ne sont pas assez nourries. Cette année, il nous a dit : « Il faudrait pouvoir leur offrir un repas avec de la viande pour Noël. » Alors nous avons financé l’achat de deux vaches : ils les ont abattues et ont ainsi pu faire un repas de fête ! Les prisonniers ont été enchantés…
1 Né le 27 novembre 1924, le chanoine Simon-Vermot, chanoine de l’Abbaye de Saint-Maurice, d’origine neuchâteloisefêtera ses 100 ans cette année 2 Le Père Adrien Tshishugi est un prêtre congolais de l’archidiocèse de Bukavu dans l’est de la Rép. dém. du Congo. Il est actif dans les milieux carcéraux et notamment aumônier de la prison centrale de Bukavu où il est de notoriété publique qu’il y règne une misère effroyable.
L’association « Association Amis de Bukavu » a été constituée en avril 2001. Son siège est à Martigny. Selon ses statuts, l’association a pour but de récolter et de distribuer du matériel ainsi que des fonds, à titre d’aide humanitaire, à destination des habitants de la région Idjwi-Bukavu. Web :https://amisdebukavu.com
Le Père Adrien Cishugi, aumônier de prisons en Rép. dém. du Congo.
Des vaches, offertes en nourriture à Noël, qui ont fait le bonheur de centaines de personnes détenues et le plus souvent mal nourries.
Sens de la fête : la Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement, c’est la célébration de la Présence réelle et permanente de Jésus en personne, dans l’Eucharistie, dans l’hostie consacrée exposée dans un ostensoir.
Par Stéphanie Reumont | Photos : Raphaël Guérin (Vionnaz), J. Lujan et Christophe Allet (Vouvry)
Comme chaque année en cette période, soit 60 jours après Pâques et dix jours après la Pentecôte, les cantons catholiques suisses célèbrent avec solennité la Fête-Dieu.
Que ce soit pour des raisons de traditions locales ou pour des convictions spirituelles profondes, la Fête-Dieu rassemble !
Les villages sont fleuris, la procession traverse la commune, vers le premier reposoir. Derrière la fanfare et la parade, suivent les servants de messe, puis soutenu par quatre hommes, le dais sous lequel s’abrite le prêtre tenant en main l’ostensoir avec le Saint Sacrement.
Des plus jeunes aux plus âgés, des croyants au moins croyants, des plus investis aux plus curieux… Quelles qu’en soient les raisons, le Christ nous appelle !
Pourquoi y a-t-il des militaires lors de la Fête-Dieu ?
Dans nos contrées catholiques, tout était lié ! Tous défilaient derrière le Saint-Sacrement : autorités religieuses, politiques et militaires, sociétés locales, enfants des écoles avec leurs enseignants et toute la population. Le service militaire faisant partie de nos institutions, la parade en est un témoin fidèle.
Dans notre canton, la Fête-Dieu a largement survécu aux grandes mutations actuelles, peut-être parce qu’elle est un témoin de notre passé et parce qu’elle ne se passe pas uniquement dans l’église. Elle est devenue un événement culturel villageois.
Rencontre avec des passionnés de la parade
Vionnaz : Raphaël Guérin, 8 ans de parade (Vionnaz)
Un de ces reposoirs où s’arrête la procession pour un temps d’adoration.
La Fête-Dieu, je la vis depuis que je suis tout petit ! Les gens jouaient le jeu et lors de la procession, tous les balcons et les parterres du village étaient fleuris. Tout le village ou presque était là et cette fête annuelle permettait de se retrouver !
C’était vraiment la fête avec des reposoirs magnifiques. Avec le temps, certaines choses se sont perdues (à cause du manque de monde) et la plupart des nouveaux habitants savent qu’ils ont congé mais ne savent plus ce que c’est que cette Fête-Dieu.
En tant que coprésident de la parade, j’ai à cœur de retrouver nos Fête-Dieu d’antan, demandant par exemple aux villageois s’ils souhaitent préparer des reposoirs par quartier.
J’ai trouvé un nouveau slogan pour la parade 2024 « Pour que cette tradition soit d’exception, viens camarade à la parade ! », en espérant motiver ainsi beaucoup de nouveaux paradeurs cette année !
Journée type d’un paradeur à Vionnaz :
Rendez-vous à 8h30 pour le café puis à 9h réveil des tambours et prise de drapeau à la commune. Montée à l’église et célébration (parade debout, haie d’honneur) puis départ procession dans le village. Fin de la procession, remise du drapeau par le nouveau porte-drapeau puis repos.
18h30, assemblée et souper.
Bienvenue à tous (hommes/femmes), dès 18 ans. La parade fournit les habits, les tambours et les armes.
Contact : Raphaël au 079 285 54 11.
La parade unit les générations.
Vouvry : Guy Vannay, 55 ans de parade (Vouvry)
La Fête-Dieu est une journée de partage et de rencontre primordiale pour la communauté de Vouvry. Ça remonte à l’enfance, j’y suis venu comme servant de messe, puis apôtre, puis croisé. Je m’étais toujours dit qu’après mon service je participerai à la parade. La parade doit donc être digne et crédible, nous ne sommes pas là pour faire du folklore. J’en suis l’intendant. Depuis 1985 je tiens le registre où j’y consigne les signatures des militaires présents, des photos, les statistiques de fidélité, les missions spéciales comme porte-drapeau. Personnellement je suis très fier d’accompagner le Saint Sacrement.
Vouvry : Olivier Andenmatten, cinq ans de parade (Vouvry)
J’ai découvert cette fête en arrivant à Vouvry. Venu d’abord pour accompagner mes enfants, je me suis dit qu’il fallait aussi prendre ma place. Comme j’ai toujours passé de bons moments à l’armée, j’y retrouve cet esprit de camaraderie. Ça m’a permis de m’intégrer ! J’apprécie le sérieux de la procession.
Nous vivons cette fête en famille mais chacun avec un engagement différent.
J’aime cette tradition qui traverse le temps. La cultiver, c’est garder la mémoire de nos anciens et amener ce patrimoine aux générations suivantes.
Grâce à l’Eglise, cet événement religieux rassemble des communautés bien plus larges que la paroisse !
Journée type d’un paradeur de Vouvry
A Vouvry, la Fête-Dieu mobilise de 8h45 à 21h30 une trentaine de militaires avec trois générations d’uniformes. A la messe du matin chacun reçoit une bénédiction du célébrant. Le repas de midi est en famille. De retour pour les vêpres, la milice vit ensuite son assemblée annuelle suivie d’une assiette dans un établissement du village avant de revenir pour la prière du soir. Ils concluent la partie officielle avec le discours du commandant suivi traditionnellement de trois chants a capella dont « Marignan » avec la fanfare.
Contact : Olivier au 079 455 83 15 (uniforme à disposition au besoin).
Les militaires témoignent de l’amour de notre patrie et de nos traditions. Accueil « au garde à vous » du Saint-Sacrement et de toute la communauté.
Une tradition pour témoigner aujourd’hui ?
« Nous avons besoin d’élargir nos cœurs. Nous devons sortir de la petite chambre de notre ego et entrer dans la vaste étendue de l’émerveillement et de l’adoration. L’Eglise aussi doit être une grande pièce. Pas un cercle petit et fermé, mais une communauté aux bras grands ouverts, accueillante pour tous ; l’Eucharistie veut nourrir ceux qui sont fatigués et affamés sur le chemin ! Une Eglise des purs et des parfaits est une pièce où il n’y a de place pour personne ; l’Eglise aux portes ouvertes, qui rassemble et célèbre autour du Christ, est au contraire une grande salle où tous – tous, justes et pécheurs – peuvent entrer. » Pape François
En marge de la Table ronde organisée le 18 avril dernier à Sion à l’OSEO par le Forum alimentaire du Valais romand et pour laquelle je récolte des témoignages, je rencontre Audrey 1, une femme de 46 ans qui, malgré son travail, ne parvient pas à boucler ses fins de mois.
Propos recueillis par Pascal Tornay Photos : DR
Audrey est maman « solo » d’une petite fille de 4 ans. Elle travaille comme secrétaire médicale. Elle fréquente régulièrement l’Epicerie solidaire de Massongex que tiennent Chantal et Théophile Carthoblaz. Elle a accepté de parler de sa situation. 2
« Depuis 2 ans, ma vie a basculé. Le père de ma fille a quitté la Suisse et m’a tout laissé sur les bras, y compris des dettes. Je vis une véritable guerre pour survivre tout en travaillant quasiment à plein temps. C’est une misère, explique Audrey, pleine de larmes. Plus jeune, alors au chômage, j’avais aimé donner un coup de main aux Colis du Cœur. Mais là, comme bénéficiaire, la culpabilité et la fierté sont tellement grandes qu’aller frapper à la porte d’une association, c’était non ! Je me disais : je bosse, donc jamais ils ne m’accepteront. Pourtant, de fil en aiguille, j’y ai été. J’y ai trouvé bon accueil et chaleur humaine. Ces bénévoles sont des anges. Ce n’est pas la première fois que des anges se trouvent sur mon chemin, glisse Audrey alors que les larmes perlent encore sur ses joues…
Vous savez, je me bats pour ma fille. Je lui dis : « Tu sais, je ne peux pas t’acheter ceci, cela… » Elle sent que notre situation est compliquée, mais elle a droit à une vie de petite fille… Je ne lui montre pas ma souffrance. Personne n’est au courant de cette galère sauf mes proches, avoue Audrey. Un jour, ma fille m’a dessiné un « cœur d’arc-en-ciel » et me l’a donné en me disant : « Tiens Maman, prends ça au travail et quand tu seras triste, ça va t’aider. » Elle est incroyable !
Il me faut prendre soin de moi, mais c’est difficile lorsqu’on est pressé de toute part par des propos blessants et… par les factures. Le pire, ce sont les imprévus, comme les pannes de voiture. C’est la cata. Il y a tant de monde dans ces situations, continue Audrey. Ça fait mal au cœur. Une vie qui bascule, ça peut arriver à tout le monde : une maladie, une séparation, une perte d’emploi et c’est la descente infernale. Pour ma part, j’ai des valeurs et je veux me battre jusqu’au bout… J’essaie de garder mon âme d’enfant, mais l’avenir me fait peur… »
1 Prénom d’emprunt 2 Sous l’égide du Service diocésain de diaconie, le FAVr est une plateforme regroupant les associations de distribution alimentaire comme les Tables du Rhône, les Cartons et Colis du Cœur et les épiceries solidaires comme celle de l’OSEO ou de Massongex.
Une épicerie solidaire à Massongex
« Ouverte en 2021 alors que certains disaient : « ça ne sert à rien, il n’y a pas de situation de précarité au village », les demandes ont eu tôt fait de prendre l’ascenseur », explique Théophile Carthoblaz. « Tant qu’on peut, on sert tout un chacun, sans distinction d’origine ou de domicile », enchérit Chantal, son épouse. « On a passé de 30 à 60 familles servies. Les locaux sont mis à disposition par l’Administration communale et l’Epicerie tourne grâce à des dons en nature et en espèce, ainsi que la participation généreuse de quelques bénévoles. »
Grâce à une équipe motivée, les paroissiens du secteur ont vécu à Vionnaz une belle entrée dans le Triduum pascal, avec une messe KT festive suivie de la Nuit de l’Adoration. En plein air, ils ont pu s’unir au Christ sur son chemin de souffrances, à Vionnaz ou aux Evouettes, et vénérer la croix à Vouvry. Durant la Vigile pascale, ils ont accueilli dans la joie Daniel et Adrien au Bouveret.
Propos recueillis par Nicolette Micheli | Photos : Arnaud Mbadinga
La lumineuse cérémonie de la Vigile pascale avait été préparée dans l’après-midi par l’équipe pastorale avec Stéphanie Besse, Virginie Maret et le Père Patrice. Christophe et Vanessa ont animé la rencontre. La famille Raboud y a participé ainsi que Chloé, son amie Laura et Adrien le futur confirmé.
Autel richement fleuri par Francis, lectures dialoguées avec projections d’images ou théâtralisées, flammes du feu nouveau activées grâce à Pierre, Michel et Marco, servantes de messe encadrées par Arnaud et Andréa avec le Père Joseph, sans oublier le Chœur, dirigé par Antoine, qui a entraîné l’assemblée dans la joie de Pâques ! Le Père Patrice a baptisé Daniel tout sourire et l’a confirmé ainsi qu’Adrien. Toute la Communauté leur a fait une ovation pour les féliciter et les accueillir ! Apéro pour tous par Jocelyne et Pierre ! Quelle joie ! Alléluia !
Lors de la messe de la veillée pascale, le Samedi saint au soir, au Bouveret, deux jeunes hommes ont vécu, chacun pour sa part, un événement hors du commun : Daniel Remondino a été baptisé et confirmé et Adrien Stéfanec a été confirmé. Voici, en quelques mots, leurs témoignages de cheminement dans la foi.
Témoignage de Daniel
Baptême de Daniel.
Cela fait maintenant plusieurs mois que j’ai entrepris mon parcours pour intégrer cette grande famille qu’est l’Eglise catholique. J’ai toujours eu l’impression, en allant à l’église, de ne pas mériter ma place : c’était plutôt comme si l’on m’avait invité à participer à la messe. Depuis que j’ai reçu le baptême en ce Samedi saint, tout est devenu d’un seul coup, vraiment très concret. A l’instant où le père Patrice m’a versé l’eau sur la tête, j’ai eu l’impression d’avoir accompli énormément de choses. J’ai ressenti une énorme joie et ne pouvais plus m’empêcher de sourire. Quand on m’a appelé ensuite pour recevoir l’hostie, j’ai ressenti au fond de moi comme une acceptation à intégrer cette grande famille. Mais je sais que mon parcours n’est pas encore fini, car il me reste encore beaucoup de choses à apprendre sur cette religion qu’il me tarde de découvrir.
Témoignage d’Adrien
Confirmation d’Adrien (avec onction du saint chrême).
Maintenant je suis un croyant qui vient d’être confirmé. Je m’appelle Adrien, j’ai 25 ans et je suis d’origine croate et slovaque. Tout petit, j’ai été baptisé, puis j’ai fait ma première communion à Vouvry. Ma vie professionnelle fut très instable. J’ai vécu une relation amoureuse très toxique. Durant la pandémie, mon père a été gravement malade et j’ai eu beaucoup de souci.
A cette époque, j’ignorais l’importance de la foi en Dieu : ce n’était pas une priorité pour moi. Mais les temps étaient si durs que je me suis donné une chance en commençant à prier petit à petit. Une amie de mes parents m’a aidé dans mon cheminement vers la foi car elle est croyante et elle m’a beaucoup appris.
Plus tard j’ai connu d’énormes difficultés pour abandonner ma relation toxique et j’en ai beaucoup souffert. Le jour où cela s’est arrêté, ce fut le déclic. Ma vie a changé. Pour ne pas sombrer dans la dépression, je me suis tourné vers Dieu et j’ai découvert tout ce que nous apporte son amour. Puis j’ai aussi découvert qui est vraiment Jésus et ce qu’il a fait pour nous. Alors, c’est devenu de plus en plus important pour moi de prier et de communiquer régulièrement avec notre Créateur. Ensuite j’ai ressenti le besoin de faire ma confirmation comme geste de reconnaissance pour l’amour que j’ai reçu de Dieu, pour rendre ma foi plus solide et la partager autour de moi.
L’ouverture du 7 e sceau précède les sept sonneries de trompettes.
Par François-Xavier Amherdt | Photo : Pixabay
Dans la tradition prophétique et apocalyptique, le silence annonce la venue du jour du Seigneur. C’est dans la plénitude du Dieu trinitaire que s’engendrent la Parole et la manifestation ultime pour l’ensemble de la création et du cosmos.
Aussi, le texte de la Révélation est-il comme suspendu lorsque l’Agneau glorifié, aussi dénommé le Lion de la tribu de Juda et le Rejeton de David, ouvre le 7e sceau du rouleau écrit au recto et verso que lui a remis l’Ange au nom de l’Ancien des jours (Apocalypse 5, 1-14). Nos traductions bibliques le signalent par trois points de suspension, telle une ouverture sur l’infini.
« Il se fait alors dans le ciel un silence d’environ une demi-heure… », c’est-à-dire selon le langage symbolique du dernier livre des Ecritures, d’une durée indéfinie.
C’est à ce moment que va se dérouler, selon une nouvelle liturgie céleste marquée par sept sonneries de trompettes (cf. Apocalypse 8-9 ; 11, 15-18), la réalisation des décrets divins et salvifiques, tels que consignés dans le rouleau désormais descellé par le Christ crucifié et ressuscité. La volonté du Seigneur s’accomplit définitivement.
Prélude à la conversion
Puisse le silence de l’oraison et de l’intériorité préluder à notre conversion en Eglise. Car c’est de la prière silencieuse du face-à-face avec Dieu que peut jaillir la dynamique de retournement ecclésial à laquelle nous sommes tous et toutes convié(e)s.
Puissent les espaces de recueillement ponctuer nos liturgies, si souvent verbeuses et trop bavardes. C’est dans ces inter-stices que l’Esprit peut se glisser et faire germer en nos cœurs l’obéissance à la volonté du Très-Haut. Puisse le calme de la nature, de nos paysages extérieurs et intérieurs, apaiser notre agitation incessante et nous conduire à l’essentiel de la réalité, grâce au souffle du Saint-Esprit.
Nous sommes suspendus au dessein divin dont la concrétisation et l’exécution vont apporter la paix, le shalom définitif.
Les 23 jeunes confirmands de Martigny-Croix en route vers leur confirmation lors de la célébration présidée par Mgr Jean-Marie Lovey, dimanche 4 février 2024.
La petite communauté de Martigny-Croix, vivant sous le patronage de saint Joseph au cœur divinement paternel et fraternel, a eu la joie d’instituer « soldats du Christ » vingt-trois jeunes chrétiens, lors de la messe à l’occasion de la célébration de la confirmation le 4 février dernier.
Après deux années de préparation vécues ensemble depuis leur première communion et la venue de quelques nouveaux visages de frères ou sœurs prenant le train en marche, les « me voici » prononcés par les confirmands ont résonné, chacun de sa voix et de son cœur, dans l’église, à l’appel de Mgr Jean-Marie Lovey.
Les parrains et marraines ont accompagné magnifiquement celui ou celle qui les ont choisis comme soutien et exemple. Ainsi l’assemblée, heureuse et priante, a vu revenir dans les bancs des visages souriants, des fronts bénis et des vies édifiées par ce chemin parcouru ensemble. Une nouvelle page va s’écrire pour eux, ennoblie dorénavant de Celui qui a appelé le Christ au désert et la Vierge Marie à devenir Mère de l’humanité. Bon Vent à eux !
Construction originelle de l’église de Monthey en 1851
Dans le cadre du projet de restauration de l’église paroissiale de Monthey, projet initié par le curé Jérôme Hauswirth, il est bon de se replonger dans l’histoire de ce vénérable et saint édifice religieux, avec une histoire de famille, la famille des frères « Multone », histoire rapportée par les membres de la famille, avec Laurent et Stéphane.
Propos recueillis par le curé Jérôme Hauswirth | Photo : DR
II était une fois les deux frères Thomas et Etienne Multone. Ils habitaient un petit village nommé Sostegno, situé dans la province de Biella au Sud des Alpes dans le Piémont. A cette époque, ils avaient déjà fréquenté l’école de la construction de Turin et possédaient donc des connaissances et un savoir-faire important. Au même moment, l’architecte Vouilloz était mandaté pour construire une église de style basilical de type italien à Monthey. Or, le Monthey de l’époque ne disposait pas de ces compétences activement recherchées. C’est sous la direction de l’architecte que les deux frères rejoignirent ainsi leurs cousins Gualino de Martigny, alors engagés sur ce chantier.
Avec de nombreux autres artisans venant du val Vigezzo, mais aussi de la Valsesia leur région d’origine, les deux frères participèrent notamment aux travaux de plâtrerie, de stuc, de stuc-pierre et encore de peinture, produisant des effets remarquables de marbre encore bien visibles aujourd’hui dans l’église.
Bien des années plus tard, le petit-fils de Thomas, M. Roger Multone, a rapporté des anecdotes sur son grand-père et sur son grand-oncle : « Les moulures en feuilles d’acanthe des colonnes corinthiennes ont été construites à l’aide de moules en bois sculptés, conçus de manière analogue aux brantes pour être transportés par les ouvriers sur les échafaudages. Remplis de plâtre puis démoulés, ces épais panneaux de bois marqués en motifs inversés ont permis de créer ces ornements architecturaux constituant les chapiteaux merveilleusement décorés. »
Puis en l’année 1870, ces deux frères ont fondé une entreprise de construction à Monthey. Elle a été notamment active dans la gypserie et la peinture jusqu’en 1939. A travers ses activités, elle a ainsi pu former des apprentis, qui, à leur tour, se sont mis à leur compte : soit les entreprises Guidetti et Colombara toujours présentes aujourd’hui ! Aujourd’hui, leurs activités continuent après plus de 150 ans !
N’oublions pas ces hommes et leur courage qui, par leur travail, ont honoré Dieu. Ils nous ont aussi transmis d’autres édifices magnifiques encore appréciables aujourd’hui dans tout le Valais.
Des lieux de beauté qui nous aident à élever notre regard vers l’espérance.
Si vos ancêtres ont aussi participé à la construction de l’église de Monthey, merci d’en faire part à la rédaction. Nous compléterons avec joie la série 😊.
Animatrice pastorale de la jeunesse, j’ai eu à cœur de poser cette question aux jeunes confirmés 2023… et cela reste toujours une question remplie de mystères. Je les ai laissés me répondre de façon anonyme, ainsi il y a une certaine liberté dans la réponse et certains m’ont demandé : « Si je ne comprends pas ou ne crois pas à la résurrection, est-ce grave si j’ai confirmé ? »
Et de leur répondre « bien sûr que non… la résurrection, comme l’eucharistie, reste un grand mystère mais nourri d’espérance. Dans leur réponse on peut voir qu’il y encore confusion entre réincarnation et résurrection, est-ce aussi clair pour nous adultes ? Pas forcément.
Et ce qu’il y a de merveilleux dans notre vie sur terre, c’est que nous avons toute une vie pour comprendre, toute une vie pour vivre, expérimenter, toute une vie à rencontrer le Christ.
Quelques mots de jeunes confirmés :
« Pour moi, la résurrection c’est quand après être décédés, nous sommes ramenés sur terre pour un court instant, ça peut être pour dire au revoir ou accomplir des dernières épreuves. C’est ce qu’a fait Jésus ou plutôt ce pourquoi Dieu l’a ressuscité. »
« Jésus a vaincu la mort, la vie est plus forte que tout, j’ai compris dans ma vie que je vivrai plusieurs petites morts mais avec Jésus dans ma vie, je me relèverai chaque fois avec plus de force. »
« La résurrection représente Jésus qui revient sur terre. »
« La résurrection c’est le fait de se redonner une chance, de repartir de zéro en se souvenant de nos erreurs, afin de les éviter lors de notre seconde vie. »
« C’est le passage de la mort à la vie. »
« Renaissance. »
« C’est Jésus qui nous met, remet debout, chaque fois que l’on perd courage. »
« Pour moi, la résurrection montre le pouvoir de Dieu mais aussi la preuve qu’il ne faut jamais laisser tomber. »
« Parfois la vie est compliquée, mais Dieu a une raison pour tout et au final, il t’élévera toujours de ta peine. »
« La résurrection m’évoque l’espoir, c’est croire aux secondes chances, espérer et vivre. On peut réellement renaître à nouveau. »
« La résurrection c’est la renaissance de Dieu, il est à l’origine et à la fin de la vie qui ne s’arrête jamais. »
« La résurrection montre le pouvoir de Dieu, mais est aussi la preuve qu’il ne faut jamais laisser tomber. »
« Pour moi, c’est la nuit de Pâques le centre de ma foi. Jésus a vaincu la mort pour nous. Nous ne serons plus jamais seuls, c’est la lumière du cierge Pascal qui est présente et nous met de la lumière dans nos vies. »
A chacune de nos rencontres, il y a la lumière… une bougie bien visible, qui nous aide à apprivoiser l’invisible. Ne l’oublions pas, nous sommes tous en chemin, à la rencontre du Seigneur.
… dans au moins trois domaines, liste le pape François : la vie du croyant, la vie de l’Eglise et sur le chemin de l’unité des chrétiens.
Ainsi s’exprime-t-il parmi les leaders de toutes les Eglises-Sœurs réunis pour la veillée de prière œcuménique, le 30 septembre 2023, un jour avant l’ouverture de la première phase du Synode 2023-2024.
Pour le croyant
Les débuts et la fin de notre existence terrestres sont silencieux. « Le Verbe de Dieu s’est fait silence dans la mangeoire et sur la croix. » Devant la croix de San Damiano, François d’Assise jadis comme les responsables d’Eglises en septembre 2023, le croyant se tient en silence, un silence qui n’est pas du tout vide. « Dieu parle plutôt dans un zéphyr, un fin silence sonore », paraphrase-t-il l’expérience d’Elie dans le Livre des Rois.
Pour l’Eglise
Le silence « permet le dialogue et l’écoute » de l’autre et de l’Esprit Saint à l’œuvre dans nos vies. Il améliore le « discernement » au travers des bruits et du vacarme de notre temps, pour écouter la volonté de Dieu. Les différends se résolvent mieux si on commence par écouter ce qui est différent, « dans un silence actif ».
Pour l’unité des chrétiens
Le silence qui devient prière permet d’accueillir le don de l’unité « comme le Christ la veut », « avec les moyens qu’il veut », disait Paul Couturier, à l’origine de la Semaine de prière pour l’unité et que rappelle François. Se mettre ensemble en prière et dans le silence, c’est comme semer des graines d’espérances que Dieu fera germer, dit-il en substance aux consœurs et confrères chrétiens. Et de conclure : « Faisons silence pour que le monde croie ! »
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, Au cœur de nos vides intérieurs, de nos déserts stériles Le vide apparent du tombeau, Devient lieu de rencontre avec le Ressuscité, Il nous rejoint, Lui le Vivant.
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, Sur nos chemins d’Emmaüs, malgré nos désillusions, Jésus Ressuscité se fait compagnon de voyage. Pour rallumer dans nos cœurs, la chaleur de la foi et de l’espérance. Le Christ Vivant fait tout comprendre : la Vie, la mort, mais surtout l’Amour.
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, Laissons la parole du Christ « La Paix soit avec vous » Déverrouiller la porte de la chambre haute de nos peurs, Accueillons son souffle qui nous donne une vie nouvelle. Devenons des croyants audacieux, des témoins joyeux dans nos lieux de vie.
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, Comme à Pierre, le Ressuscité nous demande « M’aimes-tu ? » Dans nos échecs et nos reniements il chemine à nos côtés Lui, le Christ Vivant, qui a triomphé de la mort et du péché Il nous invite à nous laisser guérir et transformer par la force de l’amour miséricordieux.
En ce temps de renouveau, Où la terre a refleuri après la froideur de l’hiver, Que résonne en chants de fête et de joie, comme un exultet sans fin, La joyeuse mission donnée par le Christ à l’Ascension, Osons proclamer et annoncer la Bonne Nouvelle ! Dans la joie de l’Ascension, Jésus monté aux cieux, nous plante solidement dans la terre, Dans la joie de l’Ascension, le Fils remonte vers le Père, Il nous ouvre la porte vers notre patrie, le cœur de Dieu
Bulbocode, première fleur de printemps qui éclot entre janvier et février alors que tout est sec et endormi dans l’hiver.Fleur de magnolia ou le rose dans la ville.
Texte et photos par François-Xavier Mayoraz, membre du comité des Colis du Cœur
En cette année 2024, l’association des Colis du Cœur va fêter ses 30 ans d’existence. Comme la plupart le savent déjà, cet organisme a pour but de fournir une aide alimentaire ponctuelle aux personnes de la région qui sont dans le besoin. Il faut voir cela comme un coup de pouce momentané, dans une période de vie compliquée vécue par les personnes.
C’est le 8 avril 1994 que les Colis du Cœur virent le jour, sous l’impulsion de quelques femmes et notamment de Mme Ginette Fessard, qui va incarner généreusement cette association pendant un quart de siècle. Si aujourd’hui Mme Fessard s’est retirée, la pauvreté, elle, continue d’exister, notamment en raison de l’inflation, qui met à mal de plus en plus de personnes.
Mais où trouver toute cette nourriture que nous redistribuons ensuite ? Pour ce faire, trois fois par année, nous nous postons devant les différents magasins alimentaires de la région et nous sollicitons la générosité des personnes qui viennent faire leur course, en leur proposant d’acheter quelques denrées en plus et de nous les déposer à la sortie.
Par ailleurs, de temps en temps, nous rencontrons des personnes qui ont particulièrement à cœur de donner quelque chose, car eux-mêmes par le passé ont dû faire appel à cette association.
Toutefois, si les Colis du Cœur perdurent encore aujourd’hui, c’est sans conteste grâce à l’aide infiniment précieuse des nombreux bénévoles. Que ce soit de la prise de contact au téléphone avec les demandeurs, en passant par la confection des colis et leur distribution, ainsi que de la présence dans les magasins lors des trois récoltes annuelles, tous ces bénévoles font un travail incroyable et ne ménagent aucunement leurs efforts. Un immense merci à eux !
Et joyeux anniversaire aux Colis du Cœur !
Le samedi matin 8 juin aura lieu l’anniversaire officiel des Colis du Cœur.
Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud, est l’auteur de cette carte blanche.
Michel Racloz, représentant de l’évêque pour la région diocésaine Vaud Photos : cath.ch, DR
Le 1er février dernier, nous avons fait mémoire du dramatique appel de l’abbé Pierre adressé sur les ondes en 1954 à la suite du décès d’une femme sans logement en France. Cette réalité demeure actuelle aussi en Suisse romande.
Cet évènement m’a amené à reprendre un livre de l’abbé Pierre « La Fraternité »1. Il est paru en 1979 à l’occasion des 50 ans de la fondation d’Emmaüs. Quelle vision prophétique émerge des propos de l’abbé ! Elle est simple et profonde. Il dénonce des situations de misère et d’injustice. Il annonce un horizon nouveau en comptant sur l’engagement de tous. L’abbé Pierre nous invite à un choix radical. « Ces deux voies sont très claires : moi sans les autres ou moi avec les autres. Etre heureux sans les autres ou être heureux avec les autres. Etre suffisant ou être communiant. »
Un double écho a résonné en moi… du côté de la vie de Jésus et de l’appel du pape François à travers son encyclique « Tous frères ». Avons-nous pris conscience que Jésus nous invite à devenir des sœurs et des frères ? Simplement considérer toute personne comme une sœur ou un frère amène une transformation radicale en soi et dans la relation. C’est un long apprentissage vers la Vie. Les histoires des douze fils de Jacob et des douze apôtres nous indiquent les écueils à surmonter, le temps nécessaire, les changements à vivre sous la conduite de l’Esprit Saint.
Au centre de son texte, le pape François nous offre une relecture d’une parabole connue, mais « adoucie »… Il l’intitule « un étranger sur le chemin » et non le « bon samaritain » ! Si nous souffrons, qu’attendons-nous de celui qui s’approche ? Choisissons-nous d’ouvrir les yeux et notre cœur pour permettre à celui qui souffre de trouver sa place dans la fraternité universelle ? Cette fraternité n’est-elle pas la grande voie pour œuvrer à la paix, témoigner de l’espérance, œuvrer au devenir d’une Eglise synodale et vivre sa vocation baptismale ?
Par l’abbé Bernard Alassani Photo : André Bise | Dessin : Bernadette Lopez
Plusieurs fêtes se déroulent durant la période pascale. Nous avons entre autres la Pentecôte qui termine le temps pascal. D’origine grec, la Pentecôte signifie « cinquante ». Elle se fête cinquante jours après Pâques.
C’est une fête religieuse qui permet de commémorer la descente de l’Esprit Saint parmi les apôtres, la réalisation de la promesse de Jésus faite à ses disciples « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 12) ou « quand viendra, le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15, 26-27).
La Pentecôte représente le couronnement du temps pascal, qui dure sept semaines et commence le Vendredi saint.
L’événement de la Pentecôte ne peut être compris qu’en lien avec Pâques et l’Ascension. Jésus est mort pour le salut du monde (le Vendredi saint), ressuscité le jour de Pâques, et monté au ciel vers le Père (à l’Ascension).
La Pentecôte a son origine dans le peuple juif. Bien avant Jésus-Christ, de nombreux croyants venaient en pèlerinage vers le temple de Jérusalem. Ils venaient remercier Dieu pour tous ses dons : la terre, la loi de l’alliance et les promesses des prophètes.
Lors de la fête de la Pentecôte, les apôtres découvrent que Dieu donne aussi Jésus comme sauveur et l’Esprit Saint comme source de vie nouvelle. Comme promesse fait par le Christ ressuscité : l’Esprit Saint. L’union des cœurs dans la charité et l’unité des esprits dans la vérité. Trois signes manifestent sa présence : les langues de feu, le vent, la colombe.
Souvenez-vous, en automne 2015, avec l’arrivée de requérants d’asile venant de Syrie, notre évêque, Mgr Jean-Marie Lovey, lance un appel à la solidarité des Eglises et des mouvements citoyens. Un groupe de bénévoles, issus des paroisses catholiques et protestante de Monthey, se met à l’œuvre et prend le nom de GOAR. Jacqueline Rigamonti coordonne les diverses facettes de l’engagement : cours de français, contacts avec l’office de l’asile, suivi des bénévoles, accompagnements des familles.
Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR
Cette situation de 2015 donne une visibilité, légitime et démocratise en quelque sorte ces actes d’accueil qui sont déjà réalisés de manière spontanée et informelle. En effet, à Monthey, le groupe Réfugié-Rencontre existe depuis 1996, fondé sous l’intuition du Curé Othon Mabillard. Cela fait donc plus de 30 ans que « Madame Jacqueline » – comme l’appellent ses amis étrangers – œuvre pour l’accueil aux réfugiés.
Vocation à l’autre
Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Jacqueline Rigamonti est sensible aux gens d’ailleurs. « Je n’ai jamais eu peur de l’autre, j’avais une idée positive au départ, explique-t-elle, cela n’empêche pas d’être lucide. » Diverses expériences nourrissent son enclin naturel à l’autre : un Père spiritain qui venait montrer des diapos, son métier qui l’a conduite à enseigner à la Vila Beata, école pour jeunes filles étrangères, à exercer du bénévolat au magasin du monde ou à la mise en route de la bibliothèque interculturelle de Monthey.
Elle a reçu une éducation religieuse plutôt formatée – il n’existait rien d’autre à l’époque – mais a rencontré des chrétiens qui ont ancré le message biblique dans des valeurs telles que la justice, le sens des autres ou la générosité. Ainsi, l’accueil fait partie de son ADN chrétien. Impensable pour elle, de se dire chrétienne sans répondre à cette Parole : « J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli. » (Mt 25, 35)
Au cœur de la mission : la rencontre
Jacqueline insuffle cet esprit dans le groupe, en répondant aux besoins humains et relationnels des personnes immigrées. « Le plus important c’est le contact régulier, la présence gratuite et l’amitié offerte », insiste Jacqueline, comme un écho à la parole : « Traitez l’étranger comme s’il était l’un des vôtres. Tu l’aimeras comme toi-même : car vous avez été vous-mêmes étrangers en Egypte. » Lv 19, 34 Petit à petit, le GOAR organise une aide aux devoirs, des lundis récréatifs durant l’été, des espaces de rencontres et par-dessus tout, le soutien aux familles. Mais rien n’est plus précieux que ce contact personnel et amical !
Merci !
Durant ces (presque) 30 ans d’engagement, Jacqueline bénéficie du soutien et de l’aide de son époux, Flaviano. « Il connait toutes les personnes que j’ai accompagnées », dit-elle en regardant les souvenirs défiler sur son téléphone. Aujourd’hui, elle passe le flambeau, avec le souhait que le GOAR grandisse avec d’autres. On ne remplace pas « Madame Jacqueline », mais plusieurs lui succèdent avec une répartition des responsabilités. Nous les remercions de poursuivre leur précieux engagement.
Les paroisses de Monthey-Choëx trouvent ici une occasion de remercier sincèrement Jacqueline Rigamonti. Merci Jacqueline pour ta fidélité dans l’engagement et ton audace. Merci d’avoir déployé au sein du groupe Réfugiés-Rencontres et du GOAR tes idées, ton temps sans compter et tes valeurs humaines et spirituelles. Merci d’être une témoin du Christ qui va à la rencontre de chacun.
Pourquoi la prière d’ouverture s’appelle « collecte » ? * La prière d’ouverture qui change à chaque messe prend place après le Kyrie ou le Gloria. Normalement, un temps de silence la précède pour permettre à chacun de prier personnellement dans son cœur, avant que le prêtre ne rassemble ces prières et prie au nom de tous. Voilà pourquoi, elle porte le nom de « collecte », parce qu’elle collecte et réunit les diverses demandes des fidèles en une seule prière que le prêtre présente à Dieu au nom de la communauté.
Par Pascal Ortelli
* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.
Humour
Deux religieux avaient obtenu la permission de leur Abbé de participer à une noce familiale. Ils revinrent au couvent en ayant légèrement abusé de la dive bouteille. Comme il était déjà tard et que nos deux compères, visiblement éméchés, voulaient éviter à tout prix de croiser leur Abbé dans les couloirs, l’un des deux dit à l’autre : – Va devant, fais quelques pas et je verrai si tu marches droit ! Après cela, le marcheur revient vers son confrère et lui demande le résultat du test. Celui-ci répondit : – Oui, tu marches droit, mais qui était donc celui qui marchait avec toi ?
De lui, on peut d’emblée dire qu’il a la foi chevillée au corps ! Elle le fait vibrer. Colin Mosengo, jeune père de famille de Vuissens, vient d’accepter un double engagement paroissial. Rencontre à Lausanne où il se rend quotidiennement pour son travail.
Texte et photo par Claude Jenny
Récemment, Colin Mosengo a suivi la formation pour devenir auxiliaire de l’eucharistie, qu’il ira porter le dimanche à l’hôpital d’Estavayer. « Je me réjouis de vivre cette mission au service des autres » dit-il. Il a aussi été désigné pour remplacer Jacques Monnard comme représentant de notre paroisse au sein du Conseil pastoral cantonal, un organe qui va reprendre son rôle de liant au niveau de toute la communauté catholique fribourgeoise.
Ce Staviacois a toujours trempé dans le bain catholique, notamment par sa maman qui a été membre du Conseil de communauté du chef-lieu. Formé au travail social, bachelor en poche, il a œuvré d’abord dans l’accompagnement de personnes marginales. Puis il a bifurqué professionnellement. Si son activité est aujourd’hui de traquer ceux qui font du mal aux autres, il inscrit ce parcours professionnel dans une démarche qui n’est pas incompatible avec son engagement de chrétien. « Il faut faire face à une certaine perversion du mal dans la société et la personne qui est dans la faute doit d’abord le reconnaître, pour pouvoir éventuellement être pardonnée par la suite. Je peux agir de diverses manières envers les autres, mais aussi dans un but de faire de la prévention, d’œuvrer dans la bienveillance et la recherche du « bien vivre ensemble ».
Son métier, il le pratique une médaille de la Vierge autour de son cou et avec une icône qui illumine son bureau. Lorsqu’il n’est pas au cœur d’un monde dur professionnellement, il aime aller se ressourcer. Entrer dans une église, vivre un temps d’adoration. « J’aime les sacrements, et particulièrement celui du pardon car si Dieu nous pardonne nos fautes, c’est pour que nous sachions aussi le faire. »
Ne pas quitter le bateau !
Dans cette Eglise bien secouée, Colin Mosengo se dit content que l’abcès soit en train d’être crevé car, dit-il, « on peut pardonner mais on ne peut pas cacher ce que l’on a fait de mal. Il faut donc que la vérité éclate au grand jour. Il faut passer par ce « nettoyage interne » ». Mais, s’empresse-t-il de préciser, il ne faut pas quitter le bateau ! « Bien au contraire ! Il faut rester à bord parce qu’un renouveau est possible. L’Eglise doit garder ses traditions et notamment toutes ses richesses liées aux sacrements. Mais elle peut aussi évoluer sans rien enlever à la puissance d’amour du Christ. L’Eglise appartient au peuple de Dieu. Pas à la hiérarchie. Il faut donc oser demander. J’aimerais que notre Eglise retrouve davantage de joie et que ses cérémonies soient davantage des manifestations de joie partagée. »
Colin Mosengo est un témoin engagé. On le sent habité d’une ferme volonté de vouloir faire avancer le bateau. Un rôle de pilote qu’il accomplissait aussi lorsqu’il était aux commandes de la vedette de la Société de sauvetage d’Estavayer !
Les enfants de 4H de Collombey et de Muraz, inscrits au parcours de préparation au sacrement du Pardon, ont bénéficié pour la première fois de ce beau et grand sacrement le 2 février (à Collombey) et le 9 février (à Muraz). C’est l’occasion, sous forme d’une interview, de faire le point sur ce sacrement, avec les catéchistes engagées dans cette préparation.
Propos recueillis par Antonella Cimino et Béatrice Lucciarini | Photos : Jean-Michel Moix, Simone Lattion
Qu’est-ce que je trouve de beau ou de grand dans ce sacrement du Pardon ? Antonella : Ce que je trouve de beau et de grand c’est cette guérison ; le sacrement du Pardon guérit l’âme et le cœur ; cette tristesse et ce poids qui étaient présents, s’envolent pour laisser place à la paix. Béatrice : Pour moi, le sacrement du Pardon est le sacrement de l’Amour de Dieu. Il nous aide à vivre avec Lui et avec les autres. Il nous permet de mettre sa Parole dans notre vie.
En quoi, le sacrement du Pardon aide-t-il l’enfant à grandir dans la foi (chrétienne) ? Antonella : Il permet de se réconcilier avec Dieu, avec les autres ainsi qu’avec soi-même. Les enfants comprennent que ce sacrement est utile pour grandir dans la foi, ils peuvent le demander à chaque fois qu’ils veulent réparer le fil d’amitié qui a été cassé entre Dieu et les autres. Béatrice : Discuter de sa vie, sous l’angle de la foi, avec un prêtre aide l’enfant à grandir.
Lors de la préparation des enfants à ce sacrement, quel message entendez-vous faire passer ? Antonella : Le message est que l’Amour de Dieu est sans limite. Son pardon nous transforme véritablement. Qu’il est bon de vivre dans le respect, le partage, la générosité, la vérité, l’amour… lorsque nous sommes pardonnés et que nous-mêmes nous pardonnons, nous nous rapprochons encore plus de l’autre, de Dieu. Béatrice : Le plus important est l’amour de Dieu. « Dieu t’aime très fort, plus que tu ne peux l’imaginer. Il veut que tu sois heureux. Il aime pardonner. » Cependant, je trouve très important que les enfants découvrent l’importance du pardon dans leur vie de tous les jours avec les autres : en famille, avec les copains, avec les adultes qu’ils côtoient. Et ceci indépendamment de toute conception chrétienne. Sans pardon, la vie « communautaire » est très difficile, voire impossible.
Pour quelles raisons, selon vous, le sacrement du Pardon est-il aujourd’hui délaissé voire oublié ? Antonella : Le sacrement du Pardon nous met dans l’humilité devant Dieu qui nous aime malgré toutes nos faiblesses ; cette rencontre est essentielle. Peut-être que certains ne voient pas leurs péchés donc ils n’éprouvent pas le besoin de se confesser. Béatrice : Notre société individualiste ne voit pas l’« utilité » du sacrement du Pardon et du dialogue avec le prêtre. Nos contemporains ont de la difficulté à se reconnaître pécheurs.
Qu’est-ce que ce sacrement nous dit sur Dieu, sur nous-mêmes ? Antonella : Le psaume 147, 3 nous dit : « Dieu est celui qui guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures. » Il le fait à travers le sacrement de la réconciliation. C’est seulement si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur et avec nos frères que nous pouvons être vraiment en paix. Béatrice : Il nous révèle ce que nous dit l’Evangile de Jésus : « Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à moi ne marchera pas dans les ténèbres ; mais il aura la lumière qui conduit à la vie. » (Jean 8, 12)
Messe paroissiale de la « Fête du Pardon » à Collombey en remerciement pour le don sacramentel du Pardon de Dieu.
L’intelligence artificielle (IA) grignote chaque jour un peu plus d’espace dans nos vies. Porteuse de promesses dans certains domaines tels que la recherche médicale, elle ne cesse de générer craintes et mises en garde, et ce, jusqu’au Vatican. Eclairage avec Ezekiel Kwetchi Takam, dont les travaux explorent les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle.
Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer
Pour le chercheur, le futur nous appartient.
Cette année, les débats du Forum économique mondial (WEF) portaient sur l’intelligence artificielle et sa régulation. L’IA est considérée comme l’un des principaux risques de la prochaine décennie. Qu’en pensez-vous ? L’intelligence artificielle est bien l’un des plus grands dangers de la prochaine décennie, mais pas pour les raisons apocalyptiques et extinctionnistes auxquelles nous pensons. Ce discours-là est essentiellement articulé autour d’un questionnement existentiel de l’intelligence artificielle, alors que les enjeux concrets se déploient déjà. Elle est dangereuse, non pas parce qu’elle anéantirait la civilisation humaine suivant un schéma de science-fiction, mais en raison de ses impacts écologiques, économiques et humains. Prenons l’écologie. L’énergie nécessaire à la puissance de calcul pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle populaire aujourd’hui représentera 14 % des émissions totales de CO2 en 2040.
L’ONU souhaite la création d’un pacte mondial pour le numérique, or il existe aujourd’hui au moins sept cents politiques d’encadrement de l’intelligence artificielle avec des priorités et des systèmes de valeurs différentes. On s’en sort comment ? L’existence d’une pluralité de chartes éthiques n’est pas véritablement un problème, à condition qu’il existe une réelle redistribution de ses chartes dans les différentes régions du monde. En d’autres termes, il faudra que toutes les régions du monde puissent produire des chartes qui s’inscrivent dans leur réalité socioculturelle. L’initiative de l’ONU serait alors fructueuse, d’une part, si elle se libère de cette naïveté de croire qu’elle pourra produire un pacte mondial et d’autre part en capabilisant toutes les régions du globe afin qu’elles puissent penser des réflexions éthiques sur l’intelligence artificielle et les partager sur une plateforme gérée par l’ONU où ces différentes visions pourraient entrer en dialogue.
OpenAI [développeur de ChatGPT] vient de révéler le démarrage d’une collaboration avec le département américain de la défense. Les sept péchés capitaux rapportent apparemment plus que le développement d’une IA « éthique » ? Absolument et c’est très révélateur de cette idéologie accélérationniste et technocapitaliste qui sous-tend le développement des intelligences artificielles. Au sein de OpenAI, deux visions du futur de l’intelligence artificielle se confrontent. Ceux qui souhaitent la ralentir, car elle pourrait poser de grands défis à l’avenir et ceux qui la considèrent comme une possible solution à tous les maux de l’humanité. Le CEO, Sam Altman, semble faire partie de cette catégorie. Certes, dans ce discours, on peut ressentir une certaine tonalité altruiste, mais au fond c’est une idéologie qui s’inscrit simplement dans un capitalisme néolibéral.
A l’occasion de la journée mondiale de la paix, le Pape a exhorté à un développement éthique de l’intelligence artificielle. Est-ce un vœu pieux de sa part ? Je trouve cette réflexion du Pape très pointue d’un point de vue conceptuel et très riche au niveau propositionnel. Ce n’est pas la première initiative du Pape en ce sens. Le Vatican a toujours été très précurseur dans les réflexions autour de l’éthique de l’intelligence artificielle. Déjà en 2020, l’Académie pontificale pour la vie avait publié L’appel de Rome pour une éthique de l’IA, entérinée par plusieurs entreprises dans le domaine dont IBM et Microsoft. Ce n’est donc pour moi pas un vœu pieux, car dans notre société, le futur nous appartient, il est le résultat de notre volonté. Le plus important est d’avoir des volontés réalistes, innovantes et disruptives et cet appel s’inscrit dans ce dynamisme-là. L’essentiel serait maintenant de savoir si nous avons la volonté de porter ce dessein à son stade de réalisation et là, c’est un choix qui nous appartient.
Bio express
Ezekiel Kwetchi Takam est né en 1998 à Bertoua (au Cameroun). Il est doctorant en éthique théologique à l’Université de Genève. Ses travaux explorent, sous une perspective théologique, les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle. Outre ses recherches, il propose conférences et accompagnement des entreprises souhaitant répondre éthiquement aux problématiques posées par ces nouvelles formes d’intelligence.
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