« A côté, c’est aussi chez nous ! » ou… comment favoriser les rassemblements

Il y a peu de temps, je partageais la préoccupation du manque de prêtres à une de nos paroissiennes qui me répondit : « Y a qu’à demander des prêtres à Fribourg, ils en ont plein ! » Ce genre de réaction montre bien le manque d’informations au sujet de la réalité de notre Eglise. Effectivement, lors de la rencontre cantonale des agents pastoraux, prêtres et laïcs de notre canton du 14 novembre dernier, Mme Céline Ruffieux, représentante de l’évêque pour la partie francophone du canton de Fribourg, invitait les unités pastorales et les paroisses à diminuer le nombre de messes et à favoriser les rassemblements. Car, comme en France et dans de nombreux pays, la Suisse manque de prêtres, et notre diocèse ne fait pas exception !

Par Gérard Dévaud, au nom de l’équipe pastorale | Photos : Georges Losey

« Faire avec les forces en place »

Pour y pallier, notre Eglise a longtemps fait appel à des prêtres étrangers. Nous bénéficions nous-mêmes de la présence d’un prêtre polonais et de deux prêtres togolais. Dorénavant, notre évêque incite plutôt à « faire » avec les forces en place plutôt que d’aller chercher des prêtres ailleurs. Son argument : inviter les fidèles à se regrouper pour des eucharisties festives et vivantes. Nous en avons eu la preuve réjouissante lors de la fête paroissiale du 17 septembre à Cheyres. C’est vrai que, pour un prêtre, se retrouver un samedi soir dans une grande église devant 9 fidèles disséminés, ce n’est pas très réjouissant ! Le manque de prêtres est une réalité, mais la diminution des fidèles en est une autre.

Aller prier dans l’église d’à côté !

Cela fait maintenant de nombreuses années que notre paroisse a restreint le nombre de messes dominicales en invitant les paroissiens à se déplacer et à se rassembler pour l’eucharistie. Bien quelques-uns le font et nous les en remercions. Mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous !

C’est vrai que l’esprit de clocher est encore très fort. Pourtant, à l’heure où nous nous déplaçons volontiers pour aller chez le médecin, au magasin ou même à la déchetterie dans le village d’à côté, ne pourrions-nous pas aller prier dans l’église située à 5 kilomètres, alors que notre paroisse s’étend sur une grande partie de la Broye avec ses 15 clochers ! A côté, c’est aussi chez nous !

Chercher des pistes ensemble

Bien sûr, si le nombre de messes diminue, nous devrons nous soucier de nos chœurs mixtes, mais aussi de la vie de nos petites communautés. Il y a certainement des pistes à creuser, des solutions à trouver, des temps de prières à inventer…

Pour cela, l’équipe pastorale a besoin de tous ! C’est en cela que l’appel de l’abbé Bernard – « nous devons réfléchir ensemble à l’avenir » – résonne ! L’équipe pastorale a déjà rencontré le Conseil pastoral (les délégués pastoraux de toutes nos communautés) et en février, ce sera le tour des représentants des chœurs mixtes. Mais si vous avez des idées ou des propositions, n’hésitez pas à nous les communiquer !  

Mais gardons confiance et n’oublions pas de prier l’Esprit Saint qui ne cesse de souffler et guider notre Eglise !

La Confrérie du Mont-Carmel s’ouvre aux non-Staviacois

Sept des neuf membres posent pour la photo de famille devant la collégiale avec la bannière de la confrérie.

Le temps fait son œuvre… Plus besoin d’être bourgeois d’Estavayer pour être agréé membre de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel. Après s’être ouverte aux femmes, cette institution staviacoise a intronisé pour la première fois en décembre dernier un membre… venu d’ailleurs ! En l’occurrence, de pas très loin… puisqu’il s’agit de l’organiste Philippe Marchello, titulaire de l’orgue de la collégiale depuis 30 ans, mais qui n’est pas bourgeois du chef-lieu et est domicilié à Frasses.

Par Claude Jenny
Photos : Georges Losey

Cette « première » dans l’histoire de cette confrérie, qui voue une dévotion à Marie, qui avait déjà vécu un événement historique en 2019 en accueillant une première femme dans son sérail, Marie-Christine Mota. « Désormais nous sommes deux femmes, précise-t-elle, avec l’intronisation de Danielle Plancherel en 2023 ». Cette ouverture aux femmes et aux non-bourgeois permet de renouveler un peu l’effectif car la confrérie ne compte plus que 9 membres aujourd’hui, qui se réunissent au moins une fois l’an pour une célébration et une rencontre administrative et festive. 

Les membres de cette confrérie, dont l’origine remonte à 1655, s’engagent à manifester un élan de solidarité en faveur des moins favorisés de la communauté locale.  L’année dernière, c’est l’Association SOS Futures mamans qui a bénéficié de cette générosité.

C’est lors de la messe dominicale que le gouverneur de la confrérie, André Butty, a remis l’écharpe blanche et le scapulaire bleu – les deux signes d’appartenance et de fidélité de ses membres à Notre-Dame du Carmel – à Philippe Marchello qui a dû, pour une fois, descendre de la tribune pour la circonstance, lui qui préfère agir discrètement derrière ses claviers. « C’est un pas de plus pour m’intégrer dans la cité, dit-il, et je suis désormais protégé sous le manteau de la Vierge Marie. »

Philippe Marchello recevant l’écharpe blanche des mains du gouverneur André Butty.

Le scapulaire, signe de dévotion

Le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel (également appelé scapulaire carmélitain) est une pièce de vêtement que portent les membres de l’ordre du Carmel. Ce scapulaire existe également sous une forme très réduite, et porté par les laïcs. Cette dévotion apparait à la fin du XIIIe siècle chez les carmes et se répand chez les laïcs autour du XVe siècle.

Le scapulaire bleu que porte les membres de la confrérie pour signifier leur fidélité à Marie.

En librairie – février 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Jésus – Approche historique
José Antonio Pagola

Un nouveau livre sur Jésus ! Est-ce bien utile ? Quel personnage l’auteur va-t-il nous donner à voir : un sage ? un prophète ? un réformateur social ? un religieux ? un « sauveur » ? le « Fils de Dieu » ? Les évangiles ne suffisent-ils pas à notre information et faut-il toujours de nouveaux livres ? Déjà les évangiles sont quatre, signe que oui, il est utile et sera toujours légitime d’écrire sur Jésus. Mais il y faut beaucoup de science et d’humilité. Ces deux qualités, l’auteur les possède et les met en œuvre ici en y joignant un rare sens pédagogique. L’auteur veut mettre à la portée de n’importe quel lecteur ce que la recherche contemporaine peut dire avec certitude sur Jésus, de sa naissance à sa mort. 

Editions du Cerf

Acheter pour 18.00 CHF

Décoder un tableau religieux – Nouveau Testament
Eliane et Régis Burnet

Comment différencier une Annonciation d’une Assomption ? Que signifie le bleu du manteau de la Vierge Marie ? Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils représenté le Christ sous la figure d’un berger ? Nous sommes entourés de tableaux religieux, mais savons-nous encore les lire ? Des catacombes romaines et des tableaux de Fra Angelico ou de Bruegel, les scènes du Nouveau Testament les plus fréquentes de l’histoire de l’art sont ici décryptées avec grande pédagogie et remises dans leur contexte biblique. A partir d’éléments facilement reconnaissables – un ange à genoux, une corbeille de pain ou une barque de pêcheurs –, Eliane et Régis Burnet élaborent une grille d’identification des épisodes de l’Evangile et décodent pour nous les symboles du christianisme. 

Editions du Cerf

Acheter pour 43.50 CHF

Jésus par l’art
Eliane Gondinet-Wallstein

De l’Annonciation à la Pentecôte, retrouvez 21 épisodes du Nouveau Testament illustrés par une cinquantaine d’œuvres d’art du IIIe au XXe siècle. Pour chaque épisode, le commentaire d’une peinture ou d’une sculpture est accompagné du texte de l’Evangile et d’œuvres qui approfondissent le thème. A travers une iconographie variée et originale, c’est une invitation pour toute la famille à découvrir comment, depuis deux mille ans, les artistes expriment la foi chrétienne et le mystère du Christ. 

Editions Mame

Acheter pour 22.30 CHF

L’Evangile de Jésus-Christ en BD
Olivier Drion – Clotilde Gaborit

Suivez les pas de Jésus le Christ comme si vous y étiez, partagez le quotidien de ses disciples, revivez les miracles, les oppositions, écoutez les paraboles, les discours. Et si vous aviez pu voir ce que bien des yeux ont voulu voir, entendre ce que bien des oreilles ont voulu entendre ? Après quatre années de travail, Olivier Drion, illustrateur, nous propose ici une vision contemporaine de l’Evangile de Jésus Christ. 

Certains témoins de ce récit sont des personnages fictifs, mais la bande dessinée suit fidèlement le récit des Evangiles.

Editions Artège

Acheter pour 46.40 CHF

Pour commander

Pêcheurs: une noble confrérie bien vivante!

Les membres de la confrérie lors de la dernière fête de la Saint-Laurent.
Le gouverneur Joël Bourqui lors de sa présentation devant l’assemblée paroissiale.

Comme le veut désormais l’habitude, chaque assemblée paroissiale est l’occasion de présenter une des confréries actives sur le territoire de la paroisse. En décembre dernier, ce fut au tour de la Noble Confrérie des pêcheurs, bien active dans le chef-lieu, d’être mise en relief avec humour par son gouverneur, Joël Bourqui.

Par Claude Jenny
Photos : Georges Losey

Une confrérie dont l’origine remonte au milieu du 17e siècle et qui est « bien vivante puisqu’elle compte aujourd’hui 42 membres, alors que nous n’étions qu’une trentaine il y a dix ans » se réjouit le gouverneur. Comme quoi les relations fraternelles, la solidarité, l’entraide et l’amitié sont des notions qui résonnent encore fortement dans ce milieu des gens de la pêche. Certes il faut avoir un lien avec cette pratique pour devenir membre de cette noble confrérie. Autrefois, il s’agissait surtout de membres de familles qui vivaient de la pêche. Or aujourd’hui, il ne reste qu’un seul pêcheur professionnel à Estavayer en la personne d’Avni Morina, le dernier à vivre de la pêche. Aujourd’hui, la confrérie est composée de pêcheurs amateurs ou de personnes proches de cette activité lacustre.

« Les bleus » et « Les rouges »

La confrérie compte deux catégories de membres : les confrères pêcheurs et les confrères compagnons, auxquels viennent s’ajouter les membres d’honneur et le confrère aumônier, qui est traditionnellement le curé d’Estavayer. C’est lui qui monte sur la locquette à la Saint-Laurent – le dimanche le plus près du 10 août – pour bénir tous les bateaux présents sur le lac après la célébration de la messe sur la place Nova Friburgo. C’est à cette occasion que les nouveaux confrères sont intronisés après avoir avalé un étrange breuvage associé à du poisson cru ! L’année dernière, un nouvel aumônier – l’abbé Darius – a été intronisé aumônier pour remplacer l’abbé Lukasz, parti dans une autre région. 

Tous les confrères respectent à la lettre un strict code vestimentaire en portant fièrement le pull aux rayures, le béret et le foulard rouge. Par contre, les confrères pêcheurs portent une marque distinctive avec une vague bleue sur le pull alors que les confrères compagnons ont une vague rouge ! L’adhésion répond à des critères précis et fait l’objet d’une décision du grand chapitre de la confrérie qui se réunit une fois l’an.
La confrérie – ou à tout le moins une délégation – est désormais aussi présente lors de certains cortèges dans la cité, ce que le gouverneur apprécie, notamment lors de la procession de la Fête-Dieu ou le cortège de la Saint-Nicolas.

Un jour des femmes ?

Le gouverneur s’était préparé à la question et elle a été posée par une représentante de la paroisse : pourquoi pas de femmes dans la confrérie ? Et la réponse du gouverneur fusa : « Le combat féministe ne se situe pas là ! Personnellement, je le place ailleurs. Donc, non, nous ne prévoyons pas de modifier nos statuts pour l’instant. Mais il ne faut pas dire jamais… »

L’intronisation du nouvel aumônier, l’abbé Darius Kapinski, curé de la  paroisse Saint-Laurent Estavayer.
La bénédiction des embarcations sur le lac.

Un livre et une vitrine

La Confrérie prépare l’édition d’un livre sur l’histoire de cette confrérie. Il devrait sortir au printemps. Une vitrine, avec la mention des noms de tous les membres, est désormais également visible au café-restaurant « L’Escale » à Estavayer.

Du silence en Carême…

Revenir à l’émerveillement des petites choses peut favoriser une écoute intérieure renouvelée…

Par François Lamon | Photo : Marion Perraudin

Pas facile de faire silence ! Pour de multiples raisons. Et pourtant la Parole de Dieu ne cesse de nous y inviter. Pourquoi une telle insistance ? 

Jésus, poussé par l’Esprit, est resté quarante jours au désert avant de dire : « Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » (Mc 1, 15) Le silence est d’abord au service de la parole, au service de la rencontre. Le silence pour faire surgir la parole, la « vraie parole », celle qui fait la vérité en nous. Puis le silence peut nous donner d’entendre les mots de Dieu enfouis dans notre mémoire. Vous savez ces mots, parfois anciens, prononcés un jour par ceux que Dieu a mis sur notre chemin. Mots libérateurs qui prennent chair dans l’écrin du silence.

Seul le silence rend possible l’accueil en soi non seulement de la parole, mais de la présence de celui qui parle. Le silence est le langage de l’amour quand il n’y a plus de mots pour dire le mystère de la vie. « ll y a dans le silence une merveilleuse puissance de clarification, de purification, de concentration sur l’essentiel. »
(Dietrich Bonhoeffer)

Mais aujourd’hui, il est devenu si difficile de vouloir le silence, de le créer, de le vivre ! Les principaux obstacles au silence, ce sont le désordre et le bruit. Le désordre de nos lieux d’habitation comme de nos cœurs. Le bruit des mots et des musiques envahissantes. Plus insidieusement, le désordre de nos suffisances, de nos jalousies, de nos mensonges. En ce sens le silence est un combat difficile.

C’est le difficile silence intérieur qui se joue dans le cœur, lieu de la lutte spirituelle. Mais ce silence intérieur, précisément, engendre la charité, l’attention à l’autre, l’accueil du Tout-Autre, la Parole de Dieu. Jésus Christ est cette Parole qui nous conduit au désert. Le Carême est silence et le silence est Car-Aime !

La Bible au quotidien: «Soyez toujours dans la joie!»

En ce mois de février, notre rubrique se penche naturellement sur le thème de l’amour, des couples, des familles, des soirées romantiques et des surprises qui éveillent les papillons dans le ventre. Cependant, en cette période, il est essentiel de penser à ceux qui sont seuls, en souffrance, en deuil, ceux qui se sentent mis de côté, qui se sentent perdus, vides et privés d’un amour à partager.

Par Nathalie Angelini-Traeger 
Photo : DR

Dans ces moments, un extrait de la Première Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens (5, 16-18) résonne particulièrement : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. »

Mais comment aspirer à la joie et à l’émerveillement perpétuel, faire face à l’absence d’amour, à la détresse et au désespoir, lorsqu’on n’a plus de ressources ?

La réponse réside dans la foi. C’est croire qu’il est à nos côtés, avoir foi en son amour inconditionnel, en la certitude qu’il ne nous éprouvera jamais au-delà de nos capacités et qu’il a un plan parfait pour notre vie. Décider d’être toujours dans la joie et de rendre grâce en toutes choses, même dans l’adversité, peut alléger notre fardeau. La foi en Christ, c’est trouver un soutien pour renaître, rebondir et redécouvrir l’amour.

Remercier Dieu malgré les difficultés

Trouver des raisons de remercier Dieu malgré les difficultés est une démarche puissante. La foi et la prière deviennent des sources réconfortantes au cœur des épreuves. En ces jours de célébration de l’amour, il est important d’aimer notre prochain, de s’aimer soi-même et d’aimer Dieu. C’est dans cet amour que réside la force de transcender les moments sombres, d’illuminer les jours difficiles et de trouver l’espoir nécessaire pour construire une vie en Christ, empreinte d’amour et de gratitude.

Saint Paul a dit aux Philippiens (4, 4-7) : « Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. »

Moins, c’est plus – chaque geste compte!

La Campagne œcuménique 2024 clôt son cycle de quatre ans sur le thème de la justice climatique. Dans ce cadre, elle nous appelle à tout faire pour réduire considérablement nos émissions de CO2.

Par Action de Carême / Pain pour le prochain
Photos : ADC/PPP, AdC/Skiss

Pour renforcer la justice climatique, nous pouvons et devons assumer nos responsabilités et agir. Le réchauffement climatique n’épargne personne. Les périodes de sécheresse et les vagues de chaleur qui affectent la Suisse et accélèrent notamment la fonte de ses glaciers ont des effets beaucoup plus graves ailleurs. Les populations des pays du Sud en sont les principales victimes, alors que ce sont celles qui y ont le moins contribué. Qui plus est, elles manquent de moyens financiers pour y faire face et s’adapter à la situation. La bonne nouvelle est que si nous unissons nos forces, nous pouvons encore atteindre l’objectif de limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C d’ici 2050.

Ensemble, renforçons notre « empreinte de la main »

Nos actions individuelles visant à préserver le climat sont certes importantes. Cependant, il faut reconnaître qu’elles se révèlent insuffisantes à long terme pour minimiser notre impact environnemental. Notre mode de vie en Europe engendre en effet une consommation des ressources qui dépasse largement les limites de ce que notre planète peut générer. Par opposition à l’empreinte carbone, qui mesure l’impact des émissions de gaz à effet de serre d’une activité sur l’environnement, le concept d’« empreinte de la main » permet de se focaliser sur le potentiel d’économie des ressources. L’accent est mis sur les effets positifs de ce qui est réalisable et sur la mise en œuvre d’actions concrètes. Ce changement de perspective permet de passer du je au nous et de transformer un sentiment individuel de frustration ou de découragement en un mouvement de réussite collective. 

L’empreinte de la main nous emmène à la découverte d’initiatives et de projets existant près de chez nous. Laissons-nous inspirer par des idées innovantes, concrétisons-les ou développons-en de nouvelles ! 

Le concept novateur et engageant d’empreinte de la main élargit notre champ d’action, car il transforme notre évolution individuelle en cheminement collectif. Il peut être adapté à divers contextes tels que les groupes de réflexion et de confirmands au sein des paroisses. Il peut même servir de base à des échanges entre bénévoles ou à un événement d’équipe. 

–> Vous trouverez plus d’informations sur l’atelier animé par nos experts sur www.voir-et-agir.ch/empreintedelamain

Jour après jour – Nouveau ! Calendrier de Carême numérique

Désormais, vous pourrez aussi consulter votre calendrier en ligne et parcourir le contenu en toute tranquillité sur votre téléphone ou votre ordinateur. Au fil des pages du calendrier de Carême, vous trouverez des textes sur des actions en faveur du climat qui invitent à la réflexion. Pour le voir : www.voir-et-agir/calendrier

Le calcul est simple : moins de consommation = moins d’émissions de CO2 = moins de catastrophes climatiques. Cela signifie plus de justice climatique = plus de récoltes = plus de sécurité alimentaire. Si l’objectif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C d’ici 2050 peut nous paraître optimiste et contraignant, il reste néanmoins
réalisable. A condition que nous fassions toutes et tous un geste.

Pour vos dons en faveur des projets d’Action de Carême, rendez-vous sur https://actiondecareme.ch/don-general/

Découvrez des projets et initiatives prises près de chez nous.

Un bilan positif de l’édition des Céciliennes nouvelles!

Les Céciliennes 2023 ont déroulé leurs fastes vocaux voici déjà trois mois à Cugy. Nous publions dans ces deux pages quelques reflets illustrés des deux rendez-vous de cette édition (concert profane et messe) aux allures de renouveau et dressons un premier bilan avec Maurice Bourqui, président du comité d’organisation.

Par Claude Jenny
Photos: André Bise (concert), Pierre Bondallaz (messe)

C’était la première fois que tous les chœurs mixtes des secteurs de Saint-Laurent et de la Haute-Broye étaient réunis pour une telle rencontre, soit au total dix chorales de la région. L’autre grande nouveauté a été introduite lors du concert profane sur le thème de l’eau avec des chœurs groupés pour certains chants. Dans une salle comble, il s’en est suivi un ballet de va-et-vient de chanteurs et chanteuses qui montaient et descendaient de scène et des alternances de directeurs. Si ces regroupements n’ont pas forcément contribué à la meilleure qualité des prestations, ils ont permis de présenter des ensembles aux effectifs augmentés. « Chanteuses et chanteurs ont vraiment apprécié de pouvoir chanter avec ceux d’une autre chorale » relève Maurice Bourqui qui juge l’expérience très positive. Le jeune Chœur du Cycle d’orientation de Cugy, comme chœur invité, a offert une prestation de haute tenue en ouverture de la soirée qui s’est poursuivie tard dans la nuit avec une partie festive. 

Une édition à succès

Des Céciliennes qui ne sont pas un concours vocal et il n’y avait d’ailleurs pas d’experts dans la salle comme autrefois. Ce côté plus décontracté a visiblement plu aux membres des chœurs : « L’ambiance a vraiment été excellente et la fête fut belle » déclare le président de l’organisation. « Nous allons faire un bilan plus fin durant les semaines à venir mais le fait que, tant au niveau de la fréquentation que sur le plan financier, cette édition est couronnée de succès. » 

La messe du dimanche

Le dimanche, tous les membres des chorales et une nombreuse assistance étaient réunis en l’église de Cugy pour la traditionnelle messe des Céciliennes. Une prestation d’ensemble avec un répertoire dans lequel les chœurs mixtes d’église sont à l’aise. Pour cette messe présidée par l’abbé Bernard, c’est la « Messe de Saint-Bernard » de Geneviève Moullet-Murith que l’ensemble des chorales a interprétée avec une direction tournante. Une formule qui n’était peut-être pas la meilleure, tant il n’est pas évident de tirer le meilleur d’un groupe de plus de 200 voix ! 

Combien de chorales demain ?

Quid de l’avenir ? Ces Céciliennes n’ont fait que confirmer que les chœurs d’église affichent un manque de relève. Il est donc possible que des fusions de chœurs soient prochainement à l’ordre du jour, voire que certaines chorales, malheureusement, doivent cesser leur activité faute de forces… vocales ! « Nous allons prendre ces éléments en compte pour l’avenir et il est donc encore prématuré de parler d’une prochaine édition » conclut Maurice Bourqui, un président visiblement heureux que cette édition 2023 ait été couronnée de succès.

Dix chœurs mixtes

Les dix chorales participantes : Aumont-Nuvilly, Cugy-Vesin, Echo de la Molière Murist, Ensemble de Surpierre et environs, Fétigny-Ménières, Font-Châbles-Cheyres, Lully-Bollion-Châtillon, Montet-Frasses, Notre-Dame des Flots et Saint-Laurent Estavayer.

La sobriété: notre boussole pour le temps du Carême

Vous le savez, nous le savons. Il suffit d’écouter la radio, de lire le journal, de regarder une émission ou de surfer sur le net. Les effets du changement climatique, ce n’est plus seulement ailleurs. Ils sont là, nous en faisons l’expérience… à notre porte. Christian et Marie-France Thurre sont, dans le cadre de leur mission diaconale, ambassadeurs d’EcoEglise dans notre diocèse. Ils nous en parlent.

Par Marie-France et Christian Thurre | Photo : DR

Il y a urgence ! – Vous voulez des chiffres ? Quel est le seuil à ne pas franchir avant l’emballement ? Quel effet aura, pas seulement un degré de plus, mais même un dixième de degré de plus ? Non, nous ne vous donnerons pas de chiffres. Ils sont dans les rapports comme ceux du GIEC et d’autres, et ils sont clairs. Oui, il y a urgence !

Il persiste et signe – C’était en 2015, peu de temps avant la COP21 de Paris. Elle portait pour nom Laudato Si’. Oui nous parlons de la Lettre encyclique du pape François. C’était en 2023, peu de temps avant la COP28 de Dubaï. Elle portait pour nom Laudate Deum. Oui nous parlons de l’Exhortation apostolique du pape François. Nous parlons au passé et pourtant l’une comme l’autre restent et demeurent d’actualité. L’une rappelle l’autre et en réactualise l’urgence ! François persiste et signe.

« Moins, c’est plus – chaque geste compte ! » – Voilà quatre ans que le thème « Justice climatique, maintenant ! » marque la campagne œcuménique menée par Action de Carême et EPER-Pain pour le prochain. Divers volets ont été explorés, comme celui du gaspillage ou encore celui de l’agroécologie. Pour la période de Carême de cette année un appel clair à la sobriété nous est lancé : « Moins, c’est plus – chaque geste compte ! »

Nous y entendons, en une formule plus concise, un écho de Laudate Deum (no 71) :
« L’effort des ménages pour polluer moins, réduire les déchets, consommer avec retenue, crée une nouvelle culture. Ce seul fait de modifier les habitudes personnelles, familiales et communautaires nourrit l’inquiétude face aux responsabilités non prises des secteurs politiques et l’indignation face au désintérêt des puissants. Nous remarquons donc que, même si cela n’a pas immédiatement un effet quantitatif notable, cela aide à mettre en place de grands processus de transformation qui opèrent depuis les profondeurs de la société. »

Dépoussiérons la boussole – Pour trouver son chemin une boussole est un instrument précieux. Mais si elle traine au milieu d’une étagère, elle va prendre la poussière et sera inutile.

Le temps du Carême est un temps propice pour dépoussiérer, se remettre en mouvement, rechercher le Nord ! Nous croyons que la boussole de la sobriété est un précieux guide pour cela. Dans ce « moins » nous trouverons de la place pour ce « plus » qui est notre Dieu, Sauveur et Créateur.

Nous laissons à François le soin de conclure avec son dernier paragraphe de Laudate Deum (no 73) :
« Louez Dieu » est le nom de cette lettre. Parce qu’un être humain qui prétend prendre la place de Dieu devient le pire danger pour lui-même. »

Un budget paroissial équilibré pour 2024

Présenté à la mi-décembre à une petite quarantaine de personnes lors de l’assemblée dite des budgets, le ménage financier de la paroisse Saint-Laurent Estavayer devrait rester au beau fixe l’année prochaine. Mais quid de la suite ? Les retraits d’Eglise font peser une menace. La paroisse devra aussi revoir à la baisse la déclinaison des messes dominicales.

Par Claude Jenny
Photo : Georges Losey

Présenté pour la première fois par Alexandre Bersier, nouveau responsable du dicastère des finances au sein du Conseil de paroisse, et la trésorière paroissiale Séverine Rey-Pillonel, ce budget 2024 affiche des prévisions saines avec un équilibre à hauteur de 3,1 millions.

A quelques petites variations près, ce budget est calqué sur celui de 2023 et aucune coupe importante n’a été opérée. « Nous n’avons rien voulu casser » a répété plusieurs fois le responsable financier, qui a pris ses fonctions en mai et a déjà œuvré à un affinage du fonctionnement financier de la paroisse, avec un controlling plus pointu et une organisation des structures paroissiales permettant une gestion plus efficace. Il a aussi promis une consultation plus large des divers organes de la paroisse (conseils de communauté, équipe pastorale, chœurs mixtes, etc.). 

Alexandre Bersier n’a toutefois pas caché que ce budget 2024 reposait sur des rentrées financières – entendez principalement l’impôt paroissial – quasi identiques. Ce budget 2024, qui avait reçu l’aval de la commission financière, a été accepté à l’unanimité.

Des retraits en nette augmentation

Lors de l’assemblée paroissiale de décembre dernier, le président Alexandre Duc a évoqué une question que beaucoup de personnes se posent : les événements récents qui ont secoué l’Eglise catholique – les nombreuses affaires dites des abus – ont-ils engendré un grand nombre de « retraits d’Eglise » ? Entendez des personnes qui font savoir qu’elles souhaitent s’afficher comme appartenant à une religion reconnue. 

Le président n’a pas caché que ces retraits avaient été plus nombreux ces derniers mois. De 79 en 2022, les retraits sont passés à 176, a-t-il annoncé. Et cette statistique, qui a probablement encore augmenté de quelques unités depuis l’annonce faite, aura forcément des répercussions au niveau des rentrées financières, mais il n’est évidemment pas encore possible d’en connaître l’ampleur.

Rappelons que les personnes qui se déclarent « sans religion » sont de ce fait exonérées de l’impôt paroissial qui est automatiquement prélevé dans le canton de Fribourg. Les paroissiens qui annoncent leur retrait ne font évidemment plus partie de la communauté paroissiale. Laquelle est alors en droit de facturer certaines prestations que ces personnes demanderaient, notamment lors des ensevelissements. Sur ce point, la pratique varie selon les paroisses, l’idée étant que l’on ne peut pas prétendre à un service d’une communauté à laquelle on n’appartient plus et qu’un service pour une célébration peut légitimement faire l’objet d’une facturation qui couvre les frais (cjy).

J’ai trouvé l’indispensable!

Louis au Col du Grand-Saint-Bernard.

Je rencontre Louis Gailland au printemps dernier. Son père avait auparavant préparé le terrain en m’apostrophant un jour au sortir de la messe : « Mon fils souhaiterait être baptisé : que faut-il faire ? » Du tac au tac, je lui réponds : « Que je le rencontre ! » Louis a 20 ans et si son patronyme fait penser à un ressortissant bagnard – ce qu’il est – il a grandi et vécu au Mexique, la patrie de sa mère. Il a été accueilli comme catéchumène à Martigny en décembre dernier et se prépare à recevoir le baptême à Pâques.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photos : L. Gailland

Je me retrouve effectivement en Suisse, plus précisément dans le Val de Bagnes, grâce à mon père, Albert Gailland, qui en est originaire. Il a vécu plus d’une trentaine d’années au Mexique et, à ma naissance, a décidé de revenir en Suisse pour le confort de vie et la sécurité qu’elle offrait. Il est vrai qu’il y a une grande différence culturelle entre le Mexique et la Suisse, que ce soit au niveau des paysages qui sont plus qu’opposé mais aussi au niveau de l’attitude des gens et de leurs habitudes.

Mais, malgré toute ces différences, la Suisse et le Mexique ont un point commun, l’un des plus importants c’est que ce sont tous deux des pays de culture chrétienne. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours été proche de la religion et de Dieu : ma mère et mon père étant très croyants.

Au début, je ne m’intéressais pas vraiment à la foi chrétienne. Je croyais en Dieu, cela me semblait évident, mais ce n’était pas un domaine que j’avais envie d’approfondir. En réalité, j’avais une vision très archaïque de l’Eglise catholique. A chaque messe, j’avais plutôt envie de dormir, mais petit à petit, à force de fréquenter la messe un peu plus souvent de manière plutôt innocente et désintéressée, j’y ai trouvé l’indispensable. 

Un besoin de me rapprocher encore plus de Dieu m’a envahi. En prenant du recul, je perçois que je me suis rendu compte de la présence de Dieu tout au long de ma vie. Quand je pensais que tel événement pouvait être relié au hasard, je me suis rendu compte qu’il me fallait plutôt y reconnaître la présence de Dieu. Alors j’ai commencé à me rendre plus souvent à l’église et à participer à diverses soirées organisées par les jeunes catholiques de la région.

J’y ai perçu avec plus de force encore qu’il était indispensable que je prenne part à la vie de cette communauté, que je commence ce chemin vers Dieu et que je rapproche au mieux ma vie de celle de Dieu pour que les deux se croisent…

Je souhaite à tous les jeunes et à toutes les femmes et tous les hommes sur terre de vivre eux aussi cette rencontre salvatrice.

Au Mexique, alors qu’il était enfant.
Louis est passionné par l’image. Avec son ami Nicolas, ils ont fondé une entreprise de communication « Imperial Productions ».

L’église de Seiry sera restaurée

Souffrant des affres du temps, auxquels sont venus s’ajouter de gros dégâts suite au vilain temps qui a sévi dans la région en septembre 2022, l’église de Seiry a besoin d’une importante rénovation.

Photo : Georges Losey

Promesse avait été faite à la communauté de Seiry au moment de la fusion paroissiale de restaurer l’édifice le plus vite possible. Le moment est venu car attendre plus longtemps pourrait engendrer des infiltrations d’eau. Un crédit de 390’000 fr. a été voté par les participants à la dernière assemblée paroissiale de décembre dernier pour mener à bien ce chantier. La toiture, le clocher et les façades feront l’objet d’une rénovation complète. L’édifice a été inauguré en novembre 1884.

Une nouvelle qui va réjouir les Epouairis qui formèrent une petite paroisse indépendante jusqu’à la fusion. Avec ses quelque 200 habitants, la communauté de Seiry reste active en organisant plusieurs rencontres communautaires au cours de l’année pastorale. Ce fut encore le cas le 21 décembre dernier avec une « fenêtre » de l’Avent organisée après la messe. Une célébration a lieu un dimanche par mois et parfois le jeudi soir. L’abbé Bernard est le répondant de cette communauté qu’il s’efforce de soutenir de son mieux. (cjy)

Théologie enfantine

Par Myriam Bettens
Photo : Pixabay

Toutes ces années de théologie pour rien ! C’est vrai, rien de mieux qu’une enfant de quatre ans, en l’occurrence ma fille, pour vous remoucher (proprement) et vous apprendre qui est réellement « Zézus ».

Balaie-donc tes certitudes, chère maman, parce que celui qui « croise les zambes là-haut, c’est pas Zézus », me dit-elle pleine d’assurance. « Viens ze vais te montrer. » Je la suis docilement auprès d’une autre icône. Faut dire qu’elle aime les églises, surtout orthodoxes, un comble pour la protestante que je suis. Et elle pourrait y rester des heures. Pas pratique, lorsqu’on voyage en groupe et que les autres patientent sur le parvis… « Là, regarde. C’est lui Zézus », désignant une icône de l’enfant dans les bras de sa mère. Je lui explique que Jésus n’est pas resté un bébé toute sa vie. « Ze sais ! Mais il est pas non plus resté là », lance-t-elle en pointant une image du Christ en croix. « Il est allé vers Dieu. T’as oublié ou quoi ? »  Mon guide improvisé poursuit sa visite commentée de « la maison de Zézus ». Celle-ci se conclut sur une très ancienne icône de la Vierge. Je lui demande alors si elle sait qui est représenté. « Bien sûr, c’est Mona Lisa ! », lance-t-elle en roulant des yeux, exaspérée par mon ignorance.

Etendre les racines de la foi

En apprenant à connaître Myriam Bovet lors d’un pèlerinage alpin, je l’avais trouvée particulièrement rayonnante. Elle m’avait alors confié qu’elle avait rencontré Jésus dans son cœur à l’âge de 21 ans. Depuis, elle diffuse ce soleil christique dans chacune de ses activités. Tous les mois, elle se rend à Pramont pour y visiter des jeunes.

Par Christelle Gaist
Photos : DR

Rendre visite aux prisonniers fait partie des sept œuvres de miséricorde corporelles, les œuvres que les chrétiens sont invités à accomplir par amour pour Dieu et pour leur prochain. Les six autres consistent à nourrir l’affamé, abreuver l’assoiffé, accueillir l’étranger, vêtir les malheureux, soigner les malades et ensevelir les morts *.

Myriam dédie une bonne partie de son temps à Jésus et à son Eglise. Cette maman de quatre enfants enseigne la catéchèse ; elle assure le service de la sacristie et fleurit l’autel de l’église de Dorénaz. Elle est aussi bergère d’un groupe de prière… pour ne citer que quelques-unes de ses activités.

Adolescente, elle remarque déjà le pénitencier de Sion aujourd’hui transformé en musée. Elle se demande comment la vie se déroule au sein de tels établissements. Ce n’est que des années plus tard, en 2018, à la suite d’un témoignage, qu’elle rejoint le groupe « Parole en Liberté » et qu’elle en pousse finalement les portes. 

A l’établissement de Pramont, les rencontres mensuelles se déroulent de la manière suivante. Au sein de petits groupes, les intervenants échangent avec les jeunes sur des thèmes choisis en amont. Le but est d’offrir un espace de parole. Ils partagent également un moment de jeux. Myriam souhaite dans le meilleur des cas leur apporter un peu d’espérance. Les échanges sont nourrissants pour tous, c’est un beau moment d’humanité.

Pour nombre de ces jeunes, c’est une vraie souffrance d’être enfermés entre quatre murs. Ils souhaitent en sortir meilleurs qu’avant. Myriam partage une image avec moi, celle d’un arbre qui aurait été renversé par une tempête ou tronçonné. Contre tout espoir, une pousse en émerge, signe d’une grande résilience. Les racines de la foi ne peuvent être coupées et elles permettent toujours une renaissance. 

* Il y a également sept œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, et prier Dieu pour les vivants et les morts.

Sur le chemin de mon entretien avec Myriam, les peupliers n’avaient pas dit leur dernier mot.

2024, année du 100e pèlerinage interdiocésain à Lourdes

En train, en bus, en avion, mais aussi à pied, à moto ou à vélo : tous les moyens de transport seront bons en 2024 pour se rendre à Lourdes pour le 100e pèlerinage interdiocésain du printemps, du 19 au 25 mai. Les organisateurs veulent marquer ce jubilé par de nombreuses initiatives pour faire connaître le message de Lourdes.

Par Claude Jenny

Lourdes, c’est le pèlerinage annuel des chrétiens de Suisse romande. Certaines années, ils furent jusqu’à 4000 à se rendre au pied de la grotte de Bernadette Soubirous, notamment en 1972 pour l’année du 50e pèlerinage interdiocésain de printemps. L’année dernière, ce sont près de 1400 personnes (pèlerins, malades, hospitaliers, personnel médical) qui sont allés vivre ce temps particulier que les malades vont chercher à Lourdes.

Là, où, dans un petit village, en 1858, vivait une famille extrêmement pauvre, du nom de Soubirous. Une fille de 14 ans, prénommée Bernadette, verra 18 fois la Vierge Marie. Depuis ces apparitions, jusqu’à 15’000 personnes sont venues quotidiennement à Lourdes. On parle de visites de Suisses depuis 1873 et en pèlerinage avec des chrétiens français dès les années 1890. 

Depuis 1910 un pèlerinage suisse

Mais c’est en 1910 que le pèlerinage de la Suisse romande à Lourdes a été créé officiellement et il sera organisé chaque année. Les deux guerres et le Covid ont engendré des interruptions. Le 50e pèlerinage fut marqué en 1972. Le 100e aurait dû l’être en 2022. La pandémie en a décidé autrement. Qu’importe, le rendez-vous est pris : c’est pour tantôt, en mai 2024, pour le pèlerinage interdiocésain de printemps.

Autres informations 

www.pelerinagelourdes.ch
ou auprès de Mme Anne-Marie Kolly, 
lgf@pelerinagelourdes.ch
tél. 079 245 21 30

De multiples initiatives pour un centenaire…

Désireux de marquer cette année du 100e pèlerinage interdiocésain à Lourdes, l’équipe organisatrice a décidé d’organiser plusieurs rendez-vous ou initiatives en lien avec ce jubilé et destinés à faire découvrir ou redécouvrir le message de Marie à Bernadette.

A relever :

• Les chapelains de Lourdes seront en visite en Suisse romande du 17 au 25 février et s’exprimeront lors de diverses célébrations dans plusieurs villes romandes : Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel et Bulle.

• Le samedi 17 février, le spectacle musical « Bernadette  de Lourdes » sera proposé à l’Arena de Genève (à 15h et 20h).

• En février prochain, le film « Je m’appelle Bernadette » sera projeté dans plusieurs lieux de Romandie.

• Le 19 mai 2024, soit durant le pèlerinage, une messe sera retransmise à 9h sur les ondes de la Radio romande (Espace 2) en direct de Lourdes avec la participation de la chorale du pèlerinage. Cette messe sera diffusée dans le train et les bus qui seront en route pour Lourdes.

… et des douceurs à acheter et déguster !

Toujours dans le but de récolter des fonds pour financer les frais de voyage et de séjour des malades qui se rendront à Lourdes en mai prochain, les organisateurs mettent en vente quelques douceurs réputées de qualité fabriquées par des producteurs fribourgeois et dont le prix de vente sera légèrement majoré pour la bonne cause. L’objectif est de récolter en un semestre la somme de 35’000 francs.

Il s’agit d’abord de boîtes de chocolat Villars recouvertes d’un emballage spécial ainsi que de cornets des fameux biscuits du Carmel du Pâquier déclinés sous diverses saveurs. Commandes et paiements possibles par Twint au 079 245 231 30.

Sur les pas de Bernadette

Propos recueillis par Claire Moullet

Nous publions ci-dessous le témoignage d’une paroissienne de Cheyres, Marie Pillonel, qui s’est rendue à plusieurs reprises en pèlerinage.

« La première fois que je me suis rendue à Lourdes c’était en mars 1998, j’allais être grand-maman quelques mois plus tard. Etant retraitée, nous avons décidé, avec une amie d’enfance, de nous rendre une semaine à Lourdes. Naturellement, à cette période de l’année il n’y avait pas de pèlerinage organisé. Nous avons visité tous les endroits concernant le parcours de vie de Bernadette. L’endroit qui m’a le plus bouleversée, c’était l’immersion dans la fontaine. J’ai ressenti une grande émotion et j’ai pleuré mais pas de chagrin, mais d’un moment inexplicable de bien-être et me suis dit : ici il s’est passé une chose extraordinaire et surnaturelle.

En 1999 et 2001, je me suis inscrite comme hospitalière. Je voulais apporter ma modeste contribution en aide à ces personnes qui souffrent et peut-être, leur donner une chance de ressentir ce moment de bien-être que j’ai vécu. 

Il y a une chose que j’ai constatée : le sourire des personnes aidées nous apporte beaucoup plus que ce qu’on leur donne. » 

La représentation du Christ dans l’histoire

La fresque du Jugement dernier de l’abbaye de Saint-Jean-des-Sœurs, dans le Val Müstair, fait partie des plus anciennes peintures murales de l’Europe médiévale.

Voir le Christ sur une œuvre d’art est presque banal pour nous aujourd’hui. Pourtant, cela n’a pas toujours été une évidence. 

Le possible visage de Jésus selon des chercheurs britanniques.

Par Amandine Beffa | Photos: DR, cath.ch/Maurice Page

De l’interdit vétérotestamentaire de faire une « image de ce qui a la forme de ce qui se trouve au ciel » (Dt 5, 8) jusqu’aux débats du XXe siècle autour de l’art sacré contemporain, s’intéresser aux représentations du Christ, c’est étudier « comment on croit ». Ce que l’on représente, et peut-être plus encore ce que l’on ne représente pas, dit beaucoup. 

Donner ou ne pas donner de visage au Fils de Dieu

Aux premiers siècles, le Christ est évoqué par des symboles : poisson, chrisme (initiales du Christ), ancre, agneau… Dans les catacombes, il y a plus d’une centaine d’images du Bon Pasteur. Ce n’est toutefois pas encore une figuration du Christ à proprement parler. C’est la mise en image d’une parabole. Or, les paraboles sont des récits allégoriques. Ainsi, on évoque une histoire qui relate quelque chose du Fils de Dieu.

Des scènes bibliques sont observables, mais il s’agit surtout d’exprimer une espérance. Ce sont avant tout les miracles et la résurrection qui sont figurés. 

Si le Christ est ressuscité, s’Il a ramené à la vie Lazare, alors, ceux qui sont morts peuvent espérer la vie.

Pour le frère Philippe Lefebvre : « Si l’on ne peut s’empêcher de se faire des images de ce en quoi on croit, quelles sont les images qui correspondent à la révélation de Dieu Lui-même ? »1

L’enjeu de l’art est aussi ce que l’on souhaite transmettre. Les évangiles ne disent rien de l’apparence de Jésus. Pour le représenter, il est impératif d’imaginer ce à quoi il ressemble. Mais, est-ce si anodin ? Pas forcément. En effet, l’image que nous avons de Lui provient en partie des œuvres que nous avons vues depuis que nous sommes enfants. 

Ainsi que le développe Robert Will, il n’est pas possible de trouver une image qui exprime à elle seule le tout du Christ. Elle ne dira jamais « la plénitude de la vie divine en lui »2. Toute représentation est nécessairement réductrice.

Jésus enfant a parfois les traits d’un adulte miniature ou d’un « enfant vieillard ».

Définir les traits du Christ

Les traits du Christ ont été progressivement définis pour arriver à une forme d’art canonique. Aujourd’hui, si on demande à des personnes prises au hasard de dessiner Jésus, il y a fort à parier qu’il y aura beaucoup de points communs.

C’est au Ve siècle que se fixe l’apparence du Jésus que nous connaissons. 

Par la suite, « […] depuis le XVIe siècle, les tendances artistiques se sont dispersées dans la mesure où la vie religieuse s’est individualisée »3.

Parfois, les débats se trouvent là où nous ne les attendrions pas. Au XIe siècle, Jésus enfant a les traits d’un adulte miniature ou d’un « enfant vieillard ». Cela repose sur la conviction qu’il est impossible à Dieu de changer, de vieillir, de mourir. 

Aujourd’hui, certains chercheurs essaient de retrouver ce à quoi le « Jésus historique » ressemblait réellement, en utilisant des crânes de l’époque et toutes les informations dont nous disposons. Les images 3D sont certes impressionnantes, mais nous pouvons nous demander ce qu’elles apportent à notre foi.

Le Beau Dieu

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, les critères esthétiques sont prépondérants. Saint Augustin ou saint Thomas d’Aquin insistent sur le fait que Jésus ne peut qu’avoir une apparence parfaite.

La beauté physique est comprise comme reflet de la beauté de l’âme. Le Psalmiste ne dit-il pas : « Tu es beau comme aucun des enfants de l’homme, la grâce est répandue sur tes lèvres : oui, Dieu te bénit pour toujours. » (Ps 44, 3) ?

Le Christ mort et souffrant

Si la Résurrection a été fêtée dès le début du christianisme, il faut attendre le IVe siècle pour voir apparaître les premières crucifixions. Elles restent malgré tout très symboliques. Longtemps, ces scènes ne sont pas réellement défigurantes, les traits restent harmonieux. C’est le cas par exemple du Retable des Cordeliers à Fribourg.

Au centre du Retable des Cordeliers, à Fribourg, le Christ conserve des traits harmonieux malgré la crucifixion.

Le glissement est progressif : « Vers la fin du Moyen Age, ce fut surtout le Crucifié que l’on représenta dans l’horreur de l’agonie, tandis que l’ancienne Eglise éprouvait une certaine répugnance pour ce spectacle. »4

Dès le XIVe siècle, se développe une obsession pour la mort et la passion. Elle va de pair avec une spiritualité doloriste. On cherche à éveiller la pitié, une forme de culpabilité aussi : le Christ est mort pour nous, à cause de nous.

Le Christ défiguré

Représenter le Christ souffrant ne revient pas nécessairement à représenter le Christ laid. Pourtant, le prophète Esaïe déclare : « La multitude avait été consternée en le voyant, car Il était si défiguré qu’Il ne ressemblait plus à un homme ; Il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. […] Il était sans apparence ni beauté qui attirent nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, Il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. » (Es 52, 14-53, 3)

Que nous dit la souffrance du Christ ? Elle nous rappelle que la crucifixion n’est pas banale. Paul ne nous parle-t-il pas du scandale de la croix (1 Co 1, 22-23) ?

Parmi toutes les œuvres, deux sont incontournables : le Retable d’Issenheim de Mathias Grünewald et le Christ de Germaine Richier. Les deux ont en commun d’avoir été réalisés pour des malades, au cours de périodes d’épidémies. Grünewald et Richier, chacun à son époque, ont voulu montrer un Christ défiguré par la souffrance.

Une œuvre exilée

Au Plateau d’Assy, les malades des sanatoriums ont tout de suite apprécié ce Jésus illustrant si bien les paroles du prophète : « En fait, c’étaient nos souffrances qu’Il portait, nos douleurs dont Il était chargé. Et nous, nous pensions qu’Il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’Il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’Il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur Lui : par ses blessures, nous sommes guéris. » (Es 53, 4-5) Mais, la multitude est consternée si bien que le crucifix de Germaine Richier est exilé de 1951 et 1969.

Pour le frère Philippe Lefebvre, l’idole est une « projection sur le divin de son propre imaginaire, de sorte qu’elle enferme sur soi au lieu de favoriser la rencontre »5. Rejeter certaines représentations du Christ serait-il finalement une forme d’idolâtrie ? Nous pouvons ainsi nous demander quelle rencontre nous manquons lorsque nous rejetons une œuvre.

1 Lefebvre Philippe. Peut-on représenter Dieu ? Un questionnement dans la Bible. In : Etudes, n° 4225. mars 2016. p. 63.
2 Will Robert. Le symbolisme de l’image du Christ. Essai d’iconographie chrétienne. In : Revue d’histoire et de philosophie religieuses, 16e année n° 3-5, Mai-octobre 1936. Cahier dédié à la mémoire de G. Baldensperger. p. 403.
3 Ibid, p. 148.
4 Ibid, pp. 415-416.
5 Lefebvre, op. cit., p. 63.

Eblouissement

J’ai la joie de participer régulièrement à un atelier d’écriture animé par Marie-Laure Choplin. Les consignes ont souvent un ancrage dans la Bible. Cette fois-là, il s’agissait d’écrire au sujet de notre dernier «éblouissement»: ça tombait bien, car je venais de vivre un de ces moments lumineux, la veille au soir, à l’école…

Par Françoise Besson | Photos : DR, Pexels.com

Une jeune fille en grande hâte monte les escaliers : elle a oublié dans la salle de classe ses airpods (écouteurs). C’est vendredi soir, l’école est déjà silencieuse et la perspective de traverser le week-end sans musique déversée à même l’oreille la met en panique. Elle a 17 ans peut-être et, de tout elle-même, émane un sentiment d’urgence. Elle est très belle dans son essoufflement…

Je vois dans son regard que je fais, sans le vouloir, figure de sauveur, car j’ai la clé – ce précieux sésame qui ouvre toutes les salles ! En chemin vers la classe, nous discutons, je ne la connais pas. Je lui demande ce qu’elle aime faire, et là elle s’arrête et me répond : « Moi, Madame, ce que j’aime, c’est dessiner des couvertures de livre… Alors après, il faut que j’écrive le livre, sinon la couverture reste là, comme une plante verte… »

Jaillissement de poésie pure ! Elle l’a dit avec feu et j’en suis tout éblouie… C’est là ce que l’on pourrait appeler une « transfiguration ». En quelques secondes, je prends en plein visage la vibrante lumière de sa passion, et elle sait que je l’ai reçue…

Nous nous quittons un peu plus tard comme deux sages tibétains, en échangeant un long regard, nous inclinant un peu… Dans mon cœur, je remercie les oublis, les questions anodines, les rencontres inattendues en cette heure où l’école presque vide se fait soudain écrin…

Ces moments où nous sommes témoins de la manifestation de la Vie, sur le visage d’un parent qui regarde son enfant, sur le visage d’un musicien jouant de son instrument ou de quelqu’un qui nous partage ce qui l’anime ; ces moments émouvants, nous devons les garder précieusement dans notre cœur… Sous la fine couverture du quotidien, ils nous révèlent qu’il y a plus que nous-mêmes en nous-mêmes. Et comme les apôtres au Mont Thabor, nous aimerions tellement nous installer là, dans cet instant sacré où l’on effleure du regard la Vie même… Il nous faut reprendre le chemin du quotidien, habités, pleinement, de ce que nous avons vu…

Tout entier *

Ne déchirons pas le texte
Tissé d’une seule pièce
Ne le déchirons pas ! 
Ta fin lamentable en fait partie
Et notre tendance,
Toujours la même 
A chercher un coupable
Calmer l’agitation
Avec un mort de plus
Quelle illusion tenace !
Et dans les franges du texte
Mystérieusement 
Retrouver ta présence 
En tout lieu
Et ta voix familière 
Qui ne cesse de nous dire
Allez, vivez !
Soyez mes témoins…

* Voici encore le « fruit » d’un autre atelier, sensiblement sur le même thème.

Le Christ Roi. Peinture d’Arcabas. « Les soldats prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. » Jn 19, 23

Véronique Christinaz: 25 ans de dévouement!

Véronique Christinaz fleurie par Sophie Delpredo, présidente du Conseil de communauté.
Véronique Christinaz : un quart de siècle de dévouement au service de la paroisse.

Le 8 décembre dernier, fête de l’Immaculée Conception, Mme Sophie Delpedro, présidente du Conseil de communauté de Nuvilly, a adressé un chaleureux remerciement à Mme Véronique Christinaz, qui quitte son mandat après 25 ans de fidèle présence au sein du Conseil paroissial.

Par Marianne Berset 
Photos : André Bise

C’est le 4 juillet 1998 que Véronique est assermentée comme membre du Conseil de paroisse de Nuvilly sous la présidence de Charles Broye. Très dévouée, elle assume toutes les tâches d’un conseiller (secrétaire, responsable des servants, des lecteurs, etc.). Sous la présidence de Mme Marchon, elle prend aussi son bâton de pèlerin pour trouver les fonds nécessaires à la restauration de l’église. En 2014, c’est la présidence qu’elle assure jusqu’à la fusion de la nouvelle paroisse Saint-Laurent Estavayer. Là, elle maintient son dévouement de conseillère comme responsable des manifestations.

Pour tout ce temps donné dans le calme, la bonne humeur et la générosité, Mme Christinaz a été fleurie par le Conseil de communauté. A cette occasion, Mme Delpedro a également souligné que M. Dominique Monnerat a assuré la présidence du Conseil de communauté de 2014 à 2022 et qu’une attention lui sera remise lors d’un prochain conseil.

Merci à toutes les personnes qui se dévouent au sein des conseils pour le bien de nos communautés.

Le Christ icône

Représentation du Christ créateur, par Giusto de Menabuoi.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

« Il est l’image du Dieu invisible », eikôn en grec, qui donne le terme français « icône ». Le cantique qui ouvre la lettre de Paul aux Colossiens et que nous chantons régulièrement à l’office des vêpres (du soir) célèbre d’abord le Christ créateur, le Premier-Né en qui toutes choses ont été faites, autant les créatures visibles qu’invisibles, puissances, principautés, souverainetés, dominations, pour reprendre les quatre mots employés par l’hymne afin de désigner les êtres non-visibles et spirituels, mais soumis au Christ. « Tout est créé par lui et pour lui », ajoute Paul, car il est engendré de toute éternité dans le sein du Père, « il est avant toute chose et tout subsiste en lui ».

Reflet éternel de la grandeur de Dieu, il nous offre le visage de la bonté et de la tendresse divine. Jésus-Christ est notre Sauveur et notre Roi, la tête de l’Eglise, son Corps. Il est établi à ce titre par sa Résurrection dans l’Esprit Saint. Il est le premier-né d’entre les morts, le commencement de toute réalité. Il a en tout la primauté, parce qu’en lui habite la plénitude de vie et de vérité. C’est par lui que le Père s’est réconcilié toute chose. Par le sang de sa croix, il a offert au cosmos et à l’humanité la paix, le shalom, l’harmonie, sur la terre et dans le ciel. Il nous a donné d’avoir part dans la lumière à l’héritage promis avec tous les saints, les vivants et les défunts. Lui le Bien-Aimé, il nous a arrachés au pouvoir du mal, il nous a associés à son Royaume, il nous a offert la rédemption et le pardon de tous nos péchés.

Il vaut la peine de contempler ce chant et les métaphores qu’il déploie, de les déguster l’une après l’autre, de manière à ce que nous puissions toujours mieux habiter notre propre corps fait à l’image de la Trinité, l’univers qui nous est confié, et de façon à ce que nous parvenions à vivre dans la sérénité avec nos frères et sœurs dans l’Eglise et dans le monde, de toutes races, nations, peuples et religions.

Le Christ se donne à voir pour que nous puissions le représenter et l’offrir aux autres.

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