Véronique Christinaz: 25 ans de dévouement!

Véronique Christinaz fleurie par Sophie Delpredo, présidente du Conseil de communauté.
Véronique Christinaz : un quart de siècle de dévouement au service de la paroisse.

Le 8 décembre dernier, fête de l’Immaculée Conception, Mme Sophie Delpedro, présidente du Conseil de communauté de Nuvilly, a adressé un chaleureux remerciement à Mme Véronique Christinaz, qui quitte son mandat après 25 ans de fidèle présence au sein du Conseil paroissial.

Par Marianne Berset 
Photos : André Bise

C’est le 4 juillet 1998 que Véronique est assermentée comme membre du Conseil de paroisse de Nuvilly sous la présidence de Charles Broye. Très dévouée, elle assume toutes les tâches d’un conseiller (secrétaire, responsable des servants, des lecteurs, etc.). Sous la présidence de Mme Marchon, elle prend aussi son bâton de pèlerin pour trouver les fonds nécessaires à la restauration de l’église. En 2014, c’est la présidence qu’elle assure jusqu’à la fusion de la nouvelle paroisse Saint-Laurent Estavayer. Là, elle maintient son dévouement de conseillère comme responsable des manifestations.

Pour tout ce temps donné dans le calme, la bonne humeur et la générosité, Mme Christinaz a été fleurie par le Conseil de communauté. A cette occasion, Mme Delpedro a également souligné que M. Dominique Monnerat a assuré la présidence du Conseil de communauté de 2014 à 2022 et qu’une attention lui sera remise lors d’un prochain conseil.

Merci à toutes les personnes qui se dévouent au sein des conseils pour le bien de nos communautés.

Le Christ icône

Représentation du Christ créateur, par Giusto de Menabuoi.

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

« Il est l’image du Dieu invisible », eikôn en grec, qui donne le terme français « icône ». Le cantique qui ouvre la lettre de Paul aux Colossiens et que nous chantons régulièrement à l’office des vêpres (du soir) célèbre d’abord le Christ créateur, le Premier-Né en qui toutes choses ont été faites, autant les créatures visibles qu’invisibles, puissances, principautés, souverainetés, dominations, pour reprendre les quatre mots employés par l’hymne afin de désigner les êtres non-visibles et spirituels, mais soumis au Christ. « Tout est créé par lui et pour lui », ajoute Paul, car il est engendré de toute éternité dans le sein du Père, « il est avant toute chose et tout subsiste en lui ».

Reflet éternel de la grandeur de Dieu, il nous offre le visage de la bonté et de la tendresse divine. Jésus-Christ est notre Sauveur et notre Roi, la tête de l’Eglise, son Corps. Il est établi à ce titre par sa Résurrection dans l’Esprit Saint. Il est le premier-né d’entre les morts, le commencement de toute réalité. Il a en tout la primauté, parce qu’en lui habite la plénitude de vie et de vérité. C’est par lui que le Père s’est réconcilié toute chose. Par le sang de sa croix, il a offert au cosmos et à l’humanité la paix, le shalom, l’harmonie, sur la terre et dans le ciel. Il nous a donné d’avoir part dans la lumière à l’héritage promis avec tous les saints, les vivants et les défunts. Lui le Bien-Aimé, il nous a arrachés au pouvoir du mal, il nous a associés à son Royaume, il nous a offert la rédemption et le pardon de tous nos péchés.

Il vaut la peine de contempler ce chant et les métaphores qu’il déploie, de les déguster l’une après l’autre, de manière à ce que nous puissions toujours mieux habiter notre propre corps fait à l’image de la Trinité, l’univers qui nous est confié, et de façon à ce que nous parvenions à vivre dans la sérénité avec nos frères et sœurs dans l’Eglise et dans le monde, de toutes races, nations, peuples et religions.

Le Christ se donne à voir pour que nous puissions le représenter et l’offrir aux autres.

Chemin de rencontre

Situé sur le Mont Chemin, en Valais, le village de Chemin porte bien son nom. Enfant, j’y ai découvert vallons, moraines, prairies.

Texte, photo et gravure sur bois par Olivier Taramarcaz

Des alpages et des hommes – Le Mont Chemin, par sa configuration en étage, de Surfrête au col du Lein, comporte clairières et prairies, forêts clairsemées de mélèzes, entretenues par les paysans de montagne. Quatre alpages, Bioley, Planches, Tronc, Lein, racontent la vie rurale, fiable, humble, engagée. Les vaches de la race d’Hérens sont chez elles sur ce terrain vallonné. Rejoindre un alpage permet de goûter séracs et fromages aux saveurs des fleurs de montagne. 

Mines de fer et cheminées – Le sentier didactique des mines du Mont Chemin conduit vers plusieurs sites. Le Mont Chemin signifierait aussi le Mont des fours. C’est ce qu’indique Mathias Vust dans son ouvrage de référence Le Mont Chemin1 : issu du bas latin camminus, le mot chemin est proche phonétiquement de caminus qui signifie fourneau, cheminée. Or, l’histoire qui a marqué le lieu de son empreinte, c’est bien celle des fours et cheminées d’extraction. La ville de Martigny porte ainsi dans son nom, une indication liée à la vie minière du Mont Chemin. Le fer était affiné près de la Dranse, à l’aide de martinets, marteaux mus par la force hydraulique. La présence d’un marteau en or sur les armoiries de la Ville atteste de cette parenté.

Diversité du paysage et de la faune – La diversité des espaces favorise des habitats propices à une variété d’espèces animales et végétales. Ainsi peut-on observer la buse survolant les hameaux, la chouette de Tengmalm, la chouette chevêchette. La famille des pics anime les forêts, dans un jeu percutant de toccata. Quelle surprise d’assister au ballet des becs croisés des sapins au buste flamboyant. Il m’arrive de surprendre la martre sur une branche d’épicéa. 

Flore en bouquet de parfums – La variété de fleurs, de janvier à décembre, laisse pantois. Crocus, hépatiques, pulmonaires, tapissent les prairies dès la fonte des neiges. Au cœur du printemps, une explosion de lueurs manifeste la palette du Créateur : trolle, primevère officinale, sauge des prés, scabieuse des champs. Les papillons s’y délectent : azuré, demi-deuil, machaon, petite tortue, apollon, cuivré. En été, ancolie noirâtre, orchis tacheté, bouillon blanc, vipérine, exhalent leurs parfums portés par l’élan de tiges aux allures de notes symphoniques. En automne, la carline acaule apporte sa teinte nacre à l’ombrage des mélèzes, dans un accord de lumières, invitant à s’asseoir dans les pentes. Durant l’hiver, la promenade de l’étang du Goilly des Planches à l’étang du Col du Lein, permet de contempler les massettes à feuilles étroites. 

Chemin de rencontre – Vivre à Chemin, c’est être en chemin, près de tout, entouré de parfums. Ici, un rêve de fleurs me prend par la main. Dans ce jardin d’en Haut, je me sens convié à la reconnaissance à l’égard de notre Créateur. Oui, la Création est le premier Livre par lequel Dieu nous parle. Assis contre un tronc de mélèze, j’aime méditer la Parole faite terre. Porté par l’élan de l’amour du Père, j’accueille, reconnaissant, la douceur de Sa Présence. J’aime demeurer dans son intimité. Jésus dit : « Je suis le chemin. » (Evangile de Jean 14, 6) Oui, Le Chemin est une personne, et Chemin, le village d’en Haut, un chemin de rencontre.

1 Vust Mathias, Le Mont Chemin. Hommes d’hier, Nature d’aujourd’hui, Sierre, Iterama, 2010, 34-35.

Forêt bleue, Chemin.

« Faire sentir le regard de Jésus »

Par Thierry Schelling
Photo : DR

C’était à Marseille, en septembre 2023. Le pape François encourageait les prêtres et consacrés en ces termes éloquents : faire sentir le regard de Jésus. Et de rappeler que sur les images de Marie, il convient de fixer notre regard sur le sien, qui souvent porte soit vers son Fils, soit vers nous. Idem pour le regard de l’Enfant dans ses bras : il se pose sur nous ou sur sa mère. Une invitation à contempler les images pieuses non pas en tant que talismans ou idoles, mais comme vecteurs d’une relation à Dieu et au prochain tout intérieure, qui passe par le regard…

Joli coup d’œil

En nous laissant regarder par le Christ, nous devenons – continue le Pape – nous-mêmes des observateurs aux caractéristiques suivantes : « Proximité, compassion et tendresse. » En nous laissant ainsi portés par son regard, nous devenons celles et ceux qui, de par notre étreinte, traduisons l’encouragement de Dieu aux blessés de la vie et de par notre caresse, incarnons la proximité d’un Dieu de miséricorde pour qui en a besoin.

Œil pour œil…

Mais il y a également, précise le Pape, le regard des priantes et des priants envers l’icône, l’image, le visage du Christ. L’adoration se fait aussi par le regard : sur l’ostensoir, sur le Saint ou la Sainte peinte, sur le visage même du Christ en croix, ou en gloire. « Portons à nos frères et sœurs le regard de Dieu », et « portons à Dieu leur soif », leur cécité, leurs aveuglements, en une chaîne bienfaisante qui délie de la mièvrerie et relie au Regardant qu’est le Christ, du haut de la croix.

Ces proches aidants essentiels à la société

La Journée intercantonale des proches aidants s’est tenue le 30 octobre 2023. En Suisse, une personne sur quatre est proche aidant: un nombre considérable. Pourtant, contrairement à d’autres pays, on tarde à établir un statut juridique clair pour ces aidants alors qu’ils jouent un rôle essentiel pour le système de santé et, au-delà, pour la société tout entière.

Par Anne-Laure Martinetti
Photos : pexels.com

Qu’est-ce qu’un proche aidant ? Selon l’Association Proches Aidants Valais, il s’agit de quelqu’un qui permet à une personne en perte d’autonomie de continuer à vivre chez elle dans de bonnes conditions. Cette définition recouvre forcément nombre de situations, car la perte d’autonomie concerne aussi bien le grand âge, le handicap, la maladie physique ou mentale, l’addiction… Fréquemment, le proche aidant sait à qui s’adresser pour ce qui regarde directement la personne dont il s’occupe mais ignore qu’il a, lui aussi, droit à une aide. 

Un signal positif du Conseil des Etats – La Conseillère aux Etats, Marianne Maret, a déposé une motion visant à définir un statut juridique pour une meilleure reconnaissance de ce travail indispensable. L’an dernier, la commission compétente du Conseil des Etats a débattu et continue d’approfondir le sujet. Marianne Maret a déclaré : « Il s’agit d’une première étape. Cela entraînera certes des coûts, mais ceux-ci seront bien plus élevés à l’avenir si le cadre règlementaire décourage les proches aidants et que c’est le système de santé étatique qui doit prendre le relais. »1

Quelle réalité pour le proche aidant ? – Marie2 prend soin d’un enfant souffrant d’une malformation pulmonaire de naissance. La santé de son fils exige des soins journaliers de plusieurs heures, et ce, sans compter les rendez-vous médicaux, la physiothérapie, l’ergothérapie… « J’ai arrêté de travailler et nous avons dû déménager pour faciliter les trajets maison-école. J’ai aussi engagé un répétiteur à domicile pour pallier le retard dû aux absences scolaires. Je ne savais pas que j’avais droit à quoi que ce soit. C’est par la Ligue pulmonaire que je l’ai appris. J’ai reçu une somme de l’AI afin de payer une personne pour une partie des soins. En revanche, la somme annuelle allouée pour des heures de ménage sur mon assurance maladie ne pouvait être perçue car je n’étais pas la personne malade. Si je m’étais cassé un bras, j’y aurais eu droit ! » Josie s’occupe de sa mère souffrant d’Alzheimer. « Elle est encore relativement autonome mais je suis en permanence en souci. Mon frère habite à l’étranger et mes enfants m’aident parfois mais ils sont en pleine vie active entre travail et enfants en bas âge. » Adaptation du temps de travail, voire abandon, vacances et week-ends inexistants, déménagements, lourde charge mentale… : voilà la réalité des proches aidants. L’épuisement les guette d’où la nécessité d’un soutien efficace.

Les femmes en première ligne – Les femmes sont non seulement surreprésentées parmi les proches aidants, mais également parmi les personnes dépendantes. Dans le premier cas, la raison en est le temps partiel, certes, mais peut-être aussi la « vocation ». Cela dit, ce terme fourre-tout justifie trop souvent l’inaction d’autres instances. Dans le second cas, deux raisons sont généralement évoquées : une plus longue espérance de vie et des moyens économiques plus faibles, réalité due à une protection sociale en partie fondée sur le genre. Rebecca Durollet, docteure en géographie sociale et codirectrice de l’étude intituée « Vieillir sans la présence de la famille », explique : « On a envie que les personnes puissent vieillir chez elles, ce qui est une très bonne chose. Mais dans cette politique de l’ambulatoire au stationnaire, on compte énormément sur les proches aidants et on sait peu ce que l’on peut faire si ces proches n’existent pas. Ces personnes peuvent connaître des obstacles structurels et financiers. »3 Enfin, tout un chacun peut aider, à l’occasion ou régulièrement : apporter des courses, poster un colis, faire un trajet chez le médecin… Ne perdons pas de vue que nous pouvons tous, un jour, devenir proche aidant ou proche aidé.

1 Site web : www.mariannemaret.ch
2 Tous les prénoms sont fictifs.
3 Emission La Matinale, RTS, 11 décembre 2023.

L’Eglise n’est plus en soins palliatifs

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. Céline Ruffieux, représentante de l’évêque à Fribourg, est l’auteure de cette carte blanche. 

L’Eglise est morte ; vive l’Eglise !

Par Céline Ruffieux, représentante de l’évêque à Fribourg
Photo: cath.ch

L’Eglise de nos paroisses, parfois millénaires (dès le VIe siècle), ne peut que constater qu’elle est en décalage de quelques centaines d’années avec le monde d’aujourd’hui, autant par rapport aux besoins qu’aux réalités de nos contemporains. Le rythme de vie des familles, les offres et les besoins dans le domaine de la spiritualité, l’éco-anxiété des jeunes adultes, l’individualisme de la société…

Il y a une rupture de confiance générale : même les plus grands sont mis à terre publiquement, accusés d’abus et d’emprise, jouissant de leur position asymétrique dans leurs relations ; l’institution s’est autoprotégée au détriment des victimes et aujourd’hui, nous nous retrouvons à devoir chercher l’Essentiel. 

Le sol s’effrite sous les pieds des gens engagés dans cette Eglise-institution. Et pourtant… nous sommes toujours là ! Prêtres, agent-es pastoraux-ales laïcs-ques, diacres, conseillers-ères de paroisse, collaborateurs-trices administratifs-ves, sacristains-ines, chantres… représentant-e de l’évêque, évêque, et vous, surtout vous, baptisé-e-s, paroissien-ne-s, curieux-ses… Nous sommes toujours là, avec Jésus, présent au milieu de nous, parce que c’est bien Lui qui nous engage à mettre nos vies sur son chemin et non pas un contrat ou un salaire.

Chaque matin, j’ai la petite discipline de me poser la question de mon « Oui » à Le suivre. Je prends le temps de prendre conscience et de m’émerveiller de ce monde encore une fois créé pour nous. J’aurai une journée chargée, avec des conflits à gérer, des solutions à construire pour des problèmes qui semblent pourtant parfois insolubles, des décisions à prendre, réjouissantes ou effrayantes quant à leurs conséquences, des séances à animer ou à amender. Ma journée sera surtout l’occasion de laisser le souffle de l’Esprit créer l’improbable, l’amour du Christ infuser chacune de mes rencontres, chacune de mes décisions, chacun de mes silences.

Nous avons célébré la naissance du Fils de Dieu il y a à peine quelques semaines. Cette naissance n’a pas eu lieu il y a environ 2000 ans, mais bien dans « l’aujourd’hui » de nos vies, aujourd’hui de Dieu. Nous avons peut-être rangé le sapin et la crèche, ne rangeons pas la lumière de Noël hors de nos cœurs et vivons l’Eglise ensemble !

Concert aux sept chœurs

Tous ensemble

Photos : MJ Delaloye

Sept chorales étaient rassemblées samedi 16 décembre pour un concert d’exception en faveur de la Fondation Theodora. Ces magnifiques moments de partage à l’orée de Noël permettent de se réchauffer les cœurs mais aussi de découvrir les nombreux visages, qui trouvent une grande joie à être réunis pour chanter au long de l’année dans le secret des salles de la région et là pour la joie de tous !

Chœur des Aînés, Chœur des Familles, Chœur d’Hommes…

Jeux, jeunes et humour – février 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi, après la prière du « Je confesse à Dieu » et la formule d’absolution du prêtre, nous demandons encore au Seigneur de prendre pitié ? *
Tel est le sens du Kyrie eleison (en grec ancien) : « Seigneur, prends pitié. » Il nous permet d’élargir notre prière et de proclamer la miséricorde de Dieu pour nos frères et sœurs en humanité. Le Kyrie est donc une acclamation du Seigneur ressuscité, victorieux de la mort sous toutes ses formes, y compris le péché et qui vient nous relever.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Un frère d’un monastère avait des problèmes psychiques. On lui confiait des petits travaux comme donner à manger aux poules. Un jour, il refusa d’aller dans le poulailler, car il s’était mis dans la tête qu’il était un grain de riz. Le supérieur l’hospitalisa et après trois semaines de soin, il retourna au couvent guéri de sa certitude d’être un grain de riz. Le supérieur lui confia à nouveau la tâche de donner à manger aux poules. Il y alla, mais au dernier moment, il renonça. Le Père-Abbé lui dit :
– Voyons, frère Antoine, vous n’êtes plus un grain de riz. Vous pouvez y aller sans peur !
– Moi je sais que je ne suis pas un grain de riz, mais les poules ne le savent pas !

Par Calixte Dubosson

En suaire et en os

La question de la représentation des images de Dieu est légitime et traverse toutes les traditions chrétiennes. Une multitude de visages ont été prêtés au Christ. Chaque artiste lui en a façonné un avec ce qu’il comprenait de Lui théologiquement. Entre le Christ historique et celui de nos mémoires rétiniennes, décryptage avec Daniel Marguerat.

Pour l’exégète, les auteurs du Nouveau Testament mettent en avant l’intelligence de la foi.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

La quête du Jésus historique fait-elle peur dans la mesure où le résultat de ces recherches pourrait contredire le contenu de la foi ?
Lorsqu’elle ne coïncide pas avec l’image que l’on s’est faite de Jésus, autant empreinte de tradition doctrinale que d’imaginaire, elle peut faire peur. Cette image qui nous désoriente doit être vue comme une chance pour la foi, car elle nous rapproche des Ecritures. Notre compréhension de Jésus vient s’affiner, s’enrichir et s’approfondir. Tous les auteurs du Nouveau Testament mettent en avant ce que l’on appelle l’intelligence de la foi et celle-ci doit grandir, sans quoi, elle se sclérose.

Risquerait-elle de rendre Jésus trop humain ?
Il faut éviter de penser que Jésus serait en partie humain et en partie divin. Tout en lui est à la fois humain et « divin », dans le sens où il s’est fait médium de Dieu. Il est l’icône de Dieu comme nul humain ne l’a été. Mais il est vrai que dans la foi traditionnelle, un peu plus du côté catholique, la part « divine » a été majorée par rapport à la part humaine et c’est un déséquilibre qu’il faut éviter.

C’est justement sur l’humanité (ou l’incarnation) qu’est fondée la permission des représentations du Christ. Un peu paradoxal, non ?
La sacralisation du personnage a commencé extrêmement tôt dans la foi chrétienne, mais toute la recherche sur le Jésus de l’histoire est au service de notre foi en l’incarnation. Il faut avouer que l’ambivalence de la liturgie fausse notre compréhension du Christ, car elle nous fait adresser nos prières autant à Dieu qu’à Jésus. Pourtant, ce dernier n’a jamais été que celui qui nous oriente vers Dieu, il n’a jamais réclamé qu’on le prie. Ni celui de l’histoire, ni celui des Evangiles. Ce flou est théologiquement regrettable, car on en vient à majorer la part divine de Jésus de telle manière qu’il en perd son humanité.

On reproche à la recherche historico-critique d’être incapable de comprendre qui était vraiment Jésus…
La recherche historico-critique n’a qu’un objectif : celui de reconstruire la biographie de Jésus de Nazareth par les moyens de l’histoire. Elle va donc décrire l’humain Jésus et n’a absolument pas pour but de légitimer la foi en Jésus. Ce n’est pas son rôle. Par contre, elle a permis d’énormes avancées dans la compréhension de ce que fut le monde de Jésus et a évité ainsi d’énormes contresens.

Jésus a généré plusieurs lectures, les quatre Evangiles en sont la preuve, mais l’exégèse canonique gomme parfois toute cette diversité, à quelles fins ?
A la fin du IIe siècle, il y a eu une tentative de rédiger une « harmonie » des quatre Evangiles, mais l’Eglise a été bien inspirée de refuser. Cela nous montre que personne ne peut mettre la main sur le Christ en le définissant par une parole unique. Il nous faut absolument respecter cette diversité, car elle nous permet également d’accueillir la diversité chrétienne. Légitimer une seule approche croyante est une posture sectaire. Les événements que représentent la venue de Jésus, son action et ses paroles sont d’une telle richesse qu’aucun courant théologique ni aucune spiritualité ne peuvent les capter tout entier. Dieu, merci !

« Messianique » intelligence artificielle

La start-up AvatarLabs vient de développer un robot conversationnel à l’image du Christ. Cette intelligence artificielle (IA) capable de répondre à des questions théologiques et spirituelles laisse Daniel Marguerat quelque peu… dubitatif. « Ce Personal Jesus a été construit par des ingénieurs ayant leur propre image de Jésus. L’IA n’est que la vitrine de la spiritualité de ses concepteurs. Ce Jésus n’est donc ni neutre, ni scientifique, ni objectif. Une icône en fin de compte, qui ne sert qu’une seule spiritualité et une unique approche. »

Bio express

Daniel Marguerat a enseigné le Nouveau Testament à l’Université de Lausanne de 1984 à 2008. Il est notamment spécialiste de la question du Jésus de l’histoire et de la théologie paulinienne. Auparavant, pasteur dans l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), il est désormais retraité et divise son temps entre la rédaction de nouveaux ouvrages, ses petits-enfants et… les vacances.

Entrons en Carême

Texte et photo par Marion Perraudin

Entrons en Carême et ouvrons sa porte,
Pour prendre le temps de nous laisser conduire au désert,
Celui de nos doutes et de nos tentations.
Entrons en Carême et ouvrons sa porte,
Suivons les pas du Christ Sauveur,
Afin de suivre un chemin de conversion et de prière.

Entrons en Carême et changeons de cap,
Pour prendre le temps de nous laisser conduire au désert,
Celui de fausses certitudes et de nos masques d’apparence.
Entrons en Carême et changeons de cap,
Fixons la boussole de notre cœur et de notre regard sur le Christ Sauveur,
Pour revêtir un regard de vérité et d’humilité.

Entrons en Carême et écoutons la Parole de Dieu,
En prenant le temps de nous laisser conduire au désert,
Celui où nous nous perdons dans le bourdonnement et le bruit du monde.
Entrons en Carême et écoutons la Parole de Dieu,
Ouvrons les oreilles de notre cœur et écoutons la voix du Christ Sauveur,
Afin de creuser notre faim de la Parole qui donne vie et l’accueillir.

Entrons en Carême et ouvrons-nous à l’Amour de Dieu,
En prenant le temps de nous laisser conduire au désert,
Celui de nos égoïsmes et de nos enfermements.
Entrons en Carême et ouvrons-nous à l’Amour de Dieu,
Accueillons dans notre coeur et notre vie la miséricorde du Christ Sauveur,
Pour oser des paroles de pardon et d’amour.

Quarante jours Seigneur pour t’accueillir dans le silence de la prière.
Quarante jours, Seigneur pour te suivre au désert, et s’ouvrir à ta Parole.
Quarante jours Seigneur pour redécouvrir ta Miséricorde dans le pardon donné et reçu
Quarante jours, Seigneur pour se délester de ce qui alourdit notre marche avec toi.
Quarante jours, Seigneur pour se tourner vers toi, pour se priver du superficiel afin de s’ouvrir à l’essentiel.

Fresque de Severini, Basilique Notre-Dame, Lausanne

Les codes sont proches de ceux de l’icône : le fond doré, les personnages hiératiques et peu expressifs.

Par Amandine Beffa
Photo : Jean-Claude Gadmer

La fin des travaux de restauration de la basilique Notre-Dame de Lausanne, prévue pour fin 2024, est l’occasion de redécouvrir l’extraordinaire fresque de Severini qui s’y trouve. La surface de plus de 200 m2 et la voûte dorée à la feuille en font une œuvre unique en Suisse.

Comme souvent avec le Groupe Saint-Luc, l’œuvre est tout à la fois très traditionnelle et très moderne. Les codes de l’art byzantin sont traduits dans une langue cubiste et futuriste.

Aujourd’hui, nous sommes surpris par les églises entièrement décorées. Mais, ce sont nos édifices sobres qui déconcerteraient les hommes et les femmes de la période byzantine. En effet, il était impossible de laisser un mur vide. Toute paroi était nécessairement peinte ou recouverte d’une mosaïque.

Les codes sont proches de ceux de l’icône : le fond doré, les personnages hiératiques et peu expressifs. De manière très traditionnelle, la Vierge à l’Enfant est le point focal de l’abside.

La couleur de l’arrière-plan, symbole de la sainteté et de la lumière divine, fait le lien avec les scènes qui entourent la Mère de Dieu.

A notre gauche, l’ange désigne la colombe de l’Esprit Saint. Nous entendrions presque Marie, les mains ouvertes, déclarer : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »

Au premier registre, elle est présente aux pieds de la croix. Contrairement aux codes byzantins, elle est très expressive jusque dans le mouvement des bras qui recouvrent le bas de son visage.

La scène du couronnement de la Vierge, située sur la droite, n’est pas biblique. Elle est toutefois très commune dans l’art sacré, tant en orient qu’en occident.

Le décor citadin de l’œuvre est une note de modernité. Au-dessus de la scène de l’Annonciation, nous reconnaissons la cathédrale de Lausanne. En symétrie, se trouve la basilique Saint-Pierre de Rome.

Dans cette œuvre, la Vierge Marie présente le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour nous sauver. Est-ce que la présence d’un édifice protestant et de l’église catholique par excellence ne vient pas nous rappeler que le Salut est donné pour tous en Jésus-Christ ?

Carême: 40 jours pour mieux aimer

Par Bernadette von Niederhäusern | Photo : LDD

Cette année, le Carême commence le 14 février à la Saint-Valentin. C’est un signe que l’amour et la miséricorde de Dieu sont au cœur du Carême et que Pâques est l’apothéose de l’amour. Avec le thème « moins c’est plus ! », cela donne à réfléchir à son propre comportement vis-à-vis de soi-même, des autres, de la Création et de Dieu. Quelle conversion suis-je prête à faire ?                                                                                                                            

Le Carême, c’est l’occasion de s’arrêter et de se recentrer sur Celui qui est la source de l’amour. Il nous a montré l’exemple, comment aimer sans condition en donnant sa vie pour les autres, pour nous autres. Si je regarde le changement climatique, je vois qu’il apporte beaucoup de souffrances, surtout chez les peuples qui en subissent les conséquences. Est-ce que moi chrétien, je me soucie de mon prochain qui souffre ? Quel message chrétien transmettons-nous autour de nous par notre attitude ?

Ignace de Loyola a dit : « Prie comme si tout dépendait de Dieu, et agis comme si tout dépendait de toi. »  L’attitude spirituelle nourrit l’action ; je dirais même que la prière amplifie notre action.

Chacun est invité  à se mettre en prières pour se laisser devancer par Dieu. Suis-je d’accord d’aider à porter la croix des peuples en souffrance ? Qu’est-ce que je peux faire pour préserver le climat ? C’est à chacun de se laisser guider par l’Esprit Saint. Chaque goutte d’eau est importante, elle fait partie de l’océan des possibles. Allons à Jésus, notre source intérieure, pour que chacun soit une goutte d’eau vivifiante pour les autres et soi-même. 

Bon Carême !

« Le don que Dieu m’a donné »

Elle prie beaucoup et récite son chapelet chaque matin. Paroissienne à Orsières, Amélie Métroz, 83 printemps, est aussi une karatéka accomplie ! Rencontre avec une ceinture noire 1er dan pleine d’enthousiasme.

Par Nicolas Maury | Photo : Pierre Pistoletti

« Ça ne t’embête pas si on se tutoie ? » Alors qu’Amélie Métroz effectue une démonstration de karaté, répondre par la négative constituerait une erreur stratégique. Dans son appartement d’Orsières, la tonique octogénaire enchaîne les mouvements. « Si tu me donnes un coup de poing, je me défends avec un geden baraï. Là, je chasse ton bras qui arrive : c’est un age uke. Il y a aussi le mae geri. Je lance le pied. Celui d’en face doit parer le coup avec la main. »

La Valaisanne fait reposer son équilibre sur deux piliers : l’art martial japonais et la prière. « Est-ce que je suis une bonne catholique ? Dieu seul le sait », sourit-elle. « Je crois à ce que mes parents m’ont enseigné. Ils étaient très croyants, même s’ils avaient trop de travail et qu’on ne pouvait pas toujours aller à la messe. Mais j’aimais bien le curé René Lonfat. Cela dit, je ne comprenais pas tout. » Son mariage a changé la donne. « J’ai vraiment appris à lire grâce à mon mari et j’ai dévoré les livres religieux. » Son engagement n’a dès lors cessé de croître. « En 1981, j’ai fait les vœux de la fraternité de Saint-François dont j’ai intégré le comité. J’ai aussi participé à l’Eveil à la Foi et au Renouveau. » Paroissienne assidue, son chapelet ne la quitte pas et elle ne manque que rarement la messe dominicale. « Quand le curé Joseph Voutaz ne me voit pas, il s’inquiète (rires). Le jeudi je vais aussi à celle du home. Aujourd’hui, je n’ai pas pu. Cela aurait été impoli de rater notre rendez-vous ! » Pendant près d’une année, Amélie s’est occupée de l’entretien de l’église d’Orsière. « Le nettoyage, un peu tout en fait… Mais ça faisait beaucoup. »

Sur la table située devant celle qui est ceinture noire 1er dan figurent plusieurs clichés, dont un avec plusieurs personnes en kimono. « Le karaté est une histoire de famille. Mes filles ont commencé avant moi et m’ont proposé de venir. C’était en 1981, j’avais 60 ans. Ça me relaxe. Mais je ne mélange pas les choses. Ce n’est pas ma vie spirituelle. » Et de saisir le recueil Prions en Eglise. « Là-dedans il y a tout: les psaumes, les évangiles, les épitres. Je le lis tous les jours. Mais surtout, je prie tous les jours pour tout. C’est le don que Dieu m’a donné. »

Amélie Métroz, née à Orsières le 15 décembre 1940. A quatre filles et neuf petits-enfants. Catholique fervente et instructrice de karaté.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Il faudra composer avec moins de messes!

A l’heure du « point pastoral » de la dernière assemblée paroissiale, en décembre dernier, c’est à l’abbé Bernard Alassani que revint la délicate tâche de faire une annonce qui va faire grincer, à savoir une diminution du nombre de messes qui doit être envisagée dans un proche avenir, du fait que seul deux prêtres sont aujourd’hui disponibles pour assurer les célébrations. Une mesure pénible mais inéluctable.

Par Claude Jenny
Photo : Georges Losey

« Nous devons réfléchir ensemble à l’avenir du fonctionnement de la paroisse sur le plan des célébrations » a dit l’abbé Bernard au préalable. Il a mentionné une statistique parlante : « Lorsque je suis arrivé dans la paroisse, il y a 4 ans, en additionnant les prêtres actifs et les prêtres retraités qui fonctionnaient comme auxiliaires, nous étions 9 prêtres à pouvoir célébrer. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux prêtres, l’abbé Darius – curé-modérateur – et moi-même. Impossible donc de ne pas imaginer que nous devions réduire le nombre des célébrations. » 

Au moins une messe mensuelle

« Que faire ? » a-t-il demandé à l’assemblée, promettant que des propositions seront faites par l’équipe pastorale et discutées avec les Conseils de communauté. « La solution que nous voulons mettre en place doit permettre à chaque communauté locale de pouvoir disposer d’au moins une messe mensuelle dans chacun des treize lieux de culte que nous desservons régulièrement » a-t-il dit. « Nous avons déjà taillé dans le nombre de messes célébrées en semaine, mais ce n’est pas suffisant. » Il a ajouté que « le maintien d’un rythme régulier dans chaque lieu de culte est aussi important pour les chœurs mixtes, car le nombre d’occasions de chanter lors des messes est évidemment de nature à influencer leur motivation et leur préparation ».

A relever que la paroisse peut compter depuis l’automne dernier sur le renfort d’un « vicaire dominical » avec l’abbé André Helle, qui vient officier dans la paroisse chaque week-end. Son contrat prendra fin en juin prochain, au terme de la présente année pastorale, et il n’est pas certain qu’il pourra être renouvelé car l’abbé André attend une décision de son évêque togolais quant à son avenir. Il se pourrait qu’il rentre dans son pays ou qu’il poursuive sa formation théologique à l’Université de Fribourg.

Concertation

La discussion sur ce sujet épineux n’a pas été ouverte lors de l’assemblée du 13 dé–cembre dernier. Il appartiendra donc aux membres de l’équipe pastorale de prendre leur bâton de pèlerin pour aller rencontrer les divers conseils de communauté avec des propositions concrètes quant au planning des messes dans le futur.

La cathédrale de Lausanne

Lausanne est un haut lieu de spiritualité depuis l’Antiquité.

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

Une cathédrale n’est pas construite au hasard et celle de Lausanne n’y déroge pas.

Le lieu, l’orientation sont les premiers éléments à observer. Viennent ensuite des éléments architecturaux qui vont lui donner une signification, un message particulier autour desquels le visiteur, pèlerin, croyant sera amené à se questionner et s’émerveiller.

Etymologie

La construction se situe sur un promontoire qui se nommait « La Grande Roche » : Moïse fait jaillir l’eau d’une roche, la roche fait écho à cette pierre sur laquelle l’Eglise est bâtie. Mais Lausanne est un haut lieu de spiritualité depuis la plus haute Antiquité. Le nom antique de la ville est Lousonna. Or, le radical Lou est issu de Lug en Celte qui désigne un dieu aux multiples pouvoirs (dieu solaire, dieu-roi maitrisant tous les arts et les sciences) et dont la fête se situe au 1er août… Lug c’est aussi Lausa en latin, c’est-à-dire une pierre plate, un autel. 

Alors, en associant Lug et Sonna (soleil), Lug Sonna est l’endroit où le dieu resplendit. Lausanne se trouve liée à tous les autres lieux où le dieu Lug est vénéré : Lugdunum (Lyon), Lugano, Lucerne, Lutry, Loudun, entre autres.

L’orientation de l’édifice est dans la lignée classique de celle des églises. L’entrée est tournée vers l’Ouest tandis que le chœur et l’autel sont placés à l’Est. Au moment où le jour se lève, le public trouve un autel resplendissant de lumière symbole de la Présence, de la Puissance et de l’Amour de Dieu. Toutefois, on observe un décalage entre l’axe du chœur et l’axe de la nef. Symbole ou erreur de conception lors de la construction ? En l’absence de documents clairs, on penchera vers une erreur de conception : les architectes et Compagnons « corrigent » l’alignement en plaçant à la base droite du chœur un escalier donnant accès aux galeries supérieures.

La rosace, tout un symbole.

Quadrature du cercle

La grande question architecturale et symbolique pour la cathédrale de Lausanne est la quadrature du cercle. Mathématiquement, il est impossible d’obtenir un cercle ayant la même surface qu’un carré puisque Pi est un nombre irrationnel. 

Ainsi, la rosace est une succession de carrés et de cercles qui cherchent à s’inscrire les uns dans les autres : les bâtisseurs s’interrogent (et le pèlerin avec eux) sur la logique de la construction de l’Univers et l’impossibilité de le représenter sous une forme géométrique résumant toutes les autres. Le mystère de Dieu est et reste donc entier, ce qui ne veut pas dire que l’on ne puisse pas s’en approcher par nos prières, nos actions, nos connaissances qui sont tous ces carrés et cercles que nous plaçons (comme sur la rosace) pour compléter cet ordre parfait de la Création.

« A côté, c’est aussi chez nous ! » ou… comment favoriser les rassemblements

Il y a peu de temps, je partageais la préoccupation du manque de prêtres à une de nos paroissiennes qui me répondit : « Y a qu’à demander des prêtres à Fribourg, ils en ont plein ! » Ce genre de réaction montre bien le manque d’informations au sujet de la réalité de notre Eglise. Effectivement, lors de la rencontre cantonale des agents pastoraux, prêtres et laïcs de notre canton du 14 novembre dernier, Mme Céline Ruffieux, représentante de l’évêque pour la partie francophone du canton de Fribourg, invitait les unités pastorales et les paroisses à diminuer le nombre de messes et à favoriser les rassemblements. Car, comme en France et dans de nombreux pays, la Suisse manque de prêtres, et notre diocèse ne fait pas exception !

Par Gérard Dévaud, au nom de l’équipe pastorale | Photos : Georges Losey

« Faire avec les forces en place »

Pour y pallier, notre Eglise a longtemps fait appel à des prêtres étrangers. Nous bénéficions nous-mêmes de la présence d’un prêtre polonais et de deux prêtres togolais. Dorénavant, notre évêque incite plutôt à « faire » avec les forces en place plutôt que d’aller chercher des prêtres ailleurs. Son argument : inviter les fidèles à se regrouper pour des eucharisties festives et vivantes. Nous en avons eu la preuve réjouissante lors de la fête paroissiale du 17 septembre à Cheyres. C’est vrai que, pour un prêtre, se retrouver un samedi soir dans une grande église devant 9 fidèles disséminés, ce n’est pas très réjouissant ! Le manque de prêtres est une réalité, mais la diminution des fidèles en est une autre.

Aller prier dans l’église d’à côté !

Cela fait maintenant de nombreuses années que notre paroisse a restreint le nombre de messes dominicales en invitant les paroissiens à se déplacer et à se rassembler pour l’eucharistie. Bien quelques-uns le font et nous les en remercions. Mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous !

C’est vrai que l’esprit de clocher est encore très fort. Pourtant, à l’heure où nous nous déplaçons volontiers pour aller chez le médecin, au magasin ou même à la déchetterie dans le village d’à côté, ne pourrions-nous pas aller prier dans l’église située à 5 kilomètres, alors que notre paroisse s’étend sur une grande partie de la Broye avec ses 15 clochers ! A côté, c’est aussi chez nous !

Chercher des pistes ensemble

Bien sûr, si le nombre de messes diminue, nous devrons nous soucier de nos chœurs mixtes, mais aussi de la vie de nos petites communautés. Il y a certainement des pistes à creuser, des solutions à trouver, des temps de prières à inventer…

Pour cela, l’équipe pastorale a besoin de tous ! C’est en cela que l’appel de l’abbé Bernard – « nous devons réfléchir ensemble à l’avenir » – résonne ! L’équipe pastorale a déjà rencontré le Conseil pastoral (les délégués pastoraux de toutes nos communautés) et en février, ce sera le tour des représentants des chœurs mixtes. Mais si vous avez des idées ou des propositions, n’hésitez pas à nous les communiquer !  

Mais gardons confiance et n’oublions pas de prier l’Esprit Saint qui ne cesse de souffler et guider notre Eglise !

La Confrérie du Mont-Carmel s’ouvre aux non-Staviacois

Sept des neuf membres posent pour la photo de famille devant la collégiale avec la bannière de la confrérie.

Le temps fait son œuvre… Plus besoin d’être bourgeois d’Estavayer pour être agréé membre de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel. Après s’être ouverte aux femmes, cette institution staviacoise a intronisé pour la première fois en décembre dernier un membre… venu d’ailleurs ! En l’occurrence, de pas très loin… puisqu’il s’agit de l’organiste Philippe Marchello, titulaire de l’orgue de la collégiale depuis 30 ans, mais qui n’est pas bourgeois du chef-lieu et est domicilié à Frasses.

Par Claude Jenny
Photos : Georges Losey

Cette « première » dans l’histoire de cette confrérie, qui voue une dévotion à Marie, qui avait déjà vécu un événement historique en 2019 en accueillant une première femme dans son sérail, Marie-Christine Mota. « Désormais nous sommes deux femmes, précise-t-elle, avec l’intronisation de Danielle Plancherel en 2023 ». Cette ouverture aux femmes et aux non-bourgeois permet de renouveler un peu l’effectif car la confrérie ne compte plus que 9 membres aujourd’hui, qui se réunissent au moins une fois l’an pour une célébration et une rencontre administrative et festive. 

Les membres de cette confrérie, dont l’origine remonte à 1655, s’engagent à manifester un élan de solidarité en faveur des moins favorisés de la communauté locale.  L’année dernière, c’est l’Association SOS Futures mamans qui a bénéficié de cette générosité.

C’est lors de la messe dominicale que le gouverneur de la confrérie, André Butty, a remis l’écharpe blanche et le scapulaire bleu – les deux signes d’appartenance et de fidélité de ses membres à Notre-Dame du Carmel – à Philippe Marchello qui a dû, pour une fois, descendre de la tribune pour la circonstance, lui qui préfère agir discrètement derrière ses claviers. « C’est un pas de plus pour m’intégrer dans la cité, dit-il, et je suis désormais protégé sous le manteau de la Vierge Marie. »

Philippe Marchello recevant l’écharpe blanche des mains du gouverneur André Butty.

Le scapulaire, signe de dévotion

Le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel (également appelé scapulaire carmélitain) est une pièce de vêtement que portent les membres de l’ordre du Carmel. Ce scapulaire existe également sous une forme très réduite, et porté par les laïcs. Cette dévotion apparait à la fin du XIIIe siècle chez les carmes et se répand chez les laïcs autour du XVe siècle.

Le scapulaire bleu que porte les membres de la confrérie pour signifier leur fidélité à Marie.

En librairie – février 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Jésus – Approche historique
José Antonio Pagola

Un nouveau livre sur Jésus ! Est-ce bien utile ? Quel personnage l’auteur va-t-il nous donner à voir : un sage ? un prophète ? un réformateur social ? un religieux ? un « sauveur » ? le « Fils de Dieu » ? Les évangiles ne suffisent-ils pas à notre information et faut-il toujours de nouveaux livres ? Déjà les évangiles sont quatre, signe que oui, il est utile et sera toujours légitime d’écrire sur Jésus. Mais il y faut beaucoup de science et d’humilité. Ces deux qualités, l’auteur les possède et les met en œuvre ici en y joignant un rare sens pédagogique. L’auteur veut mettre à la portée de n’importe quel lecteur ce que la recherche contemporaine peut dire avec certitude sur Jésus, de sa naissance à sa mort. 

Editions du Cerf

Acheter pour 18.00 CHF

Décoder un tableau religieux – Nouveau Testament
Eliane et Régis Burnet

Comment différencier une Annonciation d’une Assomption ? Que signifie le bleu du manteau de la Vierge Marie ? Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils représenté le Christ sous la figure d’un berger ? Nous sommes entourés de tableaux religieux, mais savons-nous encore les lire ? Des catacombes romaines et des tableaux de Fra Angelico ou de Bruegel, les scènes du Nouveau Testament les plus fréquentes de l’histoire de l’art sont ici décryptées avec grande pédagogie et remises dans leur contexte biblique. A partir d’éléments facilement reconnaissables – un ange à genoux, une corbeille de pain ou une barque de pêcheurs –, Eliane et Régis Burnet élaborent une grille d’identification des épisodes de l’Evangile et décodent pour nous les symboles du christianisme. 

Editions du Cerf

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Jésus par l’art
Eliane Gondinet-Wallstein

De l’Annonciation à la Pentecôte, retrouvez 21 épisodes du Nouveau Testament illustrés par une cinquantaine d’œuvres d’art du IIIe au XXe siècle. Pour chaque épisode, le commentaire d’une peinture ou d’une sculpture est accompagné du texte de l’Evangile et d’œuvres qui approfondissent le thème. A travers une iconographie variée et originale, c’est une invitation pour toute la famille à découvrir comment, depuis deux mille ans, les artistes expriment la foi chrétienne et le mystère du Christ. 

Editions Mame

Acheter pour 22.30 CHF

L’Evangile de Jésus-Christ en BD
Olivier Drion – Clotilde Gaborit

Suivez les pas de Jésus le Christ comme si vous y étiez, partagez le quotidien de ses disciples, revivez les miracles, les oppositions, écoutez les paraboles, les discours. Et si vous aviez pu voir ce que bien des yeux ont voulu voir, entendre ce que bien des oreilles ont voulu entendre ? Après quatre années de travail, Olivier Drion, illustrateur, nous propose ici une vision contemporaine de l’Evangile de Jésus Christ. 

Certains témoins de ce récit sont des personnages fictifs, mais la bande dessinée suit fidèlement le récit des Evangiles.

Editions Artège

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