Entrons en Carême

Texte et photo par Marion Perraudin

Entrons en Carême et ouvrons sa porte,
Pour prendre le temps de nous laisser conduire au désert,
Celui de nos doutes et de nos tentations.
Entrons en Carême et ouvrons sa porte,
Suivons les pas du Christ Sauveur,
Afin de suivre un chemin de conversion et de prière.

Entrons en Carême et changeons de cap,
Pour prendre le temps de nous laisser conduire au désert,
Celui de fausses certitudes et de nos masques d’apparence.
Entrons en Carême et changeons de cap,
Fixons la boussole de notre cœur et de notre regard sur le Christ Sauveur,
Pour revêtir un regard de vérité et d’humilité.

Entrons en Carême et écoutons la Parole de Dieu,
En prenant le temps de nous laisser conduire au désert,
Celui où nous nous perdons dans le bourdonnement et le bruit du monde.
Entrons en Carême et écoutons la Parole de Dieu,
Ouvrons les oreilles de notre cœur et écoutons la voix du Christ Sauveur,
Afin de creuser notre faim de la Parole qui donne vie et l’accueillir.

Entrons en Carême et ouvrons-nous à l’Amour de Dieu,
En prenant le temps de nous laisser conduire au désert,
Celui de nos égoïsmes et de nos enfermements.
Entrons en Carême et ouvrons-nous à l’Amour de Dieu,
Accueillons dans notre coeur et notre vie la miséricorde du Christ Sauveur,
Pour oser des paroles de pardon et d’amour.

Quarante jours Seigneur pour t’accueillir dans le silence de la prière.
Quarante jours, Seigneur pour te suivre au désert, et s’ouvrir à ta Parole.
Quarante jours Seigneur pour redécouvrir ta Miséricorde dans le pardon donné et reçu
Quarante jours, Seigneur pour se délester de ce qui alourdit notre marche avec toi.
Quarante jours, Seigneur pour se tourner vers toi, pour se priver du superficiel afin de s’ouvrir à l’essentiel.

Fresque de Severini, Basilique Notre-Dame, Lausanne

Les codes sont proches de ceux de l’icône : le fond doré, les personnages hiératiques et peu expressifs.

Par Amandine Beffa
Photo : Jean-Claude Gadmer

La fin des travaux de restauration de la basilique Notre-Dame de Lausanne, prévue pour fin 2024, est l’occasion de redécouvrir l’extraordinaire fresque de Severini qui s’y trouve. La surface de plus de 200 m2 et la voûte dorée à la feuille en font une œuvre unique en Suisse.

Comme souvent avec le Groupe Saint-Luc, l’œuvre est tout à la fois très traditionnelle et très moderne. Les codes de l’art byzantin sont traduits dans une langue cubiste et futuriste.

Aujourd’hui, nous sommes surpris par les églises entièrement décorées. Mais, ce sont nos édifices sobres qui déconcerteraient les hommes et les femmes de la période byzantine. En effet, il était impossible de laisser un mur vide. Toute paroi était nécessairement peinte ou recouverte d’une mosaïque.

Les codes sont proches de ceux de l’icône : le fond doré, les personnages hiératiques et peu expressifs. De manière très traditionnelle, la Vierge à l’Enfant est le point focal de l’abside.

La couleur de l’arrière-plan, symbole de la sainteté et de la lumière divine, fait le lien avec les scènes qui entourent la Mère de Dieu.

A notre gauche, l’ange désigne la colombe de l’Esprit Saint. Nous entendrions presque Marie, les mains ouvertes, déclarer : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. »

Au premier registre, elle est présente aux pieds de la croix. Contrairement aux codes byzantins, elle est très expressive jusque dans le mouvement des bras qui recouvrent le bas de son visage.

La scène du couronnement de la Vierge, située sur la droite, n’est pas biblique. Elle est toutefois très commune dans l’art sacré, tant en orient qu’en occident.

Le décor citadin de l’œuvre est une note de modernité. Au-dessus de la scène de l’Annonciation, nous reconnaissons la cathédrale de Lausanne. En symétrie, se trouve la basilique Saint-Pierre de Rome.

Dans cette œuvre, la Vierge Marie présente le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour nous sauver. Est-ce que la présence d’un édifice protestant et de l’église catholique par excellence ne vient pas nous rappeler que le Salut est donné pour tous en Jésus-Christ ?

Carême: 40 jours pour mieux aimer

Par Bernadette von Niederhäusern | Photo : LDD

Cette année, le Carême commence le 14 février à la Saint-Valentin. C’est un signe que l’amour et la miséricorde de Dieu sont au cœur du Carême et que Pâques est l’apothéose de l’amour. Avec le thème « moins c’est plus ! », cela donne à réfléchir à son propre comportement vis-à-vis de soi-même, des autres, de la Création et de Dieu. Quelle conversion suis-je prête à faire ?                                                                                                                            

Le Carême, c’est l’occasion de s’arrêter et de se recentrer sur Celui qui est la source de l’amour. Il nous a montré l’exemple, comment aimer sans condition en donnant sa vie pour les autres, pour nous autres. Si je regarde le changement climatique, je vois qu’il apporte beaucoup de souffrances, surtout chez les peuples qui en subissent les conséquences. Est-ce que moi chrétien, je me soucie de mon prochain qui souffre ? Quel message chrétien transmettons-nous autour de nous par notre attitude ?

Ignace de Loyola a dit : « Prie comme si tout dépendait de Dieu, et agis comme si tout dépendait de toi. »  L’attitude spirituelle nourrit l’action ; je dirais même que la prière amplifie notre action.

Chacun est invité  à se mettre en prières pour se laisser devancer par Dieu. Suis-je d’accord d’aider à porter la croix des peuples en souffrance ? Qu’est-ce que je peux faire pour préserver le climat ? C’est à chacun de se laisser guider par l’Esprit Saint. Chaque goutte d’eau est importante, elle fait partie de l’océan des possibles. Allons à Jésus, notre source intérieure, pour que chacun soit une goutte d’eau vivifiante pour les autres et soi-même. 

Bon Carême !

« Le don que Dieu m’a donné »

Elle prie beaucoup et récite son chapelet chaque matin. Paroissienne à Orsières, Amélie Métroz, 83 printemps, est aussi une karatéka accomplie ! Rencontre avec une ceinture noire 1er dan pleine d’enthousiasme.

Par Nicolas Maury | Photo : Pierre Pistoletti

« Ça ne t’embête pas si on se tutoie ? » Alors qu’Amélie Métroz effectue une démonstration de karaté, répondre par la négative constituerait une erreur stratégique. Dans son appartement d’Orsières, la tonique octogénaire enchaîne les mouvements. « Si tu me donnes un coup de poing, je me défends avec un geden baraï. Là, je chasse ton bras qui arrive : c’est un age uke. Il y a aussi le mae geri. Je lance le pied. Celui d’en face doit parer le coup avec la main. »

La Valaisanne fait reposer son équilibre sur deux piliers : l’art martial japonais et la prière. « Est-ce que je suis une bonne catholique ? Dieu seul le sait », sourit-elle. « Je crois à ce que mes parents m’ont enseigné. Ils étaient très croyants, même s’ils avaient trop de travail et qu’on ne pouvait pas toujours aller à la messe. Mais j’aimais bien le curé René Lonfat. Cela dit, je ne comprenais pas tout. » Son mariage a changé la donne. « J’ai vraiment appris à lire grâce à mon mari et j’ai dévoré les livres religieux. » Son engagement n’a dès lors cessé de croître. « En 1981, j’ai fait les vœux de la fraternité de Saint-François dont j’ai intégré le comité. J’ai aussi participé à l’Eveil à la Foi et au Renouveau. » Paroissienne assidue, son chapelet ne la quitte pas et elle ne manque que rarement la messe dominicale. « Quand le curé Joseph Voutaz ne me voit pas, il s’inquiète (rires). Le jeudi je vais aussi à celle du home. Aujourd’hui, je n’ai pas pu. Cela aurait été impoli de rater notre rendez-vous ! » Pendant près d’une année, Amélie s’est occupée de l’entretien de l’église d’Orsière. « Le nettoyage, un peu tout en fait… Mais ça faisait beaucoup. »

Sur la table située devant celle qui est ceinture noire 1er dan figurent plusieurs clichés, dont un avec plusieurs personnes en kimono. « Le karaté est une histoire de famille. Mes filles ont commencé avant moi et m’ont proposé de venir. C’était en 1981, j’avais 60 ans. Ça me relaxe. Mais je ne mélange pas les choses. Ce n’est pas ma vie spirituelle. » Et de saisir le recueil Prions en Eglise. « Là-dedans il y a tout: les psaumes, les évangiles, les épitres. Je le lis tous les jours. Mais surtout, je prie tous les jours pour tout. C’est le don que Dieu m’a donné. »

Amélie Métroz, née à Orsières le 15 décembre 1940. A quatre filles et neuf petits-enfants. Catholique fervente et instructrice de karaté.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

Il faudra composer avec moins de messes!

A l’heure du « point pastoral » de la dernière assemblée paroissiale, en décembre dernier, c’est à l’abbé Bernard Alassani que revint la délicate tâche de faire une annonce qui va faire grincer, à savoir une diminution du nombre de messes qui doit être envisagée dans un proche avenir, du fait que seul deux prêtres sont aujourd’hui disponibles pour assurer les célébrations. Une mesure pénible mais inéluctable.

Par Claude Jenny
Photo : Georges Losey

« Nous devons réfléchir ensemble à l’avenir du fonctionnement de la paroisse sur le plan des célébrations » a dit l’abbé Bernard au préalable. Il a mentionné une statistique parlante : « Lorsque je suis arrivé dans la paroisse, il y a 4 ans, en additionnant les prêtres actifs et les prêtres retraités qui fonctionnaient comme auxiliaires, nous étions 9 prêtres à pouvoir célébrer. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux prêtres, l’abbé Darius – curé-modérateur – et moi-même. Impossible donc de ne pas imaginer que nous devions réduire le nombre des célébrations. » 

Au moins une messe mensuelle

« Que faire ? » a-t-il demandé à l’assemblée, promettant que des propositions seront faites par l’équipe pastorale et discutées avec les Conseils de communauté. « La solution que nous voulons mettre en place doit permettre à chaque communauté locale de pouvoir disposer d’au moins une messe mensuelle dans chacun des treize lieux de culte que nous desservons régulièrement » a-t-il dit. « Nous avons déjà taillé dans le nombre de messes célébrées en semaine, mais ce n’est pas suffisant. » Il a ajouté que « le maintien d’un rythme régulier dans chaque lieu de culte est aussi important pour les chœurs mixtes, car le nombre d’occasions de chanter lors des messes est évidemment de nature à influencer leur motivation et leur préparation ».

A relever que la paroisse peut compter depuis l’automne dernier sur le renfort d’un « vicaire dominical » avec l’abbé André Helle, qui vient officier dans la paroisse chaque week-end. Son contrat prendra fin en juin prochain, au terme de la présente année pastorale, et il n’est pas certain qu’il pourra être renouvelé car l’abbé André attend une décision de son évêque togolais quant à son avenir. Il se pourrait qu’il rentre dans son pays ou qu’il poursuive sa formation théologique à l’Université de Fribourg.

Concertation

La discussion sur ce sujet épineux n’a pas été ouverte lors de l’assemblée du 13 dé–cembre dernier. Il appartiendra donc aux membres de l’équipe pastorale de prendre leur bâton de pèlerin pour aller rencontrer les divers conseils de communauté avec des propositions concrètes quant au planning des messes dans le futur.

La cathédrale de Lausanne

Lausanne est un haut lieu de spiritualité depuis l’Antiquité.

Par Pierre Guillemin | Photos : DR

Une cathédrale n’est pas construite au hasard et celle de Lausanne n’y déroge pas.

Le lieu, l’orientation sont les premiers éléments à observer. Viennent ensuite des éléments architecturaux qui vont lui donner une signification, un message particulier autour desquels le visiteur, pèlerin, croyant sera amené à se questionner et s’émerveiller.

Etymologie

La construction se situe sur un promontoire qui se nommait « La Grande Roche » : Moïse fait jaillir l’eau d’une roche, la roche fait écho à cette pierre sur laquelle l’Eglise est bâtie. Mais Lausanne est un haut lieu de spiritualité depuis la plus haute Antiquité. Le nom antique de la ville est Lousonna. Or, le radical Lou est issu de Lug en Celte qui désigne un dieu aux multiples pouvoirs (dieu solaire, dieu-roi maitrisant tous les arts et les sciences) et dont la fête se situe au 1er août… Lug c’est aussi Lausa en latin, c’est-à-dire une pierre plate, un autel. 

Alors, en associant Lug et Sonna (soleil), Lug Sonna est l’endroit où le dieu resplendit. Lausanne se trouve liée à tous les autres lieux où le dieu Lug est vénéré : Lugdunum (Lyon), Lugano, Lucerne, Lutry, Loudun, entre autres.

L’orientation de l’édifice est dans la lignée classique de celle des églises. L’entrée est tournée vers l’Ouest tandis que le chœur et l’autel sont placés à l’Est. Au moment où le jour se lève, le public trouve un autel resplendissant de lumière symbole de la Présence, de la Puissance et de l’Amour de Dieu. Toutefois, on observe un décalage entre l’axe du chœur et l’axe de la nef. Symbole ou erreur de conception lors de la construction ? En l’absence de documents clairs, on penchera vers une erreur de conception : les architectes et Compagnons « corrigent » l’alignement en plaçant à la base droite du chœur un escalier donnant accès aux galeries supérieures.

La rosace, tout un symbole.

Quadrature du cercle

La grande question architecturale et symbolique pour la cathédrale de Lausanne est la quadrature du cercle. Mathématiquement, il est impossible d’obtenir un cercle ayant la même surface qu’un carré puisque Pi est un nombre irrationnel. 

Ainsi, la rosace est une succession de carrés et de cercles qui cherchent à s’inscrire les uns dans les autres : les bâtisseurs s’interrogent (et le pèlerin avec eux) sur la logique de la construction de l’Univers et l’impossibilité de le représenter sous une forme géométrique résumant toutes les autres. Le mystère de Dieu est et reste donc entier, ce qui ne veut pas dire que l’on ne puisse pas s’en approcher par nos prières, nos actions, nos connaissances qui sont tous ces carrés et cercles que nous plaçons (comme sur la rosace) pour compléter cet ordre parfait de la Création.

« A côté, c’est aussi chez nous ! » ou… comment favoriser les rassemblements

Il y a peu de temps, je partageais la préoccupation du manque de prêtres à une de nos paroissiennes qui me répondit : « Y a qu’à demander des prêtres à Fribourg, ils en ont plein ! » Ce genre de réaction montre bien le manque d’informations au sujet de la réalité de notre Eglise. Effectivement, lors de la rencontre cantonale des agents pastoraux, prêtres et laïcs de notre canton du 14 novembre dernier, Mme Céline Ruffieux, représentante de l’évêque pour la partie francophone du canton de Fribourg, invitait les unités pastorales et les paroisses à diminuer le nombre de messes et à favoriser les rassemblements. Car, comme en France et dans de nombreux pays, la Suisse manque de prêtres, et notre diocèse ne fait pas exception !

Par Gérard Dévaud, au nom de l’équipe pastorale | Photos : Georges Losey

« Faire avec les forces en place »

Pour y pallier, notre Eglise a longtemps fait appel à des prêtres étrangers. Nous bénéficions nous-mêmes de la présence d’un prêtre polonais et de deux prêtres togolais. Dorénavant, notre évêque incite plutôt à « faire » avec les forces en place plutôt que d’aller chercher des prêtres ailleurs. Son argument : inviter les fidèles à se regrouper pour des eucharisties festives et vivantes. Nous en avons eu la preuve réjouissante lors de la fête paroissiale du 17 septembre à Cheyres. C’est vrai que, pour un prêtre, se retrouver un samedi soir dans une grande église devant 9 fidèles disséminés, ce n’est pas très réjouissant ! Le manque de prêtres est une réalité, mais la diminution des fidèles en est une autre.

Aller prier dans l’église d’à côté !

Cela fait maintenant de nombreuses années que notre paroisse a restreint le nombre de messes dominicales en invitant les paroissiens à se déplacer et à se rassembler pour l’eucharistie. Bien quelques-uns le font et nous les en remercions. Mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous !

C’est vrai que l’esprit de clocher est encore très fort. Pourtant, à l’heure où nous nous déplaçons volontiers pour aller chez le médecin, au magasin ou même à la déchetterie dans le village d’à côté, ne pourrions-nous pas aller prier dans l’église située à 5 kilomètres, alors que notre paroisse s’étend sur une grande partie de la Broye avec ses 15 clochers ! A côté, c’est aussi chez nous !

Chercher des pistes ensemble

Bien sûr, si le nombre de messes diminue, nous devrons nous soucier de nos chœurs mixtes, mais aussi de la vie de nos petites communautés. Il y a certainement des pistes à creuser, des solutions à trouver, des temps de prières à inventer…

Pour cela, l’équipe pastorale a besoin de tous ! C’est en cela que l’appel de l’abbé Bernard – « nous devons réfléchir ensemble à l’avenir » – résonne ! L’équipe pastorale a déjà rencontré le Conseil pastoral (les délégués pastoraux de toutes nos communautés) et en février, ce sera le tour des représentants des chœurs mixtes. Mais si vous avez des idées ou des propositions, n’hésitez pas à nous les communiquer !  

Mais gardons confiance et n’oublions pas de prier l’Esprit Saint qui ne cesse de souffler et guider notre Eglise !

La Confrérie du Mont-Carmel s’ouvre aux non-Staviacois

Sept des neuf membres posent pour la photo de famille devant la collégiale avec la bannière de la confrérie.

Le temps fait son œuvre… Plus besoin d’être bourgeois d’Estavayer pour être agréé membre de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel. Après s’être ouverte aux femmes, cette institution staviacoise a intronisé pour la première fois en décembre dernier un membre… venu d’ailleurs ! En l’occurrence, de pas très loin… puisqu’il s’agit de l’organiste Philippe Marchello, titulaire de l’orgue de la collégiale depuis 30 ans, mais qui n’est pas bourgeois du chef-lieu et est domicilié à Frasses.

Par Claude Jenny
Photos : Georges Losey

Cette « première » dans l’histoire de cette confrérie, qui voue une dévotion à Marie, qui avait déjà vécu un événement historique en 2019 en accueillant une première femme dans son sérail, Marie-Christine Mota. « Désormais nous sommes deux femmes, précise-t-elle, avec l’intronisation de Danielle Plancherel en 2023 ». Cette ouverture aux femmes et aux non-bourgeois permet de renouveler un peu l’effectif car la confrérie ne compte plus que 9 membres aujourd’hui, qui se réunissent au moins une fois l’an pour une célébration et une rencontre administrative et festive. 

Les membres de cette confrérie, dont l’origine remonte à 1655, s’engagent à manifester un élan de solidarité en faveur des moins favorisés de la communauté locale.  L’année dernière, c’est l’Association SOS Futures mamans qui a bénéficié de cette générosité.

C’est lors de la messe dominicale que le gouverneur de la confrérie, André Butty, a remis l’écharpe blanche et le scapulaire bleu – les deux signes d’appartenance et de fidélité de ses membres à Notre-Dame du Carmel – à Philippe Marchello qui a dû, pour une fois, descendre de la tribune pour la circonstance, lui qui préfère agir discrètement derrière ses claviers. « C’est un pas de plus pour m’intégrer dans la cité, dit-il, et je suis désormais protégé sous le manteau de la Vierge Marie. »

Philippe Marchello recevant l’écharpe blanche des mains du gouverneur André Butty.

Le scapulaire, signe de dévotion

Le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel (également appelé scapulaire carmélitain) est une pièce de vêtement que portent les membres de l’ordre du Carmel. Ce scapulaire existe également sous une forme très réduite, et porté par les laïcs. Cette dévotion apparait à la fin du XIIIe siècle chez les carmes et se répand chez les laïcs autour du XVe siècle.

Le scapulaire bleu que porte les membres de la confrérie pour signifier leur fidélité à Marie.

En librairie – février 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Jésus – Approche historique
José Antonio Pagola

Un nouveau livre sur Jésus ! Est-ce bien utile ? Quel personnage l’auteur va-t-il nous donner à voir : un sage ? un prophète ? un réformateur social ? un religieux ? un « sauveur » ? le « Fils de Dieu » ? Les évangiles ne suffisent-ils pas à notre information et faut-il toujours de nouveaux livres ? Déjà les évangiles sont quatre, signe que oui, il est utile et sera toujours légitime d’écrire sur Jésus. Mais il y faut beaucoup de science et d’humilité. Ces deux qualités, l’auteur les possède et les met en œuvre ici en y joignant un rare sens pédagogique. L’auteur veut mettre à la portée de n’importe quel lecteur ce que la recherche contemporaine peut dire avec certitude sur Jésus, de sa naissance à sa mort. 

Editions du Cerf

Acheter pour 18.00 CHF

Décoder un tableau religieux – Nouveau Testament
Eliane et Régis Burnet

Comment différencier une Annonciation d’une Assomption ? Que signifie le bleu du manteau de la Vierge Marie ? Pourquoi les premiers chrétiens ont-ils représenté le Christ sous la figure d’un berger ? Nous sommes entourés de tableaux religieux, mais savons-nous encore les lire ? Des catacombes romaines et des tableaux de Fra Angelico ou de Bruegel, les scènes du Nouveau Testament les plus fréquentes de l’histoire de l’art sont ici décryptées avec grande pédagogie et remises dans leur contexte biblique. A partir d’éléments facilement reconnaissables – un ange à genoux, une corbeille de pain ou une barque de pêcheurs –, Eliane et Régis Burnet élaborent une grille d’identification des épisodes de l’Evangile et décodent pour nous les symboles du christianisme. 

Editions du Cerf

Acheter pour 43.50 CHF

Jésus par l’art
Eliane Gondinet-Wallstein

De l’Annonciation à la Pentecôte, retrouvez 21 épisodes du Nouveau Testament illustrés par une cinquantaine d’œuvres d’art du IIIe au XXe siècle. Pour chaque épisode, le commentaire d’une peinture ou d’une sculpture est accompagné du texte de l’Evangile et d’œuvres qui approfondissent le thème. A travers une iconographie variée et originale, c’est une invitation pour toute la famille à découvrir comment, depuis deux mille ans, les artistes expriment la foi chrétienne et le mystère du Christ. 

Editions Mame

Acheter pour 22.30 CHF

L’Evangile de Jésus-Christ en BD
Olivier Drion – Clotilde Gaborit

Suivez les pas de Jésus le Christ comme si vous y étiez, partagez le quotidien de ses disciples, revivez les miracles, les oppositions, écoutez les paraboles, les discours. Et si vous aviez pu voir ce que bien des yeux ont voulu voir, entendre ce que bien des oreilles ont voulu entendre ? Après quatre années de travail, Olivier Drion, illustrateur, nous propose ici une vision contemporaine de l’Evangile de Jésus Christ. 

Certains témoins de ce récit sont des personnages fictifs, mais la bande dessinée suit fidèlement le récit des Evangiles.

Editions Artège

Acheter pour 46.40 CHF

Pour commander

Pêcheurs: une noble confrérie bien vivante!

Les membres de la confrérie lors de la dernière fête de la Saint-Laurent.
Le gouverneur Joël Bourqui lors de sa présentation devant l’assemblée paroissiale.

Comme le veut désormais l’habitude, chaque assemblée paroissiale est l’occasion de présenter une des confréries actives sur le territoire de la paroisse. En décembre dernier, ce fut au tour de la Noble Confrérie des pêcheurs, bien active dans le chef-lieu, d’être mise en relief avec humour par son gouverneur, Joël Bourqui.

Par Claude Jenny
Photos : Georges Losey

Une confrérie dont l’origine remonte au milieu du 17e siècle et qui est « bien vivante puisqu’elle compte aujourd’hui 42 membres, alors que nous n’étions qu’une trentaine il y a dix ans » se réjouit le gouverneur. Comme quoi les relations fraternelles, la solidarité, l’entraide et l’amitié sont des notions qui résonnent encore fortement dans ce milieu des gens de la pêche. Certes il faut avoir un lien avec cette pratique pour devenir membre de cette noble confrérie. Autrefois, il s’agissait surtout de membres de familles qui vivaient de la pêche. Or aujourd’hui, il ne reste qu’un seul pêcheur professionnel à Estavayer en la personne d’Avni Morina, le dernier à vivre de la pêche. Aujourd’hui, la confrérie est composée de pêcheurs amateurs ou de personnes proches de cette activité lacustre.

« Les bleus » et « Les rouges »

La confrérie compte deux catégories de membres : les confrères pêcheurs et les confrères compagnons, auxquels viennent s’ajouter les membres d’honneur et le confrère aumônier, qui est traditionnellement le curé d’Estavayer. C’est lui qui monte sur la locquette à la Saint-Laurent – le dimanche le plus près du 10 août – pour bénir tous les bateaux présents sur le lac après la célébration de la messe sur la place Nova Friburgo. C’est à cette occasion que les nouveaux confrères sont intronisés après avoir avalé un étrange breuvage associé à du poisson cru ! L’année dernière, un nouvel aumônier – l’abbé Darius – a été intronisé aumônier pour remplacer l’abbé Lukasz, parti dans une autre région. 

Tous les confrères respectent à la lettre un strict code vestimentaire en portant fièrement le pull aux rayures, le béret et le foulard rouge. Par contre, les confrères pêcheurs portent une marque distinctive avec une vague bleue sur le pull alors que les confrères compagnons ont une vague rouge ! L’adhésion répond à des critères précis et fait l’objet d’une décision du grand chapitre de la confrérie qui se réunit une fois l’an.
La confrérie – ou à tout le moins une délégation – est désormais aussi présente lors de certains cortèges dans la cité, ce que le gouverneur apprécie, notamment lors de la procession de la Fête-Dieu ou le cortège de la Saint-Nicolas.

Un jour des femmes ?

Le gouverneur s’était préparé à la question et elle a été posée par une représentante de la paroisse : pourquoi pas de femmes dans la confrérie ? Et la réponse du gouverneur fusa : « Le combat féministe ne se situe pas là ! Personnellement, je le place ailleurs. Donc, non, nous ne prévoyons pas de modifier nos statuts pour l’instant. Mais il ne faut pas dire jamais… »

L’intronisation du nouvel aumônier, l’abbé Darius Kapinski, curé de la  paroisse Saint-Laurent Estavayer.
La bénédiction des embarcations sur le lac.

Un livre et une vitrine

La Confrérie prépare l’édition d’un livre sur l’histoire de cette confrérie. Il devrait sortir au printemps. Une vitrine, avec la mention des noms de tous les membres, est désormais également visible au café-restaurant « L’Escale » à Estavayer.

Du silence en Carême…

Revenir à l’émerveillement des petites choses peut favoriser une écoute intérieure renouvelée…

Par François Lamon | Photo : Marion Perraudin

Pas facile de faire silence ! Pour de multiples raisons. Et pourtant la Parole de Dieu ne cesse de nous y inviter. Pourquoi une telle insistance ? 

Jésus, poussé par l’Esprit, est resté quarante jours au désert avant de dire : « Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » (Mc 1, 15) Le silence est d’abord au service de la parole, au service de la rencontre. Le silence pour faire surgir la parole, la « vraie parole », celle qui fait la vérité en nous. Puis le silence peut nous donner d’entendre les mots de Dieu enfouis dans notre mémoire. Vous savez ces mots, parfois anciens, prononcés un jour par ceux que Dieu a mis sur notre chemin. Mots libérateurs qui prennent chair dans l’écrin du silence.

Seul le silence rend possible l’accueil en soi non seulement de la parole, mais de la présence de celui qui parle. Le silence est le langage de l’amour quand il n’y a plus de mots pour dire le mystère de la vie. « ll y a dans le silence une merveilleuse puissance de clarification, de purification, de concentration sur l’essentiel. »
(Dietrich Bonhoeffer)

Mais aujourd’hui, il est devenu si difficile de vouloir le silence, de le créer, de le vivre ! Les principaux obstacles au silence, ce sont le désordre et le bruit. Le désordre de nos lieux d’habitation comme de nos cœurs. Le bruit des mots et des musiques envahissantes. Plus insidieusement, le désordre de nos suffisances, de nos jalousies, de nos mensonges. En ce sens le silence est un combat difficile.

C’est le difficile silence intérieur qui se joue dans le cœur, lieu de la lutte spirituelle. Mais ce silence intérieur, précisément, engendre la charité, l’attention à l’autre, l’accueil du Tout-Autre, la Parole de Dieu. Jésus Christ est cette Parole qui nous conduit au désert. Le Carême est silence et le silence est Car-Aime !

La Bible au quotidien: «Soyez toujours dans la joie!»

En ce mois de février, notre rubrique se penche naturellement sur le thème de l’amour, des couples, des familles, des soirées romantiques et des surprises qui éveillent les papillons dans le ventre. Cependant, en cette période, il est essentiel de penser à ceux qui sont seuls, en souffrance, en deuil, ceux qui se sentent mis de côté, qui se sentent perdus, vides et privés d’un amour à partager.

Par Nathalie Angelini-Traeger 
Photo : DR

Dans ces moments, un extrait de la Première Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens (5, 16-18) résonne particulièrement : « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. »

Mais comment aspirer à la joie et à l’émerveillement perpétuel, faire face à l’absence d’amour, à la détresse et au désespoir, lorsqu’on n’a plus de ressources ?

La réponse réside dans la foi. C’est croire qu’il est à nos côtés, avoir foi en son amour inconditionnel, en la certitude qu’il ne nous éprouvera jamais au-delà de nos capacités et qu’il a un plan parfait pour notre vie. Décider d’être toujours dans la joie et de rendre grâce en toutes choses, même dans l’adversité, peut alléger notre fardeau. La foi en Christ, c’est trouver un soutien pour renaître, rebondir et redécouvrir l’amour.

Remercier Dieu malgré les difficultés

Trouver des raisons de remercier Dieu malgré les difficultés est une démarche puissante. La foi et la prière deviennent des sources réconfortantes au cœur des épreuves. En ces jours de célébration de l’amour, il est important d’aimer notre prochain, de s’aimer soi-même et d’aimer Dieu. C’est dans cet amour que réside la force de transcender les moments sombres, d’illuminer les jours difficiles et de trouver l’espoir nécessaire pour construire une vie en Christ, empreinte d’amour et de gratitude.

Saint Paul a dit aux Philippiens (4, 4-7) : « Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. »

Moins, c’est plus – chaque geste compte!

La Campagne œcuménique 2024 clôt son cycle de quatre ans sur le thème de la justice climatique. Dans ce cadre, elle nous appelle à tout faire pour réduire considérablement nos émissions de CO2.

Par Action de Carême / Pain pour le prochain
Photos : ADC/PPP, AdC/Skiss

Pour renforcer la justice climatique, nous pouvons et devons assumer nos responsabilités et agir. Le réchauffement climatique n’épargne personne. Les périodes de sécheresse et les vagues de chaleur qui affectent la Suisse et accélèrent notamment la fonte de ses glaciers ont des effets beaucoup plus graves ailleurs. Les populations des pays du Sud en sont les principales victimes, alors que ce sont celles qui y ont le moins contribué. Qui plus est, elles manquent de moyens financiers pour y faire face et s’adapter à la situation. La bonne nouvelle est que si nous unissons nos forces, nous pouvons encore atteindre l’objectif de limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C d’ici 2050.

Ensemble, renforçons notre « empreinte de la main »

Nos actions individuelles visant à préserver le climat sont certes importantes. Cependant, il faut reconnaître qu’elles se révèlent insuffisantes à long terme pour minimiser notre impact environnemental. Notre mode de vie en Europe engendre en effet une consommation des ressources qui dépasse largement les limites de ce que notre planète peut générer. Par opposition à l’empreinte carbone, qui mesure l’impact des émissions de gaz à effet de serre d’une activité sur l’environnement, le concept d’« empreinte de la main » permet de se focaliser sur le potentiel d’économie des ressources. L’accent est mis sur les effets positifs de ce qui est réalisable et sur la mise en œuvre d’actions concrètes. Ce changement de perspective permet de passer du je au nous et de transformer un sentiment individuel de frustration ou de découragement en un mouvement de réussite collective. 

L’empreinte de la main nous emmène à la découverte d’initiatives et de projets existant près de chez nous. Laissons-nous inspirer par des idées innovantes, concrétisons-les ou développons-en de nouvelles ! 

Le concept novateur et engageant d’empreinte de la main élargit notre champ d’action, car il transforme notre évolution individuelle en cheminement collectif. Il peut être adapté à divers contextes tels que les groupes de réflexion et de confirmands au sein des paroisses. Il peut même servir de base à des échanges entre bénévoles ou à un événement d’équipe. 

–> Vous trouverez plus d’informations sur l’atelier animé par nos experts sur www.voir-et-agir.ch/empreintedelamain

Jour après jour – Nouveau ! Calendrier de Carême numérique

Désormais, vous pourrez aussi consulter votre calendrier en ligne et parcourir le contenu en toute tranquillité sur votre téléphone ou votre ordinateur. Au fil des pages du calendrier de Carême, vous trouverez des textes sur des actions en faveur du climat qui invitent à la réflexion. Pour le voir : www.voir-et-agir/calendrier

Le calcul est simple : moins de consommation = moins d’émissions de CO2 = moins de catastrophes climatiques. Cela signifie plus de justice climatique = plus de récoltes = plus de sécurité alimentaire. Si l’objectif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C d’ici 2050 peut nous paraître optimiste et contraignant, il reste néanmoins
réalisable. A condition que nous fassions toutes et tous un geste.

Pour vos dons en faveur des projets d’Action de Carême, rendez-vous sur https://actiondecareme.ch/don-general/

Découvrez des projets et initiatives prises près de chez nous.

Un bilan positif de l’édition des Céciliennes nouvelles!

Les Céciliennes 2023 ont déroulé leurs fastes vocaux voici déjà trois mois à Cugy. Nous publions dans ces deux pages quelques reflets illustrés des deux rendez-vous de cette édition (concert profane et messe) aux allures de renouveau et dressons un premier bilan avec Maurice Bourqui, président du comité d’organisation.

Par Claude Jenny
Photos: André Bise (concert), Pierre Bondallaz (messe)

C’était la première fois que tous les chœurs mixtes des secteurs de Saint-Laurent et de la Haute-Broye étaient réunis pour une telle rencontre, soit au total dix chorales de la région. L’autre grande nouveauté a été introduite lors du concert profane sur le thème de l’eau avec des chœurs groupés pour certains chants. Dans une salle comble, il s’en est suivi un ballet de va-et-vient de chanteurs et chanteuses qui montaient et descendaient de scène et des alternances de directeurs. Si ces regroupements n’ont pas forcément contribué à la meilleure qualité des prestations, ils ont permis de présenter des ensembles aux effectifs augmentés. « Chanteuses et chanteurs ont vraiment apprécié de pouvoir chanter avec ceux d’une autre chorale » relève Maurice Bourqui qui juge l’expérience très positive. Le jeune Chœur du Cycle d’orientation de Cugy, comme chœur invité, a offert une prestation de haute tenue en ouverture de la soirée qui s’est poursuivie tard dans la nuit avec une partie festive. 

Une édition à succès

Des Céciliennes qui ne sont pas un concours vocal et il n’y avait d’ailleurs pas d’experts dans la salle comme autrefois. Ce côté plus décontracté a visiblement plu aux membres des chœurs : « L’ambiance a vraiment été excellente et la fête fut belle » déclare le président de l’organisation. « Nous allons faire un bilan plus fin durant les semaines à venir mais le fait que, tant au niveau de la fréquentation que sur le plan financier, cette édition est couronnée de succès. » 

La messe du dimanche

Le dimanche, tous les membres des chorales et une nombreuse assistance étaient réunis en l’église de Cugy pour la traditionnelle messe des Céciliennes. Une prestation d’ensemble avec un répertoire dans lequel les chœurs mixtes d’église sont à l’aise. Pour cette messe présidée par l’abbé Bernard, c’est la « Messe de Saint-Bernard » de Geneviève Moullet-Murith que l’ensemble des chorales a interprétée avec une direction tournante. Une formule qui n’était peut-être pas la meilleure, tant il n’est pas évident de tirer le meilleur d’un groupe de plus de 200 voix ! 

Combien de chorales demain ?

Quid de l’avenir ? Ces Céciliennes n’ont fait que confirmer que les chœurs d’église affichent un manque de relève. Il est donc possible que des fusions de chœurs soient prochainement à l’ordre du jour, voire que certaines chorales, malheureusement, doivent cesser leur activité faute de forces… vocales ! « Nous allons prendre ces éléments en compte pour l’avenir et il est donc encore prématuré de parler d’une prochaine édition » conclut Maurice Bourqui, un président visiblement heureux que cette édition 2023 ait été couronnée de succès.

Dix chœurs mixtes

Les dix chorales participantes : Aumont-Nuvilly, Cugy-Vesin, Echo de la Molière Murist, Ensemble de Surpierre et environs, Fétigny-Ménières, Font-Châbles-Cheyres, Lully-Bollion-Châtillon, Montet-Frasses, Notre-Dame des Flots et Saint-Laurent Estavayer.

La sobriété: notre boussole pour le temps du Carême

Vous le savez, nous le savons. Il suffit d’écouter la radio, de lire le journal, de regarder une émission ou de surfer sur le net. Les effets du changement climatique, ce n’est plus seulement ailleurs. Ils sont là, nous en faisons l’expérience… à notre porte. Christian et Marie-France Thurre sont, dans le cadre de leur mission diaconale, ambassadeurs d’EcoEglise dans notre diocèse. Ils nous en parlent.

Par Marie-France et Christian Thurre | Photo : DR

Il y a urgence ! – Vous voulez des chiffres ? Quel est le seuil à ne pas franchir avant l’emballement ? Quel effet aura, pas seulement un degré de plus, mais même un dixième de degré de plus ? Non, nous ne vous donnerons pas de chiffres. Ils sont dans les rapports comme ceux du GIEC et d’autres, et ils sont clairs. Oui, il y a urgence !

Il persiste et signe – C’était en 2015, peu de temps avant la COP21 de Paris. Elle portait pour nom Laudato Si’. Oui nous parlons de la Lettre encyclique du pape François. C’était en 2023, peu de temps avant la COP28 de Dubaï. Elle portait pour nom Laudate Deum. Oui nous parlons de l’Exhortation apostolique du pape François. Nous parlons au passé et pourtant l’une comme l’autre restent et demeurent d’actualité. L’une rappelle l’autre et en réactualise l’urgence ! François persiste et signe.

« Moins, c’est plus – chaque geste compte ! » – Voilà quatre ans que le thème « Justice climatique, maintenant ! » marque la campagne œcuménique menée par Action de Carême et EPER-Pain pour le prochain. Divers volets ont été explorés, comme celui du gaspillage ou encore celui de l’agroécologie. Pour la période de Carême de cette année un appel clair à la sobriété nous est lancé : « Moins, c’est plus – chaque geste compte ! »

Nous y entendons, en une formule plus concise, un écho de Laudate Deum (no 71) :
« L’effort des ménages pour polluer moins, réduire les déchets, consommer avec retenue, crée une nouvelle culture. Ce seul fait de modifier les habitudes personnelles, familiales et communautaires nourrit l’inquiétude face aux responsabilités non prises des secteurs politiques et l’indignation face au désintérêt des puissants. Nous remarquons donc que, même si cela n’a pas immédiatement un effet quantitatif notable, cela aide à mettre en place de grands processus de transformation qui opèrent depuis les profondeurs de la société. »

Dépoussiérons la boussole – Pour trouver son chemin une boussole est un instrument précieux. Mais si elle traine au milieu d’une étagère, elle va prendre la poussière et sera inutile.

Le temps du Carême est un temps propice pour dépoussiérer, se remettre en mouvement, rechercher le Nord ! Nous croyons que la boussole de la sobriété est un précieux guide pour cela. Dans ce « moins » nous trouverons de la place pour ce « plus » qui est notre Dieu, Sauveur et Créateur.

Nous laissons à François le soin de conclure avec son dernier paragraphe de Laudate Deum (no 73) :
« Louez Dieu » est le nom de cette lettre. Parce qu’un être humain qui prétend prendre la place de Dieu devient le pire danger pour lui-même. »

Un budget paroissial équilibré pour 2024

Présenté à la mi-décembre à une petite quarantaine de personnes lors de l’assemblée dite des budgets, le ménage financier de la paroisse Saint-Laurent Estavayer devrait rester au beau fixe l’année prochaine. Mais quid de la suite ? Les retraits d’Eglise font peser une menace. La paroisse devra aussi revoir à la baisse la déclinaison des messes dominicales.

Par Claude Jenny
Photo : Georges Losey

Présenté pour la première fois par Alexandre Bersier, nouveau responsable du dicastère des finances au sein du Conseil de paroisse, et la trésorière paroissiale Séverine Rey-Pillonel, ce budget 2024 affiche des prévisions saines avec un équilibre à hauteur de 3,1 millions.

A quelques petites variations près, ce budget est calqué sur celui de 2023 et aucune coupe importante n’a été opérée. « Nous n’avons rien voulu casser » a répété plusieurs fois le responsable financier, qui a pris ses fonctions en mai et a déjà œuvré à un affinage du fonctionnement financier de la paroisse, avec un controlling plus pointu et une organisation des structures paroissiales permettant une gestion plus efficace. Il a aussi promis une consultation plus large des divers organes de la paroisse (conseils de communauté, équipe pastorale, chœurs mixtes, etc.). 

Alexandre Bersier n’a toutefois pas caché que ce budget 2024 reposait sur des rentrées financières – entendez principalement l’impôt paroissial – quasi identiques. Ce budget 2024, qui avait reçu l’aval de la commission financière, a été accepté à l’unanimité.

Des retraits en nette augmentation

Lors de l’assemblée paroissiale de décembre dernier, le président Alexandre Duc a évoqué une question que beaucoup de personnes se posent : les événements récents qui ont secoué l’Eglise catholique – les nombreuses affaires dites des abus – ont-ils engendré un grand nombre de « retraits d’Eglise » ? Entendez des personnes qui font savoir qu’elles souhaitent s’afficher comme appartenant à une religion reconnue. 

Le président n’a pas caché que ces retraits avaient été plus nombreux ces derniers mois. De 79 en 2022, les retraits sont passés à 176, a-t-il annoncé. Et cette statistique, qui a probablement encore augmenté de quelques unités depuis l’annonce faite, aura forcément des répercussions au niveau des rentrées financières, mais il n’est évidemment pas encore possible d’en connaître l’ampleur.

Rappelons que les personnes qui se déclarent « sans religion » sont de ce fait exonérées de l’impôt paroissial qui est automatiquement prélevé dans le canton de Fribourg. Les paroissiens qui annoncent leur retrait ne font évidemment plus partie de la communauté paroissiale. Laquelle est alors en droit de facturer certaines prestations que ces personnes demanderaient, notamment lors des ensevelissements. Sur ce point, la pratique varie selon les paroisses, l’idée étant que l’on ne peut pas prétendre à un service d’une communauté à laquelle on n’appartient plus et qu’un service pour une célébration peut légitimement faire l’objet d’une facturation qui couvre les frais (cjy).

J’ai trouvé l’indispensable!

Louis au Col du Grand-Saint-Bernard.

Je rencontre Louis Gailland au printemps dernier. Son père avait auparavant préparé le terrain en m’apostrophant un jour au sortir de la messe : « Mon fils souhaiterait être baptisé : que faut-il faire ? » Du tac au tac, je lui réponds : « Que je le rencontre ! » Louis a 20 ans et si son patronyme fait penser à un ressortissant bagnard – ce qu’il est – il a grandi et vécu au Mexique, la patrie de sa mère. Il a été accueilli comme catéchumène à Martigny en décembre dernier et se prépare à recevoir le baptême à Pâques.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photos : L. Gailland

Je me retrouve effectivement en Suisse, plus précisément dans le Val de Bagnes, grâce à mon père, Albert Gailland, qui en est originaire. Il a vécu plus d’une trentaine d’années au Mexique et, à ma naissance, a décidé de revenir en Suisse pour le confort de vie et la sécurité qu’elle offrait. Il est vrai qu’il y a une grande différence culturelle entre le Mexique et la Suisse, que ce soit au niveau des paysages qui sont plus qu’opposé mais aussi au niveau de l’attitude des gens et de leurs habitudes.

Mais, malgré toute ces différences, la Suisse et le Mexique ont un point commun, l’un des plus importants c’est que ce sont tous deux des pays de culture chrétienne. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours été proche de la religion et de Dieu : ma mère et mon père étant très croyants.

Au début, je ne m’intéressais pas vraiment à la foi chrétienne. Je croyais en Dieu, cela me semblait évident, mais ce n’était pas un domaine que j’avais envie d’approfondir. En réalité, j’avais une vision très archaïque de l’Eglise catholique. A chaque messe, j’avais plutôt envie de dormir, mais petit à petit, à force de fréquenter la messe un peu plus souvent de manière plutôt innocente et désintéressée, j’y ai trouvé l’indispensable. 

Un besoin de me rapprocher encore plus de Dieu m’a envahi. En prenant du recul, je perçois que je me suis rendu compte de la présence de Dieu tout au long de ma vie. Quand je pensais que tel événement pouvait être relié au hasard, je me suis rendu compte qu’il me fallait plutôt y reconnaître la présence de Dieu. Alors j’ai commencé à me rendre plus souvent à l’église et à participer à diverses soirées organisées par les jeunes catholiques de la région.

J’y ai perçu avec plus de force encore qu’il était indispensable que je prenne part à la vie de cette communauté, que je commence ce chemin vers Dieu et que je rapproche au mieux ma vie de celle de Dieu pour que les deux se croisent…

Je souhaite à tous les jeunes et à toutes les femmes et tous les hommes sur terre de vivre eux aussi cette rencontre salvatrice.

Au Mexique, alors qu’il était enfant.
Louis est passionné par l’image. Avec son ami Nicolas, ils ont fondé une entreprise de communication « Imperial Productions ».

L’église de Seiry sera restaurée

Souffrant des affres du temps, auxquels sont venus s’ajouter de gros dégâts suite au vilain temps qui a sévi dans la région en septembre 2022, l’église de Seiry a besoin d’une importante rénovation.

Photo : Georges Losey

Promesse avait été faite à la communauté de Seiry au moment de la fusion paroissiale de restaurer l’édifice le plus vite possible. Le moment est venu car attendre plus longtemps pourrait engendrer des infiltrations d’eau. Un crédit de 390’000 fr. a été voté par les participants à la dernière assemblée paroissiale de décembre dernier pour mener à bien ce chantier. La toiture, le clocher et les façades feront l’objet d’une rénovation complète. L’édifice a été inauguré en novembre 1884.

Une nouvelle qui va réjouir les Epouairis qui formèrent une petite paroisse indépendante jusqu’à la fusion. Avec ses quelque 200 habitants, la communauté de Seiry reste active en organisant plusieurs rencontres communautaires au cours de l’année pastorale. Ce fut encore le cas le 21 décembre dernier avec une « fenêtre » de l’Avent organisée après la messe. Une célébration a lieu un dimanche par mois et parfois le jeudi soir. L’abbé Bernard est le répondant de cette communauté qu’il s’efforce de soutenir de son mieux. (cjy)

Théologie enfantine

Par Myriam Bettens
Photo : Pixabay

Toutes ces années de théologie pour rien ! C’est vrai, rien de mieux qu’une enfant de quatre ans, en l’occurrence ma fille, pour vous remoucher (proprement) et vous apprendre qui est réellement « Zézus ».

Balaie-donc tes certitudes, chère maman, parce que celui qui « croise les zambes là-haut, c’est pas Zézus », me dit-elle pleine d’assurance. « Viens ze vais te montrer. » Je la suis docilement auprès d’une autre icône. Faut dire qu’elle aime les églises, surtout orthodoxes, un comble pour la protestante que je suis. Et elle pourrait y rester des heures. Pas pratique, lorsqu’on voyage en groupe et que les autres patientent sur le parvis… « Là, regarde. C’est lui Zézus », désignant une icône de l’enfant dans les bras de sa mère. Je lui explique que Jésus n’est pas resté un bébé toute sa vie. « Ze sais ! Mais il est pas non plus resté là », lance-t-elle en pointant une image du Christ en croix. « Il est allé vers Dieu. T’as oublié ou quoi ? »  Mon guide improvisé poursuit sa visite commentée de « la maison de Zézus ». Celle-ci se conclut sur une très ancienne icône de la Vierge. Je lui demande alors si elle sait qui est représenté. « Bien sûr, c’est Mona Lisa ! », lance-t-elle en roulant des yeux, exaspérée par mon ignorance.

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