«Plus nombreux à notre époque!»

Par Thierry Schelling | Photo : DR

A l’audience du mercredi 19 avril 2023, le pape François est revenu non pas sur la figure d’un ou d’une sainte en particulier, mais « vers la colonne des martyrs ». Ce ne sont pas « des héros » mais des « fruits mûrs et excellents de la vigne du Seigneur » ; et le Pape de rappeler que « ces femmes et ces hommes de tout âge, culture, nation sont plus nombreux à notre époque qu’aux premiers siècles ».

Pardonner

Une caractéristique des martyrs, relève le Pape, outre le fait qu’ils donnent leur vie jusqu’à l’effusion de leur sang, est qu’« ils pardonnent toujours à leurs bourreaux ». C’est mettre en pratique le cœur du Notre Père, en écho à la prière d’Etienne, premier des martyrs (cf. Actes 7, 60) : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à qui nous a offensés. » Et de renchérir : « Les martyrs prient pour leurs bourreaux. »

Yémen…

Pour illustrer ses propos, le Pape revient sur l’exemple des Sœurs Missionnaires de la Charité au Yémen – pays oublié par l’actualité depuis des années – où sont mortes, assassinées, des religieuses de Mère Teresa. Et pourtant, leurs successeurs y demeurent, s’occupant notamment des handicapés. Et de citer « Sœur Aletta, Sœur Zelia, Sœur Michael, Sœur Anselme, Sœur Marguerite, Sœur Reginette et Sœur Judith… ce sont les martyrs de notre temps. » 

Il note qu’avec ces religieuses catholiques, des musulmans ont également été tués : « C’est émouvant de voir comment le témoignage du sang peut unir des personnes de religions différentes. »

Et de conclure : « On ne doit jamais tuer au nom de Dieu, car pour Lui nous sommes tous frères et sœurs. Mais ensemble, nous pouvons donner notre vie pour les autres. »

Des roses qui font triplement plaisir

Comme chaque année dans le secteur de Martigny, la vente des roses aura lieu après les messes des samedi 16 et dimche 17 mars 2024. 

Chaque rose fait triplement plaisir :
1. La collecte annuelle permet d’assurer la poursuite des projets d’Action de Carême en matière de sécurité alimentaire dans les pays du Sud.
2. Les roses Max Havelaar vendues sont issues du commerce équitable. Cette prime « Fair Trade » est reversée directement aux collaboratrices et aux collaborateurs qui travaillent à l’exploitation des roses. 
3. Enfin, si vous l’offrez, elle renforcera votre relation avec la personne à qui vous la destinez !

Je vais à Lourdes pour la 100e fois!

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet
de son choix. Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion
Photo : cath.ch/Bernard Hallet

Qui peut en dire autant ? Lourdes révélerait sa force et sa grâce au nombre de visites que lui font les pèlerins ? Qui ne s’est jamais surpris en train de calculer ses bonnes actions ? Le calcul est une discipline précieuse, certes, et dans de nombreuses activités humaines il s’agit de calculer de façon juste, avisée. Comme le montre l’Evangile qui invite celui qui veut construire une tour, de commencer par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout (Lc. 14, 28). Mais le pèlerinage ne fonctionne pas sur ce registre. 

Il s’agit encore moins, comme dans le second exemple de ce même Evangile, de se positionner en conquérant qui calculerait ses forces d’affrontement pour partir à Lourdes au pas de charge ! C’est plutôt le dernier verset de cette péricope qui est la clé de compréhension du pèlerinage : Donc, celui parmi vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple (Lc 14, 33).

«Allez dire aux prêtres que l’on vienne ici en procession.»

Lourdes est un lieu de pèlerinage. Si, par défaut, on n’y allait pas en pèlerin, par grâce on pourrait en revenir tel ! Précisément, c’est une des grâces du pèlerinage que d’inviter au dépouillement, à la simplification.

Depuis 100 ans, l’Eglise de Suisse romande se rend en pèlerinage de printemps à Lourdes. 100 ans d’expérience qui ont mis notre Eglise en marche, selon des moyens de locomotion variés : à pied, à dos de cheval, à vélo, à moto, en voiture, en car, en train, en avion, peu importe. L’expérience du dépouillement est renouvelable. 

Le pèlerin n’a pas à se demander s’il va arriver au bout du chemin, si ses compagnons de route, de table ou de chambre seront à son goût, si les célébrations seront belles et priantes. Sinon, c’est qu’il est en train de calculer. Il lui est proposé de renoncer à ses biens pour laisser la démarche creuser elle-même le sillon de la grâce dans un cœur tout disponible. Ce chemin-là, même repris pour la 100e fois, est toujours neuf s’il est vécu ensemble, dans la joie et la simplicité partagées.

Vers les hauteurs avec saint Bernard

Chaque année, une dizaine de Camps Voc’ sont proposés aux jeunes de Suisse romande. Pendant une semaine, de manière adaptée aux âges concernés, des temps de réflexion et de prière sont proposés en alternance avec des moments de détente, de sport ou de musique pour accompagner une réflexion sur le sens de la vie et l’appel à prendre place dans l’Eglise et dans le monde. Un thème annuel est choisi pour tous les camps. Il sera consacré cette année à la figure de saint Bernard.

Par le Comité des Camps Voc’ Suisse romande | Photo : DR

Une jeune engagée dans l’animation d’un camp et la coordination au sein du comité des camps Voc’ sur le plan romand témoigne :

« Les Camps Voc’ m’ont vraiment accompagnée durant toutes ces années tellement importantes de nos vies où l’on se construit en tant qu’individu : ils m’ont portée dans ma vie de foi, l’ont nourrie et ont largement contribué à faire de moi qui je suis aujourd’hui. Je m’y suis engagée, à Tamié, d’abord et avant tout pour l’équipe d’animation. Le lieu est aussi très beau, très priant, très apaisant et j’y passe toujours une magnifique semaine de Camp. Je suis animatrice pour les jeunes, mais aussi pour moi, parce que cela me fait du bien !

Pour le comité des camps c’est un peu différent : même si l’équipe est très chouette, on y va moins pour nous-mêmes. Mais vu tout ce que j’ai pu vivre grâce aux camps, je trouvais important que des gens continuent à s’engager pour permettre à d’autres jeunes d’avoir la même chance que nous. »

Inscrivez-vous ! Les inscriptions sont ouvertes et les renseignements concernant tous les Camps Voc’ 2024 se trouvent sur le site : www.vocations.ch/camps-voc.

Jeux, jeunes et humour – mars 2024

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi est-il préférable de chanter le « Gloire à Dieu » plutôt que de le réciter ?*
Il s’agit d’une hymne très ancienne qui reprend les paroles des anges dans la nuit de Noël et se chante uniquement les dimanches (sauf en Avent et en Carême) et les jours de fête. Certes, la chanter n’ajoute rien à la gloire de Dieu, mais cela permet de mettre notre cœur en fête et de donner le ton à toute la messe qui n’est pas une célébration triste. On y vient en effet pour louer Dieu, le chanter, le glorifier, le remercier, l’acclamer et le célébrer.

Par Pascal Ortelli

* Nous vous proposons cette année de décrypter la messe, en lien avec le livre de Pascal Desthieux : Au cœur de la messe. Tout savoir sur la célébration, illustrations Hélène VDB, Editions Saint-Augustin.

Humour

Un professeur invite à dîner un ami qu’il n’avait plus revu depuis longtemps. 
Tout au long du repas, notre prof s’adresse à sa femme avec des mots d’amoureux :
« Ma biche, mon chou à la crème, mon petit oiseau des îles, ma douce colombe, ma chère moitié ! » 
Profitant que Madame a rejoint la cuisine, l’ami lui demande depuis combien de temps ils sont mariés.
– 38 ans !
– 38 ans de mariage et tu lui parles comme un amoureux au début de sa vie sentimentale, c’est incroyable ! 
– Tais-toi, tais-toi, répond le mari, j’ai oublié son nom !

Par Calixte Dubosson

Comme la nuit ouvre un passage sur l’Aube Nouvelle

Texte et photo par Marion Perraudin

Aux chemins de notre vie,
Au carrefour des larmes et de l’épreuve,
Comme la nuit ouvre un passage sur l’Aube Nouvelle,
Osons la traversée qui conduit à la consolation et à la joie,
Levons le regard vers la croix de Celui qui a connu la nuit de l’épreuve,
Laissons sa lumière de Joie conduire nos pas.

Aux chemins de notre vie,
Au carrefour de la colère et de la rancune,
Comme la nuit ouvre un passage sur l’Aube Nouvelle,
Choisissons la voie qui conduit à la paix et au pardon
Tournons-nous vers la croix de Celui qui a souffert pour établir la paix au fond des cœurs,
Laissons sa lumière de miséricorde nous transformer.

Aux chemins de notre vie,
Au carrefour du désespoir et des doutes,
Comme la nuit ouvre un passage sur l’Aube Nouvelle,
Empruntons le sentier qui ouvre sur l’espérance et la vérité,
Regardons la croix de Celui qui nous ouvre le passage vers la liberté intérieure.
Laissons sa lumière de Vie nous réchauffer et nous mettre debout.

Aux chemins de notre vie,
Au carrefour de nos matins d’allégresse et de joie,
Comme la nuit du samedi saint ouvre un passage sur l’aube du matin de Pâques,
Accueillons la promesse de résurrection,
Le Christ nous rejoint pour nous faire revivre,
Devenons porteurs de la flamme de l’espérance,
Embrasant d’un feu ardent la joie de notre cœur,
Devenons des témoins joyeux et audacieux du Christ Vivant. 
Pour faire de chaque matin l’aube nouvelle du matin de Pâques.

Oui, la Lumière a vaincu les ténèbres
Oui, la Vie a vaincu la mort
Alléluia, Christ est Vivant.

Oyez, oh yeah!

Fusion entre théâtre, chant médiéval, lyrique, pop et hip-hop. La fresque musicale imaginée par Alexandre Traube nous emmène sur les traces de Rodolphe de Neuchâtel, comte et premier troubadour de langue allemande. Une histoire de rencontres insolites et d’amitié née à Neuchâtel qui pourrait bien repartir prochainement en croisade… musicale !

Alexandre Traube croche premièrement avec des études en mathématiques, mais c’est avec la composition musicale et la direction chorale qu’il double-croche…

Par Myriam Bettens | Photos : John Howe, DR

Le personnage de Rodolphe vous habite depuis plus de 12 ans…
Oui, il a une grande histoire avec moi (rires). J’ai fait sa rencontre en 2003 par mon professeur de musique médiévale. C’est pour les mille ans de la ville de Neuchâtel que j’ai eu l’idée d’un premier spectacle avec David Charles Haeberli qui avait « hip-hopisé » les chansons de Rodolphe. Il a ensuite pensé à une comédie musicale que nous avons proposée au Théâtre du Passage à Neuchâtel, puis je suis entré en contact avec Elie Chouraqui, qui s’est montré très intéressé par notre projet.

On connait très peu de choses concernant le comte Rodolphe.Vous avez donc imaginé ce qu’aurait pu être son histoire…
Exactement ! En étant le plus précis possible, historiquement parlant. Nous souhaitions avant tout que cela puisse parler à tout le monde. Le génie de certaines pièces historiques, c’est d’être à la fois complètement modernes tout en étant précises historiquement. Nous voulions aussi montrer comment la création artistique permet de se dépasser et de faire se rencontrer les gens et les peuples. 

Justement, cette comédie musicale est une histoire de rencontres dans tous les sens du terme…
La première rencontre est celle de David Charles Haeberli et moi… entre un médiéviste et un rappeur ! C’est déjà le rapprochement de deux mondes apparemment très éloignés. Aujourd’hui, il est difficile de dire quelle part des chansons vient de lui et laquelle de moi. La seconde se situe entre un passé historiquement informé et un message pour l’aujourd’hui. Et pour terminer, il y avait aussi le désir de faire se rejoindre des publics, a priori, très différents.

Le livret de la comédie, dont vous êtes l’auteur, a été adapté par Elie Chouraqui, mais vous êtes également le compositeur, avec David Charles Haeberli de toute la musique de la comédie ?
La réécriture a donné de nombreuses autres dimensions à la comédie. Premièrement, cela nous a certainement permis d’intéresser des personnalités, telles que Loris, ancien candidat à The Voice. Elie Chouraqui a donné les « codes » de la comédie musicale à mon livret. Quant à la composition, tout ce qui est musique de scène, ouvertures et qui accompagne l’action est de moi. Les chansons ont été composées à parts égales entre David Charles Hæberli et moi. 

De quelle manière vos études en théologie et votre foi ont-elles influencé la réalisation musicale de cette comédie ?
Quand on veut se mettre à la place de gens qui ont vécu huit cent cinquante ans avant nous dans une société très différente, il nous faut une porte d’entrée. En me baignant dans la musique de ces périodes, j’ai trouvé un outil de compréhension cordiale de cette civilisation. De même, comme chrétien, mes valeurs ont plus en commun avec celles du XIIe siècle que ceux qui voient le consumérisme ou le désenchantement actuels comme seuls horizons.

Après six représentations à succès à Neuchâtel, quelle est la suite ?
Il y a une ouverture pour une tournée en Suisse à l’automne 2025. De son côté, Elie Chouraqui prospecte pour que nous puissions nous produire en France. Nous avons aussi pensé à un ouvrage avec les dessins qu’a réalisés John Howe pour la comédie [ndlr. mondialement connu pour ses illustrations des livres de Tolkien et de la trilogie du Seigneur des Anneaux] et dont nous nous sommes servis pour les décors. Mais je ne peux pas en dire plus…

L’histoire en deux mots

La comédie musicale Rodolphe est une histoire du Moyen-Age et d’aujourd’hui contant la vie revisitée du premier comte de Neuchâtel, parti pour la croisade et que la découverte de la poésie sur le port de Marseille va transformer en troubadour. Préférant alors les chants d’amour aux chants de guerre, il rencontrera, l’amour, le deuil, la folie et la haine et finira par inventer la poésie courtoise germanique.

Bio express

Chef de chœur, auteur et compositeur neuchâtelois, Alexandre Traube cherche passionnément à créer des liens : entre l’Orient et l’Occident ; entre un passé ancien profondément enraciné et un acte créateur contemporain libre et vivant. Il consacre une part importante de sa vie à faire vivre ou revivre les trésors de la musique sacrée par des concerts ou mieux encore à travers la liturgie.

Vitrail de Cingria, Basilique Notre-Dame, Genève

Sous les traits de Marie-Madeleine, c’est l’Eglise de Genève qui s’incline devant le Christ.

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

La basilique de Genève et les œuvres qui l’ornent sont le témoignage de la riche et malheureusement parfois douloureuse histoire des chrétiens dans la ville. L’espace manque cependant pour tout vous raconter. Focalisons-nous donc sur un vitrail en particulier.

En 1912, ce qui n’était alors « que » l’église Notre-Dame de Genève1 est rendue2 aux catholiques romains. Des vitraux sont commandés pour marquer l’événement. Alexandre Cingria fait partie des artistes appelés. Il réalise plusieurs verrières avec la collaboration des ateliers Marcel Poncet. Parmi les œuvres, l’une fait scandale : une belle jeune femme aux bras nus s’incline devant un jeune homme musclé. Sous les traits de Marie-Madeleine, c’est l’Eglise de Genève qui s’incline devant le Christ.

Plus de cent ans après, il se peut que le style de ces vitraux nous étonne encore. L’œuvre est en effet vive et colorée. Ce sont de vrais corps en mouvements qui sont représentés. Si vous êtes dans l’église, amusez-vous à comparer avec les vitraux plus anciens.

Au premier registre, l’inscription en latin provient du prophète Isaïe : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Les nations marcheront vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton aurore. » (Is 61, 1. 3)

Elle se comprend dans le contexte historique. A partir de 1870, le gouvernement genevois prend une direction anticléricale. Les communautés qui refusent de se soumettre aux autorités civiles perdent leurs biens. Le 6 avril 1875, des scellés sont apposés sur l’église Notre-Dame. Les catholiques romains se retrouvent alors dans des granges ou des lieux similaires pour continuer à célébrer. 

La séparation entre l’Eglise et l’Etat, en 1907, entraîne un apaisement. Les paroles du prophète prennent un sens tout particulier. Le temps de l’exil est terminé, il est de nouveau possible de vivre ouvertement sa foi. On serait même tenté de dire que les tensions confessionnelles prenant fin, la Gloire du Seigneur peut enfin rayonner.

1 Il faut attendre 1954 pour qu’elle soit élevée au rang de basilique mineure.
2 Moyennant tout de même la somme de Fr. 200’000 de l’époque.

«Je fais mon boulot avec le cœur»

Texte et photo par Nicolas Maury

« C’est mon dizainier », explique Jean-Luc Uldry, lorsqu’on lui demande ce qu’il porte au poignet droit. « Il est composé de grains de chapelet et d’une croix. J’aime bien l’avoir sur moi et m’en sers parfois pour prier. »

Natif de Le Châtelard-près-Romont, le Fribourgeois est sacristain à Bulle depuis 2016, s’occupant principalement de l’église Saint-Pierre-aux-Liens. Sa profession ne doit rien au hasard : « J’ai grandi dans une famille pratiquante et fus longtemps servant de messe. J’ai toujours été attiré par l’Eglise. » Membre du conseil de paroisse de Le Châtelard pendant 22 ans, il a suivi pendant deux ans une formation pour le diaconat permanent. « Puis, j’ai eu une appréhension. Les gens me demandaient déjà de célébrer, entre autres, des baptêmes. Je me suis dit : « Oulahhh, je rentre dans un grand truc ! » Mon souci, c’est que je n’ai pas fait de théologie. Alors j’ai décidé que ce n’était pas pour moi. » 

Il voit alors passer une annonce, « celle mettant au concours mon poste actuel. Comme j’étais déjà sacristain à Le Châtelard, mais que les messes n’y étaient célébrées qu’une fois par mois, j’ai postulé. Ça a passé direct ! »

Ses tâches sont multiples. « Je prépare tout ce qui touche à la liturgie, avec les servants de messe – une cinquantaine à Bulle –, les lecteurs, le chef de chœur, l’organiste, les prêtres. Cela implique aussi de s’occuper des habits et des objets de culte. Je suis aussi concierge. » 

Jean-Luc Uldry, surnommé Ministre, coiffe encore une autre casquette, celle de président de l’association des sacristains du diocèse de LGF (117 membres). « Nous avons récemment fêté nos 90 ans. A travers cette association, je fais connaître mon métier et partage les joies qu’il procure. Lors des assemblées, nous prenons un temps pour la formation : les attitudes du corps pendant la messe, préparer le missel et le lectionnaire, entretenir les objets liturgiques… Je me mets volontiers à disposition des UP pour mieux faire connaître l’association ! »

Privilégier les contacts

Dans tous les cas, il privilégie les contacts humains. « Mon agenda est bien rempli, mais je fais mon boulot avec le cœur. Souvent, avant ou après la messe, les gens viennent discuter. » Et de raconter : « Il y a quelques semaines, une jeune servante de messe vient me dire que ses deux cousines sont dans les bancs. Je vais les saluer, nous discutons un peu et je leur demande si elles aimeraient faire comme leur cousine. L’une dit oui, l’autre non. Un moment avant la célébration, toutes les deux viennent me dire qu’elles veulent servir la messe. J’ai trouvé magnifique la manière dont ça c’est passé. »

Jean-Luc Uldry, Né le 30 juillet 1967. Habite Le Châtelard. Sacristain-concierge à Bulle. Sacristain à Le Châtelard. Président de l’association des sacristains du diocèse de LGF.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

L’amoureux de la Nature

Par Pierre Guillemin | Photo : DR

Jean-Marie Pelt est un humaniste amoureux de la Nature. Sa soif de la comprendre le pousse à l’étudier sans relâche. Pour lui, « la Nature est un besoin pour l’homme ».

Surtout, il questionne l’humanité dans sa relation avec elle. En contemplant la Nature et ses richesses, en contemplant l’homme au milieu de ce fascinant jardin, il rencontre Dieu : « Mon âme est un jardin que Dieu a dessiné. » Deux de ses livres nous donnent les clés de sa foi : Le jardin de l’âme et Dieu de l’univers, science et foi.

L’observation de la Nature est pour lui une formidable occasion d’ouverture au mystère et à la beauté de la Vie, don de Dieu : « La Nature, c’est l’ouverture vers ce qui est plus grand que nous. Ce n’est pas nous qui avons fait la Nature. » Il nous interroge : « Comment se fait-il que tout le monde soit mobilisé pour la protection de la Nature et que ça n’avance pratiquement pas ? C’est parce que nous n’avons pas acquis l’idée que nous faisons partie de la Nature par notre corps. Cette sensibilité qui devrait être au cœur de chacun n’est pas là. »

En étudiant la relation et la coopération entre les plantes, il s’interroge sur la relation et la coopération entre les êtres humains. Dans son livre Dieu de l’univers, science et foi, il questionne : « En lieu et place d’un monde de compétition sans compassion ni miséricorde, dur et cruel aux faibles, saurons-nous enfin construire un monde réconcilié et convivial ? »

Sa foi chrétienne est tout entière résumée dans sa réflexion, suite à sa lecture de l’encyclique Laudato Si du pape François : « C’est enfin la reconnaissance que la Nature fait partie de la Création, qu’il faut en prendre soin. Et non pas l’exploiter. C’est un tournant dans la théologie de la Création avec des références que je trouve très belles à François d’Assise, à Thérèse de Lisieux, à Bartholomée 1er et même à la sobriété heureuse, si chère à mon ami Pierre Rabhi. C’est un appel à toute la famille humaine pour que les enfants qui sont en train de naître puissent grandir sur une planète vivable. »

Moins, c’est plus – chaque geste compte!

La Campagne œcuménique 2024 clôt son cycle de quatre ans sur le thème de la justice climatique. Dans ce cadre, elle nous appelle à tout faire pour réduire considérablement nos émissions de CO2.

Par Action de Carême / Pain pour le prochain
Photos : ADC/PPP, AdC/Skiss

Pour renforcer la justice climatique, nous pouvons et devons assumer nos responsabilités et agir. Le réchauffement climatique n’épargne personne. Les périodes de sécheresse et les vagues de chaleur qui affectent la Suisse et accélèrent notamment la fonte de ses glaciers ont des effets beaucoup plus graves ailleurs. Les populations des pays du Sud en sont les principales victimes, alors que ce sont celles qui y ont le moins contribué. Qui plus est, elles manquent de moyens financiers pour y faire face et s’adapter à la situation. La bonne nouvelle est que si nous unissons nos forces, nous pouvons encore atteindre l’objectif de limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C d’ici 2050.

Ensemble, renforçons notre « empreinte de la main »

Nos actions individuelles visant à préserver le climat sont certes importantes. Cependant, il faut reconnaître qu’elles se révèlent insuffisantes à long terme pour minimiser notre impact environnemental. Notre mode de vie en Europe engendre en effet une consommation des ressources qui dépasse largement les limites de ce que notre planète peut générer. Par opposition à l’empreinte carbone, qui mesure l’impact des émissions de gaz à effet de serre d’une activité sur l’environnement, le concept d’« empreinte de la main » permet de se focaliser sur le potentiel d’économie des ressources. L’accent est mis sur les effets positifs de ce qui est réalisable et sur la mise en œuvre d’actions concrètes. Ce changement de perspective permet de passer du je au nous et de transformer un sentiment individuel de frustration ou de découragement en un mouvement de réussite collective. 

L’empreinte de la main nous emmène à la découverte d’initiatives et de projets existant près de chez nous. Laissons-nous inspirer par des idées innovantes, concrétisons-les ou développons-en de nouvelles ! 

Le concept novateur et engageant d’empreinte de la main élargit notre champ d’action, car il transforme notre évolution individuelle en cheminement collectif. Il peut être adapté à divers contextes tels que les groupes de réflexion et de confirmands au sein des paroisses. Il peut même servir de base à des échanges entre bénévoles ou à un événement d’équipe. 

–> Vous trouverez plus d’informations sur l’atelier animé par nos experts sur www.voir-et-agir.ch/empreintedelamain

Jour après jour – Nouveau ! Calendrier de Carême numérique

Désormais, vous pourrez aussi consulter votre calendrier en ligne et parcourir le contenu en toute tranquillité sur votre téléphone ou votre ordinateur. Au fil des pages du calendrier de Carême, vous trouverez des textes sur des actions en faveur du climat qui invitent à la réflexion. Pour le voir : www.voir-et-agir/calendrier

Le calcul est simple : moins de consommation = moins d’émissions de CO2 = moins de catastrophes climatiques. Cela signifie plus de justice climatique = plus de récoltes = plus de sécurité alimentaire. Si l’objectif de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C d’ici 2050 peut nous paraître optimiste et contraignant, il reste néanmoins
réalisable. A condition que nous fassions toutes et tous un geste.

Pour vos dons en faveur des projets d’Action de Carême, rendez-vous sur https://actiondecareme.ch/don-general/

Découvrez des projets et initiatives prises près de chez nous.

Un bilan positif de l’édition des Céciliennes nouvelles!

Les Céciliennes 2023 ont déroulé leurs fastes vocaux voici déjà trois mois à Cugy. Nous publions dans ces deux pages quelques reflets illustrés des deux rendez-vous de cette édition (concert profane et messe) aux allures de renouveau et dressons un premier bilan avec Maurice Bourqui, président du comité d’organisation.

Par Claude Jenny
Photos: André Bise (concert), Pierre Bondallaz (messe)

C’était la première fois que tous les chœurs mixtes des secteurs de Saint-Laurent et de la Haute-Broye étaient réunis pour une telle rencontre, soit au total dix chorales de la région. L’autre grande nouveauté a été introduite lors du concert profane sur le thème de l’eau avec des chœurs groupés pour certains chants. Dans une salle comble, il s’en est suivi un ballet de va-et-vient de chanteurs et chanteuses qui montaient et descendaient de scène et des alternances de directeurs. Si ces regroupements n’ont pas forcément contribué à la meilleure qualité des prestations, ils ont permis de présenter des ensembles aux effectifs augmentés. « Chanteuses et chanteurs ont vraiment apprécié de pouvoir chanter avec ceux d’une autre chorale » relève Maurice Bourqui qui juge l’expérience très positive. Le jeune Chœur du Cycle d’orientation de Cugy, comme chœur invité, a offert une prestation de haute tenue en ouverture de la soirée qui s’est poursuivie tard dans la nuit avec une partie festive. 

Une édition à succès

Des Céciliennes qui ne sont pas un concours vocal et il n’y avait d’ailleurs pas d’experts dans la salle comme autrefois. Ce côté plus décontracté a visiblement plu aux membres des chœurs : « L’ambiance a vraiment été excellente et la fête fut belle » déclare le président de l’organisation. « Nous allons faire un bilan plus fin durant les semaines à venir mais le fait que, tant au niveau de la fréquentation que sur le plan financier, cette édition est couronnée de succès. » 

La messe du dimanche

Le dimanche, tous les membres des chorales et une nombreuse assistance étaient réunis en l’église de Cugy pour la traditionnelle messe des Céciliennes. Une prestation d’ensemble avec un répertoire dans lequel les chœurs mixtes d’église sont à l’aise. Pour cette messe présidée par l’abbé Bernard, c’est la « Messe de Saint-Bernard » de Geneviève Moullet-Murith que l’ensemble des chorales a interprétée avec une direction tournante. Une formule qui n’était peut-être pas la meilleure, tant il n’est pas évident de tirer le meilleur d’un groupe de plus de 200 voix ! 

Combien de chorales demain ?

Quid de l’avenir ? Ces Céciliennes n’ont fait que confirmer que les chœurs d’église affichent un manque de relève. Il est donc possible que des fusions de chœurs soient prochainement à l’ordre du jour, voire que certaines chorales, malheureusement, doivent cesser leur activité faute de forces… vocales ! « Nous allons prendre ces éléments en compte pour l’avenir et il est donc encore prématuré de parler d’une prochaine édition » conclut Maurice Bourqui, un président visiblement heureux que cette édition 2023 ait été couronnée de succès.

Dix chœurs mixtes

Les dix chorales participantes : Aumont-Nuvilly, Cugy-Vesin, Echo de la Molière Murist, Ensemble de Surpierre et environs, Fétigny-Ménières, Font-Châbles-Cheyres, Lully-Bollion-Châtillon, Montet-Frasses, Notre-Dame des Flots et Saint-Laurent Estavayer.

La sobriété: notre boussole pour le temps du Carême

Vous le savez, nous le savons. Il suffit d’écouter la radio, de lire le journal, de regarder une émission ou de surfer sur le net. Les effets du changement climatique, ce n’est plus seulement ailleurs. Ils sont là, nous en faisons l’expérience… à notre porte. Christian et Marie-France Thurre sont, dans le cadre de leur mission diaconale, ambassadeurs d’EcoEglise dans notre diocèse. Ils nous en parlent.

Par Marie-France et Christian Thurre | Photo : DR

Il y a urgence ! – Vous voulez des chiffres ? Quel est le seuil à ne pas franchir avant l’emballement ? Quel effet aura, pas seulement un degré de plus, mais même un dixième de degré de plus ? Non, nous ne vous donnerons pas de chiffres. Ils sont dans les rapports comme ceux du GIEC et d’autres, et ils sont clairs. Oui, il y a urgence !

Il persiste et signe – C’était en 2015, peu de temps avant la COP21 de Paris. Elle portait pour nom Laudato Si’. Oui nous parlons de la Lettre encyclique du pape François. C’était en 2023, peu de temps avant la COP28 de Dubaï. Elle portait pour nom Laudate Deum. Oui nous parlons de l’Exhortation apostolique du pape François. Nous parlons au passé et pourtant l’une comme l’autre restent et demeurent d’actualité. L’une rappelle l’autre et en réactualise l’urgence ! François persiste et signe.

« Moins, c’est plus – chaque geste compte ! » – Voilà quatre ans que le thème « Justice climatique, maintenant ! » marque la campagne œcuménique menée par Action de Carême et EPER-Pain pour le prochain. Divers volets ont été explorés, comme celui du gaspillage ou encore celui de l’agroécologie. Pour la période de Carême de cette année un appel clair à la sobriété nous est lancé : « Moins, c’est plus – chaque geste compte ! »

Nous y entendons, en une formule plus concise, un écho de Laudate Deum (no 71) :
« L’effort des ménages pour polluer moins, réduire les déchets, consommer avec retenue, crée une nouvelle culture. Ce seul fait de modifier les habitudes personnelles, familiales et communautaires nourrit l’inquiétude face aux responsabilités non prises des secteurs politiques et l’indignation face au désintérêt des puissants. Nous remarquons donc que, même si cela n’a pas immédiatement un effet quantitatif notable, cela aide à mettre en place de grands processus de transformation qui opèrent depuis les profondeurs de la société. »

Dépoussiérons la boussole – Pour trouver son chemin une boussole est un instrument précieux. Mais si elle traine au milieu d’une étagère, elle va prendre la poussière et sera inutile.

Le temps du Carême est un temps propice pour dépoussiérer, se remettre en mouvement, rechercher le Nord ! Nous croyons que la boussole de la sobriété est un précieux guide pour cela. Dans ce « moins » nous trouverons de la place pour ce « plus » qui est notre Dieu, Sauveur et Créateur.

Nous laissons à François le soin de conclure avec son dernier paragraphe de Laudate Deum (no 73) :
« Louez Dieu » est le nom de cette lettre. Parce qu’un être humain qui prétend prendre la place de Dieu devient le pire danger pour lui-même. »

Un budget paroissial équilibré pour 2024

Présenté à la mi-décembre à une petite quarantaine de personnes lors de l’assemblée dite des budgets, le ménage financier de la paroisse Saint-Laurent Estavayer devrait rester au beau fixe l’année prochaine. Mais quid de la suite ? Les retraits d’Eglise font peser une menace. La paroisse devra aussi revoir à la baisse la déclinaison des messes dominicales.

Par Claude Jenny
Photo : Georges Losey

Présenté pour la première fois par Alexandre Bersier, nouveau responsable du dicastère des finances au sein du Conseil de paroisse, et la trésorière paroissiale Séverine Rey-Pillonel, ce budget 2024 affiche des prévisions saines avec un équilibre à hauteur de 3,1 millions.

A quelques petites variations près, ce budget est calqué sur celui de 2023 et aucune coupe importante n’a été opérée. « Nous n’avons rien voulu casser » a répété plusieurs fois le responsable financier, qui a pris ses fonctions en mai et a déjà œuvré à un affinage du fonctionnement financier de la paroisse, avec un controlling plus pointu et une organisation des structures paroissiales permettant une gestion plus efficace. Il a aussi promis une consultation plus large des divers organes de la paroisse (conseils de communauté, équipe pastorale, chœurs mixtes, etc.). 

Alexandre Bersier n’a toutefois pas caché que ce budget 2024 reposait sur des rentrées financières – entendez principalement l’impôt paroissial – quasi identiques. Ce budget 2024, qui avait reçu l’aval de la commission financière, a été accepté à l’unanimité.

Des retraits en nette augmentation

Lors de l’assemblée paroissiale de décembre dernier, le président Alexandre Duc a évoqué une question que beaucoup de personnes se posent : les événements récents qui ont secoué l’Eglise catholique – les nombreuses affaires dites des abus – ont-ils engendré un grand nombre de « retraits d’Eglise » ? Entendez des personnes qui font savoir qu’elles souhaitent s’afficher comme appartenant à une religion reconnue. 

Le président n’a pas caché que ces retraits avaient été plus nombreux ces derniers mois. De 79 en 2022, les retraits sont passés à 176, a-t-il annoncé. Et cette statistique, qui a probablement encore augmenté de quelques unités depuis l’annonce faite, aura forcément des répercussions au niveau des rentrées financières, mais il n’est évidemment pas encore possible d’en connaître l’ampleur.

Rappelons que les personnes qui se déclarent « sans religion » sont de ce fait exonérées de l’impôt paroissial qui est automatiquement prélevé dans le canton de Fribourg. Les paroissiens qui annoncent leur retrait ne font évidemment plus partie de la communauté paroissiale. Laquelle est alors en droit de facturer certaines prestations que ces personnes demanderaient, notamment lors des ensevelissements. Sur ce point, la pratique varie selon les paroisses, l’idée étant que l’on ne peut pas prétendre à un service d’une communauté à laquelle on n’appartient plus et qu’un service pour une célébration peut légitimement faire l’objet d’une facturation qui couvre les frais (cjy).

J’ai trouvé l’indispensable!

Louis au Col du Grand-Saint-Bernard.

Je rencontre Louis Gailland au printemps dernier. Son père avait auparavant préparé le terrain en m’apostrophant un jour au sortir de la messe : « Mon fils souhaiterait être baptisé : que faut-il faire ? » Du tac au tac, je lui réponds : « Que je le rencontre ! » Louis a 20 ans et si son patronyme fait penser à un ressortissant bagnard – ce qu’il est – il a grandi et vécu au Mexique, la patrie de sa mère. Il a été accueilli comme catéchumène à Martigny en décembre dernier et se prépare à recevoir le baptême à Pâques.

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photos : L. Gailland

Je me retrouve effectivement en Suisse, plus précisément dans le Val de Bagnes, grâce à mon père, Albert Gailland, qui en est originaire. Il a vécu plus d’une trentaine d’années au Mexique et, à ma naissance, a décidé de revenir en Suisse pour le confort de vie et la sécurité qu’elle offrait. Il est vrai qu’il y a une grande différence culturelle entre le Mexique et la Suisse, que ce soit au niveau des paysages qui sont plus qu’opposé mais aussi au niveau de l’attitude des gens et de leurs habitudes.

Mais, malgré toute ces différences, la Suisse et le Mexique ont un point commun, l’un des plus importants c’est que ce sont tous deux des pays de culture chrétienne. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours été proche de la religion et de Dieu : ma mère et mon père étant très croyants.

Au début, je ne m’intéressais pas vraiment à la foi chrétienne. Je croyais en Dieu, cela me semblait évident, mais ce n’était pas un domaine que j’avais envie d’approfondir. En réalité, j’avais une vision très archaïque de l’Eglise catholique. A chaque messe, j’avais plutôt envie de dormir, mais petit à petit, à force de fréquenter la messe un peu plus souvent de manière plutôt innocente et désintéressée, j’y ai trouvé l’indispensable. 

Un besoin de me rapprocher encore plus de Dieu m’a envahi. En prenant du recul, je perçois que je me suis rendu compte de la présence de Dieu tout au long de ma vie. Quand je pensais que tel événement pouvait être relié au hasard, je me suis rendu compte qu’il me fallait plutôt y reconnaître la présence de Dieu. Alors j’ai commencé à me rendre plus souvent à l’église et à participer à diverses soirées organisées par les jeunes catholiques de la région.

J’y ai perçu avec plus de force encore qu’il était indispensable que je prenne part à la vie de cette communauté, que je commence ce chemin vers Dieu et que je rapproche au mieux ma vie de celle de Dieu pour que les deux se croisent…

Je souhaite à tous les jeunes et à toutes les femmes et tous les hommes sur terre de vivre eux aussi cette rencontre salvatrice.

Au Mexique, alors qu’il était enfant.
Louis est passionné par l’image. Avec son ami Nicolas, ils ont fondé une entreprise de communication « Imperial Productions ».

L’église de Seiry sera restaurée

Souffrant des affres du temps, auxquels sont venus s’ajouter de gros dégâts suite au vilain temps qui a sévi dans la région en septembre 2022, l’église de Seiry a besoin d’une importante rénovation.

Photo : Georges Losey

Promesse avait été faite à la communauté de Seiry au moment de la fusion paroissiale de restaurer l’édifice le plus vite possible. Le moment est venu car attendre plus longtemps pourrait engendrer des infiltrations d’eau. Un crédit de 390’000 fr. a été voté par les participants à la dernière assemblée paroissiale de décembre dernier pour mener à bien ce chantier. La toiture, le clocher et les façades feront l’objet d’une rénovation complète. L’édifice a été inauguré en novembre 1884.

Une nouvelle qui va réjouir les Epouairis qui formèrent une petite paroisse indépendante jusqu’à la fusion. Avec ses quelque 200 habitants, la communauté de Seiry reste active en organisant plusieurs rencontres communautaires au cours de l’année pastorale. Ce fut encore le cas le 21 décembre dernier avec une « fenêtre » de l’Avent organisée après la messe. Une célébration a lieu un dimanche par mois et parfois le jeudi soir. L’abbé Bernard est le répondant de cette communauté qu’il s’efforce de soutenir de son mieux. (cjy)

Théologie enfantine

Par Myriam Bettens
Photo : Pixabay

Toutes ces années de théologie pour rien ! C’est vrai, rien de mieux qu’une enfant de quatre ans, en l’occurrence ma fille, pour vous remoucher (proprement) et vous apprendre qui est réellement « Zézus ».

Balaie-donc tes certitudes, chère maman, parce que celui qui « croise les zambes là-haut, c’est pas Zézus », me dit-elle pleine d’assurance. « Viens ze vais te montrer. » Je la suis docilement auprès d’une autre icône. Faut dire qu’elle aime les églises, surtout orthodoxes, un comble pour la protestante que je suis. Et elle pourrait y rester des heures. Pas pratique, lorsqu’on voyage en groupe et que les autres patientent sur le parvis… « Là, regarde. C’est lui Zézus », désignant une icône de l’enfant dans les bras de sa mère. Je lui explique que Jésus n’est pas resté un bébé toute sa vie. « Ze sais ! Mais il est pas non plus resté là », lance-t-elle en pointant une image du Christ en croix. « Il est allé vers Dieu. T’as oublié ou quoi ? »  Mon guide improvisé poursuit sa visite commentée de « la maison de Zézus ». Celle-ci se conclut sur une très ancienne icône de la Vierge. Je lui demande alors si elle sait qui est représenté. « Bien sûr, c’est Mona Lisa ! », lance-t-elle en roulant des yeux, exaspérée par mon ignorance.

Etendre les racines de la foi

En apprenant à connaître Myriam Bovet lors d’un pèlerinage alpin, je l’avais trouvée particulièrement rayonnante. Elle m’avait alors confié qu’elle avait rencontré Jésus dans son cœur à l’âge de 21 ans. Depuis, elle diffuse ce soleil christique dans chacune de ses activités. Tous les mois, elle se rend à Pramont pour y visiter des jeunes.

Par Christelle Gaist
Photos : DR

Rendre visite aux prisonniers fait partie des sept œuvres de miséricorde corporelles, les œuvres que les chrétiens sont invités à accomplir par amour pour Dieu et pour leur prochain. Les six autres consistent à nourrir l’affamé, abreuver l’assoiffé, accueillir l’étranger, vêtir les malheureux, soigner les malades et ensevelir les morts *.

Myriam dédie une bonne partie de son temps à Jésus et à son Eglise. Cette maman de quatre enfants enseigne la catéchèse ; elle assure le service de la sacristie et fleurit l’autel de l’église de Dorénaz. Elle est aussi bergère d’un groupe de prière… pour ne citer que quelques-unes de ses activités.

Adolescente, elle remarque déjà le pénitencier de Sion aujourd’hui transformé en musée. Elle se demande comment la vie se déroule au sein de tels établissements. Ce n’est que des années plus tard, en 2018, à la suite d’un témoignage, qu’elle rejoint le groupe « Parole en Liberté » et qu’elle en pousse finalement les portes. 

A l’établissement de Pramont, les rencontres mensuelles se déroulent de la manière suivante. Au sein de petits groupes, les intervenants échangent avec les jeunes sur des thèmes choisis en amont. Le but est d’offrir un espace de parole. Ils partagent également un moment de jeux. Myriam souhaite dans le meilleur des cas leur apporter un peu d’espérance. Les échanges sont nourrissants pour tous, c’est un beau moment d’humanité.

Pour nombre de ces jeunes, c’est une vraie souffrance d’être enfermés entre quatre murs. Ils souhaitent en sortir meilleurs qu’avant. Myriam partage une image avec moi, celle d’un arbre qui aurait été renversé par une tempête ou tronçonné. Contre tout espoir, une pousse en émerge, signe d’une grande résilience. Les racines de la foi ne peuvent être coupées et elles permettent toujours une renaissance. 

* Il y a également sept œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, et prier Dieu pour les vivants et les morts.

Sur le chemin de mon entretien avec Myriam, les peupliers n’avaient pas dit leur dernier mot.

2024, année du 100e pèlerinage interdiocésain à Lourdes

En train, en bus, en avion, mais aussi à pied, à moto ou à vélo : tous les moyens de transport seront bons en 2024 pour se rendre à Lourdes pour le 100e pèlerinage interdiocésain du printemps, du 19 au 25 mai. Les organisateurs veulent marquer ce jubilé par de nombreuses initiatives pour faire connaître le message de Lourdes.

Par Claude Jenny

Lourdes, c’est le pèlerinage annuel des chrétiens de Suisse romande. Certaines années, ils furent jusqu’à 4000 à se rendre au pied de la grotte de Bernadette Soubirous, notamment en 1972 pour l’année du 50e pèlerinage interdiocésain de printemps. L’année dernière, ce sont près de 1400 personnes (pèlerins, malades, hospitaliers, personnel médical) qui sont allés vivre ce temps particulier que les malades vont chercher à Lourdes.

Là, où, dans un petit village, en 1858, vivait une famille extrêmement pauvre, du nom de Soubirous. Une fille de 14 ans, prénommée Bernadette, verra 18 fois la Vierge Marie. Depuis ces apparitions, jusqu’à 15’000 personnes sont venues quotidiennement à Lourdes. On parle de visites de Suisses depuis 1873 et en pèlerinage avec des chrétiens français dès les années 1890. 

Depuis 1910 un pèlerinage suisse

Mais c’est en 1910 que le pèlerinage de la Suisse romande à Lourdes a été créé officiellement et il sera organisé chaque année. Les deux guerres et le Covid ont engendré des interruptions. Le 50e pèlerinage fut marqué en 1972. Le 100e aurait dû l’être en 2022. La pandémie en a décidé autrement. Qu’importe, le rendez-vous est pris : c’est pour tantôt, en mai 2024, pour le pèlerinage interdiocésain de printemps.

Autres informations 

www.pelerinagelourdes.ch
ou auprès de Mme Anne-Marie Kolly, 
lgf@pelerinagelourdes.ch
tél. 079 245 21 30

De multiples initiatives pour un centenaire…

Désireux de marquer cette année du 100e pèlerinage interdiocésain à Lourdes, l’équipe organisatrice a décidé d’organiser plusieurs rendez-vous ou initiatives en lien avec ce jubilé et destinés à faire découvrir ou redécouvrir le message de Marie à Bernadette.

A relever :

• Les chapelains de Lourdes seront en visite en Suisse romande du 17 au 25 février et s’exprimeront lors de diverses célébrations dans plusieurs villes romandes : Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel et Bulle.

• Le samedi 17 février, le spectacle musical « Bernadette  de Lourdes » sera proposé à l’Arena de Genève (à 15h et 20h).

• En février prochain, le film « Je m’appelle Bernadette » sera projeté dans plusieurs lieux de Romandie.

• Le 19 mai 2024, soit durant le pèlerinage, une messe sera retransmise à 9h sur les ondes de la Radio romande (Espace 2) en direct de Lourdes avec la participation de la chorale du pèlerinage. Cette messe sera diffusée dans le train et les bus qui seront en route pour Lourdes.

… et des douceurs à acheter et déguster !

Toujours dans le but de récolter des fonds pour financer les frais de voyage et de séjour des malades qui se rendront à Lourdes en mai prochain, les organisateurs mettent en vente quelques douceurs réputées de qualité fabriquées par des producteurs fribourgeois et dont le prix de vente sera légèrement majoré pour la bonne cause. L’objectif est de récolter en un semestre la somme de 35’000 francs.

Il s’agit d’abord de boîtes de chocolat Villars recouvertes d’un emballage spécial ainsi que de cornets des fameux biscuits du Carmel du Pâquier déclinés sous diverses saveurs. Commandes et paiements possibles par Twint au 079 245 231 30.

Sur les pas de Bernadette

Propos recueillis par Claire Moullet

Nous publions ci-dessous le témoignage d’une paroissienne de Cheyres, Marie Pillonel, qui s’est rendue à plusieurs reprises en pèlerinage.

« La première fois que je me suis rendue à Lourdes c’était en mars 1998, j’allais être grand-maman quelques mois plus tard. Etant retraitée, nous avons décidé, avec une amie d’enfance, de nous rendre une semaine à Lourdes. Naturellement, à cette période de l’année il n’y avait pas de pèlerinage organisé. Nous avons visité tous les endroits concernant le parcours de vie de Bernadette. L’endroit qui m’a le plus bouleversée, c’était l’immersion dans la fontaine. J’ai ressenti une grande émotion et j’ai pleuré mais pas de chagrin, mais d’un moment inexplicable de bien-être et me suis dit : ici il s’est passé une chose extraordinaire et surnaturelle.

En 1999 et 2001, je me suis inscrite comme hospitalière. Je voulais apporter ma modeste contribution en aide à ces personnes qui souffrent et peut-être, leur donner une chance de ressentir ce moment de bien-être que j’ai vécu. 

Il y a une chose que j’ai constatée : le sourire des personnes aidées nous apporte beaucoup plus que ce qu’on leur donne. » 

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