Ils sont nés…

Ces enfants du Divin, sources constantes d’émerveillement… Leurs parents nous partagent leur expérience d’une nativité vécue, incarnée, traversée, le cœur tout tremblant de bonheur et d’inquiétude… Un éclat de Royaume qui affleure dans notre monde…

Myriam : émerveillés au quotidien

« L’arrivée de Matthieu a chamboulé nos vies. Les priorités sont tout à coup autres : ce petit qui dépend entièrement de nous, nous appelle à nous donner sans limite. Le jour… et souvent la nuit ! La fatigue des premiers mois nous rend parfois moins disponibles pour l’autre, pour soi et pour se recueillir. En même temps, cette vie plus intense est aussi une source quotidienne d’émerveillement !

Depuis l’arrivée de Matthieu, je ressens de façon très forte la responsabilité d’assurer à notre enfant, autant que l’on peut, sa sécurité et son épanouissement. Je sais que ce sentiment perdurera, indépendamment de l’âge de Matthieu ! Cette expérience inattendue me permet de mieux comprendre mes propres parents. Aujourd’hui Matthieu déborde de vie, de curiosité. Nous sommes reconnaissants pour ce petit qui dégage tant de joie. Merci Seigneur ! »

Romana : un nouveau départ

« Nina a deux ans, mais depuis qu’elle a « atterri » dans notre vie, chaque instant est gravé dans notre mémoire ! La naissance de notre fille, c’est comme un nouveau départ… J’ai le sentiment qu’elle est un cadeau du ciel. Elle a apporté un sens à ma vie et beaucoup de changements. Mes priorités ont changé. Avant j’attachais de l’importance aux choses matérielles, à ce que la société met en valeur. Aujourd’hui ce qui compte, c’est qu’il ne manque rien à ma fille… Notre vie a vraiment changé : nous vivons beaucoup d’émotions, beaucoup de joie ! Aussi pour nos familles car Nina est la première petite-fille dans la famille. Il y a une relation très forte entre nous et, avec un regard, on arrive à comprendre ce qu’elle ressent… c’est fou ! »

Hugo : tout pour elle… 

« La naissance de notre fille, c’est un cadeau du ciel ! Je l’ai pris comme une nouvelle chance qui nous a été accordée. Cela m’a beaucoup changé. Je me suis épanoui et calmé : devenir parent c’est dur et à la fois bénéfique… Sa présence m’apporte beaucoup de bonheur, de joie, de rires, mais aussi des peurs, car c’est un bébé et il n’existe pas de mode d’emploi. On apprend avec d’autres sur le tas… Au final, c’est une joie de vivre quotidienne. Incroyable ! Je souhaite à tout le monde de devenir parent, car je trouve qu’il n’y a pas de mots pour expliquer ce bonheur… ça part de rien et cela devient notre tout. C’est troublant de se dire qu’au départ il y a cette relation entre père et mère et qu’aujourd’hui il y a cet être humain… ça montre à quel point nous sommes vivants et combien nous voulons vivre… Ma fille, c’est toute ma vie, je donne tout pour elle… »

Julien : grisant et inquiétant !

« La venue au monde de Priam a été un grand évènement. J’ai toujours souhaité devenir père mais rien ne pouvait me préparer à l’intensité d’un tel moment. La première étape, c’est l’attente : neuf longs mois durant lesquels j’ai fait le maximum, toujours ce sentiment d’inutilité. Je me sentais en retrait, un peu spectateur. L’accouchement en lui-même a été le moment le plus intense de ma vie. Son premier cri résonnera toujours comme une musique inégalable. Sentir cette vie qui démarre est à la fois grisant et inquiétant. 

Le retour à la maison fut un jour de fête. Nous l’avons présenté à notre famille. Lorsque votre enfant est là les choses ne changent pas radicalement. Elles se transforment petit à petit au gré des expériences vécues. Nous apprenons chaque jour. Je donnerais un seul conseil à de futurs parents ce serait : n’ayez pas peur de vous tromper, cela arrivera ! Le plus important est de bien réagir. »

Karine : apprendre à aimer…

« Lorsque j’ai su que j’étais enceinte, j’ai d’abord eu très peur, peur du changement de vie, de la perte de ma liberté. Au fur et à mesure que le bébé grandissait en moi, j’ai appris à aimer cette vie en moi. Les sentiments touchants comme les premiers coups arrivaient. A sa naissance, la phrase de la sage-femme « Vous allez bientôt rencontrer votre bébé » m’a laissée de marbre. Je me fichais de le rencontrer ; je voulais qu’il vive, qu’il sorte sans plus d’encombre. J’ai pris conscience que ce n’est qu’en poussant sans retenue que ça arriverait, j’ai accepté et il est venu. Il fallait que je souffre pour qu’il naisse, et c’est la vérité la plus ancestrale que j’ai pu expérimenter dans ma chair et mon âme. 

Quand cette merveilleuse sage-femme a posé mon bébé sur moi, ce n’est pas un sentiment d’amour, ni même de reconnaissance qui s’est opéré en moi. J’ai ressenti le besoin de prendre soin de cet être. Ma première phrase a été : « Oh ! Non, ne pleure pas mon bébé ! » Je voulais juste qu’il soit bien, rien d’autre. L’amour pour mon bébé grandit au fil des jours. Il prend des pics merveilleux aux premiers sourires.

Le changement de ma vie, c’est de vivre avec l’inquiétude qu’il puisse lui arriver quelque chose, qu’il soit malade, qu’il souffre… Mais aussi le stress de le manipuler correctement, de préparer un déplacement ou de voir les gens interagir avec lui. J’ai du souci, mais je suis portée par ses sourires et ses gazouillis. »

Si tu avais pu vivre Noël…

Si tu avais pu assister à la naissance de Jésus, il y a près  de 2000 ans, dans quel personnage de la crèche aurais-tu aimé la vivre ? Telle est la question que nous avons posée autour de nous, sous la forme d’un micro-trottoir. En voici quelques florilèges. 

Textes et témoignages proposés par Sandrine Mayoraz, Stéphanie Reumont, Nicolette Micheli
Dessin : DR

« Je suis un peu prétentieuse… Marie. Elle a été choisie par Dieu pour porter son Fils. C’est un honneur. J’aime beaucoup les bébés et je trouve que Marie c’est une maman à laquelle je peux m’identifier dans beaucoup de situations : elle a souffert, elle a eu aussi beaucoup de joies et elle a eu cette mission assez incroyable. Et surtout, elle a cru. C’est magnifique. Elle a vraiment fait confiance et on peut la prendre en exemple. » Mary-Lou, 60 ans

« Moi, j’aimerais être l’âne car il est toujours prêt à rendre service. Il a déjà porté Marie, fatiguée avant la naissance de Jésus, il suivra la Sainte Famille exilée en Egypte et il portera Jésus triomphant à Jérusalem. » Un grand-père

« Je choisirais Marie. Je me sens proche de cette femme discrète, qui donne sa confiance à Dieu en toute humilité. Femme qui s’inquiète, a peur, mais est tellement courageuse au pied de la croix. Elle nous donne force et espoir dans notre vie de tous les jours. » Astrid, secrétaire des paroisses du Haut-Lac

Réponse en famille : Le papa : « Jésus, pour être le Dieu. » Naomi, 8,5 ans : « Marie parce que c’est la seule fille. »Loane, 4,5 ans : « Un ange pour voler dans le ciel. » La maman : « Un ange pour veiller sur les autres. »

« Moi j’aimerais être l’un des bergers parce que ce sont les premiers qui ont été avertis par les anges de la naissance de Jésus et sont accourus voir l’Enfant dans la crèche. » Une maman

« C’est le mouton. Car c’est un souvenir d’enfance. On avait le droit de jouer avec la crèche et on avait plein de moutons. Chaque année on voulait agrandir le troupeau et mon frère rajoutait aussi des vaches pour faire un peu plus valaisan. Je me dis que ces moutons sont là « par hasard ». Ce n’est pas pour eux que Jésus est venu. A leur insu, ils ont vécu un événement incroyable. Et voilà, je me dis qu’à notre insu, on vit aussi des événements qu’on ne sait que par après qu’ils ont changé notre vie. » Sandrine, 34 ans

« Les trois rois mages. Parce que ce sont les premiers qui ont compris que Jésus était important et ils se sont dit « on va lui offrir des cadeaux ». » Léana, 15 ans

« J’aimerais être Gaspard, un mage. Parce qu’il apporte un cadeau ! Et aussi parce qu’il a de beaux habits. Ceux qui ont des habits troués et sales, ils sont sûrement pauvres, mais lui il a l’air d’être riche. Et il partage ses richesses. Il offre un beau cadeau à Jésus. » Jonah, 7 ans

Un chant fil rouge pour l’année pastorale: «Notre soif intérieure»

Le 17 septembre dernier, nous avons ouvert l’année pastorale 23-24 avec un fil rouge pour orienter et stimuler nos actions et nos réflexions pastorales. Celui-ci se décline sous la forme d’un slogan, « Jésus, ma soif et ma source », ainsi que par un chant intitulé « Notre soif intérieure ».

Par Rachel Jeanmonod

Déjà largement diffusé via notre site internet ainsi que par le biais d’un signet offert aux paroissiens et à disposition toute l’année dans les différentes églises de notre paroisse, cette composition vous est présentée ici en format partition. Inspiré de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine (Jn 4, 5-26) le texte exprime sous forme de prière, cette invitation à accueillir le don de Dieu, en laissant grandir en nous notre soif intérieure qui nous pousse à le chercher, Lui, la source d’eau vive. Que le peuple de Dieu que nous sommes s’abreuve à cette source qui est le Christ afin que jaillissent de nous des torrents de vie et d’amour donnés et reçus gratuitement. 

Le chant peut être écouté sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=Eot8DtadCjE
Paroles et musique : Rachel Jeanmonod

Un magasin où l’on ne vend rien

Je rencontre Jean-Manuel au Café du Parvis. Il passe et regarde, étonné par ces tables et ces chaises en couleurs aménagées sous les marronniers devant la Maison de la Visitation. Je le hèle en lui disant qu’il y serait le bienvenu car on n’y vend rien et que chacun est le bienvenu. 

Propos recueillis par Pascal Tornay | Photos : valaissurprenant.ch, DR

Ce jour-là, je ne savais pas que mes paroles allaient rejoindre le rêve de Jean-Manuel D’Andrès. Patron d’une serrurerie de la place, il a consacré une partie de sa maison, quelques fonds, sa passion et sa retraite à l’ouverture d’un magasin, rue d’Octodure, où, justement, on ne vend rien… Allons visiter.

Jean-Manuel, comment l’idée d’une entreprise aussi insolite que (d)étonnante a germé ?
A la suite de la vente des terrains et locaux où se trouvait notre entreprise familiale, ma première idée était d’occuper ma retraite en vendant des outils pour la sculpture sur bois. Pour ce faire, je disposais de ce local à la rue d’Octodure qui m’appartient par héritage. En discutant avec ma femme, elle m’a fait prendre conscience que tenir un magasin de vente serait assez contraignant et que ce ne serait pas vraiment la retraite ! « Et si j’ouvrais un magasin où l’on ne vend rien ? Je n’aurais aucune contrainte », me suis-je dit. Ouverture selon mes disponibilités, pas de complication comptable : le rêve, quoi ! J’ai donc acheté des sculptures, des tableaux, des photos – mes coups de cœur – que je présente aux visiteurs sans aucune intention de vente. Je tiens à préciser que, sans l’argent obtenu par la vente des terrains de l’entreprise, ce rêve n’aurait jamais pu se réaliser.

Le lucre n’est visiblement pas votre obsession…
Avoir de l’argent sur un compte en banque, c’est rassurant, mais en posséder plus que nécessaire vous procure plus de soucis que de bonheur !

Vous ne vendez rien, c’est entendu. Mais pour quelles bonnes affaires devrait-on venir chez vous alors ?
Après huit mois d’ouverture et beaucoup de rencontres, la majorité des visiteurs me dit apprécier ma démarche. Surtout parce que je leur apporte une preuve tangible que, dans notre monde où l’argent est roi, des initiatives non mercantiles existent et sont source de joie !

Ça les rassure sur l’espèce humaine ! Je précise que je n’ai pas le monopole de l’offre non rémunérée, mais que, contrairement au labeur de beaucoup de bénévoles ou de personnes aidantes, mon Magasin où l’on ne vend rien bénéficie d’une grande visibilité.

Qu’aimez-vous donner à vivre comme expériences à vos visiteurs et visiteuses ?
Grâce à ce local original, à mon enthousiasme et mon plaisir à présenter des œuvres originales, j’essaie de faire passer un bon moment à mes hôtes et de susciter un dialogue. J’espère qu’à notre époque où, dans toutes les villes on retrouve plus ou moins les mêmes enseignes, ma contribution insolite, participe à l’attractivité de notre cité et particulièrement de ce vieux quartier du coin de la ville où a résidé une grande partie de ma famille…

Comment voyez-vous évoluer le « Magasin où l’on ne vend rien » ces 10 prochaines années ?
D’abord, je me suhaite de garder le plus longtemps possible une bonne santé ! Quant à l’évolution du Magasin, je n’aime pas les choses trop planifiées. Je préfère laisser faire le hasard qui souvent fait bien les choses. Je suis convaincu que grâce à mes nombreuses et enrichissantes rencontres, de nouvelles surprises vont se profiler.

Contact :

Le Magasin où l’on ne vend rien, 
c/o Jean-Manuel D’Andrès

Rue d’Octodure 5 
1920 Martigny 
Tél. : 076 725 76 33
E-mail : manupont57@gmail.com

Ouverture : lorsque je suis sur place ou sur rendez-vous.

Des dessinateurs amateurs ou professionnels…

Je cherche des dessinateurs : amateurs ou professionnels. En effet, je mets régulièrement en évidence dans mes vitrines des phrases commençant par « J’aurais pu vous vendre » avec une suite plus ou moins humoristique… Je cherche des personnes trouvant du plaisir à illustrer ces phrases au format A4. Ces illustrations seraient affichées contre une paroi de mon Magasin. 

Une liste des premières phrases peut vous être fournie sur demande ou mieux encore, venez directement les lire sur mes vitrines…

A la rue d’Octodure 5, on ne vend rien !
Un lieu aussi insolite que les objets qu’il abrite…

Histoire véritable d’un petit sapin de Noël

Découvrons une composition de Thérèse Planchamp, originaire de Vouvry, en religion sœur Sainte-Marguerite, des Franciscaines de Sainte Marie des Anges, née en 1902. Elle vécut dans un couvent à Agadir, au Maroc.

Texte abrégé, proposé par Yasmina Pot avec l’aimable autorisation de la famille de sœur Sainte-marguerite
Photos : Unsplash.com

Il y avait une fois, il n’y a pas bien longtemps, dans une jolie forêt, entre deux villages assez éloignés1, un petit sapin, bien planté et qui commençait à s’épanouir harmonieusement entre ses parents, petits frères et petites sœurs, oncles et tantes. Il avait peut-être une dizaine de printemps. Tout petit déjà, pas plus haut qu’une pomme de pin, il se mesurait avec les perce-neige, les violettes, les primevères et anémones, qui se disputaient une place dans la mousse pour être au frais et un peu au soleil.

En été, qu’il faisait bon sous l’ombrage des grands sapins ! Le torrent qui passait tout près, tantôt grondant, tantôt chantant, lui envoyait un peu de rosée à la fin des chaudes journées. L’automne, les bolets, agarics, mousserons, et d’autres petits champignons, mignons dans leurs costumes vert de gris, répandaient dans tout leur voisinage un léger parfum d’anis. Mais l’hiver arrivait trop vite pour le petit sapin qui, même blotti à l’abri, au pied de sa mère, avait de la neige jusqu’au cou – quelques heures de bourrasques encore et il était complètement enseveli. 

Le départ

Sa jeunesse se passa ainsi et chaque année avait agrandi sa taille de quelques centimètres. Mais il ne savait pas, l’automne venu, qu’il ne verrait plus refleurir les perce-neige en se réveillant après son long sommeil hivernal. Voilà qu’un matin d’une journée brumeuse de décembre, il aperçut à travers le brouillard un homme avec son petit garçon ; ils avaient l’air de chercher quelque chose. Il se frotta les yeux pour mieux y voir car ça ne pouvait pas être des promeneurs, ni des chasseurs. 

Tout à coup le petit garçon cria en l’apercevant : « Papa, papa, regarde ici, en voilà un joli, pas trop grand, bien régulier ! » Et le papa jugea lui aussi qu’il ferait un gentil arbre de Noël qui, en apportant dans ses branches le parfum de la forêt, procurerait un immense plaisir à sa sœur, perdue là-bas, au fond du Maroc. Alors, s’armant de son couteau, il trancha le pied du pauvre petit sapin. L’homme mit le sapin sous sa veste et revint à la maison comme en cachette, par les raccourcis (car il est défendu de couper les petits sapins). 

Le petit sapin, tout transi, fut heureux de se trouver dans la tiédeur du logis. Tout de suite on lui fit au pied un bon pansement humide, avec de la mousse, du papier mouillé, un bout de nappe en plastique pour que l’eau reste plus longtemps – cela lui fit grand bien et le soulagea de sa blessure. Il fut ficelé et enveloppé lui aussi dans du papier fort, comme un saucisson. 

Le voyage

Il prit le chemin du bureau de poste. Il se demandait où on pouvait bien l’emmener ! Pendant qu’on l’emballait, il avait entendu un nom étrange, en même temps qu’on griffonnait sur son dos. Mais pour lui c’était le mystère, c’était la nuit. On le jeta parmi des paquets, le sac du courrier, dans le fourgon de l’autobus ; il commençait à s’endormir, bercé au fond de l’auto, quand on l’attrapa pour le lancer dans un wagon de chemin de fer. Un jour il passa à un guichet avec tous ses compagnons de captivité et fut embarqué sur un grand bateau. Il fit la traversée de la Méditerranée sans être malade et pourtant c’était son premier voyage. Le troisième jour le bateau s’arrêta, des hommes parlaient un langage rude qu’il n’avait jamais entendu. Il n’y voyait plus depuis un mois, il ne savait plus ce qu’il devenait ! Une dernière course en auto et il arriva enfin à destination après 34 jours de voyage.

La Crèche

Vite on le déballa avec l’angoisse de le trouver mort, mais, ô surprise, son pansement humide lui avait permis de vivre tout son long voyage sans mourir de soif. On lui servit une grande boîte d’eau, pas bien bonne pour une réception, mais il en but à longs traits, il étira ses membres, bien plus engourdis qu’au printemps.

Il fut salué avec joie dans le petit couvent car toute la communauté le croyait mort. Il revit, près de lui, la mousse, les petites fougères, le lierre, aussi frais que le jour où ils avaient disparu à ses yeux. Le petit sapin, bien rafraîchi, était tout heureux de revoir le soleil, mais déjà chaud comme en été, pourtant il n’avait pas encore vu ni perce-neige ni primevères et il y avait d’autres fleurs, d’autres arbres et des espèces de sapins minces et longs comme des peupliers. Alors il se rappela qu’on avait parlé du Maroc et que c’était dans ce lointain pays qu’il était en ce moment. 

Après s’être rempli de nouveau les poumons d’air frais de la nuit, on le porta à la chapelle du couvent où la Crèche l’attendait depuis Noël et c’était le 11 janvier. On lui mit, sur sa tête, la belle étoile des Rois Mages. Tout heureux et tout fier, il étendit ses branches au-dessus de la grotte où se trouvait le Petit Jésus sur les genoux de sa Maman. A côté, Bethléem, semblable à un douar marocain, veillait au pied de la montagne. Sur le chemin, dans la nuit, seuls un dromadaire avec son cavalier, sortant silencieusement des remparts, allaient à leur tour adorer l’Enfant-Dieu.

Que c’était étrange tout cela. Et les prières et les chants, il assistait tout recueilli, tel un ange, à la messe tous les matins et le soir. Tout ému, il écoutait les cantiques de la Bénédiction, c’était nouveau ; c’était aussi beau que le chant des sapins dans le vent et les mélodies des oiseaux de la forêt.

Qu’il était content d’avoir les honneurs de la Crèche ! Mais le pauvre petit sapin sans en avoir l’air, malgré que son pied était dans l’eau jusqu’à la cheville, le petit exilé se mourait lentement de soif à son tour. On s’en aperçut le matin qu’il fallut enlever la Crèche. Toutes les aiguilles du gentil petit sapin s’éparpillèrent autour de lui, avec un bruit léger… mais triste.

Le joli petit sapin de Noël, venu de sa lointaine forêt, avait rendu, doucement, son innocente petite âme, heureux d’avoir pendant quelques jours, abrité le Petit Jésus et sa jeune Maman dans un petit couvent d’Agadir (janvier 1957).

1 La forêt de l’Avançon, les deux villages sont Vouvry et Vionnaz.

Estavayer: la chapelle de l’HIB transformée en crèche géante

Depuis le 26 novembre et jusqu’au 14 janvier, une église entière est transformée en crèche ! La chapelle de l’hôpital d’Estavayer a en effet été réquisitionnée pour y accueillir la « Crèche des 5 sens », la plus imposante de Suisse romande sans doute, œuvre de deux amis, Créa Calame et Maurice Bianchi. Rencontre à J-25 alors  que le lieu n’est encore qu’un vaste chantier.

Par Claude Jenny
Photos : Georges Losey

« Nous sommes à l’œuvre depuis le 9 septembre mais tout va bien, aucun problème et tout sera prêt pour l’ouverture » rassure la Grandsonnaise qui, avec son compère chaux-de-fonnier consacrent chaque année un millier d’heures pour mener à bien ce chantier exceptionnel. Ils n’en sont en effet pas à leur coup d’essai puisque « La Crèche des 5 sens » a déjà tourné dans plusieurs villes romandes. L’année dernière, elle était à Vallorbe. Cette année, c’est l’Office du tourisme d’Estavayer qui a pris l’initiative d’intégrer cette œuvre dans le traditionnel parcours des crèches staviacois, dont elle sera à coup sûr une attraction.

Lorsque vous pénétrez dans l’église, le choc est garanti puisque vous êtes transportés dans un village sicilien du 17e siècle qui, sur quelque 150 m2 accueille environ 1200 personnages – créations de deux artistes siciliens – qui représentent toute la vie d’une communauté villageoise où, le 24 décembre, le Messie viendra au monde. Et c’est dans ce village que Joseph et Marie cherchent un endroit pour se reposer dans l’attente de l’heureux événement. Au fil des jours, on peut les suivre à travers le village pour arriver finalement dans le « quartier de la nativité ». Et les rois Mages se mettront en marche… Toutes les activités d’un village y sont reconstituées avec une minutie – et une beauté ! – qui font de cette crèche une œuvre d’art.

« Oui, il faut regarder le volet artistique de cette crèche » dit Créa Calame. Mais pas seulement ! Il faut la reporter dans la vie d’aujourd’hui. Il faut voir dans ce parcours de la Bible un message d’espérance, une volonté de l’Orient de venir vers l’Occident » explique Créa Calame, intarissable sur chaque détail de la crèche. 

Quelque 100’000 visiteurs l’ont visitée dans la localité de Morteau, proche de la frontière suisse. Ne manquez pas de vous rendre à la chapelle de l’HIB ! Tous les jours de 10h à 20h. Des bénévoles sont encore recherchés pour assurer les permanences. Plus d’informations auprès de l’Office du tourisme d’Estavayer.

Paul Taramarcaz, l’aventurier du ciel

Paul Taramarcaz (1934-2023) est connu comme champion du monde de voltige aérienne, à bord de son avion biplan rouge, le Pitts Spécial N8069. Durant des décennies, il a survolé la vallée du Rhône, dessinant des vrilles acrobatiques, sa signature inimitable. Figure incontournable de Verbier, avec son « Tara Club », Paul est devenu aussi un aventurier de la foi, alignant sa trajectoire de vol sur celle du Seigneur de la vie, devenu son Pilote. 

Paul Taramarcaz à Verbier, le 12 février 2023.

Par Olivier Taramarcaz
Photos : Olivier Taramarcaz, DR

« Les vrais voyageurs sont ceux qui, au moment de partir, disent toujours : allons ! » (Charles Baudelaire) Paul a été l’un de ces vrais aventuriers. Il suffisait de s’asseoir un instant à ses côtés, pour se retrouver sur une rampe de lancement, sur la piste de décollage. Paul nous emportait, de son cockpit, posté à l’entrée de Verbier comme un nid d’aigle. De sa main d’artiste, il savait piloter les mots, les colorer de la palette de son nuancier.
Paul ouvrait des fenêtres. Il introduisait de l’inattendu là où tout était codifié. Paul a habité le présent, mis du dimanche dans le lundi. 

Chez un aventurier, c’est l’aventure qui fait le héros, non le héros qui fait l’aventure. Paul a été un aventurier attaché à vivre. D’abord vivre. Il a porté ses rêves d’enfant, caressant la vie comme un visage aimé. Un jour, alors que nous échangions sur une terrasse de café à Verbier, il stoppa net son propos : « Je m’arrête, nous avons une visite », pointant du regard un jeune rouge-queue noir, posé sur la balustrade, juste avant son envol. Joignant ma main à la sienne, il me confia : « Je n’ai pas de lunette d’approche, mais je sens que le temps est proche. J’arrive à la conclusion. » J’ai mesuré l’attachement de Paul aux battements du cœur. Ensemble, nous avons cueilli l’infime, le peu, le très peu qui change la vie : la bienveillance. Dans cette liberté de l’échange, comme unique port d’attache, nous avons goûté au désir de vivre chaque instant comme le premier et comme l’ultime. Alors que nous évoquions la finitude, il affinait sa pensée, comme un artiste rehausse son aquarelle : « Le fini, c’est ce qui n’est plus, l’infini,
ce qui est. »

Paul a battu des ailes sous le ciel, comme le petit prince des airs, tel un papillon, cherchant le point ultime de la liberté, l’être délivré du poids des choses, détaché de la loi de la gravitation. Pourtant, ces dernières années, il a cherché le centre de gravité de sa vie. Il a changé de cap. Réconcilié avec Dieu, pacifié avec son passé, Paul pouvait aborder des thèmes difficiles, faire le bilan de sa vie : « J’ai tout remis entre les mains du Seigneur. J’ai reçu son pardon et sa paix. J’ai pardonné aussi définitivement à ceux qui m’ont blessé, et je les aime sans attente. » Impossible de passer, même seulement quelques minutes, avec Paul, sans être déporté au cœur des vraies questions. Paul aimait le cœur à cœur avec le Père, l’intimité avec le Ressuscité, se laissant interpeller par la Parole vivante. Paul était un veilleur. Il a habité son attente, tel un guetteur qui se tient à sa tour de contrôle, espérant la venue du jour. Il s’est mis à l’affût du réel, de la vie qui ne passe pas. Sans se laisser aller ni à l’ennui, ni à la résignation, ni à la plainte, devant le poids du monde, Paul a saisi le temps qui lui a été donné, pour aligner sa trajectoire de vol sur celle du Seigneur : « J’atteins ma limite. Les battements de mon cœur vont s’arrêter bientôt, pour laisser toute la place aux battements du cœur de Dieu en moi. » 

Paul savait qu’il ne pouvait attraper la lumière, mais il avait expérimenté qu’il pouvait l’accueillir, la porter, la refléter. La ponctualité de vérité a trouvé Paul dans l’attente qui le portait à ce rendez-vous. Aujourd’hui, après son attente patiente, il a rejoint le tarmac promis. Paul Taramarcaz, l’aventurier du ciel, a répondu à l’invitation au voyage, emportant son carnet de vol, entonnant d’un ton résolu, une ultime fois comme une première : « Allons ! »

L’Annonce de la venue du Sauveur

Texte et dessins proposés par Jean-Michel Moix

La naissance de Jésus passa en son temps inaperçue pour beaucoup de ses contemporains. Des privilégiés eurent cependant le bonheur d’en recevoir l’annonce. Intéressons-nous à ce que nous en disent les évangiles : on peut y découvrir diverses annonces, à Marie, à Joseph, aux bergers, aux rois mages. Un dessin à colorier illustre chacune de ces annonces.

1. L’ANNONCE A MARIE

« Je te salue Marie, comblée de grâces, le Seigneur est avec toi… Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. » (Luc 1, 28.31)

2. L’ANNONCE A JOSEPH

« … l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint : elle mettra au monde un fils auquel tu donneras le nom de Jésus. » (Matthieu 1, 20-21)

3. L’ANNONCE AUX BERGERS

« … l’ange leur dit : ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle… aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. … vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (Luc 2, 10-12)

4. L’ANNONCE AUX ROIS MAGES

« Où est le roi de juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. … et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant. … En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. » (Matthieu 2, 2-11)

Que dire de Noël?

Par Thierry Schelling
Photo : DR

Sa rengaine du « C’était mieux avant ! » m’exaspère ; son côté infantilisant me fatigue ; son anticipation dans les magasins dès la fin octobre me lasse ; ses dépenses onéreuses en bouffe exotique et cadeaux surfaits ne m’étonnent plus ; son éternelle rivalité entre le Père Noël et ses rennes, et le Petit Jésus et ses rois, me fait plutôt sourire…

Et que dire de Noël dans ce contexte mitigé qui caractérise 2023 : guerres, climat déréglé, paupérisation des classes déjà très moyennes, assurances-maladies qui augmentent, et se loger correctement qui continue à être un parcours du combattant pour trop de monde (sans parler de se nourrir, ou de trouver l’âme (et le corps) sœur…

Bon, c’est vrai, cette année, j’ai béni des couples qui s’aiment, baptisé des enfants qui semblaient adorer l’eau, confirmé des jeunes qui emplissent nos églises (eh oui, n’en déplaise à certaine tête chenue !), accompagné des blessés de la vie, embrassé moult personnes, ri des millions de fois (ok, j’ai le rire un peu facile), compris et été compris, entendu et été entendu, ai découvert encore des nouvelles choses dans l’Evangile, terminé deux enquêtes de Sherlock Holmes dans des jeux-vidéos…

Noël, après tout ça ? Bof. Moi, c’est Pâques qui illumine ma vie ! C’est le Ressuscité qui vit en moi, qui m’aime et me conseille ! C’est le Christ adulte qui continue à me faire grandir qui me parle.

Certes, il a bien dû naître, pour vivre, mourir et ressusciter. Et j’ai encore de beaux souvenirs lorsque je donnais le biberon à mes nièces et neveu. Mais ils sont grands, désormais. Oui, ces enfants-là qui sont un peu les miens m’ont fait grandir… 

Cet Enfant de la crèche qui a grandi veut nous voir devenir adultes : dans la foi, avec notre libre pensée ; en Eglise, avec notre créativité au service des autres ; dans ce monde, comme phares de Sa lumière.

Que dire de Noël, si ce n’est que ce sera tellement mieux… après !

Comment faire un «buzz»?

Par Myriam Bettens
Photo : Jean-Claude Gadmer

Une « star » qui s’ignore, un storytelling percutant, de la créativité pour s’imposer sur un marché saturé, de bons réseaux sociaux et des modérateurs encore plus efficaces. Il n’en fallait pas plus pour mettre le christianisme sur les rails.

La recherche théologique est unanime, l’intention de Jésus n’était pas de fonder une nouvelle religion, mais de réformer le judaïsme. Le christianisme comme mouvement autonome n’advient qu’au milieu du IIe siècle « grâce » à l’échec de cette réforme. L’élan de l’influenceur nazaréen aurait pu s’arrêter là s’il n’y avait eu sa communauté de followers et l’étincelle de génie d’un de ses principaux community manager, l’apôtre Paul. Celui-ci se sert des ressorts de la culture gréco-romaine fortement imprégnée d’universalité pour reformuler la pensée de Jésus. Le christianisme aurait pu rester une secte du judaïsme, mais les premiers détracteurs s’y intéressent autour de 110-120. L’inverse de l’effet souhaité se produit. Les mises en garde font le buzz et le christianisme devient alors un trend. Or, la nécessité de pénétrer un marché religieux saturé demeure. Armés du hashtag #EssencedelaRévélation, les premiers chrétiens enchaînent les likes et se hissent au firmament de l’Empire.

Dieu dans mon prochain

Ce sont les chrétiens du Burkina Faso qui ont choisi le thème de la prochaine Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2024 qui a traditionnellement lieu du 18 au 25 janvier. Il est tiré de l’Evangile de Luc : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même. » (10, 27)

Par Pascal Tornay | Photos : Marion Perraudin, DR

Les chrétiens sont appelés à agir comme le Christ en aimant à l’exemple du Bon Samaritain, en montrant de la compassion pour celles et ceux qui croisent leur route quelle que soit leur identité religieuse, ethnique ou sociale. C’est vite dit ! Et encore faudrait-il, selon le dicton, commencer par soi-même pour que cet amour puisse ensuite déborder sur celles et ceux avec qui nous vivons, nous travaillons… Ce qui n’est souvent pas une sinécure ! 

Cette attention à laisser passer l’amour du Christ en soi-même d’abord, pour qu’elle devienne une source jaillissante est essentielle. Elle n’a pas d’autre but que de le faire déborder ensuite et nous inciter à nous faire devenir des proches aimants. Ainsi ce n’est pas le sentiment d’identité commune qui est à l’origine de l’amour, mais l’amour même du Christ pour chacun-e, lui qui s’identifie à toi et à moi. 

Toutefois, « l’amour de terrain » que Jésus nous présente dans sa parabole est battu en brèche dans le monde d’aujourd’hui. Guerres dans beaucoup de régions, déséquilibres dans les relations internationales et inégalités causées par les ajustements structurels imposés par les puissances occidentales ou par d’autres agents extérieurs inhibent notre capacité d’aimer comme le Christ. C’est en apprenant à nous aimer les uns les autres par-delà nos différences, dans nos fragilités mêmes, à commencer dans nos lieux communautaires, à Martigny, à Charrat, à Bovernier, à la Combe, que les chrétiens peuvent devenir des « prochains », comme le Samaritain de l’Evangile…

Une retraite intergénérationnelle pour le Haut-Lac

Aperçu des participants/retraitants en la chapelle de l’hospice.

Du 3 au 5 novembre 2023 a eu lieu la traditionnelle retraite de notre secteur (du Haut-Lac) à l’hospice du Simplon !

Par Virginie Maret | Photos : Guillaume Maret, Christophe Allet

Une semaine avant, on hésitait à prendre bottes de neige ou bottes de pluie mais la magie du lieu a opéré et un sublime paysage hivernal nous a accueillis dès vendredi soir ! Klaus Sarbach, un des chanoines de la maison nous a également accueillis avec beaucoup de joie et de jolies histoires pleines d’humour, de sagesse et de bienveillance !

Le thème de la retraite était « la prière » sous toutes ses coutures ! L’idée étant de faire découvrir ou redécouvrir quelques manières différentes de prier.

Le week-end a été rythmé par plusieurs activités tantôt pour les jeunes, tantôt pour les ados et pour les adultes mais aussi par des temps d’échanges privilégiés entre les familles. Une aération dans la neige pour tous était également au programme ainsi que des moments de détente, de jeux et de prière personnelle. 

Voici quelques témoignages de participants de tous âges et de tous horizons :

« Ta Parole est une lampe devant mes pas, elle éclaire mon sentier… Pour moi, c’est comme une prière qui touche mon cœur. » Rosalba, Vouvry

« La joie de vivre en communauté et en communion » Sabrina, Vionnaz. 

« La bienveillance et la gentillesse des personnes présentes ainsi que la rencontre de personnes exceptionnelles mais aussi de la découverte intense de la prière à la manière de Taizé m’ont beaucoup touchée. » Fanny, Vouvry

« C’est agréable de se laisser porter par le beau programme préparé par l’équipe d’animation et de pouvoir échanger avec les participants. J’apprécie l’hospitalité et les paroles des chanoines. » Sébastien, Miex.

« Ma prière préférée : Le Notre Père, la prière que je récite depuis toute petite. Les mots me parlent et je me sens concernée. » Nélia, Vionnaz.

« Les chants et la charte m’ont permis de passer un beau weekend et j’ai beaucoup apprécié la neige ! » Julie, Bouveret

« Agréable redécouverte de la prière à travers les chants, mais aussi lors des moments d’échange qui se sont avérés très émotionnels. » Alexandra, Vouvry

« Ma prière préférée : la vie n’est qu’un instant, une heure passagère. La vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit. Tu sais, Ô mon Dieu, pour T’aimer sur la terre, je n’ai… qu’aujourd’hui […]. » Lyne, Vionnaz

Merci à toutes et à tous pour vos beaux témoignages, et rendez-vous l’année prochaine du 8 au 10 novembre 2024 !

L’Avent, un temps aimant-é

Par Alain Viret 
Photo : Romeo Beatrice

Une image m’est venue pour vous parler du temps de l’Avent, celle d’un sablier. Récemment à la retraite, je redécouvre le luxe d’avoir plus de temps. Dans la vie active, nous vivons sous le diktat du chronos, terme grec qui désigne le temps qui se mesure, celui après lequel on court et qui nous épuise. 

Au contraire, le sablier nous invite à la patience et à contempler le temps qui s’écoule et se concentre en un point resserré pour remplir un autre espace. N’est-ce pas ce que nous sommes appelés à vivre dans les semaines qui précèdent Noël ? 

Alors qu’une frénésie de consommation et de fêtes de toutes sortes sature nos emplois du temps, l’Eglise nous invite à commencer une nouvelle année liturgique comme des veilleurs. Ceux-ci savent voir les signes avant-coureurs d’un kairos, autre terme grec pour dire le moment favorable, celui d’une venue espérée et désirée. 

En effet, pour le juif et le chrétien, le temps n’est pas cyclique comme un éternel recommencement ; il n’est pas non plus une juxtaposition d’activités et de courses qui s’enchaînent sans que nous sachions où cela nous mène. Non, le temps – qui a partie liée avec l’espace mais lui est supérieur comme le dit le pape François dans « la joie de l’Evangile » (n°222-225) – le temps est comme aimanté par un évènement inouï passé quasi inaperçu, il y a plus de 2000 ans : une naissance à l’écart de Bethléem qui a inauguré une nouvelle et durable alliance de Dieu avec notre humanité. 

Cet évènement était attendu par des générations de croyants dont trois figures accompagnent le temps de l’Avent : celle du prophète Isaïe (1res lectures des dimanches), prophète de l’espérance et de la consolation pour un peuple qui doute et connaît l’exil. Dieu n’abandonne pas celui qui est éprouvé ; il sera fidèle à ses promesses. Celle de Jean le Baptiste (évangile des 2e et 3e dimanches), homme charnière des deux Testaments, homme d’eau et de feu qui appelle à la conversion car le temps se fait court et le Royaume est désormais tout proche. Il réveille la foi endormie et annonce un Dieu qui fera justice. Enfin, celle de Marie de Nazareth (évangile du 4e dimanche), jeune fille qui voit la réalisation de la promesse divine venir en son sein. Dans l’humilité et la confiance, elle vit la croissance du Verbe en sa chair et nous invite à accueillir ce don dans le quotidien de nos vies.

Si l’Avent nous permet de faire mémoire, ce n’est pas pour nous tourner vers le passé, ce qui était « avant » mais bien pour nous orienter vers l’avenir, ce qui advient dans le réel d’aujourd’hui et ce qui s’accomplira en plénitude à la fin des temps (Parousie) lorsque le Seigneur viendra tout récapituler en Lui. 

Ce temps est donc celui de l’espérance et du discernement pour savoir déjà, dans la nuit, reconnaître les lueurs de Celui qui est notre Soleil levant. C’est pourquoi au cœur des longues nuits d’hiver, nous cherchons la lumière et allumons des bougies comme celles de la couronne de l’Avent ; nous fêtons l’Immaculée Conception (le 8 décembre) comme une fête lumineuse (par exemple à Lyon ou à Saint-Maurice), nous vivons des messes Rorate au petit matin (comme à Saint-Paul) et accueillons la lumière de Bethléem en priant le Prince de la Paix, une paix si fragile et tant espérée dans les nombreux conflits du monde. La lumière réchauffe les cœurs et dit aussi une chaleur et solidarité avec les plus démunis qui se manifeste par toutes sortes d’initiatives à l’approche des fêtes.

Cette année, Noël succédant immédiatement au 4e dimanche, l’Avent ne se déroulera que sur 3 semaines ; alors, prenons sans tarder notre sablier pour laisser s’écouler en nous le silence de la prière, pour nous laisser aimanter par la crèche et pour faire de Noël, l’occasion de remercier pour ce premier cadeau que Dieu nous fait en venant par amour à notre rencontre, en se révélant dans l’humanité la plus fragile qui soit, celle d’un nouveau-né. 

Oui, l’Avent est bien le temps de l’aimant !

Thèmes et rubriques 2024

Thèmes 2024

Mois Sujet
Janvier Finance chrétienne (Pierre Guillemin)
La finance chrétienne catholique encadre des opérations de nature bancaire et financière par des principes moraux directement issus de l’interprétation des textes religieux chrétiens (Ancien et Nouveau Testament) et de la doctrine de l’Eglise catholique romaine (Doctrine sociale de l’Eglise). Ces dernières années, le «Conseil pontifical Justice et Paix» a pris de plus en plus souvent des positions sur les sujets financiers. En juin 2013 par exemple, il publiait une note intitulée «Postures chrétiennes face à la finance» qui donne le cadre général dans lequel doit se situer l’action du «financier».
Février La représentation du Christ dans l’histoire (Amandine Beffa)
Voir le Christ représenté sur une œuvre d’art est assez banal pour nous aujourd’hui. Pourtant, cela n’a pas toujours été une évidence. Des premiers chrétiens qui suivaient strictement l’interdit vétérotestamentaire de représenter «ce qui a la forme de ce qui se trouve au ciel» jusqu’aux débats du XXe siècle autour de l’art sacré contemporain, étudier la représentation du Christ, c’est étudier «comment on croit».
Mars Les martyrs d’hier et d’aujourd’hui (Thierry Schelling)
Depuis les premiers temps de l’Eglise, des hommes, des femmes et des enfants ont été tués parce que disciples du Christ. Puis la «tuerie» s’est tournée contre les païens, les hérétiques, les schismatiques. Avant de reprendre contre des milliers de baptisé.e.s sous les régimes totalitaires du XXe siècle. Martyr, qui se sacrifie pour l’autre…
Avril Silence! Calixte Dubosson)
Le maître-mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité mais au final, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité? Le silence, celui de la nature et des ordres monastiques, par exemple?
Mai Mater dolorosa (Myriam Bettens)
Chaque minute, quarante-quatre femmes subissent une fausse couche dans le monde. Au niveau Suisse, une grossesse sur cinq est concernée. Malgré cela, le silence autour de cet événement douloureux et les lacunes dans l’accompagnement persistent.
Juin Astrophysique et religion (Pierre Guillemin)
VL’astrophysicien Hubert Reeves déclare: «La question n’est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt: qui est-Il, et à quoi joue-t-Il?» L’astrophysique ne cherche donc pas à contredire mais à comprendre la volonté de Dieu dans son œuvre créatrice. Cette quête de «l’intelligence de Dieu», Albert Einstein l’exprime aussi: «Je refuse de croire en un Dieu qui joue aux dés avec le monde.»
Juillet-août Quoi ma messe? Qu’est-ce qu’elle a ma messe? (Thierry Schelling)
Nos diocèses sont en mutation structurelle: des laïcs/laïques sont nommé.e.s représentant.e.s de l’évêque là où des prêtres œuvraient comme vicaires épiscopaux; des paroisses n’ont plus de curés mais des administrateurs, obligeant à revoir le sacrosaint programme des messes à la baisse, en regroupant les fidèles (pas toujours complaisants); et des initiatives de l’ordre du service de l’autre (Rom, migrant, requérant, divorcé, LGBT, etc.) et du soin à la création sont mises désormais en avant comme « expression d’Eglise» autant que la liturgie. Dans ce «chantier», les réactions de fidèles sont parfois aux antipodes de ce à quoi on aurait pu s’attendre (compréhension, solidarité, compassion) au vu de leur fréquentation de la messe qu’on leur diminue…
Septembre Vers une Eglise de retraités? Calixte Dubosson)
Souvent, nos assemblées dominicales ou de semaines sont fréquentées par ce qu’on appelle non pas les têtes couronnées mais les «têtes blanches», allusion au fait que les célébrations sont suivies en majorité par des personnes âgées ou vieillissantes. Pourtant, ce phénomène ne se réduit pas aux messes ou aux cultes mais aussi au niveau de l’organisation des paroisses à tel point que de plus en plus de personnes retraitées sont nommées à des postes importants pour la bonne marche de la communauté. Allons-nous donc vers une Eglise de retraités?
Octobre Evolution de l’architecture chrétienne (Amandine Beffa)
La fin des persécutions donne la possibilité aux chrétiens de bâtir des lieux de culte. Au début, ceux-ci sont inspirés de l’architecture romaine à laquelle un nouveau sens est donné. Dans les siècles qui suivent, l’architecture chrétienne se développe progressivement vers des codes qui lui sont propres. C’est à la période romane que le plan devient fixe. L’architecture devient alors symbolique: plan en croix latine, orienté vers l’Orient… A partir de cette période, l’architecture reflète ce à quoi on croit. Elle évolue avec les pèlerinages et les grandes processions, jusqu’à la réforme liturgique du Concile Vatican II.
Novembre Faire feu de tout bois (Myriam Bettens)
LOn estime que la chasse aux sorcières a fait 100’000 morts en Europe. La Suisse, quant à elle, détient le sinistre record du nombre de victimes. Des crimes imaginaires qui mènent à se demander comment en arrive-t-on à tuer en toute impunité ?
Décembre L’Exégèse (François-Xavier Amherdt)
Autrefois réservée aux théologiens, l’exégèse permet de passer les textes bibliques au crible de l’analyse et de la raison. A travers les médias notamment, ses résultats sont aujourd’hui à la portée du grand public. De quoi donner un nouveau regard sur l’Ancien Testament et le Nouveau ?

Rubriques 2024

Les rubriques constituent le fil conducteur de chaque magazine. Voici celles que la Rédaction romande vous propose en 2023.

En 2024, nous vous proposons deux nouvelles rubriques

sous la plume de Nicolas Maury

Ecclésioscope: Secrétaires, sacristains, sacristines, fleuristes… A travers cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre des femmes et des hommes laïques engagés dans les diverses paroisses de Suisse romande.

sous la plume de Pascal Ortelli

Ciel, ma médaille ! : «La piété populaire est un trésor pour l’Eglise», affirme le pape François. Oui, mais face à l’abondance d’objets de piété, sait-on encore à quel saint se vouer? Dans cette nouvelle rubrique, une infographie vient décrypter ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons, et ce pour mieux comprendre notre foi.

Magazine au format B5

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-5 Eclairage Tournus de la rédaction
6 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
7 Le Pape a dit… Thierry Schelling
8 Carte blanche diocésaine Tournus externe
9 Jeunes et humour M.-C. Follonier
Pascal Ortelli
Calixte Dubosson
10-11 Small Talk Myriam Bettens
12 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
13 Ecclésioscope Nouveau! Nicolas Maury
14 Merveilleusement scientifique Pierre Guillemin
15 Ciel, ma médaille! Nouveau! Pascal Ortelli
16 En librairie Calixte Dubosson

Magazine au format A4

Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-3 Eclairage Tournus de la rédaction
4 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
4 Le Pape a dit… Thierry Schelling
5 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
6 Small Talk Myriam Bettens
7 Merveilleusement scientifique Pierre Guillemin
8 Carte blanche diocésaine Tournus externe
8 Ecclésioscope Nouveau! Tournus externe

Pour les journaux A4, la possibilité existe de reprendre librement les rubriques des magazines B5 qui ne sont pas contenues dans le Cahier romand.

Tous à la même adresse

Tous les mardis de 11h30 à 15h30, l’équipe du Café du Parvis accueille tous ses invités. « Bienvenue chez toi ! »

« N’oubliez pas l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges ! » (He 13, 2) Mais celui-là, il n’avait pas l’air d’un ange lorsqu’il est venu aborder mon collègue pasteur !

Par Roselyne Righetti avec Pascal Tornay | Photo : DR

Il ne faisait pas chaud, ce jeudi soir, avant le souper hebdomadaire de la Pastorale de la rue. Le gars avait entendu parler d’accueil de pèlerins dans la paroisse, alors il s’est lancé : « Je fais le pèlerinage de Compostelle, je peux dormir ici ? » Et mon collègue de piquer un fou rire: «Ah ! ce n’est pas le bon pèlerinage, par ici c’est la Via Francigena !» Il se trompait certes de pèlerinage, le petit gars bien valaisan mais sans domicile fixe, mais pas de lieu d’accueil. Ces lieux où l’on se rencontre parce qu’on est à la croisée de toutes les vies, même de celles sans destination. Ces vies qui pèlerinent dans le vide, qui font du sur place, là où elles devraient être à la maison ! 

Déjà presque deux ans que nos paroisses se sont laissées bousculer, qu’elles ont ouvert leurs portes comme on ouvre grand ses bras pour montrer qu’on aime grand comme ça ! Du coup l’accueil, c’est du solide et la solidarité pousse au fil de l’accueil de ses anges pas très nets…

On ne peut pas dire que la Pastorale de la Rue œcuménique soit la « maison d’accueil » d’un seul type d’habitants. Non, car en elle tout le monde peut se trouver et se retrouver. Pour nos compagnons de rue qui sont justement sans demeure paisible, elle est comme une Maison, celle où l’on peut entrer, où l’on peut revenir ou que l’on peut quitter selon le mouvement de sa vie. Un lieu de vie, un lieu cadeau de la Vie quand parfois au-dedant tout s’essouffle et se brise, et que ce besoin simple de rentrer et de trouver quelqu’un se fait sentir.

Ensemble, protestants et catholiques, c’est mieux : pour ne pas louper les anges ! Ou comme mon collègue Pascal Tornay dit : « Ma mission c’est de me tenir sur le Seuil pour inviter à passer à l’intérieur. » Et le mardi, on les voit arriver au Café du Parvis comme les oiseaux du ciel : les uns hésitants, les autres en vieux habitués, d’autres culottés ! Ils ont la grâce et la légèreté de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Douceur d’une solidarité qui effleure comme une caresse, qui n’écrase pas d’une charité toute-puissante. 

Quel est le sens de ce temps d’accueil ? Eclats de joie, éclats de rire parce qu’on est tous, durant quelques heures, à la même adresse ! Le gars qui ne pèlerinait pas dans le bon sens est venu voir à l’intérieur du Café du Parvis. Il a visité notre petit oratoire dans les catacombes de la Maison de la Visitation. Je lui ai expliqué que là on célèbre deux fois par mois et que tout le monde est invité. Fasciné, son regard bouleversé, il a dit : « Là, je suis bien. En dessous du bruit de là-haut dessus, et cette autre chose… Oui, le spirituel ! »

On peut faire beaucoup pour ceux qui nous semblent pauvres, faibles, fragiles, mais dans une Pastorale de la rue, ce qui compte vraiment, c’est ce que l’on est les uns pour les autres. Et là, tout peut se retourner. C’est une conversion de nos positions les plus arrêtées : là où on se sentait au-dessus, plus fort que…, voilà que c’est l’ange d’à-côté qui nous met à la bonne place, juste côte à côte, la main dans la main ! Et ce n’est plus « bienvenue chez moi », mais c’est « bienvenue chez toi » ! 

Prière 

Par Auteur anonyme

Seigneur, quand j’aurai faim, donne-moi quelqu’un à nourrir ! 
Quand j’aurai soif, donne-moi quelqu’un à abreuver ! 
Et quand j’aurai froid, quelqu’un à vêtir ! 
Quand je serai dans la tristesse, donne-moi quelqu’un à relever ! 
Quand mon fardeau me pèsera, charge-moi de celui des autres ! 
Et quand j’aurai besoin de tendresse, que l’on fasse appel à la mienne ! 
Que ta volonté soit ma nourriture, ta grâce ma force et ton amour mon repos ! 
Que toute ma vie soit offrande toujours tendue vers toi, ô Père ! 
Jusqu’au jour où il te plaira de la reprendre ! 
Amen.

Fenêtres de l’Avent à Muraz

Par Emmanuelle Cretenoud | Photo : Peter Vetter

Voilà de nombreuses années que les fenêtres sont organisées par Mme Ursi Vetter et Mme Carole Turin.

Le temps est venu de passer la main à de nouvelles responsables :  Mme Emmanuelle Cretenoud et Mme Florence Parvex. 

Ursi et Emmanuelle ont collaboré durant la période de l’Avent 2022 pour fidéliser la pratique annuelle de nos magnifiques soirées villageoises.

Ce message est un temps de remerciement à Mme Vetter et Mme Turin pour toutes ces belles années. MERCI.

Quelques nouveautés prévues pour 2023

1. Nos villageois ne recevront pas de tout ménage. Nous comptons sur vous pour faire fonctionner le bouche-à-oreille et partager les publications des divers réseaux sociaux. Des affiches seront posées dans divers endroits de notre village.

2. Dans un esprit de protection de l’environnement et de diminution du gaspillage, nous allons introduire un geste personnel et écologique. Chacun pourra amener sa propre tasse lors des fenêtres quotidiennes (si tu l’oublies ne t’inquiète pas, il y aura encore des gobelets en plastique).

3. Ouverture des inscriptions : le jeudi 26 octobre à 13h, alors tous à vos agendas (Emmanuelle tient le listing). Tu es villageois, un voisin, un habitant d’un immeuble, une société, un magasin local, nous t’attendons avec plaisir du moment qu’il y a de l’amitié, du partage, de la simplicité et du cœur. 

Tél. Emmanuelle Cretenoud, 079 657 95 62 – Florence Parvex, 079 657 57 59

«Que les oiseaux se multiplient sur la terre.»*

Dans la région de Martigny, différents acteurs se retroussent les manches en faveur des oiseaux sauvages. Dans cet article, nous tirerons le portrait de deux passionnés d’oiseaux et de leurs activités : Bertrand Posse, collaborateur à la Station ornithologique suisse et Mélanie Fellay, fondatrice de l’association Nouvel Envol.

Par Christelle Gaist 
Photos : P-M. Epiney, B. Genton, Flurin leugger, Christelle Gaist

Bertrand Posse posant des nichoirs.

Bertrand Posse est collaborateur à l’antenne valaisanne de la Station ornithologique suisse. Dès son adolescence, il se passionne pour le monde avien. Il étudie ensuite la biologie. Depuis 2019, Bertrand s’active pour stabiliser et remplumer les populations de martinets et d’hirondelles du Valais. Ces oiseaux, nichant sur nos bâtiments, souffrent d’une crise du logement et ont de la peine à trouver des façades accueillantes pour y pondre et élever leurs petits. 

Les martinets noirs font leur nid dans les anfractuosités des bâtiments et sont très fidèles à leur site de nidification. Lors des rénovations, les fissures des façades ont tendance à être bouchées et les nids sont condamnés. 

Quant aux hirondelles de fenêtre, elles construisent des nids moins discrets, à même les façades. Elles récoltent de la terre dans leur bec, forment des boules avec leur salive et maçonnent ainsi des nids. Les salissures occasionnées peuvent déplaire aux habitants. 

Face à la disparition de leurs sites de nidification, il devient compliqué pour ces oiseaux migrateurs de se reproduire sereinement. 

Au sein du programme martinets / hirondelles, Bertrand Posse cartographie les populations, protège les sites de reproduction en cas de rénovation et propose la pose de nouveaux nichoirs et de nids artificiels dans des lieux propices.

La Ville de Martigny, par l’intermédiaire de ses Services techniques (Dorothée Fournier Baudin et Benoît Fort), s’est vraiment investie pour ces migrateurs. Des nichoirs à martinets et des nids pour les hirondelles ont été posés sur des bâtiments communaux, par exemple sur la Médiathèque. 

Les Chanoines ont eux aussi accepté que les martinets s’invitent chez eux. Cinq boîtes ont été posées. Si tout se passe bien, elles accueilleront, ces prochaines années, des nichées de martinets noirs. La Maison de la Visitation a été récemment choisie par des hirondelles, qui ont trouvé de la terre à disposition grâce à un proche chantier. 

Les hirondelles et les martinets sont des animateurs de premier plan de nos étés. Qu’ils continuent à venir nombreux dans nos contrées !

Pour obtenir des informations supplémentaires sur le travail de Bertrand Posse en Ville de Martigny, des capsules vidéo sont disponibles sur Youtube: https://www.youtube.com/watch?v=U86oEpGFZMo 

Vous êtes intéressés à poser des nids ou des nichoirs chez vous ? Contactez la Station ornithologique par ce biais à cette adresse : info.vs@vogelwarte.ch

Photos : DR, tania langweiler, nouvel envol

Mélanie Fellay ausculte un aigle royal.

Mélanie Fellay est la présidente de l’association Nouvel Envol et la fondatrice de son Centre de soins. Avec Aurélie Berthod, elles sont désormais coresponsables de l’unique station de soins aux oiseaux sauvages du Valais.

Situé aux Marécottes et partenaire du zoo, le Centre de soins accueille environ 600 individus par année. Ils sont blessés, malades ou trop jeunes pour survivre seuls dans la nature. L’association a deux missions principales : soigner, réadapter et rendre à la nature ces oiseaux, ainsi que sensibiliser le public. Les blessures sont en effet la plupart du temps liées à l’activité humaine et peuvent parfois être évitées.

En moyenne, cinquante personnes sont actives au sein de l’association durant l’année. Certaines le sont sur le terrain avec les oiseaux, d’autres le sont au contact du public ou remplissent des tâches administratives. C’est pendant l’été que l’association a le plus besoin de bras. A la station de soins, le rythme s’intensifie pendant la belle saison. Des jeunes oiseaux et des migrateurs sont alors amenés en nombre. Des hirondelles et des martinets terminent d’ailleurs chaque année leur croissance à Nouvel Envol avant de s’envoler pour le Sud. Ces migrateurs, souvent tombés du nid, ont droit à une seconde chance.

Les bénévoles ont des profils et des parcours de vie très variés. Des jeunes dès 16 ans sont guidés par leur passion ou viennent dans le cadre d’un stage pour leurs études. Des actifs s’investissent lors de leurs jours de congé. Des retraités donnent volontiers un coup de main. Mélanie nous explique qu’ils ont tous attrapés le virus. Ils veulent donner du temps à une cause qui a du sens. L’expérience est enrichissante pour tout le monde.

Les « birdies », c’est le nom des bénévoles, témoignent régulièrement que, lorsqu’ils s’occupent des oiseaux, les tracas de la vie disparaissent et que cela leur fait beaucoup de bien. Quand Mélanie soigne ses pensionnaires ailés, c’est comme si elle entrait dans une bulle douce et que plus rien d’autre n’existait. Les oiseaux ressentent ce calme intérieur et le stress diminue aussi de leur côté. 

Le Centre de soins fêtera cet automne ses 5 ans ! Pour continuer à remplir efficacement ses missions, Nouvel Envol est toujours à la recherche de bénévoles et de donateurs. Voici les conditions pour devenir bénévole : avoir 16 ans, être calme et respectueux du monde vivant y compris des collègues ! Un respect strict des règles est demandé car il s’agit d’un véritable hôpital pour les oiseaux. Nouvel Envol cherche aussi des personnes motivées pour effectuer des tâches plus créatives ou encore administratives. 

Contact : benevolat@nouvelenvol.org
Faire un don ? –> www.nouvelenvol.org

* Le titre est repris du livre de la Genèse : Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. » (Gn 1, 22)

Parfait: souvenirs de Suisse

Au Théocamp de Revereulaz.

Parfait vit actuellement dans la maison mère des Spiritains à Paris. Il suit des cours de théologie chez les Jésuites. Il évoque les souvenirs de son séjour en Suisse.

Par Parfait Yandi Sambieni | Photos : DR

Mon séjour en Suisse a été riche d’expériences diverses. J’ai pu y  poursuivre ma formation dans une autre culture selon la règle de vie spiritaine. J’ai été chanceux d’être accueilli à Vouvry par trois confrères très sympathiques. Le Père Innocent, curé de la paroisse, et son vicaire Joseph furent des atouts au niveau de mon insertion pastorale et de mon discernement. Quant à Patrice, Supérieur de la province de Suisse, il fut un guide pour découvrir la culture suisse à travers le jardinage et les randonnées en montagne.

J’ai eu du plaisir à rencontrer les familles et à connaître les réalités vécues par chacune d’elle. J’ai aussi pu partager mes réflexions lors des messes, conseiller les servants de messe, animer les ateliers du parcours catéchétique… et manger de la raclette ! Grâce au parcours Alpha, j’ai mieux compris la profondeur de la foi de certains paroissiens. Les apéritifs après la messe ont provoqué de belles rencontres et furent des moments de détente et d’enrichissement mutuel autour d’un verre fraternel. Les Théo-camps et les moments vécus avec les scouts m’ont familiarisé avec les jeunes et leurs parents. Toutes ces expériences m’ont rendu plus efficace dans  la pastorale.

Le missionnaire est appelé à vivre en plusieurs lieux. Il y a un an, je suis parti à Fribourg au séminaire de Givisiez pour suivre les cours de théologie à l’université. Je me suis fait plein d’amis avec lesquels j’ai eu des discussions passionnantes. Les échanges réguliers avec mon directeur spirituel Jean-Claude Pariat, comme tous les cours que j’ai suivi ont enrichi mes connaissances et consolidé ma foi. Je regrette beaucoup de n’avoir pas pu terminer la théologie à Fribourg avec des professeurs appréciés et aussi d’avoir abandonné mes camarades à mi-chemin.

Cet été, j’ai eu la chance de participer aux JMJ au Portugal. J’étais dans un groupe de Valaisans de Sierre et environs. Nous avons été accueillis la première semaine dans des familles portugaises du diocèse de Braga. J’ai découvert les différences entre les cultures valaisannes et portugaises ! Les JMJ sont un flot de rencontres, une suite de moments inoubliables. Ce que j’ai vécu là-bas est inexplicable : il faut le vivre pour le comprendre. Ce fut une occasion unique de me ressourcer spirituellement ! Je compte bien revivre encore cette expérience exceptionnelle !

Je suis reconnaissant pour tout ce que j’ai vécu avec vous dans le Haut-Lac ! Merci à mes confrères, au Père Innocent qui m’a aidé à grandir, à l’équipe d’animation pastorale, aux secrétaires Stéphanie et Astrid, à Christophe qui me fut d’une grande aide et enfin  à Dieu pour cette aventure magique ! 

Aux JMJ de Lisbonne, cet été.

Quête de sens. Esotérisme: l’envers du décor *

Le surnaturel fascine. La magie, le monde parallèle caché, l’intuitif, l’irrationnel, sont cultivés comme des possibilités d’élargissement de la conscience, par un contact avec l’invisible. Dans nos sociétés dites rationnelles qui ont évacué la foi chrétienne, l’ésotérisme, l’astrologie, la divination, la voyance, le chamanisme, le secret des guérisseurs… répandent allégrement leur soufre.

Par Olivier Taramarcaz | Photo : DR 

Générations aveuglées – Nous vivons dans une génération familiarisée avec l’occultisme, qui ne s’offusque ni ne s’indigne devant la vague de l’ésotérisme. Le paranormal imprègne toutes les sphères de la société. Dans le même temps, la foi chrétienne est mise à la marge, discréditée. Comme des papillons se brûlent les ailes en s’approchant de lumières nocturnes, bien des contemporains sans discernement spirituel se perdent en se tournant vers des promesses obscures. Les spiritualités occultes se multiplient : entrer en contact avec un défunt, invoquer des divinités anciennes… Les spiritualités ésotériques proposent de se connecter à l’énergie vitale, de se relier à la lumière intérieure, au Soi. […]

Malédiction à portée de main – Guérisseurs, faiseurs de secret, magnétiseurs, médiums, exercent un pouvoir spirituel réel. Ce pouvoir ne vient pas d’eux. Ils indiquent eux-mêmes avoir reçu une formule « secrète » de la part d’un autre guérisseur, ou un « pouvoir », lors d’un contact avec une personne décédée (spiritisme). Ils disent agir au service du bien. Belle pirouette ! Quelle est la source de leur pouvoir, de leur prétendu don ? Pourquoi leur « prière » doit-elle rester secrète ? A quelle force font appel ces acteurs de l’ombre ? Les guérisseurs se gardent le plus souvent de dire que leur invocation est adressée à une puissance céleste occulte (ange déchu ou démon). Si une brûlure disparaît après avoir consulté, ou appelé par téléphone un faiseur de secret, comme cela se pratique impunément dans nombre d’hôpitaux, c’est bien le résultat de la manifestation d’une force invisible entrée en action à la demande du guérisseur. Quelle est cette puissance ? Donner allégeance au secret, du fait que c’est efficace, relève de la plus grande naïveté et crédulité. 

Mordre à l’hameçon – Le guérisseur (médium ou chaman) fait office de canal de transmission, de médiateur entre les forces du monde invisible animé par des esprits de démons, et le monde des humains. Se confier à cet univers, c’est signer un chèque en blanc, un accord caché avec une puissance occulte, lui donnant un droit d’action sur sa vie. C’est en quelque sorte remettre les clés et le volant de son être intérieur à une puissance spirituelle inconnue. Après avoir mordu à l’hameçon, le poisson ne décide plus de son chemin. Ce n’est pas un jeu. La santé physique, psychique, relationnelle, spirituelle en sera altérée, sans que la personne en comprenne la raison, qui reste cachée. La brûlure, la douleur, ont disparu, bientôt remplacées par des troubles diffus, des inquiétudes, des angoisses. S’ouvrir au monde des puissances occultes amène, à court ou moyen terme, à subir les effets indésirables du germe de la mort.

La Bible ouvre les yeux – Guérisseurs et magnétiseurs ne servent pas Dieu, comme ils le prétendent parfois. […] La Bible est le seul Livre qui dénonce les pratiques occultes, les considérant comme une prostitution spirituelle, soit une relation avec des démons : « Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ne vous adressez ni à des médiums ni à des devins ; ne les consultez pas, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l’Eternel, votre Dieu. » (Lv 19, 31)

Se tourner vers le Ressuscité  – S’il y a un risque réel à s’approcher des médiateurs de l’ombre, il n’y a aucun risque à s’approcher de Jésus, dont les paroles sont limpides : « J’ai parlé ouvertement devant tout le monde. […] Je n’ai rien dit dans le secret. » (Jn 18, 20) « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de lui. » (Jn 7, 38) La réponse à notre quête de sens se trouve en Jésus seul : « Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres, mais qu’il ait la lumière de la vie. » (Jn 12, 46) Jésus est venu libérer, pardonner, guérir, renouveler, restaurer, relever toute personne qui se tourne humblement vers lui : « C’est de nos maladies qu’il s’est chargé, et ce sont nos souffrances qu’il a prises sur lui […]. C’est par ses blessures que nous sommes guéris. » (Is 53, 4)

* Olivier Taramarcaz, Quête de sens. Esotérisme : l’envers du décor, Atelier Art & Foi, Chemin-Dessus, 2023.

Qu’on ne trouve chez toi personne qui exerce la divination, l’astrologie, […] personne qui consulte les médiums, les voyants, ou interroge les morts. Car le Seigneur a en abomination ceux qui se livrent à de telles pratiques. (Dt 18, 10-12)

Un nouveau provincial, un nouveau curé

Depuis le 2 octobre dernier, le Père Innocent Baba Abagoami occupe officiellement sa nouvelle fonction de provincial de la congrégation des spiritains de Suisse, à Fribourg. Le Père Patrice Gasser, qui a occupé cette place pendant trois ans, est désormais curé du secteur Haut-Lac.

Le Père Innocen, provincial des spiritains de Suisse.

Propos recueillis par Yasmina Pot | Photos : Yasmina Pot

Le chapitre s’est tenu en juin dernier à La Pelouse sur Bex, dans la communauté des Sœurs de Saint-Maurice. Le Père Innocent a été élu provincial pour les quatre prochaines années. 

Père Innocent, parlez-nous de cette nouvelle responsabilité de provincial que vous avez acceptée après avoir été curé du secteur Haut-Lac pendant trois ans.
J’ai été ordonné prêtre en 2007 et à partir de là je n’ai jamais refusé un poste. Tout ce qui m’a été accordé comme responsabilité, je l’ai toujours accepté. Par exemple après avoir quitté l’Egypte où j’ai étudié, j’étais destiné à l’enseignement au Ghana, mais là ma congrégation m’a demandé d’aller au Bénin pour la pastorale ; j’ai été bouleversé mais j’ai accepté et finalement j’ai trouvé le bonheur là-bas. L’enseignement et le travail en paroisse sont des activités parallèles, qui présentent de nombreux points communs, ce qui m’a plu.

Je viens dans ma mission de provincial avec un esprit, une confiance, une force de faire avancer les choses. Et je ne suis pas seul : avec quatre autres personnes nous formons un conseil et c’est ensemble que nous allons diriger la province des spiritains en Suisse. Le chapitre nous a déjà donné l’orientation, là où nous devons aller. 

Vous avez quitté le Haut-Lac ; quel regard portez-vous sur cette étape de votre vie ?
Ces six dernières années passées sur le Haut-Lac ont été merveilleuses, excellentes ! J’y ai rencontré de très belles personnes, qui m’ont aidé à m’intégrer dans chacune des paroisses du secteur. Je me suis senti chez moi, dans chaque église et chapelle, en plaine et à la montagne, parmi des paroissiens fraternels. 

Dans la vie je vois toujours le côté positif. Lorsque je rencontre des défis ou peut-être des difficultés, j’essaie de les transformer pour mon bien et celui de ceux qui m’entourent. Je sais que là où j’irai, je trouverai d’autres belles personnes. Tout dépend de soi en réalité. Je trouverai des personnes que Dieu a placé là et qui m’attendent. J’ai déjà préparé mon esprit à les rencontrer.

Le Père Patrice Gasser, curé du secteur Haut-Lac.

Père Patrice, après trois ans de provincialat et de ministère sur le secteur d’Aigle, quelles sont vos impressions en retrouvant le Haut-Lac où vous avez déjà été curé ?

Je vous réponds dans l’esprit du synode… je suis heureux de retrouver les chorales et les baptisés du Haut-Lac et de travailler avec les différents agents pastoraux. Comme je vivais à Vouvry j’ai pu croiser des enfants, des adultes et des retraités lors de différentes célébrations sur le secteur. En fait, je n’ai pas l’impression de vous avoir quittés…

Par contre, en visitant mes confrères à Genève, à Marly et dans nos communautés de retraités, il me semble que j’ai mieux pris conscience de combien nos vies sont précieuses, belles et fragiles. Il y a des personnes et des familles magnifiques partout, et c’est un plaisir de voir des vivants qui se posent des questions et veulent se mettre en marche. Mais il y a aussi des personnes compliquées avec des relations difficiles. C’est tout ce monde que le Seigneur veut surprendre comme il l’a fait pour ses apôtres lorsqu’il a voulu leur laver les pieds. 

Je vois mon rôle comme celui qui nous rappelle que nous sommes aimés et servis par ce Seigneur à genoux qui est le maître de la mission…

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