La médaille de saint Benoît

« La piété populaire est un trésor pour l’Eglise », affirme le pape François. L’Essentiel décrypte cette année ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons. Regard sur la médaille de saint Benoît, qui remonte au Moyen-Age et est utilisée pour se protéger des embuches des démons.

Par Pascal Ortelli | Photos : DR

Prière à l’Enfant-Jésus

L’Enfant-Jésus de Prague.

Prière et photo proposée par Jean-Michel Moix 

Avec la fête du saint Nom de Jésus et la fête de l’Epiphanie que nous célébrons au début de ce mois de janvier, l’Eglise nous invite à nous tourner vers l’Enfant-Jésus, à le contempler dans la crèche ou en les bras de sa sainte Mère, Marie, et à lui présenter nos hommages avec les Rois Mages. 

Divin Enfant Jésus, nous voici prosternés à vos pieds pour vous rendre nos hommages et nous consacrer à vous pour toujours. 

Vrai Fils de Dieu et de Marie, soyez remercié de tous les bienfaits dont votre naissance a été la source pour nous. Eclairez notre esprit, enseignez-nous à devenir comme des enfants pour entrer dans le royaume des cieux. Fortifiez notre volonté, attachez-la invinciblement à la vôtre, aidez-nous à purifier toutes nos intentions par le souvenir des exemples que vous nous avez donnés. 

Divin Enfant, étendez vos bras et répandez vos bénédictions sur la sainte Eglise notre Mère, sur notre saint Père le Pape, sur les évêques, les prêtres et les religieux. Protégez nos familles, nos amis et nos ennemis. Veillez sur tous les enfants de l’univers, gardez le berceau des nouveau-nés, l’école des adolescents, la vocation des jeunes gens. Soyez l’appui des enfants déshérités, malades ou handicapés et des orphelins ; sauvez les enfants en danger d’avortement.

Faites-nous éprouver la Toute Puissance cachée dans votre petitesse. Convertissez les pécheurs, secourez les âmes du purgatoire et accordez-nous la grâce de vous posséder éternellement dans le ciel. Ainsi soit-il. 

(Extrait du fascicule : L’enfant Jésus de Prague, abbé M. Koller, Association N.-D. du Pointet)

Etre à contre-courant… signe du temps ?

Par Fabienne Gigon, représentante de l’évêque à Genève | Photo : DR

Chère Lectrice, cher Lecteur, 

Il n’y a que les poissons morts qui vont dans le sens du courant.

Ce proverbe chinois, tel que je l’ai retenu, était à choix comme thème de dissertations lors de mon collège. Il fait corps avec moi depuis. Nul souvenir des arguments de mes thèse et antithèse de l’époque… pourtant l’interpellation demeure. Comment être « un vivant » dans notre monde ?

Je pense à ce passage énigmatique de l’évangile de Luc où Jésus « passant au milieu d’eux, allait son chemin » (Lc 4, 30). Il va littéralement à contre-courant de cette foule voulant le jeter en bas d’un escarpement. Quand et comment le Seigneur nous invite-t-il à l’imiter ?

Toujours dans l’association d’idées émerge cette injonction de la constitution pastorale Gaudium et Spes (« Joie et espoir », 1965, art. 4) « l’Eglise a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Evangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée, à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. » Le discernement des signes des temps est demandé par Jésus lui-même (Mt 16, 2-3 ; Lc 12, 54-57) et les évangiles nous montrent le caractère subversif de la Bonne nouvelle, de la Parole de Dieu. 

En écho encore, cette formule de la célébration eucharistique juste avant la communion, prononcée par l’assemblée et le prêtre : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole, et je serai guéri ». Elles reprennent les paroles du soldat de l’évangile de Matthieu (Mt 8, 5-11) : l’humilité et la confiance de ce centurion romain ne sont-elles pas un exemple de contre-courant total ? Comment cette parole offerte par la liturgie, dimanche après dimanche, jour après jour, peut-elle nous fortifier à oser un contre-courant en examinant les signes du temps ?

En ce début d’année, je demande au Seigneur, pour son Eglise, le discernement, afin de participer à la lecture du temps présent et aller par les voies qu’Il souhaite, sans crainte de ne pas se conformer à « l’air du temps ». Je sollicite la grâce de sa Parole pour guérir tout ce qui empêche d’en être des témoins vivants et d’annoncer sa présence, son royaume déjà de ce monde.

Puisse-t-Il, en cette année qui s’ouvre devant nous, nous bénir et nous faire don de ses grâces afin de poser nos pas dans ceux du Christ qui nous précède. 

Meilleurs vœux pour vos proches et vous !

En librairie – janvier 2024

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Le management… selon Jésus
Florian Mantione – Hervé Ponsot

Qui a dit que, dans l’Evangile, il n’était question que de religion ? Incroyable mais vrai, c’est également un excellent manuel de management ! Voici le livre qu’il nous fallait pour réconcilier l’attaché-case avec l’encensoir, l’homme d’affaires et le prêtre. Le livre qui nous fait comprendre, à la relecture de la vie de Jésus, son rôle de leader et l’efficacité de son discours et de sa stratégie pour convertir le monde.

Editions du Cerf

Acheter pour 15.00 CHF

Ces idées chrétiennes qui ont bouleversé le monde
Jean-François Chemain

La vieille Europe, la chrétienté, est-elle en train de mourir après avoir rempli sa mission d’ensemencer le monde du christianisme ? On peut s’interroger sur la nécessité d’un tel pessimisme. L’Occident se trouve désormais au banc des accusés. A l’extérieur, on conteste son hégémonie, invoquant des griefs présents et passés. A l’intérieur, les uns, surenchérissant sur le monde, exigent qu’il fasse repentance de ce qu’il a été – conquérant, dominateur, homogénéisateur… tandis que d’autres, nostalgiques de la « chrétienté », lui font grief de ce qu’il ne serait plus assez « chrétien ». A l’heure du doute, Jean-François Chemain livre ici une réflexion puissante et originale sur les apports civilisationnels du christianisme et la légitimité de leur devenir.

Editions Artège

Acheter pour 30.90 CHF

Madeleine Delbrêl
Elisabeth de Lambilly

Madeleine Delbrêl, née dans une famille peu croyante, perd la foi à 15 ans. Elle rencontrera à nouveau le Christ grâce à des amis chrétiens et, à 20 ans, est « éblouie par Dieu », lors d’un passage en l’église Saint-Dominique de Paris. Sa conversion la pousse à s’engager dans le scoutisme puis à travailler comme assistante sociale auprès des plus pauvres, annonçant la Bonne Nouvelle de l’Evangile dans les banlieues rouges de la capitale. Avec des amies, elle fonde une communauté qui s’attache à rencontrer les gens où ils vivent, devenir leur ami, les recevoir chez soi, s’entraider. Une biographie qui se lit comme un roman, pour nourrir l’âme des jeunes et moins jeunes.

Editions Emmanuel Jeunesse

Acheter pour 19.40 CHF

Les plus beaux Récits de la Bible
Katleen Long Bostrom

Ce n’est pas toujours aisé d’initier les enfants à la Bible. Ce livre est l’outil idéal, car il narre, à l’aide d’une langue simple et de magnifiques images, 17 histoires fameuses tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Editions Bayard Soleil

Acheter pour 27.80 CHF

Pour commander

Une individualité catho-compatible

Marie-Laure Durand était invitée à Genève dans le cadre de la formation des agents pastoraux de l’ECR.

Aujourd’hui, le concept de gouvernance fait débat, aussi au sein de l’Eglise. Récemment de passage à Genève, la théologienne Marie-Laure Durand a proposé quelques pistes pour repenser la gouvernance en Eglise, à la lumière de la Bible, lors d’une conférence organisée par l’Eglise catholique à Genève (ECR). 

Marie-Laure Durand.

Texte et photos par Myriam Bettens

Depuis une cinquantaine d’années, la société a évolué d’une masse homogène vers une communauté d’individus. Cette émancipation change radicalement la dynamique du pouvoir et la façon de l’exercer. Elle soulève également de nombreuses questions et pose de nombreux défis à ceux qui étaient communément considérés comme la hiérarchie. A ce propos, Marie-Laure Durand souligne l’importance de la prise en compte des singularités de chaque individu pour « faire communauté ». Elle rappelle encore la « catho-compatibilité » de cette compréhension de l’individuation en revenant à la Bible. 

« La singularité est un processus anthropologiquement biblique, car il n’y a de révélation que dans une situation particulière de préoccupations ». Autrement dit, il n’y a de révélation dans la Bible qu’à partir de la singularité. « Lorsque les gens acceptent d’avoir leurs problèmes, leurs questionnements identitaires, alors la révélation peut avoir lieu. C’est parce que Moïse ne sait pas s’il est juif ou égyptien que Dieu se révèle à lui ». L’enseignante à l’Institut catholique de la Méditerranée (Marseille) estime qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur de cette singularité, « au contraire il faut s’appuyer dessus. La participation n’est jamais en contradiction avec la synodalité. Ce que l’Eglise a mis en mouvement n’est qu’un retour à la Tradition ». La théologienne a tenté de rassurer son auditoire sur la possibilité, malgré tout délicate, de gouverner des individus. Néanmoins, un changement de paradigme s’impose où la gouvernance ne serait plus un rapport de force entre imposant et subissant, mais l’adhésion entre un proposant et un acceptant. La construction de décisions demandera, certes, plus de temps et de patience, mais ouvrira une porte où l’opposition entre singularité et vivre-ensemble n’aurait plus lieu d’être. 

Toutefois, un participant à la conférence s’étonne des propositions de l’oratrice. « Les pistes que vous proposez sont déjà connues depuis le pape Léon XIII dans le Rerum Novarum. Pourquoi sont-elles restées confinées à un cercle très restreint ? ». Celle-ci répond que l’Eglise a fait des choix en préférant insister sur la Doctrine morale aux dépens de la Doctrine sociale, car « ces questions-là doivent être sous-tendues par des mises en œuvre pratiques en termes de gouvernance. Or, ce que l’on vivait dans la pratique risquait de contredire les concepts. » Face à ce constat, la théologienne propose de sortir d’un mode de pensée où transcendantalité rime encore trop souvent avec gouvernance, pour se tourner vers une vraie prise en compte de la communauté dans une manière de gouverner plus horizontale.

Le roi déçu… et déchu

Dans Le roi déçu : l’exercice compliqué de la gouvernance (Cerf, 2021), Marie-Laure Durand relit la parabole matthéenne de l’invitation à la noce (Mt 22, 1-14). Dans cette version, le roi veut fêter le mariage de son fils, or il ne se contente pas de lancer les invitations, mais force des inconnus à participer aux festivités et envoie même ses troupes exécuter les invités récalcitrants. L’auteure propose dans ce petit ouvrage (83 p.) une relecture de cette parabole sur le plan de la gouvernance des organisations et les dégâts causés par un exercice trop vertical du pouvoir. Celui-ci ne laissant aucunement la possibilité de s’exprimer librement et brise, de fait, tous les liens de confiance.

«Mon aîné voulait devenir pape»

A travers cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre des femmes et des hommes laïques engagés dans les diverses paroisses de Suisse romande. Fabienne Bingler, secrétaire/comptable de la paroisse francophone du Sacré-Cœur de Bâle, ouvre le chemin.

Par Nicolas Maury | Photo : DR

Quand on lui demande quelle est sa fonction, Fabienne Bingler répond du tac au tac : « Je ne fais pas seulement le secrétariat et la compta, mais m’occupe de plein de choses : l’ouverture de l’église, le rangement de la sacristie. Même la Putzfrau ! » Pour preuve, à l’heure de l’interview, elle bataille avec un chauffage récalcitrant…

L’emploi de la langue de Goethe ne doit rien au hasard. Son employeur est la Paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle, qui compte près de 400 fidèles et trouve son origine dans l’exode de population de 1871 : « Souvent, des jeunes venus à Bâle pour échapper à l’enrôlement dans l’armée prussienne. Il y avait aussi des cheminots alsaciens, ainsi que des Jurassiens et des Valaisans voulant un enseignement religieux dans leur langue. »

Parfaitement bilingue, Fabienne se rappelle très bien la manière dont elle a été embauchée. « C’était deux ans après la naissance de mon premier garçon. Je cherchais un job et j’ai postulé. Etre catholique était un prérequis. Mais ce qui a fait la différence c’est ma souplesse professionnelle. » 

Avouant volontiers être croyante, son métier est, pour elle, un reflet de sa foi en Dieu. « J’ai essayé de la transmettre à mes enfants. Ma mère et moi leur apprenions à prier. Comme je travaillais pour la paroisse, nous allions peut-être un peu plus souvent à la messe que les autres. A l’époque, mon aîné voulait devenir pape. A l’école, quand il dessinait, il mettait des croix partout. Quand la maitresse lui a demandé pourquoi, il a expliqué que c’est parce que je travaillais dans une église. »

La Française d’origine ne dément pas avoir un caractère bien trempé. « Il faut parfois avoir de la patience avec les paroissiens qui pensent que, vu que nous travaillons pour l’Eglise, nous devons être là en permanence. Mon mari n’est pas ravi quand, le dimanche matin, nous sommes dérangés par un téléphone impromptu. Mais j’essaye d’être de bonne humeur et de montrer mes bons côtés. Même mon curé en est souvent étonné (rire) ! »

Fabienne Bingler, 55 ans, secrétaire et aide-comptable depuis mars 2006 à la paroisse française du Sacré-Cœur de Bâle. Maman de deux garçons de 19 et 13 ans.

Retrouvez l’ensemble des textes et des vidéos de la rubrique sur le site : https://presse.saint-augustin.ch/ecclesioscope/

La joie de l’Evangile

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Le premier texte que publie François est La joie de l’Evangile.

Le premier texte que publie le pape François en 2013 s’intitule « La joie de l’Evangile ». A lire et relire, car on y trouve toujours de quoi, même 10 ans après, alimenter sa pastorale, sa prière et sa réflexion chrétiennes.

Il a remis au centre de l’agir chrétien ce qu’il décrit comme « notre programme de vie », sans cosmétique.

Ecouter avant de prêcher

D’ailleurs, il a rappelé combien de fois la Parole de Dieu doit d’abord s’écouter dans le silence, « c’est une question de vie » ! Et c’est ainsi qu’à partir de son écoute attentive, voire de sa réécoute régulière, « elle doit faire son chemin en nous » et rejoindre enfin les mains pour mettre en forme ce qui a été médité. De fait, la Parole de Dieu « forme et transforme », conclut-il.

Dimanche de la Parole

D’où l’idée d’instaurer, en 2019, le Dimanche de la Parole célébrée le 3e dimanche du Temps ordinaire, soit le dimanche qui tombe dans la Semaine de Prière pour l’Unité des chrétiens. Même si chaque dimanche est celui aussi de la Parole, un dimanche spécifiquement dédié à l’Ecriture proclamée est bienvenu, alors que bien des fidèles sont plus enclins à écouter (et critiquer !) l’homélie et à recevoir coûte que coûte l’eucharistie, faisant presque l’impasse sur la première (et indispensable) partie de la Messe, la table de la Parole justement.

Accessibilité

Régulièrement, à la fin d’un Angélus dominical, le pape François fait distribuer sur la Place Saint-Pierre un exemplaire des Evangiles, joignant ainsi l’admonestation (Lisez l’Evangile !) au côté pratique d’en recevoir un à glisser dans sa poche. D’ailleurs, lectrice, lecteur, en avez-vous un dans la vôtre ?

Face aux pensées suicidaires, comment agir ?

Florian Perraudin est un jeune chrétien de Fully. Il nous partage quelques mots au sujet du suicide qu’il a exploré dans le cadre du groupe de jeunes « En quête de foi ». Il présente ici le point de vue de l’Eglise catholique sur ce thème grave.

Florian Perraudin.

Par Florian Perraudin | Photos : DR

Pourquoi ce sujet ? – Tout a commencé un jour où je suis allé me balader dans la librairie Saint-Augustin à Saint-Maurice. Lorsque que j’ai ouvert « au hasard » le livre du Père Lestage, partageant ses expériences sur la prévention du suicide (cf. ci-dessous), j’ai lu à peine une page avant de pleurer chaudement. Le suicide touche beaucoup de monde, que ce soient les familles, les amis, les conjoints et bien sûr les victimes. Ces dernières années, j’ai le sentiment qu’il touche de nombreux jeunes gens. Je suis d’autant plus sensible à ce drame que mes contemporains le vivent. De plus, ce type de mort tragique ne m’est pas étranger puisque par le passé, ma famille a aussi été touchée par le suicide. Ce sont donc la lecture du livre du Père Lestage mêlée à l’actualité malheureuse du suicide et à mon passif familial qui m’ont motivé à prendre ce sujet à bras le corps. Cela m’a amené à animer une soirée sur le suicide au sein d’un groupe de jeunes à Martigny, nommé « En quête de foi ». Ce groupe permet entre autres la discussion de sujets sociétaux sous le regard de l’Eglise catholique.

A l’instar de saint Thomas d’Aquin, l’Eglise catholique s’est inscrite pendant plus de 1400 ans dans une perspective juridique du suicide : en s’ôtant la vie, l’être humain s’arroge un droit qui ne lui appartient pas. Cependant, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, les avancées scientifiques sur le suicide participent à une réhumanisation du débat théologique sur le suicide. Une perspective psychologique entre alors dans la théologie catholique contemporaine.

Evolution (heureuse) de l’Eglise catholique sur le suicide. – Le catéchisme de l’Eglise catholique nous dit aujourd’hui que des troubles psychiques graves, l’angoisse ou la crainte de l’épreuve, de la souffrance ou de la torture peuvent diminuer la responsabilité du suicidaire et qu’on ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que le Lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. 

Quelques mesures de prévention. – Par le biais du livre du Père Lestage, j’ai appris entre autres deux mesures de prévention. L’écoute en est la plus importante ! Cependant, cette écoute ne doit pas juger mais accueillir l’histoire de l’autre. Des phrases comme « Il faut… » ou « Tu ne dois pas penser cela… » sont à bannir. Nous pouvons plutôt poser des questions qui ouvrent la parole comme « Qu’est-ce que ça veut dire pour toi mourir ? » ou « Que puis-je faire pour t’aider ? » Une réponse peut aussi être le silence. Quand on écoute une personne tentée par le suicide, nous devons être prêts à entendre ses envies terribles de mort et à descendre avec elle dans les profondeurs de ses abîmes. Ainsi, en descendant si bas avec elle, on lui montre que l’on croit à la vie qui peut encore jaillir d’elle, malgré les noirceurs qui l’enveloppent ! Si l’on se sent incapable d’écouter, nous pouvons proposer l’écoute d’autres auditeurs, par exemple via la ligne d’écoute de l’Association « Pars Pas ».

En tant que chrétien, la prière est aussi une mesure de prévention très forte : prière pour la personne souffrante et pour nous, afin de nous aider à écouter comme Dieu écoute. De plus, dans le livre de Tobie, nous découvrons un archange qui délivre Tobie et Sarra des pensées suicidaires : Raphaël. Nous pouvons aussi lui demander d’intercéder auprès de Dieu pour les personnes suicidaires. 

Face au suicide, ne perdons pas la foi, l’espérance et l’amour les uns pour les autres !

Source de mes propos et pour aller plus loin : 

Karsten Lehmkühler, Le suicide dans l’histoire de la théologie : d’Augustin à Bonhoeffer in Etudes sur la mort, Editions CIEM, 2016/2 (no 150), pp. 63-78

Eric Lestage, Ils voulaient mourir, ils ont éclairé ma vie, Editions Salvator, Paris, 2023.

Hommage au Père Matthias Gajewski

Le Père Matthias affectionnait la musique et particulièrement la guitare, dont il aimait l’usage durant les messes pour accompagner les chants.

Dimanche 29 octobre, nous avons appris avec surprise et tristesse le décès survenu subitement du Père polonais Matthias Gajewski, prêtre retraité, domicilié à la cure de Font. Il s’en est allé à l’âge de 73 ans, dans sa 48e année de sacerdoce. L’abbé Darius, curé-modérateur de notre paroisse, retrace ci-dessous le parcours de cet homme de foi. La cérémonie des funérailles a eu lieu le mardi 7 novembre à la collégiale d’Estavayer en présence de sa famille venue de Pologne et de nombreux confrères. Nous partageons la peine de sa famille, notamment de ses frères, et leur adressons nos sincères condoléances (cjy).

Un ministère de 35 ans en Suisse

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur
Photos : André Bise, LDD

Matthias (Maciej est né le 28 août 1950 à Mlynary en Pologne dans la famille de Czeslaw et Aniela. Il était le troisième enfant d’une fratrie de quatre.

A l’âge de 17 ans, il reçoit le premier appel de Dieu pour devenir prêtre. Même si à cette époque, il rêve de fonder une famille, la voix du Seigneur le suit partout. Elle est douce alors il lui donne sa réponse positive en rejoignant, durant l’été 1968, la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus. Il y effectue son noviciat et suit des études de philosophie et de théologie au séminaire à Stadniki, près de Cracovie. Après une année de ministère en paroisse, il est envoyé par ses supérieurs à Rome pour étudier la patrologie. Quatre ans plus tard, il revient en Pologne pour enseigner cette matière et les langues classiques aux séminaristes de sa congrégation. Il dirige également le chœur de ses étudiants.

En 1987, Père Matthias est appelé en Suisse car à la Maison des prêtres du Sacré-Cœur, à Fribourg il manque des confrères suisses. Pendant deux ans, il soutient les missions italienne et polonaise ainsi que l’Eglise de la Suisse romande. Il disait qu’un même dimanche, il lui arrivait de célébrer les messes en trois langues : une en français dans la matinée, la suivante à Lucerne en polonais et, de retour à Fribourg, la troisième pour les Italiens.

Un long ministère dans le canton

En 1989, Père Matthias est nommé curé de Sorens et, peu après, aussi de Vuippens-Marsens et d’Echarlens. Après 10 ans de ministère en Gruyère, il devient curé de Neyruz, Cottens et Autigny-Chénens. En 2006, il est déplacé à Courtepin pour desservir aussi les paroisses voisines de l’UP. Entre 2011 et 2020, résidant à Vuisternens-dt-Romont, il est engagé dans l’UP de Sainte-Marguerite Bays.

Depuis trois ans dans la paroisse

Chez nous, à la paroisse Saint-Laurent, Père Matthias habitait la cure de Font. En tant que prêtre retraité, il y a accompli une mission sacerdotale durant les trois dernières années de sa vie. Commençant sa retraite parmi nous, il a dit : « J’ai la chance d’être disponible. Une fête, un repas ou une rencontre sont autant d’occasions d’échanger et d’ouvrir le dialogue avec les paroissiens. »

En déplorant son départ prématuré, nous gardons le souvenir d’un homme de Dieu dévoué, passionné des Ecritures, des Pères de l’Eglise, de la musique et du sport.

Le Père Matthias lors d’une célébration de la Fête-Dieu.

Les évangélistes et les auteurs du Nouveau Testament

Par Christophe Ançay 
Photo : Marie-Paule Dénéréaz

Un livre vivant

Contrairement à une grande partie de l’Ancien Testament, le Nouveau Testament mentionne la presque totalité des auteurs des différents livres qui le composent. Nous avons tous entendu les noms de Matthieu, Marc, Luc, Jean, Paul ou encore Pierre et Jacques.

Les exégètes essaient d’identifier et de décrire au mieux ces personnes aux noms si familiers mais pourtant si peu connues. En effet, leurs biographies tiennent sur quelques lignes et encore, avec beaucoup de conditionnel… Et une fois qu’on a pu décrire les caractéristiques de chaque évangéliste, nous nous apercevons que leurs récits sont imprégnés de passages d’autres sources ou sont la transcription de l’enseignement d’un autre, ou encore qu’ils sont plus le fruit d’une communauté que celle d’un auteur au sens moderne du terme.

Un évangile, étymologiquement, est une bonne nouvelle. La bonne nouvelle réalisée par Jésus qui vient sauver l’humanité par son incarnation. Les écrits du Nouveau Testament témoignent de cette bonne nouvelle. Ils sont le fruit de communautés qui ont cru en Jésus. Ils sont aussi Parole de Dieu, inspirée par l’Esprit Saint…

A Noël, nous célébrons l’incarnation de ce Sauveur. Il est né dans la pauvreté, en exil. Les premiers témoins de cette naissance, après ses parents, sont, pour Luc, des bergers et pour Matthieu, des mages venus d’Orient. Même si des traditions populaires ont donné des noms et même le titre de roi à ces mages, nous devons constater que Dieu fait homme se révèle à des inconnus. Loin de l’élite juive ou romaine de l’époque. Plus tard, Jésus sera suivi et écouté par des foules d’inconnus en plus des apôtres dont la liste n’est pas si claire. Ce sont tous ces témoins qui, de génération en génération, ont permis que le message du salut arrive à nos oreilles. 

Les auteurs du Nouveau Testament ? Peut-être la maman qui témoigne de l’amour inconditionnel de Dieu dans l’affection qu’elle porte à ses enfants ; le soignant qui lutte comme Jésus avec générosité contre les souffrances de la maladie ; tous ceux qui se soucient des plus pauvres, des exclus, des petits. Si l’évangile est bonne nouvelle, il se déploie dans le temps, réalisant à chaque époque l’unique message que nous a donné Jésus.

C’est chacun de nous qui est appelé à incarner ce message éternel et pourtant toujours nouveau d’un Dieu qui se définit comme Amour.

Changer de culture?

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet
de son choix. Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano, est l’auteur de cette carte blanche.

Par Mgr Alain de Raemy, administrateur apostolique du diocèse de Lugano et Évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg | Photos : DR

Changer de culture ? C’est la revendication maintes fois entendue suite à la révélation de trop nombreux abus et de leur trop fréquente mauvaise gestion dans l’Eglise.

Nous savons combien la culture évolue à travers les siècles.

En Europe, les questions sexuelles ne sont plus abordées aujourd’hui comme il y a 50 ans. L’autorité des parents n’est plus exercée comme à l’époque de nos grands-parents. 

Mais nous savons aussi combien les cultures sont diverses dans l’Eglise. Un jeune catholique vietnamien n’a pas les mêmes rapports avec ses parents qu’un jeune Suisse allemand. Une religieuse camerounaise ne vit pas l’autorité dans sa congrégation de la même façon qu’une religieuse en France. 

Nous serons toujours les femmes et les hommes de notre temps, marqués par ce temps. 

Certaines caractéristiques culturelles facilitent et stimulent même l’exercice des vertus évangéliques. D’autres rendent leur pratique plus difficile, voire héroïque !

Trop souvent, les chrétiens se sont adaptés, ma foi, aux conditionnements de leur milieu. Les moyens utilisés ou les formes de pensée n’ont pas toujours été passés au crible de l’Evangile.

S’il y a un changement constant à opérer dans l’Eglise, c’est bien celui que demande l’Evangile. Nous n’avons pas à suivre les modes de ce temps, mais l’Evangile de tout temps, à temps et à contre-temps.

Que le Christ qui n’est pas de ce monde nous guide en ce monde. Il est notre seule boussole. Fixons les yeux sur Lui. Et partout où c’est nécessaire, changeons nos cultures avec Lui.

S’il y a un changement constant à opérer dans l’Eglise, c’est bien celui que demande l’Evangile.

Faire le plein de soleil christique

Christelle Gaist | Photo : DR

Les messes dites « rorate » reviennent pour une troisième édition au sein de l’église de Martigny-Ville, pour le plus grand bonheur des fidèles. 

A l’aube, vous entrerez dans une église éclairée uniquement à la lueur des bougies. Les éléments dorés du chœur en chatoieront. Vous pourrez prendre place dans les bancs avec une flamme que l’on vous aura confiée. Vous participerez activement à la messe en apportant votre pierre lumineuse à l’édifice.  

L’obscurité naturelle dans laquelle nous baignons pendant l’Avent nous invite à considérer certains aspects de nos vies sous un autre angle et à plonger au plus profond de notre Foi. Si nous laissons faire le Seigneur et que nous nous confions à lui, cela peut être très bénéfique. 

Si vous avez l’occasion de vivre des messes « rorate » dans différentes paroisses, vous remarquerez que chacune dégage une énergie très particulière. Ces évènements révèlent les cœurs enflammés de nos églises.  

Notez que les messes de Martigny débuteront plus tôt que l’an passé, à 6h15, pour offrir plus de temps au café croissant et aux échanges entre paroissiens à Notre-Dame-des-Champs. Ces célébrations joyeuses et contemplatives sont une merveilleuse manière de commencer la journée. Venez-y nombreux pour faire le plein de soleil christique. Pour plus d’informations sur l’origine de cette messe, nous vous conseillons l’article : « Rorate » : la messe des « veilleurs de l’aurore » rédigé par Bernard Hallet et disponible en ligne sur le site www.cath.ch (lien direct: https://www.cath.ch/newsf/rorate-la-messe-des-veilleurs-de-laurore/)

Cheyres: messe d’engagement des premiers communiants

L’abbé André a appelé chaque enfant par son prénom pour le bénir.

Par Claire Moullet
Photos : André Bise

Samedi 4 novembre, en l’église de Cheyres, sous le regard de Notre-Dame de Grâce, une trentaine de premiers communiants de la communauté et de celles des alentours, ont vécu une belle célébration d’envoi, présidée par l’abbé André Helle, assisté de Marianne Berset, responsable de la catéchèse paroissiale, et Gérard Dévaud, animateur pastoral, répondant pour la communauté.

Une célébration qui a réuni parents, familles et quelques communiants et confirmés de l’année précédente, emmenés par leurs catéchistes.

Ce fut une première célébration en l’église de Cheyres pour l’abbé André, désormais « vicaire dominical » dans notre paroisse et qui a été accueilli par des mots chaleureux de Gérard Dévaud.

Après son homélie chantante, le prêtre a béni chaque enfant présenté avec son prénom. Un moment portant l’avenir avec l’accompagnement des aînés présents.  Une messe joyeuse, animée par les chants des enfants et du chœur mixte.

Avec ses remerciements à tous, l’abbé André a accompagné la bénédiction de ce souhait : « Que Dieu termine en vous ce qu’il a commencé ! »

• Des messes d’envoi des premiers communiants se sont également déroulées samedi 7 octobre à Aumont, dimanche 8 octobre à Estavayer et dimanche 5 novembre à Forel.

Une trentaine de jeunes étaient réunis pour cette célébration, encadrés par Mme Marianne Berset.

Mosaïques des quatre évangélistes prises à la Basilique de Lisieux

Texte et photos par Véronique Denis 

Nous connaissons bien les noms des quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Tous racontent à leur manière les paroles et les actions de Jésus durant sa vie publique. 

Les différences entre ces quatre évangiles sont dues au fait que chaque auteur avait des intentions particulières et s’adressait à un public précis.

Marc n’évoque pas du tout la naissance de Jésus. Les premiers mots de son Evangile nous font aller droit au but : « Commencement de l’Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. »1 D’entrée, Marc nous convoque à accueillir la Parole comme une Bonne Nouvelle.

L’Evangile de Jean est le plus tardif (écrit dans les années 90-100). L’objectif de Jean n’est pas de décrire les événements de la vie du Christ, mais d’en faire une réflexion sur ce qu’il a compris de la vie de Celui qu’il a contemplé à la Croix et à la Résurrection. C’est pour cela que le 4e Evangile évoque des grands discours (sur le pain de Vie, sur la vie et la résurrection, sur la glorification du Fils, etc.) et ouvre son évangile par le Prologue qui est en fait une méditation sur la personne de Jésus, le Verbe de Dieu fait chair. 

Arrêtons-nous maintenant aux évangiles de Matthieu et de Luc qui évoquent la nativité, mais avec deux perspectives bien différentes. 

Luc, médecin, est sensible à l’humanité de Jésus qui se fait proche des petits, des humbles, des malades, des femmes, des veuves et des enfants. En plus, Luc est aussi historien : il veut insérer Jésus dans l’histoire humaine. C’est pour cela qu’il situe la naissance de Jésus dans le temps en évoquant le recensement décrété par César Auguste, à l’époque du gouverneur Quirinius en Syrie.2 En plus, il prépare la venue de Jésus sur la terre des hommes en évoquant l’Annonce de l’Ange Gabriel à la jeune fille, Marie, promise en mariage à Joseph. Ensuite, Luc détaille la naissance Jésus, la visite des bergers.

Matthieu est juif et il écrit son évangile pour des juifs convertis au christianisme. Son évangile est rempli de citations des prophètes, des écrits de l’Ancienne Alliance. L’intention de Matthieu est donc d’insérer Jésus dans l’Histoire du Peuple d’Israël. Il ouvre son évangile en citant toutes les généalogies d’Abraham à Joseph. D’autre part, Matthieu met l’accent sur les péripéties qui ont marqué la naissance de Jésus (visite des mages, fuite en Egypte) en accordant une importance plus grande à Joseph qu’à Marie.

Quatre récits, quatre regards différents sur la vie du Christ à accueillir pour nous laisser transformer par cette Parole qui est une Parole vivante qui ouvre un avenir, une espérance. Que la Parole de Dieu nous accompagne et donne du sens à notre vie.

1 De la Traduction Œcuménique de la Bible : Mc 1, 1. 
2 Cf. Lc 2, 1-2. 

Jeux, jeunes et humour – décembre 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi dire de Marie qu’elle est l’Immaculée Conception ?
Comme un fruit anticipé du pardon accordé par Jésus sur la croix, nous croyons que Marie, du fait qu’elle a enfanté le Sauveur, a été préservée du péché originel dès sa naissance. C’est par ce nom qu’elle s’est fait connaitre à Bernadette Soubirous lorsqu’elle lui est apparue à Lourdes en 1858, soit quatre ans après que le pape a proclamé, sous forme de dogme, cette vérité de foi comme incontestable.

par Pascal Ortelli

Humour

Un dimanche avant la messe, un paroissien croise M. le Curé et s’aperçoit qu’il a un pansement sur la joue. Le desservant lui explique que pendant qu’il se rasait, il s’était concentré sur l’homélie qu’il allait prononcer et qu’il n’avait pu éviter de se couper. Après la messe, le même paroissien va trouver le curé dans la sacristie. « Si je peux Un dimanche matin, à l’heure de commencer la messe, M. le Curé s’aperçoit qu’il y a un seul fidèle. Il s’avance vers lui et propose de supprimer la messe et d’avancer l’apéro. Le paroissien, qui était un paysan, lui rétorqua que même s’il n’avait qu’une vache à la maison, il lui donnait à manger. Le curé, furieux, lui servit une liturgie qui dura plus d’une heure avec homélie, credo chanté et j’en passe. Le paroissien le remercia et se permit une petite remarque : « M. le Curé, quand je n’ai qu’une vache à la maison, je ne lui donne pas à manger tout le char de foin ! »

par Calixte Dubosson

Au cœur de la nuit du monde

Texte et photo par Marion Perraudin

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Eclairé de fausses lumières,
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa Lumière.
Fragile flamme éclairant notre chemin,
Pour ouvrir notre cœur à son amour
et en devenir témoin

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Au milieu de cris et de fausses clameurs,
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa joie
Douce force qui transfigure notre vie,
Pour offrir le sourire de Dieu à notre prochain.

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Dans l’hypocrisie de promesses de paix
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre sa paix
Celle qui permet le pardon véritable,
Et qui dévoile le visage du frère comme l’enfant bien aimé de Dieu.

Au cœur de la nuit du monde,
Entre frénésie et course folle,
Faisant miroiter des illusions sans lendemain
Dans le silence d’une humble crèche,
L’Enfant Dieu nous offre son espérance,
Il nous ouvre les portes du royaume de son Père.
Celles de la félicité de la vie éternelle auprès de Lui.

Au cœur des nuits de notre monde,
Entre frénésie et course folle,
A l’aube d’une nouvelle année,
Laissons l’Enfant Dieu s’incarner 
dans tous nos aujourd’hui,
Et nous offrir le plus beau des cadeaux,
Celui de notre identité profonde d’enfant de Dieu.

Rencontre avec… l’abbé André, notre «vicaire dominical»

« Vicaire dominical » ! Il est peut-être le seul à porter ce titre dans tout le diocèse LGF ! L’abbé André Helle est, depuis la rentrée pastorale de septembre, « vicaire dominical » dans notre paroisse. Rencontre avec un prêtre engagé.

Par Claude Jenny
Photos : Francis Roulin

Après avoir officié durant un mois à Payerne, l’abbé Helle a rejoint notre paroisse début octobre et chaque week-end, il célèbre plusieurs messes, venant ainsi prêter main-forte à nos deux prêtres. Lorsque nous l’avons rencontré, ce week-end d’octobre, il a officié à quatre reprises, et notamment au home des Mouettes où, nous a-t-on dit, les résidents ont vivement apprécié son contact chaleureux. Prêtre africain, venant du même diocèse togolais que l’abbé Bernard, l’abbé André « vibre à l’africaine », met beaucoup de cœur et d’élan dans ses paroles et chante volontiers ! 

« Je veux aller aux champs ! »

La semaine, l’abbé André est étudiant à l’Université de Fribourg. Après avoir suivi tout le cursus – 10 ans – pour être ordonné, son évêque l’a envoyé en Suisse pour poursuivre ses études théologiques. Il effectue un master en exégèse du Nouveau Testament. Il devrait le terminer en juillet prochain. Et après ? « J’attends une décision de mon évêque, c’est lui qui décidera » dit-il. Mais il ne cache pas qu’il aimerait rentrer au pays. D’abord pour transmettre ce qu’il a appris et enseigner dans les divers séminaires et écoles catholiques du Togo.  

« Mais, s’empresse-t-il de préciser, je ne veux pas faire qu’enseigner ! Je veux aussi aller aux champs ! » 

Un beau projet personnel

Aux champs ? oui, oui ! Car l’abbé André est très préoccupé – c’est peu dire – par la situation alimentaire d’une grande partie de la population togolaise. « Plus des deux tiers de la population de mon pays vivent en-dessous du seuil de pauvreté. C’est un peuple qui a soif de la Parole divine, mais qui a d’abord faim et manque de nourriture. L’Eglise est porteuse de lumière mais elle doit aussi aider l’homme à se nourrir à la sueur de son front » explique celui qui espère pouvoir mener à bien un projet personnel.

Son projet ? Tout simple en théorie et l’abbé André espère en être le leader. Ce que veut ce prêtre engagé, c’est cultiver de nombreux champs qui ne le sont pas actuellement. Notamment des champs situés sur des parcelles appartenant à son diocèse. « Cultivons ces champs pour que ce soient des champs communautaires contribuant à aider la population à se nourrir » clame-t-il. « Si un recours à des outils mécaniques est possible, tant mieux. Sinon, il faudra cultiver ces champs de manière ancestrale. L’important est qu’ils apportent de la récolte » dit-il, pragmatique. 

« Et, hors de mes attributions de prêtre, je serai là pour aider. Je ne vais pas rester les bras croisés dans un bureau alors qu’il y a tant à faire » dit ce prêtre dans la droite ligne du pape François pour dire que l’Eglise doit sortir de ses sacristies et, en l’occurrence, aller aux champs… Et l’abbé André économise chaque petit sou pour permettre à deux jeunes Togolais de se former en agronomie. 

Une façon de préparer le terrain pour une Eglise qui fasse au mieux ce que l’Etat ne fait pas ! « Je ne veux plus voir des enfants aller à l’école en ayant faim ! » dit-il, se rappelant que lui, s’il n’avait pas été recueilli par des religieuses d’une congrégation, il aurait aussi eu faim, n’aurait pas pu faire des études, devenir prêtre, etc. 

« Il faut inventer l’avenir et être engagé sur tous les terrains en faisant confiance à Dieu qui va nous aider à conduire nos chantiers » dit ce prêtre trentenaire qui vit avec beaucoup d’ardeur sa foi et son engagement de prêtre. 

Les symboles des quatre évangélistes

ParJean-Christophe Crettenand
Illustrations : Léa Crettenand
Photos : Alessandra Arlettaz (Fully), Monique Cheseaux (Saillon) et l’abbé Bruno Sartoretti (Isérables)

Les symboles des quatre évangélistes sont des représentations traditionnelles associées à chacun des quatre auteurs des Evangiles du Nouveau Testament. Ces symboles sont très souvent utilisés dans l’art chrétien pour identifier et différencier les évangélistes.

L’ange est associé à saint Matthieu. Il représente l’humanité de Jésus-Christ. Ce symbole est dérivé de la vision d’Ezéchiel dans l’Ancien Testament, où il décrit des créatures ailées ayant l’apparence d’un homme.

Le lion est le symbole de saint Marc. Il représente la puissance et la royauté de Jésus-Christ. Le Lion est souvent lié à la manière énergique et directe dont l’Evangile selon Marc présente Jésus.

Le taureau (ou le bœuf) est associé à saint Luc. Ce symbole évoque le caractère sacrificiel de Jésus-Christ, représentant également le service et la force. L’Evangile selon Luc met l’accent sur la compassion et la nature sacrificielle de Jésus.

L’aigle est le symbole de saint Jean. Il est souvent associé à la spiritualité et à la divinité de Jésus-Christ. L’Evangile selon Jean est considéré comme plus mystique et théologique que les autres, d’où l’association avec l’aigle, symbole de la hauteur et de la contemplation

Ces symboles ont été utilisés depuis l’Antiquité pour identifier les évangélistes et leurs écrits. Ils sont également souvent représentés dans l’art chrétien, que ce soit dans des manuscrits enluminés, des vitraux, des icônes ou des sculptures, pour rappeler les différentes perspectives et thématiques de chaque Evangile. Dans nos paroisses on en trouve quelques représentations à Isérables (église paroissiale), Fully (église paroissiale) ou encore à Saillon (chapelle Saint Laurent).

En l’église d’Isérables, les évangélistes sont rassemblés dans le chœur et le symbole de chacun figure aux pieds de la représentation du saint, à la droite de saint Matthieu et à la gauche de saint Marc, saint Luc et saint Jean.
En l’église de Fully, il faut lever les yeux pour apercevoir les évangélistes figurés par leur symbole tenant chacun un livre ouvert sur lequel il est possible de lire leur nom en latin. Le lion de Marc (MARCUS) et le taureau de Luc (LUCAS) font plus de deux fois la taille de l’aigle de Jean (YOHANNES) et de l’ange de Matthieu (MATTHAEUS).
En la chapelle Saint Laurent à Saillon, il faut également lever les yeux. On aperçoit alors les quatre évangélistes, chacun sur son nuage, accompagné de son symbole, sur sa gauche. Chacun est coiffé d’une auréole figurée de façon unique, mais ceci est une autre histoire…

La voix du Peuple

Raphaël Pomey est à la tête de son propre média, Le Peuple.

Journaliste remuant et réactionnaire, Raphaël Pomey est l’une des voix du conservatisme en Suisse romande. Si la controverse ne lui fait jamais peur, il prône aussi un sens de l’amitié qui transcende les barrières religieuses… et idéologiques.

Par Myriam Bettens
Photos : Jean-Claude Gadmer

Vous vous êtes converti au catholicisme relativement tard après avoir navigué dans le protestantisme et l’évangélisme. Pourquoi ce choix ?
La question religieuse a toujours été dans un coin de ma tête, mais plutôt sous l’angle de la révolte. Lors de mes études de philosophie, j’ai lu, entre autres, saint Thomas et saint Bonaventure. De fil en aiguille, je trouvais que le catholicisme était esthétiquement supérieur. Cette esthétique nous immergeait dans la « longue histoire ». Par contre, je ne renie pas l’héritage protestant de ma famille. Au contraire, je le défends.

Vous vous dites conservateur. Pensez-vous que l’Eglise est (ou devrait être) un des derniers bastions du maintien des « valeurs » ?
C’est une question d’équilibre. Même si je suis conservateur de sensibilité, la position naturelle de l’Eglise est en dehors de l’axe gauche-droite. Prenons la Doctrine sociale de l’Eglise. Elle peut être considérée à droite dans ce qu’elle défend la propriété privée et de la même manière à gauche, car elle prône la redistribution des richesses.

L’Eglise s’engage-t-elle dans trop de combats qui ne sont, a priori, pas de son ressort ?
Aucune réalité de cette terre ne doit échapper à l’Eglise, car je pense qu’elle a un enseignement à donner sur l’ensemble du vivant. Le problème n’est pas de s’engager, mais la manière de le faire. Typiquement, l’engagement très marqué sur les questions écologiques n’est pas un mauvais combat, mais c’est le résultat qui me gêne. C’est une sorte de concentré de sens commun militant.

Le discours de l’Eglise est-il devenu trop politique ?
Oui, absolument, alors qu’il y a une recherche nécessaire d’unité. Il est clair que j’incarne plutôt un pôle qu’on classe généralement à droite. Mon but est avant tout de réorienter, surtout de dire : « Attention, là, vous laissez des gens sur le bas-côté. » Paradoxalement, si je suis plutôt vu comme un combattant, je recherche avant tout l’unité. Je demande que l’Eglise surplombe ces questions-là, car c’est là que doit être son positionnement naturel.

D’ailleurs, vous vous montrez critique vis-à-vis du pontificat actuel…
Je représente clairement une génération qui n’est pas à l’aise avec ce pontificat. C’est un Pape qui enthousiasme énormément de gens en dehors du catholicisme et dont l’engouement, chez les catholiques, provient essentiellement d’une génération qui va mourir. Entre deux, il y a quantité de gens qui ne se reconnaissent plus. Ce que je ressens comme malaise avec ce pontificat, ce n’est pas tellement sa trop grande ouverture, mais plutôt sa fermeture vis-à-vis de personnes qui souhaitent rester fidèles au catéchisme.

On parle souvent du journalisme comme d’un « contre-pouvoir », est-ce l’optique de votre journal (Le Peuple) ?Ce qui est problématique avec cette notion, c’est que l’on postule un pouvoir médiatique, forcément à gauche et radical. Je souhaite avant tout représenter une sensibilité qui a peu voix au chapitre. Les gens qui me lisent se retrouvent dans un héritage culturel qu’ils n’ont pas envie d’abandonner. Autant à droite qu’à gauche. Par contre, il y a parfois des attentes excessives, car certaines personnes considèrent qu’un journal qu’elles perçoivent comme un contre-pouvoir devrait nécessairement prendre le contre-pied, alors que mon vœu premier est d’amener au dialogue.

Le rédacteur en chef s’est converti au catholicisme sur le tard.

Le poids des mots

Raphaël Pomey est philosophe et journaliste de formation à la tête de son propre média, Le Peuple. Il est également devenu vice-champion du monde de Kettlebell, une discipline soviétique proche de l’haltérophilie, en 2017. Entre le nom de son journal et le sport qu’il pratiquait à haut niveau, tout cela sonne bien soviétique. De quoi se demander si le journaliste n’est en réalité pas plutôt de gauche. « C’est une question que je me pose très souvent », glisse-t-il avec un sourire. Par contre, « vous êtes les premiers à me poser la question ! ». Néanmoins, il confie avoir choisi le nom de son journal en référence aux premiers mots de la Constitution. Quant à la sympathie qu’il éprouve pour la gauche, il observe qu’il est impossible de « construire une société sans la notion de bien commun ».

Venez, approchez-vous de l’Enfant-Jésus!

Prière proposée par l’abbé Jean-Michel Moix
Photo : Sœurs Augustines de Malestroit

Prière traditionnelle chantée « Adeste fideles », pour ce temps de l’Avent qui nous prépare à Noël.

Venez, fidèles, joyeux et triomphants ; venez, venez à Bethléhem. Voyez le Roi des anges qui est né. 

R/ Venez adorons, venez adorons, venez adorons le Seigneur.

Voilà qu’abandonnant leur troupeau, à la voix de l’ange, d’humbles bergers accourent à la crèche. Et nous, hâtons-nous d’un pas joyeux.

Nous verrons la splendeur éternelle du Père sous le voile de la chair : un Dieu enfant, enveloppé de langes.

Embrassons et baisons pieusement ce Dieu devenu pauvre qui gît sur la paille pour nous : qui n’aimerait celui qui nous aime ainsi.

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