L’Avent, un temps aimant-é

Par Alain Viret 
Photo : Romeo Beatrice

Une image m’est venue pour vous parler du temps de l’Avent, celle d’un sablier. Récemment à la retraite, je redécouvre le luxe d’avoir plus de temps. Dans la vie active, nous vivons sous le diktat du chronos, terme grec qui désigne le temps qui se mesure, celui après lequel on court et qui nous épuise. 

Au contraire, le sablier nous invite à la patience et à contempler le temps qui s’écoule et se concentre en un point resserré pour remplir un autre espace. N’est-ce pas ce que nous sommes appelés à vivre dans les semaines qui précèdent Noël ? 

Alors qu’une frénésie de consommation et de fêtes de toutes sortes sature nos emplois du temps, l’Eglise nous invite à commencer une nouvelle année liturgique comme des veilleurs. Ceux-ci savent voir les signes avant-coureurs d’un kairos, autre terme grec pour dire le moment favorable, celui d’une venue espérée et désirée. 

En effet, pour le juif et le chrétien, le temps n’est pas cyclique comme un éternel recommencement ; il n’est pas non plus une juxtaposition d’activités et de courses qui s’enchaînent sans que nous sachions où cela nous mène. Non, le temps – qui a partie liée avec l’espace mais lui est supérieur comme le dit le pape François dans « la joie de l’Evangile » (n°222-225) – le temps est comme aimanté par un évènement inouï passé quasi inaperçu, il y a plus de 2000 ans : une naissance à l’écart de Bethléem qui a inauguré une nouvelle et durable alliance de Dieu avec notre humanité. 

Cet évènement était attendu par des générations de croyants dont trois figures accompagnent le temps de l’Avent : celle du prophète Isaïe (1res lectures des dimanches), prophète de l’espérance et de la consolation pour un peuple qui doute et connaît l’exil. Dieu n’abandonne pas celui qui est éprouvé ; il sera fidèle à ses promesses. Celle de Jean le Baptiste (évangile des 2e et 3e dimanches), homme charnière des deux Testaments, homme d’eau et de feu qui appelle à la conversion car le temps se fait court et le Royaume est désormais tout proche. Il réveille la foi endormie et annonce un Dieu qui fera justice. Enfin, celle de Marie de Nazareth (évangile du 4e dimanche), jeune fille qui voit la réalisation de la promesse divine venir en son sein. Dans l’humilité et la confiance, elle vit la croissance du Verbe en sa chair et nous invite à accueillir ce don dans le quotidien de nos vies.

Si l’Avent nous permet de faire mémoire, ce n’est pas pour nous tourner vers le passé, ce qui était « avant » mais bien pour nous orienter vers l’avenir, ce qui advient dans le réel d’aujourd’hui et ce qui s’accomplira en plénitude à la fin des temps (Parousie) lorsque le Seigneur viendra tout récapituler en Lui. 

Ce temps est donc celui de l’espérance et du discernement pour savoir déjà, dans la nuit, reconnaître les lueurs de Celui qui est notre Soleil levant. C’est pourquoi au cœur des longues nuits d’hiver, nous cherchons la lumière et allumons des bougies comme celles de la couronne de l’Avent ; nous fêtons l’Immaculée Conception (le 8 décembre) comme une fête lumineuse (par exemple à Lyon ou à Saint-Maurice), nous vivons des messes Rorate au petit matin (comme à Saint-Paul) et accueillons la lumière de Bethléem en priant le Prince de la Paix, une paix si fragile et tant espérée dans les nombreux conflits du monde. La lumière réchauffe les cœurs et dit aussi une chaleur et solidarité avec les plus démunis qui se manifeste par toutes sortes d’initiatives à l’approche des fêtes.

Cette année, Noël succédant immédiatement au 4e dimanche, l’Avent ne se déroulera que sur 3 semaines ; alors, prenons sans tarder notre sablier pour laisser s’écouler en nous le silence de la prière, pour nous laisser aimanter par la crèche et pour faire de Noël, l’occasion de remercier pour ce premier cadeau que Dieu nous fait en venant par amour à notre rencontre, en se révélant dans l’humanité la plus fragile qui soit, celle d’un nouveau-né. 

Oui, l’Avent est bien le temps de l’aimant !

Evangélistes et auteurs du Nouveau Testament

Les auteurs du Nouveau Testament représentés par Rubens.

Situer les auteurs des écrits du Nouveau Testament permet d’entrer plus profondément dans leur intelligence.

Par François-Xavier Amherdt
Photos : DR, cath.ch/R. Zbinden

Un Evangile à quatre voix

C’est une chance de disposer de quatre témoignages sur Jésus-Christ, comme les quatre voix composant la polyphonie d’un chœur. Chacun d’eux est inscrit dans un milieu d’origine différent et s’adresse à une communauté autre. Commençons par le plus ancien.

L’évangile de Marc : la foi persécutée (écrit vers 65-70 ap. J.-C.)

D’après les traditions rapportées par des écrivains des 2e et 3e siècles, Marc aurait rédigé son évangile à Rome pour des chrétiens d’origine païenne menacés par la persécution de l’empire. Les fidèles ne connaissaient pas certaines coutumes juives, c’est pour cela que le texte marcien les leur explique longuement (comme les ablutions avant les repas, Mc 7, 3-4).

Ces anciens païens étaient considérés comme éloignés de Dieu. Mais le 2e évangile insiste au contraire sur l’étonnante proximité que le Seigneur leur manifeste, lui qui en Jésus vient au-devant de ceux qui étaient rejetés par la pensée juive. Ce n’est donc pas du tout surprenant si le premier à affirmer la foi dans le Fils de Dieu au pied de la croix est un centurion romain (Mc 15, 39).

Les membres de la communauté de Marc sont confrontés à des moments difficiles. Ce compagnon de Paul, appelé aussi Jean-Marc, est devenu confident de l’apôtre Pierre à Rome. Il leur présente de ce fait une foi qui conduit à prendre des risques.

Le Jésus de Matthieu : le nouveau Moïse (écrit vers 75-85 ap. J.-C.)

Si l’évangile de Matthieu est placé en premier dans l’ordre des synoptiques (à regarder en parallèle), c’est qu’il est le plus « vétérotestamentaire » des quatre. Il a été écrit vraisemblablement pour des baptisés d’origine juive, habitant en Syro-Phénicie (l’actuel Liban).

Il est traditionnellement attribué à l’apôtre qui porte son nom, l’un des douze, primitivement un collecteur d’impôts. Dans le document matthéen, Jésus est figuré comme le nouveau Moïse qui, sur le mont du nouveau Sinaï, livre la nouvelle Loi : « Vous aviez appris dans la première Alliance… Eh bien moi, je vous dis dans l’Alliance nouvelle… » (Mt 5, 21-48) 

Le Christ est venu accomplir et non abolir la Torah (5, 17-19). Il propose les cinq discours du nouveau Pentateuque (les cinq rouleaux de la Loi) : le sermon sur la montagne (5-7) ; celui de la mission (10) ; des paraboles (13) ; de la communauté (18) ; et de la fin des temps (24-25). Pour un juif devenu chrétien, c’est porter sa propre tradition à son aboutissement à travers la Passion et la Résurrection du Christ. En même temps, Matthieu souligne l’affrontement violent du Rabbi de Nazareth avec les autorités de son pays : la tension demeurait vive, à la fin du premier siècle, entre les disciples de Jésus et ceux du judaïsme.

L’œuvre double de Luc (évangile écrit vers 75-85 ap. J.-C.)

L’auteur du 3e évangile était médecin d’origine païenne. Il fut le compagnon de Paul dans ses voyages. Il en décrit abondamment les péripéties sur tout le pourtour de la Méditerranée, comme un Evangile prolongé, par cercles concentriques (les Actes des apôtres, dédiés à tout amoureux de Dieu ou « Théophile »).

La communauté où son message a pris naissance était formée principalement d’anciens païens, de culture grecque, vivant hors de Syrie-Palestine. Certains étaient miséreux et méprisés. C’est pourquoi le texte lucanien traite régulièrement de la béatitude des pauvres et de la miséricorde du Seigneur à laquelle s’ouvrir par la prière fervente. Il insiste aussi fortement sur l’universalisme de la Bonne Nouvelle : elle est offerte à tous les êtres humains, sans
distinction ni exclusion.

Le langage symbolique johannique (évangile écrit vers 90-100 ap. J.-C.)

Quant au dernier évangile canonique, il est dit venir du témoignage du « disciple que Jésus aimait » rencontré à plusieurs reprises dans le texte. Dès le deuxième siècle, des traditions affirmaient que c’était l’apôtre Jean, souvent associé à Pierre.

Pour ce qui est de Jean de Patmos, l’auteur de l’ultime livre de la Bible, ce n’est sans doute pas le même personnage que le quatrième évangéliste, mais il s’inscrit dans la tradition théologique de la communauté johannique. Situé généralement à Ephèse, le milieu du 4e évangile est traversé par plusieurs influences et conflits extérieurs et intérieurs, comme du reste l’Apocalypse. 

• L’influence de la philosophie grecque est indéniable. Jean ouvre son texte par un prologue sur le Logos, décrivant Jésus comme le Verbe du Père (1, 1-18).

• L’ombre de la « gnose » (ou salut par le savoir) plane sur l’évangile johannique. La véritable connaissance qui sauve, c’est l’amour de Dieu à accueillir et à traduire envers nos frères. 

• La foi juive demeure très présente à travers les grands thèmes comme l’exode, l’agneau pascal, la manne ou l’eau vive. Le 4e évangile, par le biais de déclarations en « Je suis » de Jésus, actualise des titres jusqu’ici réservés à Dieu : lumière, berger, vie, résurrection, vérité et chemin (Jn 8 ; 10 ; 11 ; 14). 

• En outre, coexistent les communautés se réclamant de Jean le Baptiseur et celles de Jésus. Si celui-ci fut disciple de Jean Baptiste, la trame johannique affirme bel et bien que c’est Jésus le plus grand (Jean 1, 29-39).

• Enfin, des querelles divisent l’Eglise primitive, ce qui amène le texte à souligner fortement l’importance de l’amour fraternel (le lavement des pieds, Jn 13, 1-20). Le style de Jean est tissé de symboles, ce que reprend abondamment l’Apocalypse à travers une série de « septénaires » (7 Eglises d’Asie, 7 sceaux, 7 trompettes, 7 fléaux, etc.), qui montrent l’accomplissement de la Révélation.

La rédaction du milieu du quatrième évangile est située généralement dans la ville d’Ephèse en Asie Mineure.
Les épîtres de Pierre sont rattachées au premier des apôtres.

Les lettres de Jean, Jacques et Pierre

Les trois épîtres de Jean, postérieures, se situent dans la même ambiance colorée par l’amour en actes et en vérité. Cette attention mutuelle permet de rejeter l’Antéchrist et de reconnaître le Fils de Dieu fait chair (1 Jn 3, 18).

La lettre de Jacques (le frère du Seigneur) nous invite à traduire notre foi par des œuvres.

Les deux épîtres de Pierre sont rattachées au premier des apôtres, dont le tombeau se situe à Rome (mort en 66). Elles s’adressent à des Eglises dans la « ville éternelle ». Elles exhortent les chrétiens persécutés à garder l’espérance comme des pierres vivantes.

Les lettres de Paul

Sans entrer dans les innombrables hypothèses à propos des écrits du 13e apôtre, on reconnaît habituellement comme étant de sa plume les lettres aux Thessaloniciens (l’espérance ultime), celles aux Corinthiens (la consolation dans l’amour), aux Galates (le salut par la foi), aux Romains (la vie dans l’Esprit) et aux Philippiens (la joie du salut), aux Colossiens (le Christ cosmique), aux Ephésiens (l’unité dans la paix) et le billet à Philémon (l’esclave disciple).

Concernant les épîtres pastorales (1-2 Timothée et Tite), elles ne sont vraisemblablement pas de Paul, mais elles décrivent l’organisation des communautés primitives. Enfin, celle aux Hébreux est plutôt une homélie invitant à marcher dans la foi vers la terre promise.

Et si, à Noël, on (re)découvrait l’art du vitrail 

Situé au sommet d’une colline, le château de Romont constitue un magnifique cadre pour le Musée Suisse du Vitrail, tous deux inscrits comme biens culturels d’importance nationale. Fondé en 1981, le Vitromusée abrite aussi un centre de recherche et le Vitrofestival attire chaque deux ans des milliers de personnes. L’art du verre coloré, né dans les époques reculées, tient une place particulière dans l’histoire de l’art sacré et mérite un détour en ces temps de fête et de recueillement.

Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR

Les Grecs, les Romains et les Egyptiens pratiquaient déjà l’art du verre. Les Egyptiens excellaient dans la fabrication de petits objets alors que les riches Romains utilisaient du verre blanc ou teinté pour les claustras et les fenêtres tout en se détendant dans des thermes baignés par la lumière de mosaïques multicolores, les millefiori. Le vitrail « primitif » apparaît dans les premières églises chrétiennes dès le IVe siècle : il s’agit alors de minces feuilles d’albâtre serties dans des cadres en bois. L’une des plus anciennes rosaces, celle de la basilique Saint-Vital de Ravenne, date du VIe siècle et représente un Christ bénissant. Aux VIIe et VIIIe siècles, l’art du vitrail se répand, mais si les Byzantins vont peu à peu l’abandonner, en Occident, l’usage se répand et perdure alors qu’en Asie Mineure et en Perse, nombre de créateurs vont le préférer à la pierre. C’est cependant au Moyen Age que l’art du vitrail va atteindre sa plénitude artistique.

Le verre, la couleur et la lumière. – L’art, sacré ou profane, exprime l’humain : ses aspirations, ses peurs, ses émotions, ses croyances… La transparence du verre, les reflets colorés, la lumière : le vitrail s’offre à nous de diverse manière selon l’heure du jour et c’est peut-être cela sa magie qui tend au spirituel. En effet, nul ne peut être indifférent aux 1113 scènes des vitraux de la Sainte-Chapelle de Paris ou au somptueux bleu-violet du sanctuaire Dom Bosco de Brasilia. Et comment ne pas être submergé d’émotions par le fameux « bleu de Chartres » dont la technique remonte au XIIe siècle ? Pour s’en convaincre, il suffit de consacrer une journée à la visite du Vitromusée de Romont qui expose une foule de merveilles de cet art millénaire.

L’épopée du vitrail. – L’exposition permanente nous fait d’abord revivre l’épopée du vitrail par le biais de fragments archéologiques du Ve siècle, de joyaux du Moyen Age, de la Renaissance, de l’Art nouveau et de créations contemporaines. Les vitraux les plus anciens demeurent anonymes, mais d’autres portent la touche de grands ateliers, comme ceux de Dirick Vellert (Flandres, XVIe siècle) et d’artistes de renom comme Alexandre Cingria ou Marc Chagall. Parmi les perles du musée, le visiteur peut admirer un vitrail médiéval de la fameuse cathédrale de Chartres. La collection compte également des verrières provenant de bâtiments sacrés ou profanes suisses et étrangers. Toutes ces œuvres font l’objet d’études car elles sont représentatives de techniques et d’époques particulières.

Une collection inégalée de peintures sous verre. – L’aile fribourgeoise du château présente une vaste exposition de peintures sous verre allant du Moyen Age au XXIe siècle dont la visite commence dans une magnifique pièce baroque et se termine dans la salle des baillis. En passant par l’Europe, la Chine ou encore l’Inde, on découvre les mille facettes, techniques et matériaux de cet art qui a su aussi bien enchanter les empereurs, les papes, les riches collectionneurs de la Renaissance allemande et italienne que les plus modestes des hommes. Enfin, l’histoire du verre, de l’Antiquité à nos jours, occupe une place de choix dans le musée qui soutient par ailleurs les arts du verre contemporain. Les artistes verriers explorent aujourd’hui des techniques innovantes : le fusing, le casting, le collage, le thermoformage, le sablage, ou encore l’usage d’acide et l’impression sur verre. Cela dit, les techniques traditionnelles du vitrail et de la peinture sous verre comptent encore leurs adeptes. Tableaux, sculptures, bijoux, vases, vaisselle… : l’atelier d’un maître verrier regorge de trésors et le soufflage du verre fascine toujours autant. Quant au vitrail ancestral, il nous est bien difficile d’imaginer certains lieux sacrés sans cette luminescence, cette présence ultime qui semble, depuis toujours, filtrer à travers l’éclat du verre coloré.

Infos pratiques : 

Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 17h de novembre à mars et dès 10h d’avril à octobre. 
Fermé le 25 décembre, ouvert le 1er janvier. Tarifs : Fr. 15.– adulte, Fr. 12.– en tarif réduit et pour les groupes.
Web : www.vitromusee.ch

Au cœur du musée du Vitrail.

Un orphelinat ukrainien au bord du lac

Rencontre avec deux enseignantes retraitées appelées à donner des cours de français aux enfants ukrainiens à l’Ecole des Missions.

Tout l’espoir d’un enfant (dessin d’enfant).

Par Nicolette Micheli 
Photos : DR

Evoquer Marioupol, c’est entrer dans la première ville martyre de l’Ukraine. Cette ville a fait preuve d’un héroïsme remarquable qui lui a valu des milliers de morts. Pour fuir la guerre, un orphelinat d’une centaine d’enfants a pu trouver refuge en Suisse avec sa directrice et tout le personnel d’encadrement.

Dès son arrivée, le groupe a dû être partagé pour des raisons de places disponibles. Certaines fratries également. Les petits ont été accueillis à Pompaples dans le canton de Vaud et les grands à l’Ecole des Missions, à Saint-Gingolph. Les Pères Spiritains ont mis à disposition de l’Etat du Valais, sous contrat, le bâtiment de leur ancien collège. Les locaux ont été réaménagés et équipés pour recevoir dignement adultes et enfants. C’est le service de l’Action Sociale, par le biais de l’Office de l’Asile et de son Chef de Service, M. Jérôme Favez, qui gère cette installation.

On peine à imaginer les drames qu’ont vécus ces enfants. Traumatisés par la guerre, privés de l’affection de leurs parents, déracinés de leur pays, les voilà accueillis chez nous, installés dans l’inconnu et pour certains, séparés de leurs frères et sœurs. Malgré tout, l’école doit reprendre. Il faut apprendre l’ukrainien d’abord, alors qu’ils parlent le russe, continuer leur parcours scolaire et se familiariser aussi avec le français. Heureusement, les enseignantes de français, qui interviennent  en matinée, ont  bénéficié de traductrices et d’aides à la vie scolaire. Elles ont dû sans cesse s’adapter durant l’année. Les enfants ont travaillé le mieux possible et ont progressé. Certains ont pu rejoindre les CO de la région, d’autres ont été intégrés dans des classes primaires de Saint-Gingolph. Certains, en fin de scolarité, continuent dans des classes d’accueil et d’intégration (SCAI) adaptées à leurs besoins. Ces départs ont allégé les groupes et ont permis, dès l’automne, un enseignement plus personnalisé.

Voilà quelques mois déjà, la Croix-Rouge a offert une belle surprise à ces enfants. Elle les a réunis pour une journée récréative. Quelle joie de retrouver soit leur frère, leur sœur ou leurs anciens camarades ! Quel bonheur de partager jeux et souvenirs !

Aux dernières nouvelles, les enfants progressent à grande vitesse, grâce aussi à tout ce qui leur a été proposé pour faciliter les échanges. Certains ont intégré des équipes de foot ou le Ski-Club. Quelques-uns ont profité d’un séjour en colonie de vacances ou d’activités au Passeport Vacances. Enfin les structures de loisirs telles que le Swiss Vapeur Parc ou l’Aquaparc font la joie des petits et des grands. 

Chaque jour, tous pensent à leur pays et entretiennent l’espoir de retrouver au plus vite leur terre natale. On le leur souhaite vivement. A l’approche des Fêtes, nous avons une pensée pour eux qui, pour la deuxième année, passeront Noël loin de leur famille et de leur pays.

Témoignage d’Angeline Borgeaud

Angeline Borgeaud.

Toujours passionnée par l’enseignement, j’accepte avec plaisir de travailler deux matinées par semaine.

Très vite, je découvre qu’il s’agit d’enseignement « spécialisé ».

Les enfants sont traumatisés, angoissés, perturbés par leur vécu, par les déménagements et par la situation de leur pays.

Ils ne sont pas motivés pour apprendre notre langue, car ils rêvent de retourner vite chez eux…

Je dois m’adapter, créer, imaginer, être patiente et surtout leur apporter mon affection.

Les entendre chanter en français est pour moi un grand bonheur.

Nous jouons au BINGO pour assurer les répétitions.

Vraiment, je me régale, quand j’entends cet élève farceur qui me dit : « Qu’est-ce qu’il y a Madame Angeline ? Vous cherchez la bagarre ? »

Au bilan, les enfants parlent un peu… mais ils comprennent beaucoup… 

Un enfant est toujours porteur d’espoir !

Témoignage de Françoise 

Françoise Ferrin.

Surprise de recevoir un appel du DIP, en juillet 2022, me demandant de donner des cours de français à des enfants ukrainiens installés à l’Ecole des Missions. 

J’ai dit « oui » car le sort de ces enfants m’avait fortement interpellée. 

Les premiers mois furent difficiles : langue et alphabet différents, enfants traumatisés et pas motivés à apprendre le français, crises fréquentes, violence verbale et physique. 

Exemples : 
– lorsque j’effaçais une faute dans une copie, l’enfant se mettait à pleurer ou à criser et ne voulait plus rien faire ;
– au loto, celui qui ne pouvait pas crier « Carton » se fâchait ;
– lors d’un changement d’activité, certains élèves jetaient par terre tout ce qui était sur leur table.

Au mois de janvier, j’ai vu une évolution positive dans leur comportement et leur intérêt pour le français. Bel encouragement !

On a chanté, fait de la gym, joué à « Jacques a dit » : manière ludique de retenir le vocabulaire appris !

La promenade d’école au Labyrinthe Aventure fut une magnifique journée.

De plus, ces enfants ont un grand besoin d’affection : chaque matin, à leur arrivée en classe et à leur départ, j’ai distribué et reçu, en tout, des milliers de câlins !

J’ai vécu une année scolaire étonnante, fatigante, mais ô combien enrichissante !

Une proposition… pour offrir la Vie à Noël

Chaque année, 2,8 millions d’enfants meurent avant d’avoir atteint 28 jours de vie.

Par Myriam Bettens | Photo: DR

Compassion œuvre depuis 70 ans parmi les plus démunis de 27 pays du monde au travers de parrainages individuels et en collaboration avec quelque 8000 Eglises locales. Au centre de son attention se trouve en priorité l’enfant. L’organisation Compassion, est devenue au fil du temps, l’une des plus grandes ONG chrétiennes d’aide et de développement de l’enfant. 

Aujourd’hui, elle lance un programme pour parrainer une maman et son bébé, car que cela soit en milieu urbain ou rural, une maman reste le pilier de la cellule familiale. Elle porte très souvent la responsabilité parentale, mais aussi économique de la famille élargie. Les femmes, soutenues par le programme de parrainage Compassion pour la maman et le bébé, sont souvent des filles-mères, des femmes mariées précocement, des femmes à la tête d’un foyer monoparental, d’une famille nombreuse. Ce sont aussi souvent les épouses d’hommes incapables de travailler suite à un accident ou d’autres problèmes de santé.

L’ONG souligne même que dans certaines régions du monde dans lesquelles elle apporte son soutien, les parents ne donnent un prénom à l’enfant que lorsque celui a survécu jusqu’à l’âge d’un an. De plus, les carences dans les premiers mois vont peser sur le développement de l’enfant, mais cette situation n’est pas une fatalité. 

Le parrainage en bref

La mission de Compassion est basée sur les valeurs connaître-aimer-protéger. Dans les centres de survie pour les mamans et les bébés, la maman est soutenue de manière holistique et accompagnée avec bienveillance dans tous les domaines de sa vie :

– Au niveau médical en bénéficiant d’un suivi médical pendant la grossesse et la première année de vie de son bébé. Elle est assurée de pouvoir accoucher dans une structure médicalisée, ce qui lui permet d’accueillir son enfant en toute sécurité.

– Dans la sphère psychosociale, en apportant un soutien pour permettre à la femme de retrouver une dignité, de développer une vision saine de la maternité et d’être prête à accueillir son enfant avec un regard plein d’espérance.

– Par un soutien matériel (alimentation, médicaments) apporté à la maman. Cette dernière trouve en outre de l’espace pour développer ses talents et de nouvelles compétences. Plusieurs formations dont celle pour développer des activités génératrices de revenu, avec, si nécessaire, un soutien au démarrage d’une microentreprise.

Votre engagement en chiffres

– 18 mois étant la durée moyenne du soutien à une maman et son bébé

– Fr. 62.– mensuel pour soutenir une mère et son enfant

– 30’000 mamans et leurs bébés sont soutenus actuellement par Compassion

Pour vous engager et en découvrir plus sur Compassion Suisse : compassion.ch/parrainez-une-maman-et-son-bebe

Thèmes et rubriques 2024

Thèmes 2024

Mois Sujet
Janvier Finance chrétienne (Pierre Guillemin)
La finance chrétienne catholique encadre des opérations de nature bancaire et financière par des principes moraux directement issus de l’interprétation des textes religieux chrétiens (Ancien et Nouveau Testament) et de la doctrine de l’Eglise catholique romaine (Doctrine sociale de l’Eglise). Ces dernières années, le «Conseil pontifical Justice et Paix» a pris de plus en plus souvent des positions sur les sujets financiers. En juin 2013 par exemple, il publiait une note intitulée «Postures chrétiennes face à la finance» qui donne le cadre général dans lequel doit se situer l’action du «financier».
Février La représentation du Christ dans l’histoire (Amandine Beffa)
Voir le Christ représenté sur une œuvre d’art est assez banal pour nous aujourd’hui. Pourtant, cela n’a pas toujours été une évidence. Des premiers chrétiens qui suivaient strictement l’interdit vétérotestamentaire de représenter «ce qui a la forme de ce qui se trouve au ciel» jusqu’aux débats du XXe siècle autour de l’art sacré contemporain, étudier la représentation du Christ, c’est étudier «comment on croit».
Mars Les martyrs d’hier et d’aujourd’hui (Thierry Schelling)
Depuis les premiers temps de l’Eglise, des hommes, des femmes et des enfants ont été tués parce que disciples du Christ. Puis la «tuerie» s’est tournée contre les païens, les hérétiques, les schismatiques. Avant de reprendre contre des milliers de baptisé.e.s sous les régimes totalitaires du XXe siècle. Martyr, qui se sacrifie pour l’autre…
Avril Silence! Calixte Dubosson)
Le maître-mot de notre monde actuel, c’est le débat. Il faut débattre de tout. Les chaînes TV, les journaux, les réseaux sociaux nous inondent de personnes aux idées contradictoires qui ne s’écoutent pas et qui se coupent sans cesse la parole. Chacun semble détenir la vérité mais au final, c’est le flou complet. Il faudrait soi-disant suivre ces logorrhées pour se forger une opinion. N’y aurait-il pas d’autres voies pour discerner ce qui est bon pour chacun et pour la collectivité? Le silence, celui de la nature et des ordres monastiques, par exemple?
Mai Mater dolorosa (Myriam Bettens)
Chaque minute, quarante-quatre femmes subissent une fausse couche dans le monde. Au niveau Suisse, une grossesse sur cinq est concernée. Malgré cela, le silence autour de cet événement douloureux et les lacunes dans l’accompagnement persistent.
Juin Astrophysique et religion (Pierre Guillemin)
VL’astrophysicien Hubert Reeves déclare: «La question n’est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt: qui est-Il, et à quoi joue-t-Il?» L’astrophysique ne cherche donc pas à contredire mais à comprendre la volonté de Dieu dans son œuvre créatrice. Cette quête de «l’intelligence de Dieu», Albert Einstein l’exprime aussi: «Je refuse de croire en un Dieu qui joue aux dés avec le monde.»
Juillet-août Quoi ma messe? Qu’est-ce qu’elle a ma messe? (Thierry Schelling)
Nos diocèses sont en mutation structurelle: des laïcs/laïques sont nommé.e.s représentant.e.s de l’évêque là où des prêtres œuvraient comme vicaires épiscopaux; des paroisses n’ont plus de curés mais des administrateurs, obligeant à revoir le sacrosaint programme des messes à la baisse, en regroupant les fidèles (pas toujours complaisants); et des initiatives de l’ordre du service de l’autre (Rom, migrant, requérant, divorcé, LGBT, etc.) et du soin à la création sont mises désormais en avant comme « expression d’Eglise» autant que la liturgie. Dans ce «chantier», les réactions de fidèles sont parfois aux antipodes de ce à quoi on aurait pu s’attendre (compréhension, solidarité, compassion) au vu de leur fréquentation de la messe qu’on leur diminue…
Septembre Vers une Eglise de retraités? Calixte Dubosson)
Souvent, nos assemblées dominicales ou de semaines sont fréquentées par ce qu’on appelle non pas les têtes couronnées mais les «têtes blanches», allusion au fait que les célébrations sont suivies en majorité par des personnes âgées ou vieillissantes. Pourtant, ce phénomène ne se réduit pas aux messes ou aux cultes mais aussi au niveau de l’organisation des paroisses à tel point que de plus en plus de personnes retraitées sont nommées à des postes importants pour la bonne marche de la communauté. Allons-nous donc vers une Eglise de retraités?
Octobre Evolution de l’architecture chrétienne (Amandine Beffa)
La fin des persécutions donne la possibilité aux chrétiens de bâtir des lieux de culte. Au début, ceux-ci sont inspirés de l’architecture romaine à laquelle un nouveau sens est donné. Dans les siècles qui suivent, l’architecture chrétienne se développe progressivement vers des codes qui lui sont propres. C’est à la période romane que le plan devient fixe. L’architecture devient alors symbolique: plan en croix latine, orienté vers l’Orient… A partir de cette période, l’architecture reflète ce à quoi on croit. Elle évolue avec les pèlerinages et les grandes processions, jusqu’à la réforme liturgique du Concile Vatican II.
Novembre Faire feu de tout bois (Myriam Bettens)
LOn estime que la chasse aux sorcières a fait 100’000 morts en Europe. La Suisse, quant à elle, détient le sinistre record du nombre de victimes. Des crimes imaginaires qui mènent à se demander comment en arrive-t-on à tuer en toute impunité ?
Décembre L’Exégèse (François-Xavier Amherdt)
Autrefois réservée aux théologiens, l’exégèse permet de passer les textes bibliques au crible de l’analyse et de la raison. A travers les médias notamment, ses résultats sont aujourd’hui à la portée du grand public. De quoi donner un nouveau regard sur l’Ancien Testament et le Nouveau ?

Rubriques 2024

Les rubriques constituent le fil conducteur de chaque magazine. Voici celles que la Rédaction romande vous propose en 2023.

En 2024, nous vous proposons deux nouvelles rubriques

sous la plume de Nicolas Maury

Ecclésioscope : Secrétaires, sacristains, sacristines, fleuristes… A travers cette nouvelle rubrique, partons à la rencontre des femmes et des hommes laïques engagés dans les diverses paroisses de Suisse romande.

sous la plume de Pascal Ortelli

Ciel, ma médaille ! : «La piété populaire est un trésor pour l’Eglise», affirme le pape François. Oui, mais face à l’abondance d’objets de piété, sait-on encore à quel saint se vouer? Dans cette nouvelle rubrique, une infographie vient décrypter ce qui se cache derrière les principales médailles que nous portons, et ce pour mieux comprendre notre foi.

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Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-5 Eclairage Tournus de la rédaction
6 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
7 Le Pape a dit… Thierry Schelling
8 Carte blanche diocésaine Tournus externe
9 Jeunes et humour M.-C. Follonier
Pascal Ortelli
Calixte Dubosson
10-11 Small Talk Myriam Bettens
12 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
13 Ecclésioscope Nouveau! Nicolas Maury
14 Merveilleusement scientifique Pierre Guillemin
15 Ciel, ma médaille! Nouveau! Pascal Ortelli
16 En librairie Calixte Dubosson

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Pages Rubrique Auteur
1 Edito Tournus de la rédaction
2-3 Eclairage Tournus de la rédaction
4 Ce qu’en dit la Bible François-Xavier Amherdt
4 Le Pape a dit… Thierry Schelling
5 Au fil de l’art religieux Amandine Beffa
Jean-Claude Gadmer
6 Small Talk Myriam Bettens
7 Merveilleusement scientifique Pierre Guillemin
8 Carte blanche diocésaine Tournus externe
8 Ecclésioscope Nouveau! Tournus externe

Pour les journaux A4, la possibilité existe de reprendre librement les rubriques des magazines B5 qui ne sont pas contenues dans le Cahier romand.

«Que les oiseaux se multiplient sur la terre.»*

Dans la région de Martigny, différents acteurs se retroussent les manches en faveur des oiseaux sauvages. Dans cet article, nous tirerons le portrait de deux passionnés d’oiseaux et de leurs activités : Bertrand Posse, collaborateur à la Station ornithologique suisse et Mélanie Fellay, fondatrice de l’association Nouvel Envol.

Par Christelle Gaist 
Photos : P-M. Epiney, B. Genton, Flurin leugger, Christelle Gaist

Bertrand Posse posant des nichoirs.

Bertrand Posse est collaborateur à l’antenne valaisanne de la Station ornithologique suisse. Dès son adolescence, il se passionne pour le monde avien. Il étudie ensuite la biologie. Depuis 2019, Bertrand s’active pour stabiliser et remplumer les populations de martinets et d’hirondelles du Valais. Ces oiseaux, nichant sur nos bâtiments, souffrent d’une crise du logement et ont de la peine à trouver des façades accueillantes pour y pondre et élever leurs petits. 

Les martinets noirs font leur nid dans les anfractuosités des bâtiments et sont très fidèles à leur site de nidification. Lors des rénovations, les fissures des façades ont tendance à être bouchées et les nids sont condamnés. 

Quant aux hirondelles de fenêtre, elles construisent des nids moins discrets, à même les façades. Elles récoltent de la terre dans leur bec, forment des boules avec leur salive et maçonnent ainsi des nids. Les salissures occasionnées peuvent déplaire aux habitants. 

Face à la disparition de leurs sites de nidification, il devient compliqué pour ces oiseaux migrateurs de se reproduire sereinement. 

Au sein du programme martinets / hirondelles, Bertrand Posse cartographie les populations, protège les sites de reproduction en cas de rénovation et propose la pose de nouveaux nichoirs et de nids artificiels dans des lieux propices.

La Ville de Martigny, par l’intermédiaire de ses Services techniques (Dorothée Fournier Baudin et Benoît Fort), s’est vraiment investie pour ces migrateurs. Des nichoirs à martinets et des nids pour les hirondelles ont été posés sur des bâtiments communaux, par exemple sur la Médiathèque. 

Les Chanoines ont eux aussi accepté que les martinets s’invitent chez eux. Cinq boîtes ont été posées. Si tout se passe bien, elles accueilleront, ces prochaines années, des nichées de martinets noirs. La Maison de la Visitation a été récemment choisie par des hirondelles, qui ont trouvé de la terre à disposition grâce à un proche chantier. 

Les hirondelles et les martinets sont des animateurs de premier plan de nos étés. Qu’ils continuent à venir nombreux dans nos contrées !

Pour obtenir des informations supplémentaires sur le travail de Bertrand Posse en Ville de Martigny, des capsules vidéo sont disponibles sur Youtube: https://www.youtube.com/watch?v=U86oEpGFZMo 

Vous êtes intéressés à poser des nids ou des nichoirs chez vous ? Contactez la Station ornithologique par ce biais à cette adresse : info.vs@vogelwarte.ch

Photos : DR, tania langweiler, nouvel envol

Mélanie Fellay ausculte un aigle royal.

Mélanie Fellay est la présidente de l’association Nouvel Envol et la fondatrice de son Centre de soins. Avec Aurélie Berthod, elles sont désormais coresponsables de l’unique station de soins aux oiseaux sauvages du Valais.

Situé aux Marécottes et partenaire du zoo, le Centre de soins accueille environ 600 individus par année. Ils sont blessés, malades ou trop jeunes pour survivre seuls dans la nature. L’association a deux missions principales : soigner, réadapter et rendre à la nature ces oiseaux, ainsi que sensibiliser le public. Les blessures sont en effet la plupart du temps liées à l’activité humaine et peuvent parfois être évitées.

En moyenne, cinquante personnes sont actives au sein de l’association durant l’année. Certaines le sont sur le terrain avec les oiseaux, d’autres le sont au contact du public ou remplissent des tâches administratives. C’est pendant l’été que l’association a le plus besoin de bras. A la station de soins, le rythme s’intensifie pendant la belle saison. Des jeunes oiseaux et des migrateurs sont alors amenés en nombre. Des hirondelles et des martinets terminent d’ailleurs chaque année leur croissance à Nouvel Envol avant de s’envoler pour le Sud. Ces migrateurs, souvent tombés du nid, ont droit à une seconde chance.

Les bénévoles ont des profils et des parcours de vie très variés. Des jeunes dès 16 ans sont guidés par leur passion ou viennent dans le cadre d’un stage pour leurs études. Des actifs s’investissent lors de leurs jours de congé. Des retraités donnent volontiers un coup de main. Mélanie nous explique qu’ils ont tous attrapés le virus. Ils veulent donner du temps à une cause qui a du sens. L’expérience est enrichissante pour tout le monde.

Les « birdies », c’est le nom des bénévoles, témoignent régulièrement que, lorsqu’ils s’occupent des oiseaux, les tracas de la vie disparaissent et que cela leur fait beaucoup de bien. Quand Mélanie soigne ses pensionnaires ailés, c’est comme si elle entrait dans une bulle douce et que plus rien d’autre n’existait. Les oiseaux ressentent ce calme intérieur et le stress diminue aussi de leur côté. 

Le Centre de soins fêtera cet automne ses 5 ans ! Pour continuer à remplir efficacement ses missions, Nouvel Envol est toujours à la recherche de bénévoles et de donateurs. Voici les conditions pour devenir bénévole : avoir 16 ans, être calme et respectueux du monde vivant y compris des collègues ! Un respect strict des règles est demandé car il s’agit d’un véritable hôpital pour les oiseaux. Nouvel Envol cherche aussi des personnes motivées pour effectuer des tâches plus créatives ou encore administratives. 

Contact : benevolat@nouvelenvol.org
Faire un don ? –> www.nouvelenvol.org

* Le titre est repris du livre de la Genèse : Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. » (Gn 1, 22)

Parfait: souvenirs de Suisse

Au Théocamp de Revereulaz.

Parfait vit actuellement dans la maison mère des Spiritains à Paris. Il suit des cours de théologie chez les Jésuites. Il évoque les souvenirs de son séjour en Suisse.

Par Parfait Yandi Sambieni | Photos : DR

Mon séjour en Suisse a été riche d’expériences diverses. J’ai pu y  poursuivre ma formation dans une autre culture selon la règle de vie spiritaine. J’ai été chanceux d’être accueilli à Vouvry par trois confrères très sympathiques. Le Père Innocent, curé de la paroisse, et son vicaire Joseph furent des atouts au niveau de mon insertion pastorale et de mon discernement. Quant à Patrice, Supérieur de la province de Suisse, il fut un guide pour découvrir la culture suisse à travers le jardinage et les randonnées en montagne.

J’ai eu du plaisir à rencontrer les familles et à connaître les réalités vécues par chacune d’elle. J’ai aussi pu partager mes réflexions lors des messes, conseiller les servants de messe, animer les ateliers du parcours catéchétique… et manger de la raclette ! Grâce au parcours Alpha, j’ai mieux compris la profondeur de la foi de certains paroissiens. Les apéritifs après la messe ont provoqué de belles rencontres et furent des moments de détente et d’enrichissement mutuel autour d’un verre fraternel. Les Théo-camps et les moments vécus avec les scouts m’ont familiarisé avec les jeunes et leurs parents. Toutes ces expériences m’ont rendu plus efficace dans  la pastorale.

Le missionnaire est appelé à vivre en plusieurs lieux. Il y a un an, je suis parti à Fribourg au séminaire de Givisiez pour suivre les cours de théologie à l’université. Je me suis fait plein d’amis avec lesquels j’ai eu des discussions passionnantes. Les échanges réguliers avec mon directeur spirituel Jean-Claude Pariat, comme tous les cours que j’ai suivi ont enrichi mes connaissances et consolidé ma foi. Je regrette beaucoup de n’avoir pas pu terminer la théologie à Fribourg avec des professeurs appréciés et aussi d’avoir abandonné mes camarades à mi-chemin.

Cet été, j’ai eu la chance de participer aux JMJ au Portugal. J’étais dans un groupe de Valaisans de Sierre et environs. Nous avons été accueillis la première semaine dans des familles portugaises du diocèse de Braga. J’ai découvert les différences entre les cultures valaisannes et portugaises ! Les JMJ sont un flot de rencontres, une suite de moments inoubliables. Ce que j’ai vécu là-bas est inexplicable : il faut le vivre pour le comprendre. Ce fut une occasion unique de me ressourcer spirituellement ! Je compte bien revivre encore cette expérience exceptionnelle !

Je suis reconnaissant pour tout ce que j’ai vécu avec vous dans le Haut-Lac ! Merci à mes confrères, au Père Innocent qui m’a aidé à grandir, à l’équipe d’animation pastorale, aux secrétaires Stéphanie et Astrid, à Christophe qui me fut d’une grande aide et enfin  à Dieu pour cette aventure magique ! 

Aux JMJ de Lisbonne, cet été.

Quête de sens. Esotérisme: l’envers du décor *

Le surnaturel fascine. La magie, le monde parallèle caché, l’intuitif, l’irrationnel, sont cultivés comme des possibilités d’élargissement de la conscience, par un contact avec l’invisible. Dans nos sociétés dites rationnelles qui ont évacué la foi chrétienne, l’ésotérisme, l’astrologie, la divination, la voyance, le chamanisme, le secret des guérisseurs… répandent allégrement leur soufre.

Par Olivier Taramarcaz | Photo : DR 

Générations aveuglées – Nous vivons dans une génération familiarisée avec l’occultisme, qui ne s’offusque ni ne s’indigne devant la vague de l’ésotérisme. Le paranormal imprègne toutes les sphères de la société. Dans le même temps, la foi chrétienne est mise à la marge, discréditée. Comme des papillons se brûlent les ailes en s’approchant de lumières nocturnes, bien des contemporains sans discernement spirituel se perdent en se tournant vers des promesses obscures. Les spiritualités occultes se multiplient : entrer en contact avec un défunt, invoquer des divinités anciennes… Les spiritualités ésotériques proposent de se connecter à l’énergie vitale, de se relier à la lumière intérieure, au Soi. […]

Malédiction à portée de main – Guérisseurs, faiseurs de secret, magnétiseurs, médiums, exercent un pouvoir spirituel réel. Ce pouvoir ne vient pas d’eux. Ils indiquent eux-mêmes avoir reçu une formule « secrète » de la part d’un autre guérisseur, ou un « pouvoir », lors d’un contact avec une personne décédée (spiritisme). Ils disent agir au service du bien. Belle pirouette ! Quelle est la source de leur pouvoir, de leur prétendu don ? Pourquoi leur « prière » doit-elle rester secrète ? A quelle force font appel ces acteurs de l’ombre ? Les guérisseurs se gardent le plus souvent de dire que leur invocation est adressée à une puissance céleste occulte (ange déchu ou démon). Si une brûlure disparaît après avoir consulté, ou appelé par téléphone un faiseur de secret, comme cela se pratique impunément dans nombre d’hôpitaux, c’est bien le résultat de la manifestation d’une force invisible entrée en action à la demande du guérisseur. Quelle est cette puissance ? Donner allégeance au secret, du fait que c’est efficace, relève de la plus grande naïveté et crédulité. 

Mordre à l’hameçon – Le guérisseur (médium ou chaman) fait office de canal de transmission, de médiateur entre les forces du monde invisible animé par des esprits de démons, et le monde des humains. Se confier à cet univers, c’est signer un chèque en blanc, un accord caché avec une puissance occulte, lui donnant un droit d’action sur sa vie. C’est en quelque sorte remettre les clés et le volant de son être intérieur à une puissance spirituelle inconnue. Après avoir mordu à l’hameçon, le poisson ne décide plus de son chemin. Ce n’est pas un jeu. La santé physique, psychique, relationnelle, spirituelle en sera altérée, sans que la personne en comprenne la raison, qui reste cachée. La brûlure, la douleur, ont disparu, bientôt remplacées par des troubles diffus, des inquiétudes, des angoisses. S’ouvrir au monde des puissances occultes amène, à court ou moyen terme, à subir les effets indésirables du germe de la mort.

La Bible ouvre les yeux – Guérisseurs et magnétiseurs ne servent pas Dieu, comme ils le prétendent parfois. […] La Bible est le seul Livre qui dénonce les pratiques occultes, les considérant comme une prostitution spirituelle, soit une relation avec des démons : « Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ne vous adressez ni à des médiums ni à des devins ; ne les consultez pas, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l’Eternel, votre Dieu. » (Lv 19, 31)

Se tourner vers le Ressuscité  – S’il y a un risque réel à s’approcher des médiateurs de l’ombre, il n’y a aucun risque à s’approcher de Jésus, dont les paroles sont limpides : « J’ai parlé ouvertement devant tout le monde. […] Je n’ai rien dit dans le secret. » (Jn 18, 20) « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de lui. » (Jn 7, 38) La réponse à notre quête de sens se trouve en Jésus seul : « Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres, mais qu’il ait la lumière de la vie. » (Jn 12, 46) Jésus est venu libérer, pardonner, guérir, renouveler, restaurer, relever toute personne qui se tourne humblement vers lui : « C’est de nos maladies qu’il s’est chargé, et ce sont nos souffrances qu’il a prises sur lui […]. C’est par ses blessures que nous sommes guéris. » (Is 53, 4)

* Olivier Taramarcaz, Quête de sens. Esotérisme : l’envers du décor, Atelier Art & Foi, Chemin-Dessus, 2023.

Qu’on ne trouve chez toi personne qui exerce la divination, l’astrologie, […] personne qui consulte les médiums, les voyants, ou interroge les morts. Car le Seigneur a en abomination ceux qui se livrent à de telles pratiques. (Dt 18, 10-12)

Un nouveau provincial, un nouveau curé

Depuis le 2 octobre dernier, le Père Innocent Baba Abagoami occupe officiellement sa nouvelle fonction de provincial de la congrégation des spiritains de Suisse, à Fribourg. Le Père Patrice Gasser, qui a occupé cette place pendant trois ans, est désormais curé du secteur Haut-Lac.

Le Père Innocen, provincial des spiritains de Suisse.

Propos recueillis par Yasmina Pot | Photos : Yasmina Pot

Le chapitre s’est tenu en juin dernier à La Pelouse sur Bex, dans la communauté des Sœurs de Saint-Maurice. Le Père Innocent a été élu provincial pour les quatre prochaines années. 

Père Innocent, parlez-nous de cette nouvelle responsabilité de provincial que vous avez acceptée après avoir été curé du secteur Haut-Lac pendant trois ans.
J’ai été ordonné prêtre en 2007 et à partir de là je n’ai jamais refusé un poste. Tout ce qui m’a été accordé comme responsabilité, je l’ai toujours accepté. Par exemple après avoir quitté l’Egypte où j’ai étudié, j’étais destiné à l’enseignement au Ghana, mais là ma congrégation m’a demandé d’aller au Bénin pour la pastorale ; j’ai été bouleversé mais j’ai accepté et finalement j’ai trouvé le bonheur là-bas. L’enseignement et le travail en paroisse sont des activités parallèles, qui présentent de nombreux points communs, ce qui m’a plu.

Je viens dans ma mission de provincial avec un esprit, une confiance, une force de faire avancer les choses. Et je ne suis pas seul : avec quatre autres personnes nous formons un conseil et c’est ensemble que nous allons diriger la province des spiritains en Suisse. Le chapitre nous a déjà donné l’orientation, là où nous devons aller. 

Vous avez quitté le Haut-Lac ; quel regard portez-vous sur cette étape de votre vie ?
Ces six dernières années passées sur le Haut-Lac ont été merveilleuses, excellentes ! J’y ai rencontré de très belles personnes, qui m’ont aidé à m’intégrer dans chacune des paroisses du secteur. Je me suis senti chez moi, dans chaque église et chapelle, en plaine et à la montagne, parmi des paroissiens fraternels. 

Dans la vie je vois toujours le côté positif. Lorsque je rencontre des défis ou peut-être des difficultés, j’essaie de les transformer pour mon bien et celui de ceux qui m’entourent. Je sais que là où j’irai, je trouverai d’autres belles personnes. Tout dépend de soi en réalité. Je trouverai des personnes que Dieu a placé là et qui m’attendent. J’ai déjà préparé mon esprit à les rencontrer.

Le Père Patrice Gasser, curé du secteur Haut-Lac.

Père Patrice, après trois ans de provincialat et de ministère sur le secteur d’Aigle, quelles sont vos impressions en retrouvant le Haut-Lac où vous avez déjà été curé ?

Je vous réponds dans l’esprit du synode… je suis heureux de retrouver les chorales et les baptisés du Haut-Lac et de travailler avec les différents agents pastoraux. Comme je vivais à Vouvry j’ai pu croiser des enfants, des adultes et des retraités lors de différentes célébrations sur le secteur. En fait, je n’ai pas l’impression de vous avoir quittés…

Par contre, en visitant mes confrères à Genève, à Marly et dans nos communautés de retraités, il me semble que j’ai mieux pris conscience de combien nos vies sont précieuses, belles et fragiles. Il y a des personnes et des familles magnifiques partout, et c’est un plaisir de voir des vivants qui se posent des questions et veulent se mettre en marche. Mais il y a aussi des personnes compliquées avec des relations difficiles. C’est tout ce monde que le Seigneur veut surprendre comme il l’a fait pour ses apôtres lorsqu’il a voulu leur laver les pieds. 

Je vois mon rôle comme celui qui nous rappelle que nous sommes aimés et servis par ce Seigneur à genoux qui est le maître de la mission…

De beaux restes

Par Nicolas Maury
Photo : Jean-Claude Gadmer

Au départ, il y a un vide à combler parce qu’un corps disparait. Guère étonnant dès lors que chaque élément qui en rappelle l’existence physique prenne une place capitale parmi les premiers disciples. 

Et puis, à partir du IVe siècle et le voyage de la mère de Constantin en Terre Sainte, ce fut la prolifération. D’une liste innombrable de reliques, je retiens je ne sais combien de prépuces du Christ, les cadeaux que lui ont faits les rois mages, ses dents de lait et des fragments de la croix assez nombreux pour en faire une forêt ! Plus fort que la multiplication des pains !

Les reliques n’existent pas que chez les chrétiens. L’Islam a les siennes (on a volé le poil de la barbe de Mahomet), le bouddhisme aussi (Siddharta ne devait pas avoir un très bon dentiste).

Quel rôle accorder au culte des reliques : pensée magique archaïque ou ligne directe avec le divin ? Celle qui en parle le mieux, c’est « M », interprétée par Judi Dench, alors qu’elle s’adresse à 007 dans Goldeneye : « M. Bond, vous êtes un dinosaure sexiste et misogyne, une relique de la Guerre Froide. » N’empêche ! A la fin, c’est vers lui qu’elle se tourne pour sauver le monde.

Histoires du dedans: une méditation guidée

Le hasard d’une recherche sur internet m’a amenée sur le site de la « Maison bleu ciel », un centre spirituel à Genève. J’y ai découvert Les histoires du dedans : une série de méditations guidées à partir des Evangiles. Cette manière d’aborder le texte m’a vraiment plu. Je vous partage ici les éclairages du pasteur Nils Phildius qui anime ces méditations.

Le pasteur Nils Phildius.

Par Françoise Besson 
Photos : maisonbleuciel.ch

Dans Les histoires du dedans, les récits bibliques sont lus comme une évocation d’un processus intérieur, d’où ce nom qui nous invite à un chemin d’ouverture de la conscience. Cela demande une disponibilité et une totale attention à ce qui se passe au-dedans de soi. Cette lecture en groupe, encadrée par deux temps de silence, de méditation, d’intériorisation, ouvre sur un temps de partage où chacun apporte ses interprétations et ses découvertes intérieures qui enrichissent ainsi le groupe.

Une lecture non duelle de la Bible – La non-dualité est d’abord une expérience : l’ouverture du cœur et du regard à un espace qui contient toute chose. C’est l’expérience de la « non-séparation ». Nous ne sommes pas séparés d’un Tout indivisible, au-delà du temps et de l’espace : c’est là notre véritable nature. C’est l’expérience de voir la réalité dans sa globalité, sans séparation entre nous, entre le ciel et la terre, entre le visible et l’invisible, entre le sacré et le profane. Tout est un parce que tout est fondé sur l’UN de l’amour, de cet amour qui vient de l’au-delà de nous. 

Une lecture symbolique – Les textes bibliques peuvent être lus à un niveau symbolique. Un symbole est un élément qui nous renvoie à une autre réalité, comme si on mettait deux choses ensemble (en grec « symbolon », mettre ensemble), par exemple un objet concret, un drapeau, qui renvoie à une réalité abstraite, la nation. L’idée est donc d’entrer dans le texte biblique en se disant que chaque mot ou chaque phrase évoque une réalité symbolique au-delà de la première compréhension du mot. Nils Phildius précise que cette manière d’entrer en dialogue intérieur à partir d’un texte n’est qu’une manière parmi d’autres de lire un texte biblique. Ça peut-être celle qui nous convient aujourd’hui, en ce moment de notre vie, ou pas… 

Aller au-dedans – « Comme pour les autres propositions de la Maison bleu ciel, Les histoires du dedans sont en quelque sorte l’aboutissement d’une évolution personnelle et de ma pratique d’animation d’ateliers spirituels, explique le pasteur Phildius. A certains moments (de crise) de ma vie, je me suis tourné vers des personnes qui pratiquaient des spiritualités très ouvertes, hors de toute institution religieuse. Ainsi la non-dualité est un terme qui vient de l’hindouisme, mais pour moi, il parle aussi des Evangiles. Par exemple dans l’Evangile de Jean : «  Afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en Toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que Tu m’as envoyé.  » (Jn 17, 11) Ce passage parle de l’unité qui nous permet de dépasser nos divisions intérieures, nos jugements. Jésus nous invite à l’expérience de l’unification intérieure, continue Nils Phildius. Sur un plan plus psychologique, j’ai été marqué par la découverte du «  dialogue intérieur  ». * Cette approche invite à considérer, à l’intérieur de nous, les différentes voix qui s’expriment dans des discours différents, voire opposés ou conflictuels. Il s’agit dès lors de faire dialoguer ces voix et de cheminer ainsi vers une unité intérieure, une harmonie. Je me sers aussi de cette approche dans mes accompagnements. C’est ainsi que j’ai commencé à appliquer aux textes bibliques cette manière de faire, chaque personnage du texte étant considéré comme une voix, une voix à l’intérieur de soi… »

Merci à Nils Phildius pour ce partage et cette ouverture à une autre manière de puiser dans ces textes qui fondent notre foi. Nous pouvons y trouver de quoi nourrir notre vie spirituelle et entretenir le désir de cheminer ensemble.  

* Pratique psychothérapeutique développée par Hal et Sidra Stone

La Maison bleu ciel ? 

La « Maison bleu ciel » est un espace de spiritualité, situé au Grand-Lancy, ouvert à toute personne en recherche spirituelle. La Maison se définit comme un rassemblement de personnes qui cheminent ensemble et qui partagent des démarches d’approfondissement spirituel, dans la joie de l’échange. Elle n’a aucun but lucratif. Ce projet novateur a été développé et porté par l’Eglise protestante de Genève.

Les « histoires du dedans » sont accessibles sur ce lien: https://maisonbleuciel.ch/les-histoires-du-dedans-2023-2024/ 

Je recommande de commencer par la première méditation – L’aveugle de naissance – car Nils Phildius pose très clairement les bases de cette lecture particulière du texte. Il est aussi possible de la suivre en ligne un mercredi soir par mois. Un des textes prévus dans la liturgie du dimanche suivant est partagé. 

Les dates et la procédure sont indiquées sur le site https://maisonbleuciel.ch

Une précision : par souci de confidentialité, les commentaires des personnes présentes ne sont pas mis en ligne. Un conseil : prenez des notes sur vos découvertes et résonances intérieures…

Les reliques

Les reliques posent de nombreuses questions. Certains n’y croient pas du tout, mettant notamment en cause leur authenticité, alors que d’autres parcourent des kilomètres pour pouvoir en vénérer. Au-delà de la découverte des beaux reliquaires de Suisse, nous pouvons nous demander ce que sont les reliques et si elles sont réellement nécessaires à notre foi.

Tableau-reliquaire de la Vraie Croix.

Par Amandine Beffa
Photos : Jean-Claude Gadmer, cath.ch/Pierre Pistoletti, DR

Samedi 6 mai 2023, le monde a les yeux tournés sur Londres. La croix de couronnement qui accompagne la procession du roi Charles III contient des fragments de la Vraie Croix offerts par le Pape. Le saint chrême utilisé pour l’onction vient de Jérusalem. L’huile a été pressée à partir des arbres du Jardin des Oliviers, puis bénie dans l’église du Saint-Sépulcre. La fiole est une réplique de celle qui aurait été offerte par la Vierge Marie à saint Thomas Becket.

Ces informations, qui peuvent sembler banales au lecteur non averti, nous parlent en réalité de reliques. Dans l’histoire, celles-ci ont souvent joué un rôle important dans les couronnements et les événements diplomatiques.

Imiter le sacrifice du Christ

La Lettre sur la Passion de Polycarpe (IIe siècle) est la première mention historique de la pratique de rassembler les restes d’un martyr en un endroit où l’on pourra venir célébrer l’anniversaire de sa mort. Le Dies Natalis – la mort étant comprise comme la naissance à la vie éternelle – devient l’occasion de prières et de banquets funéraires anticipant le banquet céleste. Progressivement, on célèbre l’Eucharistie pour rappeler que les martyrs ont imité le sacrifice du Christ. Par sa mort, le martyr est identifié au Christ. Le tombeau des martyrs est un lieu de médiation entre ciel et terre.

Ainsi que l’exprime saint Basile de Césarée, « celui qui touche les os d’un martyr participe à la sainteté et à la grâce qui y résident ».

Si dans un premier temps, la dévotion ne se concentre que sur les martyrs, elle s’ouvre dès le IVe siècle aux chrétiens non martyrs dont la vie est considérée comme exemplaire. 

Une force secrète

Saint Jean Chrysostome écrit : « Voulez-vous goûter d’inexprimables délices, venez au tombeau des martyrs, prosternez-vous humblement devant leurs sacrés ossements, baisez dévotement la châsse qui les renferme […] vous ressentirez les effets de leur puissante intercession auprès de Dieu […] après la puissance de la parole, les tombeaux des saints sont ce qu’il y a de plus propre à nous exciter à l’imitation de leurs vertus. Lorsqu’on s’en approche, on se sent saisi d’une force secrète. La vue de la châsse fait impression sur le cœur, on est ému comme si celui qui est là étendu, intercédait pour nous en notre présence. Pénétré d’une joie mystérieuse, on se retire, changé en un autre homme. C’est pour cette raison que Dieu nous a laissé les restes des saints. » (Lib. cont. gent.)

Au Moyen Age, les reliques marquent le prestige d’un lieu. Toute abbaye ou église qui se respecte possède des reliques. 

C’est l’espoir d’un miracle qui met en route les foules. La démarche peut être individuelle : besoin de guérison, désir d’enfant, peur du démon ou de malheurs divers. Il arrive aussi que la demande soit collective : épidémie, protection contre une invasion ou besoin d’une victoire militaire, influence sur la météo pour les récoltes…

Certitudes secouées

Si nous avons peut-être l’impression de plus maîtriser notre environnement et de moins avoir besoin de miracles, la pandémie de Coronavirus a quelque peu secoué nos certitudes. Ainsi, au printemps 2020, l’évêque de Limoges a proposé une ostension extraordinaire des reliques de saint Martial. En effet, en 944, alors qu’une épidémie dévastatrice faisait de nombreuses victimes dans le Limousin, les reliques du saint avaient permis d’y mettre un terme. 

L’afflux de nombreux pèlerins implique de gérer des foules dans des églises qui n’ont pas été conçues à cet effet. Les sanctuaires sont rebâtis et les déambulatoires sont développés pour permettre la circulation autour des reliques qui étaient alors déposées dans le chœur. 

Les pèlerinages sont de grandes sources de revenus. Plus la relique est prestigieuse, plus elle attire les foules et plus les gains sont nombreux. 

Les conséquences sont malheureusement évidentes : dès le Haut Moyen Age, on observe le développement d’un commerce dans le but de répondre aux besoins. Ainsi que le formule Françoise Biotti-Mache, les reliques sont indispensables, « pour la plus grande gloire de Dieu et pour leur prestige personnel ». (Biotti-Mache, p. 126)

Reliques improbables

Nous avons la trace de reliques improbables comme la brindille du buisson ardent, la nappe des noces de Cana ou les pantoufles de saint Joseph (Biotti-Mache, p. 128). Il y a aujourd’hui assez de « reliques de la croix du Christ » pour en former plusieurs…

Au XVIe siècle, les catacombes sont redécouvertes à Rome. On considère alors que si un corps est dans les catacombes et qu’il y a un « m » à côté, il s’agit d’un martyr. Ces corps sont parfois ramenés en Suisse de manière plus ou moins légale par les Gardes suisses. Certains couvents, comme celui de Montorge, dans le canton de Fribourg, sont spécialisés dans la préparation des corps.

Se pose alors la délicate question de l’authenticité. Dans le cas des saints et bienheureux décédés récemment, tout repose sur le certificat délivré par le postulateur de la cause. Mais, dans les cas plus anciens…

Nous pouvons dater les reliques, mais dans bien des cas, il nous est impossible d’en attester l’authenticité. Ainsi, nous pouvons certifier que les corps prélevés dans les catacombes au XVIe siècle sont bien ceux de personnes ayant vécu au temps des persécutions. Mais il nous est impossible de dire s’il s’agit de chrétiens (des juifs et des païens étaient aussi ensevelis dans les catacombes) et de martyrs.

Nous laisser toucher

Qu’est-ce à dire ? Faut-il renoncer totalement aux reliques ? Lorsque j’étais guide à Notre-Dame de Paris et que je présentais le reliquaire de la Couronne d’épines aux visiteurs, je leur expliquais que nous avons des récits qui nous permettent de suivre la trace de la Couronne d’épines dès le Ve siècle. Que nous n’avons certes aucune assurance sur ce qui s’est passé entre la Passion et le Ve siècle. Mais que nous savons que depuis, des générations de croyants ont prié et confié ce qui les habitait. Si au-delà d’un certain stade, reconnaître l’authenticité d’une relique est du domaine de la foi, nous pouvons nous laisser toucher par ce qu’elles ont suscité.

Panorama des reliques en Suisse romande

Entièrement restaurée en 2021, la châsse de saint Maurice date de plus de 800 ans et est un extraordinaire travail d’orfèvrerie. Le culte des reliques du saint a récemment été inscrit sur la liste des traditions vivantes de Suisse.

Les reliques de saint Ursanne sont conservées dans un sarcophage qui aurait été ouvert pour la dernière fois en 1507. Seule une de ses côtes aurait été prélevée. Elle est conservée dans un buste reliquaire en argent datant du XVIe siècle. 

A Siviriez, le reliquaire de sainte Marguerite Bays est beaucoup plus récent. Il est l’œuvre de Jean-Pierre Demierre et a demandé deux ans de travail. 

Longtemps conservées dans un gisant au collège Saint-Michel de Fribourg, les reliques de saint Pierre Canisius ont été translatées à la cathédrale de la ville en 2021.

Le reliquaire de sainte Marguerite Bays est l’œuvre de Jean-Pierre Demierre.

Bibliographie

Biotti-Mache, F. (2007). Aperçu sur les reliques chrétiennes. Etudes sur la mort, 131, 115-132.
https://doi.org/10.3917/eslm.131.0115

Briel, P. (2003, novembre 11). Quand les reliques mènent au-delà du visible. Le Temps. 

Gy, P.-M. Reliques. in Lacoste, J. (2007). Dictionnaire critique de théologie. (1202-1203) Presses Universitaires de France – PUF. 

Dicastero delle cause dei Santi, Les reliques dans l’Eglise : authenticité et conservation, Rome 2017.

Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. (2013) Chancellerie épiscopale, Directives concernant les reliques et les reliquaires, Fribourg.

Une fête pleine de joie

Petits et grands conquis par Gabidou!

Par Pascal Tornay | Photos : Marion Perraudin

C’est une superbe journée d’été qui a été l’écrin, le 3 septembre dernier, de la joyeuse fête paroissiale organisée par le Conseil de communauté Ville-Bourg. Vous avez été nombreux, dès le matin, à venir déguster des tartines et du café. Beaucoup font mémoire du temps lumineux du témoignage des jeunes des JMJ animé par le groupe Essen’ciel. La journée s’est poursuivie, l’église comble par l’eucharistie au cœur de laquelle le chanoine Gilles Roduit a installé notre nouveau curé Simon ! Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont déployé leurs talents pour que la journée soit aussi belle et notamment les bénévoles et les jeunes de la paroisses, les personnes qui nous ont régalés, le groupe folklorique portugais, le clown Gabidou et l’accordéoniste Léon Sarrasin.

Sur les pas de saint Théodule…

Théodule ? C’est le nom du premier évêque de notre diocèse mais c’est aussi le nom d’un parcours de formation en Eglise proposé par le diocèse de Sion.

Par Vanessa Gonzalez et Nathalie Martenet
Photo : Vanessa Gonzalez

Durant trois ans, Nathalie Martenet et Vanessa Gonzalez auront l’occasion de vivre une formation humaine, spirituelle, intellectuelle et pratique, qui leur offrira une base solide pour vivre leur engagement bénévole dans le secteur du Haut-Lac. Elles vont se plonger dans la Bible, découvrir les trésors de la liturgie et de la prière, s’interroger sur le cœur de la foi, acquérir des outils d’animation ou de communication.

Vanessa, parle-nous de toi, de tes engagements sur le secteur et tes attentes futures.
Je suis engagée dans le parcours de communion, l’équipe des servants de messe et l’animation de groupes de jeunes, ainsi que comme lectrice, choriste et membre du Cocom à Vionnaz. 

En entendant parler les « deux Stéphanie » de leur formation Théodule, j’ai senti qu’il était temps pour moi de retourner sur les bancs d’école pour continuer à remplir ma valise de croyante avec plus de connaissances et d’outils. Je voulais solidifier ma foi pour pouvoir mieux la transmettre. Passionnée de l’étude des textes bibliques, je suis profondément convaincue que si l’on veut nourrir notre foi, il faut la comprendre à travers la Parole. 

Un de mes objectifs pendant cette formation, soutenue par l’équipe pastorale du Haut-lac, serait de mettre sur pied des soirées pour adultes de réflexion sur des thèmes de société à la lumière de notre foi, d’animer des formations théologiques d’une manière ludique style Théo Café et de renforcer la visibilité de la paroisse dans la société civile.

Nathalie, quel est ton parcours, tes engagements et tes projets futurs ?
Engagée au sein du conseil de communauté de la paroisse de Vionnaz depuis deux ans, j’ai eu la joie de participer activement à l’organisation d’événements divers et variés, dans le but de rendre notre communauté toujours plus vivante : messe des amoureux, nuit d’adoration, Fête-Dieu, fête patronale du 15 août, feu de l’Avent. 

Mais je pense aussi, et cela me tient particulièrement à cœur, que notre Eglise doit sortir de son église pour aller à la rencontre de la population en faisant partie intégrante du village, notamment par sa présence lors de manifestations comme la fête au village ou le marché de Noël.  

Quand la question de suivre la formation Théodule m’a été posée, elle m’est apparue comme une suite logique à mon parcours. Je n’ai donc pas hésité longtemps ! 

Ce parcours va me permettre d’acquérir de meilleures connaissances des Ecritures et de la liturgie. Elle va également m’apporter plus d’aisance dans l’animation de groupes d’enfants et d’adultes. 

Pour le stage pratique de cette première année de formation, la création et la mise en route d’un nouveau parcours de préparation au baptême destiné aux jeunes parents m’enthousiasme beaucoup. En effet, cette première marche n’est, pour le moment, pas proposée dans notre secteur paroissial. 

A plus long terme, le projet de faire (re)naître un groupe de visiteurs aux malades dans notre secteur me porte et me paraît également essentiel. 

L’année de formation commence à peine et nous avons déjà pu profiter d’intervenants et de contenus très enrichissants. C’est de bon augure pour la suite que je me réjouis de découvrir ! 

RÉVEILLEZ VOTRE FOI ! 

En participant à l’un des cours donnés dans le cadre du parcours Théodule

Vous souhaitez profiter d’une soirée de cours pour approfondir votre foi ? Désormais, il est possible de vous inscrire pour un cours ponctuel donné dans le cadre du parcours de formation Théodule en cliquant sur le lien: https://www.catesion.com/theodule/inscription-auditeur/. Plusieurs soirées sont ainsi ouvertes à toutes personnes intéressées. Bible, spiritualité et prière, liturgie, Jésus et les femmes… de nombreuses thématiques vous sont proposées. Pourquoi ne pas tenter l’expérience ? Les inscriptions sont possibles tout au long de l’année. 

Le prix d’inscription est de Fr. 20.– par soirée de cours.

Découvrez le programme complet sur www.catesion.com/theodule

« Il restera de toi… » Les adieux de Paul

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

« Il restera de toi ce que tu as donné au lieu de le garder dans tes coffres rouillés. Il restera de toi ce que tu as semé, que tu as partagé aux mendiants du bonheur. Ce que tu as donné, en d’autres fleurira. Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera. Ce que tu as semé, en d’autres germera. »

Ce chant des funérailles nous rappelle à juste titre quel est le sens des reliques (reliquia, en latin) : ce qui demeure de la personne décédée, après son départ, physiquement et spirituellement ; ce qui atteste sa présence historique parmi nous et nous invite à la fidélité envers son message et son existence ; ce qui reste de son œuvre et demande à être poursuivi. Dans le cas de certains saints, ce sont les ossements ou des objets qui nous convient à la mémoire.

Vers la fin du livre des Actes des apôtres (20, 17-38), Paul laisse aux anciens d’Ephèse – les « responsables », presbuteroi en grec, ce qui donne « prêtres » en français – un discours d’adieux poignant, où il les presse à la vigilance et à la générosité, à son exemple. 

Il veut mener à bonne fin sa course et son témoignage envers l’Evangile de la grâce, ainsi qu’il l’a fait lui-même dans l’humilité et les larmes. Il ne s’est jamais dérobé à l’annonce du dessein de Dieu en faveur de la communauté qu’il avait fondée.

Il demande aux guides de l’Eglise de demeurer ses gardiens, au nom du sang du Christ, quand bien même de faux prophètes risquent de les soumettre à la tentation. Il confie tous les fidèles à la Parole de l’Esprit qui bâtit l’édifice du Corps du Christ et leur procure l’héritage du Père. 

Sa principale consigne : venir en aide aux faibles et aux petits, parce qu’« il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (20,35). Quelle « relique », quelle perle que cette parole ! Alors tous éclatent en sanglots, parce qu’ils savent qu’ils ne verront plus son visage. Mais ils conservent dans leur cœur la pépite que l’apôtre leur laisse.

Les Tables du Rhône : une histoire de solidarité

 

Par Sylviane Vanderlinden (adapté par Pascal Tornay) 
Photo : DR

Vendredi 28 juillet dernier, je découvre, avec la responsable de Martigny, Mme Christiane Torrione, l’association Les Tables du Rhône, une œuvre à but non lucratif qui récolte les surplus alimentaires dans les commerces pour les distribuer ensuite aux personnes en situation de précarité. « Lutter contre le gaspillage alimentaire tout en aidant les gens dans la précarité. C’est la mission défendue par Les Tables du Rhône depuis 11 ans », lance Christiane.

En ce moment un nombre important d’Ukrainiennes se présente à l’accueil de la salle du Verger de la paroisse protestante de Martigny qui est transformée, chaque vendredi après-midi, en centre de distribution alimentaire. Des personnes bénévoles préparent la distribution du jour : produits laitiers, œufs, fruits, légumes, viande, pain, boissons… « Nous avons beaucoup de tomates aujourd’hui », explique l’une d’elles. « Nous sommes 18, plus quelques remplaçantes et fonctionnons à 9, à quinzaine. Nous avons la chance d’avoir l’aide de M. Léonard Gianadda qui contribue à l’achat de produits et nous permet d’offrir davantage de produits frais aux personnes. »

Pour un franc symbolique, et munies de leur carte de bénéficiaires (donnée par l’Aide sociale), les personnes défilent avec leurs sacs pour s’approvisionner. « C’est la première fois que je viens. Ce n’est pas facile, mais ça aide beaucoup ! », s’exclame une femme à la jeune bénévole qui contrôle les cartes et qui la rassure aussitôt, avec un peu d’humour.

L’association possède six camionnettes frigorifiques qui font le tour des magasins et récoltent, chaque jour, les denrées invendues. Une belle histoire de solidarité !

Forum alimentaire du Valais romand

Sous l’égide du Service diocésain de la Diaconie, un Forum regroupant plus d’une dizaine d’organisations actives dans l’aide alimentaire a vu le jour. Il a pour but de fédérer les énergies de ces acteurs et de permettre un travail commun, notamment en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire. On note la présence des Tables du Rhône et des Cartons du Cœur du District de Martigny entre autre associations partenaires.

Fête patronale de la Saint-Michel

Par Nicolette Micheli
Photo : Stéphanie Reumont

Pour la messe festive de la Saint-Michel, le dimanche 1er octobre, la salle Tauredunum des Evouettes a été aménagée et fleurie. Derrière l’autel, entre les fleurs de tournesol, notre Saint Patron peint en couleurs vives sur une tenture par Elisabeth Borgeaud, veille sur l’assemblée. 

Le Père Joseph entouré du Père Innocent, du Père John et d’Arnaud préside la messe. Le Chœur liturgique, dirigé au piano par Antoine Oberholzer rehausse la liturgie par ses chants bien rythmés, tandis que la fanfare, l’Echo du Grammont, ponctue l’office par sa musique calme et recueillie. 

C’est l’occasion pour les paroissiens d’accueillir les futurs communiants entourés de leurs familles et de l’équipe responsable du parcours. Chacun reçoit une croix pour marquer le début de cette nouvelle aventure avec Jésus. Dès le début de la messe, deux mamans animatrices de l’Eveil à la foi réunissent les jeunes enfants pour un atelier. Plus tard, ils rejoignent l’assemblée tout joyeux avec une main gravée dans la pâte à sel en lien avec une histoire de la Bible. A la fin de la cérémonie, le Père Innocent, la voix chargée d’émotion, fait ses adieux à ses paroissiens tout aussi émus. Il vivra désormais à Fribourg, mais promet de revenir de temps à autre retrouver ses amis du Haut-Lac. Michel, le sacristain, redit combien ce départ le touche.

Après le partage d’un apéro offert par la Commune, on se retrouve autour d’une spaghetti-party avec ses délicieuses sauces maison. Notre nouveau curé Patrice Gasser apporte son aide aux habituels tenanciers du bar. Organisation ad hoc comme d’habitude par Pierre Curdy, Stéphanie Gonzalez Lema et l’équipe des bénévoles : un franc succès et un beau moment de partage !

Des reliques et des règles

Par Thierry Schelling | Photo : DR

Cadeaux appréciés

« La confirmation du chemin que nos Eglises ont parcouru en se rapprochant les unes des autres. » Voilà en substance comment François explique le don de reliques de saint Pierre à son homologue Bartholomée, patriarche de Constantinople et primus inter pares de l’orthodoxie byzantine. Paul VI et Athenagoras, leurs prédecesseurs et pionniers dans le dialogue entre les deux Eglises, s’étaient offert des œuvres d’art.

Avec des reliques, on passe – pardonnez l’expression ! – à la vitesse supérieure…

Et la réponse du patriarche est explicite : « [Ce don] est une nouvelle pierre milliare, un pas crucial » vers l’unité des Eglises.

Quelques règles de gestion

Le 16 décembre 2017, l’alors Congrégation (aujourd’hui Dicastère) pour la cause des saints a publié une instruction sur l’authenticité et la conservation des reliques qui explicite notamment la confection de reliques et leurs exhibitions (processions, voyages-pèlerinages, etc.). Commerce et (re)vente des reliques sont absolument interdits, comme il se doit (on apprend de son histoire !) (art. 25) et les scientifiques que sont les anatomopathologues, médecins légistes et experts sont sollicités pour les aspects pratiques.

Reliques religieuses, mais pas que…

Mais il y a aussi des « reliques profanes », que sont par exemple les trois fragments du Parthénon restitués à la Grèce en mars 2023 après avoir été exposés dans les Musées du Vatican pendant plus de deux siècles. « Un geste d’amitié et de solidarité avec le peuple grec », a expliqué l’envoyé.

Le dernier Pape à fournir des reliques est bien évidemment Jean-Paul II : une mèche de ses cheveux se trouve à l’église Saint-Etienne de Lausanne depuis 2016, où se rassemble la communauté polonaise. Leur authenticité ne tient-elle pourtant pas qu’à un fil ?

Bovernier et son nouveau curé!

Photos : Gérard Puippe

Samedi 23 septembre 2023, jour de fête patronale à Bovernier : c’est avec joie que la communauté a accueilli son nouveau curé : une célébration  riche en émotions, surtout  lorsque l’abbé Charles Aka, doyen du Secteur de Sion, a remis les insignes de sa nouvelle juridiction ecclésiastique au chanoine Joseph Yang. Nous avons partagé ensuite un moment convivial lors d’un apéro dînatoire.

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