Mourir c’est naître à la vie

La Croix au col du Grand-Saint-Bernard.

Texte et photo par Marion Perraudin

Nous n’avons qu’aujourd’hui pour grandir dans le pardon
Pour nous laisser emplir de la seule Présence
Qui, dans un cœur à cœur rempli de silence,
Nous révèle que toute mort est nouvelle naissance, 
Pour que tombe le masque de la toute-puissance,
Et que la lumière d’en haut brille dans le regard

Nous n’avons qu’aujourd’hui pour grandir dans la charité
Pour nous laisser emplir de la seule Présence
Qui, dans un cœur à cœur rempli de silence,
Nous révèle que toute mort est nouvelle naissance, 
Pour nous dépouiller du superficiel,
Et accueillir l’Essentiel et s’ouvrir à la Vie éternelle.

Nous n’avons qu’aujourd’hui pour grandir dans l’espérance
Pour nous laisser emplir de la seule Présence
Qui, dans un cœur à cœur rempli de silence,
Nous révèle que toute mort est nouvelle naissance, 
Qui prépare au rendez-vous de l’Amour.
Où Dieu nous ouvrira ses bras et son cœur empli d’amour,
Pour nous accueillir dans sa vie sans fin.

Nous n’avons qu’aujourd’hui pour grandir dans l’amour
Pour nous laisser emplir de la seule Présence
Qui, dans un cœur à cœur rempli de silence,
Nous révèle que toute mort est nouvelle naissance, 
Et qu’au crépuscule de notre vie,
Dans l’humilité de notre mort, pauvre de tout,
Nous naissions à la vie en Dieu.

Il suffira d’un signe…

Texte et photos par Pierre Moser

Gnostique, moi ? Peut-être… un peu. En tout cas suffisamment pour regarder certains colifichets de haut. Ces reliques, objets de superstition, m’ont toujours paru d’un autre âge. Je ne les utilise donc pas pour affermir ma foi… Mais voilà, sauf si ma mémoire me joue un tour des plus pendables, je crois, moi aussi, sans avoir vu (cf Jn 20 : 29).

Certes, cette foi m’a été donnée, mais je l’ai aussi façonnée et consolidée à l’aide de signes. Quels signes ? C’est quoi ces signes ? La définition qui me parle le mieux est celle d’un « reste ». Plus qu’une pure traduction du latin reliquiae, elle désigne quelque chose qui a résisté au temps. Au temps qui lui était normalement imparti. Et qui me parle, qui m’inspire. Les restes de construction romaine, même si leur survie est surprenante, ne sont rien d’autre que des empilements de cailloux morts. Les signes vivants sont, eux, beaucoup plus impressionnants.

L’Eglise en est un. Plus de deux mille ans que les humains essayent de la détruire, de bonne ou de mauvaise foi. Et pourtant elle est toujours debout. Ni plus ni moins abimée qu’à ses débuts. Sous des formes bien différentes au cours des âges. Avec des soucis en rapport avec la société dans laquelle elle s’insérait. Catacombes pour se cacher des bourreaux, chevaliers pour jouer les bourreaux, sécularisation pour rendre à César ce qui est à César. Un tel signe ne peut et ne doit pas être en mains humaines, c’est une évidence.

La résurrection en est un autre. Comme le dit si bien Paul, si elle n’existe pas, alors notre foi est vaine. Mais nous y croyons, et ce même après deux millénaires de tentatives de déconstruction. Un même événement qui, cependant, a été reçu de manière différente : les apôtres ont cru, les légionnaires, eux, ont oublié. Mais ni les uns ni les autres n’auraient pu l’imaginer a fortiori. La Bible, et je conclurai avec elle, c’est le « reste » qui a le plus défié le temps. Non pas son écriture, qui a été soumise aux capacités de l’homme, mais sa tradition orale millénaire qui a mené à une retranscription écrite juste avant le début de notre ère.

La différence entre ces signes qui me soutiennent avec ceux, un peu plus… charbonniers… est leur désincarnation. La Sainte Epine et le Saint Suaire ont des réalités bien physiques alors que mes signes sont un peu plus… abstraits… Mais ni vous ni moi n’avons participé, ni même assisté, à leur naissance. Heureux qui croit sans avoir vu.

L’Eglise, ma Mère

Chaque mois, L’Essentiel propose à un ou une représentant(e) d’un diocèse suisse de s’exprimer sur un sujet de son choix. L’abbé Paul Martone, porte-parole de l’Evêque de Sion pour la partie germanophone du diocèse, est l’auteur de cette carte blanche. 

Par l’abbé Paul Martone | Photo : kath.ch

Nous tous, sommes bouleversés par les récits d’abus et d’agressions commis par des agents pastoraux qui ont ainsi trahi tout ce qui était sacré pour eux. Ils ont ainsi blessé physiquement et moralement de nombreuses personnes, et parfois même les ont détruites. Nous devons faire tout ce qui est humainement possible pour rendre justice aux victimes et prévenir les abus sexuels à l’avenir. 

Ces graves scandales ont pour conséquence de jeter une ombre de suspicion sur tous les prêtres, voire sur l’Eglise en tant que telle. N’oublions cependant pas que l’Eglise n’est pas simplement une vieille institution, mais qu’en elle agit le Christ vivant et ressuscité. Notre espoir et notre joie sont là où le Christ vit. 

C’est ce lien que nous devons remettre au centre. La solution ne se trouve pas dans une modification des structures, la suppression de l’obligation du célibat et l’introduction du sacerdoce féminin. Chacun et chacune d’entre nous, pas seulement les ecclésiastiques, mais tous les chrétiens et chrétiennes doivent entreprendre un véritable chemin de purification et de conversion, vers le Christ crucifié. Cette question est au cœur de l’Evangile. Si l’Eglise perdait de son prestige et de son influence, nous ne devrions pas le regretter, car nous correspondrions peut-être mieux ainsi au plan de Dieu pour elle. 

Mais malgré tout, l’Eglise reste notre mère. Karl Rahner la décrit avec justesse : « L’Eglise est une vieille femme avec beaucoup de rides et de ridules. Mais elle est ma mère. Et on ne frappe pas une mère. » 

Chacun de nous est invité à aimer, à ressentir et à penser avec cette Mère-Eglise : « Non seulement l’Eglise du passé, ni l’Eglise qui n’existe pas encore, mais l’Eglise concrète et présente, dont les rides et les taches doivent être effacées, même par notre humble aide. » (Jean-Paul II pendant sa visite à Sion en 1984)

La première étape pourrait être : sans vouloir minimiser ce qui s’est passé, retrouver le courage de parler de ce que cette mère nous a fait de bien, et de dire pourquoi nous l’aimons malgré tout.

Viens, Seigneur Jésus!

Extrait du message du pape François pour le 1er dimanche de l’Avent, décembre 2020.

Texte Proposé par Yasmina Pot | Photo : pixabay

« Ô Dieu, viens à mon secours » est souvent le début de notre prière : le premier pas de la foi est de dire au Seigneur que nous avons besoin de lui, de sa proximité.

Prier, c’est allumer une lumière dans la nuit. La prière réveille de la tiédeur d’une vie horizontale, élève le regard vers le haut, nous harmonise avec le Seigneur. La prière permet à Dieu d’être proche de nous ; c’est pourquoi elle libère de la solitude et donne l’espérance. 

« Viens, Seigneur Jésus, nous avons besoin de toi. Viens tout près de nous. Tu es la lumière : réveille-nous du sommeil de la médiocrité, éveille-nous des ténèbres de l’indifférence. Viens, Seigneur Jésus, fais-nous ressentir le désir de prier et le besoin d’aimer. »

Des changements dans l’UP

Le Père Karol Garbiec, nouveau prêtre auxiliaire de l’UP La Seymaz.

Par Fabienne Dubouloz-Gigon, représentante de l’évêque 
Photo : DR

Genève, le 13 septembre 2023

Chères amies, chers amis, 
Mesdames, Messieurs, 
Bonjour, 

Je vous écris en commun pour annoncer des changements qui concernent vos deux unités pastorales, tant il est vrai qu’un travail en Région est vôtre depuis quelque temps déjà, ce qui nous réjouit énormément. Je profite de ce message pour vous remercier sincèrement de ce que vous mettez en œuvre pour cet ambitieux et beau projet pastoral. 

En juin dernier, je vous apprenais le départ de l’abbé Joël Akabgo, appelé par notre évêque à rejoindre l’équipe de prêtres in solidum de l’UP Mont-Blanc-Basilique Notre-Dame, en septembre 2023. 
Depuis, l’UP La Seymaz est en attente d’une nomination. 
Nous avons la joie de vous annoncer celle de l’abbé Karol Garbiec comme prêtre auxiliaire à 100% dès octobre 2023. 

L’équipe pastorale de l’UP La Seymaz sera ainsi composée de l’abbé Thierry Schelling, administrateur ; des abbés Sviatoslav Horetskyi et Karol Garbiec, prêtres auxiliaires ; de Mme Astrid Belperroud, assistante pastorale ; de Mme Sabrina Faraone, coordinatrice en catéchèse et de M. Etienne Schmelzer, bénévole. L’équipe pastorale continuera à favoriser une pastorale vivante et à être à votre écoute. 

L’équipe pastorale de l’UP Eaux-Vives-Champel, elle, est désormais composée de l’abbé Thierry Schelling, curé modérateur ; de l’abbé Thierry Fouet, curé in solidum et répondant de Sainte-Thérèse, de Mme Astrid Belperroud, assistante pastorale et de M. Franck Luzuy, bénévole. L’abbé Karol Garbiec continuera à rendre des services sur cette UP. 

Je remercie chacune et chacun pour votre engagement et vous redis toute ma confiance pour l’animation de la pastorale de vos paroisses. 

En vous souhaitant une année pastorale riche et fructueuse, je vous quitte avec cette invitation du Professeur François-Xavier Amherdt lors de sa leçon d’adieu, en mai dernier, et que je partageais dernièrement en Bureau pastoral : passer d’une « spiritualité de la nage », où nous comptons sur nos propres forces, à une « spiritualité de la planche à voile » que fait avancer le souffle de l’Esprit. 

Avec l’assurance de ma prière et de mon soutien fraternel

Jeux, jeunes et humour – novembre 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Pourquoi certaines fanfares se nomment-elles « Cécilia » ?
Vierge et martyre romaine, Cécile, fêtée le 22 novembre, est la patronne des musiciens. On raconte qu’avant d’être décapitée, elle aurait entendu la musique de Dieu. Par dérivation, on a donné le nom de « Cécilia » à certains corps de musique, en plus d’une célèbre chanson de Simon and Garfunkel.

par Pascal Ortelli

Humour

Un dimanche avant la messe, un paroissien croise M. le Curé et s’aperçoit qu’il a un pansement sur la joue. Le desservant lui explique que pendant qu’il se rasait, il s’était concentré sur l’homélie qu’il allait prononcer et qu’il n’avait pu éviter de se couper. Après la messe, le même paroissien va trouver le curé dans la sacristie. « Si je peux me permettre une petite remarque, M. le Curé, la prochaine fois, concentrez-vous sur le rasoir et coupez l’homélie ! »

par Calixte Dubosson

Bon chemin d’espérance !

Par l’abbé Patrice Gasser | Photo : DR

Le mois de septembre le plus chaud depuis le début des mesures, un mois d’octobre doux et nous voici en novembre ; plus rien ne pousse dans nos jardins et la nature revêt sa robe de tristesse ; les feuilles tombent, les composts se remplissent et se préparent à hiverner et la neige apparaît sur nos sommets. Avec la fête des fidèles défunts, ce mois nous rappelle qu’un jour, notre vie aussi va se ralentir puis se terminer. 

Des rites appropriés vont se vivre tout ce mois de novembre : les cimetières vont se peupler de gerbes multicolores et de chrysanthèmes tenaces ; beaucoup de monde va se retrouver autour de la tombe du grand-père, de « nonna » et de tous ceux qui sont déjà partis. Les mouchoirs vont sortir des poches… Oui, c’est dur de penser à eux et de savoir que chacune de nos vies va passer sur l’autre rive et entrer dans l’invisible où nous attendent tous ceux qui nous ont aimés et accompagnés. 

C’est dur et c’est en même temps plein d’espérance ; ceux qui sont partis ont apporté leur contribution : ils ont semé, arrosé, désherbé et récolté abondamment dans nos jardins ; leurs vies ont impacté les nôtres et leur ont donné ces belles couleurs de l’automne. Ils sont maintenant avec la Source de la vie, avec le Créateur de toute créature et ils sont dans la paix et la joie. 

A nous d’incarner les valeurs qui sont les nôtres et de les offrir autour de nous. A nous de répondre aux besoins de ce monde pour qu’il devienne plus humain ; en donnant sa vie jusqu’à la croix, Jésus vient nourrir notre générosité, notre bienveillance, notre respect de toute personne. Nous avons du mal à vivre les valeurs chrétiennes, le Seigneur les vit pour nous et dynamise nos choix. 

Faisons confiance à l’Esprit de Jésus qui irrigue nos églises : sa parole partagée, son corps offert sont le levain de ce monde nouveau. Avec le synode réuni à Rome, osons la rencontre, osons une parole vraie qui nous construit dans l’espérance !

Tout bel automne !

Une première bénédiction des cartables !

Par Ludivine Perret-Gentil 
Photo : DDR

En ce dimanche 17 septembre, le soleil brillait autant à l’extérieur de l’église Sainte Thérèse qu’à l’intérieur, relayé par les nombreux enfants venus à la messe. Une fois n’est pas coutume, la plupart étaient venus avec leur cartable. En effet, tous ces écoliers portaient leur sac sur le dos pour le faire bénir en ce début d’année scolaire.

Bien qu’elle s’appelle « Bénédiction des cartables », il s’agit avant tout lors de cette cérémonie de bénir les enfants et le travail qu’ils vont accomplir tout au long de l’année. Elle vise à encourager les écoliers à vivre pleinement leur quotidien sous le regard de Dieu. A Genève, la Pastorale des familles organise et coordonne cette action spirituelle. 

Durant la célébration, des intentions de prière ont été lues par les enfants pour les encourager à se laisser guider par Dieu. Une pensée toute particulière a également été adressée aux enseignants et à toutes les personnes qui accompagnent les écoliers. Les enfants ont ensuite été rassemblés autour de l’autel puis le curé, Thierry Fouet, les a bénis solennellement. A l’issue de la cérémonie, les catéchistes ont distribué des badges « porteur de joie » à épingler sur les cartables ainsi qu’un dépliant.

« Nous avons choisi le thème de la joie, car comme le dit le pape François, la joie est la perle précieuse du chrétien. C’est elle qui donne de la saveur au quotidien et chaque enfant peut en être si aisément le messager. Nous indiquons la joie comme un antidote à tant d’anxiétés et dont le monde a grand besoin », précisent Anne-Claire Rivollet et Marie Montavont de la Pastorale des familles à Genève.

A cette fin, chaque enfant a reçu un dépliant avec des propositions mensuelles de partage et d’amitié, l’invitant à être attentif aux autres. Par exemple en septembre, les enfants étaient invités à avoir des attentions pour les nouveaux élèves de leur classe, en octobre, ils peuvent choisir d’être l’ange gardien d’un camarade de classe. Ainsi de septembre à juin, des petits défis variés et amusants les incitent à faire rayonner l’allégresse autour d’eux. 

Que ce bel élan nous inspire nous aussi dans notre quotidien professionnel et personnel. En cet automne flamboyant, prenons le temps de méditer cette phrase de Claude Reysz : « La joie est le soleil des âmes ; elle illumine celui qui la possède et réchauffe tous ceux qui en reçoivent les rayons. »

Puisse le Seigneur accompagner nos petits porteurs de joie… et de foi au fil de leur parcours scolaire.

Lost in… translation des reliques

Carole Alkabes a retrouvé 250 squelettes disséminés dans toute la Suisse.

La photographe Carole Alkabes a sillonné la Suisse durant cinq ans à la recherche de ces saints martyrs chrétiens parés de riches soieries, de bijoux et de pierres précieuses. Une chasse au(x) trésor(s) qui interroge notre regard sur la mort à une époque où elle ne s’expose plus.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

Comment avez-vous appris l’existence de ces martyrs « enluminés » ?
On m’avait demandé de faire une exposition dont le thème était la mort. J’ai d’abord mené une réflexion sur ma propre mort, mais je cherchais tout de même de l’inspiration pour cette exposition et une amie m’a parlé de ces fameux martyrs. 

J’étais loin d’imaginer que ce conseil allait devenir une formidable épopée qui me conduirait dans tous les cantons suisses, excepté Genève et Vaud… trop protestants pour ce type de reliques. (rires)

Vous avez d’ailleurs découvert des reliques dans des endroits totalement insolites ?
Complètement ! (rires) La plupart se trouvaient encore dans des églises et quelques-unes dans des musées par peur que ce précieux patrimoine ne se détériore. 

Par contre, j’en ai trouvé trois au fond de l’entrepôt de la cure de Porrentruy. Ils ont ensuite été transférés au Musée de l’Hôtel-Dieu (MHDP). 

A Soleure, les frères d’un couvent trouvaient ce squelette « démodé ». Ils l’ont monté au grenier et stocké avec, entre autres, les produits ménagers du couvent !

Qu’est-ce que cette relégation « au placard à balais » dénote-t-elle ?
Une mort devenue indésirable. Elle n’a plus sa place dans nos vies, mais c’est à mon sens une grave erreur. Ce langage primordial permet de s’interroger sur sa propre mort. C’est d’ailleurs aussi pour cela que le culte des martyrs a perdu de son attrait. Les paroisses étaient mal à l’aise avec ces squelettes exposés à la vue de tous. Ils les ont relégués derrière des panneaux en bois ou des tentures afin que les paroissiens ne soient plus « dégoûtés ». Bon, elles ne manquaient pas d’ouvrir le reliquaire le jour anniversaire du martyr pour inciter les paroissiens à faire des donations… (rires)

Plus prosaïquement, ces reliques servaient les intérêts religieux de l’Eglise catholique, autant que ses intérêts économiques… 
Oh oui ! En 1578, un ouvrier retrouve, par hasard, l’entrée de catacombes dans un vignoble, à l’extérieur de Rome. A cette même époque, la Réforme protestante est à son apogée en Suisse et l’Eglise catholique cherche à la contrer. Cette découverte est une aubaine. Les martyrs érigés en glorieux défenseurs de la foi servent à asseoir « la vraie foi ». Outre l’aspect religieux, ces reliques avaient une vraie valeur marchande. Un spécimen coûtait un an et demi de salaire d’ouvrier, sans compter les décorations qu’il fallait ajouter en plus.

La Garde suisse pontificale a aussi joué un rôle important dans l’acheminement de ces reliques en territoire helvétique… 
Elle était la parfaite commanditaire. En plus d’être rapide, ses rangs étaient formés de croyants. Dès lors, cette mission a été perçue par la Garde comme une vocation de protection de la Suisse contre la Réforme. Elle a même procédé à des levées de fonds afin de rapatrier le plus possible de ces reliques en Suisse. C’est la raison pour laquelle notre territoire en compte autant.

C’était donc un vrai coup de com’ de l’Eglise ?
Enorme ! D’ailleurs, le mot « authentique » vient de là. L’Eglise catholique, a créé des certificats d’authenticité pour ces martyrs, qu’elle joignait aux ossements. Ce certificat s’appelait « un authentique ». Par contre, personne ne peut dire avec certitude s’ils étaient « authentiquement » chrétiens. Ces derniers, comme les juifs et les païens, étaient enterrés dans les mêmes catacombes. Là il y a un os !

Capsula temporelle

Carole Alkabes, photographe exerçant son activité à Sainte-Croix a retrouvé 250 squelettes disséminés dans toute la Suisse. Elle a également découvert une boîte, appelée Capsula, servant à acheminer les ossements. Cette Capsula, encore scellée, était sur une étagère à l’Abbaye de Saint-Maurice. « Lorsque les ossements partaient de Rome, ils étaient emballés dans de la gaze individuellement, puis scellés avec le sceau du Pape. Ceux-ci étaient déposés dans la boîte avec un certificat d’authenticité, puis elle-même scellée avec la marque du pontife. » On ne peut aujourd’hui certifier que les squelettes étaient ceux de chrétiens, par contre on a pu déterminer « qu’ils datent d’une période comprise entre le IIe et le Ve siècle, leur sexe et qu’ils ne comportent jamais aucun os surnuméraire. Les squelettes sont complets avec parfois une réplique d’un os manquant en bois, en cire ou en plâtre ». Autre détail étonnant, les parures dont sont apprêtés les martyrs ne valent pas un clou ! « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’or n’est que du métal doré et les pierreries du verre coloré », mais la valeur patrimoniale de ces martyrs est, elle, inestimable !

Pour découvrir ces martyrs aux parures os-tentatoires : Martyrs. Les reliques oubliées. Paru aux éditions Favre en 2018.

La translation des reliques est un processus ritualisé de déplacement des restes d’un saint ou d’objets saints depuis un lieu vers un autre.

Le cœur brûlant, se mettre en chemin…

Cette année, le Dimanche de la Mission universelle sera célébré le 22 octobre. Le thème du Mois et du Dimanche de la Mission universelle 2023 est « Le cœur brûlant, se mettre en chemin ».

Texte et photos par Missio Suisse

Ces mots font écho à l’expérience des disciples d’Emmaüs dans l’évangile de Luc (Lc 24, 13-35). Sur leur chemin, ils rencontrent le Ressuscité. Ils se rendent compte après coup que cette rencontre a rendu leur cœur tout brûlant, qui les pousse à annoncer la résurrection de Jésus.

Pendant ce mois de la Mission universelle, Missio montre, à travers l’exemple de l’Eglise en Equateur, comment la rencontre avec le Christ met en mouvement des femmes et des hommes qui vivent un quotidien fait de peur, de violence et de négation de la dignité humaine  C’est à partir de cette rencontre avec Dieu qu’ils s’engagent.

Prière pour le mois de la Mission

Père très bon, nous voulons suivre tes chemins le cœur brûlant, et d’un pas joyeux. Disciples missionnaires, sans craindre nos faiblesses nous marchons dans l’espérance avec Jésus pour porter ta parole à nos frères et sœurs aux quatre coins du monde. Rends-nous forts par la puissance de ton Esprit. Amen.

(Prière écrite conjointement par Missio Equateur et Missio Suisse)

Appels des Evêques suisses à l’occasion du mois missionnaire

Par l’Abbé Jean Scarcella, responsable du Secteur Mission

Chères sœurs, chers frères,

« Chaque être humain a le droit de recevoir l’Evangile. Les chrétiens ont le devoir de  l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Eglise ne grandit pas par prosélytisme mais « par attraction ». Ces paroles fortes du pape François dans son Exhortation apostolique « La joie de l’Evangile » du 24.11.2013 (n° 14-15) nous rappellent que la mission est l’affaire de toutes et tous, et non pas de quelques « spécialistes » ou organismes dédiés. Du fait de son baptême, chaque croyant est appelé à être disciple-missionnaire.

[…] Aujourd’hui, c’est dans plus de 120 pays que la quête du Dimanche de la Mission universelle est réservée pour soutenir les diocèses qui ne sont pas encore financièrement autonomes, en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Océanie. L’Eglise hôte pour cette année 2023 est l’Eglise en Equateur, avec qui Missio Suisse a déjà tissé des liens solides ; l’Eglise y est très vivante, active au plan pastoral, caritatif, éducatif et social, tout comme elle est facteur de stabilité politique.

Nous vous remercions d’avance de l’accueil bienveillant que vous réserverez à notre appel.

L’Eglise en Equateur : une témoin, Sœur Irma Navarro

Sœur Irma, vous êtes directrice diocésaine pour les missions, que vous dit le thème « Le cœur brûlant, se mettre en chemin » ?
Le cœur fait naître les idées et l’amour, les pieds nous portent pour aller vers les autres. Si le cœur ne brûle pas comme pour les disciples d’Emmaüs, rien n’est possible dans le travail de l’évangélisation. Je rappelle la phrase de Thérèse de l’Enfant-Jésus, la patronne de ma congrégation (et la patronne des Missions) : « Je serai l’amour ». 

Et la mise en œuvre du processus synodal voulu par le pape François ?
En Equateur, nous connaissons la très belle expérience de la « minga ». C’est une façon d’avancer ensemble connue des peuples indigènes, dans laquelle tous se réunissent pour un travail à faire en commun, pour un objectif communautaire. La participation et le travail en commun se trouvent en effet dans nos racines ancestrales. Au début, l’évangélisation passait par les missionnaires. Maintenant nous y participons à égalité, spirituellement et matériellement. L’Equateur compte de nombreuses communautés sans aucune ressource. Si dans vos cœurs généreux naît l’envie de nous soutenir, je vous dis merci : nous vous offrirons nos prières et notre affection.

Mgr Antonio Crameri, originaire des Grisons et né à Locarno, est évêque du Vicariat apostolique d’Esmeraldas, dans le nord-ouest de l’Equateur. La région souffre d’une violence endémique et des trafics illégaux, notamment de drogue. Outre son engagement en pastorale, Mgr Crameri est aussi fortement engagé sur le terrain social. C’est « L’Evangile mis en actes », avec le souci de l’éducation (34 institutions et 30’000 élè–ves) et de la santé, car l’hôpital de San Lorenzo, et le home pour personnes âgées d’Esmeraldas sont gérés par le Vicariat. Le climat de violence, les distances, l’état des voies de communication sont autant de défis pour l’évêque, qui puise sa force dans la prière et dans son tempérament résolument optimiste.

Faites un don en faveur des projets de Missio en Equateur

Cliquez sur le lien suivant et choisissez le moyen de paiement. MERCI.
https://www.missio.ch/fr/pay?qr_link=6&cHash=d8ce5a0ad33142a54d8d5c13ed58bd33

–> Retrouvez les détails de la campagne sur www.missio.ch/dmu

Que la lumière soit… et la lumière fut !

Comme une mise en bouche de la future restauration de notre église, sa toute récente mise en lumière révèle des beautés cachées.

Pour le Conseil de gestion de la paroisse de Monthey : Bernard Premand, président du Conseil de gestion, abbé Jérôme Hauswirth, curé de la paroisse
Photos : Bernard Premand, Bruno Chatard

Chère Montheysanne, Cher Montheysan,

Chère Paroissienne, Cher Paroissien,

Depuis près de 50 ans, notre très belle église paroissiale de style néo-classique n’a plus été restaurée.

Tout devient indispensable : de la restauration du toit à l’éclairage intérieur, des peintures intérieures et extérieures, du décrassage au dépoussiérage, des lumières au son en passant par le chauffage.

Dans ce but, nous collaborons étroitement avec l’Etat du Valais, par son service des Monuments Historiques et avec la commission épiscopale d’Art Sacré. Tout sera ainsi réalisé dans le respect de notre patrimoine.

Un investissement de plus de 2 millions s’avère nécessaire. Pour ce faire, nous devrions compter sur l’aide des pouvoirs publics et d’organismes d’aide, en plus d’un montant important mis par la paroisse elle-même. Cependant, nous avons besoin de votre soutien pécunier, de votre générosité. Nous le faisons par le biais d’une contribution dénommée :

DON POUR LA RESTAURATION DE L’EGLISE DE MONTHEY

Quelle que soit la somme versée, nous l’accueillerons avec gratitude, tout en relevant que celle-ci sera utilisée à bon escient et selon les principes de rigueur budgétaire. Nous vous délivrerons d’ailleurs une attestation puisque de tels dons sont déductibles des impôts.

En profitant de remercier toutes les personnes qui nous accordent souvent leur soutien financier et toutes celles qui se dévouent régulièrement pour la vie et le dynamisme de notre paroisse, nous vous sommes reconnaissants par avance de l’intérêt que vous porterez à notre démarche exceptionnelle.

Pour vos dons :

CH76 8080 8009 8990 4341 5
Paroisse de Monthey
1870 Monthey

Denis Rossier, heureux auxiliaire funéraire

 

Denis Rossier a longtemps œuvré professionnellement dans le milieu bancaire. Il a aussi siégé avec fidélité dans des Conseils de paroisse. Préretraité, il œuvre désormais à temps partiel comme auxiliaire funéraire pour les entreprises Périsset et Verdon. Une activité dans laquelle il se sent gratifié. Il en parle avec un bel enthousiasme.

Par Claude Jenny
Photo : Georges Losey

Il aura bientôt l’âge de la retraite et a consacré beaucoup de son temps aux activités paroissiales. En siégeant 15 ans d’abord au Conseil de paroisse de Font-Châbles puis dans le conseil de la nouvelle paroisse fusionnée. Ce printemps, au terme de la première législature du Conseil de paroisse né de la fusion, il a rendu son tablier d’adjoint aux finances. Mais pas question de rester inactif ! 

Un choix apprécié

Aussi, lorsqu’un proche lui dit qu’il a « la tête de l’emploi » pour travailler pour les pompes funèbres, il fonce ! postule et est engagé comme auxiliaire à 10-20%. Et le moins que l’on puisse dire après un semestre de pratique, c’est qu’il ne regrette pas ce choix !

« Etre proche des familles endeuillées lors des célébrations, conduire la voiture mortuaire lors du dernier voyage, procéder aux soins aux défunts, assurer le service à l’espace funéraire de Payerne, autant de volets de ce qui est devenu le travail pour lequel j’étais fait. Il me va comme gant » dit-il sans faux-fuyant. « Je me sens vraiment utile en étant proche des familles endeuillées » ajoute celui qui « avale » sans perdre son sourire les remarques de certaines des nombreuses personnes qu’il connaît et qui l’interpellent parfois en lui disant « Salut le croque-mort ! Tu vas bien ? »

Ben oui, on peut être « croque mort » – on dit plutôt agent funéraire – et se sentir bien ! « Nous formons une belle équipe entre les permanents et les auxiliaires. Nous assurons notre rôle avec beaucoup de solidarité entre nous » dit-il en parlant avec empathie de ses collègues. L’empathie ! Un mot qui « colle » parfaitement à la personnalité de Denis Rossier, lui qui œuvre aussi année après année comme hospitalier lors du pèlerinage des malades à Lourdes. Et, histoire de changer de costume, chante aussi dans le chœur mixte paroissial de Font-Châbles-Cheyres.

Prions avec les saisons de la vie

Prière transmise par Mireille Duc

Pour les saisons que papa a vécues,
pour ses années de jeunesse,
pour les projets qu’il a réalisés,
bénis sois-tu Seigneur.

Pour les étés que papa a connus,
pour ses années de travail,
où il a semé son temps, ses énergies, sa tendresse pour les autres,
bénis sois-tu Seigneur.

Pour les automnes que papa a vécus,
pour ses temps de récolte
où il a moissonné le fruit de son travail
pour le bonheur qu’il a connu, dans sa famille, ses amis,
Bénis sois-tu Seigneur.

Pour les hivers que papa a traversés,
pour ses temps d’épreuves,
où mystérieusement une autre vie se préparait,
bénis-soi-tu Seigneur.

Pour cette cinquième saison dans laquelle papa est entré,
saison de plénitude, saison hors du temps et de l’espace,
saison dont tu es le soleil et la rosée.
bénis sois-tu Seigneur.

Près de chez nous, l’Abbaye Notre-Dame d’Abondance

En France voisine, dans le village d’Abondance, il est un bijou niché dans un écrin de verdure s’ouvrant sur un cirque de montagnes : fondée au 12e siècle par des chanoines issus de l’Abbaye de Saint-Maurice d’Agaune, Notre-Dame de l’Assomption connaîtra grandeur et décadence avant de devenir le premier édifice savoyard classé au titre de « Monument historique » en 1875.

Par Anne-Laure Martinetti 
Photos : Patrick Brault /  Pôle Culturel d’Abondance

La première date qui apparaît est celle de 1108 : l’Abbaye d’Agaune offre une autonomie à son Prieuré datant du 11e siècle. Les chanoines de Saint-Augustin vivent alors en bonne entente avec le grand seigneur de la vallée, un certain Louis de Féternes. Le Prieuré devient officiellement une Abbaye en 1139. Grâce à de nombreuses donations et au travail acharné des religieux, elle connaît alors une grande prospérité. C’est une époque rayonnante pour l’établissement dont l’influence s’étend sur tout le diocèse de Genève. Il fonde dans son sillage les Abbayes de Sixt, d’Entremont, de Grandval et de Gouailles. Sous sa juridiction, de nombreux Prieurés ruraux essaiment dont celui de Nyon. En 1155, le pape Adrien IV félicite les chanoines qui signent un traité de confraternité avec Agaune.

Le Bas Moyen Âge : une période sombre Mais à la grandeur succède souvent la décadence et l’histoire de ce lieu unique ne fait pas exception à la règle. En 1433, l’Abbaye passe sous le régime de la Commende, mode de commandement dont les abus entraîneront un fléchissement temporel et spirituel. Puis en 1446, un terrible incendie ravage la nef, le clocher de l’abbatiale, épargnant miraculeusement le cloître. Le déclin s’accentue jusqu’à l’intervention en 1606 de François de Sales, évêque de Genève ayant ramené le Chablais au catholicisme, qui va œuvrer afin de rétablir l’ordre monastique. Puis Paul V remplacera les chanoines par des cisterciens feuillants. C’est un nouvel élan pour l’Abbaye, élan de courte durée puisque le déclin se poursuivra : les Feuillants entrent en conflit avec les habitants de la vallée, les autorités religieuses et en 1633, un second incendie ravage à nouveau une partie des lieux. Enfin des scandales éclatent : amours clandestines, beuveries et bagarres, les religieux n’observent plus aucune règle et c’est finalement le Duc de Savoie, Charles-Emmanuel III, qui demandera la suppression de l’Abbaye au pape Clément XIII en 1761. Au 19e siècle, une partie de ses bâtiments sera occupée par les bureaux de la mairie.

Et aujourd’hui ? – Malgré son histoire mouvementée, la bâtisse demeure attractive à plus d’un titre. Le cloître de construction gothique, édifié au 14e siècle, est décoré de magnifiques peintures murales parmi lesquelles « L’Annonciation », « La Nativité », « La Fuite en Egypte », « Jésus parmi les docteurs ». Il s’agit là de manifestations remarquables de l’art religieux médiéval en Savoie. Elles émaneraient des ateliers de Giacomo Jaquerio, chef de file de l’art pictural dans les Etats de Savoie au début du 15e siècle. Les cloîtres peints, si nombreux en Italie, restent très rares en France : avec Marie pour personnage central, les œuvres mêlent les arts religieux, seigneurial et populaire. Les sculptures quant à elles, taillées dans la molasse, représentent aussi bien des scènes bibliques que les travaux des champs d’antan.

Construite vers 1275, l’abbatiale, munie d’un clocher à bulbe, nous rappelle la période de splendeur de l’Abbaye. Sur le plan architectural, elle est la seule église de Savoie à posséder des chapelles absidiales et un déambulatoire. Elle possède un mobilier exceptionnel, notamment un magnifique siège abbatial du 15e siècle, et est ornée de statues en trompe-l’œil attribuées à l’artiste piémontais Casimir Vicario. Réalisées en 1845-46, ces dernières, situées dans les voûtes du chœur, représentent les apôtres et les vertus morales. Entre 2002 et 2006, l’église a fait l’objet d’un vaste programme de rénovation. A découvrir également, un musée d’art religieux contenant une riche collection d’ornements et d’objets liturgiques allant du 15e au 20e siècle : textiles, orfèvrerie, tableaux, statues, reliquaires, livres : 1’500 objets retraçant l’évolution de l’art sacré, des techniques et des matériaux sur plus de 500 ans. 

Vous l’aurez compris, l’Abbaye Notre-Dame d’Abondance mérite plus qu’un détour. Elle est digne d’intérêt de son entrée principale à la charpente du monastère en passant par les quatre cloches de l’abbatiale qui égrènent le motif de « Parsifal ». La visite peut en outre être couplée avec celle du Musée du Fromage d’Abondance. Bien que relevant d’un tout autre registre, il s’agit là aussi d’un témoin d’intérêt du patrimoine local.

Aller sur place ?

Trajet Martigny – Abondance : 1 heure (57 km) par le Pas de Morgins.

Visites commentées, libres avec audios par QR code, activités pour les enfants. Fermeture annuelle du 4.11 au 25.12 + 01.01. En octobre, ouvert l’après-midi en semaine. 

Web : www.abondance-tourisme.com (infos et visite virtuelle). 

Tél. +33 4 50 73 02 90.

Nos fleuristes au service de la prière

Les fleuristes présentent leur arrangement floral, confectionné lors de cette journée.

Le samedi 19 août, les fleuristes de nos paroisses se sont rencontrés à la cure de Choëx pour une formation. Certains sont déjà expérimentés, d’autres viennent de commencer ce service, tous ont à cœur de rendre nos églises belles et accueillantes pour les messes dominicales.

Par Sandrine Mayoraz | Photo : Simone Buisson

Pour cette journée, nos fleuristes ont bénéficié des conseils, des encouragements et du savoir-faire de Simone Buisson, fleuriste et patronne de l’Atelier Rithner fleurs. « Les fleuristes sont des bénévoles importants : ils embellissent l’église pour aider la communauté à mieux entrer dans la prière » rappelle d’emblée la formatrice. Le travail des fleuristes, souvent dans l’ombre, met en valeur la beauté de la création de Dieu. 

La journée se déroule dans une ambiance sympathique et conviviale. Les anecdotes nourrissent les échanges. On entend beaucoup de joie et de plaisir à rendre ce service. La confection des bouquets dans l’église est, pour certains, des moments privilégiés en Sa présence. Les fleurs nous disent « je t’aime », « je pense à toi », « bienvenue ». Ce sont ces mots aussi que les bouquets de nos églises murmurent à Dieu et toute personne qui entre dans Sa maison.

Merci aux fleuristes de nos paroisses pour leur créativité et leur précieux engagement. Merci à Simone pour sa disponibilité et son expérience.

Prière 

Prière tirée de «autour de Nicole et Pierre»

Une fleur pour toi, comme un sourire à te donner.

Une fleur pour moi, comme une parole échangée.

Une fleur pour nous, comme une joie à partager.

Une fleur pour Dieu, comme un désir à faire grandir.

Une fleur pour Dieu, comme une rencontre à venir.

Pour compléter son équipe, la paroisse de Monthey, cherche deux fleuristes. 

Les intéressés peuvent s’adresser à Sandrine Mayoraz 079 739 24 22.

Steve Perrinjaquet: Un Monsieur pompes funèbres épanoui

Steve Perrinjaquet, au premier plan, avec quelques membres de son équipe lors d’une célébration funéraire.

Pierre Périsset est l’un des personnages parmi les plus connus dans le landerneau broyard ! Un demi-siècle de règne à la tête des pompes funèbres locales, ça marque ! Celui qui dirige les Pompes funèbres Périsset à Estavayer et Verdon à Payerne, Steve Perrinjaquet, assume avec beaucoup d’entregent cette succession de « M. Pompes funèbres » dans toute la région broyarde. Et avoue qu’il a voulu exercer cette activité particulière.

Par Claude Jenny | Photos : Georges Losey

Steve Perrinjaquet dirige toute l’équipe que coiffent les deux entreprises, elles-mêmes sous le giron de Murith SA : quatre employées fixes et une demi-douzaine d’auxiliaires. Il a peu travaillé avec son prédécesseur mais sans doute s’est-il aisément inséré dans le moule broyard, tant il est vrai qu’en matière de funérailles les pratiques peuvent varier un peu d’une région à l’autre. « Ici, les familles veulent majoritairement des funérailles plutôt traditionnelles » confie-t-il. En tant que responsable, il est donc peu exposé aux demandes insolites, voire farfelues. « J’essaie dans la mesure du possible de répondre aux attentes du défunt s’il a exprimé des désirs ou de la famille, mais il est clair que nous avons des règles éthiques dont nous ne dévions jamais » précise-t-il.

Comme un appel

Il était boulanger mais il a complètement bifurqué en voulant devenir agent funéraire. « Au décès de ma grand-maman, qui s’était beaucoup occupée de moi, j’ai senti que je devrais changer de métier. Ce fut comme un appel intérieur. J’ai cherché des places de stages. Je suis arrivé ici en 2017 et je fonctionne comme directeur depuis 2020 » explique cet enfant d’Yvonand qui vit toujours à la frontière vaudoise mais a su se faire apprécier des familles broyardes, tant vaudoises que fribourgeoises, les deux entreprises – Périsset et Verdon – rayonnant avec un quasi-monopole dans la Broye. Ce qui signifie beaucoup de deuils à gérer en une année. Steve Perrinjaquet refuse d’en dévoiler le nombre mais il suffit de consulter les avis mortuaires pour comprendre qu’ils sont nombreux entre les
12 communautés de la paroisse Saint-Laurent Estavayer ainsi que les UP Saint-Barnabé et Notre-Dame de Tours. Un vaste territoire qui exige une organisation bien huilée avec des tâches spécifiques pour chacun des membres de l’équipe des permanents.

Excellente collaboration avec la paroisse

Steve Perrinjaquet est sincère lorsqu’il confie que la collaboration avec les personnes qui s’occupent des deuils dans la paroisse Saint-Laurent Estavayer fonctionne à merveille. « Une organisation exemplaire qui fait que notre tâche à nous, entreprise de pompes funèbres, s’en trouve grandement facilitée » souligne-t-il pour déplorer qu’il faille multiplier autant de démarches administratives pour informer d’un seul décès. L’informatique ne simplifie pas tout…

Arrive-t-on à débrancher en arrivant chez soi lorsque l’on fait un tel métier ? « Il le faut ! Il faut pouvoir switcher et passer à autre chose » dit-il. Lui, en tant que papa solo, consacre du temps à son fils de 8 ans, pratique la course à pied, fonce au guidon de sa moto. Il n’empêche : ce métier de « M. Pompes funèbres » exige des qualités particulières. Steve Perrinjaquet ne regrette surtout pas son choix. Difficile de ne pas sentir chez lui un épanouissement naturel, tout en veillant à donner le maximum de dignité à ces moments de deuil qu’il partage avec les familles.

De gauche à droite, Steve Perrinjaquet, Colin Joye, Kylian Hauser et Oscar Gonzales.

L’aventure d’une centenaire

Le parcours de Marguerite Blanchard (1898-1998) publié aujourd’hui sous le titre « Une vie rayonnante »*, reflète l’action extraordinaire de Dieu dans la vie ordinaire d’une enfant, d’une adolescente, d’une femme qui a choisi de placer sa confiance en Jésus, en toute circonstance.

Par Olivier Taramarcaz 
Photos : maisonbible.ch 

Marguerite a 5 ans. Durant l’année 1903, sa maman, atteinte de tuberculose pulmonaire est hospitalisée. Avec sa petite sœur Emilie, elles sont mises en pension. Elles souffrent d’un sentiment d’abandon. Un an plus tard, quelques jours avant sa mort, Marguerite rend enfin visite à sa maman. Cette dernière lui annonce : « Je vais bientôt partir pour un très grand voyage. Pendant très, très longtemps, nous n’allons pas nous revoir […] Aime le Seigneur Jésus de tout ton cœur et, un jour, nous nous retrouverons dans la présence du bon Berger pour toujours. » Marguerite apprend à se confier au bon Berger. Le Seigneur devient son protecteur, celui qui l’aime et qui prend soin d’elle. Elle réalise ce que cela signifie d’être consolée dans des moments de tristesse et de manque d’affection. Son papa se remarie. Marguerite ne trouve pas de place dans le cœur de sa belle-mère. 

Confiance dans la solitude – Durant l’hiver 1912, le papa décède à la suite d’un accident. L’oncle et la tante des deux orphelines décident d’envoyer Emilie, 12 ans, dans un orphelinat, et Marguerite, 14 ans, à la campagne. Elle se retrouve dans une famille paysanne, avec des inconnus. Très vite, elle déchante. De lourdes corvées lui sont imposées du matin au soir. Elle subit les menaces d’une matriarche sans attention pour la jeune fille qu’elle est, ni égard pour sa situation. Elle se réfugie lorsqu’elle le peut, dans sa petite mansarde, médite les paroles de la Bible. Touchée par l’invitation de Jésus : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Mt 11, 23), elle s’abandonne au Sauveur. Renouvelée intérieurement, elle se sent fortifiée au cœur même du climat délétère auquel elle ne peut échapper. 

Epreuve de la maladie – En 1916, Marguerite apprend qu’elle est atteinte de tuberculose pulmonaire. Les médecins lui annoncent qu’il ne lui reste que quelques mois à vivre. Elle se retrouve dans un sanatorium à Leysin. Elle apprend à demeurer dans le calme et la paix de Dieu. Deux années s’écoulent. Un jour, une jeune amie décède de la tuberculose. Profondément affectée, elle est découragée. Sa santé ne s’améliore pas. Elle ne voit pas d’avenir se dessiner devant elle. Une parole déjà reçue retentit dans son cœur à ce moment-là : « Tu iras auprès de qui je t’enverrai. […] Ne crains pas. Je suis avec toi pour te délivrer. » (Jr 1, 6-8) Elle reprend confiance et prie : « Seigneur, si telle est ta volonté, tu peux me redonner la santé, pour qu’un jour, je puisse te servir en soignant des malades. » Peu après, la fièvre la quitte définitivement. Elle est considérée comme guérie. Elle expérimente concrètement la manière dont le Seigneur agit dans tout son être, dans son corps aussi, par son Esprit.

Engagement de foi – Marguerite s’engage dans les soins. Elle obtient son diplôme d’infirmière en 1929. Des souvenirs reviennent à sa pensée sur l’appel et la parole reçus des années plus tôt. Elle se sent pourtant bien fragile pour s’engager. En pleine lutte intérieure, elle se remémore le chemin parcouru. Elle mesure alors que le Seigneur ne lui demande pas de s’appuyer sur ses propres sentiments, ni de se mépriser du fait de sa santé fragile. Elle médite alors ces paroles : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9) 

Mission en Egypte – Quelques années plus tard, après avoir terminé sa formation à l’école biblique de Genève, lui parvient la proposition d’accompagner, comme nurse, une famille se rendant en Egypte. Marguerite Blanchard rejoint l’Egypte le 17 octobre 1935. Elle est accueillie sur le port par Hans et Liliane Scheidegger, qu’elle a déjà côtoyés en Suisse. Marguerite trouve auprès d’eux une famille de cœur. Leur salon devient un lieu de partage et de méditation de la Parole. De nombreuses personnes invitées par Marguerite y débutent leur chemin de foi. Elle s’engage dans plusieurs services hospitaliers, jusqu’en 1948. Le jour de son départ pour la Suisse, son amie Liliane Scheidegger donne naissance à son quatrième fils François. 

L’aventure d’une centenaire – Sur l’insistance de personnes l’invitant à raconter son histoire, Marguerite Blanchard décide de se mettre à l’établi à 93 ans ! Elle trouve le soutien, pour écrire et donner forme à son récit, auprès de François Scheidegger qu’elle a vu naître à Alexandrie. A 17 ans, Marguerite a reçu le verdict qu’il ne lui restait que quelques mois à vivre. Elle a vécu jusqu’à l’âge de 100 ans, voyageant et s’engageant dans plusieurs pays. La jeune femme qui a décidé de marcher dans un cœur à cœur avec le Seigneur, a éprouvé la réalité de la parole de Dieu : « L’Eternel gardera ton départ et ton arrivée. » (Ps 121, 7-8) 

* Marguerite Blanchard et François Scheidegger, Une vie rayonnante. J’étais rejetée, il m’a adoptée, éditions Scripsi, La Maison de la Bible, Romanel-s /Lausanne, 2023, 198 p.

Carillons de notre église Saint-André, Muraz

Série de cloches permettant l’exécution de mélodies.

Par Raymond Turin
Photos : DR

Depuis sa rénovation, l’église de Muraz bénéficie d’une nouvelle cloche et depuis peu s’est ajouté un répertoire de mélodies produites par le carillon. Passage en revue avec l’un des concepteurs de ces mélodies, Raymond Turin.

Historique
Nous avions 10 carillons créés par quelques personnes de notre village.

Ces carillons étaient réservés pour des évènements particuliers (Fête-Dieu, Noël…).

Les tonalités des cloches étaient les sol, la, si, do# et mi.

A l’aide de ces quelques notes, la composition musicale était quelque peu limitée.

Ces carillons étaient enregistrés et leur déclenchement se faisait manuellement.

Rénovation de notre église – Nouvelle cloche 
La rénovation de notre église a été initiée en 2019. Lors d’une réunion du Conseil de gestion durant cette période, il a été décidé d’ajouter une cloche à notre clocher. La raison était de permettre la création de nouveaux carillons pour obtenir des mélodies plus élaborées. La tonalité de cette nouvelle cloche est la note ré.

C’est la fonderie Rüetschi d’Aarau (AG) qui a coulé cette cloche. Le site web de notre paroisse vous permet de voir le film du coulage de cette cloche ainsi que la cérémonie de la montée de la cloche au clocher. 

Nouveaux carillons
Avec une nouvelle cloche cela devenait évidemment beaucoup plus facile de composer d’autres mélodies.

Un concours a été lancé auprès de la population de Muraz-Illarsaz pour donner la possibilité à tout un chacun de créer une mélodie.

C’est ainsi que quatre personnes se sont inscrites et ont participé à ce concours. Les résultats de ce concours ont été annoncés lors de la Fête patronale Saint-André de 2020.

L’objectif de ces nouveaux carillons était d’animer de manière automatique certaines fêtes paroissiales et l’arrivée et la sortie des enfants de l’école.

Deux personnes (M. Vannay René de Vionnaz, carillonneur et musicien émérite et moi-même) ont donc consacré une bonne partie de leur temps pour créer des mélodies avec pour objectif : obtenir des airs connus et joyeux d’animation pour les domaines religieux et profanes suivants :
> les dimanches ;
> chaque jour de la semaine (au matin) ; 
> les Fêtes paroissiales ;
> les Fêtes patronales ;
> Noël ;
> les Fêtes à la Vierge ;
> les baptêmes ;
> les mariages ;
> les écoles (bâtiments à proximité).

Pour information, toutes nos cloches disposent de marteaux qui frappent les cloches et donnent ainsi la possibilité de faire des carillons.

Pour chaque domaine, plusieurs mélodies (environ 120) ont été créées.

Dans certains cas, le déclenchement de carillons se fait de manière automatique (programmée). Exemple : horaires d’entrées et sorties des classes scolaires.

Dans d’autres cas, le déclenchement des mélodies se fait soit manuellement soit les mélodies sont déclenchées de manière aléatoire sur une fonction programmée.  

Qu’il s’agisse de cloches à la volée, de carillons manuels ou automatiques, leurs mélodies familières se fondent dans le paysage et rythment notre vie quotidienne. Cela a été le vœu du Conseil de gestion.

Bonne écoute et… pour certaines mélodies, vous pouvez les accompagner… en paroles !

Le «Café deuil» ou… s’ouvrir pour moins souffrir

Une fois par mois, le troisième mercredi, deux femmes possédant un bagage d’« écouteuse » animent à Estavayer un « Café deuil ». Un rendez-vous où les personnes endeuillées peuvent venir s’ouvrir de leurs peines, chagrin, douleurs sans aucun jugement ni connotation religieuse. Un lieu « pour s’ouvrir afin de moins souffir ».

Par Claude Jenny 
Photo : LDD

Claudine Duc et Francine Clément, les deux initiatrices du « Café deuil » staviacois ont pensé qu’une telle offre d’écoute n’existait pas dans la région et se sont lancées au début de cette année. « Nous ferons le bilan à la fin de la première année, mais nous pouvons sans doute déjà dire que notre démarche répond à un besoin, note la Staviacoise Claudine Duc. Une personne endeuillée éprouve le besoin d’être écoutée, de pouvoir déposer sa peine, tant il est vrai que chaque personne vit différemment un deuil et nous nous sommes rendu  compte qu’il n’existe pas tellement de lieux où c’était possible de venir en confiance pour être écoutée dans la bienveillance. »

Parler, écouter, partager

« A chaque rencontre, une demi-douzaine de personnes sont présentes, donc un petit groupe, ce qui crée une bonne synergie.  Et en partant, elles disent que ça fait du bien d’être écoutées, même s’il n’y a pas d’obligation de parler. Parfois le simple fait d’écouter les autres fait déjà du bien » note la Staviacoise.

Le duo possède évidemment l’expérience d’être à l’écoute des autres : Claudine Duc en tant que travailleuse sociale ayant suivi de nombreuses formations et Francine Clément comme accompagnatrice de fin de vie et se formant actuellement comme doula. Si les « Café-deuil » ont lieu à « La Source », l’hôtellerie rattachée au monastère des dominicaines, c’est parce que le lieu est calme, qu’il se prête bien à ce type de rencontres et qu’il est mis gracieusement à disposition par les moniales. Mais le « café-deuil » n’a aucune connotation religieuse, et il est donc ouvert à des personnes de toutes confessions et de tous âges. Les deux accompagnatrices ne se substituent aucunement aux professionnels de l’accompagnement et si elles sentent qu’une personne participant au « Café-deuil » a besoin d’un suivi par un spécialiste, elles en font la suggestion.

Aussi le soir ?

Les rencontres ont lieu le matin, ce qui n’est pas forcément un horaire pratique pour tout le monde. « Il arrive que des personnes prennent congé pour venir » relate Claudine Duc mais nous allons réfléchir à l’idée d’organiser un autre rendez-vous en fin de journée. Elles étudieront aussi d’autres extensions possibles de cette démarche, par exemple un « Café-divorce » ou la mise en place de groupes d’entraide.

« La force du café-deuil, c’est le groupe. Il apporte une richesse qui profite à chaque participant » disent les deux femmes initiatrices de cette belle démarche au service d’êtres fragilisés à la suite d’un deuil.

Le 3e mercredi du mois 
20.9 / 18.10 / 15.11 / 20.12.2023
de 9h à 10h30

Nous sommes à votre écoute pour accueillir et partager votre vécu. Dans la bienveillance, le respect et la confiance.

Claudine Duc et Francine Clément, formatrice d’adulte et animatrice.

Centre d’accueil La Source Sœur Dominicaines
Rue de Forel 1, Estavayer-le-Lac
Renseignements : C. Duc, 079 477 75, F. Clément, 079 529 20 56

Recevoir la confirmation «sur le tard»

La confirmation est un sacrement magnifique qui permet, en tant qu’adulte, d’affirmer en pleine conscience et de tout son cœur son appartenance à Jésus et à l’Eglise. Christelle a reçu cette marque d’amour du Seigneur récemment. Elle raconte ici comment elle se situe aujourd’hui comme chrétienne.

Par Christelle Gaist | Photos : DR 

A l’instar de beaucoup d’enfants des années 90 de la région martigneraine, j’ai suivi un parcours catholique relativement classique. J’ai été baptisée à quelques mois, puis j’ai été guidée vers la première communion à l’âge de 8 ans. Je garde de bons souvenirs de cette préparation avec tous mes copains de classe. 

Quelques années plus tard, la confirmation me fut proposée, sans vraiment m’expliquer en quoi celle-ci me serait « utile ». Je n’ai pas du tout grandi sur des bancs d’église et, même si certains membres de ma famille étaient croyants, leur rapport à la foi restait très intime : nous n’en parlions pas. Ma grand-mère paternelle m’invitait parfois à prier la Vierge Marie lorsque je me trouvais chez elle, mais tout cet univers m’était flou.

La confirmation était encore systématique dans les années 2000. Ma parade pour y échapper avait été de déclarer que je m’étais engagée sur ce chemin en vue des cadeaux matériels. C’était la vérité, car je n’y voyais aucune valeur, et encore moins spirituelle. Je ne savais alors pas que je m’assiérai pendant de longues années sur les précieux dons du Saint-Esprit, sur une communauté et des enseignements très riches. Mon adolescence et mes premières années en tant que jeune adulte m’ont cabossée. Déconnectée des enseignements chrétiens : j’ai commis des erreurs. J’ai essayé de développer mon identité dans des recoins plus ou moins sombres, sans grand succès. 

Ces dernières années, j’ai déploré, dans mon entourage proche, le fait que nous ne célébrions plus, à l’église, l’union de deux personnes ou l’arrivée d’un enfant. Il me manquait ces sacrements qui rythmaient nos vies. J’avais besoin de me sentir en famille, de resserrer les liens, d’officialiser les grandes étapes de la vie. J’ai décidé d’enlever la poutre logée dans mon œil et je me suis rendu compte que mon propre parcours comme catholique était inachevé. Il était temps pour moi d’avancer et de grandir dans mon rapport à Dieu. J’ai par conséquent contacté la paroisse de Martigny pour enclencher ce processus. 

De septembre 2022 à mai 2023, nous nous sommes retrouvés chaque mois en petit comité pour une rencontre chaperonnée par Jean-François Bobillier, animateur pastoral. Ce cheminement m’a ouverte à la beauté des évangiles, à la mystique des saints, et surtout à la joie d’être entourée d’autres catholiques. La cérémonie en elle-même et la journée qui l’a précédée ont été remplies d’amour, de lumière et de la présence de Dieu. 

La confirmation était un point de départ, une invitation à continuer à marcher vers Le Seigneur. Depuis une année, j’ai vécu beaucoup de premières fois. J’ai découvert avec enthousiasme la célébration de la Toussaint, les messes éclairées à la bougie du mois de décembre, le mercredi des Cendres, le dimanche des Rameaux, l’hospice du Grand-Saint-Bernard et j’en passe. J’ai participé à des messes magnifiques, j’ai visité des endroits splendides, j’ai rencontré des croyants pleins de sagesse. Ainsi, mes horizons se sont considérablement élargis. 

Les réseaux sociaux ont également joué un rôle d’évangélisation important dans ma conversion. Certains témoignages m’ont accompagnée alors que je trouvais mes marques dans la foi catholique. Par exemple, une interview déterminante a été celle de l’acteur américain Shia LaBeouf par l’évêque Robert Barron. LaBeouf s’est tourné vers le catholicisme en incarnant Padre Pio à l’écran. Dans cet échange avec l’évêque, LaBeouf mentionne son rapport à la prière du chapelet. Sa ferveur m’a donné envie de le prier à mon tour. 

Je peux dire aujourd’hui, qu’après avoir enfin saisi la main tendue de Dieu, que mon cœur s’est apaisé. Saint Augustin, mon saint patron, a écrit au Seigneur : « […] vous nous avez créés pour vous, et […] notre cœur est toujours agité de trouble et d’inquiétude jusqu’à ce qu’il trouve son repos en vous. »  

Je crois désormais vivre cette même sérénité que seul Dieu peut nous donner. Gloire à toi, Seigneur ! 

Sur Youtube : Bishop Barron Presents – Shia LaBeouf – Padre Pio and the Friars. Saint Augustin in Confessions, Livre 1, Chap. 1.

Lors de l’appel, pendant la cérémonie.

Jubilez, vous qui fêtez un jubilé!

Couples jubilaires de Muraz, de 5 à 60 ans de mariage.

Par Valentin Roduit | Photos : Bernard Hallet, Bastien Clerc

Le week-end du jeûne fédéral fut marqué dans les paroisses de Collombey et Muraz par la fête des jubilaires de mariage. De 5 à 65 ans de mariage, de nombreux couples sont venus rendre grâce pour des années de bonheur, parfois aussi d’épreuves, mais surtout d’amour qui dure.

Cette fête a été l’occasion de remettre leur amour devant le Seigneur et de recevoir les félicitations de la communauté. En plus de la messe, un repas les a rassemblés, avec leurs familles, pour marquer le coup.

Un jubilé, c’est toujours l’occasion de se rappeler du premier jour, de se rendre compte que ça passe vite et de contempler tout le chemin parcouru. 

Vous aussi lecteurs, quelle que soit votre situation, rendez grâce pour le chemin parcouru, et pour les occasions où le Seigneur vous a accompagnés.

Il prend soin de chacun, tournons-nous vers lui avec confiance.

Couples jubilaires de Collombey, de 10 à 65 ans de mariage.
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