Mortellement vôtre

Texte et photo par Laetitia Vergère

Ce n’est un secret pour personne : Jésus a accepté sa destinée et est mort sur la croix, bras ouverts, accueillant sans différence tous les pécheurs de l’humanité. Sa mort est un symbole d’amour, de rédemption et de sacrifice pour tous les chrétiens. En offrant sa vie, Jésus nous montre un exemple d’amour inconditionnel, révélant ainsi l’amour infini de Dieu pour l’humanité. 

Mais, 2000 ans plus tard, que pouvons-nous tirer d’un tel acte ? Il s’agit d’une invitation à la réflexion, à l’introspection et à l’action. Nous sommes toutes et tous appelés à l’amour et au sacrifice pour les autres, actes que nous faisons sans nous en rendre compte au quotidien : sacrifier nos besoins personnels pour subvenir à ceux des membres de notre famille ou de notre communauté, se « tuer à la tâche » pour pouvoir payer nos factures ou donner à ceux qui sont dans le besoin, prendre de son temps pour s’inquiéter de son voisin… Le message reste intact au fil des années : vivre en aimant les autres comme nous-mêmes, à lutter contre l’injustice et à travailler pour la paix et la réconciliation dans le monde. La mort de Jésus est un symbole puissant de l’amour et de la compassion que nous devrions toutes et tous cultiver les uns envers les autres.

En fin de compte, Jésus, « mortellement nôtre », nous rappelle que nous ne sommes pas seul·e·s et que nous avons un chemin à suivre dans la vie, en nous inspirant de son exemple d’amour et de sacrifice pour chercher à vivre de manière plus authentique et alignée avec nos valeurs… En méditant sur ce message, nous pouvons trouver un sens plus profond à notre existence et être inspiré·e·s à vivre de manière plus aimante et plus authentique.

« Vivre et mourir pour le Seigneur »

Le Christ a accompli sa trajectoire d’humanité jusqu’au bout.  Dans la mort et dans l’amour. 

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

« Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. » (Romains 14, 8) Que voilà une parole qui contraste avec nos farouches revendications d’autonomie et d’indépendance, comme si l’être humain pouvait se couper de son Créateur et s’autogérer sans en référer à la Transcendance ! Sans cette interpellation de Paul aux Romains, nous tombons dans le « transhumanisme ».

D’abord, sous le regard de Dieu, vie et mort sont inséparables. Nous savons que nous mourrons inéluctablement, mais c’est afin de rejoindre le Christ Vivant. Si Jésus est mort et ressuscité, c’est pour nous faire vivre en plénitude : « Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. » (Jean 10, 10) Tout dépend de Jésus-Christ. Lui seul a accompli sa trajectoire d’humanité jusqu’au bout, dans l’amour. Lui appartenir dans la mort, vivre les derniers temps de notre existence terrestre en nous « lâchant » sur son cœur et en le laissant disposer de notre souffle, c’est nous livrer à cette seigneurie d’amour qui nous veut vivants. Dans la toute-faiblesse de notre mortalité, nous expérimentons ainsi la toute-puissance de notre seul Maître.

Il nous a donné l’être, au premier moment de notre conception, il est là pour accueillir notre dernier souffle, à l’heure que nous ne choisissons pas. Toute notre vie dépend du Dieu Sauveur. Elle est un cadeau dont nous ne disposons pas. Et cela est très libérateur ! « Mourir dans la dignité », c’est nous abandonner dans les bras du Père, avec le moins de souffrance possible, en toute confiance.

En outre, « Nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même. » (Romains 14, 7) Ni notre existence ni notre trépas ne peuvent être cachés. Ce que nous expérimentons de beau ou de rude a des incidences sur la communauté à laquelle nous appartenons. Sinon, nous dépéririons. Car dans le Seigneur, notre existence et notre décès concernent aussi nos proches et nos amis. Pâques, c’est partager notre vie et notre mort, sans
retenue.

« Je te garderai jusqu’à ton arrivée… »

Christophe Rosay au guidon.

Le sierrois Christophe Rosay ne pouvait pas manquer le spectacle sur la vie de Charles de Foucauld présenté à l’église du Bourg le 8 janvier dernier. En effet, l’Assekrem, où a vécu de Foucauld, a été le théâtre d’un bouleversement détonnant dans sa vie. C’est à cheval sur sa moto, en 1979, au cours d’une folle aventure qui le mènera dans le massif du Hoggar, dans cette Algérie si chère au Père de Foucauld, qu’il va découvrir le mystère de Dieu. 

Par Christophe Rosay | Photos : Gérard Brondy, DR

On est en juillet 1979, j’ai 21 ans. Au moment du départ pour le raid Paris-Tamanrasset – 12’500 km à moto sur des terres très inhospitalières – la crainte de l’inconnu me fait prendre un petit livre bleu, le Nouveau Testament, que je retrouve perdu au fond d’un tiroir et que je glisse dans la poche de ma veste comme un grigri. Il y sera encore dans le Hoggar lors de la terrible montée au col de l’Assekrem, là où le Père Charles de Foucauld s’était réfugié pour méditer sur l’humanité.

A 2’900 m. d’altitude, mes amis et moi, nous sommes les maîtres du monde en regardant le soleil à l’horizon sur le sable ocre du Tanezrouft. Un des nôtres trouve dommage de n’avoir pas songé à emporter ce fameux traité de sagesse que le religieux français a écrit à cet endroit. C’est alors que je sors le Nouveau Testament et le passe à un équipier qui se met à lire à haute voix : « Pendant le jour le soleil ne te frappera point, Ni la lune pendant la nuit. L’Eternel te gardera de tout mal, Il gardera ton âme ; L’Eternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à jamais. » C’est la fin du Psaume 121 (Ps 121, 6-8, Bible Segond). En silence on se regarde, pétrifiés. Je comprends que Dieu est là. Il venait de nous parler : « Le soleil ne te frappera pas » et « Je garderai ton départ et ton arrivée ». Je n’étais plus fatigué. Je n’avais plus de douleur. J’étais juste bien. Nous, les durs, défaits par la fatigue, poussés aux limites du possible, la paume des mains couverte de bandages protégeant la chair que les cloques dues aux vibrations de la tôle ondulée ont mise à vif… On se passe une mini-bible comme si Gutenberg venait de l’imprimer !

Durant les jours suivants, cette expérience spirituelle va être mon réconfort dans un désert hostile et sur des pistes qui interdisent le moindre relâchement. Arrivée d’étape à Timimoun dans une chaleur surnaturelle et une poussière de sable qui me brûle les yeux. Je me réfugie à l’hotel. Là, soudain, l’ennemi invisible : le « coup de bang ». C’est une déshydratation foudroyante engendrée par le déséquilibre du sel. La sueur entraînant hors du corps l’eau et le sel, celui-là même qui doit retenir l’eau vitale pour notre corps. Moins de sel donc plus de perte d’eau : ceci augmentant la soif. La boisson à son tour provoquant la transpiration engendrant l’évacuation du sel restant. Ce processus devient irréversible et mortel en quelques heures. Mais le Seigneur a tenu sa promesse : « L’Eternel te gardera de tout mal […] jusqu’à ton arrivée. »

Le début de la nuit se passe au bain-marie dans la baignoire puis à dormir enroulé dans les draps mouillés à intervalles réguliers. Bien gardé par un membre de notre équipe médicale me faisant avaler de grands verres d’eau avec des pastilles de sel. Un homme formidable et dévoué qui m’a dit avec son accent provençal : « Oooh, t’as pris une Bible : tu es un bon croyant toi ! Je ne pense pas que ton Dieu va te laisser crever ici, mais c’est aussi à toi de te battre pour lui montrer que t’as envie de vivre, hein ! » Déçu et résigné, j’ai quand même bu autant d’eau qu’il y avait de pastilles de sel en rappelant à Dieu le Psaume 121… Le lendemain à 8h, j’étais sur ma moto. Alors, j’ai dit : « Si à l’Assekrem tu me fais passer pour un contemplatif, je te comprends. Mais me sortir en une nuit d’un coup de chaleur mortel, seul toi peut faire une chose pareille. » Le retour auprès des miens s’est passé dans les larmes de joie et le bonheur de retrouver les toutes petites choses si simples qu’on oublie même qu’elles existent. C’est en repensant à cette épreuve que je puise la force de toujours regarder vers l’avant en cherchant à aligner mes trois balises comme le pilote dans le désert : être vrai avec les autres, sincère avec moi-même, cohérent avec la Parole de Dieu.

Les décisions que j’ai prises sans les avoir préalablement fait passer par ces balises m’ont toutes entraîné dans des situations sans issue. Avec le recul, je trouve que la vie est similaire à un rallye, avec ses étapes, les guides incertains qui nous égarent de la bonne piste, les casses mécaniques, les accidents, les découragements, les désespoirs, mais aussi l’entraide, le dépassement de soi et l’obligation de continuer quoi qu’il advienne. L’exploit sportif m’a ouvert la porte à d’autres rallyes et souvent amené des verres sur la table du bistrot. Je paraissais toujours le même, mais c’est à l’intérieur que j’avais changé. 

A mon retour de cette folle aventure, il me semblait futile de parler de nos petits problèmes de confort par manque de vraies difficultés existentielles. Je sentais de l’envie mais aussi de la jalousie et quelquefois même de la haine. Un jour, j’ai décidé de ne plus en parler aussi largement. J’évitais ainsi les questions et les incompréhensions. Le commerce dans le sang, je décide de prendre la gérance d’un garage s’ouvrant tout près de chez moi. A cette période de ma vie, des copains et amis m’entourent mais le vide en moi s’agrandit. Le projet de reprendre un garage à mon nom se profile tandis que celui de fonder une famille s’éloigne. Au fond de moi-même, je me sais dans l’erreur et je me sens profondément malheureux. La perception des événements et des gens est différente, les codes sociaux intégrés jusque-là n’ouvrent plus les mêmes portes et font fuir les amis. Je vis en oubliant de me confier à Dieu, de suivre sa balise qui brille au loin. Je n’ai pas rejeté Dieu, mais je ne m’en occupe plus, voilà tout. Sans en être conscient, ma porte est restée ouverte, comme si les voleurs et pilleurs d’âmes n’existaient pas. Combien de personnes qui m’étaient chères, ont œuvré à un vide spirituel ? Combien de fois j’ai entendu : « Si tu écoutes ces sornettes, tu ne fais plus rien. » Ou alors : « Ça, tu gardes pour le dimanche… » Pourtant, il ne nous vient pas à l’idée de surfer sur internet sans antivirus. Pour remplir ce vide, il me fallait un nouveau challenge. Le projet Dakar…

L’Assekrem est le haut plateau situé dans les montagnes du Hoggar, dans le sud de l’Algérie.
La moto avec laquelle Christophe Rosay a voyagé en 1979.

N.-D. de Bonnefontaine: le sanctuaire à un tournant

De très nombreux paroissiens et nombreux visiteurs connaissent le sanctuaire de Notre-Dame de Bonnefontaine, niché dans son écrin de verdure. Ils y viennent pour prier ou simplement la saluer et goûter un moment de paix. La gestion de ce sanctuaire est en train de changer de main. Eclairage.

Notre-Dame de Bonnefontaine : un lieu pieux cher à de nombreuses personnes.

Par Denyse Chanez et Claire Moullet | Photos : LDD

Depuis 1636, date d’une mention écrite, combien de fidèles ou passants ont-ils fréquenté ce sanctuaire ? Autrefois, la statue était posée sur une colonne en chêne, tenant un sceptre dans sa main droite et de l’autre l’enfant-Jésus. Un simple toit soutenu par quatre piliers constituait un abri. Et ce n’est qu’en 1959 que le sanctuaire actuel voit le jour avec sa coupole adossée à la paroi rocheuse et sa statue au cœur immaculé.

Le souvenir du jubilé de 2009

En 2009 s’est déroulé le jubilé du cinquantenaire les 3 et 4 octobre : office du samedi avec un petit « son et lumière » et messe solennelle le dimanche avec tous ceux qui avaient répondu à un dépliant diffusé dans tous les ménages pour rappeler que nous avons un « mini-Lourdes » dans la région. Cette fête est encore bien vivante dans le cœur des enfants, du chœur-mixte et la pose d’une pièce demi-cylindre, mémorial de ce jubilé.

Des bénévoles très engagés

Bonnefontaine ne pourrait vivre sans l’engagement de bénévoles connus et parfois inconnus. Jusqu’à maintenant, une équipe fait vivre ce joyau grâce à un entretien impeccable au rythme des saisons et des événements. Jean-Claude Monney et Claude Delley ont consacré une grande partie de leur vie à ce service, tout comme Madeleine Monney et Gertrude Ducrest, âmes des traditionnels pèlerinages de mai et d’octobre et la décoration avec amour du lieu et des fleurs. Claudine Balestra, trésorière des dons reçus, complète cette équipe dont les membres aspirent à une retraite bien méritée après tant d’années de dévouement.

Gestion désormais paroissiale

Depuis le 1er février dernier, la gestion du sanctuaire a été  reprise avec bienveillance par la paroisse Saint-Laurent-Estavayer, qui n’a pas manqué de remercier, féliciter et relever la longévité de ces ouvriers de la première heure par une rencontre amicale et festive.

D’autres bonnes volontés et services de notre commune contribueront certainement au maintien de ce sanctuaire qui ne demande qu’à vivre par ses pèlerinages, rencontres ou autres célébrations d’ici ou d’ailleurs.

Appel

Les personnes intéressées pour un service à Bonnefontaine peuvent s’adresser à Denyse Chanez (079 229 87 19) et Claire Moullet (079 312 54 15).  

L’ultime passage

Texte et photo par l’abbé Frédéric Mayoraz

Souvent dans les homélies et les célébrations de funérailles, je parle de la mort comme d’un passage. Un passage qui implique qu’il y ait un avant, un pendant et un après. Ces mots n’ont pas pour but de dédramatiser la mort, même Jésus était triste à la mort de son ami Lazare. D’ailleurs, la mort est un mystère que de simples mots ne peuvent appréhender totalement. Mais pour nous en approcher, nous sommes invités chaque année à suivre le Christ à travers le mystère Pascal et c’est pour nous l’occasion d’essayer de donner un sens à la mort, ou tout du moins, d’avancer dans la compréhension de ce mystère. 

Antoine de Saint-Exupéry écrivait dans « Terre des hommes » que ce qui donne un sens à la vie, donne un sens à la mort. Et la littérature regorge de livres traitant la mort sous cet angle : « Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix. » 

Avant, pendant et après… et sur ce chemin, il ne faut pas se le cacher, il y a la peur, la peur de l’inconnu, la peur de devoir vivre ce passage seul. Mais si nous avons foi en Dieu et en ceux qui nous entourent, et avec qui nous partageons notre vie, nous ne sommes pas seuls pour franchir ce passage vers l’après et rappelons-nous que comme le dit si bien ce chant : « Il restera de nous ce que nous avons donné… » 

En effet, pour ceux qui sont appelés à laisser partir ceux qu’ils ont aimés, ce moment est certes vécu comme une absence, un vide, mais il serait beau de le voir plutôt comme une « différence de présence » qui se vit dans les souvenirs et les valeurs transmises. Alors appliquons-nous à bien vivre ici et maintenant pour qu’au moment de « passer les ravins de la mort », nous soyons heureux et en paix en voyant Celui qui nous guide et nous conduit dans l’avenir qui nous est promis. Bonne montée vers Pâques à tous.

« Méditer sur sa mort»

Par Thierry Schelling | Photo : DR

« Je suis devant la porte obscure de la mort », disait Benoît XVI au début de l’année 2022, qui s’acheva sur son trépas. Réalisme d’un nonagénaire, souligné par son successeur, François, qui présida, fait rarissime, ses obsèques 1

Et d’exposer, selon le rituel prévu, mais allégé (car Benoît n’était plus Pontifex regnans), le corps de Ratzinger au vu et au su des pèlerins venus se recueillir. Ou s’interloquer sur cette « exposition macabre », comme l’a titré un journal. C’est vrai, sous nos occidentales latitudes, on est peu habitué à voir des cadavres, même embellis : des os (ossuaires, etc.), oui ; des corps entiers qui ne sont pas des momies, moins…

De fait, « la culture contemporaine du bien-être semble vouloir évacuer la réalité de la mort et de notre finitude ; notre foi chrétienne ne nous dispense pas de la peur de la mort, mais elle nous aide à l’affronter. Et la vraie lumière qui éclaire le mystère de la mort, c’est la résurrection du Christ. » (février 2022) Tout est dit et François de rajouter : « On n’a jamais vu un camion de déménageurs derrière un corbillard ! […] Accumulons plutôt la charité et le sens du partage. »

« Méditer sur sa mort est un exercice des plus enrichissants », assure-t-il. Un exercice propre (mais pas exclusivement) à la Compagnie de Jésus. S’habituer à l’inéluctable permet de « mourir en paix » selon l’expression. « Quelle sagesse dans cette demande », souligne le Pape. Et de rappeler que le « Je vous salue, Marie » se conclut par « Priez pour nous… aujourd’hui et à l’heure de notre mort. » Ou de se tourner vers saint Joseph appelé jadis « patron d’une bonne mort ». 

En effet, Benoît XV s’y référa dans son motu proprio Bonum sane de juillet 1920. Cherchait-il à panser les incommensurables plaies laissées en Europe (notamment) par la Première Guerre mondiale et ses 40 millions de morts ? Tant faire se peut…

1 Pie VII avait présidé en 1802 les obsèques de son prédécesseur Pie VI, mort en exil, mais certes, pas « pape émérite »…

Le chemin de la sortie

Elle s’appelle Janine. Quand je la rencontre, elle a 90 ans passés. Elle ne ressemble pas à une grand-mère classique, mais à un troll, un lutin, un djinn… Janine, elle est un peu d’ici, un peu d’ailleurs… Rencontre.

Par Françoise Besson | Photo : Pexels

Elle aime le jaune et le mauve, les matières douces, le velours, le mohair et, quand je ferme les yeux, c’est comme ça que je la revois : en pyjama de velours mauve, sa grande jaquette en laine fermée jusqu’au menton, s’appuyant sur son rollator à l’entrée de sa chambre. Elle est tellement fatiguée, Janine. Elle porte le poids d’une vie… 

Elle est très cultivée. Elle s’intéresse encore à ce qui se passe dans le monde, au Moyen-Orient, en Israël particulièrement. Sur sa table basse, elle garde, ouvert, un grand livre de photos sur le Yémen : un drame humain dévaste cette région. Elle s’est rendu compte que certaines soignantes ne connaissaient pas l’existence de ce pays. En passant chez elle, elles l’apprendront… Janine est citoyenne du monde, active, militante encore… 

C’est l’angoisse

Mais proche d’elle, pas grand monde justement… Pas d’enfant, pas de sœur ni de frère, pas de neveu ni de nièce, plus de mari, ce compagnon avec qui elle partageait tout. Un beau-fils comme « proche répondant », un homme de 70 ans passés, très préoccupé par sa santé et le placement en EMS de sa propre mère, première femme du mari de Janine.

Elle n’a ni cancer ni sclérose en plaques. Elle pèse 40 kg avec sa jaquette et son pyjama. Elle se préoccupe de ce qu’elle mange, elle marche tous les jours dans les couloirs de l’EMS un quart d’heure au moins : la perspective d’une vie quotidienne en chaise roulante la terrifie. Sa maladie à elle, sa croix quotidienne – elle qui n’a pas la foi – c’est l’angoisse… Une angoisse pathologique, dévastatrice, ingérable qui l’envahit dès le réveil : pouvoir se lever ou non, attendre – mais combien de temps ? – le premier anxiolytique, aller aux toilettes et être sûre d’y avoir fait tout ce qu’il fallait faire pour être à peu près tranquille une heure ou deux… Et ainsi de suite. Les sujets d’angoisse sont innombrables et cette sensation, intolérable. 

Quand Janine commence à parler d’Exit, les soignantes n’y croient qu’à moitié. En la voyant aller et venir, demander une énième fois un ajustement du traitement ; en la regardant composer avec soin ses menus pour digérer le mieux possible, elles se disent que le projet est théorique, un sujet de discussion, tout au plus. 

Enfin le grand jour

Puis Janine commence ses démarches, le chemin est semé d’embûches, avec ce premier choc : le psychiatre qui doit remplir un formulaire sur sa patiente la déclare « sans capacité de discernement ». C’est l’humiliation pour cette femme si vivante dans la réflexion, si vigilante d’esprit. Mais cela ne l’arrêtera pas. Il y aura contre-expertise et avis favorable. Enfin, un médecin d’Exit lui rend visite. Il est très ennuyé car Janine ne rentre pas « dans les clous ». Sa maladie n’est pas létale à terme, ni à proprement parlé invalidante… Mais dans la rencontre, il comprend. Il saisit dans les propos de Janine le pénible et lent déroulement des heures, du lever au coucher, la gorge serrée, l’oppression qui entrave le souffle… S’il fallait évaluer la qualité de vie, elle serait proche du niveau zéro. Dès lors, les choses iront très vite. Quand Janine m’appelle pour la dernière fois, elle me dit : « Demain, c’est le grand jour. » Elle est calme et demande au personnel dont elle a tant réclamé la présence, de la laisser seule. Ses dernières heures seront à elle, savoureuses parce que dernières, justement…

Une amitié indéfectible

Elle s’appelait Janine et, en cheminant avec elle, en l’écoutant, en saisissant quelque chose de ce quotidien douloureux sans amélioration possible, j’ai laissé de côté beaucoup de convictions et quelques certitudes… Notre amitié est indéfectible. Je sens encore dans mes bras ce petit corps de moineau, tout en os sous les couches de laine. J’entends sa voix un peu éraillée et mon cœur chavire au souvenir de son sourire et de ses yeux brillants d’affection. En rédigeant ces lignes pour vous, je retrouve tout cela, comme autant de cristaux ramassés au fil des mois sur ce chemin d’accompagnement.

Triduum pascal avec l’abbé Donzé au Monastère des dominicaines

Par Claude Jenny | Photo : Sœur Anne-Sophie

Le Triduum pascal, tout ou partie, sera célébré dans plusieurs églises de la paroisse et notamment intégralement à la collégiale (voir l’horaire en page 8). Et également au monastère des dominicaines. Les moniales ont l’habitude d’inviter un religieux pour la circonstance qui, outre les célébrations, apporte des temps supplémentaires d’enrichissement et de partage à l’occasion de conférences qui sont agendées durant le temps pascal.  

Cette année, les sœurs ont convié l’abbé Marc Donzé à animer ce Triduum pascal. Un prêtre bien connu et très apprécié. C’est ainsi que, en plus de présider les célébrations, il donnera deux conférences : le Vendredi saint à 11h et le Samedi saint à 11h également. 

Nous publions ci-dessous l’affiche du programme du Triduum pascal au monastère.

La mort

Texte et photo par Jean-Christophe Crettenand

Si en lisant pour la première fois le titre de ce numéro – « Mortellement vôtre » –, ce sont les visages de Roger Moore et de Tony Curtis qui me sont venus à l’esprit – associés aux personnages de Lord Brett Sinclair et de Daniel Wilde (dit « Danny ») dans la série des années 70 « Amicalement vôtre » –, j’ai très vite recentré mes réflexions sur la mort, car c’est bien de cette thématique dont il est question dans la présente édition de notre magazine paroissial.

Je me suis d’abord focalisé sur l’expression complète utilisée pour ce titre avec ce « vôtre » qui m’avait fait dévier du sujet (cf. 1er paragraphe). Je ne suis pas allé très loin sur cette voie en me disant « Oui, bien sûr, ce «  mortellement vôtre  », cela fait allusion à Jésus qui a donné sa vie pour nous ». Mais comment développer cela ?

J’ai finalement décidé de partager avec vous deux aspects de « la mort » qui ont animé mes réflexions lors de la rédaction de cet édito : la célébration de la fête de la Toussaint et une expérience personnelle.

La fête de la Toussaint

Je reste impressionné, année après année, par la célébration de la fête de la Toussaint en tant qu’évènement rassembleur pour de nombreuses familles. L’église est quasi remplie ce jour-là et au moment de se rendre au cimetière, l’assemblée prend encore de l’ampleur. Je suis fasciné par ces liens qui se manifestent à cette occasion. Si l’on est avant tout en famille, on prend cette occasion pour partager tout particulièrement avec les autres familles « voisines de cimetière ». Je ressens à chaque fois un sentiment général de bienveillance encore plus fort qu’habituellement. Les familles qui ont perdu un être cher durant l’année peuvent alors se sentir membres à part entière d’une communauté solidaire. 

Peur de la mort ?

Quelques mois avant la mort d’un de mes oncles qui se savait condamné du fait de sa maladie (Edgar Challandes, qui habitait Fontaines, dans le canton de Neuchâtel, décédé en 2000), je me suis retrouvé seul avec lui dans le salon familial. A bien y repenser, je crois que c’est la seule et unique fois où j’ai eu une conversation sérieuse, seul à seul avec lui. Je me souviens parfaitement lui avoir demandé : « Tonton Edgar, est-ce que ça te fait peur de savoir que tu vas bientôt mourir ? » Il a réfléchi quelques instants et m’a répondu, avec son humour habituel : « Non, ça ne me fait pas peur. Il paraît juste que ça fait un peu bizarre la première fois ! »…

Pâques, fête de la Mort…

La croix n’est plus seulement un instrument de supplice, mais l’arbre de vie qui fleurit encore aujourd’hui.

L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

Par Céline Ruffieux, représentante de l’évêque à Fribourg
Photos : cath.ch, DR

Pâques, fête de la Mort… sans tabou, avec la cruauté, avec la douleur, avec le sang et l’agonie. On ne tait rien de la souffrance de ce Jeune Homme condamné par la vanité de quelques-uns, à un supplice tellement violent que les Romains l’avaient interdit – c’est dire ! Chaque année, à deux reprises au moins, les chrétiens se plongent dans ce récit, mot après mot. Chaque année, on se demande comment on va aborder le sujet avec les enfants. Et alors, quelqu’un propose d’en faire l’impasse – « c’est compliqué quand même, d’en parler aux plus jeunes… Ce n’est pas adapté à leur âge et qu’est-ce que ça apporte vraiment ? Autant se concentrer sur la Résurrection, sur la Vie ! ». Et chaque année, pourtant, ce récit de la Passion prend vie, avec parfois toute une mise en scène, d’une procession avec les Rameaux au dernier souffle conté à plusieurs voix, avec musique de circonstance et vénération de la croix.

Le pape François répète à plusieurs reprises que « la compassion est le langage de Dieu1 ». Osons donc ce vocabulaire tellement riche d’incarnation, tellement plein de ce Dieu qui fit don de son Fils, vrai Homme et vrai Dieu. Compassion, Passion, deux mots qui trouvent leur origine dans le grec pathos : c’était la souffrance physique d’abord, puis le sens a glissé vers la souffrance psychique, celle qui dévore, qui aveugle. Et pourtant, ce « souffrir avec » de la compassion nous permet d’inverser la perspective de la souffrance. « O Crux ave, spes unica, Hoc Passiónis tempore, Auge piis justitiam… » (Salut ô Croix, (notre) unique espérance. En ces temps de Passion, fais grandir l’esprit de justice des gens de bien) nous dit bien que la croix n’est plus seulement un instrument de supplice, mais bien l’arbre de vie qui nous a donné le fruit le plus fécond, d’une fécondité qui fleurit encore aujourd’hui.

1 Par exemple : 17 sept. 2019 – Pape François. Méditation matinale en la chapelle de la maison Sainte-Marthe. La compassion est un acte de justice. Mardi 17 septembre 2019.

L’attente, une perle très belle

Notre engagement dans le monde est parfois happé par une visée d’efficacité, de productivité, de rendement, au risque de perdre notre inscription dans le temps réel, nourri de l’attente.

Par Olivier Taramarcaz | Photo : DR

Acheter sans attendre – Nous vivons dans un temps agité, effréné, noyé dans l’immédiateté. Lorsque nous désirons quelque chose, nous voulons l’obtenir tout de suite, ou nous nous en détournons. Nous avons un pouvoir d’achat, soit le pouvoir d’acquérir quelque chose sans le produire, en payant. Si nous désirons un bien, nous l’achetons, sans avoir participé à tisser ce vêtement, à semer la semence de ce fruit. Le fait de semer une graine en terre, de l’arroser, de la voir germer, croître, établit une relation avec le réel, avec une durée. La facilité apparente de payer en échange d’un produit, sans avoir à le produire, dispense de l’engagement dans le réel. En étant dispensés du temps qui produit la maturité, par l’épreuve de la patience, nous participons à devenir des êtres immatures, sans racines, ne portant pas de fruit. Marguerite Duras exprime cette posture de l’homme avide, insatisfait : « On attend toujours quelque chose. […] Quand l’attente est trop longue, alors on change, on attend autre chose qui vient plus vite. » 1

Le pommier âgé de générosité – J’habite Chemin d’en Haut, en Valais. Dans le jardin, jouxtant le chalet situé à 1’300 mètres d’altitude, nous avons planté un pommier, en 2007. Il a donné une centaine de pommes en automne 2022, peu avant les premières neiges. Jusque-là, l’arbre nous a toutefois gratifiés du parfum de ses fleurs, sans produire de fruit. Il a fallu du temps au pommier pour s’enraciner. Si nous l’avions coupé prématurément, nous aurions été privés, sans en mesurer la perte, de pommes issues de la terre où nous vivons. Lorsque je tiens une de ces pommes dans la main, je vois un fruit préparé depuis 15 ans. Cette pomme que je déguste a 15 ans d’âge. J’ai appris que la meilleure manière d’attendre est d’aimer ce que l’on attend.

La parabole du figuier – Dans la parabole du figuier, Jésus souligne l’importance d’une attente patiente : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des figues, mais n’en trouva pas. Il dit alors au vigneron : « Regarde : depuis trois ans je viens chercher des figues sur ce figuier et je n’en trouve pas. Coupe-le donc ! Pourquoi occupe-t-il du terrain inutilement ? » Mais le vigneron lui répondit : « Maître, laisse-le cette année encore ; je vais creuser la terre tout autour et j’y mettrai du fumier. Ainsi, il donnera peut-être des figues l’année prochaine ; sinon, tu le feras couper. » » (Luc 13, 6-9) Le vigneron, attaché à la terre, connaît par expérience, qu’il est bon d’être patient. Dans notre société utilitariste, il n’y a aucune compassion pour ce qui n’est pas utile, rentable pour soi.

Le risque de ne pas attendre – D’un coup de pioche, le vigneron aurait pu déraciner le figuier. De même, dans mon impatience, j’aurais pu couper le pommier. Ne pas attendre peut conduire à prendre des décisions désastreuses pour soi et pour les autres. A titre d’exemple, selon une estimation de l’OMS, 73 millions d’avortements auraient lieu chaque année dans le monde, 11’049 en Suisse en 2021, et autant d’enfants sacrifiés par cette pratique meurtrière revendiquée comme une liberté, un choix personnel, un droit à l’élimination d’un être, sans aucune considération pour l’enfant, privé de vie, [objecté], jeté hors du ventre de sa mère. On peut en déduire que la première cause de décès dans le monde, c’est l’avortement. Ce ne sont pas des pommes, ni des figues, ce sont des êtres dont la vie est exterminée sans attendre. David, le psalmiste a écrit : « Tu m’as tissé dans le ventre de ma mère. Merci d’avoir fait de moi une créature aussi merveilleuse. » (Ps 139, 13-14) Dans nos sociétés du prêt à jeter, la révolte et le mépris ont décapité la reconnaissance, foulé aux pieds la vie donnée par notre Créateur.

L’espérance dans le cœur – Blaise Pascal (1623-1662), évoquant la relation amoureuse, a écrit : « Il y a une place d’attente dans leurs cœurs. » 2 L’amoureux a expérimenté que dans l’attente se cache le trésor : « L’attente de celui qui attend, est une perle très belle. » (Proverbes 17.8)** L’homme attaché à Jésus ne se contente pas de croire au Messie, il l’attend parce qu’il est épris de lui. Il est saisi par le regard amoureux de Christ. « Celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit. » (1 Corinthiens 6, 17) Paul dit encore : « Réjouissez-vous de tout ce que le Seigneur est pour vous. » (Philippiens 3, 1) Je peux me réjouir seulement de ce qui anime mon cœur. Dans la présence de Jésus, je découvre que c’est lui qui m’accueille. Dans mon attente, je réalise que c’est lui le premier, qui m’attend.

Bibliographie 

* Les citations sans numérotation sont tirées de la Bible, avec mention des passages.
** La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy, (1701).
1 Marguerite Duras, Le Marin de Gibraltar, Paris, Gallimard, 1952.
2 Blaise Pascal, Discours sur les passions de l’amour (1652-1653), Paris, Gallimard, 2008.

Espoir et pensée

Méditation proposée par un jeune de 14 ans, Timéo
Photo : DR

L’espoir est aussi vain que la peur
Car espoir et peur sont des fantômes qui naissent de la préoccupation de soi.
Quand nous ne voyons pas le soi comme soi, 
Qu’avons-nous à craindre ?
Que penser quand le futur est incertain et le passé irrattrapable ?
Vivre le présent est la meilleure solution.
Que penser lorsque des pays se font la guerre pour un Dieu qui prône la paix ?
Ne pense pas à cela et occupe-toi bien de ta famille.
Que penser lorsque des gens meurent de faim et d’autres jettent l’argent par les fenêtres ?
Au lieu de faire confiance aux gens pour s’occuper de tout ; va à la rencontre des affamés et nourris-les.
Que penser de tout cela ?
Le monde est un feu qui s’éteint mais tu peux ajouter quelques bûches pour le faire durer plus longtemps.
Que penser des gens malhonnêtes qui arnaquent et volent les plus faibles ?
Vois ces gens comme l’eau : au lieu de réduire la quantité, essaie de les rediriger vers l’arbre qui pousse au lieu du feu qui s’éteint.
Que penser de Dieu ?
Dieu est une Espérance permanente qui protège les hommes lors des batailles et les réconforte lors des tragédies.
Que pense Dieu de nous ?
Il peut être fier de nos inventions, déprimé par nos guerres, dégouté par nos choix. Il peut être tout. Il ne fait qu’espérer un bel avenir.

Hospice du Simplon, 12 février 2023

De Bramois à Rome

Les pèlerins dans la basilique Saint-Pierre.

Pèlerinage paroissial à Rome de la paroisse de Bramois – Carnet de voyage

Texte et photos par Jean-Paul Micheloud

18.02. Départ de Sion. Tout le monde se retrouve en gare de Sion pour embarquer dans le train en direction de Rome. En tout 33 personnes dont 8 enfants. L’ambiance est bonne et nous faisons connaissance en prenant place dans le train. Tout le monde est présent pour le voyage.

Cheminement sans souci jusqu’à Milan où le train arrive à l’heure. Un petit miracle… Nous faisons une pause en attendant notre correspondance. La deuxième partie de notre périple se passe bien et notre train fait des pointes de vitesse à presque 300 à l’heure.

Nous arrivons à Rome à 14h50 comme prévu. La température est agréable (environs 15 degrés). Un car nous conduit à notre pension, la casa di Accoglienza Tabor. Nous prenons possession de nos chambres et tout de suite nous partons pour la visite de la caserne des gardes du Pape. Florent et Martin nous accueillent et nous font visiter les lieux. Leurs explications sont précises et passionnées. Après des détails sur les couleurs des uniformes et leur évolution, nous pouvons visiter l’armurerie où d’anciens costumes entourent les armures et les fusils parfaitement entretenus. On a même l’occasion de voir les différentes manières de saluer les autorités religieuses et de tenir une hallebarde entre nos mains. Les gardes suisses bénéficient maintenant d’une cantine pour prendre tous leurs repas durant le service. Rejoints par Baptiste, ils vont enfiler leurs costumes et reviennent vers nous pour quelques photos. Après un apéro offert dans leur cantine nous partons souper à la Casa Bonus Pastor. Fatigués mais heureux, nous rentrons nous reposer. La pension est très sécurisée, signe qu’il peut y avoir des brigandages dans la région. Il est interdit de quitter sa chambre après minuit par exemple et tout le monde doit être rentré à cette heure sous peine de devoir passer la nuit dehors.

19.02. Le dimanche commence par un déjeuner et ensuite nous partons célébrer la messe dans la chapelle des gardes du Pape. Nous sommes droit dessous la fenêtre où le Pape célèbre l’Angélus. Certains partent sur la place Saint-Pierre pour voir le Pape en direct. Après un dîner à la même adresse qu’hier soir, la fin de journée est libre pour tout le monde.

20.02. Après une messe à la chapelle de la pension, nous partons pour Castel Gandolfo. Après environ 50 minutes de car, nous arrivons à la résidence secondaire des papes en exercice, le pape François y va rarement mais ses prédécesseurs venaient régulièrement s’y reposer. Nous avons la chance de pouvoir visiter le palais apostolique, les appartements du Pape et les jardins du domaine. Le bâtiment regorge de portraits de différents papes et un appareil auditif nous permet d’en savoir plus sur certains des 266 papes qui ont gouverné l’église. La surface du domaine est de 50 hectares et bien plus grande que la Cité du Vatican à Rome. Dans les jardins aussi nous bénéficions d’une aide auditive en français. Le mois de février n’est pas le meilleur mois pour profiter des beautés de ces jardins, en effet les rosiers sont taillés et il n’y a que certains arbres qui ont conservé leurs feuilles. On mange dans le village et on déguste diverses sortes de pizzas. 

Après le dîner, nous visitons les catacombes (cimetières communaux) de Saint Calixte, Geoffrey notre guide nous raconte plein d’anecdotes concernant ce site… et qu’il connaissait bien le Cardinal Schwery ! C’était le cimetière officiel de l’église de Rome au IIIe siècle. Un demi-million de chrétiens sont enterrés ici dont des dizaines de martyrs et 16 papes. Les premières inscriptions se faisaient en grec qui était la langue officielle de l’Eglise en ce temps-là. 

Le site est situé sur de la roche de type tuf ce qui permet de creuser plus profond lors d’un nouveau décès. Un trou de la taille du mort était creusé dans la paroi, on enduisait le cadavre de chaux, on l’insérait dans la cavité, on scellait une pierre en marbre avec des inscriptions pour étancher la tombe et on plaçait une lampe à huile pour que les proches puissent se recueillir devant.

21.02. On se lève de bonne heure, après un rapide déjeuner on rassemble nos valises et on part pour la messe à la basilique Saint-Pierre à 7h30. Nous avons la matinée pour visiter plus en détail cette superbe bâtisse et faire les achats qui nous intéressent. Après un pique-nique dans les jardins de la pension, nous prenons le car en direction de la gare Rome Termini. Le départ de Rome est prévu à 13h50, après une rapide escale à Milan (16h58-17h20) nous arrivons à Sion à 19h50.

Ici s’achève notre périple paroissial au Vatican…

Jeux, jeunes et humour – avril 2023

Par Marie-Claude Follonier

Question jeune

Qu’est-ce que l’octave de Pâques ?
Comme dans l’Eglise on aime bien faire la fête, un seul jour pour commémorer l’inouï de la Résurrection du Seigneur est bien trop peu. On prolonge ainsi la fête toute la semaine, appelée « octave », après le dimanche de Pâques et on continue de porter les habits liturgiques blancs durant les 50 jours du Temps pascal jusqu’à la Pentecôte.

par Pascal Ortelli

Humour

Deux grands-mères parlaient ensemble de leurs petits-enfants.

L’une dit : 
– Chaque année, j’envoie à chacun de mes petits-enfants une carte avec un généreux chèque dedans. Pourtant, je n’entends plus parler d’eux, pas même un merci ou une visite.

L’autre dit : 
– Je fais la même chose que toi, mais dès la semaine suivante, ils viennent tous me rendre visite et me remercier.
– Vraiment ? dit la première, comment c’est possible, comment fais-tu ?
– Quand je leur envoie le chèque, je ne le signe pas !

par Calixte Dubosson

Bakhita, l’esclave noire devenue sainte

Entrée du musée consacré à Bakhita à Schio, province de Vicence, Vénétie.

Joséphine Bakhita est injustement méconnue. Saisie par son portrait et une note biographique dans une église de Touraine, Véronique Olmi se lance dans des recherches au résultat plutôt maigre. Injustice à réparer, se dit-elle, face à cette destinée hors normes. Son roman, moult fois primé, raconte l’incroyable odyssée d’une femme ayant survécu à tout.

Par Anne-Laure Martinetti | Photos : DR

Couverture du livre de Véronique Olmi.

Son temps d’écriture ne fut pas solitaire car la romancière, se disant pleine, envahie par ce sujet, en parlait beaucoup tant il est impossible de garder pour soi les émotions suscitées par cette trajectoire. Arrachée à sept ans à son village du Darfour par des marchands d’esclaves à la fin du XIXe siècle, la fillette endurera tant de souffrances qu’elle en oubliera jusqu’à son nom. 

« Je ne lâche pas ta main. » – Tout n’est plus que désolation à Olgassa, village de la tribu nubienne des Dadjo : corps mutilés, animaux errants, oiseaux muets, cases défoncées. Dans une précédente « razzia », Kishmet, l’aînée de Bakhita, avait été enlevée. A nouveau, les villageois n’ont rien pu faire. « Contre les fusils et la poudre, leurs flèches et leurs arcs n’ont servi qu’à signaler leur présence impuissante. » Commence alors une vie d’esclave faite d’humiliations et de violences durant laquelle la fillette rencontre Binah, enfant martyre elle aussi, avec qui elle tente de fuir sans succès. Les fillettes ont une devise, « je ne lâche pas ta main », mais Binah ne sera pas sauvée. Vendue et revendue par des marchands d’esclaves qui la baptise « Bakhita », traduction – quelle ironie – de « la chanceuse », l’enfant d’Olgassa marchera des centaines de kilomètres sous un soleil de plomb, enchaînée, fouettée, affamée. Elle appartiendra notamment à un riche arabe et à un général turc sans jamais revoir ni sa sœur ni Binah.

Arrive une trêve – Le Consul d’Italie à Khartoum, Calisto Lignani, est son premier « sauveur ». Elle a 14 ans. Il fait son acquisition, lui donne le prénom de Joséphine et la traite plus humainement. Dans sa maison, elle ne vit plus nue, peut se laver, se nourrir. Suite à un conflit colonial, le Signore doit quitter le pays et, à Gênes, il la transfère à la famille Michieli, propriétaire d’un hôtel à Suakin au Soudan. Bientôt, la présence de Madame Michieli est requise dans l’établissement. Elle confie alors sa fille Alice et Bakhita aux sœurs canossiennes de Venise. Au retour de sa maîtresse, elle refuse de quitter l’Institut des catéchistes. L’affaire est tranchée par un tribunal et, en 1889, le procureur accorde la liberté de choix à Bakhita car l’esclavage est illégal en Italie. La jeune femme a alors 20 ans. Elle est baptisée en 1890 par l’Archevêque de Venise et prononce ses vœux en 1896 à Vérone. 

Le « miracle » de Schio – Déplacée sur Schio, province de Vicence, elle s’occupe de l’intendance, des bonnes œuvres et prépare les sœurs en partance pour le continent noir. En Italie, où sa couleur, par ignorance, fait souvent peur, tout n’est pas si simple mais Bakhita est une âme forte malgré les tourments de la nuit qui la ramènent à ses souffrances d’enfant dont elle taira la plupart. Surnommée « la Madre Moretta » ou « la Petite Mère Noire » (les enfants lui jetaient de l’eau pour voir si la couleur partait…), elle écrit son histoire, encouragée par sa supérieure. Durant la deuxième Guerre Mondiale, alors que les bombes pleuvent sur Schio, l’histoire retiendra que la ville s’en est bien tirée grâce, pense-t-on, à la Madre Moretta, considérée désormais comme sa protectrice. Lorsque le ciel terrorisait les enfants, elle les rassurait avec une petite histoire « et les enfants regardaient sans répondre cette vieille dame ridée, tordue et noire, qui avait l’air si pauvre et si puissante ».

Ladite vieille dame décède suite à une longue maladie à l’âge supposé de 78 ans en 1947. Béatifiée en 1992, elle est canonisée par Jean-Paul II en 2000. Il semblerait que Benoît XVI avait une affection profonde pour cette fille d’Afrique à l’humanité préservée.

Une rencontre privilégiée – La biographie de Véronique Olmi est une longue lecture. Pourtant, il est difficile de la lâcher car on ne veut pas abandonner Bakhita. On aimerait aussi qu’elle ait retrouvé son prénom. Lisez l’histoire de Bakhita car, à coup sûr, il demeurera quelque chose d’elle en vous. La biographe, à qui on demandait une raison de lire son ouvrage, répondit : « Bakhita est une personne qui ne s’oublie pas. Lire son histoire, même romancée, c’est la rencontrer et la rencontrer est un privilège1. »

1 Franceinfo culture, 13 septembre 2017.

Entrons dans la joie de Pâques!

Par Maryline Hohenauer | Photo : DR

Au matin de Pâques la joie remplace la peur et la tristesse du Vendredi saint. Tout comme la nature qui renaît après avoir vécu l’hiver, la Vie gagne sur la Mort ! Youpi ! Alléluia ! Christ est ressuscité ! Il est vivant, comme il l’avait promis. 

Le pape François dans son encyclique « la Joie de l’Evangile » nous avertit : « Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. » Alors que toute notre joie d’être chrétien prend sa source en la résurrection du Christ ! Imaginez une seule seconde que l’histoire se termine le Vendredi saint, au mont Golgotha. Jésus aurait été pour nous un héros, un martyr et c’est tout. Mais il est tellement plus que cela : il est ressuscité ! Il nous l’avait annoncé ! 

Gardons au cœur la gratitude de se savoir sauvés par la mort et la résurrection de Jésus, et partageons cette joie autour de nous ! Célébrons la joie de Pâques et, à la suite du Christ, partons en mission : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » (Jn 19, 21) Cette joie doit être annoncée et proclamée. 

Alors après l’avoir célébrée en famille, à la messe du dimanche de Pâques, décorez vos maisons, rassemblez-vous autour d’un bon repas, dansez, chantez, poussez des cris de joie ; louez Dieu ! 

Christ est ressuscité !

Alléluia ! Alléluia !

Les Vendredis saints de nos vies

Mgr Morerod constate, en examinant la vie des saints, qu’ils ont presque tous eu « des nuits de la foi ».

Lorsqu’il n’y a plus que le vide dans notre existence comme dans le tombeau du matin de Pâques, nous touchons peut-être là le vrai mystère de la Résurrection…celui d’une présence qui pourtant soutient encore et fait avancer. Avec l’humour qui le caractérise, Mgr Charles Morerod nous parle de l’espérance radicale que porte Pâques.

Par Myriam Bettens | Photos : Jean-Claude Gadmer

En tant que croyant, que représente Pâques pour vous ?
En tant qu’évêque, je suis aussi croyant (rires). C’est la Résurrection du Christ… qui implique également la nôtre. Il n’est pas venu ni n’est mort pour Lui-même, mais pour que nous puissions vivre et soyons avec Lui éternellement. Cela parce qu’Il nous aime.

Comment, entre un papa protestant et une maman catholique, se vivaient les fêtes de Pâques de votre enfance ?
Nous n’y mettions pas tellement l’accent. A vrai dire, je n’en ai pas de souvenir particulier. J’allais certainement à la messe le jour de Pâques, mais comme avant d’avoir vingt ans, j’ignorais que la Semaine sainte existait, cela me paraissait un dimanche comme les autres. Si ce n’est que je savais que c’était Pâques.

Nous savons ce que Pâques signifie. Or, la vie comporte aussi son lot de « petites Pâques », entendez par là de « petites morts et de résurrections ». Quelle serait une des Pâques de votre vie ?
Oh… j’espère qu’il y en a plus d’une ! Je reste marqué par ce que je pourrais qualifier de petit Vendredi saint. Je marchais sur un trottoir à Fribourg et j’ai vu que celui-ci se terminait. Je m’apprêtais à en descendre et assez curieusement je me suis dit : « Non pas maintenant. » Une fraction de seconde après, une grosse moto a passé à toute vitesse à côté de moi. Là, j’ai pensé : « Tiens, ma vie continue. »

Et de petites Pâques en tant que telles ?
Vu que c’était une non-mort, on peut la comprendre comme une forme de résurrection… L’expérience d’avoir accepté ma vocation, ça m’a obligé à vivre autrement. J’ai vraiment eu l’impression d’une irruption de Dieu dans ma vie… mais pas de manière telle que j’aurais dû commencer par être « à peu près mort » (rires). J’observe aussi des Pâques chez d’autres. Des personnes dont la vie reprend. Cela arrive par exemple lorsque les gens se confessent. Tout d’un coup, un poids se lève de leurs épaules et c’est très frappant.

En bonne protestante, je ne vais pas très régulièrement me confesser…
Vous le regretterez, certainement plus tard, (ndlr. Mgr Morerod est pris d’un fou rire communicatif). En attendant, profitez bien de la vie ! (rires)

Le tombeau vide du matin de Pâques peut aussi représenter, pour le croyant, cette tension entre présence et absence de Dieu…
Oui, absolument. Il y a des moments où on s’interroge et c’est normal dans le dialogue avec Dieu de lui dire : « Tu respectes notre liberté, c’est très bien, mais est-ce que Tu ne pourrais pas, parfois, la respecter un peu moins ? » (sourires)

Lorsqu’on Le laisse causer, est-Il plus bavard ?
Pas nécessairement. On voit dans la vie des saints qu’ils ont presque tous eu « des nuits de la foi ». Ces périodes parfois très longues marquées par l’impression que Dieu n’existe pas ou en tout cas n’est pas là. Ils interprètent ce silence en termes de : « Il veut voir si c’est Lui que nous aimons ou seulement ce qu’Il nous donne. »

Beaucoup de croyants préféreraient éliminer le Vendredi saint et ne voir que le côté festif et heureux de la Résurrection. D’ailleurs, dans plusieurs cantons, ce n’est pas un jour férié…
Oui, mais ce n’est pas l’Evangile. Il y a aussi des Vendredis saints dans l’existence humaine. Alors, une foi dont on aurait éliminé le Vendredi saint, qu’est-ce qu’elle a à dire à des gens qui se trouvent eux-mêmes dans ce Vendredi saint ? La foi donne une espérance radicale, même si on ne voit pas toujours très bien où on va. Si l’on croit que Dieu est présent, cela change la donne et ça, c’est aussi une expérience de Pâques. Cela ne veut pas dire qu’être croyant rend la vie facile.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Certainement Pâques ça… (rires)

Découvrons notre église paroissiale (suite)

Après la contemplation du Christ crucifié de Boular présenté récemment dans nos colonnes, approchons-nous du maître-autel, de style baroque de la fin du XVIIe siècle.

Marcel Comby avec Fabienne Seydoux | Photos : DR

Il présentait à l’origine un aspect principalement bicolore : noir et gris, pour imiter vraisemblablement la pierre de Saint-Triphon (matériau utilisé pour les portails) avec d’importantes parties dorées. Son aspect actuel date de 1931, lorsque le retable a été entièrement repeint. 

En raison de sa dimension et de sa richesse décorative, il attire spontanément le regard du visiteur qui entre dans cette église. Il est constitué de trois éléments de mobilier. D’abord l’autel principal (on le dit « principal » par opposition aux deux autels latéraux qui se trouvent de part et d’autre du chœur). Deuxième élément juste au-dessus, le tabernacle se présente comme une petite armoire où sont conservées les hosties consacrées. Une petite lumière rouge brille en permanence, elle indique la présence du Christ dans le « Pain de Vie ». Le tabernacle est couronné par la représentation du Christ comme Agneau vainqueur, qui porte les emblèmes de sa victoire sur la mort. Troisième élément, le retable. Il s’agit d’une méditation sur le mystère du Christ. Nous voyons au centre le tableau de la Visitation du peintre biennois Théophile Robert (1879-1954) qui, en 1933, a remplacé celui peint vers 1680-1690. Il évoque la très belle scène de la « Visitation » que nous rapporte l’Evangile selon saint Luc : Marie, enceinte de Jésus, rend visite à sa vieille cousine Elisabeth, enceinte elle aussi, de Jean le Baptiste. Elisabeth salue en Marie, la « Mère de son Seigneur ».

Il est bon de se souvenir que cette église a de tout temps été dédiée à la Vierge Marie. D’abord, elle s’appelait Sainte Marie d’Octodure, puis en 1420, Notre-Dame-des-Champs, en référence à la modeste agglomération rurale qui l’entourait à l’époque, et ce, jusqu’en 1575, où elle prit définitivement le nom de « Notre-Dame de la Visitation ».

De part et d’autre du maître-autel, se trouvent deux statues. D’un côté, Charlemagne, qui en raison d’une légende aurait confié le comté du Valais au premier évêque du Valais, saint Théodule ; mais en réalité Charlemagne a vécu bien après Théodule et cette légende a perduré pendant des siècles pour renforcer la légitimité de la donation du comté du Valais à l’évêché.

De l’autre, saint Maurice, en référence à saint Théodule, premier évêque du lieu, dans les années 380 parce qu’il a beaucoup fait pour développer le culte de saint Maurice.

Dans sa partie supérieure, le maître-autel représente les trois personnes de la Trinité. Immédiatement, au-dessus du tableau central, le Fils enfant porte une sphère qui symbolise le monde qu’il bénit. Au-dessus de lui, la colombe symbolise l’Esprit Saint et tout en haut, Dieu le Père avec sa coiffe triangulaire.

Dernière pièce remarquable l’antependium. Pour vous la présenter, voici un article du bulletin paroissial d’août 1934 : « Le 8 juillet, jour de la fête paroissiale, les paroissiens ont eu la joie de constater que l’église s’est enrichie d’un magnifique antependium, c’est-à-dire, devant d’autel, œuvre d’art et de patience due au dessin d’un paroissien, M. André Closuit, artiste de talent, et aux mains expertes de sa sœur, Mlle Laurence Closuit. Cette broderie, remarquable par la richesse et l’harmonie des tons et la finesse de l’exécution, parachève heureusement la splendeur du maître-autel. »

Rejoins la Montée vers Pâques Kids !

Hey les enfants. Que faites-vous à Pâques ? Il y a un super programme pour le début de tes vacances de Pâques. On te propose de participer à la première Montée vers Pâques Kids à Monthey. Trois jours avec les copains et Jésus. Ça te dit ?

Par Sandrine Mayoraz | Photos : DR

La Montée vers Pâques (MvP) ce sont les trois jours qui précèdent la fête de Pâques. L’Eglise commémore les derniers jours de la vie de Jésus et sa Résurrection. C’est une traversée de la mort à la Vie.

La particularité de la MvP Kids c’est qu’elle rassemble des enfants pour suivre Jésus tous ensemble. Jour après jour, on découvre les événements de la vie de Jésus avec des activités et des célébrations adaptées à leur âge, en alternant bien évidemment avec des moments ludiques et conviviaux. On chante, on joue, on prie, on goûte, on écoute des histoires de la Bible, on partage, on bricole.

A la MvP, on relit l’histoire de la vie de Jésus et on la relie avec notre propre vie. Dans ces événements si intenses, Dieu a un message pour chacun, aujourd’hui. 

Pour qui ? 
Pour les enfants de 3H à 8H. Et quel défi d’avoir une activité avec des enfants de tout âge ! Ça promet d’être animé 😃. Tant mieux, car l’équipe d’animation est bien motivée. On est convaincu qu’ensemble, c’est toujours plus dynamique et qu’on a tous à apprendre des uns et des autres. Pour partager sa foi, il n’y a pas d’âge.

Et enfin, un aperçu du programme (du Jeudi saint 6 avril au Dimanche de Pâques 9 avril).

Les quatre jours forment une unité. En cas d’empêchement c’est possible de s’inscrire pour l’un ou l’autre jour seulement.

Jeudi de 16h30 à 19h 
Pour notre premier soir ensemble, on goûte, on joue, on fait connaissance. On commence avec le dernier repas de Jésus avec ses disciples.

Vendredi de 9h à 16h
C’est le jour de la mort de Jésus… On prépare et anime le chemin de croix.

Samedi de 9h à 12h
C’est l’attente… 
Pour patienter, on va entre autres décorer des œufs et apprendre plein de choses sur les symboles de la Résurrection. 

Samedi soir de 18h à 23h
En bonus, pour les plus grands (7H et 8H), on passe la soirée ensemble et nous célébrons la Résurrection de Jésus à la Veillée pascale. On rejoint pour cette messe les paroissiens de Monthey ainsi que les jeunes.

Dimanche de 9h à 12h
C’est la joie de Pâques qui éclate ! Nous nous rassemblons avec les familles pour un déjeuner festif, une chasse aux œufs et la belle messe de Pâques où nous chantons « Alléluia, Jésus est Vivant » !

Nous nous réjouissons de partager cette première édition avec tous les enfants qui oseront tenter l’aventure ! Bienvenue.

Inscription sur le bulletin ci-dessous.

Contact : Sandrine Mayoraz 079 739 24 22

Descente de croix, Collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption, Romont

Par Amandine Beffa | Photo : Jean-Claude Gadmer

Parmi les œuvres extraordinaires de la Collégiale de Romont se trouve un décor peint du XVIIe siècle. Il représente une descente de croix qui nous invite à méditer cet « entre temps » entre la mort et la Résurrection.

La composition de l’œuvre épouse l’architecture. Le mouvement nous entraîne dans la partie haute, sous l’arc brisé, en passant de l’obscurité à la lumière. 

Dans les parties basses, les anges portent les instruments du supplice, ou Arma Christi. A la droite du visiteur, les clous et la lance (Jean 19, 23. 34). A la gauche du visiteur, la colonne sur laquelle Jésus a été attaché et le fouet (Jean 19, 1). Ces objets mettent en évidence deux temps de la Passion : d’un côté la mort et de l’autre les outrages survenus pendant les étapes du procès. 

Le second registre fait place à de nombreux personnages. Tout à droite, sainte Véronique présente le Voile de la Sainte-Face. Elle fait le lien entre la condamnation et la crucifixion. En effet, si l’épisode n’est pas attesté dans la Bible, la tradition tient que Véronique a essuyé le visage du Christ alors qu’Il portait la croix.

Aux pieds de Jésus se trouve Marie-Madeleine. Sa chevelure est particulièrement soignée. Avec elle, plusieurs des femmes représentées tiennent des mouchoirs. Elles rappellent la parole du Seigneur : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants. »(Luc 23, 28) Laissons-nous interroger par cette interpellation : quelles sont nos émotions devant la croix ? Sommes-nous à la place de Marie-Madeleine qui ne voit que le corps de celui qui n’est plus ? Sommes-nous comme le personnage tout à gauche (probablement le donateur) qui est certes à genoux, mais loin de la scène et loin de la lumière ? Ou sommes-nous comme Marie qui n’a pas peur de s’approcher de la réalité de la Passion. Elle porte le corps de son Fils, ne faisant pas l’économie de la mort. Mais, elle est dans la lumière.

Et là est peut-être l’apport le plus intéressant de l’œuvre. La partie la plus lumineuse est celle où se trouve la croix. L’obscurité qui a recouvert la terre (Matthieu 27, 45) se dissipe pour faire place à la Victoire. Une victoire déjà là et pas encore.

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