A Martigny, comme à Bovernier, la fête de l’Immaculée Conception est jour de fête pour les couples jubilaires. Ainsi, au cours de la célébration, chaque couple a non seulement été béni, mais a également reçu un petit présent confectionné par des enfants lors d’un atelier de catéchèse. Puis ils ont été invités à une raclette, afin de passer un bon moment de partage dans une ambiance très conviviale. Une équipe de choc, constituée de membres du conseil de communauté de Martigny, était à leurs petits soins. Que tous les couples qui seront jubilaires l’année prochaine réservent la date de l’Immaculée Conception 2023 ! L’appel est lancé !
«Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis: Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal […] Vous avez appris qu’il a été dit: Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre […] Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. » (Matthieu 5, 21-22. 38-39. 43-44).
Je passe avec Jésus à une nouveauté radicale
Il me passionne car il se comporte comme Dieu. Il se présente comme Fils du Très-Haut et comme tel, il m’interpelle. Il m’appelle à une mission – toujours nouvelle…
Une collègue de la rédaction de notre périodique Essentiel propose cette nouvelle rubrique biblique. Par ce texte, j’accomplis la tâche de montrer, comment cet « océan » qu’est la Bible me nourrit.
Aujourd’hui, je choisis le passage de l’évangile selon saint Matthieu qui m’impressionne énormément.
Vous avez appris, entendu ; on vous a présenté un enseignement de Dieu lui-même… mais moi, je vous dis… Qui peut parler ainsi ? N’est-ce pas un fou ou… un Dieu. Oui, c’est le Dieu-Emmanuel qui montre le vrai sens de ces anciennes instructions divines.
Le Christ est venu accomplir la Loi du Père, la conduire à sa perfection, lui donner un sens profond. Ce sens nouveau, c’est l’amour.
Ma justice se vérifie-t-elle simplement dans le fait que je n’ai pas tué, ni commis d’adultère, ni volé ? Ou dois-je plutôt m’interroger ainsi : est-ce que j’aime à l’image du Christ ? Suis-je disponible à progresser dans la fidélité à ce premier de tous les commandements ? Ma justice peut surpasser celle des scribes et des pharisiens, de ceux qui, bien qu’obéissant à la Loi, gardent le cœur dur…
Il m’arrive de vouloir guérir du mal que l’on m’a fait par la colère et la vengeance, parce que je recherche la justice. Cependant la vengeance ne répare rien. Au fond de moi, je veux surtout que ma souffrance, mon état de victime soient reconnus. La compréhension, le soutien, la bienveillance de mes proches, peuvent être suffisants pour m’apaiser…
Le mal est guéri par l’amour. Pardonner est toujours difficile, mais la joie de la réconciliation est énorme. En m’ouvrant à l’invitation du Christ de m’abstenir de sentiments mauvais de haine, de vengeance et de rancune à l’égard d’autrui, je stoppe la violence qui pourrait être croissante. Le monde a besoin de mon engagement authentique pour sa progression dans l’amour. Je choisis la non-violence. Je choisis d’aimer quand on ne m’aime pas ; de rendre le bien pour le mal !
Jésus m’invite à prier pour mes ennemis. Ma prière est à la base de toute bonne relation avec ceux qui sont différents de moi ou qui se comportent comme mes adversaires. Elle contribue aussi à la conversion de ceux qui ne croient pas en Dieu ou qui s’éloignent de lui.
En novembre dernier, Viviane Gay-des-Combes est partie vivre un temps de mission sur l’île de la Réunion à la suite d’une année de formation chrétienne qu’elle a vécue dans le sud-ouest de la France (Ecole Jeunesse Lumière du P. Daniel Ange). La rédaction lui a demandé de raconter un peu ce qu’elle y vivait.
Texte et photos par Viviane Gay-Des-Combes
Voilà déjà un mois que je suis accueillie avec mes amis au foyer de Charité du Tampon à la Réunion. Un mois que je m’acclimate à cette île, à ce nouveau mode de vie, à l’alimentation et à sa culture. Il ne se passe pas un jour sans que je fasse de nouvelles découvertes. Au début, le temps passait très vite.
Tout à découvrir – La première semaine, j’ai découvert l’île et ses richesses en profitant pleinement de chaque instant qui m’était donné de vivre ici. Je me suis aussi imprégnée des lieux qui allaient m’accueillir. J’ai pris le temps de faire connaissance avec les personnes avec qui j’allais partager ce bout de chemin. La principale richesse découverte ici concerne l’aspect culinaire. Tous les fruits proviennent de l’île et le goût est incomparable par rapport à ceux que l’on mange chez nous. J’aime beaucoup rendre service à la cuisine et aider à la préparation des plats typiques. Le seul point négatif pour moi reste le piment.
A ma place ? – Puis, peu à peu, une certaine routine s’installe et vient le temps où la distance avec mon pays natal et avec les personnes qui me sont proches se fait sentir. La question de savoir si je suis à ma place est aussi présente : est-ce que j’ai fait le bon choix de repartir une deuxième année ? Je me confie donc à Jésus, valeur sûre, que je retrouve partout où je vais et en qui je trouve ma force et ma paix. Dans mon cœur résonne cette parole : « Tu es mon serviteur, je t’ai choisi ; ne crains pas car je suis avec toi. » (Is 41, 9-10) Je comprends alors que ma place est bel et bien ici et je suis heureuse de pouvoir vivre cette expérience qui sera charnière pour ma vie, j’en suis certaine.
Au foyer – Notre quotidien est rythmé par une vie de prière soutenue. J’aime beaucoup ce verset que l’Eglise proclame lors du premier office de la journée. « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange. » (Ps 50, 15) Ce verset me parle beaucoup car la première parole de la journée que je prononce est lors de l’office des laudes. Nous avons aussi la chance de recevoir l’Eucharistie chaque jour. Remplis de cette force, la journée peut commencer.
La vocation du foyer est d’accueillir des personnes en leur proposant de vivre des retraites. Les retraitants vivent une semaine de silence accompagnée d’enseignements et de temps de prière personnelle. Pour y avoir participé, ces retraites sont des temps forts où l’on voit vraiment Dieu à l’œuvre. J’ai aussi eu le temps de me redécouvrir à travers la Parole de Dieu qui regorge de trésor. Puis, en fin de journée, nous prions les vêpres et le chapelet ensemble.
Finalement, avant d’aller nous coucher, nous prions les complies personnellement ou en communauté.
Je vous souhaite une belle et sainte année 2023 à chacun et vous porte dans mes prières.
PAR NATHALIE ANGELINI-TRAEGER
PHOTO: MATTHIEU ANGELINI
Toute l’équipe de la rédaction de «Au Large – L’Essentiel» vous envoie encore ses meilleurs vœux et, afin de célébrer ce premier numéro de l’année 2023, nous avons la joie de vous offrir une nouvelle rubrique: «La Bible au quotidien».
Avec elle, nous avons le souhait que chacun connaisse un peu mieux la Bible et puisse la lire le plus souvent possible. Pourquoi ? Car elle est notre référence, notre vérité, elle contient tout ce qui peut nous aider à suivre l’exemple de notre Seigneur Jésus et par celui-ci vivre une meilleure vie, plus sainte, plus vraie. La Bible nous guide et nous éclaire, elle est notre nourriture. Chaque passage est une source de réflexion, elle nous enseigne comment aimer, comment pardonner, pourquoi choisir chaque matin la joie, la bonté et la bienveillance, les plaisirs de la charité, les vertus de la patience, et tant d’autres comportements puissants qui ont le don de changer véritablement nos vies.
L’abbé Darius inaugure cette rubrique qui sera ensuite alimentée par l’un des membres de l’équipe de rédaction ou de l’équipe pastorale.
Nous espérons qu’avec cette nouveauté, votre foi sera renforcée et qu’ensemble nous vivrons gaiement selon les fruits de l’Esprit Saint.
Jean 13 : 34-35 : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
Rappelons-nous que l’amour n’est pas un simple sentiment, l’amour vrai se montre par des actes simples du quotidien. Il existe de nombreuses façons de montrer l’amour du Christ et en tant que chrétiens nous sommes amenés à donner de l’amour aux autres, comme Jésus nous l’enseigne. Alors, essayons tous ensemble cette année que l’amour que l’on porte à notre sauveur se reflète dans notre façon d’aimer les autres, même ceux qui ne sont pas faciles à aimer. Si l’on peut attendrir le cœur d’une personne grâce à l’amour, peut-être qu’à son tour elle touchera le cœur d’une autre personne et ainsi de suite.
« Seigneur montre-nous des moyens de donner de l’amour et donne-nous la force de ne pas nous décourager. »
C’est par un froid matin que Cindy Rey m’accueille dans son antre, l’Eco Broc au Pré-de-Foire à Martigny-Bourg. Des myriades d’objets en tous genres attendent, bien rangés, leur nouveau propriétaire…
PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : C. REYW
Originaire du lieu, Cindy a 32 ans. Elle est l’épouse de Jérémy qui est aussi partie prenante de la « boutique » avec elle. Formée dans le domaine du service, elle sert aujourd’hui les gens d’une autre manière. L’Eco Broc est née et a grandi à Charrat, il y a cinq ans. Depuis deux ans, c’est au Pré-de-Foire qu’elle a pris pied. Cindy en est la cheville ouvrière : « Ma brocante, c’est devenu un peu le QG de ma famille. Comme je ne m’en sortirais pas toute seule, il y a toujours l’un ou l’autre qui me tend le coup de main dont j’ai besoin ! »
« Eco Broc », qu’est-ce que ça signifie ? Ça signifie que je déteste jeter des objets. Depuis toute petite, j’ai toujours vécu avec des objets de seconde main. Donc « Eco » pour faire des économies et pour vivre les valeurs de l’écologie. Avec l’Eco Broc, les circuits courts sont privilégiés : les objets que je récupère dans la région trouveront le plus souvent preneur tout près d’ici…
Quels sont les motifs à l’origine du projet ? Ça s’est fait progressivement. On peut dire que c’est un vieux rêve et que ce mode de vie me colle à la peau depuis toujours. J’adore récupérer, réutiliser, faire des vide-greniers… Je suis dégoûtée de voir la durée de vie des objets que nous consommons sans arrêt et qui finissent dans les bennes des déchetteries. Je n’aurais pas pu me dire à l’adolescence « je vais devenir brocanteuse » car je ne m’imaginais pas ouvrir ma propre « boîte », mais je trouve que ça donne un sens supplémentaire à ma vie parce que c’est un bon service que je peux rendre aux gens.
Peut-on parler d’entreprise sociale et solidaire ? L’Eco Broc est plutôt une association de trois personnes, mon mari Jeremy Rey, une amie Gladys Augsburger et moi-même. J’aimerais qu’Eco Broc grandisse et se développe encore. C’est tout récemment que je parviens tout juste à me sortir un petit salaire. Donc on avance pas à pas ! Il est vrai que la période Covid a été un terrible coup d’arrêt pour nous et pour tant d’autres.
Nous vivons dans une société qui produit et donc gaspille intensément. Comment le vivez-vous concrètement ? Mal et ma vie en témoigne. Il n’y a pratiquement pas d’objets neufs dans ma maison. Il ne me viendrait pas à l’idée d’aller acheter un objet neuf, sans avoir fait d’abord un détour par un lieu où je pourrais le trouver d’occasion.
J’aimerais qu’une loi existe qui interdise de jeter les objets directement dans les bennes des déchetteries et qui incite plutôt les gens à passer d’abord par des lieux où les objets pourraient retrouver de nouveaux propriétaires…
Quelles valeurs défendez-vous ? Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur ? Disons que je ne supporte pas l’injustice, alors j’agis en conséquence. Je vois des maisons pleines à craquer d’objets que l’on doit débarrasser et, à côté, des personnes qui n’ont rien. Ce qui me tient à cœur, c’est de pouvoir équiper des familles en matériel de base très bon marché. En effet, la plupart des objets que j’offre à la vente coûte entre 1 et 50 francs. Je suis heureuse si je peux servir les gens comme ça.
Où trouver Cindy ?
Eco Broc, Pré-de-Foire 14 à Martigny Bourg ➤ Ouvert du lundi au jeudi de 13h-17h, vendredi de 13h-19h et samedi de 10h-17h ➤ 079 586 93 79 ou cindy@ecobroc.ch ➤ Découvrez la boutique en ligne : choisissez, réservez, payez directement sur www.ecobroc.ch
Le pape François a choisi le mot « humilité » pour qualifier Noël. Personnellement, j’ai choisi « belle collaboration. ». Après cette période bien compliquée du covid, nous avons apprécié de retrouver des assemblées bien présentes pour vivre ces célébrations de la nativité.
Par Marianne Berset Photos: André Bise
La veillée de Noël a débuté par la messe des familles à Aumont où de nombreux enfants ont mimé admirablement le récit de la naissance de Jésus. Même notre sacristain n’a pas hésité à être Joseph, 20 ans après avoir été lui-même l’Enfant Jésus en compagnie d’Alessia Pidoux. Cette année, il nous est venu de Nuvilly en la personne d’Eléonore Christinaz dans le foyer d’Aurélie et de Joël. Nous nous sommes aussi réjouis de la venue des flûtistes sous la direction de Marianne Bürgy et de celle de deux servants de Cugy avec leur responsable.
A Cugy, la messe de minuit a réuni les paroissiens pour célébrer cette naissance avec quelques grands servants de Montet et la présence du chœur qui se sont unis à ceux de Cugy.
Et à Nuvilly dans une église magnifiquement fleurie, nous avons célébré Celui qui s’est fait chair parmi nous.
Bravo et merci à chacun et chacune pour l’engagement magnifique qui a été déployé pour que cette fête de la Nativité puisse être pleinement vécue.
La superbe crèche d’Aumont
Photos: André Bise
Cette crèche circulaire, entièrement réalisée en bois, est l’œuvre de Gérard Ayer et Lulu Volery.
Cheyres : un beau moment de partage
Une alliance réussie : celle de la messe dominicale et la fenêtre de l’Avent, ce moment convivial fleurant bon la cannelle et les épices. C’est ce qu’a vécu la communauté paroissiale de Cheyres à l’occasion de la fenêtre de l’Avent du 17 décembre. Une animation chorale a accompagné ce Noël avancé, faute de messe de minuit le 24.
Le chœur mixte de Font-Châbles-Cheyres a donné une aubade fort appréciée avant la messe.
Par Claire Moullet | Photos: André Bise
Tandis que le chœur répète ses chants à la tribune, des mains expertes décorent et achalandent les tables déposées sur le parvis : biscuits divers, gâteaux alléchants, mandarines, sans oublier les lanternes, fidèles compagnes de Noël. Chut… du chœur de l’église, une nuée d’anges emmenés par l’archange Jacques, entonnent « le carillon de Noël. ». Les auditeurs, attentifs, accompagnent le chœur mixte de Font-Châbles-Cheyres « Dans une étable obscure », « Douce nuit », « La nuit de Noël », « Les anges dans nos campagnes » de leurs souvenirs émus ou de quelques paroles. Une préparation tout en douceur de la messe festive. La fenêtre restée ouverte dans la nuit noire et glaciale accueille le curé Darius, les paroissiens et les chanteurs pour un dernier verre du nectar de Noël bien chaud et les échanges de vœux.
Un moment de partage convivial a suivi la célébration.
Oser un Noël différent… en chantant aux Mouette
Vu le manque de prêtres, il n’est pas toujours possible d’avoir une messe de Noël dans chaque communauté de la paroisse. Le chœur mixte de Lully, dirigé par Sarah Fontaine, ne s’est pas laissé abattre par la nouvelle. Il a trouvé une solution pour partager sa joie de chanter en allant animer la messe de Noël au home des Mouettes.
Par Bernadette von Niederhäusern Photos: Georges Losey
Le matin du 24 décembre, Christian Moullet, l’aumônier, et quelques bénévoles ont organisé la mise en place des chaises et sont allés chercher les résidents dans leur chambre. Ainsi, tout était prêt pour que l’abbé Bernard Alassani puisse célébrer une messe riche en musique suivie de quelques chants. Les résidents ont beaucoup aimé cette prestation. La joie pouvait se lire sur les visages. Noël était présent dans les cœurs de toutes les personnes présentes ainsi que des chanteurs. Pour les remercier, un apéro fut servi. Vraiment Jésus est venu habiter toutes ces rencontres ! Bravo à tous !
Le chœur de Lully chantant la messe au home des Mouettes.Une belle participation à cette messe présidée par l’abbé Bernard.
Il y a solitude et solitude. Quand Jésus dit aux apôtres, de retour de mission : « Venez vous-mêmes à l’écart, dans un lieu désert et reposez-vous un peu » (Marc 6, 31), c’est d’un isolement bénéfique de ressourcement, auprès du Père, qu’il leur parle.
Car, aujourd’hui encore pour les agents pastoraux laïcs ou ordonnés, les sollicitations peuvent s’avérer si nombreuses qu’ils se sentent littéralement « mangés » et que, comme les disciples de l’époque, ils ne trouvent même plus le temps de s’asseoir pour partager le repas et de se reposer. Le risque de l’épuisement guette alors, avec l’impression de « brûler » toutes ses énergies apostoliques (le « burn-out »).
Le Fils de l’homme leur en donne lui-même l’exemple, puisqu’il n’hésite pas à se retirer en barque dans un espace à part (6, 32). Mais les foules le devancent, si bien qu’en débarquant, il voit une populace si nombreuse qu’il en a pitié et que, pris aux entrailles, il multiplie pour elle l’enseignement et les pains, tellement elle ressemble à un troupeau sans berger (6, 34).
D’ailleurs le Christ, après avoir rassasié et nourri la multitude et fait embarquer à nouveau les douze, s’isole à son tour et gravit la montagne pour y prier (6, 45-47). Sans des temps de face à face avec la Trinité Sainte, « des moments prolongés d’adoration, de rencontre priante avec la Parole, de dialogue sincère avec le Seigneur, affirme le pape François, les tâches [de l’évangélisation] se vident facilement de sens, nous nous affaiblissons à cause de la fatigue et des difficultés, et la ferveur s’éteint » (La joie de l’Evangile, no 262). Ne consacre-t-il pas lui-même une heure par jour à l’oraison ?
Ce dont par contre peuvent souffrir les agents pastoraux, c’est au contraire d’une mise de côté qui les prive des relations interpersonnelles indispensables pour leur équilibre personnel. Le ministère ne se tisse-t-il pas de partages missionnaires avec des groupes et des assemblées de toutes sortes et d’échanges profonds avec des ami(e)s, des confidents et un accompagnateur spirituel ?
Il s’agit donc de bien doser les réalités entre fréquentation intime de l’Esprit dans le secret de sa chambre et contacts vivifiants avec des personnes de confiance.
Avec Mother Teresa & Me, le cinéaste suisse-indien Kamal Musale conte deux parcours en miroir de femmes de conviction dans l’Inde d’hier et d’aujourd’hui. D’un côté, Kavita, jeune Britannique aux racines indiennes, est placée devant un choix difficile la ramenant à Calcutta où, bien que bouleversée face à la misère, elle trouve l’amour véritable. Puis, derrière le mythe, il y a Mère Teresa, la femme, aussi forte que fragile car livrée à « la nuit de la Foi », une perte de repères exprimée de manière déchirante.
PAR ANNE-LAURE MARTINETTI PHOTO: DR
De Mère Teresa il est vrai, on connaît surtout le mythe. Prix Nobel de la Paix en 1979, canonisée en 2016 par le pape François, son rayonnement dépasse les clivages religieux et culturels même si elle a aussi eu ses détracteurs. Sa figure incarne le don de soi, l’altruisme, l’amour inconditionnel. Légende vivante, elle a été maintes fois contée dans la littérature et au cinéma. Comment alors « s’attaquer » à un tel monument ? Je me suis beaucoup documenté, explique le réalisateur, et j’ai découvert un personnage plus complexe que souvent décrit. A un moment, j’ai perdu en sympathie et je m’en suis éloigné : j’ai alors eu besoin du personnage fictionnel de Kavita pour m’en rapprocher. Le résultat est un beau film, un très beau film. Le récit se concentre sur une période de 12 ans : du jour où Mère Teresa, de son vrai nom Anjezë Gonxhe Bojaxhiu née à Skopje en 1910, appelée par la voix de Jésus, débute son travail dans les bidonvilles de Calcutta en 1948 jusqu’à sa perte de Foi, gardée secrète hormis pour ses confesseurs. Si la Foi, l’Espérance et la Charité demeurent trois piliers du christianisme, ce qu’elle n’a pas perdu, déclara Mgr Lovey lors de la projection du 9 décembre dernier à Sion, c’est bien la Charité. Mais c’est là tout le drame de la sainte : notre charité ne suffit pas à sauver le monde. Désarroi, impuissance, sentiment d’abandon, elle se confiera dans des lettres qu’elle souhaitait voir détruites après sa mort, ce qui ne sera pas fait. Alors Mère Teresa n’était pas une inébranlable héroïne ? Non, elle avait ses doutes, ses fragilités mais ce qui est remarquable, commente Kamal Musale, c’est que malgré sa perte de Foi qui dure jusqu’à sa mort, malgré un terrible isolement intérieur, elle continue son travail auprès des misérables dans l’abnégation la plus totale.
Un dialogue en miroir – Si Mère Teresa souffre en silence, l’autre personnage du film, la jeune violoniste Kavita, submergée elle aussi par un sentiment d’abandon, exprime ouvertement sa révolte, les doutes et les conflits qui l’habitent. C’est à ce personnage que le spectateur s’identifie et en particulier les femmes qui occupent une place centrale dans le film alors que les hommes, lâches et égoïstes, sont relégués au second plan. Kavita représente la jeune génération en quête de sens. Dans ce dialogue en miroir, le thème de l’avortement est présent dans les deux destins : celui de la jeune fille, ébranlée pas une grossesse inattendue, abandonnée par le père, et celui de la sainte dont la position très dogmatique sur le sujet lui a valu de nombreuses attaques. Le film ne donne toutefois aucune leçon, aucune réponse. Kamal Musale expose uniquement la complexité des situations en fonction des ressentis, des parcours de vie.
Des couleurs et des mélodies – Filmée en grande partie en Inde dans le format d’une grande production, l’œuvre reconstitue admirablement l’atmosphère des années 50 alors que le pays est en proie à des troubles sociaux entraînant une terrible famine. Le film doit aussi beaucoup à la justesse de ton de ses interprètes et aux choix formels. Les couleurs, notamment, contribuent au rapprochement des deux femmes pourtant éloignées dans le temps et l’espace : Mère Teresa nous apparaît d’abord en noir et blanc et la jeune fille en couleurs puis, sur la fin, les tons se rejoignent dans des pastels pour lier les deux personnages de façon surprenante. Outre cette esthétique de l’image soignée, la musique tient une place de choix, accompagnant particulièrement Kavita.
Des recettes reversées à des organismes humanitaires – Fondée en 2010 à l’occasion du centenaire de la naissance de Mère Teresa, la Fondation Zariya a commandé le film à Kamale Musale qui d’emblée a souhaité une œuvre centrée sur la compassion. Le budget, conséquent, de quatre millions de francs, a été financé uniquement par des donations. Ainsi, les bénéfices iront directement à des ONG indiennes perpétuant le travail de la sainte de Calcutta. Le sens de la vie, de la souffrance et de la mort, ces préoccupations universelles sont au cœur de cette réalisation. Dans une scène, Kavita s’étonne devant l’autel de Deepali, sa nounou indienne, qui érige aussi bien des divinités hindouistes, bouddhistes, chrétiennes… Ne voulons-nous pas tous la même chose, musulmans, juifs, chrétiens… ? répond Deepali, l’amour.
Comédie dramatique de Kamal Musale (2022) avec Banita Sandhu, Jacqueline Fritschi-Cornaz, Deepti Naval, Bryan Lawrence (2h02). Version originale en anglais sous-titrée en mode « lecture facile ». www.mother-teresa-and-me.film avec bande-annonce. A découvrir dans les cinémas de Martigny fin janvier et courant février.
Le dossier du cahier romand de ce mois porte sur la solitude du prêtre. Nous avons demandé aux deux prêtres de notre équipe pastorale, l’abbé Darius et l’abbé Bernard, de nous livrer leurs témoignages.
Solitude ? Dieu protège !
Par l’abbé Darius, curé-modérateur Photo: DR
Une solitude cruelle peut rattraper chaque être humain sans exception. Cependant, être célibataire, seul, ne signifie pas forcément éprouver de la solitude.
Suis-je trop jeune (62 ans) pour ne pas avoir vécu cette douloureuse expérience ? Peut-être. Mais il y a sûrement d’autres éléments qui peuvent protéger de ce triste état d’âme.
En tant que prêtre, je ne suis pas marié, je n’ai pas fondé de famille pour mieux exercer une autre paternité et mission. Je suis marié à l’Eglise et mon premier compagnon de route est le Seigneur. Et même si je passe par des hauts et des bas dans ma vie spirituelle, c’est bien elle qui reste primordiale, assurant ma relation avec mon Maître : ami, guide et… protecteur contre la solitude.
La vie m’a appris qu’il y a peu de valeurs humaines qui puissent être autant importantes que l’amitié… J’ai des amis de longue date et des connaissances formidables sur qui je peux m’appuyer. Dieu soit béni ! Eux aussi m’empêchent de ressentir la solitude.
Un bon remède contre elle est sans doute le travail, la vie « professionnelle » pleine de maintes activités et contacts avec les gens. J’espère que la retraite (qui s’imposera un jour) ne m’enlèvera pas complètement ni la joie des liens avec les autres, ni la convivialité…
Et tous mes hobbys ? Ils me portent, me rendent bien vivant et passionné ! Je suis confiant qu’il n’y a pas d’âge pour suivre des compétitions sportives et s’en régaler.
Seigneur, aide-moi à ne pas subir la solitude !
Par l’abbé Bernard, prêtre auxiliaire Photo: André Bise
Le prêtre un homme ordinaire, avec ses faiblesses et ses forces. Il est associé au ministère sacerdotal de Jésus-Christ, le Grand Prêtre de la Nouvelle et Eternelle Alliance. Idéalement, il doit porter le souci du salut du genre humain. Cette fonction lui impose un certain renoncement (vœux de chasteté, pauvreté et obéissance) qui fait de lui un être mis part, qui malheureusement se trouve confronté à la vie de solitude. Vivre seul dans sa cure, loin de sa famille, de ses amis est quelque chose de difficile pour le prêtre mais il doit vivre ainsi, pour être totalement libre dans sa mission et pour répondre en serviteur du Christ aux besoins du peuple que Dieu lui a confié. Beaucoup peuvent se poser la question : comment fait le prêtre pour vivre sa solitude ? Est-il heureux ? En dehors de ses activités pastorales, comment se prend-il en charge pour sortir de cette solitude ? Chose difficile mais pas impossible.
En premier lieu, je peux affirmer que le prêtre n’est pas seul. Le Christ est avec lui comme Il est avec tout le monde. En dehors de cette présence invisible du Christ, la rencontre avec les paroissiens, les visites dans les familles pour un café ou un repas ou simplement discuter me font sortir de mes moments de solitude. En plus, je profite de mon temps libre pour faire de la marche et des activités sportives tout comme les autres ; la lecture de livres et des recherches font partie essentiellement de ma vie pour vaincre cette solitude. Des séries télé, des matchs de foot et d’autres émissions sont des moments importants pour moi pour sortir de la solitude.
Nous, prêtres, avons besoin des paroissiens et des paroissiennes, surtout les prêtres qui sont très loin de leur famille et de leur pays, pour vivre heureux et sortir de cette solitude. On a besoin d’être soutenu dans notre ministère.
«Le Professeur a découvert parmi les nombreux documents jaunis appartenant à son grand-père des textes énigmatiques de la légendaire Chope d’or aux pouvoirs magiques. Celle-ci serait introuvable depuis des centaines d’années. Aujourd’hui, pour seule trace de son existence, le journal du Professeur qui vous guidera dans votre quête».
Ce rallye composé d’énigmes autour de la bière vous emmènera à la découverte des secrets et histoires insolites de la vieille ville de Genève tout en dégustant des bières à l’aveugle !
Tous les samedis jusqu’au 20 mai 2023 au tarif de Fr. 40.– et à partir de 16 ans.
«Il est temps de revêtir votre imper d’espion pour pouvoir résoudre les énigmes et trouver le code pour désamorcer l’arme du Professeur Givré». Ce jeu de piste pour les enfants de 5 à 13 ans les emmènera au travers de la ville de Genève pour récolter des indices afin de sauver la ville… avant qu’il ne soit trop tard. A la clef: de délicieuses glaces artisanales conçues par des glaciers locaux.
Tous les samedis jusqu’au 29 avril 2023 au tarif de Fr. 12.– pour les enfants de 5 à 13 ans.
Plus d’informations sur les dates et pour les réservations sur:
La vie est mouvement, rien n’est stable ou immobile, «panta rhei» disaient les grecs, ce qui signifie : toutes les choses coulent et passent.
Ne luttez pas contre ce mouvement, au contraire saisissez ce changement comme une chance.
Face aux irruptions de l’inattendu dans nos vies, deux émotions nous touchent, d’une part nous nous réjouissons de la nouveauté et d’autre part, nous ressentons une certaine crainte.
On peut se bloquer ou être parfaitement à l’aise, souple et prêt à recevoir le mouvement que provoque cette nouveauté.
Les esprits chagrins diront: «On sait ce qu’on a, on ne sait pas ce qu’on aura ! »
Au contraire:
Oser découvrir la richesse d’un avenir nouveau, différent de celui que nous avions imaginé…
Oser espérer que le neuf sera ou deviendra aussi bon, sinon meilleur que le vieux.
Oser abandonner ce que l’on connait pour découvrir que « ce qui vient » est différent mais pas forcément mauvais… même si ce qui vient n’est pas ce que nous attendions !
Pour cela, il faut entrer dans une dynamique de renouveau qui ne nous laisse pas continuer avec nos rêves passés… il faut abandonner nos rêves pour vivre la réalité… il faut abandonner la réalité rêvée pour vivre la réalité telle qu’elle se présente à nous…
En nous, Dieu nous offre le renouveau par son Esprit Saint, c’est cette certitude qui permet d’aller au-delà des apparents échecs vers un renouveau… comme le dit le prophète Esaïe 40, 31 : « Ceux qui se confient en l’Eternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme l’aigle ; ils courent et ne se lassent point, ils marchent et ne se fatiguent point… »
L’été prochain, auront lieu les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) à Lisbonne (du 24 juillet au 8 août 2023). Le pape Francois s’y est inscrit en premier en novembre. Il attend les jeunes pour ce rassemblement international. Clémentine Délèze va y participer pour la première fois, tandis que Noémie Salgat a déjà vécu les JMJ de Cracovie. Elles nous partagent leurs motivations et leur projet.
PAR SANDRINE MAYORAZ | PHOTOS : DR
En été 2023, vous avez prévu de partir à Lisbonne pour les JMJ. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ? Noémie : C’est un rassemblement de jeunes suite à l’appel du Pape. C’est une occasion de partir avec des centaines de Suisses, pour rencontrer des milliers (ou millions) d’autres jeunes du monde. En principe, cela se passe sur deux semaines : la première nous sommes accueillis par des familles dans un diocèse du pays et nous rencontrons les jeunes du lieu, nous faisons des activités dans leur région. La deuxième semaine, le Pape nous invite tous dans une même ville – cette année Lisbonne.
A Lisbonne, qu’est-ce que cette ville vous inspire ? Clémentine : Je ne suis jamais partie au Portugal, je me réjouis de découvrir ce pays mais je pense que la destination a peu d’importance, j’y serais probablement allée de toute manière.
Et du coup, qu’est-ce qui vous motive à partir aux JMJ ? C. : Rencontrer de nouvelles personnes, faire des découvertes multiculturelles et aussi découvrir un nouveau pays ! N. : Depuis la fin des JMJ de Cracovie en 2016, j’attends les suivantes avec impatience ! Il faut dire que je n’ai pas pu participer aux dernières qui étaient à Panama en 2019. Avec le COVID, celles de Lisbonne ont été repoussées d’une année… Je crois que ce qui me motive le plus c’est de retrouver l’ambiance JMJ, la joie et les temps de prières si particuliers aux JMJ.
Peux-tu nous en dire plus sur l’ambiance des JMJ ? N. : A Cracovie, j’ai été marquée d’abord par le nombre de jeunes de Suisse et du monde entier qui sont croyants et qui sont venus aux JMJ ! Les moments de partages en petits groupes et les catéchèses (ça n’a pas l’air comme ça mais c’était vraiment bien) m’ont fait grandir dans la foi ! C’est unique de pouvoir vivre des célébrations avec des millions de jeunes : il y a des moments de chants et de joie incroyables et des moments de silence tout autant impressionnants.
Qu’est-ce que vous attendez de cette expérience ? C. : Des rencontres et du partage avec d’autres jeunes croyants ! Parfois, ma foi a tendance à passer au second plan dans ma vie, j’ai besoin de ces moments avec d’autres pour me donner un coup de « boost ». J’espère pouvoir approfondir ma foi et rapporter une foi forte pour m’accompagner dans mon quotidien. N. : Je me réjouis surtout de rencontrer de nouvelles personnes de mon diocèse mais aussi des moments de partages sur la foi et des célébrations avec le Pape. J’espère que ces JMJ seront l’occasion d’un nouvel élan pour ma foi et pour les groupes de jeunes de mon diocèse.
Nous vous remercions pour votre enthousiasme et nous nous réjouissons d’entendre vos récits à votre retour de Lisbonne !
Pour les jeunes de 16 à 30 ans. Les mineurs sont parrainés par un jeune adulte.
➤ Formule classique : du 24 juillet au 8 août (env. Fr. 1’000.–)
➤ Formule courte (en avion) : du 31 juillet au 6 août (env. Fr. 700.–)
➤ Formule sans transport : du 31 juillet au 6 août (env. Fr. 450.–)
Le prix ne doit pas être un frein pour vivre cette expérience : des actions qui permettront de financer une partie du voyage, seront organisées collectivement avec les inscrits.
Variantes possibles avec l’ajout d’une semaine à Lourdes avant, ou une semaine avec les DJP après.
Dons bienvenus pour que les paroisses aident les jeunes à financer.
• Contact pour nos secteurs : abbé Valentin Roduit 079 855 44 39
PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : CATHERINE ULRICH, SVIATOSLAV HORETSKYI
Ça y est, l’EP de La Seymaz a osé: de nouveaux horaires de messes pour l’UP. On a l’impression d’avoir jeté une bombe dans la placide région pastorale…
Mais il ne suffit pas de divaguer sur l’Evangile et sa radicalité, son appel à la conversion et son insistance sur la mission vers les autres, et ne rien changer aux habitudes (« ^ma messe dans mon église à mon horaire»)…
Notre évêque – oui, parce que ce changement intervient pour mettre en pratique les impulsions de notre berger ! – l’a dit et redit : « Si on veut chez nous une Eglise missionnaire, il est indispensable de montrer – en particulier le dimanche – de grandes communautés rassemblées pour des célébrations joyeuses. » (Lettre pastorale de 2015). La photo prise de la messe des familles à l’automne dernier à Chêne ne le démontre-t-il pas ?
A-t-il tort ? Ecrivez-le-lui ! A-t-il raison ? Démontrons-le et vivons, ad experimentum, ce petit déplacement géographique (de Presinge à Chêne, il n’y a que 9 kilomètres…) qui est avant tout intérieur. Car l’EP entend la colère, la déception et autres sentiments négatifs exprimés plus ou moins ouvertement, qui sont des symptômes – mais de quoi ? Notre évêque tente une réponse : « Dans une société où il est normal de faire des kilomètres pour aller faire ses courses, assister à une manifestation sportive ou culturelle, beaucoup semblent considérer comme normal de ne pas aller à l’église si la messe est célébrée dans le village voisin. […] Si recevoir Jésus-Christ ne vaut pas la peine d’un petit déplacement, c’est qu’il y a une crise de la foi. » (Lettre pastorale de 2013) De plus, tout cela est advenu lors de l’Avent qui est un temp de jachère, de désert, d’attente – et où des germes nouveaux poussent : l’Evangile ne peut pas nous mentir…
Et si ces changements ont conduit à de telles attitudes, alors on est vraiment en terre de mission : l’esprit d’Evangile peut y être (re)semé, afin de (re)donner sens à l’engagement de bénévoles et de salariés au nom du Christ, et convertir des réflexes de survivance muséale en un esprit de service de l’annonce de la Bonne Nouvelle…
Oui, plus que jamais, l’équipe pastorale va continuer d’accomplir sa mission : é-van-gé-li-ser. Selon le pape François, cela passe par des rencontres de tu à toi, et nécessite de s’enraciner dans la Parole de Dieu partagée, qui nous pousse vers nos malades, nos réfugiés, nos nouvelles familles arrivées dans le quartier, nos jeunes… Ce mouvement de sortie auquel nous exhorte le Pape depuis 10 ans qu’il est évêque de Rome !
L’Eglise est service, martèle François : comme notre confrère Sviatoslav, sa femme Justine et leurs ami.e.s de la communauté ukrainienne (cf. photo de droite) qui, semaine après semaine, collecte des biens, envoient des convois et reçoivent l’assurance que tout est bien arrivé… L’Eglise est service vers autrui.
L’eucharistie ne constitue pas l’Eglise (malgré ce que l’on entend dire souvent) ; preuve en est : lorsque l’horaire change, il n’y a plus personne ! Et c’était prévisible. Une question : quel que soit le nombre de messes célébrées ici ou là, qu’est-ce qui prime : faire partie d’une communauté coûte que coûte, ou satisfaire sa commodité personnelle qui prime sur sa pratique communautaire ? Ce n’est qu’une question… Mais l’évangélisation est à ses débuts sous nos latitudes…
PAR RÉMY DELALAY, CURÉ
PHOTOS : RÉMY DELALAY, VÉRONIQUE DENIS
Les mages sont des chercheurs infatigables et c’est la quête de la vérité qui les a rassemblés; c’est le désir de rencontrer Dieu qui les a projetés dans une grande aventure. Rien ne les a arrêtés: ni la disparition de l’étoile, ni l’humilité de Bethléem, ni la pauvreté de la Crèche. Heureux les hommes et les femmes qui aujourd’hui encore préfèrent continuer de chercher et d’espérer, d’aller toujours plus loin malgré tous les échecs et tous les obstacles de leur parcours. Ils ne sont pas loin de la lumière et l’étoile du Seigneur est avec eux, même s’ils ne la voient pas.
Les mages nous révèlent ainsi que tous les hommes peuvent accéder à la foi au travers des signes qu’ils reçoivent de Dieu. Il faut bien sûr les vérifier, mais il faut surtout en tirer les conséquences et agir en fonction des appels de Dieu. Comme eux, nous devons nous mettre en route quand Dieu nous fait signe. Le silence de Dieu est bien trop souvent issu du bavardage des hommes, de notre manie de toujours parler, de tout expliquer, de tout définir, de tout réglementer. On comprendrait mieux ce que Dieu essaie de nous dire avec patience, si on savait observer amoureusement les signes qu’il nous donne. Mais heureusement, Dieu sait attendre que l’homme se taise pour l’écouter et pouvoir enfin l’entendre, et c’est alors qu’il se manifeste distinctement.
Avec les mages, il nous faut refuser l’immobilité et l’oisiveté. La foi nous met en route vers les autres d’ici et la prière est un chemin vers les autres d’ailleurs. Le chrétien est ainsi un être mobile, généralement, à la mobilité douce et son frein à main n’est jamais enclenché. Alors, avec les mages, il nous faut souvent rentrer par un autre chemin. Il nous faut changer notre regard sur nous-mêmes et sur nos proches, changer de comportements envers telle personne, quitter notre canapé afin de rejoindre d’autres mages, de se mettre en route et enfin devenir Eglise.
La délégation des Dominicans for Justice and Peace [Dominicains pour la justice et la paix] auprès de l’ONU recherche des solutions pacifiques aux conflits, en s’attaquant aux causes profondes des défis contemporains, en travaillant pour changer les structures qui perpétuent l’injustice et portent atteinte à la dignité des enfants de Dieu, et en rendant justice aux personnes dont les droits ont été violés.
PAR MYRIAM BETTENS | PHOTO : UNOP
Dominicans for Justice and Peace (Ordre des Prêcheurs) a été créé en 1998 par la Commission Internationale Dominicaine pour Justice et Paix et approuvée par le Conseil Général de l’Ordre en tant que Délégation Permanente de l’Ordre auprès des Nations unies (ONU). Cette délégation, basée à Genève, a obtenu un statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC) en 2002.
La délégation se consacre en premier lieu à la promotion de la justice et de la paix dans le monde. Elle est présente dans plus de cent-vingt pays où les Dominicains s’impliquent dans de nombreux domaines liés à la justice et à la paix, tels que l’accaparement des terres, la pollution par les entreprises, les droits des indigènes, les enfants des rues, les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, la corruption, la prostitution, le trafic d’êtres humains, l’autonomisation des femmes, la démilitarisation, les questions environnementales et le développement durable. Les questions qui occupent les populations sont bien souvent en opposition avec les intérêts des gouvernements en place et ne peuvent être traitées efficacement que sur la scène internationale. La délégation est donc chargée de mettre en relation les partenaires locaux avec les décideurs sur la scène mondiale tout en défendant les intérêts des populations locales. La délégation joue un rôle unique aux Nations unies en veillant à ce que ces luttes locales restent au premier plan du discours mondial.
Grâce à son bureau de Genève et à ses représentations à Vienne et à Nairobi, Dominicans for Justice and Peace occupe un rôle actif au sein de divers organes des Nations Unies. La délégation a choisi de situer son bureau principal à Genève, cette ville étant à bien des égards encore l’épicentre des droits de l’homme et des affaires humanitaires dans le monde. Avec un bureau situé à deux pas de plusieurs bureaux de l’ONU, tels que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et le Haut-Commissariat aux réfugiés, la délégation est au cœur des débats et des négociations internationales sur les grandes questions contemporaines. L’antenne de Vienne travaille principalement avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), et plus particulièrement avec la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale (CCPCJ). La délégation se concentre sur un certain nombre de questions transversales telles que la traite des êtres humains, la réforme des prisons, la criminalité forestière et l’éducation à la justice. Quant au bureau de Nairobi, spécialisé dans les questions environnementales, il a obtenu le statut d’observateur à l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (AUE) du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), ce qui lui permet d’avoir une présence active dans les différentes sessions de l’AUE et de ses organes subsidiaires.
Le religieux qui parlait à l’oreille de l’ONU
Cette nouvelle série tentera de présenter quelques faith-based organisations (FBO) – organisations confessionnelles – actives à l’ONU. En effet, sur les quelque 4000 entités regroupées dans le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), l’ONU reconnaît formellement près de 400 de ces FBO qui ont approuvé ses valeurs fondamentales. De nombreux acteurs non étatiques, relevant du domaine de la justice et des droits humains, ont acquis une influence notoire à l’ONU pour les politiques de développement, que ce soit sur les sites new-yorkais ou genevois. Les FBO deviennent dès lors des interlocuteurs spécialisés, écoutés et actifs sur le terrain de la prévention ou de l’action humanitaire. De plus, compte tenu de leur expertise dans le domaine religieux, ils sont également écoutés par les gouvernements hautement préoccupés par la menace terroriste. En outre, l’Organisation de la Conférence Islamique et le Conseil Œcuménique des Eglises ont le statut d’observateur permanent à l’assemblée générale des Nations Unies. Le Vatican, quant à lui, a un statut à part d’Etat non membre.
La contorsion habituelle entre les principes des institutions et la réalité des faits est également présente dans nos «esprits de clocher». Je ne veux pas souligner ce que ce terme a de péjoratif, mais réfléchir à notre mobilité à tous, paroissiens, citoyens, voisins.
Eh oui, Saint-Joseph est la deuxième église en termes de passage, derrière la basilique Notre-Dame. Mais qui sont donc ces visiteur.euse.s ? Difficile de dessiner un profil précis autour de ces passant.e.s. Des origines aussi variées que Genève compte de nationalités : latinos, asiatiques, locaux, etc. Quant aux âges, il est étonnant de découvrir une certaine jeunesse qui n’est pas forcément présente lors de nos cérémonies : jeunes mamans, quadras dynamiques sont aussi des fidèles de passage.
Avec eux, la mobilité a fait son entrée dans la paroisse. Une grande majorité de ces visiteurs occasionnels travaillent dans le quartier, tout en habitant à l’autre bout du canton, voire plus loin. L’église proche de leur travail est donc également un lieu de recueillement qu’ils vont favoriser, utiliser. Aussi bien pour y déposer des peines que pour dire merci. Une nouvelle périphérie à laquelle nous n’avons pas encore pensé. Ces chrétiens qui ont fait de cette église leur paroisse de « travail » méritent également notre considération. Vous vous souvenez ? La parabole de la brebis égarée, de la perle perdue, de la pièce d’argent égarée… A chaque brebis, à chaque pièce d’argent est accordée la plus grande attention (cf. Lc 15).
Ce qui pose une nouvelle question : faut-il lier la présence d’un curé à l’ouverture d’une église ou vice-versa ? Certes toutes nos églises ne sont pas situées hors zone de passage. Mais qu’en est-il du statut de Notre-Dame de Cornavin, de Saint-Joseph et de quelques autres ? Faudra-il les réduire au silence lorsque l’absence de prêtres se fera encore plus douloureuse ? Sinon comment gérer et par qui le bâtiment, son équipement liturgique, ses facilités (chauffage, éclairage, etc.) ? Deviendront-elles des discothèques comme l’a déjà laissé entendre une fameuse campagne publicitaire ?
Toutes ces questions nécessitent une réflexion que nous avons entamée déjà aujourd’hui… Gouverner, c’est également prévoir, pour s’en donner les moyens. UP sans curé, mais avec un seul conseil, professionnels ou bénévoles, tout cela fait partie d’un « comment » dont nous aurons bientôt besoin.
PAR DAVID CAJEUX, SÉMINARISTE
PHOTO: PHILIPE D’ANDRÈS
Nous nous déplaçons beaucoup plus qu’autrefois, que ce soit pour le travail, les loisirs ou simplement pour faire les courses. C’est aussi vrai en ce qui concerne la pratique dominicale, particulièrement pour la nouvelle génération qui, bien consciente de ramer à contre-courant de l’esprit du monde en s’ancrant dans le Christ, a un besoin vital d’être correctement nourrie et fortifiée par une liturgie belle et soignée, quitte à faire des kilomètres pour cela. Un croyant qui cherche à vivre pleinement sa foi se trouvera en difficulté, et souvent bien seul de sa génération, pour trouver des réponses dans sa paroisse de domicile. « Un chrétien isolé est un chrétien en danger » alertait le pape François. Qu’il est facile pour un jeune de se laisser engloutir dans cette société liquide avant de trouver le Rocher solide sur lequel se construire ! Dieu merci, il existe moult initiatives, évènements et autres associations de fidèles qui conduisent sûrement au Christ et à son imitation.
Pour ma part, c’est la Garde Suisse au service du pape François qui m’a fait découvrir l’Eglise et c’est le mouvement des Scouts d’Europe qui m’a aidé à répondre à l’appel universel à la sainteté ! Le Salut des âmes doit demeurer la priorité absolue de tous les catholiques, prêtres et laïcs, au-delà de tout esprit de clocher. Ceux qui auront pu ainsi bâtir leur vie sur le Roc seront d’autant plus de témoins et de ressources précieuses pour leur paroisse respective.
S’il est urgent d’avoir une vision commune plus large que celle de son clocher, il est tout autant nécessaire de ne pas devenir une sorte de fin gourmet paroissial en constante recherche de l’église qui correspondra le mieux à ses affinités propres. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les paroisses sont fondées sur une unité de lieu et non d’affinités, et de ce fait rassemblent des gens de milieux et de mentalités fort différents pour former un tout aussi divers et varié que les membres composant le corps humain dont le Christ est la tête.
Alors que nous soyons fidèles à notre paroisse ou que nous fassions des kilomètres pour trouver celle qui nous aidera davantage à vivre en enfant de Dieu, souvenons-nous que nous sommes tous des pèlerins, des étrangers de passage, en marche vers Jésus-Christ notre Seigneur. Et c’est bien ce que le mot « paroisse » signifie ! Alors bon cheminement vers, sur et avec Le Chemin, Jésus-Christ, et bonne année pleine de bénédictions !
Aujourd’hui encore, de jeunes adultes cheminent en recherche du Christ, de sens, d’une parole, d’un défi intellectuel et spirituel. Et approchent un prêtre, une collègue, un ou une catéchiste pour demander baptême, communion et / ou confirmation. On les appelle des catéchumènes.
A St-Jo’, ils se prénomment Anabella, Malin, Véronique, Pierrick, Rémy, Manuel et Emile. Courant 2022-2023, je les accompagne, ils se sont rencontré.e.s et ont échangé sur leurs vies. Au programme : un samedi matin d’octobre, lors d’une réunion en petit comité dans ma cuisine, la question « Eglise » leur a été posée, et, voici, pêle-mêle, les mots qui leur viennent à l’esprit : Recueillement, méditation, recentrement, beauté, patrimoine, bien commun, évocation, sérénité, musique, chant, prière, communauté, message, Christ…
En novembre, une balade dans la Genève œcuménique leur a été proposée. En décembre, rencontre avec une adulte récemment baptisée-communiée-confirmée, Anne-Lise.
Cheminer dans la foi aujourd’hui quand on est un « jeune cadre dynamique » consiste à prendre du temps pour soi, et oser la rencontre d’inconnu.e.s… dans le fond pas si différent.e.s. A St-Jo’, on adapte les rencontres à leur rythme de vie, et on combine « temps personnels » avec « temps en groupe », réflexions intellectuelles et partages plus intimes, découvertes in situ ou balade en ville… et ils et elles choisissent de venir à une messe, à la messe, à des messes. Leur lecture personnelle d’un Evangile en entier les met en route dès le début sur des sentiers variés. Mais toujours main dans la main avec Celui qui les appelle. Et puis il y a la (re)découverte du service gratuit, la diaconie : pousser les lits à l’hôpital ou donner un coup de main pour une activité paroissiale, selon agenda.
Priez pour elles, pour eux, que vous rencontrez, peut-être, lors de leur baptême, confirmation ou première des communions à St-Jo’…
INFO : on peut recevoir baptême, première communion et confirmation à tout âge, et surtout par conviction. Aujourd’hui, le Christ se choisit, Lui qui nous a déjà choisi.e.s. ! Si intéressé.e, contactez-moi !
Au gré des fusions de paroisses et de la formation d’équipes pastorales, le mouvement est clair : regrouper pour faire moins mais mieux et ensemble. D’aucuns se plaignent : on n’a plus de messe dans notre église paroissiale… Immobilisme d’une part des fidèles dans une ère d’extrême mobilité. Etrange paradoxe, non ?
PAR THIERRY SCHELLING PHOTOS : PXHERE, DR
« Je n’ai plus la messe dans l’église de mon enfance… Je dois aller dans celle d’à côté, vous rendez-vous compte ? » Et quand on demande à Janine où cette église se trouve, elle explique : « A 750 mètres, j’ai compté, vous savez ! » Certes…
Au vu de la diminution des prêtres 1 et du regroupement des paroisses en Unités ou Secteurs, une part des fidèles est déboussolée. « Le mieux est l’ennemi du bien », me lance Robert, fringant octogénaire qui marche avec une canne – mais conduit une superbe Tesla –, « car désormais je dois me déplacer pour la messe du samedi soir et trouver une place de parc dans ce quartier densément habité. Je dois donc partir plus tôt si je veux y arriver. » Certes…
Mobilité douce
Etrange, donc, que l’on soit mal à l’aise avec cette politique pastorale du « moins dispersé » pour un « mieux célébrer ». Car, dans la vie contemporaine, tout pousse au déplacement et au regroupement : loisirs, vacances, grandes surfaces, restaurants, lieux de culture (cinéma, théâtre, opéra…) ; visites à ses proches en EMS ou dans un autre canton où logent les petits-enfants… quand ils ne sont pas partis vivre à l’étranger ; la poste, le guichet de banque et tant d’autres commodités de la vie dite moderne se trouvent rarement au pied de mon immeuble ou au coin de la rue de mon quartier résidentiel. Sans parler des arrêts de bus, ou des gares… La liste de toutes ces raisons de se déplacer pour sa vie quotidienne est longue… Et on s’y est fait !
Mais pour la messe ? Quand on annonce qu’à cause du petit nombre de participants à une messe, on va regrouper plus de monde dans des endroits accessibles, on entend des geignements… « Je ne connais pas ces gens », me confie Claire, quinquagénaire, qui regrette de ne plus avoir « sa messe du jeudi soir »… Quand on lui propose la même célébration à trois arrêts de tram, elle fait non de la tête : « L’église est glauque là-bas. »
Vraiment une question d’horaire ?
Cette attitude plutôt fermée ne traduit-elle pas une sorte de « messe-addiction » si j’ose dire, dénaturée de sa dimension « rassemblement communautaire » au profit de « mon petit plaisir personnel » (horaire, lieu, prêtre) ?
La messe est le sommet de la célébration de notre foi 2, mais à quel prix : fait-on l’amour tous les soirs de la semaine ? Non, on cadence cet apex avec d’autres formes d’expression de notre affection ; ne peut-il pas en être de même avec la foi ?
Car, depuis le Concile Vatican II, les formes de célébration de la Parole et de l’eucharistie ont été diversifiées et la Bible rendue aux fidèles, pour ainsi dire : langue vernaculaire, études des textes pour tous, versions 2.0, mangas et autres supports modernes. Mais se la sont-ils appropriée vraiment ? Où se trouve le manque, en vérité ?
Messe, mission…
Mgr Charles Morerod, dans sa Lettre de Carême de 2013, constatait : « Dans une société où il est normal de faire des kilomètres pour aller faire ses courses ou pour aller assister à une manifestation sportive ou culturelle, beaucoup semblent considérer comme normal de ne pas aller à l’église si la messe est célébrée dans le village voisin ou la paroisse voisine. »
Et de renchérir dans sa Lettre de Carême de 2015 : « Si recevoir Jésus-Christ ne vaut pas la peine d’un petit déplacement, c’est qu’il y a une crise de la foi » avant d’accuser la flemmardise des prêtres. « Si on veut chez nous une Eglise missionnaire, il est indispensable de montrer – en particulier le dimanche – de grandes communautés rassemblées pour des célébrations joyeuses […] [car] il faut aussi que l’on puisse percevoir une communauté heureuse de célébrer une belle liturgie. »
Il invite, là où il n’y a pas la messe chaque dimanche, à « continuer [à célébrer] au travers d’autres rencontres » ; le pape François parle d’une « créativité missionnaire » des paroisses (cf. Evangelii gaudium, no 28). Mais ose-t-on vraiment ?
Inertie
« Célébrer devant cinq personnes qui se tassent au fond de l’église, un dimanche d’hiver, est déprimant, confie un prêtre à la retraite. Surtout que je vais dire deux autres messes dans deux autres églises de l’Unité pastorale après ! Pour le même petit nombre. » Mais impossible de les faire se déplacer pour les regrouper.
L’actuel recteur de la basilique Notre-Dame à Genève, Pascal Desthieux, raconte volontiers, alors qu’il était curé de Romont et environs, son effarement lorsque, pour cause de travaux, une église ayant dû être fermée, les fidèles se sont « évanouis » pendant la restauration, pour réapparaître dès l’ouverture des portes de leur édifice renouvelé… sans n’avoir jamais fréquenté l’église voisine pour la messe dominicale ! Interloquant.
Mieux ensemble
L’Eglise, du grec ekklesia, est d’abord un rassemblement de personnes d’âges, d’origines, de cultures, de conditions sociales et économique différents. Pour que ce « Peuple de Dieu » soit plus kath’olikos, c’est-à-dire universel en français. Or, peu d’instances sociétales (l’école ?) le font. Ce n’est donc pas une mode, c’est un fondement de l’ecclésiologie (théologie de l’Eglise) : regrouper afin de faire corps, pour célébrer le Seigneur, écouter sa Parole, communier à sa présence et être envoyé.e en mission ad gentes, vers les autres, pour témoigner.
Dehors !
« Sortir ! », clamait le pape François et les jeunes, il les exhortait à se lever de leur sofa pour parcourir le monde ! Sortir de ses murs, de ses habitudes, du « on a toujours fait ainsi ici », pour rencontrer, missionner, servir. Oser témoigner dans une société où nous, chrétiennes et chrétiens, ne sommes plus ni les premiers à créer de la culture, du lien, ni même sollicités pour le faire comme au temps de Don Camillo ! Et cela requiert d’être plus uni.e.s : « C’était magnifique, cette confirmation à l’heure de la messe paroissiale, me confie Hélène. Ça fait chaud au cœur d’être plus nombreux, autour de ces jeunes ! Je repars requinquée ! » Tout est dit !
1 En revanche les laïques et les laïcs engagés par le diocèse LGF augmentent. Comme quoi, Dieu répond aux prières pour les vocations ! 2 Même si je pense que l’Evangile, lui, parle plutôt de l’amour du prochain comme le « sommet de notre foi »…
Les fidèles se déplacent en masse pour des évènements hors des frontières mais peinent à se rendre à l’église d’à côté pour la messe.
Avec un peu de bonne volonté, l’église voisine se rejoint pourtant facilement.
Les pèlerins suivent l’appel du Pape à parcourir le monde.
Nouvelle année ! Un nouveau chapitre, un nouveau couplet… ou simplement la même vieille histoire ? Le choix nous appartient ! Dans les magazines, sur le Web, partout, on nous suggère de nouveaux défis. C’est peut-être le moment d’envisager un changement, de prendre de bonnes résolutions et de les tenir.
PAR NICOLETTE MICHELI | PHOTO : PXHERE
« Moi, je ne prends plus de résolutions ! De toute façon, je ne les tiens pas ! » déclare ma voisine d’un ton assuré et définitif. Je sens que rien ne pourra ébranler sa décision… mais j’essaie : « Si tu ne les tiens pas, c’est peut-être que tu n’as pas pris les bonnes ? »
Faire le bon choix
En effet, une résolution est bonne si elle nous apporte du mieux-être et nous fait avancer dans la bonne direction. Il suffit d’en choisir une seule pour commencer ! Une action simple et précise, à répéter sans trop bouleverser le quotidien. Mettre cet objectif par écrit, sur un papier placé bien en vue, ou le taper sur son téléphone : voilà un moyen concret et efficace, paraît-il, pour consolider sa motivation.
Avancer lentement mais sûrement
« D’accord, mais comment s’y prendre pour tenir sur la durée ? » Y aller à petits pas : viser de petits changements à réaliser dans un laps de temps assez court. Faire le point avant de repartir avec un objectif un peu plus ambitieux et fixer à chaque fois une échéance… les grandes fêtes, par exemple : tenir jusqu’au Carême… Pâques… Ascension… A chaque étape, se féliciter et, pourquoi pas, s’accorder une récompense ? Progresser ainsi, avec persévérance, pour atteindre l’objectif final. Oublier le « Tout, tout de suite » qui nous guette sans cesse et risque de nous décourager à la première difficulté. Il faut du temps pour changer ses vieilles routines et prendre de nouvelles habitudes ! Mais quelle satisfaction quand, étape après étape, on a réussi à s’améliorer. Et quelle joie quand cela nous permet une meilleure ouverture aux autres !
Un coach exceptionnel
Finalement, prendre une bonne résolution c’est se donner un rendez-vous avec soi-même pour réaliser une action concrète, dans un temps défini, afin d’améliorer sa vie au quotidien. L’on peut solliciter de l’aide autour de soi. On peut aussi demander le soutien d’un coach exceptionnel, pour lui confier ses progrès et ses difficultés. Qui, mieux que Jésus, peut nous accompagner dans cette aventure, lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie ? Suivons-le dans la joie !
Vivre et laisser vivre. Se donner aux autres Se mouvoir avec bienveillance et humilité Jouer avec les enfants Passer ses dimanches en famille Aider les jeunes à trouver un emploi Prendre soin de la création Oublier rapidement le négatif Respecter ceux qui pensent différemment Rechercher activement la paix (Pape François)
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