L’année des grands travaux paroissiaux

La dernière assemblée paroissiale, tenue le 7 décembre à Estavayer, a été pour le moins particulière. Outre l’adoption du budget de fonctionnement pour 2023, l’assemblée a surtout avalisé et, fait rare, à l’unanimité, des crédits d’investissement pour près de 2 millions de francs pour conduire sept chantiers. Du coup, 2023 sera l’année des grands travaux paroissiaux!

PAR CLAUDE JENNY
PHOTOS: GEORGES LOSEY

Faire voter des crédits d’un tel volume n’était pas gagné d’avance. C’est dire que le Conseil de paroisse avait mijoté des présentations solides et détaillées, avec moult photos et plans à l’appui. Et la présentation magistrale d’Alexandre Duc, président de paroisse, a fait que les sept crédits ont été votés… sans la moindre question ou objection. Du jamais vu !

Détaillons succinctement les sept chantiers qui seront conduits cette année :

• Rénovation de la cure de Cugy : désormais inoccupée, cette bâtisse protégée a besoin d’un sérieux lifting intérieur pour la mettre aux standards d’aujourd’hui et permettre à l’abbé Darius de l’occuper dans le courant de cette année (montant du crédit voté : Fr. 390’000.–) ;

• Porche de la collégiale d’Estavayer : des travaux s’avèrent nécessaires pour assurer une stabilisation de cette partie de l’édifice (montant du crédit voté : Fr. 83’000.–) ;

• Rénovation à l’église de Rueyres-les-Prés : des travaux de diverses natures sont nécessaires afin de poursuivre la rénovation de ce lieu de culte : sécurisation de la voûte, peinture, etc. (montant du crédit voté : Fr. 175’000.–) ;

• Rénovation de la cure de Forel : ce bâtiment, qui abrite la salle paroissiale mais également un appartement loué à des tiers, a besoin d’une rénovation quasi complète (toiture, fenêtres, équipements ménagers, etc.). Cette rénovation a été largement discutée, a relevé le président de la commission financière qui y a finalement souscrit (montant du crédit voté : Fr. 730’000.–) ;

• Drainage et création sanitaire à l’église de Lully : des infiltrations d’eau rendent certains travaux de drainage nécessaires. Un WC à la sacristie sera également aménagé (montant du crédit voté : Fr. 100’000.–) ;

• Entretien de l’église de Nuvilly : les intempéries ont fait apparaître de gros problèmes à la toiture, au clocher, aux façades. De gros travaux s’avèrent nécessaires (montant du crédit voté : Fr. 425’000.–) ;

• Goudronnage d’un chemin du cimetière de Cugy : ce cimetière est encore géré par la paroisse qui souhaite mettre ce chemin en état avant d’entamer des négociations avec la commune pour qu’elle en reprenne ce fonds, comme c’est le cas de tous les autres cimetières sur le territoire de la paroisse. Celui de Vuissens sera repris par la commune d’Estavayer (montant du crédit voté : Fr. 43’000.–).

Des travaux couverts
Des travaux pour un montant total de 1,946 million. Un montant effectivement élevé, a reconnu le président, mais qui résulte de la promesse faite au moment de la fusion de suivre les dossiers en cours. Pour l’avenir, le Conseil de paroisse soumettra un plan d’investissements pour les travaux futurs.

A relever que le financement de l’ensemble de ces travaux est couvert par les liquidités de la paroisse, qui n’a donc pas à recourir à l’emprunt. Le président a aussi donné la garantie que la presque totalité de ces travaux seront confiés à des entreprises de la région, ce qui représente aussi un joli coup de pouce à l’économie locale.

Un budget 2023 équilibré

Le budget de fonctionnement de la paroisse pour cette année a également été accepté à l’unanimité de l’assemblée. Il s’établit à presque 3 millions (2,989 millions). Charges et produits sont équilibrés. Il ne présente pas de grandes différences par rapport aux postes du budget 2022 et atteste de la très bonne santé financière de la paroisse et d’un solide matelas de liquidités pour financer les chantiers actuels et futurs.

L’abbé Darius serait-il en train d’hypnotiser l’assemblée ? Que nenni, il est intervenu pour adresser un message une fois tous les votes
sous toit !

Dimanche des laïcs

PAR BERNARD SONNEY, VICAIRE GÉNÉRAL DU DIOCÈSE LGF | PHOTO: CRAL

5 février 2023 – Des baptisés en mouvement(s)

Le sens de « la journée de l’apostolat des laïcs », c’est d’être un point de repère. Il nous rappelle le chemin parcouru et l’engagement progressif de tous les baptisés dans des activités pastorales autrefois dévolues aux prêtres et aux consacrés. La démarche synodale actuelle appelle tous les baptisés à être à l’écoute de l’Esprit Saint et de nos frères et sœurs. « Rien de neuf », direz-vous peut-être ! Oui ou non ! Tout dépend de notre foi et du chemin que nous sommes prêts à parcourir. Les laïcs actifs dans les mouvements qui composent la « Communauté romande de l’apostolat des laïcs » (CRAL) et les laïcs à l’œuvre dans les multiples registres de la vie de l’Eglise sont tous appelés à redécouvrir leur véritable identité de baptisés et à en vivre réellement.

Le chœur mixte d’Estavayer a choisi son nouveau chef

Jean-Louis Raemy, nouveau directeur du chœur mixte Saint-Laurent Estavayer.

Lorsqu’un chœur doit choisir celui ou celle qui succédera à son chef en place depuis 30 ans, ce n’est pas tâche aisée! Le chœur mixte d’Estavayer a dû se livrer à cet exercice en décembre dernier. Il a choisi un chef chevronné, Jean-Louis Raemy, pour succéder à Jean-Pierre Chollet, qui se retirera l’été prochain.

PAR CLAUDE JENNY 
PHOTOS: LDD, GEORGES LOSEY

La sélection s’est faite d’abord sur dossiers et trois candidats ont été retenus : deux hommes et une femme. Les trois ont été conviés à conduire une répétition avec travail d’une partition. Et ensuite, le choix s’est opéré de manière démocratique : « chaque chanteuse et chanteur ainsi que l’organiste ont voté et le choix s’est porté de manière nette en faveur de M. Raemy. Presque un plébiscite ! » relate Maurice Bourqui, président, heureux que le chœur d’Estavayer puisse à l’avenir travailler avec un chef qui affiche une jolie pointure.

Le futur nouveau chef, qui entrera en fonction avec la nouvelle année pastorale, à la fin de l’été, n’est pas un inconnu ! Bardé de diplômes dans le domaine de la musique, il a surtout – à 45 ans – une grande expérience de la direction chorale. Il a déjà dirigé plusieurs chœurs d’Eglise à Autigny-Chénens, Villaz-Saint-Pierre, Billens, etc. Il dirige présentement trois chorales : une d’Eglise – le Cecilienchor von Tafers (chœur mixte de la paroisse de Tavel) – et deux profanes : l’ensemble vocal « la Rose des Vents » et le chœur d’enfants « Les Tournesols ». En parallèle à ses activités chorales, Jean-Louis Raemy est enseignant au CO du Giboux. Il habite Billens, est marié et père de 2 enfants.

Adepte du chant sacré

Jean-Louis Raemy se dit ravi d’avoir été sélectionné : « Je me réjouis de travailler avec ce chœur car on sent tout de suite de belles potentialités, et une envie de travailler des pièces sacrées pour leur donner un rendu de qualité » note le futur directeur, qui affectionne le chant sacré et les belles célébrations. Il se dit aussi ouvert aux contacts avec les autres chorales, voire à l’organisation de manifestations en commun. Toutes les chorales de la région se retrouveront d’ailleurs en novembre à Cugy, pour les Céciliennes. Un rassemblement qu’il affectionne, ayant fonctionné dans le passé comme responsable choral dans un autre décanat.

Le choix des chanteurs et chanteuses, auquel a été associé l’organiste, devrait donc apporter un vent nouveau au chœur mixte de la collégiale tout en assurant une continuité et en évitant de déstabiliser un ensemble qui n’a connu qu’un seul chef ces trente dernières années !

Dernière minute : l’actuel directeur en arrêt maladie

Au moment de boucler ce journal, nous apprenons que l’actuel directeur, Jean-Pierre Chollet, directeur jusqu’à fin août prochain, ne peut présentement pas diriger pour raison médicale. Imprévu qui oblige les responsables du chœur mixte à trouver momentanément des solutions de dépannage. Il se pourrait donc que le nouveau directeur entre en fonction, au moins partiellement, avant la date prévue du 1er septembre.

De g. à d., Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse, Jean-Louis Raemy, nouveau directeur du chœur mixte, Maurice Bourqui, président du chœur mixte et Philippe Marchello, organiste titulaire de la Collégiale d’Estavayer.

Entrons en Carême avec la Campagne œcuménique 2023

PHOTO: EPER, KRISTIN BETHGE

Thème choisi : manger équitable pour les autres et pour la planète.

Si nous sommes ce que nous mangeons, cela ne dépend pas uniquement du choix entre une pomme ou un burger. La provenance des aliments que nous consommons et la façon dont ils ont été cultivés et produits déterminent elles aussi qui nous sommes ainsi que notre rapport à la Terre.

Nos systèmes alimentaires sont à l’origine de plus d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi à l’intensification des événements climatiques extrêmes tels que les sécheresses, les fortes précipitations ou les ouragans. Ces phénomènes mettent en péril la production de denrées alimentaires et menacent directement le droit à l’alimentation de millions de personnes. Nous sommes toutes et tous responsables du monde d’aujourd’hui et de demain. Un changement doit s’opérer rapidement : une agriculture plus respectueuse des ressources et de l’environnement et une consommation locale et saisonnière peuvent participer à améliorer le bilan carbone de notre production alimentaire.

Pour aller plus loin : www.voir-et-agir.ch

Voix du Sud

Diary Ratsimanarihaja, hôte de la Campagne œcuménique

Photo : Andriamparany Rasamimanana / Portrait : Karen Andrianirina

Née à Antananarivo, la capitale de Madagascar, Diary Ratsimanarihaja s’intéresse au domaine agricole dès sa jeunesse et poursuit des études pour devenir ingénieure agronome. Un choix pertinent dans un pays où 80 % de la population dépend de l’agriculture. Elle se spécialise ensuite en agroéconomie et obtient un diplôme en Politique et pratique du développement à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID).

Aujourd’hui, elle est membre de la coordination d’Action de Carême à Madagascar. En tant que responsable des thématiques agroécologie et changements climatiques, elle met son savoir et son énergie au service des populations locales dans le but de renforcer leur sécurité alimentaire et leur autonomie financière face au dérèglement climatique.

Bien que Madagascar soit l’un des pays les plus exposés aux cyclones – qui deviennent de plus en plus fréquents et puissants et entraînent de graves inondations –, le sud de Madagascar souffre paradoxalement d’une grande sécheresse.

Au-delà des différentes aides d’urgence, Diary insiste sur la nécessité d’apporter des solutions durables pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition. L’agroécologie propose diverses techniques aux paysans et paysannes qui permettent d’augmenter la production et la qualité de la nourriture ainsi que les revenus. Nous aurons le plaisir d’accueillir Diary Ratsimanarihaja en Suisse du 9 au 26 mars 2023.

Les divers canaux de formation des employés de l’Eglise

Dans notre édition de décembre 2022, nous vous avons présenté les membres qui composent l’équipe pastorale de notre paroisse. Tous n’ont pas la même formation. Tous n’ont pas les mêmes tâches ! Il est vrai néanmoins que, pour travailler professionnellement en Eglise, les prêtres ne sont pas les seuls à disposer d’une formation poussée. Tous les laïcs et laïques, qu’ils / elles soient animateur pastoral, auxiliaire pastoral, catéchiste, etc., ont suivi une formation ou sont en cours de formation. Les voies sont multiples et diverses. Nous publions dans cette double page une infographie qui apporte un éclairage sur les chemins – académiques, de base, duals – que peuvent suivre nos agents pastoraux. Et nous vous disons aussi quelle est la formation de chacun des membres de notre équipe pastorale. (cjy)

Infographie : Service de la communication de l’église catholique fribourgeoise

Concrètement, chez nous…

Par Gérard Dévaud

Parmi les nombreux laïcs engagés dans notre paroisse, il y a des personnes issues des différentes formations mentionnées sur le tableau ci-contre. En voici un bref aperçu :

• Marianne Berset et Gérard Dévaud ont suivi l’IFM (actuellement la FAP) et sont ainsi appelés « animateurs pastoraux ». Ils font partie de l’équipe pastorale et peuvent assumer toutes sortes de charges pastorales, hormis les sacrements ;

• Rachel Jeanmonod termine actuellement sa formation à la FAP et recevra son diplôme « d’animatrice pastorale ». Elle est déjà membre de l’équipe pastorale.

• Mireille Duc et Nicole Monnard ont suivi la formation Emmaüs. Elles sont ainsi appelées « auxiliaires en pastorale » et, de ce fait, peuvent être membres de l’équipe pastorale. Elles assument certaines responsabilités liées à leur formation et à leurs expériences.

• Cette année, nous pouvons aussi compter sur la collaboration de Jean-Pierre Cantin, diacre. Celui-ci, bien que laïc, a été ordonné comme diacre. Il peut donc célébrer certains sacrements : le baptême et le mariage. Au vu de son petit pourcentage dans notre paroisse (25% pour la confirmation), il n’est pas membre de l’équipe pastorale.

De plus, nous avons la chance d’avoir une personne qui suit la formation CPP (Certificat de pratique pastorale) : il s’agit de Barbara Bargiel qui se forme dans le domaine de la catéchèse. Notons que nous pouvons encore compter sur plusieurs personnes engagées, entre autres dans le domaine de la catéchèse, qui se sont formées au Parcours Galilée.

Fête des couples jubilaires

PAR FABIENNE SEYDOUX | PHOTOS: DR

A Martigny, comme à Bovernier, la fête de l’Immaculée Conception est jour de fête pour les couples jubilaires. Ainsi, au cours de la célébration, chaque couple a non seulement été béni, mais a également reçu un petit présent confectionné par des enfants lors d’un atelier de catéchèse. Puis ils ont été invités à une raclette, afin de passer un bon moment de partage dans une ambiance très conviviale. Une équipe de choc, constituée de membres du conseil de communauté de Martigny, était à leurs petits soins. Que tous les couples qui seront jubilaires l’année prochaine réservent la date de l’Immaculée Conception 2023 ! L’appel est lancé !

Nouvelle rubrique : « La Bible au quotidien »

PAR L’ABBÉ DARIUS, CURÉ-MODÉRATEUR
PHOTO: DR

«Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis: Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal […]
Vous avez appris qu’il a été dit: Œil pour œil, et dent pour dent.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre […]
Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. » (Matthieu 5, 21-22. 38-39. 43-44).

Je passe avec Jésus à une nouveauté radicale

Il me passionne car il se comporte comme Dieu. Il se présente comme Fils du Très-Haut et comme tel, il m’interpelle. Il m’appelle à une mission – toujours nouvelle…

Une collègue de la rédaction de notre périodique Essentiel propose cette nouvelle rubrique biblique. Par ce texte, j’accomplis la tâche de montrer, comment cet « océan » qu’est la Bible me nourrit.

Aujourd’hui, je choisis le passage de l’évangile selon saint Matthieu qui m’impressionne énormément.

Vous avez appris, entendu ; on vous a présenté un enseignement de Dieu lui-même… mais moi, je vous dis… Qui peut parler ainsi ? N’est-ce pas un fou ou… un Dieu. Oui, c’est le Dieu-Emmanuel qui montre le vrai sens de ces anciennes instructions divines.

Le Christ est venu accomplir la Loi du Père, la conduire à sa perfection, lui donner un sens profond. Ce sens nouveau, c’est l’amour.

Ma justice se vérifie-t-elle simplement dans le fait que je n’ai pas tué, ni commis d’adultère, ni volé ? Ou dois-je plutôt m’interroger ainsi : est-ce que j’aime à l’image du Christ ? Suis-je disponible à progresser dans la fidélité à ce premier de tous les commandements ? Ma justice peut surpasser celle des scribes et des pharisiens, de ceux qui, bien qu’obéissant à la Loi, gardent le cœur dur…

Il m’arrive de vouloir guérir du mal que l’on m’a fait par la colère et la vengeance, parce que je recherche la justice. Cependant la vengeance ne répare rien. Au fond de moi, je veux surtout que ma souffrance, mon état de victime soient reconnus. La compréhension, le soutien, la bienveillance de mes proches, peuvent être suffisants pour m’apaiser…

Le mal est guéri par l’amour. Pardonner est toujours difficile, mais la joie de la réconciliation est énorme. En m’ouvrant à l’invitation du Christ de m’abstenir de sentiments mauvais de haine, de vengeance et de rancune à l’égard d’autrui, je stoppe la violence qui pourrait être croissante. Le monde a besoin de mon engagement authentique pour sa progression dans l’amour. Je choisis la non-violence. Je choisis d’aimer quand on ne m’aime pas ; de rendre le bien pour le mal !

Jésus m’invite à prier pour mes ennemis. Ma prière est à la base de toute bonne relation avec ceux qui sont différents de moi ou qui se comportent comme mes adversaires. Elle contribue aussi à la conversion de ceux qui ne croient pas en Dieu ou qui s’éloignent de lui.

• Lire également l’éditorial

La Réunion comme terrain d’expérimentation

En novembre dernier, Viviane Gay-des-Combes est partie vivre un temps de mission sur l’île de la Réunion à la suite d’une année de formation chrétienne qu’elle a vécue dans le sud-ouest de la France (Ecole Jeunesse Lumière du P. Daniel Ange). La rédaction lui a demandé de raconter un peu ce qu’elle y vivait.

Texte et photos par Viviane Gay-Des-Combes

Voilà déjà un mois que je suis accueillie avec mes amis au foyer de Charité du Tampon à la Réunion. Un mois que je m’acclimate à cette île, à ce nouveau mode de vie, à l’alimentation et à sa culture. Il ne se passe pas un jour sans que je fasse de nouvelles découvertes. Au début, le temps passait très vite. 

Tout à découvrir – La première semaine, j’ai découvert l’île et ses richesses en profitant pleinement de chaque instant qui m’était donné de vivre ici. Je me suis aussi imprégnée des lieux qui allaient m’accueillir. J’ai pris le temps de faire connaissance avec les personnes avec qui j’allais partager ce bout de chemin. La principale richesse découverte ici concerne l’aspect culinaire. Tous les fruits proviennent de l’île et le goût est incomparable par rapport à ceux que l’on mange chez nous. J’aime beaucoup rendre service à la cuisine et aider à la préparation des plats typiques. Le seul point négatif pour moi reste le piment. 

A ma place ? – Puis, peu à peu, une certaine routine s’installe et vient le temps où la distance avec mon pays natal et avec les personnes qui me sont proches se fait sentir. La question de savoir si je suis à ma place est aussi présente : est-ce que j’ai fait le bon choix de repartir une deuxième année ? Je me confie donc à Jésus, valeur sûre, que je retrouve partout où je vais et en qui je trouve ma force et ma paix. Dans mon cœur résonne cette parole : « Tu es mon serviteur, je t’ai choisi ; ne crains pas car je suis avec toi. » (Is 41, 9-10) Je comprends alors que ma place est bel et bien ici et je suis heureuse de pouvoir vivre cette expérience qui sera charnière pour ma vie, j’en suis certaine.

Au foyer – Notre quotidien est rythmé par une vie de prière soutenue. J’aime beaucoup ce verset que l’Eglise proclame lors du premier office de la journée. « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange. » (Ps 50, 15) Ce verset me parle beaucoup car la première parole de la journée que je prononce est lors de l’office des laudes. Nous avons aussi la chance de recevoir l’Eucharistie chaque jour. Remplis de cette force, la journée peut commencer. 

La vocation du foyer est d’accueillir des personnes en leur proposant de vivre des retraites. Les retraitants vivent une semaine de silence accompagnée d’enseignements et de temps de prière personnelle. Pour y avoir participé, ces retraites sont des temps forts où l’on voit vraiment Dieu à l’œuvre. J’ai aussi eu le temps de me redécouvrir à travers la Parole de Dieu qui regorge de trésor. Puis, en fin de journée, nous prions les vêpres et le chapelet ensemble.

Finalement, avant d’aller nous coucher, nous prions les complies personnellement ou en communauté.

Je vous souhaite une belle et sainte année 2023 à chacun et vous porte dans mes prières.

Pourquoi une rubrique sur la Bible ?

PAR NATHALIE ANGELINI-TRAEGER
PHOTO: MATTHIEU ANGELINI

Toute l’équipe de la rédaction de «Au Large – L’Essentiel» vous envoie encore ses meilleurs vœux et, afin de célébrer ce premier numéro de l’année 2023, nous avons la joie de vous offrir une nouvelle rubrique: «La Bible au quotidien».

Avec elle, nous avons le souhait que chacun connaisse un peu mieux la Bible et puisse la lire le plus souvent possible. Pourquoi ? Car elle est notre référence, notre vérité, elle contient tout ce qui peut nous aider à suivre l’exemple de notre Seigneur Jésus et par celui-ci vivre une meilleure vie, plus sainte, plus vraie. La Bible nous guide et nous éclaire, elle est notre nourriture. Chaque passage est une source de réflexion, elle nous enseigne comment aimer, comment pardonner, pourquoi choisir chaque matin la joie, la bonté et la bienveillance, les plaisirs de la charité, les vertus de la patience, et tant d’autres comportements puissants qui ont le don de changer véritablement nos vies.

L’abbé Darius inaugure cette rubrique qui sera ensuite alimentée par l’un des membres de l’équipe de rédaction ou de l’équipe pastorale.

Nous espérons qu’avec cette nouveauté, votre foi sera renforcée et qu’ensemble nous vivrons gaiement selon les fruits de l’Esprit Saint.

Jean 13 : 34-35 : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Rappelons-nous que l’amour n’est pas un simple sentiment, l’amour vrai se montre par des actes simples du quotidien. Il existe de nombreuses façons de montrer l’amour du Christ et en tant que chrétiens nous sommes amenés à donner de l’amour aux autres, comme Jésus nous l’enseigne. Alors, essayons tous ensemble cette année que l’amour que l’on porte à notre sauveur se reflète dans notre façon d’aimer les autres, même ceux qui ne sont pas faciles à aimer. Si l’on peut attendrir le cœur d’une personne grâce à l’amour, peut-être qu’à son tour elle touchera le cœur d’une autre personne et ainsi de suite.

« Seigneur montre-nous des moyens de donner de l’amour et donne-nous la force de ne pas nous décourager. »

Une proposition…

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTO : URBAN-EVENTS

… de jeu de piste pour se faire mousser

«Le Professeur a découvert parmi les nombreux documents jaunis appartenant à son grand-père des textes énigmatiques de la légendaire Chope d’or aux pouvoirs magiques. Celle-ci serait introuvable depuis des centaines d’années. Aujourd’hui, pour seule trace de son existence, le journal du Professeur qui vous guidera dans votre quête».

Ce rallye composé d’énigmes autour de la bière vous emmènera à la découverte des secrets et histoires insolites de la vieille ville de Genève tout en dégustant des bières à l’aveugle !

Tous les samedis jusqu’au 20 mai 2023 au tarif de Fr. 40.– et à partir de 16 ans.

Plus d’informations et réservations sur https://www.urban-events.ch/rueeverslorge

… de samedi givré !

«Il est temps de revêtir votre imper d’espion pour pouvoir résoudre les énigmes et trouver le code pour désamorcer l’arme du Professeur Givré». Ce jeu de piste pour les enfants de 5 à 13 ans les emmènera au travers de la ville de Genève pour récolter des indices afin de sauver la ville… avant qu’il ne soit trop tard. A la clef: de délicieuses glaces artisanales conçues par des glaciers locaux.

Tous les samedis jusqu’au 29 avril 2023 au tarif de Fr. 12.– pour les enfants de 5 à 13 ans.

Plus d’informations sur les dates et pour les réservations sur:

https://www.urban-events.ch/cag-geneve

La vie est mouvement

PAR L’ABBÉ DANIEL REYNARD
PHOTO: RAPHAEL DELALOYE

La vie est mouvement, rien n’est stable ou immobile, «panta rhei» disaient les grecs, ce qui signifie : toutes les choses coulent et passent.

Ne luttez pas contre ce mouvement, au contraire saisissez ce changement comme une chance.

Face aux irruptions de l’inattendu dans nos vies, deux émotions nous touchent, d’une part nous nous réjouissons de la nouveauté et d’autre part, nous ressentons une certaine crainte.

On peut se bloquer ou être parfaitement à l’aise, souple et prêt à recevoir le mouvement que provoque cette nouveauté.

Les esprits chagrins diront: «On sait ce qu’on a, on ne sait pas ce qu’on aura ! »

Au contraire:

Oser découvrir la richesse d’un avenir nouveau, différent de celui que nous avions imaginé…

Oser espérer que le neuf sera ou deviendra aussi bon, sinon meilleur que le vieux.

Oser abandonner ce que l’on connait pour découvrir que « ce qui vient » est différent mais pas forcément mauvais… même si ce qui vient n’est pas ce que nous attendions !

Pour cela, il faut entrer dans une dynamique de renouveau qui ne nous laisse pas continuer avec nos rêves passés… il faut abandonner nos rêves pour vivre la réalité… il faut abandonner la réalité rêvée pour vivre la réalité telle qu’elle se présente à nous…

En nous, Dieu nous offre le renouveau par son Esprit Saint, c’est cette certitude qui permet d’aller au-delà des apparents échecs vers un renouveau… comme le dit le prophète Esaïe 40, 31 : « Ceux qui se confient en l’Eternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme l’aigle ; ils courent et ne se lassent point, ils marchent et ne se fatiguent point… »

JMJ 2023: au Portugal, Lisbonne

L’été prochain, auront lieu les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) à Lisbonne (du 24 juillet au 8 août 2023). Le pape Francois s’y est inscrit en premier en novembre. Il attend les jeunes pour ce rassemblement international. Clémentine Délèze va y participer pour la première fois, tandis que Noémie Salgat a déjà vécu les JMJ de Cracovie. Elles nous partagent leurs motivations et leur projet.

PAR SANDRINE MAYORAZ | PHOTOS : DR

En été 2023, vous avez prévu de partir à Lisbonne pour les JMJ. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?
Noémie : C’est un rassemblement de jeunes suite à l’appel du Pape. C’est une occasion de partir avec des centaines de Suisses, pour rencontrer des milliers (ou millions) d’autres jeunes du monde. En principe, cela se passe sur deux semaines : la première nous sommes accueillis par des familles dans un diocèse du pays et nous rencontrons les jeunes du lieu, nous faisons des activités dans leur région. La deuxième semaine, le Pape nous invite tous dans une même ville – cette année Lisbonne.

A Lisbonne, qu’est-ce que cette ville vous inspire ?
Clémentine : Je ne suis jamais partie au Portugal, je me réjouis de découvrir ce pays mais je pense que la destination a peu d’importance, j’y serais probablement allée de toute manière.

Et du coup, qu’est-ce qui vous motive à partir aux JMJ ?
C. :
Rencontrer de nouvelles personnes, faire des découvertes multiculturelles et aussi découvrir un nouveau pays !
N. : Depuis la fin des JMJ de Cracovie en 2016, j’attends les suivantes avec impatience ! Il faut dire que je n’ai pas pu participer aux dernières qui étaient à Panama en 2019. Avec le COVID, celles de Lisbonne ont été repoussées d’une année… Je crois que ce qui me motive le plus c’est de retrouver l’ambiance JMJ, la joie et les temps de prières si particuliers aux JMJ.

Peux-tu nous en dire plus sur l’ambiance des JMJ ?
N. :
A Cracovie, j’ai été marquée d’abord par le nombre de jeunes de Suisse et du monde entier qui sont croyants et qui sont venus aux JMJ ! Les moments de partages en petits groupes et les catéchèses (ça n’a pas l’air comme ça mais c’était vraiment bien) m’ont fait grandir dans la foi ! C’est unique de pouvoir vivre des célébrations avec des millions de jeunes : il y a des moments de chants et de joie incroyables et des moments de silence tout autant impressionnants.

Qu’est-ce que vous attendez de cette expérience ?
C. :
Des rencontres et du partage avec d’autres jeunes croyants ! Parfois, ma foi a tendance à passer au second plan dans ma vie, j’ai besoin de ces moments avec d’autres pour me donner un coup de « boost ». J’espère pouvoir approfondir ma foi et rapporter une foi forte pour m’accompagner dans mon quotidien.
N. : Je me réjouis surtout de rencontrer de nouvelles personnes de mon diocèse mais aussi des moments de partages sur la foi et des célébrations avec le Pape. J’espère que ces JMJ seront l’occasion d’un nouvel élan pour ma foi et pour les groupes de jeunes de mon diocèse.

Nous vous remercions pour votre enthousiasme et nous nous réjouissons d’entendre vos récits à votre retour de Lisbonne !

Pour les jeunes de 16 à 30 ans.
Les mineurs sont parrainés par un jeune adulte.

Formule classique : du 24 juillet au 8 août (env. Fr. 1’000.–)

Formule courte (en avion) : du 31 juillet au 6 août (env. Fr. 700.–)

Formule sans transport : du 31 juillet au 6 août (env. Fr. 450.–)

Le prix ne doit pas être un frein pour vivre cette expérience : des actions qui permettront de financer une partie du voyage, seront organisées collectivement avec les inscrits.

Variantes possibles avec l’ajout d’une semaine à Lourdes avant, ou une semaine avec les DJP après.

Dons bienvenus pour que les paroisses aident les jeunes à financer.

Contact pour nos secteurs : abbé Valentin Roduit 079 855 44 39

Renseignements supplémentaires : www.jmj.ch ou www.tasoulafoi.ch

Moins souvent mais plus ensemble

 

PAR THIERRY SCHELLING | PHOTOS : CATHERINE ULRICH, SVIATOSLAV HORETSKYI

Ça y est, l’EP de La Seymaz a osé: de nouveaux horaires de messes pour l’UP. On a l’impression d’avoir jeté une bombe dans la placide région pastorale…

Mais il ne suffit pas de divaguer sur l’Evangile et sa radicalité, son appel à la conversion et son insistance sur la mission vers les autres, et ne rien changer aux habitudes (« ^ma messe dans mon église à mon horaire»)…

Notre évêque – oui, parce que ce changement intervient pour mettre en pratique les impulsions de notre berger ! – l’a dit et redit : « Si on veut chez nous une Eglise missionnaire, il est indispensable de montrer – en particulier le dimanche – de grandes communautés rassemblées pour des célébrations joyeuses. » (Lettre pastorale de 2015). La photo prise de la messe des familles à l’automne dernier à Chêne ne le démontre-t-il pas ?

A-t-il tort ? Ecrivez-le-lui ! A-t-il raison ? Démontrons-le et vivons, ad experimentum, ce petit déplacement géographique (de Presinge à Chêne, il n’y a que 9 kilomètres…) qui est avant tout intérieur. Car l’EP entend la colère, la déception et autres sentiments négatifs exprimés plus ou moins ouvertement, qui sont des symptômes – mais de quoi ? Notre évêque tente une réponse : « Dans une société où il est normal de faire des kilomètres pour aller faire ses courses, assister à une manifestation sportive ou culturelle, beaucoup semblent considérer comme normal de ne pas aller à l’église si la messe est célébrée dans le village voisin. […] Si recevoir Jésus-Christ ne vaut pas la peine d’un petit déplacement, c’est qu’il y a une crise de la foi. » (Lettre pastorale de 2013) De plus, tout cela est advenu lors de l’Avent qui est un temp de jachère, de désert, d’attente – et où des germes nouveaux poussent : l’Evangile ne peut pas nous mentir…

Et si ces changements ont conduit à de telles attitudes, alors on est vraiment en terre de mission : l’esprit d’Evangile peut y être (re)semé, afin de (re)donner sens à l’engagement de bénévoles et de salariés au nom du Christ, et convertir des réflexes de survivance muséale en un esprit de service de l’annonce de la Bonne Nouvelle…

Oui, plus que jamais, l’équipe pastorale va continuer d’accomplir sa mission : é-van-gé-li-ser. Selon le pape François, cela passe par des rencontres de tu à toi, et nécessite de s’enraciner dans la Parole de Dieu partagée, qui nous pousse vers nos malades, nos réfugiés, nos nouvelles familles arrivées dans le quartier, nos jeunes… Ce mouvement de sortie auquel nous exhorte le Pape depuis 10 ans qu’il est évêque de Rome !

L’Eglise est service, martèle François : comme notre confrère Sviatoslav, sa femme Justine et leurs ami.e.s de la communauté ukrainienne (cf. photo de droite) qui, semaine après semaine, collecte des biens, envoient des convois et reçoivent l’assurance que tout est bien arrivé… L’Eglise est service vers autrui.

L’eucharistie ne constitue pas l’Eglise (malgré ce que l’on entend dire souvent) ; preuve en est : lorsque l’horaire change, il n’y a plus personne ! Et c’était prévisible. Une question : quel que soit le nombre de messes célébrées ici ou là, qu’est-ce qui prime : faire partie d’une communauté coûte que coûte, ou satisfaire sa commodité personnelle qui prime sur sa pratique communautaire ? Ce n’est qu’une question… Mais l’évangélisation est à ses débuts sous nos latitudes…

 

 

 

Avec les mages,rentrons par un autre chemin !

PAR RÉMY DELALAY, CURÉ
PHOTOS : RÉMY DELALAY, VÉRONIQUE DENIS

Les mages sont des chercheurs infatigables et c’est la quête de la vérité qui les a rassemblés; c’est le désir de rencontrer Dieu qui les a projetés dans une grande aventure. Rien ne les a arrêtés: ni la disparition de l’étoile, ni l’humilité de Bethléem, ni la pauvreté de la Crèche. Heureux les hommes et les femmes qui aujourd’hui encore préfèrent continuer de chercher et d’espérer, d’aller toujours plus loin malgré tous les échecs et tous les obstacles de leur parcours. Ils ne sont pas loin de la lumière et l’étoile du Seigneur est avec eux, même s’ils ne la voient pas.

Les mages nous révèlent ainsi que tous les hommes peuvent accéder à la foi au travers des signes qu’ils reçoivent de Dieu. Il faut bien sûr les vérifier, mais il faut surtout en tirer les conséquences et agir en fonction des appels de Dieu. Comme eux, nous devons nous mettre en route quand Dieu nous fait signe. Le silence de Dieu est bien trop souvent issu du bavardage des hommes, de notre manie de toujours parler, de tout expliquer, de tout définir, de tout réglementer. On comprendrait mieux ce que Dieu essaie de nous dire avec patience, si on savait observer amoureusement les signes qu’il nous donne. Mais heureusement, Dieu sait attendre que l’homme se taise pour l’écouter et pouvoir enfin l’entendre, et c’est alors qu’il se manifeste distinctement.

Avec les mages, il nous faut refuser l’immobilité et l’oisiveté. La foi nous met en route vers les autres d’ici et la prière est un chemin vers les autres d’ailleurs. Le chrétien est ainsi un être mobile, généralement, à la mobilité douce et son frein à main n’est jamais enclenché. Alors, avec les mages, il nous faut souvent rentrer par un autre chemin. Il nous faut changer notre regard sur nous-mêmes et sur nos proches, changer de comportements envers telle personne, quitter notre canapé afin de rejoindre d’autres mages, de se mettre en route et enfin devenir Eglise.

Un plaidoyer pour la justice et la paix

La délégation des Dominicans for Justice and Peace [Dominicains pour la justice et la paix] auprès de l’ONU recherche des solutions pacifiques aux conflits, en s’attaquant aux causes profondes des défis contemporains, en travaillant pour changer les structures qui perpétuent l’injustice et portent atteinte à la dignité des enfants de Dieu, et en rendant justice aux personnes dont les droits ont été violés.

PAR MYRIAM BETTENS | PHOTO : UNOP

Dominicans for Justice and Peace (Ordre des Prêcheurs) a été créé en 1998 par la Commission Internationale Dominicaine pour Justice et Paix et approuvée par le Conseil Général de l’Ordre en tant que Délégation Permanente de l’Ordre auprès des Nations unies (ONU). Cette délégation, basée à Genève, a obtenu un statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC) en 2002.

La délégation se consacre en premier lieu à la promotion de la justice et de la paix dans le monde. Elle est présente dans plus de cent-vingt pays où les Dominicains s’impliquent dans de nombreux domaines liés à la justice et à la paix, tels que l’accaparement des terres, la pollution par les entreprises, les droits des indigènes, les enfants des rues, les réfugiés, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, la corruption, la prostitution, le trafic d’êtres humains, l’autonomisation des femmes, la démilitarisation, les questions environnementales et le développement durable. Les questions qui occupent les populations sont bien souvent en opposition avec les intérêts des gouvernements en place et ne peuvent être traitées efficacement que sur la scène internationale. La délégation est donc chargée de mettre en relation les partenaires locaux avec les décideurs sur la scène mondiale tout en défendant les intérêts des populations locales. La délégation joue un rôle unique aux Nations unies en veillant à ce que ces luttes locales restent au premier plan du discours mondial.

Grâce à son bureau de Genève et à ses représentations à Vienne et à Nairobi, Dominicans for Justice and Peace occupe un rôle actif au sein de divers organes des Nations Unies. La délégation a choisi de situer son bureau principal à Genève, cette ville étant à bien des égards encore l’épicentre des droits de l’homme et des affaires humanitaires dans le monde. Avec un bureau situé à deux pas de plusieurs bureaux de l’ONU, tels que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme et le Haut-Commissariat aux réfugiés, la délégation est au cœur des débats et des négociations internationales sur les grandes questions contemporaines. L’antenne de Vienne travaille principalement avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), et plus particulièrement avec la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale (CCPCJ). La délégation se concentre sur un certain nombre de questions transversales telles que la traite des êtres humains, la réforme des prisons, la criminalité forestière et l’éducation à la justice. Quant au bureau de Nairobi, spécialisé dans les questions environnementales, il a obtenu le statut d’observateur à l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (AUE) du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), ce qui lui permet d’avoir une présence active dans les différentes sessions de l’AUE et de ses organes subsidiaires.

 

Le religieux qui parlait à l’oreille de l’ONU

Cette nouvelle série tentera de présenter quelques faith-based organisations (FBO) – organisations confessionnelles – actives à l’ONU. En effet, sur les quelque 4000 entités regroupées dans le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), l’ONU reconnaît formellement près de 400 de ces FBO qui ont approuvé ses valeurs fondamentales. De nombreux acteurs non étatiques, relevant du domaine de la justice et des droits humains, ont acquis une influence notoire à l’ONU pour les politiques de développement, que ce soit sur les sites new-yorkais ou genevois. Les FBO deviennent dès lors des interlocuteurs spécialisés, écoutés et actifs sur le terrain de la prévention ou de l’action humanitaire. De plus, compte tenu de leur expertise dans le domaine religieux, ils sont également écoutés par les gouvernements hautement préoccupés par la menace terroriste. En outre, l’Organisation de la Conférence Islamique et le Conseil Œcuménique des Eglises ont le statut d’observateur permanent à l’assemblée générale des Nations Unies. Le Vatican, quant à lui, a un statut à part d’Etat non membre.

La mobilité est en marche

TEXTE ET PHOTO PAR PIERRE MOSER

La contorsion habituelle entre les principes des institutions et la réalité des faits est également présente dans nos «esprits de clocher». Je ne veux pas souligner ce que ce terme a de péjoratif, mais réfléchir à notre mobilité à tous, paroissiens, citoyens, voisins.

Eh oui, Saint-Joseph est la deuxième église en termes de passage, derrière la basilique Notre-Dame. Mais qui sont donc ces visiteur.euse.s ? Difficile de dessiner un profil précis autour de ces passant.e.s. Des origines aussi variées que Genève compte de nationalités : latinos, asiatiques, locaux, etc. Quant aux âges, il est étonnant de découvrir une certaine jeunesse qui n’est pas forcément présente lors de nos cérémonies : jeunes mamans, quadras dynamiques sont aussi des fidèles de passage.

Avec eux, la mobilité a fait son entrée dans la paroisse. Une grande majorité de ces visiteurs occasionnels travaillent dans le quartier, tout en habitant à l’autre bout du canton, voire plus loin. L’église proche de leur travail est donc également un lieu de recueillement qu’ils vont favoriser, utiliser. Aussi bien pour y déposer des peines que pour dire merci. Une nouvelle périphérie à laquelle nous n’avons pas encore pensé. Ces chrétiens qui ont fait de cette église leur paroisse de « travail » méritent également notre considération. Vous vous souvenez ? La parabole de la brebis égarée, de la perle perdue, de la pièce d’argent égarée… A chaque brebis, à chaque pièce d’argent est accordée la plus grande attention (cf. Lc 15).

Ce qui pose une nouvelle question : faut-il lier la présence d’un curé à l’ouverture d’une église ou vice-versa ? Certes toutes nos églises ne sont pas situées hors zone de passage. Mais qu’en est-il du statut de Notre-Dame de Cornavin, de Saint-Joseph et de quelques autres ? Faudra-il les réduire au silence lorsque l’absence de prêtres se fera encore plus douloureuse ? Sinon comment gérer et par qui le bâtiment, son équipement liturgique, ses facilités (chauffage, éclairage, etc.) ? Deviendront-elles des discothèques comme l’a déjà laissé entendre une fameuse campagne publicitaire ?

Toutes ces questions nécessitent une réflexion que nous avons entamée déjà aujourd’hui… Gouverner, c’est également prévoir, pour s’en donner les moyens. UP sans curé, mais avec un seul conseil, professionnels ou bénévoles, tout cela fait partie d’un « comment » dont nous aurons bientôt besoin.

Etrangers et de passage

PAR DAVID CAJEUX, SÉMINARISTE
PHOTO: PHILIPE D’ANDRÈS

Nous nous déplaçons beaucoup plus qu’autrefois, que ce soit pour le travail, les loisirs ou simplement pour faire les courses. C’est aussi vrai en ce qui concerne la pratique dominicale, particulièrement pour la nouvelle génération qui, bien consciente de ramer à contre-courant de l’esprit du monde en s’ancrant dans le Christ, a un besoin vital d’être correctement nourrie et fortifiée par une liturgie belle et soignée, quitte à faire des kilomètres pour cela. Un croyant qui cherche à vivre pleinement sa foi se trouvera en difficulté, et souvent bien seul de sa génération, pour trouver des réponses dans sa paroisse de domicile. « Un chrétien isolé est un chrétien en danger » alertait le pape François. Qu’il est facile pour un jeune de se laisser engloutir dans cette société liquide avant de trouver le Rocher solide sur lequel se construire ! Dieu merci, il existe moult initiatives, évènements et autres associations de fidèles qui conduisent sûrement au Christ et à son imitation.

Pour ma part, c’est la Garde Suisse au service du pape François qui m’a fait découvrir l’Eglise et c’est le mouvement des Scouts d’Europe qui m’a aidé à répondre à l’appel universel à la sainteté ! Le Salut des âmes doit demeurer la priorité absolue de tous les catholiques, prêtres et laïcs, au-delà de tout esprit de clocher. Ceux qui auront pu ainsi bâtir leur vie sur le Roc seront d’autant plus de témoins et de ressources précieuses pour leur paroisse respective.

S’il est urgent d’avoir une vision commune plus large que celle de son clocher, il est tout autant nécessaire de ne pas devenir une sorte de fin gourmet paroissial en constante recherche de l’église qui correspondra le mieux à ses affinités propres. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les paroisses sont fondées sur une unité de lieu et non d’affinités, et de ce fait rassemblent des gens de milieux et de mentalités fort différents pour former un tout aussi divers et varié que les membres composant le corps humain dont le Christ est la tête.

Alors que nous soyons fidèles à notre paroisse ou que nous fassions des kilomètres pour trouver celle qui nous aidera davantage à vivre en enfant de Dieu, souvenons-nous que nous sommes tous des pèlerins, des étrangers de passage, en marche vers Jésus-Christ notre Seigneur. Et c’est bien ce que le mot « paroisse » signifie ! Alors bon cheminement vers, sur et avec Le Chemin, Jésus-Christ, et bonne année pleine de bénédictions !

Catéchumènes 2022

TEXTE ET PHOTO PAR THIERRY SCHELLING

Aujourd’hui encore, de jeunes adultes cheminent en recherche du Christ, de sens, d’une parole, d’un défi intellectuel et spirituel. Et approchent un prêtre, une collègue, un ou une catéchiste pour demander baptême, communion et / ou confirmation. On les appelle des catéchumènes.

A St-Jo’, ils se prénomment Anabella, Malin, Véronique, Pierrick, Rémy, Manuel et Emile. Courant 2022-2023, je les accompagne, ils se sont rencontré.e.s et ont échangé sur leurs vies. Au programme : un samedi matin d’octobre, lors d’une réunion en petit comité dans ma cuisine, la question « Eglise » leur a été posée, et, voici, pêle-mêle, les mots qui leur viennent à l’esprit : Recueillement, méditation, recentrement, beauté, patrimoine, bien commun, évocation, sérénité, musique, chant, prière, communauté, message, Christ…

En novembre, une balade dans la Genève œcuménique leur a été proposée. En décembre, rencontre avec une adulte récemment baptisée-communiée-confirmée, Anne-Lise.

Cheminer dans la foi aujourd’hui quand on est un « jeune cadre dynamique » consiste à prendre du temps pour soi, et oser la rencontre d’inconnu.e.s… dans le fond pas si différent.e.s. A St-Jo’, on adapte les rencontres à leur rythme de vie, et on combine « temps personnels » avec « temps en groupe », réflexions intellectuelles et partages plus intimes, découvertes in situ ou balade en ville… et ils et elles choisissent de venir à une messe, à la messe, à des messes. Leur lecture personnelle d’un Evangile en entier les met en route dès le début sur des sentiers variés. Mais toujours main dans la main avec Celui qui les appelle. Et puis il y a la (re)découverte du service gratuit, la diaconie : pousser les lits à l’hôpital ou donner un coup de main pour une activité paroissiale, selon agenda.

Priez pour elles, pour eux, que vous rencontrez, peut-être, lors de leur baptême, confirmation ou première des communions à St-Jo’…

INFO : on peut recevoir baptême, première communion et confirmation à tout âge, et surtout par conviction. Aujourd’hui, le Christ se choisit, Lui qui nous a déjà choisi.e.s. ! Si intéressé.e, contactez-moi !

Et le zéro alors ?

Raison et Foi s’équilibrent comme les masses sur une balance.

Cette nouvelle rubrique va illustrer, par des exemples concrets, la démarche scientifique d’hommes et de femmes d’Eglise dans leur quête de la compréhension de notre monde.

PAR PIERRE GUILLEMIN | PHOTO : FLICKR

Pour Aristote, est « un » ce qui existe. Le vide donc le zéro, donc l’infini (l’inverse du zéro est l’infini), n’existe pas, ce qui implique l’existence de Dieu car le cosmos est conceptualisé comme un espace fini au-delà duquel se trouve Dieu, cause de toute chose.

Le zéro, dans sa forme mathématique, vient de l’Inde. En 628, dans un traité d’astronomie appelé le Brahma Sphuta Siddhanta, Brahmagupta (598-660) définira le zéro comme la soustraction d’un nombre par lui-même (a – a = 0). Il établira aussi qu’un nombre multiplié par zéro est égal à zéro. Ainsi, le zéro est, par sa définition et ses propriétés, différent des autres nombres.

Le système de Fibonacci

Le concept de zéro est, avec la numérotation arabe, introduit en Europe au Moyen-Age et théorisé par le mathématicien Leonardo Fibonacci (1170-1250). Son ouvrage Le livre des calculs est un traité sur les calculs et la comptabilité fondés sur le calcul décimal, à une époque où tout l’Occident utilise encore les chiffres romains et calcule sur boulier. Ainsi, Fibonacci introduit un système de calcul plus puissant et plus rapide que la notation romaine, si bien que banquiers et commerçants l’adopteront très vite et le propageront.

L’erreur d’interprétation du zéro en tant que représentation du vide vient de la conception mathématique de l’équilibre.

En sciences physiques, l’équilibre est l’état d’un système qui correspond à un minimum de la fonction d’énergie pour le paramètre considéré. Le zéro résulte de l’équilibre des forces qui affectent un système donné (mécanique, thermodynamique, électromagnétique…).

Et l’Eglise ?

Lorsque l’Eglise comprend, à partir du XVIIIe siècle, l’interprétation du zéro comme une représentation d’un équilibre, la doctrine d’Aristote s’effondre. Vide et infini ne sont plus contradictoires avec la foi : ils sont complémentaires l’un de l’autre et participent pleinement à l’équilibre du monde.

Quand Jean-Paul II écrit dans son encyclique Fides et ratio de 1998 « La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité », il intègre totalement cette idée d’un équilibre général entre Foi et Raison qui se complètent parfaitement (saint Augustin déjà écrivait au Ve siècle : « Il faut croire pour comprendre et comprendre pour croire. »)

Raison et Foi s’équilibrent comme les masses sur une balance : la résultante des forces en présence s’annule, le zéro (l’équilibre) est devant nos yeux.

Messe d’installation du curé et du vicaire du Haut-Lac

Les prêtres desservants des paroisses du Haut-Lac (Père Innocent, à droite ; Père Joseph, à gauche) entourent le chanoine-doyen Gilles Roduit lors de la messe d’installation à Vouvry, le samedi 3 décembre.

C’est à l’église Saint-Hippolyte de Vouvry que les quatre paroisses du Haut-Lac ont pu assister, samedi 3 décembre, à la messe d’installation du Père Innocent Baba Abagoami comme curé et du Père Joseph Akuamoah Boateng comme vicaire.

PAR YASMINA POT
PHOTOS : GERVAISE IMHOF

Deux présidentes et un président de communes étaient présents à l’église Saint-Hippolyte pour accueillir officiellement et féliciter le Père Innocent et le Père Joseph comme curé et vicaire : Véronique Diab, présidente de Vouvry ; Valérie Bressoud Guérin, présidente de Vionnaz et Pierre Zoppelletto, président de la commune de Port-Valais. Des membres des quatre paroisses du Haut-Lac assistaient à l’événement.

« Cela fait cinq ans que je suis là et il fallait bien ça pour que j’apprenne à parler comme un Valaisan ! », plaisanta le Père Innocent en début de cérémonie. Plus sérieusement, il ajoutera que, pendant ce temps-là, il a pu se préparer à cette nouvelle fonction et qu’elle ne lui fait donc pas peur : « Je suis fier de vous tous car nous avons accepté ensemble de construire nos paroisses. Ce qui les unit est fort : la foi, la tradition commune et aussi les différences. »

« Construire avec le Père Innocent et le Père Joseph »

Officiant au nom de l’évêque Mgr Jean-Marie Lovey, le chanoine Gilles Roduit, doyen du décanat de Monthey, rappela qu’en cette période de l’Avent « chacun de nous attend et pressent Celui qui va nous apporter quelque chose. Si chacun accepte d’être humble, comme une petite pousse sur une souche, le Royaume viendra. » Il affirma la volonté de chacun de « construire avec le Père Innocent et le Père Joseph » et procéda ensuite à la lecture de la lettre de nomination de Mgr Jean-Marie Lovey.

Madame Véronique Diab, présidente de Vouvry, exprima dans son discours sa joie et celle de sa commune à accueillir les nouveaux curé et vicaire, dont elle souligna qu’ils sont des « chevilles ouvrières » pour la communauté, qui a véritablement besoin d’eux. Le président du Conseil de gestion de la paroisse de Port-Valais, monsieur Pierre Curdy, adressa lui aussi au curé et au vicaire ses remerciements chaleureux et meilleurs vœux dans leurs nouvelles fonctions.

Pour terminer la cérémonie, le curé Innocent présenta quatre points soutenant sa volonté de ne pas se satisfaire d’un quelconque statu quo : travailler ensemble dans l’unité et dans la diversité ; favoriser la croissance de l’œcuménisme pour toute l’humanité ; donner de la place pour tous, dans les quatre paroisses du Haut-Lac ; ne pas avoir peur de l’échec car il permet de réessayer et d’avancer.

La chaleur des paroissiens accueillant leur nouveau curé et leur nouveau vicaire était palpable lors de cette cérémonie qu’ils applaudirent à plusieurs reprises. Le Chœur d’Hommes de Vionnaz, qui accompagna l’événement, contribua par la beauté de ses chants à souligner le caractère solennel de cette messe.

Le curé Innocent et le vicaire Jospeh entourant l’équipe pastorale : de gauche à droite, Christophe Allet, Virginie Maret, Stéphanie Besse, Stéphanie Reumont.
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