La Charmaie: d’un directeur à l’autre

En cette fin du mois de janvier 2023, M. Hervé Fournier, cède son poste de directeur de l’EMS La Charmaie (situé à Muraz) à M. Jérôme Livet. A cette occasion nous avons voulu aller à la rencontre de M. Hervé Fournier.

M. Hervé Fournier.

Texte et photos par Jean-Michel Moix

Parcours de vie de M. Hervé Fournier

Hervé Fournier est originaire de Salins (près de Sion). Ses parents tiennent un café-restaurant. Au cours de ses études au collège à Sion, Hervé va étudier une année aux Etats-Unis, au Texas. Et dans le cadre de cette année d’échange, c’est une étudiante américaine de New York, Susan, qui vient étudier à Sion. Cette histoire n’en reste pas là. Puisque en 1978, Susan devient la femme d’Hervé ! 

De retour en Suisse, après quatre ans passés aux Etats-Unis en compagnie de sa femme, Hervé en vient à travailler dans le domaine de l’hôtellerie. Il enseigne ainsi à l’école hôtelière internationale de Bluche (sous Crans-Montana), puis à l’école hôtelière César Ritz au Bouveret, dont il occupera la fonction de directeur pendant près de 13 ans. Plus tard, Hervé travaille à Martigny dans le cadre de la promotion économique des communes du Bas-Valais. Enfin, en 2015, un mois après l’ouverture de La Charmaie, le 4 mai, Hervé prend la direction de l’EMS.

La Charmaie

La Charmaie accueille 65 résidents. La moyenne d’âge est de 86 ans. Au niveau cantonal, la durée moyenne d’un séjour en EMS est de deux ans et onze mois. 

Un EMS, tel que La Charmaie, c’est aussi du personnel qui y travaille. Au total on compte 123 salariés pour 78 plein-temps (en comptant le personnel de cuisine / service d’Eldora). Par ailleurs l’EMS emploie également des stagiaires et forme des apprentis.

Remarquons que La Charmaie n’échappe pas à la tendance générale en devenant de plus en plus médicalisée : les résidents l’intègrent assez tardivement après avoir bénéficié souvent de soins à domicile. Ainsi sur les quelque 65 résidents, une trentaine seulement sont en mesure de participer aux animations proposées. 

L’animation spirituelle

La Charmaie dispose d’une « salle de recueillement » qui fait office de chapelle, pour les deux messes hebdomadaires qui y sont célébrées : le jeudi à 10h (précédée du chapelet à 9h30) et le vendredi à 11h. 

Le dimanche, les résidents peuvent suivre sur leur téléviseur la messe paroissiale de 10h30 à l’église de Muraz, messe qui est retransmise par fibre optique.

Un lieu de vie et de rencontre

La Charmaie accueille en outre 12 à 15 personnes en Foyer de jour, du lundi au vendredi. Sa caféteria est publique. Et puis, La Charmaie abrite encore une salle multi-activités (de 200 places) qui peut être louée pour des repas anniversaires, etc. Et chaque dernier jeudi du mois, cette salle accueille les repas « communautaires » associant les résidents avec les membres de leurs familles ou les habitants du village.

Au cœur du village de Muraz

La Charmaie jouit par ailleurs d’un emplacement privilégié à Muraz. A proximité se situent en effet le centre scolaire ainsi que l’église paroissiale. En 2022 La Charmaie a participé ainsi en quelque sorte à différentes manifestations telles que la Fête-Dieu ou la patronale de la Saint-André.

Merci à Hervé Fournier et bienvenue à Jérôme Livet ! 

On souhaite à M. Hervé Fournier de pouvoir profiter au mieux de sa retraite pour s’occuper de ses six petits-enfants ainsi que pour entreprendre des voyages (notamment aux Etats-Unis pour visiter ses deux beaux-frères ou dans d’autres pays pour retrouver d’anciens étudiants des écoles hôtelières où il a enseigné).

Fun et Foi à Rome

Devant le Colisée.

L’automne dernier, trois jeunes du groupe « Fun et Foi » de la paroisse de la Cathédrale sont allés en pèlerinage à Rome : interview de deux participantes, Bénédicte et Marie.

Par Aline Jacquier, Marie et Bénédicte | Photos : Sophie Zufferey

Dans quel cadre êtes-vous partis à Rome ?
Avec le groupe de jeunes « Fun et Foi ». Nous étions trois jeunes : Marie, Bénédicte et Mikaël. Nous étions accompagnés par Sophie, la maman de Mikaël et M. le curé Philippe. Nous profitons de remercier ici toutes les personnes qui nous ont aidés financièrement lors de la vente de gâteaux et de chapelets !

Qu’avez-vous visité ?
B. et M. : Les basiliques majeures et des églises (beaucoup), des places et des fontaines (pas mal), le Vatican (sans la coupole malheureusement), la garde suisse (normal), les catacombes Saint-Calixte (sans M. le curé : ouf !), la vielle-ville (avec les longues explications du curé) et les boutiques (énormément !).

Etait-ce la première fois que vous vous rendiez à Rome ?
B. : Non c’était la troisième fois. La première fois, c’était dans le cadre du voyage du chœur et la seconde, pour l’anniversaire de mariage de mes grands-parents. 
M. : J’y étais déjà allée une fois dans le cadre de la préparation à ma confirmation.

Et qu’avez-vous découvert de nouveau ?
B. : J’ai beaucoup aimé aller à l’église Saint-Clément en raison des différents étages historiques.
M. : J’ai redécouvert certains lieux sous un autre angle car j’ai grandi depuis la première fois que je les avais vus. Et j’ai beaucoup aimé visiter Radio Vatican sous la conduite d’Adélaïde Patrignani, une des journalistes. 

Quel fut votre moment préféré ?
Pour toutes les deux, le meilleur moment était celui de la glace du soir !

Que retenez-vous de ce pèlerinage ?
B. : Comme nous n’avons pas pu visiter la coupole de la basilique Saint-Pierre, M. le curé nous a promis qu’on retournerait à Rome. Je retiens aussi que la ville a été construite sur plusieurs étages. Mais avant tout, ces quelques jours ont renforcé notre amitié !
M. : Pour moi, c’était un superbe pèlerinage. On a tous appris à mieux nous connaître et j’ai eu de la chance de pouvoir faire un voyage en étant aussi bien entourée !

Une anecdote pour terminer ?
B. : Un jour, M. le curé nous avait fait le coup de la glace dans le nez. Du coup, le dernier soir, nous avons décidé de lui rendre la pareille. Seulement, lorsque nous avons tapé dans sa glace, il a eu peur et a serré son cornet… je vous laisse imaginer ce qu’il s’est passé : sa glace est tombée par terre. Je ne vous explique pas comme on a ri !
M. : Chaque matin, M. le curé nous donnait une heure de rendez-vous pour le petit-déjeuner. Comme à notre habitude, Bénédicte et moi arrivions très souvent en retard… Le dernier matin, avec Mickaël et Sophie, nous avons décidé d’arriver en avance et de bloquer M. le curé à l’entrée du réfectoire pour qu’il soit en retard… Mais nous n’avons pas eu besoin de le faire car il est arrivé en retard sans notre aide !

Un précurseur du naturalisme: Antoine Pluche ou l’Abbé Pluche (1688-1761)

Les philosophes des Lumières se sont montrés très critiques à l’égard de l’Abbé Pluche.

Par Pierre Guillemin | Photo: DR

Ordonné prêtre en 1712, l’Abbé Pluche se tourne vers l’enseignement puis se consacre à la rédaction de son ouvrage le Spectacle de la nature, rédigé en sept volumes, entre 1732 et 1750, qui constitue une initiation aux connaissances en sciences naturelles de l’époque sous forme d’un dialogue entre un enfant, ses parents et son précepteur. Ce livre est l’un des fondements du naturalisme scientifique, c’est-à-dire les « sciences naturelles », à savoir l’inventaire et l’étude des êtres vivants, des minéraux et des végétaux.

C’est le premier best-seller de la littérature francophone : le premier tirage est épuisé peu après sa mise en vente et une réédition est tout de suite lancée. 

Au total, on a dénombré pas moins de cinquante-sept éditions ainsi que plus de vingt-cinq traductions.

Mais, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières se sont montrés fort critiques à l’égard de l’Abbé Pluche et ont presque réussi à faire oublier ce best-seller que fut Le Spectacle de la nature et son influence sur l’engouement du public pour les sciences de la nature. Pourquoi ?

Science et simplicité

Le Spectacle de la nature s’inscrit dans cette vogue d’ouvrages du début du XVIIIe siècle « où l’auteur démontrait l’existence de Dieu et la sagesse de sa création, en s’appuyant sur les dernières découvertes de la Science, et particulièrement sur les dernières découvertes microscopiques et l’attraction universelle » (J. Roger, Les Sciences de la vie dans la pensée française du 18e siècle, Paris, Armand Colin, 1963). Ce que ne pouvaient admettre ni Voltaire ni Diderot. 

Mais, l’œuvre de l’Abbé Pluche, par son succès même, constitue un danger plus grand pour les Encyclopédistes : celui d’une écriture de la nature qui allie science et simplicité, contemplation de la nature et plaisir.

Ouvrir les yeux du lecteur

Chez l’Abbé Pluche, il s’agit d’ouvrir les yeux pour permettre de voir ce Spectacle de la nature : voir et comprendre sont donc synonymes chez ce tenant de la Science moderne. L’Abbé Pluche réhabilite la notion de curiosité, vision novatrice à l’époque car écrite par un religieux. La préface s’ouvre en effet sur l’idée que « le désir de savoir nous est aussi naturel que la raison ». Il s’agit pour l’Abbé Pluche d’ouvrir les yeux des lecteurs sur les richesses de la nature, afin qu’ils perçoivent « ce que l’éloignement, la petitesse et l’inattention leur dérobaient ».

Un parallèle et un complément

Par Nicolas Maury, rédacteur en chef de « L’Essentiel », Saint-Augustin SA | Photo : Jean-Claude Gadmer

Saint-Augustin SA poursuit sa transformation numérique. En parallèle et en complément de L’Essentiel en format papier, la société basée à Saint-Maurice propose désormais aussi une version digitale. « Notre objectif est d’offrir un outil correspondant au mode actuel de consommation de l’information d’une grande partie de la population, indique son directeur Yvon Duboule. Diverses études de marché montrent clairement une poursuite de cette tendance. C’est aussi un moyen de capter un lectorat plus jeune et / ou sensible aux questions environnementales. »

La porte d’entrée du magazine numérique se trouve sur le site de la paroisse (voir pages 10 et 11). « Chaque lecteur peut désormais consulter son magazine en tout lieu, sur smartphone, tablette ou ordinateur », précise Chantal Salamin, webmaster. « Il est ainsi possible de faire découvrir L’Essentiel à sa famille et à ses amis sans disposer de la version papier avec soi, mais aussi d’accéder à tous les anciens numéros et aux articles publics d’autres magazines. » Le tout soit dans une version web, soit à l’aide d’une liseuse dans une mise en page identique à la version imprimée.

Le renouvellement de l’abonnement en ligne grâce à une carte de crédit ou à Twint (et bientôt la carte PostFinance) et l’option de modifier son adresse postale sont d’autres potentialités du système. Sans oublier la possibilité d’offrir un abonnement cadeau. Et Yvon Duboule de conclure : « La solution ayant été développée par Saint-Augustin, notre volonté est de continuer à l’adapter à l’évolution technologique afin de proposer des services répondant toujours mieux aux attentes des paroisses et des lecteurs. »

Une volonté du Conseil de paroisse

Ces innovations techniques, proposées par Saint-Augustin SA, ont été décidées par le Conseil de paroisse en 2022 et figurent au budget de cette année de la paroisse pour un montant conséquent. Elles marquent toutefois la volonté des responsables de la paroisse de suivre la tendance d’une communication qui prend de plus en plus des chemins différents en complément des informations diffusées par le canal du papier. N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions, remarques, souhaits, etc. car ces outils seront encore complétés et améliorés au fil des mois (cjy).

Montée Vers Pâques des Jeunes: Pascaline t’attend ; viens passer ton pacTe personnalisé

La Montée Vers Pâques (MVP) : une manière de vivre le grand mystère de Pâques avec des jeunes animateurs et pour des jeunes du Chablais valaisan (de 12 à 16 ans) au Monastère de Collombey, du Jeudi saint 6 avril au soir au dimanche de Pâques 9 avril au matin.

Texte et photo par Céline Sallin, animatrice

« Dieu nous a rendus capables d’être les ministres d’une alliance nouvelle, fondée non pas sur la lettre mais dans l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie. » (2 Co 3,6)

Le Thème 

Tu l’auras deviné, le thème de la Montée Vers Pâques : PacTe va développer les différents pactes et alliances passés entre Dieu et l’humanité. Jésus qui fait le lien entre Dieu et nous, est l’acteur de la Nouvelle Alliance, le commandement de l’amour de Dieu, du prochain et de soi-même. Nous allons donc développer les différentes alliances que Dieu a tissées avec l’Humain, depuis Adam et Eve, jusqu’à Jésus, son Fils. Alors équipez-vous bien, chaussures de marche, bon sac à dos et boisson désaltérante sont de mise, entre déluge et colosse à combattre, la traversée du désert sera longue et harassante avant d’atteindre l’Esprit Saint en nos cœurs. Pascaline, notre mascotte, nous dévoilera les tenants et aboutissants de tous ces pactes dont elle aura été témoin…

Un programme au top

Notre équipe d’animateurs de la MVP est renforcée par deux nouvelles animatrices, Estelle Schmuck et Léa Perrin. Cette année, nous avons le plaisir de t’inviter au monastère des Bernardines à Collombey, quartiers généraux de Pascaline (la mascotte, il faut suivre) afin d’y vivre la MVP. 

Depuis plusieurs semaines, nous nous activons pour concocter un programme diversifié : un méga jeu de piste, des réflexions, du partage ! Et vivre les célébrations dans les paroisses du Chablais.

Et les jeunes !

Pascaline invite donc tous les jeunes en âge d’aller au CO (de 12 à 16 ans) à la rejoindre pour vivre ensemble quatre jours autour des derniers instants du Christ. La MVP 2023 aura lieu du jeudi 6 avril au dimanche 9 avril. Alors n’hésite plus à y participer, la MVP est une expérience unique à partager en communauté, viens rencontrer Pascaline et ses anim’s. 

Prochaine date importante : vendredi 17 mars 2023 à 18h au monastère des Bernardines aura lieu une avant-première de la Montée Vers Pâques. Si tu hésites encore à t’inscrire à la MVP, cette soirée Teasing est pour toi, elle finira de te convaincre de venir passer ces quelques jours de Pâques en notre compagnie. 

« Nous sommes invités à rechoisir à chaque instant de marcher dans cette alliance, de remplir notre part du « pacte », Dieu remplit de toute façon la sienne ! » Abbé Valentin

 

Les Journées Mondiales de la Jeunesse, une « fête de la foi »

Par Johan Salgat | Photos : Yves Crettaz

Les 36es Journées Mondiales de la Jeunesse auront lieu cet été à Lisbonne. Depuis la première édition en 1986, chaque évêque est invité à programmer un évènement annuel pour les jeunes dans son diocèse, des « JMJ régionales ». Tous les deux ou trois ans, cette rencontre est internationale et rassemble plusieurs centaines de milliers, voire quelques millions de jeunes du monde entier.

La structure globale de la semaine est généralement semblable d’année en année : une messe d’ouverture est célébrée avec l’évêque local le mardi, le Pape est accueilli le jeudi et le vendredi est proposé un chemin de croix. Le samedi, tous les pèlerins venus du monde entier marchent pour rejoindre le lieu de rassemblement final, qui comporte une veillée de prière, une nuit à la belle étoile, les laudes et la messe d’envoi, présidée par le pape. Durant ces quelques jours, les jeunes ont également la possibilité de suivre des enseignements, des concerts, des expositions et de découvrir la ville hôte.

Cette invitation du pape Jean-Paul II, reprise par Benoit XVI et François, qui s’adresse à tout jeune, quels que soient son pays et sa situation, est un temps fort. Cette rencontre est festive et joyeuse. Les rues sont envahies de jeunes, les visages illuminés, s’échangeant des goodies et brandissant leur drapeau, dansant et riant ensemble, bien qu’ils ne parlent pas la même langue. Mais l’amour se fiche des langues. L’Eglise universelle est rassemblée et célèbre ensemble le Christ vivant. 

Cette année les JMJ ont lieu à Lisbonne, au Portugal, du 1er au 6 août. Différentes variantes sont possibles, en fonction des disponibilités et envies de chacun. La proposition, à laquelle les jeunes sont plus particulièrement encouragés à participer, est de partir la semaine précédente dans le diocèse de Braga. Cette semaine permet de découvrir la culture locale, le groupe avec lequel nous partons et de se préparer à vivre la semaine suivante à Lisbonne. Il est aussi possible de s’inscrire pour une semaine supplémentaire, soit du 7 au 12 août, pour rentrer en douceur, débriefer et redescendre un peu de notre nuage en s’arrêtant dans le sud de la France. Toutes les infos se trouvent sur jmj.ch 

Le thème de ces JMJ 2023 est « Marie s’est levée et est partie en hâte » (Lc 1, 39). Alors, à l’exemple de Marie, levons-nous et partons avec empressement !

Questions et informations complémentaires : 
Johan Salgat / 076 576 91 89
salgat.johan@gmail.com

Messe d’envoi aux JMJ de Panama.

La protectrice des Amérindiens

« La bonté peut être désagréable si elle laisse une piqûre derrière elle. » Katharine Mary Drexel a fait sienne cette maxime enseignée par sa belle-mère. Née dans une famille américaine de philanthropes, la jeune femme apprend au contact de cette femme en lutte contre un cancer en phase terminale, que l’argent des Drexel ne pouvait acheter ni protection contre la douleur, ni contre la mort. Sa vie prend alors un profond tournant.

Par Myriam Bettens | Photo: DR

La vie de Katharine Mary Drexel ne commence pas de la manière la plus simple qui soit. Elle voit le jour à Philadelphie en novembre 1858. Cinq semaines plus tard, sa mère décède. Son père épouse Emma Bouvier. Cette dernière élève « Kate » et ses deux sœurs comme ses propres filles sur un modèle de « féminité chrétienne » et de philanthropie. Elle montre la voie en ouvrant sa maison trois fois par semaine pour venir en aide aux pauvres de Philadelphie. Emma décède en 1883 d’un cancer, suivie de son mari en 1885. Les sœurs Drexel décident d’utiliser les 14 millions de dollars, fortune colossale pour l’époque, pour poursuivre les activités philanthropiques de leurs parents.

Particulièrement sensible au traitement réservé aux Amérindiens, Katharine Mary Drexel cherche à améliorer les possibilités d’éducation dans les réserves de l’Ouest américain. En 1886, elle se rend en Europe pour se former aux dernières techniques d’enseignement. Elle y rencontre le pape Léon XIII et lui demande d’envoyer des religieuses sur le terrain. Le Pape lui propose alors de devenir elle-même missionnaire. En 1887, elle écrit au père James O’Connor, le prêtre de sa famille, pour lui faire part de sa résolution de se consacrer au Christ. L’évêque local suggère la création d’un nouvel ordre au service des Amérindiens et des Afro-Américains. Le 12 février 1891, elle prononce ses vœux en tant que fondatrice des Sœurs du Saint-Sacrement pour les Amérindiens et les Afro-Américains. A sa mort, en 1955, l’ordre dirige 61 écoles, trois maisons de services sociaux et l’Université Xavier de Louisiane, seule université ouverte alors aux Afro-Américains. L’année 1964 marque l’ouverture de sa cause en béatification. Canonisée le 1er octobre 2000, elle est fêtée tous les 3 mars.

«J’aime ces 40 jours de Carême!»

Par l’abbé Darius Kapinski, curé-modérateur | Photo : DR

Le Carême précède et prépare la fête de Pâques – commémoration de la plus grande victoire, celle du Christ sur la mort.

J’aime cette période de 40 jours ! L’Eglise me l’offre comme un cadeau montrant en exemple le Christ qui repousse les tentations du Mauvais. La prière et le jeûne en deviennent les merveilleux remèdes et mes privations servent à une plus grande ouverture aux autres.

Quelqu’un a bien dit qu’en nous privant du nécessaire, nous nous rappelons que Dieu nous est encore plus nécessaire.

En Suisse, il existe une forme originale de partage qu’on ne trouve pas dans mon pays d’origine et que j’apprécie tout particulièrement, c’est la soupe de Carême. Ce repas simple m’invite à la privation et à donner à cette occasion une aumône, l’équivalent de ce que je compterais pour un bon repas au restaurant.

Fructueux Carême à tous !

Mercredi 1er février à Monthey: rencontres des servants des messe

Depuis quelques mois, les servants de messe de Monthey-Choëx peuvent compter sur de nouvelles responsables pour les former au service, organiser le planning et leur préparer des rencontres récréatives et sympathiques, comme celle de la Chandeleur. A cette occasion, les servants du Haut-Lac et de Collombey-Muraz se sont joints à l’équipe de Monthey, le mercredi 1er février, à la Maison des jeunes, pour manger les crêpes !

Par Erika Fialho Meninas, Pour les Anciennes
Photos : Patricia Rodrigues

Les « Anciennes »

Nous sommes un groupe de sept amies âgées entre 19 et 21 ans qui se sont rencontrées dans le cadre de l’Eglise. Nous avons toutes fait notre parcours religieux depuis le baptême jusqu’à la confirmation. Nous ne nous connaissions pas toutes, malgré que l’on ait suivi notre catéchèse et nos autres « formations » ensemble. Jusqu’au jour où la proposition de devenir servantes de messe a fait surface. Nous avions toutes accepté cette mission qui allait en plus nous rapprocher de Dieu ! 

Nous sommes devenues meilleures amies grâce à cette activité et gardons de merveilleux souvenirs ! Nous avons une grande reconnaissance pour notre ancienne responsable, Maria Paiano, qui a su nous transmettre sa joie de vivre et sa bonne humeur que nous voulons à notre tour transmettre aux jeunes servants ! Nous formons maintenant le groupe autoproclamé « des Anciennes » et nous accompagnons les enfants et les jeunes tout au long de leur parcours de servants. Nous proposons aussi des sorties et des activités en dehors des messes. Nous sommes toutes très heureuses d’avoir cette responsabilité et nous nous réjouissons de mieux connaître les servants de la paroisse ! 

La Chandeleur

En février, nous nous sommes rencontrés, avec les servants de Collombey-Muraz et du Haut-Lac (en plus du groupe de Monthey-Choëx) pour en apprendre davantage sur ce qu’était la Chandeleur et tisser des liens entre nous.

La Chandeleur n’est pas juste une bonne occasion de manger des crêpes, c’est une fête religieuse !

A l’époque romaine, c’était une fête annuelle en l’honneur des défunts, au cours de laquelle les Romains veillaient à l’aide de  cierges et de torches, d’où la racine du mot qui est « chandelle ». Plus tard, le pape Gélase a christianisé cette fête : la Chandeleur a lieu le 2 février, soit 40 jours après Noël et commémore la présentation de Jésus au Temple. Durant des siècles, cette fête a été symbolisée par des chandelles et des crêpes. Par leur forme ronde et leur couleur dorée, les crêpes représente le disque solaire et le retour à la Lumière.

Notre rencontre s’est poursuivie par des jeux et un temps de prière à l’église tous ensemble. 

Crêpes party pour le goûter.

Greviria, au service de la jeunesse bulloise

Par Philippe Bonnet et Luca Charlier | Photo : Philippe Bonnet

Peut-être avez-vous déjà pu apercevoir, au défilé de la Fête-Dieu par exemple, de jeunes étudiants coiffés d’un couvre-chef amarante et munis d’un sautoir tricolore. Ce sont des membres de la Greviria, la section bulloise de la Société des étudiants suisses. Celle-ci, abrégée SES, est la plus grande société du type en Suisse. Elle fut fondée en 1841 dans le but de donner aux étudiants catholiques une alternative conservatrice aux autres sociétés d’étudiants qui existaient à l’époque, plus libérales. Historiquement, la SES joua un important rôle politique au sein de notre pays et presque tous les membres du Parti catholique conservateur (l’actuel PDC) furent issus de ses rangs.

La Greviria se rassemble hebdomadairement lors de stamms où ses membres passent ensemble un moment convivial autour d’un verre, échangeant sur des sujets divers – politique, école, histoire et d’autres – ou entonnant joyeusement des chants enjoués. C’est alors que règne la première de nos trois valeurs : Amicitia.

Conformément à sa deuxième valeur, Scientia, la Greviria organise également pour ses membres des activités plus intellectuelles, comme des conférences, des visites de musées ou des concerts, car il s’agit aussi de former des esprits intelligents et mûrs.

Virtus, notre ultime mot d’ordre, donne à la Greviria sa dimension spirituelle et morale, ancrée dans la foi catholique. Ainsi, à travers témoignages et exemples de vie chrétienne, plusieurs de nos membres ont pu, gratia Dei, trouver ou retrouver leur foi, le plus récent ayant entamé sa catéchèse afin de recevoir le baptême. Avant chaque événement d’importance, nous assistons également à une messe, donnée par notre aumônier, l’abbé Kolodziejczyk, pour accorder au Christ la place qu’Il mérite dans nos rencontres. La Greviria s’engage aussi activement et charitablement, par exemple au cours du semestre passé, quand nous avons donné chaque semaine des cours de soutien scolaire gratuits à des élèves en difficulté.

En librairie – mars 2023

Par Calixte Dubosson et la librairie Saint-Augustin

Des livres

Jésus de Nazareth
Benoît XVI

Benoît XVI examine la vie de Jésus rapportée dans les Evangiles pour y discerner le Jésus historique. De façon très concrète, il éclaire les questions fondamentales que l’on se pose tous, comme les raisons pour lesquelles ce monde apparaît si imparfait, plein d’injustices ou pourquoi Dieu ne manifeste pas de manière plus évidente son existence. Ce livre se découvre par courts chapitres accessibles qui nourrissent autant la réflexion que la méditation. En cela, il peut tout à fait répondre aux attentes d’un lecteur moderne qui n’est pas féru de théologie, mais veut en savoir davantage.

Editions Flammarion

Acheter pour 15.50 CHF

Qumrân
Le Monde de la Bible, no 242

75 ans après leur découverte du printemps 1947, les manuscrits de la mer Morte continuent de mobiliser de nombreuses équipes de chercheurs dans le monde. Une recherche fructueuse puisque l’étude des textes, l’archéologie et l’interprétation du site de Qumrân, avec l’appui des nouvelles technologies, livrent ainsi de nouveaux enseignements. Le Monde de la Bible a demandé à des chercheurs d’universités européennes et américaines de nous révéler ce que l’on avait appris de nouveau sur les fameuses grottes, sur le texte du maître de Justice, sur ce que disent les textes araméens ou ce que l’intelligence artificielle a pu nous apprendre du monde des scribes de Qumrân.

Editions Bayard

Acheter pour 23.20 CHF

Un Carême pour mieux aimer
Don Montfort de Lassus Saint-Geniès

Ce carnet à usage très pratique s’adresse à tous ceux, femmes ou hommes, qui souhaitent utiliser le temps de Carême pour progresser dans l’amour de Dieu et des autres. Il ne propose pas de méthode, n’invite pas à la « performance », mais s’attache plus humblement à mettre le lecteur en condition pour poser des gestes de charité ou améliorer son comportement quotidien. Pendant 40 jours, il propose des extraits de la parole de Dieu, des méditations, des prières, des suggestions concrètes d’attention aux autres et offre des balises pour faire le point régulièrement sur son engagement. Un compagnon fidèle et sérieux pour cheminer vers plus de liberté intérieure.

Editions Mame

Acheter pour 19.20 CHF

Carlo Acutis
De Prévaux – Russo

Carlo est né en Italie. Il aime le foot, les animaux, ses amis et c’est un mordu d’informatique. Il est fasciné par les églises, par la Vierge Marie et son plus grand désir est de recevoir l’Eucharistie ! Il monte des sites internet pour les paroisses. A 15 ans, il est frappé par une leucémie foudroyante. Il ne se plaint de rien. « Le bonheur, c’est d’avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse, c’est d’avoir le regard tourné vers soi-même. » Il meurt le 12 octobre 2006. Cette BD permettra à beaucoup de jeunes de trouver en lui une lumière dans le monde actuel.

Editions Plein vent

Acheter pour 24.70 CHF

Pour commander

Soupes de Carême à Estavayer: une organisation bien rodée

Par Marie-Christine Mota | Photo : LDD

Les soupes de Carême à Estavayer-le-Lac sont servies depuis des lustres. Tout d’abord à la salle Saint-Joseph (Maison Griset). Suite à la donation de cette salle de paroisse à la commune, les soupes sont maintenant dégustées à la salle de la Prillaz mise gracieusement à disposition par la commune. Les personnes qui apprécient le partage d’un repas de Carême composé d’une soupe, un morceau de fromage et un bout de pain en parfaite convivialité se retrouvent quatre vendredis du Carême. 

Cette année, les 10, 17, 24 et 31 mars. Souvenons-nous des généreux cuisiniers et cuisinières qui se sont mis à disposition de ce beau moment de partage dans le passé : Henri Buchs, Cécile Pillonel, Joseph Perriard et le, encore vaillant, Michel Plancherel. Les soupes sont préparées et servies par les veuves, le chœur mixte, Estasympa et les catéchistes. Pour chaque soupe, les communautés protestante et catholique réunissent leurs forces. Nous préparons entre 80 et 150 litres de soupes différentes et nourrissons entre 150 et 250 personnes. Les restes sont apportés dans des institutions qui peuvent les consommer ou les distribuer. Le but de ces soupes de Carême est le partage avec les plus démunis. Nous nous contentons du peu qui est sur la table et versons une obole qui correspondrait au moins au prix de notre repas habituel ou plus… C’est une contribution importante à l’Action de Carême – Pain pour le prochain.

Une soupe solidaire à Cheyres

La soupe de Carême, un événement annuel qui perdure depuis des décennies notamment à Cheyres. Mais aussi une préparation minutieuse avec nos fidèles bénévoles et les servants de messe heureux d’apporter la force de leur poignet et la joie d’aider.

Par Claire Moullet

Des jeunes que nous avons appelés pour apporter un peu de potage à nos aînés suite à une réflexion commune du conseil de communauté, se rappelant tous les visages ayant œuvré au fil du temps, ou des convives attendus d’année en année. Beaucoup ont quitté ce monde, d’autres sont retenus par l’âge et ses épreuves, et la plupart seuls.

Distribution des bidons et les porteurs, accompagnés d’un membre du conseil, vont frapper à la porte des personnes surprises de la visite d’un jeune et de l’odeur d’une soupe maison. Quelques questions, un peu de gêne, bien vite dissipée par un petit œuf ou un biscuit. Des yeux qui brillent lors des remerciements avec parfois promesse de prières. A la salle de L’Etourneau, de joyeux convives profitent d’un temps clément autour d’une table bien garnie. Un moment de convivialité et d’échanges avec des hôtes et des saveurs venues d’ailleurs, une occasion de mieux con–naître nos activités. La soupe a rempli son but : nous ouvrir au monde avec le projet choisi par la paroisse, réunir des paroissiens en toute fraternité et visiter nos aînés ravis du partage et du potage… 

Les Montets, une communauté, mais deux églises et deux soupes de Carême

Depuis de nombreuses années, les soupes de Carême étaient simultanément servies sur les deux lieux le Vendredi saint. Aujourd’hui, le Conseil de communauté a choisi de maintenir une soupe le Vendredi saint à Montet et de proposer à Aumont la soupe de Carême du dimanche. Elle est prévue le 12 mars à l’issue de la messe de 10h à l’église d’Aumont, à la salle communale, afin de poursuivre par un moment fraternel et convivial mais surtout pour vivre la solidarité en soutenant Action de Carême. Bravo pour cette belle initiative !

Paroisse de Choëx: repas des bénévoles

Le dimanche 29 janvier, a eu lieu le premier dîner de remerciements pour les bénévoles de la paroisse de Choëx. Après la messe et l’apéro dominicaux, les convives ont visité le monastère des Bernardines, puis se sont attablés pour une raclette en toute simplicité avec beaucoup de fraternité. 

Par la Commission Choëx | Photo : Fabio D’All Antonia

Qui allume les bougies avant la messe ? Qui prépare le thermos de vin chaud ? Qui apporte les branches d’olivier pour la messe des Rameaux ? Et pour bien d’autres gestes encore, plusieurs bénévoles œuvrent avec fidélité et discrétion… Ils rendent notre communauté conviviale, nos messes belles et priantes, notre église accueillante. Certains sont engagés depuis quelques mois, d’autres de longue date. Le dîner de janvier était l’occasion de manifester notre reconnaissance et de dire mille mercis à chacun pour ce qu’il apporte à notre paroisse. La joie et la convivialité étaient également au rendez-vous.

Le nez de l’archéologue

Texte et photo par l’Abbé Andrea De Vico

Justin dort à côté de Fufy, sa mère. Ce sont deux chats mais… se souviennent-ils d’être mère et fils ? Dans le monde humain cependant, le sens des générations est fondamental pour la mémoire. 60 générations nous séparent de l’année 27 av. J.-C. quand Auguste a fondé la principauté et que les libertés de la République primitive ont été perdues. Si l’on veut remonter aux premières Cités-Etats, à l’écriture de l’Odyssée, à la fondation de Rome ou à l’Alliance d’Abraham, il faut remonter au moins à 85-90 générations. Voici le temps minimum que nous devons assimiler si nous voulons nous connaître nous-mêmes. Tout le reste c’est de la préhistoire, c’est de l’homo sapiens qui évolue depuis si longtemps que même le paramètre des générations ne convient plus pour le mesurer.

Si nous nous écrasons sur le présent, comme s’il s’agissait d’un écran à deux dimensions, nous vivrons une vie isolée dépourvue de mémoire, semblable à celle des mammifères, ou à celle des appareils auxquels nous confions la tâche de nos mémoires. Mais si nous revivons ces quatre-vingts vies qui nous séparent de la fin de la préhistoire, alors nous vivrons d’innombrables autres vies, à la fois horizontales et verticales, voyageant à travers l’espace et le temps. Ainsi l’avenir s’ouvre et nous pouvons choisir. Et choisir, c’est être libre.

La plupart des civilisations ont disparu, oubliées, assimilées. Pour redonner vie et revoir ce qui s’est transformé en couches sous nos pieds, nous avons besoin du nez de l’archéologue qui renifle, suit une piste, reconstitue un sens, le compose en une grande histoire, restituant le sens des vies passées, pour comprendre la nôtre.

Il y a eu une découverte de deux plaques d’argent du VIIe siècle av. J.-C. trouvées dans un tombeau à Jérusalem, sur lesquelles était gravé un texte biblique, du livre des Nombres (Nm 6, 24-26) : 

« Jhwh te bénisse et te garde, 
Jhwh fasse briller sur toi son visage et te fasse grâce, 
Jhwh lève vers toi sa face et t’accorde la paix ». 

La recherche archéologique et la page biblique se rejoignent et se complètent.

Considérations inspirées par Andrea Carandini, archéologue

Le Carême, un « catéchuménat-pour-tous »

Le forsythia à la floraison lumineuse annonciatrice de l’arrivée du printemps !

Par Simon Roduit | Photo : DR

Lors d’une rencontre de préparation au baptême adulte, l’un des catéchumènes qui recevra les sacrements d’initiation à Pâques cette année me pose une question qui m’interpelle : « Pourquoi est-ce que les baptêmes des adultes ont lieu à Pâques et pas à Noël ? » 

En effet, cette fête qui commémore la naissance de Jésus pourrait convenir à la naissance d’un homme à la vie d’enfant de Dieu. Je tente de chercher avec lui une raison à cela… Si le baptême chrétien était célébré à Noël, la symbolique de la naissance à une vie nouvelle serait bien mise en valeur ; mais qu’en serait-il de la dimension de mort au péché, de changement de vie, si bien signifiée par la fête de Pâques – passage de la mort à la résurrection avec le Christ ?

La réflexion sur la mort au péché et le renoncement à sa vie ancienne est intéressante pour un catéchumène qui se prépare au baptême durant le temps du Carême, mais aussi pour tout chrétien qui renouvelle les promesses de son baptême chaque année lors de la Veillée pascale. Le temps du Carême est comme un « catéchuménat-pour-tous », une invitation annuelle à quitter l’homme ancien pour revêtir l’homme nouveau (Cf Ep 4, 22-24). Ainsi, le temps du Carême nous propose des actions concrètes comme le jeûne et l’aumône, pour s’entraîner à se détourner de ses actions mauvaises et à accomplir la volonté de Dieu. Mais ces actions concrètes ne seraient rien sans la prière, cette relation amicale et transformante avec le Créateur de tout bien, qui manifeste à Dieu notre désir de faire sa volonté, notre disponibilité à la conversion.

Chaque année, le temps du Carême arrive avec le printemps, et nous voyons la nature qui renaît, les bourgeons qui éclosent, laissant tomber par terre une enveloppe morte qui les avait protégés du froid hivernal pour laisser émerger une fleur et ses couleurs. La liturgie nous invite à ne pas nous réjouir au même rythme que toutes les fleurs précoces, mais à laisser grandir le désir de cette éclosion spirituelle jusqu’à la fête de Pâques. Nous savons combien quelque chose qui a été désiré longuement est d’autant plus apprécié – la venue d’un enfant, l’ascension d’un sommet difficile, l’obtention d’un travail tant cherché. Ainsi la prière durant le temps du Carême nous permet de creuser en nous le désir de Dieu pour mieux recevoir sa vie à Pâques.

Comme le catéchuménat est le temps où le désir du baptême grandit, le Carême est pour tous le temps du long désir, qui nous permet par les œuvres concrètes de mourir à nous-même, mais aussi par la prière de nous préparer à recevoir la vie nouvelle du Christ ressuscité.

Le sens du Carême

Le Carême est une période de «jeûne» et d’approfondissement de sa foi, durant laquelle il est commun de s’abstenir de boire de l’alcool ou de manger de la viande ou du chocolat, de jeûner pour certains et de pratiquer l’abstinence les jours de pénitence, soit le vendredi, jour traditionnellement associé à la mort de Jésus-Christ.

Par Nathalie Angelini-Traeger | Illustration : DR

Pour moi le sens principal de ce temps particulier c’est la préparation à la fête de Pâques, qui commémore la résurrection du Christ. Pendant 40 jours, nous sommes invités à repenser nos choix, notre mode de vie. Mais ce n’est pas tout, le Carême nous donne aussi l’opportunité de freiner un peu nos vies bien trop souvent remplies ou « simplement » polluées de distractions qui ne nous apportent ni la paix, ni la joie et à nous recentrer sur ce qui est juste, sur ce qui nous fait du bien, mais aussi sur nos proches et les autres. 

Matthieu 9 : 15

Jésus leur répondit : Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger pendant que l’époux est avec eux ? Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.

Alors oui jeûner nous est demandé en tant que fidèles, mais sommes-nous en tous capables ? Oui et non et finalement là n’est pas le plus important. Le plus important en Carême est de prier, de se rapprocher de sa foi, d’aimer ses frères, de donner, d’aider son prochain, de pardonner à ceux qui nous ont offensés. Nous ne devrions jamais jeûner en oubliant le plus important, car s’abstenir de manger, de boire ou peu importe les choix qui sont les nôtres en cette période si particulière, nous ne devrions jamais perdre de vue le plus important : le Royaume de Dieu, sa Justice, sa Paix par le Saint Esprit et la Joie 

Luc 18 : 11-14

Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : ô Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.

Seigneur pour ce Carême, aide-moi à être dans les bonnes dispositions de cœur envers mon corps et mon prochain, dans la prière, tout en honorant du mieux que je peux ton Royaume. Car je sais que ce n’est pas l’aliment lui-même dont je vais me priver qui va compter, mais ce qu’il va produire dans ma vie.

Les ados en pèlerinage: rêver ou espérer?

Ils étaient six Montheysans, sur le quai de gare à Aigle, direction le Simplon pour le pelé des ados. Rejoints par six autres Valaisans, ils ont d’abord été perplexes voire décus du petit nombre, bien loin des soixante espérés…

Par Sandrine Mayoraz | Photo : Gérard Puippe

Un soleil splendide nous accompagne sur l’itinéraire en raquette. Qui es-tu ? Et quels sont tes rêves ? Ces questions ont guidé la marche les uns vers les autres pour faire connaissance et celle vers notre intériorité… « Devenir médecin », « que chacun grandisse dans un foyer aimant », « que tout le monde s’entende bien durant ce week-end », « rentrer vivant », lâche un autre avec humour. 

Au fil du week-end différents ateliers d’écriture, de peinture, de musique, de discussion ont permis de révéler leur espérance et leur aspiration. Autour du feu, symbole de l’Espérance dans la nuit, certains ont osé des paroles personnelles. S’inspirant de l’Evangile du jour 1, un jeune animateur partage : « Mon Espérance pour cette semaine, ce serait de me débarrasser du superflu pour ne garder que le nécessaire. » Pour ma part, je suis admirative de la sagesse, la profondeur et l’audace dont témoignent ces jeunes.
Je suis reconnaissante de pouvoir partager ces moments avec eux : ils sont des témoins entre eux et aussi source d’Espérance pour nous, les adultes qui les accompagnons. 

Au terme du week-end, les six sont enchantés. Ils ont su tirer parti du petit nombre : « Nous avons pu connaître tout le monde et être un grand groupe plutôt que plusieurs petits groupes. Nous avons bien partagé. »

1 « Que votre parole soit « oui », si c’est « oui », « non », si c’est « non ». Ce qui est en plus vient du Mauvais. » (Mt 5, 37)

Archéologie biblique et catéchèse

Pour l’équipe pastorale : texte et photo par Isabelle Poncet

La Bible nous fascine, nous interroge et nous fait nous interroger sur l’existence de Dieu. Comme on aimerait avoir des preuves sur la véracité de certains faits et de certains récits ! Si l’existence de Jésus est attestée en tant que personnage historique, seule la foi nous fait reconnaître en Lui le Fils de Dieu.

En tant qu’adultes, nous sommes toujours en train de découvrir les richesses des textes bibliques, de les réinterpréter, de se les approprier. Ce qui ne se fait pas sans comprendre le contexte de l’époque. 

De nos jours, les enfants n’acceptent plus de prendre pour acquis ce qu’on leur dit. Ils se questionnent, ils réfutent et c’est difficile pour eux de croire. 

Certains propos de la Bible leur paraissent invraisemblables et c’est là que l’archéologie biblique peut nous aider, notamment en ancrant Jésus dans l’histoire comme personnage ayant réellement existé. 

Dans un des livrets proposés dans le programme de catéchèse (« Et qui donc est Dieu » – chez Bayard), les enfants tentent de comprendre « Pourquoi Jésus s’est-il laissé tuer sur la Croix ? » Une carte de Jérusalem à l’époque et un film leur permettent de visualiser le parcours du Christ lors de sa Passion, à travers des vestiges archéologiques. Voir qu’en creusant, les archéologues ont retracé le parcours à travers la ville de l’époque leur permet de prendre conscience que Jésus a bien existé et que ce que nous leur racontons n’est pas que des histoires que l’on ne peut pas visualiser. Déjà que Dieu, on ne Le voit pas… ! 

Néanmoins, si les vestiges peuvent nous aider à croire, la foi, elle, ne peut venir que de la rencontre personnelle avec le Christ. En tant que parents et catéchistes, nous semons, mais Dieu seul récolte !

De quel monde voulons-nous être responsables?

La Campagne œcuménique 2023 menée par Action de Carême, l’EPER et Etre partenaires met en avant la contribution de l’agroécologie à la lutte contre les changements climatiques et ses conséquences.

Par l’équipe de campagne Action de Carême

Actuellement, la crise climatique représente le principal défi à la survie de l’humanité. Les événements climatiques extrêmes tels que les sécheresses ou les inondations sont cause de faim et de pauvreté. Or, nos habitudes alimentaires – de la production à la consommation – jouent un rôle clé en la matière, notamment en ce qui concerne notre empreinte écologique et la sécurité alimentaire des pays du Sud. La façon dont nous traitons la Terre reflète la considération que nous portons à nos semblables. Selon la pensée de Gottfried Wilhelm Leibniz *, « La justice n’est autre chose que la charité du sage ». Agissons donc avec sagesse, faisons preuve d’humanité et comportons-nous de manière juste envers notre planète et ses habitant·es afin que chacun·e puisse vivre dans la dignité ! 

La justice climatique est une nécessité – C’est pourquoi elle se trouve au cœur de la Campagne œcuménique pour la troisième année consécutive. Durant ce Carême 2023, l’EPER, Action de Carême et Etre Partenaires mettront en avant la contribution de l’agroécologie à la lutte contre la crise climatique et ses conséquences. Cette forme d’agriculture à petite échelle, adaptée aux conditions locales, préserve la biodiversité, encourage une alimentation saine et ouvre de nouvelles perspectives. Ses méthodes sont bénéfiques tant pour les êtres humains que pour l’environnement. Elles favorisent la participation politique, les systèmes alimentaires de proximité ainsi que la transition vers des modèles économiques qui privilégient la solidarité et le respect des ressources naturelles.

De quel monde voulons-nous être responsables ? – Tout au long de notre campagne, nous aborderons cette question sous divers aspects : connaissances scientifiques, situation actuelle, perspectives politiques, principes théologiques ou encore engagement individuel. Nous verrons qu’il est possible de façonner le monde de demain, celui que nous laisserons aux générations futures. Un monde dont nous assumerons la responsabilité avec fierté. Ensemble, agissons pour qu’un monde juste pour toutes et tous soit une réalité !

* G. W. Leibniz (1646–1716) est un philosophe, mathématicien, juriste, historien et conseiller politique allemand du début de la Renaissance. Il est considéré comme le « génie universel » de son époque.

Agis pour faire la différence : justice climatique, maintenant !

Photo : Bob Timonera

Vous nourrissez-vous de manière équitable ? Que se cache-t-il derrière les aliments de votre frigo ? Comment la nourriture de votre assiette a-t-elle été cultivée et à quel point les fruits et les légumes que vous consommez ont-ils voyagé ? Le parcours des aliments du champ jusqu’à notre assiette est plus complexe qu’il n’y paraît…

… Notre mode de production alimentaire actuel est responsable de plus d’un tiers des émissions nocives de gaz à effet de serre. Consommer des produits locaux, saisonniers et équitables aide à améliorer le bilan de gaz à effet de serre de l’alimentation et de la production alimentaire. La production et les habitudes alimentaires sont en lien étroit avec la famine dans le monde et la situation climatique actuelle. Les personnes qui contribuent le moins au réchauffement climatique en sont les principales victimes.

Soutenir la campagne ?

Tous moyens de paiement –> https://voir-et-agir.ch/don-general/
ou par virement bancaire : IBAN CH31 0900 0000 1001 5955 7
en faveur d’Action de Carême, Avenue du Grammont 7, 1007 Lausanne.

Action « Journée des roses équitables »

Faites bon accueil aux roses vendues lors des messes du secteur les samedi 18 et dimanche 19 mars 2023

Philippe Marchello: organiste de la paroisse depuis 30 ans!

Son métier : plâtrier-peintre, patron de sa petite entreprise. Sa passion : l’orgue.  Qu’il pratique depuis son adolescence. Combien de fois est-il monté à la tribune de la collégiale d’Estavayer pour jouer de son instrument : des milliers de fois… Car cela fait 30 ans qu’il en est l’organiste titulaire. Trente ans ! Deux milliers de messes et fêtes religieuses et six cents enterrements plus tard, il affiche le même enthousiasme. Un musicien heureux de se mettre au service de la liturgie et de l’art sacré. Rencontre pleine de notes joyeuses !

Par Claude Jenny | Photos : Georges Losey

« On ne me voit que de dos. Mais on m’entend ! Et ça me va très bien » dit ce musicien modeste. Si l’organiste est par nature un peu solitaire derrière ses claviers, Philippe Marchello n’en est pas moins un homme chaleureux. La journée, vous pouvez le croiser dans la rue ou sur un chantier avec sa salopette blanche. « Ah c’est lui, l’organiste… » Une remarque qui le touche encore lorsque des gens sont surpris que ce soit un travailleur manuel qui, le dimanche, officie à l’orgue. Une belle preuve qu’il n’y a pas besoin d’être un pro pour briller ! Lui se dit clairement amateur. Eclairé dirons-nous ! Imaginez l’expérience acquise en trois décennies de pratique !

Un « virus » dès l’adolescence

Le « virus de l’orgue » lui est venu très tôt.  « Je viens d’une famille d’origine italienne pieuse. Enfant, j’ai été à la messe presque tous les jours. Et mes parents étaient membres du chœur mixte local. Je montais donc à la tribune avec eux et je voyais l’organiste. » Et très vite il eut envie de jouer de cet instrument. Ses parents l’inscrivent au conservatoire et « j’ai eu de la chance : durant mon apprentissage de plâtrier-peintre, mon patron – qui était mon papa – me donnait un demi-jour de congé chaque semaine pour m’entraîner ». Philippe Marchello en profita pour piocher ses partitions, obtenir son diplôme d’organiste et être engagé pour jouer en semaine aux enterrements à Estavayer.

Il ne quitta plus la collégiale. Et depuis 1993, il en est l’organiste titulaire. Depuis 30 ans, il fait équipe avec un autre personnage de la vie musicale locale : Jean-Pierre Chollet, directeur du chœur mixte également depuis 30 ans ! Poste qu’il quittera cet été. L’organiste, lui, va continuer avec un nouveau directeur, Jean-Louis Raemy.

A 50 ans, l’enthousiasme de Philippe Marchello est intact même s’il se montre quelque peu circonspect concernant l’évolution de la musique sacrée à l’honneur aujourd’hui. « Je suis là pour servir la liturgie. Pour aider l’assemblée à prier. Et que l’on veuille faire chanter l’assemblée, c’est bien. Reste que dans ce qui s’écrit aujourd’hui, il n’y a pas que de la qualité… » constate-t-il. Lui accompagne le chœur mixte et « se lâche » dans les moments de la messe où l’orgue est à l’honneur. « J’aime bien jouer une œuvre conséquente juste avant le début de la célébration plutôt qu’à la fin de la messe. L’assemblée sort vite et n’écoute plus. » 

Il adore Bach

Il se dit volontiers fan de Bach ! Un compositeur prolixe puisqu’il a écrit plus de 200 œuvres pour le « roi des instruments ». Philippe Marchello s’en délecte. Il affectionne moins les compositeurs modernes. Et il aime l’improvisation : il s’y est formé et apprécie ces moments où il peut laisser libre cours à son envie du jour ! Même si l’orgue d’Estavayer n’est pas « un must », Philippe Marchello le connaît suffisamment pour en tirer le meilleur.  

Il s’entraîne à la maison !

En cette année jubilaire, Philippe Marchello prévoit « quelques surprises » qu’il mijote sans doute déjà ! Peut-être va-t-il rejouer la spectaculaire pièce « Orage » de Jacques Vogt qu’il avait interprétée il y a plus de 10 ans. Il s’exerce beaucoup mais… chez lui à Frasses ! « Je m’exerce en moyenne une heure par jour mais souvent à la maison ! » Eh oui, la technique fait qu’il peut disposer à son domicile d’un instrument qui est un orgue numérique, petit bijou de technologie informatique qui donne un rendu exceptionnel des sons d’un orgue grandeur nature. L’astuce : les ingénieurs enregistrent les sons au sortir de chaque tuyau d’un orgue et arrive à le restituer fidèlement sur l’instrument format réduit. « C’est génial ! Je n’ai plus besoin d’aller chaque fois à l’église pour m’exercer. Dès que j’ai un moment, je peux profiter chez moi » raconte celui qui joue parfois au petit matin, en sourdine. Et lui peut vibrer des sons de l’orgue de Caen, en l’occurrence.

Philippe Marchello baigne dans la belle musique. Y compris chez lui puisque son épouse est musicienne. C’est ce qui s’appelle faire un bon ménage musical ! Il arrive qu’ils jouent ensemble, avec madame à la flûte traversière.  Et peut-être formeront-ils un jour un trio avec leur enfant !

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