Belle collaboration entre les paroisses du Haut-Lac et le CO de Vouvry

Qu’en est-il de l’apport religieux au niveau du Cycle d’Orientation (CO) de Vouvry? (apport soutenu ou animé par les Paroisses du Haut-Lac). En voici un bref aperçu.

Texte et photo par Vanessa Gonzalez

Que ce soit avec la matinée des religions ou avec la journée sur les émotions pour les 9 CO ou avec les journées contre le harcèlement ou à propos du deuil pour les 10 CO, vous trouverez toujours quelques membres des équipes pastorales catholiques ou réformées impliqués dans l’organisation.

Depuis 2001, le catéchisme a été bouté hors des préaux mais le gouvernement valaisan reste très attaché à l’importance de la collaboration entre son école et les Eglises reconnues. L’Etat et l’Eglise continuent à offrir aux élèves la possibilité d’approfondir leur culture religieuse et leur spiritualité dans le respect de la personnalité, de la pensée, de la conscience et des libertés fondamentales de chacun/e. C’est dans cet esprit que les paroisses catholiques et réformées, la Cimenterie et le CO mettent leurs forces en commun pour organiser des journées thématiques ludiques et épanouissantes.

Pierre-Yves Bruttin, adjoint à la direction du CO et Christophe Allet, animateur pastoral, m’ont parlé avec enthousiasme et passion de leur travail avec les ados du cycle. La réalité de la violence dans notre société rend presque indispensable ce travail auprès des jeunes. 

Dans le cadre de ces quatre journées hors-cadres, les élèves reçoivent une multitude d’outils qui leurs permettront de se connaître eux-même et de connaître les autres dans leurs différences. Ce sont deux notions primordiales pour construire le monde de demain. Pierre-Yves Bruttin est convaincu que l’école, avec son éducation académique, est importante mais que l’école peut aussi aider les adolescents à grandir émotionnellement en les dotant d’une sensibilité à la diversité et en les formant à un esprit critique. 

Les animations proposées par l’équipe éducative ont été intégrées aux programmes d’éducation santé du cycle et cela a permis au CO d’être reconnu comme école partenaire au Réseau 21.

• La matinée des religions (en 9 CO) née en 2012 est une journée interreligieuse qui rassemble chrétiens, juifs, musulmans et bouddhistes pour faciliter la compréhension de son prochain (sa foi, ses croyances) et ne plus en avoir peur.

• La journée du deuil (en 10 CO) est née en 2014 suite à une réflexion entre un enseignant, le pasteur Jeff et Christophe. Cette journée permet aux élèves de découvrir quelques outils pour vivre le processus de deuil et les rites qui aident à surmonter une perte. 

• La journée sur les émotions (en 9 CO) née en 2019, sous l’impulsion de Laetitia Chanton, médiatrice du CO, a pour objectifs de permettre aux ados d’être capables de reconnaître les émotions et de les nommer, de les exprimer, de les comprendre et d’apprendre à les utiliser en relation avec les autres. 

• La journée contre le harcèlement (en 10 CO) est une initiative du CO née en 2021. Au vu de la bonne entente avec la paroisse, M. Bruttin a demandé à Stéphanie et Christophe de collaborer pour un atelier. 

Pour terminer, au début de l’Avent, jusqu’en 2021, l’équipe pastorale met en place les décorations de Noël ainsi que la crèche dans le hall du CO avec les adolescents volontaires. 

J’ai eu la chance de vivre chacun de ces évènements et j’ai été ravie de voir l’énergie positive de tous les partenaires de ces rencontres tant du côté des animateurs, des enseignants que des élèves. Longue vie à ces journées riches à tout point de vue ! 

Mortellement vôtre

Parler de la mort est peu plaisant. Tellement peu qu’elle a été reléguée en marge et confiée à des personnes qui savent s’en occuper sans trop faire de bruit. Le Covid l’a ramenée sur le devant de la scène et avec fracas. Ne serait-il pas temps de lui redonner sa place au sein de notre société. Au sein de la vie ?

Par Myriam Bettens | Photos : Flickr, Pxabay, DR

La mort est abstraite. Elle incarne l’altérité radicale, l’expérience qu’il n’est jamais possible de vivre à la première personne. Pourtant, que la mort puisse difficilement se penser ne signifie pas que l’Homme en soit réduit à son ignorance. Elle est au contraire sa marque distinctive : l’humain est le seul animal qui sait qu’il va mourir. Il y a là une irréductible singularité et une unicité de l’expérience humaine. Or, dans une société obsédée par le besoin de maîtrise, « se retrouver face à la mort, c’est accepter l’échec », glisse Rachel Wicht. L’aumônière aux HUG, maintenant retraitée, poursuit : « Dans un hôpital, tout est fait pour que tu ne croises jamais la mort. » Un paradoxe d’autant plus flagrant au vu de la dernière pandémie. Philosophe et éthicien, Stève Bobillier nuance néanmoins cette trompeuse contradiction : « Elle est restée virtuelle, immatérielle. Nous nous trouvions dans une sorte d’administration de la mort pour protéger la société. » Une manière de l’intellectualiser pour mieux la gommer ? Rachel Wicht et Stève Bobillier s’accordent à dire que le tabou entourant la mort persiste encore fortement et que, même présenté comme un mécanisme de protection légitime, il est plus délétère qu’autre chose. 

C’est le passage à trépas que les gens redoutent le plus, comme le montre cette sculpture de Rodin intitulée « le Cri ».

De vie à trépas

« Nous avons une bonne représentation de ce procédé avec les enfants. Croyant les protéger, nous enrobons le tragique de la mort avec des métaphores qui produisent l’effet contraire de celui recherché », affirme Franziska Bobillier. La psychologue donne notamment l’exemple d’enfants terrorisés par le fait de devoir dormir, car on leur avait expliqué que « grand-maman s’était endormie pour toujours ». D’où la nécessité « d’impliquer l’enfant dans le processus de deuil tout en restant le plus clair et factuel possible ». Qu’est-ce qui finalement angoisse nos contemporains au travers de ce blasphème suprême qu’est la mort ? Rachel Wicht indique que c’est le passage de vie à trépas que les gens redoutent le plus et que de nombreuses « légendes » entourent ce moment, lui donnant un caractère encore plus effrayant. « Le mourant va-t-il hurler ou se redresser d’un coup au moment du trépas, sont certaines des questions qu’on m’a posées. » Pour sa part, Stève Bobillier pointe en premier lieu les acceptions du terme et le vocabulaire utilisé pour la qualifier. « Le français reste en définitive très vague sur ce qu’est la mort. On sait difficilement la définir. » Insaisissable par le vocabulaire et la pensée, la mort se soustrait, encore une fois, à notre maîtrise. 

Un deuil soumis à résultats

Son confrère Thierry Collaud, éthicien et médecin, se demande si le tabou de la mort n’est pas en fin de compte un refus du tragique. « La société a tendance à vouloir effacer les manifestations de chagrin et de douleur, car finalement notre souffrance dérange les autres. » De là à dire qu’il faudrait mourir sans faire de bruit, il n’y a qu’un pas. Rachel Wicht acquiesce : « Aujourd’hui, la perte d’un proche ne « nécessite » que trois jours de congé. Implicitement, cela signifie qu’on peut être triste, mais pas trop longtemps. » Experte des questions de deuil, Franziska Bobillier parle même d’une obligation de résultats. « On ressort systématiquement le schéma des étapes du deuil, comme des échelons à gravir pour nécessairement aller mieux. Or, l’ordre des étapes n’a pas pu être confirmé par les études scientifiques. Le processus est fait d’innombrables allers-retours qui prennent du temps. » Cela souligne aussi la propension de nos sociétés à faire disparaitre les difficultés et « il est urgent qu’elles réapprennent à vivre avec des échecs et des recommencements, car c’est bien cela que la mort nous enseigne : à vivre « malgré » », développe Thierry Collaud. En outre, ce qui freine l’acceptation pleine et entière de notre finitude réside peut-être « dans le désir originel d’immortalité de l’être humain », précise Fiorenza Gamba, chercheuse dans le domaine de la Digital Death (mort numérique, ndlr.) à l’Université de Genève. De ce point de vue, la toile répond à une part de cette attente. En effet, « notre double numérique » continue d’exister, même après le décès.

Le désir d’immortalité freine l’acceptation pleine et entière de notre finitude.

Un cimetière dans la poche

« Nous avons un cimetière dans la poche » lance Stève Bobillier avec un geste éloquent à son smartphone. En effet, « dans cinquante ans et avec la croissance actuelle, Facebook comptera plus de comptes utilisateurs de morts que de vivants ». Pour Stéphane Koch, spécialiste des questions numériques, « notre relation à la mort a énormément évolué. Les réseaux sociaux sont devenus les médiums privilégiés pour annoncer un décès, mais aussi pour perpétuer la mémoire des défunts par des pseudos anniversaires. C’est comme si le rituel ne prend jamais fin ». A cela, Fiorenza Gamba réplique que le Net a ouvert « un espace incroyable pour inventer des manières différentes et personnelles de ritualiser la mort ». Dans ces sphères numériques, les endeuillés peuvent partager leur chagrin et « vivre ce deuil à leur rythme ». Par ailleurs, même si le numérique nous laisse effleurer l’idée d’immortalité et rend la frontière entre monde des vivants et des morts de plus en plus poreuse, Thierry Collaud se demande si, en définitive, la mort ne se laissera jamais apprivoiser.

Eternité numérique

« Il y a une vraie réflexion à mener de son vivant concernant la trace que l’on désire laisser sur le Net », pointe Stéphane Koch. Malgré le décès, l’empreinte numérique continue d’exister. C’est pourquoi le consultant conseille de se pencher sur ces questions de son vivant, par des dispositions testamentaires. Il note aussi la possibilité de se tourner vers des services tiers, tels que tooyoo.ch, permettant de gérer les questions liées aux réseaux sociaux, comptes e-mail et nettoyage des référencements sur les moteurs de recherche après le décès. Au sujet de la « mort numérique » et ses implications, la fondation TA-SWISS publiera en septembre 2023 les résultats d’une vaste étude sur « l’influence des technologies numériques dans la prévoyance funéraire, la gestion des données numériques d’un-e défunt-e et le travail de deuil. Elle tirera des conclusions et, si possible, des recommandations à l’intention des parlementaires, des juristes, des professionnels du domaine funéraire et de la population sur la manière d’aborder cette question ». A suivre sur www.ta-swiss.ch/fr/mort-a-l-ere-numerique

Malgré le décès, l’empreinte numérique continue d’exister.

Une maison qui revit

C’est en septembre 2021 que le Conseil de Fondation de la Maison Cana-Myriam s’adresse à la Maison de la Diaconie et de la Solidarité pour faire revivre la magnifique bâtisse occupée jusqu’en 2017 par la communauté Cana-Myriam à Muraz (Collombey). En étroite collaboration avec les membres du Conseil de fondation, une équipe de projet se met alors en route. Sa mission ? Discerner ce qui pourrait être le dessein de Dieu pour ce lieu hors du commun et mûrir un projet stimulant et viable.

Par Joëlle Carron, déléguée épiscopale à la diaconie | Photo : DR

Laudato Si’ – Consacrée aux questions environnementales et sociales, à l’écologie intégrale et à la sauvegarde de notre maison commune, la Terre, l’encyclique Laudato Si’ publiée en 2015 par le pape François nous invite à une approche globale intégrant écologie et développement humain. La situation paisible de la maison, en pleine nature tout en étant à quelques pas du village de Muraz, et le grand terrain qui l’entoure incitent très naturellement à mettre en valeur la beauté de la propriété en la mettant au service des impulsions de Laudato Si’.

Une maison d’Eglise, au service de tous – Dès août 2021, l’équipe de la Maison de la Diaconie se rend disponible pour permettre le redémarrage de la maison. Très vite, les premiers habitants prennent leurs quartiers dans l’aile droite de la propriété. Rassemblant six jeunes adultes, étudiants ou déjà dans la vie active, la coloc’ est une présence permanente, qui ouvre volontiers ses portes aux gens du village ou de la région. Ainsi tous sont invités à rejoindre Cana le mardi soir, pour la messe de 19h et/ou le souper qui suit.

L’espace intermédiaire entre les deux ailes de la maison est rafraîchi avec soin, courant 2022, par des bénévoles. En février 2023, tout est prêt pour accueillir, un samedi par mois, une petite buvette, une friperie et des ateliers, sous la responsabilité de Corine Rebord et Fiorella Bürki, toutes les deux en charge de l’animation spirituelle à l’hôpital de Malévoz. Leur idée ? Proposer un accueil, une écoute, un lieu bienfaisant face à la solitude ou la maladie psychique. L’inauguration a eu lieu le 25 février dernier. Les extérieurs sont également mis en valeur, grâce à l’association Terra Durabilis. En automne 2022, la rosace existante est remise à neuf, avec ses herbes aromatiques et médicinales. Un magnifique jardin communautaire en permaculture est en création.

En parallèle, l’équipe de projet et le Conseil de Fondation travaillent sur les plans de rénovation de l’aile gauche de la maison. Elle accueillera dès le printemps 2024 un projet de logement pour femmes en difficulté psychique, financière ou sociale, donnant suite à la tradition d’accueil chère à l’ancienne communauté Cana-Myriam.

Touche par touche, Cana reprend progressivement vie et se fait belle. La maison se veut ouverte sur l’extérieur, en lien avec la paroisse, le village, la région.

Le retour des soupes de Carême!

Le deuxième week-end de mars se sont tenues, dans plusieurs localités de la paroisse, les premières soupes de Carême selon un déroulement normal post-covid. Estavayer, Lully et Aumont ont servi les premières soupes. A Estavayer, la fréquentation a été moyenne aux dires de l’équipe organisatrice, sûrement en raison de conditions météo peu favorables. Par contre, à Aumont, la soupe de la communauté des Montets, servie après la messe dominicale, a connu une belle fréquentation. Reflets en images de deux de ces actions de Carême, à Estavayer vendredi 10 mars et à Aumont dimanche 12 mars. D’autres soupes seront servies jusqu’à la veille de Pâques (voir ci-dessous). (cjy)

Photos : Georges Losey, Pierre Bondallaz

A Estavayer

A Aumont

Encore quelques soupes…

Quelques soupes de Carême seront encore servies le vendredi 7 avril aux lieux suivants :
• Les Montets – dès 11h30 à la salle communale ; 
• Murist – dès 11h30 à la salle du Skater Hockey ;
• Nuvilly – dès 11h30 au Broccafé ;
• Rueyres-les Prés – dès 11h30 à la salle communale ;
• Seiry – dès 11h30 à la salle communale ;
• Cheyres – dès 11h30 à la salle communale 
• Cugy – dès 11h30 à la grande salle.

Mortellement vôtre

Texte et photo par Laetitia Vergère

Ce n’est un secret pour personne : Jésus a accepté sa destinée et est mort sur la croix, bras ouverts, accueillant sans différence tous les pécheurs de l’humanité. Sa mort est un symbole d’amour, de rédemption et de sacrifice pour tous les chrétiens. En offrant sa vie, Jésus nous montre un exemple d’amour inconditionnel, révélant ainsi l’amour infini de Dieu pour l’humanité. 

Mais, 2000 ans plus tard, que pouvons-nous tirer d’un tel acte ? Il s’agit d’une invitation à la réflexion, à l’introspection et à l’action. Nous sommes toutes et tous appelés à l’amour et au sacrifice pour les autres, actes que nous faisons sans nous en rendre compte au quotidien : sacrifier nos besoins personnels pour subvenir à ceux des membres de notre famille ou de notre communauté, se « tuer à la tâche » pour pouvoir payer nos factures ou donner à ceux qui sont dans le besoin, prendre de son temps pour s’inquiéter de son voisin… Le message reste intact au fil des années : vivre en aimant les autres comme nous-mêmes, à lutter contre l’injustice et à travailler pour la paix et la réconciliation dans le monde. La mort de Jésus est un symbole puissant de l’amour et de la compassion que nous devrions toutes et tous cultiver les uns envers les autres.

En fin de compte, Jésus, « mortellement nôtre », nous rappelle que nous ne sommes pas seul·e·s et que nous avons un chemin à suivre dans la vie, en nous inspirant de son exemple d’amour et de sacrifice pour chercher à vivre de manière plus authentique et alignée avec nos valeurs… En méditant sur ce message, nous pouvons trouver un sens plus profond à notre existence et être inspiré·e·s à vivre de manière plus aimante et plus authentique.

« Vivre et mourir pour le Seigneur »

Le Christ a accompli sa trajectoire d’humanité jusqu’au bout.  Dans la mort et dans l’amour. 

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

« Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. » (Romains 14, 8) Que voilà une parole qui contraste avec nos farouches revendications d’autonomie et d’indépendance, comme si l’être humain pouvait se couper de son Créateur et s’autogérer sans en référer à la Transcendance ! Sans cette interpellation de Paul aux Romains, nous tombons dans le « transhumanisme ».

D’abord, sous le regard de Dieu, vie et mort sont inséparables. Nous savons que nous mourrons inéluctablement, mais c’est afin de rejoindre le Christ Vivant. Si Jésus est mort et ressuscité, c’est pour nous faire vivre en plénitude : « Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. » (Jean 10, 10) Tout dépend de Jésus-Christ. Lui seul a accompli sa trajectoire d’humanité jusqu’au bout, dans l’amour. Lui appartenir dans la mort, vivre les derniers temps de notre existence terrestre en nous « lâchant » sur son cœur et en le laissant disposer de notre souffle, c’est nous livrer à cette seigneurie d’amour qui nous veut vivants. Dans la toute-faiblesse de notre mortalité, nous expérimentons ainsi la toute-puissance de notre seul Maître.

Il nous a donné l’être, au premier moment de notre conception, il est là pour accueillir notre dernier souffle, à l’heure que nous ne choisissons pas. Toute notre vie dépend du Dieu Sauveur. Elle est un cadeau dont nous ne disposons pas. Et cela est très libérateur ! « Mourir dans la dignité », c’est nous abandonner dans les bras du Père, avec le moins de souffrance possible, en toute confiance.

En outre, « Nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même. » (Romains 14, 7) Ni notre existence ni notre trépas ne peuvent être cachés. Ce que nous expérimentons de beau ou de rude a des incidences sur la communauté à laquelle nous appartenons. Sinon, nous dépéririons. Car dans le Seigneur, notre existence et notre décès concernent aussi nos proches et nos amis. Pâques, c’est partager notre vie et notre mort, sans
retenue.

« Je te garderai jusqu’à ton arrivée… »

Christophe Rosay au guidon.

Le sierrois Christophe Rosay ne pouvait pas manquer le spectacle sur la vie de Charles de Foucauld présenté à l’église du Bourg le 8 janvier dernier. En effet, l’Assekrem, où a vécu de Foucauld, a été le théâtre d’un bouleversement détonnant dans sa vie. C’est à cheval sur sa moto, en 1979, au cours d’une folle aventure qui le mènera dans le massif du Hoggar, dans cette Algérie si chère au Père de Foucauld, qu’il va découvrir le mystère de Dieu. 

Par Christophe Rosay | Photos : Gérard Brondy, DR

On est en juillet 1979, j’ai 21 ans. Au moment du départ pour le raid Paris-Tamanrasset – 12’500 km à moto sur des terres très inhospitalières – la crainte de l’inconnu me fait prendre un petit livre bleu, le Nouveau Testament, que je retrouve perdu au fond d’un tiroir et que je glisse dans la poche de ma veste comme un grigri. Il y sera encore dans le Hoggar lors de la terrible montée au col de l’Assekrem, là où le Père Charles de Foucauld s’était réfugié pour méditer sur l’humanité.

A 2’900 m. d’altitude, mes amis et moi, nous sommes les maîtres du monde en regardant le soleil à l’horizon sur le sable ocre du Tanezrouft. Un des nôtres trouve dommage de n’avoir pas songé à emporter ce fameux traité de sagesse que le religieux français a écrit à cet endroit. C’est alors que je sors le Nouveau Testament et le passe à un équipier qui se met à lire à haute voix : « Pendant le jour le soleil ne te frappera point, Ni la lune pendant la nuit. L’Eternel te gardera de tout mal, Il gardera ton âme ; L’Eternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à jamais. » C’est la fin du Psaume 121 (Ps 121, 6-8, Bible Segond). En silence on se regarde, pétrifiés. Je comprends que Dieu est là. Il venait de nous parler : « Le soleil ne te frappera pas » et « Je garderai ton départ et ton arrivée ». Je n’étais plus fatigué. Je n’avais plus de douleur. J’étais juste bien. Nous, les durs, défaits par la fatigue, poussés aux limites du possible, la paume des mains couverte de bandages protégeant la chair que les cloques dues aux vibrations de la tôle ondulée ont mise à vif… On se passe une mini-bible comme si Gutenberg venait de l’imprimer !

Durant les jours suivants, cette expérience spirituelle va être mon réconfort dans un désert hostile et sur des pistes qui interdisent le moindre relâchement. Arrivée d’étape à Timimoun dans une chaleur surnaturelle et une poussière de sable qui me brûle les yeux. Je me réfugie à l’hotel. Là, soudain, l’ennemi invisible : le « coup de bang ». C’est une déshydratation foudroyante engendrée par le déséquilibre du sel. La sueur entraînant hors du corps l’eau et le sel, celui-là même qui doit retenir l’eau vitale pour notre corps. Moins de sel donc plus de perte d’eau : ceci augmentant la soif. La boisson à son tour provoquant la transpiration engendrant l’évacuation du sel restant. Ce processus devient irréversible et mortel en quelques heures. Mais le Seigneur a tenu sa promesse : « L’Eternel te gardera de tout mal […] jusqu’à ton arrivée. »

Le début de la nuit se passe au bain-marie dans la baignoire puis à dormir enroulé dans les draps mouillés à intervalles réguliers. Bien gardé par un membre de notre équipe médicale me faisant avaler de grands verres d’eau avec des pastilles de sel. Un homme formidable et dévoué qui m’a dit avec son accent provençal : « Oooh, t’as pris une Bible : tu es un bon croyant toi ! Je ne pense pas que ton Dieu va te laisser crever ici, mais c’est aussi à toi de te battre pour lui montrer que t’as envie de vivre, hein ! » Déçu et résigné, j’ai quand même bu autant d’eau qu’il y avait de pastilles de sel en rappelant à Dieu le Psaume 121… Le lendemain à 8h, j’étais sur ma moto. Alors, j’ai dit : « Si à l’Assekrem tu me fais passer pour un contemplatif, je te comprends. Mais me sortir en une nuit d’un coup de chaleur mortel, seul toi peut faire une chose pareille. » Le retour auprès des miens s’est passé dans les larmes de joie et le bonheur de retrouver les toutes petites choses si simples qu’on oublie même qu’elles existent. C’est en repensant à cette épreuve que je puise la force de toujours regarder vers l’avant en cherchant à aligner mes trois balises comme le pilote dans le désert : être vrai avec les autres, sincère avec moi-même, cohérent avec la Parole de Dieu.

Les décisions que j’ai prises sans les avoir préalablement fait passer par ces balises m’ont toutes entraîné dans des situations sans issue. Avec le recul, je trouve que la vie est similaire à un rallye, avec ses étapes, les guides incertains qui nous égarent de la bonne piste, les casses mécaniques, les accidents, les découragements, les désespoirs, mais aussi l’entraide, le dépassement de soi et l’obligation de continuer quoi qu’il advienne. L’exploit sportif m’a ouvert la porte à d’autres rallyes et souvent amené des verres sur la table du bistrot. Je paraissais toujours le même, mais c’est à l’intérieur que j’avais changé. 

A mon retour de cette folle aventure, il me semblait futile de parler de nos petits problèmes de confort par manque de vraies difficultés existentielles. Je sentais de l’envie mais aussi de la jalousie et quelquefois même de la haine. Un jour, j’ai décidé de ne plus en parler aussi largement. J’évitais ainsi les questions et les incompréhensions. Le commerce dans le sang, je décide de prendre la gérance d’un garage s’ouvrant tout près de chez moi. A cette période de ma vie, des copains et amis m’entourent mais le vide en moi s’agrandit. Le projet de reprendre un garage à mon nom se profile tandis que celui de fonder une famille s’éloigne. Au fond de moi-même, je me sais dans l’erreur et je me sens profondément malheureux. La perception des événements et des gens est différente, les codes sociaux intégrés jusque-là n’ouvrent plus les mêmes portes et font fuir les amis. Je vis en oubliant de me confier à Dieu, de suivre sa balise qui brille au loin. Je n’ai pas rejeté Dieu, mais je ne m’en occupe plus, voilà tout. Sans en être conscient, ma porte est restée ouverte, comme si les voleurs et pilleurs d’âmes n’existaient pas. Combien de personnes qui m’étaient chères, ont œuvré à un vide spirituel ? Combien de fois j’ai entendu : « Si tu écoutes ces sornettes, tu ne fais plus rien. » Ou alors : « Ça, tu gardes pour le dimanche… » Pourtant, il ne nous vient pas à l’idée de surfer sur internet sans antivirus. Pour remplir ce vide, il me fallait un nouveau challenge. Le projet Dakar…

L’Assekrem est le haut plateau situé dans les montagnes du Hoggar, dans le sud de l’Algérie.
La moto avec laquelle Christophe Rosay a voyagé en 1979.

N.-D. de Bonnefontaine: le sanctuaire à un tournant

De très nombreux paroissiens et nombreux visiteurs connaissent le sanctuaire de Notre-Dame de Bonnefontaine, niché dans son écrin de verdure. Ils y viennent pour prier ou simplement la saluer et goûter un moment de paix. La gestion de ce sanctuaire est en train de changer de main. Eclairage.

Notre-Dame de Bonnefontaine : un lieu pieux cher à de nombreuses personnes.

Par Denyse Chanez et Claire Moullet | Photos : LDD

Depuis 1636, date d’une mention écrite, combien de fidèles ou passants ont-ils fréquenté ce sanctuaire ? Autrefois, la statue était posée sur une colonne en chêne, tenant un sceptre dans sa main droite et de l’autre l’enfant-Jésus. Un simple toit soutenu par quatre piliers constituait un abri. Et ce n’est qu’en 1959 que le sanctuaire actuel voit le jour avec sa coupole adossée à la paroi rocheuse et sa statue au cœur immaculé.

Le souvenir du jubilé de 2009

En 2009 s’est déroulé le jubilé du cinquantenaire les 3 et 4 octobre : office du samedi avec un petit « son et lumière » et messe solennelle le dimanche avec tous ceux qui avaient répondu à un dépliant diffusé dans tous les ménages pour rappeler que nous avons un « mini-Lourdes » dans la région. Cette fête est encore bien vivante dans le cœur des enfants, du chœur-mixte et la pose d’une pièce demi-cylindre, mémorial de ce jubilé.

Des bénévoles très engagés

Bonnefontaine ne pourrait vivre sans l’engagement de bénévoles connus et parfois inconnus. Jusqu’à maintenant, une équipe fait vivre ce joyau grâce à un entretien impeccable au rythme des saisons et des événements. Jean-Claude Monney et Claude Delley ont consacré une grande partie de leur vie à ce service, tout comme Madeleine Monney et Gertrude Ducrest, âmes des traditionnels pèlerinages de mai et d’octobre et la décoration avec amour du lieu et des fleurs. Claudine Balestra, trésorière des dons reçus, complète cette équipe dont les membres aspirent à une retraite bien méritée après tant d’années de dévouement.

Gestion désormais paroissiale

Depuis le 1er février dernier, la gestion du sanctuaire a été  reprise avec bienveillance par la paroisse Saint-Laurent-Estavayer, qui n’a pas manqué de remercier, féliciter et relever la longévité de ces ouvriers de la première heure par une rencontre amicale et festive.

D’autres bonnes volontés et services de notre commune contribueront certainement au maintien de ce sanctuaire qui ne demande qu’à vivre par ses pèlerinages, rencontres ou autres célébrations d’ici ou d’ailleurs.

Appel

Les personnes intéressées pour un service à Bonnefontaine peuvent s’adresser à Denyse Chanez (079 229 87 19) et Claire Moullet (079 312 54 15).  

L’ultime passage

Texte et photo par l’abbé Frédéric Mayoraz

Souvent dans les homélies et les célébrations de funérailles, je parle de la mort comme d’un passage. Un passage qui implique qu’il y ait un avant, un pendant et un après. Ces mots n’ont pas pour but de dédramatiser la mort, même Jésus était triste à la mort de son ami Lazare. D’ailleurs, la mort est un mystère que de simples mots ne peuvent appréhender totalement. Mais pour nous en approcher, nous sommes invités chaque année à suivre le Christ à travers le mystère Pascal et c’est pour nous l’occasion d’essayer de donner un sens à la mort, ou tout du moins, d’avancer dans la compréhension de ce mystère. 

Antoine de Saint-Exupéry écrivait dans « Terre des hommes » que ce qui donne un sens à la vie, donne un sens à la mort. Et la littérature regorge de livres traitant la mort sous cet angle : « Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix. » 

Avant, pendant et après… et sur ce chemin, il ne faut pas se le cacher, il y a la peur, la peur de l’inconnu, la peur de devoir vivre ce passage seul. Mais si nous avons foi en Dieu et en ceux qui nous entourent, et avec qui nous partageons notre vie, nous ne sommes pas seuls pour franchir ce passage vers l’après et rappelons-nous que comme le dit si bien ce chant : « Il restera de nous ce que nous avons donné… » 

En effet, pour ceux qui sont appelés à laisser partir ceux qu’ils ont aimés, ce moment est certes vécu comme une absence, un vide, mais il serait beau de le voir plutôt comme une « différence de présence » qui se vit dans les souvenirs et les valeurs transmises. Alors appliquons-nous à bien vivre ici et maintenant pour qu’au moment de « passer les ravins de la mort », nous soyons heureux et en paix en voyant Celui qui nous guide et nous conduit dans l’avenir qui nous est promis. Bonne montée vers Pâques à tous.

« Méditer sur sa mort»

Par Thierry Schelling | Photo : DR

« Je suis devant la porte obscure de la mort », disait Benoît XVI au début de l’année 2022, qui s’acheva sur son trépas. Réalisme d’un nonagénaire, souligné par son successeur, François, qui présida, fait rarissime, ses obsèques 1. 

Et d’exposer, selon le rituel prévu, mais allégé (car Benoît n’était plus Pontifex regnans), le corps de Ratzinger au vu et au su des pèlerins venus se recueillir. Ou s’interloquer sur cette « exposition macabre », comme l’a titré un journal. C’est vrai, sous nos occidentales latitudes, on est peu habitué à voir des cadavres, même embellis : des os (ossuaires, etc.), oui ; des corps entiers qui ne sont pas des momies, moins…

De fait, « la culture contemporaine du bien-être semble vouloir évacuer la réalité de la mort et de notre finitude ; notre foi chrétienne ne nous dispense pas de la peur de la mort, mais elle nous aide à l’affronter. Et la vraie lumière qui éclaire le mystère de la mort, c’est la résurrection du Christ. » (février 2022) Tout est dit et François de rajouter : « On n’a jamais vu un camion de déménageurs derrière un corbillard ! […] Accumulons plutôt la charité et le sens du partage. »

« Méditer sur sa mort est un exercice des plus enrichissants », assure-t-il. Un exercice propre (mais pas exclusivement) à la Compagnie de Jésus. S’habituer à l’inéluctable permet de « mourir en paix » selon l’expression. « Quelle sagesse dans cette demande », souligne le Pape. Et de rappeler que le « Je vous salue, Marie » se conclut par « Priez pour nous… aujourd’hui et à l’heure de notre mort. » Ou de se tourner vers saint Joseph appelé jadis « patron d’une bonne mort ». 

En effet, Benoît XV s’y référa dans son motu proprio Bonum sane de juillet 1920. Cherchait-il à panser les incommensurables plaies laissées en Europe (notamment) par la Première Guerre mondiale et ses 40 millions de morts ? Tant faire se peut…

1 Pie VII avait présidé en 1802 les obsèques de son prédécesseur Pie VI, mort en exil, mais certes, pas « pape émérite »…

Le chemin de la sortie

Elle s’appelle Janine. Quand je la rencontre, elle a 90 ans passés. Elle ne ressemble pas à une grand-mère classique, mais à un troll, un lutin, un djinn… Janine, elle est un peu d’ici, un peu d’ailleurs… Rencontre.

Par Françoise Besson | Photo : Pexels

Elle aime le jaune et le mauve, les matières douces, le velours, le mohair et, quand je ferme les yeux, c’est comme ça que je la revois : en pyjama de velours mauve, sa grande jaquette en laine fermée jusqu’au menton, s’appuyant sur son rollator à l’entrée de sa chambre. Elle est tellement fatiguée, Janine. Elle porte le poids d’une vie… 

Elle est très cultivée. Elle s’intéresse encore à ce qui se passe dans le monde, au Moyen-Orient, en Israël particulièrement. Sur sa table basse, elle garde, ouvert, un grand livre de photos sur le Yémen : un drame humain dévaste cette région. Elle s’est rendu compte que certaines soignantes ne connaissaient pas l’existence de ce pays. En passant chez elle, elles l’apprendront… Janine est citoyenne du monde, active, militante encore… 

C’est l’angoisse

Mais proche d’elle, pas grand monde justement… Pas d’enfant, pas de sœur ni de frère, pas de neveu ni de nièce, plus de mari, ce compagnon avec qui elle partageait tout. Un beau-fils comme « proche répondant », un homme de 70 ans passés, très préoccupé par sa santé et le placement en EMS de sa propre mère, première femme du mari de Janine.

Elle n’a ni cancer ni sclérose en plaques. Elle pèse 40 kg avec sa jaquette et son pyjama. Elle se préoccupe de ce qu’elle mange, elle marche tous les jours dans les couloirs de l’EMS un quart d’heure au moins : la perspective d’une vie quotidienne en chaise roulante la terrifie. Sa maladie à elle, sa croix quotidienne – elle qui n’a pas la foi – c’est l’angoisse… Une angoisse pathologique, dévastatrice, ingérable qui l’envahit dès le réveil : pouvoir se lever ou non, attendre – mais combien de temps ? – le premier anxiolytique, aller aux toilettes et être sûre d’y avoir fait tout ce qu’il fallait faire pour être à peu près tranquille une heure ou deux… Et ainsi de suite. Les sujets d’angoisse sont innombrables et cette sensation, intolérable. 

Quand Janine commence à parler d’Exit, les soignantes n’y croient qu’à moitié. En la voyant aller et venir, demander une énième fois un ajustement du traitement ; en la regardant composer avec soin ses menus pour digérer le mieux possible, elles se disent que le projet est théorique, un sujet de discussion, tout au plus. 

Enfin le grand jour

Puis Janine commence ses démarches, le chemin est semé d’embûches, avec ce premier choc : le psychiatre qui doit remplir un formulaire sur sa patiente la déclare « sans capacité de discernement ». C’est l’humiliation pour cette femme si vivante dans la réflexion, si vigilante d’esprit. Mais cela ne l’arrêtera pas. Il y aura contre-expertise et avis favorable. Enfin, un médecin d’Exit lui rend visite. Il est très ennuyé car Janine ne rentre pas « dans les clous ». Sa maladie n’est pas létale à terme, ni à proprement parlé invalidante… Mais dans la rencontre, il comprend. Il saisit dans les propos de Janine le pénible et lent déroulement des heures, du lever au coucher, la gorge serrée, l’oppression qui entrave le souffle… S’il fallait évaluer la qualité de vie, elle serait proche du niveau zéro. Dès lors, les choses iront très vite. Quand Janine m’appelle pour la dernière fois, elle me dit : « Demain, c’est le grand jour. » Elle est calme et demande au personnel dont elle a tant réclamé la présence, de la laisser seule. Ses dernières heures seront à elle, savoureuses parce que dernières, justement…

Une amitié indéfectible

Elle s’appelait Janine et, en cheminant avec elle, en l’écoutant, en saisissant quelque chose de ce quotidien douloureux sans amélioration possible, j’ai laissé de côté beaucoup de convictions et quelques certitudes… Notre amitié est indéfectible. Je sens encore dans mes bras ce petit corps de moineau, tout en os sous les couches de laine. J’entends sa voix un peu éraillée et mon cœur chavire au souvenir de son sourire et de ses yeux brillants d’affection. En rédigeant ces lignes pour vous, je retrouve tout cela, comme autant de cristaux ramassés au fil des mois sur ce chemin d’accompagnement.

Triduum pascal avec l’abbé Donzé au Monastère des dominicaines

Par Claude Jenny | Photo : Sœur Anne-Sophie

Le Triduum pascal, tout ou partie, sera célébré dans plusieurs églises de la paroisse et notamment intégralement à la collégiale (voir l’horaire en page 8). Et également au monastère des dominicaines. Les moniales ont l’habitude d’inviter un religieux pour la circonstance qui, outre les célébrations, apporte des temps supplémentaires d’enrichissement et de partage à l’occasion de conférences qui sont agendées durant le temps pascal.  

Cette année, les sœurs ont convié l’abbé Marc Donzé à animer ce Triduum pascal. Un prêtre bien connu et très apprécié. C’est ainsi que, en plus de présider les célébrations, il donnera deux conférences : le Vendredi saint à 11h et le Samedi saint à 11h également. 

Nous publions ci-dessous l’affiche du programme du Triduum pascal au monastère.

La mort

Texte et photo par Jean-Christophe Crettenand

Si en lisant pour la première fois le titre de ce numéro – « Mortellement vôtre » –, ce sont les visages de Roger Moore et de Tony Curtis qui me sont venus à l’esprit – associés aux personnages de Lord Brett Sinclair et de Daniel Wilde (dit « Danny ») dans la série des années 70 « Amicalement vôtre » –, j’ai très vite recentré mes réflexions sur la mort, car c’est bien de cette thématique dont il est question dans la présente édition de notre magazine paroissial.

Je me suis d’abord focalisé sur l’expression complète utilisée pour ce titre avec ce « vôtre » qui m’avait fait dévier du sujet (cf. 1er paragraphe). Je ne suis pas allé très loin sur cette voie en me disant « Oui, bien sûr, ce «  mortellement vôtre  », cela fait allusion à Jésus qui a donné sa vie pour nous ». Mais comment développer cela ?

J’ai finalement décidé de partager avec vous deux aspects de « la mort » qui ont animé mes réflexions lors de la rédaction de cet édito : la célébration de la fête de la Toussaint et une expérience personnelle.

La fête de la Toussaint

Je reste impressionné, année après année, par la célébration de la fête de la Toussaint en tant qu’évènement rassembleur pour de nombreuses familles. L’église est quasi remplie ce jour-là et au moment de se rendre au cimetière, l’assemblée prend encore de l’ampleur. Je suis fasciné par ces liens qui se manifestent à cette occasion. Si l’on est avant tout en famille, on prend cette occasion pour partager tout particulièrement avec les autres familles « voisines de cimetière ». Je ressens à chaque fois un sentiment général de bienveillance encore plus fort qu’habituellement. Les familles qui ont perdu un être cher durant l’année peuvent alors se sentir membres à part entière d’une communauté solidaire. 

Peur de la mort ?

Quelques mois avant la mort d’un de mes oncles qui se savait condamné du fait de sa maladie (Edgar Challandes, qui habitait Fontaines, dans le canton de Neuchâtel, décédé en 2000), je me suis retrouvé seul avec lui dans le salon familial. A bien y repenser, je crois que c’est la seule et unique fois où j’ai eu une conversation sérieuse, seul à seul avec lui. Je me souviens parfaitement lui avoir demandé : « Tonton Edgar, est-ce que ça te fait peur de savoir que tu vas bientôt mourir ? » Il a réfléchi quelques instants et m’a répondu, avec son humour habituel : « Non, ça ne me fait pas peur. Il paraît juste que ça fait un peu bizarre la première fois ! »…

Archéologie biblique

L’archéologie biblique consiste en l’étude du passé de la Terre Sainte (actuels Palestine, Israël, Liban, Syrie, Jordanie) et plus généralement de tous les territoires concernés par la Bible. Aujourd’hui, cette discipline se veut objective et les recherches sont effectuées sans préjugé.

Par Pierre Guillemin | Photos : Jean-Claude Gadmer, DR, Flickr

L’archéologie biblique pratiquée dès la seconde moitié du XIXe siècle partait des textes bibliques pour orienter les recherches. Mais en agissant ainsi les archéologues préorientaient leurs recherches introduisant un biais, c’est-à-dire un potentiel manque d’objectivité, dans leur démarche. 

De nos jours, les fouilles et recherches sont effectuées sans préjugé, sans lecture préalable des textes, afin de préserver le plus possible l’objectivité de la démarche scientifique. Ce n’est qu’une fois le travail des archéologues réalisé que l’on pourra comparer les conclusions scientifiques avec les textes religieux.

Dans le cas de la Chrétienté, où l’on parle alors d’archéologie chrétienne, le but est de vérifier les vérités essentielles de l’Ancien et du Nouveau Testament par la découverte de vestiges matériels des populations anciennes en cherchant, en fouillant les sols et en faisant les investigations et conclusions scientifiques qui s’imposent, sans interférer avec les textes bibliques ou des Evangiles. 

Si l’archéologie, et en particulier l’archéologie chrétienne, se veut scientifique, elle s’appuie sur une démarche précise basée sur les quatre règles fondamentales suivantes (communes à toutes les disciplines scientifiques) : la neutralité, la prise en compte des échecs, le doute et l’expérience pratique confirmant la théorie.

Mais cette démarche qui modèle nos esprits cartésiens n’est pas nouvelle. C’est celle de saint Thomas !

Visites papales

Rappelons-nous : lorsque Jésus ressuscite, Thomas l’Apôtre refuse de croire avant d’avoir vu les preuves de la Crucifixion : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous et si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. » Jésus répond : « Avance ici ton doigt et regarde mes mains ; avance aussi ta main et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais sois croyant », puis « parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! » (Jean, 24-29).

Parmi les archéologues les plus connus ayant participé significativement à cette archéologie chrétienne, citons le père Michele Piccirillo (1944-2008), franciscain membre des frères Mineurs de la Custodie de Terre Sainte. Il est lié aux découvertes archéologiques du Mont Nébo, la montagne jordanienne d’où Moïse contempla la Terre Promise. Le 9 mars 2000, preuve de la reconnaissance du travail des archéologues et en particulier du père Michele Piccirillo, le pape Jean-Paul II visite le mont Nébo, au cours de son pèlerinage en Terre Sainte, suivi le 9 mai 2009 par le pape Benoît XVI au cours de son voyage apostolique dans la même région. Ces deux visites papales avalisent le travail des scientifiques et leur donnent leur valeur sacrée.

Jean-Paul II a visité le mont Nébo en mars 2000, en compagnie de Michele Piccirillo.

Citons deux exemples significatifs du travail des archéologues et de l’application d’une démarche scientifique à l’archéologie chrétienne.

La maison dite de Jésus à Nazareth

La demeure se situe sur le flanc d’une colline rocailleuse de Nazareth (Israël). Elle est érigée de murs de pierres et de mortier et, d’après les travaux de datation, remonterait au premier siècle de notre ère. Cette maison n’est pas une découverte récente. Elle est connue depuis 1880 par les sœurs du couvent de Nazareth, mais le lieu fait l’objet de nouvelles fouilles depuis 2006. Est-ce la maison où a grandi Jésus ? Les données archéologiques actuelles ne permettent pas de l’affirmer, mais on peut au moins dire que, si Jésus a bien vécu à Nazareth, il a habité dans une maison similaire.

De nombreux objets ont été trouvés sur le site : des morceaux de pots brisés, un volant de fuseau (pour filer la laine et autres fibres de tissu) et des récipients de calcaire. Ces différents indices laissent penser qu’une famille juive y vivait.

Une église a été érigée sur ce lieu, deux siècles après Jésus Christ. Elle porte le nom d’« église de la Nutrition ». L’étude des textes historiques montre que l’édifice fut abandonné vers le VIIIe siècle et tombait en ruine. Les Croisés, arrivés en Terre Sainte au XIIe siècle, ont alors entrepris de le restaurer. Ce qui laisse à penser que Byzantins et Croisés accordaient une importance très grande à ce site.

Mais venant s’ajouter aux conclusions, un document de 670 corrobore le fait qu’il s’agit de la maison de Jésus. Son auteur, l’abbé Adomnan, du monastère écossais de l’île d’Iona (nord-ouest de l’Ecosse), se fonde sur le pèlerinage de l’évêque gaulois Arculfe (pèlerinage de neuf mois réalisé plusieurs années auparavant) qui mentionne une église « là où il y avait la maison dans laquelle le Seigneur a été nourri dans son enfance ». 

Mais la recherche historique et scientifique ne peut prouver l’existence d’un évêque gaulois du nom d’Arculfe…

Le tombeau du Christ est situé au cœur
de l’église du Saint-Sépulcre. 

Le tombeau de Jésus – le Saint Sépulcre

Fin octobre 2016, pour la première fois depuis au moins deux siècles, le tombeau du Christ, situé au cœur de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, a été ouvert. 

Un phénomène inexpliqué s’est alors produit : lorsque la plaque de marbre posée au-dessus du tombeau présumé de Jésus a été déplacée, tous les appareils servant à mesurer la résonance électromagnétique du sol sont tombés en panne (principe de la résonance électromagnétique : en plaçant un objet dans un champ magnétique et en l’excitant avec une onde de fréquence adéquate, on peut connaître, grâce au signal qu’émet cet objet en retour, des détails sur sa composition chimique).

Une fois les appareils scientifiques remis en marche, les investigations effectuées sur le site confirment que les restes des pierres calcaires vénérées par des millions de fidèles comme l’un des lieux les plus saints du christianisme est bien le même site que celui découvert par les délégations de l’empereur romain Constantin, il y a près de 1700 ans.

Le mortier prélevé entre les amas de calcaire à la surface du tombeau et la dalle en marbre qui le recouvre a été daté aux environs de 345 après Jésus-Christ. Selon les récits historiques, le tombeau a été mis au jour par les Romains et recouvert en 326 de notre ère.

Selon des récits de pèlerins, le revêtement de marbre aurait été installé en 1555 au plus tard, et plus probablement au milieu du XIVe siècle.

Quand le tombeau a été ouvert, dans la nuit du 26 octobre 2016, les scientifiques ont été surpris par ce qu’ils ont découvert sous le revêtement en marbre : un autre revêtement en marbre, beaucoup plus ancien et gravé d’une croix, visiblement endommagé et reposant directement sur le tombeau originel en calcaire.

Les nouveaux résultats révèlent que la dalle de marbre inférieure a probablement été cimentée au milieu du IVe siècle sous les ordres de l’empereur Constantin, provoquant la surprise des historiens spécialisés dans l’histoire de ce monument sacré.

Principe fondamental

Les découvertes archéologiques constituent la meilleure source d’informations physiques sur la vie et l’époque des anciennes civilisations. L’archéologie biblique moderne cherche sans préjugé, sans idée préconçue, en respectant ce principe scientifique fondamental : « L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence. »

L’église Saint-Joseph de Nazareth est construite sur les vestiges de l’église de la Nutrition érigée sur ceux d’une maison où aurait pu habiter Jésus. 

De la chrysalide au papillon

Demi-deuil et cirse des champs, Chemin-Dessus.

La raison et la pensée humaine ne sont pas parvenues à résoudre les questions relatives à la dignité de l’homme. Tous les efforts de l’humanisme triomphant se heurtent à l’impossibilité de répondre au problème du péché, du mal, de la mort. L’échec de l’homme autocentré s’expose dans un désastre exponentiel. Il défend sa liberté contre Dieu, dans la revendication sans limite de ses droits. Notre Créateur a pourtant ouvert le chemin vers la vie, la paix, la justice. Il a pris à son compte le péché, nous offrant en Jésus-Christ, la vie véritable qui n’habite pas l’homme naturel. 

Texte et gravure par Olivier Taramarcaz

L’homme absorbé – David donne écho à la pensée de ceux qui rejettent Dieu : « Il n’y a pas de place pour toi dans leurs pensées. » (Ps 86, 14) * « Jamais ils n’invoquent l’Eternel ! » (Ps 14, 3) L’athée (l’homme sans Dieu, moral ou a-moral), et le païen (l’homme-dieu, polythéiste ou ésotérique), enflés d’eux-mêmes, confinés dans leur pensée, s’affirment dans un temps borné dont ils attendent tout, ignorant pourtant tout de leur attente. Leur dépendance et leur attachement au flux tendu des événements du monde, ne leur laissent pas de répit, ni aucune place pour une espérance extérieure à leur perception sensible. Capté par son appétit, l’homme reste captif de ses désirs, dans une forme d’égarement actif. Il croit à sa raison comme si elle était raisonnable, et se complait dans l’animalité de son être sensible : je sens donc je suis. Martin Heidegger évoque « l’attente mondaine » de ceux qui n’ont d’autre but que de satisfaire leur vie naturelle : « Leur attente est absorbée par ce que la vie leur apporte. » 1 

On peut rater le rendez-vous avec Dieu en l’ignorant, ou en se plaçant au-dessus de sa Parole, la Bible. Tout au long des Ecritures, les prophètes ont abondamment souligné l’attitude de l’homme sans limite, sans loi autre que celle de sa subjectivité : « Celui dont l’âme s’enfle au-dedans de lui […] ne demeure pas tranquille. […] Il est insatiable. » (Habakuk 2, 5) L’homme sans Dieu, comme l’homme-dieu, est saisi de cette soif jamais satisfaite, jamais rassasié de gaver son « moi », de déployer sa volonté de puissance, de se démultiplier devant l’écran de son ego, de gonfler la bulle de ses fantasmes. L’apôtre Jean observe que le Seigneur n’est pas le bienvenu dans la vie des hommes : « La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière. » (Jn 1, 9) 

L’homme désespéré – Depuis des millénaires, la pensée humaine s’active pour poser un socle de connaissance qui permettrait à l’humanité de progresser, selon le schéma mécaniste de l’évolutionnisme. Le constat est amer : malgré tous les savoirs et connaissances accumulés, toutes les découvertes successives, l’humanité ne connaît pas de « success story ». Elle ne peut ni se réjouir dans un « happy day », ni se projeter vers un « happy end ». Elle se trouve toujours plus prise en étau, entre ordre et chaos, dans l’incapacité de produire la justice, la paix, la sécurité, la joie, le repos. 

Henry David Thoreau a écrit : « La grande majorité des hommes mène une vie de tranquille désespoir. » 2 Ils ont renoncé à considérer la possibilité d’une espérance. L’écrivain franco-américain Jonathan Littell décrit cet état d’enfermement : « Longtemps, on rampe sur cette terre comme une chenille, dans l’attente du papillon splendide et diaphane que l’on porte en soi. Et puis, le temps passe, la nymphose ne vient pas, on reste larve, constat affligeant, qu’en faire ? » 3 S’appuyant sur la perspective biologique, le narrateur espère qu’il pourrait en être de même pour l’être humain que pour le papillon. Mais cela n’arrive pas. 

L’homme régénéré – Pourtant, chacun porte cette pensée d’un accomplissement, d’une libération intérieure. D’où cela provient-il ? La Bible nous éclaire : « Dieu a mis dans le cœur de l’homme la pensée de l’éternité. » (Ecclésiaste 3, 11) Cette pensée, il ne peut s’en départir. Elle résonne dans la conscience comme un appel à se tourner vers son Créateur. 

Car l’homme n’a ni la capacité ni le pouvoir de s’engendrer spirituellement lui-même, de naître ou de renaître de lui-même (illusion bouddhiste). Dieu seul peut opérer, changer son cœur, le faire naître à la vie spirituelle. La nouvelle vie se manifeste par la confiance placée dans l’œuvre rédemptrice de Jésus-Christ, par la décision de lui abandonner mon être-mort, ma chrysalide, marqués par le péché qui me sépare de la présence de Dieu. En recevant la vie spirituelle de Dieu, je peux expérimenter la nymphose, être ressuscité dès aujourd’hui, par Christ, transformé en une nouvelle créature, comme le papillon. 

Bibliographie 
* Les citations sans numérotation sont tirées de la Bible, avec mention des passages. 
1 Martin Heidegger, Phénoménologie de la vie religieuse, Paris, Gallimard, 2012, 113. 
2 Henry David Thoreau, Walden ou la vie dans les bois, [1854], Paris, Gallimard, 1990. 
3 Jonathan Littell, Les Bienveillantes, Paris, Gallimard, 2006.

Ohé les jeunes, des rendez-vous pour vous!

Les jeunes ne pratiquent plus ! Les jeunes boudent l’Eglise ! Faux ! Mais ils souhaitent des rendez-vous différents, des célébrations adaptées, de la musique plus moderne, etc. Présentation de nombreux rendez-vous qui leur sont proposés cette année.

Par Claude Jenny

Le grand rendez-vous des JMJ à Lisbonne

L’événement de l’année, ce sont évidemment les JMJ 2023 (Journées mondiales de la jeunesse) qui se dérouleront du mardi 1er août au dimanche 6 août à Lisbonne. Ce rassemblement sera honoré de la venue du Pape qui sera présent du jeudi au dimanche et célébrera notamment la messe de clôture. Les JMJ sont une occasion rare de rencontrer des jeunes chrétiens du monde entier. Après Cravovie en 2016 et Panama en 2019, ils seront nombreux les francophones à se rendre en terre portugaise. Les JMJ s’adressent aux catholiques de 16 à 30 ans. Il est encore temps de s’inscrire ! Pour le canton de Fribourg, renseignements sur www.jmj.ch ou sur www.cath.ch/région-dicésaine/pastotale-des-jeunes ou encore auprès de paul.salles@cath-fr.ch

Le festival Opensky à Fully

L’Opensky est sans doute le plus important festival destiné aux jeunes catholiques en Suisse romande. Il attire un bon millier de participants à Fully pour une journée riche d’un programme chaque fois alléchant ! Cette année, le rendez-vous est pris pour le samedi 18 mars. Ces jeunes vont conjuguer foi et festivités, avec une place importante consacrée à la musique mais aussi des témoignages, des jeux et une célébration conduite par deux évêques, Mgr Jean-Marie Lovey et Mgr Alain de Raemy.

Programme détaillé sur cette affiche.

Le festival Crossfire à Belfaux

Au niveau cantonal, un grand rendez-vous de l’année est le festival Crossfire dont la troisième édition aura à nouveau lieu à Belfaux, le samedi 17 juin dès 14h30.

Informations sur www.crossfire-festival.ch

A signaler que des messes Crossfire ont lieu régulièrement dans la région notamment le samedi 18 mars à 17h30 à Payerne et le dimanche 7 mai à 10h à Marly.

A signaler aussi :

Journée régionale de la jeunesse

La journée régionale des jeunes de la Broye aura lieu le samedi 3 juin à Notre-Dame de Tours.

De nombreux pèlerinages jeunesse

Les jeunes ont aussi la possibilité de participer à des pèlerinages organisés à leur intention, notamment un pèlerinage à Rome du 17 au 21 avril, un autre à pied à la découverte des chapelles, à Lourdes, etc.

Toutes informations utiles sur https://www.cath-fr.ch/region-diocesaine/pastorale-des-jeunes/ ou, au niveau régional, auprès de lazare.predakaj@cath-fr.ch ou auprès des aumôneries des CO et du gymnase de la Broye.

Une messe pour les amoureux!

Le 11 février a eu lieu en l’église de Vionnaz une messe pour les amoureux, une occasion de se sentir renouvelés et fortifiés dans son amour ! Le conseil de communauté avait pensé à tout, le choix des textes, la déco, les témoignages, quel beau moment ! A refaire.

Par Maryline Hohenauer | Photo : Vanessa Gonzales

C’est en 1496 que le pape Alexandre IV a décrété que saint Valentin serait le patron des amoureux, mais lors du concile Vatican II, la réforme liturgique ne l’a pas repris dans le calendrier des saints. Qu’importe, notre religion est la religion de l’AMOUR, alors à l’approche de la Saint-Valentin, nous célébrons les amoureux, de tous les âges, de toutes situations, ils étaient là, les fraichement amoureux, les fiancés, les amoureux non mariés, les jeunes mariés, les couples jubilaires mais aussi des amoureux de la vie, les amoureux de Dieu !

L’homélie a été riche en partage, dans la simplicité, plusieurs couples ont témoigné de leur joie et de leurs difficultés dans leur Amour. Ce fut un joli moment avec des clés pour être heureux ! Savoir se dire pardon, ne pas se coucher fâchés, garder en mémoire les beaux exemples des couples qui sont heureux, garder l’humour dans l’amour, diminuer son orgueil, oser se dire « oui » comme au premier jour, même si ce n’est pas évident.

Pour marquer la célébration en posant un geste concret, chacun a reçu un petit cœur pour y inscrire sa prière personnelle : que ce soit un pardon, un s’il vous plait, ou un merci, ces intentions ont été offertes et les petits cœurs attachés à des branches de noisetiers. 

Le 11 févier l’église célébrait aussi Notre Dame de Lourdes, nous lui avons confié tous les amoureux. 

La piscine de Bethesda

Par François-Xavier Amherdt | Photo : DR

Ce n’est pas l’exactitude archéologique qui fait la vérité des événements rapportés par les deux Testaments. Même si les fouilles n’ont pas trouvé de vestiges des colonnes constituant un « portique » dans la piscine probatique, ce qui compte, c’est la réalité de la guérison de l’infirme par Jésus, qui soigne l’homme tout entier (Jean 5, 1-18).

Le nom du point d’eau varie entre Bethesda, ou Bethsaïde en hébreu, c’est-à-dire « maison de la miséricorde (beth-hesed) et Bethzata en araméen. Si l’archéologie est précieuse, c’est pour signifier que la Révélation ne se situe pas en des lieux illusoires ou dans un temps mythologique, mais qu’elle est ancrée dans l’histoire et dans le temps, au nom même de l’Incarnation de notre Dieu dans la réalité des hommes.

Le cinquième portique, dont parle l’évangile de Jean, coupait le quadrilatère en deux espaces où se rassemblaient les eaux, utilisées ensuite au temple. Mais à côté de ces deux réservoirs se situaient encore d’autres bassins plus petits, rattachés notamment à un sanctuaire païen de guérison.

Jésus relève le paralysé, réduit depuis si longtemps (38 ans) à son état parce qu’il n’arrivait pas à être plongé dans la piscine au moment où l’ange du Seigneur descendait pour y faire bouillonner l’eau. Le Christ se présente ainsi comme le véritable guérisseur, celui qui donne et restitue la vie du corps et de l’âme. Lorsqu’il rencontre à nouveau l’infirme guéri dans le temple, le Fils de l’homme invite le bénéficiaire de l’acte salvifique à se convertir. Car rien ne sert de recevoir une grâce de libération corporelle si elle ne s’accompagne pas d’un changement de vie spirituelle. Le miracle accompli est donc le signe d’une résurrection globale de l’âme et de l’esprit.

Plus les découvertes historiques permettent de situer concrètement les œuvres de Jésus-Christ, plus celles-ci apparaissent comme crédibles à nos intelligences contemporaines, plus notre connaissance s’étoffe. Reste que la vérité du texte scripturaire échappe aux recherches scientifiques et se place sur le registre théologique du salut que le Seigneur offre à l’humanité.

Témoignage d’espérance d’un apprenti missionnaire

« Karibu », c’est-à-dire bienvenue !

Par le Chanoine José Mittaz | Photo : DR

Depuis plusieurs mois, je vis une aventure missionnaire sur les pas de l’abbé Adrien Cishugi et Paul Bulyalugo en République démocratique du Congo dans la région de Bukavu. Alors que la Suisse situe en zone rouge le Nord et le Sud Kivu, je découvre combien cette terre meurtrie est riche d’une espérance vécue au quotidien, celle que je désire partager avec vous lors d’une soirée témoignage le mercredi 22 mars à 19h30 à la salle N.-D. des Champs à Martigny. 

A la prison de Bukavu ou au foyer Heri Kwetu, je suis témoin que la misère se laisse parfois traverser par une espérance, celle de tous ces visages humains qui, au jour le jour, choisissent la vie malgré tout. La rencontre avec les personnes vulnérables me transmet une douceur plus forte que le sentiment d’injustice. 

Avec la participation du Chœur des Familles. 
Un chapeau recueillera votre offrande en signe de solidarité. 
A découvrir : www.amisdebukavu.com

Premières impressions de mon séjour sabbatique au Togo

En joyeuse compagnie…

Cela fait maintenant un mois que je réside à Aneho, au Togo, au presbytère de la cathédrale Saint-Pierre et Paul où travaille l’abbé Antoine. J’avais déjà eu l’occasion de découvrir le Kenya, le Sénégal et le Togo par deux fois, mais c’est une expérience toute différente que je vis en ce moment. L’Eglise m’a permis de vivre un temps sabbatique de 3 mois : une chance, un cadeau ! Temps sabbatique pour me ressourcer, découvrir de nouveaux horizons, m’enrichir de nouvelles expériences !

Texte et photos Par Gérard Dévaud

En un mois, que de belles découvertes ! Ici, tout est vrai, direct. Le contact se fait très facilement. C’est ainsi que dès mon arrivée, je fus accueilli et intégré par les jeunes de la paroisse. Et très vite, je découvre la vraie réalité de ce si beau pays : la précarité des gens, mais aussi leur richesse intérieure. Et pour la plupart des personnes rencontrées, cette richesse est alimentée par une foi profonde en Jésus-Christ.

Toutes les journées commencent par la messe de 6h, pour confier au Seigneur le travail et les différentes activités. J’ai la chance de vivre à la cure avec une équipe de prêtres. Tout est ainsi confié à Dieu. 

J’accompagne un catéchiste pour des rencontres avec des enfants qui se préparent au baptême, ceci deux fois par semaine en fin de journée, à la sortie de l’école. Leçons très denses pour ces enfants qui doivent tout mémoriser par cœur ! Mais leur vie de foi ne s’arrête pas là. Le jeudi, après le caté, ils participent à l’adoration du Saint-Sacrement et le dimanche ils animent une des messes. Ils s’engagent également le samedi matin pour le nettoyage de la cour, du jardin, des salles et des couloirs de la cure ! 

Le mercredi, je vais au collège Saint-Pierre et Paul (le CO) pour des cours de religion et d’éthique. La deuxième semaine, j’ai été catapulté devant une classe de 45 jeunes pour animer un débat sur la sexualité, l’avortement et la grossesse non désirée ! Un vrai baptême du feu pour moi, mais un très beau moment d’échange et de partage avec ces jeunes.

Et le dimanche, je retrouve tout ce petit monde lors des messes très animées à la cathédrale.

Mais rassurez-vous : je sors aussi de la cure pour me promener et me balader dans les rues d’Aneho, au bord de l’océan et du lac Togo tout proche. Et là, le contact avec les gens se fait très facilement, surtout avec les enfants. On m’appelle papa, ou le Togolais blanc ! Ils m’ont déjà adopté !

Autres moments riches en émotion : les retrouvailles avec les filles-mères du centre God-is-love Saint-Laurent Estavayer créé par le père Antoine, la visite du dispensaire des sœurs hospitalières conduites par Sœur Elisabeth, la visite d’un centre socio-professionnel, visite de JB sérigraphe qui confectionne des ornements liturgiques, journée d’échange des jeunes sur le thème des réseaux sociaux, etc. Mais le plus riche et le plus fort, ce sont toutes les fois où l’on m’accueille dans la simplicité d’une pauvre maison, avec peu de choses, mais des sourires et une chaleur humaine incroyable.

Oui, le Père Guy Gilbert a raison : « L’Eglise renaîtra si nous puisons chez les pauvres la lumière de Dieu ! »

Aller vers les plus pauvres

« Aller vers les plus pauvres, c’est là que doit se trouver l’Eglise. … Jésus-Christ ne s’est pas entouré de savants, de super diplômés, il est allé chercher des pauvres types. L’Eglise catholique est née de cette pauvreté extraordinaire du Christ, elle renaîtra si nous puisons chez les pauvres la lumière de Dieu. »
Père Guy Gilbert

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