Témoignages de nos quatre prêtres

La solitude par Bernard Maire

Photo: Robert Zuber

D’après le dictionnaire, est solitaire non seulement celui qui est seul par obligation, mais aussi celui qui aime à être seul ou à vivre seul par désir ou par besoin. La solitude est donc l’état d’une personne seule, retirée du monde, qui la subit ou qui la cherche.

Je l’imagine pourtant comme une personne tout de noir vêtue : elle me rencontre lorsque je suis vulnérable, lorsque je n’ai pas pris le temps de méditer la parole de Dieu, ou encore de prier l’Office divin.

Elle est ingrate, sournoise et elle se trouve cachée quelque part en moi. Je n’ai pas de remède infaillible, ni de médicaments, aucune potion… rien si ce n’est de me remettre en route et de retrouver la puissance de la prière et de l’Evangile dans le quotidien de ma vie ! ou encore de me laisser faire par Dieu.

C’est Jean Rostand qui a dit : « Etre adulte, c’est être seul ! » On ne le dira jamais assez fort : cette solitude-là peut être féconde et enrichissante quand elle est choisie, souhaitée, voulue, à l’instar du Maître qui aimait à se retirer loin de la foule, pour méditer et prier.

Un temps pour soi par Bruno Sartoretti

Photo: Camp Biblique Œcuménique de Vaumarcuse

Est-il bien judicieux de parler de la solitude du prêtre ?

Le ministère qui nous est confié nous invite à la rencontre des personnes de la communauté afin de répondre à leurs désirs spirituels. Et ils sont nombreux ces désirs, et variés. Pour mieux réaliser la mission, il faut sortir des sentiers battus, de nos églises bâtiments afin de rencontrer l’Eglise vivante, donc prendre le temps d’aller en commissions au village, de prendre un café avec une personne rencontrée sur le chemin, de prendre le temps de discuter, … Il n’y a pas de sentiment de solitude, mais plutôt un sentiment de vie partagée, d’accompagnements mutuels, de soutiens et d’échanges comme dans une grande famille.

Mais il faut aussi des temps pour soi. Des temps pour se ressourcer, pour prier, pour lire la Parole de Dieu,… Des temps pour prendre soin de son corps afin de garder une santé qui permette les rencontres. Si ces temps demandent une certaine solitude, ils sont surtout des temps pour mieux vivre ensemble.

La solitude du prêtre n’est pas un poids qui m’opprime, mais des temps qui m’invitent à mieux préparer la vie de la grande famille de Dieu. La solitude n’est pas un temps où je me sens persécuté ou oublié, mais un temps que je mets à profit pour mieux laisser la place à Dieu, pour qu’Il puisse mieux vivre en moi afin que je puisse mieux le proclamer et en témoigner plus.

Merci donc à vous, les paroissiennes et paroissiens, qui êtes de ma famille. Vous me donnez beaucoup d’espoirs et d’envies par vos paroles et vos présences, par vos bonjours et vos questions, par vos sourires et vos saluts. Merci de faire de moi un homme debout, ressuscité, parce que vous me donnez la présence qui supprime la solitude.

La solitude par Robert Zuber

Photo: Robert Zuber

La solitude je l’ai vraiment rencontrée au moment du Covid où elle est devenue très négative, lourde et presque invivable. Il a fallu l’apprivoiser en donnant un sens à cette nouvelle réalité. Cela a été possible car j’ai osé ouvrir mon cœur à des proches et à un frère prêtre.

Ce qui m’a tenu et qui me pousse à continuer mon ministère dans la joie et la confiance ce sont tous les regards échangés, les sourires, les partages et les rencontres. Et aussi tous ces moments de prière, de célébration, de méditation de la Parole.

Pour moi l’essentiel c’est de rester en relation avec Dieu et avec les autres, c’est aussi la certitude que Jésus conduit son Eglise, les communautés et donc mon ministère.

Aujourd’hui la solitude est un chemin que je prends avec Jésus et Marie, en communion avec celles et ceux qui peinent et qui sont en souffrance.

J’ai encore mieux saisi qu’au cœur de ma solitude, il y a une Présence d’amour qui m’invite à m’ouvrir à Lui et aux autres pour mieux vivre et pour mieux aimer.

Apprivoiser la solitude par Rémy Delalay

Photo: Rémy Delalay

Durant mes 20 années de vie monastique, j’ai appris à apprivoiser la solitude. Comme dans ma cellule monastique, je n’ai à la maison ni radio ni télévision. Le silence à la maison apaise et aide à écouter son cœur et l’Esprit qui parfois se manifeste. J’ai l’habitude des repas en silence et du travail solitaire. Le silence extérieur n’est pas synonyme de solitude intérieure. Bien au contraire, il aide à porter ses proches et le monde dans la prière et les laissent se rendre présents par la communion des saints. Je ne me sens ainsi pas seul.

Dans le ministère, je suis bien entouré par les Conseils de communauté et les Conseils de gestion des différentes paroisses dont j’ai la référence. Les catéchistes, les sacristains et sacristines sont aussi importants et je les rencontre très souvent. On partage toujours un moment fraternel avant les célébrations.

Paradoxalement, c’est quand je suis avec beaucoup de monde que je peux me sentir très seul. Quand l’église est pratiquement pleine et que presque personne ne répond, quand je dois prier le Notre Père pratiquement seul au micro, alors oui, je me sens horriblement seul et triste. Quand je me suis retrouvé plusieurs fois à la messe de semaine seul avec la sacristine, alors oui, je me sens seul et triste. Ces moments sont des instants dans le brouillard, comme sur la photo, mais ils ne durent pas longtemps car le soleil brille en dessus. Et autour de moi, bien des personnes ont des fardeaux bien plus lourdes à porter.

Seigneur, à quoi bon ?

PAR LE PÈRE LUDOVIC LÉCURU | PHOTO: PIXABAY

Rien de ce que j’ai accompli pour toi ne semble porter du fruit.

Jusqu’à présent, j’ai cherché à te suivre.

Finalement je ne sais plus où est le chemin.

J’ai prié davantage, et je ne suis pas plus fort(e) qu’avant.

Je me suis rappelé ton amour, et je me sens bien seul(e).

Je sais que Jésus aussi a connu l’insuccès.

Après son discours dans la synagogue de Nazareth, les gens ont voulu le précipiter du haut de la falaise.

Ses concitoyens ont voulu le lapider.

Les Pharisiens ont conspiré contre lui et fomenté de faux témoignages pour le perdre.

Les gens lui ont préféré Barabbas le bandit.

Jamais, cependant, il ne s’est laissé décourager par les événements.

Il ne s’est pas scandalisé de ce qui lui arrivait.

Il a aimé les siens jusqu’au bout.

Pardonne-moi quand je ne m’appuie plus sur toi avec foi.

Même quand je suis découragé(e), ta grâce est toute-puissante.

Même quand je suis fatigué(e), tu es ma force.

Même quand je compte plus sur moi que sur toi, tu ne m’abandonnes pas à mes pauvres forces.

Assure mes pas sur le chemin de ma vie. Tout est bien, Père, car tu es là.

Amen.

La solitude du prêtre

PAR L’ ABBÉ LÉONARD BERTELLETTO, CURÉ
PHOTO: RAPHAEL DELALOYE

«Il n’est pas bon que l’homme soit seul» (Ge 2, 18) dit Dieu dans le premier des livres de la Bible, le livre de la Genèse. Selon saint Paul, l’apôtre est «mis à part» pour exercer sa mission. Comment concilier ces deux injonctions de l’Ecriture? L’Eglise latine a tranché depuis longtemps, imposant à ses ministres la loi du célibat sacerdotal. Le prêtre est un homme «seul». Ainsi le veut la Tradition. De plus, la communauté, les confrères, ne sont plus aussi porteurs qu’auparavant.

Souffre-t-il parfois de solitude ? Morale, affective ? Poser la question, c’est y répondre. Une disponibilité plus grande est sans conteste laissée à qui choisit cette façon de vivre. Il y a des prêtres qui ne comptent pas leur temps. Mais d’immenses difficultés surgiront dans l’existence de ces hommes seuls si l’équilibre n’est pas trouvé. L’histoire de l’Eglise est affligée d’incessants problèmes à ce propos, de scandales, même. Ces comportements déviants n’évangélisent personne.

Dans l’Eglise de Rome, on ne sait, on ne veut résoudre ces problèmes récurrents. On préfère que l’Eglise se meurt et se suicide petit à petit plutôt que de réformer ce qui doit l’être. Que restera-t-il de notre Eglise d’ici 20 ans ? J’imagine – mais qui suis-je pour me permettre un avis sur la question – l’existence d’un clergé marié, sur le modèle de celui qui anime les paroisses de l’Eglise d’Orient, ce qui n’empêcherait pas que des prêtres célibataires déploient leur charisme, dans le cadre de communautés fraternelles suivant une règle.

Vivons dans la sérénité et l’harmonie, quel que soit notre état de vie, en cultivant l’essentiel, notre foi en Jésus-Christ, dispensateur de vie et d’amour. Que celui-ci comble chacun !

La solitude de nos prêtres

Par vœu, par choix ou par nécessité, la solitude se vit comme une compagne agréable ou comme une souffrance au quotidien. Que ce soit le jeune en recherche de partenaire pour la vie ou la personne âgée ayant perdu son conjoint, nombreux sont ceux qui expérimentent le silence et l’absence à la place d’une relation suivie et complémentaire. Au moment où ce thème est abordé dans la rubrique «éclairage» de notre magazine, il nous a semblé important de donner la parole aux prêtres qui desservent notre secteur pour qu’ils partagent avec nous quelques réflexions sur leur «solitude».

Par l’Abbé Gildas tchibozo

Dire que le prêtre est seul, cela me dérange un peu ; et pourtant, c’est quelquefois la réalité.

Au sens théologique du terme, il est bien vrai que le prêtre n’est jamais seul. Avant de s’en aller vers son Père,
Jésus faisait cette promesse aux disciples: «… Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» (Mt 28, 20)

Par ailleurs, l’Apôtre Paul affirme dans sa Lettre aux Galates (5, 20): «Si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.» Donc, en réalité, le prêtre ne devrait jamais se sentir seul ou solitaire. Il est sans doute isolé, du fait qu’il incarne une réalité, que je qualifierais de «mystique», qui gêne les gens de notre époque.

Me sentir seul et isolé, oui, cela m’est pourtant arrivé plusieurs fois ! Je donne juste deux témoignages.

Le premier, c’est quand on m’affecte pour aller d’une paroisse à une autre. Là, je me rends compte que je suis seul, et que je dois y aller seul !

Le deuxième témoignage, c’est surtout après les grandes célébrations paroissiales. L’église est remplie de fidèles (à la sortie de la messe, les paroissiens attendent volontiers pour des échanges, ou même pour l’apéro). Mais, quelques minutes après, la paroisse est vide et je me rends compte que je dois retourner seul à la cure, dans ma chambre. Malgré la présence des confrères prêtres, je me sens seul ; et c’est sans doute aussi leur ressenti. Chacun se sent seul face à lui-même. Néanmoins, en reprenant mes esprits, je culpabilise de me laisser gagner par un tel sentiment, alors que j’ai pleinement conscience que le Christ est en moi et il est avec moi de façon permanente, que j’appartiens à un corps sacerdotal, à une famille biologique, et aussi ecclésiale qui m’entourent. Pourtant, je suis seul ! Alors, j’ai compris il y a fort longtemps que la solitude du prêtre ne se trouve pas dans le fait de son état de vie, comme célibataire, mais plutôt dans son état d’être, en tant que configuré au Christ, seul à Gethsémani, seul sur la croix. Depuis lors, je vis ma solitude avec beaucoup de joie, surtout grâce à la bienveillance des paroissiens qui comprennent mes limites humaines.

Par Joseph Voutaz

Pour moi il y a une bonne et une mauvaise solitude.

La mauvaise solitude correspond à l’isolement et à la fatigue. Elle est un cercle vicieux qui me plonge dans l’activisme. Même si je croise du monde, le cœur reste vide. Le remède consiste à prendre du temps en face de Dieu pour lui confier ma vie et mon cœur.

La bonne solitude correspond au ressourcement. Dans mon ministère, je croise
tant et tant de visages que j’ai parfois besoin de prendre du recul. Etre seul, prendre du recul, prier, ça fait du bien : Jésus prenait lui même des temps prolongés de prière.

J’ajoute que la vie communautaire (pas toujours facile cependant !) est un cadeau inestimable qui fait que je ne me sens jamais vraiment seul !

Par René-Meinrad Kaelin

En complément des articles de Joseph et de Gildas, qui parlent davantage de leur vécu, je vous donne un regard vertical, spirituel sur la solitude du prêtre.

Par rapport à tant et tant de personnes qui vivent dans une profonde
solitude et qui en souffrent tant et plus, je pense que la solitude du prêtre est très différente.

D’abord, elle est CHOISIE :
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. »
Cette solitude n’est pas stérile… elle nous permet de porter du fruit et d’être écouté-exaucé par le Père.

Cette solitude est HABITéE. Le prêtre, fidèle à son engagement, peut dire comme Jésus :
« Je ne suis jamais seul ; le Père est toujours avec Moi. » (Jn 8, 16)

Et il y a la promesse merveilleuse du Christ à Pierre :
« Pierre se mit à lui dire ; Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi, quelle sera donc notre part ? » Jésus leur dit : « Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants et des terres, avec des persécutions et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. » (Mt 17, 27-29)

La promesse : recevoir au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des frères, des sœurs, des mères… des enfants…

Je pense ici, à la communauté qui nous entoure et qui nous porte : la communauté bernardine de ma famille religieuse… la communauté de la famille paroissiale… Il y a aussi toutes les personnes avec lesquelles nous nouons un profond contact par le biais du ministère sacerdotal.

NON NON, je ne suis jamais seul avec le Seigneur, mon Bon Pasteur… !

La solitude du prêtre

PAR PIERRE-ANDRÉ GAUTHEY

«La solitude du prêtre…» Vaste sujet, important et ô combien délicat.

Merci aux chroniqueurs(euses) qui vont s’y risquer, dans L’Essentiel de ce mois !

– «La solitude, ça n’existe pas» chantait haut et fort Gilbert Bécaud. Pas d’accord avec toi, l’ami. Désolé.

– «Quand vous butez sur toutes sortes d’épreuves, pensez que c’est une grande joie.» (Jc 1, 2) Là encore, je décroche… Dieu me pardonne!

– «Dans le silence et la solitude, on n’entend plus que l’essentiel , écrivait une femme de lettres… Là aussi, je peine à avancer!

C’est alors que me tombe du ciel un article de journal, signé de l’abbé Jean-René Fracheboud: «Notre vie passe par d’impressionnantes variations climatiques. Au temps des hautes pressions, peuvent succéder des périodes de basses pressions, des dépressions, le brouillard…»

Et que dire de ces quelques lignes de Guy Gilbert. «Rien n’est plus petit, plus fragile qu’un prêtre: l’isolement affectif, la solitude et un ministère asséchant, peuvent le tuer. Par voie de conséquence, il peut déraper tragiquement…»

Quant au dernier livre de Mgr Daucourt «Prêtres en morceaux», c’est un cadeau du ciel… et je vous le recommande chaudement! Des remèdes à l’isolement du prêtre existent, Dieu merci. Davantage de contacts personnels, l’Eucharistie vécue en profondeur et non célébrée par routine, plus d’humilité. «Le prêtre est serviteur et non sauveur du monde.» (G. Daucourt)

Oui, il faut le savoir, des prêtres souffrent de solitude, pour des raisons diverses.

ALORS dites-leur que vous les aimez, que vous les aimez comme ils sont, rien de plus, rien de moins!

«Nul n’est trop pauvre, pour ne rien avoir à donner ; nul n’est trop riche pour ne rien avoir à recevoir.» (op. ci.)

Un évêque avait dit un jour à ses prêtres: «Faites ce que vous pouvez faire, et ce que vous pouvez faire, essayez de bien le faire.»

Une chose est certaine, et saint Paul nous le rappelle: «Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est en Jésus-Christ notre Seigneur.»

Dimanche des laïcs

PAR BERNARD SONNEY, VICAIRE GÉNÉRAL DU DIOCÈSE LGF | PHOTO: CRAL

5 février 2023 – Des baptisés en mouvement(s)

Le sens de « la journée de l’apostolat des laïcs », c’est d’être un point de repère. Il nous rappelle le chemin parcouru et l’engagement progressif de tous les baptisés dans des activités pastorales autrefois dévolues aux prêtres et aux consacrés. La démarche synodale actuelle appelle tous les baptisés à être à l’écoute de l’Esprit Saint et de nos frères et sœurs. « Rien de neuf », direz-vous peut-être ! Oui ou non ! Tout dépend de notre foi et du chemin que nous sommes prêts à parcourir. Les laïcs actifs dans les mouvements qui composent la « Communauté romande de l’apostolat des laïcs » (CRAL) et les laïcs à l’œuvre dans les multiples registres de la vie de l’Eglise sont tous appelés à redécouvrir leur véritable identité de baptisés et à en vivre réellement.

Le chœur mixte d’Estavayer a choisi son nouveau chef

Jean-Louis Raemy, nouveau directeur du chœur mixte Saint-Laurent Estavayer.

Lorsqu’un chœur doit choisir celui ou celle qui succédera à son chef en place depuis 30 ans, ce n’est pas tâche aisée! Le chœur mixte d’Estavayer a dû se livrer à cet exercice en décembre dernier. Il a choisi un chef chevronné, Jean-Louis Raemy, pour succéder à Jean-Pierre Chollet, qui se retirera l’été prochain.

PAR CLAUDE JENNY 
PHOTOS: LDD, GEORGES LOSEY

La sélection s’est faite d’abord sur dossiers et trois candidats ont été retenus : deux hommes et une femme. Les trois ont été conviés à conduire une répétition avec travail d’une partition. Et ensuite, le choix s’est opéré de manière démocratique : « chaque chanteuse et chanteur ainsi que l’organiste ont voté et le choix s’est porté de manière nette en faveur de M. Raemy. Presque un plébiscite ! » relate Maurice Bourqui, président, heureux que le chœur d’Estavayer puisse à l’avenir travailler avec un chef qui affiche une jolie pointure.

Le futur nouveau chef, qui entrera en fonction avec la nouvelle année pastorale, à la fin de l’été, n’est pas un inconnu ! Bardé de diplômes dans le domaine de la musique, il a surtout – à 45 ans – une grande expérience de la direction chorale. Il a déjà dirigé plusieurs chœurs d’Eglise à Autigny-Chénens, Villaz-Saint-Pierre, Billens, etc. Il dirige présentement trois chorales : une d’Eglise – le Cecilienchor von Tafers (chœur mixte de la paroisse de Tavel) – et deux profanes : l’ensemble vocal « la Rose des Vents » et le chœur d’enfants « Les Tournesols ». En parallèle à ses activités chorales, Jean-Louis Raemy est enseignant au CO du Giboux. Il habite Billens, est marié et père de 2 enfants.

Adepte du chant sacré

Jean-Louis Raemy se dit ravi d’avoir été sélectionné : « Je me réjouis de travailler avec ce chœur car on sent tout de suite de belles potentialités, et une envie de travailler des pièces sacrées pour leur donner un rendu de qualité » note le futur directeur, qui affectionne le chant sacré et les belles célébrations. Il se dit aussi ouvert aux contacts avec les autres chorales, voire à l’organisation de manifestations en commun. Toutes les chorales de la région se retrouveront d’ailleurs en novembre à Cugy, pour les Céciliennes. Un rassemblement qu’il affectionne, ayant fonctionné dans le passé comme responsable choral dans un autre décanat.

Le choix des chanteurs et chanteuses, auquel a été associé l’organiste, devrait donc apporter un vent nouveau au chœur mixte de la collégiale tout en assurant une continuité et en évitant de déstabiliser un ensemble qui n’a connu qu’un seul chef ces trente dernières années !

Dernière minute : l’actuel directeur en arrêt maladie

Au moment de boucler ce journal, nous apprenons que l’actuel directeur, Jean-Pierre Chollet, directeur jusqu’à fin août prochain, ne peut présentement pas diriger pour raison médicale. Imprévu qui oblige les responsables du chœur mixte à trouver momentanément des solutions de dépannage. Il se pourrait donc que le nouveau directeur entre en fonction, au moins partiellement, avant la date prévue du 1er septembre.

De g. à d., Alexandre Duc, président du Conseil de paroisse, Jean-Louis Raemy, nouveau directeur du chœur mixte, Maurice Bourqui, président du chœur mixte et Philippe Marchello, organiste titulaire de la Collégiale d’Estavayer.

Entrons en Carême avec la Campagne œcuménique 2023

PHOTO: EPER, KRISTIN BETHGE

Thème choisi : manger équitable pour les autres et pour la planète.

Si nous sommes ce que nous mangeons, cela ne dépend pas uniquement du choix entre une pomme ou un burger. La provenance des aliments que nous consommons et la façon dont ils ont été cultivés et produits déterminent elles aussi qui nous sommes ainsi que notre rapport à la Terre.

Nos systèmes alimentaires sont à l’origine de plus d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi à l’intensification des événements climatiques extrêmes tels que les sécheresses, les fortes précipitations ou les ouragans. Ces phénomènes mettent en péril la production de denrées alimentaires et menacent directement le droit à l’alimentation de millions de personnes. Nous sommes toutes et tous responsables du monde d’aujourd’hui et de demain. Un changement doit s’opérer rapidement : une agriculture plus respectueuse des ressources et de l’environnement et une consommation locale et saisonnière peuvent participer à améliorer le bilan carbone de notre production alimentaire.

Pour aller plus loin : www.voir-et-agir.ch

Voix du Sud

Diary Ratsimanarihaja, hôte de la Campagne œcuménique

Photo : Andriamparany Rasamimanana / Portrait : Karen Andrianirina

Née à Antananarivo, la capitale de Madagascar, Diary Ratsimanarihaja s’intéresse au domaine agricole dès sa jeunesse et poursuit des études pour devenir ingénieure agronome. Un choix pertinent dans un pays où 80 % de la population dépend de l’agriculture. Elle se spécialise ensuite en agroéconomie et obtient un diplôme en Politique et pratique du développement à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (IHEID).

Aujourd’hui, elle est membre de la coordination d’Action de Carême à Madagascar. En tant que responsable des thématiques agroécologie et changements climatiques, elle met son savoir et son énergie au service des populations locales dans le but de renforcer leur sécurité alimentaire et leur autonomie financière face au dérèglement climatique.

Bien que Madagascar soit l’un des pays les plus exposés aux cyclones – qui deviennent de plus en plus fréquents et puissants et entraînent de graves inondations –, le sud de Madagascar souffre paradoxalement d’une grande sécheresse.

Au-delà des différentes aides d’urgence, Diary insiste sur la nécessité d’apporter des solutions durables pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition. L’agroécologie propose diverses techniques aux paysans et paysannes qui permettent d’augmenter la production et la qualité de la nourriture ainsi que les revenus. Nous aurons le plaisir d’accueillir Diary Ratsimanarihaja en Suisse du 9 au 26 mars 2023.

Les divers canaux de formation des employés de l’Eglise

Dans notre édition de décembre 2022, nous vous avons présenté les membres qui composent l’équipe pastorale de notre paroisse. Tous n’ont pas la même formation. Tous n’ont pas les mêmes tâches ! Il est vrai néanmoins que, pour travailler professionnellement en Eglise, les prêtres ne sont pas les seuls à disposer d’une formation poussée. Tous les laïcs et laïques, qu’ils / elles soient animateur pastoral, auxiliaire pastoral, catéchiste, etc., ont suivi une formation ou sont en cours de formation. Les voies sont multiples et diverses. Nous publions dans cette double page une infographie qui apporte un éclairage sur les chemins – académiques, de base, duals – que peuvent suivre nos agents pastoraux. Et nous vous disons aussi quelle est la formation de chacun des membres de notre équipe pastorale. (cjy)

Infographie : Service de la communication de l’église catholique fribourgeoise

Concrètement, chez nous…

Par Gérard Dévaud

Parmi les nombreux laïcs engagés dans notre paroisse, il y a des personnes issues des différentes formations mentionnées sur le tableau ci-contre. En voici un bref aperçu :

• Marianne Berset et Gérard Dévaud ont suivi l’IFM (actuellement la FAP) et sont ainsi appelés « animateurs pastoraux ». Ils font partie de l’équipe pastorale et peuvent assumer toutes sortes de charges pastorales, hormis les sacrements ;

• Rachel Jeanmonod termine actuellement sa formation à la FAP et recevra son diplôme « d’animatrice pastorale ». Elle est déjà membre de l’équipe pastorale.

• Mireille Duc et Nicole Monnard ont suivi la formation Emmaüs. Elles sont ainsi appelées « auxiliaires en pastorale » et, de ce fait, peuvent être membres de l’équipe pastorale. Elles assument certaines responsabilités liées à leur formation et à leurs expériences.

• Cette année, nous pouvons aussi compter sur la collaboration de Jean-Pierre Cantin, diacre. Celui-ci, bien que laïc, a été ordonné comme diacre. Il peut donc célébrer certains sacrements : le baptême et le mariage. Au vu de son petit pourcentage dans notre paroisse (25% pour la confirmation), il n’est pas membre de l’équipe pastorale.

De plus, nous avons la chance d’avoir une personne qui suit la formation CPP (Certificat de pratique pastorale) : il s’agit de Barbara Bargiel qui se forme dans le domaine de la catéchèse. Notons que nous pouvons encore compter sur plusieurs personnes engagées, entre autres dans le domaine de la catéchèse, qui se sont formées au Parcours Galilée.

Fête des couples jubilaires

PAR FABIENNE SEYDOUX | PHOTOS: DR

A Martigny, comme à Bovernier, la fête de l’Immaculée Conception est jour de fête pour les couples jubilaires. Ainsi, au cours de la célébration, chaque couple a non seulement été béni, mais a également reçu un petit présent confectionné par des enfants lors d’un atelier de catéchèse. Puis ils ont été invités à une raclette, afin de passer un bon moment de partage dans une ambiance très conviviale. Une équipe de choc, constituée de membres du conseil de communauté de Martigny, était à leurs petits soins. Que tous les couples qui seront jubilaires l’année prochaine réservent la date de l’Immaculée Conception 2023 ! L’appel est lancé !

Nouvelle rubrique : « La Bible au quotidien »

PAR L’ABBÉ DARIUS, CURÉ-MODÉRATEUR
PHOTO: DR

«Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis: Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal […]
Vous avez appris qu’il a été dit: Œil pour œil, et dent pour dent.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre […]
Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. » (Matthieu 5, 21-22. 38-39. 43-44).

Je passe avec Jésus à une nouveauté radicale

Il me passionne car il se comporte comme Dieu. Il se présente comme Fils du Très-Haut et comme tel, il m’interpelle. Il m’appelle à une mission – toujours nouvelle…

Une collègue de la rédaction de notre périodique Essentiel propose cette nouvelle rubrique biblique. Par ce texte, j’accomplis la tâche de montrer, comment cet « océan » qu’est la Bible me nourrit.

Aujourd’hui, je choisis le passage de l’évangile selon saint Matthieu qui m’impressionne énormément.

Vous avez appris, entendu ; on vous a présenté un enseignement de Dieu lui-même… mais moi, je vous dis… Qui peut parler ainsi ? N’est-ce pas un fou ou… un Dieu. Oui, c’est le Dieu-Emmanuel qui montre le vrai sens de ces anciennes instructions divines.

Le Christ est venu accomplir la Loi du Père, la conduire à sa perfection, lui donner un sens profond. Ce sens nouveau, c’est l’amour.

Ma justice se vérifie-t-elle simplement dans le fait que je n’ai pas tué, ni commis d’adultère, ni volé ? Ou dois-je plutôt m’interroger ainsi : est-ce que j’aime à l’image du Christ ? Suis-je disponible à progresser dans la fidélité à ce premier de tous les commandements ? Ma justice peut surpasser celle des scribes et des pharisiens, de ceux qui, bien qu’obéissant à la Loi, gardent le cœur dur…

Il m’arrive de vouloir guérir du mal que l’on m’a fait par la colère et la vengeance, parce que je recherche la justice. Cependant la vengeance ne répare rien. Au fond de moi, je veux surtout que ma souffrance, mon état de victime soient reconnus. La compréhension, le soutien, la bienveillance de mes proches, peuvent être suffisants pour m’apaiser…

Le mal est guéri par l’amour. Pardonner est toujours difficile, mais la joie de la réconciliation est énorme. En m’ouvrant à l’invitation du Christ de m’abstenir de sentiments mauvais de haine, de vengeance et de rancune à l’égard d’autrui, je stoppe la violence qui pourrait être croissante. Le monde a besoin de mon engagement authentique pour sa progression dans l’amour. Je choisis la non-violence. Je choisis d’aimer quand on ne m’aime pas ; de rendre le bien pour le mal !

Jésus m’invite à prier pour mes ennemis. Ma prière est à la base de toute bonne relation avec ceux qui sont différents de moi ou qui se comportent comme mes adversaires. Elle contribue aussi à la conversion de ceux qui ne croient pas en Dieu ou qui s’éloignent de lui.

• Lire également l’éditorial

La Réunion comme terrain d’expérimentation

En novembre dernier, Viviane Gay-des-Combes est partie vivre un temps de mission sur l’île de la Réunion à la suite d’une année de formation chrétienne qu’elle a vécue dans le sud-ouest de la France (Ecole Jeunesse Lumière du P. Daniel Ange). La rédaction lui a demandé de raconter un peu ce qu’elle y vivait.

Texte et photos par Viviane Gay-Des-Combes

Voilà déjà un mois que je suis accueillie avec mes amis au foyer de Charité du Tampon à la Réunion. Un mois que je m’acclimate à cette île, à ce nouveau mode de vie, à l’alimentation et à sa culture. Il ne se passe pas un jour sans que je fasse de nouvelles découvertes. Au début, le temps passait très vite. 

Tout à découvrir – La première semaine, j’ai découvert l’île et ses richesses en profitant pleinement de chaque instant qui m’était donné de vivre ici. Je me suis aussi imprégnée des lieux qui allaient m’accueillir. J’ai pris le temps de faire connaissance avec les personnes avec qui j’allais partager ce bout de chemin. La principale richesse découverte ici concerne l’aspect culinaire. Tous les fruits proviennent de l’île et le goût est incomparable par rapport à ceux que l’on mange chez nous. J’aime beaucoup rendre service à la cuisine et aider à la préparation des plats typiques. Le seul point négatif pour moi reste le piment. 

A ma place ? – Puis, peu à peu, une certaine routine s’installe et vient le temps où la distance avec mon pays natal et avec les personnes qui me sont proches se fait sentir. La question de savoir si je suis à ma place est aussi présente : est-ce que j’ai fait le bon choix de repartir une deuxième année ? Je me confie donc à Jésus, valeur sûre, que je retrouve partout où je vais et en qui je trouve ma force et ma paix. Dans mon cœur résonne cette parole : « Tu es mon serviteur, je t’ai choisi ; ne crains pas car je suis avec toi. » (Is 41, 9-10) Je comprends alors que ma place est bel et bien ici et je suis heureuse de pouvoir vivre cette expérience qui sera charnière pour ma vie, j’en suis certaine.

Au foyer – Notre quotidien est rythmé par une vie de prière soutenue. J’aime beaucoup ce verset que l’Eglise proclame lors du premier office de la journée. « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange. » (Ps 50, 15) Ce verset me parle beaucoup car la première parole de la journée que je prononce est lors de l’office des laudes. Nous avons aussi la chance de recevoir l’Eucharistie chaque jour. Remplis de cette force, la journée peut commencer. 

La vocation du foyer est d’accueillir des personnes en leur proposant de vivre des retraites. Les retraitants vivent une semaine de silence accompagnée d’enseignements et de temps de prière personnelle. Pour y avoir participé, ces retraites sont des temps forts où l’on voit vraiment Dieu à l’œuvre. J’ai aussi eu le temps de me redécouvrir à travers la Parole de Dieu qui regorge de trésor. Puis, en fin de journée, nous prions les vêpres et le chapelet ensemble.

Finalement, avant d’aller nous coucher, nous prions les complies personnellement ou en communauté.

Je vous souhaite une belle et sainte année 2023 à chacun et vous porte dans mes prières.

Pourquoi une rubrique sur la Bible ?

PAR NATHALIE ANGELINI-TRAEGER
PHOTO: MATTHIEU ANGELINI

Toute l’équipe de la rédaction de «Au Large – L’Essentiel» vous envoie encore ses meilleurs vœux et, afin de célébrer ce premier numéro de l’année 2023, nous avons la joie de vous offrir une nouvelle rubrique: «La Bible au quotidien».

Avec elle, nous avons le souhait que chacun connaisse un peu mieux la Bible et puisse la lire le plus souvent possible. Pourquoi ? Car elle est notre référence, notre vérité, elle contient tout ce qui peut nous aider à suivre l’exemple de notre Seigneur Jésus et par celui-ci vivre une meilleure vie, plus sainte, plus vraie. La Bible nous guide et nous éclaire, elle est notre nourriture. Chaque passage est une source de réflexion, elle nous enseigne comment aimer, comment pardonner, pourquoi choisir chaque matin la joie, la bonté et la bienveillance, les plaisirs de la charité, les vertus de la patience, et tant d’autres comportements puissants qui ont le don de changer véritablement nos vies.

L’abbé Darius inaugure cette rubrique qui sera ensuite alimentée par l’un des membres de l’équipe de rédaction ou de l’équipe pastorale.

Nous espérons qu’avec cette nouveauté, votre foi sera renforcée et qu’ensemble nous vivrons gaiement selon les fruits de l’Esprit Saint.

Jean 13 : 34-35 : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Rappelons-nous que l’amour n’est pas un simple sentiment, l’amour vrai se montre par des actes simples du quotidien. Il existe de nombreuses façons de montrer l’amour du Christ et en tant que chrétiens nous sommes amenés à donner de l’amour aux autres, comme Jésus nous l’enseigne. Alors, essayons tous ensemble cette année que l’amour que l’on porte à notre sauveur se reflète dans notre façon d’aimer les autres, même ceux qui ne sont pas faciles à aimer. Si l’on peut attendrir le cœur d’une personne grâce à l’amour, peut-être qu’à son tour elle touchera le cœur d’une autre personne et ainsi de suite.

« Seigneur montre-nous des moyens de donner de l’amour et donne-nous la force de ne pas nous décourager. »

Ma brocante, ma vie…

C’est par un froid matin que Cindy Rey m’accueille dans son antre, l’Eco Broc au Pré-de-Foire à Martigny-Bourg. Des myriades d’objets en tous genres attendent, bien rangés, leur nouveau propriétaire…

PROPOS RECUEILLIS PAR PASCAL TORNAY | PHOTOS : C. REYW

Originaire du lieu, Cindy a 32 ans. Elle est l’épouse de Jérémy qui est aussi partie prenante de la « boutique » avec elle. Formée dans le domaine du service, elle sert aujourd’hui les gens d’une autre manière. L’Eco Broc est née et a grandi à Charrat, il y a cinq ans. Depuis deux ans, c’est au Pré-de-Foire qu’elle a pris pied. Cindy en est la cheville ouvrière : « Ma brocante, c’est devenu un peu le QG de ma famille. Comme je ne m’en sortirais pas toute seule, il y a toujours l’un ou l’autre qui me tend le coup de main dont j’ai besoin ! »

« Eco Broc », qu’est-ce que ça signifie ?
Ça signifie que je déteste jeter des objets. Depuis toute petite, j’ai toujours vécu avec des objets de seconde main. Donc « Eco » pour faire des économies et pour vivre les valeurs de l’écologie. Avec l’Eco Broc, les circuits courts sont privilégiés : les objets que je récupère dans la région trouveront le plus souvent preneur tout près d’ici…

Quels sont les motifs à l’origine du projet ?
Ça s’est fait progressivement. On peut dire que c’est un vieux rêve et que ce mode de vie me colle à la peau depuis toujours. J’adore récupérer, réutiliser, faire des vide-greniers… Je suis dégoûtée de voir la durée de vie des objets que nous consommons sans arrêt et qui finissent dans les bennes des déchetteries. Je n’aurais pas pu me dire à l’adolescence « je vais devenir brocanteuse » car je ne m’imaginais pas ouvrir ma propre « boîte », mais je trouve que ça donne un sens supplémentaire à ma vie parce que c’est un bon service que je peux rendre aux gens.

Peut-on parler d’entreprise sociale et solidaire ?
L’Eco Broc est plutôt une association de trois personnes, mon mari Jeremy Rey, une amie Gladys Augsburger et moi-même. J’aimerais qu’Eco Broc grandisse et se développe encore. C’est tout récemment que je parviens tout juste à me sortir un petit salaire. Donc on avance pas à pas ! Il est vrai que la période Covid a été un terrible coup d’arrêt pour nous et pour tant d’autres.

Nous vivons dans une société qui produit et donc gaspille intensément. Comment le vivez-vous concrètement ?
Mal et ma vie en témoigne. Il n’y a pratiquement pas d’objets neufs dans ma maison. Il ne me viendrait pas à l’idée d’aller acheter un objet neuf, sans avoir fait d’abord un détour par un lieu où je pourrais le trouver d’occasion.

J’aimerais qu’une loi existe qui interdise de jeter les objets directement dans les bennes des déchetteries et qui incite plutôt les gens à passer d’abord par des lieux où les objets pourraient retrouver de nouveaux propriétaires…

Quelles valeurs défendez-vous ? Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur ?
Disons que je ne supporte pas l’injustice, alors j’agis en conséquence. Je vois des maisons pleines à craquer d’objets que l’on doit débarrasser et, à côté, des personnes qui n’ont rien. Ce qui me tient à cœur, c’est de pouvoir équiper des familles en matériel de base très bon marché. En effet, la plupart des objets que j’offre à la vente coûte entre 1 et 50 francs. Je suis heureuse si je peux servir les gens comme ça.

Où trouver Cindy ?

Eco Broc, Pré-de-Foire 14 à Martigny Bourg
➤ Ouvert du lundi au jeudi de 13h-17h, vendredi de 13h-19h et samedi de 10h-17h
➤ 079 586 93 79 ou cindy@ecobroc.ch
➤ Découvrez la boutique en ligne : choisissez, réservez, payez directement sur www.ecobroc.ch

Quelques reflets de Noël

Tous unis pour Noël !

Le pape François a choisi le mot « humilité » pour qualifier Noël. Personnellement, j’ai choisi « belle collaboration. ». Après cette période bien compliquée du covid, nous avons apprécié de retrouver des assemblées bien présentes pour vivre ces célébrations de la nativité.

Par Marianne Berset
Photos: André Bise

La veillée de Noël a débuté par la messe des familles à Aumont où de nombreux enfants ont mimé admirablement le récit de la naissance de Jésus. Même notre sacristain n’a pas hésité à être Joseph, 20 ans après avoir été lui-même l’Enfant Jésus en compagnie d’Alessia Pidoux. Cette année, il nous est venu de Nuvilly en la personne d’Eléonore Christinaz dans le foyer d’Aurélie et de Joël. Nous nous sommes aussi réjouis de la venue des flûtistes sous la direction de Marianne Bürgy et de celle de deux servants de Cugy avec leur responsable.

A Cugy, la messe de minuit a réuni les paroissiens pour célébrer cette naissance avec quelques grands servants de Montet et la présence du chœur qui se sont unis à ceux de Cugy.

Et à Nuvilly dans une église magnifiquement fleurie, nous avons célébré Celui qui s’est fait chair parmi nous.

Bravo et merci à chacun et chacune pour l’engagement magnifique qui a été déployé pour que cette fête de la Nativité puisse être pleinement vécue.

La superbe crèche d’Aumont

Photos: André Bise

Cheyres : un beau moment de partage

Une alliance réussie : celle de la messe dominicale et la fenêtre de l’Avent, ce moment convivial fleurant bon la cannelle et les épices. C’est ce qu’a vécu la communauté paroissiale de Cheyres à l’occasion de la fenêtre de l’Avent du 17 décembre. Une animation chorale a accompagné ce Noël avancé, faute de messe de minuit le 24.

Le chœur mixte de Font-Châbles-Cheyres a donné une aubade fort appréciée avant la messe.

Par Claire Moullet | Photos: André Bise

Tandis que le chœur répète ses chants à la tribune, des mains expertes décorent et achalandent les tables déposées sur le parvis : biscuits divers, gâteaux alléchants, mandarines, sans oublier les lanternes, fidèles compagnes de Noël. Chut… du chœur de l’église, une nuée d’anges emmenés par l’archange Jacques, entonnent « le carillon de Noël. ». Les auditeurs, attentifs, accompagnent le chœur mixte de Font-Châbles-Cheyres « Dans une étable obscure », « Douce nuit », « La nuit de Noël », « Les anges dans nos campagnes » de leurs souvenirs émus ou de quelques paroles. Une préparation tout en douceur de la messe festive. La fenêtre restée ouverte dans la nuit noire et glaciale accueille le curé Darius, les paroissiens et les chanteurs pour un dernier verre du nectar de Noël bien chaud et les échanges de vœux.

Un moment de partage convivial a suivi la célébration.

Oser un Noël différent… en chantant aux Mouette

Vu le manque de prêtres, il n’est pas toujours possible d’avoir une messe de Noël dans chaque communauté de la paroisse. Le chœur mixte de Lully, dirigé par Sarah Fontaine, ne s’est pas laissé abattre par la nouvelle. Il a trouvé une solution pour partager sa joie de chanter en allant animer la messe de Noël au home des Mouettes.

Par Bernadette von Niederhäusern
Photos: Georges Losey

Le matin du 24 décembre, Christian Moullet, l’aumônier, et quelques bénévoles ont organisé la mise en place des chaises et sont allés chercher les résidents dans leur chambre. Ainsi, tout était prêt pour que l’abbé Bernard Alassani puisse célébrer une messe riche en musique suivie de quelques chants. Les résidents ont beaucoup aimé cette prestation. La joie pouvait se lire sur les visages. Noël était présent dans les cœurs de toutes les personnes présentes ainsi que des chanteurs. Pour les remercier, un apéro fut servi. Vraiment Jésus est venu habiter toutes ces rencontres ! Bravo à tous !

Le chœur de Lully chantant la messe au home des Mouettes.
Une belle participation à cette messe présidée par l’abbé Bernard.

A l’écart

PAR FRANÇOIS-XAVIER AMHERDT | PHOTO: DR

Il y a solitude et solitude. Quand Jésus dit aux apôtres, de retour de mission : « Venez vous-mêmes à l’écart, dans un lieu désert et reposez-vous un peu » (Marc 6, 31), c’est d’un isolement bénéfique de ressourcement, auprès du Père, qu’il leur parle.

Car, aujourd’hui encore pour les agents pastoraux laïcs ou ordonnés, les sollicitations peuvent s’avérer si nombreuses qu’ils se sentent littéralement « mangés » et que, comme les disciples de l’époque, ils ne trouvent même plus le temps de s’asseoir pour partager le repas et de se reposer. Le risque de l’épuisement guette alors, avec l’impression de « brûler » toutes ses énergies apostoliques (le « burn-out »).

Le Fils de l’homme leur en donne lui-même l’exemple, puisqu’il n’hésite pas à se retirer en barque dans un espace à part (6, 32). Mais les foules le devancent, si bien qu’en débarquant, il voit une populace si nombreuse qu’il en a pitié et que, pris aux entrailles, il multiplie pour elle l’enseignement et les pains, tellement elle ressemble à un troupeau sans berger (6, 34).

D’ailleurs le Christ, après avoir rassasié et nourri la multitude et fait embarquer à nouveau les douze, s’isole à son tour et gravit la montagne pour y prier (6, 45-47). Sans des temps de face à face avec la Trinité Sainte, « des moments prolongés d’adoration, de rencontre priante avec la Parole, de dialogue sincère avec le Seigneur, affirme le pape François, les tâches [de l’évangélisation] se vident facilement de sens, nous nous affaiblissons à cause de la fatigue et des difficultés, et la ferveur s’éteint » (La joie de l’Evangile, no 262). Ne consacre-t-il pas lui-même une heure par jour à l’oraison ?

Ce dont par contre peuvent souffrir les agents pastoraux, c’est au contraire d’une mise de côté qui les prive des relations interpersonnelles indispensables pour leur équilibre personnel. Le ministère ne se tisse-t-il pas de partages missionnaires avec des groupes et des assemblées de toutes sortes et d’échanges profonds avec des ami(e)s, des confidents et un accompagnateur spirituel ?

Il s’agit donc de bien doser les réalités entre fréquentation intime de l’Esprit dans le secret de sa chambre et contacts vivifiants avec des personnes de confiance.

Mother Teresa & Me, les destins croisés de deux femmes

Avec Mother Teresa & Me, le cinéaste suisse-indien Kamal Musale conte deux parcours en miroir de femmes de conviction dans l’Inde d’hier et d’aujourd’hui. D’un côté, Kavita, jeune Britannique aux racines indiennes, est placée devant un choix difficile la ramenant à Calcutta où, bien que bouleversée face à la misère, elle trouve l’amour véritable. Puis, derrière le mythe, il y a Mère Teresa, la femme, aussi forte que fragile car livrée à « la nuit de la Foi », une perte de repères exprimée de manière déchirante.

PAR ANNE-LAURE MARTINETTI
PHOTO: DR

De Mère Teresa il est vrai, on connaît surtout le mythe. Prix Nobel de la Paix en 1979, canonisée en 2016 par le pape François, son rayonnement dépasse les clivages religieux et culturels même si elle a aussi eu ses détracteurs. Sa figure incarne le don de soi, l’altruisme, l’amour inconditionnel. Légende vivante, elle a été maintes fois contée dans la littérature et au cinéma. Comment alors « s’attaquer » à un tel monument ? Je me suis beaucoup documenté, explique le réalisateur, et j’ai découvert un personnage plus complexe que souvent décrit. A un moment, j’ai perdu en sympathie et je m’en suis éloigné : j’ai alors eu besoin du personnage fictionnel de Kavita pour m’en rapprocher. Le résultat est un beau film, un très beau film. Le récit se concentre sur une période de 12 ans : du jour où Mère Teresa, de son vrai nom Anjezë Gonxhe Bojaxhiu née à Skopje en 1910, appelée par la voix de Jésus, débute son travail dans les bidonvilles de Calcutta en 1948 jusqu’à sa perte de Foi, gardée secrète hormis pour ses confesseurs. Si la Foi, l’Espérance et la Charité demeurent trois piliers du christianisme, ce qu’elle n’a pas perdu, déclara Mgr Lovey lors de la projection du 9 décembre dernier à Sion, c’est bien la Charité. Mais c’est là tout le drame de la sainte : notre charité ne suffit pas à sauver le monde. Désarroi, impuissance, sentiment d’abandon, elle
se confiera dans des lettres qu’elle souhaitait voir détruites après sa mort, ce qui ne sera pas fait. Alors Mère Teresa n’était pas une inébranlable héroïne ? Non, elle avait ses doutes, ses fragilités mais ce qui est remarquable, commente Kamal Musale, c’est que malgré sa perte de Foi qui dure jusqu’à sa mort, malgré un terrible isolement intérieur, elle continue son travail auprès des misérables dans l’abnégation la plus totale.

Un dialogue en miroir – Si Mère Teresa souffre en silence, l’autre personnage du film, la jeune violoniste Kavita, submergée elle aussi par un sentiment d’abandon, exprime ouvertement sa révolte, les doutes et les conflits qui l’habitent. C’est à ce personnage que le spectateur s’identifie et en particulier les femmes qui occupent une place centrale dans le film alors que les hommes, lâches et égoïstes, sont relégués au second plan. Kavita représente la jeune génération en quête de sens. Dans ce dialogue en miroir, le thème de l’avortement est présent dans les deux destins : celui de la jeune fille, ébranlée pas une grossesse inattendue, abandonnée par le père, et celui de la sainte dont la position très dogmatique sur le sujet lui a valu de nombreuses attaques. Le film ne donne toutefois aucune leçon, aucune réponse. Kamal Musale expose uniquement la complexité des situations en fonction des ressentis, des parcours de vie.

Des couleurs et des mélodies – Filmée en grande partie en Inde dans le format d’une grande production, l’œuvre reconstitue admirablement l’atmosphère des années 50 alors que le pays est en proie à des troubles sociaux entraînant une terrible famine. Le film doit aussi beaucoup à la justesse de ton de ses interprètes et aux choix formels. Les couleurs, notamment, contribuent au rapprochement des deux femmes pourtant éloignées dans le temps et l’espace : Mère Teresa nous apparaît d’abord en noir et blanc et la jeune fille en couleurs puis, sur la fin, les tons se rejoignent dans des pastels pour lier les deux personnages de façon surprenante. Outre cette esthétique de l’image soignée, la musique tient une place de choix, accompagnant particulièrement Kavita.

Des recettes reversées à des organismes humanitaires – Fondée en 2010 à l’occasion du centenaire de la naissance de Mère Teresa, la Fondation Zariya a commandé le film à Kamale Musale qui d’emblée a souhaité une œuvre centrée sur la compassion. Le budget, conséquent, de quatre millions de francs, a été financé uniquement par des donations. Ainsi, les bénéfices iront directement à des ONG indiennes perpétuant le travail de la sainte de Calcutta. Le sens de la vie, de la souffrance et de la mort, ces préoccupations universelles sont au cœur de cette réalisation. Dans une scène, Kavita s’étonne devant l’autel de Deepali, sa nounou indienne, qui érige aussi bien des divinités hindouistes, bouddhistes, chrétiennes… Ne voulons-nous pas tous la même chose, musulmans, juifs, chrétiens… ? répond Deepali, l’amour.

Comédie dramatique de Kamal Musale (2022) avec Banita Sandhu, Jacqueline Fritschi-Cornaz, Deepti Naval, Bryan Lawrence (2h02).
Version originale en anglais sous-titrée en mode « lecture facile ».
www.mother-teresa-and-me.film avec bande-annonce.
A découvrir dans les cinémas de Martigny fin janvier et courant février.

Témoignages de nos prêtres

Le dossier du cahier romand de ce mois porte sur la solitude du prêtre. Nous avons demandé aux deux prêtres de notre équipe pastorale, l’abbé Darius et l’abbé Bernard, de nous livrer leurs témoignages.

Solitude ? Dieu protège !

Par l’abbé Darius, curé-modérateur
Photo: DR

Une solitude cruelle peut rattraper chaque être humain sans exception. Cependant, être célibataire, seul, ne signifie pas forcément éprouver de la solitude.

Suis-je trop jeune (62 ans) pour ne pas avoir vécu cette douloureuse expérience ? Peut-être. Mais il y a sûrement d’autres éléments qui peuvent protéger de ce triste état d’âme.

En tant que prêtre, je ne suis pas marié, je n’ai pas fondé de famille pour mieux exercer une autre paternité et mission. Je suis marié à l’Eglise et mon premier compagnon de route est le Seigneur. Et même si je passe par des hauts et des bas dans ma vie spirituelle, c’est bien elle qui reste primordiale, assurant ma relation avec mon Maître : ami, guide et… protecteur contre la solitude.

La vie m’a appris qu’il y a peu de valeurs humaines qui puissent être autant importantes que l’amitié… J’ai des amis de longue date et des connaissances formidables sur qui je peux m’appuyer. Dieu soit béni ! Eux aussi m’empêchent de ressentir la solitude.

Un bon remède contre elle est sans doute le travail, la vie « professionnelle » pleine de maintes activités et contacts avec les gens. J’espère que la retraite (qui s’imposera un jour) ne m’enlèvera pas complètement ni la joie des liens avec les autres, ni la convivialité…

Et tous mes hobbys ? Ils me portent, me rendent bien vivant et passionné ! Je suis confiant qu’il n’y a pas d’âge pour suivre des compétitions sportives et s’en régaler.

Seigneur, aide-moi à ne pas subir la solitude !

Par l’abbé Bernard, prêtre auxiliaire
Photo: André Bise

Le prêtre un homme ordinaire, avec ses faiblesses et ses forces. Il est associé au ministère sacerdotal de Jésus-Christ, le Grand Prêtre de la Nouvelle et Eternelle Alliance. Idéalement, il doit porter le souci du salut du genre humain. Cette fonction lui impose un certain renoncement (vœux de chasteté, pauvreté et obéissance) qui fait de lui un être mis part, qui malheureusement se trouve confronté à la vie de solitude. Vivre seul dans sa cure, loin de sa famille, de ses amis est quelque chose de difficile pour le prêtre mais il doit vivre ainsi, pour être totalement libre dans sa mission et pour répondre en serviteur du Christ aux besoins du peuple que Dieu lui a confié. Beaucoup peuvent se poser la question : comment fait le prêtre pour vivre sa solitude ? Est-il heureux ? En dehors de ses activités pastorales, comment se prend-il en charge pour sortir de cette solitude ? Chose difficile mais pas impossible.

En premier lieu, je peux affirmer que le prêtre n’est pas seul. Le Christ est avec lui comme Il est avec tout le monde. En dehors de cette présence invisible du Christ, la rencontre avec les paroissiens, les visites dans les familles pour un café ou un repas ou simplement discuter me font sortir de mes moments de solitude. En plus, je profite de mon temps libre pour faire de la marche et des activités sportives tout comme les autres ; la lecture de livres et des recherches font partie essentiellement de ma vie pour vaincre cette solitude. Des séries télé, des matchs de foot et d’autres émissions sont des moments importants pour moi pour sortir de la solitude.

Nous, prêtres, avons besoin des paroissiens et des paroissiennes, surtout les prêtres qui sont très loin de leur famille et de leur pays, pour vivre heureux et sortir de cette solitude. On a besoin d’être soutenu dans notre ministère.

L’agroécologie, une approche globale

L’Essentiel propose aux Evêques des diocèses de Sion et de Lausanne-Genève-Fribourg, à l’Abbé territorial de Saint-Maurice et à leurs représentants de s’exprimer sur le sujet de leur choix.

PAR DOROTHÉE THÉVENAZ GYGAX, REPRÉSENTANTE DE L’ÉVÊQUE POUR L’ÉCOLOGIE DU DIOCÈSE DE LGF
PHOTOS: DIOCÈSE LGF, DR

L’écologie intégrale, telle que l’a définie le pape François dans son encyclique Laudato Si’, reconnaît que tous les aspects du monde naturel sont interconnectés. En tant qu’êtres humains, nos actions ont donc un impact considérable sur le vivant. Le Pape nous appelle à un changement radical de nos modes de vie et de nos systèmes économiques afin de faire face à la crise climatique et la perte de la biodiversité auxquelles notre planète est confrontée.

L’un des aspects essentiels de ce changement est la nécessité de réformer notre système alimentaire industriel actuel. Ce dernier repose sur la production à grande échelle de monocultures et l’utilisation intensive d’intrants chimiques qui dégradent l’environnement. En outre, les systèmes agricoles et alimentaires sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre.

Une alternative que promeut la prochaine campagne œcuménique d’Action de Carême et de l’EPER est l’agroécologie. Cette approche globale offre une transition vers des systèmes alimentaires durables et équitables. L’agroécologie garantit une production d’aliments sains, qui préserve la fertilité des sols, favorise la diversité biologique des semences et nécessite peu de ressources naturelles. Elle vise à optimiser les interactions entre l’être humain et son environnement, à privilégier les circuits courts. Sur le plan social, l’agroécologie renforce l’autonomie et la souveraineté des acteurs agricoles.

En soutenant une agriculture paysanne de proximité, des méthodes agricoles durables et en privilégiant la variété de nos aliments, nous favorisons la transition vers des modèles économiques qui encouragent la solidarité et le respect des ressources naturelles.

Ne cherchons pas la tranquillité…

On risquerait de la trouver… Au départ de cette réflexion aux allures d’oxymore, une phrase de Christian Bobin entendue dans un podcast: «La vie nous appelle à l’aide et a besoin de tout genre d’accident pour que nous lui rendions grâce, pour que nous la portions à son plus haut… La vie est plus grande que tout ce que nous rêvons comme tranquillité… » 1

TEXTE ET PHOTO PAR FRANÇOISE BESSON

Accidents – Cette phrase m’arrête, ou plutôt, me met en route. Je remonte le cours des ans et je vois les accidents de parcours. Par exemple, à un carrefour de vie, le licenciement abrupt, la galère du chômage, ce nouveau métier dans lequel j’entre à reculons, et, passé l’épreuve des premiers mois dans ce flot de jeunesse, la grâce de la rencontre et de la transmission. Quelle chance merveilleuse vue de loin, mais quels questionnements douloureux dans cette période… Et aujourd’hui, tel scandale qui fait trembler mes murs, bouleverse mes habitudes, les vide de sens et me laisse dans le désarroi… Accident de la vie aussi, et peut-être que la Vie, dans l’obscurité, foisonne déjà et s’apprête à envahir les failles, les lézardes ouvertes par le choc.

Ces moments ne manquent pas dans vos vies non plus, et il paraît sensé de se dire que dans la plupart des cas nous ferons tout pour que l’accident n’arrive pas, que la tranquillité gagne, que le chaos s’éloigne. Mais…

Intranquillité de l’Evangile – Que serait-il advenu si le Christ avait cherché la tranquillité ? Si, passé l’éblouissement du Jourdain, il avait replié tout cela dans son bagage et repris le chemin de la menuiserie ? Un des seuls épisodes où on le voit tenté de refuser une demande, de dire en quelque sorte « Laisse-moi tranquille ! », c’est avec la femme cananéenne (Mt 15, 21-28). Et Dieu merci, elle insiste, têtue, avec son petit chaos personnel et sa rhétorique qui vient ouvrir le Christ à l’universalité du Royaume annoncé… Que se serait-il passé si Pierre et ses amis étaient rentrés à tout jamais dans leurs familles et leurs rôles, après la folle et douloureuse aventure ? Et Paul ? Et la longue liste des amis de Dieu, de celles et ceux qui ont été bousculés et jetés hors de leurs sentiers ? Que se passerait-il aujourd’hui si le pape François avait cherché à faire le moins possible de vagues ? Que resterait-il de l’élan de vie, par quelles failles l’Esprit passerait-il pour parler à nos cœurs ?

Un risque très actuel – Dans sa chronique, Christian Bobin nous alerte : le risque n’est pas tant de passer à côté de la vie, mais de ne pas l’aider à être portée à son sommet, à l’état de grâce. Et aujourd’hui le risque est grand, parce que nous avons les moyens de la trouver, cette mortelle tranquillité… Nous avons les moyens de nous isoler de tout ce qui fait bruit, failles et chaos, de réduire nos vies à une bulle, en nous investissant beaucoup pour tenir à distance la douleur du monde. Et si nos efforts nous permettent d’atteindre le but, la victoire est terrible sous son apparence réconfortante : une terre morte, ensevelie sous le gravier blanc qui entoure la maison, une terre où n’affleure plus le vivant, le désordre vert à travailler sans cesse…

Aujourd’hui, la vie a besoin de notre aide, nous dit Bobin, et cela fait écho au verset admirable du psalmiste « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur… » (Ps 94) Ne nous replions pas dans l’illusion d’atteindre le lieu de la tranquillité, mais restons debout, dans l’espérance vivante que l’Esprit habite nos « pour quoi »…

1 Chronique intitulée « l’écuelle du chat et l’irruption de la mort » podcast de l’émission Initiales, RTS Espace2.

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